
C’est l’autre casse-tête de l’exécutif. Alors que le sommet de l’Etat a pris une série de mesures pour tenter de freiner la flambée des cas de Covid-19, et ainsi soulager la pression hospitalière, le gouvernement planche, en parallèle, sur l’organisation de l’élection présidentielle de 2022. Avec le défi de répondre à une question sensible : comment assurer le bon déroulement de la campagne et du scrutin, prévu les 10 et 24 avril, en pleine crise épidémique ?
Chargé de l’organisation des élections, en sa qualité de ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin va réunir une commission sur l’organisation de la présidentielle, afin de se pencher sur ce sujet épineux. Cette commission permettra de « nous accorder sur des règles qui soient évidemment protectrices par rapport à la situation sanitaire mais qui tiennent compte (…) de l’exercice de la démocratie », a annoncé le premier ministre, Jean Castex, lundi 27 décembre, à l’issue d’un conseil de défense sanitaire et d’un conseil des ministres.
Cette commission doit se réunir « courant janvier », selon le ministère de l’intérieur, après un premier rendez-vous au préalable entre M. Darmanin et le président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius, prévu au début du mois. Gérald Darmanin a sollicité un rendez-vous auprès du président de cette instance, chargée de chapeauter l’organisation de la présidentielle, afin d’échanger sur toutes les mesures susceptibles d’améliorer le déroulement du scrutin, en temps de Covid-19. « L’idée, c’est d’avoir une instance de dialogue avec les partis politiques pour faire remonter les questions très techniques qui se posent, comme la manière d’utiliser la propagande électorale, l’organisation des bureaux de vote… », explique Beauvau.
Démarche de « concertation »
S’il n’est pas question d’interdire les meetings, comme l’a confirmé M. Castex lundi, des questions concrètes se posent toutefois pour leur organisation, comme l’éventualité de mettre en place des jauges ou de demander un passe sanitaire à l’entrée. « Qu’est-ce qui relève de l’autorité publique ou de l’organisateur ? On voit bien qu’il y a besoin de clarifier », juge Matignon.
Le gouvernement entend associer l’ensemble des formations politiques à ces réflexions, comme cela a pu être le cas en amont des élections régionales et départementales, en juin, qui avaient déjà été organisées dans un contexte sanitaire tendu. L’exécutif se situe dans une démarche de « concertation » avec les partis, avec une volonté « d’impulser la discussion collective, sous l’autorité du Conseil constitutionnel », explique Matignon. « Nous souhaitons que l’ensemble des candidats à la présidentielle soient informés, et qu’ils puissent formuler toutes les questions et les observations qu’ils souhaitent », explique l’entourage de M. Darmanin, en rappelant toutefois qu’à la fin le gouvernement reste « le seul décideur ».
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