
L’innovation marketing ne connaît pas de limite à la SNCF. Après iDTGV, qui a redéfini l’offre TGV, après Ouigo, le TGV à bas coûts de la société nationale, c’est au tour de Thalys d’innover. La filiale à 60 % du français – son homologue belge, la SNCB, en possède 40 % – lance, dimanche 3 avril, les premiers trains Izy. Une offre qui doit contrer en partie l’essor du car longue distance et des sites de covoiturage sur la ligne Paris-Bruxelles.
Particulièrement touché par les attentats de Paris, puis de Bruxelles, Thalys, qui relie les deux capitales, cherche à enrayer la baisse de fréquentation (– 6 % en 2015) et à élargir ses services aux clients loisirs, jeunes ou retraités, avec des offres très abordables. Les deux rames de TGV en livrée verte et violette relieront deux ou trois fois par jour les deux villes. Objectif : augmenter de 10 % le volume de passagers ferroviaires sur Paris-Bruxelles.
Ni voiture-bar, ni Wi-Fi
Le prix, serré au maximum, est compris entre 19 et 59 euros, voire 69 euros si le client prend l’option XL. Le voyageur qui acceptera d’être assis sur l’un des 25 strapontins du TGV s’acquittera de 15 euros. Et dix billets « sans place assise garantie » seront proposés à 10 euros. « S’il y a des places libres, ils pourront s’asseoir », précise-t-on au sein de la compagnie ferroviaire.
Comme dans d’autres offres à bas coût, seul un bagage à main et une valise sont autorisés. Toute valise supplémentaire est tarifée 10 euros. Afin de tenir ces prix, Thalys a revu à la baisse ses coûts d’exploitation de quelque 30 %. Tout d’abord, la distribution des billets se fait uniquement via Internet. Et pas question de changer de billet. Il n’est ni échangeable ni remboursable.
Le service est quant à lui limité au strict minimum : ni voiture-bar, ni Wi-Fi, ni agent supplémentaire présent à l’embarquement. La maintenance des rames a également été revue et optimisée. Enfin, ce train circulera en France sur les lignes classiques, et non sur la ligne à grande vitesse, ce qui permettra d’économiser sur les péages. La contrepartie est que ce train à grande vitesse roulera… à petite vitesse. Pour rallier Bruxelles, il faudra environ deux heures et quinze minutes, soit cinquante-trois minutes de plus qu’un Thalys sur le même parcours.
Circulation aux heures creuses
Les deux rames d’Izy circuleront aux heures creuses : après 9 heures le matin et après 20 heures le soir. Le vendredi après-midi et le dimanche après-midi, d’autres trajets seront cependant proposés. « Notre ambition est de détourner de la route tous ceux qui se décident à voyager en dernière minute et font leur choix avant tout pour le prix », résume-t-on chez Thalys. De fait, un trajet de deux heures quinze reste bien plus rapide qu’un trajet en voiture ou en autocar, qui s’élève, selon l’allure et les itinéraires, entre trois heures et près de quatre heures.