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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ En ressuscitant les vies de Tambo, Moliko ou Ota Benga, un documentaire rend leur dignité à toutes les personnes qui ont été exhibées lors d’expositions universelles et coloniales en Europe et aux Etats-Unis.
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Au temps des zoos humains

En ressuscitant les vies de Tambo, Moliko ou Ota Benga, un documentaire rend leur dignité à toutes les personnes qui ont été exhibées lors d’expositions universelles et coloniales en Europe et aux Etats-Unis.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 17h37
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 18h27
    |

            Pierre Lepidi








                        


ARTE SAMEDI 29 - 20 H 50 DOCUMENTAIRE

   


A l’exception peut-être de Saartjie Baartman, mieux connue sous le pseudonyme de la Vénus hottentote, une jeune femme originaire d’Afrique du Sud arrivée en Europe en 1810 et dont le destin a été porté à l’écran par Abdellatif Kechiche dans Vénus noire, l’histoire populaire n’a retenu aucun nom, aucun visage. Pendant tout le XIXe siècle et jusqu’à la seconde guerre mondiale, près de 35 000 personnes ont pourtant été exhibées dans des cirques ou lors d’expositions universelles et coloniales en Europe et aux Etats-Unis. Devant un public avide de sensations fortes et assoiffé d’exotisme, des hommes, des femmes et des enfants ont été présentés comme des bêtes sauvages ou des monstres sexuels.
Ce documentaire retrace la vie de Petite Capeline, Tambo, Moliko, Ota Benga ou Jean Thiam. Ils ont été arrachés au Congo, à la Guyane, à la Patagonie ou à l’Australie. Sans pathos, le film de Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet retrace leur vie grâce à d’innombrables archives (vidéos, affiches, films, cartes postales, articles de presse…), à des éclairages d’universitaires parmi lesquels l’anthropologue Gilles Boëtsch et des historiens comme Benjamin Stora et Sandrine Lemaire. A l’écran, le résultat final ressemble à un hommage aussi fort qu’émouvant.
« Vouloir se souvenir, ça ne veut pas dire vouloir culpabiliser les gens », prévient au début du documentaire Lilian Thuram, ancien pilier de l’équipe de France de football et président de la Fondation Education contre le racisme. Le film conserve le même esprit, grâce notamment aux commentaires du rappeur et écrivain Abd Al Malik, qui accompagne les récits des « déracinés » et ceux de leurs descendants. L’évolution des zoos humains montre comment la société européenne est passée d’un racisme pseudo-scientifique à un racisme de masse, les « sauvages » étant montrés comme des êtres inférieurs qu’il faut asservir et coloniser pour assurer leur développement.
La fortune de Barnum
Dans les années 1880, en Europe, il faut montrer d’authentiques « primitifs » dans les zoos, quitte à faire croire qu’ils sont cannibales. Le grand public veut ressentir le même frisson que les aventuriers lors de leurs expéditions lointaines. Petite Capeline a été capturée à l’âge de 2 ans avec dix membres de son village de Patagonie. Morte d’une broncho-pneumonie après quelques mois en France, elle est enterrée à deux pas du Jardin d’acclimatation, à Paris. Quant à sa famille, elle est exposée en Allemagne puis en Suisse. Deux membres survivront et reverront leur terre natale, mais en y rapportant un virus respiratoire qui décimera leur peuple.
Aux Etats-Unis, Phineas Barnum a construit sa fortune en présentant dans ses spectacles des femmes à barbe, des frères siamois, des obèses mais aussi des aborigènes d’Australie ou des Pygmées du Congo. Ces derniers, en raison de leur petite taille, qui leur a pourtant permis de survivre dans les forêts d’Afrique centrale, ont longtemps été classés au dernier rang de l’espèce humaine.
En Allemagne, au début du XXe siècle, Carl Hagenbeck a été l’un des plus grands imprésarios d’Europe. Marchand d’animaux, il a aussi alimenté en « sauvages » des cirques, des ménageries et des jardins zoologiques. Un siècle après sa mort en 1913, un zoo de Hambourg porte encore son nom. De hautes statues décorent la porte d’entrée. Elles représentent des hommes originaires de contrées lointaines au milieu d’animaux sauvages.
Sauvages – Au cœur des zoos humains, de Pascal Blanchard et Bruno Victor-Pujebet (France, 2018, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Le guitariste et auteur-compositeur américain est mort jeudi 27 septembre à Tampa, en Floride. Il avait 76 ans.
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Mort de Marty Balin, cofondateur du groupe de rock psychédélique Jefferson Airplane

Le guitariste et auteur-compositeur américain est mort jeudi 27 septembre à Tampa, en Floride. Il avait 76 ans.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 17h09
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Cofondateur, avec le guitariste Paul Kantner (1941-2016), du groupe de rock Jefferson Airplane, chanteur à la voix chaude et expressive, guitariste et auteur-compositeur, Marty Balin est mort, jeudi 27 septembre, à Tampa (Floride). Il était âgé de 76 ans. Les causes de sa mort n’ont pas été précisées par sa femme Susan Joy Balin et sa famille, dans l’annonce publiée vendredi 28 septembre, sur le site Internet Martybalinmusic.com.
Né le 30 janvier 1942 à Cincinnati (Ohio), Marty Balin, a été élevé dans la région de San Francisco (Californie). Après un cursus artistique à la San Francisco State University, qui mêle musique, danse et arts graphiques – ses portraits, réalisés plus tard, de musiciennes et de musiciens seront exposés dans sa galerie à St. Augustine, en Floride – il enregistre, en 1962, quelques chansons. Début 1965, Balin et trois associés mettent en place un club, The Matrix – il revendra ses parts en 1967. Il faut un groupe résident. Balin, qui vient de rencontrer Kantner, va le constituer avec la chanteuse Signe Anderson (1941-2016), le guitariste Jorma Kaukonen, le bassiste Bob Harvey et le batteur Jerry Peloquin. Jefferson Airplane y fait ainsi ses débuts lors de l’inauguration le 13 août 1965.

A l’automne, Harvey est remplacé par Jack Casady et Peloquin par Lee « Skip » Spence (1946-1999). Anderson, Balin et Kantner se partagent les interventions vocales, entre chant lead et parties harmonisées. Un premier album, titré Jefferson Airplane Takes Off est publié en août 1966. Balin cosigne plusieurs chansons et est le seul auteur de It’s No Secret, qui donnera lieu à un single.

« Skip » Spence a quitté le groupe peu avant la sortie de l’album, remplacé par Spencer Dryden (1938-2005) et Grace Slick devient, à l’automne 1966, la chanteuse. Les grandes heures de Jefferson Airplane peuvent débuter.
Le deuxième album, Surrealistic Pillow paraît en février 1967, avec Somebody...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Pilier du « Canard enchaîné », le créateur du plus incompétent des détectives, Jack Palmer, est mort à l’âge de 72 ans.
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Disparition de René Pétillon, l’un des derniers grands noms du dessin de presse

Pilier du « Canard enchaîné », le créateur du plus incompétent des détectives, Jack Palmer, est mort à l’âge de 72 ans.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 14h48
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 14h57
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            

Depuis l’attentat à Charlie Hebdo du 7 janvier 2015, et la mort brutale de Cabu et Wolinski, il était l’un des derniers monstres sacrés du dessin de presse. René Pétillon n’évoquait que très rarement en public cette tragédie qui avait décimé les rangs de sa profession, emportant également Charb, Honoré et Tignous. Il avait lui-même participé à la reparution de l’hebdomadaire satirique, quelques semaines plus tard.
Le dessinateur s’est éteint dimanche 30 septembre à Paris, à l’âge de 72 ans, des suites d’une longue maladie. Il laisse derrière lui une œuvre marquée par l’humour corrosif, le non-sens mais aussi la dualité : comme Cabu et Wolinski, il connut, en effet, le succès autant dans le dessin politique que dans la bande dessinée, ces deux disciplines cousines n’ayant pas forcément à voir l’une avec l’autre, notamment en matière de narration.
Né le 12 décembre 1945 à Lesvneven (Finistère) au sein d’une famille de boulangers-pâtissiers, René Pétillon fut, comme beaucoup de dessinateurs de presse de sa génération, un pur autodidacte n’ayant jamais fréquenté d’école d’art. Il a 22 ans quand paraissent ses premiers crobards, dans la revue Planète, l’organe du mouvement du réalisme fantastique, cher à Louis Pauwels et Jacques Bergier. Il va alors collaborer à d’autres publications, témoignant d’un éclectisme qui ne le quittera jamais – Plexus, L’Enragé, Week-End, Vingt Ans, Penthouse… –, avant de mettre sa carrière de dessinateur de presse entre parenthèses pour s’essayer à la bande dessinée, qui s’apprête à vivre une révolution fracassante avec la création de plusieurs magazines de BD pour adultes (L’Echo des savanes, Métal hurlant, Fluide glacial).
Jack Palmer, le plus empoté et le plus incompétent des détectives privés que la terre n’ait jamais porté
Comme avec tant d’autres, René Goscinny va lui laisser sa chance en 1972, en lui ouvrant les pages de Pilote, dont il est le rédacteur en chef....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Il avait notamment créé le personnage de Jack Palmer, un détective calamiteux, dont les péripéties ont été narrées à travers plusieurs albums, publiés entre 1976 et 2013.
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Mort du dessinateur René Pétillon

Il avait notamment créé le personnage de Jack Palmer, un détective calamiteux, dont les péripéties ont été narrées à travers plusieurs albums, publiés entre 1976 et 2013.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 12h20
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 14h58
   





                        



   


L’auteur de bandes dessinées René Pétillon est mort, dimanche 30 septembre, à l’âge de 72 ans, « emporté par une longue maladie », a annoncé la maison d’édition Dargaud, confirmant ainsi une information publiée par le dessinateur Yan Lindingre sur son compte Facebook.
« La tristesse et la douleur de voir disparaître un ami cher ne nous font pas oublier le talent hors du commun de ce dessinateur à l’humour irrésistible et à l’élégance rare », peut-on lire dans le communiqué publié par Dargaud.
René Pétillon avait notamment créé le personnage de Jack Palmer, un calamiteux détective dont les péripéties ont été narrées à travers plusieurs albums, publiés entre 1976 et 2014. L’Enquête corse, prix du meilleur album au Festival d’Angoulême 2001 avait été adaptée au cinéma dans un film réalisé par Alain Berberian trois ans plus tard, avec les acteurs Christian Clavier et Jean Reno. « Le succès de cet album m’a abasourdi », racontait Pétillon en 2013, encore surpris d’avoir été fait citoyen d’honneur de la ville de Bastia grâce à cet ouvrage.
« Humour acéré, impitoyable, légèrement décalé »
Originaire du Finistère, il publie ses premiers dessins en 1968 dans Planète, Plexus et l’Enragé. Sa première bande dessinée sort en 1972 dans Pilote. C’est deux ans plus tard qu’il donne naissance à Jack Palmer, un Groucho Marx se prenant pour Humphrey Bogart, détective un peu bêta au gros nez et à l’imperméable trop grand. La dernière aventure de Palmer, Palmer en Bretagne, est parue en 2013.
Parallèlement à la BD, Pétillon, lauréat du grand prix de la ville d’Angoulême en 1989, était l’un des dessinateurs français les plus connus dans le domaine de la satire politique grâce à son travail pour Le Canard enchaîné. Il y était entré en 1993 avant de mettre fin à sa collaboration avec l’hebdomadaire l’an passé, selon Dargaud.

        Lire la nécrologie :
         

          Disparition de René Pétillon, l’un des derniers grands noms du dessin de presse



« Son humour acéré, impitoyable, légèrement décalé et, néanmoins, pas dénué de tendresse faisait mouche à tous les coups », a souligné Dargaud dans son communiqué, saluant « un des grands portraitistes de la société française ». « L’Enquête corse découle directement de mon travail au Canard », avait assuré le dessinateur en 2013.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Premier artiste français à revendiquer sa transidentité, le comédien et réalisateur Océan, dont le nom de scène était Océanerosemarie, raconte sa « traversée ».
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                Océan : « Etre transfuge de genre n’est ni grave ni une folie »


Premier artiste français à revendiquer sa transidentité, le comédien et réalisateur Océan, dont le nom de scène était Océanerosemarie, raconte sa « traversée ».

LE MONDE
                 |                 30.09.2018 à 09h15
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 11h27
                 |

            Sandrine Blanchard

















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Son nom de scène était Océanerosemarie. Le 17 mai, cette femme a fait son coming out et annoncé, dans une vidéo mise en ligne sur le site LGBT + Komitid, qu’elle changeait de genre. Son nom est désormais Océan.
Océan s’est fait connaître en 2009 avec La Lesbienne invisible, son premier spectacle, comme un comédien militant et engagé ­contre toute forme de discrimination. Son succès s’est confirmé avec un deuxième one-man-show, Chatons violents, et la réalisation, en 2017, d’un premier long-métrage, Embrasse-moi ! Il tourne actuellement un documentaire sur cette première année de transition et est à l’affiche de Justice, une pièce de Samantha Markowic, au Théâtre de l’Œuvre, à Paris.
Dans la vidéo de votre coming out, vous dites : « J’étais épuisée d’être une femme ». Depuis quand vous sentiez-vous homme ?
Océan : Cela a été un cheminement progressif. Grâce à des rencontres, des lectures, j’ai commencé à déconstruire la notion de binarité, à comprendre que les catégories de genre étaient des catégories sociales, des fictions politiques. J’ai compris que je me sentirais davantage à ma place dans la catégorie homme. Cela a toujours été compliqué pour moi de me sentir une fille, ce n’était pas complètement naturel, même si je m’y étais accoutumé. Si j’avais grandi dans un milieu où j’avais pu penser la transidentité, je l’aurais sans doute fait beaucoup plus jeune.
Il m’a fallu tout ce temps pour comprendre qu’il était possible d’être transfuge de genre, et que ce n’était ni grave, ni un problème, ni une folie. En ce sens, je ne fais pas partie des personnes trans qui sont en souffrance depuis l’enfance ou l’adolescence.
Quand vous étiez enfant ou adolescente, n’y avait-il pas une part d’interrogation ?
Je l’avais complètement refoulée. Il y a autant de parcours trans que de personnes. A titre personnel, dire « Je suis dans un corps qui n’est pas le mien » ne fait pas sens. En ­revanche, dire que mon corps ne me ­convient pas et que j’ai envie de le modifier, oui. Notre société ne nous montre que deux modèles – homme et femme – et présente la transidentité et la non-binarité comme quelque chose de pathologique. Si la société évoluait, les personnes trans seraient moins dysphoriques et beaucoup plus de gens s’autoriseraient à être gender fluid.
Dans votre vidéo, vous dites que le masculin en vous était « contrôlé, écrasé, contenu ». Par qui, pourquoi ?
J’avais intériorisé une peur. J’ai grandi dans un milieu très normatif sur la question du genre, même si mes parents m’ont toujours laissée faire ce que je voulais sans jamais me dire « Ça, ce n’est pas un truc de fille ». J’étais heureuse, je n’avais pas l’impression de tricher. Quand j’ai joué La Lesbienne invisible, j’ai exploré ma féminité, et cela m’a fait du bien. A rebours, je comprends que c’était une stratégie inconsciente de survie de jouer la fille « parfaite », désirable dans les codes hétéro normatifs, et une façon de m’excuser d’être lesbienne. Mais c’était une étape nécessaire.
Ensuite, j’ai accepté de préférer l’apparence physique dite « masculine » : j’ai coupé mes cheveux et changé ma garde-robe, j’ai eu ­l’impression de me retrouver davantage en m’identifiant « lesbienne virile ». Mais au bout d’un certain temps, cela ne me suffisait plus. J’ai eu envie d’avoir un corps plus fort, un torse d’homme. J’avais besoin de faire cette traversée. Néanmoins je ne m’identifie pas aux hommes cisgenres [ceux dont le genre est ressenti comme adéquat à leur sexe de naissance]. Je ne me considérerai jamais comme un homme cis. Je suis un homme trans avec mon passif de femme cis.
D’où votre choix de faire votre coming out sur un site LGBT ?
J’ai une petite partie de mon public choqué, qui m’en veut. C’est fort dommage, car je suis toujours l’un de leurs meilleurs alliés.
Oui, parce que je voulais dire à mes fans : c’est le chemin que je prends, mais je ne vous abandonne pas. Il y aura toujours une lesbienne à l’intérieur de moi ! Je ne voulais pas que ma communauté se sente trahie. Il existe de la transphobie y compris chez les féministes et les lesbiennes. J’ai une petite partie de mon public choqué, qui m’en veut. C’est fort dommage, car je suis toujours l’un de leurs meilleurs alliés. Pour autant, j’ai eu le coming out le plus cool de France !
Et comment s’est passé le coming out auprès de votre famille ?
Je l’ai convoquée et fait mon annonce ­devant vingt-cinq personnes ! Même si j’avais donné des indices, cela a été un vrai coming out. Pour ma mère, c’était le deuxième, vingt-deux ans après mon coming out en tant que lesbienne. J’avais peur de lui faire de la peine. Mais j’ai la chance d’avoir une mère ouverte, intelligente. Même si elle a des réticences et que ce n’est pas facile pour elle, je sais qu’elle va bouger, qu’on ne va pas se perdre.
Vous avez fait le choix de prendre des hormones, pourquoi ?
Pour l’heure, je vis très bien cet entre-deux que j’appelle « monsieur-madame », où les gens ont du mal à me genrer. C’est très intéressant, car cela vient questionner la relation au genre de tout un chacun. Les gens sont troublés. Mais, pour mon bien-être, je préfère être perçu tout de suite comme homme. La prise d’hormones a été un vrai désir.
Quand vous regardez vos photos d’avant, que vous dites-vous ?
Etrangement, faire ma transition me ­réconcilie avec ma féminité et avec mon passé. J’ai plus de tendresse pour la fille que j’ai été que je n’en avais à l’époque. Je me vois négociant avec cette masculinité. Le fait de « passer de l’autre côté » m’apaise avec mon moi d’avant. Il n’y a aucune honte, le malaise a disparu. C’est comme si quelque chose était réglé.
Vous dites : « Il y aura toujours une lesbienne à l’intérieur de moi » ? Alors, pourquoi changer ?
J’ai envie de faire ce voyage pour être plus juste vis-à-vis de moi-même, c’est aussi ­simple que cela.
C’est un voyage sans billet retour ?
Je suis assez sûr que oui, mais quand bien même je changerais d’avis : où est le problème ? Pour l’heure je n’ai jamais été aussi heureux. J’apprends chaque jour de nouvelles choses grâce à cette transition. La plus importante : alors que j’étais psychorigide, persuadé qu’on a tous une identité profonde et immuable, je comprends que c’est n’importe quoi. L’identité bouge, évolue, et c’est ça qui est passionnant. J’ai été une femme cis et aujourd’hui je suis un homme trans. J’ai juste évolué. Quand mon passing sera fort, peut-être que cela me gonflera d’être perçu comme cis et que je reviendrai à une apparence plus androgyne. Mais pour l’heure, je m’éclate.
Quel est votre message aujourd’hui ?
Beaucoup de trans précaires ou isolés ont encore des difficultés à accéder aux soins et à échapper à la transphobie d’Etat.
Beaucoup de filles m’ont dit que La Lesbienne invisible et Embrasse-moi ! leur avaient donné confiance en elles. Je souhaite apporter cette même visibilité positive, cet « empuissancement » aux trans ! C’est la moindre des choses au regard de mes privilèges : je suis blanc, sans problème d’argent, conseillé et soutenu pour trouver des médecins qui facilitent mes démarches, j’arrive une fois que le sale boulot a été fait par toute une génération de militants qui, eux, s’en sont pris plein la gueule.
Mais beaucoup de trans précaires ou isolés ont encore des difficultés à accéder aux soins et à échapper à la transphobie d’Etat : à l’hôpital public pour accéder aux hormones et aux opérations, face aux tribunaux pour changer d’état civil, pour trouver du travail. J’aime à rappeler que ce ne sont pas les LGBTQ + qui ont un « problème », mais le système en place et les gens qui nous haïssent. Ce sont eux qui ont un problème et feraient mieux d’aller le régler chez le psy au lieu de nous harceler !
« Le Monde » organise, dans le cadre du Monde Festival, une rencontre avec Diane Leriche, Sam Bourcier et Adrian de la Vega sur la vie des personnes trans en France. La rencontre aura lieu au théâtre des Bouffes du Nord, dimanche 7 octobre, de 14 h 30 à 15 h 30.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Sandrine Blanchard
    













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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La spécialiste de l’antiquité gréco-romaine à Cambridge est célèbre outre-Manche pour éclairer l’actualité de son érudition, tous médias confondus. « Les Femmes et le Pouvoir » en témoigne brillamment.
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Historienne et féministe, Mary Beard n’a pas le latin dans sa poche

La spécialiste de l’antiquité gréco-romaine à Cambridge est célèbre outre-Manche pour éclairer l’actualité de son érudition, tous médias confondus. « Les Femmes et le Pouvoir » en témoigne brillamment.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 09h00
    |

                            André Loez (Historien et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Il faut voir la scène. Nonchalamment assise sur un bloc de pierre, Mary Beard s’interroge à voix haute devant la caméra. Comment les Romains faisaient-ils dans ces latrines publiques d’Ostie ? Etaient-elles mixtes ? Où plaçaient-ils l’éponge pour s’essuyer ? Et, joignant le geste à la parole, elle explique : « Voilà comment nous devons imaginer une ville antique. Toges et tuniques relevées, pantalons baissés, on se soulage en bavardant avec ses voisins. »

La séquence a été diffusée dans l’un des documentaires sur Rome présentés par l’historienne du Newnham College, à Cambridge, qui rencontrent un immense succès outre-Manche. Elle résume tous les décalages ayant fait de Mary Beard une figure intellectuelle singulière et même une célébrité, qui réunit plus de 200 000 abonnés sur Twitter, transmet infatigablement au lectorat le plus large ses éclairages sur l’histoire antique, intervient avec vigueur dans les débats politiques sur le Brexit ou l’immigration, sans pour autant perdre l’estime de ses pairs dans le monde universitaire.
« Ma parole m’appartient »
On y voit sa capacité à s’adresser au grand public en usant d’un humour décontracté, mais aussi une préoccupation d’historienne pour les aspects du passé pouvant sembler les plus triviaux, mais essentiels au quotidien. Dans le bureau lumineux d’une discrète maison de Cambridge où elle reçoit « Le Monde des livres », avec des livres d’art éparpillés sur le sol qui signalent son nouveau chantier de recherche (une étude sur la représentation des empereurs romains dans la peinture de la Renaissance), elle explique comment elle a trouvé la juste intonation : « Je suis arrivée à un point où, à la télévision, j’ai cessé de jouer un rôle. Ma parole m’appartient. Longtemps, au début de ma carrière, j’ai pensé que j’étais une actrice, que je jouais un rôle, imitant parfois mes collègues masculins, et cela ne sonnait pas juste. »
Comme elle le suggère en effet dans son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ TF1 Séries Films propose la série américaine, adaptée du roman de Margaret Atwood par Bruce Miller en 2017.
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« La Servante écarlate » : une « ustopie » glaçante

TF1 Séries Films propose la série américaine, adaptée du roman de Margaret Atwood par Bruce Miller en 2017.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 11h30
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


TF1 Séries Films, dimanche 30 septembre à 21 heures, série
Vous avez bien lu « ustopie ». En effet, cherchant à différencier son livre La Servante écarlate d’autres récits de science-fiction, la Canadienne Margaret Atwood a qualifié d’« ustopie » (mi-utopie, mi-dystopie) l’univers qu’elle y a créé. Un monde où la reproduction humaine est devenue rarissime, à l’image des ressources ­naturelles, et où l’on contraint les femmes encore fertiles à devenir des mères porteuses pour la haute hiérarchie de la république totalitaire de Gilead.
Les utopies des uns sont toujours les cauchemars des autres. Au désir souverain de certains de donner naissance à des êtres de chair s’oppose, pour d’autres, l’horreur de n’exister qu’en tant qu’esclave sexuelle, que simple utérus. « La règle que je me suis imposée pour La Servante écarlate, a tenu à préciser l’auteure, était toute simple : je ne mettrais rien dans ce livre que les humains n’ont pas déjà fait, quelque part, au fil du temps. »
En 2017, l’adaptation sous forme de série du roman (The Handmaid’s Tale, son titre original, publié en 1985) aura été un choc tant émotionnel qu’esthétique, ce qui lui a d’ailleurs valu de nombreux prix (Emmy Awards, Golden Globes, etc.).
En révolte contre son sort
L’on y suit l’évolution de la théocratie fondamentaliste qu’est ­Gilead au travers des yeux et du récit d’Offred (remarquablement interprétée par Elisabeth Moss). Toute de rouge vêtue et coiffée d’un bonnet blanc qui l’empêche de regarder de côté, Offred, femme encore capable de procréer, est une « servante écarlate » en révolte contre son sort. D’autant que, comme ses compagnes d’infortune, elle a connu l’insouciance de la démocratie, au temps où elle éditait des livres universitaires, était mariée et avait une petite fille, Hannah, que l’Etat lui a enlevée.
Déjà diffusée sur la plate-forme OCS d’Orange – où les deux premières saisons sont disponibles –, la saison 1 de La Servante écarlate est aujourd’hui proposée par la chaîne gratuite TF1 ­Séries Films, ex-HD1. Et ce chaque dimanche, à partir de ce 30 septembre, à raison de trois épisodes par soirée. A ne pas manquer, le cœur bien accroché.
La Servante écarlate, saison 1, série créée par Bruce Miller. Avec Elisabeth Moss, Yvonne Strahovski, Alexis Bledel, Samira Wiley (EU, 2017, 10 × 52 minutes).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Qualifié de « kamikaze ukrainien » par son avocat, qui le dit « prêt à mourir », le réalisateur a connu son 139e jour sans s’alimenter.
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Moscou diffuse une nouvelle photo du cinéaste en grève de la faim, Oleg Sentsov

Qualifié de « kamikaze ukrainien » par son avocat, qui le dit « prêt à mourir », le réalisateur a connu son 139e jour sans s’alimenter.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 06h40
   





                        



   


Cela fait 139 jours que le cinéaste Oleg Sentsov a entamé sa grève de la faim. Vendredi 28 septembre, la réalisateur ukrainien a été de nouveau hospitalisé pour un contrôle de son état de santé, alors qu’il purge une peine de vingt ans de prison pour « terrorisme » dans un camp de travail en Sibérie. A cette occasion, les services pénitentiaires russes ont diffusé une photographie d’Oleg Sentsov, sur laquelle l’homme apparaît affaibli.
Le cliché montre un médecin en blouse blanche auscultant Oleg Sentsov torse nu dans un cabinet médical. Le cinéaste de 42 ans, qui mesure 1,90 mètre, y apparaît encore amaigri et vieilli. Une précédente photo, réalisée sur le lieu de détention d’Oleg Sentsov, avait été diffusée le 9 août. Elle le montrait debout, en uniforme de détenu, déjà très amaigri.

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                « Oleg Sentsov peut mourir à chaque minute qui passe »



Procès « stalinien »
Oleg Sentsov, opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, a été transporté vendredi à l’hôpital municipal de Labytnangui en Iamalie, au-delà du cercle polaire, pour des « examens supplémentaires et des consultations de spécialistes », selon les services pénitentiaires. Le « traitement » d’Oleg Sentsov, qui reçoit des compléments alimentaires qui le maintiennent en vie, sera corrigé en fonction des résultats de ces examens, selon la même source.
Qualifié de « kamikaze ukrainien » par son avocat, qui le dit « prêt à mourir », M. Sentsov a entamé une grève de la faim le 14 mai pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.
Arrêté en Crimée après l’annexion de la péninsule par la Russie en 2014, Oleg Sentsov a été condamné à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par Amnesty International et dénoncé par Kiev, l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis.
Appel mondial
Les pays du G7 ainsi que de nombreuses personnalités du monde culturel, comme le cinéaste suisse Jean-Luc Godard ou l’acteur américain Johnny Depp, ont appelé à la libération d’Oleg Sentsov. Le 10 août, le président français Emmanuel Macron avait fait par téléphone « plusieurs propositions » à son homologue russe Vladimir Poutine afin de « trouver de façon urgente une solution humanitaire ». Rien n’a filtré depuis concernant les suites données par Moscou à ces propositions.

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                « Il faut agir vite pour ne pas laisser Oleg Sentsov mourir »



Malgré les déclarations alarmistes de ses proches concernant la dégradation de son état de santé, le Kremlin a répété à plusieurs reprises qu’une grâce présidentielle ne pouvait être accordée qu’à la demande du prisonnier, ce qu’Oleg Sentsov se refuse à faire.
Kiev a cependant balayé cet argument, rappelant que la pilote militaire ukrainienne Nadia Savtchenko, emprisonnée en Russie puis libérée lors d’un échange de prisonniers en 2016, n’avait jamais demandé à être graciée.
La Russie et l’Ukraine sont à couteaux tirés depuis l’arrivée au pouvoir, à l’hiver 2013-2014, de pro-occidentaux à Kiev, suivie de l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou et du déclenchement d’un conflit armé dans l’est séparatiste prorusse du pays, qui a fait plus de 10 000 morts à ce jour.

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                Oleg Sentsov fait citoyen d’honneur de la Ville de Paris






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La droite extrême s’est imposée dans la bataille des idées en avançant une pensée illibérale et anti-68 explique Nicolas Truong, chef du service Débats au « Monde ».
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Droite extrême : le « grand retournement » idéologique

La droite extrême s’est imposée dans la bataille des idées en avançant une pensée illibérale et anti-68 explique Nicolas Truong, chef du service Débats au « Monde ».



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h10
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 18h34
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Nicolas Truong







                        



                                


                            

Analyse. Un grand basculement s’opère depuis quelques années sur la scène des idées. Un glissement de terrain idéologique destiné à préparer un renversement politique. Car la contre-révolution illibérale n’a pas uniquement lieu lors d’insurrections électorales. Elle s’installe aussi sur le terrain de la pensée. La droite extrême s’est ainsi imposée dans la bataille des idées, et la « pensée anti-68 », comme dit le philosophe Serge Audier, tient le haut du pavé. « Le vent souffle à droite », constate la philosophe Elisabeth Badinter, alertée par les mouvements antiavortement et ceux issus de La Manif pour tous, rassemblés dans « la sainte alliance des réactionnaires » (Le Monde daté du 13 avril 2018).

Ce grand basculement prend la forme d’un « grand retournement », explique le professeur au Collège de France Pierre Rosanvallon dans Notre histoire intellectuelle et politique – 1968-2018 (Seuil, 448 pages, 22,50 euros). Un renversement des valeurs du progressisme qui repose sur un « antilibéralisme intégral » (l’extension des droits de l’individu est associée au règne de l’illimitation de l’individualisme consumériste), une offensive axée sur « l’exaltation d’un peuple essentialisé » forcément méprisé par les élites, une guérilla conceptuelle tournée vers une critique obsessionnelle de « l’événement repoussoir » qu’est devenu Mai 68, sans oublier une « radicalisation des aversions » dominée par une hypertrophie du langage – par laquelle on assimile sans ambages le libéralisme ou le pédagogisme à des « totalitarismes ». De Maurras à Gramsci, les références de ces pamphlétaires réactionnaires mêlent aussi bien des catholiques royalistes que des communistes révolutionnaires.
Dépassement des clivages et des usages
C’est pourquoi l’on peut entendre dans cette littérature « une pensée de droite dans un langage...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Comme le « cri de Wilhem », le « Diddy Laugh » est devenu l’un des effets sonores les plus utilisés par l’industrie audiovisuelle.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Pour « Roissy », sur une amnésique errant dans l’aéroport parisien, la romancière a rencontré tous ceux qu’il abrite, de la tour de contrôle aux combles.
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Tiffany Tavernier pose son sac à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle

Pour « Roissy », sur une amnésique errant dans l’aéroport parisien, la romancière a rencontré tous ceux qu’il abrite, de la tour de contrôle aux combles.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 17h50
    |

                            Zoé Courtois (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Roissy, de Tiffany Tavernier, Sabine Wespieser, 280 p., 21 €.

Des points de départ, ­Tiffany Tavernier en a connu plusieurs – c’est le lot de tous les baroudeurs. Mais la romancière, scénariste et assistante réalisatrice, n’a pas avec tous un lien aussi intime qu’avec l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, dit aussi aéroport de Roissy, ou Roissy. C’est de là qu’elle est partie, à 18 ans, pour Calcutta. Pendant des mois, elle a partagé le quotidien d’un médecin de rue, trouvant dans la crasse des faubourgs indiens et la splendeur du Taj Mahal la matière de son premier roman, Dans la nuit aussi le ciel (Paroles d’aube, 1999). Après cela, retour à Roissy, mais seulement pour y reprendre la voie des airs, direction l’Arctique, où elle séjournera deux étés avec des Inuits : une expérience extraordinaire qui l’a menée à l’écriture de son deuxième roman, L’Homme blanc (Flammarion, 2000). Ensuite, nouveau départ de Roissy pour quatre mois au Cambodge ; et, plus tard, avant une traversée de la Colombie avec une troupe de théâtre…
Enregistrements sonores dans chaque terminal
Qu’à cela ne tienne, si le nouveau point de départ de Tiffany Tavernier (celui d’un roman, cette fois, son huitième) est un article de presse traitant de l’aéroport londonien d’Heathrow, l’intrigue se déroulera à Roissy. L’article, qui l’a hantée pendant près de deux ans, était accompagné d’une photographie, raconte-t-elle au « Monde des livres » : « Celle d’une jeune femme de trois quarts de profil, aux longs cheveux bruns, tirant une valise, et que l’on devinait très jolie, sans pour autant voir son visage. » Une SDF qui vit dans l’aéroport. Le journaliste lui demande combien de temps elle compte y rester. Celle-ci lui fait cette réponse « radicale et vertigineuse » : « Toute ma vie. » La romancière est subjuguée : « C’est une réponse à laquelle je ne m’attendais pas, qui m’interroge...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Dans la série de Patrick Somerville, deux êtres tourmentés font équipe lors d’une expérimentation thérapeutique qui les entraîne dans des « trips ».
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« Maniac » : un voyage hallucinatoire tendre et comique à la fois

Dans la série de Patrick Somerville, deux êtres tourmentés font équipe lors d’une expérimentation thérapeutique qui les entraîne dans des « trips ».



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 18h28
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


Netflix, à la demande, série
Déroutant comme peut l’être l’enchaînement de rêves au cours d’une même nuit, ­Maniac s’ouvre sur un premier épisode où l’on ne comprend à peu près rien. Si ce n’est que l’on est à New York, dans un futur tel qu’on pouvait l’imaginer lorsque l’on vivait dans les années 1980. Si ce n’est, par ailleurs, que l’on est face à une étrange promesse ­scénaristique (librement adaptée d’une série norvégienne) de l’un des auteurs de la série The Left­overs (2014-2017), Patrick Somerville, et face à l’alléchante réalisation de Cary Fukunaga, à qui l’on doit la superbe première saison de True Detective – lequel vient de se voir confier le prochain James Bond. Mais que l’on se rassure, l’ambition de cette série prend forme dès le deuxième épisode.
Sans doute, ceux qui n’aiment rien tant que la terre ferme du réel auront du mal à entrer dans le doux délire scénaristique et visuel de Maniac – contrairement à ceux qui ont apprécié l’inventivité d’une série comme Atypical, elle aussi sur Netflix. Ce serait pourtant dommage tant Maniac vibre, invente et émeut quiconque est prêt à affronter le vertige. Car l’on est invité ici à une expérience, à l’image de ce que vont traverser ses deux personnages principaux, Owen (Jonah Hill) et Annie (Emma Stone, bluffante de bout en bout).
Dose d’étrangeté
Etrangers l’un pour l’autre, tous deux se rencontrent après s’être portés volontaires à un essai thérapeutique d’un genre nouveau, pour ne pas dire douteux et risqué. Sous le contrôle de l’ordinateur le plus sophistiqué au monde, capable d’analyser leurs rêves, leurs hantises et leurs souvenirs, ils viennent d’accepter, avec d’autres, de se soumettre au protocole mis au point par un neuro-chimiste démiurge (Justin Theroux, comiquement raide et pompeux) : une expérimentation qui vise à terme, si elle réussit, à débarrasser l’humanité de tout mal-être, de tout trauma. Chaque étape de l’expérience amenant ces cobayes à identifier leur souffrance, puis à l’accepter, et enfin à la dépasser.
Cela passe par l’absorption de ­pilules qui, à chaque prise, vont transporter Annie et Owen dans des rêves, des hallucinations, des époques et des scénarios différents ; ce qui permet au scénariste et au réalisateur d’augmenter eux-mêmes la dose d’étrangeté, de créativité et de délire au fil de la série, en pastichant tour à tour, parfois avec un éclatant bonheur, parfois de manière grotesque, le genre de la comédie noire, du drame familial, de l’espionnage, du fantastique moyenâgeux, etc.
Emotion
Le plus étonnant, dans ce maelström de tableaux qu’occasionnent les rêves partagés par Owen et ­Annie, vient de l’émotion, voire de la sentimentalité, que ne manque pas d’induire le psychodrame ­familial qu’est au final Maniac. Car la série s’attache moins à traquer la dépression ou la maladie ­mentale dont souffrent Annie et Owen qu’à dépeindre le sentiment d’inutilité et de solitude, la culpabilité, les fausses croyances dont chacun a hérité, à des degrés divers, de ses liens familiaux. 
Et que dire de l’ordinateur ­« kubrickien » Gertie, maître-analyste de l’essai thérapeutique, qui, une fois inoculé de quelques émotions basiques par une médecin de l’équipe, va souffrir d’un deuil pathologique à la mort de son ­concepteur, tomber en dépression et « perdre la tête », avant d’expliquer à ses manipulateurs : « Je veux rencontrer mon vrai moi. »
Maniac, série créée par Patrick Somerville. Avec Emma Stone, Jonah Hill, Justin Theroux, Sally Field (EU, 2018, 10 × 40 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Gueule d’ange, gouaille de lascar et nom de milord, le comédien se partage entre le cinéma et la musique, la France et l’Angleterre, et entre Perrier et demi.
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Un apéro avec Finnegan Oldfield : « J’ai toujours été une teigne »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Gueule d’ange, gouaille de lascar et nom de milord, le comédien se partage entre le cinéma et la musique, la France et l’Angleterre, et entre Perrier et demi.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 06h37
    |

            Laurent Carpentier








                              

                        

« Habituellement, j’aurais pris une Chouffe. La bière belge. Enfin, faut être précautionneux avec la Chouffe, hein… On peut se retrouver avec une gueule de bois immédiate. Mais là, avant 18 heures, je me discipline… Un Perrier ! » Il sort de la piscine municipale, serviette mouillée dans un sac en plastique. L’été tire à sa fin, et ça lézarde sérieux sur la petite terrasse indolente de La Pétanque, un café de la rue Etienne-Dolet, à Paris (20e), où Finnegan Oldfied nous a filé rencard.
Vingt-sept ans, 1,83 m, une gueule d’ange, une gouaille de lascar et un nom de milord. Et puis une vingtaine de films à la clé. Des séries (Engrenages…), des apparitions, des petits rôles et, depuis 2015, les premières places : dans Les Cowboys, de ­Thomas Bidegain, Nocturama, de Bertrand Bonello, Marvin ou la Belle Education, d’Anne Fontaine, et, aujourd’hui, Le Poulain, de Mathieu Sapin, où il incarne un de ces jeunes bac + 5 qui se font enrôler dans ce jeu d’imposture, de vitesse et de réactivité opportuniste qu’est la politique. Exactement ce qu’il n’est pas.
Premiers kifs
Les jambes étendues sous la table du bistrot dont il est un habitué, l’échalas en veste de sport Lacoste, maillot de foot de l’équipe d’Angleterre, a abandonné ses études en 4e et parle anglais avec un accent de Ménilmontant à couper à la serpe, malgré son prénom qui évoque le roman de James Joyce, Finnegans Wake (1939). Il s’en amuse : « Euh non, en fait je crois que c’était plutôt en référence à Huckleberry Finn… »
« Ado, j’ai toujours aimé les lieux désaffectés, tout y casser, les vieilles bagnoles abandonnées, tout défoncer. J’aime ces endroits de liberté, zones de non-droit où tu peux faire ce que tu veux. Et puis sur la table de régie, j’avais ma dose de sucre »
Au départ, il y a Oldfield père, Ben de son prénom, un môme de Brighton, Angleterre, affamé de musique jamaïcaine, qui débarque...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions à voir et revoir en différé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/09/2018
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Emouvant, absurde, pharaonique : des replays pour le week-end

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions à voir et revoir en différé.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 18h10
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALESeptembre s’achève et vous n’avez eu le temps de rien ? Pas de panique, « La Matinale » sélectionne pour vous les meilleurs replays. Ce week-end, ne manquez pas de (re)voir l’émouvant documentaire Histoires d’une nation, narré par Roschdy Zem. Vive la politique ! Le grand déménagement nous raconte comment, chaque mois, les parlementaires européens font la « transhumance » entre Bruxelles et Strasbourg, malles de documents comprises. Quant au documentaire Egypte. Les temples sauvés du Nil, il nous rappelle le déplacement « pharaonique » du temple d’Abou Simbel pour échapper à la construction du barrage d’Assouan.
France, terre d’immigration

Après le double traumatisme de la défaite face à l’Allemagne et de la Commune de Paris en 1871, les républicains forgent l’idée de la nation française : dans chaque village, dans chaque quartier, à l’école comme sous le drapeau, tout le monde doit se sentir français, y compris les enfants d’immigrés. En effet, en 1889, les républicains instituent le droit du sol : les enfants nés en France de parents étrangers ont le droit de réclamer la nationalité française à leur majorité. C’est parce que 1889 résume si bien le projet républicain, à la fois positiviste et productiviste, que Françoise Davisse et Carl Aderhold ont choisi cette année comme point de départ de leur Histoire d’une nation. Cette série documentaire raconte comment, au cours des cent cinquante dernières années, la République française a accueilli les étrangers à certains moments, leur a refusé l’entrée à d’autres, quand elle ne les a pas internés ou expulsés.
Au centre de ce récit chronologique narré par Roschdy Zem : l’expérience de l’assimilation, puis de l’intégration, par l’école et le travail, mais aussi la lutte pour l’égalité et les révoltes contre les discriminations. Ce documentaire se compose également de petits morceaux de mémoire familiale. La parole est donnée aux enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants d’immigrés, dont Michel Drucker, Jean et Youri Djorkaeff, José Garcia et Amel Bent. Photos de famille en main, ils racontent la misère et la gloire de ces pères venus d’Italie, de Pologne, de Russie, d’Arménie, du Maroc ou du Cambodge, pour épauler la France en guerre, mais aussi pour la reconstruire, en se chargeant des travaux pénibles et sales que les Français ne voulaient pas faire.  Antoine Flandrin
Histoires d’une nation, de Françoise Davisse et Carl Aderhold, réalisé par Yann Coquart (France, 2018, 4 × 55 min). Disponible sur france.tv jusqu’au 25 octobre.
Transhumance européenne

   


Chaque mois, entre Bruxelles et Strasbourg, c’est le même «  cirque itinérant [qui] exaspère nos concitoyens  », comme le dit ironiquement une députée européenne. Les 751 parlementaires quittent la Belgique pour s’installer quatre jours dans l’est de la France, afin de participer aux séances plénières. Cette session mensuelle entraîne un immense barnum entre les deux villes, au grand dam de certains élus. Alors, chaque mois, c’est la même routine : des employés acheminent par poids lourds des centaines de malles volumineuses contenant les documents des députés jusqu’en France. Et des dizaines de chauffeurs – au volant des voitures de fonction – sont aussi du voyage.
Cette transhumance administrative gêne certains parlementaires, qui dénoncent son coût exorbitant, estimé à 114 millions d’euros par an. Alors, dans l’hémicycle, une bataille fait rage entre les élus exigeant un seul siège basé à Bruxelles et ceux attachés à la ville alsacienne, qui incarne le rapprochement entre la France et l’Allemagne. Tourné sans commentaire, comme l’étaient jadis les films du magazine Strip-tease, Vive la politique ! Le grand déménagement montre, côté coulisse, ce grand va-et-vient entre les deux sièges européens. Frustré par sa durée (25 minutes), on aurait aimé être davantage immergé dans ce «  grand déménagement ». Mustapha Kessous
Vive la politique ! Le grand déménagement, d’Olivier Lamour (France 3, 2017, 25 min). Disponible sur france.tv jusqu’au 4 octobre.
Sauvetage pharaonique 

Depuis plus de trois mille ans, le grand temple d’Abou Simbel fait fièrement face aux eaux du Nil. Situé non loin de la frontière soudanaise, ce sanctuaire consacré à Ramsès II a bien failli disparaître à jamais. En effet, en 1954, le président Nasser avait décidé de lancer la construction d’un immense barrage près d’Assouan, afin de maîtriser les caprices du fleuve comme ses multiples crues. Ainsi, cet ouvrage vital pour le développement du pays devait permettre une parfaite irrigation des terres et une meilleure production électrique. Mais il nécessitait de sacrifier des vestiges antiques. Toute une partie d’une région d’Egypte, la Nubie, allait être inondée, et d’inestimables trésors datant de l’époque des pharaons se retrouveraient engloutis.
En 1960, la jeune Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) lança un appel à la communauté internationale pour sauver les temples de Nubie. Il fallait faire vite : les travaux du barrage avaient débuté et il ne restait que quelques années pour mettre en œuvre un plan de sauvegarde des temples. C’est ainsi que celui d’Abou Simbel a été démonté pierre par pierre puis remonté à l’identique plus en hauteur, à l’abri de la future montée des eaux. Ce documentaire explique, à travers des images d’archives, comment les plus beaux vestiges de la Nubie ont pu être préservés. M. Ks.
Egypte. Les temples sauvés du Nil, d’Olivier Lemaître (France, 2018, 90 min). Disponible sur mycanal.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Jean-Michel Basquiat est un des artistes les plus chers du monde, seules les œuvres de la fin de sa vie sont un peu plus sages en termes de prix.
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La cote des tableaux de Basquiat s’affole

Jean-Michel Basquiat est un des artistes les plus chers du monde, seules les œuvres de la fin de sa vie sont un peu plus sages en termes de prix.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 06h30
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Marché de l’art
La Fondation Louis Vuitton expose du 3 octobre au 14 janvier l’Américain Jean-Michel Basquiat (1960-1988). L’un des artistes les plus chers du monde, dont un tableau a décroché le prix record de 110,5 millions de dollars ( 93,8 millions d’euros) en 2017 chez Sotheby’s. Une œuvre qui, il y a trente-cinq ans s’était vendue pour 19 000 dollars…
Mort d’une overdose à l’âge de 27 ans, le peintre, qui a commencé à s’exprimer dans la rue, aurait pu n’être qu’une comète de l’histoire de l’art. Il est devenu une icône planétaire. Le prodige coche toutes les cases : une carrière en météorite de 1980 à 1988 ; une œuvre néanmoins prolixe et énergique ; l’onction du pape du pop art, Andy Warhol lui-même. « C’est le romantisme d’une vie brûlée, un expressionnisme qui sort des tripes », résume Edmond Francey, spécialiste chez Christie’s. Basquiat colle à une époque, la sienne, l’ère pré-Reagan, mais aussi la nôtre.
« Il a ouvert un nouvel espace d’action, dont les effets résonnent encore aujourd’hui trente ans après sa mort, ajoute Stefano Moreni, spécialiste chez Sotheby’s. Il entre parfaitement dans la volonté actuelle de repenser l’art occidental face à une culture autre, par un artiste qui est lui-même expression de cette diversité culturelle. »
Basquiat est devenu un tel modèle que le rapper Jay Z a clamé « Je suis le nouveau Jean-Michel » dans son single Picasso Baby.

Le jeune homme rageur, qui commença sa carrière comme artiste graffiti sous le pseudo de SAMO (« same old shit »), se distingue de ses pairs des années 1980 par une énergie électrique, un faux désordre maîtrisé, un sens de l’improvisation digne de Picasso. Le marché s’empare vite du phénomène. Repéré en 1982 par la galeriste new-yorkaise Annina Nosei, il est représenté rapidement par le puissant marchand suisse Bruno Bischofberger. Les collectionneurs américains Eli Broad, Lenore et Herbert...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le guitariste et compositeur américain était âgé de 76 ans. Il a cofondé avec Paul Kantner ce groupe précurseur du mouvement rock psychédélique.
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Marty Balin, cofondateur du groupe Jefferson Airplane, est mort

Le guitariste et compositeur américain était âgé de 76 ans. Il a cofondé avec Paul Kantner ce groupe précurseur du mouvement rock psychédélique.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 02h19
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 11h02
   





                        



   


Le guitariste Marty Balin, cofondateur du groupe de rock psychédélique californien Jefferson Airplane dans les années 1960, est mort à l’âge de 76 ans, ont annoncé vendredi 28 septembre des médias spécialisés américains, citant ses proches.
Né Martyn Jerel Buchwald, Balin était un guitariste folk à la recherche d’un public à San Francisco lorsqu’il a fondé Jefferson Airplane avec Paul Kantner, un autre guitariste, mort en 2016.

        Lire aussi :
         

                Paul Kantner, cofondateur de Jefferson Airplane, est mort



Le groupe fut précurseur du mouvement rock psychédélique, né sous l’influence de drogues comme le LSD. De 1969 à 1972, Jefferson Airplane fut emmené par la chanteuse Grace Slick. Parmi les titres phares de l’album Surrealistic Pillow, grand succès du groupe, figurent « White Rabbit » et « Somebody to Love », écrits notamment par Marty Balin.
Une erreur médicale après une opération
Déjà célèbre aux Etats-Unis, le groupe californien acquit une réputation mondiale en se produisant en 1969 au mythique festival de Woodstock, puis à celui d’Altamont, organisé par les Rolling Stones.
La formation se sépara au début des années 1970, mais certains membres, dont Balin, Slick et Kantner, se retrouvèrent à bord du Jefferson Starship, nouvelle évolution du groupe, quelques années plus tard.
Sa famille n’a pas précisé les causes de la mort de Marty Balin, qui avait subi une opération à cœur ouvert en 2016. Disant avoir subi des séquelles multiples de cette intervention, le musicien avait poursuivi en justice l’hôpital new-yorkais pour erreur médicale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ A écouter cette semaine : une voix soul qui ravive les années 60 et 70, de la pop synthétique intimiste et lumineuse, un album perdu d’un Byrds en solo…
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Sélection albums : Macy Gray, Jeanne Added, Gene Clark…

A écouter cette semaine : une voix soul qui ravive les années 60 et 70, de la pop synthétique intimiste et lumineuse, un album perdu d’un Byrds en solo…



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 18h14
   





                        


Fazil Say Préludes (Book I), de Claude Debussy – Gnossiennes et Gymnopédies, d’Erik Satie Fazil Say (piano)

   


Après une première incursion debussyste dans un album de mélodies françaises en compagnie de la mezzo-soprano Marianne Crebassa (Erato, 2017), le pianiste turc Fazil Say s’aventure dans l’œuvre pour piano seul du compositeur avec le Premier Livre des Préludes, qu’il associe aux Gnossiennes et Gymnopédies de son contemporain, Erik Satie. Le piano contrasté de Say, aux longues résonances et dissonances exacerbées, met en avant dans les Préludes l’inspiration orientale de Debussy, une musique faite de sons plus que de notes, dont se dégage une épaisseur peu commune, la chair l’emportant sur la transparence. La sensualité gagne ensuite les Six Gnossiennes de Satie, aux mélodies ondulantes, accompagnées par la caresse du souffle de Say, souffle plus perceptible encore dans les Trois Gymnopédies, dont les notes coulent comme des larmes sans sanglots. Anna Sigalevitch
1 CD Warner Classics.
Henri Dutilleux Symphonie n°1 – Métaboles – Les Citations Orchestre national de Lille, Jean-Claude Casadesus (direction)

   


Le début au compte-gouttes (motif de contrebasses) de la 1ère Symphonie d’Henri Dutilleux (1916-2013) donne ici l’impression que le musicien sort prudemment de l’ombre, en 1951, pour un premier essai orchestral d’envergure. Une demi-heure plus tard, à l’issue d’un final éblouissant, plus de doute : le compositeur de 35 ans a bien sa place dans la cour des grands. Excessivement méticuleuse, l’interprétation de Jean-Claude Casadesus flatte la plasticité de la partition au détriment de ses zones de mystère (Passacaille) ou de lyrisme (Intermezzo). Quarante ans après avoir obtenu le prix de l’Académie Charles Cros pour son enregistrement (publié par Calliope) de la même œuvre avec le même orchestre (alors « philharmonique » de Lille et non « national »), cet ardent défenseur de l’œuvre de Dutilleux mérite bien des éloges pour sa magnifique restitution des Métaboles (1964), où le panache n’exclut pas la finesse et la sensualité. A noter, en complément, la présence des Citations dans la version définitive de 2010. Pierre Gervasoni
1 CD Naxos/Outhere Music.
Macy Gray Ruby

   


Son précédent album Stripped, en 2016, témoignait, dans une ambiance jazz, en accompagnement acoustique avec des musiciens de premier ordre dont le trompettiste Wallace Roney, du talent d’interprète de la chanteuse Macy Gray. Pour Ruby, les orchestrations sont plus fournies, avec cordes, vents, dans le rappel de la soul music des grandes années 1960 et 1970 à peine teintés de quelques modernismes sonores (ici et là des programmations rythmiques plutôt qu’un son authentique de batterie) et un ancrage gospel et jazz. Vocalement toujours d’une grande exactitude, expressive, Macy Gray se distingue depuis vingt ans par sa capacité à émouvoir, faire frémir avec sa voix éraillée. Qui emporte l’auditeur, en particulier avec les chansons Cold World, Tell Me, blues au parfum new Orleans, When It Ends ou la superbe But He Loves Me. Sylvain Siclier
1 CD Mack Avenue Records/PIAS.
Gene Clark Sings for You

   


Force motrice des Byrds à leurs débuts (il compose notamment Eight Miles High en 1966), le chanteur et guitariste américain Gene Clark, mort en 1991, ne connaîtra pas de son vivant le même succès que ses illustres pairs Roger McGuinn et David Crosby. Sa carrière en solo a beau être une succession d’échecs commerciaux, elle n’en demeure pas moins influente, encore aujourd’hui (Band of Horses, My Morning Jacket, Fleet Foxes…). En 1966, Gene Clark quitte une première fois les Byrds pour voler de ses propres ailes. Les huit compositions enregistrées en avril 1967 mais refusées par sa maison de disques et exhumées ici par le label Omnivore, se révèlent d’une splendeur rare, pionnières dans leur approche de croiser pop, folk. Ces chansons d’amour désabusées parfois serties de violons, tutoient l’excellence d’un Love, Bob Dylan ou George Harrison. Elles sont complétées de démos de titres inédits qui rendent compte de l’inspiration exceptionnelle de son auteur à cette époque. Franck Colombani
1 CD Omnivore Recordings.
Jeanne Added Radiate

   


Sous la raideur de l’armure synthétique, le premier album de Jeanne Added, Be Sensational (2015), laissait apparaître quelques failles de douceur d’où filtraient ses chansons les plus émouvantes. Délaissant l’intensité martiale, la Rémoise magnifie l’apaisement tout au long de Radiate, son second opus. Moins percussive, sa musique s’éloigne de la rage post-punk pour flirter avec des machines dont les références à la synth-pop des années 1980 (Depeche Mode, OMD…) évoquent plus les battements de cœur et les danses mélancoliques que la noirceur industrielle. En phase avec des textes qui décrivent souvent comment colère, peurs et frustrations peuvent muer en force rayonnante (Radiate, Mutate), le chant anglophone de cette Française formée au classique et au jazz va puiser dans les vibrations de la soul et du gospel, des mélodies et un intimisme lumineux. Stéphane Davet
1 CD Naïve/Believe.
Lionel Loueke The Journey

   


Une infinie douceur nimbe les mélodies rythmant le voyage (Journey) couleurs pastel proposé par ce fin guitariste et chanteur, installé au Luxembourg. A la fois solaire et lunaire, cette échappée belle passe par le Brésil (le son du berimbau sur Molika), l’Afrique (la flûte peule sur Mandé, le fon et le yoruba, les langues de son Bénin natal), distille un jazz feutré et intimiste ou subtilement funky. Lionel Loueke a joué avec tous les mondes, ceux du jazz (Herbie Hancock, Wayne Shorter, Omar Sosa, Chick Corea, Michel Portal…), de la salsa (Yuri Buenaventura), de Sting, Santana et Angélique Kidjo. Enregistré à Paris, sous les conseils de l’éclectique producteur et arrangeur américain Robert Sadin, outre la présence de Ferenc Nemeth (percussions) et Massimo Biolcati (basse), qui jouent avec lui depuis quinze ans, The Journey bénéficie de la présence d’invités (Vincent Segal – violoncelle, Patrick Messina, première clarinette solo de l’Orchestre national de France, le bassiste Pino Palladino et le violoniste Mark Feldman…) qui ont en commun avec Loueke un sens indéniable de l’élégance musicale. Patrick Labesse
1 CD Aparte/PIAS.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Gilles Clément, en compagnie d’autres artistes et plasticiens, a investi la ligne de partage des eaux, qui traverse le Parc naturel des monts d’Ardèche.
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Dans l’Ardèche, des œuvres à voir, pour mieux lire le paysage

Gilles Clément, en compagnie d’autres artistes et plasticiens, a investi la ligne de partage des eaux, qui traverse le Parc naturel des monts d’Ardèche.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 01h16
    |

            Lucien Jedwab








                        



                                


                            
En 2017, des artistes et des plasticiens ont répondu à l’appel du Parc naturel régional des monts d’Ardèche afin de mettre en valeur un patrimoine à la richesse méconnue – à l’exception, bien sûr, de la grotte Chauvet. Le fil conducteur du parcours retenu – une centaine de kilomètres, qui peut s’effectuer en voiture, mais aussi à pied, le long du GR 7 – est la ligne de partage des eaux, entre Atlantique et Méditerranée. Une thématique que le directeur artistique du projet, David Moinard, a enrichie en 2018 avec une œuvre de l’artiste japonais Kôichi Kurita, déjà présent à l’exposition « Jardins » au Grand Palais, en 2017. L’installation, belle et émouvante, constituée de centaines de coupelles d’échantillons de terre prélevés le long de la Loire et de ses affluents, est présentée dans une abbaye où l’on produisait naguère encore... du vin.

Ceux (et celles aussi) qui ont suivi en classe de géographie se souviennent du mont Gerbier-de-Jonc : la Loire y prend sa source au pied de ce « suc », un ancien volcan. Ses sources, devrait-on dire, puisque, sur le site, on en dénombre au moins trois : l’« authentique », la « géographique » et la « véritable »... Une quatrième, due à l’imagination du paysagiste et « jardinier » Gilles Clément, est venue apporter sa part de poésie : et si la Loire s’écoulait de part et d’autre de la ligne de partage des eaux, pour rejoindre également la Méditerranée ?

La « Tour à eau » conçue par l’auteur du Jardin en mouvement évoque les bories en pierres sèches du Lubéron ou les cairns d’Andy Goldsworthy. Elle capte le regard du promeneur, en s’inscrivant, avec l’apparence de l’immémorialité, dans le grand paysage des monts d’Ardèche. Son principe ? Elle permet de recueillir l’eau de condensation dans une cuve de phonolite, une pierre volcanique. Le trop-plein s’écoule, lui, vers les versants atlantique et méditerranéen...

Autre intervention, mais sur un lieu marqué par l’Histoire : les vestiges...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le graffeur, esthète du détail, provoque une collision picturale au milieu des travaux du quartier de la gare parisienne.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

A Montparnasse, une fresque de Brusk casse le train-train urbain

Le graffeur, esthète du détail, provoque une collision picturale au milieu des travaux du quartier de la gare parisienne.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 18h10
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



   


Quand le street art accompagne les mutations urbaines : c’est l’approche de l’association Art en Ville, qui inaugurait, jeudi 27 septembre, une fresque monumentale – et temporaire – du graffeur Brusk dans le quartier en chantier de la gare Montparnasse. A un croisement (entre la rue Vercingétorix et l’avenue du Maine) redessiné dans les années 1970 pour devenir un échangeur de l’autoroute A10 au cœur du 14e arrondissement. L’heure est aujourd’hui au renouveau, et Olivier Landes, fondateur d’Art en Ville, a proposé à Unibail, propriétaire d’une grande partie du pâté de maison, « d’utiliser l’espace comme une sorte de terrain de jeu visuel pendant la phase de transition urbaine ».
Cet urbaniste de formation, par ailleurs passionné d’art urbain, publiait l’an dernier le livre Street art Contexte(s) (éd. Alternatives), où il analysait les interdépendances entre le street art et son environnement. Le contexte est ici un paysage dominé par des constructions que l’architecte Pierre Dufau, monument des Trente Glorieuses, avait imaginées sur cette large parcelle. « A l’époque, Montparnasse devait devenir La Défense de la Rive gauche, avec une architecture sur dalle et une séparation des flux qui n’a jamais trop marché. J’ai un peu raconté tout ça aux artistes, et je leur ai demandé de se jouer de ce paysage de périphérique », résume Olivier Landes.



A l’automne dernier, il a d’abord convié l’Allemand SatOne à investir l’accès en plein air vers une bibliothèque municipale installée au niveau -1 de la dalle, en travaillant l’espace comme des couches géologiques aux couleurs détonnantes. Une fresque en trois dimensions qui a révélé ce lieu caché dans un écrin de béton. Le duo français Velvet & Zoer, qui s’est ensuite vu confier l’immeuble de bureaux adjacent, a au contraire choisi d’invisibiliser la façade en béton crénelé par une peinture en trompe-l’œil reprenant les rayures blanches et noires de l’hôtel Pullman, mastodonte de 32 étages (du même Dufau) situé en arrière-plan, pour créer un code-barre géant. Les deux projets, déjà touchés par les travaux, disparaîtront définitivement à la fin de l’année pour laisser place aux bâtiment imaginés par le cabinet d’architectes néerlandais MVRDV, amenés à réhumaniser les lieux en mêlant nouveau centre commercial, bureaux, crèche, bibliothèque et logements.

        Lire la sélection :
         

          Trois œuvres éphémères de street-art à ne pas rater



« Après l’abstrait de SatOne et le conceptuel de Velvet & Zoer, j’ai voulu amener un figuratif sur cette belle page blanche qu’est le mur aveugle de la base-vie », dit Olivier Landes devant l’immense bâtiment en préfabriqué installé sur place. Soit huit étages de logements de chantier. « C’est pour ça que j’ai fait appel à Brusk : pour pouvoir exister dans ce chaos vertical, car c’est un artiste qui a une identité visuelle très intense », résume le directeur artistique.



Brusk, 42 ans, brisquard du graffiti au regard clair et à la barbe blanche, est un esthète du détail. A 100 mètres de la gare Montparnasse, il a choisi de réinterpréter grandeur nature une fameuse photographie locale : celle de l’accident de train de 1895, où la locomotive, qui n’avait pu s’arrêter en gare, en avait transpercé la façade.
« Une image cocasse, tragi-comique »
Une œuvre représentant un accident, l’idée peut heurter. « Cette photo représente certes une catastrophe ferroviaire, qui n’avait par miracle fait qu’une victime, à quai, mais elle est passée à la postérité comme une image cocasse, tragi-comique. Ici, le wagon qui se renverse est plein de bonbons plutôt que de charbon, et l’image évoque aussi un petit train. Il y a quelque-chose de très lié à l’enfance dans le travail de Brusk », argumente Olivier Landes. Le site permet aussi une certaine liberté de ton, selon lui : « C’est un lieu très hôtelier et routier, on peut avoir des choses un peu dingues comme ça. Je ne fait pas les mêmes choix avec des œuvres pérennes dans des quartiers habités et denses. »
Le sujet de la fresque s’est imposé tardivement. « J’ai eu beau réfléchir pendant deux-trois mois, faire plein de croquis, je n’ai eu le déclic que trois jours avant. Je suis retombé sur cette photo et c’est devenu une évidence. Je travaille beaucoup dans l’urgence », explique Brusk, qui peint sans dessin préparatoire détaillé. « Je fais ma forme globale, et après je m’amuse, j’improvise. Entre une feuille A4 et un mur de 30 par 15, tu n’as pas le même feeling. Je compose avec les murs », précise l’artiste, 28 ans de pratique graffiti au compteur.
Brusk, graffeur : « C’est la première fois de ma vie que je fais un mur au pinceau, et c’est presque le même que je prends pour mes toiles, il est assez fin »
Il a au passage troqué la bombe pour le pinceau. « C’est la première fois de ma vie que je fais un mur au pinceau, et c’est presque le même que je prends pour mes toiles, il est assez fin », explique-t-il après dix jours de chantier à peindre debout dans la nacelle. « A la bombe, je n’aurais pas pu avoir ce rendu », explique-t-il. Le trait rappelle celui de la BD, en version XXL. Il confirme : « Ça fait trois-quatre ans que je suis tombé dans la BD. Je lis plein de trucs, beaucoup d’Américains indépendants. Je pense que ça influe énormément sur mon travail. »
Parmi les détails, on retrouve les tags et stickers qu’il peint régulièrement dans ses fresques. « Le public, les gens en général, comme ceux qui achètent mes toiles, n’aiment pas le tag, même quand ils aiment le street art ou le graffiti. Ça m’amuse de mettre plein de choses vraiment vandales et qu’elles soient perçues différemment, appréciées, parce que j’apporte une histoire et que je les mets en scène, confie l’artiste. C’est plein de dédicaces à mon entourage et tous ceux qui m’ont aidé à réaliser l’œuvre, plein de petits signes qui rappellent où on est, avec qui j’ai fait ça, et d’où je viens. » La fresque doit rester en place jusqu’à la fin des travaux, en 2020.






                            


                        

                        


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Musiques : Joe Strummer, une vie hors Clash

Une anthologie rassemble chansons inédites et démos du guitariste et chanteur avant, et surtout, après sa période punk.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 06h39
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            Fabrice Lhomme








                        



                                


                            

Ce 2 novembre 2001 au soir, tandis que Brighton s’évaporait dans un halo brumeux, on arpentait à petits pas la fameuse jetée, fierté du Sussex, aux côtés d’un Joe Strummer manifestement ­fatigué. Les traits tirés, le souffle court, l’ancien chanteur de The Clash s’apprêtait à se produire sur la scène du Concorde 2 avec son nouveau groupe, The Mescaleros. Sur le coup, on ne prêta pas attention à cette confidence lâchée entre deux réponses un peu sèches – avant de monter sur scène, Joe Strummer était géné­ralement de mauvaise composition. « Les gens pensent qu’après The Clash, j’ai perdu l’inspiration. Or, c’est tout le contraire ! Mais pour plein de raisons, de nombreux morceaux sur lesquels j’ai travaillé ne sont jamais sortis. Et c’est très frustrant… » Ces quelques phrases prennent tout leur sens dix-sept ans plus tard, au moment où sort une anthologie de l’œuvre du musicien, ressuscitée dans un coffret incluant, outre un épais ouvrage, autocollants, affiches, pins et autres souvenirs à la gloire de l’icône punk.
D’un genre très particulier, ­puisque les quelque cinquante morceaux la composant sont exclusivement constitués d’enregistrements originaux et excluent le « septennat » The Clash (1976-1983), cette compilation trouve son origine dans une ébouriffante découverte. Une dizaine d’années après le décès du chanteur, emporté le 22 décembre 2002 à l’âge de 50 ans par une crise cardiaque, sa compagne a mis la main, dans leur maison du Somerset, dans le sud-ouest de l’Angleterre, sur un authentique trésor. Dans le vaste abri de jardin où Joe Strummer aimait se réfugier, Lucinda Tait (56 ans) a retrouvé des centaines de cassettes audio, autant de documents annotés, des textes, des croquis, le tout au milieu d’un fatras inimaginable. Au total, plus de deux mille pièces, et presque autant de pépites.

Assistée de l’artiste canadien ­Robert Gordon McHarg III, ami de longue date du couple, Lucinda Tait est allée de surprise en surprise :...




                        

                        

