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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Les 58 migrants, une fois les contrôles sanitaires et légaux effectués, seront ensuite transférés vers plusieurs pays européens, dont la France.
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Les migrants de l’« Aquarius » sont arrivés à Malte

Les 58 migrants, une fois les contrôles sanitaires et légaux effectués, seront ensuite transférés vers plusieurs pays européens, dont la France.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 15h37
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 16h10
   





                        



   


Les 58 migrants sauvés au large de la Libye par le navire humanitaire Aquarius sont arrivés, dimanche 30 septembre, dans le port de La Valette, à Malte, après presque une semaine d’attente au large de la petite île méditerranéenne. Ces personnes, essentiellement d’origine libyenne, avaient d’abord été transférées dans la matinée sur un navire des gardes-côtes maltais depuis l’Aquarius.
Ce dernier est resté au large, dans les eaux internationales, de crainte d’être saisi ; il s’est, en effet, vu retirer son pavillon par le Panama, le résultat de pressions italiennes, selon Nick Romaniuk, le responsable des opérations de sauvetage.
Ces 58 migrants, dont 17 femmes et 18 mineurs, une fois débarqués et les contrôles sanitaires et légaux effectués, seront ensuite transférés vers plusieurs pays européens, conformément à un accord trouvé mardi. Aux termes de cet accord, la France accueillera 18 de ces migrants, l’Allemagne et l’Espagne, 15 chacune, et le Portugal, 10.

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Cinq morts dans un naufrage de migrants au large de la Turquie
Cinq personnes ont péri dans le naufrage d’un bateau pneumatique transportant des migrants, dimanche au large des côtes nord-ouest de la Turquie, a rapporté l’agence officielle Anatolie. Les gardes-côtes turcs ont découvert les cinq corps après le naufrage de l’embarcation au large du district d’Enez dans la province d’Edirne.
Craignant que le nombre de personnes à bord ne soit plus élevé, les gardes-côtes ont poursuivi leurs recherches pour tenter de retrouver d’autres éventuels passagers, selon l’agence, qui n’a pas fourni de précisions sur la nationalité des migrants décédés. La cause du naufrage n’a pas été précisée. Une tempête sévissait dimanche en Méditerranée, affectant la Grèce et les rivages de la mer Egée en Turquie.
Plus de trois millions de Syriens et quelque 300 000 Irakiens sont réfugiés en Turquie, qui est l’un des pays de transit des migrants tentant de rejoindre l’Europe. La vague migratoire a atteint son pic en 2015, année où plus d’un million de personnes, dont beaucoup fuyant la guerre en Syrie, ont rejoint la Grèce depuis la Turquie, principalement par voie maritime. Le nombre de personnes tentant cette traversée a depuis fortement chuté en raison d’un accord migratoire controversé conclu entre l’Union européenne et Ankara en mars 2016.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ L’un des principaux sites d’information du pays, RTL Info, a été imité pour diffuser une fausse information sur une explosion atomique à une trentaine de kilomètres de Liège.
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Nucléaire : une « fake news » crée un mouvement de panique en Wallonie

L’un des principaux sites d’information du pays, RTL Info, a été imité pour diffuser une fausse information sur une explosion atomique à une trentaine de kilomètres de Liège.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 12h49
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



   


Le parquet de Liège, en Belgique, a ouvert, samedi 29 septembre, une enquête après la diffusion d’une fausse information sur une explosion nucléaire qui a déclenché la panique chez certains habitants de la Wallonie. « Alerte : explosion atomique à Tihange », avait titré, dans la nuit de vendredi à samedi, l’un des principaux sites d’information du pays, RTL Info. Du moins pouvait-on le croire. Sa page d’ouverture avait, en réalité, été imitée et détournée, avec une copie quasiment parfaite de son logo et de son habillage.
La rumeur a rapidement enflé. Les services de secours et la police ont reçu de nombreux appels et des habitants pris de panique ont quitté à la hâte leur domicile, malgré un démenti rapide de RTL Info, diffusé à la demande du centre de crise du ministère de l’intérieur. La police judiciaire fédérale et des experts de la Computer Crime Unit, spécialisée dans l’analyse des systèmes informatiques, tentent de déterminer l’adresse IP du pirate. Celui-ci risque une peine de six mois à cinq ans d’emprisonnement et une lourde amende, pouvant atteindre 800 000 euros. RTL Info a porté plainte pour usurpation de son image.
L’auteur de la fake news voulait visiblement jouer sur les peurs alors que deux des trois réacteurs de la centrale de Tihange, exploitée par Electrabel, une filiale d’Engie, sont actuellement à l’arrêt en raison de problèmes techniques. Des anomalies dans le béton des cuves font actuellement l’objet d’une enquête. Le troisième réacteur doit, lui, faire l’objet, d’un entretien approfondi prochainement.
Sortie du nucléaire prévue en 2025
Selon des manifestants antinucléaires venus de Belgique, des Pays-Bas et d’Allemagne qui défilaient samedi dans la région de Tihange, un éventuel incident dans cette centrale entraînerait l’évacuation de cinq millions d’habitants et aurait des répercussions dans un rayon de 250 kilomètres.
La Belgique, dont le parc est très vieillissant, doit, en principe, sortir du nucléaire en 2025 – la première décision date de 2003 – mais n’est visiblement pas prête pour cette échéance. En novembre, six des sept réacteurs du royaume seront à l’arrêt, ce qui laisse entrevoir un risque réel de pénurie et de black-out.
Electrabel a annoncé récemment le report de plusieurs mois du redémarrage des réacteurs Tihange 2 et 3, initialement prévu pour cet automne. La ministre de l’énergie, Marie-Christine Marghem, accuse l’exploitant de mauvaise gestion. Elle espère pouvoir acheter l’électricité manquante en France, en Allemagne ou aux Pays-Bas, ce qui pose des problèmes techniques non résolus à ce stade.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Depuis 2010, près de Varsovie, des historiens amateurs et des passionnés participent une fois l’an à la reconstitution de la bataille de Lomianki, qui a opposé les forces polonaises à l’armée allemande nazie en septembre 1939. De quoi entretenir le mythe.
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La Pologne sort la grosse cavalerie

Depuis 2010, près de Varsovie, des historiens amateurs et des passionnés participent une fois l’an à la reconstitution de la bataille de Lomianki, qui a opposé les forces polonaises à l’armée allemande nazie en septembre 1939. De quoi entretenir le mythe.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 09h00
    |

                            Marion Dupont








                        



                                


                            

Des militaires en tenue kaki chargent, leur élan surplombé par une ascétique croix de bois. Nul besoin d’être historien militaire pour lever un sourcil : nos soldats sont montés à cheval et chargent sabre au clair, ici figés dans une action qui rappelle davantage les guerres napoléoniennes immortalisées par les peintres ­romantiques que l’enfer métallique de 1939-1945 qui s’étale d’ordinaire sur nos écrans de cinéma. Quel est cet objet ­visuel non identifié ?
Le cliché a été pris par le photo-reporter Czarek Sokolowski pour Associated Press, le 16 septembre, en Pologne, près du village de Lomianki, voisin de Varsovie. Chaque année, depuis 2010, des historiens amateurs et des passionnés s’y réunissent pour la reconstitution historique d’une bataille ayant opposé les ­forces polonaises à l’armée allemande nazie le 22 septembre 1939. L’image rappelle notamment un autre épisode historique, sujet à controverse : celui de la charge de Krojanty, tenue peu avant, le 1er septembre 1939, en Poméranie. Selon la légende, les uhlans polonais auraient chargé les tanks allemands avant d’être (naturellement) décimés. L’anecdote fait sourire, mais elle est plus significative qu’il n’y paraît.
Représentations mentales et visuelles
La cavalerie polonaise s’est en réalité attaquée à l’infanterie allemande à Krojanty, la dispersant efficacement (la Pologne comptait avant la guerre une importante force de cavalerie) ; ce n’est qu’après que des tanks, surgis d’un bois, mirent les uhlans en déroute. Mais les journalistes allemands et italiens, trouvant les panzers face aux cadavres des cavaliers, brossèrent le tableau d’une nation polonaise faible, d’un autre âge et d’un romantisme naïf. Cette idée fut ensuite largement ­entretenue par la propagande nazie tout au long de la guerre, à grand renfort ­d’illustrations visuelles éloquentes.
Ces représentations mentales et visuelles de la charge de Krojanty continuent de nos jours à alimenter une perception...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ En vingt et unième position sur la liste des Verts, la jeune femme d’origine somalienne a été élue au Riksdag le 14 septembre. Une élection qui suscite la polémique.
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Leila Ali Elmi, musulmane et voilée, fait son entrée au Parlement suédois


                      En vingt et unième position sur la liste des Verts, la jeune femme d’origine somalienne a été élue au Riksdag le 14 septembre. Une élection qui suscite la polémique.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 06h40
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








   


Quand, le 13 septembre, elle est allée se coucher, elle était encore inconnue en Suède. Quatre jours après les élections législatives, le dépouillement des bulletins de vote était en cours à la mairie de Göteborg. Les partis avaient déjà été fixés sur leur score. Restait à décompter les votes nominaux : ces croix inscrites par les électeurs devant les candidats de leur choix, sur les listes de chacune des formations.
Le sien était en vingt et unième position dans son district, sur celle des Verts. Autant dire qu’elle avait peu de chance d’entrer au Parlement. Pourtant, quand elle s’est réveillée le lendemain, Leila Ali Elmi, 30 ans, a découvert qu’elle avait été élue, avec 1 467 voix, devant tous les autres candidats de son parti, dont la plupart n’avaient jamais entendu parler d’elle.
Encartée depuis cinq ans, la jeune femme n’avait jamais occupé d’autres fonctions que celles de suppléante au conseil d’arrondissement de son quartier d’Angered, une des banlieues défavorisées de Göteborg.
« J’ai toujours eu des avis tranchés, je suivais ce qui se passait à la télé, dans les journaux. J’ai décidé de m’engager. »
Lundi 24 septembre, quand elle a fait sa rentrée au Riksdag à Stockholm, plus personne n’ignorait qui elle était : seule femme voilée à siéger au Parlement, première députée d’origine somalienne et surtout incarnation du virulent débat portant sur le vote communautaire, qui a vu le jour dans le royaume après les élections.
Car si Leila Ali Elmi est arrivée comme une comète sur la scène politique suédoise, elle est loin d’être inconnue au sein de la communauté somalienne de Göteborg (8 500 des 560 000 habitants sont nés en Somalie). La jeune femme y travaille comme interprète, aidant les immigrés dans leurs démarches auprès de l’administration suédoise.
Cœur à gauche
Elle-même est arrivée en Suède à 2 ans. A 12 ans, elle est placée en foyer. La fillette file un mauvais coton : elle ne va plus à l’école, est en révolte contre sa famille… Deux ans plus tard, elle revient vivre avec sa mère, devient une élève studieuse et termine le lycée. Elle fait des ménages, distribue le journal, puis commence à traduire.
Un peu avant les élections de 2014, elle rejoint les Verts : « J’ai toujours eu des avis tranchés, je suivais ce qui se passait à la télé, dans les journaux. J’ai décidé de m’engager. » Son cœur est à gauche. La lutte contre les changements climatiques fait pencher la balance côté écolo.
Quand elle annonce sa candidature au Parlement, le club de sport Bergsjön SK, ex-Somalia SK, basé dans une banlieue voisine, l’invite. Pendant deux heures, ses encadrants l’interrogent sur son ambition pour les quartiers. Convaincu par ses réponses, le club décide de faire campagne pour elle, ne ménageant pas ses efforts, avec un porte-à-porte systématique dans les banlieues et même l’organisation d’un rendez-vous, en mai, avec le président somalien Mohamed Abdullahi Mohamed.
« Va-t-elle s’engager principalement sur des questions qui profitent aux Somaliens ou aux musulmans ? » Ivar Arpi, polémiste libéral
La jeune femme avoue qu’elle n’y croyait pas. Mais elle veut « inspirer les jeunes », montrer qu’il est « possible de faire campagne dans les banlieues », où beaucoup « croient qu’ils ne peuvent pas influencer la société ». Elle sera « leur voix ». Ses détracteurs, cependant, lui reprochent d’avoir mené une partie de sa campagne en somalien, faisant à peine référence au programme de son parti. « A quel point Leila Ali Elmi peut-elle être indépendante du groupe qui l’a promue ? Va-t-elle s’engager principalement sur des questions qui profitent aux Somaliens ou aux musulmans ? », interroge le polémiste libéral Ivar Arpi.

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Une campagne haineuse
Sur les réseaux sociaux, la jeune femme est la cible d’une campagne haineuse. Elle y est présentée comme une « extrémiste », élue grâce à un « vote clanique ».
Leila Ali Elmi regrette que le débat porte sur son apparence et ses origines, plutôt que sur son engagement pour les banlieues, l’école ou l’égalité. « Le système clanique, souligne-t-elle, oppresse les femmes. » Selon ce système, elle n’aurait donc jamais pu entrer au Parlement. « Il y a beaucoup d’ignorance dans le débat. »
Mardi 25 septembre, comme tous les élus de son parti, elle a voté la confiance au premier ministre sortant Stefan Löfven, qui a tout de même été débarqué grâce aux voix de la droite et de l’extrême droite. Elle s’est ensuite rendue à la cathédrale de Stockholm pour l’office religieux, précédant la cérémonie d’ouverture du Parlement, en présence de la famille royale.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dans un entretien au « JDD », le président français dessine les contours d’une plate-forme centriste, opposée à la vision hostile à l’Union européenne.
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Elections européennes : Emmanuel Macron promet une liste « la plus large possible »

Dans un entretien au « JDD », le président français dessine les contours d’une plate-forme centriste, opposée à la vision hostile à l’Union européenne.



LE MONDE
 |    30.09.2018 à 01h04
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 11h42
   





                        


« Pour les élections européennes, je ferai tout pour que les progressistes, les démocrates et ceux dont je porte la voix – je l’espère incarnée par une liste la plus large possible en France – se fassent entendre. » Dans un entretien au Journal du dimanche du 30 septembre réalisé lors de son voyage en cours aux Antilles, Emmanuel Macron a exprimé son intention de s’impliquer directement dans la campagne des élections européennes de mi-2019.

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« Je m’implique en permanence autour de la table du Conseil européen », ajoute-t-il. « Et je m’impliquerai, car je crois à une campagne pour une Europe de l’ambition et de l’avenir, des démocrates et des progressistes. »
Le chef de l’Etat, qui s’érige régulièrement en contre-modèle de la vision hostile à l’Union européenne (UE) que portent notamment le Hongrois Viktor Orban, l’Italien Matteo Salvini et son ex-rivale à la présidentielle française Marine Le Pen, dessine dans l’interview les contours d’une plate-forme centriste pour les européennes.

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« C’est un combat de civilisation, un combat historique, et je ne céderai rien aux extrêmes », explique-t-il. « Je crois au retour des peuples. Je ne suis pas un européiste, ni un mondialiste. Je crois à l’identité forte de chaque peuple, je crois à l’histoire et à l’ambition de notre peuple. Je veux le convaincre que l’Europe, c’est ce qui l’accompagne, le protège. Je suis pour tourner la page d’une Europe ultralibérale, mais aussi pour éviter la page d’une Europe des nationalismes. L’Europe, c’est notre bonne protection. Encore faut-il la repenser et la rebâtir. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Qualifié de « kamikaze ukrainien » par son avocat, qui le dit « prêt à mourir », le réalisateur a connu son 139e jour sans s’alimenter.
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Moscou diffuse une nouvelle photo du cinéaste en grève de la faim, Oleg Sentsov

Qualifié de « kamikaze ukrainien » par son avocat, qui le dit « prêt à mourir », le réalisateur a connu son 139e jour sans s’alimenter.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 06h40
   





                        



   


Cela fait 139 jours que le cinéaste Oleg Sentsov a entamé sa grève de la faim. Vendredi 28 septembre, la réalisateur ukrainien a été de nouveau hospitalisé pour un contrôle de son état de santé, alors qu’il purge une peine de vingt ans de prison pour « terrorisme » dans un camp de travail en Sibérie. A cette occasion, les services pénitentiaires russes ont diffusé une photographie d’Oleg Sentsov, sur laquelle l’homme apparaît affaibli.
Le cliché montre un médecin en blouse blanche auscultant Oleg Sentsov torse nu dans un cabinet médical. Le cinéaste de 42 ans, qui mesure 1,90 mètre, y apparaît encore amaigri et vieilli. Une précédente photo, réalisée sur le lieu de détention d’Oleg Sentsov, avait été diffusée le 9 août. Elle le montrait debout, en uniforme de détenu, déjà très amaigri.

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Procès « stalinien »
Oleg Sentsov, opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, a été transporté vendredi à l’hôpital municipal de Labytnangui en Iamalie, au-delà du cercle polaire, pour des « examens supplémentaires et des consultations de spécialistes », selon les services pénitentiaires. Le « traitement » d’Oleg Sentsov, qui reçoit des compléments alimentaires qui le maintiennent en vie, sera corrigé en fonction des résultats de ces examens, selon la même source.
Qualifié de « kamikaze ukrainien » par son avocat, qui le dit « prêt à mourir », M. Sentsov a entamé une grève de la faim le 14 mai pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.
Arrêté en Crimée après l’annexion de la péninsule par la Russie en 2014, Oleg Sentsov a été condamné à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par Amnesty International et dénoncé par Kiev, l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis.
Appel mondial
Les pays du G7 ainsi que de nombreuses personnalités du monde culturel, comme le cinéaste suisse Jean-Luc Godard ou l’acteur américain Johnny Depp, ont appelé à la libération d’Oleg Sentsov. Le 10 août, le président français Emmanuel Macron avait fait par téléphone « plusieurs propositions » à son homologue russe Vladimir Poutine afin de « trouver de façon urgente une solution humanitaire ». Rien n’a filtré depuis concernant les suites données par Moscou à ces propositions.

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Malgré les déclarations alarmistes de ses proches concernant la dégradation de son état de santé, le Kremlin a répété à plusieurs reprises qu’une grâce présidentielle ne pouvait être accordée qu’à la demande du prisonnier, ce qu’Oleg Sentsov se refuse à faire.
Kiev a cependant balayé cet argument, rappelant que la pilote militaire ukrainienne Nadia Savtchenko, emprisonnée en Russie puis libérée lors d’un échange de prisonniers en 2016, n’avait jamais demandé à être graciée.
La Russie et l’Ukraine sont à couteaux tirés depuis l’arrivée au pouvoir, à l’hiver 2013-2014, de pro-occidentaux à Kiev, suivie de l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou et du déclenchement d’un conflit armé dans l’est séparatiste prorusse du pays, qui a fait plus de 10 000 morts à ce jour.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes indépendantistes se sont rassemblés pour empêcher une manifestation de soutien à la police qui avait été déployée en Catalogne lors du référendum de l’année dernière.
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En Catalogne, manifestations avant le premier anniversaire du référendum sur l’indépendance

Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes indépendantistes se sont rassemblés pour empêcher une manifestation de soutien à la police qui avait été déployée en Catalogne lors du référendum de l’année dernière.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 16h59
   





                        



   


Plusieurs milliers de personnes manifestant pour ou contre l’indépendance de la Catalogne ont bloqué certains quartiers du centre de Barcelone samedi 29 septembre, à deux jours du premier anniversaire du référendum sur la sécession de cette région prospère.
Déclaré inconstitutionnel par Madrid, le référendum du 1er octobre 2017 se tint dans un contexte tendu. Le oui à l’indépendance l’a emporté, mais avec un taux de participation inférieur à 50 %. A l’issue du scrutin controversé et de la déclaration d’indépendance qui s’en ensuivit, la région a été mise sous tutelle par le pouvoir central.
Dans la nuit de vendredi à samedi, des groupes indépendantistes se sont rassemblés pour empêcher une manifestation de soutien à la police qui fut déployée en Catalogne lors de ce référendum.

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Soutien à la police des anti-indépendantistes
Selon les autorités catalanes, près de mille personnes furent blessées l’an dernier lors d’opérations de police visant à empêcher l’ouverture des bureaux de vote dans la région pour le référendum.
Deux personnes ont été arrêtées samedi lors de heurts entre manifestants séparatistes et policiers. Des manifestants ont jeté de la peinture sur la police antiémeute déployée pour les maintenir à distance des manifestants partisans du maintien dans l’Espagne.
Pendant plusieurs heures, des groupes indépendantistes scandant « Ni oublier ni pardonner ! » ont affronté les pro-Madrid qui criaient « Longue vie à l’Espagne ! », avant de nouvelles manifestations prévues ce week-end pour marquer l’anniversaire du vote de l’année dernière.
Un indépendantiste candidat aux élections européennes
L’ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras, inculpé de « rébellion », a annoncé de sa cellule qu’il se présenterait aux élections européennes de 2019. « J’ai passé près de onze mois en prison et je continue d’être absolument fier de ce que notre peuple a fait ce jour-là », écrit dans un communiqué Oriol Junqueras, pour qui « faire un référendum n’est pas un crime ».
Poursuivi depuis novembre pour son rôle dans la proclamation d’indépendance du 27 octobre 2017, Oriol Junqueras est en détention provisoire au centre pénitentiaire de LLedoners, à Barcelone. Le chef d’accusation de rébellion est passible de vingt-cinq ans de prison en Espagne.
Bien qu’Oriol Junqueras ait été suspendu de ses fonctions de député régional comme tête de liste de la Gauche républicaine de Catalogne (Esquerra Republicana de Catalunya, ERC), « il peut se présenter » aux prochaines élections européennes « tant qu’il n’y a pas une sentence qui le prive de son droit de vote et d’être élu », a expliqué Anton Losada, professeur de sciences politiques à l’université de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Pour Oriol Junqueras, être candidat aux européennes en mai 2019 comme tête de liste de l’ERC est « le meilleur moyen de dénoncer le retard démocratique et la répression de l’Espagne » en « internationalisant la cause de la liberté en Catalogne ».



                            


                        

                        


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En cas de Brexit dur, Toyota interrompra sa production au Royaume-Uni

Les deux usines du constructeur d’automobiles japonais outre-Manche emploient actuellement quelque 3 000 personnes.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 17h16
   





                        


Le patron du constructeur automobile japonais Toyota au Royaume-Uni, Marvin Cooke, a prévenu samedi 29 septembre que l’usine britannique de Burnaston verrait sa production temporairement interrompue en cas d’une sortie de l’Union européenne sans accord. « Je pense que si le Royaume-Uni rompt avec l’UE à la fin de mars, la production s’arrêtera dans notre usine », a prévenu M. Cooke, interrogé par la BBC.
Il a dit ignorer si cette interruption durerait « seulement quelques heures, des jours ou des mois ». M. Cooke a dit que cela pourrait aussi affecter l’avenir de l’usine à plus long terme, en raison de coûts supplémentaires d’importation et d’exportation qui rogneraient sa compétitivité. « Malheureusement, cela réduirait le nombre de voitures fabriquées au Royaume-Uni et cela entraînerait des pertes d’emplois. »

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Selon la BBC, l’usine de Burnaston (centre de l’Angleterre), dont la production dépend notamment de composants importés de l’UE, a produit près de 150 000 voitures l’an dernier, 90 % étant destinées à l’exportation vers l’UE. Avec l’autre usine implantée à Deeside (nord du pays de Galles), Toyota emploie en tout quelque 3 000 personnes dans le pays.
Les négociations dans une « impasse »

   


Le ministre des entreprises, Greg Clark, a déclaré samedi que cet avertissement de l’entreprise japonaise mettait en exergue la nécessité pour Londres de conclure un accord de divorce avec l’UE. Toyota n’est pas le premier constructeur automobile à alerter sur les conséquences d’un Brexit dur au Royaume-Uni.
En juillet, Jaguar Land Rover avait menacé de réduire ses dépenses dans le pays dans cette éventualité. Deux mois plus tard, en septembre, BMW avait annoncé que son usine fabriquant la Mini au Royaume-Uni fermerait quatre semaines une fois la sortie de l’UE effective afin d’éviter toute perturbation en cas de Brexit sans accord.
Les Vingt-Sept et Londres doivent s’entendre en octobre ou novembre sur l’accord scellant leur divorce ainsi que sur une déclaration fixant le cadre de leur future relation. Mais la première ministre britannique, Theresa May, a déclaré que les négociations sur le Brexit étaient dans une « impasse » à la suite du rejet de ses propositions par les dirigeants européens au sommet informel de Salzbourg (Autriche) en septembre.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Au moins deux manifestations sont prévues samedi dans la cité rhénane. Plusieurs milliers de policiers seront mobilisés.
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Erdogan à Cologne pour l’inauguration d’une des plus grandes mosquées d’Europe

Au moins deux manifestations sont prévues samedi dans la cité rhénane. Plusieurs milliers de policiers seront mobilisés.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h41
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 18h54
   





                        



   


Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a présidé samedi 29 septembre à Cologne l’inauguration d’une des plus grandes mosquées d’Europe, un déplacement marqué par des manifestations sous haute protection policière.
Il s’agissait de l’ultime étape de la visite d’Etat du président turc, qui tente de tourner la page de deux années de tension avec l’Allemagne. Vendredi, il s’est entretenu avec Angela Merkel, avant d’être l’invité d’un banquet, boudé par une partie de la classe politique allemande, dont la chancelière. Les deux dirigeants se sont toutefois retrouvés samedi matin pour un petit-déjeuner, avant que M. Erdogan gagne Cologne.

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Rassemblements de protestation attendus
Le dirigeant turc, doté de pouvoirs accrus depuis le début de son nouveau mandat, en juillet, a inauguré cette mosquée, financée par l’Union des affaires turco-islamiques (Ditib), étroitement liée au pouvoir turc. Une inauguration à laquelle n’a pas participé une partie des dirigeants politiques du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dont la maire de la ville, Henriette Recker, et le chef du gouvernement régional.
La première magistrate de la ville reproche à Ditib l’opacité qui a entouré le déroulement du chantier et le fonctionnement de la mosquée. Des élus accusent aussi cet organisme d’être un bras du régime de M. Erdogan, car elle gère neuf cents lieux de culte en Allemagne avec des imams venus de Turquie. L’organisation est aussi accusée par ses détracteurs d’espionner les opposants au président turc.
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Cologne derrière une banderole « Erdogan n’est pas le bienvenu », mot d’ordre des manifestations. Plusieurs milliers de policiers ont été mobilisés pour ce que le chef de la police locale, Uwe Jacob, a présenté comme un des plus grands déploiements policiers dans l’histoire de la ville.
Tentative de rapprochement
Le chantier avait débuté en 2009 et, malgré de nombreuses oppositions et controverses locales, de premiers fidèles ont pu y prier dès 2017. Les opposants à la mosquée, en particulier l’extrême droite, craignant un afflux de musulmans qui aurait fait de Cologne une réplique du « Londonistan », avaient intenté des recours contre la construction qui ont finalement échoué.
Avec ses minarets de 55 mètres de haut et une coupole de 36 mètres, l’édifice de béton et de verre, censé incarner l’ouverture, selon son architecte, Paul Böhm, est une des plus imposantes mosquées d’Europe. Sa superficie est de 4 500 mètres carrés. Sise dans le quartier d’Ehrenfeld, non loin de la tour de télévision de Cologne, elle est susceptible d’accueillir des milliers de fidèles. La police veut en limiter l’accès samedi à 5 000 personnes, mais l’Union des affaires turco-islamiques en attend beaucoup plus.
Avec cette visite d’Etat, la Turquie, minée par une crise économique aiguë et en froid avec les Etats-Unis de Donald Trump, tente un rapprochement avec l’Allemagne, où vivent 3 millions de personnes de nationalité ou d’origine turque. Le gouvernement allemand, dont M. Erdogan dénonçait en 2017 de supposées « pratiques nazies », se montre ouvert à ce réchauffement, malgré les « différences profondes » qui subsistent, selon les termes de Mme Merkel. Elle a ainsi rejeté la demande de classer comme « terroriste » l’organisation de M. Güllen, qui vit en exil aux Etats-Unis, et a mis en avant les atteintes aux libertés en Turquie.



                            


                        

                        


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En Turquie, le président Erdogan renonce à faire creuser un deuxième Bosphore

L’effondrement de la devise nationale et le ralentissement de l’économie ont raison de certains projets d’infrastructure.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h25
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Ralentissement économique oblige, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dû renoncer, pour quelques années au moins, au grand projet qui lui tenait le plus à cœur : la construction du canal Istanbul, un deuxième Bosphore à creuser sur 45 kilomètres de long entre la mer Noire et la mer de Marmara. La récession qui s’annonce sur fond de crise financière – la livre turque ayant perdu 40 % de sa valeur face au dollar depuis janvier –, a eu raison de cet ouvrage, qualifié de « fou » par le président lui-même lorsqu’il l’avait évoqué pour la première fois, en 2011.

Faute d’investisseurs, une partie des grands chantiers qui étaient jusqu’ici la marque du numéro un turc et de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) ne sont plus d’actualité. Le président Erdogan l’a reconnu. « Nous n’envisageons pas de nouveaux investissements » sur les grands projets encore en friche, a-t-il déclaré à des hommes d’affaires réunis à Ankara le 14 septembre. « Seuls ceux qui ont déjà été réalisés à 70 % seront menés à bien », a-t-il précisé.
Berat Albayrak, le ministre des finances, qui n’est autre que le gendre du président, a confirmé cette décision dix jours plus tard, en dévoilant son nouveau programme économique, centré sur la réduction des dépenses publiques et sur la lutte contre l’inflation (18 % en août). Bien que le deuxième Bosphore n’ait pas été explicitement évoqué, il est clair que sa réalisation, prévue pour débuter cette année, n’aura pas lieu dans un futur proche.

Cette nouvelle voie du commerce maritime était pourtant l’enfant chéri d’une série de projets pharaoniques voulus par M. Erdogan pour moderniser la ville dont il fut le maire de 1994 à 1998, comme le troisième pont au-dessus du Bosphore, deux tunnels creusés sous le détroit et un troisième aéroport à Istanbul, dont l’inauguration est prévue pour le 29 octobre, jour de la fête nationale.
Visant à désengorger...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le patron de la division aviation commerciale du groupe fait figure de favori pour remplacer Tom Enders et prendre la tête de l’avionneur européen.
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Guillaume Faury en passe de devenir numéro un chez Airbus

Le patron de la division aviation commerciale du groupe fait figure de favori pour remplacer Tom Enders et prendre la tête de l’avionneur européen.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h04
    |

            Guy Dutheil








                        



                                


                            

Le groupe Airbus a-t-il décidé d’accélérer le processus de succession de son président exécutif ? L’agence Reuters a annoncé, vendredi 28 septembre, que le conseil d’administration de l’avionneur européen pourrait nommer le successeur de Tom Enders à la tête du groupe dès le 13 novembre. Guillaume Faury, ex-président d’Airbus Helicopters, propulsé depuis quelques mois à la tête de la division aviation commerciale d’Airbus, fait figure de favori pour succéder à Tom Enders. Interrogé, l’avionneur européen s’est « refusé à tout commentaire » sans toutefois démentir l’information. Hasard du calendrier, Tom Enders et Guillaume Faury étaient tous les deux présents en Chine, ce vendredi, pour fêter le dixième anniversaire de leur usine d’assemblage de l’A320 à Tianjin dans la grande banlieue de Pékin.
Selon le décompte initial fixé par Airbus, un conseil d’administration devait se tenir avant la fin de l’année pour s’entendre sur le nom du nouveau patron du groupe. Tom Enders a en effet indiqué qu’il ne briguera pas un nouveau mandat et qu’il quittera ses fonctions en mai 2019. Outre Guillaume Faury, le nom de Patrice Caine, PDG de Thales, a été cité pour occuper le fauteuil de Tom Enders. Toutefois, le patron du groupe français d’électronique et de défense ne s’est jamais déclaré officiellement candidat à la succession du président d’Airbus.
Cette accélération des échéances prend sa source dans les querelles intestines qui ont secoué l’avionneur européen pendant de longs mois en 2017. Pour trouver une issue à cette crise de gouvernance, un conseil d’administration qui s’est tenu en décembre 2017 et a été décrit, à l’époque, comme « tendu et à portes fermées » avait débouché sur l’éviction de l’ex-numéro deux du groupe, Fabrice Brégier, qui a quitté ses fonctions en février, tandis que Tom Enders était poussé vers la sortie en mai 2019.
Guerre des chefs
Pour justifier ce remaniement soudain et surtout l’éviction de son numéro...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Si le Royaume-Uni et l’UE se séparent sans accord, les défis seront immenses pour gérer le flux de personnes et de marchandises, selon une note que s’est procurée « Le Monde ».
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« Hard Brexit » : le préfet des Hauts-de-France tire le signal d’alarme

Si le Royaume-Uni et l’UE se séparent sans accord, les défis seront immenses pour gérer le flux de personnes et de marchandises, selon une note que s’est procurée « Le Monde ».



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 12h04
    |

            Bertrand Bissuel








                        



   


Que se passera-t-il si l’Union européenne et le Royaume-Uni se séparent sans conclure un accord ? Pour les départements du Nord et du Pas-de-Calais, la réponse tient en quelques mots : l’impact sera considérable. C’est ce qui ressort d’une lettre envoyée, il y a quelques jours, au ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, par le préfet des Hauts-de-France. Dans ce courrier assorti d’une étude d’une vingtaine de pages, que Le Monde a pu consulter, Michel Lalande éclaire sa tutelle sur les conséquences d’un « hard Brexit » – cas de figure qui ne peut pas être exclu compte tenu des blocages dans les tractations entre Londres et le reste de l’UE.
Les mots employés par le haut fonctionnaire sont feutrés mais sur le fond, sa missive ressemble à un signal d’alarme : si le scénario d’une « sortie “sèche” » des Britanniques devient réalité, les règles applicables aux personnes et aux marchandises devront être entièrement revues, ce qui impliquera des moyens humains supplémentaires et des équipements nouveaux. Moins les réponses apportées seront à la hauteur du problème, « plus la gestion de l’ordre public sera durablement affectée », écrit M. Lalande. Une allusion – entre autres – aux files d’attentes susceptibles de se former dans les villes portuaires par lesquelles s’écoule un important trafic transmanche. Le préfet de région précise qu’« une réflexion complémentaire est engagée (…) afin d’élaborer un plan de gestion de crise spécifique, destiné à limiter les effets induits des nouvelles procédures ».
Si Theresa May rompt avec ses voisins sans signer de contrat de divorce, les conséquences seront tangibles au niveau de « la circulation des personnes ». Certes, des contrôles sont déjà effectués, des deux côtés de la frontière, sur les flux de passagers, puisque le Royaume-Uni n’appartient pas à l’espace Schengen. Mais en cas de « hard Brexit », les Britanniques auront le statut de ressortissant de pays tiers soumis à visa. Même chose pour les Français (et les ressortissants des autres Etats membres de l’UE) vis-à-vis de Londres. Du coup, « il conviendra de vérifier » le visa et le « viatique » (moyens pour subvenir à ses besoins).
Etoffer les effectifs de la police aux frontières
Appliquées aux automobilistes qui traversent le Channel, ces mesures leur « imposeront (…) de sortir des véhicules, contribuant à congestionner fortement les capacités d’accueil, déjà très limitées, sur chaque site », souligne le dossier transmis par M. Lalande. Dès la fin mars 2019, date d’entrée en vigueur du Brexit, « la durée moyenne de contrôle sera doublée, avec une répercussion sur la fluidité des points de passage frontière » : Calais, Dunkerque, Coquelles avec le « lien fixe transmanche » (LFTM), la gare de Lille-Europe et son terminal d’embarquement Eurostar…
Pour absorber de tels flux, il faudrait étoffer les effectifs de la police aux frontières (à hauteur de 250 postes) mais ces renforts pourront difficilement être mis à disposition, d’ici au 29 mars, comme le reconnaît, avec réalisme, l’étude communiquée par M. Lalande à la place Beauvau.
Autres besoins identifiés : la construction de nouvelles « lignes de contrôle » pour les véhicules de tourisme, les bus et les poids-lourds, à Dunkerque, à Calais et à Coquelles. En attendant que toutes ces dispositions soient prises, la réflexion doit prioritairement porter « sur un allègement réciproque des formalités de contrôle, de part et d’autre de la frontière », recommande l’étude.
Informer les entreprises
L’autre impact potentiel sur lequel insiste la note concerne « la circulation des biens ». Un divorce sans accord entraînera, en effet, le rétablissement des « contrôles sanitaires et phytosanitaires » pour les animaux vivants et les produits d’origine animale et végétale. Or ces opérations doivent être effectuées dans des « installations dédiées » et agréées, dont la mise en place requiert un « délai moyen de dix-huit à vingt-quatre mois ». Le nombre de « lots à contrôler » à Dunkerque et à Calais pourrait atteindre environ 970 000, chaque année. Une charge de travail qui impliquerait de recruter « 195 agents ». Là encore, plusieurs suggestions sont émises pour adoucir les effets d’un « hard Brexit » : délocalisation des vérifications dans d’autres communes, réduction du « taux de contrôles physiques sur la base d’une analyse de risques » afin de diminuer les délais…
Enfin, le « no deal » (absence d’accord) s’accompagnera du retour des formalités douanières. Elles porteront sur des volumes massifs : 32 millions de personnes et 4,2 millions de poids de lourds empruntent les ports de Calais, de Dunkerque et le LFTM, chaque année. Des stratagèmes sont envisagés de manière à alléger le fardeau (par exemple en reportant « à l’intérieur du territoire la majeure partie » des vérifications). Dans ce contexte, insiste l’étude, il sera crucial d’informer les entreprises, en visant « en priorité les néophytes du commerce international », qui n’ont aucun lien avec l’administration des douanes. Prévenir l’engorgement des points d’entrée vers l’Angleterre obéit à des raisons d’ordre public mais aussi au souci de maintenir la compétitivité des plateformes portuaires et logistiques françaises, en butte à « la concurrence des pays de l’Europe du Nord ».
L’Etat n’est pas resté les bras ballants. Depuis plusieurs mois, il s’efforce de préparer ses services au choc d’un « no deal ». Au premier semestre, le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, a promis l’embauche de 700 douaniers supplémentaires au cours du quinquennat. L’accent sera mis par ailleurs sur la dématérialisation des procédures, afin de gagner du temps. D’ici quelques jours, le gouvernement devrait nommer un coordonnateur interministériel sur le Brexit. Sa tâche s’annonce immense.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Selon la presse britannique, l’un des suspects était un colonel renseignement militaire russe.
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Affaire Skripal : l’étau se resserre autour du renseignement militaire russe

Selon la presse britannique, l’un des suspects était un colonel renseignement militaire russe.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 10h25
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

La police britannique aurait identifié un troisième agent du renseignement militaire russe (GRU) en mission de reconnaissance, peu avant la tentative d’empoisonnement au Novitchok, un gaz innervant soviétique, de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia à Salisbury, dans le sud de l’Angleterre, en mars. Ce nouvel élément, rapporté vendredi 28 septembre par le Daily Telegraph, s’ajoute à d’autres informations qui mettent à mal chaque jour un peu plus les dénégations répétées des autorités russes. Pas moins de trente théories différentes sur l’affaire ont ainsi été présentées par Moscou, affirmait récemment Peter Wilson, ambassadeur britannique auprès de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques.
La « théorie » avancée le 12 septembre par Vladimir Poutine lui-même, selon laquelle les deux premiers suspects étaient de « simples civils » a fait long feu, tout comme leur invraisemblable apparition en public après la diffusion par Scotland Yard des photos de Rouslan Bachirov et Alexandre Petrov, selon leurs noms supposés, repérés à proximité du domicile de leurs victimes. Sur RT, un média pro-Kremlin, les deux hommes, désignés par Londres comme des agents du GRU (service d’espionnage auquel appartenait autrefois Sergueï Skripal), s’étaient ainsi présentés comme des « touristes » désireux de visiter la « magnifique cathédrale » de Salisbury avant de reprendre très vite l’avion pour Moscou « à cause de la neige ». Une enquête conjointe du site d’investigation britannique Bellingcat et de son partenaire russe The Insider a balayé cette énième version.
Médaille du « héros de la Russie »
Rouslan Bachirov se nomme en réalité Anatoli Vladimirovitch Tchepiga, un colonel du GRU, comme semble l’attester la photo de son passeport de 2003 à la ressemblance troublante, malgré l’absence de barbe, avec celle diffusée par la police britannique. Né le 5 avril 1979 à Nikolaïevka,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Alors que le congrès tory s’ouvre dimanche à Birmingham, la première ministre apparaît une fois de plus dans l’impasse sur le dossier du Brexit.
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Critiquée par l’UE et son parti, Theresa May semble plus isolée que jamais

Alors que le congrès tory s’ouvre dimanche à Birmingham, la première ministre apparaît une fois de plus dans l’impasse sur le dossier du Brexit.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
30.09.2018 à 11h25
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

La mort politique de Theresa May a été faussement annoncée tant de fois et la situation politique britannique née du Brexit s’avère si délétère, que prédire aujourd’hui l’avenir de la première ministre relève davantage de la roulette russe que de l’analyse politique.
Une fois de plus, à la veille de l’ouverture, dimanche 30 septembre, du congrès du Parti conservateur à Birmingham, les caricaturistes s’en donnent à cœur joie. Celui du Guardian la représente ainsi en zombie drapé dans l’Union Jack s’élançant dans le vide depuis une falaise de Douvres. Même celui du conservateur Spectator est sans appel : une vieille femme ridée, hagarde et seule derrière un rideau de Downing Street coiffant un titre implacable : « Toute seule. »
Le congrès des tories avait été calibré pour servir de tremplin à Theresa May avant le dernier round des négociations de sortie de l’Union européenne (UE) et le sommet rassemblant les dirigeants de l’UE à Bruxelles les 18 et 19 octobre.
Le ciel semblait enfin lui sourire : Boris Johnson et ses amis partisans d’une rupture nette avec l’UE s’étaient montrés incapables de formuler des propositions crédibles. A Salzbourg, en Autriche, le 20 septembre, elle pensait recevoir l’onction des Vingt-Sept pour son « plan de Chequers », un laborieux compromis négocié avec les différentes factions de son gouvernement. Mais un niet lui a été signifié, car le plan aurait conféré un avantage compétitif à Londres.
Posture de la dirigeante outragée
Depuis lors, droite dans ses escarpins léopard, elle adopte la posture de la dirigeante outragée par l’UE, résistant à Bruxelles, maintenant son « plan Brexit » au nom de la souveraineté nationale. A priori plutôt une bonne façon d’aborder le congrès des tories que le mot « Bruxelles » suffit à mettre en transe.
En réalité, Theresa May n’a jamais été aussi isolée, à la fois dans l’UE et dans son pays. Même de proches alliés comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le dirigeant turc reproche à Berlin son manque de soutien lors de la tentative de putsch de juillet 2016, et les Allemands critiquent sa dérive autoritaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/09/2018
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Pour le président turc Erdogan, une visite d’Etat en Allemagne sans « normalisation » des relations

Le dirigeant turc reproche à Berlin son manque de soutien lors de la tentative de putsch de juillet 2016, et les Allemands critiquent sa dérive autoritaire.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 09h55
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        


Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, avait prévenu. « Cette visite n’est pas le signe d’une normalisation [de nos relations]. Nous en sommes encore très loin. Mais elle peut marquer un début… », avait-il déclaré avant l’arrivée de son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, jeudi 27 septembre, à Berlin.
Le climat dans lequel s’est déroulée cette visite d’Etat – la première d’un président turc en Allemagne depuis celle d’Abdullah Gül, en 2011 – a donné raison à M. Steinmeier. Certes, M. Erdogan a eu droit aux honneurs militaires. Mais, plus que le tapis rouge qui avait été déroulé sous ses pieds, vendredi matin, les observateurs ont surtout été frappés par la mine renfrognée qu’arborait le président allemand à ses côtés. Même chose en fin de journée. Au dîner d’Etat offert à M. Erdogan par M. Steinmeier, ce sont surtout les absents qui ont été remarqués : plusieurs dizaines de personnalités, au total, allant des principaux responsables de l’opposition à Angela Merkel elle-même.
Même si la présidence de la République a opportunément rappelé que la chancelière n’assiste pas à tous les dîners d’Etat offerts aux hôtes étrangers, comme ce fut le cas lors de la venue du président chinois, Xi Jinping, à Berlin, en juillet 2017, l’absence de Mme Merkel en dit long sur l’état des relations entre l’Allemagne et la Turquie. Celles-ci se sont fortement dégradées ces dernières années, le président turc reprochant à l’Allemagne son manque de soutien lors de la tentative de putsch de juillet 2016, Berlin critiquant de plus en plus la dérive autoritaire de M. Erdogan, ainsi que les opérations menées par les services secrets turcs contre les opposants au régime présents outre-Rhin.
S’il n’a pas dîné avec Mme Merkel, M. Erdogan aura toutefois eu l’occasion de la rencontrer deux fois, vendredi, pour le déjeuner, et samedi, pour le petit déjeuner, avant son départ pour Cologne où il doit inaugurer une mosquée. Ces deux rendez-vous n’auront pas été de trop pour aborder la longue liste des contentieux entre les deux pays, ce dont la chancelière n’a d’ailleurs pas fait mystère. « Ce n’est un secret pour personne qu’il y a eu de profondes divergences [entre nous] au cours des dernières années, et que celles-ci demeurent », a-t-elle reconnu, vendredi midi, lors de leur conférence de presse conjointe, tandis que se préparait, à quelques centaines de mètres de là, une manifestation d’opposants au président turc à laquelle ont participé environ 4 000 personnes.
Une image et une absence
Là encore, le climat dans lequel s’est déroulée cette rencontre avec les journalistes a montré à quel point les relations entre les deux pays sont loin d’être normalisées. Certes, Mme Merkel a rappelé combien l’Allemagne avait besoin d’une « économie turque stable », des paroles attendues par M. Erdogan au moment où son pays est promis à la récession, la devise ayant perdu 40 % de sa valeur par rapport au dollar et à l’euro depuis le début de l’année. Certes, la chancelière a évoqué l’éventuelle organisation, en octobre, d’un sommet sur la Syrie consacré notamment au sort du bastion rebelle d’Idlib, auquel participeraient la France, l’Allemagne, la Russie et la Turquie. Certes, M. Erdogan s’est réjoui, de son côté, d’un « consensus » trouvé avec Mme Merkel pour « relancer des mécanismes de coopération ».
Il n’empêche. De cette conférence de presse, il restera surtout une image et une absence. L’image, ce fut celle de ce journaliste turc éconduit sans ménagement par la sécurité après avoir revêtu un tee-shirt réclamant « la liberté pour les journalistes en Turquie ». L’absence, ce fut celle d’un autre journaliste turc, Can Dündar, ancien rédacteur en chef du quotidien d’opposition Cumhuriyet, condamné en 2016 à cinq ans de prison pour « divulgation de secrets d’Etat » et aujourd’hui exilé en Allemagne.
Accrédité, M. Dündar a finalement décidé de ne pas assister à la conférence de presse après avoir appris que M. Erdogan envisageait de la boycotter s’il était présent. Face aux journalistes, le président turc a confirmé qu’il souhaitait l’extradition de ce journaliste célèbre, de même qu’il a rappelé son souhait que l’Allemagne classe comme « terroristes » les partisans du prédicateur en exil Fethullah Gülen, qu’il considère comme étant l’instigateur du coup d’Etat manqué de 2016.
Deux requêtes auxquelles Mme Merkel a opposé, sans surprise, une fin de non-recevoir, se contentant d’indiquer, au sujet des accusations contre les gulénistes : « Nous prenons les informations de la Turquie au sérieux, mais cela ne suffit pas. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ L’inquiétude, l’ennui et l’inconfort à bord du navire de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, qui attend une météo clémente pour transférer sur un navire maltais les 58 migrants secourus en mer.
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<article-nb="2018/09/30/19-17">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ L’organisation Privacy International a obtenu devant un tribunal spécial les aveux du MI5, du MI6 et du GCHQ sur la collecte d’informations confidentielles la concernant.
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Le MI5 britannique avoue avoir espionné illégalement une ONG

L’organisation Privacy International a obtenu devant un tribunal spécial les aveux du MI5, du MI6 et du GCHQ sur la collecte d’informations confidentielles la concernant.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h57
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 16h10
   





                        



   


C’est une deuxième déconvenue en moins de quinze jours pour le renseignement britannique. Le 26 septembre, la Commission des pouvoirs d’enquête, seule institution habilitée à recevoir les plaintes visant les agences de renseignement dans le pays, a considéré comme « illégales » les collectes d’information sur l’association Privacy International, avouées devant le même tribunal par le MI5 (renseignement intérieur), le MI6 (renseignement extérieur) et le GCHQ (service des renseignements électroniques).
Le 13 septembre, la Cour européenne des droits de l’homme avait par ailleurs condamné le Royaume-Uni pour violations de la vie privée et de la liberté d’expression, sans juger de l’existence même d’un système de surveillance massive dans le pays, mais en soulignant le manque de garanties juridiques suffisantes pour protéger les citoyens et les journalistes.
Au centre de ces décisions de justice, deux types d’informations collectées par les programmes de surveillance. Les renseignements britanniques ont d’abord avoué, en mars 2015, intercepter massivement les métadonnées des communications passées au Royaume-Uni — par exemple, la durée d’un appel téléphonique, l’identité de l’appelant et de son interlocuteur, la géolocalisation du téléphone, mais pas la discussion en elle-même.
Au mois de novembre 2015, le MI5, le MI6 et le GCHQ ont rendu public le fait que le contenu des communications passées par le réseau téléphonique et Internet était également intercepté — pendant plus de dix ans, cette surveillance était même inconnue des parlementaires britanniques.

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                Les services de renseignement britanniques ont pu illégalement collecter des données pendant dix ans



Dès le mois de juin de la même année, l’ONG Privacy International, spécialisée dans la protection des données personnelles et la défense des libertés numériques, a déposé un premier recours devant la Commission des pouvoirs d’enquête britannique pour tenter de prouver, judiciairement, la portée de ces écoutes.
La décision du 26 septembre résulte de l’un de ces recours. Sans donner de détails sur les informations collectées, les agences ont reconnu la collecte et la conservation de métadonnées et de données concernant Privacy International. Le MI5 et le MI6 les ont conservées jusqu’en 2015, le GCHQ jusqu’en 2016. Mais si les deux dernières agences n’ont fait que collecter les données sans en inspecter le contenu, celles-ci ont été illégalement « examinées par des agents du renseignement intérieur britannique », le MI5, explique dans un communiqué Caroline Wilson Palow, membre de Privacy International.
L’absence de règles sur le temps de conservation et la suppression des données est également dénoncée par l’association — le MI5 a déclaré pour la première fois devant le tribunal avoir supprimé les données interceptées sur Privacy International le 24 septembre, soit la veille de la dernière audience. Aucune condamnation ni recommandation n’ont été prononcées par la cour, dans l’attente d’autres jugements sur le même recours.
« Est-ce qu’un tel espionnage, si bien qu’il soit autorisé, ne devrait pas être encadré par les garde-fous les plus stricts ? », s’est demandée l’ONG, qui voit cette étape comme une reconnaissance importante de la surveillance massive des communications. Son directeur, Gus Hosein, a envoyé une lettre au ministre de l’intérieur, Sajid Javid, pour lui demander des explications détaillées sur les données conservées sur l’association, et de prendre des mesures pour « s’assurer que des ONG travaillant à l’intérêt général ne soient pas l’objet d’une surveillance illégale de la part des services de renseignement ».

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                Surveillance : quel bilan tirer, cinq ans après le début des révélations d’Edward Snowden ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Alors que le Panama vient de retirer son pavillon au navire humanitaire, un collectif qui compte dans ses rangs Daniel Cohn-Bendit, Juliette Méadel et Pierre Rosanvallon appelle l’Etat français à lui en octroyer un. Ne pas le faire reviendrait à se rendre coupable du crime de non-assistance à personne en danger.
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« La France doit accorder son pavillon à l’“Aquarius” »

Alors que le Panama vient de retirer son pavillon au navire humanitaire, un collectif qui compte dans ses rangs Daniel Cohn-Bendit, Juliette Méadel et Pierre Rosanvallon appelle l’Etat français à lui en octroyer un. Ne pas le faire reviendrait à se rendre coupable du crime de non-assistance à personne en danger.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 16h01
    |

                            Collectif








                        



   


Tribune. Depuis dimanche 23 septembre, l’Aquarius a perdu son pavillon. Le navire humanitaire affrété par les deux ONG Médecins sans frontières (MSF) et SOS Méditerranée n’aura donc plus le droit de circuler en mer. S’il n’obtient pas un autre pavillon, il ne sera plus autorisé à remplir sa mission : sauver des hommes, des femmes et des enfants qui se noient.
Rappelons que l’obligation de prêter assistance aux personnes en situation de détresse en mer n’est pas une œuvre de bienfaisance : c’est une obligation légale définie par plusieurs traités internationaux sur le droit de la mer, dont au moins quatre conventions des Nations unies.

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                « Aquarius » : « Le droit européen prévoit une obligation de coopération loyale dans l’organisation du sauvetage en mer, mais aussi du débarquement »



Pour mémoire, la Convention des Nations unies de 1982 sur le droit de la mer, la Convention internationale de 1974 pour la sauvegarde de la vie humaine en mer, la Convention Internationale de 1989 sur l’assistance, celle de 1979 sur la recherche et le sauvetage maritimes et les directives du Comité maritime de sécurité (MSC) de l’Organisation maritime internationale (IMO) de 2006.
Un prétexte juridique fallacieux
Ces conventions s’imposent donc à l’ensemble des pays européens et des pays membres de l’ONU. En retirant son pavillon à l’Aquarius, le Panama s’est rendu coupable de complicité de non-assistance à personne en danger puisqu’il prive l’Aquarius du droit de remplir une obligation supérieure consacrée par le droit des traités internationaux.
Pourquoi le Panama a-t-il retiré à l’Aquarius son pavillon ? Parce que l’Italie de Salvini s’est plainte de ce que « le navire a refusé de ramener les migrants et réfugiés secourus à leur lieu d’origine ». Or, le droit international ne prévoit pas une reconduite des personnes secourues dans leur lieu d’origine mais bien au contraire un débarquement dans un lieu protégé pour préserver les survivants.

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                « Nous ne pouvons accepter le désastre humanitaire des migrations »



En effet, prendre des personnes à bord dans le cadre d’une opération de sauvetage ne consiste pas à savoir si parmi les survivants il y a des personnes susceptibles d’obtenir une protection internationale au titre du droit d’asile. Un bateau n‘est pas un espace approprié pour examiner une demande d’asile et un capitaine n’est pas formé pour ce faire. Cette obligation relève uniquement des autorités étatiques.
Donc la responsabilité unique de l’Aquarius, c’est le sauvetage en mer et c’est le débarquement des survivants dans un « lieu sûr » c’est-à-dire un endroit où la vie des survivants n’est plus en danger, où tous leurs besoins fondamentaux seront satisfaits : eau, alimentation, hébergement et assistance médicale. L’Aquarius n’était donc nullement en situation irrégulière : ce prétexte juridique est fallacieux. Il montre que le débat n’est pas, hélas, de nature juridique mais éminemment politique. Le droit est utilisé contre lui-même pour justifier une décision politique inique : abandonner des naufragés en mer.
Allons-nous continuer à regarder ailleurs ?
La décision du Panama n’est pas surprenante. Que peut-on attendre d’un paradis fiscal qui abrite les circuits financiers mafieux les plus occultes ? Le silence des pays européens, et de la France en particulier, l’est nettement plus.
Aujourd’hui, personne n’a proposé à l’Aquarius de lui octroyer un pavillon. Or, ne pas donner à l’Aquarius un nouveau pavillon, c’est accepter de laisser mourir sous nos yeux les naufragés ; c’est violer les conventions internationales, c’est se rendre coupable du crime de non-assistance à personne en danger. C’est trahir ce que nous fûmes quand nos ancêtres se battaient pour les droits de l’homme et pour la protection des plus fragiles.

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                « Le seul et unique objectif de l’“Aquarius” est de sauver des vies en mer »



Au moins 3 120 migrants sont morts en 2017 en tentant de passer en Europe via l’une des trois principales routes de la Méditerranée, et les passages les plus dangereux sont ceux qui transitent par la Libye. Il est loin le temps où la France pleurait à l’image du corps sans vie du petit Aylan, bébé de trois ans échoué sur les côtes méditerranéennes. Pourtant, c’était il y a trois ans à peine. Que sommes-nous devenus ? Qui sommes-nous en train de devenir ? Allons-nous continuer à regarder ailleurs ? Jusqu’à quand pourrons-nous supporter l’inertie de ceux des gouvernements européens qui se réfugient derrière la montée du nationalisme pour justifier la plus indécente des couardises ?
Qui mieux que la France peut aujourd’hui prendre l’initiative d’un soutien aux opérations de sauvetages des naufragés ?
La France vient de déclarer qu’elle prendrait sa part des cinquante-huit réfugiés présents sur l’Aquarius qui a accosté à Malte. C’est déjà ça, mais il faut aller plus loin.
Nous devons être précurseurs et visionnaires
La France doit donc accorder son pavillon à l’Aquarius. Elle doit d’autant plus le faire qu’elle ne dispose pas d’une marine nationale, et encore moins européenne, dédiée au sauvetage des naufragés en mer. Octroyer son pavillon à l’Aquarius ne mettra aucune obligation supplémentaire à la charge de la France et ne fera pas d’elle la seule responsable de l’accueil des naufragés.

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En revanche, sur le terrain politique et pour l’avenir, cela la positionnera à l’avant-garde du progressisme en Europe pour impulser un accord de partage des migrants naufragés avec ses principaux partenaires européens. Et à ceux qui craignent la « submersion », rappelons les chiffres : depuis 2015, le nombre de réfugiés accueillis par sauvetage en mer en Europe ne dépasse pas quelques milliers !
Il est grand temps que le noyau dur des pays européens avec lesquels nous partageons l’essentiel se constitue et se renforce. Si nous ne sommes plus capables de trouver, avec nos partenaires européens, les moyens d’accueillir les quelques milliers de réfugiés alors nous ne sommes même plus à la hauteur de notre histoire et de notre identité européenne.
Nous sommes historiquement la patrie des droits de l’homme, celle du siècle des Lumières. Nous ne sommes pas seuls : l’Espagne, le Portugal et l’Allemagne sont de notre côté. Dans l’obscurité qui vient, nous devons être précurseurs et visionnaires, pour défendre l’essentiel avant qu’il ne soit trop tard.
Les signataires : Juliette Méadel, ancienne ministre, enseignante à Science Po ; François Héran, professeur au Collège de France ; Philippe Aghion, professeur au Collège de France ; Daniel Cohn-Bendit ; Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France ; Barbara Pompili, députée LRM de la Somme ; Caroline Fourest, essayiste, réalisatrice ; Olivier Duhamel, professeur émérite à Science Po ; Romain Goupil, cinéaste ; Alain Madelin, ancien ministre, économiste ; Sébastien Nadot, député LRM de la Haute-Garonne ; Philippe Lelièvre, metteur en scène et comédien ; Pierre-Michel Menger, professeur au Collège de France ; Arnaud Poissonnier, expert « Le financement participatif pour entreprise » ; Yves Blein, député LRM du Rhône ; Julien Sérignac, magistrat ; Hugo Saada, expert en relations internationales ; Isabelle Lefort, professeur à Science Po ; Florence Bonetti, conseil en stratégie et communication.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Symboles de soutien aux « prisonniers politiques » catalans, les rubans jaunes provoquent la colère des unionistes qui les décrochent des rues.
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En Catalogne, la guéguerre des rubans jaunes


                      Symboles de soutien aux « prisonniers politiques » catalans, les rubans jaunes provoquent la colère des unionistes qui les décrochent des rues.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 10h47
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                              

                        

Le rendez-vous a été donné à 1 heure du matin, lundi 24 septembre, sur l’application de messagerie WhatsApp. Le point de rencontre est le McDonald’s d’El Masnou, commune côtière située à environ vingt kilomètres au nord de Barcelone. Une quinzaine d’hommes et de femmes arrivent, sortent de leurs véhicules et enfilent une combinaison de « décontamination » intégrale, blanche, ainsi qu’un masque leur couvrant le nez et la bouche. Chacun prépare ses armes : cutters, perches équipées de cisailles, échelles et sacs-poubelle.
Le coordinateur de l’opération, qui répond au prénom de Gabi, un vigile de 52 ans, indique enfin la destination finale, jusque-là maintenue secrète : Tiana, petite ville située à quelques kilomètres à l’intérieur des terres. Toute cette cérémonie surprenante, et un brin surréaliste, n’a qu’un objectif, épique : arracher les rubans jaunes, symboles de soutien aux « prisonniers politiques » et « exilés » catalans. A savoir les dirigeants nationalistes accusés de rébellion pour la tentative de sécession qui a secoué la Catalogne il y a tout juste un an. Leurs partisans ornent de ce nœud jaune les rues, les bâtiments publics et les arbres des villes et villages.
Un combat ubuesque pour l’espace public
Parmi les troupes du camp d’en face, ce groupe de volontaires se fait appeler la « brigade de nettoyage du Maresme », région englobant une trentaine de communes situées sur la côte, au nord de Barcelone. Sur WhatsApp, ils sont une cinquantaine de membres, âgés de 18 à 77 ans, aussi bien des hommes que des femmes, des informaticiens que des videurs, des fonctionnaires que des femmes au foyer. L’opération se déroule cette nuit-là sans incident, mis à part quelques insultes lancées par un vieil homme et la présence d’un petit nombre d’opposants venus les prendre en photo.

C’est « la guerre des rubans jaunes », comme l’a surnommée la presse espagnole, dont ce commando nocturne est un exemple. Ou plutôt la « guéguerre » des...




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le dernier grand sidérurgiste allemand a annoncé le 27 septembre sa scission en deux entités séparées. Les conglomérats ne sont pas condamnés mais ne sont plus un rempart contre les ruptures technologiques et les conjonctures défavorables, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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ThyssenKrupp : « Pour les investisseurs, l’affaire est entendue, les conglomérats sont d’un autre âge »

Le dernier grand sidérurgiste allemand a annoncé le 27 septembre sa scission en deux entités séparées. Les conglomérats ne sont pas condamnés mais ne sont plus un rempart contre les ruptures technologiques et les conjonctures défavorables, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 12h36
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            Philippe Escande








                        



                                


                            
Chronique. Quand Alfred Krupp hérita en 1826 de l’entreprise fondée par son père, il n’avait que quatorze ans et sa petite usine d’acier d’Essen, en Rhénanie du nord ne sera sauvée que par l’essor fulgurant de la sidérurgie au XIXe siècle : le chemin de fer, les bateaux, les armes. Sa science dans ce domaine a apporté la victoire à l’armée prussienne face aux Français en 1872, le couronnant « kanonenkönig », le roi du canon. A cette date, il édicte un « règlement général » pour ses quelque 20 000 employés, et leur offre au passage la sécurité sociale, la retraite, les vacances, en échange de leur loyauté absolue. Krupp disposait alors de ses boulangeries, magasins, logements, maisons de retraite et de soin, un Etat dans l’empire allemand.
Il n’est plus question de boulangeries et d’hôpitaux aujourd’hui chez ThyssenKrupp, encore en partie propriété des héritiers d’Alfred. L’entreprise a annoncé le 27 septembre sa scission en deux entités séparées, d’un côté les matériaux, l’armement et la sidérurgie, et de l’autre le matériel industriel : les ascenseurs, les pièces automobiles et les machines industrielles. Un démantèlement combattu par la précédente direction débarquée cet été. Et une victoire pour les investisseurs activistes, les fonds suédois Cevian et américain Eliott qui collent aux basques des patrons de l’entreprise depuis près de cinq ans. Un crève-cœur pour le dernier grand sidérurgiste allemand si symbolique des heures les plus glorieuses et les plus sombres de l’histoire allemande de ces deux derniers siècles et qui avait déjà dû fusionner sa sidérurgie avec celle de l’Indien Tata.
Le luxe de la diversification à outrance
Pour les investisseurs, l’affaire est entendue, les conglomérats sont d’un autre âge. Empêtrés dans la bureaucratie nécessaire à la supervision de leurs multiples activités, ils affichent de piètres performances. Selon la banque Goldman Sachs, sur les cinq dernières années, leur parcours boursier...




                        

                        

