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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Qualifié de « kamikaze ukrainien » par son avocat, qui le dit « prêt à mourir », M. Sentsov a connu son 139e jour sans s’alimenter.
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Moscou diffuse une nouvelle photo du cinéaste en grève de la faim, Oleg Sentsov

Qualifié de « kamikaze ukrainien » par son avocat, qui le dit « prêt à mourir », M. Sentsov a connu son 139e jour sans s’alimenter.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 17h09
   





                        



   


Cela fait 139 jours que le cinéaste Oleg Sentsov a entamé sa grève de la faim. Vendredi 28 septembre, la réalisateur ukrainien a été de nouveau hospitalisé pour un contrôle de son état de santé, alors qu’il purge une peine de vingt ans de prison pour « terrorisme » dans un camp de travail en Sibérie. A cette occasion, les services pénitentiaires russes ont diffusé une encore amaigri.photographie d’Oleg Sentsov, sur laquelle l’homme apparait affaibli.
La photographie montre un médecin en blouse blanche auscultant Oleg Sentsov torse nu dans un cabinet médical. Le cinéaste de 42 ans, qui mesure 1,90 mètre, y apparaît encore amaigri et vieilli. Une précédente photo, réalisée sur le lieu de détention d’Oleg Sentsov, avait été diffusée le 9 août. Elle le montrait debout, en uniforme de détenu, déjà très amaigri.

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                « Oleg Sentsov peut mourir à chaque minute qui passe »



Procès « stalinien »
Oleg Sentsov, opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014, a été transporté vendredi à l’hôpital municipal de Labytnangui en Iamalie, au delà du cercle polaire, pour des « examens supplémentaires et des consultations de spécialistes », selon les services pénitentiaires. Le « traitement » d’Oleg Sentsov, qui reçoit des compléments alimentaires qui le maintiennent en vie, sera corrigé en fonction des résultats de ces examens, selon la même source.
Qualifié de « kamikaze ukrainien » par son avocat, qui le dit « prêt à mourir », M. Sentsov a entamé une grève de la faim le 14 mai pour exiger la libération de tous les « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie. Arrêté en Crimée après l’annexion de la péninsule par la Russie en 2014, Oleg Sentsov a été condamné à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par Amnesty International et dénoncé par Kiev, l’Union européenne et les États-Unis.
Appel mondial
Les pays du G7 ainsi que de nombreuses personnalités du monde culturel, comme le cinéaste suisse Jean-Luc Godard ou l’acteur américain Johnny Depp, ont appelé à la libération d’Oleg Sentsov. Le 10 août, le président français Emmanuel Macron avait fait par téléphone « plusieurs propositions » à Vladimir Poutine afin de « trouver de façon urgente une solution humanitaire ». Rien n’a filtré depuis concernant les suites données par Moscou à ces propositions.

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Malgré les déclarations alarmistes de ses proches concernant la dégradation de son état de santé, le Kremlin a répété à plusieurs reprises qu’une grâce présidentielle ne pouvait être accordée qu’à la demande du prisonnier, ce qu’Oleg Sentsov se refuse à faire. Kiev a cependant balayé cet argument, rappelant que la pilote militaire ukrainienne Nadia Savtchenko, emprisonnée en Russie puis libérée lors d’un échange de prisonniers en 2016, n’avait jamais demandé à être graciée.
La Russie et l’Ukraine sont à couteaux tirés depuis l’arrivée au pouvoir à l’hiver 2013-2014 de pro-occidentaux à Kiev, suivie de l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou et du déclenchement d’un conflit armé dans l’est séparatiste prorusse du pays, qui a fait plus de 10 000 morts à ce jour.

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                Oleg Sentsov fait citoyen d’honneur de la Ville de Paris






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Analyse. Par le biais de chroniqueurs comme Eric Zemmour et portée par un mouvement plus profond, la droite extrême s’est imposée dans la bataille des idées en avançant une pensée illibérale et anti-68 nous explique le chef du service Débats au « Monde » Nicolas Truong.
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Droite extrême : le « grand retournement » idéologique

Analyse. Par le biais de chroniqueurs comme Eric Zemmour et portée par un mouvement plus profond, la droite extrême s’est imposée dans la bataille des idées en avançant une pensée illibérale et anti-68 nous explique le chef du service Débats au « Monde » Nicolas Truong.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h10
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Analyse. Un grand basculement s’opère depuis quelques années sur la scène des idées. Un glissement de terrain idéologique destiné à préparer un renversement politique. Car la contre-révolution illibérale n’a pas uniquement lieu lors d’insurrections électorales. Elle s’installe aussi sur le terrain de la pensée. La droite extrême s’est ainsi imposée dans la bataille des idées, et la « pensée anti-68 », comme dit le philosophe Serge Audier, tient le haut du pavé. « Le vent souffle à droite », constate la philosophe Elisabeth Badinter, alertée par les mouvements antiavortement et ceux issus de La Manif pour tous, rassemblés dans « la sainte alliance des réactionnaires » (Le Monde daté du 13 avril 2018).

Ce grand basculement prend la forme d’un « grand retournement », explique le professeur au Collège de France Pierre Rosanvallon dans Notre histoire intellectuelle et politique – 1968-2018 (Seuil, 448 pages, 22,50 euros). Un renversement des valeurs du progressisme qui repose sur un « antilibéralisme intégral » (l’extension des droits de l’individu est associée au règne de l’illimitation de l’individualisme consumériste), une offensive axée sur « l’exaltation d’un peuple essentialisé » forcément méprisé par les élites, une guérilla conceptuelle tournée vers une critique obsessionnelle de « l’événement repoussoir » qu’est devenu Mai 68, sans oublier une « radicalisation des aversions » dominée par une hypertrophie du langage – par laquelle on assimile sans ambages le libéralisme ou le pédagogisme à des « totalitarismes ». De Maurras à Gramsci, les références de ces pamphlétaires réactionnaires mêlent aussi bien des catholiques royalistes que des communistes révolutionnaires.
Dépassement des clivages et des usages
C’est pourquoi l’on peut entendre dans cette littérature « une pensée de droite dans un langage de gauche »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Comme le « cri de Wilhem », le « Diddy Laugh » est devenu l’un des effets sonores les plus utilisés par l’industrie audiovisuelle.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Pour « Roissy », sur une amnésique errant dans Paris-Charles-de-Gaulle, la romancière y a longuement posé son sac et rencontré tous ceux qu’il abrite.
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Tiffany Tavernier n’a pas décollé de l’aéroport

Pour « Roissy », sur une amnésique errant dans Paris-Charles-de-Gaulle, la romancière y a longuement posé son sac et rencontré tous ceux qu’il abrite.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 09h00
    |

                            Zoé Courtois (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Roissy, de Tiffany Tavernier, Sabine Wespieser, 280 p., 21 €.

Des points de départ, ­Tiffany Tavernier en a connu plusieurs – c’est le lot de tous les baroudeurs. Mais la romancière, scénariste et assistante réalisatrice, n’a pas avec tous un lien aussi intime qu’avec l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, dit aussi aéroport de Roissy, ou Roissy. C’est de là qu’elle est partie, à 18 ans, pour Calcutta. Pendant des mois, elle a partagé le quotidien d’un médecin de rue, trouvant dans la crasse des faubourgs indiens et la splendeur du Taj Mahal la matière de son premier roman, Dans la nuit aussi le ciel (Paroles d’aube, 1999). Après cela, retour à Roissy, mais seulement pour y reprendre la voie des airs, direction l’Arctique, où elle séjournera deux étés avec des Inuits : une expérience extraordinaire qui l’a menée à l’écriture de son deuxième roman, L’Homme blanc (Flammarion, 2000). Ensuite, nouveau départ de Roissy pour quatre mois au Cambodge ; et, plus tard, avant une traversée de la Colombie avec une troupe de théâtre…
Enregistrements sonores dans chaque terminal
Qu’à cela ne tienne, si le nouveau point de départ de Tiffany Tavernier (celui d’un roman, cette fois, son huitième) est un article de presse traitant de l’aéroport londonien d’Heathrow, l’intrigue se déroulera à Roissy. L’article, qui l’a hantée pendant près de deux ans, était accompagné d’une photographie, raconte-t-elle au « Monde des livres » : « Celle d’une jeune femme de trois quarts de profil, aux longs cheveux bruns, tirant une valise, et que l’on devinait très jolie, sans pour autant voir son visage. » Une SDF qui vit dans l’aéroport. Le journaliste lui demande combien de temps elle compte y rester. Celle-ci lui fait cette réponse « radicale et vertigineuse » : « Toute ma vie. » La romancière est subjuguée : « C’est une réponse à laquelle je ne m’attendais pas, qui m’interroge...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Dans la série de Patrick Somerville, deux êtres tourmentés font équipe lors d’une expérimentation thérapeutique qui les entraîne dans des « trips ».
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

« Maniac » : un voyage hallucinatoire tendre et comique à la fois

Dans la série de Patrick Somerville, deux êtres tourmentés font équipe lors d’une expérimentation thérapeutique qui les entraîne dans des « trips ».



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 18h28
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


Netflix, à la demande, série
Déroutant comme peut l’être l’enchaînement de rêves au cours d’une même nuit, ­Maniac s’ouvre sur un premier épisode où l’on ne comprend à peu près rien. Si ce n’est que l’on est à New York, dans un futur tel qu’on pouvait l’imaginer lorsque l’on vivait dans les années 1980. Si ce n’est, par ailleurs, que l’on est face à une étrange promesse ­scénaristique (librement adaptée d’une série norvégienne) de l’un des auteurs de la série The Left­overs (2014-2017), Patrick Somerville, et face à l’alléchante réalisation de Cary Fukunaga, à qui l’on doit la superbe première saison de True Detective – lequel vient de se voir confier le prochain James Bond. Mais que l’on se rassure, l’ambition de cette série prend forme dès le deuxième épisode.
Sans doute, ceux qui n’aiment rien tant que la terre ferme du réel auront du mal à entrer dans le doux délire scénaristique et visuel de Maniac – contrairement à ceux qui ont apprécié l’inventivité d’une série comme Atypical, elle aussi sur Netflix. Ce serait pourtant dommage tant Maniac vibre, invente et émeut quiconque est prêt à affronter le vertige. Car l’on est invité ici à une expérience, à l’image de ce que vont traverser ses deux personnages principaux, Owen (Jonah Hill) et Annie (Emma Stone, bluffante de bout en bout).
Dose d’étrangeté
Etrangers l’un pour l’autre, tous deux se rencontrent après s’être portés volontaires à un essai thérapeutique d’un genre nouveau, pour ne pas dire douteux et risqué. Sous le contrôle de l’ordinateur le plus sophistiqué au monde, capable d’analyser leurs rêves, leurs hantises et leurs souvenirs, ils viennent d’accepter, avec d’autres, de se soumettre au protocole mis au point par un neuro-chimiste démiurge (Justin Theroux, comiquement raide et pompeux) : une expérimentation qui vise à terme, si elle réussit, à débarrasser l’humanité de tout mal-être, de tout trauma. Chaque étape de l’expérience amenant ces cobayes à identifier leur souffrance, puis à l’accepter, et enfin à la dépasser.
Cela passe par l’absorption de ­pilules qui, à chaque prise, vont transporter Annie et Owen dans des rêves, des hallucinations, des époques et des scénarios différents ; ce qui permet au scénariste et au réalisateur d’augmenter eux-mêmes la dose d’étrangeté, de créativité et de délire au fil de la série, en pastichant tour à tour, parfois avec un éclatant bonheur, parfois de manière grotesque, le genre de la comédie noire, du drame familial, de l’espionnage, du fantastique moyenâgeux, etc.
Emotion
Le plus étonnant, dans ce maelström de tableaux qu’occasionnent les rêves partagés par Owen et ­Annie, vient de l’émotion, voire de la sentimentalité, que ne manque pas d’induire le psychodrame ­familial qu’est au final Maniac. Car la série s’attache moins à traquer la dépression ou la maladie ­mentale dont souffrent Annie et Owen qu’à dépeindre le sentiment d’inutilité et de solitude, la culpabilité, les fausses croyances dont chacun a hérité, à des degrés divers, de ses liens familiaux. 
Et que dire de l’ordinateur ­« kubrickien » Gertie, maître-analyste de l’essai thérapeutique, qui, une fois inoculé de quelques émotions basiques par une médecin de l’équipe, va souffrir d’un deuil pathologique à la mort de son ­concepteur, tomber en dépression et « perdre la tête », avant d’expliquer à ses manipulateurs : « Je veux rencontrer mon vrai moi. »
Maniac, série créée par Patrick Somerville. Avec Emma Stone, Jonah Hill, Justin Theroux, Sally Field (EU, 2018, 10 × 40 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Gueule d’ange, gouaille de lascar et nom de milord, le comédien se partage entre le cinéma et la musique, la France et l’Angleterre, et entre Perrier et demi.
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Un apéro avec Finnegan Oldfield : « J’ai toujours été une teigne »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Gueule d’ange, gouaille de lascar et nom de milord, le comédien se partage entre le cinéma et la musique, la France et l’Angleterre, et entre Perrier et demi.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 06h37
    |

            Laurent Carpentier








                              

                        

« Habituellement, j’aurais pris une Chouffe. La bière belge. Enfin, faut être précautionneux avec la Chouffe, hein… On peut se retrouver avec une gueule de bois immédiate. Mais là, avant 18 heures, je me discipline… Un Perrier ! » Il sort de la piscine municipale, serviette mouillée dans un sac en plastique. L’été tire à sa fin, et ça lézarde sérieux sur la petite terrasse indolente de La Pétanque, un café de la rue Etienne-Dolet, à Paris (20e), où Finnegan Oldfied nous a filé rencard.
Vingt-sept ans, 1,83 m, une gueule d’ange, une gouaille de lascar et un nom de milord. Et puis une vingtaine de films à la clé. Des séries (Engrenages…), des apparitions, des petits rôles et, depuis 2015, les premières places : dans Les Cowboys, de ­Thomas Bidegain, Nocturama, de Bertrand Bonello, Marvin ou la Belle Education, d’Anne Fontaine, et, aujourd’hui, Le Poulain, de Mathieu Sapin, où il incarne un de ces jeunes bac + 5 qui se font enrôler dans ce jeu d’imposture, de vitesse et de réactivité opportuniste qu’est la politique. Exactement ce qu’il n’est pas.
Premiers kifs
Les jambes étendues sous la table du bistrot dont il est un habitué, l’échalas en veste de sport Lacoste, maillot de foot de l’équipe d’Angleterre, a abandonné ses études en 4e et parle anglais avec un accent de Ménilmontant à couper à la serpe, malgré son prénom qui évoque le roman de James Joyce, Finnegans Wake (1939). Il s’en amuse : « Euh non, en fait je crois que c’était plutôt en référence à Huckleberry Finn… »
« Ado, j’ai toujours aimé les lieux désaffectés, tout y casser, les vieilles bagnoles abandonnées, tout défoncer. J’aime ces endroits de liberté, zones de non-droit où tu peux faire ce que tu veux. Et puis sur la table de régie, j’avais ma dose de sucre »
Au départ, il y a Oldfield père, Ben de son prénom, un môme de Brighton, Angleterre, affamé de musique jamaïcaine, qui débarque...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions à voir et revoir en différé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/09/2018
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Emouvant, absurde, pharaonique : des replays pour le week-end

Chaque samedi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix d’émissions à voir et revoir en différé.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 18h10
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALESeptembre s’achève et vous n’avez eu le temps de rien ? Pas de panique, « La Matinale » sélectionne pour vous les meilleurs replays. Ce week-end, ne manquez pas de (re)voir l’émouvant documentaire Histoires d’une nation, narré par Roschdy Zem. Vive la politique ! Le grand déménagement nous raconte comment, chaque mois, les parlementaires européens font la « transhumance » entre Bruxelles et Strasbourg, malles de documents comprises. Quant au documentaire Egypte. Les temples sauvés du Nil, il nous rappelle le déplacement « pharaonique » du temple d’Abou Simbel pour échapper à la construction du barrage d’Assouan.
France, terre d’immigration

Après le double traumatisme de la défaite face à l’Allemagne et de la Commune de Paris en 1871, les républicains forgent l’idée de la nation française : dans chaque village, dans chaque quartier, à l’école comme sous le drapeau, tout le monde doit se sentir français, y compris les enfants d’immigrés. En effet, en 1889, les républicains instituent le droit du sol : les enfants nés en France de parents étrangers ont le droit de réclamer la nationalité française à leur majorité. C’est parce que 1889 résume si bien le projet républicain, à la fois positiviste et productiviste, que Françoise Davisse et Carl Aderhold ont choisi cette année comme point de départ de leur Histoire d’une nation. Cette série documentaire raconte comment, au cours des cent cinquante dernières années, la République française a accueilli les étrangers à certains moments, leur a refusé l’entrée à d’autres, quand elle ne les a pas internés ou expulsés.
Au centre de ce récit chronologique narré par Roschdy Zem : l’expérience de l’assimilation, puis de l’intégration, par l’école et le travail, mais aussi la lutte pour l’égalité et les révoltes contre les discriminations. Ce documentaire se compose également de petits morceaux de mémoire familiale. La parole est donnée aux enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants d’immigrés, dont Michel Drucker, Jean et Youri Djorkaeff, José Garcia et Amel Bent. Photos de famille en main, ils racontent la misère et la gloire de ces pères venus d’Italie, de Pologne, de Russie, d’Arménie, du Maroc ou du Cambodge, pour épauler la France en guerre, mais aussi pour la reconstruire, en se chargeant des travaux pénibles et sales que les Français ne voulaient pas faire.  Antoine Flandrin
Histoires d’une nation, de Françoise Davisse et Carl Aderhold, réalisé par Yann Coquart (France, 2018, 4 × 55 min). Disponible sur france.tv jusqu’au 25 octobre.
Transhumance européenne

   


Chaque mois, entre Bruxelles et Strasbourg, c’est le même «  cirque itinérant [qui] exaspère nos concitoyens  », comme le dit ironiquement une députée européenne. Les 751 parlementaires quittent la Belgique pour s’installer quatre jours dans l’est de la France, afin de participer aux séances plénières. Cette session mensuelle entraîne un immense barnum entre les deux villes, au grand dam de certains élus. Alors, chaque mois, c’est la même routine : des employés acheminent par poids lourds des centaines de malles volumineuses contenant les documents des députés jusqu’en France. Et des dizaines de chauffeurs – au volant des voitures de fonction – sont aussi du voyage.
Cette transhumance administrative gêne certains parlementaires, qui dénoncent son coût exorbitant, estimé à 114 millions d’euros par an. Alors, dans l’hémicycle, une bataille fait rage entre les élus exigeant un seul siège basé à Bruxelles et ceux attachés à la ville alsacienne, qui incarne le rapprochement entre la France et l’Allemagne. Tourné sans commentaire, comme l’étaient jadis les films du magazine Strip-tease, Vive la politique ! Le grand déménagement montre, côté coulisse, ce grand va-et-vient entre les deux sièges européens. Frustré par sa durée (25 minutes), on aurait aimé être davantage immergé dans ce «  grand déménagement ». Mustapha Kessous
Vive la politique ! Le grand déménagement, d’Olivier Lamour (France 3, 2017, 25 min). Disponible sur france.tv jusqu’au 4 octobre.
Sauvetage pharaonique 

Depuis plus de trois mille ans, le grand temple d’Abou Simbel fait fièrement face aux eaux du Nil. Situé non loin de la frontière soudanaise, ce sanctuaire consacré à Ramsès II a bien failli disparaître à jamais. En effet, en 1954, le président Nasser avait décidé de lancer la construction d’un immense barrage près d’Assouan, afin de maîtriser les caprices du fleuve comme ses multiples crues. Ainsi, cet ouvrage vital pour le développement du pays devait permettre une parfaite irrigation des terres et une meilleure production électrique. Mais il nécessitait de sacrifier des vestiges antiques. Toute une partie d’une région d’Egypte, la Nubie, allait être inondée, et d’inestimables trésors datant de l’époque des pharaons se retrouveraient engloutis.
En 1960, la jeune Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) lança un appel à la communauté internationale pour sauver les temples de Nubie. Il fallait faire vite : les travaux du barrage avaient débuté et il ne restait que quelques années pour mettre en œuvre un plan de sauvegarde des temples. C’est ainsi que celui d’Abou Simbel a été démonté pierre par pierre puis remonté à l’identique plus en hauteur, à l’abri de la future montée des eaux. Ce documentaire explique, à travers des images d’archives, comment les plus beaux vestiges de la Nubie ont pu être préservés. M. Ks.
Egypte. Les temples sauvés du Nil, d’Olivier Lemaître (France, 2018, 90 min). Disponible sur mycanal.fr.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Jean-Michel Basquiat est un des artistes les plus chers du monde, seules les œuvres de la fin de sa vie sont un peu plus sages en termes de prix.
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La cote des tableaux de Basquiat s’affole

Jean-Michel Basquiat est un des artistes les plus chers du monde, seules les œuvres de la fin de sa vie sont un peu plus sages en termes de prix.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 06h30
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Marché de l’art
La Fondation Louis Vuitton expose du 3 octobre au 14 janvier l’Américain Jean-Michel Basquiat (1960-1988). L’un des artistes les plus chers du monde, dont un tableau a décroché le prix record de 110,5 millions de dollars ( 93,8 millions d’euros) en 2017 chez Sotheby’s. Une œuvre qui, il y a trente-cinq ans s’était vendue pour 19 000 dollars…
Mort d’une overdose à l’âge de 27 ans, le peintre, qui a commencé à s’exprimer dans la rue, aurait pu n’être qu’une comète de l’histoire de l’art. Il est devenu une icône planétaire. Le prodige coche toutes les cases : une carrière en météorite de 1980 à 1988 ; une œuvre néanmoins prolixe et énergique ; l’onction du pape du pop art, Andy Warhol lui-même. « C’est le romantisme d’une vie brûlée, un expressionnisme qui sort des tripes », résume Edmond Francey, spécialiste chez Christie’s. Basquiat colle à une époque, la sienne, l’ère pré-Reagan, mais aussi la nôtre.
« Il a ouvert un nouvel espace d’action, dont les effets résonnent encore aujourd’hui trente ans après sa mort, ajoute Stefano Moreni, spécialiste chez Sotheby’s. Il entre parfaitement dans la volonté actuelle de repenser l’art occidental face à une culture autre, par un artiste qui est lui-même expression de cette diversité culturelle. »
Basquiat est devenu un tel modèle que le rapper Jay Z a clamé « Je suis le nouveau Jean-Michel » dans son single Picasso Baby.

Le jeune homme rageur, qui commença sa carrière comme artiste graffiti sous le pseudo de SAMO (« same old shit »), se distingue de ses pairs des années 1980 par une énergie électrique, un faux désordre maîtrisé, un sens de l’improvisation digne de Picasso. Le marché s’empare vite du phénomène. Repéré en 1982 par la galeriste new-yorkaise Annina Nosei, il est représenté rapidement par le puissant marchand suisse Bruno Bischofberger. Les collectionneurs américains Eli Broad, Lenore et Herbert...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le guitariste et compositeur américain était âgé de 76 ans. Il a cofondé avec Paul Kantner ce groupe précurseur du mouvement rock psychédélique.
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Marty Balin, cofondateur du groupe Jefferson Airplane, est mort

Le guitariste et compositeur américain était âgé de 76 ans. Il a cofondé avec Paul Kantner ce groupe précurseur du mouvement rock psychédélique.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 02h19
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 11h02
   





                        



   


Le guitariste Marty Balin, cofondateur du groupe de rock psychédélique californien Jefferson Airplane dans les années 1960, est mort à l’âge de 76 ans, ont annoncé vendredi 28 septembre des médias spécialisés américains, citant ses proches.
Né Martyn Jerel Buchwald, Balin était un guitariste folk à la recherche d’un public à San Francisco lorsqu’il a fondé Jefferson Airplane avec Paul Kantner, un autre guitariste, mort en 2016.

        Lire aussi :
         

                Paul Kantner, cofondateur de Jefferson Airplane, est mort



Le groupe fut précurseur du mouvement rock psychédélique, né sous l’influence de drogues comme le LSD. De 1969 à 1972, Jefferson Airplane fut emmené par la chanteuse Grace Slick. Parmi les titres phares de l’album Surrealistic Pillow, grand succès du groupe, figurent « White Rabbit » et « Somebody to Love », écrits notamment par Marty Balin.
Une erreur médicale après une opération
Déjà célèbre aux Etats-Unis, le groupe californien acquit une réputation mondiale en se produisant en 1969 au mythique festival de Woodstock, puis à celui d’Altamont, organisé par les Rolling Stones.
La formation se sépara au début des années 1970, mais certains membres, dont Balin, Slick et Kantner, se retrouvèrent à bord du Jefferson Starship, nouvelle évolution du groupe, quelques années plus tard.
Sa famille n’a pas précisé les causes de la mort de Marty Balin, qui avait subi une opération à cœur ouvert en 2016. Disant avoir subi des séquelles multiples de cette intervention, le musicien avait poursuivi en justice l’hôpital new-yorkais pour erreur médicale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ A écouter cette semaine : une voix soul qui ravive les années 60 et 70, de la pop synthétique intimiste et lumineuse, un album perdu d’un Byrds en solo…
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Sélection albums : Macy Gray, Jeanne Added, Gene Clark…

A écouter cette semaine : une voix soul qui ravive les années 60 et 70, de la pop synthétique intimiste et lumineuse, un album perdu d’un Byrds en solo…



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 18h14
   





                        


Fazil Say Préludes (Book I), de Claude Debussy – Gnossiennes et Gymnopédies, d’Erik Satie Fazil Say (piano)

   


Après une première incursion debussyste dans un album de mélodies françaises en compagnie de la mezzo-soprano Marianne Crebassa (Erato, 2017), le pianiste turc Fazil Say s’aventure dans l’œuvre pour piano seul du compositeur avec le Premier Livre des Préludes, qu’il associe aux Gnossiennes et Gymnopédies de son contemporain, Erik Satie. Le piano contrasté de Say, aux longues résonances et dissonances exacerbées, met en avant dans les Préludes l’inspiration orientale de Debussy, une musique faite de sons plus que de notes, dont se dégage une épaisseur peu commune, la chair l’emportant sur la transparence. La sensualité gagne ensuite les Six Gnossiennes de Satie, aux mélodies ondulantes, accompagnées par la caresse du souffle de Say, souffle plus perceptible encore dans les Trois Gymnopédies, dont les notes coulent comme des larmes sans sanglots. Anna Sigalevitch
1 CD Warner Classics.
Henri Dutilleux Symphonie n°1 – Métaboles – Les Citations Orchestre national de Lille, Jean-Claude Casadesus (direction)

   


Le début au compte-gouttes (motif de contrebasses) de la 1ère Symphonie d’Henri Dutilleux (1916-2013) donne ici l’impression que le musicien sort prudemment de l’ombre, en 1951, pour un premier essai orchestral d’envergure. Une demi-heure plus tard, à l’issue d’un final éblouissant, plus de doute : le compositeur de 35 ans a bien sa place dans la cour des grands. Excessivement méticuleuse, l’interprétation de Jean-Claude Casadesus flatte la plasticité de la partition au détriment de ses zones de mystère (Passacaille) ou de lyrisme (Intermezzo). Quarante ans après avoir obtenu le prix de l’Académie Charles Cros pour son enregistrement (publié par Calliope) de la même œuvre avec le même orchestre (alors « philharmonique » de Lille et non « national »), cet ardent défenseur de l’œuvre de Dutilleux mérite bien des éloges pour sa magnifique restitution des Métaboles (1964), où le panache n’exclut pas la finesse et la sensualité. A noter, en complément, la présence des Citations dans la version définitive de 2010. Pierre Gervasoni
1 CD Naxos/Outhere Music.
Macy Gray Ruby

   


Son précédent album Stripped, en 2016, témoignait, dans une ambiance jazz, en accompagnement acoustique avec des musiciens de premier ordre dont le trompettiste Wallace Roney, du talent d’interprète de la chanteuse Macy Gray. Pour Ruby, les orchestrations sont plus fournies, avec cordes, vents, dans le rappel de la soul music des grandes années 1960 et 1970 à peine teintés de quelques modernismes sonores (ici et là des programmations rythmiques plutôt qu’un son authentique de batterie) et un ancrage gospel et jazz. Vocalement toujours d’une grande exactitude, expressive, Macy Gray se distingue depuis vingt ans par sa capacité à émouvoir, faire frémir avec sa voix éraillée. Qui emporte l’auditeur, en particulier avec les chansons Cold World, Tell Me, blues au parfum new Orleans, When It Ends ou la superbe But He Loves Me. Sylvain Siclier
1 CD Mack Avenue Records/PIAS.
Gene Clark Sings for You

   


Force motrice des Byrds à leurs débuts (il compose notamment Eight Miles High en 1966), le chanteur et guitariste américain Gene Clark, mort en 1991, ne connaîtra pas de son vivant le même succès que ses illustres pairs Roger McGuinn et David Crosby. Sa carrière en solo a beau être une succession d’échecs commerciaux, elle n’en demeure pas moins influente, encore aujourd’hui (Band of Horses, My Morning Jacket, Fleet Foxes…). En 1966, Gene Clark quitte une première fois les Byrds pour voler de ses propres ailes. Les huit compositions enregistrées en avril 1967 mais refusées par sa maison de disques et exhumées ici par le label Omnivore, se révèlent d’une splendeur rare, pionnières dans leur approche de croiser pop, folk. Ces chansons d’amour désabusées parfois serties de violons, tutoient l’excellence d’un Love, Bob Dylan ou George Harrison. Elles sont complétées de démos de titres inédits qui rendent compte de l’inspiration exceptionnelle de son auteur à cette époque. Franck Colombani
1 CD Omnivore Recordings.
Jeanne Added Radiate

   


Sous la raideur de l’armure synthétique, le premier album de Jeanne Added, Be Sensational (2015), laissait apparaître quelques failles de douceur d’où filtraient ses chansons les plus émouvantes. Délaissant l’intensité martiale, la Rémoise magnifie l’apaisement tout au long de Radiate, son second opus. Moins percussive, sa musique s’éloigne de la rage post-punk pour flirter avec des machines dont les références à la synth-pop des années 1980 (Depeche Mode, OMD…) évoquent plus les battements de cœur et les danses mélancoliques que la noirceur industrielle. En phase avec des textes qui décrivent souvent comment colère, peurs et frustrations peuvent muer en force rayonnante (Radiate, Mutate), le chant anglophone de cette Française formée au classique et au jazz va puiser dans les vibrations de la soul et du gospel, des mélodies et un intimisme lumineux. Stéphane Davet
1 CD Naïve/Believe.
Lionel Loueke The Journey

   


Une infinie douceur nimbe les mélodies rythmant le voyage (Journey) couleurs pastel proposé par ce fin guitariste et chanteur, installé au Luxembourg. A la fois solaire et lunaire, cette échappée belle passe par le Brésil (le son du berimbau sur Molika), l’Afrique (la flûte peule sur Mandé, le fon et le yoruba, les langues de son Bénin natal), distille un jazz feutré et intimiste ou subtilement funky. Lionel Loueke a joué avec tous les mondes, ceux du jazz (Herbie Hancock, Wayne Shorter, Omar Sosa, Chick Corea, Michel Portal…), de la salsa (Yuri Buenaventura), de Sting, Santana et Angélique Kidjo. Enregistré à Paris, sous les conseils de l’éclectique producteur et arrangeur américain Robert Sadin, outre la présence de Ferenc Nemeth (percussions) et Massimo Biolcati (basse), qui jouent avec lui depuis quinze ans, The Journey bénéficie de la présence d’invités (Vincent Segal – violoncelle, Patrick Messina, première clarinette solo de l’Orchestre national de France, le bassiste Pino Palladino et le violoniste Mark Feldman…) qui ont en commun avec Loueke un sens indéniable de l’élégance musicale. Patrick Labesse
1 CD Aparte/PIAS.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Gilles Clément, en compagnie d’autres artistes et plasticiens, a investi la ligne de partage des eaux, qui traverse le Parc naturel des monts d’Ardèche.
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Dans l’Ardèche, des œuvres à voir, pour mieux lire le paysage

Gilles Clément, en compagnie d’autres artistes et plasticiens, a investi la ligne de partage des eaux, qui traverse le Parc naturel des monts d’Ardèche.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 01h16
    |

            Lucien Jedwab








                        



                                


                            
En 2017, des artistes et des plasticiens ont répondu à l’appel du Parc naturel régional des monts d’Ardèche afin de mettre en valeur un patrimoine à la richesse méconnue – à l’exception, bien sûr, de la grotte Chauvet. Le fil conducteur du parcours retenu – une centaine de kilomètres, qui peut s’effectuer en voiture, mais aussi à pied, le long du GR 7 – est la ligne de partage des eaux, entre Atlantique et Méditerranée. Une thématique que le directeur artistique du projet, David Moinard, a enrichie en 2018 avec une œuvre de l’artiste japonais Kôichi Kurita, déjà présent à l’exposition « Jardins » au Grand Palais, en 2017. L’installation, belle et émouvante, constituée de centaines de coupelles d’échantillons de terre prélevés le long de la Loire et de ses affluents, est présentée dans une abbaye où l’on produisait naguère encore... du vin.

Ceux (et celles aussi) qui ont suivi en classe de géographie se souviennent du mont Gerbier-de-Jonc : la Loire y prend sa source au pied de ce « suc », un ancien volcan. Ses sources, devrait-on dire, puisque, sur le site, on en dénombre au moins trois : l’« authentique », la « géographique » et la « véritable »... Une quatrième, due à l’imagination du paysagiste et « jardinier » Gilles Clément, est venue apporter sa part de poésie : et si la Loire s’écoulait de part et d’autre de la ligne de partage des eaux, pour rejoindre également la Méditerranée ?

La « Tour à eau » conçue par l’auteur du Jardin en mouvement évoque les bories en pierres sèches du Lubéron ou les cairns d’Andy Goldsworthy. Elle capte le regard du promeneur, en s’inscrivant, avec l’apparence de l’immémorialité, dans le grand paysage des monts d’Ardèche. Son principe ? Elle permet de recueillir l’eau de condensation dans une cuve de phonolite, une pierre volcanique. Le trop-plein s’écoule, lui, vers les versants atlantique et méditerranéen...

Autre intervention, mais sur un lieu marqué par l’Histoire : les vestiges...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le graffeur, esthète du détail, provoque une collision picturale au milieu des travaux du quartier de la gare parisienne.
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A Montparnasse, une fresque de Brusk casse le train-train urbain

Le graffeur, esthète du détail, provoque une collision picturale au milieu des travaux du quartier de la gare parisienne.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 18h10
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



   


Quand le street art accompagne les mutations urbaines : c’est l’approche de l’association Art en Ville, qui inaugurait, jeudi 27 septembre, une fresque monumentale – et temporaire – du graffeur Brusk dans le quartier en chantier de la gare Montparnasse. A un croisement (entre la rue Vercingétorix et l’avenue du Maine) redessiné dans les années 1970 pour devenir un échangeur de l’autoroute A10 au cœur du 14e arrondissement. L’heure est aujourd’hui au renouveau, et Olivier Landes, fondateur d’Art en Ville, a proposé à Unibail, propriétaire d’une grande partie du pâté de maison, « d’utiliser l’espace comme une sorte de terrain de jeu visuel pendant la phase de transition urbaine ».
Cet urbaniste de formation, par ailleurs passionné d’art urbain, publiait l’an dernier le livre Street art Contexte(s) (éd. Alternatives), où il analysait les interdépendances entre le street art et son environnement. Le contexte est ici un paysage dominé par des constructions que l’architecte Pierre Dufau, monument des Trente Glorieuses, avait imaginées sur cette large parcelle. « A l’époque, Montparnasse devait devenir La Défense de la Rive gauche, avec une architecture sur dalle et une séparation des flux qui n’a jamais trop marché. J’ai un peu raconté tout ça aux artistes, et je leur ai demandé de se jouer de ce paysage de périphérique », résume Olivier Landes.



A l’automne dernier, il a d’abord convié l’Allemand SatOne à investir l’accès en plein air vers une bibliothèque municipale installée au niveau -1 de la dalle, en travaillant l’espace comme des couches géologiques aux couleurs détonnantes. Une fresque en trois dimensions qui a révélé ce lieu caché dans un écrin de béton. Le duo français Velvet & Zoer, qui s’est ensuite vu confier l’immeuble de bureaux adjacent, a au contraire choisi d’invisibiliser la façade en béton crénelé par une peinture en trompe-l’œil reprenant les rayures blanches et noires de l’hôtel Pullman, mastodonte de 32 étages (du même Dufau) situé en arrière-plan, pour créer un code-barre géant. Les deux projets, déjà touchés par les travaux, disparaîtront définitivement à la fin de l’année pour laisser place aux bâtiment imaginés par le cabinet d’architectes néerlandais MVRDV, amenés à réhumaniser les lieux en mêlant nouveau centre commercial, bureaux, crèche, bibliothèque et logements.

        Lire la sélection :
         

          Trois œuvres éphémères de street-art à ne pas rater



« Après l’abstrait de SatOne et le conceptuel de Velvet & Zoer, j’ai voulu amener un figuratif sur cette belle page blanche qu’est le mur aveugle de la base-vie », dit Olivier Landes devant l’immense bâtiment en préfabriqué installé sur place. Soit huit étages de logements de chantier. « C’est pour ça que j’ai fait appel à Brusk : pour pouvoir exister dans ce chaos vertical, car c’est un artiste qui a une identité visuelle très intense », résume le directeur artistique.



Brusk, 42 ans, brisquard du graffiti au regard clair et à la barbe blanche, est un esthète du détail. A 100 mètres de la gare Montparnasse, il a choisi de réinterpréter grandeur nature une fameuse photographie locale : celle de l’accident de train de 1895, où la locomotive, qui n’avait pu s’arrêter en gare, en avait transpercé la façade.
« Une image cocasse, tragi-comique »
Une œuvre représentant un accident, l’idée peut heurter. « Cette photo représente certes une catastrophe ferroviaire, qui n’avait par miracle fait qu’une victime, à quai, mais elle est passée à la postérité comme une image cocasse, tragi-comique. Ici, le wagon qui se renverse est plein de bonbons plutôt que de charbon, et l’image évoque aussi un petit train. Il y a quelque-chose de très lié à l’enfance dans le travail de Brusk », argumente Olivier Landes. Le site permet aussi une certaine liberté de ton, selon lui : « C’est un lieu très hôtelier et routier, on peut avoir des choses un peu dingues comme ça. Je ne fait pas les mêmes choix avec des œuvres pérennes dans des quartiers habités et denses. »
Le sujet de la fresque s’est imposé tardivement. « J’ai eu beau réfléchir pendant deux-trois mois, faire plein de croquis, je n’ai eu le déclic que trois jours avant. Je suis retombé sur cette photo et c’est devenu une évidence. Je travaille beaucoup dans l’urgence », explique Brusk, qui peint sans dessin préparatoire détaillé. « Je fais ma forme globale, et après je m’amuse, j’improvise. Entre une feuille A4 et un mur de 30 par 15, tu n’as pas le même feeling. Je compose avec les murs », précise l’artiste, 28 ans de pratique graffiti au compteur.
Brusk, graffeur : « C’est la première fois de ma vie que je fais un mur au pinceau, et c’est presque le même que je prends pour mes toiles, il est assez fin »
Il a au passage troqué la bombe pour le pinceau. « C’est la première fois de ma vie que je fais un mur au pinceau, et c’est presque le même que je prends pour mes toiles, il est assez fin », explique-t-il après dix jours de chantier à peindre debout dans la nacelle. « A la bombe, je n’aurais pas pu avoir ce rendu », explique-t-il. Le trait rappelle celui de la BD, en version XXL. Il confirme : « Ça fait trois-quatre ans que je suis tombé dans la BD. Je lis plein de trucs, beaucoup d’Américains indépendants. Je pense que ça influe énormément sur mon travail. »
Parmi les détails, on retrouve les tags et stickers qu’il peint régulièrement dans ses fresques. « Le public, les gens en général, comme ceux qui achètent mes toiles, n’aiment pas le tag, même quand ils aiment le street art ou le graffiti. Ça m’amuse de mettre plein de choses vraiment vandales et qu’elles soient perçues différemment, appréciées, parce que j’apporte une histoire et que je les mets en scène, confie l’artiste. C’est plein de dédicaces à mon entourage et tous ceux qui m’ont aidé à réaliser l’œuvre, plein de petits signes qui rappellent où on est, avec qui j’ai fait ça, et d’où je viens. » La fresque doit rester en place jusqu’à la fin des travaux, en 2020.






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Une anthologie rassemble chansons inédites et démos du guitariste et chanteur avant, et surtout, après sa période punk.
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Musiques : Joe Strummer, une vie hors Clash

Une anthologie rassemble chansons inédites et démos du guitariste et chanteur avant, et surtout, après sa période punk.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 06h39
    |

            Fabrice Lhomme








                        



                                


                            

Ce 2 novembre 2001 au soir, tandis que Brighton s’évaporait dans un halo brumeux, on arpentait à petits pas la fameuse jetée, fierté du Sussex, aux côtés d’un Joe Strummer manifestement ­fatigué. Les traits tirés, le souffle court, l’ancien chanteur de The Clash s’apprêtait à se produire sur la scène du Concorde 2 avec son nouveau groupe, The Mescaleros. Sur le coup, on ne prêta pas attention à cette confidence lâchée entre deux réponses un peu sèches – avant de monter sur scène, Joe Strummer était géné­ralement de mauvaise composition. « Les gens pensent qu’après The Clash, j’ai perdu l’inspiration. Or, c’est tout le contraire ! Mais pour plein de raisons, de nombreux morceaux sur lesquels j’ai travaillé ne sont jamais sortis. Et c’est très frustrant… » Ces quelques phrases prennent tout leur sens dix-sept ans plus tard, au moment où sort une anthologie de l’œuvre du musicien, ressuscitée dans un coffret incluant, outre un épais ouvrage, autocollants, affiches, pins et autres souvenirs à la gloire de l’icône punk.
D’un genre très particulier, ­puisque les quelque cinquante morceaux la composant sont exclusivement constitués d’enregistrements originaux et excluent le « septennat » The Clash (1976-1983), cette compilation trouve son origine dans une ébouriffante découverte. Une dizaine d’années après le décès du chanteur, emporté le 22 décembre 2002 à l’âge de 50 ans par une crise cardiaque, sa compagne a mis la main, dans leur maison du Somerset, dans le sud-ouest de l’Angleterre, sur un authentique trésor. Dans le vaste abri de jardin où Joe Strummer aimait se réfugier, Lucinda Tait (56 ans) a retrouvé des centaines de cassettes audio, autant de documents annotés, des textes, des croquis, le tout au milieu d’un fatras inimaginable. Au total, plus de deux mille pièces, et presque autant de pépites.

Assistée de l’artiste canadien ­Robert Gordon McHarg III, ami de longue date du couple, Lucinda Tait est allée de surprise en surprise :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ L’avant-première du chef-d’œuvre de Meyerbeer a enthousiasmé les moins de 28 ans.
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Coup de jeune pour « Les Huguenots », nouvelle production phare de l’Opéra de Paris

L’avant-première du chef-d’œuvre de Meyerbeer a enthousiasmé les moins de 28 ans.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 17h12
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 06h51
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

On se croirait sur un campus : ce 26 septembre, le hall de l’Opéra Bastille n’en finit plus de voir défiler la foule de jeunes venus à l’avant-première des Huguenots, de Giacomo Meyerbeer, nouvelle production phare de la saison à l’Opéra de Paris, qui ne sera présentée au public « habituel » que deux jours plus tard et jusqu’au 24 octobre. « C’est un peu comme dans une gare TGV », constate Michael, en présentant au contrôle son billet à 10 euros imprimé sur une feuille A4, ainsi qu’une carte d’identité confirmant qu’il n’a pas dépassé l’âge légal de 28 ans. Avertis des cinq heures avec entractes que dure le spectacle, beaucoup ont apporté « armes et bagages » – vêtements, sac à dos, nourriture et bouteille d’eau.
Les portables sont aussi de la partie, qui s’éteindront plus ou moins rapidement vers 18 heures, après l’annonce par l’appariteur que le baryton Florian Sempey, souffrant, assurera néanmoins la représentation, et l’entrée dans la fosse du talentueux chef d’orchestre Michele Mariotti. Bien que considérée comme une ultime répétition, l’avant-première jeunes n’a rien d’une représentation au rabais. Ainsi le Don Carlos, de Verdi, la saison dernière, réunissait-il le prestigieux casting de la première – Jonas Kaufmann, Ludovic Tézier, Sonya Yoncheva et Elina Garanca.

A priori, personne n’avait entendu parler de ces Huguenots. Il faut dire que ce grand opéra à la française en cinq actes et ballet, qui fit la gloire de Giacomo Meyerbeer (1791-1864), l’inventeur de la forme, et domina la scène française et internationale durant cinquante ans, de 1830 à 1880, est tombé en disgrâce au début du XXe siècle pour cause d’emphase et de vulgarité, et surtout de « bling-bling » opératique. Les Huguenots n’avaient plus été donnés à l’Opéra de Paris depuis une ultime et 1 118e représentation, en 1936 (au Théâtre Sarah Bernhardt), cent ans après sa création triomphale,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le musée historique du quartier du Marais est restauré et transformé avant sa réouverture au public prévue en 2020.
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Patrimoine : à Paris, le Musée Carnavalet fait peau neuve

Le musée historique du quartier du Marais est restauré et transformé avant sa réouverture au public prévue en 2020.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 16h05
    |

            Jean-Jacques Larrochelle








                        



                                


                            

Une odeur de poussière flotte dans l’air. Encombré de planches, d’étais en attente, le franchissement de certains accès, jugés dangereux, est barré par des rubans de sécurité ; ailleurs, de grandes bâches masquent les antiques façades et leurs hauts-reliefs. Les revêtements muraux et les aménagements architecturaux les plus précieux sont parés de solides protections, les échafaudages finissant de troubler la lisibilité des lieux, intégralement vides et gris. Mis à nu, déshabillé de ses différentes strates, le Musée Carnavalet, haut lieu patrimonial du quartier historique du Marais, dans le 3e arrondissement de Paris, est arrivé au terme du programme que les restaurateurs nomment d’un vocable technique un peu rude, le « curage ».
Comme un plongeur qui, avant de retrouver l’air, ne peut s’élancer qu’en prenant appui sur le fond de l’eau, les lieux vont pouvoir entrer dans leur phase de ­rénovation – pour une réouverture au public prévue début 2020. « C’est un moment très particulier, souligne Elise Quantin, directrice de l’agence parisienne de François Chatillon, architecte en chef des Monuments histo­riques, chargé de l’imposant chantier. Il règne ici une atmosphère très poétique. »
Le Musée Carnavalet - Histoire de Paris, son nom officiel, est le plus ancien musée dépendant de la Ville, en même temps que sa mémoire vive. A partir des quelque 612 000 pièces de la collection (tableaux, sculptures, mobilier, boiseries, enseignes, photographies, dessins, etc.), c’est ici que se raconte le plus abouti des récits de la capitale, du néoli­thique à nos jours ; 3 500 œuvres devant se disputer les 3 900 m2 réservés à l’exposition permanente. Comme d’autres musées historiques de grandes cités, ­Carnavalet gère plusieurs sites : outre le musée, la crypte archéologique de l’île de la Cité et les ­catacombes de Paris.

Porté par un élan inédit en faveur de l’histoire de l’art français à travers...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Ce documentaire en forme d’autoportrait revient sur la carrière de ce singulier créateur de vêtements qui ont marqué par leur énergie la mode contemporaine.
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« L’Epopée pop de Jean-Charles de Castelbajac », couturier du punk coloré

Ce documentaire en forme d’autoportrait revient sur la carrière de ce singulier créateur de vêtements qui ont marqué par leur énergie la mode contemporaine.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 16h00
    |

            Renaud Machart








                        



   


Arte, vendredi 28 septembre à 22 h 45, documentaire
Ben, Hervé Di Rosa, Gérard Garouste, Miquel Barcelo, Keith Haring, Charlotte Le Bon sont ou furent ses amis. Il a parfois dessiné à quatre mains avec eux, ils ont peint certains de ses modèles. Il vient de la haute (et détient le titre de marquis), a fréquenté les punks, dansé au Palace. Il est l’une des signatures les plus reconnaissables de la création vestimentaire contemporaine. Qui est-il ?
Jean-Charles de Castelbajac, 68 ans juvéniles, dont la sœur de cœur est la créatrice de mode britannique Vivienne Westwood, autre poil à gratter du métier qu’il connaît depuis 1971 et qu’on voit se tenir à son côté, en 2017, habillée d’un haut sur lequel on lit : « Motherfucker ». Pas de quoi offenser celui qui a fait un jour une robe estampillée : « Je suis toute nue en dessous ».
Il aime l’industrie
Pop, punk et grunge avant la lettre, Castelbajac a aussi habillé le pape Jean Paul II d’une nouvelle chasuble à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse catholique, à Paris, en 1997. Sans slogan, cette fois, mais avec une magnifique constellation brodée d’étoiles de couleur. Il a mêlé les blasons médiévaux et les personnages de bande dessinée ; sa palette, à la Mondrian, est constituée de vives couleurs primaires ; il a imaginé des vêtements décorés de logos sur lesquels était écrit « No Logo ».
Son premier « vêtement-manifeste » ? Une veste « taillée au cutter et au canif suisse » dans la couverture de son lit de pensionnat. Acte iconoclaste princeps qui a établi le ton et l’esprit du travail de cet amateur de rock qui fit baptiser son petit-fils dans la chapelle privée de son château – décorée par ses soins.
La haute couture ? Pas pour lui : il aime l’industrie. Le porno chic, les teintes neutres ? « Ce n’est pas mon territoire d’expression », dit cet enfant terrible aux excellentes manières. Ce qui explique que la presse l’éclipsa presque totalement au moment où régnait la sinistrose minimale de la mode des années 1990. Helmut Lang a rendu son tablier ; Castelbajac est toujours là, unique pour n’avoir copié personne, toujours à la mode pour n’avoir jamais cherché à l’être.
Un manteau en ours en peluche
Sa contemporaine et consœur Chantal Thomass raconte qu’à leurs débuts, l’idée n’était pas de gagner de l’argent, mais de s’amuser : « On faisait ce qui nous plaisait, quitte à déplaire, même aux journalistes et surtout aux clients ! » Castelbajac, dès 1971, fait « un inventaire du mauvais goût » qu’il transmue et rend désirable.
Il a peint un bâtiment de l’aéroport d’Orly, fait un manteau constitué d’ours en peluche pour Madonna, dessiné les vêtements de l’équipe des Etats-Unis pour les Jeux olympiques. Castelbajac a une sorte de douceur mélancolique en lui, mais son enthousiasme, sa curiosité est toujours intacte. Sur le site Internet de sa marque, au chapitre « Valeurs », on lit : « Joie de vivre - Optimisme - Confort - Liberté - Douceur - Tendresse - Evasion… ces valeurs intrinsèques à la marque procurent un sentiment de bonheur et nous font voir la vie en cool-heures. »
Ainsi que le dit le créateur en conclusion de ce joli documentaire en forme d’autoportrait : « J’ai passé ma vie à mettre de l’art dans la mode comme si la mode n’était pas en soi suffisante. » Et sa lucide modestie lui fait ajouter, en belle définition de son métier : « L’artiste est là pour poser des questions ; le designer est là pour répondre à des questions. »
L’Epopée pop de Jean-Charles de Castelbajac, documentaire de Mathieu César, Stéphanie Trastour et Fabien Henrion (Fr., 2017, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ A l’initiative de l’écrivaine tunisienne Fawzia Zouari et soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie s’est réuni, pour la première fois, à Orléans, du 26 au 28 septembre, le Parlement des écrivaines francophones, dont nous publions le manifeste.
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Manifeste du Parlement des écrivaines francophones : « Liberté, égalité, féminité »

A l’initiative de l’écrivaine tunisienne Fawzia Zouari et soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie s’est réuni, pour la première fois, à Orléans, du 26 au 28 septembre, le Parlement des écrivaines francophones, dont nous publions le manifeste.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 11h15
    |

Le Parlement des écrivaines francophones







                        



   


Tribune. Nous, écrivaines francophones, réunies ce 28 septembre à Orléans pour notre première session parlementaire, avons décidé de parler ensemble, d’une seule voix et dans la même langue. Parce que nous sommes souvent questionnées et que nous n’arrivons pas à répondre, parce que d’autres parlent à notre place, parce que nous avons envie d’être écoutées, sur nous-mêmes, sur notre propre sort, sur le monde où nous vivons et qui n’est pas si tendre avec nous. Nous voulons sortir du silence, et puisque nous disposons du pouvoir des mots, nous nous arrogeons cette parole collective et ce droit de regard sur une histoire qui continue de se faire sans nous.
Ecrire est notre passion, notre métier, mais cela ne peut être le lieu de nos solitudes, de notre enfermement. Ecrire est une demeure dont nous ouvrons les fenêtres sur la planète entière. Nous voulons sortir de la nuit de Shéhérazade pour nous affirmer à la lumière du jour.

        Lire aussi :
         

                « Monsieur Mabanckou, vous détournez l’objet de la francophonie pour un combat personnel »



Notre littérature n’est pas, comme on l’insinue souvent, une littérature qui se complaît dans le subjectivisme et les larmes, même si elle répugne à être une politique ou une idéologie. Notre littérature est notre voix du monde. Notre choix du monde. Combative et sereine. Décidée et généreuse. Qui se joue des imaginaires. Une littérature de toutes les enfances et de toutes les filiations, une littérature qui se réclame rarement de la norme spécifique. L’Humain et sa mesure.
Oui, il y a bien une littérature réinventée au féminin, qui entend être au rendez-vous de l’Histoire et engagée dans les batailles, toutes les batailles. Celle qui consiste d’abord à affirmer la solidarité des écrivaines entre elles et ne craint pas de parler de « sororité ».
Nous voulons nous opposer aux guerres
Nous voulons créer un réseau d’écrivaines, encourager et marrainer les plus jeunes d’entre nous. Tout tenter pour pousser à lire et à écrire.
Nous voulons aussi faire en sorte que toute femme ou homme de plume puisse ne pas subir la répression, les intimidations, les fatwas en tout genre. L’impossibilité de traverser les frontières.
Nous voulons nous opposer aux guerres. Toutes les guerres. A commencer par celles visibles ou insidieuses, voilées ou à découvert, dirigées contre les femmes : le patriarcat sous toutes ses formes, le viol, le harcèlement, les mutilations génitales, les féminicides, les violences conjugales (sept femmes en meurent chaque jour au Mexique, deux en Argentine et une tous les trois jours en France). Preuve que le corps des femmes reste, au Nord comme au Sud, un enjeu de pouvoir et un théâtre de conflit. Preuve que le contrôle de la sexualité féminine reste le mot d’ordre de toutes les religions. Quand il ne s’agit pas de l’assigner à la marchandisation et aux usages publicitaires dégradants.

        Lire aussi :
         

                Fawzia Zouari et ses « rêves de France »



Guerre contre la guerre. Celle dont les civils sont les premières cibles. Motivée par des luttes de pouvoir et des idéologies assassines. Nous combattrons le terrorisme, le djihadisme, les populismes, les discours de haine, les extrémismes religieux et le rejet de l’autre. Et tout ce qui s’en suit : ces populations errantes, perdues, accrochées aux fils de barbelé, entassées sur des bateaux de fortune parce que leurs pays leur ont refusé la perspective d’un avenir, parce que l’Europe ne leur a laissé pour perspective que d’échouer sur ses côtes comme des poissons morts.
N’oublions pas cette phrase d’Aristophane : « Quand la guerre sera l’affaire des femmes, elle s’appellera la paix ! » Pourquoi ? Parce que chaque femme consciente et libre est un danger pour les dictatures. Parce que chaque femme qui traverse une frontière réhabilite la parole sur l’altérité.
Nous débarrasser des litiges du passé
Ces temps de violences et de replis ont lieu sur fond d’une planète qui s’affole et d’une nature à l’épreuve de la globalisation, de l’industrialisation à outrance, du consumérisme et de la pollution. Nous disons, nous les femmes, que le combat de l’environnement est notre combat. Que la Terre est notre seul véritable pays. Celui que nous voulons transmettre à nos enfants.
Nous disons tout cela, ensemble, dans une seule langue : le français. Nous n’en avons pas honte. Nous n’avons pas de complexe à nous exprimer dans ce qui n’est plus seulement la langue de Molière. Au contraire : nous voulons renouveler voire refonder le discours sur le français. Rompre avec la terminologie de guerre — « butins » et « langue du colonisateur » — et nous débarrasser des litiges du passé. Nous faisons de cette langue notre enfant légitime.
Nous lui apprendrons à dire nos origines, nos parcours, les causes qui nous tiennent à cœur. Nous lui apprendrons à moduler le chant de ses phrases sur les berceuses de nos mères, et cette langue dont nous userons en ce qu’elle a de plus noble et de plus juste et de plus universel nous dira. Elle en profitera pour rester en mouvement, pour élargir son territoire d’hospitalité, pour rajeunir à la source de nos métissages.
Mais nous ne serons pas là que pour pointer les déséquilibres et détecter les tragédies. Nous voulons redonner au monde sa belle voix, ancrée dans l’espoir et soucieuse des générations futures. Retisser ses liens sociaux et réhabiliter ses traditions de convivialité. Impulser une modernité qui aurait cet attribut féminin de savoir réguler les différences et les différends.
Nous rêvons ? Eh bien tant mieux ! Parce que le jour où les femmes ne rêveront plus, ce sera le plus grand cauchemar pour les Hommes. Rêvons ! Et faisons en sorte que nos rêves s’achèvent dans une raison du monde. Par notre voix s’édifie la seule civilisation qui vaille à nos yeux : la civilisation universelle.
Les signataires : Marie-Rose Abomo-Maurin, Maram Al-Massri, Marie-José Alie-Monthieux, Ysiaka Anam, Dalila Azzi Messabih, Safiatou Ba, Linda Maria Baros, Emna Bel Haj Yahia, Nassira Belloula, Maïssa Bey, Lila Benzaza, Lamia Berrada-Berca, Sophie Bessis, Tanella Boni, Hemley Boum, Dora Carpenter-Latiri, Nadia Chafik, Chahla Chafiq, Sonia Chamkhi, Miniya Chatterji, Aya Cissoko, Catherine Cusset, Geneviève Damas, Zakiya Daoud, Bettina de Cosnac, Nafissatou Dia Diouf, Eva Doumbia, Suzanne Dracius, Alicia Dujovne Ortiz, Sedef Ecer, Charline Effah, Lise Gauvin, Laurence Gavron, Khadi Hane, Flore Hazoumé, Monique Ilboudo, Françoise James Ousénié, Fabienne Kanor, Fatoumata Keïta, Liliana Lazar, Sylvie Le Clech, Catherine Le Pelletier, Tchisseka Lobelt, Kettly Mars, Marie-Sœurette Mathieu, Madeleine Monette, Hala Moughanie, Cécile Oumhani, Emeline Pierre, Gisèle Pineau, Emmelie Prophète, Michèle Rakotoson, Edith Serotte, Leïla Slimani, Aminata Sow Fall, Elizabeth Tchoungui, Audrée Wilhelmy, Hyam Yared, Olfa Youssef, Fawzia Zouari.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Une centaine d’invités, dont Archie Shepp, célébreront, le 30 septembre au Sunside à Paris, le contrebassiste mort en juin.
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Hommage à Wayne Dockery : le contrebassiste et le cheminot

Une centaine d’invités, dont Archie Shepp, célébreront, le 30 septembre au Sunside à Paris, le contrebassiste mort en juin.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h49
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 19h32
    |

                            Francis Marmande








                        



                                


                            

Né à Camden (New Jersey) le 27 juin 1941, le contrebassiste Wayne Dockery est mort le 11 juin 2018 des suites d’un cancer. Sous la houlette de l’association Spirit of Jazz et d’Adrien Varachaud, saxophoniste horticole comme on les aime, un vibrant hommage lui sera rendu le 30 septembre au Sunside, à Paris, à partir de 19 heures. Formidable occasion de voir un large pan de la scène du jazz, à commencer par sa légende, Archie Shepp, dont Wayne Dockery était le « sideman » depuis trois décennies. Plus cent compagnons de route : Kirk Lightsey, Jon Betsch, Steve McCraven, etc. Belle occasion, dans la foulée, de suivre un hommage funèbre sans pathos, sans pleurnicheries, mais avec des larmes grosses comme un mi grave de contrebasse.

Le 15 juin, Wayne Dockery a déjà fait l’objet d’un « Tribute to », style enterrement à La Nouvelle-Orléans, dans le petit village de Genêts (Manche) dont il était citoyen depuis 1990. « C’était un homme bon », a, sous le soleil éclatant, sobrement dit Archie Shepp, avant de jouer pour lui. Débarqué à Genêts après une solide carrière aux Etats-Unis (un soir, John Coltrane voulut faire le bœuf avec lui), absent de marque du Dictionnaire du jazz (« Bouquins », Laffont), Wayne Dockery est présent sur toutes les scènes européennes, depuis son premier concert au Bec de Jazz, le club de la Baie (1990), où il rencontre son épouse Claudine (dite « Nénette »).
« Sideman » de premier plan
Sideman (« l’homme d’à côté ») recherché, spécialiste des saxophonistes de catégorie (Sonny Fortune, Sonny Rollins, Stan Getz, Michael Brecker…) à la discographie joufflue, Wayne Dockery avait accompagné George Benson, Freddie Hubbard, Eddie Henderson, et de proche en proche, tout ce qui compte en la matière. Quand il appelle un bassiste, un leader ne se trompe jamais. Surtout en studio. Il y faut le talent incontesté et une personnalité particulièrement plaisante.
Issu d’une famille de pasteurs,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ A l’occasion d’une ­commande de la Biennale de Sydney, l’artiste propose de ­rendre visible l’aura des sites ­sacrés des Aborigènes d’Australie.
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Sélection galerie : Laurent Grasso chez Perrotin

A l’occasion d’une ­commande de la Biennale de Sydney, l’artiste propose de ­rendre visible l’aura des sites ­sacrés des Aborigènes d’Australie.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h44
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



   


Les quatre lettres en miroir du prénom Otto offrent une étrange synthèse de l’animisme rétro-futuriste que Laurent Grasso met en scène dans son nouveau film. Le désir de capter le rayonnement de lieux traverse le travail de l’artiste – comme, récemment, dans Elysée, son film hypnotique sur le bureau ­présidentiel, ou avec l’installation Solar Wind sur le périphérique parisien. Cette fois, à l’occasion d’une ­commande de la Biennale de Sydney, l’artiste propose de ­rendre visible l’aura des sites ­sacrés des Aborigènes d’Australie, auxquels il a eu accès grâce à l’un de leurs représentants, Otto Jungarrayi Sims. Il le fait en s’inspirant du physicien allemand Winfried Otto Schumann, qui prédisait, dans les années 1950, l’existence de résonances dans le champ magnétique terrestre. L’imagerie scientifique est ici actualisée, à renfort de caméras hyperspectrales et ­thermiques, et les énergies de la spiritualité aborigène ­prennent la forme d’aériennes ­sphères cristallines chargées d’ombre ou de lumière. Cet univers ésotérique se prolonge par ­une série d’œuvres-machines qui revisitent tout un ­imaginaire parascientifique du tournant du XXe siècle, ­où ondes et courants électriques ­naturels étaient utilisés à des fins ­thérapeutiques. Le lien ­entre l’homme et la Terre, ­connexion fantasmée ou perdue ?



« Otto », de Laurent Grasso, à la galerie Emmanuel Perrotin, 76, rue de Turenne, Paris 3e. Tél. : 01 42-16-79-79. Jusqu’au 6 octobre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le film de Pascal Fornerie passe en revue les cinquante années de carrière du chanteur et ouvre son album de famille.
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« Nos années Julien Clerc », entre ombres et lumières

Le film de Pascal Fornerie passe en revue les cinquante années de carrière du chanteur et ouvre son album de famille.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h00
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            Yann Plougastel








                        



   


France 3, vendredi 28 septembre à 21 heures, documentaire
Son métier ? Chanteur. Et il l’exerce avec élégance depuis cinquante ans. Julien Clerc est un cas à part dans le monde de la chanson. Mélodiste hors pair et interprète hors-norme, il n’a jamais connu d’éclipse. Ses refrains appartiennent à notre inconscient collectif (Ivanovitch, Le Cœur volcan, Ce n’est rien, Si on chantait, Ma préférence, Femmes, je vous aime, Utile…) et réussissent à entremêler fulgurance poétique (Yann et les dauphins) et réflexions populaires (Travailler, c’est trop dur). Son secret ? « Je me mets au piano et j’essaie d’inventer un truc qui sort d’on ne sait où… Voilà la grande affaire de ma vie. »
Au départ, il y a un beau gosse aux longues boucles brunes qui, en plein Mai 68, sur toutes les radios en grève, annonce d’une voix ample qu’il « abolira l’ennui » dans une chanson intitulée La Cavalerie. Les paroles sont d’un certain Etienne Roda-Gil, fils de républicains espagnols, anarchiste et prof d’espagnol dans un lycée d’Ivry (Val-de-Marne), que le pas encore Julien Clerc (son vrai nom est Paul-Alain Leclerc, surnommé Paulo par ses amis) a rencontré à « L’Ecritoire », un café situé en face de la Sorbonne.
Coup de mou
Ces deux-là vont former, avec Maurice Vallet, dit Momo, un copain du lycée Lakanal, à Sceaux (Hauts-de-Seine), une famille flamboyante, à laquelle s’agrégera ensuite l’arrangeur Jean-Claude Petit, qui, sorte de rencontre entre Brassens et les Beatles, mâtine de pop, de surréalisme et d’envolées lyriques une chanson française désemparée depuis l’arrivée des yéyés.
La suite est connue et le documentaire la développe bien, ne cachant pas le léger coup de mou du milieu des années 1980 (la période pénible et rock due à Luc Plamondon avec Cœur de rocker ou L’Enfant au walkman) puis le rebond grâce à des ballades, véritable point fort du chanteur, signées Maxime Le Forestier (Fou peut-être mais fier de l’être), Jean-Loup Dabadie (L’Assassin assassiné), Carla Bruni (Si j’étais elle).
On y découvre surtout un Julien Clerc plus intime qui, derrière son sourire éblouissant, cache anxiété, introversion et solitude. Pour une fois, il accepte de parler des femmes de sa vie (France Gall, Miou-Miou, Virginie Coupérie-Eiffel, Hélène Grémillon) et de ses enfants (Jeanne, Angèle – la fille de Patrick Dewaere qu’il a adoptée, Vanille, Léonard, Barnabé), se révélant comme le chef d’une famille recomposée mais unie grâce à lui.
Nos années Julien Clerc, de Pascal Fornerie (France, 2018, 120 min).



                            


                        

                        

