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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », pointe le décalage entre le discours du chef de l’Etat et la réalité de la politique environnementale de la France.
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« Sur le terrain du verbe, le titre de “Champion de la Terre” sied particulièrement bien à Emmanuel Macron »

Dans sa chronique, Stéphane Foucart, journaliste au « Monde », pointe le décalage entre le discours du chef de l’Etat et la réalité de la politique environnementale de la France.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 10h37
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Chronique. « Champion de la Terre » : Emmanuel Macron s’est vu décerner, mercredi 26 septembre, ce titre ronflant par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), à l’issue du One Planet Summit de New York (Etats-Unis). Quelques jours auparavant, devant la 72e Assemblée générale des Nations unies, le président français avait prononcé un discours de portée générale, mais dont les questions environnementales n’étaient pas absentes, bien au contraire.
« L’avenir du monde, c’est celui de notre planète, qui est en train de se venger de la folie des hommes, la nature nous rappelle à l’ordre et nous intime d’assumer notre devoir d’humanité et de solidarité. Elle ne négociera pas, il revient à l’humanité de se défendre en la protégeant, a dit Emmanuel Macron devant ses pairs. Les dérèglements climatiques font voler en éclats la traditionnelle opposition entre le Nord et le Sud, les plus fragiles sont toujours les premières victimes emportées dans un tourbillon d’injustices, nous sommes tous frappés par les emballements terribles du climat de la Chine aux Caraïbes en passant par la Russie ou la Corne de l’Afrique. »
Sur le terrain du verbe, il va de soi que le titre de Champion de la Terre sied particulièrement bien à Emmanuel Macron. Depuis le désormais célèbre « Make our planet great again » (« Rendre notre planète à nouveau belle ») prononcé en juin 2017 en un pied de nez à Donald Trump et porté comme un étendard depuis, jusqu’à sa déclaration solennelle sur l’effondrement de la biodiversité, diffusée moins d’un an plus tard sur les réseaux sociaux, les phrases prononcées par le chef de l’Etat français pourraient être, ne varietur, mises dans la bouche des militants écologistes les plus radicaux.
Cruels hasards du calendrier
Souvenez-vous, c’était le 24 mars : « Vous vous réveillez et quelque chose a changé. Vous n’entendez plus le chant des oiseaux, déclarait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Editorial du « Monde ». Emmanuel Macron a reconnu, jeudi, la responsabilité de l’Etat dans la pollution au chlordécone tout en fermant la porte à une indemnisation de toute la population antillaise.
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Chlordécone, un scandale sanitaire

Editorial du « Monde ». Emmanuel Macron a reconnu, jeudi, la responsabilité de l’Etat dans la pollution au chlordécone tout en fermant la porte à une indemnisation de toute la population antillaise.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 11h48
   





                        



   


Editorial. « La pollution au chlordécone est un scandale environnemental », a reconnu Emmanuel Macron, jeudi 27 septembre, lors du premier jour de son voyage aux Antilles. Il est le premier chef d’Etat français à mettre des mots sur une menace invisible qui plane sur la Martinique et la Guadeloupe. Pendant plus de vingt ans, ce pesticide ultratoxique a été utilisé dans les bananeraies afin de lutter contre le charançon. Entre 1972 et 1993, le chlordécone a été répandu massivement, alors même qu’il avait été classé « cancérogène possible » dès 1979 par l’Organisation mondiale de la santé. Aussi résistant que toxique, il contamine aujourd’hui les sols pour des siècles.

        Lire aussi :
         

                En Martinique, Macron qualifie la pollution au chlordécone de « scandale environnemental »



« L’Etat a sa part de responsabilité », a également admis M. Macron, mettant un terme à des décennies de déni. Pour le chef de l’Etat, cela passe par l’ouverture d’un processus de reconnaissance de l’exposition au chlordécone comme une maladie professionnelle. C’est un premier pas. Mais ce progrès a toutes les chances d’être jugé insuffisant, le président ayant, dans le « même temps », fermé la porte à une indemnisation élargie à l’ensemble de la population antillaise. « Si je disais qu’on va indemniser tout le monde, c’est impossible même budgétairement, et ce serait irresponsable », a martelé M. Macron. Pourtant, le chlordécone ne représente pas un danger pour les seuls travailleurs agricoles. Des taux plus ou moins importants ont été détectés chez la quasi-totalité des Guadeloupéens (95 %) et des Martiniquais (92 %).

        Lire l’enquête :
         

          Chlordécone : les Antilles empoisonnées pour des générations



Défiance envers les autorités
Sur un sujet aussi sensible, tous les mots ont leur importance. Or, le chef de l’Etat s’est bien gardé d’accoler le terme « sanitaire » à celui de « scandale ». A l’instar des dossiers du sang contaminé et de l’amiante, celui du chlordécone est pourtant bel et bien un scandale sanitaire et pas seulement environnemental. Les études scientifiques sont légion, qui démontrent les risques associés à l’exposition à ce perturbateur endocrinien. Il en est ainsi du cancer de la prostate, pour lequel la Martinique détient le triste record du monde, avec plus de 227 nouveaux cas pour 100 000 hommes chaque année.
Sur ce point, Emmanuel Macron a choisi de rester dans le flou, estimant qu’« il n’y a pas aujourd’hui de preuve scientifique établie ». Pas de quoi calmer la colère et les craintes des Antillais, dont la défiance envers les autorités et le sentiment d’abandon sont montés d’un cran après la publication, en décembre 2017, d’un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), contesté par d’autres experts, concluant que les limites maximales de résidus de chlordécone autorisés dans les aliments étaient suffisamment protectrices.
Le président de la République ne s’est pas davantage aventuré à évoquer un « scandale d’Etat ». Pourtant, là aussi, la question se pose. Pourquoi la France a-t-elle en effet attendu 1990 pour interdire un pesticide qui avait été classé « cancérogène possible » en 1979 et banni aux Etats-Unis dès 1976 ? Pourquoi le chlordécone a-t-il bénéficié de dérogations – signées par deux ministres de l’agriculture de François Mitterrand – pendant trois ans aux Antilles après son interdiction ? Une plainte contre X pour mise en danger d’autrui, déposée en 2006, vise à répondre à ces interrogations. Elle devrait permettre d’établir la « part de responsabilité » de l’Etat. Douze ans et trois juges d’instruction plus tard, l’enquête a été dépaysée au tribunal de grande instance de Paris. Elle est toujours au point mort.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ L’épicentre du séisme de magnitude 7,5 se situe sous l’île de Célèbes, où de nombreux bâtiments ont été détruits.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Emmanuel Macron est attendu samedi sur l’île des Antilles françaises frappée en septembre 2017. La lenteur de la reconstruction, souvent anarchique, exaspère les habitants, toujours traumatisés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/09/2018
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Un an après l’ouragan Irma, la difficile convalescence de l’île de Saint-Martin

Emmanuel Macron est attendu samedi sur l’île des Antilles françaises frappée en septembre 2017. La lenteur de la reconstruction, souvent anarchique, exaspère les habitants, toujours traumatisés.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 17h00
    |

            Rémi Barroux (Saint-Martin, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sur la terrasse de sa jolie demeure traditionnelle, aux murs, escaliers et colonnades blanches et roses, Eddy Illidge surveille la température de ses gamelles. Ce samedi 22 septembre, dans le quartier de l’Espérance à Grand-Case, sur l’île de Saint-Martin, cet homme de 44 ans cuisine comme toutes les semaines de la viande grillée accompagnée de riz créole, du très simple destiné à sustenter ceux qui connaissent cette adresse discrète. Ce n’est pas un restaurant, juste une petite cantine ouverte uniquement pour les amis, les voisins et les chauffeurs de taxi qui travaillent en face, à l’aéroport.
Il y a un an et seize jours exactement, après une nuit dantesque, Eddy découvrait, comme les quelque 38 000 habitants de cette petite île des Antilles françaises, un décor de guerre, un paysage de désolation. L’aéroport, à ses pieds, n’existait plus, tour de contrôle éventrée, pylônes tordus, baies vitrées explosées, piste impraticable, petits avions retournés et de l’eau partout jusque dans sa maison, pourtant située sur les hauteurs. Dans la nuit du 5 au 6 septembre 2017, l’ouragan Irma avait soufflé des vents atteignant les 400 km/h, un scénario inédit qui plongea le territoire dans un black-out total qui dura de longs jours, sans électricité, sans eau et sans aucune communication possible.
« Je savais que ce serait long, mais cela dure trop ; la vie a repris plus vite du côté néerlandais de l’île, où les touristes sont revenus nombreux », Eddy, un habitant
Eddy Illidge travaille au restaurant scolaire de l’école de Grand-Case. Sa situation illustre bien la très difficile reconstruction de Saint-Martin, où le président de la République, Emmanuel Macron, est attendu samedi 29 septembre. L’école a vu sa toiture refaite, mais il manque encore des fenêtres à l’étage et, depuis la rentrée de septembre, les petits de la maternelle voisine sont accueillis dans le réfectoire. Ici, comme partout dans l’île, on se serre, on bricole, on improvise et, souvent,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Depuis 2005, un laboratoire conserve les micro-organismes qui assurent la typicité de notre alimentation, notamment dans les quelque 5 000 produits fermentés qui constituent 30 % de notre régime.
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A Rennes, une collection unique de bactéries pour conserver le patrimoine alimentaire

Depuis 2005, un laboratoire conserve les micro-organismes qui assurent la typicité de notre alimentation, notamment dans les quelque 5 000 produits fermentés qui constituent 30 % de notre régime.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 06h38
    |

            Charlotte Chabas (Rennes, envoyée spéciale)








                        



   


Comme dans toute banque, le coffre-fort est dur à atteindre. D’abord, deux épaisses portes métalliques, que seuls quelques badges autorisés peuvent ouvrir. Puis, une alarme. Enfin, une pièce bétonnée de moins de dix mètres carrés. « C’est l’avantage de notre trésor, il prend peu de place », sourit Florence Valence-Bertel, responsable du Centre international de ressources microbiennes (CIRM) de Rennes (Ille-et-Vilaine). Trois volumineux congélateurs trônent tout de même dans l’espace réduit. Là vivent à − 90 °C quelque 4 000 souches de bactéries d’intérêt alimentaire (BIA).
« La biodiversité, c’est aussi les bactéries »
A l’heure où certains crient à la perte du patrimoine alimentaire français, Florence Valence-Bertel et son équipe, installée au sein de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), veillent au grain. « La biodiversité, ce n’est pas que le zèbre et le lion, c’est aussi les bactéries », souligne cette docteure en microbiologie, en manipulant avec la plus grande précaution les fragiles éprouvettes de verre, dont certaines datent de cinquante ans. Devant les paillasses, ils sont six ce matin-là – dont plusieurs doctorants étrangers – à cultiver streptocoques, lactobacilles et bifidobactéries pour étoffer la collection.
Depuis 2005, ce laboratoire unique en France conserve les micro-organismes qui assurent la typicité de notre alimentation, notamment dans les quelque 5 000 produits fermentés qui constituent 30 % de notre régime. Car si les bactéries peuvent s’avérer de mortelles ennemies, elles sont aussi vertueuses pour la gastronomie. On leur doit tout autant la couleur de notre saucisson, le moelleux d’un pain de campagne ou l’amertume d’une bière d’abbaye. Surtout, « dans un pays comme la France, on a un terrain de jeu énorme avec les produits laitiers et le fromage », souligne Florence Valence-Bertel.
Uniformisation des goûts
D’autant que l’urgence à préserver ce patrimoine se fait de plus en plus pressante. « C’est le camembert qu’on assassine », écrivait ainsi au printemps dans Libération un collectif de grands chefs étoilés, dénonçant l’industrialisation à marche forcée de la plus célèbre des pâtes molles.

        Comprendre :
         

          Le camembert de Normandie va-t-il être « assassiné » ?



Des alertes qui ont commencé dans les années 1980, à mesure que le lait perdait en qualité. Quand on comptait alors environ 10 000 bactéries par millilitres, il n’y en avait plus que 1 000 en moyenne en 2010. Surtout, les producteurs industriels utilisent aujourd’hui moins de 100 souches bactériennes pour constituer tous les produits laitiers consommés dans le monde. Difficile avec ces seuls outils de maintenir la diversité gustative dont se targue le pays des 400 fromages.
Aujourd’hui, moins de 10 % des fromages consommés sont au lait cru
« Avant, une ferme A n’avait évidemment pas le même fromage qu’une ferme B », analyse Yves Le Loir, directeur de l’unité science et technologie du lait et de l’œuf à Rennes. Mais au sortir de la guerre, le pays a besoin de quantité plus que de typicité. La production augmente dans un souci permanent de réduire les coûts et d’accroître la sécurité alimentaire. La pasteurisation, ce procédé de conservation par chauffage qui tue une large partie des bactéries alimentaires – pathogènes comme positives –, s’impose. Aujourd’hui, moins de 10 % des fromages consommés sont au lait cru.
Dès lors, une uniformisation des goûts se met en place. « Le consommateur veut que, d’une semaine sur l’autre, le goût de son camembert soit le même », rappelle Yves Le Loir. Fini la saisonnalité des fromages. Dans les supermarchés, tout est mis sous emballage par mesure d’hygiène.
Mais les modes de consommation évoluent vite. « Depuis une dizaine d’années, on observe à nouveau une demande sociétale vers plus de naturalité », souligne Florence Valence-Bertel, dont le travail n’en devient que plus précieux :
« Les producteurs viennent chercher chez nous des outils pour retrouver du goût, tout en garantissant une parfaite innocuité sanitaire. »
« Matière vivante »
Mais comment s’assurer de retrouver la saveur authentique d’un produit ? A la manière d’enquêteurs organoleptiques, les chercheurs tentent de plus en plus de retrouver le chemin gustatif vers des fromages en déclin, voire oubliés.
Depuis plusieurs mois, l’équipe travaille ainsi avec la région Bretagne pour relancer la production du gwell, un fromage local issu du lait de la vache pie noir, elle-même en voie de disparition.
Autour de la table, une trentaine de producteurs, transformateurs, chercheurs, ainsi qu’un sociologue. « On a commencé par une question simple : c’est quoi le gwell typique ? », se souvient Florence Valence-Bertel. La réponse, elle, ne l’était pas : « Tous avaient une idée différente : “Ça pétille sur la langue”, “C’est crémeux et beurré”, “Ça a un goût de ferme” ». « Un fromage, c’est une matière vivante, son goût dépend autant du milieu dans lequel il est créé que du palais qui le goûte, rappelle Yves Le Loir. C’est comme dire que deux humains sont identiques, ce n’est pas possible. » 

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Se nourrir sainement quand on est pauvre



Avec les indices récoltés au fil des entretiens, les chercheurs ont trouvé des pistes bactériologiques. Et les producteurs, parfois sur la défensive du fait des dépendances économiques entre les industriels et l’INRA, ont adhéré au processus, toujours en cours.
Un travail patrimonial qui a un coût important – entre 600 et 1 000 euros la mise en collection en fonction du mode de conservation choisi. Et qui, surtout, « n’a de sens que si on éduque les gens », prévient Sophie Roussel, co-coordinatrice du CIRM. Elle-même n’avait jamais goûté le gwell auparavant, et a « détesté, la première fois ». Ce n’est qu’au fur et à mesure des tests qu’elle a fini par en apprécier le goût, dit celle qui déplore un « fossé culturel et social » qui s’est creusé entre consommateurs.
Car la logique de standardisation a contribué à éloigner les Français de leur propre alimentation. En 2017, au Salon de l’agriculture, l’institut avait installé sur son stand un microscope pour observer les micro-organismes contenus dans un yaourt – environ dix milliards par pot. « On a entendu toute la journée “C’est dégueulasse, c’est vivant, je ne mangerai plus jamais ça”, se souvient Yves Le Loir. La connaissance des produits, et donc du goût, a été perdue en chemin. Il faut oser, acheter des choses dont on n’a pas l’habitude. L’avenir de notre gastronomie passe par la conscience de sa richesse. »

        Lire (en édition abonnés):
         

          Olivier Assouly : « A table, on se fait d’abord plaisir »







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ « Oreotrochilus cyanolaemus » mesure à peine 11 centimètres et vit entre 3 000 et 3 700 mètres d’altitude. C’est la première espèce de colibri découverte depuis trente ans.
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En Equateur, une nouvelle espèce de colibri découverte

« Oreotrochilus cyanolaemus » mesure à peine 11 centimètres et vit entre 3 000 et 3 700 mètres d’altitude. C’est la première espèce de colibri découverte depuis trente ans.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 04h03
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 10h53
   





                        



   


Une nouvelle espèce de colibri a été découverte en Equateur, qui compte plus de 40 % des espèces de ce petit oiseau présent uniquement sur le continent américain. La découverte a été rendue publique jeudi 27 septembre dans la revue spécialisée The Auk.
L’animal, qui mesure à peine 11 centimètres, présente au niveau de la gorge un plumage d’un bleu intense, une poitrine blanche marquée de deux bandes noires et une tête vert émeraude.
C’est la première fois que cette variété de colibri est « montrée au monde », dit Francisco Sornoza, ornithologue à l’Institut national de la biodiversité (Inabio) et membre de l’équipe internationale qui a fait la découverte. Cette espèce, baptisée « Oreotrochilus cyanolaemus », a été mise au jour après un an de recherche.
1 641 espèces d’oiseaux recensées en Equateur
Cela fait trente ans que l’Equateur, petit pays à la biodiversité riche, n’avait pas enregistré de nouvelle découverte de colibri, rappelle Francisco Sornoza. Même si les oiseaux sont des animaux très étudiés, découvrir une nouvelle espèce est « extraordinaire, parce que c’est quelque chose de rare », se réjouit Elisa Bonaccorso, ornithologue vénézuélienne et membre de l’équipe.
L’oiseau vit entre 3 000 et 3 700 mètres d’altitude. Son habitat est un plateau situé entre les provinces de Loja et d’El Oro, à la frontière avec le Pérou, près du Pacifique.

        Lire aussi :
         

                Le Colibri de Costa, acrobate acoustique de l’amour



Avec 1 641 espèces d’oiseaux recensées, l’Equateur abrite un sixième des espèces du monde, selon des données officielles. 132 sont des colibris, représentant plus de 40 % des 300 variétés recensées sur le continent américain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Tuberculose, jusqu’à quand ? (2). Pour venir à bout de la maladie à l’horizon 2030, le pays a mis en place un maillage communautaire qui permet d’aller chercher les malades jusque dans leur maison.
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Reportage

A la poursuite des « cas manquants » de tuberculose dans les villages sénégalais

Tuberculose, jusqu’à quand ? (2). Pour venir à bout de la maladie à l’horizon 2030, le pays a mis en place un maillage communautaire qui permet d’aller chercher les malades jusque dans leur maison.

Par                                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)




LE MONDE
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        Le 28.09.2018 à 19h29

     •
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        Mis à jour le 28.09.2018 à 20h03






    
Atteint de tuberculose, Elimane Ciss ne venait plus au centre de santé. Retrouvé dans son village du département de Tivaouane, au Sénégal, il reprend son traitement, le 24 septembre 2018.
Crédits : Matteo Maillard


Il a les yeux rougis et le pas traînant lorsqu’il sort de son gourbi de brique et de tôle en ce matin de septembre. Elimane Ciss, 50 ans, est un revenant. Un « cas perdu de vue » comme on appelle en jargon humanitaire ces malades qui, un jour, ne sont plus venus chercher leur traitement au poste de santé, restant introuvables au village. Voilà plus d’un mois qu’il n’a pas pris les trois pilules quotidiennes qui doivent le guérir de ses douleurs de dos et de ses quintes de toux causées par la tuberculose. Dépisté en octobre 2017, il a abandonné une première fois le traitement, l’a repris en mai, puis abandonné encore en juillet. La raison est semblable à l’origine de sa maladie : la pauvreté.

        Présentation de notre série
         

          Tuberculose, jusqu’à quand ?



« Il n’y a plus de travail pour un paysan ici, explique-t-il. Alors j’ai quitté le village pour faire camionneur à Dakar, mettre un peu d’argent de côté. » Dans les campagnes déshéritées du Sénégal, ils sont des milliers de candidats à l’exode rural. Mais quand ces travailleurs saisonniers sont atteints d’une maladie contagieuse comme la tuberculose, le risque de propagation du bacille est décuplé, créant ce que redoutent plus que tout les spécialistes de la maladie, l’apparition de « cas manquants ».
Fins limiers
Si le Sénégal est sorti de la zone rouge et ne fait plus partie des 26 pays africains à forte charge selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), il n’est pas encore parvenu à éradiquer la tuberculose. « Le grand problème au Sénégal est que nous avons une incidence de 140 nouveaux cas pour 100 000 habitants. Cela veut dire qu’en 2017 nous n’avons pas réussi à capter ni à traiter 7 971 tuberculeux, dont 5 492 de forme contagieuse, explique la docteure Marie Sarr, responsable du programme tuberculose au ministère de la santé. Tant qu’on n’arrivera pas à retrouver ces cas attendus, on n’arrivera pas à éliminer complètement cette maladie. »
Le pays est aujourd’hui capable de guérir neuf cas de tuberculose sur dix. Pourtant, le nombre annuel de nouveaux cas estimé par l’OMS n’a presque pas bougé en vingt ans. « Cela ne veut pas dire qu’on est inefficace contre cette maladie, décrypte le docteur Dioukhané, chef des projets du Fonds mondial de lutte contre la tuberculose et le paludisme à Plan international Sénégal, l’ONG mandatée par le ministère de la santé pour les interventions communautaires. La population a presque doublé durant ce laps de temps. Nous avons pu contenir les nouvelles transmissions, mais pas les arrêter. »

        Episode 1
         

          Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile



Il a donc fallu innover. En 2012, après une période test, l’Etat sénégalais a décidé d’ouvrir une campagne auparavant circonscrite au système de santé en faisant participer la population à la lutte. Un maillage territorial a été établi par la création de 429 organisations communautaires regroupant chacune en moyenne une douzaine de relais. Il s’agit de bénévoles, bien intégrés dans leur communauté, qui agissent sur le terrain comme de fins limiers à la recherche de ces fameux « cas manquants » des statistiques de l’OMS. Ils font du porte-à-porte, organisent des causeries éducatives et retrouvent les malades irréguliers et perdus de vue.
Aujourd’hui, en localisant Elimane Ciss, les deux personnes relais du village de Fouloume (Tivaouane), Marcelle Thiombane et Awa Seck, ont fait coup double. Non seulement elles ont mis la main sur un patient égaré mais elles ont, par la même occasion, découvert plusieurs cas suspects qui pourraient, après diagnostic, se révéler être des cas manquants. Car la tuberculose est une maladie de la promiscuité et, depuis le retour d’Elimane, sa mère et ses nièces toussent régulièrement. Elimane a donc accepté de reprendre le traitement en avalant à l’aide d’une boîte de conserve remplie d’eau les tablettes de rifampicine, d’isoniazide, de pyrazinamide et de chlorhydrate d’ethambutol. S’il respecte la posologie, dans six mois il sera guéri.
« Beaucoup ne réalisent pas le danger »
Mais le travail d’Awa et de Marcelle n’est pas toujours aisé. La recherche des cas manquants est un véritable travail de détective exigeant patience, témérité et pédagogie. « Nous parcourons le village deux fois par semaine, explique Marcelle, qui en est à sa dixième année de bénévolat. Nous procédons par quartier en faisant du porte-à-porte et de la sensibilisation. Nous habitons ici, donc les gens nous reçoivent plus volontiers. » Parfois, certains refusent le traitement, préférant s’en remettre aux guérisseurs traditionnels, à l’exemple de Momodou Ciss, 48 ans. Visage émacié coiffé d’un bonnet, huit mois de maladie. Peut-être parce que les remèdes traditionnels n’ont pas amélioré son état, peut-être parce qu’aujourd’hui Marcelle et Awa sont accompagnées d’une délégation, il a troqué sa défiance pour une moue contrite.

    
Marcelle Thiombane, « relais » de la campagne nationale de lutte contre la tuberculose, discute, en septembre 2018, avec un ancien « cas manquant » qu'elle a trouvé dans son village du département de Tivaouane, au Sénégal.
Crédits : Matteo Maillard


Sait-il que la tuberculose tue ? Non, dit-il, secouant doucement la tête. « Malgré nos efforts de prévention, beaucoup ne réalisent pas le véritable danger qu’ils courent, raconte Marcelle. A Fouloume, nous ne sommes que deux relais pour 5 000 habitants. Ici, beaucoup sont déjà morts pour avoir refusé le traitement. » Son état se dégradant, Momodou promet qu’il se rendra dès le lendemain au poste de santé le plus proche, à 9 km de là, recevoir le traitement gratuit fourni par l’Etat sénégalais. Il ne pourrait pas se le payer de toute façon. Il n’a même pas les moyens de prendre les transports et devra faire le trajet à pied sous un soleil brûlant.
Des cas de pauvreté extrême, Momodou Aliou Diallo, l’infirmier-chef de poste de la commune de Mont-Rolland, à laquelle Fouloume est rattaché, en connaît beaucoup. « C’est même le cas de la majorité de mes patients, dit-il. Parfois je leur paie le trajet ou j’amène moi-même sur ma moto les échantillons au laboratoire. » Dans sa commune, il a en moyenne trois nouveaux cas par mois, ce qui en fait une zone particulièrement concernée par la seukheutt sou tarr si, « la toux persistante » en wolof. « A cause de la pauvreté et des terres de moins en moins fertiles, beaucoup de villageois partent travailler à Dakar, explique-t-il. Là-bas, ils s’entassent dans des chambres insalubres à dix ou vingt. Ce sont des foyers propices au développement de la tuberculose. Puis ils reviennent au village et contaminent leur famille. »
Guérisseurs et pharmaciens
C’est ce qui est arrivé à Oumar Tall, 26 ans. Plâtrier, il a passé quelques mois dans une chambre avec des collègues. Un de leurs amis venait régulièrement chez eux et il toussait. « Quand je suis revenu au village, j’avais des maux de tête et de dos. J’ai rapidement compris que c’était la tuberculose car des relais m’avaient expliqué les symptômes au village. » Après six mois de traitement, guéri, il a désormais envie de devenir lui-même un relais. « Je sensibilise déjà mes proches, alors pourquoi pas le reste du village ? », lance-t-il.

Sommaire de nore série Tuberculose, jusqu’à quand ?
Le Monde Afrique propose des reportages, portraits et entretiens sur le continent pour raconter le fléau qui tue plus que le sida.
Episode 2 A la poursuite des cas manquants de tuberculose dans les villages sénégalais
Episode 1 Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile
Présentation de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?


Dans cette longue quête pour dénicher les cas manquants, il faut sans cesse recruter des bénévoles afin de resserrer le maillage territorial. A Plan Sénégal, une nouvelle initiative est en discussion. « Nous pensons mettre à contribution les guérisseurs traditionnels et les agents de comptoir des pharmacies de quartier afin qu’ils participent à l’effort de lutte en redirigeant les malades vers nous, explique le docteur Dioukhané. Ainsi, nous pourrons réduire les cas échappant à nos radars. Car un seul tuberculeux peut contaminer jusqu’à dix personnes par an. » Pour ces bénévoles, qui espèrent aider le pays à parvenir à l’élimination totale de la maladie d’ici à 2030, chaque journée et chaque malade comptent.
Cet article fait partie d’une série réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Un tsunami a frappé l’île de Célèbes, au centre de l’Indonésie, après un fort séisme de magnitude 7,5, vendredi 28 septembre.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Le sinistre, apparemment criminel, a lieu dans un contexte tendu entre la filière viande et des militants radicaux de la cause animale.
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Incendie d’un abattoir dans l’Ain : les professionnels de la viande parlent d’« une offensive sectaire »

Le sinistre, apparemment criminel, a lieu dans un contexte tendu entre la filière viande et des militants radicaux de la cause animale.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 17h55
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 06h38
   





                        



   


Un incendie a partiellement détruit dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 septembre un grand abattoir à Haut-Valromey, dans l’Ain. Selon la fille du fondateur de l’abattoir sinistré, les établissements Gesler, qui emploient 80 personnes, la gendarmerie privilégie une piste criminelle, « six départs de feu » ayant été constatés et des « bidons d’accélérant » retrouvés sur place.
Ce sinistre intervient dans un contexte de vive tension entre la filière viande et certains militants radicaux de la cause animale qui s’en prennent de plus en plus fréquemment à des boucheries, à coups de tags radicaux ou de dégradations. Les professionnels français de la viande ont appelé vendredi 28 septembre le président Emmanuel Macron à « enrayer immédiatement » ces « offensives sectaires qui ne peuvent qu’aboutir à une guerre civile », écrivent ainsi Dominique Langlois, président de l’interprofession des viandes bovines Interbev, et Guillaume Roué, président de l’interprofession des viandes porcines Inaporc, dans une lettre ouverte adressée à l’Elysée.
Mercredi, l’association antispéciste 269 Libération animale avait appelé à une « nuit debout devant les abattoirs » partout sur le territoire. Elle avait vu notamment sa manifestation interdite dans les Yvelines par le préfet.
« Profond sentiment d’injustice et d’insécurité »
« Les libertés de conscience et d’expression invoquées par des collectifs et associations anti-viande et antispécistes ne sauraient être les cautions de ces violences », écrivent Interbev et Inaporc dans leur lettre, en estimant à « un million » le nombre de personnes travaillant dans le secteur de la viande en France.
De son côté, la Fédération nationale bovine (FNB), qui regroupe les seuls éleveurs bovins, a publié un communiqué séparé demandant « aux pouvoirs publics de prendre toutes les mesures pour faire en sorte que les opérateurs de la filière du bétail et des viandes puissent exercer leur métier dans un climat serein ».
Les professionnels, « envahis par un profond sentiment d’injustice et d’insécurité, doivent-ils prendre les armes pour défendre leurs entreprises, leurs métiers et leurs personnes ? », s’inquiètent Interbev et Inaporc, qui regroupent l’essentiel des professionnels de la viande en France, des éleveurs aux bouchers en passant par les abattoirs et l’industrie agroalimentaire de transformation.
Une association antispéciste a appelé au « blocage » du Sommet de l’élevage qui se tient la semaine prochaine à côté de Clermont-Ferrand. Les antispécistes (du latin species, l’« espèce ») s’opposent à toute hiérarchie entre espèces, notamment entre l’être humain et les autres animaux.
Confrontés à des « violences physiques, verbales, morales » de la part de groupuscules végans, les bouchers-charcutiers avaient demandé fin juin la protection de la police au ministre de l’intérieur, Gérard Collomb. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) s’était aussi émue au début de juin de « comportements extrémistes » de militants antispécistes.

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                « La question animale nous force à ouvrir les yeux sur ce que nous sommes devenus »







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Un an après le chaos généré par le cyclone, l’île des Antilles françaises peine à ses reconstruire. A l’image de ses habitants, toujours traumatisés par le souvenir de la catastrophe.
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édition abonné


Huit habitants de Saint-Martin racontent Irma et les cicatrices de son passage

Un an après le chaos généré par le cyclone, l’île des Antilles françaises peine à ses reconstruire. A l’image de ses habitants, toujours traumatisés par le souvenir de la catastrophe.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h25
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            
Professeure, militaire, restaurateur... Jusqu’à l’arrivée de l’ouragan Irma, dans la nuit du 5 au 6 septembre 2017, ils vivaient une existence paisible du côté français de cette petite île des Caraïbes. Du jour au lendemain, leur paradis antillais s’est transformé en cauchemar, le paysage idyllique se muant en un puzzle dont, aujourd’hui encore, les pièces demeurent souvent éparpillées. Pourtant, peu d’entre eux ont décidé de quitter Saint-Martin, décidant au contraire d’aller de l’avant et de participer à la lente et difficile reconstruction de leur île convalescente.
Rachel Begarin, infirmière

Quand Rachel Begarin se lève et part pour sa tournée quotidienne, il est 4 h 30 du matin et la maisonnée, dans le quartier Condordia, à Marigot, dort. L’infirmière emporte ses médicaments, pansements… dans une caisse de bois qu’elle charge dans sa voiture et se lance, dans la nuit, sur les routes de Saint-Martin.
C’est ce qu’elle a fait quelques heures seulement après le passage d’Irma, malgré des routes impraticables et le danger encouru : faire le tour de ses patients pour voir s’ils avaient survécu. Rachel est d’abord attentionnée, à l’écoute. « J’ai travaillé deux ans à l’hôpital, mais j’ai eu envie de changer, d’être plus indépendante. »
Mère de deux enfants, elle a inscrit le plus jeune Eloïme, 13 ans, dans le privé. « A l’école, ça n’allait pas. Ils ont rouvert les établissements publics pour rassurer la population, mais il y a un problème d’organisation », témoigne cette femme de 41 ans.
Isabelle Charnay, professeure de sport

Dans son petit jardin protégé par une palissade en bois, une planche de surf s’appuie sur des panneaux de verre qui serviront à remplacer la baie vitrée. Isabelle Charnay ne les a reçus que le 15 juin, soit neuf mois après que tout a explosé chez elle. La maison est toujours debout, endommagée, mais bien là. Alors qu’autour, dans ce quartier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Une vague de 3 mètres a frappé vendredi la ville de Palu, 300 000 habitants, dans l’île de Célèbes. Le bilan est toujours provisoire, les secours ayant des difficultés à se coordonner.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/09/2018
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Indonésie : le bilan provisoire est de 384 morts après un séisme et un tsunami

Une vague de 3 mètres a frappé vendredi la ville de Palu, 300 000 habitants, dans l’île de Célèbes. Le bilan est toujours provisoire, les secours ayant des difficultés à se coordonner.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 13h36
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 17h11
    |

            Bruno Philip (Kuala Lumpur (Malaisie) - envoyé spécial)








                        


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            data-slide-description="De nombreux corps ont été découverts dans la ville de Palu après le tremblement de terre."
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            data-slide-description="Les habitants de Palu transportent un corps, le 29 septembre."
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            data-slide-description="Une vidéo a montré une vague imposante s’abattre sur plusieurs bâtiments et inonder une mosquée."
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            data-slide-description="Plusieurs milliers d’habitations, ainsi que des hôpitaux, des centres commerciaux et des hôtels se sont effondrés. Un pont a également été emporté."
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            data-slide-description="Un centre commercial très endommagé à Palu, dont un étage s’est effondré. Certains axes routiers menant à la ville ont été coupés."
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            data-slide-description="Des carcasses de véhicules témoignent de la violence de la vague qui s’est abattue sur la côte à Palu."
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            data-slide-description="Le personnel médical de l’hôpital soignent les blessés à même le trottoir."
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De nombreux corps ont été découverts dans la ville de Palu après le tremblement de terre.

OLA GONDRONK / AFP
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On voit la vague, haute d’environ 3 mètres, approcher du rivage en bouillonnant. Des gens hurlent, puis le tsunami déferle, balayant des maisons avec violence. Ensuite, l’image devient noire, on n’entend plus que des cris, le vidéaste amateur cherchant manifestement à se protéger des vagues qui menacent son refuge, avant de se remettre à filmer : l’eau a poursuivi sa course en ville et ravage maintenant une mosquée, dont le dôme vert s’affaisse sous le choc, tandis qu’un flot furieux emporte des débris.
Cette vidéo spectaculaire, prise vendredi 28 septembre avec un téléphone portable du haut d’un immeuble surplombant la baie de Palu, à Célèbes (Sulawesi), a fait le tour de tous les réseaux sociaux. Elle est l’un des rares documents montrant le tsunami engendré par un tremblement de terre de magnitude 7,5, dont l’épicentre se trouvait à environ 80 kilomètres au nord de Palu. Cette ville d’environ 300 000 habitants est la capitale de la province de Sulawesi central, grande île aux formes tourmentées du centre de l’archipel indonésien.

   


Alors que des secouristes s’employaient samedi à rejoindre Palu, qui s’étend sur une baie formant l’embouchure de la rivière du même nom, il était encore difficile de se faire une idée du bilan humain de la catastrophe. Des centaines de personnes s’étaient rassemblées sur la plage pour la célébration de l’anniversaire de la ville, dont beaucoup sont portées disparues. Le séisme et le tsunami ont provoqué une panne d’électricité qui empêche les communications et complique la coordination des secours. Selon l’agence de gestion des désastres naturels indonésienne (BNPB), le bilan provisoire était de 384 morts et des centaines de blessés, samedi dans la matinée (heure française).
« Aucune évacuation »
Quelques heures plus tôt, Sutopo Purwo Nugroho, porte-parole de l’agence, avait prévenu que le premier bilan risquait de s’alourdir : « A Palu, il y a des bâtiments, des maisons qui ont été détruits. Des hôtels, des hôpitaux. Nous pensons que des dizaines ou des centaines [de victimes] n’ont pas encore été dégagées des décombres. Le principal centre commercial de Palu s’est effondré. L’hôtel Rua-Rua s’est affaissé, il avait 80 chambres, dont 76 étaient occupées. » 
Plus tôt, des photos diffusées par la même agence avaient montré ce centre commercial, dont le premier étage s’est effondré sur le rez-de-chaussée, ainsi que des rues présentant des traces de fissures causées par les secousses. Peu d’informations étaient pour l’heure disponibles sur la ville côtière de Donggala, qui compte environ 300 000 habitants, et plus proche de l’épicentre.
Selon le BNPB, les secousses ont été ressenties jusqu’à la grande cité de Makassar, dans le sud de Célèbes. L’hypocentre (ou foyer du séisme) était situé à une dizaine de kilomètres de profondeur, selon l’agence géologique américaine (USGS). La secousse s’est produite en début de soirée alors que de nombreux fidèles se rendaient à la prière du vendredi, jour du seigneur en terre musulmane.

   


Le président indonésien, Joko « Jokowi » Widodo, a sollicité l’armée pour participer aux efforts de sauvetage. Des avions militaires chargés d’aide humanitaire ont décollé de Djakarta, selon le ministre de la sûreté. La piste et la tour de contrôle de l’aéroport de Palu ont été endommagées, mais il devrait être rouvert rapidement, selon les autorités. Les routes sont coupées à l’est et au sud de la ville. « Aucune évacuation n’a pu avoir lieu dans la zone sinistrée », a déploré un habitant interrogé par la chaîne Metro TV. Les Nations unies ont déclaré être en contact avec les autorités indonésiennes et se tenir prêtes à « fournir de l’aide si on [le leur] demande ».
Trente-quatre minutes d’alerte
Le séisme est survenu à 10 h 2 min 43 s, temps universel, selon l’USGS, trois heures après une précédente secousse de 6,1 degrés sur l’échelle de Richter, qui avait fait un mort et une dizaine de blessés, et avait été suivie de nombreuses répliques. Une alerte au tsunami a été émise presque aussitôt, et levée trente-quatre minutes plus tard. Les autorités disent que les vagues ont déferlé avant la levée de l’alerte — une vingtaine de minutes après la secousse tellurique. Palu se trouve au fond d’une baie dont la forme en entonnoir a pu augmenter la hauteur de l’onde. Alors qu’une première évaluation faisait état d’un flot de 1,5 mètre de haut, la lame a plutôt atteint le double.
La force du séisme a été supérieure aux tremblements de terre de 7 degrés qui avaient frappé l’île de Lombok, près de Bali, en juillet et en août, faisant plus de cinq cents morts. L’Indonésie, un archipel de dix-sept mille îles et îlots qui s’est formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne, eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique.

        Le décryptage :
         

          L’Indonésie, cœur sismique de la « ceinture de feu » du Pacifique



Elle a été durement frappée ces dernières années par des séismes très violents. Outre les tremblements de terre qui ont secoué à plusieurs reprises cet été Lombok et l’île voisine de Sumbawa, la capitale culturelle de Yogyakarta, à Java, fut ébranlée par un séisme de force 6,4 en 2006. Deux ans plus tôt, le 26 décembre 2004, un séisme de 9,1 avait dévasté une partie de la province d’Aceh, dans le nord de Sumatra, faisant cent soixante-huit mille morts. Plus de cinquante mille personnes furent ensuite emportées par le tsunami qui ravagea les côtes de la Thaïlande et du Sri Lanka et, à un moindre degré, celles de l’Inde et de la Birmanie.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Une sœur cadette du président révolutionnaire assassiné a créé la ferme Yelemani il y a six ans afin de promouvoir la production locale et le bio.
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Portrait

Blandine Sankara, l’agroécologie au cœur pour nourrir le Burkina Faso

Une sœur cadette du président révolutionnaire assassiné a créé la ferme Yelemani il y a six ans afin de promouvoir la production locale et le bio.

Par                                            Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance)




LE MONDE
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        Le 28.09.2018 à 13h05

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        Mis à jour le 28.09.2018 à 14h37






    
Blandine Sankara sur sa ferme Yelemani, à Loumbila, près de Ouagadougou, au Burkina Faso, en septembre 2018.
Crédits : Sophie Douce


« On est parti de rien, c’était vide ici, avant. » Au milieu de ses plantations de légumes, Blandine Sankara, port altier et longue robe mauve, nous guide sur les terres verdoyantes de sa ferme, à Loumbila, une commune rurale située à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Les plants de tomates, les pousses d’épinards et les fleurs de courgettes jonchent le sol, aux côtés d’aromates piqués dans des bouteilles plastiques recyclées.

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Difficile d’imaginer qu’il y a six ans, ce paysage se résumait à une étendue de sable et aux balanites, un arbre typique du Sahel, qui y trônaient. Et pourtant, Blandine Sankara, 51 ans, a dû se battre contre les caprices de ce sol aride. « Les anciens propriétaires, des cultivateurs, avaient abandonné la parcelle car elle était dégradée et trop pauvre. On nous disait qu’il serait impossible de semer », explique-t-elle. Mais Blandine Sankara, sœur cadette du défunt président révolutionnaire Thomas Sankara, n’est pas de celles qui abandonnent. Son ambition : rendre cette exploitation, de près de deux hectares, à nouveau fertile et y produire des légumes biologiques.
Respect de l’humain et de l’environnement
En 2012, elle commence à travailler sans relâche, avec l’aide de trente-quatre femmes recrutées dans le village voisin et formées par son association, Yelemani. Il leur faudra près de douze mois pour parvenir à dompter la terre, avec pour seules armes le zaï et la demi-lune, des techniques agricoles traditionnelles. « La tâche était très pénible. Une partie des femmes a abandonné, certaines n’y croyaient pas. C’est vrai que cette méthode prend du temps », reconnaît la fondatrice. Peu à peu, leur travail commence à porter ses fruits, la production augmente progressivement.

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« Quand Blandine est venue nous présenter son projet, je n’avais jamais entendu parler d’agroécologie. Je ne pensais pas que c’était possible, je me suis accrochée. Aujourd’hui je suis fière quand je regarde ce qu’on a réussi à créer », confie Jeanne Talato Savadogo, l’une des six dernières cultivatrices du site. Vente sur les marchés, formations agricoles, ateliers de sensibilisation dans les écoles et bientôt ouverture d’un restaurant, prévue pour la fin de l’année : la ferme de Yelemani (« changement » en langue dioula) s’impose désormais comme un centre d’expérimentation de l’agroécologie au Burkina Faso. « C’était ça mon rêve : valoriser nos produits locaux et amener les Burkinabés à s’y intéresser, tout en promouvant des méthodes agricoles respectueuses de l’environnement et de l’humain », indique la coordinatrice.
Agir pour la souveraineté alimentaire et rompre avec l’agriculture conventionnelle, l’idée a commencé à germer dans son esprit il y a une dizaine d’années, lorsque cette sociologue de formation suivait des études en développement à Genève. « Je ne pouvais pas croire qu’en Suisse on valorise le “local” et que chez moi on le dénigre, au profit de produits venus d’Occident », se rappelle-t-elle. Au cours de ces quatre années d’expatriation, une question la taraude : « Qu’est-ce que je pouvais apporter à ma patrie ? Je souhaitais changer les mentalités et amener les Burkinabés à croire en eux-mêmes. » Impensable pour Blandine Sankara d’abandonner sa terre natale. « Ma vie était au Burkina Faso, c’est ici que je pouvais apporter véritablement quelque chose. »

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De retour au pays en 2008, elle assiste aux « émeutes de la faim ». A l’époque, la flambée des prix des denrées alimentaires avait poussé des dizaines de milliers de manifestants dans les rues. « Pour moi, c’était la confirmation que l’on subissait les effets de la mondialisation. Je ne comprenais pas comment le Burkina, où plus de 90 % de la population vit de l’agriculture, pouvait encore dépendre des importations pour se nourrir », s’indigne-t-elle.
Peu après, elle tombe sur un livre de Pierre Rabhi, c’est le déclic. « C’était ça la solution : l’agroécologie ! » En 2009, Blandine Sankara se lance et crée Yelemani. Mais les débuts de ce projet atypique sont difficiles. « J’assurais toute seule les allers-retours entre Loumbila et Ouaga pour vendre mes légumes sur les marchés et à domicile. Les gens ne comprenaient pas tous ma démarche, ils ne voyaient que le prix. A l’époque, on entendait beaucoup moins parler de bio, on me disait que c’était utopique », se souvient-elle.
« J’aurais pu faire des choses avec lui »
Chez les Sankara, la combativité est une affaire de famille. Le grand frère de Blandine, Thomas Sankara, qui renomma la Haute-Volta Burkina Faso, le « pays des hommes intègres », peu après son arrivée au pouvoir, est le père de la révolution burkinabée de 1983. A l’époque, sa petite sœur, dixième d’une fratrie de onze, a tout juste 16 ans, « trop jeune pour entrer dans le combat ». Mais elle se souvient encore avec émotion de leurs discussions : « Il me demandait ce que je voulais faire plus tard, nous parlions de mon avenir. Vers la fin, je me souviens, il y avait cette lueur en lui, comme s’il avait senti que quelque chose pointait en moi. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que mes convictions étaient proches de celles de mon frère, de celles de la révolution, qui a marqué certainement mon parcours. C’est dommage, si j’avais été plus grande à ce moment-là, j’aurais pu faire des choses avec lui. »

    
A la ferme écologique de Blandine Sankara, à Yelemani, à Loumbila, près de Ouagadougou, au Burkina Faso, en septembre 2018.
Crédits : Sophie Douce


Aujourd’hui, Blandine Sankara, qui a repris la maison de son frère dans le quartier de Bilbalogo à Ouagadougou, n’hésite pas à battre le pavé de la capitale pour protester contre les projets d’introduction d’organismes génétiquement modifiés (OGM) dans le pays. Figure de la lutte contre Monsanto au Burkina, cette militante aguerrie, armée de son franc-parler, est également membre du collectif Balai citoyen, avec lequel elle a participé au soulèvement populaire de 2014 qui a entraîné la chute du président Blaise Compaoré.

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Se lancer dans une carrière politique ? « Soutenir l’indépendance alimentaire de mon pays, pour moi, c’est déjà faire de la politique », balaie-t-elle. Enième combat : celui pour « la vérité » sur la disparition mystérieuse de Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987, il y a plus de trente ans. « C’est lourd à porter, notre famille attend que justice soit faite pour pouvoir reprendre une vie normale. Tôt ou tard, la lumière sera faite », promet Blandine Sankara.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Des opposants au lâcher des deux ourses, décidé par le gouvernement, menacent de les abattre.
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Enquête ouverte à la suite de menaces d’opposants à la réintroduction de deux ourses dans les Pyrénées

Des opposants au lâcher des deux ourses, décidé par le gouvernement, menacent de les abattre.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 15h47
   





                        



   


Le discours des anti-ours se durcit dans les Pyrénees occidentales. A la veille du lâcher annoncé de deux ourses slovènes prévu samedi, le parquet de Pau a annoncé vendredi 28 septembre l’ouverture d’une enquête préliminaire, faisant suite aux intentions affichées d’opposants à la réintroduction des plantigrades d’attenter à leur vie.
Cette enquête, ouverte pour de « potentielles infractions de la chasse au regard des propos notamment repris dans la presse », a été confiée aux gendarmes d’Oloron-Sainte-Marie, a fait savoir Cécile Gensac, procureure de la République de Pau. Des associations de défenseurs des animaux avaient demandé, dans une lettre adressée au parquet, d’intervenir et d’engager des poursuites pénales.
Des réintroductions « antidémocratiques et antiécologiques »
« D’innombrables anonymes se sont transformés en guetteurs, souvent armés », avait prévenu mercredi Olivier Maurin, président de l’Association pyrénéenne pour le développement durable de l’identité des Pyrénées (Addip) sur Facebook, relayant un message de la Fédération transpyrénéenne des éleveurs de montagne (FTEM).
« La clandestinité des opposants est la réponse des montagnards à un ministre contraint de dissimuler les réintroductions d’ours tant elles sont antidémocratiques et antiécologiques », peut-on lire dans le communiqué, qui réclame d’attendre le vote de la « résolution pastoralisme-prédateurs » prévue au début d’octobre par le Sénat avant de procéder au lâcher des ourses.
Eleveurs, bergers et opposants à la réintroduction de deux ourses dans les Pyrénées n’ont jamais caché leur opposition à cette réintroduction annoncée le 20 septembre par le ministre de la transition écologique, François de Rugy.

Après des années de tergiversations, après des mois de concertations, j'ai décidé de donner le feu vert à la réintr… https://t.co/KeFAu3oFix— FdeRugy (@François de Rugy)


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Ce jour-là, quelque 200 opposants se sont rassemblés pour redire qu’ils refuseraient « par tous les moyens » la réintroduction des ourses.

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édition abonné


La Belgique de plus en plus proche du « black-out »

Le royaume redoute une pénurie d’électricité d’origine nucléaire au mois de novembre. Le gestionnaire du réseau envisage des coupures.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 11h36
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Trains à l’arrêt, industries au ralenti, soirées à la bougie : la perspective d’un « délestage » du réseau électrique belge en novembre du fait d’une probable pénurie qui forcerait à déconnecter le pays zone par zone durant plusieurs heures n’est plus exclue.
Invraisemblable en apparence, évoqué inutilement en 2014, le scénario a, cette fois, pris de la consistance depuis qu’Elia, la société gestionnaire du réseau à haute tension, a publié, mercredi 26 septembre, un communiqué très inhabituel. « Elia ne voit pas suffisamment de solutions qui pourraient résoudre complètement le problème. (…) Même si les marchés belge et international nous fournissent toute la capacité disponible, nous ne pouvons aujourd’hui exclure d’activer le plan de délestage », énonçait ce texte.
Il a conclu une journée loufoque, ponctuée par un débat parlementaire convoqué en urgence et diverses apparitions dans les médias de Marie-Christine Marghem, la ministre belge de l’énergie. Elle s’est voulue rassurante ; elle n’a fait que relancer les questions, au point que des éditorialistes réclamaient sa démission, jeudi.

Avec ses sept réacteurs nucléaires gérés par Electrabel, filiale d’Engie, le royaume semblait équipé pour éviter toute pénurie. Problème : du 20 octobre à la fin novembre, six d’entre eux seront à l’arrêt. Doel 1 et 2, en Flandre, connaissent des problèmes de tuyauterie. Des anomalies sur le béton des cuves – un problème évoqué de longue date et souvent minimisé – doivent être examinées à Doel 4, ainsi que Tihange 2 et 3, en Wallonie. Quant à Tihange 1, il doit faire l’objet d’une opération de maintenance. Seul Doel 3 sera donc à même de produire encore de l’électricité…
Contacts « fructueux »
Au total, la Belgique devrait donc trouver, d’une manière ou d’une autre, près de 5 000 mégawatts (MW) certains jours de novembre, surtout si une vague de froid survenait. Pour la suite de l’hiver, il manquerait 1 700 MW, car le pays...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Selon le centre américain des ouragans, il devrait s’approcher du nord de la péninsule ce week-end, avant d’être rétrogradé en tempête tropicale et de toucher terre lundi après-midi.
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L’ouragan Rose, au large des côtes mexicaines, classé en catégorie 4 (sur 5)

Selon le centre américain des ouragans, il devrait s’approcher du nord de la péninsule ce week-end, avant d’être rétrogradé en tempête tropicale et de toucher terre lundi après-midi.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 09h05
   





                        


Le National Hurricane Center (NHC – « Centre national des ouragans »), centre de prévisions météorologique sis en Floride, aux Etats-Unis, a passé vendredi 28 septembre en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson – qui en compte 5 – l’ouragan Rose, qui se trouve actuellement dans le Pacifique au large des côtes mexicaines.
Rose devient ainsi « le septième ouragan de catégorie 4 de la saison, avec des vents soutenus atteignant 230 km/h », a précisé le NHC. Il devrait s’approcher du nord de la péninsule ce week-end, avant d’être rétrogradé en tempête tropicale et de toucher terre lundi après-midi.
Vigilance
De fortes pluies et de puissantes vagues sont attendues dans le nord-ouest du Mexique et sur les côtes de la Californie, aux Etats-Unis.
Le Service météorologique mexicain (SMN) a appelé la population à la vigilance, avertissant de possibles « glissements de terrains » et « inondations ».
De fortes pluies avaient déjà frappé, ces derniers jours, les Etats de Michoacan (ouest) et de Sinaloa, plus au nord, faisant au moins une dizaine de morts et autant de disparus.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Trami devrait arriver ce week-end sur les îles principales de l’archipel. Le pays a déjà connu deux épisodes d’intempéries dévastatrices cet été.
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Un nouveau typhon menace le Japon

Trami devrait arriver ce week-end sur les îles principales de l’archipel. Le pays a déjà connu deux épisodes d’intempéries dévastatrices cet été.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 05h21
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 11h42
   





                        



   


Un puissant typhon, Trami, se dirigeait vendredi 28 septembre vers les îles de l’extrême-sud du Japon et devrait poursuivre sa route ce week-end vers les principales îles de l’archipel, déjà meurtri par des violentes précipitations cet été. Les autorités mettent en garde contre les risques liés au vent (hautes vagues en bord de mer, effondrement de constructions fragiles…) et aux pluies (inondations, glissements de terrain).
Trami, qui se déplace pour le moment plutôt lentement, va s’accélérer au fil des heures. Il est accompagné de vents soufflant en rafales à 162 kilomètres/heure au centre et à près de 220 km/h à la périphérie. Ce 24e typhon de l’année en Asie se trouvait vendredi matin au sud-est d’Okinawa, qu’il devrait toucher samedi.
Il est probable qu’il prenne ensuite la direction de Kyushu puis de l’île principale, Honshu, et balaye ainsi le Japon du sud-ouest au nord-est. « Il est prévu qu’il traverse le pays à vive allure, donc nous demandons à la population d’être extrêmement vigilante », a déclaré à l’Agence France-Presse une responsable de l’agence de météo nippone, Sakiko Nishioka. Les compagnies aériennes ont préventivement commencé d’annuler des vols.
Mur nuageux
Une image du typhon prise depuis la Station spatiale internationale (ISS) donne l’ampleur de la perturbation, qui au pourtour de son œil montre un véritable « mur nuageux ».
Un précédent typhon, Jebi, le 21e de l’année dans la région, avait tué plus de 10 personnes au début de septembre dans l’ouest de l’archipel, provoqué divers dégâts matériels et mis en péril l’aéroport d’Osaka (Kansai International Airport) construit sur une île artificielle en mer, en raison d’une montée du niveau de l’eau.
Deux mois auparavant des pluies records dans le sud-ouest avaient provoqué des inondations inédites et des éboulements, qui ont tué quelque 220 personnes, avant une vague de chaleur elle aussi meurtrière.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ L’exposition à ce pesticide très toxique va être reconnue comme une maladie professionnelle, a annoncé Emmanuel Macron lors d’une visite aux Antilles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/09/2018
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En Martinique, Macron qualifie la pollution au chlordécone de « scandale environnemental »

L’exposition à ce pesticide très toxique va être reconnue comme une maladie professionnelle, a annoncé Emmanuel Macron lors d’une visite aux Antilles.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 20h30
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 08h55
    |

            Cédric Pietralunga (Martinique, envoyé spécial)








                        



   


Pas question de faire l’impasse. Alors que l’arrivée du cyclone Kirk a bouleversé le programme de sa visite de quatre jours aux Antilles – les rassemblements en public ont été interdits par le préfet –, Emmanuel Macron n’a pas souhaité sacrifier la séquence consacrée au chlordécone, un pesticide toxique utilisé durant plus de vingt ans dans les bananeraies et qui a pollué pour des siècles les sols de la Guadeloupe et de la Martinique.
Arrivé tard, la veille, de New York, où il participait à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), le chef de l’Etat s’est rendu, jeudi 27 septembre, dans une ferme maraîchère de Morne-Rouge, une commune martiniquaise au pied de la montagne Pelée, où il s’est notamment entretenu avec des agriculteurs.

        Le décryptage :
         

          qu’est-ce que le scandale du chlordécone ?



« Un aveuglement collectif »
« La pollution au chlordécone est un scandale environnemental, a reconnu Emmanuel Macron après une courte visite sous des averses. C’est le fruit d’une époque désormais révolue, (…) d’un aveuglement collectif. » Accompagné de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, le président de la République a annoncé l’ouverture d’une procédure permettant de reconnaître l’exposition au chlordécone comme maladie professionnelle. « L’Etat doit prendre sa part de responsabilité », a-t-il dit.
Concrètement, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) devront rendre d’ici à mars 2019 un rapport permettant de dire à partir de quel niveau d’exposition les ouvriers agricoles qui furent employés dans les bananeraies pourront être pris en charge et indemnisés. Ensuite, les partenaires sociaux devront s’accorder sur les modalités et notamment sur le niveau de cette prise en charge. « On ouvre un processus de reconnaissance », a plaidé M. Macron.
Par ailleurs, il a annoncé une augmentation du budget consacré aux contrôles des aliments produits sur des terrains contaminés au chlordécone. Celui-ci sera porté à 3 millions d’euros d’ici à 2020, contre 2,1 millions d’euros actuellement.
En revanche, le locataire de l’Elysée a fermé la porte à l’hypothèse d’une indemnisation générale de la population antillaise, qui a été très largement exposée à la molécule. « Si je disais qu’on va indemniser tout le monde, c’est impossible même budgétairement et ce serait irresponsable », a-t-il déclaré. De la même façon, il s’est refusé à reconnaître le lien de cause à effet entre l’exposition au chlordécone et l’explosion du nombre de cancers de la prostate en Guadeloupe et en Martinique. « Il n’y a pas aujourd’hui de preuve scientifique établie », a-t-il dit, tout en ajoutant dans un « en même temps » acrobatique : « Ce qui est établi, c’est que ce n’est pas bon. »
Explosion du nombre de cancers de la prostate dans les Antilles
Conçu pour lutter contre le charançon du bananier, le chlordécone a été massivement utilisé dans les Antilles françaises entre 1972 et 1993. Classée cancérogène possible dès 1979 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la molécule ne sera pourtant définitivement interdite en France que le 30 septembre 1993.
Outre des effets sur le risque de prématurité et sur le développement cognitif et moteur des nourrissons, le chlordécone serait à l’origine de l’explosion du nombre de cancers de la prostate dans les Antilles françaises, qui détiennent en la matière un triste record du monde : 227,2 nouveaux cas pour 100 000 hommes y sont constatés chaque année.
Plus grave, la molécule a une durée de vie de plusieurs siècles et continue de se transmettre via les produits maraîchers cultivés sur place, faisant peser une épée de Damoclès sanitaire sur les quelque 800 000 habitants recensés dans les deux îles des Antilles françaises.
Aujourd’hui, on estime que 6 500 hectares de terres agricoles en Guadeloupe et 14 500 hectares en Martinique sont durablement pollués par ce perturbateur endocrinien. Selon une étude de Santé publique en France, dont les résultats détaillés doivent être publiés en octobre, la quasi-totalité des Guadeloupéens (95 %) et des Martiniquais (92 %) sont contaminés au chlordécone.
Pour Emmanuel Macron, le retard pris par la France pour retirer le chlordécone de la liste des produits autorisés sur le territoire national doit servir de leçon, alors que la question de l’interdiction du glyphosate d’ici à 2020 continue de déchirer la majorité. « Le président de la République fait le lien direct entre le chlordécone et d’autres molécules utilisées aujourd’hui », reconnaît-on à l’Elysée.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Le mandat d’Yves Bréchet s’achève à la fin du mois de septembre et le gouvernement n’a toujours pas nommé son successeur.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Tuberculose, jusqu’à quand ? (1). Le Kenya, durement touché par la maladie, a été le premier à introduire un traitement spécialement conçu pour les enfants.
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Reportage

Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile

Tuberculose, jusqu’à quand ? (1). Le Kenya, durement touché par la maladie, a été le premier à introduire un traitement spécialement conçu pour les enfants.

Par                                            Marion Douet (Nairobi, correspondance)




LE MONDE
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        Le 27.09.2018 à 18h30

     •
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        Mis à jour le 28.09.2018 à 19h38






    
John, 3 ans, souffrant de tuberculose, dans une clinique de Médecins sans frontières (MSF) à Nairobi, en mars 2015.
Crédits : TONY KARUMBA/AFP


Peu après leur premier anniversaire, début 2018, les jumelles de Catherine Karutha Nguli ont brusquement perdu du poids. « Elles sont tombées à 6 kg. Elles étaient maigres, maigres, maigres ! », angoisse encore la mère de quatre enfants. Sa silhouette longiligne disparaît dans la chambre, séparée du reste de la maison de terre par un drap bleu, et réapparaît en brandissant deux carnets de santé froissés. Par un point de stylo, les médecins ont marqué le poids des jumelles, Faith Kiko et Ann Mwenda, bien en dessous de la courbe recommandée.

        Présentation de notre série
         

          Tuberculose, jusqu’à quand ?



Mais, pendant deux mois, ils n’ont pas su lui en dire plus. « J’y suis allée beaucoup de fois. Comme elles avaient aussi de la fièvre et de la toux, ils ont prescrit des antidouleurs, des antibiotiques, des sirops, mais rien ne fonctionnait », poursuit cette habitante d’un village du comté d’Embu, au centre du pays. Finalement, un énième praticien propose d’essayer un traitement contre la tuberculose. « Je n’y aurais jamais pensé, j’y ai cru quand j’ai vu que ça marchait », lâche-t-elle.
Le diagnostic, un enjeu majeur
Au Kenya, comme dans tous les pays durement touchés par la tuberculose – au nombre de trente selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) –, le diagnostic est un enjeu majeur. Ainsi, la moitié des personnes infectées ignorent qu’elles le sont. Un phénomène lié au déficit de prévention et d’accès aux soins des familles touchées, souvent très pauvres.
De plus, le dépistage chez les enfants présente des difficultés particulières. « Pour détecter le bacille de la tuberculose, on prélève et on analyse les expectorations, explique Evelyne Kibuchi, responsable au Kenya de l’ONG Stop TB, installée à Nairobi. Or vous ne pouvez pas demander à un enfant, notamment un bébé, d’expectorer. En outre, les enfants sont souvent malades. Chez un bébé qui aurait de la fièvre, il est par exemple difficile de distinguer une tuberculose d’une grippe. »

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Le parcours du combattant ne s’arrête pas là. Longtemps, on a prescrit aux enfants le même traitement qu’aux adultes, soit, pour une tuberculose classique, plusieurs pilules différentes à avaler chaque jour. Pour pouvoir les administrer aux petits, « les parents devaient les couper, les écraser, prélever eux-mêmes la bonne dose puis la dissoudre dans de l’eau. C’était difficile à faire, et le goût était très amer, donc les enfants détestaient cela », rappelle Enos Masini, conseiller du bureau de l’OMS au Kenya pour cette maladie.
Cet ancien directeur du programme national de lutte contre la tuberculose (NLTP) a été l’artisan d’une petite révolution dans son pays. Sous sa houlette, Nairobi a focalisé sa stratégie sur les enfants, afin de contenir la maladie et sa propagation dès le plus jeune âge. C’est fin 2015, lors d’une conférence internationale au Cap, en Afrique du Sud, qu’Enos Masini assiste à l’annonce d’un nouveau traitement spécialement pensé pour les petits. Conçu par l’ONG TB Alliance et l’OMS, financé par Unitaid et l’Agence américaine de développement (USAID), le médicament se compose désormais d’une dose soluble unique, au goût de fraise.
Gratuité du traitement
Neuf mois plus tard, le pays d’Afrique de l’Est est le premier au monde à déployer ce traitement. « Au Kenya, nous sommes disposés à essayer de nouvelles choses rapidement et nous avions les compétences techniques nécessaires. Nous ne l’avons pas fait pour être les premiers, mais pour que les enfants kényans soient soignés », raconte par téléphone l’ex-directeur du NLTP, diplômé en chirurgie et en santé publique. Si le diagnostic reste difficile, le nouveau traitement a connu « un grand succès, dit-il, bien qu’aucun chiffre ne soit encore disponible. « Nous avons traité près de 20 000 enfants depuis 2016, mais pour avoir des mesures précises de ce succès, il faut attendre cinq ans », explique Enos Masini. Un chiffre peut toutefois donner l’ampleur de la tâche : rien qu’en 2016, sur 169 000 nouveaux cas déclarés, 22 000 étaient des enfants de moins de 14 ans.

        Episode 2
         

          A la poursuite des « cas manquants » de tuberculose dans les villages sénégalais



Dans son village, Catherine Karutha Nguli, la mère des jumelles, se dit satisfaite du produit, « même s’il n’était pas toujours facile de le donner aux bébés, qui parfois le vomissaient ». « Mais elles vont bien maintenant, elles ont repris du poids », dit-elle en jetant un œil aux deux fillettes. L’une joue avec un antique téléphone. L’autre, emmitouflée dans une polaire violette, semble encore fiévreuse. « Une allergie », selon leur médecin qui, après six mois de traitement, vient de les déclarer guéries.
Sans emploi, Catherine Karutha Nguli et son mari n’auraient pas eu les moyens de payer les 5 000 shillings (environ 42 euros) nécessaires au traitement. Sa gratuité dans les hôpitaux publics kényans a été décisive pour la survie des jumelles. C’est l’un des aspects phares du programme national de lutte contre la tuberculose, financé à environ 40 % par l’Etat et à 60 % par des dons extérieurs.
Accompagner les familles
Selon Enos Masini, de l’OMS, le combat porte ses fruits chez les enfants comme chez les adultes : « Il y a eu beaucoup de progrès ces dix dernières années. Plus d’un million de personnes ont été traitées. Mais il reste encore beaucoup à faire. » En 2016, 29 000 personnes sont mortes de la tuberculose, qui représente la quatrième cause de décès dans le pays.
De plus, le nombre annuel de nouveaux cas qui diminue, certes, mais trop lentement. « C’est une maladie de la pauvreté, il faut donc aller plus loin [que les traitements], poursuit Enos Masini. En ce sens, le Big Four Agenda [les quatre priorités définies par le gouvernement jusqu’en 2022 : accès au logement, santé universelle, sécurité alimentaire et industrie] est une bonne chose, car il permettra d’améliorer les conditions de vie des habitants. C’est comme cela que l’Europe a contrôlé la tuberculose dans les années 1950 et 1960. »

Sommaire de nore série Tuberculose, jusqu’à quand ?
Le Monde Afrique propose des reportages, portraits et entretiens sur le continent pour raconter le fléau qui tue plus que le sida.
Episode 2 A la poursuite des cas manquants de tuberculose dans les villages sénégalais
Episode 1 Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile
Présentation de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?


Un autre levier, note Stop TB, est de consacrer plus d’argent à la prévention et à la sensibilisation afin de réduire les risques de contagion, d’élargir le dépistage, mais aussi d’accompagner les familles face à la forte stigmatisation des malades, suspectés d’avoir le sida. Catherine Karutha Nguli l’avoue d’ailleurs avec sincérité : elle n’a jamais dit à ses voisins, sur qui elle compte beaucoup, pourquoi ses jumelles avaient perdu autant de poids.
Cet article fait partie d’une série réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.


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Qu’est-ce que le scandale du chlordécone, ce pesticide ultratoxique ?

En déplacement dans les Antilles, Emmanuel Macron s’exprime sur le scandale du pesticide ultratoxique qui empoisonne toujours la Guadeloupe et la Martinique.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 10h50
    |

                            Le Monde.fr








                        



Pour son quatrième déplacement outre-mer depuis qu’il a été élu président de la République, Emmanuel Macron est arrivé jeudi 27 septembre en Martinique. En compagnie de plusieurs ministres — Agnès Buzyn (santé), Annick Girardin (outre-mer), François de Rugy et Sébastien Lecornu (transition écologique) et Jacques Mézard (cohésion des territoires) —, le chef de l’Etat doit également se rendre en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy.
Cette visite de quatre jours du chef de l’Etat est notamment marquée par la question de la contamination au chlordécone — un pesticide ultratoxique utilisé massivement de 1972 à 1993 dans les bananeraies —, dont sont victimes la plupart des Guadeloupéens et des Martiniquais.

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          Chlordécone : les Antilles empoisonnées pour des générations



Ces dernières semaines, une contestation est apparue en Martinique pour dénoncer le coût du dépistage sanguin qui permet d’évaluer la contamination au chlordécone.
Qu’est-ce que le chlordécone ?
Interdit en France depuis 1990, le chlordécone a pourtant été utilisé dans les Antilles jusqu’en 1993 pour lutter contre le charançon du bananier, grâce à une dérogation. Mais les conséquences ont été désastreuses. Selon les résultats d’une étude de l’agence Santé publique France, rendus publics en janvier, « plus de 90 % de la population adulte » en Guadeloupe et en Martinique est contaminée par ce pesticide.
Vingt-cinq ans après son interdiction, le chlordécone, qui passe dans la chaîne alimentaire, distille son poison un peu partout. Pas seulement dans les sols, mais aussi dans les rivières, une partie du littoral marin, le bétail, les volailles, les poissons, les crustacés, les légumes-racines… et donc dans la population elle-même. Le pesticide peut ainsi persister près de sept cents ans dans les sols.

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          Affaire du chlordécone : « une honte d’Etat »



Le chlordécone est aussi fortement soupçonné d’augmenter le risque de cancer de la prostate, avec 227 nouveaux cas pour 100 000 hommes chaque année en Martinique, et 184 en Guadeloupe. Des taux deux fois plus élevés qu’en métropole.
Pourquoi la contestation des dépistages monte-t-elle ?
Au cours de l’été, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer le coût exorbitant des dépistages sanguins qui permettent de connaître pour chacun le taux de chlordécone dans le sang. Il faut débourser jusqu’à 140 euros pour faire le test, qui n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.

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Au début d’août, la fédération socialiste de la Martinique a lancé une pétition sur le site Change.org pour réclamer « un dépistage gratuit », qui a recueilli plus de 5 000 signatures.
« Aussi, afin qu’en pleine conscience, nous apprenions à vivre avec cet empoisonnement quotidien et pour accéder à ce droit légitime de la connaissance de notre intoxication, nous exigeons ne pas être en plus de victimes sanitaires, des victimes économiques. »
Signé par la première secrétaire de la fédération socialiste, Béatrice Bellay, le texte réclame « le remboursement de ce test pour tous, la mise en place d’une politique sanitaire massive et active de suivi médical des populations impactées et l’ouverture d’une enquête parlementaire ».
Qu’a prévu le gouvernement à propos du chlordécone ?
Quelques heures après son arrivée en Martinique, jeudi, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est rendu dans l’exploitation d’un agriculteur de Morne-Rouge, dans le nord de l’île, pour évoquer la pollution de ses terres par le chlordécone. A cette occasion le chef de l’Etat a annoncé que la France reconnaîtrait la réalité de ce scandale.
A la fin du mois de juin, lors de la présentation du « Livre bleu outre-mer », déclinaison de sa politique pour les territoires ultramarins, M. Macron avait déjà évoqué le sujet :
« Parler de la santé, c’est aussi parler des drames du passé et de nos responsabilités collectives, et sur le chlordécone, je serai clair pour dire que nous continuerons le travail avec lucidité et détermination, car on ne peut accepter les situations dans lesquelles nous sommes. »
A la fin de juillet, le ministère de l’agriculture a décidé de revoir les limites autorisées de présence dans les aliments de chlordécone et a demandé à l’Agence nationale de sécurité de l’alimentation et de l’environnement (Anses) de réévaluer les valeurs toxicologiques de référence, à la suite d’un recours déposé par une association guadeloupéenne devant le tribunal administratif de Paris. Un colloque sur l’état d’avancement des recherches sur le chlordécone est prévu du 16 au 19 octobre en Martinique et en Guadeloupe.

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