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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-1"> ¤ « Travailler beaucoup, s’amuser beaucoup : j’ai trouvé le bon équilibre », clame le pilote britannique mué en homme d’affaires, qui sera un peu plus scruté dimanche au Grand Prix de Russie.
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Formule 1 : Docteur Lewis, Mister Hamilton

« Travailler beaucoup, s’amuser beaucoup : j’ai trouvé le bon équilibre », clame le pilote britannique mué en homme d’affaires, qui sera un peu plus scruté dimanche au Grand Prix de Russie.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 18h00
    |

            Catherine Pacary








                        



   


C’est son autre vie. Et elle est chronophage. Au point que bon nombre d’observateurs se demandent si elle ne va pas finir par lui jouer un tour sur les pistes. Lewis Hamilton est, certes, d’abord un pilote de formule 1. Quadruple champion du monde, il domine encore la compétition cette année. Dimanche 30 septembre, il aborde plutôt le Grand Prix de Russie avec sérénité, à six courses de la fin de saison et avec 40 points d’avance sur son dauphin, Sebastian Vettel (Ferrari), qui doit l’emporter s’il veut rester dans la course pour la cinquième couronne.
Mais Hamilton est aussi un homme d’affaires : le Britannique a créé cette année une ligne de vêtements. Et, pour assurer le lancement de cette dernière, il s’est fait globe-trotteur. Et c’est cette double vie qui interroge : peut-il tenir ce rythme jusqu’à la fin de la saison ?
A la mi-septembre, juste avant le Grand Prix de Singapour, le quotidien britannique The Sun a fait les comptes : en l’espace de dix jours, Lewis Hamilton avait parcouru 40 000 kilomètres et passé cinquante-trois heures dans les airs — sans parler des décalages horaires encaissés.
Pour autant, à Singapour, l’une des courses les plus difficiles du calendrier — nocturne, moite et très chaude —, le Britannique a gagné, engrangeant ainsi sa 69e victoire. Tout juste a-t-il concédé « être allé au bout de [lui-même] ». Une photo le montre épuisé, jaillissant de son baquet en sueur, veines saillantes.
« Je suis très heureux. C’était une course physiquement très exigeante, déclarait-il à l’arrivée. Elle m’a paru vraiment longue, donc je suis soulagé que ce soit fini. Maintenant, j’ai hâte de prendre quelques jours de congé. » « Il n’y a pas eu un seul instant où je n’ai pas pensé au championnat », clamait encore l’intéressé dans l’Evening Times le 14 septembre.
Un avant et un après Mercedes
Lewis Hamilton n’a pas toujours été ce trentenaire paré de chaînes en or XXL autour du cou, casquette rose sur la tête et diamant dans le nez. C’est son départ de Mc Laren pour Mercedes, en 2012, qui l’a libéré. L’équipe anglaise lui imposait en effet une certaine rigueur et bridait ses activités hors F1. Mercedes va, elle, lui offrir la liberté. Lewis Hamilton y découvre le plaisir des virées en jet privé aux quatre coins de la planète, moments qu’il partage sans compter sur les réseaux sociaux.
Ce qui énerve périodiquement certains caciques de la F1. Face à eux, le patron de l’écurie allemande, Toto Wolff, monte au créneau systématiquement pour défendre celui qu’il considère comme le plus grand pilote de sa génération.
Le 27 octobre 2015, à Austin, alors que se profile déjà son 3e titre mondial (après 2008 et 2014), il tente ainsi de se justifier : « J’étais à Miami le week-end dernier et c’était tellement drôle. Travailler beaucoup, s’amuser beaucoup : j’ai trouvé le bon équilibre. » A l’époque face à lui, son coéquipier Nico Rosberg est tout son contraire, sérieux, appliqué. Toto Wolff doit gérer ses deux pilotes que tout oppose. « Il [Lewis Hamilton] voyage entre les courses, il tweete de partout. Il revient et il est en forme. Il faut lui donner cette liberté. C’est ce qui fait sa force. Certains font totalement différemment. Ils s’entraînent tous les jours, ils se concentrent. Mais Lewis est comme il est. » Lewis Hamilton remporte le championnat, devant l’Allemand — l’année suivante, ce sera l’inverse.
Cette saison, Lewis Hamilton est auréolé d’un quatrième titre mondial, mais sans victoire à l’issue des trois premiers Grand Prix, et la critique a d’abord changé de registre. On dit le champion de Mercedes démotivé, la tête ailleurs. Lewis Hamilton s’est découvert un hobby, la musique. Il a appris à jouer du piano. Et il nourrit, donc, une passion pour la création de vêtements.
« Les nouvelles vont vite de nos jours, s’amuse Toto Wolff après le Grand Prix de Shanghaï, à la mi-avril. On oscille entre l’exubérance et la déprime. (…) Quand les choses ne vont pas dans la bonne direction, c’est la fin du monde, et quand on gagne deux courses de suite, c’est la domination totale de Mercedes qui détruit la F1. Peut-être qu’il y a un juste milieu. Il y a eu trois courses que nous n’avons pas pu gagner, c’est un fait. Mais je vois toujours la flamme et le désir de gagner chez Lewis. »

Visions in Shanghai 🔥#TommyXLewis @TommyHilfiger https://t.co/QO3pSXpdoh— LewisHamilton (@Lewis Hamilton)


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Six mois pour finaliser son nouveau contrat
En coulisse, pourtant, les négociations pour le renouvellement de son contrat, qui se termine en 2018, patinent. En mai, fort de deux victoires à l’abord du Grand Prix de Monaco, Lewis Hamilton assure au Monde qu’il ne s’agit que d’une « formalité ». Il n’empêche. Ses activités parallèles inquiètent en haut lieu. Il faudra six mois pour finaliser l’accord. Le 19 juillet, Lewis Hamilton est prolongé pour deux ans. Toto Wolff a convaincu qu’il contrôlait la bête de course.
Une fois encore, le Britannique était à la limite, le 16 septembre, à Singapour. Mais une fois encore, Toto Wolff a volé à son secours en conférence de presse : « Depuis six ans, j’ai entendu des gens me demander comment je pouvais autoriser Lewis à voler autour du monde. Vous savez quoi ? Il l’a fait de la manière la plus extrême lors des dix derniers jours. (…) Et il a finalement tout déchiré ici. (…) Il sait ce qui est bon pour lui. » Rendez-vous dimanche à Sotchi. Pour voir si la recette fonctionne toujours.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-2"> ¤ La Néerlandaise de 28 ans a assis sa domination du cyclisme féminin en s’imposant très largement à Innsbrück, remportant le seul titre qui lui manquait.
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Anna Van der Breggen en démonstration au championnat du monde de cyclisme

La Néerlandaise de 28 ans a assis sa domination du cyclisme féminin en s’imposant très largement à Innsbrück, remportant le seul titre qui lui manquait.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 17h11
   





                        



   


Il ne lui manquait que ce maillot arc-en-ciel pour compléter son palmarès : la Néerlandaise Anna Van der Breggen l’a conquis avec style, samedi 29 septembre à Innsbrück (Autriche), en plaçant son attaque décisive à 40 kilomètres de l’arrivée.

👏 @annavdbreggen is our 2018 Women Road World Champion 🌈 Masterclass from the Dutch @Olympics Champion!… https://t.co/tPNHvg40pd— UCI_cycling (@UCI)


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L’Australienne Amanda Spratt a pris la médaille d’argent à près de quatre minutes. Enfin, l’Italienne Tatiana Guderzo, elle aussi en solitaire, a franchi la ligne en troisième position à cinq minutes et 26 secondes. C’est l’écart le plus important pour un championnat du monde féminin depuis 1989.
Cette année-là, à Chambéry, Jeannie Longo s’était imposée devant sa compatriote Catherine Marsal. Les Françaises ont été bien plus discrètes à Innsbrück : Edwige Pitel, la doyenne de l’équipe à 51 ans, est la première d’entre elles avec une 38è place finale.

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Domination écrasante
Déjà championne olympique et d’Europe en 2016, Van der Breggen règne sur le circuit féminin et a remporté toutes les courses qui comptent, notamment le Tour d’Italie, le Tour des Flandres ou Liège-Bastogne-Liège.
Les Pays-Bas confirment leur domination écrasante du cyclisme féminin puisque l’an passé, sa compatriote Chantal Blaak s’était imposée à Bergen (Norvège) et que mardi, les Néerlandaises ont réalisé le triplé sur le contre-la-montre : Van der Breggen avait pris la médaille d’argent, battue par Annemiek Van Vleuten.
Sur le redoutable parcours d’Innsbrück, le plus dur sans doute depuis Duitama en 1995, Van der Breggen a distancé sa dernière rivale Amanda Spratt dans la portion la plus difficile du parcours. Elle venait tout juste de rejoindre, en solitaire, une échappée d’outsiders et a ensuite creusé régulièrement l’écart, imperturbable dans son long contre-la-montre. Ce n’est qu’à 100 mètres de la ligne qu’elle a relevé la tête et fondu en larmes.

🇳🇱 @annavdbreggen drops @AmandaSpratt 💥
— UCI_cycling (@UCI)


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Les Pays-Bas prennent la tête du classement des médailles de ces championnats du monde avec trois titres, tous obtenus dans les catégories féminines.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-3"> ¤ Sur le très exigeant parcours autrichien du championnat du monde, dimanche, l’équipe de France disposera de trois atouts avec Romain Bardet, Thibaut Pinot et surtout Julian Alaphilippe, dont le marquage pourrait profiter à ses coéquipiers.
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Cyclisme : Julian Alaphilippe au cœur de la stratégie française au Mondial

Sur le très exigeant parcours autrichien du championnat du monde, dimanche, l’équipe de France disposera de trois atouts avec Romain Bardet, Thibaut Pinot et surtout Julian Alaphilippe, dont le marquage pourrait profiter à ses coéquipiers.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 16h00
    |

                            Alexandre Pedro








                        



   


Les grimpeurs ont coché la date depuis un moment. L’occasion est trop belle, trop rare pour eux. Le malheureux Alberto Contador l’a attendue en vain en quatorze ans de carrière. Depuis la fin des années 1990, les parcours du championnat du monde de cyclisme sur route servent surtout puncheurs et sprinteurs. Dimanche 30 septembre à Innsbruck (Autriche), le menu donnera dans le pentu et le brutal. Un dénivelé total de 4 670 m, un premier col de 3 km avec une pente moyenne à 10 % pour la mise en bouche, un autre digne d’un 2e catégorie sur le Tour de France à avaler sept fois et une montée finale de 2,8 km à 11,5 %, située à 7 km de l’arrivée : les organisateurs ont exploité au maximum le relief local pour ce parcours de 252,9 km.
Alléchés par ce menu tyrolien, Thibaut Pinot et Romain Bardet se sont très tôt portés candidats pour endosser le rôle de leader protégé de l’équipe de France. Mais un troisième homme a déboulé tel un chien dans un jeu de quilles et bouleversé les plans de Cyrille Guimard. « Je n’aime pas le terme de “leader”, mais Alaphilippe sera par obligation le fil conducteur de l’équipe », laisse entendre le sélectionneur.

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Peut-il en être autrement ? A défaut d’être un grimpeur né, Julian Alaphilippe a démontré lors du dernier Tour de France qu’il digérait bien les cols (maillot à pois de meilleur grimpeur, deux étapes remportées en montagne) et sans perdre pour autant son explosivité.
Médaillé de bronze en 1999 à Vérone (Italie), Jean-Cyril Robin vote sans hésitation pour le coureur de Quick-Step. « Même sur des circuits présentés pour des grimpeurs, ce sont des puncheurs qui tirent le plus souvent leur épingle du jeu, car, même si elles se répètent, les montées n’ont rien à voir avec des longs cols. » Romain Bardet a admis cet état de fait dans un entretien pour « Stade 2 » : « Julian est le favori sur ce type de parcours. »
« Je suis peut-être chauvin, mais, pour moi, Alaphilippe est le plus fort en ce moment », assure Charly Mottet, sélectionneur en 1997 lors du titre de Laurent Brochard, le dernier pour un Français. En poste entre 2004 et 2008, Frédéric Moncassin taille aussi un costume de favori au garçon de 26 ans. « Alaphilippe a tout pour lui en ce moment : forme, confiance, sens de la course. »
Trahisons et coups tordus
Difficile alors de ne pas se rallier au panache blanc du cycliste aux 12 victoires cette année et qui sort d’un triptyque gagnant sur la Clasica San Sebastian, le Tour de Grande-Bretagne et celui de Slovaquie. Le plan de course serait déjà entendu : amener Alaphilippe bien au chaud au pied de la dernière difficulté avant de laisser son punch et ses talents de descendeur parler pour décrocher le maillot arc-en-ciel.
Sauf qu’un championnat du monde se gagne autant avec la tête qu’à la force des mollets. Et mieux vaut disposer d’un plan B. Voire d’un plan C. « C’est une course passionnante et imprévisible, explique Charly Mottet, médaillé d’argent en 1986. Il y a cette notion d’équipe nationale, la tactique et la cohésion d’équipe entrent en compte aussi. » 
Avec son trio Alaphilippe-Bardet-Pinot et un Tony Gallopin en joker après son excellent Tour d’Espagne, l’équipe de France dispose de plusieurs cartes. « Encore faut-il savoir les jouer au bon moment, prévient Jean-François Bernard, 10e en 1992. Dans le dernier tour, si on se retrouve avec trois Français, il faudra que deux d’entre eux se sacrifient. Mais les choses doivent être claires et dites dans le discours avant la course. » 
Voilà pour la théorie, dans la pratique les stratégies peuvent être sacrifiées sur l’autel des ambitions individuelles. L’histoire des championnats du monde s’est aussi écrite avec le sang des trahisons et des coups tordus entre coéquipiers.
A Florence, en 2013, Alejandro Valverde et Joaquim Rodriguez avaient offert une version espagnole de Petits meurtres entre amis pour offrir sur un plateau le titre au Portugais Rui Costa. En 1963, le modeste Belge Benoni Beheyt avait « trahi » son leader, Rik Van Looy, qui, rancunier, usa de son influence pour punir l’impudent pendant la suite de sa carrière.
La France n’échappe pas à ces bisbilles. En 1989, à Chambéry, Laurent Fignon oublie qu’il porte la même tunique bleue que Thierry Claveyrolat et condamne l’échappée de l’Isérois dans les derniers kilomètres.

Bardet et Pinot pour aller dans les échappées
Charly Mottet veut croire que les protégés de Cyrille Guimard ne vont pas se courir les uns sur les autres. « Il s’agit d’une question d’honnêteté intellectuelle. Il faut que tout le monde accepte et respecte son rôle. Les Français sont des bons mecs qui se connaissent et se respectent. »
Jean-Cyril Robin nuance et exhume l’épisode de Mende sur le Tour 2015 : « Pinot et Bardet se sont enterrés ce jour-là pour laisser l’étape à Cummings. Ils sont de la même génération et sont rivaux depuis les Espoirs. » 
Si un Julian Alaphilippe peut attendre les derniers kilomètres avant de sortir de boîte ou même l’emporter dans un sprint en petit comité, les deux grimpeurs pourraient avoir pour mission d’anticiper. « Ce n’est pas impossible que la bonne échappée parte de loin, avance Mottet. Et il faudra que Bardet ou Pinot soit présent. »

   


Dans ce cas de figure, la présence de l’épouvantail Alaphilippe à l’arrière sera un avantage. Frédéric Moncassin imagine le scénario : « Ils pourront dire “moi, je ne roule pas j’ai Alaphilippe derrière” et ils pourront faire de la patinette jusqu’à l’arrivée pour économiser leurs forces. »
Jean-Cyril Robin pousse plus loin la démonstration tactique. « Il n’y a jamais de gros écarts dans un mondial, Alaphilippe peut sortir seul ou avec un coureur pour revenir sur l’échappée où se trouvera déjà un ou deux Français pour se retrouver en surnombre. »
Alaphilippe, le Jalabert de 1997 ?
Un puncheur protégé, deux grimpeurs en liberté, cinq équipiers et pas mal de possibilités… Adepte d’un cyclisme sur tableau noir, Cyrille Guimard devrait se régaler. « Avec les atouts qu’il a, j’ai chambré Cyrille en lui disant que s’il ne gagnait pas cette année, il pouvait rendre son tablier », dit Jean-François Bernard amusé. 

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Lors des deux dernières victoires françaises, le poids de l’équipe avait fait la différence. En 1997, Laurent Brochard avait profité du marquage de Laurent Jalabert, grand favori sur le circuit de San Sebastian. « La veille, j’avais dit à Brochard qu’il pouvait être champion du monde, témoigne Charly Mottet, que Jalabert serait marqué, mais qu’il devait d’abord faire son travail d’équipier. » 

Trois ans plus tôt à Agrigente, Richard Virenque avait eu la naïveté d’annoncer son attaque à venir à Luc Leblanc qui lui avait grillé la politesse pour triompher en Sicile. « On court peut-être en équipe, mais il n’y a qu’un maillot et celui qui l’a porté pendant un an, c’était Leblanc », rappelle Jean-François Bernard.
Pour évoluer chez Quick-Step (et ses 69 victoires en 2018), Julian Alaphilippe sait qu’on peut gagner ou faire gagner un coéquipier grâce à la force du nombre. Et si c’était la chance de ses coéquipiers grimpeurs, Thibaut Pinot et Romain Bardet, dimanche dans le Tyrol ?



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-4"> ¤ Avec Neymar et Nkunku, Paris se dirige vers une 8è victoire consécutive en ouverture du championnat. Le Niçois Wylan Cyprien a été expulsé après une faute sur Neymar, qui saigne de la bouche.
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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-5"> ¤ L’Américain Tiger Woods, associé cette fois à son compatriote Bryson DeChambeau, a perdu sa troisième rencontre en deux jours
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Ryder Cup : l’Europe mène 10 à 6 face aux Etats-Unis

L’Américain Tiger Woods, associé cette fois à son compatriote Bryson DeChambeau, a perdu sa troisième rencontre en deux jours



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 14h34
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 18h22
   





                        



   


A l’issue des huit premiers matchs de double, disputés en format « fourballs », L’Europe a creusé l’écart, samedi 29 septembre. Le vieux continent mène désormais 10 à 6 face aux Etats-Unis dans la Ryder Cup 2018, qui se tient à Saint-Quentin-en-Yvelines (78).
Samedi, les deux équipes ont chacune remporté deux matches parmi les quatre joués samedi après midi en format « foursomes », dans lequel les joueurs frappent chacun leur tour la même balle.
« Mollywood »
L’Américain Tiger Woods, associé cette fois à son compatriote Bryson DeChambeau, a perdu sa troisième rencontre en deux jours, toujours face à l’Italien Francesco Molinari et l’Anglais Tommy Fleewood, qui ont deux déjà ramené quatre points à l’Europe. Le duo, qui a gagné le surnom de « Mollywood » ce week-end, a l’occasion d’écrire l’histoire séparément, en remportant son simple dimanche : jamais aucun joueur européen n’a engrangé cinq points sur cinq possibles au cours d’une édition de la Ryder Cup.

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Dans les autres matches de l’après-midi, l’Anglais Justin Rose et le Suédois Henrik Stenson ont battu Dustin Johnson et Brooks Koepka. L’Espagnol Sergio Garcia et le Suédois Alex Noren se sont inclinés contre Bubba Watson et Webb Simpson. Enfin, le Nord-Irlandais Rory McIlroy et l’Anglais Ian Poulter ont été dominés par Jordan Spieth et Justin Thomas.
L’Europe en position de force
Menés par Jim Furyk, les Etats-Unis, qui n’ont pas gagné sur le sol européen depuis 1993, soit cinq éditions, abordent le dernier jour dans une situation peu favorable. Les joueurs européens tenteront de confirmer leur bonne forme du moment lors de la dernière journée de la compétition dimanche, où douze simples sont prévus. L’Europe et son capitaine, le Danois Thomas Björn, peuvent se contenter de quatre victoires et d’un nul pour récupérer le trophée, perdu en 2016 à Hazeltine (Minnesota) sur le score de 17 à 11.
Pour la première fois en quarante-deux éditions, la plus prestigieuse compétition de golf par équipes se déroule en France. C’est aussi la première fois que ce rendez-vous bisannuel, qui oppose les douze meilleurs golfeurs européens à leurs homologues américains, se dispute sans aucun golfeur du pays qui l’accueille.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤ Pour la première fois en 42 éditions, la plus prestigieuse compétition de golf par équipes se déroule en France, à Saint-Quentin-en-Yvelines.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

A la Ryder Cup, un public loin du monde policé du golf

Pour la première fois en 42 éditions, la plus prestigieuse compétition de golf par équipes se déroule en France, à Saint-Quentin-en-Yvelines.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h48
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 15h22
    |

            Adrien Pécout








                        



   


Sans souci du qu’en-dira-t-on, voilà des jeunes qui crient en public. Oh, rien de bien méchant : « Ohé, ohé, ohé ! » Un peu plus loin dans la foule, d’autres reprennent en écho. Puis d’autres encore, prêts à trinquer, canettes de bière en main, déguisement en évidence : short bleu étoilé, casquette à l’avenant, et veste jaune. Des moments comme il s’en produit seulement tous les deux ans, dans le petit monde policé du golf, à chaque Ryder Cup.
Malgré ses inscriptions en anglais (parfois sans traduction), malgré ses prises électriques anglaises, malgré ses camions d’alimentation anglaise, le célèbre match Europe – Etats-Unis a bien lieu en France cette année. Pour la première fois de son histoire en quarante-deux éditions, la compétition a élu pour terrain de jeu le Golf national de Saint-Quentin-en-Yvelines, de vendredi 28 à dimanche 30 septembre.
Jolie occasion, presque ontologique, de mieux comprendre le public d’une Ryder Cup. « Ici, par exemple, tu peux te déguiser en Bananaman », résume Baz Robinson, 38 ans, spectateur effectivement vêtu aux couleurs du héros de BD britannique. Le Londonien travaille normalement dans la finance. Sauf cette semaine, où il a pris des congés en vue du « meilleur week-end de l’année ».

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« On peut soutenir une équipe »
Venu en groupe, l’Anglais a déjà deux Ryder Cup derrière lui : une en Ecosse (2014), l’autre au pays de Galles (2010). « Dans cette compétition, enfin, on peut soutenir une équipe, contrairement aux tournois individuels du Grand Chelem, plus traditionnels, plus vieille école. »
Là, il s’agit de prendre parti. Si possible bruyamment, mais entre chaque coup, pour ne pas troubler la quiétude du golfeur. Soit pour l’Europe (« Europe ! Europe ! », voire, plus rare, « Allez les Bleus ! »), soit pour les Etats-Unis (« USA ! USA ! »).
Le choix de Baz Robinson est vite fait : va pour l’Europe, dont le drapeau a opportunément les mêmes couleurs que Bananaman. Pour chacun des trois jours de compétition, le Golf national devrait accueillir au moins 51 000 spectateurs, affluence digne d’un stade de football. Parmi eux : 40 % de Français, entre 15 % et 18 % d’Américains… mais aussi 35 % de Britanniques, les dernières places se répartissant entre le « reste du monde », selon Pascal Grizot, vice-président de la Fédération française de golf.
Voir autant d’Anglais sur le pré yvelinois est une expérience amusante, alors que le Royaume-Uni s’apprête à quitter dans un an l’Union européenne. « Moi, je ne veux pas du Brexit », précise M. Robinson, qui refuse cependant de voir dans la Ryder Cup une affaire politique. « Le sport dépasse la politique ! »
On pourrait marcher longtemps pour continuer le référendum. Aller jusqu’à la tribune démontable de plus de 6 000 places ; s’étendre à même le sol le long d’un parcours ; se tenir droit, jumelles au cou ; voire tenter une incursion dans l’espace réservé aux proches des joueurs (« Player family dining »).
150 euros minimum la journée
A Saint-Quentin-en-Yvelines, le public regarde aussi beaucoup la télévision. Du moins, les écrans géants qui retransmettent en direct l’avancée de tel ou tel joueur. Plusieurs parties se déroulent simultanément, alors il faut tendre l’oreille : si du bruit est perceptible à tel endroit du parcours, c’est qu’il s’y est passé quelque chose.
« La Ryder Cup casse les codes du golf », résume un spectateur français, Clément Gauthier, 35 ans. Cet analyste de marché vient des Hauts-de-Seine. Ses amis de l’Essonne, des Yvelines et de la Marne, l’un d’eux portant à la main un drapeau européen, distribué dans les gradins. « Ici, même nous, on peut se mettre à encourager des Anglais, alors que, bon, on ne peut pas dire qu’on soit leurs premiers supporteurs normalement. » 

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Pour Megan et Jamie Jones, mère au foyer et commercial, plus long fut le déplacement. Avec deux amis, ces trentenaires ont pris un vol des Etats-Unis. Reconnaissable à ses sweats aux couleurs de la bannière américaine, le groupe a réservé cinq nuits dans un hôtel « près des Champs-Elysées ». A plus d’une heure du Golf national, où il se rend tous les jours.
Prix minimum des billets, selon les tarifs des organisateurs : 150 euros à l’unité pour la journée de vendredi, 160 euros pour celle de samedi et 175 euros le dimanche. Pour populariser le golf et l’ouvrir au public le plus large possible, on repassera.
« Ceux qui ont acheté des billets sont déjà des passionnés de golf, concède Pascal Grizot. Pour les non-golfeurs, on espère surtout les convertir à travers les émissions et les retransmissions télé. » En France, c’est la chaîne cryptée (et payante) Canal+ qui retransmet en exclusivité les trois jours de compétition.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-7"> ¤ Dix ans après sa création, l’enseigne discount aligne 150 000 abonnés. Son concurrent, CMG Sports Club, licencie 40 % de ses effectifs au sein de son siège social.
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édition abonné


Neoness accélère la chute de CMG Sports Club, pionnier des salles de fitness

Dix ans après sa création, l’enseigne discount aligne 150 000 abonnés. Son concurrent, CMG Sports Club, licencie 40 % de ses effectifs au sein de son siège social.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 11h24
    |

                            Juliette Garnier








                        



                                


                            

Neoness prend du muscle. Depuis fin août, l’enseigne de salles de sport à prix plancher propose à tout nouvel abonné de lui reverser 1 euro à chaque fois qu’il vient s’entraîner dans un de ses établissements. La formule dite Training plus représente « 60 % de nos nouveaux abonnés », se félicite Marie-Anne Teissier, cofondatrice de Neoness, avec Céline Wisselink. Cette proposition de cashback pour un abonnement mensuel de 30 euros séduit ceux qui, de retour de vacances, prennent pour bonne résolution de se mettre au sport.
Fondée en 2007 par deux anciennes cadres de l’UCPA, l’enseigne (39 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017) accélère ainsi sa conquête de part de marché. En dix ans, elle a trouvé son public. Neoness revendique déjà 150 000 abonnés. A la tête de 31 établissements, dont 25 en Ile-de-France, Neoness a ouvert une dizaine de salles en deux ans. Toutes sont sous le même format low cost : 1 000 à 2 000 m² pour un plateau de machines de musculation en libre-service, une salle de cours collectifs assurés par des coachs et des vestiaires aux douches payantes.
Et toutes les salles Neoness sont à des emplacements de second rang que l’enseigne loue à moindre coût. En complément, fin octobre, la société (400 salariés) a lancé une nouvelle enseigne, Episod, destinée à une clientèle argentée qui préfère un lieu plus chic et plus intimiste pour pratiquer de la « boxe, du cycling, du yoga ou du functional training », explique Mme Teissier. Trois studios Episod ont été inaugurés dans la capitale, dont un dans le quartier de la Bourse.
CMG Sports Club ne cesse de perdre des adhérents, échaudés par ses tarifs à partir de 75 euros par mois
A Paris, son offensive fait transpirer son concurrent, CMG Sports Club. Pionnier des salles de fitness exploitées dans Paris depuis 1979, d’abord sous la marque Gymnase Club puis Club Med Gym, la chaîne parisienne traverse une crise sans précédent....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-8"> ¤ A Innsbrück, les championnats du monde renouent avec la montagne pour la première fois depuis la Colombie, en 1995. Souvenirs d’une course infernale.
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Cyclisme : Duitama, Mondiaux de tous les excès

A Innsbrück, les championnats du monde renouent avec la montagne pour la première fois depuis la Colombie, en 1995. Souvenirs d’une course infernale.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 07h39
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 09h53
    |

            Clément Guillou








                        



   


« C’était un peu space. » L’affaire remonte à vingt-trois ans, et la Française Cathy Marsal ne garde plus trop de souvenirs de sa semaine de championnat du monde à Duitama, province de Boyaca, Colombie. Tout juste est-elle en mesure de dire qu’elle ne ressembla à rien de ce qu’elle avait connu auparavant, et à rien de ce qu’elle connut ensuite.
Octobre 1995 : le cadavre de Pablo Escobar est encore chaud, le cartel de Cali vient d’être démantelé, et les FARC livrent une guerre de harcèlement à l’armée colombienne. Alors, pourquoi ne pas organiser un championnat du monde de cyclisme ? La sécurité peut certes poser problème, mais c’est pour le gouvernement l’occasion de montrer la Colombie sous un jour plus favorable.
Les façades ont été repeintes, les drapeaux suspendus aux fenêtres et du gazon planté sur les bas-côtés du parcours. « Les assassinats et les narcotrafiquants passent un temps au second plan, écrit alors Benoît Hopquin, envoyé spécial du Monde. La Colombie voulait démontrer au monde qu’elle n’était pas seulement cela. Sans doute avait-elle également besoin de se le prouver à elle-même. »
Dans ce pays où les coureurs cyclistes, les « escarabajos » (« scarabées »), ont le statut d’idole, on compare l’engouement populaire à la venue du pape Jean Paul II, en 1983. La province de Boyaca est la patrie des cyclistes colombiens, à l’époque comme aujourd’hui. La côte du circuit des championnats du monde, un chemin de chèvres bitumé à la hâte, passe devant la ferme familiale d’Oliverio Rincon, dont le peuple colombien attend qu’il revête le premier arc-en-ciel de l’histoire pour un Sud-Américain. Rincon fait le guide pour la presse européenne : « Ici, le luxe se ramène à une maison en briques, une vache, un cochon et un chien pour monter la garde. » 
El Cogollo, littéralement « le cœur » de la montagne, c’est six kilomètres d’ascension avec des passages à près de 9 %, à répéter quinze fois pour les hommes, sur un parcours de 265 kilomètres. Suisses et Colombiens ont demandé de le raccourcir, mais l’Union cycliste internationale a tenu bon. L’Equipe promet « le Mondial le plus effrayant de l’histoire ». Pire que la montée, il y a la descente vers Duitama, raide et technique, des pointes à plus de 100 km/h pour les plus inconscients.
Du vélo à 2 900 mètres d’altitude

   


Tout cela serait acceptable sur le plancher des vaches, mais Duitama est dans les nuages, à 2 550 mètres d’altitude. La ferme de Rincon, au sommet d’El Cogollo, est à 2 900 mètres. Certains, comme Miguel Indurain ou une partie de l’équipe de France, ont tenté de s’habituer à l’air raréfié avec un stage de trois semaines dans le Colorado, mais en arrivant à Duitama, chacun a le souffle coupé. « Le premier jour, se souvient Lylian Lebreton, on part reconnaître le parcours et un mec avec un vélo pourri, en claquettes, arrive à me suivre tellement je n’avance pas. Je me suis dit : “Si tu ne t’adaptes pas plus vite à l’altitude, tu es mal barré.” »
Cathy Marsal ne garde de Duitama « qu’une sensation de brûlure partout, jusqu’aux oreilles. On est dans une zone un peu bizarre où le corps est chaud et les jambes ne répondent pas ». Jusqu’au jour de la course, qu’elle termine deuxième, derrière Jeannie Longo.

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Est-ce l’altitude ou ce parcours dément ? Plusieurs vainqueurs potentiels, six des dix premiers mondiaux, n’ont pas fait le déplacement. Tony Rominger, Lance Armstrong, Johan Museeuw… et le champion du monde sortant, Luc Leblanc, ainsi que celui qui aurait pu lui succéder, Laurent Jalabert. Les questions de sécurité, aussi, ont pu jouer. En témoigne cette phrase de Richard Virenque, leadeur des Bleus, une fois sur place : « Je regrette d’avoir écouté tout ce qui se racontait sur ce pays et son insécurité. En vérité, toute la Colombie nous prépare un spectacle grandiose. » 
Vingt-trois ans plus tard, les souvenirs de ses coéquipiers ne témoignent pas d’une parfaite tranquillité. « On est arrivés à Duitama dans un coucou où l’on rentrait juste nous et le staff, raconte Lylian Lebreton, 23 ans à l’époque. On atterrit sur une piste ridicule, et là deux rangées de militaires nous attendent à la sortie de l’avion, les armes au poing, pour nous amener à l’hôtel. » « Quand on est arrivé à l’hôtel, complète Laurent Roux, on nous a ordonné de ne pas sortir de l’enceinte. Les nuits étaient très impressionnantes, on entendait comme des détonations de bombe. » Lebreton a plutôt souvenir des « coups de feu » de la nuit de Bogota, « qui mettaient de suite dans l’ambiance ».
Un garde du corps armé pour l’entraînement
A l’entraînement, les cyclistes sont accompagnés par un garde armé. « Et on se dit que s’ils sont là, il y a une raison », dit Cathy Marsal. Les sorties d’entraînement sont permises sur une route unique, sécurisée sur une cinquantaine de kilomètres, que les équipes parcourent aller-retour. « A un certain point, le garde nous demandait de faire demi-tour : au-delà, c’était dangereux », se souvient Lebreton.
Les efforts du gouvernement ont porté leurs fruits : aucun incident ne sera signalé durant les championnats, suivis malgré la pluie par une foule considérable et bruyante. Aucun chien n’a provoqué de dégât majeur, après que de nombreux animaux ont été abattus au cours des semaines précédentes ou raflés par la SPA locale. Aucun chauffard n’a renversé de coureur, après que la radio, principal média d’information, a diffusé abondamment des messages de prévention. Sur les bords du parcours, une multitude de croix en bois rappelle que les accidents de la route sont un fléau colombien.

Les participants au Mondial ont même fait honneur aux spécialités locales. Posé sur son tracteur — il s’est reconverti dans l’agriculture —, Laurent Roux s’autorise cette unique confession : « Ma spécialité locale, je l’ai encore autour du cou. Malgré l’interdiction, on avait monté une escapade à plusieurs dans un 4 × 4 pour aller acheter de l’or, notamment une chaîne que je porte encore. Et des émeraudes, aussi. » Rien d’autre ? « Rien d’autre. »
Cocaïne et EPO

   


Un bavard a parlé à Vélo Magazine, dans le numéro de septembre 2018 : les staffs techniques auraient passé la semaine le nez dans la poudre, et la soirée du dimanche clôturant les Mondiaux aurait laissé des traces : « La coke circulait partout, confie un cycliste français au magazine. Nous, les coureurs, on a testé le dernier soir. Ce n’est pas la peur d’être contrôlés positifs qui nous freinait à l’époque ! »
Ni à la cocaïne, ni à autre chose. En 1995, la molécule miraculeuse qu’est l’EPO commence à être largement répandue dans le peloton mais demeure indétectable. La limite de 50 % d’hématocrite (proportion de globules rouges dans le sang) n’est pas encore fixée, de sorte que la prise d’EPO est décomplexée. Entre juin et décembre de cette année-là, Richard Virenque en reçoit vingt-deux injections, selon les carnets du soigneur Willy Voet saisis à l’occasion de l’affaire Festina.
Autre indice : le 18 octobre 1995, dix jours après le Mondial, Marco Pantani (3e) est admis à l’hôpital après une chute sur la course Milan-Turin. Son opération durera plus longtemps que prévu en raison de la fluidité de son sang : son hématocrite est mesuré à 60,1 %, son hémoglobine à 20,8 grammes par décilitre, des valeurs exceptionnellement hautes et dangereuses.
Pantani est suivi par le docteur Francesco Conconi qui, depuis plusieurs années, est missionné par les autorités sportives pour élaborer un test de détection de l’EPO…, qu’il administre à certains des plus grands sportifs italiens. Ces années-là, Conconi et ses assistants Michele Ferrari et Ilario Casoni suivent à eux trois la quasi-totalité des grands leadeurs.
Signe des temps, dans les journaux de l’époque, on parle davantage des médecins des coureurs que de leurs directeurs sportifs. A raison : dans les commentaires d’après-course, il sera fait grand cas de la progression du nouveau champion du monde, l’Espagnol Abraham Olano, depuis qu’il suit les préceptes de Michele Ferrari.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-9"> ¤ Le Portugais risque d’être le treizième entraîneur débarqué en onze ans par le président nantais. Avant son possible dernier match, il a tenu une conférence de presse éclair.
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Ligue 1 : A Nantes, Waldemar Kita a déjà préparé les valises de Miguel Cardoso

Le Portugais risque d’être le treizième entraîneur débarqué en onze ans par le président nantais. Avant son possible dernier match, il a tenu une conférence de presse éclair.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 22h55
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 12h29
    |

                            Alexandre Pedro (Nantes, envoyé spécial)








                        



   


Avant de la prendre, Miguel Cardoso a ouvert la porte, celle de la salle de presse du Football club de Nantes (FCN), à la Jonelière. Comme un besoin urgent d’air frais. Si l’été indien s’étire le long des bords de l’Erdre, ce qui rend l’atmosphère suffocante tient surtout à sa situation professionnelle. En poste depuis le 26 juin, le Portugais de 46 ans — à l’allure, avec son crâne lisse, du prof de sport qu’il a été dans une première vie — est un entraîneur condamné.
« Comment allez-vous ? », s’enquiert-il ce vendredi 28 septembre, le visage fermé, devant la quinzaine de journalistes au moment de prendre place. Lui a sans doute connu mieux. Avant-dernier de Ligue 1 après sept journées, torpillé depuis des semaines par voie de presse par son président, Waldemar Kita, qui l’accuse de « jouer à la baballe » ou de laisser « des millions [des joueurs achetés cet été] sur le banc », Cardoso vit depuis des semaines un très long entretien préalable à un licenciement.

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Celui-ci devrait être acté après le déplacement à Lyon (samedi à 20 heures), avancent L’Equipe et 20 Minutes, se basant sur des sources internes au club. Une vieille connaissance de la maison, Vahid Halilhodzic (attaquant du FCN entre 1981 et 1986) attendrait stylo à la main que la place se libère pour parapher son contrat.
Mais Miguel Cardoso entraîne encore jusqu’à preuve du contraire les « Canaris ». Pourtant, quand on l’a vu déplier une feuille A4 et lire quelques mots rédigés par ses soins dans un excellent français, l’idée d’une démission fracassante a flotté dans la salle. « Un mot seulement, a-t-il attaqué devançant la première question, un mot qui manque beaucoup en ce moment : “respect”. Je parle de respect pour mes joueurs, pour moi-même et pour un grand club qui s’appelle le FC Nantes, qui a une grande histoire, une identité, des valeurs. »
La suite de son préambule décevra ceux l’imaginant régler ses comptes avec Waldemar Kita avant de ranger ses cartons. « Je ne crache pas dans les plats dans lesquels je mange, on a bien parlé du match de samedi avec le président, de celui contre Bordeaux [le 6 octobre]. On a fait une très bonne préparation. » Il ajoute plus loin, après une nouvelle question sur son cas personnel : « Mon ami, interpelle-t-il, j’ai un contrat de deux ans avec le FC Nantes. Posez des questions sur le match de Lyon s’il vous plaît. »
Cardoso refuse l’évidence
Deux options s’offrent face à son attitude. Cardoso sait son sort scellé, n’ignore pas que Kita (président et propriétaire du Football club de Nantes depuis 2007) a usé, consommé, remercié douze autres entraîneurs en onze ans avant lui et souhaite soigner sa sortie afin de ménager sa réputation de technicien pour la suite. Il a échoué certes, mais sans renier sa philosophie de jeu et respectant jusqu’au bout « l’institution » du club.
Ou alors le Portugais est ce genre d’éternel optimiste à croire qu’il reste une barque cachée sur le Titanic quand le personnel de bord assure pourtant qu’elles ont été toutes jetées à l’eau. L’ancien technicien de Rio Ave cite alors plusieurs cas de collègues « dans la merde [sic] » et qui ont fini par redresser la barre. Les exemples sont souvent ceux de compatriotes : des débuts de Leonardo Jardim à Monaco à ceux de Paulo Fonseca (dont il était l’adjoint) au Chakhtar Donestk, en Ukraine.
« On va le faire ensemble », promet-il avant de brutalement prendre congé des journalistes. La faute à une nouvelle question — posée avec une infinie précaution pourtant — sur son cas personnel. « OK, merci beaucoup », coupe-t-il après onze minutes d’un drôle d’exercice.

⚽🇫🇷 Agacé, Miguel Cardoso a quitté la conférence de presse en claquant la porte ! 😡😡

— AfterRMC (@After Foot RMC)


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Avec Miguel Cardoso, le FCN devait renouer avec une certaine idée du football. Sans oser parler du « jeu à la nantaise » que les moins de 20 ans considèrent comme une légende urbaine, le technicien arrivé de Rio Ave promettait un jeu de possession, tourné vers l’attaque, loin du froid réalisme de son prédécesseur l’Italien Claudio Ranieri, champion de la victoire 1-0 lors des six premiers mois la saison dernière. Mais ses belles intentions se sont fracassées sur la dure réalité de la Ligue 1, du manque de talent de ses joueurs offensifs et de l’impatience chronique de son président.
Kita pensait déjà à Halilhodzic cet été
Le ver était peut-être dans le fruit dès le départ. L’entrepreneur franco-polonais se serait laissé imposer le choix de Cardoso par les responsables de la formation et par son fils, Franck, directeur général du club. Ce dernier aurait d’ailleurs assez vite changé d’avis sur un technicien très (trop ?) analytique, passé par l’université portugaise comme José Mourinho, Carlos Queiroz ou Leonardo Jardim, et adepte de très longues séances vidéo peu au goût des joueurs nantais.
Kita père penchait déjà cet été pour Vahid Halilhodzic. Le Bosnien de 66 ans, passé sur les bancs de Lille, du PSG, de Rennes ou de l’Algérie, entretient cette image ce capitaine de caserne capable de renvoyer chez eux deux joueurs (les Rennais Diatta et Réveillère en 2003) pris en pleine partie de Playstation nocturne la vieille d’un match.

   


Kita/Halilhozdic, sur le papier cela ressemble à l’union du feu avec le feu. Le propriétaire du FCN (et ancien attaquant… de La Ferté-sous-Jouarre, en Seine-et-Marne, dans les années 1970-1980) n’aime rien de plus que se mêler de recrutement, de tactique et suggérer quelques ajustements à ses nombreux entraîneurs. L’homme serait du genre à dîner chez un étoilé et à passer en cuisine en fin de repas pour expliquer au chef la cuisson de la poularde.
Elie Baup (en poste entre 2008 et 2009) donnait le mode d’emploi de son ancien employeur pour 20 Minutes. « Il [Kita] aime qu’on l’écoute, qu’on partage avec lui nos idées. Il ne faut pas être fermé avec lui. Si tu lui dis qu’il est bidon et qu’il ne connaît rien au foot, ça se passe mal… » Waldemar Kita, lancé depuis 2016 dans une technologie qu’il prédit comme révolutionnaire, la pénoplastie (un traitement pour augmenter la taille du pénis), a déjà trouvé le secret pour raccourcir la durée de vie des entraîneurs au FC Nantes. Pour Miguel Cardoso, cela ne devrait plus être qu’une question d’heures.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-10"> ¤ Menés 3 à 1 après les doubles de la matinée, les Européens ont renversé la tendance face à un Tiger Woods qui n’a guère brillé.
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L’Europe vire en tête face aux Etats-Unis après la première journée de la Ryder Cup

Menés 3 à 1 après les doubles de la matinée, les Européens ont renversé la tendance face à un Tiger Woods qui n’a guère brillé.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 21h42
   





                        



   


Un sursaut impérial. Mal partie après la matinée du vendredi 28 septembre, l’Europe a totalement inversé la tendance l’après-midi pour finalement virer en tête devant les Etats-Unis (5 à 3) à l’issue d’une première journée de la Ryder Cup disputée en France, à Saint-Quentin-en-Yvelines.
Les Européens ont d’abord été menés 3 à 1 à l’issue des doubles de la matinée, joués en format « fourballs » : les quatre joueurs jouent chacun sa balle et le meilleur score réalisé est pris en compte, à chaque trou.
Mais ils ont ensuite remporté les quatre parties de double en « foursomes » disputées vendredi après-midi, c’est-à-dire que les deux joueurs de la même équipe n’ont qu’une seule balle qu’ils jouent alternativement.
La star américaine Tiger Woods, associée à Patrick Reed, n’aura guère brillé pendant cette journée. Le « Tigre », qui n’affiche pas en Ryder Cup des statistiques dignes de son palmarès, va tenter samedi de redresser la barre face à ses bourreaux de vendredi, la paire Fleetwood-Molinari.
Pour les autres doubles prévus samedi matin, côté européen, Sergio Garcia a été associé à Rory McIlroy. Cette paire affrontera le duo Finau-Koepka. Les deux autres doubles opposeront Rahm-Poulter à Spieth-Thomas, et Casey-Hatton à Johnson-Fowler.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤ Inexistante en première période, l’équipe de France féminine de basket s’est inclinée en quarts de finale face à la Belgique, qui affrontera les Etats-Unis en demi-finale.
<filname="PROF-0,2-3242,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Mondial de basket : balayées par la déferlante belge, les Bleues abandonnent leurs rêves de podium

Inexistante en première période, l’équipe de France féminine de basket s’est inclinée en quarts de finale face à la Belgique, qui affrontera les Etats-Unis en demi-finale.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 21h32
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 12h22
    |

            Clément Martel (Tenerife, envoyé spécial)








                        



   


Elles avaient raison de se méfier des Belges. En s’inclinant, vendredi 28 septembre face à la Belgique (86-65), l’équipe de France féminine de basket dit adieu à ses rêves de podium. Une nouvelle fois éliminée en quarts de finale d’une Coupe du monde, l’escouade menée par Valérie Garnier ne succédera pas aux Françaises d’Edith Tavert, seules médaillées hexagonales au niveau mondial. C’était en 1953, au Chili, lors de la première édition de la Coupe du monde. Soixante-cinq ans après, en dépit d’objectifs affirmés, les Bleues s’arrêtent à nouveau au stade des quarts.
On disait les « Belgian Cats » sans pression à l’entame de cette rencontre. On avait tort. Seulement, la pression a été infligée d’entrée par l’équipe d’outre-Quiévrain, néophyte au niveau mondial (femmes et hommes confondus). Comme depuis le début de la compétition, les joueuses de Philip Mestdagh ont déroulé un jeu collectif léché, ne laissant pas respirer les Françaises. Pour battre celles-ci, l’entraîneur belge avait ciblé deux points névralgiques : la taille et les shoots à distance. « Nous avons cette option dans notre équipe », estimait-il jeudi. Il aurait aussi bien pu dire « dans ma famille », tant sa fille Kim (et à un degré moins sa sœur Hanne) a puni les Bleues.

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Associée à Emma Meesseman — poursuivant son chantier de démolition à l’intérieur —, Kim Mestdagh a été le fer de lance des Belges en premier quart-temps (25 points au total). Et les Bleues, prises à la gorge par les griffes des Belgian Cats, ont rapidement couru après la marque. Pourtant, elles étaient prévenues. « On n’a pas respecté les consignes défensivement, a soupiré après la rencontre une Valérie Garnier abattue, qui avait insisté sur la défense la veille. On avait décidé d’enrayer les deux cadres, les deux scoreuses de l’équipe belge, et elles marquent quarante points à elles deux, donc on a échoué là-dessus. »
Poésie collective belge
Les Bleues ont mis l’accent, après la rencontre, sur leur défaillance défensive. « Nous avons jeté l’éponge très vite dans le match, dit Sandrine Gruda. Dans le second quart-temps, on prend l’eau de toute part. Elles ont des lay-ups, de shoots ouverts, j’ai l’impression qu’on n’était nulle part. » Menées de vingt-deux points à la pause en ayant encaissé 53 points, elles pouvaient souligner leurs absences. Mais la Belgique a eu son rôle dans cette débandade collective.

   


Toujours en quête de la partenaire démarquée, faisant circuler la balle avec rapidité et crucifiant les Bleues à coup de coupes incessantes, les joueuses de Philip Mestdagh ont joué l’espace d’une mi-temps une partition parfaite. « Le basket qu’elles ont pratiqué est vraiment de très grande qualité », a souligné le directeur de la performance des équipes de France, Jacques Commères. Un moment de poésie collective incarné par Julie Allemand, auteure de treize passes décisives dans la partie — record de la compétition égalé. Pour leur adversaire, le panier semblait aussi grand qu’un cratère de volcan, et sous la lave belge, les Françaises paraissaient figées.
« On est entrées en dilettantes et elles avaient le couteau entre les dents, elles étaient complètement libérées », a dénoncé après la rencontre la meneuse Romane Bernies. C’est par elle, représentante de la jeune garde des Bleues, que la révolte a été sonnée dans le quatrième quart-temps. En vain. Revenues à dix points des Belges — alors que l’écart a frôlé les trente points —, mais toujours en manque de réussite, les Françaises encaissaient cinq points de suite de Julie Vanloo. Le coup de grâce pour l’indonésiennequ’était devenu le navire bleu.

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Manque d’attention aux détails
« Dans le troisième quart, il y a eu un peu de panique, a convenu ladite Vanloo, félicitée après le match par son entraîneur. Mais avec notre basket d’équipe, on a montré qu’on n’était pas ici par accident. La Belgique mérite d’être dans les demi-finales ! On est un petit pays, mais on l’a fait avec le cœur, c’est énorme. » Face à des Bleues incapables de s’ajuster en défense et pas en réussite offensive — « à trop réfléchir sur les défauts de notre défense, l’attaque n’était plus fluide », a expliqué Gruda —, les Belges ont terminé la partie en trombe.
Depuis l’entame du Mondial, Valérie Garnier reprochait à ses joueuses ne pas savoir achever un adversaire à terre. Elle pourra leur montrer la seconde période de la Belgique, qui a su gérer ses temps faibles — au total, les Bleues remportent la mi-temps, triste consolation — et asséner le coup fatal.

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« Je suis triste, énervée et déçue, a synthétisé la capitaine française Endy Miyem, car je sais qu’on peut être bien meilleures. Notre problème tout au long de la compétition, c’est qu’on n’a pas été capable de faire attention à des détails. » Comme un symbole, c’est la vétérane Marjorie Carpréaux qui conclut la marque, d’un ultime trois points au buzzer. Elle pouvait déployer ses bras et courir vers le centre du terrain, vite rejointe par ses coéquipières, formant un cercle, extatiques. Celui formé par les Bleues suintait de regrets.
Ce sont bien les Belges qui affronteront les invincibles Américaines samedi, avec toute leur insouciance et leur joie collective. « On n’a rien à perdre, on est sur le toit du monde », avertit Julie Vanloo, quand son coach confesse qu’il se satisferait d’une médaille de bronze. Les Françaises, elles, affronteront le Nigeria en match de classement.




                            


                        

                        


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Mondial de basket : face aux Bleues, les Belges sans pression

L’équipe de France féminine de basket affronte vendredi la Belgique, néophyte à ce niveau, pour une place en demi-finale du Mondial.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 16h41
    |

            Clément Martel (Tenerife, envoyé spécial)








                        



   


« Sans pression ». L’équipe de France est prévenue. Au moment d’affronter cette dernière en quarts de finale de la Coupe du monde féminine de basket, vendredi 28 septembre à Tenerife (18 h 30, heure française, sur Canal+ Décalé), les « Belgian Cats » s’avancent sans complexe. Il faut dire que, pour la première participation de son histoire à la Coupe du monde, la sélection belge peut s’enorgueillir d’une série brûlante. Les joueuses de Philip Mestdagh sont sorties premières, à la surprise générale, de leur groupe en phase de poule, battant notamment, au buzzer, le pays organisateur, l’Espagne.

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Troisièmes du dernier Euro (derrière l’Espagne et la France), les Belges ne minimisent pas l’ampleur de la tâche qui les attend. Au contraire. « La France dispose de beaucoup de joueuses de taille, constate l’entraîneur belge. Elles sont physiques, jouent très bien au basket et sont surtout très costaudes à l’intérieur. »
Mais celui par qui le renouveau du basket belge est advenu – associé à une génération montante – sait ce que son équipe doit faire pour l’emporter. « L’équipe de Turquie a bien essayé de répondre à leur pression, mais elle manquait de taille et n’a peut-être pas utilisé assez les shoots à distance pour tenter d’inquiéter plus la France. Nous avons sans doute cette option dans notre équipe. »
Les deux tours des Flandres
Il faut remonter à 2007 pour retrouver trace d’un affrontement franco-belge en compétition officielle. « Cela me file un coup de vieux », sourit l’inoxydable Ann Wauters, déjà présente à l’époque. « Cela fait très longtemps que la France n’a plus joué la Belgique, prolonge la coach française Valérie Garnier. En revanche, on connaît bien leurs joueuses, parce qu’on les rencontre dans les compétitions européennes en club ou parce qu’elles participent au championnat français. »
« On connaît l’équipe de France, c’est une machine », assène Anne Wauters. La plus ancienne des deux « tours des Flandres » – comme on l’a surnommée, elle, et la nouvelle merveille du basket belge, Emma Meesseman – sait de quoi elle parle. Ayant baroudé dans le championnat de France, elle connaît la plupart des Bleues.

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« C’est un grand match. On a bien géré ses minutes lors des trois premiers matchs pour qu’elle soit prête vendredi. Elle va jouer jusqu’au bout face aux Françaises », insiste Philip Mestdagh. Pour ménager ses 37 printemps, le temps de jeu d’Ann Wauters a en effet été géré par l’entraîneur lors de la phase de groupe. Avec dans l’idée de réaliser une performance similaire – dans un style différent – avec l’expérimentée gachette grecque Evanthia Maltsi face à la France (28 points).
Associée à Emma Meesseman, Ann Wauters entend tenir la dragée haute à la paire intérieure bleue Gruda-Miyem. Le duo qui prendra la mesure de son adversaire dans ce duel en altitude mettra son équipe sur de bons rails.
Maintenir la pression pendant quarante minutes
« Elles sont tellement fortes que, parfois, en remontant la balle, je me demande avec laquelle je dois jouer, sourit la pourvoyeuse en chef de balle aux tours jumelles belges, la meneuse Marjorie Carpréaux. Elles savent tout faire, elles ont un fort mental. »
« Ce sera un match très costaud contre une formation au style différent de l’Espagne, avec plus de taille, anticipe Ann Wauters, ancienne joueuse de Valenciennes et Villeneuve-d’Ascq. A nous de trouver des solutions avec notre équipe bien équilibrée. Si l’on est à notre meilleur niveau, je pense que l’on peut battre la France. »
Même constat côté français, où l’entraîneuse Valérie Garnier – qui a donné champ libre à ses joueuses jeudi – prévoit un « défi physique » contre les Belges.

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Un défi auquel il faudra répondre en équipe. Outre ses individualités, la Belgique s’illustre depuis l’entame de la compétition par son état d’esprit. « Cette équipe communique par la voix et le geste, souligne Valérie Garnier. Leur langage corporel et vocal est vraiment très présent et elles en ont fait une force. Elles se nourrissent de moments et d’actions positifs. » 
La coach française espère limiter ces moments en réalisant une performance que les Bleues ont peiné à fournir depuis le début du Mondial : maintenir une pression quarante minutes durant. C’est toujours une histoire de pression. La place en demi-finales – historique pour les deux équipes – est à ce prix.
France - Belgique, 18 h 30 à Tenerife, retransmis sur Canal+ Décalé



                            


                        

                        


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Entretien

Foot africain : « La CAF prendra sa décision pour la CAN 2019 après la présidentielle camerounaise »

Le président de la Confédération africaine de football revient sur les nombreux défis de l’organisation, dont l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2019.

Propos recueillis par                                            Alexis Billebault (contributeur Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-09-28T15:31:42+02:00"

        Le 28.09.2018 à 15h31






    
Le président de la Confédération africaine de football, au Caire, le 22 avril 2018.
Crédits : KHALED DESOUKI / AFP


Président de la Confédération africaine de football (CAF) depuis mars 2017, le Malgache Ahmad Ahmad est un homme qui gère des dossiers brûlants : la future Coupe d’Afrique des nations (CAN) prévue au Cameroun, l’indispensable professionnalisation du football africain, la réforme de l’instance qu’il dirige, l’échec des sélections du continent à la Coupe du monde en Russie. Il revient sur tous ces points pour Le Monde Afrique alors qu’un comité exécutif de la CAF est en train, vendredi 28 septembre, d’éplucher au Caire le rapport d’audit sur l’avancement des travaux au Cameroun en vue de la Coupe d’Afrique des nations en 2019.
Que va-t-il sortir du comité exécutif de la CAF ? Il ne se passe pas une semaine sans que l’organisation de la CAN au Cameroun ne soit remise en cause…
Ahmad Ahmad En août, une commission technique de la CAF et une société d’audit ont passé plusieurs jours au Cameroun pour une visite d’inspection. La CAF n’effectuera aucune communication quant à la décision qui sera prise avant la présidentielle camerounaise du 7 octobre. Nous ne voulons pas perturber la campagne. En 2017, la CAF avait attendu la fin de la présidentielle au Kenya pour annoncer sa décision de lui retirer l’organisation du Championnat d’Afrique des nations [CHAN]. Ce n’est pas moi qui vais décider seul si le Cameroun peut organiser ou non la compétition. Nous ne sommes plus dans un système de gouvernance dictatorial, où toutes les décisions étaient prises par une personne. A la CAF, il y a des compétences, des experts. Les décisions sont prises de façon collégiale.

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Le Maroc est souvent présenté comme l’unique recours en cas de défaillance du Cameroun…
Oui, mais pourquoi ne parle-t-on pas de l’Afrique du Sud ou de l’Egypte ? Ces pays disposent de toutes les infrastructures nécessaires.
La CAN à vingt-quatre équipes ne risque-t-elle pas de limiter le nombre de pays capables de l’organiser ?
Il ne faut pas voir les choses ainsi. Beaucoup de pays veulent accueillir la CAN. L’organisation de cet événement peut permettre à des Etats de moderniser ses infrastructures sportives bien sûr, mais pas seulement : ses transports, hôpitaux, communications. Une CAN à vingt-quatre, c’était une volonté des acteurs du football africain. Il y a un cahier des charges précis. Les pays candidats sont au courant des exigences. Quand il y a une volonté, on peut faire de grandes choses.
Récemment, des incidents, parfois mortels, ont été recensés dans des stades en Gambie, à Madagascar et en Angola. Comment mieux lutter contre ces problèmes de sécurité ?
La CAF est là pour aider les fédérations qui organisent des matchs. On peut envoyer des experts, des bénévoles, mais elle ne peut pas tout faire. J’ai été choqué par les événements que vous avez cités. L’organisation des matchs demande beaucoup de rigueur et certains Etats doivent moderniser leurs stades. Sinon, il y aura un football africain à deux vitesses alors que c’est une véritable passion en Afrique. Le sport, et le foot en particulier, est un levier important pour l’éducation, pour la jeunesse, pour l’économie. J’ai été sensible à l’idée d’Emmanuel Macron, qui souhaite financer des projets sportifs en Afrique via une plate-forme. Nous avons des contacts avec la Banque mondiale, l’Agence française de développement [AFD] notamment.

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Qu’en est-il de votre souhait de professionnaliser le football africain ?
Ce n’est pas un souhait, c’est une obligation ! Un passage nécessaire pour le rendre plus compétitif. Il faut que les championnats professionnels se mettent en place dans le plus grand nombre de pays. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, les pays d’Afrique du Nord, l’île Maurice, l’Afrique du Sud l’ont fait. Globalement, cela fonctionne bien. Il faut que les championnats se déroulent de manière régulière. Mais dans certains pays, les championnats n’ont pas de statut professionnel, alors que les joueurs vivent à 100 % du football. Et certains peuvent en profiter pour quitter un pays sans en avertir les dirigeants. Il faut donc que les choses soient plus structurées : des championnats plus forts, des joueurs avec un vrai statut, de meilleures infrastructures, des dirigeants et des entraîneurs mieux formés. Dans ces conditions, les footballeurs seront moins tentés par l’exil et le niveau sera plus relevé.
Comment expliquez-vous l’échec des sélections africaines lors de la Coupe du monde ?
Le talent n’est pas toujours suffisant. Aucune équipe n’a passé le premier tour, mais il y a eu de bonnes choses malgré tout. Ce n’est pas un échec total. Mais il est vrai que les sélections africaines ont encaissé trop de buts en fin de match. Un match, c’est quatre-vingt-dix minutes, plus le temps additionnel. Je pense qu’il faut améliorer les préparations mentale et physique. Il faut aussi davantage de stabilité. Changer trop souvent de sélectionneur n’est pas une bonne solution.
Lors la Coupe du monde, la France a été présentée par certains comme la sixième équipe africaine de la compétition. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
J’ai été étonné. Il y a des joueurs français d’origine africaine, c’est vrai, mais ils sont nés en France, qui est une ancienne puissance coloniale. Cela fait longtemps qu’il y a des joueurs d’origine africaine chez les Bleus. Pourquoi toujours chercher des polémiques ? Et souvent, ceux qui tiennent de tels propos sont persuadés de connaître l’Afrique, alors qu’ils n’y vont qu’une fois par an en vacances. Moi qui suis africain et vis sur le continent, je n’ai pas la prétention de le connaître parfaitement. Il est tellement vaste, il y a tellement de cultures, de diversité. C’est un continent complexe.

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Quel mode de gouvernance voulez-vous incarner ? Avez-vous des contacts avec votre prédécesseur, Issa Hayatou ?
J’ai voulu faire de la CAF une institution démocratique, où tout ne dépend plus d’un seul homme. Il existe en interne différentes commissions et toutes sont très actives. Le partage des responsabilités, y compris les miennes, est une évidence. Il faut échanger, écouter. J’ai remarqué, après avoir pris mes fonctions, que des dirigeants du football africain attendaient les instructions d’en haut. Je veux au contraire qu’ils anticipent, proposent, émettent des avis. Sinon, je n’ai eu aucun contact depuis mon élection avec mon prédécesseur alors qu’il avait déclaré être prêt à m’aider. Je ne le regrette pas. Chacun a son mode de fonctionnement. La seule fois où il a parlé de moi, c’était après que j’ai regretté, en août 2017, l’inertie du Cameroun à propos des travaux en vue de la CAN 2019.
Vous avez été sénateur et ministre à Madagascar. Envisagez-vous de refaire de la politique quand vous ne serez plus président de la CAF ?
Je me concentre sur mon mandat actuel. Ce dont j’ai envie, pour l’avenir, c’est de rentrer chez moi, à Mahajanga, et d’être utile pour ma ville. C’est un projet que j’avais déjà bien avant mon élection à la CAF. Je ne sais pas encore de quelle manière, mais j’aimerais jouer un rôle actif à Mahajanga. Il y a beaucoup à faire.


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-14"> ¤ La doyenne de l’équipe de France aux championnats du monde de cyclisme, à Innsbruck, refuse l’analogie avec l’inusable championne, mal-aimée du milieu.
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Edwige Pitel : ne l’appelez pas Jeannie Longo

La doyenne de l’équipe de France aux championnats du monde de cyclisme, à Innsbruck, refuse l’analogie avec l’inusable championne, mal-aimée du milieu.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 13h58
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 16h02
    |

            Clément Guillou (Grenoble, Isère, envoyé spécial)








                        



   


Edwige Pitel, qui dispute samedi le championnat du monde de cyclisme à Innsbruck avec l’équipe de France, nous a lancé un défi : « J’aimerais que vous vous démarquiez de tous les autres journalistes en essayant de ne pas la citer, de ne pas me comparer à elle. Quand elle n’était plus performante, on nous rebattait encore les oreilles avec elle. C’était il y a presque dix ans. Il est temps d’arrêter ! » Hélas, les journalistes sont tous les mêmes. Lorsqu’on est monté sur les hauteurs de Grenoble avec la championne de 51 ans, on n’a pu s’empêcher de penser à « elle ».
Les cyclistes qui disputent les championnats du monde à 50 ans passés ne sont déjà pas si nombreuses. Si en plus elles ont accolé à leur nom le plus grand palmarès du sport français… Alors, Jeannie Longo est restée une présence, un sparadrap qui colle à Edwige Pitel, parce qu’en apparence tout les rapproche : la longévité, bien sûr, le combat contre le jeunisme et l’inclination victimaire, Grenoble pour la vie et les Etats-Unis pour la préparation. Et Patrice Ciprelli, on y reviendra. Edwige Pitel pourrait trouver l’analogie flatteuse. A l’inverse, elle s’en désole.
« Elle traîne une mauvaise image dans le milieu cycliste et c’est la même chose pour moi, parce que je suis arrivée derrière elle »
« La comparaison est négative. Elle traîne une mauvaise image dans le milieu cycliste et c’est la même chose pour moi, parce que je suis arrivée derrière elle. Ça me retombe dessus, déplore-t-elle. Alors qu’on n’a pas du tout le même vécu ! Elle a fait quarante ans de vélo, je n’en ai que quinze derrière moi. Je ne me suis jamais mis en marge de la fédération comme elle l’a fait. Les jeunes m’ont toujours dit : “T’es pas comme elle !” »
Entre Pitel et son aînée, « ça a toujours été assez compliqué. Quand je suis arrivée dans le vélo, j’étais comme le grand public, je l’admirais. Dès lors que j’ai découvert le personnage, je n’admirais d’elle que ses résultats… Maintenant, même cela, je ne le respecte plus. »
Allusion à l’affaire qui a mis un astérisque au monstrueux palmarès de Longo : après des révélations du journal L’Equipe en 2011, une enquête de gendarmerie a mis au jour des achats répétés d’EPO par Patrice Ciprelli, mari et entraîneur de Jeannie Longo, depuis 2007. Patrice Ciprelli, qui a mis en avant une utilisation personnelle bien qu’étant un sportif amateur, a été condamné à un an de prison avec sursis.
« Ça a été la guerre »
Edwige Pitel est de celles qui ont approché de très près ce couple singulier, éruptif, sans pudeur, uni par la performance et qui a chuté ensemble. Lorsque Pitel s’est installée à Grenoble en 2007, pour travailler au service informatique de la mairie – où Jeannie Longo, décidément, avait été adjointe d’Alain Carignon (maire de 1983 à 1995), quinze ans plus tôt –, elle s’est rapprochée des deux seuls cyclistes qu’elle connaissait en ville. « Ciprelli m’a réellement entraînée six mois, jusqu’à ce que je devienne championne de France en 2007. A partir du moment où j’ai battu Longo, ça a été la guerre. Il a essayé de me désentraîner pour que je régresse. J’ai repris mon envol quand j’ai été débarrassée d’eux, fin 2008. » Elle tourne le visage, et d’une voix qui se brise : « Je n’ai plus envie de parler de ça. Ils m’ont fait suffisamment de mal. »

   


La première fois qu’Edwige Pitel s’est demandé si elle était trop vieille, elle avait 25 ans. L’athlétisme, abandonné sept ans plus tôt, lui faisait de l’œil. Elle a replongé, convaincue par un entraîneur que « les qualités, ça ne se perd pas, ça se retravaille ». Deux fois plus avancée dans sa vie, Edwige Pitel ne se pose plus la question de l’âge : elle constitue peut-être la meilleure chance de l’équipe de France sur le difficile circuit d’Innsbruck.
Sa présence pose une question à laquelle le cyclisme féminin tricolore s’est habitué : parmi les six meilleures Françaises et malgré tout quinquagénaire, est-elle une tache, un témoignage gênant du niveau moyen de la corporation ? Ou, à l’inverse, un exemple de carrière longue et de l’ouverture de la Fédération française de cyclisme ? Edwige Pitel retient que la nouvelle direction sportive de la Fédération ne l’a pas « discriminée » sur la base de son âge. A l’entendre, cela n’a pas toujours été le cas.
« Cette affiche, c’est la preuve en images que j’étais bien discriminée par la Fédération »
Ses absences aux Jeux olympiques 2008 et 2016 lui serrent encore le cœur, moins toutefois qu’une autre décision fédérale : traditionnellement, l’affiche du championnat de France met en avant les deux vainqueurs, homme et femme, de l’année précédente. En 2017, Edwige Pitel, championne sortante, a été remplacée par une régionale. Dans son salon, l’affiche est épinglée ; mais elle a collé sa tête à la place.
« Cette affiche, c’est la preuve en image que j’étais bien discriminée par la Fédération [alors dirigée par l’actuel président de l’Union cycliste internationale, David Lappartient]. Pour les mêmes raisons que ma non-sélection pour les JO 2016, alors que je dominais les autres Françaises de la tête et des épaules dans un stage avant les Jeux, que le parcours de Rio était fait pour moi, développe-t-elle. Ils se sont toujours défendus, que ce soit le critère, parce que c’est répréhensible pénalement. Après ça, j’ai voulu arrêter, comme en 2008. J’en avais ras le bol de lutter contre les moulins à vent. Mais tout le monde m’a dit : “Tu leur donnerais raison.” »
Misogynie
Cette fois, Innsbruck ressemble à la fin de la route. Cinq semaines après sa dernière participation, le championnat du monde sera « usant, mais moins difficile que les JO de Rio » : les femmes n’auront pas à escalader la terrible côte qui conclura la course masculine, une preuve de plus de la « misogynie de ce sport ». Quinze ans de carrière permettent de se faire une idée : « Quand j’ai voulu prendre ma première licence à l’AVC Aix-en-Provence, on m’a dit : “Non, on ne prend pas les filles.” Le sport commence à s’ouvrir parce qu’ils n’ont pas le choix, parce qu’il y a une pression médiatique et que c’est la tendance partout. La misogynie n’est plus à visage découvert mais j’imagine très bien qu’en coulisses ils se disent : “Les filles, ras le bol”. Alors que les courses sont plus intéressantes que celles des hommes. »
En France, les cyclistes qui vivent exclusivement du vélo se comptent sur les doigts de la main. D’autres bénéficient d’un détachement en étant salariées par l’armée, une collectivité ou une entreprise publique. Edwige Pitel cale ses entraînements et compétitions dans le temps que lui laisse son emploi d’ingénieure informatique à la métropole de Grenoble, un contrat à 70 %. Elle porte gratuitement les couleurs d’une équipe russe.
Si elle se refuse à dire officiellement qu’elle s’apprête à raccrocher – elle l’a déjà fait à deux reprises, avant de reprendre –, la fille d’instits de Loudéac (Côtes-d’Armor) s’est préparée « au vide énorme » qui suivra une carrière de trente ans à haut niveau : le cyclisme a succédé à l’athlétisme et au duathlon, dont elle est double championne du monde. Elle continuera à rouler pour le plaisir mais se tiendra loin des compétitions : dans sa catégorie d’âge, les distances sont trop courtes à son goût. Surtout, elle risquerait d’y croiser Jeannie Longo.



                            


                        

                        


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En perte de vitesse, le PMU cherche les recettes pour renouer avec la croissance.

Une réflexion est engagée sur la réduction du nombre de courses proposées aux parieurs.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 12h47
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Dimanche 7 octobre, les amateurs de course hippique du monde entier auront les yeux rivés sur Paris. Sur Longchamp plus précisément. Pour eux,  le Prix de l’Arc de triomphe, qui se courra de nouveau sur son hippodrome attitré après sa complète rénovation, est considérée comme le championnat du monde du galop. Un temps fort pour le PMU, prêt à collecter les mises des turfistes.

Pour autant, l’humeur n’est pas vraiment à la fête chez l’opérateur historique de paris hippiques. Près de six mois après sa nomination, à l’issue d’une « période d’immersion », son nouveau directeur général, Cyril Linette, livre sa première analyse. « Le constat est assez alarmant. La situation est complexe », déclare-t-il sans ambages.
L’embellie de 2017 semble avoir été de courte durée. En janvier 2018, le groupement d’intérêt économique (GIE) détenu par les sociétés de courses France Galop et le Trot se félicitait d’avoir renoué avec la croissance. Le total des enjeux, englobant paris hippiques, paris sportifs et poker, avait progressé de 2 % à 9,9 milliards d’euros. Une dynamique portée par l’international mais aussi par un retour dans le vert des paris hippiques en France. L’objectif fixé pour 2018 était alors de dépasser la barre des 10 milliards d’euros d’enjeux et de reverser 803 millions d’euros aux sociétés de courses. Sachant que le PMU leur verse l’intégralité de ses dividendes.
Les paris hippiques sont en retrait de 2 %
Depuis, le terrain est redevenu lourd pour l’opérateur historique, de nouveau en perte de vitesse. Même s’il n’a pas publié de communiqué semestriel sur son activité, M. Linette ne s’en cache pas, les objectifs ne seront pas atteints. Les paris hippiques sont en retrait de 2 % sur les six premiers mois de l’année. Et l’été a été sombre. Le PMU a pris, il est vrai, de plein fouet la Coupe du monde de football. Les Français ont délaissé le quinté pour se livrer à des pronostics sur les équipes de ballon rond favoris....




                        

                        


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Ryder Cup : aux Etats-Unis, de la « guerre du golf » à la diplomatie sur le green

Les Américains ont souvent eu des présidents golfeurs, vieille tradition qui traduit la place de ce sport dans le pays.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 09h40
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 20h56
    |

            Adrien Pécout








                        



                                


                            

A-t-il encore assez de temps pour diriger le pays ? Le président des Etats-Unis joue tellement au golf que ses détracteurs se le demandent. Mais, attention, Donald Trump aime aussi jouer les spectateurs. Les organisateurs français de la Ryder Cup se préparent à l’éventualité de sa venue, sur le Golf national de Saint-Quentin-en-Yvelines, entre les vendredi 28 et dimanche 30 septembre.

S’il n’a pas encore confirmé sa présence, le chef d’Etat a déjà pris soin d’encourager son compatriote Tiger Woods. A en croire l’expertise du président, diffusée sur le réseau social Twitter avant la confrontation de ce week-end entre l’équipe des Etats-Unis et celle de l’Europe, la légende du golf « joue de nouveau super bien ».
Un mois plus tôt, le « Tigre » avait froissé une partie du pays par son refus de critiquer la politique antimigratoire de M. Trump, une connaissance personnelle : « Donald Trump est le président des Etats-Unis et on doit respecter la Maison Blanche. Vous pouvez aimer ou ne pas aimer la personnalité et sa politique, mais peu importe qui est au bureau, nous devons tous respecter la fonction. » 
De la guerre du Golfe à la guerre du golf
Dans des registres différents, les Etats-Unis ont souvent eu des présidents golfeurs. Vieille tradition qui dit bien la place particulière de ce sport dans le pays, et parfois sa résonance politique. Une photographie fait foi : le républicain William Howard Taft opte, en 1909, pour le pantalon bouffant et le chapeau à bords larges.
Mais le golf a aussi ses entrées chez les démocrates. A commencer par John Fitzgerald Kennedy, ancien membre de l’équipe universitaire d’Harvard. Ou encore Barack Obama, très assidu sur les parcours, y compris durant sa mandature : un certain Donald Trump le lui avait alors reproché…
En 2017, autre photographie : le cliché rassemble cette fois trois anciens pensionnaires de la Maison Blanche, George W. Bush, Bill Clinton et donc Barack...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-17"> ¤ La compétition de golf, qui se tient ce week-end en région parisienne, est la seule épreuve majeure où une équipe défend les couleurs de l’Europe.
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La Ryder Cup, une « Ode à l’Europe »

La compétition de golf, qui se tient ce week-end en région parisienne, est la seule épreuve majeure où une équipe défend les couleurs de l’Europe.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 09h09
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 15h30
    |

            Adrien Pécout








                        



   


« Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant “l’Europe !”, “l’Europe !”, “l’Europe !”, mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien. » Un demi-siècle après le discours télévisé du général de Gaulle, l’Europe existera bel et bien sur le parcours du Golf national de Saint-Quentin-en-Yvelines, du vendredi 28 au dimanche 30 septembre. C’est même la grande particularité de la Ryder Cup, rendez-vous bisannuel que la France accueille pour la première fois en 42 éditions.
L’Europe défie les Etats-Unis : sans armes ni violence, mais avec un bon fer en main ou un putter. Plutôt que de représenter chacun leur pays, voilà les douze meilleurs golfeurs du continent réunis sous la même bannière, aussi nombreux que les étoiles de leur drapeau bleu, le hasard faisant bien les choses.
Cette année encore, la plus prestigieuse compétition de golf par équipes donnera à voir une autre Europe que celle de l’Union européenne, cette institution que le Royaume-Uni s’apprête à quitter depuis son référendum de 2016.
Sur le parcours du Golf national de Saint-Quentin-en-Yvelines, aucun Brexit dans l’immédiat : six des douze Européens viennent d’Angleterre et d’Irlande du Nord. MM. Rose, Hatton, Fleetwood, McIlroy, Casey et Poulter s’apprêtent à faire cause commune avec deux Espagnols (Garcia et Rahm), deux Suédois (Stenson et Noren), un Danois (Olesen) et un Italien (Molinari) – l’ensemble étant supervisé par un autre Danois, le capitaine Thomas Björn.

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« Spectacle dément »
Vainqueur de l’édition 2004, et désormais consultant pour la télévision, le Français Thomas Levet a déjà hâte de retrouver la « magie de cette compétition sans équivalent » et ces instants où « un téléspectateur espagnol se met soudain à encourager un golfeur suédois comme s’il soutenait l’un des siens, écrit l’ancien participant dans la préface de Ryder Cup, l’histoire intégrale de la plus grande compétition de golf (éditions Marabout, 2018, 272 pages), du journaliste Nick Callow. L’Europe, qui paraît être parfois une fiction politique ou une chimère économique, devient d’un seul coup une réalité de chair et d’os sublimée par la grâce de 12 hommes et d’un capitaine unis par le même objectif : la conquête de ce trophée doré ».
Au Monde, et cette fois à l’oral, Thomas Levet poursuit ses explications. Le sportif insiste sur l’engouement autour de la compétition, si particulier par rapport à l’ambiance feutrée d’autres rendez-vous golfiques : « Je me souviens surtout du bruit de la foule, de ses encouragements sur le parcours qui donnent l’impression de vivre une finale de Ligue des champions [en football], sauf qu’au lieu de durer une heure et demie, ça dure plusieurs jours ! » 
Sans compter les entraînements antérieurs, le Golf national devrait accueillir au moins 51 000 spectateurs pour chacun des trois jours de compétition. Dont un bon tiers de Britanniques, selon les organisateurs.
Pour Thomas Levet, ce « spectacle dément » s’explique par la dimension collective de l’événement, une rareté pour des golfeurs surtout habitués à jouer chacun pour soi. « Ici, le public peut se lâcher, il peut prendre parti pour une équipe ou une autre. L’année de ma participation, quand on a gagné, les gens ont arraché nos vêtements, les chaussures, les casquettes, et ainsi de suite, tout partait dans le public. »
« Chez nous, personne ne parle de politique »
Un autre détail acoustique a son importance. La compétition réunit les golfeurs au son de l’Ode à la joie, de Beethoven, que le Conseil de l’Europe a adopté comme hymne depuis le début des années 1970. « Quelque chose de sympa, de différent, mais de moins marquant qu’une Marseillaise. »
Certes, Thomas Levet concède « une fierté d’avoir représenté l’Europe ». Mais refuse d’extrapoler. « Chez nous, personne ne parle de politique, assure-t-il. Nous, les golfeurs du circuit européen, on veut surtout montrer à ceux du circuit américain qu’ils ne sont pas tout seuls. On fait tout pour prouver que, de ce côté de l’Atlantique aussi, on joue bien au golf. »
« Laissons la politique à la politique, et le sport au sport », confirme Jean Van de Velde, participant de l’édition 1999, l’un des deux autres Français à avoir aussi disputé la compétition. De fait, la naissance de cette équipe européenne relève d’abord et surtout d’une logique sportive.
A ses débuts, en 1927, la Ryder Cup opposait Britanniques et Américains. Et c’est pour optimiser leurs chances de victoire que les sujets de Sa Majesté ont finalement accepté dans leurs rangs des Irlandais (depuis 1973), puis des ressortissants de toute l’Europe (depuis 1979). Un temps, les Américains envisagent d’abord d’affronter une équipe du « Commonwealth ». Va finalement pour l’Europe, continent émergent du golf et nouvel adversaire.
Les exégètes prêtent cette idée à l’Américain Jack Nicklaus, plus beau palmarès du golf mondial. A l’époque, il s’agissait surtout de relancer l’intérêt du trophée, et donc de rééquilibrer le rapport de force. Ce qui survint. Jusqu’alors, les Etats-Unis avaient enquillé 18 victoires, mais seulement 3 défaites et une égalité. Depuis, c’est l’Europe qui mène : 10 victoires pour elle, contre 8 défaites et une égalité. Fort belle remontée. Ou plutôt, belle « remontada », dans la langue du regretté Severiano Ballesteros et de José Maria Olazabal.
Dépourvu de dotation financière
A l’automne 1997, comme un remerciement à ces deux golfeurs de talent, l’Espagne devint le premier pays d’Europe continentale à accueillir une édition de la Ryder Cup. Pour l’occasion, le trophée avait élu pour terrain de jeu le Valderrama Golf Club de San Roque, près de Cadix.
En 2022, après la France, il a déjà prévu de poursuivre son exploration, cette fois dans la région de Rome. Un jour, peut-être, viendra le tour de l’Allemagne. Le pays a déjà émis le souhait de recevoir également l’événement, façon de se rappeler au bon souvenir de Bernhard Langer, l’homme aux dix participations à la Ryder Cup (1981-2002), à une unité du record de l’Anglais Nick Faldo.

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Entre-temps, pour en revenir au Brexit, le Royaume-Uni devrait déjà avoir quitté l’Union européenne. Son gouvernement a fixé la sortie au 29 mars 2019. Une démarche sans grande conséquence sur la Ryder Cup, promet Richard Hills, directeur général de l’événement pour l’Europe : « Notre équipe existe sur des bases géographiques, pas politiques. » 
Cette construction continentale garantit pour le moment la singularité de la Ryder Cup, outre le fait que ce trophée reste volontairement dépourvu de dotation financière. Une différence notable avec la Laver Cup, cette toute nouvelle compétition-exhibition de tennis lancée en 2017 entre l’Europe… et le reste du monde.

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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-18"> ¤ Pour la première fois de son histoire, la 42e édition de la Ryder Cup se dispute en France à partir de vendredi.
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Golf : Tout savoir sur la Ryder Cup

Pour la première fois de son histoire, la 42e édition de la Ryder Cup se dispute en France à partir de vendredi.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 07h12
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 08h20
   





                        



   


Pour la première fois de son histoire, la Ryder Cup se dispute en France, pour sa 42e édition, à partir de vendredi 28 septembre. Le golf national de Saint-Quentin-en-Yvelines sera, jusqu’à dimanche, le théâtre d’une compétition qui s’annonce palpitante, sublimée par la présence d’un Tiger Woods revenu au sommet et par la promesse d’un duel au couteau entre Européens et Américains.
Qu’est-ce que la Ryder Cup ?
Créée en 1927, la Ryder Cup est une compétition biennale, par équipes, qui opposait, jusqu’en 1971, les meilleurs joueurs américains aux meilleurs joueurs britanniques. Les joueurs irlandais y sont conviés en 1973, mais il faut attendre 1979 pour voir l’ensemble des Européens participer à cette compétition.
Comment se déroule-t-elle ?
Le format de la Ryder Cup a régulièrement changé depuis ses débuts, pour tenter de mettre fin à l’hégémonie américaine, mais aussi pour contenter les diffuseurs. Le format actuel a été adopté en 1981.
Vingt-huit points au total sont à prendre au cours des trois jours. La première équipe atteignant 14,5 points l’emporte. En cas d’égalité à 14 points partout, l’équipe tenante du titre conserve le trophée. Dans ce cas, les Etats-Unis conserveraient leur couronne lors de la Ryder Cup 2018, pour la deuxième fois d’affilée.
Les deux équipes s’affrontent en vingt-huit parties. Le vainqueur de chaque partie est déterminé en fonction du nombre de trous « gagnés » et non de coups joués sur l’ensemble des dix-huit trous, comme c’est le cas dans les épreuves classiques. Il existe trois types de parties :
Le fourball (vendredi et samedi matin, huit au total) : deux équipes de deux joueurs. Chacun joue sa balle (quatre en tout). Le joueur qui termine un trou dans le plus petit nombre de coups fait gagner le point à son équipe.
Le foursome (vendredi et samedi après-midi, huit au total) : deux équipes de deux joueurs, deux balles seulement en jeu. Les joueurs jouent alternativement la balle de leur équipe. L’équipe qui finit le trou dans le plus petit nombre de coups gagne le point.
Le simple (dimanche, douze au total) : il oppose deux joueurs qui jouent chacun sa balle. Le joueur qui finit le trou dans le plus petit nombre de coups gagne le point. Au bout d’un parcours de dix-huit trous, la paire ou le joueur qui a « gagné » le plus de trous remporte le match et marque un point pour son équipe. En cas d’égalité, les deux équipes marquent un demi-point chacune. Au bout des vingt-huit parties, on compte les points. Il faut donc en obtenir 14,5 pour décrocher le trophée.

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Comment les équipes sont-elles composées ?
Douze joueurs forment chaque équipe. Les golfeurs américains ont pu engranger des points de mars 2017 à août 2018 grâce aux différentes compétitions organisées. A l’issue de cette période, les huit meilleurs Américains ont été qualifiés d’office pour la Ryder Cup. C’est le capitaine d’équipe qui a ensuite eu la charge de sélectionner les quatre joueurs restants.
Les joueurs de la sélection Europe sont eux sélectionnés de la façon suivante : les quatre premiers du classement européen ; les quatre premiers européens du classement mondial.
Aucun Français n’a été retenu dans l’équipe européenne. Une déconvenue causée par des performances insuffisantes lors des grands rendez-vous. C’est la première fois de l’histoire de la Ryder Cup que le pays hôte ne compte aucun représentant lors de la compétition.
Seuls trois Français ont pris part à cette compétition depuis l’élargissement à toute l’Europe : Jean Van de Velde (1999), Thomas Levet (2004, titré avec l’équipe européenne) et Victor Dubuisson (également vainqueur en 2014)

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Europe : Justin Rose (Angleterre, 38 ans). Jom Rahm (Espagne, 23 ans). Francesco Molinari (Italie, 35 ans). Rory McIlroy (Irlande du Nord, 29 ans). Tommy Fleetwood (Angleterre, 27 ans). Alex Noren (Suède, 36 ans). Tyrrell Hatton (Angleterre, 26 ans). Thorbjorn Olesen (Danemark, 28 ans). Sergio Garcia (Espagne, 38 ans). Ian Poulter (Angleterre, 42 ans). Paul Casey (Angleterre, 41 ans). Henrik Stenson (Suède, 42 ans).
Capitaine : Thomas Bjorn
Etats-Unis : Dustin Johnson (34 ans). Brooks Koepka (34 ans). Justin Thomas (25 ans). Bryson DeChambeau (24 ans). Rickie Fowler (29 ans). Jordan Spieth (25 ans). Bubba Watson (39 ans). Patrick Reed (28 ans). Phil Mickelson (48 ans). Tiger Woods (42 ans). Tony Finau (28 ans). Webb Simpson (33 ans).
Capitaine : Jim Furyk.
Quel est le palmarès des deux équipes ?
Sur les dix dernières éditions, les Etats-Unis n’ont gagné que trois trophées. Malgré leurs vingt-six victoires depuis la création de la Ryder Cup, les Américains sont nettement dominés par les Européens depuis vingt ans.
Champions en titre, les Américains affronteront une équipe européenne qui n’a plus perdu à domicile depuis 1993, lors de la 30e édition de la Ryder Cup, à Wishaw, en Angleterre.
La Ryder Cup se joue désormais lors des années paires, car l’édition 2001 fut reportée à 2002 en raison des attentats du 11 septembre à New York, survenus deux semaines avant le début de la compétition.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3242,1-0,0-19"> ¤ La talentueuse arrière des Bleues, qui affrontent vendredi la Belgique en quarts de finale, aspire à hisser son équipe en demi-finale du Mondial.
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Mondial de basket : Marine Johannès, l’arme fatale des Bleues

La talentueuse arrière des Bleues, qui affrontent vendredi la Belgique en quarts de finale, aspire à hisser son équipe en demi-finale du Mondial.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 05h53
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 15h26
    |

            Clément Martel (Tenerife, envoyé spécial)








                        



   


A voir virevolter Marine Johannès sur un terrain de basket, difficile de croire qu’il s’agit de la même personne que l’on croise une fois la rencontre achevée. Quand elle joue, l’arrière de l’équipe de France féminine de basket, qui affronte la Belgique vendredi 28 septembre en quarts de finale du Mondial (18 h 30, heure française, sur Canal+ Décalé), impressionne. La balle orange semble se plier à sa volonté. Elle attire les regards par sa spontanéité. Sortie de son élément, la jeune femme de 24 ans est bien plus discrète.

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« Je suis comme ça », admet Marine Johannès. Réservée mais pas introvertie. Au quotidien, elle trouve sans peine sa place dans le groupe bleu réuni à Tenerife (Espagne). Ce que confirme Endy Miyem : « C’est quelqu’un d’assez timide. Enfin, elle l’est beaucoup moins depuis qu’on a partagé pas mal de choses ensemble », relève la capitaine des Bleues, qui décrit « une artiste, sur et en dehors du terrain », aimant faire des dessins de temps à autre et dont « on sent le côté créatif quand elle a le ballon entre les mains ».
Sur ce dernier point, les éloges pleuvent – un peu comme ses tirs à trois points. « On ne sait jamais ce qu’il va se passer, face à elle, il n’y a aucun moment de relâche car tout est possible », dit, admirative, l’ancienne internationale Cathy Melain. « Elle a une capacité à faire des choses différentes des autres et un peu hors normes dans le basket féminin », poursuit l’ancienne capitaine des Bleues Yannick Souvré.
« Une petite Stephen Curry française »
Si l’on remonte l’histoire de la balle orange hexagonale, il est une joueuse dont la liberté dans le jeu évoque celle de sa lointaine héritière. Meneuse des « Demoiselles de Clermont » dans les années 1970, Jacky Chazalon s’inspirait des « meilleurs joueurs du monde », les basketteurs américains – port du bandeau sur les cheveux compris.
« J’avais un jeu assez spontané et très technique », se remémore l’internationale française, surnommée par le New York Times « la poète française du basket ». Adepte d’un « basket spectacle où la beauté du geste compte beaucoup », elle reconnaît une « très belle allure et une très belle aisance balle en main » à Marine Johannès, qui, comme elle, va chercher ses exemples du côté de la NBA.
Fortement imprégnée du basket américain, Johannès, joueuse au physique loin d’être impressionnant (1,77 mètre), y puise son inspiration. Si, à cette impression de facilité quand elle évolue balle en main, on ajoute « la vision du jeu, l’intelligence de jeu, les capacités athlétiques, l’adresse naturelle », on a « une petite Stephen Curry française », assène Cathy Malfois, ancienne star des Bleues dans les années 1980.
Cette comparaison avec le triple champion NBA, à la dextérité folle et capable de déclencher des missiles à 8 mètres sans effort apparent, est souvent dressée. Comme Stephen Curry, aussi, la native de Lisieux (Normandie) rappelle aux spectateurs que le basket est d’abord un jeu.
Outre la star des Warriors, un autre joueur américain sert d’exemple à Marine Johannès. Magicien balle en main, Jason Williams a illuminé la ligue nord-américaine au début des années 2000 par sa virtuosité. « Il tente des choses assez spectaculaires, des passes aveugles, des dribbles assez spéciaux… C’est inspirant de le regarder jouer », dit tout sourire l’arrière de Bourges.
En début de rencontre face à la Grèce en phase de poule du Mondial, la jeune femme a tourné à sa sauce l’une des « no look pass » dont l’ancien joueur des Sacremento Kings avait le secret, mystifiant la défense grecque – et les spectateurs – pour servir sa capitaine, Endy Miyem, sur un plateau.

Quelle passe de @MarineJ5 ! 🏀😍 @FRABasketball 

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Une manière d’allier créativité et efficacité qui caractérise le millésime 2018 de la joueuse, qui tourne à près de dix points par match au Mondial. « Elle a gagné en maturité, salue Endy Miyem. Son style pouvait parfois être un peu brouillon, maintenant, elle se maîtrise totalement, tout en conservant cette touche de folie. »
Et l’intérieure française de se rappeler de l’époque – pas si lointaine – où les anciennes devaient aviser leur feu follet de partenaire de « faire attention au ballon ».
« Apporter des variations dans son jeu »
Plus mature, la joueuse de Bourges depuis deux saisons n’est plus restreinte à un rôle de machine à highlights (« coups d’éclat »). En 2016, Le Monde relatait comment une action avait fait de la jeune femme la coqueluche des Jeux olympiques de Rio. Un crossover (dribble entre les jambes) laissant sur les rotules la star américaine Maya Moore, suivi d’un tir à trois points, avait placé la comète « MJ » en orbite. Et attiré les comparaisons les plus flatteuses.
Une action que l’arrière des Bleues rêve ne plus avoir à commenter, mais dont elle risque d’entendre à nouveau parler si d’aventure les Françaises franchissent le mur belge et affrontent l’armada américaine en demi-finale. « Elle a fait ça sous les yeux du monde entier en défiant les Américaines, donc elle est attendue », assure l’ancienne meneuse des Bleues Yannick Souvré.
Si elle reste une joueuse à la « part de créativité hors norme » – les mots sont de Souvré –, Marine Johannès a pris en compte les remarques. « Depuis cette année, je la trouve bien plus prête physiquement, remarque Yannick Souvré. Elle est légère, fine, et il fallait qu’elle apprenne la dureté, parce qu’au plus haut niveau elle va se faire secouer les côtes. » L’évolution se voit également de l’autre côté du terrain, où Souvré estime qu’elle « a franchi un cap en défense ».

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« Elle n’est plus la surprise, Marine est ciblée, abonde Valérie Garnier. Elle doit gérer la frustration, car elle est souvent touchée. Mais elle savait, que les gens essaieraient de la bousculer physiquement. A elle d’apporter des variations dans son jeu. » « Elle est capable de faire tellement de choses qu’elle va s’adapter, et prendre ce que la défenseuse va lui offrir », salue Cathy Melain.
La joueuse, elle, accepte de canaliser son jeu tant que les Françaises poursuivent leur aventure à Tenerife. « On se fiche du scénario du match, conclut Marine Johannès. Une victoire, c’est le principal. » Qu’importe la manière, pourvu qu’il y ait l’ivresse d’une première demi-finale mondiale pour les Bleues depuis 1953.



                            


                        

                        


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Rugby : le club de Montpellier dédouané de tout dépassement de son plafond salarial

La commission d’appel de la Fédération française de rugby a confirmé que le club héraultais n’avait pas dépassé le « salary cap » mais l’a condamné pour manquements dans la communication de documents.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 22h30
   





                        



   


Le club de rugby de Montpellier (Top 14) a été dédouané jeudi 27 septembre par la commission d’appel de la Fédération française de rugby (FFR) de tout dépassement de son plafond salarial (« salary cap ») lors de la saison 2016-2017, selon son avocat, Me Antoine Vey.
Le club héraultais, propriété de Mohed Altrad, dont le groupe est le partenaire maillot du XV de France, a en revanche été condamné à une amende de 50 000 euros dont 30 000 avec sursis pour des manquements dans la communication de documents auprès du « salary cap manager » de la Ligue nationale de rugby (LNR).

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Celui-ci avait renvoyé Montpellier en mars devant le gendarme financier de la LNR, lequel n’avait pas sanctionné le club en juin, une décision dont la Ligue avait fait appel.
Contactée par l’AFP, la LNR n’a souhaité faire aucun commentaire.
Le vice-champion de France avait été signalé par le salary cap manager pour un dépassement du plafond salarial entre 350 000 et 400 000 euros lors de la saison 2016-2017. Il risquait une amende pouvant aller jusqu’à dix fois le montant de ce dépassement. Une procédure que le président de Montpellier, Mohed Altrad, avait alors qualifié d’« inacceptable », ciblant « l’amateurisme » de la LNR.
Enquête du parquet national financier
Avant de devenir le premier sponsor maillot du XV de France en janvier pour « au moins 35 millions d’euros » selon la FFR, Mohed Altrad avait signé un contrat privé avec son président, Bernard Laporte, d’un montant de 150 000 euros pour des prestations d’image. Face à la polémique, celui-ci y avait ensuite renoncé.
Le parquet national financier a ensuite ouvert une enquête sur des pressions supposées de Bernard Laporte sur la commission d’appel fédérale — celle-là même qui a été saisie mardi, mais dont la composition a été changée — pour réduire une précédente sanction touchant Montpellier.
Dans le cadre de cette première affaire, des perquisitions ont depuis eu lieu en janvier au domicile de Mohed Altrad et au siège de la FFR, à Marcoussis. L’enquête est toujours en cours.

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