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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Les deux usines du constructeur d’automobiles japonais outre-Manche emploient actuellement quelque 3 000 personnes.
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En cas de Brexit dur, Toyota interrompra sa production au Royaume-Uni

Les deux usines du constructeur d’automobiles japonais outre-Manche emploient actuellement quelque 3 000 personnes.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 15h28
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 17h16
   





                        


Le patron du constructeur automobile japonais Toyota au Royaume-Uni, Marvin Cooke, a prévenu samedi 29 septembre que l’usine britannique de Burnaston verrait sa production temporairement interrompue en cas d’une sortie de l’Union européenne sans accord. « Je pense que si le Royaume-Uni rompt avec l’UE à la fin de mars, la production s’arrêtera dans notre usine », a prévenu M. Cooke, interrogé par la BBC.
Il a dit ignorer si cette interruption durerait « seulement quelques heures, des jours ou des mois ». M. Cooke a dit que cela pourrait aussi affecter l’avenir de l’usine à plus long terme, en raison de coûts supplémentaires d’importation et d’exportation qui rogneraient sa compétitivité. « Malheureusement, cela réduirait le nombre de voitures fabriquées au Royaume-Uni et cela entraînerait des pertes d’emplois. »

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                L’industrie automobile britannique en plein doute



Selon la BBC, l’usine de Burnaston (centre de l’Angleterre), dont la production dépend notamment de composants importés de l’UE, a produit près de 150 000 voitures l’an dernier, 90 % étant destinées à l’exportation vers l’UE. Avec l’autre usine implantée à Deeside (nord du pays de Galles), Toyota emploie en tout quelque 3 000 personnes dans le pays.
Les négociations dans une « impasse »

   


Le ministre des entreprises, Greg Clark, a déclaré samedi que cet avertissement de l’entreprise japonaise mettait en exergue la nécessité pour Londres de conclure un accord de divorce avec l’UE. Toyota n’est pas le premier constructeur automobile à alerter sur les conséquences d’un Brexit dur au Royaume-Uni.
En juillet, Jaguar Land Rover avait menacé de réduire ses dépenses dans le pays dans cette éventualité. Deux mois plus tard, en septembre, BMW avait annoncé que son usine fabriquant la Mini au Royaume-Uni fermerait quatre semaines une fois la sortie de l’UE effective afin d’éviter toute perturbation en cas de Brexit sans accord.
Les Vingt-Sept et Londres doivent s’entendre en octobre ou novembre sur l’accord scellant leur divorce ainsi que sur une déclaration fixant le cadre de leur future relation. Mais la première ministre britannique, Theresa May, a déclaré que les négociations sur le Brexit étaient dans une « impasse » à la suite du rejet de ses propositions par les dirigeants européens au sommet informel de Salzbourg (Autriche) en septembre.

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                Critiquée par l’UE et son parti, Theresa May semble plus isolée que jamais






                            


                        

                        


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2018, année noire pour Facebook

La faille informatique annoncée le 28 septembre, qui a affecté 50 millions de comptes Facebook, met encore l’entreprise en difficulté, au cours d’une année déjà catastrophique.





LE MONDE
 |    29.09.2018 à 13h23
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 14h33
    |

            Morgane Tual





Un coup dur de plus pour Facebook. Vendredi 28 septembre, le plus grand réseau social du monde (2,23 milliards d’utilisateurs actifs chaque mois) a annoncé que 50 millions de ses comptes avaient été affectés par une faille de sécurité. La faille a permis à des pirates de mettre la main sur des éléments clés d’identification des comptes concernés, au point de pouvoir potentiellement s’y connecter.
L’enquête interne et les investigations du FBI n’en sont qu’à leur début, qui doivent tenter de déterminer qui sont les pirates, et ce qu’ils ont pu faire concrètement de leur exploitation des « bugs » contenus, à l’origine, dans le code de Facebook. Mais l’annonce a déjà de quoi fortement ébranler la confiance des utilisateurs, au cours d’une année 2018 qui s’impose comme la pire vécue dans la courte existence de l’entreprise.
Manipulation politique ?
Le cauchemar a commencé en mars, avec le scandale Cambridge Analytica : deux enquêtes du Guardian et du New York Times ont révélé comment cette entreprise, spécialiste de l’influence politique et proche de Donald Trump, avait indirectement siphonné les données de 87 millions d’utilisateurs de Facebook sans leur consentement.

        Lire nos explications :
         

          Comment une entreprise proche de Trump a siphonné les données de millions d’utilisateurs de Facebook



Ces données ont-elles été exploitées afin de favoriser la victoire de Donald Trump ? La réponse demeure toujours incertaine, alors que Facebook tentait déjà d’y voir clair dans l’utilisation de sa plate-forme par des Russes pour influencer l’élection présidentielle américaine de 2016.
L’affaire Cambridge Analytica a renforcé des soupçons latents. L’entreprise vantait sa capacité à établir des profils psychologiques et politiques d’internautes à partir de leurs données Facebook, afin de définir au mieux ensuite les publicités et les messages à leur diffuser pour les influencer. Ainsi, le monde découvrait que Facebook avait laissé des données d’utilisateurs se faire aspirer et que celles-ci pouvaient être exploitées afin de tenter d’influencer des élections. Preuve que Facebook était devenu, sans trop de résistance, un outil politique, et un enjeu pour l’avenir de la démocratie.

        Lire l’enquête :
         

          Facebook est-il un danger pour la démocratie ?




   


Cette affaire a changé durablement l’image de Facebook, qui ne peut plus se présenter au monde comme une plate-forme joyeusement familiale et futile, une entreprise jeune, insouciante et novatrice. A l’image de son patron, qui avait jusque-là su entretenir sa figure de jeune prodige en sweat-shirt. C’est le visage pâle et l’expression grave que le monde a redécouvert Mark Zuckerberg le 10 avril, prisonnier d’un costume austère, accablé par des parlementaires au Sénat américain.
Un moment surréaliste, voyant s’affronter un jeune homme peu réputé pour son aisance en public, et des élus américains qui, à travers l’affaire Cambridge Analytica, découvraient et questionnaient le fonctionnement basique de Facebook, et de sa plate-forme de publicités ciblées. En jouant la carte de l’humilité, le patron a toutefois passé cet exercice périlleux aux allures de procès public sans trop de difficultés.

Un rôle « déterminant » en Birmanie
Les problèmes ne se sont pas arrêtés pour autant. Ce qui avait commencé à poindre lors de ces deux auditions n’a fait que s’accentuer au fil des mois : les républicains ont accusé Facebook, tout comme Google et Twitter, de biais démocrate et de censure à l’encontre des conservateurs. Fait rarissime, des messages d’employés de Facebook eux-mêmes, regrettant le manque de « diversité » politique au sein de l’entreprise et reprenant des arguments de Donald Trump sur le sujet, ont fuité dans la presse en août.
Facebook s’est alors retrouvé pris au piège de son propre système de modération, tantôt jugé trop laxiste, quand il laisse proliférer fausses informations et théories du complot. Tantôt trop dur, quand, pour lutter contre ce problème, il bannit des comptes d’extrême droite parmi les plus populaires, comme celui d’Alex Jones.
La bonne résolution 2018 de Mark Zuckerberg : « régler les problèmes de Facebook »
Autre question particulièrement épineuse pour Facebook : la façon dont le réseau social a manqué de réagir à la situation en Birmanie. Facebook est accusé d’avoir laissé des messages de haine, des appels à la violence et de fausses informations proliférer à l’encontre des Rohingya, cette minorité ethnique majoritairement musulmane et victime de « nettoyage ethnique », selon l’ONU. Les Nations unies ont estimé en mars que Facebook avait joué un rôle « déterminant » dans cette crise. Une accusation d’une gravité inédite.
Attaqué sur tous les fronts, Facebook a enchaîné excuses et annonces, quitte à rogner sur les bénéfices. Mark Zuckerberg avait déjà prévenu à la fin de 2017 que les investissements visant à « protéger » la communauté Facebook « aur[aie]nt des conséquences sur la rentabilité de l’entreprise ». Et ce quelques jours avant l’annonce de sa traditionnelle bonne résolution de janvier visant, pour 2018, à « régler les problèmes de Facebook ».
Opération « patte blanche »
C’est raté. Avec l’attaque révélée le 28 septembre, Facebook vient d’ajouter une nouvelle déconvenue à son palmarès 2018, d’un genre inédit pour l’entreprise : la découverte d’une faille de sécurité majeure directement inscrite dans le code informatique de Facebook, exploitée par des pirates informatiques grâce à trois dysfonctionnements au sein même des fonctionnalités du réseau. Un scénario catastrophique pour l’entreprise.

        Lire aussi :
         

                Cinquante millions de comptes Facebook affectés par une faille de sécurité



Si Facebook reste avare en détail sur les effets concrets du piratage, les dirigeants ont mis l’accent sur la rapidité de leur réaction : la faille a été identifiée mardi 25 septembre, le problème corrigé dans la nuit de jeudi à vendredi, et Facebook a communiqué dans la foulée, sans même disposer de tous les éléments de l’enquête.
Une opération « patte blanche », alors que Facebook a été soupçonné d’avoir dissimulé l’affaire Cambridge Analytica pendant longtemps. En Europe, Facebook a aussi prévenu dès le départ l’agence de protection des données irlandaise, la législation européenne ayant rendu obligatoire cette démarche lorsque des données de citoyens européens sont concernées par une fuite ou par une attaque.
Cette transparence peut-elle suffire, alors que la confiance est déjà plus qu’érodée ? Malgré l’avertissement de Mark Zuckerberg en novembre, les marchés ne lui ont pas pardonné ses résultats, moins hauts qu’espéré, au second semestre 2018. Facebook affichait pourtant toujours une insolente croissance de chiffre d’affaires (de 42 % par rapport à 2017) et d’utilisateurs mensuels actifs (de 11 %). Le titre s’est pourtant effondré le 26 juillet dans la foulée de l’annonce des résultats, sans se relever depuis.
« L’ère du Far West est révolue pour les réseaux sociaux »
Reste à voir quelles seront les conséquences de l’attaque informatique révélée le 28 septembre. Déjà, des sénateurs comme le démocrate Mark Warner ont montré les dents, appelant le congrès à « agir pour protéger la vie privée et la sécurité des utilisateurs ». « L’ère du Far West est révolue pour les réseaux sociaux », a-t-il écrit sur Twitter. La réglementation des grandes plates-formes du Web, que souhaite éviter Facebook et à laquelle les Etats-Unis sont traditionnellement peu favorables, semble devenir une hypothèse chaque jour plus discutée.
Facebook entre par ailleurs dans une nouvelle période à hauts risques : celle des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, qui se tiendront le 6 novembre. Le réseau social a pris des mesures pour éviter qu’il ne soit à nouveau le théâtre de tentatives d’ingérence, à grand renfort de communication, comme la mise en scène d’une « salle de crise » au cœur de son siège social californien. Une nouvelle épreuve du feu pour Facebook, qui a déjà plusieurs incendies à gérer.

« Aucun besoin de changer vos mots de passe »
Comment protéger son compte ? Comment savoir si l’on a été concerné par la faille de sécurité qui a touché 50 millions de comptes ? Pour le moment, les informations fournies par Facebook sont encore trop parcellaires pour répondre à ces questions.
Dans un message adressé à ses utilisateurs, Facebook assure toutefois qu’il n’y a « aucun besoin de changer vos mots de passe ». Rien n’indique non plus qu’il soit aujourd’hui nécessaire de se déconnecter de tous les comptes connectés avec Facebook, y compris dans les applications tierces comme Instagram ou Tinder : le fait d’avoir été déconnecté de force de son compte Facebook vendredi a normalement résolu la faille de sécurité, si jamais son compte était touché.
Les utilisateurs de comptes Facebook peuvent toutefois le faire eux-mêmes dans leurs paramètres, par mesure de précaution supplémentaire. Par ailleurs, si le fait d’avoir été déconnecté de force peut signifier que son compte a été affecté par la faille de sécurité, Facebook a expliqué vendredi qu’il avait également déconnecté des comptes (90 millions en tout) « par souci de sécurité », qui n’avaient pas forcément été utilisés de manière frauduleuse.
Il est encore impossible de savoir si son compte fait partie des 50 millions auxquels des pirates ont pu avoir accès, et impossible de savoir si des données privées ont été volées dans l’opération. On sait en revanche que la faille de sécurité a rendu cela possible. Et si des pirates ont effectivement récupéré des données, il est déjà trop tard pour agir. Seule certitude de Facebook : aucune donnée de carte bancaire n’a été dérobée dans le cadre de cette faille de sécurité.






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En Turquie, le président Erdogan renonce à faire creuser un deuxième Bosphore

L’effondrement de la devise nationale et le ralentissement de l’économie ont raison de certains projets d’infrastructure.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h25
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Ralentissement économique oblige, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dû renoncer, pour quelques années au moins, au grand projet qui lui tenait le plus à cœur : la construction du canal Istanbul, un deuxième Bosphore à creuser sur 45 kilomètres de long entre la mer Noire et la mer de Marmara. La récession qui s’annonce sur fond de crise financière – la livre turque ayant perdu 40 % de sa valeur face au dollar depuis janvier –, a eu raison de cet ouvrage, qualifié de « fou » par le président lui-même lorsqu’il l’avait évoqué pour la première fois, en 2011.

Faute d’investisseurs, une partie des grands chantiers qui étaient jusqu’ici la marque du numéro un turc et de son Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) ne sont plus d’actualité. Le président Erdogan l’a reconnu. « Nous n’envisageons pas de nouveaux investissements » sur les grands projets encore en friche, a-t-il déclaré à des hommes d’affaires réunis à Ankara le 14 septembre. « Seuls ceux qui ont déjà été réalisés à 70 % seront menés à bien », a-t-il précisé.
Berat Albayrak, le ministre des finances, qui n’est autre que le gendre du président, a confirmé cette décision dix jours plus tard, en dévoilant son nouveau programme économique, centré sur la réduction des dépenses publiques et sur la lutte contre l’inflation (18 % en août). Bien que le deuxième Bosphore n’ait pas été explicitement évoqué, il est clair que sa réalisation, prévue pour débuter cette année, n’aura pas lieu dans un futur proche.

Cette nouvelle voie du commerce maritime était pourtant l’enfant chéri d’une série de projets pharaoniques voulus par M. Erdogan pour moderniser la ville dont il fut le maire de 1994 à 1998, comme le troisième pont au-dessus du Bosphore, deux tunnels creusés sous le détroit et un troisième aéroport à Istanbul, dont l’inauguration est prévue pour le 29 octobre, jour de la fête nationale.
Visant à désengorger...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Au siège de l’entreprise, rebaptisée WW depuis septembre, consacrée à la forme et au bien-être, certaines salariées disent avoir souffert ou souffrir de harcèlement moral.
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Harcèlement moral : la direction de Weight Watchers mise en cause

Au siège de l’entreprise, rebaptisée WW depuis septembre, consacrée à la forme et au bien-être, certaines salariées disent avoir souffert ou souffrir de harcèlement moral.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h23
    |

            Francine Aizicovici








                        



                                


                            
« Je n’aurais pas pu faire autre chose que de travailler pour le bien-être des salariés. » Après avoir vécu une expérience qu’elle qualifie de « destructrice » dans une entreprise, Anne-Véronique Herter, ex-responsable marketing, a voulu « être utile » aux victimes de souffrance au travail. Depuis le 3 septembre, elle se consacre à son nouveau métier : consultante en prévention des risques psychosociaux (RPS), dans un cabinet spécialisé.
Dans son livre Le Cri du corps, paru le 3 mai (Editions Michalon), Mme Herter, auteur de deux autres ouvrages, témoigne du harcèlement moral dont elle dit avoir fait l’objet à son travail. Lors de son embauche, en 2008 dans cette nouvelle entreprise, après une dizaine d’années en agence de communication, elle avait cru entrer dans « la boîte de (sa) vie ». Elle va connaître au bout de quelques années une descente aux enfers, faite d’humiliations et de dénigrement de la part de plusieurs directrices. Elle ne voit alors d’issue que dans la mort. Elle n’ira pas jusque-là, mais séjournera en clinique psychiatrique, ce qui lui permettra de se reconstruire. Et, enfin, de quitter cette entreprise en octobre 2017.
Cette dernière, dont Mme Herter ne cite pas le nom, est, selon nos informations, Weight Watchers, la filiale de la compagnie américaine qui a changé de nom le 24 septembre pour se rebaptiser WW pour se retrouver en phase avec son nouveau slogan « Wellness that works », soit « le bien-être qui marche ». L’entreprise propose, notamment, des programmes de perte de poids, diffusés en ligne ou lors de réunions animées par des « coachs ».
« L’entreprise que (Mme Herter) décrit n’est pas la nôtre, réagit Joël Thivet, directeur marketing et communication chez Weight Watchers France. C’est une histoire qu’elle s’est racontée. Peut-être pour lancer sa carrière d’écrivain. » Pourtant, après un entretien...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Le patron de la division aviation commerciale du groupe fait figure de favori pour remplacer Tom Enders et prendre la tête de l’avionneur européen.
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Guillaume Faury en passe de devenir numéro un chez Airbus

Le patron de la division aviation commerciale du groupe fait figure de favori pour remplacer Tom Enders et prendre la tête de l’avionneur européen.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 12h04
    |

            Guy Dutheil








                        



                                


                            

Le groupe Airbus a-t-il décidé d’accélérer le processus de succession de son président exécutif ? L’agence Reuters a annoncé, vendredi 28 septembre, que le conseil d’administration de l’avionneur européen pourrait nommer le successeur de Tom Enders à la tête du groupe dès le 13 novembre. Guillaume Faury, ex-président d’Airbus Helicopters, propulsé depuis quelques mois à la tête de la division aviation commerciale d’Airbus, fait figure de favori pour succéder à Tom Enders. Interrogé, l’avionneur européen s’est « refusé à tout commentaire » sans toutefois démentir l’information. Hasard du calendrier, Tom Enders et Guillaume Faury étaient tous les deux présents en Chine, ce vendredi, pour fêter le dixième anniversaire de leur usine d’assemblage de l’A320 à Tianjin dans la grande banlieue de Pékin.
Selon le décompte initial fixé par Airbus, un conseil d’administration devait se tenir avant la fin de l’année pour s’entendre sur le nom du nouveau patron du groupe. Tom Enders a en effet indiqué qu’il ne briguera pas un nouveau mandat et qu’il quittera ses fonctions en mai 2019. Outre Guillaume Faury, le nom de Patrice Caine, PDG de Thales, a été cité pour occuper le fauteuil de Tom Enders. Toutefois, le patron du groupe français d’électronique et de défense ne s’est jamais déclaré officiellement candidat à la succession du président d’Airbus.
Cette accélération des échéances prend sa source dans les querelles intestines qui ont secoué l’avionneur européen pendant de longs mois en 2017. Pour trouver une issue à cette crise de gouvernance, un conseil d’administration qui s’est tenu en décembre 2017 et a été décrit, à l’époque, comme « tendu et à portes fermées » avait débouché sur l’éviction de l’ex-numéro deux du groupe, Fabrice Brégier, qui a quitté ses fonctions en février, tandis que Tom Enders était poussé vers la sortie en mai 2019.
Guerre des chefs
Pour justifier ce remaniement soudain et surtout l’éviction de son numéro...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Le premier ministre envisage une dégressivité pour ceux qui ont « une très forte employabilité » et « des salaires très élevés ».
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Dégressivité du chômage pour les cadres : la CFE-CGC dénonce le « populisme » du gouvernement

Le premier ministre envisage une dégressivité pour ceux qui ont « une très forte employabilité » et « des salaires très élevés ».



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 11h48
   





                        


Le président de la Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC), François Hommeril, estime qu’en évoquant la piste d’une possible dégressivité des allocations de chômage pour les hauts salaires, jeudi 27 septembre, le premier ministre, Edouard Philippe, « tombe dans la stigmatisation des cadres ».
« Je suis déçu car le gouvernement se lance dans une opération de communication populiste », déclare M. Hommeril dans une interview publiée samedi par Libération. « Le plus grave, ajoute-t-il, c’est de faire croire que la dégressivité des allocations chômage va faire baisser le chômage. C’est faux, toutes les études l’ont démontré. »
Le premier ministre a déclaré jeudi sur France 2 que « dans certains cas », cette dégressivité pouvait être « envisagée », et « peut avoir du sens » pour ceux qui ont « une très forte employabilité, pour ceux qui ont des salaires très élevés ».

        Lire aussi :
         

                Unédic : le premier ministre s’invite dans le débat sur la dégressivité



Nouvelle négociation sur l’assurance-chômage
Selon le président de la CFE-CGC, les cotisations des cadres « représentent 42 % des ressources » de l’assurance-chômage, alors que les allocations qu’ils perçoivent n’en représentent que « 15 % ».
« Que les cadres participent à la solidarité, c’est très bien ! Mais il est inadmissible de les en exclure », s’indigne M. Hommeril, qui juge « stupéfiant » de voir le premier ministre « tomber dans la stigmatisation des cadres ».

        Lire aussi :
         

                Assurance-chômage dégressive pour les hauts revenus : une proposition réaliste ?



D’autant que « la réalité », selon lui, « c’est que nombre de cadres qui perdent leur place entre 45 et 65 ans ont du mal à retrouver un emploi équivalent ». Pour le président de la CFE-CGC, ce qui coûte cher à l’assurance-chômage, « ce sont les contrats courts : cela représente quatre à six milliards d’euros », dit-il.
Les partenaires sociaux doivent s’engager dans une nouvelle négociation sur l’assurance-chômage, voulue par le gouvernement, qui leur demande notamment de faire de 3 à 3,9 milliards d’euros d’économies sur trois ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Le président chinois veut développer les entreprises du secteur public, dont le poids est au cœur du conflit commercial actuel entre la Chine et les Occidentaux, et également soutenir le secteur privé.
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Chine : entreprises publiques ou privées, le « en même temps » de Xi Jinping

Le président chinois veut développer les entreprises du secteur public, dont le poids est au cœur du conflit commercial actuel entre la Chine et les Occidentaux, et également soutenir le secteur privé.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 11h43
    |

            Frédéric Lemaître








                        



   


En « tournée d’inspection », cette semaine, dans le nord-est de la Chine, le président Xi Jinping a semblé s’inspirer d’Emmanuel Macron. Celui qui est aussi secrétaire général du Parti communiste chinois veut développer le secteur public et, en même temps, soutenir le secteur privé. Deux affirmations moins anodines qu’il n’y paraît. Devant des ouvriers du groupe pétrolier public China National Petroleum Corporation, M. Xi a déclaré : « Nos entreprises publiques devraient continuer de devenir plus fortes, meilleures et plus grandes. » « Les déclarations et les arguments qui nous disent que nous n’avons plus besoin des entreprises publiques ou que nous devrions en réduire [le nombre] sont faux et partiaux », a-t-il ajouté.
Des énormes conglomérats
Ces entreprises, plus d’une centaine, partiellement cotées en Bourse, sont d’énormes conglomérats. Soixante-sept d’entre elles, qui appartiennent au gouvernement central, font partie des 500 entreprises les plus riches du monde, avait calculé l’agence Reuters en 2017. Jugées moins performantes que les entreprises privées, elles ont pourtant vu leur poids dans l’économie à nouveau progresser depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir, en 2012. En raison de leurs liens étroits avec l’appareil communiste et l’opacité de leurs comptes, les Occidentaux se plaignent de leurs privilèges. Le poids de ces entreprises est au cœur du conflit commercial actuel entre la Chine et les Occidentaux. Le soutien qu’elles viennent de recevoir de Xi Jinping est donc une fin de non-recevoir aux demandes des Occidentaux.

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                Les entreprises européennes déplorent le manque de réformes en Chine



Mais « en même temps », et contrairement à ce que préconisent certains économistes chinois, pas question de se passer du secteur privé. « Les règles du parti sont favorables au développement des entreprises privées », a-t-il déclaré devant des métallurgistes, promettant « de créer un meilleur environnement juridique et d’améliorer l’environnement économique pour les entreprises privées ». Des promesses bienvenues pour les investisseurs, mais qui ne doivent pas cacher l’essentiel : la loi du parti prime sur celle du marché.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Dix ans après sa création, l’enseigne discount aligne 150 000 abonnés. Son concurrent, CMG Sports Club, licencie 40 % de ses effectifs au sein de son siège social.
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Neoness accélère la chute de CMG Sports Club, pionnier des salles de fitness

Dix ans après sa création, l’enseigne discount aligne 150 000 abonnés. Son concurrent, CMG Sports Club, licencie 40 % de ses effectifs au sein de son siège social.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 11h24
    |

                            Juliette Garnier








                        



                                


                            

Neoness prend du muscle. Depuis fin août, l’enseigne de salles de sport à prix plancher propose à tout nouvel abonné de lui reverser 1 euro à chaque fois qu’il vient s’entraîner dans un de ses établissements. La formule dite Training plus représente « 60 % de nos nouveaux abonnés », se félicite Marie-Anne Teissier, cofondatrice de Neoness, avec Céline Wisselink. Cette proposition de cashback pour un abonnement mensuel de 30 euros séduit ceux qui, de retour de vacances, prennent pour bonne résolution de se mettre au sport.
Fondée en 2007 par deux anciennes cadres de l’UCPA, l’enseigne (39 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2017) accélère ainsi sa conquête de part de marché. En dix ans, elle a trouvé son public. Neoness revendique déjà 150 000 abonnés. A la tête de 31 établissements, dont 25 en Ile-de-France, Neoness a ouvert une dizaine de salles en deux ans. Toutes sont sous le même format low cost : 1 000 à 2 000 m² pour un plateau de machines de musculation en libre-service, une salle de cours collectifs assurés par des coachs et des vestiaires aux douches payantes.
Et toutes les salles Neoness sont à des emplacements de second rang que l’enseigne loue à moindre coût. En complément, fin octobre, la société (400 salariés) a lancé une nouvelle enseigne, Episod, destinée à une clientèle argentée qui préfère un lieu plus chic et plus intimiste pour pratiquer de la « boxe, du cycling, du yoga ou du functional training », explique Mme Teissier. Trois studios Episod ont été inaugurés dans la capitale, dont un dans le quartier de la Bourse.
CMG Sports Club ne cesse de perdre des adhérents, échaudés par ses tarifs à partir de 75 euros par mois
A Paris, son offensive fait transpirer son concurrent, CMG Sports Club. Pionnier des salles de fitness exploitées dans Paris depuis 1979, d’abord sous la marque Gymnase Club puis Club Med Gym, la chaîne parisienne traverse une crise sans précédent....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Plongée chez ces experts-comptables qui préparent, depuis plusieurs mois, le changement, en janvier 2019, de la collecte de l’impôt.
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Les experts-comptables s’attellent au prélèvement à la source

Plongée chez ces experts-comptables qui préparent, depuis plusieurs mois, le changement, en janvier 2019, de la collecte de l’impôt.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 11h18
    |

            Elise Barthet








                        



                                


                            

Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour la comptabilité ! A la fin du mois de septembre, les premiers bulletins de paie faisant préfigurer les salaires amputés de l’impôt sur le revenu commenceront à être distribués dans les entreprises. Censés donner aux contribuables un aperçu de ce qui les attend après la mise en place du prélèvement à la source au 1er janvier 2019, ils tiendront compte des taux choisis par les déclarants. Taux personnalisés, individualisés ou neutres que l’administration fiscale a transmis aux services concernés. Il était temps.
La grande bascule de la collecte de l’impôt a beau être dans les cartons depuis deux ans, particuliers et employeurs peinent encore à s’y retrouver. N’en déplaise à Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, qui assure que le dispositif est « prêt » et ne coûtera « pas un centime », les atermoiements du gouvernement ont marqué les esprits. « Jusque-là, la seule chose qui préoccupait nos clients, c’était l’année blanche, et comment l’optimiser. Pour le reste, ils n’étaient pas très informés. Les débats récents ont créé un climat anxiogène », témoigne Virginie Vellut, experte-comptable associée au sein du cabinet BDS, à Troyes.

Confidentialité, recours en cas d’erreurs, risque de choc psychologique… L’inquiétude est d’autant plus forte, côté employeurs, que les syndicats patronaux n’ont pas caché tout le mal qu’ils pensent de la réforme. « Le prélèvement à la source, c’est de l’argent volé aux entreprises », assénait à la mi-septembre François Asselin, président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), devant les caméras du Figaro.fr. Comme le Medef, le patron des petits patrons pointe les risques de contentieux et de frais supplémentaires.
« Le surcroît de travail sera facturé »
Qu’en sera-t-il réellement ? Sur le papier, tout semble bien huilé : le prélèvement à la source ne modifie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Les Etats-Unis continuent de bloquer le renouvellement des juges de son organe d’appel, l’instance chargée de trancher les différends commerciaux entre pays.
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Le gendarme OMC au bord de la paralysie

Les Etats-Unis continuent de bloquer le renouvellement des juges de son organe d’appel, l’instance chargée de trancher les différends commerciaux entre pays.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 11h01
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Les spécialistes du commerce international ont coutume d’en parler comme du « joyau de la couronne ». Au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), à Genève, l’Organe de règlement des différends (ORD) et sa clé de voûte, le système d’appel, ont la délicate mission d’arbitrer les contentieux commerciaux entre Etats. Dûment protégés, les bureaux de ses juges se trouvent au bout d’un couloir ultrasécurisé, aux murs ornés d’une succession de « photos de famille ».
Tel cliché pris aujourd’hui aurait l’air singulièrement vide. En effet, depuis dix-huit mois, les Etats-Unis bloquent la nomination de nouveaux juges et les postes vacants se multiplient. L’organe d’appel – dont le rôle est comparable à celui d’une Cour de cassation – compte ordinairement sept membres. A partir du dimanche 30 septembre, alors que le mandat d’un juge mauricien arrive à son terme, ils ne seront plus que trois (un Indien, une Chinoise et un Américain). Le minimum ultime pour pouvoir fonctionner.
A ce rythme, l’instance deviendra obsolète fin 2019, lorsqu’il ne restera plus qu’un seul et dernier membre. Mais la question se pose avant même ce délai, si l’un des trois juges encore en place devait se récuser pour conflit d’intérêts. Ce tribunal multilatéral est en train de tomber en catalepsie, au moment même où l’offensive protectionniste du président américain, Donald Trump, menace de dégénérer en guerre commerciale ouverte.

Les Etats ont déjà porté trente conflits devant l’ORD cette année, un record depuis 2002. Une vingtaine découlent directement des nouvelles taxes punitives imposées par les Etats-Unis à leurs partenaires sur une série de produits : des lave-linge aux panneaux solaires, en passant par l’acier et, désormais, une multitude de biens chinois.
L’administration Trump justifie ses manœuvres d’obstruction par d’obscures questions procédurales
A cette aune, le blocage des juges « pose un sérieux danger systémique »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ En France, la valeur d’une vie est évaluée à trois millions d’euros. L’économiste Béatrice Cherrier explique, dans cette chronique, quels sont les ressorts méthodologiques, éthiques et historiques qui ont conduit aujourd’hui à ce chiffrage.
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Chiffrer « le prix d’une vie humaine »

En France, la valeur d’une vie est évaluée à trois millions d’euros. L’économiste Béatrice Cherrier explique, dans cette chronique, quels sont les ressorts méthodologiques, éthiques et historiques qui ont conduit aujourd’hui à ce chiffrage.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 11h00
    |

Béatrice Cherrier (Economiste à l’université de Cergy-Pontoise et à l’Institute for New Economic Thinking)







                        



                                


                            
Recherches. Nouveaux traitements médicaux, lutte contre la pollution, secours aux populations frappées par une catastrophe naturelle, évaluation de la limitation de vitesse à 80 km/h : nombreuses sont les décisions politiques qui nécessitent de chiffrer la valeur d’une vie, sauvée ou perdue. Si la méthode peut sembler cynique et contestable sur le plan éthique, la mise en chantier d’une nouvelle action publique ne se fait plus sans que son coût soit comparé au bénéfice qui sera tiré des vies ainsi préservées.
Les origines du chiffrage sont à rechercher au sein des services de l’armée de l’air américaine pendant la guerre froide
En France, la valeur d’une vie est, d’après un rapport de 2016, évaluée à 3 millions d’euros (« Elements pour une révision de la valeur de la vie humaine », Commissariat général à la stratégie et à la prospective, 2013). Comment ce chiffre est-il construit, quels en sont les ressorts méthodologiques et éthiques ?
Si ce chiffrage fut effectué pour la première fois en France en 1994 par l’économiste Marcel Boiteux, ses origines sont à rechercher au sein des services de l’armée de l’air américaine pendant la guerre froide, rapporte l’économiste Spencer Banzhaf (« The Cold-War origins of the Value of Statistical Life », Journal of Economic Perspective n° 28/4, 2014).
A la fin des années 1940, l’US Air Force cherche à maximiser les dommages infligés par ses raids aériens potentiels contre l’URSS. Elle s’adresse à un groupe de chercheurs de la RAND Corporation. Ceux-ci proposent de faire voler un grand nombre d’avions peu coûteux pour leurrer les défenses aériennes soviétiques. Mécontents, les généraux de l’Air Force pointent alors que le coût de la vie des pilotes sacrifiés ne figurait même pas dans les calculs des scientifiques ! Il fallut vingt ans à la RAND pour résoudre le problème.
« Vie statistique »
L’économiste Jack Hirshleifer proposa d’abord d’évaluer la vie d’un pilote à l’aune...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Du 4 au 14 octobre, le constructeur premium allemand y dévoilera cinq nouveautés. Un rendez-vous d’autant plus important pour la marque aux anneaux qu’elle a nettement reculé sur le marché hexagonal depuis le début de l’année.
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Automobile : pour Audi, le Mondial de Paris demeure une vitrine

Du 4 au 14 octobre, le constructeur premium allemand y dévoilera cinq nouveautés. Un rendez-vous d’autant plus important pour la marque aux anneaux qu’elle a nettement reculé sur le marché hexagonal depuis le début de l’année.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 10h57
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Dix-huit modèles, cinq nouveautés, 2 216 mètres carrés de stand... La marque Volkswagen ayant boudé cette année les travées du Mondial de l’automobile, qui se tiendra du 2 au 14 octobre à Paris, Audi, filiale du groupe Volkswagen, sera le porte-drapeau du géant allemand dans le salon français.
A l’heure où de plus en plus de marques se posent la question de leur participation aux grands salons, Lahouari Bennaoum, directeur d’Audi France depuis le 1er mars, explique au Monde le choix du constructeur premium (1,9 million de véhicules vendus dans le monde en 2017, contre 6,2 pour sa grande sœur).
« C’est une excellente chose pour nous d’être au Salon de Paris cette année, car nous avons beaucoup de nouveautés à montrer, explique l’ancien patron de Skoda France, passé de PSA au groupe Volkswagen en 2015. Vous pouvez faire un événement à part pour lancer un véhicule. C’est très bien. Mais là, c’est un feu d’artifice : nous renouvelons nos berlines du segment le plus élevé, A8, A7, A 6 avec sa version break. Nous montrons le Q8, dernier-né et le plus luxueux de nos SUV [pour sport utility vehicle] haut de gamme. Nous dévoilons deux véhicules très importants pour le marché français : la toute nouvelle A1 et le Q3. Sans compter le très attendu SUV 100 % électrique, l’Audi e-tron, qui sera sur les routes au plus tard au début de l’année prochaine. »

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                Les salons de l’automobile en perte de vitesse



« Jamais, dans l’histoire de notre marque, il n’y avait eu autant de renouvellements en si peu de temps, poursuit M. Bennaoum. Un salon comme Paris, qui fait environ 1 million de visiteurs, reste une vitrine de choix lorsque vous voulez mettre en avant tous ces véhicules. » Il faut dire qu’Audi doit s’efforcer de « parler » au marché français, sur lequel il a nettement reculé depuis le début de l’année (- 7 % à fin août contre + 9 % pour l’ensemble des immatriculations).
« Une opération de séduction utile »
Aux dires de Lahouari Bennaoum, le point de contact majeur avec des clients potentiels que constitue un grand salon international est un outil difficile à remplacer pour faire la pédagogie d’une marque en pleine transformation. « Nous en profitons pour expliquer à nos visiteurs que les changements se font dans le cadre d’un nouveau style intérieur, plus épuré.  Le salon reste une opération de séduction utile, il permet de tester l’appétence pour un prototype ou un design. Il ne faut pas sous-estimer le fait que beaucoup de personnes veulent voir les produits. »
Et puis, il y a l’électrique. Sur ce terrain, il faut « évangéliser » le client Audi, habitué à son puissant moteur thermique. Le salon est un vecteur qui s’y prête à merveille. « Nous pouvons rassurer en direct nos acheteurs potentiels, détaille M. Bennaoum. Nous expliquons que le nouveau SUV à batteries bénéficie de la technologie Quattro, familière à nos clients, qu’il offre une excellente autonomie de 400 kilomètres réels testée dans des conditions sévères, que la recharge n’est pas un casse-tête puisqu’elle peut se faire en concession et que le maillage de nos superchargeurs est déjà important. »

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                Audi étend son empire



Audi reste donc fidèle au Mondial. Mais jusqu’à quand ? « A terme, la stratégie de la marque va consister plutôt à organiser des événements qui lui sont propres, confie le patron d’Audi France, avec de moins en moins de présence dans les salons, ou en tout cas une sélection plus restrictive. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Alors que le Mondial de l’auto ouvre ses portes, mardi à Paris, le modèle de ces grand-messes professionnelles est chamboulé. Une dizaine de constructeurs ont décidé de bouder le salon.
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Les salons de l’automobile en perte de vitesse

Alors que le Mondial de l’auto ouvre ses portes, mardi à Paris, le modèle de ces grand-messes professionnelles est chamboulé. Une dizaine de constructeurs ont décidé de bouder le salon.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 10h53
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 10h59
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            

Dans son bureau qui surplombe le hall 1 du parc des expositions de la porte de Versailles, Jean-Claude Girot est en colère. Ce n’est pas le bruit incessant des travaux qui l’horripile, ni les caisses qui s’entassent, encore moins la fatigue des premières nuits blanches alors qu’approche à grands pas le Mondial de l’automobile, qui ouvrira ses portes aux journalistes et professionnels le mardi 2 octobre, puis au grand public, deux jours plus tard.
Ce qui contrarie M. Girot, commissaire général du Mondial, c’est la énième question posée par un journaliste sur les constructeurs qui ont décidé de ne pas venir au salon cette année. Volkswagen, Opel, Jeep, Alfa Romeo, Ford, Nissan, Volvo, Mazda, Mitsubishi… Une dizaine de marques boudent ce qui constitue pourtant l’un des plus importants événements automobiles au monde et le tout premier salon de la voiture en nombre de visiteurs. Ces « déserteurs » représentent près de 40 % du marché automobile européen, selon un décompte de l’Agence France-Presse.
« Parler de ceux qui ne viennent pas, c’est d’abord faire de la pub à des gens qui racontent des mensonges, tonne Jean-Claude Girot. A entendre certains constructeurs, le Mondial de Paris ne leur ferait pas suffisamment de place par rapport aux Français. C’est faux. Si qui que ce soit me demande 10 000 mètres carrés, je les lui trouve. En réalité, ces prétextes sont avancés pour cacher des difficultés internes et des problèmes financiers ! »

Concurrence des salons de haute technologie
Alors qu’il fête ses 120 ans, le Mondial de Paris serait-il en pleine crise ? En réalité, c’est toute l’économie des salons automobiles à travers la planète qui, depuis trois ou quatre ans, est chamboulée. Le Mondial de Paris, qui se tient tous les deux ans, est loin d’être un cas isolé. Les événements majeurs que sont Francfort, Detroit ou Genève sont, eux aussi, concernés. Exemples : en 2019, Ford laissera tomber le rendez-vous helvétique ;...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Comme le « cri de Wilhem », le « Diddy Laugh » est devenu l’un des effets sonores les plus utilisés par l’industrie audiovisuelle.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ La livre d’arabica se négocie à moins de 100 cents. Une hausse de la production a entraîné les précieux grains, dans une spirale baissière, explique dans sa chronique, la journaliste au « Monde » Laurence Girard.
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« Le café broie du noir »

La livre d’arabica se négocie à moins de 100 cents. Une hausse de la production a entraîné les précieux grains, dans une spirale baissière, explique dans sa chronique, la journaliste au « Monde » Laurence Girard.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 10h00
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            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique Matières premières. Alors que le prix du baril monte irrésistiblement, franchissant la barre des 80 dollars, un autre or noir glisse inexorablement. Dans le tourbillon effréné des matières premières, le café est emporté dans une spirale baissière. La livre d’arabica, la variété la plus prisée, se négocie à moins de 100 cents. Mi-septembre, elle a flirté avec les 92 cents. Un niveau qu’elle n’avait pas atteint depuis douze ans. Le café broie du noir.
Pour comprendre cette glissade accélérée, entamée en 2017, il faut se balader dans les plantations brésiliennes du Minas Gerais. Un pays devenu premier producteur et exportateur mondial de café. La Compagnie nationale d’approvisionnement (Conab) a déclaré, le 20 septembre, s’attendre cette année à une récolte record, supérieure de 33 % à celle de 2017. Soit 59,9 millions de sacs de 60 kg. Dont 34,3 millions pour le seul arabica.

Les plants de ce café ont un cycle biennal et, cette année, la floraison d’arabica était des plus denses. Les bonnes conditions météorologiques ont comblé les attentes. Sans oublier que des plantations de café génétiquement modifié dopent les rendements. Cette avalanche de sacs a donné du grain à moudre aux spéculateurs, qui ont misé en masse sur la chute des cours.
La concurrence se corse pour le leader du marché, Nestlé
Les grandes enseignes et marques de café boivent du petit-lait. Et ne sont guère prêtes à répercuter une éventuelle baisse au consommateur. Bien au contraire. Starbucks n’a pas hésité, cet été, à donner un coup de pouce au prix de ses boissons caféinées aux Etats-Unis. Signe de l’intérêt pour le marché lucratif du petit noir, le roi du soda, Coca-Cola, a racheté la chaîne Costa Coffee, le challenger de Starbucks.
La concurrence se corse pour le leader du marché, Nestlé. Même s’il garde une longueur d’avance, il a senti dans son dos le souffle des nouveaux poursuivants. Comme le fonds d’investissement JAB, qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Suivant la politique de la Ville de Paris qui se bat depuis 2014 contre les meublés touristiques illégaux, la justice n’hésite plus à sanctionner financièrement les propriétaires et bailleurs qui ne respectent pas la loi.
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Locations touristiques illégales : les juges frappent au portefeuille

Suivant la politique de la Ville de Paris qui se bat depuis 2014 contre les meublés touristiques illégaux, la justice n’hésite plus à sanctionner financièrement les propriétaires et bailleurs qui ne respectent pas la loi.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 07h00
    |

            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

Chronique. Ceux qui espèrent encore obtenir une certaine indulgence des tribunaux lorsqu’ils transforment sans autorisation leur appartement en meublé touristique ou lorsqu’ils le sous-louent sans l’accord de leur bailleur se trompent : les juges n’hésitent plus à les sanctionner. « Ils considèrent que les gens connaissent désormais la loi », explique Ian Brossat, adjoint (PCF) en charge du logement à Paris, qui, depuis 2014, tente d’empêcher que la location de courte durée se développe au détriment de la location d’habitation.
Dans la capitale, le montant total des amendes que les juges infligent aux propriétaires ayant illégalement changé l’usage de leur logement n’a cessé d’augmenter : 62 500 euros en 2015, 307 500 euros en 2016, 1,3 million d’euros en 2017. Non seulement parce que la Ville traque de mieux en mieux ces contrevenants, non seulement parce qu’elle réclame systématiquement des poursuites à leur encontre, mais aussi parce que les magistrats, « surtout en appel », selon M. Brossat, acceptent d’alourdir ces amendes. Pour que ces dernières soient « dissuasives », la Ville demande d’ailleurs systématiquement qu’elles atteignent le maximum prévu par la loi (soit 50 000 euros, depuis le 1er janvier 2018). 

Autorisation préalable
La Cour de cassation vient, pour la première fois, le 12 juillet (2018), de valider le principe de cette sanction, infligée au propriétaire d’un appartement du 18e arrondissement de Paris, Etienne X, dans les conditions suivantes : en juillet 2015, la gêne que provoquent les allées et venues de sa clientèle entraîne une pétition des voisins, et incite le syndic de son immeuble à faire un signalement auprès du Bureau de la protection des locaux d’habitation de la Ville.
Après enquête, le bureau suspecte M. X d’avoir loué son appartement depuis janvier 2013, moyennant quelque 1 500 euros par mois. Pourtant,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Depuis 2005, un laboratoire conserve les micro-organismes qui assurent la typicité de notre alimentation, notamment dans les quelque 5 000 produits fermentés qui constituent 30 % de notre régime.
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A Rennes, une collection unique de bactéries pour conserver le patrimoine alimentaire

Depuis 2005, un laboratoire conserve les micro-organismes qui assurent la typicité de notre alimentation, notamment dans les quelque 5 000 produits fermentés qui constituent 30 % de notre régime.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 06h38
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            Charlotte Chabas (Rennes, envoyée spéciale)








                        



   


Comme dans toute banque, le coffre-fort est dur à atteindre. D’abord, deux épaisses portes métalliques, que seuls quelques badges autorisés peuvent ouvrir. Puis, une alarme. Enfin, une pièce bétonnée de moins de dix mètres carrés. « C’est l’avantage de notre trésor, il prend peu de place », sourit Florence Valence-Bertel, responsable du Centre international de ressources microbiennes (CIRM) de Rennes (Ille-et-Vilaine). Trois volumineux congélateurs trônent tout de même dans l’espace réduit. Là vivent à − 90 °C quelque 4 000 souches de bactéries d’intérêt alimentaire (BIA).
« La biodiversité, c’est aussi les bactéries »
A l’heure où certains crient à la perte du patrimoine alimentaire français, Florence Valence-Bertel et son équipe, installée au sein de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), veillent au grain. « La biodiversité, ce n’est pas que le zèbre et le lion, c’est aussi les bactéries », souligne cette docteure en microbiologie, en manipulant avec la plus grande précaution les fragiles éprouvettes de verre, dont certaines datent de cinquante ans. Devant les paillasses, ils sont six ce matin-là – dont plusieurs doctorants étrangers – à cultiver streptocoques, lactobacilles et bifidobactéries pour étoffer la collection.
Depuis 2005, ce laboratoire unique en France conserve les micro-organismes qui assurent la typicité de notre alimentation, notamment dans les quelque 5 000 produits fermentés qui constituent 30 % de notre régime. Car si les bactéries peuvent s’avérer de mortelles ennemies, elles sont aussi vertueuses pour la gastronomie. On leur doit tout autant la couleur de notre saucisson, le moelleux d’un pain de campagne ou l’amertume d’une bière d’abbaye. Surtout, « dans un pays comme la France, on a un terrain de jeu énorme avec les produits laitiers et le fromage », souligne Florence Valence-Bertel.
Uniformisation des goûts
D’autant que l’urgence à préserver ce patrimoine se fait de plus en plus pressante. « C’est le camembert qu’on assassine », écrivait ainsi au printemps dans Libération un collectif de grands chefs étoilés, dénonçant l’industrialisation à marche forcée de la plus célèbre des pâtes molles.

        Comprendre :
         

          Le camembert de Normandie va-t-il être « assassiné » ?



Des alertes qui ont commencé dans les années 1980, à mesure que le lait perdait en qualité. Quand on comptait alors environ 10 000 bactéries par millilitres, il n’y en avait plus que 1 000 en moyenne en 2010. Surtout, les producteurs industriels utilisent aujourd’hui moins de 100 souches bactériennes pour constituer tous les produits laitiers consommés dans le monde. Difficile avec ces seuls outils de maintenir la diversité gustative dont se targue le pays des 400 fromages.
Aujourd’hui, moins de 10 % des fromages consommés sont au lait cru
« Avant, une ferme A n’avait évidemment pas le même fromage qu’une ferme B », analyse Yves Le Loir, directeur de l’unité science et technologie du lait et de l’œuf à Rennes. Mais au sortir de la guerre, le pays a besoin de quantité plus que de typicité. La production augmente dans un souci permanent de réduire les coûts et d’accroître la sécurité alimentaire. La pasteurisation, ce procédé de conservation par chauffage qui tue une large partie des bactéries alimentaires – pathogènes comme positives –, s’impose. Aujourd’hui, moins de 10 % des fromages consommés sont au lait cru.
Dès lors, une uniformisation des goûts se met en place. « Le consommateur veut que, d’une semaine sur l’autre, le goût de son camembert soit le même », rappelle Yves Le Loir. Fini la saisonnalité des fromages. Dans les supermarchés, tout est mis sous emballage par mesure d’hygiène.
Mais les modes de consommation évoluent vite. « Depuis une dizaine d’années, on observe à nouveau une demande sociétale vers plus de naturalité », souligne Florence Valence-Bertel, dont le travail n’en devient que plus précieux :
« Les producteurs viennent chercher chez nous des outils pour retrouver du goût, tout en garantissant une parfaite innocuité sanitaire. »
« Matière vivante »
Mais comment s’assurer de retrouver la saveur authentique d’un produit ? A la manière d’enquêteurs organoleptiques, les chercheurs tentent de plus en plus de retrouver le chemin gustatif vers des fromages en déclin, voire oubliés.
Depuis plusieurs mois, l’équipe travaille ainsi avec la région Bretagne pour relancer la production du gwell, un fromage local issu du lait de la vache pie noir, elle-même en voie de disparition.
Autour de la table, une trentaine de producteurs, transformateurs, chercheurs, ainsi qu’un sociologue. « On a commencé par une question simple : c’est quoi le gwell typique ? », se souvient Florence Valence-Bertel. La réponse, elle, ne l’était pas : « Tous avaient une idée différente : “Ça pétille sur la langue”, “C’est crémeux et beurré”, “Ça a un goût de ferme” ». « Un fromage, c’est une matière vivante, son goût dépend autant du milieu dans lequel il est créé que du palais qui le goûte, rappelle Yves Le Loir. C’est comme dire que deux humains sont identiques, ce n’est pas possible. » 

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Se nourrir sainement quand on est pauvre



Avec les indices récoltés au fil des entretiens, les chercheurs ont trouvé des pistes bactériologiques. Et les producteurs, parfois sur la défensive du fait des dépendances économiques entre les industriels et l’INRA, ont adhéré au processus, toujours en cours.
Un travail patrimonial qui a un coût important – entre 600 et 1 000 euros la mise en collection en fonction du mode de conservation choisi. Et qui, surtout, « n’a de sens que si on éduque les gens », prévient Sophie Roussel, co-coordinatrice du CIRM. Elle-même n’avait jamais goûté le gwell auparavant, et a « détesté, la première fois ». Ce n’est qu’au fur et à mesure des tests qu’elle a fini par en apprécier le goût, dit celle qui déplore un « fossé culturel et social » qui s’est creusé entre consommateurs.
Car la logique de standardisation a contribué à éloigner les Français de leur propre alimentation. En 2017, au Salon de l’agriculture, l’institut avait installé sur son stand un microscope pour observer les micro-organismes contenus dans un yaourt – environ dix milliards par pot. « On a entendu toute la journée “C’est dégueulasse, c’est vivant, je ne mangerai plus jamais ça”, se souvient Yves Le Loir. La connaissance des produits, et donc du goût, a été perdue en chemin. Il faut oser, acheter des choses dont on n’a pas l’habitude. L’avenir de notre gastronomie passe par la conscience de sa richesse. »

        Lire (en édition abonnés):
         

          Olivier Assouly : « A table, on se fait d’abord plaisir »







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Jean-Michel Basquiat est un des artistes les plus chers du monde, seules les œuvres de la fin de sa vie sont un peu plus sages en termes de prix.
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La cote des tableaux de Basquiat s’affole

Jean-Michel Basquiat est un des artistes les plus chers du monde, seules les œuvres de la fin de sa vie sont un peu plus sages en termes de prix.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 06h30
    |

                            Roxana Azimi








                        



                                


                            

Marché de l’art
La Fondation Louis Vuitton expose du 3 octobre au 14 janvier l’Américain Jean-Michel Basquiat (1960-1988). L’un des artistes les plus chers du monde, dont un tableau a décroché le prix record de 110,5 millions de dollars ( 93,8 millions d’euros) en 2017 chez Sotheby’s. Une œuvre qui, il y a trente-cinq ans s’était vendue pour 19 000 dollars…
Mort d’une overdose à l’âge de 27 ans, le peintre, qui a commencé à s’exprimer dans la rue, aurait pu n’être qu’une comète de l’histoire de l’art. Il est devenu une icône planétaire. Le prodige coche toutes les cases : une carrière en météorite de 1980 à 1988 ; une œuvre néanmoins prolixe et énergique ; l’onction du pape du pop art, Andy Warhol lui-même. « C’est le romantisme d’une vie brûlée, un expressionnisme qui sort des tripes », résume Edmond Francey, spécialiste chez Christie’s. Basquiat colle à une époque, la sienne, l’ère pré-Reagan, mais aussi la nôtre.
« Il a ouvert un nouvel espace d’action, dont les effets résonnent encore aujourd’hui trente ans après sa mort, ajoute Stefano Moreni, spécialiste chez Sotheby’s. Il entre parfaitement dans la volonté actuelle de repenser l’art occidental face à une culture autre, par un artiste qui est lui-même expression de cette diversité culturelle. »
Basquiat est devenu un tel modèle que le rapper Jay Z a clamé « Je suis le nouveau Jean-Michel » dans son single Picasso Baby.

Le jeune homme rageur, qui commença sa carrière comme artiste graffiti sous le pseudo de SAMO (« same old shit »), se distingue de ses pairs des années 1980 par une énergie électrique, un faux désordre maîtrisé, un sens de l’improvisation digne de Picasso. Le marché s’empare vite du phénomène. Repéré en 1982 par la galeriste new-yorkaise Annina Nosei, il est représenté rapidement par le puissant marchand suisse Bruno Bischofberger. Les collectionneurs américains Eli Broad, Lenore et Herbert...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Le piratage de données personnelles de quelque 50 millions de comptes ravive les critiques contre le réseau social de Mark Zuckerberg.
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Faille de sécurité : des utilisateurs réclament des clarifications à Facebook

Le piratage de données personnelles de quelque 50 millions de comptes ravive les critiques contre le réseau social de Mark Zuckerberg.



LE MONDE
 |    29.09.2018 à 02h00
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 14h34
   





                        


Quelque 50 millions de comptes Facebook ont été piratés à cause d’une faille de sécurité, révélée vendredi 28 septembre. Une attaque qui ravive les critiques contre le réseau social, déjà sérieusement ébranlé par plusieurs controverses, en particulier autour de la protection des données personnelles. Cette énième bévue, dont le réseau social cherche encore à déterminer la portée exacte, est due à une « faille », qui a été « réparée hier [jeudi] soir », selon le patron de Facebook, Mark Zuckerberg.

        Lire aussi :
         

                Cinquante millions de comptes Facebook affectés par une faille de sécurité



Les critiques ne se sont pas fait attendre : le sénateur démocrate de la Virginie (Est) Mark Warner a qualifié ce piratage de « profondément inquiétant », appelant le Congrès « à prendre des mesures pour protéger la vie privée et la sécurité des usagers ».

This is another sobering indicator that Congress needs to step up and take action to protect the privacy and securi… https://t.co/Ac3JANggHW— MarkWarner (@Mark Warner)


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Quant à Rohit Chopra, membre de la Commission fédérale du commerce (FTC), il a sobrement demandé « des réponses » sur son compte Twitter. « Trop c’est trop », a réagi l’association de défense des droits numériques Fight for the Future, appelant les élus à légiférer.
Ce nouveau scandale interpelle également en Europe. Ainsi, Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat au numérique, exhorte-t-il Facebook « d’apporter des précisions aux utilisateurs français au plus vite ».

Comme 90 millions de personnes aujourd'hui, j’ai été déconnecté par facebook suite au bug massif qui menace nos  do… https://t.co/kU1Y33Sv1i— mounir (@Mounir Mahjoubi)


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Des clarifications également requises par la commission de la protection des données irlandaise.

The Ireland Data Protection Commission says Facebook's breach notification lacks detail. Full statement from them: https://t.co/kIowOALfxC— David_Ingram (@David Ingram)


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Ces derniers mois, surtout, la confiance des utilisateurs a été passablement ébranlée par plusieurs scandales. Le groupe est critiqué pour avoir servi de plateforme de manipulation politique, en particulier pendant la campagne présidentielle américaine de 2016, ou d’avoir laissé filer les données de dizaines de millions d’utilisateurs à leur insu vers la firme britannique Cambridge Analytica. Malgré les excuses répétées de son dirigeant, y compris devant le Congrès américain, l’image de Facebook, né en 2004, en est ressortie largement ternie.

        Lire aussi :
         

                « Google, Facebook ou Twitter sont des médias avec la responsabilité qu’ils doivent endosser »




« Aucun besoin de changer vos mots de passe »
Comment protéger son compte ? Comment savoir si l’on a été concerné par la faille de sécurité qui a touché 50 millions de comptes ? Pour le moment, les informations fournies par Facebook sont encore trop parcellaires pour répondre à ces questions.
Dans un message adressé à ses utilisateurs, Facebook assure toutefois qu’il n’y a « aucun besoin de changer vos mots de passe ». Rien n’indique non plus qu’il soit aujourd’hui nécessaire de se déconnecter de tous les comptes connectés avec Facebook, y compris dans les applications tierces comme Instagram ou Tinder : le fait d’avoir été déconnecté de force de son compte Facebook vendredi a normalement résolu la faille de sécurité, si jamais son compte était touché.
Les utilisateurs de comptes Facebook peuvent toutefois le faire eux-mêmes dans leurs paramètres, par mesure de précaution supplémentaire. Par ailleurs, si le fait d’avoir été déconnecté de force peut signifier que son compte a été affecté par la faille de sécurité, Facebook a expliqué vendredi qu’il avait également déconnecté des comptes (90 millions en tout) « par souci de sécurité », qui n’avaient pas forcément été utilisés de manière frauduleuse.
Il est encore impossible de savoir si son compte fait partie des 50 millions auxquels des pirates ont pu avoir accès, et impossible de savoir si des données privées ont été volées dans l’opération. On sait en revanche que la faille de sécurité a rendu cela possible. Et si des pirates ont effectivement récupéré des données, il est déjà trop tard pour agir. Seule certitude de Facebook : aucune donnée de carte bancaire n’a été dérobée dans le cadre de cette faille de sécurité.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Le réseau social a déconnecté de force 90 millions de comptes pour circonscrire cette attaque informatique, une des plus importantes dont il ait jamais été la cible
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/09/2018
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Cinquante millions de comptes Facebook affectés par une faille de sécurité

Le réseau social a déconnecté de force 90 millions de comptes pour circonscrire cette attaque informatique, une des plus importantes dont il ait jamais été la cible



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 19h16
 • Mis à jour le
29.09.2018 à 14h34
    |

            Martin Untersinger








                        


Facebook a annoncé, vendredi 28 septembre, avoir été victime d’une attaque informatique. Des pirates, tirant parti d’une faille dans le code du réseau social, ont eu accès à des éléments susceptibles de leur ouvrir les portes d’un peu moins de 50 millions de comptes Facebook.
Lors d’une conférence de presse tenue vendredi en présence de son PDG, Mark Zuckerberg, l’entreprise a expliqué ne pas savoir si ces pirates avaient effectivement pris le contrôle de tout ou partie des comptes concernés ou extrait des informations de ces comptes. L’enquête interne, en collaboration avec le FBI, vient de débuter, et l’entreprise n’exclut pas à ce stade cette inquiétante hypothèse. Elle a également dit ne pas savoir qui se trouvait derrière cette attaque, d’une ampleur inédite dans l’histoire de Facebook.
Déconnexions « par précaution »
Alerté par une activité inhabituelle sur son réseau, Facebook a identifié la faille mardi après-midi, avant de la corriger dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 septembre. Pour circonscrire totalement l’incident, l’entreprise a décidé de déconnecter de force la cinquantaine de millions de comptes affectés ainsi que 40 millions de comptes supplémentaires, « par précaution ». De nombreux utilisateurs dans le monde – dont des Français, comme a pu le constater Le Monde – ont rapporté avoir été déconnectés vendredi.
Il est inutile pour ces utilisateurs de changer leur mot de passe Facebook. Interrogé par Le Monde, le vice-président du réseau social chargé des questions de sécurité, Guy Rosen, a assuré que l’opération de déconnexion forcée était suffisante. Par mesure de précaution supplémentaire, il est toutefois possible de déconnecter manuellement Facebook de tous ses appareils depuis les paramètres, avant de se reconnecter. Les internautes en question verront par ailleurs très prochainement un message d’information s’afficher sur la page d’accueil de Facebook.
Guy Rosen a précisé que l’agence irlandaise de protection des données personnelles avait d’ores et déjà reçu une notification, ce qui indique que des citoyens européens sont victimes de la faille. La législation de l’Europe a rendu obligatoire cette notification lorsque des données de citoyens européens sont concernées par une fuite ou une attaque.
Trois bugs combinés
La faille utilisée par les pirates se nichait dans le code informatique de la fonctionnalité « Aperçu de mon profil », destinée à vérifier ses paramètres de confidentialité. Elle permet de voir la manière dont son compte apparaît lorsqu’il est visité par un tiers.
En combinant trois défauts dans le code, les pirates ont eu accès à un peu moins de 50 millions de « tokens » (« jetons »). Il s’agit de l’équivalent d’une clé stockée dans l’appareil connecté à Facebook (application d’un téléphone ou navigateur Internet sur un ordinateur) et qui évite à l’utilisateur de saisir son mot de passe à chaque fois qu’il revient sur le réseau social. En mettant la main sur cet élément, il est aussi possible de prendre le contrôle d’un compte et d’accéder à des sites Internet ou des applications qui utilisent Facebook comme moyen de s’identifier : par exemple, les comptes des applications Instagram ou d’Oculus, selon les explications données par Facebook. En réaction, la fonctionnalité « Aperçu de mon profil » a été désactivée vendredi.

   


Une grande première pour Facebook
C’est la première fois que Facebook révèle une attaque informatique d’une telle ampleur. « Nous continuons à améliorer nos défenses. Nous faisons l’objet d’attaques constantes de la part de gens qui tentent de pirater des comptes ou de récupérer des informations personnelles », a déclaré Mark Zuckerberg.
Le scénario est cette fois-ci complètement différent de l’aspiration des données Faceboook dans le cadre de l’affaire Cambridge Analytica. Les données avaient alors été obtenues de manière totalement légale : à l’époque, Facebook autorisait les applications tierces à accéder à de nombreuses informations personnelles. Le piratage dévoilé aujourd’hui tire, lui, parti d’un bug inscrit directement dans le code informatique de Facebook.
Cette affaire tombe au plus mal pour Facebook, affaibli ces dernières années par des polémiques à répétition concernant la sécurité de ses systèmes et des données de ses utilisateurs.
En 2016, il a été totalement pris de court par les opérations menées par le pouvoir russe, qui a diffusé sans difficulté sa propagande destinée à polluer le climat politique américain. Sa capacité à résister aux éventuelles opérations d’ingérence lors de la campagne des élections de mi-mandat est observée de très près outre-Atlantique.En mars, l’affaire Cambridge Analytica a mis sous le feu des projecteurs la question de la protection des données, attirant les foudres des autorités américaines et européennes.

« Aucun besoin de changer vos mots de passe »
Comment protéger son compte ? Comment savoir si l’on a été concerné par la faille de sécurité qui a touché 50 millions de comptes ? Pour le moment, les informations fournies par Facebook sont encore trop parcellaires pour répondre à ces questions.
Dans un message adressé à ses utilisateurs, Facebook assure toutefois qu’il n’y a « aucun besoin de changer vos mots de passe ». Rien n’indique non plus qu’il soit aujourd’hui nécessaire de se déconnecter de tous les comptes connectés avec Facebook, y compris dans les applications tierces comme Instagram ou Tinder : le fait d’avoir été déconnecté de force de son compte Facebook vendredi a normalement résolu la faille de sécurité, si jamais son compte était touché.
Les utilisateurs de comptes Facebook peuvent toutefois le faire eux-mêmes dans leurs paramètres, par mesure de précaution supplémentaire. Par ailleurs, si le fait d’avoir été déconnecté de force peut signifier que son compte a été affecté par la faille de sécurité, Facebook a expliqué vendredi qu’il avait également déconnecté des comptes (90 millions en tout) « par souci de sécurité », qui n’avaient pas forcément été utilisés de manière frauduleuse.
Il est encore impossible de savoir si son compte fait partie des 50 millions auxquels des pirates ont pu avoir accès, et impossible de savoir si des données privées ont été volées dans l’opération. On sait en revanche que la faille de sécurité a rendu cela possible. Et si des pirates ont effectivement récupéré des données, il est déjà trop tard pour agir. Seule certitude de Facebook : aucune donnée de carte bancaire n’a été dérobée dans le cadre de cette faille de sécurité.





                            


                        

                        

