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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ L’incendie apparemment criminel d’un abattoir dans l’Ain arrive dans un contexte de tension entre la filière viande et certains militants radicaux de la cause animale.
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Pour les professionnels de la viande, l’incendie d’un abattoir est « une offensive sectaire »

L’incendie apparemment criminel d’un abattoir dans l’Ain arrive dans un contexte de tension entre la filière viande et certains militants radicaux de la cause animale.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 17h55
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 18h23
   





                        



   


Un incendie a partiellement détruit dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 septembre un grand abattoir à Haut-Valromey, dans l’Ain. Selon la fille du fondateur de l’abattoir sinistré, les établissements Gesler, qui emploient 80 personnes, la gendarmerie privilégie une piste criminelle, « six départs de feu » ayant été constatés et des « bidons d’accélérant » retrouvés sur place.
Ce sinistre intervient dans un contexte de vive tension entre la filière viande et certains militants radicaux de la cause animale qui s’en prennent de plus en plus fréquemment à des boucheries, à coups de tags radicaux ou de dégradations. Les professionnels français de la viande ont appelé vendredi 28 septembre le président Emmanuel Macron à « enrayer immédiatement » ces « offensives sectaires qui ne peuvent qu’aboutir à une guerre civile », écrivent ainsi Dominique Langlois, président de l’interprofession des viandes bovines Interbev, et Guillaume Roué, président de l’interprofession des viandes porcines Inaporc, dans une lettre ouverte adressée à l’Elysée.
Mercredi, l’association antispéciste 269 Libération animale a appelé à une « nuit debout devant les abattoirs » partout sur le territoire. Elle avait vu notamment sa manifestation interdite dans les Yvelines par le préfet.
« Profond sentiment d’injustice et d’insécurité »
« Les libertés de conscience et d’expression invoquées par des collectifs et associations anti-viande et antispécistes ne sauraient être les cautions de ces violences » écrivent Interbev et Inaporc dans leur lettre, en estimant à « un million » le nombre de personnes travaillant dans le secteur de la viande en France.
De son côté, la Fédération nationale bovine (FNB), qui regroupe les seuls éleveurs bovins, a publié un communiqué séparé demandant « aux pouvoirs publics de prendre toutes les mesures pour faire en sorte que les opérateurs de la filière du bétail et des viandes puissent exercer leur métier dans un climat serein ». Les professionnels, « envahis par un profond sentiment d’injustice et d’insécurité, doivent-ils prendre les armes pour défendre leurs entreprises, leurs métiers et leurs personnes ? » s’inquiètent Interbev et Inaporc, qui regroupent l’essentiel des professionnels de la viande en France, des éleveurs aux bouchers en passant par les abattoirs et l’industrie agroalimentaire de transformation.
Une association antispéciste a appelé au « blocage » du Sommet de l’élevage qui se tient la semaine prochaine à côté de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Les antispécistes (du latin species, l’« espèce ») s’opposent à toute hiérarchie entre espèces, notamment entre l’être humain et les autres animaux.
Confrontés à des « violences physiques, verbales, morales » de la part de groupuscules végans, les bouchers-charcutiers avaient demandé fin juin la protection de la police au ministre de l’intérieur, Gérard Collomb. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) s’était aussi émue au début de juin de « comportements extrémistes » de militants antispécistes.

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                « La question animale nous force à ouvrir les yeux sur ce que nous sommes devenus »







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Un an après le chaos généré par le cyclone, l’île des Antilles françaises peine à ses reconstruire. A l’image de ses habitants, toujours traumatisés par le souvenir de la catastrophe.
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Huit habitants de Saint-Martin racontent Irma et les cicatrices de son passage

Un an après le chaos généré par le cyclone, l’île des Antilles françaises peine à ses reconstruire. A l’image de ses habitants, toujours traumatisés par le souvenir de la catastrophe.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h25
    |

            Rémi Barroux








                        



                                


                            
Professeure, militaire, restaurateur... Jusqu’à l’arrivée de l’ouragan Irma, dans la nuit du 5 au 6 septembre 2017, ils vivaient une existence paisible du côté français de cette petite île des Caraïbes. Du jour au lendemain, leur paradis antillais s’est transformé en cauchemar, le paysage idyllique se muant en un puzzle dont, aujourd’hui encore, les pièces demeurent souvent éparpillées. Pourtant, peu d’entre eux ont décidé de quitter Saint-Martin, décidant au contraire d’aller de l’avant et de participer à la lente et difficile reconstruction de leur île convalescente.
Rachel Begarin, infirmière

Quand Rachel Begarin se lève et part pour sa tournée quotidienne, il est 4 h 30 du matin et la maisonnée, dans le quartier Condordia, à Marigot, dort. L’infirmière emporte ses médicaments, pansements… dans une caisse de bois qu’elle charge dans sa voiture et se lance, dans la nuit, sur les routes de Saint-Martin.
C’est ce qu’elle a fait quelques heures seulement après le passage d’Irma, malgré des routes impraticables et le danger encouru : faire le tour de ses patients pour voir s’ils avaient survécu. Rachel est d’abord attentionnée, à l’écoute. « J’ai travaillé deux ans à l’hôpital, mais j’ai eu envie de changer, d’être plus indépendante. »
Mère de deux enfants, elle a inscrit le plus jeune Eloïme, 13 ans, dans le privé. « A l’école, ça n’allait pas. Ils ont rouvert les établissements publics pour rassurer la population, mais il y a un problème d’organisation », témoigne cette femme de 41 ans.
Isabelle Charnay, professeure de sport

Dans son petit jardin protégé par une palissade en bois, une planche de surf s’appuie sur des panneaux de verre qui serviront à remplacer la baie vitrée. Isabelle Charnay ne les a reçus que le 15 juin, soit neuf mois après que tout a explosé chez elle. La maison est toujours debout, endommagée, mais bien là. Alors qu’autour, dans ce quartier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ L’épicentre du séisme de magnitude 7,5 se situe sous l’île de Célèbes, où de nombreux bâtiments ont été détruits.
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Indonésie : un séisme de magnitude 7,5 provoque un tsunami avec des vagues de 1,5 m

L’épicentre du séisme de magnitude 7,5 se situe sous l’île de Célèbes, où de nombreux bâtiments ont été détruits.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 13h36
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 18h49
   





                        


Un tsunami a frappé l’île de Célèbes, au centre de l’Indonésie, après un fort séisme de magnitude 7,5, vendredi 28 septembre. Rahmat Triyono, responsable du centre pour les tremblements de terre et tsunamis à l’agence indonésienne de géophysique, a confirmé à la télévision locale qu’un « véritable tsunami a [vait] frappé Palu », capitale de la province, située à près de 80 km de l’épicentre du séisme.
« Le tsunami s’est produit à 18 h 22 locale (…) avec une hauteur maximale de 1,5 m sur la côte proche de Palu », a précisé Dwikorita Karnawati, présidente de l’agence de géophysique.

   


David Lipson, correspondant régional pour le média australien ABC, a publié une vidéo de ce tsunami :

Indonesia geophysics agency says Sulawesi quake caused a tsunami. This video is doing the rounds. We believe it is… https://t.co/i7MEwPH1V0— davidlipson (@David Lipson)


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Près de 600 000 personnes dans les villes touchées
De « nombreux » bâtiments ont été détruits par le séisme et les vagues, selon les autorités indonésiennes, qui n’ont pas communiqué d’information sur d’éventuelles victimes dans l’immédiat. Plusieurs familles ont été signalées disparues et les communications vers la zone, notamment les villes de Palu Donggala, sont coupées. Ces deux agglomérations abritent près de 600 000 personnes.
« La coupure des télécommunications et l’obscurité entravent nos efforts pour obtenir des informations », a dit Sutopo Purwo Nugroho, du Conseil national indonésien pour la gestion des catastrophes. L’aéroport de Palu a interrompu son activité pour vingt-quatre heures en raison de dommages matériels.
Ce séisme d’une magnitude de 7,5, selon l’institut américain USGS, est plus important que la série de violents tremblements de terre qui ont fait plus de 500 morts et environ 1 500 blessés en août sur l’île de Lombok, voisine de Bali.
L’Indonésie, un archipel de 17 000 îles et îlots qui s’est formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne, eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique.

        Le décryptage :
         

          L’Indonésie, cœur sismique de la « ceinture de feu » du Pacifique




   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Une sœur cadette du président révolutionnaire assassiné a créé la ferme Yelemani il y a six ans afin de promouvoir la production locale et le bio.
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Portrait

Blandine Sankara, l’agroécologie au cœur pour nourrir le Burkina Faso

Une sœur cadette du président révolutionnaire assassiné a créé la ferme Yelemani il y a six ans afin de promouvoir la production locale et le bio.

Par                                            Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance)




LE MONDE
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        Le 28.09.2018 à 13h05

     •
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        Mis à jour le 28.09.2018 à 14h37






    
Blandine Sankara sur sa ferme Yelemani, à Loumbila, près de Ouagadougou, au Burkina Faso, en septembre 2018.
Crédits : Sophie Douce


« On est parti de rien, c’était vide ici, avant. » Au milieu de ses plantations de légumes, Blandine Sankara, port altier et longue robe mauve, nous guide sur les terres verdoyantes de sa ferme, à Loumbila, une commune rurale située à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Les plants de tomates, les pousses d’épinards et les fleurs de courgettes jonchent le sol, aux côtés d’aromates piqués dans des bouteilles plastiques recyclées.

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Difficile d’imaginer qu’il y a six ans, ce paysage se résumait à une étendue de sable et aux balanites, un arbre typique du Sahel, qui y trônaient. Et pourtant, Blandine Sankara, 51 ans, a dû se battre contre les caprices de ce sol aride. « Les anciens propriétaires, des cultivateurs, avaient abandonné la parcelle car elle était dégradée et trop pauvre. On nous disait qu’il serait impossible de semer », explique-t-elle. Mais Blandine Sankara, sœur cadette du défunt président révolutionnaire Thomas Sankara, n’est pas de celles qui abandonnent. Son ambition : rendre cette exploitation, de près de deux hectares, à nouveau fertile et y produire des légumes biologiques.
Respect de l’humain et de l’environnement
En 2012, elle commence à travailler sans relâche, avec l’aide de trente-quatre femmes recrutées dans le village voisin et formées par son association, Yelemani. Il leur faudra près de douze mois pour parvenir à dompter la terre, avec pour seules armes le zaï et la demi-lune, des techniques agricoles traditionnelles. « La tâche était très pénible. Une partie des femmes a abandonné, certaines n’y croyaient pas. C’est vrai que cette méthode prend du temps », reconnaît la fondatrice. Peu à peu, leur travail commence à porter ses fruits, la production augmente progressivement.

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« Quand Blandine est venue nous présenter son projet, je n’avais jamais entendu parler d’agroécologie. Je ne pensais pas que c’était possible, je me suis accrochée. Aujourd’hui je suis fière quand je regarde ce qu’on a réussi à créer », confie Jeanne Talato Savadogo, l’une des six dernières cultivatrices du site. Vente sur les marchés, formations agricoles, ateliers de sensibilisation dans les écoles et bientôt ouverture d’un restaurant, prévue pour la fin de l’année : la ferme de Yelemani (« changement » en langue dioula) s’impose désormais comme un centre d’expérimentation de l’agroécologie au Burkina Faso. « C’était ça mon rêve : valoriser nos produits locaux et amener les Burkinabés à s’y intéresser, tout en promouvant des méthodes agricoles respectueuses de l’environnement et de l’humain », indique la coordinatrice.
Agir pour la souveraineté alimentaire et rompre avec l’agriculture conventionnelle, l’idée a commencé à germer dans son esprit il y a une dizaine d’années, lorsque cette sociologue de formation suivait des études en développement à Genève. « Je ne pouvais pas croire qu’en Suisse on valorise le “local” et que chez moi on le dénigre, au profit de produits venus d’Occident », se rappelle-t-elle. Au cours de ces quatre années d’expatriation, une question la taraude : « Qu’est-ce que je pouvais apporter à ma patrie ? Je souhaitais changer les mentalités et amener les Burkinabés à croire en eux-mêmes. » Impensable pour Blandine Sankara d’abandonner sa terre natale. « Ma vie était au Burkina Faso, c’est ici que je pouvais apporter véritablement quelque chose. »

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De retour au pays en 2008, elle assiste aux « émeutes de la faim ». A l’époque, la flambée des prix des denrées alimentaires avait poussé des dizaines de milliers de manifestants dans les rues. « Pour moi, c’était la confirmation que l’on subissait les effets de la mondialisation. Je ne comprenais pas comment le Burkina, où plus de 90 % de la population vit de l’agriculture, pouvait encore dépendre des importations pour se nourrir », s’indigne-t-elle.
Peu après, elle tombe sur un livre de Pierre Rabhi, c’est le déclic. « C’était ça la solution : l’agroécologie ! » En 2009, Blandine Sankara se lance et crée Yelemani. Mais les débuts de ce projet atypique sont difficiles. « J’assurais toute seule les allers-retours entre Loumbila et Ouaga pour vendre mes légumes sur les marchés et à domicile. Les gens ne comprenaient pas tous ma démarche, ils ne voyaient que le prix. A l’époque, on entendait beaucoup moins parler de bio, on me disait que c’était utopique », se souvient-elle.
« J’aurais pu faire des choses avec lui »
Chez les Sankara, la combativité est une affaire de famille. Le grand frère de Blandine, Thomas Sankara, qui renomma la Haute-Volta Burkina Faso, le « pays des hommes intègres », peu après son arrivée au pouvoir, est le père de la révolution burkinabée de 1983. A l’époque, sa petite sœur, dixième d’une fratrie de onze, a tout juste 16 ans, « trop jeune pour entrer dans le combat ». Mais elle se souvient encore avec émotion de leurs discussions : « Il me demandait ce que je voulais faire plus tard, nous parlions de mon avenir. Vers la fin, je me souviens, il y avait cette lueur en lui, comme s’il avait senti que quelque chose pointait en moi. Ce n’est que plus tard que j’ai compris que mes convictions étaient proches de celles de mon frère, de celles de la révolution, qui a marqué certainement mon parcours. C’est dommage, si j’avais été plus grande à ce moment-là, j’aurais pu faire des choses avec lui. »

    
A la ferme écologique de Blandine Sankara, à Yelemani, à Loumbila, près de Ouagadougou, au Burkina Faso, en septembre 2018.
Crédits : Sophie Douce


Aujourd’hui, Blandine Sankara, qui a repris la maison de son frère dans le quartier de Bilbalogo à Ouagadougou, n’hésite pas à battre le pavé de la capitale pour protester contre les projets d’introduction d’organismes génétiquement modifiés (OGM) dans le pays. Figure de la lutte contre Monsanto au Burkina, cette militante aguerrie, armée de son franc-parler, est également membre du collectif Balai citoyen, avec lequel elle a participé au soulèvement populaire de 2014 qui a entraîné la chute du président Blaise Compaoré.

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Se lancer dans une carrière politique ? « Soutenir l’indépendance alimentaire de mon pays, pour moi, c’est déjà faire de la politique », balaie-t-elle. Enième combat : celui pour « la vérité » sur la disparition mystérieuse de Thomas Sankara, assassiné le 15 octobre 1987, il y a plus de trente ans. « C’est lourd à porter, notre famille attend que justice soit faite pour pouvoir reprendre une vie normale. Tôt ou tard, la lumière sera faite », promet Blandine Sankara.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Des opposants au lâcher des deux ourses, décidé par le gouvernement, menacent de les abattre.
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Enquête ouverte à la suite de menaces d’opposants à la réintroduction de deux ourses dans les Pyrénées

Des opposants au lâcher des deux ourses, décidé par le gouvernement, menacent de les abattre.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 15h47
   





                        



   


Le discours des anti-ours se durcit dans les Pyrénees occidentales. A la veille du lâcher annoncé de deux ourses slovènes prévu samedi, le parquet de Pau a annoncé vendredi 28 septembre l’ouverture d’une enquête préliminaire, faisant suite aux intentions affichées d’opposants à la réintroduction des plantigrades d’attenter à leur vie.
Cette enquête, ouverte pour de « potentielles infractions de la chasse au regard des propos notamment repris dans la presse », a été confiée aux gendarmes d’Oloron-Sainte-Marie, a fait savoir Cécile Gensac, procureure de la République de Pau. Des associations de défenseurs des animaux avaient demandé, dans une lettre adressée au parquet, d’intervenir et d’engager des poursuites pénales.
Des réintroductions « antidémocratiques et antiécologiques »
« D’innombrables anonymes se sont transformés en guetteurs, souvent armés », avait prévenu mercredi Olivier Maurin, président de l’Association pyrénéenne pour le développement durable de l’identité des Pyrénées (Addip) sur Facebook, relayant un message de la Fédération transpyrénéenne des éleveurs de montagne (FTEM).
« La clandestinité des opposants est la réponse des montagnards à un ministre contraint de dissimuler les réintroductions d’ours tant elles sont antidémocratiques et antiécologiques », peut-on lire dans le communiqué, qui réclame d’attendre le vote de la « résolution pastoralisme-prédateurs » prévue au début d’octobre par le Sénat avant de procéder au lâcher des ourses.
Eleveurs, bergers et opposants à la réintroduction de deux ourses dans les Pyrénées n’ont jamais caché leur opposition à cette réintroduction annoncée le 20 septembre par le ministre de la transition écologique, François de Rugy.

Après des années de tergiversations, après des mois de concertations, j'ai décidé de donner le feu vert à la réintr… https://t.co/KeFAu3oFix— FdeRugy (@François de Rugy)


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Ce jour-là, quelque 200 opposants se sont rassemblés pour redire qu’ils refuseraient « par tous les moyens » la réintroduction des ourses.

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                Les éleveurs se mobilisent contre le projet de réintroduire deux ourses dans les Pyrénées






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Le royaume redoute une pénurie d’électricité d’origine nucléaire au mois de novembre. Le gestionnaire du réseau envisage des coupures.
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La Belgique de plus en plus proche du « black-out »

Le royaume redoute une pénurie d’électricité d’origine nucléaire au mois de novembre. Le gestionnaire du réseau envisage des coupures.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 11h36
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Trains à l’arrêt, industries au ralenti, soirées à la bougie : la perspective d’un « délestage » du réseau électrique belge en novembre du fait d’une probable pénurie qui forcerait à déconnecter le pays zone par zone durant plusieurs heures n’est plus exclue.
Invraisemblable en apparence, évoqué inutilement en 2014, le scénario a, cette fois, pris de la consistance depuis qu’Elia, la société gestionnaire du réseau à haute tension, a publié, mercredi 26 septembre, un communiqué très inhabituel. « Elia ne voit pas suffisamment de solutions qui pourraient résoudre complètement le problème. (…) Même si les marchés belge et international nous fournissent toute la capacité disponible, nous ne pouvons aujourd’hui exclure d’activer le plan de délestage », énonçait ce texte.
Il a conclu une journée loufoque, ponctuée par un débat parlementaire convoqué en urgence et diverses apparitions dans les médias de Marie-Christine Marghem, la ministre belge de l’énergie. Elle s’est voulue rassurante ; elle n’a fait que relancer les questions, au point que des éditorialistes réclamaient sa démission, jeudi.

Avec ses sept réacteurs nucléaires gérés par Electrabel, filiale d’Engie, le royaume semblait équipé pour éviter toute pénurie. Problème : du 20 octobre à la fin novembre, six d’entre eux seront à l’arrêt. Doel 1 et 2, en Flandre, connaissent des problèmes de tuyauterie. Des anomalies sur le béton des cuves – un problème évoqué de longue date et souvent minimisé – doivent être examinées à Doel 4, ainsi que Tihange 2 et 3, en Wallonie. Quant à Tihange 1, il doit faire l’objet d’une opération de maintenance. Seul Doel 3 sera donc à même de produire encore de l’électricité…
Contacts « fructueux »
Au total, la Belgique devrait donc trouver, d’une manière ou d’une autre, près de 5 000 mégawatts (MW) certains jours de novembre, surtout si une vague de froid survenait. Pour la suite de l’hiver, il manquerait 1 700 MW, car le pays...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Selon le centre américain des ouragans, il devrait s’approcher du nord de la péninsule ce week-end, avant d’être rétrogradé en tempête tropicale et de toucher terre lundi après-midi.
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L’ouragan Rose, au large des côtes mexicaines, classé en catégorie 4 (sur 5)

Selon le centre américain des ouragans, il devrait s’approcher du nord de la péninsule ce week-end, avant d’être rétrogradé en tempête tropicale et de toucher terre lundi après-midi.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 09h05
   





                        


Le National Hurricane Center (NHC – « Centre national des ouragans »), centre de prévisions météorologique sis en Floride, aux Etats-Unis, a passé vendredi 28 septembre en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson – qui en compte 5 – l’ouragan Rose, qui se trouve actuellement dans le Pacifique au large des côtes mexicaines.
Rose devient ainsi « le septième ouragan de catégorie 4 de la saison, avec des vents soutenus atteignant 230 km/h », a précisé le NHC. Il devrait s’approcher du nord de la péninsule ce week-end, avant d’être rétrogradé en tempête tropicale et de toucher terre lundi après-midi.
Vigilance
De fortes pluies et de puissantes vagues sont attendues dans le nord-ouest du Mexique et sur les côtes de la Californie, aux Etats-Unis.
Le Service météorologique mexicain (SMN) a appelé la population à la vigilance, avertissant de possibles « glissements de terrains » et « inondations ».
De fortes pluies avaient déjà frappé, ces derniers jours, les Etats de Michoacan (ouest) et de Sinaloa, plus au nord, faisant au moins une dizaine de morts et autant de disparus.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Trami devrait arriver ce week-end sur les îles principales de l’archipel. Le pays a déjà connu deux épisodes d’intempéries dévastatrices cet été.
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Un nouveau typhon menace le Japon

Trami devrait arriver ce week-end sur les îles principales de l’archipel. Le pays a déjà connu deux épisodes d’intempéries dévastatrices cet été.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 05h21
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 11h42
   





                        



   


Un puissant typhon, Trami, se dirigeait vendredi 28 septembre vers les îles de l’extrême-sud du Japon et devrait poursuivre sa route ce week-end vers les principales îles de l’archipel, déjà meurtri par des violentes précipitations cet été. Les autorités mettent en garde contre les risques liés au vent (hautes vagues en bord de mer, effondrement de constructions fragiles…) et aux pluies (inondations, glissements de terrain).
Trami, qui se déplace pour le moment plutôt lentement, va s’accélérer au fil des heures. Il est accompagné de vents soufflant en rafales à 162 kilomètres/heure au centre et à près de 220 km/h à la périphérie. Ce 24e typhon de l’année en Asie se trouvait vendredi matin au sud-est d’Okinawa, qu’il devrait toucher samedi.
Il est probable qu’il prenne ensuite la direction de Kyushu puis de l’île principale, Honshu, et balaye ainsi le Japon du sud-ouest au nord-est. « Il est prévu qu’il traverse le pays à vive allure, donc nous demandons à la population d’être extrêmement vigilante », a déclaré à l’Agence France-Presse une responsable de l’agence de météo nippone, Sakiko Nishioka. Les compagnies aériennes ont préventivement commencé d’annuler des vols.
Mur nuageux
Une image du typhon prise depuis la Station spatiale internationale (ISS) donne l’ampleur de la perturbation, qui au pourtour de son œil montre un véritable « mur nuageux ».
Un précédent typhon, Jebi, le 21e de l’année dans la région, avait tué plus de 10 personnes au début de septembre dans l’ouest de l’archipel, provoqué divers dégâts matériels et mis en péril l’aéroport d’Osaka (Kansai International Airport) construit sur une île artificielle en mer, en raison d’une montée du niveau de l’eau.
Deux mois auparavant des pluies records dans le sud-ouest avaient provoqué des inondations inédites et des éboulements, qui ont tué quelque 220 personnes, avant une vague de chaleur elle aussi meurtrière.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ L’exposition à ce pesticide très toxique va être reconnue comme une maladie professionnelle, a annoncé Emmanuel Macron lors d’une visite aux Antilles.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/09/2018
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En Martinique, Macron qualifie la pollution au chlordécone de « scandale environnemental »

L’exposition à ce pesticide très toxique va être reconnue comme une maladie professionnelle, a annoncé Emmanuel Macron lors d’une visite aux Antilles.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 20h30
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 08h55
    |

            Cédric Pietralunga (Martinique, envoyé spécial)








                        



   


Pas question de faire l’impasse. Alors que l’arrivée du cyclone Kirk a bouleversé le programme de sa visite de quatre jours aux Antilles – les rassemblements en public ont été interdits par le préfet –, Emmanuel Macron n’a pas souhaité sacrifier la séquence consacrée au chlordécone, un pesticide toxique utilisé durant plus de vingt ans dans les bananeraies et qui a pollué pour des siècles les sols de la Guadeloupe et de la Martinique.
Arrivé tard, la veille, de New York, où il participait à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), le chef de l’Etat s’est rendu, jeudi 27 septembre, dans une ferme maraîchère de Morne-Rouge, une commune martiniquaise au pied de la montagne Pelée, où il s’est notamment entretenu avec des agriculteurs.

        Le décryptage :
         

          qu’est-ce que le scandale du chlordécone ?



« Un aveuglement collectif »
« La pollution au chlordécone est un scandale environnemental, a reconnu Emmanuel Macron après une courte visite sous des averses. C’est le fruit d’une époque désormais révolue, (…) d’un aveuglement collectif. » Accompagné de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, le président de la République a annoncé l’ouverture d’une procédure permettant de reconnaître l’exposition au chlordécone comme maladie professionnelle. « L’Etat doit prendre sa part de responsabilité », a-t-il dit.
Concrètement, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) devront rendre d’ici à mars 2019 un rapport permettant de dire à partir de quel niveau d’exposition les ouvriers agricoles qui furent employés dans les bananeraies pourront être pris en charge et indemnisés. Ensuite, les partenaires sociaux devront s’accorder sur les modalités et notamment sur le niveau de cette prise en charge. « On ouvre un processus de reconnaissance », a plaidé M. Macron.
Par ailleurs, il a annoncé une augmentation du budget consacré aux contrôles des aliments produits sur des terrains contaminés au chlordécone. Celui-ci sera porté à 3 millions d’euros d’ici à 2020, contre 2,1 millions d’euros actuellement.
En revanche, le locataire de l’Elysée a fermé la porte à l’hypothèse d’une indemnisation générale de la population antillaise, qui a été très largement exposée à la molécule. « Si je disais qu’on va indemniser tout le monde, c’est impossible même budgétairement et ce serait irresponsable », a-t-il déclaré. De la même façon, il s’est refusé à reconnaître le lien de cause à effet entre l’exposition au chlordécone et l’explosion du nombre de cancers de la prostate en Guadeloupe et en Martinique. « Il n’y a pas aujourd’hui de preuve scientifique établie », a-t-il dit, tout en ajoutant dans un « en même temps » acrobatique : « Ce qui est établi, c’est que ce n’est pas bon. »
Explosion du nombre de cancers de la prostate dans les Antilles
Conçu pour lutter contre le charançon du bananier, le chlordécone a été massivement utilisé dans les Antilles françaises entre 1972 et 1993. Classée cancérogène possible dès 1979 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la molécule ne sera pourtant définitivement interdite en France que le 30 septembre 1993.
Outre des effets sur le risque de prématurité et sur le développement cognitif et moteur des nourrissons, le chlordécone serait à l’origine de l’explosion du nombre de cancers de la prostate dans les Antilles françaises, qui détiennent en la matière un triste record du monde : 227,2 nouveaux cas pour 100 000 hommes y sont constatés chaque année.
Plus grave, la molécule a une durée de vie de plusieurs siècles et continue de se transmettre via les produits maraîchers cultivés sur place, faisant peser une épée de Damoclès sanitaire sur les quelque 800 000 habitants recensés dans les deux îles des Antilles françaises.
Aujourd’hui, on estime que 6 500 hectares de terres agricoles en Guadeloupe et 14 500 hectares en Martinique sont durablement pollués par ce perturbateur endocrinien. Selon une étude de Santé publique en France, dont les résultats détaillés doivent être publiés en octobre, la quasi-totalité des Guadeloupéens (95 %) et des Martiniquais (92 %) sont contaminés au chlordécone.
Pour Emmanuel Macron, le retard pris par la France pour retirer le chlordécone de la liste des produits autorisés sur le territoire national doit servir de leçon, alors que la question de l’interdiction du glyphosate d’ici à 2020 continue de déchirer la majorité. « Le président de la République fait le lien direct entre le chlordécone et d’autres molécules utilisées aujourd’hui », reconnaît-on à l’Elysée.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Le mandat d’Yves Bréchet s’achève à la fin du mois de septembre et le gouvernement n’a toujours pas nommé son successeur.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Tuberculose, jusqu’à quand ? (1). Le Kenya, durement touché par la maladie, a été le premier à introduire un traitement spécialement conçu pour les enfants.
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Reportage

Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile

Tuberculose, jusqu’à quand ? (1). Le Kenya, durement touché par la maladie, a été le premier à introduire un traitement spécialement conçu pour les enfants.

Par                                            Marion Douet (Nairobi, correspondance)




LE MONDE
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        Le 27.09.2018 à 18h30

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        Mis à jour le 28.09.2018 à 18h11






    
John, 3 ans, souffrant de tuberculose, dans une clinique de Médecins sans frontières (MSF) à Nairobi, en mars 2015.
Crédits : TONY KARUMBA/AFP


Peu après leur premier anniversaire, début 2018, les jumelles de Catherine Karutha Nguli ont brusquement perdu du poids. « Elles sont tombées à 6 kg. Elles étaient maigres, maigres, maigres ! », angoisse encore la mère de quatre enfants. Sa silhouette longiligne disparaît dans la chambre, séparée du reste de la maison de terre par un drap bleu, et réapparaît en brandissant deux carnets de santé froissés. Par un point de stylo, les médecins ont marqué le poids des jumelles, Faith Kiko et Ann Mwenda, bien en dessous de la courbe recommandée.

        Présentation de notre série
         

          Tuberculose, jusqu’à quand ?



Mais, pendant deux mois, ils n’ont pas su lui en dire plus. « J’y suis allée beaucoup de fois. Comme elles avaient aussi de la fièvre et de la toux, ils ont prescrit des antidouleurs, des antibiotiques, des sirops, mais rien ne fonctionnait », poursuit cette habitante d’un village du comté d’Embu, au centre du pays. Finalement, un énième praticien propose d’essayer un traitement contre la tuberculose. « Je n’y aurais jamais pensé, j’y ai cru quand j’ai vu que ça marchait », lâche-t-elle.
Le diagnostic, un enjeu majeur
Au Kenya, comme dans tous les pays durement touchés par la tuberculose – au nombre de trente selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS) –, le diagnostic est un enjeu majeur. Ainsi, la moitié des personnes infectées ignorent qu’elles le sont. Un phénomène lié au déficit de prévention et d’accès aux soins des familles touchées, souvent très pauvres.
De plus, le dépistage chez les enfants présente des difficultés particulières. « Pour détecter le bacille de la tuberculose, on prélève et on analyse les expectorations, explique Evelyne Kibuchi, responsable au Kenya de l’ONG Stop TB, installée à Nairobi. Or vous ne pouvez pas demander à un enfant, notamment un bébé, d’expectorer. En outre, les enfants sont souvent malades. Chez un bébé qui aurait de la fièvre, il est par exemple difficile de distinguer une tuberculose d’une grippe. »

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                Le Fonds de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme cherche de nouveaux financements



Le parcours du combattant ne s’arrête pas là. Longtemps, on a prescrit aux enfants le même traitement qu’aux adultes, soit, pour une tuberculose classique, plusieurs pilules différentes à avaler chaque jour. Pour pouvoir les administrer aux petits, « les parents devaient les couper, les écraser, prélever eux-mêmes la bonne dose puis la dissoudre dans de l’eau. C’était difficile à faire, et le goût était très amer, donc les enfants détestaient cela », rappelle Enos Masini, conseiller du bureau de l’OMS au Kenya pour cette maladie.
Cet ancien directeur du programme national de lutte contre la tuberculose (NLTP) a été l’artisan d’une petite révolution dans son pays. Sous sa houlette, Nairobi a focalisé sa stratégie sur les enfants, afin de contenir la maladie et sa propagation dès le plus jeune âge. C’est fin 2015, lors d’une conférence internationale au Cap, en Afrique du Sud, qu’Enos Masini assiste à l’annonce d’un nouveau traitement spécialement pensé pour les petits. Conçu par l’ONG TB Alliance et l’OMS, financé par Unitaid et l’Agence américaine de développement (USAID), le médicament se compose désormais d’une dose soluble unique, au goût de fraise.
Gratuité du traitement
Neuf mois plus tard, le pays d’Afrique de l’Est est le premier au monde à déployer ce traitement. « Au Kenya, nous sommes disposés à essayer de nouvelles choses rapidement et nous avions les compétences techniques nécessaires. Nous ne l’avons pas fait pour être les premiers, mais pour que les enfants kényans soient soignés », raconte par téléphone l’ex-directeur du NLTP, diplômé en chirurgie et en santé publique. Si le diagnostic reste difficile, le nouveau traitement a connu « un grand succès, dit-il, bien qu’aucun chiffre ne soit encore disponible. « Nous avons traité près de 20 000 enfants depuis 2016, mais pour avoir des mesures précises de ce succès, il faut attendre cinq ans », explique Enos Masini. Un chiffre peut toutefois donner l’ampleur de la tâche : rien qu’en 2016, sur 169 000 nouveaux cas déclarés, 22 000 étaient des enfants de moins de 14 ans.

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                L’impossible objectif d’éradiquer la tuberculose dans le monde en 2030



Dans son village, Catherine Karutha Nguli, la mère des jumelles, se dit satisfaite du produit, « même s’il n’était pas toujours facile de le donner aux bébés, qui parfois le vomissaient ». « Mais elles vont bien maintenant, elles ont repris du poids », dit-elle en jetant un œil aux deux fillettes. L’une joue avec un antique téléphone. L’autre, emmitouflée dans une polaire violette, semble encore fiévreuse. « Une allergie », selon leur médecin qui, après six mois de traitement, vient de les déclarer guéries.
Sans emploi, Catherine Karutha Nguli et son mari n’auraient pas eu les moyens de payer les 5 000 shillings (environ 42 euros) nécessaires au traitement. Sa gratuité dans les hôpitaux publics kényans a été décisive pour la survie des jumelles. C’est l’un des aspects phares du programme national de lutte contre la tuberculose, financé à environ 40 % par l’Etat et à 60 % par des dons extérieurs.
Accompagner les familles
Selon Enos Masini, de l’OMS, le combat porte ses fruits chez les enfants comme chez les adultes : « Il y a eu beaucoup de progrès ces dix dernières années. Plus d’un million de personnes ont été traitées. Mais il reste encore beaucoup à faire. » En 2016, 29 000 personnes sont mortes de la tuberculose, qui représente la quatrième cause de décès dans le pays.
De plus, le nombre annuel de nouveaux cas qui diminue, certes, mais trop lentement. « C’est une maladie de la pauvreté, il faut donc aller plus loin [que les traitements], poursuit Enos Masini. En ce sens, le Big Four Agenda [les quatre priorités définies par le gouvernement jusqu’en 2022 : accès au logement, santé universelle, sécurité alimentaire et industrie] est une bonne chose, car il permettra d’améliorer les conditions de vie des habitants. C’est comme cela que l’Europe a contrôlé la tuberculose dans les années 1950 et 1960. »

Sommaire de nore série Tuberculose, jusqu’à quand ?
Le Monde Afrique propose des reportages, portraits et entretiens sur le continent pour raconter le fléau qui tue plus que le sida.
Episode 1 Au Kenya, une révolution au goût de fraise dans la lutte contre la tuberculose infantile
Présentation de notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?


Un autre levier, note Stop TB, est de consacrer plus d’argent à la prévention et à la sensibilisation afin de réduire les risques de contagion, d’élargir le dépistage, mais aussi d’accompagner les familles face à la forte stigmatisation des malades, suspectés d’avoir le sida. Catherine Karutha Nguli l’avoue d’ailleurs avec sincérité : elle n’a jamais dit à ses voisins, sur qui elle compte beaucoup, pourquoi ses jumelles avaient perdu autant de poids.
Cet article fait partie d’une série réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ En déplacement dans les Antilles, Emmanuel Macron s’exprime sur le scandale du pesticide ultratoxique qui empoisonne toujours la Guadeloupe et la Martinique.
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Qu’est-ce que le scandale du chlordécone, ce pesticide ultratoxique ?

En déplacement dans les Antilles, Emmanuel Macron s’exprime sur le scandale du pesticide ultratoxique qui empoisonne toujours la Guadeloupe et la Martinique.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 10h50
    |

                            Le Monde.fr








                        



Pour son quatrième déplacement outre-mer depuis qu’il a été élu président de la République, Emmanuel Macron est arrivé jeudi 27 septembre en Martinique. En compagnie de plusieurs ministres — Agnès Buzyn (santé), Annick Girardin (outre-mer), François de Rugy et Sébastien Lecornu (transition écologique) et Jacques Mézard (cohésion des territoires) —, le chef de l’Etat doit également se rendre en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy.
Cette visite de quatre jours du chef de l’Etat est notamment marquée par la question de la contamination au chlordécone — un pesticide ultratoxique utilisé massivement de 1972 à 1993 dans les bananeraies —, dont sont victimes la plupart des Guadeloupéens et des Martiniquais.

        Lire l’enquête du « Monde » :
         

          Chlordécone : les Antilles empoisonnées pour des générations



Ces dernières semaines, une contestation est apparue en Martinique pour dénoncer le coût du dépistage sanguin qui permet d’évaluer la contamination au chlordécone.
Qu’est-ce que le chlordécone ?
Interdit en France depuis 1990, le chlordécone a pourtant été utilisé dans les Antilles jusqu’en 1993 pour lutter contre le charançon du bananier, grâce à une dérogation. Mais les conséquences ont été désastreuses. Selon les résultats d’une étude de l’agence Santé publique France, rendus publics en janvier, « plus de 90 % de la population adulte » en Guadeloupe et en Martinique est contaminée par ce pesticide.
Vingt-cinq ans après son interdiction, le chlordécone, qui passe dans la chaîne alimentaire, distille son poison un peu partout. Pas seulement dans les sols, mais aussi dans les rivières, une partie du littoral marin, le bétail, les volailles, les poissons, les crustacés, les légumes-racines… et donc dans la population elle-même. Le pesticide peut ainsi persister près de sept cents ans dans les sols.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Affaire du chlordécone : « une honte d’Etat »



Le chlordécone est aussi fortement soupçonné d’augmenter le risque de cancer de la prostate, avec 227 nouveaux cas pour 100 000 hommes chaque année en Martinique, et 184 en Guadeloupe. Des taux deux fois plus élevés qu’en métropole.
Pourquoi la contestation des dépistages monte-t-elle ?
Au cours de l’été, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer le coût exorbitant des dépistages sanguins qui permettent de connaître pour chacun le taux de chlordécone dans le sang. Il faut débourser jusqu’à 140 euros pour faire le test, qui n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Chlordécone : « Les Antilles françaises sont comme l’Ukraine et la Biélorussie d’après Tchernobyl »



Au début d’août, la fédération socialiste de la Martinique a lancé une pétition sur le site Change.org pour réclamer « un dépistage gratuit », qui a recueilli plus de 5 000 signatures.
« Aussi, afin qu’en pleine conscience, nous apprenions à vivre avec cet empoisonnement quotidien et pour accéder à ce droit légitime de la connaissance de notre intoxication, nous exigeons ne pas être en plus de victimes sanitaires, des victimes économiques. »
Signé par la première secrétaire de la fédération socialiste, Béatrice Bellay, le texte réclame « le remboursement de ce test pour tous, la mise en place d’une politique sanitaire massive et active de suivi médical des populations impactées et l’ouverture d’une enquête parlementaire ».
Qu’a prévu le gouvernement à propos du chlordécone ?
Quelques heures après son arrivée en Martinique, jeudi, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est rendu dans l’exploitation d’un agriculteur de Morne-Rouge, dans le nord de l’île, pour évoquer la pollution de ses terres par le chlordécone. A cette occasion le chef de l’Etat a annoncé que la France reconnaîtrait la réalité de ce scandale.
A la fin du mois de juin, lors de la présentation du « Livre bleu outre-mer », déclinaison de sa politique pour les territoires ultramarins, M. Macron avait déjà évoqué le sujet :
« Parler de la santé, c’est aussi parler des drames du passé et de nos responsabilités collectives, et sur le chlordécone, je serai clair pour dire que nous continuerons le travail avec lucidité et détermination, car on ne peut accepter les situations dans lesquelles nous sommes. »
A la fin de juillet, le ministère de l’agriculture a décidé de revoir les limites autorisées de présence dans les aliments de chlordécone et a demandé à l’Agence nationale de sécurité de l’alimentation et de l’environnement (Anses) de réévaluer les valeurs toxicologiques de référence, à la suite d’un recours déposé par une association guadeloupéenne devant le tribunal administratif de Paris. Un colloque sur l’état d’avancement des recherches sur le chlordécone est prévu du 16 au 19 octobre en Martinique et en Guadeloupe.

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                Chlordécone : le gouvernement veut réviser les limites autorisées dans les aliments






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ 35 % des zones humides, des milieux naturels à la biodiversité particulièrement riche, ont été détruits depuis 1970 sous le double effet de l’action de l’homme et du réchauffement.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Lacs, rivières, marais et mangroves disparaissent à grande vitesse

35 % des zones humides, des milieux naturels à la biodiversité particulièrement riche, ont été détruits depuis 1970 sous le double effet de l’action de l’homme et du réchauffement.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 14h53
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            Martine Valo








                        



   


Rarement avisé à l’égard de la nature, l’homme est en train de gommer de la surface de la terre l’un des écosystèmes qui lui rendent les services les plus fondamentaux : les zones humides. Lacs, rivières, marécages, marais, tourbières, mangroves ou récifs coralliens disparaissent trois fois plus rapidement que les forêts naturelles.
Drainés, asséchés, interrompus par de multiples barrages, canalisés, étouffés par les proliférations d’algues ou de plantes que dopent les engrais agricoles : 35 % de ces milieux à la biodiversité particulièrement riche ont été détruits depuis 1970 dans le monde. Sous l’effet accélérateur du réchauffement climatique, le rythme des destructions s’emballe depuis 2000 et atteint entre 0,85 % et 1,6 % par an (le taux annuel moyen de disparition des forêts s’élevait à 0,24 % par an entre 1990 et 2015).
Face aux besoins urgents de protéger les milieux humides restants, la Convention de Ramsar, du nom du traité adopté en 1971 dans cette ville iranienne, a établi un bilan inédit de la situation. La première édition de ses perspectives mondiales des zones humides est parue jeudi 27 septembre, en amont d’une conférence des parties consacrée à ces écosystèmes prévue à Dubaï du 21 au 29 octobre. L’objectif de cette publication est de rappeler leurs responsabilités aux 170 Etats et autres signataires du traité, qui vise à « conserver et utiliser de façon rationnelle les zones humides » en contribuant au « développement durable » dans le monde.
Selon les données agrégées pour ce rapport, ces biotopes fragiles, submergés plus ou moins régulièrement selon les saisons ou les marées, occupent encore 12,1 millions de kilomètres carrés à l’intérieur des terres (à 93 %), et sur les côtes. Entre 13 % et 18 % d’entre eux (soit plus de 2 300 sites) sont classés comme « d’importance internationale » et inscrits à ce titre sur la liste de Ramsar. Cela ne suffit pas forcément à les protéger – le secrétariat de la convention recense aussi les sites naturels présentés comme remarquables, mais bien mal en point dans les faits.
« On constate un lent éveil à la valeur des zones humides, estime néanmoins Martha Rojas Urrego, secrétaire générale de la Convention de Ramsar. Les législateurs doivent les intégrer dans les programmes politiques et investir dans leur pérennité. Nous devons éduquer le monde à l’importance critique de cet écosystème dont la disparition est très rapide. Sans les zones humides, nous sommes tous menacés. » 
Ressources génétiques
La tâche s’annonce ardue, car les ruisseaux, les fonds d’estuaires, et autres prairies humides sont largement sous-estimés. L’agriculture, l’industrialisation, la pression démographique concourent à la dégradation de ces écosystèmes. On y prélève en excès de l’eau, des sédiments, des poissons. Voire on les assèche pour gagner des terres. Boueuses, considérées comme des nids à moustiques, elles n’ont pas bonne réputation malgré leur grande diversité biologique.
Pourtant, riches d’une eau douce ou saumâtre selon les cas, elles fournissent poissons, coquillages et crustacés à des millions de personnes. Dans les sites de pêche à l’intérieur des territoires, on capturait 2 millions de tonnes de poissons en 1950, pour arriver à plus de 11,6 millions de tonnes en 2012. Sans compter la pisciculture pratiquée en eau douce.
Les zones humides procurent aussi des ressources génétiques pour la pharmacopée, elles filtrent certains contaminants, modèrent la sécheresse, protègent des inondations. Sur les littoraux où les mangroves n’ont pas été sacrifiées au profit de bassins aquacoles ou des marinas, elles atténuent l’impact des tempêtes. Les auteurs du rapport notent que les zones humides jouent en outre un rôle important dans les secteurs du transport, du tourisme, et qu’elles comportent des valeurs culturelles et spirituelles aux yeux de bien des peuples.
Qu’ils viennent s’y reproduire ou qu’ils y vivent, les animaux sont les premiers touchés par cette régression. Tortues marines, grands mammifères, reptiles d’eau douce, amphibiens, mollusques non marins, coraux, crabes, écrevisses figurent parmi les populations plus en danger de disparition, tandis que les oiseaux d’eau ne cessent de diminuer depuis la fin des années 1980.
Sur plus de 19 500 espèces dépendant des milieux humides, un quart sont désormais menacées d’extinction selon l’Union internationale pour la conservation de la nature – davantage que la faune terrestre –, en particulier dans les régions tropicales. De fait, de toutes les populations animales, ce sont celles qui vivent dans les rivières et les ruisseaux qui connaissent le déclin le plus marqué, davantage encore que celles des lacs et des marais. Depuis 1970, les poissons d’eau douce se sont effondrés de 81 % dans le monde. Le constat pour ces derniers est accablant à Madagascar, en Nouvelle-Zélande, mais aussi en Europe et dans les Andes.
Tandis que les zones humides naturelles régressent comme peau de chagrin, étangs et surtout réservoirs et rizières artificiels se développent, mais sont loin de les compenser. C’est l’Asie qui en est globalement la mieux dotée : elle abrite 32 % de la superficie mondiale ; suivie de l’Amérique du Nord (27 %), de l’Amérique latine et des Caraïbes (16 %), de l’Europe (13 %), de l’Afrique (10 %), et de l’Océanie (3 %). Dans le trio des contrées qui ont le plus dilapidé leurs richesses, l’Amérique latine et les Caraïbes arrivent en tête avec près de 60 % de superficie en moins entre 1970 et 2015 ; l’Afrique en a perdu 42 % et l’Europe 35 % pendant à peu près la même période.
Les sociétés humaines se privent ainsi d’un autre service essentiel que leur rend la nature. Ainsi, bien qu’elles n’occupent que 3 % de la surface terrestre, les tourbières stockent deux fois plus de CO2 que toutes les forêts du monde. Les marais, les herbiers marins, les mangroves sont aussi des écosystèmes riches en carbone. Toutefois, les zones humides produisent aussi de 20 % à 25 % du méthane émis autour de la planète. Et l’augmentation des températures devrait augmenter leurs émissions de ce gaz à effet de serre, en particulier dans les régions de pergélisol.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Riche d’une biodiversité exceptionnelle, le site est l’objet de multiples conflits d’usage.
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Zones humides : au sud de Nantes, l’équilibre précaire de la réserve naturelle de Grand-Lieu

Riche d’une biodiversité exceptionnelle, le site est l’objet de multiples conflits d’usage.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 11h35
    |

                            Yan Gauchard (Nantes, correspondant)








                        



                                


                            

La scène, récurrente, est assez singulière. Dans le ciel de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, à une quinzaine de kilomètres au sud de Nantes (Loire-Atlantique), on aperçoit le fuselage d’avions, en phase d’approche de l’aéroport, survolant l’immense lac classé espace remarquable avec, au-dessous des aéronefs, une kyrielle d’oiseaux impassibles. Selon Jean-Marc Gillier, directeur de la réserve naturelle nationale du lac de Grand-Lieu (2 694 hectares) pour le compte de la Société nationale de protection de la nature, les 300 espèces d’oiseaux, pour la plupart protégées, ont « intégré le couloir de vol des avions, sans que cela perturbe leurs activités ».
Le diagnostic est partagé par Jean-Philippe Siblet, du Muséum national d’histoire naturelle, qui a produit en 2017 une expertise battant en brèche une partie des arguments des partisans d’un transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dames-des-Landes, avant que l’Etat ne renonce au projet en janvier. « A Grand-Lieu, les avions semblent perçus comme totalement inoffensifs par les oiseaux », note M. Siblet, qui évacue dans le même temps la question de la pollution aérienne : aucune trace de largage de kérosène, « dont l’existence aurait été immédiatement visible par des irisations sur l’eau », n’a été repérée.
Le site de Grand-Lieu est choyé à plus d’un titre. Le label de protection Ramsar couvre l’ensemble de la zone humide dans sa configuration hivernale, soit 6 300 hectares (contre 3 000 en été). La réserve nationale, à laquelle s’accole une réserve régionale de 650 hectares gérée par la Fédération des chasseurs de Loire-Atlantique, est le paradis des grandes aigrettes, hérons cendrés et autres spatules blanches. Outre les échassiers, « près de 30 000 canards passent l’hiver à Grand-Lieu », relève M. Gillier.
Les humains, sauf rares exceptions, n’ont pas droit de cité sur cette aire. Refusant de « verser dans le tourisme de masse »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Esther Bailleul, chargée de mission au sein du Réseau pour la transition énergétique (CLER), explique la démarche et l’enjeu des « territoires à énergie positive ».
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« Les citoyens doivent se réaproprier les questions énergétiques »

Esther Bailleul, chargée de mission au sein du Réseau pour la transition énergétique (CLER), explique la démarche et l’enjeu des « territoires à énergie positive ».



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 15h45
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Qu’est-ce qu’un Tepos, ou territoire à énergie positive ?
Il s’agit de collectivités, le plus souvent rurales mais de toutes tailles, qui visent à produire plus d’énergie qu’elles n’en consomment, avec un objectif de 100 % de renouvelables. Elles montrent la voie à suivre pour sortir des combustibles fossiles et lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Mais elles permettent aussi aux territoires et aux citoyens de se réapproprier les questions énergétiques, alors que les choix étaient jusqu’à présent imposés, de façon très centralisée, par l’Etat.
Les Tepos font émerger des solutions concrètes pour la production d’énergies renouvelables, la maîtrise de la consommation, la rénovation de l’habitat, la mobilité durable… Ils créent aussi des coopérations nouvelles entre acteurs économiques, élus, associations et citoyens. Et, en valorisant les ressources locales, ils apportent de la richesse et des emplois aux territoires.
J’ajoute qu’autonomie ne veut pas dire autarcie. Au contraire, l’idée est de favoriser des solidarités nouvelles entre les collectivités rurales, qui disposent d’importantes ressources naturelles, et les zones urbaines ou périurbaines, où il est plus difficile de développer des énergies durables.
Combien de collectivités sont-elles engagées dans cette démarche ?
Des régions comme l’Aquitaine, Rhône-Alpes et la Bourgogne ont été pionnières, en lançant, dès 2012, des appels à manifestation d’intérêt pour des territoires à énergie positive, et en leur apportant un soutien financier.
De son côté, le CLER a commencé à animer, à partir de 2010, un réseau de Tepos. Il regroupe aujourd’hui une soixantaine de territoires. Ils tiennent tous les ans des rencontres nationales qui sont l’occasion de confronter les expériences et de découvrir des initiatives différentes selon les collectivités.
La loi de transition énergétique de 2015 et les appels à projets...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Réunies du 26 au 28 septembre en Savoie, des collectivités misent sur les ressources locales.
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Les territoires ruraux cultivent les renouvelables

Réunies du 26 au 28 septembre en Savoie, des collectivités misent sur les ressources locales.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 11h06
    |

            Pierre Le Hir (Montmelian, Savoie)








                        



                                


                            

« Montmélian la solaire ». Le slogan, surmonté d’un astre du jour, accueille le visiteur à l’entrée de la commune savoyarde d’un peu plus de 4 000 habitants, posée, sur les bords de l’Isère, entre forêts escarpées et coteaux couverts de vignes. Il affiche l’ambition d’une cité pionnière dans le domaine des énergies renouvelables. Ce qui lui vaut d’accueillir, du 26 au 28 septembre, les huitièmes Rencontres nationales Energie et territoires ruraux, organisées par le CLER Réseau pour la transition énergétique. Une structure qui fédère aujourd’hui une soixantaine de « territoires à énergie positive », ou Tepos : des collectivités dont l’objectif commun est d’atteindre 100 % d’énergies renouvelables, en misant sur la sobriété et la valorisation de ressources locales.
Pionnière, Montmélian l’est depuis plus de trente ans, relate la maire (PS), Béatrice Santais, qui suit, « avec le même enthousiasme », le chemin tracé par son père et prédécesseur, l’ex-sénateur Roger Rinchet. C’est lui qui, dès 1983, a doté le centre nautique de panneaux solaires thermiques qui chauffent, à moindre coût, l’eau des bassins et des douches. Tour à tour ont ensuite été équipés plusieurs bâtiments communaux (maison de retraite, gymnase, foyer de jeunes travailleurs, halle de gymnastique, « village des enfants » regroupant halte-garderie, centre aéré et centre de loisirs…), mais aussi les toitures d’immeubles et de logements sociaux gérés par l’Office public d’aménagement et de construction.
La ville a également installé une centrale photovoltaïque sur le toit des ateliers municipaux. Elle compte aujourd’hui 2 000 mètres carrés de capteurs solaires, pour plus des trois quarts thermiques. A quoi s’est ajoutée, début 2018, la mise en service sur l’Isère d’une centrale hydroélectrique au fil de l’eau, exploitée par le groupe Akuo Energy. Ses quatre turbines, d’une puissance de 2 mégawatts, génèrent l’équivalent de la moitié de la consommation électrique annuelle de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Le président français a réuni un nouveau « One Planet Summit » en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.
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A New York, Emmanuel Macron se pose en rassembleur de la finance climatique

Le président français a réuni un nouveau « One Planet Summit » en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 11h30
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante) et 
Simon Roger








                        



   


Le pied de nez n’était sans doute pas volontaire. Mais une trentaine de chefs d’Etat ou de gouvernement, des dirigeants d’entreprises et de grands philanthropes, se sont donné rendez-vous à l’invitation d’Emmanuel Macron, mercredi 26 septembre, au Plaza Hotel, un palace à quelques centaines de mètres de la Trump Tower et qui avait un temps appartenu à Donald Trump. Ils ont participé à la deuxième édition du One Planet Summit, l’initiative lancée en décembre 2017 par le président français (aidé des Nations unies et de la Banque mondiale) pour redonner du souffle à l’accord de Paris de 2015 ébranlé par la décision des États-Unis de s’en retirer.
« Cet accord était censé être mort à cause d’une seule décision, a lancé M. Macron en ouverture de ce sommet sur la finance climat, sans faire nommément référence à M. Trump, mais grâce à nos engagements, cela a pu être évité. »

        Lire aussi :
         

                ONU : une Assemblée générale sous le signe de la défiance



A New York, le président français a reçu par l’agence des Nations unies pour l’environnement le titre de « champion de la Terre » qu’il partage avec le premier ministre indien Narendra Modi, pour saluer leur implication dans l’Alliance solaire internationale. M. Macron a également été distingué du titre de « champion du climat », remis par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Il s’est ainsi posé en gardien de l’accord conclu lors de la conférence climat de décembre 2015 (COP21) destiné à contenir le réchauffement sous le seuil des 2 °C.
« Rendre des comptes »
« Ces rassemblements sont exceptionnels. Mais il ne suffit plus de parler. Il faut rendre des comptes », a t-il convenu devant un parterre de représentants de petites îles menacées par la montée des eaux, d’Etats africains confrontés à des sécheresses de plus en plus intenses et de nombreux pays européens. La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre devant les Etats-Unis, était en revanche représentée par un simple délégué du ministère des affaires étrangères. Un niveau de participation inférieur à celui du premier One Planet Summit, à Paris.
A l’issue de ce sommet bouclé en deux heures trente, il restait pourtant difficile de faire la distinction entre les objectifs déjà annoncés et les nouvelles initiatives engagées. « Il faut qu’on prenne le temps de comparer les annonces. Pour l’instant, c’est trop flou », confiait un négociateur européen pourtant rodé à ce type d’exercice. Sur les douze grands engagements pris en décembre 2017, seuls trois semblaient sur la bonne voie pour se concrétiser en actions précises : l’aide aux Etats insulaires, l’engagement des banques de réorienter leurs flux financiers vers les activités décarbonées et la mobilisation des fonds souverains.
L’Union européenne, la France et la Nouvelle-Zélande ont annoncé un don de 20 millions de dollars (17 millions d’euros) pour protéger le Pacifique des changements climatiques, en guise de réponse à la demande du dirigeant français de « réaffecter un tiers de la finance mondiale vers de nouvelles actions climatiques ».
Michael Bloomberg, l’envoyé spécial des Nations unies sur le climat, veut créer un réseau à Wall Street afin de promouvoir une finance plus respectueuse. Mais c’est du côté des banques de développement que les annonces semblent les plus ambitieuses. L’IDFC, un club de 23 banques de développement, souhaite dorénavant octroyer un quart de ses prêts à des projets verts, soit 200 milliards de dollars.
L’Union européenne promet qu’un quart de son budget, sur l’exercice 2021-2027, sera orienté vers des programmes répondant au défi du réchauffement climatique. La Banque mondiale s’engage quant à elle à consacrer un milliard de dollars pour développer des batteries de stockage de l’énergie dans les pays en développement.
Un partenariat inédit devrait, par ailleurs, voir le jour début 2019 entre l’agence française de développement, le ministère de l’environnement allemand, les fondations Hewlett, Grantham et Ikea, et le plus gros gestionnaire d’actifs du monde, BlackRock. Présenté pendant le One Planet Summit new-yorkais, ce « partenariat climatique financier » prendra la forme d’un fonds d’investissement destiné à lever du capital auprès des acteurs comme les fonds de pension, assureurs, fonds souverains, etc. pour soutenir des projets d’infrastructures bas carbone dans les pays émergents.
Emmanuel Macron a annoncé enfin vouloir profiter de la présidence française du G7 en 2019 pour réunir à nouveau le « One Planet Club » à Biarritz, en août. D’ici là, un autre bilan d’étape pourrait intervenir au printemps au Kenya, précise l’entourage du chef de l’Etat.

        Lire la tribune de la secrétaire d’Etat à la transition écologique Brune Poirson :
         

          « Transformer la finance pour la sevrer de ses produits nocifs pour la nature et l’homme »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Des chercheurs américains mettent en évidence un impact de l’herbicide sur la flore intestinale des butineuses, rendant celles-ci plus vulnérables aux infections.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/09/2018
Découvrir l’application


                           
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Le glyphosate présente (aussi) un risque pour les abeilles

Des chercheurs américains mettent en évidence un impact de l’herbicide sur la flore intestinale des butineuses, rendant celles-ci plus vulnérables aux infections.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 13h21
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Déjà classé « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – avis auquel s’opposent les agences réglementaires européennes et américaines –, voici que le glyphosate est mis en cause pour ses effets sur les abeilles domestiques (Apis mellifera).

Une équipe de chercheurs du département de biologie intégrative de l’université du Texas à Austin (Etats-Unis) publie, dans la dernière édition de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), une étude montrant que l’herbicide, principe actif du célèbre désherbant Roundup et substance phytosanitaire la plus utilisée au monde, peut augmenter la mortalité des butineuses, en agissant sur leur flore intestinale.
Ces nouveaux travaux ajoutent une nouvelle cause possible au déclin accéléré des abeilles domestiques – un phénomène constaté dans tous les territoires dominés par les activités agricoles. Les dégâts indirects des herbicides (en détruisant les plantes sauvages) sur les pollinisateurs sont, eux, déjà bien connus.
Augmentation de la mortalité dans la ruche
« Nous montrons que l’abondance des espèces principales du microbiote intestinal est réduite chez les abeilles exposées au glyphosate et ce, à des concentrations rencontrées dans l’environnement, écrivent le biologiste Erick Motta (université du Texas à Austin) et ses coauteurs. Les jeunes butineuses exposées à cette substance voient leur mortalité augmenter lorsqu’elles sont ensuite exposées à Serratia marcescens une bactérie pathogène opportuniste. » Les chercheurs notent en outre que des travaux précédents ont montré que l’altération du microbiote des abeilles réduit leur gain de poids, modifie leur métabolisme, et augmente leur mortalité dans la ruche.

Surprenant ? « Ces dernières années, il est devenu de plus en plus clair que l’ensemble des bactéries formant le microbiote intestinal jouent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Cette centrale vise à fournir l’équivalent de 7 % des besoins d’électricité du Royaume-Uni, où les centrales nucléaires ont fermé ou sont en fin de vie.
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Centrale nucléaire d’Hinkley : EDF pense terminer la dalle en 2019

Cette centrale vise à fournir l’équivalent de 7 % des besoins d’électricité du Royaume-Uni, où les centrales nucléaires ont fermé ou sont en fin de vie.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 03h06
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 08h18
   





                        



   


L’électricien français EDF a annoncé jeudi 27 septembre qu’il espérait terminer l’an prochain la dalle de béton de 4 500 tonnes qui supportera les réacteurs de la centrale nucléaire Hinkley Point C en Angleterre. « Plus de 3 200 personnes travaillent sur cette nouvelle centrale nucléaire dans le Somerset. Le projet est en bonne voie pour sa prochaine grande étape en 2019 : l’achèvement d’une plateforme de béton de 4 500 tonnes sur laquelle reposeront les bâtiments des réacteurs », ont expliqué dans un communiqué EDF Energy, la filiale britannique du géant français, et son partenaire chinois CGN.
La décision finale d’investissement pour ce projet a été prise il y a exactement deux ans, par EDF qui exerce la maîtrise d’ouvrage et CGN qui tient un tiers du projet, à la suite d’un accord avec le gouvernement britannique qui promeut la construction de nouveaux réacteurs et a garanti le prix de l’électricité qui sera produite sur place.

        Lire aussi :
         

                Nucléaire : EDF lance les négociations pour deux nouveaux EPR au Royaume-Uni



Renouveau nucléaire
Au-delà de cette gigantesque dalle de béton, les constructeurs ont mis en avant d’autres avancées des travaux, comme le creusement de 750 mètres de galeries souterraines bétonnées pour abriter câbles et tuyaux ou encore l’achèvement, espéré cette année, d’un mur de 760 mètres de long et de 13,5 m de haut pour protéger cette centrale de bord de mer de toute montée des eaux.
Symbole du renouveau nucléaire dans le pays, le projet consiste à édifier deux réacteurs de type EPR dans le sud-ouest de l’Angleterre pour un coût de construction de 19,6 milliards de livres (22 milliards d’euros).

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A l’été 2017, EDF avait évoqué un « risque » de retard de quinze mois pour le premier réacteur, censé entrer en service fin 2025, et de neuf mois pour le second, qui doit démarrer six mois plus tard. Dans leur communiqué jeudi, EDF Energy et CGN assurent que « le projet vise l’objectif d’une première livraison à la fin 2025 » pour le réacteur numéro 1.
Projet crucial
Cette centrale vise à fournir l’équivalent de 7 % des besoins d’électricité du Royaume-Uni, où les centrales nucléaires construites au XXe siècle ont fermé ou sont sur le point d’arriver en fin de vie.
Ce projet est crucial pour EDF qui a connu des déboires avec ses réacteurs de troisième génération EPR, notamment à Flamanville (Manche), où le chantier ouvert en 2007 pourrait n’être bouclé que fin 2019 pour une mise en service commerciale en 2020, quand le calendrier initial tablait sur 2012. Son coût a entre-temps plus que triplé, à 10,9 milliards d’euros.

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Un premier EPR a été mis en service en juin en Chine, à Taishan, dans le cadre d’un projet conduit à 51 % par CGN, à 30 % par EDF et à 19 % par l’électricien de la province du Guangdong.



                            


                        

                        


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Les grizzlys du parc de Yellowstone sauvés par un juge

L’organisme américain chargé de la gestion de la faune sauvage avait retiré les plantigrades de la liste des espèces menacées. Une décision abusive, selon un juge du Montana.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 19h37
   





                        



   


Les grizzlys du parc national de Yellowstone, aux Etats-Unis, ont sauvé leur peau : un juge fédéral américain a ordonné leur retour sur la liste des espèces menacées, dont un organisme gouvernemental les avait rayés en juin 2017.
Dans son ordonnance en date de lundi 24 septembre, le juge fédéral Dana Christensen, de l’Etat du Montana, écrit que la décision du Fish and Wildlife Service, l’organisme fédéral chargé de la gestion de la faune sauvage, d’enlever ces ours de la liste des espèces menacées était « arbitraire et fantasque ». Selon lui, l’agence a notamment fondé sa décision sur des études qui ne sont pas pertinentes, « manquant ainsi à ses obligations » de rigueur scientifique.
La cour fédérale de district du Montana avait été saisie l’an dernier par la tribu Crow et par plusieurs autres tribus d’Amérindiens qui s’opposaient à cette décision menaçant sept cents plantigrades du parc de l’ouest des Etats-Unis. C’est dans ce cadre que le juge Christensen avait bloqué en août l’ouverture d’une chasse au grizzly controversée qui devait avoir lieu autour du parc de Yellowstone, dans l’Idaho et le Wyoming, pour la première fois en quarante ans. Au total, jusqu’à vingt-trois ours auraient pu finir en descente de lit ou en trophée à l’issue de cette chasse.
« Implications politiques »
« Le tribunal a conscience du vif intérêt que le public a pour cette affaire, ainsi que de l’émotion que les grizzlys suscitent chez les gens, des éleveurs et chasseurs jusqu’aux défenseurs de la nature et des droits des animaux », écrit Dana Christensen. Des « implications politiques significatives » mais qui n’entrent pas en ligne de compte dans ce jugement, assure-t-il.
« Ce dossier (...) est limité à une simple question: oui ou non, le Fish and Wildlife Service a-t-il outrepassé son autorité légale en retirant de la liste (des espèces menacées) l’ours grizzly du haut Yellowstone? », a expliqué le juge, qui a donc tranché en faveur du oui.

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« C’est une victoire pour les ours et pour tous ceux qui viennent dans la région pour voir le grizzly dans son milieu naturel », s’est réjoui dans un communiqué Tim Preso, avocat d’Earthjustice, une ONG juridique, qui portait la plainte au nom de la tribu indienne des Cheyennes du Nord et d’associations de protection de la nature.
« La nation des Cheyennes du Nord considère l’ours grizzly comme un parent qui mérite notre respect et notre protection, a expliqué de son côté Lawrence Killsback, président de cette tribu. Il y va de notre responsabilité de parler pour les ours, qui ne peuvent s’exprimer eux-mêmes. »



                            


                        

                        

