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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le président de la Société du Grand Paris a déclenché une vive polémique en semblant mettre en cause l’interconnexion entre deux lignes du futur métro.
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Grand Paris Express : la recherche d’économies inquiète

Le président de la Société du Grand Paris a déclenché une vive polémique en semblant mettre en cause l’interconnexion entre deux lignes du futur métro.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 18h00
    |

            Grégoire Allix








                        



   


Difficile d’économiser 3 milliards d’euros sans susciter colère et inquiétude. Le nouveau président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP), Thierry Dallard, nommé en juin, commence à en faire l’expérience. L’ingénieur a été chargé par le gouvernement de mener à bien la réalisation de ce réseau de 200 kilomètres de lignes de métro, 68 gares et 7 centres techniques, en allégeant de près de 10 % une facture prévisionnelle qui a enflé jusqu’à atteindre 35 milliards d’euros. Il lui a suffi d’une déclaration imprudente lors de sa conférence de presse de rentrée, mardi 25 septembre, pour déclencher un incendie parmi les élus d’Ile-de-France.

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                Thierry Dallard, chef de chantier du Grand Paris Express



En cause : la réalisation de coûteux équipements techniques permettant l’interconnexion à Champigny (Val-de-Marne) de deux lignes du futur métro, la 15 Sud et la 15 Est. Pour éviter aux passagers de devoir descendre sur le quai et de changer de train, deux énormes « ouvrages d’entonnement » souterrains sont prévus, permettant à une partie des rames de poursuivre sur la ligne suivante et non de s’arrêter au terminus. La facture : 200 millions d’euros pour chaque ouvrage, 400 millions d’euros au total, selon des chiffres souvent avancés, mais non confirmés par la SGP.
« Nous nous interrogeons sur la nécessité de faire cette interopérabilité. (...) L’expérience montre dans les lignes actuelles que ce type de fourche ne fonctionne pas très bien », expliquait Thierry Dallard le 25 septembre, aussitôt cité dans un article du Parisien. Emoi considérable chez les élus du département : cette interconnexion a été arrachée de haute lutte, en 2013, par les partisans d’un métro circulaire en rocade, contre ceux qui défendaient une ligne en simple aller-retour.
Le syndicat des transports Ile-de-France Mobilités a immédiatement adressé un courrier à la Société du Grand Paris, rappelant son attachement à l’interopérabilité. Le président (PCF) du Val-de-Marne, Christian Favier, et le maire (PCF) de Champigny, Christian Fautré, ont publié un communiqué jugeant ce revirement « inadmissible » pour les élus, les habitants et les deniers publics. Ils appellent à une mobilisation populaire, mardi 2 octobre, à Champigny.
« Transparence » et « large consensus »
Depuis, Thierry Dallard s’attache à minimiser la portée de ses propos : « A ce stade, aucune décision n’est prise. L’arbitrage de 2013 sur l’interopérabilité est toujours d’actualité, assure-t-il au Monde. Mais ma mission, c’est de réinterroger tout le dossier, d’apprécier les risques sur les délais et les coûts et de m’assurer qu’il n’y aura pas de problème d’exploitation et de fonctionnement. Or une ligne en fourche, c’est compliqué, ça a des conséquences en termes de coût et d’exploitation, dont je ne suis pas sûr que tout le monde mesure la complexité. » Pour autant, promet le président du directoire, toute décision sera prise dans la « transparence » et « un large consensus ». 

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                Grand Paris Express : la fronde des élus locaux



L’incompréhension est d’autant plus vive localement que le chantier du premier ouvrage est en cours depuis mars 2015 – la ligne 15 Sud est la première lancée. Commerces et riverains ont été expropriés, une immense tranchée déchire l’avenue Roger-Salengro, les nuisances sont considérables. Tout ça pour rien ? « Le premier ouvrage n’est pas remis en cause, il sert aussi à faire entrer le tunnelier, à la ventilation, à la gestion des secours... En revanche, il faut se poser ensemble les bonnes questions avant de lancer le deuxième », explique M. Dallard.
Problème : la remise en cause de l’interconnexion pourrait avoir des conséquences plus fâcheuses qu’un simple changement de train pour les passagers. « Cela obligerait à reprendre la déclaration d’utilité publique de la ligne 15 Est, soit un an et demi ou deux ans de retard, ce qui serait une remise en cause catastrophique de la ligne », estime Jacques Baudrier, conseiller (PCF) de Paris et administrateur d’Ile-de-France Mobilités.
Maladresse d’un dirigeant peu rompu aux conférences de presse ou précipitation d’un ingénieur qui a sous-estimé la sensibilité politique de ce chantier ? M. Dallard a jusqu’ici assuré que les économies recherchées seraient réalisées grâce à « une somme de petites choses », la SGP travaillant sur « 1 200 pistes ». Remplacer des fils de cuivre par de l’aluminium par exemple, ou revoir l’évacuation et la valorisation des déchets de chantier. Chacun pressent toutefois que des mesures plus draconiennes pourraient intervenir, sur l’architecture des gares ou les ouvrages techniques. Or pour les élus locaux, en conflit ouvert avec la Société du Grand Paris après s’être vu imposer par l’Etat des retards sur la mise en service de plusieurs lignes, toute nouvelle concession apparaît désormais comme un casus belli.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Le chercheur Bruno Palier retrace, dans une tribune au « Monde », un demi-siècle de réformes gouvernementales face à l’envolée des dépenses de santé.
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Santé : « Des mesures qui ont réduit les dépenses mais renforcé les inégalités d’accès aux soins »

Le chercheur Bruno Palier retrace, dans une tribune au « Monde », un demi-siècle de réformes gouvernementales face à l’envolée des dépenses de santé.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h38
    |

Bruno Palier (Directeur de recherche au CNRS)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis le début des années 1970, les dépenses de santé en France augmentent systématiquement plus vite que le produit intérieur brut (PIB). Leur part dans le PIB est ainsi passée de 7,6 % en 1980 à 9,4 % en 1994 et à 11 % depuis le milieu des années 2010, soit l’un des ratios les plus élevés du monde. Pour faire face à cette augmentation, la France semble avoir tenté toutes les formes de régulation possibles : par les prix, par la négociation, par l’étatisation, par la privatisation.

Au cours des années 1970, les pouvoirs publics ont d’abord cherché à bloquer les prix. Les hôpitaux ont vu le niveau du « prix de journée », qui permet leur financement et est fixé par l’Etat, ne progresser que très lentement, moins vite que l’inflation. Les tarifs de la Sécurité sociale pour les honoraires des professionnels de santé n’évoluaient pas aussi vite que les salaires. Le prix des médicaments était fixé à des tarifs relativement bas par rapport à ceux des pays étrangers. Mais cette stratégie n’a guère ralenti la hausse des dépenses, car les acteurs compensaient ce quasi-gel des tarifs en augmentant le volume de leur activité : prolongation des séjours en hôpital, multiplication des consultations médicales et des prescriptions de médicaments.
Obliger les professions médicales à négocier
Faute de parvenir à réguler l’offre de soins par les prix, les gouvernements ont alors diminué les remboursements et augmenté les prélèvements obligatoires : création du forfait hospitalier en 1983 – 20 francs, soit 3 euros à l’époque, 20 euros aujourd’hui ; augmentation des « tickets modérateurs » – passés d’un niveau théorique d’ensemble de 20 % en 1945 à 45 % pour les soins de ville en moyenne, d’après les calculs de Didier Tabuteau et Pierre-Louis Bras dans Les Assurances maladie (Que sais-je, PUF, 2012) ; hausse des cotisations d’assurance-maladie et des taxes sur le tabac, l’alcool, les sodas… Naît ainsi le mythe suivant lequel les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Seize spécialistes du cancer s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre la dérive bureaucratique et comptable du système de santé français qui pénalise les patients.
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« Nos voisins européens offrent aux malades du cancer un meilleur accès à l’innovation »

Seize spécialistes du cancer s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre la dérive bureaucratique et comptable du système de santé français qui pénalise les patients.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 15h37
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Pour une pathologie grave et chronique comme le cancer, notre système de soins n’assure plus à ce jour aux malades un accès rapide et équitable aux médicaments les plus innovants – sans parler d’autres technologies indispensables telles que scanner et IRM. Certains traitements majeurs du cancer du sein, du col de l’utérus, de la prostate, du poumon, du rein et de la vessie, de l’estomac, des maladies du sang… ne sont tout simplement pas accessibles aux patients français, faute d’être agréés ou financés par notre système de santé.
On a vu en 2017 une malade atteinte d’un cancer du sein lancer une souscription en ligne pour financer son traitement, brutalement interrompu faute de remboursement, et l’association Imagyn réunir 8 000 signatures pour demander l’accès des personnes atteintes d’un cancer du col de l’utérus à un médicament – le bevacizumab – qui prolonge leur vie… Sans résultat.
Soignants désemparés
Trop longtemps, le ministère de la Santé s’est contenté de répondre qu’il avait « identifié le problème ». En réalité, il en est à l’origine. Les mécanismes de cette régression sont complexes. Ils commencent avec la réduction de l’accès aux nouveaux traitements du fait de l’allongement des procédures d’évaluation et de fixation des prix – plus de 400 jours en moyenne, 180 étant la norme européenne. On voit perverti par des restrictions comptables, le système inventé par la France pour financer les médicaments innovants en plus des forfaits de la tarification à l’activité, la « T2A » – aujourd’hui heureusement remise en cause par le gouvernement.
« En 2016 et 2017, de nombreux malades ont vu leur traitement purement et simplement interrompu faute de moyens. »
Résultat : en 2016 et 2017, de nombreux malades ont vu leur traitement purement et simplement interrompu faute de moyens. Les inégalités ainsi générées sont antirépublicaines. Elles instituent des possibilités de traitement variables d’un établissement à l’autre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Dans une tribune au « Monde », trois économistes mettent en lumière les effets, parfois surprenants, du creusement des inégalités de revenu dans les deux pays sur la santé et la mortalité.
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« Aux Etats-Unis comme en France, les inégalités de santé et de revenus ne vont pas nécessairement de pair »

Dans une tribune au « Monde », trois économistes mettent en lumière les effets, parfois surprenants, du creusement des inégalités de revenu dans les deux pays sur la santé et la mortalité.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h34
    |

Janet Currie (Professeure d’économie et d’affaires publiques), Hannes Schwandt (Professeur assistant d’économie) et Josselin Thuilliez (chercheur)







                        



                                


                            
Tribune. Les inégalités de revenu ont augmenté de part et d’autre de l’Atlantique au cours des dernières décennies entraînant un large débat public sur leurs conséquences négatives. Les répercussions sur la santé et la longévité intriguent particulièrement. Il est en effet difficile de comprendre les liens entre revenu et santé, certainement plus encore sous l’angle des inégalités, et beaucoup plus encore en comparant plusieurs pays au cours du temps.
Les Etats-Unis sont la première puissance économique mondiale alors que la France arrive au 6e ou 7e rang selon les classements. Les Etats-Unis connaissent une plus forte hausse des inégalités que la France, mais la France n’est pas épargnée non plus par la montée des inégalités de revenu. Les systèmes de santé des deux pays sont souvent présentés comme fondamentalement opposés, le système français étant considéré comme meilleur, notamment dans les classements de l’Organisation mondiale de la santé. Les Français se porteraient-ils mieux que les Américains parce qu’il y a moins d’inégalités en France ? Ou est-ce le système de santé qui explique cette différence ?
Croyances pas toujours fondées
En analysant l’évolution de la mortalité aux Etats-Unis et en France, nous avons constaté que les inégalités en matière de revenu et de santé n’évoluent pas nécessairement de pair et que les politiques publiques peuvent aider à rompre ce lien. Notre analyse montre, qu’aussi bien en France qu’aux Etats-Unis, les croyances ne sont pas toujours fondées.
Les Etats-Unis ont par exemple connu une forte diminution des inégalités de mortalité chez les nourrissons, les enfants et les adolescents au cours des dernières décennies, en dépit de fortes augmentations des inégalités de revenu. En France, pays doté d’une couverture de santé universelle, qui a connu des augmentations récentes des inégalités de revenu, la mortalité des plus jeunes est restée égalitaire au cours du temps selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Trois professeurs de médecine et de pharmacie protestent, dans une tribune au « Monde », contre l’envolée injustifiable des prix des médicaments anticancéreux.
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« L’industrie pharmaceutique est préoccupée avant tout par sa rentabilité financière »

Trois professeurs de médecine et de pharmacie protestent, dans une tribune au « Monde », contre l’envolée injustifiable des prix des médicaments anticancéreux.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h32
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 15h41
    |

Alain Astier (Professeur honoraire de pharmacie), André Grimaldi (Professeur émérite d’endocrinologie) et Jean-Paul Vernant (Professeur émérite d’h...







                        



                                


                            
Tribune. Grâce aux progrès de la biologie moléculaire qui offre de nouvelles cibles thérapeutiques, les médicaments innovants du cancer se multiplient depuis quelques années. Générateurs pour certains de progrès majeurs et offrant aux malades l’espoir d’une survie plus longue et en meilleure santé, ces nouveaux médicaments apparaissent sur le marché à des prix qui ont subi une augmentation exponentielle et deviennent exorbitants. Ainsi, aux Etats-Unis, la quasi-totalité de ces innovations thérapeutiques coûtent plus de 120 000 dollars (103 000 euros) par an et par malade, contre 10 000 dollars il y une vingtaine d’années.
Il serait logique que, comme par le passé, le prix d’un nouveau médicament soit déterminé en fonction des investissements de recherche et développement (R&D) engagés par les industriels. Paradoxalement, les prix explosent alors que la recherche est le plus souvent faite par des structures académiques financées par des fonds publics, et que le développement permettant la mise sur le marché est de plus en plus rapide, après des essais cliniques portant sur un nombre limité de patients. Aujourd’hui, les dépenses de R&D correspondent en moyenne à moins de 15 % du chiffre d’affaires des laboratoires, alors que plus de 25 % sont alloués au marketing et que les marges bénéficiaires excèdent 20 %.
Une politique de marketing et de lobbying
Ne pouvant plus justifier cette envolée des prix par leurs dépenses de R&D, l’industrie pharmaceutique argue maintenant de la qualité du service médical rendu comme prétexte à leurs exigences financières. Mais, outre que certaines de ces innovations n’offrent pas aux malades de réels progrès, on peut se demander si des progrès même exceptionnels pourraient justifier de telles exigences financières. Si le prix du vaccin contre la poliomyélite, apparu au milieu des années 1950, avait été défini à l’aune de son remarquable service médical rendu, il n’est pas certain que la poliomyélite aurait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Si les épargnants hésitent à aller sur le marché des actions, c’est parce que leurs performances sont inférieures à celle des produits moins risqués, observe dans une tribune au « Monde » Sébastien d’Ornano, dirigeant d’un site de placement en ligne.
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« La frilosité des Français vis-à-vis des marchés financiers n’est pas si illogique qu’il y paraît »

Si les épargnants hésitent à aller sur le marché des actions, c’est parce que leurs performances sont inférieures à celle des produits moins risqués, observe dans une tribune au « Monde » Sébastien d’Ornano, dirigeant d’un site de placement en ligne.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 14h00
    |

Sébastien d’Ornano (Président de Yomoni, société de gestion en ligne d’épargne et de placements)







                        



                                


                            
Tribune. Les Français n’aiment pas la Bourse ! Ce constat n’est pas nouveau et les statisticiens de l’INSEE le confirment : fin 2016, les « actions et parts de fonds d’investissement » ne représentaient que 12 % des quelque 11 000 milliards d’euros de patrimoine des Français, alors que l’immobilier s’y taille la part du lion (61 %). De nombreux acteurs du secteur financier n’ont de cesse d’interroger les Français sur leurs comportements d’épargne et leur problématique aversion au risque.
La dernière étude Investor Pulse de Blackrock mettait ainsi en exergue le fait que 42 % des Français confessaient avoir du mal à comprendre comment planifier leur retraite, et que 24 % associaient le sentiment d’inquiétude à l’investissement. Une autre étude conduite fin 2017 par Schroders révélait même une distorsion entre les attentes élevées des Français concernant leur épargne – ils souhaitent en moyenne obtenir une performance annuelle de 8,9 % – et leur comportement, puisqu’ils préfèrent le dépôt sur un compte d’épargne à l’investissement financier, plus risqué mais indispensable pour viser une telle rentabilité.
La communauté financière a tendance à déduire un peu rapidement de ces données que le nœud du problème est le manque de culture financière des Français, et qu’il faut donc les aider à progresser. Les acteurs du secteur se retrouvent d’ailleurs volontiers pour financer des initiatives comme La Finance Pour Tous, site à vocation pédagogique sur l’argent et la finance.
Plus de 7 % par an en moyenne
Tout cela semble fort logique et louable, mais on peut se demander si les professionnels de l’épargne n’agissent pas de la même manière que les industriels du secteur des boissons, récemment pointés du doigt par l’émission d’enquête Cash Investigation pour leur comportement concernant le plastique.
les investisseurs français voient en moyenne 31,9 % de la performance brute de leurs fonds s’envoler en frais (et en inflation),...



                        

                        


<article-nb="2018/09/28/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Une réflexion est engagée sur la réduction du nombre de courses proposées aux parieurs.
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En perte de vitesse, le PMU cherche les recettes pour renouer avec la croissance.

Une réflexion est engagée sur la réduction du nombre de courses proposées aux parieurs.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 12h47
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Dimanche 7 octobre, les amateurs de course hippique du monde entier auront les yeux rivés sur Paris. Sur Longchamp plus précisément. Pour eux,  le Prix de l’Arc de triomphe, qui se courra de nouveau sur son hippodrome attitré après sa complète rénovation, est considérée comme le championnat du monde du galop. Un temps fort pour le PMU, prêt à collecter les mises des turfistes.

Pour autant, l’humeur n’est pas vraiment à la fête chez l’opérateur historique de paris hippiques. Près de six mois après sa nomination, à l’issue d’une « période d’immersion », son nouveau directeur général, Cyril Linette, livre sa première analyse. « Le constat est assez alarmant. La situation est complexe », déclare-t-il sans ambages.
L’embellie de 2017 semble avoir été de courte durée. En janvier 2018, le groupement d’intérêt économique (GIE) détenu par les sociétés de courses France Galop et le Trot se félicitait d’avoir renoué avec la croissance. Le total des enjeux, englobant paris hippiques, paris sportifs et poker, avait progressé de 2 % à 9,9 milliards d’euros. Une dynamique portée par l’international mais aussi par un retour dans le vert des paris hippiques en France. L’objectif fixé pour 2018 était alors de dépasser la barre des 10 milliards d’euros d’enjeux et de reverser 803 millions d’euros aux sociétés de courses. Sachant que le PMU leur verse l’intégralité de ses dividendes.
Les paris hippiques sont en retrait de 2 %
Depuis, le terrain est redevenu lourd pour l’opérateur historique, de nouveau en perte de vitesse. Même s’il n’a pas publié de communiqué semestriel sur son activité, M. Linette ne s’en cache pas, les objectifs ne seront pas atteints. Les paris hippiques sont en retrait de 2 % sur les six premiers mois de l’année. Et l’été a été sombre. Le PMU a pris, il est vrai, de plein fouet la Coupe du monde de football. Les Français ont délaissé le quinté pour se livrer à des pronostics sur les équipes de ballon rond favoris....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Le dernier grand sidérurgiste allemand a annoncé le 27 septembre sa scission en deux entités séparées. Les conglomérats ne sont pas condamnés mais ne sont plus un rempart contre les ruptures technologiques et les conjonctures défavorables, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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ThyssenKrupp : « Pour les investisseurs, l’affaire est entendue, les conglomérats sont d’un autre âge »

Le dernier grand sidérurgiste allemand a annoncé le 27 septembre sa scission en deux entités séparées. Les conglomérats ne sont pas condamnés mais ne sont plus un rempart contre les ruptures technologiques et les conjonctures défavorables, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 12h36
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            
Chronique. Quand Alfred Krupp hérita en 1826 de l’entreprise fondée par son père, il n’avait que quatorze ans et sa petite usine d’acier d’Essen, en Rhénanie du nord ne sera sauvée que par l’essor fulgurant de la sidérurgie au XIXe siècle : le chemin de fer, les bateaux, les armes. Sa science dans ce domaine a apporté la victoire à l’armée prussienne face aux Français en 1872, le couronnant « kanonenkönig », le roi du canon. A cette date, il édicte un « règlement général » pour ses quelque 20 000 employés, et leur offre au passage la sécurité sociale, la retraite, les vacances, en échange de leur loyauté absolue. Krupp disposait alors de ses boulangeries, magasins, logements, maisons de retraite et de soin, un Etat dans l’empire allemand.
Il n’est plus question de boulangeries et d’hôpitaux aujourd’hui chez ThyssenKrupp, encore en partie propriété des héritiers d’Alfred. L’entreprise a annoncé le 27 septembre sa scission en deux entités séparées, d’un côté les matériaux, l’armement et la sidérurgie, et de l’autre le matériel industriel : les ascenseurs, les pièces automobiles et les machines industrielles. Un démantèlement combattu par la précédente direction débarquée cet été. Et une victoire pour les investisseurs activistes, les fonds suédois Cevian et américain Eliott qui collent aux basques des patrons de l’entreprise depuis près de cinq ans. Un crève-cœur pour le dernier grand sidérurgiste allemand si symbolique des heures les plus glorieuses et les plus sombres de l’histoire allemande de ces deux derniers siècles et qui avait déjà dû fusionner sa sidérurgie avec celle de l’Indien Tata.
Le luxe de la diversification à outrance
Pour les investisseurs, l’affaire est entendue, les conglomérats sont d’un autre âge. Empêtrés dans la bureaucratie nécessaire à la supervision de leurs multiples activités, ils affichent de piètres performances. Selon la banque Goldman Sachs, sur les cinq dernières années, leur parcours boursier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Le marché français du spectacle vivant a démontré sa capacité d’absorption de nouveaux lieux, avec une croissance de 15 % des recettes de billetterie en 2017.
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Les nouvelles salles de musique font un carton

Le marché français du spectacle vivant a démontré sa capacité d’absorption de nouveaux lieux, avec une croissance de 15 % des recettes de billetterie en 2017.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 12h22
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 12h26
    |

            Nicole Vulser








                        



   


« Que n’a-t-on entendu sur les méfaits de la surcapacité annoncée des salles de spectacle ! », s’exclame Philippe Nicolas, directeur du Centre national de la chanson, des variétés et du jazz (CNV). Entre l’ouverture, en 2017, de la Seine Musicale sur l’île Seguin à Boulogne-Billancourt et de l’U Arena à Nanterre (toutes deux dans les Hauts-de-Seine), la réouverture de la Salle Pleyel et du Bataclan à Paris ou encore l’arrivée du festival Lollapalooza dans la capitale, le marché a démontré sa capacité d’absorption de nouveaux lieux.
Résilient en 2015 et 2016 malgré l’onde de choc de l’attentat du Bataclan, le spectacle vivant a connu un net rebond en 2017. L’étude du CNV, publiée jeudi 27 septembre, montre une très solide croissance – de 15 % – des recettes de billetterie. Elles ont atteint 930 millions d’euros pour les 65 420 représentations payantes de variétés et de musiques actuelles recensées l’an dernier dans l’Hexagone, elles-mêmes en hausse de 4 %. Autre indicateur de bonne santé, les entrées ont continué de croître, à un rythme soutenu de 8 % à 29,7 millions.
« La fréquentation des petites salles comme des grandes ainsi que celles de l’ensemble des régions françaises a augmenté », s’est félicité Gilles Petit, président du CNV. Toutefois, la hausse de 5 % du prix moyen du billet, à 35 euros, reste essentiellement imputable aux concerts des grandes stars internationales dans les lieux de très grande jauge.
Une année exceptionnelle
A noter, les phénomènes de concentration ne s’accentuent ni pour les 50 lieux les plus importants, ni pour les 50 principaux festivals. Les 50 plus gros spectacles génèrent toujours plus de la moitié de la billetterie du spectacle et plus d’un tiers de la fréquentation.
Portés par les tournées de Soprano, IAM, Tal ou Black M, notamment, le rap, le hip-hop et le reggae ont connu, en 2017, une année exceptionnelle. Petit Biscuit a boosté les musiques électroniques, M Pokora la chanson, Matmatah le pop-rock. Seuls les spectacles d’humour et les comédies musicales se sont retrouvés à la peine.
Mais ne souhaitant pas se réjouir trop vite, le président du CNV rappelle que « ces chiffres portant sur l’activité de la diffusion ne doivent pas occulter la fragilité économique des acteurs du spectacle vivant ».
Restent deux aléas : le fonds d’urgence qui a permis de sécuriser les salles de spectacles s’arrêtera en fin d’année. La sécurisation des concerts reste pourtant nécessaire. Par ailleurs, la pérennisation du crédit d’impôt accordé depuis 2017 à la musique n’est pas gagnée. « Les 16,2 millions d’euros de réductions fiscales accordées par Bercy ont permis de générer près de 39 millions d’euros de recettes grâce aux emplois créés », explique M. Petit.
Une aide d’autant plus vertueuse à ses yeux qu’elle a permis de créer 2 400 représentations en aidant des petites entreprises. Il mise sur la création, enfin sur les rails, du Centre national de la musique, pour sanctuariser ce dispositif fiscal si profitable au secteur.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Le porte-parole du gouvernement était l’invité du Club de l’économie du « Monde » jeudi 27 septembre. M. Griveaux insiste sur l’importance de rassurer les classes moyennes pour maintenir le contrat social qui fonde les démocraties occidentales.
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Benjamin Griveaux : « Nous attendons que les entreprises soient au rendez-vous »

Le porte-parole du gouvernement était l’invité du Club de l’économie du « Monde » jeudi 27 septembre. M. Griveaux insiste sur l’importance de rassurer les classes moyennes pour maintenir le contrat social qui fonde les démocraties occidentales.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 12h22
    |

            Françoise Fressoz et 
Philippe Escande








                        



                                


                            

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, se laisse jusqu’au printemps 2019 pour dire s’il sera candidat à la Mairie de Paris.
 
« Avons nous trop donné aux entreprises, pas assez aux ménages ? J’entends bien les critiques mais le débat ne se pose pas en ces termes. Nous avons beaucoup fait pour l’emploi et nous attendons que les entreprises soient au rendez-vous. Tout le combat de ce quinquennat porte sur le travail : il faut qu’il intègre et qu’il paye mieux. Cela passe par des mesures fiscales mais aussi par l’éducation. Les 60 000 gamins qui ont bénéficié des classes dédoublées l’an dernier seront 190 000 cette année. Ils sauront lire, écrire et compter à la fin du CP. Ils ne décrocheront pas dix ans plus tard. Si on arrive à faire en sorte que dans notre pays on ne mette plus six générations à passer d’un milieu populaire à une classe moyenne, on aura remporté la plus belle des batailles. »
La problématique des classes moyennes
« Le contrat social des démocraties occidentales repose sur l’idée que l’ascenseur social existe. Les classes moyennes doivent pouvoir croire que le progrès est possible, que le sort de leurs enfants sera meilleur que le leur. Or, aujourd’hui, ce n’est pas le cas et cela donne des poussées d’extrême droite dans des pays comme l’Autriche, l’Allemagne et la Suède, même lorsque le chômage y est faible. Il faut rassurer les classes moyennes parce que, si on les perd, le contrat social sera cassé. La difficulté c’est qu’il faudra cinq ans et peut-être même dix pour y parvenir. »
L’impatience des Français
« J’ai bien pris acte que la rentrée était difficile mais si nous gouvernons le nez collé aux sondages, nous ne ferons rien. Si nous godillons, nous perdrons l’horizon et le cap. J’ai confiance en notre intelligence collective. Si nous expliquons le pourquoi des choses, les Français comprendront. Dans le cas contraire, je n’aurais pas de regret, nous aurons fait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Alors que le Mondial de l’auto ouvre ses portes à Paris, le 4 octobre, le patron de PSA revient sur le redressement de l’entreprise et les défis technologiques et écologiques qui l’attendent.
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Carlos Tavares : « Chez PSA, nous sommes devenus des psychopathes de la performance »

Alors que le Mondial de l’auto ouvre ses portes à Paris, le 4 octobre, le patron de PSA revient sur le redressement de l’entreprise et les défis technologiques et écologiques qui l’attendent.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 12h10
    |

            Philippe Escande et 
                                Éric Béziat








                        



                                


                            

Selon le président du directoire de PSA, son groupe ne devra pas avoir peur du changement et s’adapter à une période chaotique. Carlos Tavares était l’invité du Club de l’économie du « Monde », jeudi 27 septembre.
Le redressement de PSA doit beaucoup à un marché automobile européen et mondial très porteur. Est-ce que cela va continuer ?
Nous avons eu de la chance, c’est vrai, mais nous nous préparons déjà à une conjoncture moins favorable. Notre point mort de marge opérationnelle, à partir duquel l’entreprise gagne de l’argent, a été abaissé de 2,6 millions de voitures à 1,5 million pour 3 millions de voitures produites, hors celles d’Opel et Vauxhall. C’est une protection. Regardez BMW, qui vient d’émettre cette semaine un avertissement sur ses résultats. Cela signifie qu’il n’y a pas de position établie. D’ici à 2030, nous allons vivre une période extrêmement chaotique, pleine de risques et d’opportunités, typiquement darwinienne. Et, pour survivre dans cet environnement, il faudra être capable de se transformer et d’écarter la peur du changement. Nous sommes devenus des psychopathes de la performance.
En douze mois seulement, vous avez sorti Opel de plus de vingt ans de pertes. Comment avez-vous fait ?
Comme nous l’avons fait avec PSA. Par une réduction des frais fixes et des coûts variables et une amélioration de la recette unitaire. Par exemple, nous avons analysé tous les canaux de vente et supprimé ceux qui vendaient à perte. Cela peut se faire au détriment de la part de marché, mais elle rebondit derrière puisque l’entreprise est devenue beaucoup plus efficace.
Deuxième élément, la réduction des coûts fixes de 28 %. Bien sûr, les effectifs ont été réduits, mais dans des proportions bien plus faibles que les 50 000 emplois détruits par Opel au cours de vingt dernières années durant lesquelles l’entreprise à perdu près de 19 milliards de dollars [16,3 milliards d’euros]. Cet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Dans cette chronique, le professeur de sciences de gestion Armand Hatchuel relève qu’on ne saurait critiquer les fonds activistes et la finance prédatrice sans proposer une alternative à la conception purement actionnariale de l’entreprise.
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Contre les fonds activistes « une défense efficace est possible »

Dans cette chronique, le professeur de sciences de gestion Armand Hatchuel relève qu’on ne saurait critiquer les fonds activistes et la finance prédatrice sans proposer une alternative à la conception purement actionnariale de l’entreprise.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 12h52
    |

Armand Hatchuel (Professeur à Mines ParisTech/université PSL)







                        



                                


                            
Entreprises. Il y a peu, Danone et Vivendi ont subi les attaques de fonds activistes (hedge funds en anglais). Jusque-là rares en France, les actions de ce type sont au nombre de trois cents chaque année aux Etats-Unis. Mais qu’est-ce qu’un fonds activiste ? Comment peut-il déstabiliser une entreprise avec un petit nombre d’actions ? Et que peut faire une entreprise pour se défendre ?
le fonds activiste va tenter d’imposer une stratégie qui maximise la valeur des actions
Un article récent, qui décrit de manière clinique l’attaque du fonds américain JANA Partners et la résistance d’Agrium, géant canadien de la chimie agricole (« Activisme de fonds de couverture et stratégie de défense des entreprises », Sylvie Berthelot et Vanessa Serret, Revue française de gestion n° 272, 2018), montre qu’une défense efficace est possible.
Les fonds activistes ne sont pas des redresseurs d’entreprises en difficulté. Ils s’attaquent à des entreprises qui font beaucoup de R&D (recherche et développement) ou maintiennent des activités raisonnablement rentables mais qui, qu’elles soient en bonne santé ou connaissent une baisse conjoncturelle de leurs bénéfices, distribuent des dividendes modérés. A l’inverse, le fonds va tenter d’imposer une stratégie qui maximise la valeur des actions.
Une manœuvre d’abord « pacifique »
Fin 2011, le canadien Agrium, leader des engrais agricoles, est une cible parfaite. Après un développement remarquable, il est 25e sur 244 à l’indice boursier de Toronto, mais subit une baisse du prix de la potasse et du rendement global de ses actions. C’est le bon moment pour le fonds JANA Partners, qui annonce en mai 2012 avoir acquis plus de 5 % des titres de l’entreprise.
La manœuvre est d’abord « pacifique » : le fonds demande à la direction de céder sa filiale de commerce de détail, jugée insuffisamment rentable. Agrium comprend la menace : il double ses dividendes et procède à un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Bruxelles devrait demander à Rome de réviser son budget. Reste à savoir si le gouvernement populiste italien acceptera de coopérer.
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Budget italien : un nouveau dossier brûlant pour la Commission européenne

Bruxelles devrait demander à Rome de réviser son budget. Reste à savoir si le gouvernement populiste italien acceptera de coopérer.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 12h11
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Avec le Brexit ou le risque de Grexit en 2015, la commission Juncker s’est habituée à gérer les situations de crise. Elle était pourtant fébrile dans l’attente des arbitrages budgétaires du gouvernement populiste italien (alliant les anti-système du Mouvement 5 Etoiles et la Ligue d’extrême droite). En confirmant un accord pour une forte relance budgétaire en 2019, 2020 et 2021, ce dernier a choisi de creuser le déficit public transalpin à 2,4 % du produit intérieur brut (PIB) dès l’an prochain. La Commission risque dès lors d’affronter un des dilemmes les plus épineux de ces dernières années.

Choisira-t-elle de faire respecter à la lettre les règles du pacte de stabilité et de croissance ? Au risque de provoquer une crise politique grave avec un gouvernement populiste qui la défie ouvertement, à quelques mois d’élections européennes cruciales pour l’avenir de l’Union. L’institution préfèrera-t-elle au contraire fermer les yeux sur la violation manifeste des règles, quitte à leur faire perdre encore un peu plus de crédibilité ? C’est peu probable sans compter qu’elle enverrait un signal de faiblesse susceptible d’encourager d’autres forces anti-système dans l’Union…
Pierre Moscovici, le commissaire européen à l’économie, a averti dès vendredi 28 septembre, au micro de BFM TV : « C’est un budget qui aujourd’hui paraît hors des clous de nos règles communes. Nous n’avons pas intérêt à une crise avec l’Italie, mais l’Italie doit réduire sa dette publique qui reste explosive. »
Une dette représentant 130% du PIB
En théorie, la Commission n’a pas le choix : elle doit signifier à Rome que son budget ne respecte pas les règles. Sous les gouvernements Renzi et Gentiloni, l’Italie a épuisé toutes les flexibilités offertes par le pacte de stabilité (dépenses d’investissement ou coût d’accueil des migrants déduits du déficit, etc.). Et elle s’était engagée à réduire son déficit de 1,6 % du PIB en 2018 à 0,8 % en 2019.
Bruxelles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Vueling, filiale espagnole du groupe britannique IAG, renonce au tarif unique. Ryanair, de son côté, annule 250 vols, vendredi.
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Compagnies aériennes régulières et à bas coûts rapprochent leurs pratiques

Vueling, filiale espagnole du groupe britannique IAG, renonce au tarif unique. Ryanair, de son côté, annule 250 vols, vendredi.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 11h47
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 11h55
    |

            Guy Dutheil








                        



                                


                            

Les compagnies régulières et celles à bas coûts vont-elles finir par se ressembler ? Plus les années passent, plus les différences s’estompent entre les grandes rivales du transport aérien. Une nouvelle preuve de ce rapprochement a été apportée par la low cost Vueling.
La filiale espagnole du groupe britannique IAG, maison mère de British Airways, a annoncé, jeudi 27 septembre, une nouvelle organisation de son offre tarifaire. A l’instar des compagnies régulières comme Air France, British Airways et consorts, Vueling propose désormais des options – avec tarifs et offre de sièges adaptés – conçues spécialement pour les familles et les voyageurs d’affaires.

Cette démarche rompt avec le credo de départ des compagnies à bas coûts, qui avaient opté pour un tarif unique. Au fil des ans, ce prix de base s’est enrichi d’une kyrielle d’options payantes comme le choix du siège, l’embarquement rapide ou l’enregistrement de bagages en soute. Vueling explique la diversification de son offre tarifaire par la volonté de « s’adapter au mieux aux besoins de ses clients ».
En effet, la filiale espagnole d’IAG a constaté que seuls « 70 % de ses passagers l’ont choisie pour le prix » de ses billets, signale son directeur commercial, David Garcia Blancas. Parmi les 21,5 millions de passagers transportés entre janvier et août, « 30 % sont des clients affaires », notamment des patrons ou des cadres de PME. Ces clients sont « très intéressés par les prix » bas de Vueling, constate M. Garcia Blancas, mais ils souhaitent aussi des billets modulables pour s’adapter à leurs contraintes professionnelles.
Conflits sociaux
Chez Vueling, les familles doivent débourser 20 euros de plus par siège pour voyager côte à côte, tandis qu’il en coûte 35 euros supplémentaires aux passagers business pour acquérir un billet modifiable et un embarquement prioritaire. Ces options font la fortune des low cost. EasyJet a ainsi dévoilé,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Le gouvernement italien cible un déficit de 2,4 % du produit intérieur brut l’an prochain, bien au-dessus des 2 % attendus. Au risque de déclencher une hausse des taux d’emprunt.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Avec l’annonce de son déficit public, l’Italie défie Bruxelles et les marchés

Le gouvernement italien cible un déficit de 2,4 % du produit intérieur brut l’an prochain, bien au-dessus des 2 % attendus. Au risque de déclencher une hausse des taux d’emprunt.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 15h26
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant) et 
Marie Charrel








                        



                                


                            

Des cris de joie, des banderoles déployées dans la nuit romaine par des parlementaires du Mouvement 5 étoiles, tandis que les ministres apparaissent au balcon du palais Chigi, siège de la présidence du conseil, pour saluer la foule : la scène, immortalisée par une nuée de caméras, a quelque chose d’irréel. A vrai dire, il est peu probable qu’un document de programmation budgétaire ait déjà, par le passé, suscité un tel enthousiasme. Quelques minutes plus tôt, après des heures de négociations houleuses, le gouvernement italien est parvenu à s’entendre sur un objectif de déficit public de 2,4 % du produit intérieur brut (PIB) pour son futur budget 2019, ainsi que pour les deux années suivantes.

« Nous faisons du bien à l’Italie et aux Italiens », a assuré le président du conseil, Giuseppe Conte, tandis que ses deux vice-premiers ministres, Matteo Salvini (Ligue, extrême droite) et Luigi Di Maio (Mouvement 5 étoiles – M5S –, antisystème) saluaient la naissance du « budget du changement ». Sur les réseaux sociaux, le chef de file du M5S, en première ligne depuis plusieurs jours dans la bataille contre le ministre de l’économie, Giovanni Tria, et les fonctionnaires du Trésor, allait encore plus loin : « Aujourd’hui est un jour historique. Aujourd’hui, l’Italie a changé. »

De fait, si les mesures adoptées sont très en deçà des engagements figurant dans le « contrat de gouvernement », conclu en mai, entre les deux partenaires du gouvernement, elles sont loin d’être négligeables. 10 milliards d’euros seront consacrés au lancement du « revenu de citoyenneté » de 780 euros par mois, qui devrait concerner dans un premier temps les retraités sous le seuil de pauvreté. La réforme des centres pour l’emploi, préalable indispensable à la mise en place de la mesure, sera, elle aussi, lancée dès 2019.
Peu de marge de manœuvre
Dans le même temps, la baisse des impôts sera engagée, d’abord en direction...




                        

                        


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La Belgique de plus en plus proche du « black-out »

Le royaume redoute une pénurie d’électricité d’origine nucléaire au mois de novembre. Le gestionnaire du réseau envisage des coupures.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 11h36
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Trains à l’arrêt, industries au ralenti, soirées à la bougie : la perspective d’un « délestage » du réseau électrique belge en novembre du fait d’une probable pénurie qui forcerait à déconnecter le pays zone par zone durant plusieurs heures n’est plus exclue.
Invraisemblable en apparence, évoqué inutilement en 2014, le scénario a, cette fois, pris de la consistance depuis qu’Elia, la société gestionnaire du réseau à haute tension, a publié, mercredi 26 septembre, un communiqué très inhabituel. « Elia ne voit pas suffisamment de solutions qui pourraient résoudre complètement le problème. (…) Même si les marchés belge et international nous fournissent toute la capacité disponible, nous ne pouvons aujourd’hui exclure d’activer le plan de délestage », énonçait ce texte.
Il a conclu une journée loufoque, ponctuée par un débat parlementaire convoqué en urgence et diverses apparitions dans les médias de Marie-Christine Marghem, la ministre belge de l’énergie. Elle s’est voulue rassurante ; elle n’a fait que relancer les questions, au point que des éditorialistes réclamaient sa démission, jeudi.

Avec ses sept réacteurs nucléaires gérés par Electrabel, filiale d’Engie, le royaume semblait équipé pour éviter toute pénurie. Problème : du 20 octobre à la fin novembre, six d’entre eux seront à l’arrêt. Doel 1 et 2, en Flandre, connaissent des problèmes de tuyauterie. Des anomalies sur le béton des cuves – un problème évoqué de longue date et souvent minimisé – doivent être examinées à Doel 4, ainsi que Tihange 2 et 3, en Wallonie. Quant à Tihange 1, il doit faire l’objet d’une opération de maintenance. Seul Doel 3 sera donc à même de produire encore de l’électricité…
Contacts « fructueux »
Au total, la Belgique devrait donc trouver, d’une manière ou d’une autre, près de 5 000 mégawatts (MW) certains jours de novembre, surtout si une vague de froid survenait. Pour la suite de l’hiver, il manquerait 1 700 MW, car le pays...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Certains titres ont vu leur trafic chuter de 30 % sur le réseau social dirigé par Mark Zuckerberg, selon une étude de l’Institut Reuters d’Oxford.
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Comment les médias ont été affectés par le nouvel algorithme de Facebook

Certains titres ont vu leur trafic chuter de 30 % sur le réseau social dirigé par Mark Zuckerberg, selon une étude de l’Institut Reuters d’Oxford.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 11h20
    |

                            Alexandre Berteau








                        



   


« Nous allons réaliser un changement majeur sur la façon dont nous construisons Facebook. » Il a suffi de cette phrase, publiée le 19 janvier par Mark Zuckerberg sur sa page Facebook, pour déclencher un vent de panique parmi les médias. Dans son message, le fondateur de la firme de Palo Alto (Californie) annonce alors que le fil d’actualité de Facebook – la page d’accueil où défilent les contenus proposés aux utilisateurs – fera désormais apparaître en priorité les publications des « amis », plutôt que celles des entreprises et des sites d’actualité.
Selon M. Zuckerberg, ce changement d’algorithme est devenu urgent. Les contenus des marques et des éditeurs de presse ont proliféré sur le réseau social ces dernières années, si bien que « le fil d’actualité s’est détourné de ce que Facebook fait de plus important : aider à nous connecter les uns les autres », regrette-t-il à l’époque.

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Autant dire que le coup est rude pour les médias. Frappés par la chute des ventes de journaux et de magazines en kiosque, ils avaient trouvé dans les deux milliards d’utilisateurs de Facebook un vivier de lecteurs potentiels – l’objectif étant de les attirer sur leur site, et de monétiser cette audience grâce à la publicité ou aux abonnements. Une stratégie motivée par les nouvelles habitudes des lecteurs : d’après un rapport de l’Institut Reuters d’Oxford paru en juin, 41 % des Français s’informent par le biais de Facebook.
« Loin des scénarios apocalyptiques anticipés par certains »
Près de neuf mois après cette redistribution des cartes, l’affolement des éditeurs de presse était-il justifié ? Les conclusions d’une étude de l’Institut Reuters publiée jeudi 27 septembre vont plutôt dans ce sens. Les chercheurs de l’Université d’Oxford se sont penchés sur le trafic des pages Facebook de douze médias dans six pays européens (France, Finlande, Allemagne, Italie, Pologne et Royaume Uni).

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Sur ce panel de médias, « l’audience générée par le réseau social a baissé de 9 % en moyenne au cours des trois mois ayant suivi le changement d’algorithme », relèvent les auteurs du rapport, tout en tempérant : « La plupart du temps, l’impact est toutefois loin des scénarios apocalyptiques anticipés par certains commentateurs. »
Reste que ces médias ne sont pas tous logés à la même enseigne. La page Facebook du Monde a vu son trafic chuter de 30 %, tandis que celle du plus grand quotidien finlandais, Helsingin Sanomat, n’a baissé que de 11 %. De façon plus surprenante, les contenus du site d’actualité italien TGCOM24 et du Times britannique ont respectivement gagné 10 % et 14 % d’interactions sur Facebook. Le résultat, selon l’étude, de leur activité accrue sur le réseau social, et moins du nouveau fil d’actualité.
Des changements imprévisibles
Les chercheurs de l’Institut Reuters peinent encore à expliquer ces disparités. Car si les répercussions de ces changements d’algorithme sont bien visibles, leur logique reste opaque, et leur survenue, imprévisible. « Le problème avec Facebook, c’est que vous ne savez pas ce qui dépend de l’algorithme et ce qui tient de vos choix éditoriaux », a ainsi expliqué le rédacteur en chef du Helsingin Sanomat aux auteurs de l’étude.

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Pour réduire leur dépendance au plus grand réseau social, la plupart des médias interrogés par l’Institut Reuters ont investi d’autres plates-formes, à l’image d’Instagram, Twitter ou Snapchat, mais Facebook reste de loin le premier pourvoyeur de lecteurs. Dans ces conditions, les négociations à venir entre les éditeurs de presse et les géants du numérique s’annoncent délicates. Au lendemain de l’adoption, par le Parlement européen, de la réforme du droit d’auteur, le 12 septembre, ils devront se mettre d’accord sur la façon dont ces plates-formes rémunéreront les sites d’information pour leurs contenus.



                            


                        

                        


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Unédic : le premier ministre s’invite dans le débat sur la dégressivité

En estimant, lors de « L’Emission politique », mercredi, que ce dispositif peut être envisagé, Edouard Philippe a irrité les syndicats.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 11h11
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Edouard Philippe s’est invité dans les négociations sur la réforme de l’assurance-chômage avant même qu’elles ne débutent. Au cours de « L’Emission politique » sur France 2, le premier ministre a déclaré, jeudi 27 septembre, que la dégressivité des allocations, versées aux demandeurs d’emploi, peut être « dans certains cas (…) envisagée ». Une intervention qui fait froncer les sourcils de leaders syndicaux et patronaux, déjà bien peu disposés à se lancer dans des discussions destinées à revoir les conditions d’indemnisation des chômeurs.
Pour le chef du gouvernement, instaurer « une forme de dégressivité peut avoir du sens », s’agissant des personnes en quête d’un poste, qui ont « une très forte employabilité (…), qui ont des salaires très élevés ». Cette option-là n’est pas inscrite dans le document de cadrage que l’exécutif a adressé aux partenaires sociaux afin de tracer les grandes orientations de la réforme. Mais elle y figure en filigrane, puisqu’il est question de refondre un dispositif qui ne tient pas compte des « différences de capacité à retrouver un emploi ». 
Autrement dit, les chômeurs hautement qualifiés, qui sont censés pouvoir rebondir rapidement sur le marché du travail, se verraient appliquer des règles plus strictes. « Nous mettons sur la table un certain nombre de pistes qui nous semblent raisonnables (…), dont les partenaires sociaux vont discuter », a complété M. Philippe. Pas d’injonction, donc, mais son propos est un peu plus directif que celui de Muriel Pénicaud : la ministre du travail a, plusieurs fois, indiqué que le gouvernement n’avait pas à dicter de solutions.
« Dualité du marché du travail »
Le secrétaire général de FO, Pascal Pavageau, fulmine contre la sortie de M. Philippe : « Si c’est une tentative de nous mettre la pression au moment où l’on va peut-être ouvrir la négociation, ça va ! Nous ne sommes pas des sous-traitants du gouvernement....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ L’économie ultra-rhénane ralentit plus rapidement qu’anticipé, pénalisée par les tensions qui agitent le commerce international et un déficit de main-d’œuvre qualifiée.
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Les instituts économiques allemands abaissent leurs prévisions de croissance

L’économie ultra-rhénane ralentit plus rapidement qu’anticipé, pénalisée par les tensions qui agitent le commerce international et un déficit de main-d’œuvre qualifiée.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 11h01
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



   


« Nous ne sommes pas une poêle en Teflon ! » Si la phrase n’avait pas été prononcée par un célèbre économiste, on aurait pu croire qu’elle émanait d’un membre de l’équipe d’Angela Merkel. Il n’en est rien. L’économiste s’appelle Michael Grömling. Il est chef du département conjoncture de l’Institut économique de Cologne (IWK) et il parle de l’économie allemande.
Par un hasard du calendrier, le diagnostic automnal des quatre plus grands instituts économiques du pays, rendu public jeudi 27 septembre, tombe en même temps qu’une crise politique majeure pour Angela Merkel, jadis surnommée « poêle en Teflon » par les services secrets américains, pour sa capacité à résister à tout.

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Faut-il y voir un signe ? Les économistes décrivent ce qui s’apparente au début de la fin de la longue phase d’expansion de la première économie de la zone euro, qui a débuté il y a six ans. « L’Allemagne doit se préparer au ralentissement », expliquait début septembre Stefan Kooth, de l’institut économique de Kiel (Schleswig-Holstein, nord), qui table sur la « fin prochaine » de la phase d’expansion.
Pour l’heure, l’Allemagne est toujours en croissance, soulignent les conjoncturistes, mais la dynamique ralentit nettement, et bien plus rapidement qu’envisagé il y a encore un an. L’économie, si robuste ces dernières années, ne devrait progresser que de 1,7 % cette année, et non plus de 2,2 %, comme attendu lors du diagnostic de printemps.

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Elle ressent pour la première fois les soubresauts des attaques contre le libre-échange, principe qui se trouve au cœur de son modèle. « Nous voyons que les luttes commerciales ont des conséquences négatives. Le commerce mondial et les investissements stagnent ; les exportations allemandes font plus ou moins du surplace, » explique M. Grömling.
Marché du travail toujours très dynamique
Le climat commercial dans le monde est devenu « plus rude », notent les conjoncturistes dans leur rapport. Si l’Allemagne a jusqu’ici été peu touchée par les droits de douane nouvellement imposés par les Etats-Unis, la menace du président américain d’imposer les importations de voitures allemandes n’a pas été levée. Une telle mesure « ralentirait nettement » l’économie allemande, estiment les experts.
Ils identifient également d’autres facteurs de risque. Le Brexit approche, « sans qu’on puisse reconnaître à quoi ressemblera la relation entre l’Union européenne et la Grande-Bretagne. » Si les négociations venaient à échouer, préviennent les économistes, « l’économie allemande en souffrirait particulièrement. » L’Italie est un motif de préoccupation supplémentaire, de même que les crises argentine et turque, si elles venaient à s’étendre à d’autres économies émergentes.
Un autre élément, interne cette fois, a retenu l’attention des économistes. L’Allemagne est confrontée au problème du manque croissant de personnel qualifié, considéré aujourd’hui par la Chambre de commerce et d’industrie allemande (DIHK) comme la première cause de préoccupation des entreprises. Pour la première fois, ce facteur est décrit par les conjoncturistes comme un sérieux frein à la croissance. « Les entreprises ont apparemment de plus de plus de problèmes pour trouver suffisamment de travailleurs pour leur production », a déclaré Roland Döhrn, de l’Institut de recherche économique d’Essen (RWI), mercredi. « La production n’a pas pu maintenir le rythme élevé de l’année dernière, malgré des carnets de commandes toujours bien remplis », précisent les économistes.

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Le manque de personnel qualifié est le corollaire d’un marché du travail toujours très dynamique. La population active en activité se rapproche du seuil des 45 millions de personnes, soit 5,5 millions de plus qu’en 2005. Cette évolution devrait se poursuivre, jugent les économistes, qui misent sur un taux de chômage à 4,5 % pour 2020. Conséquence : la consommation est forte, ce qui permet de compenser les effets négatifs enregistrés sur le plan du commerce extérieur.
Ces dernières années, la consommation a contribué pour deux tiers à la croissance nationale. La politique menée actuellement par le gouvernement devrait renforcer encore ce phénomène, grâce aux baisses d’impôt et de cotisations sociales accordées aux ménages. Le coût de cette politique financière expansionniste devrait se ressentir sur le budget de l’Etat, qui devrait cependant rester excédentaire. Si les experts attendent cette année un excédent budgétaire de 54 milliards d’euros, il devrait se réduire à 40 milliards l’an prochain.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Editorial. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 prévoit un excédent. Cela n’était plus arrivé depuis 2001.
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La Sécurité sociale enfin dans le vert

Editorial. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 prévoit un excédent. Cela n’était plus arrivé depuis 2001.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 16h48
   





                        


Editorial du « Monde ». François Hollande et Emmanuel Macron pourraient célébrer de concert un résultat dans lequel chacun a sa part : en 2019, le régime général de Sécurité sociale devrait afficher un excédent de 700 millions d’euros. Pour la première fois depuis 2001, sous le gouvernement de Lionel Jospin, la « Sécu » va revenir dans le vert. Il suffit de rappeler le déficit record de 2010, 28 milliards d’euros, au plus fort de la crise financière, pour mesurer le chemin parcouru au prix de plans parfois drastiques d’économies, d’une plus grande maîtrise des dépenses de santé et des efforts continus des salariés et des retraités. L’an prochain, toutes les branches devraient être excédentaires, à l’exception de l’Assurance-maladie, qui affichera un déficit de 500 millions d’euros (après 900 millions en 2018 et 4,9 milliards en 2017).

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Alors que la croissance subit un gros coup de mou, cette bonne nouvelle est due, dans une large mesure, au quasi-gel des prestations sociales sur les deux prochaines années. En 2019 et en 2020, elles ne seront revalorisées que de 0,3 %, soit bien au-dessous de l’inflation prévue. Cette décision, qui alimente la grogne des retraités, dont 60 % subissent une hausse non compensée de la contribution sociale généralisée (CSG), générera une économie de 3,3 milliards d’euros, dont 1,8 milliard pour le régime général de Sécurité sociale.
Plusieurs mesures favorables
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 maintient le cap des économies, même si pour Agnès Buzin, ministre des solidarités et de la santé, il vise à « protéger les plus fragiles, investir pour l’avenir et libérer l’économie pour soutenir l’activité ». Le gouvernement, qui doit assurer le financement de son ambitieux plan santé, qui produira ses effets à long terme, a consenti une poire pour la soif : l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie (Ondam) a été relevé pour 2019 à 2,5 %, soit 400 millions de plus, c’est-à-dire 3,8 milliards d’euros d’économies au lieu des 4,2 milliards préconisés par le Haut Conseil aux finances publiques.
Le PLFSS prévoit ainsi plusieurs mesures favorables aux assurés sociaux. La mise en place de l’offre « 100 % santé », qui instaurera le « reste à charge zéro » pour les prothèses dentaires, auditives et les lunettes, sera lancée à la fin de 2019 et s’échelonnera jusqu’en 2021. En novembre 2019, la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) va être étendue à 1,2 million de personnes. D’autres améliorations concerneront, par exemple, le congé maternité des travailleuses indépendantes.

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Le PLFSS va surtout rétablir, à compter du 1er septembre 2019, l’exonération de cotisations salariales vieillesse de base et complémentaire pour les heures supplémentaires. Cette mesure avait été instaurée par Nicolas Sarkozy, au grand dam de certains syndicats, qui jugeaient qu’elle allait empêcher des créations d’emplois, et supprimée par François Hollande. Ce cadeau aux salariés (600 millions d’euros) ne sera plus compensé par l’Etat mais supporté intégralement par la Sécurité sociale. Une telle innovation met le gouvernement en contradiction avec la loi Veil du 25 juillet 1994, qui prévoit que « toute mesure d’exonération, totale ou partielle, de cotisations de sécurité sociale (…) donne lieu à compensation intégrale aux régimes concernés par le budget de l’Etat ». Quand la « Sécu » revient dans le vert, l’Etat fait peu de cas de son « autonomie » et accroît son emprise politique.



                            


                        

                        

