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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Cette historienne et ancienne journaliste a fait paraître, entre 1965 et 2012, une « Histoire de la IVe République » qui vient d’entrer dans la collection « Bouquins ». A bientôt 90 ans, l’ex-directrice littéraire de Fayard revient sur son parcours.
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Georgette Elgey, une vie pleine d’histoires

Cette historienne et ancienne journaliste a fait paraître, entre 1965 et 2012, une « Histoire de la IVe République » qui vient d’entrer dans la collection « Bouquins ». A bientôt 90 ans, l’ex-directrice littéraire de Fayard revient sur son parcours.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 16h39
    |

            Béatrice Gurrey








                        



                                


                            

Avant de raccrocher, elle a dit avec un petit rire, de sa voix rocailleuse qui roule les « r », comme Colette : « J’espère que ce papier sera un éreintement total, sinon je serai très déçue ! » C’est l’ancienne journaliste qui parlait, avec un art consommé de l’autodérision, mais l’on croyait entendre l’auteure de Chéri assurer à la radio, en 1950 : « Je supporte de plus en plus mal ce que j’appelle la littérature, surtout dans mes propres œuvres. »
Comment éreinter Georgette Elgey ? Lors d’une première visite, dans ce petit salon du boulevard Saint-Germain, à Paris, que les ­rideaux de tulle bleu, la banquette indigo et un grand bouquet mauve transforment en ­tableau de Marie Laurencin, rien n’avait permis cet éreintement tant désiré. La seconde fois, ce fut pire. Le bureau austère, tapissé de ­livres et de portraits d’ancêtres, la grande ­table où s’étalaient plusieurs exemplaires de sa consécration, prêts à être dédicacés… Non, décidément, aucune matière à éreinter une historienne qui va avec gaîté sur ses 90 ans.
« Point fixe »
Sa fameuse Histoire de la IVe République, ­publiée par les éditions Fayard entre 1965 et 2012, en six volumes, vient d’entrer dans la collection « Bouquins » (Robert Laffont, tome 1, 1 344 pages, 32 euros ; tome 2, 1 056 pages, 31 euros), où elle côtoie les œuvres de Jules ­Michelet, Hippolyte Taine, Ernest Lavisse, Ernst Nolte, François Furet, et, l’on verra pourquoi c’est important, celles de Raymond Aron et de Charles-Maurice de Talleyrand. Avec le premier, elle a participé en 1954 à une Histoire de Vichy, dans la collection « Les grandes études contemporaines », 766 pages qui ont fait autorité. C’était déjà chez Fayard, maison dont elle sera la directrice littéraire pendant plusieurs années, son « point fixe », où elle a amené bon nombre d’auteurs, parmi lesquels Jean Monnet et François Mitterrand.
Georgette Elgey a cependant largué...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ A l’initiative de l’écrivaine tunisienne Fawzia Zouari et soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie s’est réuni, pour la première fois, à Orléans, du 26 au 28 septembre, le Parlement des écrivaines francophones, dont nous publions le manifeste.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Manifeste du Parlement des écrivaines francophones : « Liberté, égalité, féminité »

A l’initiative de l’écrivaine tunisienne Fawzia Zouari et soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie s’est réuni, pour la première fois, à Orléans, du 26 au 28 septembre, le Parlement des écrivaines francophones, dont nous publions le manifeste.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 17h01
    |

Le Parlement des écrivaines francophones







                        



   


Tribune. Nous, écrivaines francophones, réunies ce 28 septembre à Orléans pour notre première session parlementaire, avons décidé de parler ensemble, d’une seule voix et dans la même langue. Parce que nous sommes souvent questionnées et que nous n’arrivons pas à répondre, parce que d’autres parlent à notre place, parce que nous avons envie d’être écoutées, sur nous-mêmes, sur notre propre sort, sur le monde où nous vivons et qui n’est pas si tendre avec nous. Nous voulons sortir du silence, et puisque nous disposons du pouvoir des mots, nous nous arrogeons cette parole collective et ce droit de regard sur une histoire qui continue de se faire sans nous.
Ecrire est notre passion, notre métier, mais cela ne peut être le lieu de nos solitudes, de notre enfermement. Ecrire est une demeure dont nous ouvrons les fenêtres sur la planète entière. Nous voulons sortir de la nuit de Shéhérazade pour nous affirmer à la lumière du jour.

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                « Monsieur Mabanckou, vous détournez l’objet de la francophonie pour un combat personnel »



Notre littérature n’est pas, comme on l’insinue souvent, une littérature qui se complaît dans le subjectivisme et les larmes, même si elle répugne à être une politique ou une idéologie. Notre littérature est notre voix du monde. Notre choix du monde. Combative et sereine. Décidée et généreuse. Qui se joue des imaginaires. Une littérature de toutes les enfances et de toutes les filiations, une littérature qui se réclame rarement de la norme spécifique. L’Humain et sa mesure.
Oui, il y a bien une littérature réinventée au féminin, qui entend être au rendez-vous de l’Histoire et engagée dans les batailles, toutes les batailles. Celle qui consiste d’abord à affirmer la solidarité des écrivaines entre elles et ne craint pas de parler de « sororité ».
Nous voulons nous opposer aux guerres
Nous voulons créer un réseau d’écrivaines, encourager et marrainer les plus jeunes d’entre nous. Tout tenter pour pousser à lire et à écrire.
Nous voulons aussi faire en sorte que toute femme ou homme de plume puisse ne pas subir la répression, les intimidations, les fatwas en tout genre. L’impossibilité de traverser les frontières.
Nous voulons nous opposer aux guerres. Toutes les guerres. A commencer par celles visibles ou insidieuses, voilées ou à découvert, dirigées contre les femmes : le patriarcat sous toutes ses formes, le viol, le harcèlement, les mutilations génitales, les féminicides, les violences conjugales (sept femmes en meurent chaque jour au Mexique, deux en Argentine et une tous les trois jours en France). Preuve que le corps des femmes reste, au Nord comme au Sud, un enjeu de pouvoir et un théâtre de conflit. Preuve que le contrôle de la sexualité féminine reste le mot d’ordre de toutes les religions. Quand il ne s’agit pas de l’assigner à la marchandisation et aux usages publicitaires dégradants.

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                Fawzia Zouari et ses « rêves de France »



Guerre contre la guerre. Celle dont les civils sont les premières cibles. Motivée par des luttes de pouvoir et des idéologies assassines. Nous combattrons le terrorisme, le djihadisme, les populismes, les discours de haine, les extrémismes religieux et le rejet de l’autre. Et tout ce qui s’en suit : ces populations errantes, perdues, accrochées aux fils de barbelé, entassées sur des bateaux de fortune parce que leurs pays leur ont refusé la perspective d’un avenir, parce que l’Europe ne leur a laissé pour perspective que d’échouer sur ses côtes comme des poissons morts.
N’oublions pas cette phrase de Sophocle : « Quand la guerre sera l’affaire des femmes, elle s’appellera la paix ! » Pourquoi ? Parce que chaque femme consciente et libre est un danger pour les dictatures. Parce que chaque femme qui traverse une frontière réhabilite la parole sur l’altérité.
Nous débarrasser des litiges du passé
Ces temps de violences et de replis ont lieu sur fond d’une planète qui s’affole et d’une nature à l’épreuve de la globalisation, de l’industrialisation à outrance, du consumérisme et de la pollution. Nous disons, nous les femmes, que le combat de l’environnement est notre combat. Que la Terre est notre seul véritable pays. Celui que nous voulons transmettre à nos enfants.
Nous disons tout cela, ensemble, dans une seule langue : le français. Nous n’en avons pas honte. Nous n’avons pas de complexe à nous exprimer dans ce qui n’est plus seulement la langue de Molière. Au contraire : nous voulons renouveler voire refonder le discours sur le français. Rompre avec la terminologie de guerre — « butins » et « langue du colonisateur » — et nous débarrasser des litiges du passé. Nous faisons de cette langue notre enfant légitime.
Nous lui apprendrons à dire nos origines, nos parcours, les causes qui nous tiennent à cœur. Nous lui apprendrons à moduler le chant de ses phrases sur les berceuses de nos mères, et cette langue dont nous userons en ce qu’elle a de plus noble et de plus juste et de plus universel nous dira. Elle en profitera pour rester en mouvement, pour élargir son territoire d’hospitalité, pour rajeunir à la source de nos métissages.
Mais nous ne serons pas là que pour pointer les déséquilibres et détecter les tragédies. Nous voulons redonner au monde sa belle voix, ancrée dans l’espoir et soucieuse des générations futures. Retisser ses liens sociaux et réhabiliter ses traditions de convivialité. Impulser une modernité qui aurait cet attribut féminin de savoir réguler les différences et les différends.
Nous rêvons ? Eh bien tant mieux ! Parce que le jour où les femmes ne rêveront plus, ce sera le plus grand cauchemar pour les Hommes. Rêvons ! Et faisons en sorte que nos rêves s’achèvent dans une raison du monde. Par notre voix s’édifie la seule civilisation qui vaille à nos yeux : la civilisation universelle.
Les signataires : Marie-Rose Abomo-Maurin, Maram Al-Massri, Marie-José Alie-Monthieux, Ysiaka Anam, Dalila Azzi Messabih, Safiatou Ba, Linda Maria Baros, Emna Bel Haj Yahia, Nassira Belloula, Maïssa Bey, Lila Benzaza, Lamia Berrada-Berca, Sophie Bessis, Tanella Boni, Hemley Boum, Dora Carpenter-Latiri, Nadia Chafik, Chahla Chafiq, Sonia Chamkhi, Miniya Chatterji, Aya Cissoko, Catherine Cusset, Geneviève Damas, Zakiya Daoud, Bettina de Cosnac, Nafissatou Dia Diouf, Eva Doumbia, Suzanne Dracius, Alicia Dujovne Ortiz, Sedef Ecer, Charline Effah, Lise Gauvin, Laurence Gavron, Khadi Hane, Flore Hazoumé, Monique Ilboudo, Françoise James Ousénié, Fabienne Kanor, Fatoumata Keïta, Liliana Lazar, Sylvie Le Clech, Catherine Le Pelletier, Tchisseka Lobelt, Kettly Mars, Marie-Sœurette Mathieu, Madeleine Monette, Hala Moughanie, Cécile Oumhani, Emeline Pierre, Gisèle Pineau, Emmelie Prophète, Michèle Rakotoson, Edith Serotte, Leïla Slimani, Aminata Sow Fall, Elizabeth Tchoungui, Audrée Wilhelmy, Hyam Yared, Olfa Youssef, Fawzia Zouari.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le chercheur Bruno Palier retrace, dans une tribune au « Monde », un demi-siècle de réformes gouvernementales face à l’envolée des dépenses de santé.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Santé : « Des mesures qui ont réduit les dépenses mais renforcé les inégalités d’accès aux soins »

Le chercheur Bruno Palier retrace, dans une tribune au « Monde », un demi-siècle de réformes gouvernementales face à l’envolée des dépenses de santé.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h38
    |

Bruno Palier (Directeur de recherche au CNRS)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis le début des années 1970, les dépenses de santé en France augmentent systématiquement plus vite que le produit intérieur brut (PIB). Leur part dans le PIB est ainsi passée de 7,6 % en 1980 à 9,4 % en 1994 et à 11 % depuis le milieu des années 2010, soit l’un des ratios les plus élevés du monde. Pour faire face à cette augmentation, la France semble avoir tenté toutes les formes de régulation possibles : par les prix, par la négociation, par l’étatisation, par la privatisation.

Au cours des années 1970, les pouvoirs publics ont d’abord cherché à bloquer les prix. Les hôpitaux ont vu le niveau du « prix de journée », qui permet leur financement et est fixé par l’Etat, ne progresser que très lentement, moins vite que l’inflation. Les tarifs de la Sécurité sociale pour les honoraires des professionnels de santé n’évoluaient pas aussi vite que les salaires. Le prix des médicaments était fixé à des tarifs relativement bas par rapport à ceux des pays étrangers. Mais cette stratégie n’a guère ralenti la hausse des dépenses, car les acteurs compensaient ce quasi-gel des tarifs en augmentant le volume de leur activité : prolongation des séjours en hôpital, multiplication des consultations médicales et des prescriptions de médicaments.
Obliger les professions médicales à négocier
Faute de parvenir à réguler l’offre de soins par les prix, les gouvernements ont alors diminué les remboursements et augmenté les prélèvements obligatoires : création du forfait hospitalier en 1983 – 20 francs, soit 3 euros à l’époque, 20 euros aujourd’hui ; augmentation des « tickets modérateurs » – passés d’un niveau théorique d’ensemble de 20 % en 1945 à 45 % pour les soins de ville en moyenne, d’après les calculs de Didier Tabuteau et Pierre-Louis Bras dans Les Assurances maladie (Que sais-je, PUF, 2012) ; hausse des cotisations d’assurance-maladie et des taxes sur le tabac, l’alcool, les sodas… Naît ainsi le mythe suivant lequel les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Seize spécialistes du cancer s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre la dérive bureaucratique et comptable du système de santé français qui pénalise les patients.
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« Nos voisins européens offrent aux malades du cancer un meilleur accès à l’innovation »

Seize spécialistes du cancer s’élèvent, dans une tribune au « Monde », contre la dérive bureaucratique et comptable du système de santé français qui pénalise les patients.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 15h37
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Pour une pathologie grave et chronique comme le cancer, notre système de soins n’assure plus à ce jour aux malades un accès rapide et équitable aux médicaments les plus innovants – sans parler d’autres technologies indispensables telles que scanner et IRM. Certains traitements majeurs du cancer du sein, du col de l’utérus, de la prostate, du poumon, du rein et de la vessie, de l’estomac, des maladies du sang… ne sont tout simplement pas accessibles aux patients français, faute d’être agréés ou financés par notre système de santé.
On a vu en 2017 une malade atteinte d’un cancer du sein lancer une souscription en ligne pour financer son traitement, brutalement interrompu faute de remboursement, et l’association Imagyn réunir 8 000 signatures pour demander l’accès des personnes atteintes d’un cancer du col de l’utérus à un médicament – le bevacizumab – qui prolonge leur vie… Sans résultat.
Soignants désemparés
Trop longtemps, le ministère de la Santé s’est contenté de répondre qu’il avait « identifié le problème ». En réalité, il en est à l’origine. Les mécanismes de cette régression sont complexes. Ils commencent avec la réduction de l’accès aux nouveaux traitements du fait de l’allongement des procédures d’évaluation et de fixation des prix – plus de 400 jours en moyenne, 180 étant la norme européenne. On voit perverti par des restrictions comptables, le système inventé par la France pour financer les médicaments innovants en plus des forfaits de la tarification à l’activité, la « T2A » – aujourd’hui heureusement remise en cause par le gouvernement.
« En 2016 et 2017, de nombreux malades ont vu leur traitement purement et simplement interrompu faute de moyens. »
Résultat : en 2016 et 2017, de nombreux malades ont vu leur traitement purement et simplement interrompu faute de moyens. Les inégalités ainsi générées sont antirépublicaines. Elles instituent des possibilités de traitement variables d’un établissement à l’autre,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », trois économistes mettent en lumière les effets, parfois surprenants, du creusement des inégalités de revenu dans les deux pays sur la santé et la mortalité.
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« Aux Etats-Unis comme en France, les inégalités de santé et de revenus ne vont pas nécessairement de pair »

Dans une tribune au « Monde », trois économistes mettent en lumière les effets, parfois surprenants, du creusement des inégalités de revenu dans les deux pays sur la santé et la mortalité.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h34
    |

Janet Currie (Professeure d’économie et d’affaires publiques), Hannes Schwandt (Professeur assistant d’économie) et Josselin Thuilliez (chercheur)







                        



                                


                            
Tribune. Les inégalités de revenu ont augmenté de part et d’autre de l’Atlantique au cours des dernières décennies entraînant un large débat public sur leurs conséquences négatives. Les répercussions sur la santé et la longévité intriguent particulièrement. Il est en effet difficile de comprendre les liens entre revenu et santé, certainement plus encore sous l’angle des inégalités, et beaucoup plus encore en comparant plusieurs pays au cours du temps.
Les Etats-Unis sont la première puissance économique mondiale alors que la France arrive au 6e ou 7e rang selon les classements. Les Etats-Unis connaissent une plus forte hausse des inégalités que la France, mais la France n’est pas épargnée non plus par la montée des inégalités de revenu. Les systèmes de santé des deux pays sont souvent présentés comme fondamentalement opposés, le système français étant considéré comme meilleur, notamment dans les classements de l’Organisation mondiale de la santé. Les Français se porteraient-ils mieux que les Américains parce qu’il y a moins d’inégalités en France ? Ou est-ce le système de santé qui explique cette différence ?
Croyances pas toujours fondées
En analysant l’évolution de la mortalité aux Etats-Unis et en France, nous avons constaté que les inégalités en matière de revenu et de santé n’évoluent pas nécessairement de pair et que les politiques publiques peuvent aider à rompre ce lien. Notre analyse montre, qu’aussi bien en France qu’aux Etats-Unis, les croyances ne sont pas toujours fondées.
Les Etats-Unis ont par exemple connu une forte diminution des inégalités de mortalité chez les nourrissons, les enfants et les adolescents au cours des dernières décennies, en dépit de fortes augmentations des inégalités de revenu. En France, pays doté d’une couverture de santé universelle, qui a connu des augmentations récentes des inégalités de revenu, la mortalité des plus jeunes est restée égalitaire au cours du temps selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Trois professeurs de médecine et de pharmacie protestent, dans une tribune au « Monde », contre l’envolée injustifiable des prix des médicaments anticancéreux.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« L’industrie pharmaceutique est préoccupée avant tout par sa rentabilité financière »

Trois professeurs de médecine et de pharmacie protestent, dans une tribune au « Monde », contre l’envolée injustifiable des prix des médicaments anticancéreux.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h32
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 15h41
    |

Alain Astier (Professeur honoraire de pharmacie), André Grimaldi (Professeur émérite d’endocrinologie) et Jean-Paul Vernant (Professeur émérite d’h...







                        



                                


                            
Tribune. Grâce aux progrès de la biologie moléculaire qui offre de nouvelles cibles thérapeutiques, les médicaments innovants du cancer se multiplient depuis quelques années. Générateurs pour certains de progrès majeurs et offrant aux malades l’espoir d’une survie plus longue et en meilleure santé, ces nouveaux médicaments apparaissent sur le marché à des prix qui ont subi une augmentation exponentielle et deviennent exorbitants. Ainsi, aux Etats-Unis, la quasi-totalité de ces innovations thérapeutiques coûtent plus de 120 000 dollars (103 000 euros) par an et par malade, contre 10 000 dollars il y une vingtaine d’années.
Il serait logique que, comme par le passé, le prix d’un nouveau médicament soit déterminé en fonction des investissements de recherche et développement (R&D) engagés par les industriels. Paradoxalement, les prix explosent alors que la recherche est le plus souvent faite par des structures académiques financées par des fonds publics, et que le développement permettant la mise sur le marché est de plus en plus rapide, après des essais cliniques portant sur un nombre limité de patients. Aujourd’hui, les dépenses de R&D correspondent en moyenne à moins de 15 % du chiffre d’affaires des laboratoires, alors que plus de 25 % sont alloués au marketing et que les marges bénéficiaires excèdent 20 %.
Une politique de marketing et de lobbying
Ne pouvant plus justifier cette envolée des prix par leurs dépenses de R&D, l’industrie pharmaceutique argue maintenant de la qualité du service médical rendu comme prétexte à leurs exigences financières. Mais, outre que certaines de ces innovations n’offrent pas aux malades de réels progrès, on peut se demander si des progrès même exceptionnels pourraient justifier de telles exigences financières. Si le prix du vaccin contre la poliomyélite, apparu au milieu des années 1950, avait été défini à l’aune de son remarquable service médical rendu, il n’est pas certain que la poliomyélite aurait...




                        

                        


<article-nb="2018/09/28/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Alors que le Panama vient de retirer son pavillon au navire humanitaire, un collectif qui compte dans ses rangs Daniel Cohn-Bendit, Juliette Méadel et Pierre Rosanvallon appelle l’Etat français à lui en octroyer un. Ne pas le faire reviendrait à se rendre coupable du crime de non-assistance à personne en danger.
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« La France doit accorder son pavillon à l’“Aquarius” »

Alors que le Panama vient de retirer son pavillon au navire humanitaire, un collectif qui compte dans ses rangs Daniel Cohn-Bendit, Juliette Méadel et Pierre Rosanvallon appelle l’Etat français à lui en octroyer un. Ne pas le faire reviendrait à se rendre coupable du crime de non-assistance à personne en danger.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 16h01
    |

                            Collectif








                        



   


Tribune. Depuis dimanche 23 septembre, l’Aquarius a perdu son pavillon. Le navire humanitaire affrété par les deux ONG Médecins sans frontières (MSF) et SOS Méditerranée n’aura donc plus le droit de circuler en mer. S’il n’obtient pas un autre pavillon, il ne sera plus autorisé à remplir sa mission : sauver des hommes, des femmes et des enfants qui se noient.
Rappelons que l’obligation de prêter assistance aux personnes en situation de détresse en mer n’est pas une œuvre de bienfaisance : c’est une obligation légale définie par plusieurs traités internationaux sur le droit de la mer, dont au moins quatre conventions des Nations unies.

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Pour mémoire, la Convention des Nations unies de 1982 sur le droit de la mer, la Convention internationale de 1974 pour la sauvegarde de la vie humaine en mer, la Convention Internationale de 1989 sur l’assistance, celle de 1979 sur la recherche et le sauvetage maritimes et les directives du Comité maritime de sécurité (MSC) de l’Organisation maritime internationale (IMO) de 2006.
Un prétexte juridique fallacieux
Ces conventions s’imposent donc à l’ensemble des pays européens et des pays membres de l’ONU. En retirant son pavillon à l’Aquarius, le Panama s’est rendu coupable de complicité de non-assistance à personne en danger puisqu’il prive l’Aquarius du droit de remplir une obligation supérieure consacrée par le droit des traités internationaux.
Pourquoi le Panama a-t-il retiré à l’Aquarius son pavillon ? Parce que l’Italie de Salvini s’est plainte de ce que « le navire a refusé de ramener les migrants et réfugiés secourus à leur lieu d’origine ». Or, le droit international ne prévoit pas une reconduite des personnes secourues dans leur lieu d’origine mais bien au contraire un débarquement dans un lieu protégé pour préserver les survivants.

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En effet, prendre des personnes à bord dans le cadre d’une opération de sauvetage ne consiste pas à savoir si parmi les survivants il y a des personnes susceptibles d’obtenir une protection internationale au titre du droit d’asile. Un bateau n‘est pas un espace approprié pour examiner une demande d’asile et un capitaine n’est pas formé pour ce faire. Cette obligation relève uniquement des autorités étatiques.
Donc la responsabilité unique de l’Aquarius, c’est le sauvetage en mer et c’est le débarquement des survivants dans un « lieu sûr » c’est-à-dire un endroit où la vie des survivants n’est plus en danger, où tous leurs besoins fondamentaux seront satisfaits : eau, alimentation, hébergement et assistance médicale. L’Aquarius n’était donc nullement en situation irrégulière : ce prétexte juridique est fallacieux. Il montre que le débat n’est pas, hélas, de nature juridique mais éminemment politique. Le droit est utilisé contre lui-même pour justifier une décision politique inique : abandonner des naufragés en mer.
Allons-nous continuer à regarder ailleurs ?
La décision du Panama n’est pas surprenante. Que peut-on attendre d’un paradis fiscal qui abrite les circuits financiers mafieux les plus occultes ? Le silence des pays européens, et de la France en particulier, l’est nettement plus.
Aujourd’hui, personne n’a proposé à l’Aquarius de lui octroyer un pavillon. Or, ne pas donner à l’Aquarius un nouveau pavillon, c’est accepter de laisser mourir sous nos yeux les naufragés ; c’est violer les conventions internationales, c’est se rendre coupable du crime de non-assistance à personne en danger. C’est trahir ce que nous fûmes quand nos ancêtres se battaient pour les droits de l’homme et pour la protection des plus fragiles.

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Au moins 3 120 migrants sont morts en 2017 en tentant de passer en Europe via l’une des trois principales routes de la Méditerranée, et les passages les plus dangereux sont ceux qui transitent par la Libye. Il est loin le temps où la France pleurait à l’image du corps sans vie du petit Aylan, bébé de trois ans échoué sur les côtes méditerranéennes. Pourtant, c’était il y a trois ans à peine. Que sommes-nous devenus ? Qui sommes-nous en train de devenir ? Allons-nous continuer à regarder ailleurs ? Jusqu’à quand pourrons-nous supporter l’inertie de ceux des gouvernements européens qui se réfugient derrière la montée du nationalisme pour justifier la plus indécente des couardises ?
Qui mieux que la France peut aujourd’hui prendre l’initiative d’un soutien aux opérations de sauvetages des naufragés ?
La France vient de déclarer qu’elle prendrait sa part des cinquante-huit réfugiés présents sur l’Aquarius qui a accosté à Malte. C’est déjà ça, mais il faut aller plus loin.
Nous devons être précurseurs et visionnaires
La France doit donc accorder son pavillon à l’Aquarius. Elle doit d’autant plus le faire qu’elle ne dispose pas d’une marine nationale, et encore moins européenne, dédiée au sauvetage des naufragés en mer. Octroyer son pavillon à l’Aquarius ne mettra aucune obligation supplémentaire à la charge de la France et ne fera pas d’elle la seule responsable de l’accueil des naufragés.

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En revanche, sur le terrain politique et pour l’avenir, cela la positionnera à l’avant-garde du progressisme en Europe pour impulser un accord de partage des migrants naufragés avec ses principaux partenaires européens. Et à ceux qui craignent la « submersion », rappelons les chiffres : depuis 2015, le nombre de réfugiés accueillis par sauvetage en mer en Europe ne dépasse pas quelques milliers !
Il est grand temps que le noyau dur des pays européens avec lesquels nous partageons l’essentiel se constitue et se renforce. Si nous ne sommes plus capables de trouver, avec nos partenaires européens, les moyens d’accueillir les quelques milliers de réfugiés alors nous ne sommes même plus à la hauteur de notre histoire et de notre identité européenne.
Nous sommes historiquement la patrie des droits de l’homme, celle du siècle des Lumières. Nous ne sommes pas seuls : l’Espagne, le Portugal et l’Allemagne sont de notre côté. Dans l’obscurité qui vient, nous devons être précurseurs et visionnaires, pour défendre l’essentiel avant qu’il ne soit trop tard.
Les signataires : Juliette Méadel, ancienne ministre, enseignante à Science Po ; François Héran, professeur au Collège de France ; Philippe Aghion, professeur au Collège de France ; Daniel Cohn-Bendit ; Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France ; Barbara Pompili, députée LRM de la Somme ; Caroline Fourest, essayiste, réalisatrice ; Olivier Duhamel, professeur émérite à Science Po ; Romain Goupil, cinéaste ; Alain Madelin, ancien ministre, économiste ; Sébastien Nadot, député LRM de la Haute-Garonne ; Philippe Lelièvre, metteur en scène et comédien ; Pierre-Michel Menger, professeur au Collège de France ; Arnaud Poissonnier, expert « Le financement participatif pour entreprise » ; Yves Blein, député LRM du Rhône ; Julien Sérignac, magistrat ; Hugo Saada, expert en relations internationales ; Isabelle Lefort, professeur à Science Po ; Florence Bonetti, conseil en stratégie et communication.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Si les épargnants hésitent à aller sur le marché des actions, c’est parce que leurs performances sont inférieures à celle des produits moins risqués, observe dans une tribune au « Monde » Sébastien d’Ornano, dirigeant d’un site de placement en ligne.
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« La frilosité des Français vis-à-vis des marchés financiers n’est pas si illogique qu’il y paraît »

Si les épargnants hésitent à aller sur le marché des actions, c’est parce que leurs performances sont inférieures à celle des produits moins risqués, observe dans une tribune au « Monde » Sébastien d’Ornano, dirigeant d’un site de placement en ligne.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 14h00
    |

Sébastien d’Ornano (Président de Yomoni, société de gestion en ligne d’épargne et de placements)







                        



                                


                            
Tribune. Les Français n’aiment pas la Bourse ! Ce constat n’est pas nouveau et les statisticiens de l’INSEE le confirment : fin 2016, les « actions et parts de fonds d’investissement » ne représentaient que 12 % des quelque 11 000 milliards d’euros de patrimoine des Français, alors que l’immobilier s’y taille la part du lion (61 %). De nombreux acteurs du secteur financier n’ont de cesse d’interroger les Français sur leurs comportements d’épargne et leur problématique aversion au risque.
La dernière étude Investor Pulse de Blackrock mettait ainsi en exergue le fait que 42 % des Français confessaient avoir du mal à comprendre comment planifier leur retraite, et que 24 % associaient le sentiment d’inquiétude à l’investissement. Une autre étude conduite fin 2017 par Schroders révélait même une distorsion entre les attentes élevées des Français concernant leur épargne – ils souhaitent en moyenne obtenir une performance annuelle de 8,9 % – et leur comportement, puisqu’ils préfèrent le dépôt sur un compte d’épargne à l’investissement financier, plus risqué mais indispensable pour viser une telle rentabilité.
La communauté financière a tendance à déduire un peu rapidement de ces données que le nœud du problème est le manque de culture financière des Français, et qu’il faut donc les aider à progresser. Les acteurs du secteur se retrouvent d’ailleurs volontiers pour financer des initiatives comme La Finance Pour Tous, site à vocation pédagogique sur l’argent et la finance.
Plus de 7 % par an en moyenne
Tout cela semble fort logique et louable, mais on peut se demander si les professionnels de l’épargne n’agissent pas de la même manière que les industriels du secteur des boissons, récemment pointés du doigt par l’émission d’enquête Cash Investigation pour leur comportement concernant le plastique.
les investisseurs français voient en moyenne 31,9 % de la performance brute de leurs fonds s’envoler en frais (et en inflation),...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ En matière d’apprentissage, face à l’offensive des éditeurs scolaires en faveur du livre électronique, le livre papier a encore de beaux jours devant lui.
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Gutenberg vit encore !

En matière d’apprentissage, face à l’offensive des éditeurs scolaires en faveur du livre électronique, le livre papier a encore de beaux jours devant lui.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 13h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Une maman grimaçante s’exclame : « Ne me dis pas que tu as encore oublié ton manuel en classe ! » Une étudiante chargée d’une énorme pile de livres proteste : « Et comment je fais, moi, pour transporter tous ces manuels ce week-end ? » Ces saynètes illustrent la page d’accueil de Mon manuel numérique scolaire, le portail lancé le 20 septembre par les poids lourds des éditeurs d’éducation – Belin, Bordas, Hachette, Hatier, Nathan, Le Robert, etc. – pour promouvoir leurs livres électroniques. Au-delà des avantages pratiques – cartables allégés, ouvrages enrichis de vidéos, accès permanent –, curieusement, aucune réflexion sur la lecture proprement dite des livres électroniques, sur sa spécificité, sur d’éventuelles incidences pédagogiques, n’est proposée. Pourtant, s’il est un domaine où le passage au numérique soulève des résistances, c’est bien celui du livre. En France, en 2017, le livre numérique représentait 7,6 % des ventes des éditeurs, sa progression est lente. Nous sommes loin du raz-de-marée annoncé !
Nous nous appauvrissons
Souvenez-vous, en mars 2000, un « village e-book » s’ouvre au Salon du livre. De nombreux journalistes prophétisent la fin des ouvrages papier, le trépas des librairies, la disparition des bibliothèques. Le livre va basculer dans le cyberespace. Il va connaître le sort du CD : il va se dématérialiser. En 2007, les ventes de « liseuses », comme la Kindle d’Amazon, décollent, tandis que Google a lancé Google Books, son projet d’une immense bibliothèque mondiale en ligne – la bibliothèque universelle de Babel imaginée par Jorge Luis Borges est en chemin ! Aujourd’hui, force est de constater que Google Books s’est aliéné des grands groupes d’édition et d’innombrables écrivains inquiets pour leurs droits d’auteur. Quant aux ventes d’e-books, elles plafonnent depuis plusieurs années à 20 % dans les pays anglo-saxons, et à moins de 10 % en Europe. Le livre papier résiste dans le cœur des lecteurs – les principaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans cette chronique, le professeur de sciences de gestion Armand Hatchuel relève qu’on ne saurait critiquer les fonds activistes et la finance prédatrice sans proposer une alternative à la conception purement actionnariale de l’entreprise.
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Contre les fonds activistes « une défense efficace est possible »

Dans cette chronique, le professeur de sciences de gestion Armand Hatchuel relève qu’on ne saurait critiquer les fonds activistes et la finance prédatrice sans proposer une alternative à la conception purement actionnariale de l’entreprise.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 12h52
    |

Armand Hatchuel (Professeur à Mines ParisTech/université PSL)







                        



                                


                            
Entreprises. Il y a peu, Danone et Vivendi ont subi les attaques de fonds activistes (hedge funds en anglais). Jusque-là rares en France, les actions de ce type sont au nombre de trois cents chaque année aux Etats-Unis. Mais qu’est-ce qu’un fonds activiste ? Comment peut-il déstabiliser une entreprise avec un petit nombre d’actions ? Et que peut faire une entreprise pour se défendre ?
le fonds activiste va tenter d’imposer une stratégie qui maximise la valeur des actions
Un article récent, qui décrit de manière clinique l’attaque du fonds américain JANA Partners et la résistance d’Agrium, géant canadien de la chimie agricole (« Activisme de fonds de couverture et stratégie de défense des entreprises », Sylvie Berthelot et Vanessa Serret, Revue française de gestion n° 272, 2018), montre qu’une défense efficace est possible.
Les fonds activistes ne sont pas des redresseurs d’entreprises en difficulté. Ils s’attaquent à des entreprises qui font beaucoup de R&D (recherche et développement) ou maintiennent des activités raisonnablement rentables mais qui, qu’elles soient en bonne santé ou connaissent une baisse conjoncturelle de leurs bénéfices, distribuent des dividendes modérés. A l’inverse, le fonds va tenter d’imposer une stratégie qui maximise la valeur des actions.
Une manœuvre d’abord « pacifique »
Fin 2011, le canadien Agrium, leader des engrais agricoles, est une cible parfaite. Après un développement remarquable, il est 25e sur 244 à l’indice boursier de Toronto, mais subit une baisse du prix de la potasse et du rendement global de ses actions. C’est le bon moment pour le fonds JANA Partners, qui annonce en mai 2012 avoir acquis plus de 5 % des titres de l’entreprise.
La manœuvre est d’abord « pacifique » : le fonds demande à la direction de céder sa filiale de commerce de détail, jugée insuffisamment rentable. Agrium comprend la menace : il double ses dividendes et procède à un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Editorial. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 prévoit un excédent. Cela n’était plus arrivé depuis 2001.
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La Sécurité sociale enfin dans le vert

Editorial. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 prévoit un excédent. Cela n’était plus arrivé depuis 2001.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 16h48
   





                        


Editorial du « Monde ». François Hollande et Emmanuel Macron pourraient célébrer de concert un résultat dans lequel chacun a sa part : en 2019, le régime général de Sécurité sociale devrait afficher un excédent de 700 millions d’euros. Pour la première fois depuis 2001, sous le gouvernement de Lionel Jospin, la « Sécu » va revenir dans le vert. Il suffit de rappeler le déficit record de 2010, 28 milliards d’euros, au plus fort de la crise financière, pour mesurer le chemin parcouru au prix de plans parfois drastiques d’économies, d’une plus grande maîtrise des dépenses de santé et des efforts continus des salariés et des retraités. L’an prochain, toutes les branches devraient être excédentaires, à l’exception de l’Assurance-maladie, qui affichera un déficit de 500 millions d’euros (après 900 millions en 2018 et 4,9 milliards en 2017).

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Alors que la croissance subit un gros coup de mou, cette bonne nouvelle est due, dans une large mesure, au quasi-gel des prestations sociales sur les deux prochaines années. En 2019 et en 2020, elles ne seront revalorisées que de 0,3 %, soit bien au-dessous de l’inflation prévue. Cette décision, qui alimente la grogne des retraités, dont 60 % subissent une hausse non compensée de la contribution sociale généralisée (CSG), générera une économie de 3,3 milliards d’euros, dont 1,8 milliard pour le régime général de Sécurité sociale.
Plusieurs mesures favorables
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 maintient le cap des économies, même si pour Agnès Buzin, ministre des solidarités et de la santé, il vise à « protéger les plus fragiles, investir pour l’avenir et libérer l’économie pour soutenir l’activité ». Le gouvernement, qui doit assurer le financement de son ambitieux plan santé, qui produira ses effets à long terme, a consenti une poire pour la soif : l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie (Ondam) a été relevé pour 2019 à 2,5 %, soit 400 millions de plus, c’est-à-dire 3,8 milliards d’euros d’économies au lieu des 4,2 milliards préconisés par le Haut Conseil aux finances publiques.
Le PLFSS prévoit ainsi plusieurs mesures favorables aux assurés sociaux. La mise en place de l’offre « 100 % santé », qui instaurera le « reste à charge zéro » pour les prothèses dentaires, auditives et les lunettes, sera lancée à la fin de 2019 et s’échelonnera jusqu’en 2021. En novembre 2019, la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) va être étendue à 1,2 million de personnes. D’autres améliorations concerneront, par exemple, le congé maternité des travailleuses indépendantes.

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Le PLFSS va surtout rétablir, à compter du 1er septembre 2019, l’exonération de cotisations salariales vieillesse de base et complémentaire pour les heures supplémentaires. Cette mesure avait été instaurée par Nicolas Sarkozy, au grand dam de certains syndicats, qui jugeaient qu’elle allait empêcher des créations d’emplois, et supprimée par François Hollande. Ce cadeau aux salariés (600 millions d’euros) ne sera plus compensé par l’Etat mais supporté intégralement par la Sécurité sociale. Une telle innovation met le gouvernement en contradiction avec la loi Veil du 25 juillet 1994, qui prévoit que « toute mesure d’exonération, totale ou partielle, de cotisations de sécurité sociale (…) donne lieu à compensation intégrale aux régimes concernés par le budget de l’Etat ». Quand la « Sécu » revient dans le vert, l’Etat fait peu de cas de son « autonomie » et accroît son emprise politique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Fragilisés par le mouvement qui a libéré la parole des femmes, les rapports entre les sexes méritent d’être repensés. Invités par Le Monde Festival, historiens et philosophes s’emparent du sujet pour en débattre les 6 et 7 octobre.
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                Après #metoo, repenser la rencontre des sexes


Fragilisés par le mouvement qui a libéré la parole des femmes, les rapports entre les sexes méritent d’être repensés. Invités par Le Monde Festival, historiens et philosophes s’emparent du sujet pour en débattre les 6 et 7 octobre.

LE MONDE
                 |                 28.09.2018 à 09h59
                 |

                            Florent Georgesco

















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« Il n’est que temps pour l’historien de la France contemporaine d’entrer dans la chambre du couple sans être ac­compagné d’un officier d’état civil », écrivait l’historien Alain Corbin, en 1978, dans Les Filles de noce. Misère sexuelle et prostitution au XIXe siècle (Aubier ; réédition Flammarion, 2015). La vie privée, les sentiments, les émotions, le corps, le sexe, le genre… L’intime, longtemps dis­simulé derrière le social et le politique, réduit à ses effets sur la vie publique, est devenu à partir des années 1970 un objet central pour la recherche historique.
Comment nos prédécesseurs faisaient-ils l’amour ? Sur quelles représentations et codifications reposaient leurs pratiques ? Dans quelle mesure être homme ou femme changeait le rapport à la sexualité ? Mais aussi : qu’en était-il de la domination et de la violence ?

        Au Monde Festival :
         

          Aux origines de #MeToo



A l’heure où #metoo et les débats sur l’identité de genre et sur la diversité infinie des sexualités nous contraignent à remettre en cause tout ce qui, dans notre rapport au sexe, paraît encore aller de soi et demeure impensé, les résultats de ces décennies d’histoire des sensibilités peuvent nous aider à discerner les continuités, les césures, les redéfinitions qui contribuent à structurer nos comportements.

« Se marier par amour »
« Les jeunes filles du monde bourgeois, au XIXe siècle, osent à peine rêver de sexe, tant on leur en parle peu. Mais elles rêvent d’amour, elles se fabriquent un imaginaire, qui aura des conséquences. Il faut se marier, leur dit-on. D’accord, mais autant se marier par amour. Les hommes s’accommodent du mariage alliance ; ils peuvent aller voir ailleurs. Ce sont les femmes qui vont imposer le mariage d’amour. Et peu à peu, ce désir va gagner tout le monde, même les hommes, et devenir la norme. » Michelle Perrot


Transformation des savoirs
A cet égard, l’histoire des femmes, née elle aussi, et de manière connexe, au début des années 1970, a donné le ton. Dans l’introduction d’Histoire des femmes en Occident (Plon, 1990-1991), Georges Duby et Michelle Perrot, qui ont dirigé ce monument de l’historiographie française, invitaient à « comprendre les racines de [la] domination et les rapports de sexes à ­travers l’espace et le temps ». Autrement dit, il n’est pas possible de travailler sur les « rapports de sexes » sans traiter la question de l’abaissement des femmes ni de mener des enquêtes savantes sans réfléchir à leurs répercussions sur cet état de fait. Le savoir est une liberté. Il est aussi un levier de libération.

« Il est rare que la noblesse l’emporte »
« Le mot “amour” connaît toutes les formes possibles, toutes les intensités. Ses sens s’étendent avec l’histoire de notre langue, comme ils s’étendent avec l’histoire de la conscience occidentale, sa profondeur, sa complexité. Il peut s’accompagner d’une totale transparence comme d’une totale obscurité. Il est un sens en revanche, rare, celui où la noblesse l’emporte, celui où la personne qui le porte est prête à absolument tout donner. » Georges Vigarello


En témoignent par exemple l’œuvre pionnière de Michelle Perrot (Femmes publiques, Textuel, 1997 ; Les Femmes ou les silences de l’histoire, Flammarion, 1998…), mais aussi celle d’Arlette Farge, codirectrice du volume « Temps modernes » de l’Histoire des femmes en Occident, dont l’intérêt constant pour les vies modestes, oubliées, a souvent croisé la question de l’infériorisation des femmes, que ce soit au siècle des Lumières – Effusion et tourment (Odile Jacob, 2007), Un ruban et des larmes (Edition des Busclats, 2011)… – ou au-delà – De la violence et des femmes, collectif ­dirigé avec Cécile Dauphin (Albin Michel, 1997).

« L’amour dévore et transmet… »
« Etrange ravissement que celui d’aimer, à tel point que ne l’être pas ou ne l’être plus devient proximité avec la mort. L’amour donne et prend, dévore et transmet. Aimer fait traverser des espaces sans limites, où parfois se logent ensemble l’exaltation, le désarroi et la douleur. On ne peut oublier que la rencontre amoureuse empoigne et captive ; pour qu’elle dure, il faut faire vivre l’effet de sidération qui a nourri son commencement, mettre le “don” au cœur de sa parole, de sa voix, de son corps. » Arlette Farge


Michelle Perrot et Arlette Farge sont deux historiennes qui ont d’ailleurs en commun d’avoir collaboré avec Michel Foucault, dont l’Histoire de la sexualité (quatre tomes, Gallimard, 1976-2018), au point de convergence de l’histoire et de la philosophie, est sans doute l’un des facteurs les plus décisifs de transformation des savoirs et des problématiques sur le désir, la chair, la domination.

        Au Monde Festival :
         

          La rencontre des corps. Une histoire du sexe



Celle-ci, au demeurant, est au cœur du travail des historiens de l’intime, même quand ils ne se consacrent pas à une histoire des femmes proprement dite. Ainsi des nombreux livres de Georges Vigarello, codirecteur, avec Alain Corbin et Jean-Jacques Courtine, des indispensables Histoire du corps (Seuil, 2005), Histoire de la virilité (Seuil, 2011) et Histoire des émotions (Seuil, 2016-2017), qui s’est intéressé aussi bien à l’évolution de la perception et de la répression des violences sexuelles (Histoire du viol, Seuil, 1998) qu’à celle du rapport au vêtement (La Robe. Une histoire culturelle, Seuil, 2017).

« Alors, la fellation, bien sûr… »
« Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, dans les milieux privilégiés, on se met à érotiser le mariage. Jusqu’alors, l’expérience sexuelle était inégalement partagée, les hommes ayant, notamment, recours à la prostitution. A ce moment-là, ils commencent à apprendre à leur femme des caresses qu’on n’osait pas pratiquer entre époux, comme la fellation – il fallait faire l’amour pour avoir des enfants, alors, la fellation, bien sûr… On découvre, dans le couple, une liberté nouvelle. » Alain Corbin


Sur la même ligne, et au-delà de ses travaux fondateurs sur la prostitution, Alain Corbin, qui a grandement contribué à ouvrir sa discipline à l’ensemble de ces questions, met au jour dans L’Harmonie des plaisirs (Perrin, 2008), son enquête sur les « manières de jouir » entre la fin du XVIIIe siècle et le milieu du XIXe, une dissymétrie radicale du rapport au désir, en bonne partie fondée sur la peur d’une sexualité féminine toujours, selon les médecins et les confesseurs de la période, au bord du « dérèglement ». Comme l’écrit Michelle Perrot dans Mon histoire des femmes (Seuil, 2006) : « Le sexe des femmes est un puits sans fond, où l’homme s’épuise, perd ses forces et sa vie jusqu’à l’impuissance. »
De cet effroi originaire procèdent peut-être les lois et les règles non écrites qui ont longtemps légitimé la domination masculine ; du moins en sont-elles empreintes. Ainsi l’histoire des sensibilités débouche-t-elle sur les arrière-fonds pulsionnels des sociétés, sur une source fantasmatique que la raison ne parvient pas à tarir. D’où sans doute, malgré les ruptures historiques et le mouvement général vers l’égalité, dans la relation hétérosexuelle comme entre les sexualités, la persistance de formes de domination dont #metoo a dressé un tableau planétaire. D’où enfin la nécessité, pour trouver des issues, du recours à la philosophie, d’un effort conceptuel de ­refondation de notre relation à l’amour.

« Je préfère l’intime… »
« Etre intime avec l’Autre c’est, à l’inverse de la stratégie amoureuse, ne plus projeter de plans sur lui, l’extraire et l’excepter du rapport de force dans lequel nous sommes toujours plus ou moins avec les autres. La connivence s’y livre aussi bien à travers les “riens” du quotidien que le silence. Car l’intime ne s’enferme pas dans le confort de la relation, mais maintient l’Autre en tant qu’autre, c’est-à-dire dans ce dehors dont il émerge et qui fait qu’on peut encore le rencontrer. » François Jullien


Réinventer l’intime
C’est l’entreprise que François Jullien, philosophe d’abord connu pour ses travaux sur la pensée chinoise, a lancée dans certains livres récents, comme Une seconde vie (Grasset, 198 p., 18 euros) et Si près, tout autre. De l’écart et de la rencontre (Grasset, 234 p., 18 euros), où il défriche la voie d’un renouvellement du rapport à l’altérité, en particulier à partir de la notion d’intime. « Dire “je t’aime”, expliquait-il dans un entretien au Monde en août 2017, c’est faire de l’autre un objet. Mais dire “je suis intime avec toi”, c’est poser un sujet par rapport à moi (…). On sort de la dialectique possession/déception. (…) Comme tel, l’intime est inépuisable, c’est un commun de l’entre qui s’ouvre entre nous. »

        Au Monde Festival :
         

          Conversation avec François Jullien



En définitive, « la rencontre des corps » (titre d’un chapitre de l’Histoire du corps) ouvre des univers sans nombre, nous connecte à des zones encore inexplorées de nous-mêmes et de nos sociétés. François Jullien a raison – les historiens nous montrent à quel point l’intime reste à réinventer. C’est la raison pour laquelle ces auteurs, qui font avancer la recherche sur la notion fragile de l’amour et des relations entre les sexes, Alain Corbin, Michelle Perrot, François Jullien, Arlette Farge et Georges ­Vigarello, seront présents au Monde Festival pour approfondir ces questions.
Dans le cadre du Monde Festival : rencontre avec Arlette Farge et Georges Vigarello sur les origines de #metoo, animée par Zyneb Drief au Palais Garnier à Paris, dimanche 7 octobre, de 12 heures à 13 h 30. 
Conversation avec François Jullien, animée par Nicolas Truong, samedi 6 octobre, de 10 heures à 11 heures, au Théâtre des Bouffes du Nord.
La rencontre des corps. Une histoire du sexe, débat animé par Florent Georgesco, dimanche 7 octobre, de 10 heures à 11 h 30, au Palais Garnier (grand foyer).

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




                                                Par                                                    Florent Georgesco














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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Les sites et les applications de rencontres ont reconfiguré les relations amoureuses et sexuelles, selon la sociologue Marie Bergström. Mais ils ne débouchent pas sur des couples plus divers.
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                « Les sites et les applications modifient le scénario de la rencontre »


Les sites et les applications de rencontres ont reconfiguré les relations amoureuses et sexuelles, selon la sociologue Marie Bergström. Mais ils ne débouchent pas sur des couples plus divers.

LE MONDE
                 |                 28.09.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 10h48
                 |

            Martin Untersinger

















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Marie Bergström est sociologue et travaille à l’Institut national d’études démographiques (INED). Auteure de nombreux articles sur les rencontres en ligne, elle est l’une des expertes du sujet.
Elle sera l’une des invitées de la table ronde « Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? » organisée dans le cadre du Monde Festival samedi 6 octobre.
Peut-on parler de « hasard des rencontres », et si non, pourquoi ?
Marie Bergström. La sociologie a montré depuis longtemps que la formation des couples ne se fait pas aléatoirement mais obéit à des logiques sociales. Il en va de même avec les rencontres sexuelles. Les partenaires tendent à être proches en âge, avec un léger écart d’âge en faveur de l’homme dans le cas des relations hétérosexuelles, et ils sont souvent de statut et d’origine sociale semblables, c’est ce qu’on appelle l’« homogamie ».
Il existe par ailleurs une « géographie » amoureuse et sexuelle, c’est-à-dire que certains lieux sont plus propices que d’autres à la rencontre. Cette géographie est d’ailleurs socialement ségréguée : n’importe qui ne rencontre pas des partenaires n’importe où, cela varie en fonction des milieux sociaux et de l’âge notamment.

        Au Monde Festival :
         

          Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ?



Comment se rencontre-t-on aujourd’hui en France ?
Une enquête menée par l’INED permet de répondre à cette question avec précision, en cartographiant les lieux de rencontres amoureuses en France. Elle montre qu’Internet, contrairement à une idée reçue, n’est pas devenu le mode de rencontre dominant. Parmi les personnes ayant connu leur conjoint actuel entre 2005 et 2013, un peu moins de 9 % l’ont rencontré grâce à un site de rencontres.
Cela place les sites en cinquième position dans le palmarès des lieux de rencontres. Il est toujours plus fréquent d’avoir connu son conjoint sur le lieu de travail ou d’étude, dans une soirée entre amis, dans un lieu public ou au domicile (chez soi ou chez quelqu’un d’autre).

Est-ce que les sites et les applications de rencontre ont changé la manière dont les Français se rencontrent ?
Oui, sans aucun doute. Le recours à ces services spécialisés est devenu une pratique courante en France. En 2013, parmi les personnes célibataires, plus d’une personne sur quatre avait déjà utilisé ce genre de dispositif. Or, les sites et les applications modifient sensiblement le scénario de la rencontre. Tout d’abord, comme on l’a souvent dit, leur caractère numérique repousse la rencontre physique à un deuxième temps. Les premières impressions sont donc basées sur l’image et l’écrit plutôt que sur le corps, ce qui modifie les modes de jugement des partenaires potentiels.
Les rencontres en ligne sont dissociées des cadres de sociabilité ordinaire, c’est-à-dire qu’elles se déroulent en dehors et souvent à l’insu de l’entourage.
Une autre originalité des sites et des applications, beaucoup moins souvent soulignée, c’est leur insularité. Les rencontres en ligne sont dissociées des cadres de sociabilité ordinaire, c’est-à-dire qu’elles se déroulent en dehors et souvent à l’insu de l’entourage. Elles sont à ce titre contributrices, comme le montre ma recherche, d’un mouvement de privatisation de la sexualité. Avec ces services spécialisés, la rencontre devient une affaire privée.
Sont-elles utilisées uniquement par les plus jeunes ?
Lors de l’apparition des sites de rencontres dans les années 2000, les jeunes étaient les premiers à s’en saisir. Le même constat vaut aujourd’hui pour les applications mobiles. Cette surreprésentation des jeunes parmi les usagers s’explique à la fois par un effet de génération et par un effet d’âge : ce sont des personnes très familières des pratiques numériques mais c’est aussi un âge où on compte de nombreux célibataires.
Cela dit, l’usage s’est beaucoup diffusé vers le haut de l’échelle des âges et les sites ont connu un vrai succès auprès des personnes séparées. A un âge où l’entourage est composé surtout de personnes en couple, et où les occasions de sortie se font plus rares, les services spécialisés présentent un attrait particulier. Si bien que les couples formés avec ces sites de rencontres sont plus souvent des deuxièmes que des premières unions.

        Lire aussi :
         

                L’amour dans le rétro : « A 52 ans, je me suis inscrite sur un site de rencontres pour être désirée »



Constate-t-on une évolution de l’homogamie chez les populations qui se rencontrent grâce à un site ou une application de rencontres ?
On postule souvent une spécificité des couples formés en ligne. L’hypothèse est soit celle d’une disparition des frontières sociales et géographiques sur Internet, et donc la disparition de l’homogamie, soit celle au contraire d’une hypersélection sociale des partenaires. En réalité, les enquêtes ne permettent pas d’identifier de telles spécificités. Les couples formés par ce biais ne sont significativement ni moins ni plus homogames que d’autres unions, à l’exception des couples formés sur le lieu de travail ou d’étude qui, pour des raisons évidentes, réunissent plus souvent des partenaires avec un travail ou un niveau d’éducation semblables.
L’homogamie persiste donc sur Internet mais elle se produit différemment, par le biais des jugements émis sur l’écrit et sur l’orthographe, dans la pratique photographique et la présentation de soi, et dans les goûts culturels sur lesquels on échange. Les rencontres en ligne favorisent à ce titre une homogamie d’ordre culturelle : les contacts se poursuivent si on partage des codes, un même humour et des références communes.
Marie Bergström est l’une des invitées de la table ronde « Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? » organisée dans le cadre du Monde Festival samedi 6 octobre de 10 heures à 11 h 30 à l’Opéra Bastille (amphithéâtre).

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
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Martin Untersinger
    













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ L’industrie pharmaceutique critique l’homéopathie, mais ses études n’offrent pas de garanties suffisantes sur l’efficacité de ses médicaments, écrit Philippe Pignarre, directeur de collections aux éditions La Découverte, dans une tribune au « Monde ».
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« Laissons les homéopathes trouver les moyens d’explorer les raisons de leur bonheur »

L’industrie pharmaceutique critique l’homéopathie, mais ses études n’offrent pas de garanties suffisantes sur l’efficacité de ses médicaments, écrit Philippe Pignarre, directeur de collections aux éditions La Découverte, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 10h35
    |

                            Philippe Pignarre








                        



                                


                            

Tribune. Et si on commençait par se débarrasser de tous les médicaments inutiles et dangereux ? Au mois de janvier de cette année, la très sérieuse revue Prescrire en dressait une liste de quatre-vingt-dix ! Combien coûtent-ils à l’Assurance-maladie ? Quel est le prix payé par ceux qu’ils rendent malades ? C’est la première réaction que l’on pourrait avoir face à ceux qui sonnent l’hallali contre les remèdes homéopathiques qui, eux, au moins, ne présentent pas de danger.
Le plus important pourrait cependant ne pas être là, mais bien plutôt dans cette sorte de rage que déclenche tout ce qui échapperait à « la science ». Car, n’en doutez pas, les médicaments, c’est de la science ! La preuve ? Ils ont été testés contre un placebo ou un médicament dit de référence. Double bénéfice de cet argument : 1. les médicaments ne posent pas de problèmes (oubliées les affaires à répétition comme celles du Mediator) ; 2. on sait pourquoi les remèdes homéopathiques marchent : c’est « l’effet placebo ».
En panne d’invention, les industriels exigent des prix exorbitants pour leurs « nouveautés » et se battent pour contrôler les circuits de vente par tous les moyens
Dès qu’on y regarde d’un peu plus près, les choses se compliquent sacrément. Les études comparatives en double aveugle (contre placebo ou médicament de référence) me semblent justement être la démonstration qu’on n’est pas vraiment dans ce qui mériterait le nom de science. Si notre connaissance de la biologie du corps humain était ce que les naïfs (les vrais) croient, on n’aurait pas besoin de recourir à cette misérable procédure empirique.
On saurait pour des raisons « scientifiques » pourquoi un médicament ne peut qu’être efficace. Allons plus loin : on n’a, en général, que des hypothèses sur les raisons pour lesquelles un médicament « marche ». Le plus souvent, c’est par hasard que l’on s’est aperçu que telle molécule produisait tel effet. Et la plupart des nouvelles molécules...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ En mai 1958, Hubert Beuve-Méry, à la tête du quotidien, soutient le retour aux affaires du général de Gaulle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Le Monde » et la Ve République

En mai 1958, Hubert Beuve-Méry, à la tête du quotidien, soutient le retour aux affaires du général de Gaulle.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 11h15
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

L’épitaphe, cinglante, est à la « une » du Monde, le 29 mai 1958 : « Incapable de vivre décemment, la IVe République n’aura pas su mourir en beauté. » Signé Sirius. Ce jour-là, après avoir fustigé les mensonges et les équivoques d’un régime qui agonise, Hubert Beuve-Méry saute le pas. Le 15 mai, déjà, au lendemain de l’insurrection à Alger des ultras de l’Algérie française, il a évoqué, comme un recours possible, le retour aux affaires du général de Gaulle. C’était alors une option.
Le 29 mai, c’est devenu une nécessité face à la « sédition » de l’armée, au risque de « coup d’Etat militaire », voire de guerre civile. En quelques lignes, le directeur du Monde tranche donc : « Aujour­d’hui, dans l’immédiat, quelque réserve que l’on puisse faire pour le présent, et plus encore pour l’avenir, le général de Gaulle apparaît comme le moindre mal, la moins mauvaise chance. »
Soutien à reculons
Cela ressemble à un soutien à reculons. En réalité, le choix de Beuve-Méry est déterminé – et il sera déterminant pour bon nombre de parlementaires déboussolés. Mais celui qui est devenu, depuis 1944, le tout-puissant patron du quotidien doit tenir compte, pour la première fois, de l’émoi qui bruisse dans les couloirs de la rue des Italiens. Quatre jour­nalistes du service politique (Raymond Barillon, Georges Mamy, Alain Guichard et Claude Ezratty, qui démissionnera peu après et signera bientôt Claude Estier) lui écrivent même pour lui dire qu’ils « ne sauraient être engagés » par des positions qui leur paraissent « s’éloigner beaucoup [de celles] que l’on pouvait attendre du Monde en de telles circonstances ».
A l’extérieur, certains s’indignent, com­me Claude Bourdet. Résistant, déporté, compagnon de la Libération et fondateur de L’Observateur, il adresse à Beuve-Méry une lettre virulente lui reprochant de céder, lui aussi, au « chantage odieux »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Autoriser le mariage des ecclésiastiques serait-il le remède aux abus sexuels dans l’Eglise ?
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/09/2018
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Prêtres pédophiles : le célibat  aux racines du mal ?

Autoriser le mariage des ecclésiastiques serait-il le remède aux abus sexuels dans l’Eglise ?



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 15h24
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            

Le célibat des prêtres catholiques est-il la cause principale des abus sexuels commis par des ecclésiastiques ? Après les nouvelles révélations de l’été sur les violences commises sur des enfants pendant des décennies en Pennsylvanie, Nancy Huston a défendu cette thèse dans une tribune publiée par Le Monde le 21 août. L’écrivaine y demandait au pape François de « lever l’injonction au célibat ». « Le problème n’est ni la pédophilie ni la perversion, écrivait-elle. Le problème, c’est qu’on demande à des individus normaux une chose anormale. (…) Les prêtres ne sont pas chastes. Ils n’arrivent pas à l’être. Il faut en prendre acte. »
Faut-il établir une relation directe de causalité entre ce célibat, qui est, depuis le XIe siècle, l’une des règles liées à la prêtrise dans l’Eglise latine, et les scandales dévoilés ces vingt dernières années, essentiellement dans les pays occidentaux ? « Mettre en lien abus sexuels et célibat pose un problème de fond, objecte la théologienne Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref). Cela donne à penser que, si les prêtres étaient mariés, il n’y aurait plus d’abus. A quelle image de la femme et de la relation de couple ce raisonnement renvoie-t-il ? »
Le célibat ne serait-il pas de nature à attirer certains hommes en délicatesse avec leur sexualité, qui pourraient espérer trouver dans la prêtrise un refuge ?
Si l’on s’en tient aux agressions à caractère pédophile, la corrélation directe se heurte à un constat dressé par la psychiatre spécialiste des violences sexuelles sur mineurs Catherine Bonnet, ancienne membre de la commission pontificale pour la protection des mineurs et des personnes vulnérables. « On évalue qu’entre 75 % et 80 % des abus sexuels sur enfant ont lieu dans le cadre de la famille. La majorité, c’est l’inceste », insiste-t-elle. Dans ces cas-là, la vie de couple...




                        

                        


<article-nb="2018/09/28/19-17">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ En septembre 1988, Salman Rushdie publie son livre polémique. Manifestations, autodafés… La réplique s’organise jusqu’à la condamnation à mort de l’écrivain par Khomeiny en février 1989.
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Trente ans après la sortie des « Versets sataniques », il était une fatwa


                      En septembre 1988, Salman Rushdie publie son livre polémique. Manifestations, autodafés… La réplique s’organise jusqu’à la condamnation à mort de l’écrivain par Khomeiny en février 1989.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 06h39
    |

            Samuel Blumenfeld








                              

                        

David Davidar se souvient encore de l’enthousiasme qui l’avait gagné, en ce début du mois de septembre 1988, en remarquant l’enveloppe déposée sur son bureau. Les timbres britanniques ne laissaient aucun doute sur l’origine de l’envoi et, surtout, sa nature. Il s’agissait bien du manuscrit du nouveau roman de Salman Rushdie, Les Versets sataniques. Son éditeur Viking Penguin s’était chargé de l’envoi alors qu’il s’apprêtait à le lancer le 26 septembre en Grande-Bretagne. La date de publication en Inde, pays d’origine de l’écrivain, n’était pas encore fixée.
Dans les modestes locaux de Penguin India à New Dehli, le directeur s’attela sans tarder à la lecture. Son éblouissement devant les premiers paragraphes reste toujours vivace : l’explosion d’un jumbo-jet au-dessus de la Manche, puis la disparition et la réapparition de deux de ses passagers, les principaux protagonistes du livre. Gibreel Farishta est un légendaire acteur indien, star de Bollywood, qui devient dans ses rêves l’archange Gabriel – Djibril dans le Coran –, et Saladin Chamcha, « l’Homme des Mille Voix », est un émigrant en rupture de ban avec son identité indienne qui vit désormais en Grande-Bretagne où il travaille sur des doublages.

Aux yeux de David Davidar, Les Versets sataniques possédait la même force que les précédents romans de Rushdie, Les Enfants de minuit (1981) et La Honte (1983). Il en était sûr, ce nouvel opus deviendrait un classique, un roman dont on parlerait encore trente ans après sa publication.
Ce dont l’éditeur ne se doutait évidemment pas est qu’après la fatwa lancée par l’ayatollah Khomeiny, guide suprême de la révolution iranienne, le 14 février 1989, condamnant à mort Salman Rushdie, Les Versets sataniques ne quitterait jamais le devant de la scène. Et sa publication deviendrait le point de départ d’un certain rapport du monde musulman à l’Occident. L’an I d’un XXIe siècle marqué par...




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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Les musées sont devenus de véritables lieux de vie. Mais quel espace va-t-il rester pour les œuvres d’art ?, interroge Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », dans sa chronique hebdomadaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/09/2018
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« Les grands musées à l’heure du choix »

Les musées sont devenus de véritables lieux de vie. Mais quel espace va-t-il rester pour les œuvres d’art ?, interroge Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », dans sa chronique hebdomadaire.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 14h51
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            

La mutation des gros musées est si folle depuis dix ans, qu’on se demande ce qu’ils pourront bien abriter dans un avenir proche. Une agence du Pôle emploi ? Une permanence médicale ? Une école ? Des start-up ? L’enjeu est le suivant : avant, l’œuvre d’art était au centre de tout. Aujourd’hui, c’est le musée lui-même qui est la vedette.
Et demain ? Pour cerner les scénarios, nous vous invitons à venir assister au débat « A quoi sert un musée ? », dans le cadre du « Monde Festival », qui aura lieu le samedi 6 octobre. Sans doute des oppositions vont surgir durant ce débat. Logique. Les grands musées de la planète sont à l’heure d’un choix : comment concilier leurs missions traditionnelles et l’ouverture aux questions de société ? Les missions, on les connaît : acquérir des œuvres, les protéger, les documenter, les montrer. Organiser des expositions. Faire avancer la connaissance.
Et puis, sans crier gare, les missions ont été élargies. Avec une obsession : laisser entrer l’air du temps. Au point que le musée est devenu un lieu de vie. Et le public la priorité. L’architecture du site est une œuvre en soi que l’on admire autant qu’un tableau. Elle stimule un quartier, une ville, et même un pays quand la marque s’implante à l’étranger (le Louvre Abou Dhabi). Les espaces d’accueil et de circulation sont parfois plus grands que les salles d’exposition.
Le musée est devenu une entreprise, ses conservateurs ont un profil moins artistique et plus école de commerce. Le public est aimanté par des expositions « blockbusters » et des stars (les seconds couteaux n’intéressent quasiment plus personne). On lui offre une expérience totale, entre art, loisir et consommation – restaurants, boutiques, animations diverses.
Virage sociétal
Demain ? Outre que le fossé va se creuser entre les gros et les petits musées, riches et pauvres – ce lieu est le miroir de nos sociétés –, le virage sociétal va s’accentuer. Pour attirer un nouveau public, plus diversifié....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Jean-Paul Ciret, codirecteur de l’Observatoire de la culture de la Fondation Jean-Jaurès dresse un bilan mitigé de l’opération de Stéphane Bern dans le cadre de sa mission pour la défense du patrimoine.
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Loto du patrimoine : « Aucune idée nouvelle n’a été apportée »

Dans une tribune au « Monde », Jean-Paul Ciret, codirecteur de l’Observatoire de la culture de la Fondation Jean-Jaurès dresse un bilan mitigé de l’opération de Stéphane Bern dans le cadre de sa mission pour la défense du patrimoine.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 16h33
    |

Jean-Paul Ciret (Codirecteur de l'Observatoire de la culture de la Fondation Jean-Jaurès)







                        



   


Tribune. Le premier tirage du « Loto du patrimoine » a rendu son verdict : 14 millions d’euros ont été misés. Ce qui permettra à la Fondation du patrimoine de recevoir 3,5 millions d’euros, alors que le seul joueur ayant trouvé tous les bons numéros ramassera pour sa part 13 millions d’euros.
Du côté du jeu de grattage, auquel il est encore possible de participer pendant quatre mois, 2,5 millions de tickets ont déjà été vendus (sur 12 millions émis) soit un gain de 3,8 millions pour la Fondation. En cette fin septembre l’opération « loto du patrimoine » a donc permis de dégager 7,3 millions d’euros au bénéfice de monuments en péril. Rappelons que la Fondation du patrimoine reçoit 0,72 euro par mise de 3 euros et 1,52 euro par ticket de 15 euros.
La Française des jeux et le président de la République se félicitent de ce résultat. Preuve de l’attachement des Français à leur patrimoine, les mises auraient été de 30 % supérieures à un tirage moyen. S’agissant d’un tirage exceptionnel, il faudrait pourtant le comparer à un autre tirage exceptionnel comme celui d’un vendredi 13, par exemple, sachant qu’en 2013 le vendredi 13 septembre les Français avaient misé, selon le magazine Challenge, 30 millions d’euros de plus que lors d’un tirage habituel !
Impasse prévisible
Quoi qu’il en soit, l’objectif de 20 millions d’euros reste atteignable à condition que, dans les quatre mois, les dix millions de tickets restants trouvent preneurs. Dans ces conditions, le gain total pour la Fondation sera d’environ 22 millions, soit un peu plus que l’objectif fixé, mais assez loin des sommes nécessaires aux deux cent cinquante monuments prioritaires et aux dix-huit jugés emblématiques qui illustrent les tickets du jeu de grattage. Les besoins de ces derniers sont estimés à près de 20 millions d’euros.

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                « Le patrimoine renvoie les Français à une certaine image de grandeur et de prestige »



Si les gains du Loto devaient couvrir la totalité des coûts, il ne resterait plus que 2 millions pour les deux cent cinquante autres ! Les travaux de restauration de l’aqueduc romain du Gier, sur les communes de Chaponost et de Sainte-Foy-lès-Lyon (Rhône), sont estimés à plus de 3 millions d’euros. Or l’on sait déjà que les deux communes ne recevront que 200 000 euros au titre du Loto. Une première annonce qui risque de devenir règle générale.
L’impasse était prévisible dès le départ puisque les deux cent cinquante projets nécessitaient environ 50 millions d’euros, bien au-dessus des prévisions de gains de la Française des jeux. Il y a donc deux façons traditionnelles d’analyser ces résultats.
La première consiste à se réjouir de ces 20 millions, qui sont mieux que rien et qui, au lieu de se noyer dans le budget général de l’Etat, serviront effectivement à une cause bien identifiée ; à se réjouir également de ce coup de projecteur qui ne peut qu’être utile à la cause des monuments.
Trois préalables
La seconde rappelle que l’Etat aurait très bien pu dégager cette somme de son budget général sans avoir à recourir à une opération spéciale et qu’il y a d’autres façons de sensibiliser l’opinion que de recourir à un jeu de hasard. Les deux s’entendent, reste que maintenant il faut pouvoir progresser pour éviter dans un an de reprendre le même débat.
Si l’on veut réellement progresser, il faut alors pouvoir lever trois préalables.
Le premier serait de mieux cerner les objectifs. Faut-il trouver des recettes complémentaires pour les monuments anciens y compris ceux qui bénéficient de mesure de protection ? Ou bien, faut-il mettre en place des dispositions spéciales pour des bâtiments que la puissance publique ne considère pas comme prioritaires mais qui, sans pouvoir attirer de nombreux touristes, méritent d’être sauvegardés au titre d’une mémoire et d’une histoire locale ?

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                Martin Malvy  : « Le Loto du patrimoine n’est pas tout »



En refusant de choisir et en proposant une liste de bénéficiaires où l’Etat propriétaire côtoie de petites communes rurales et des associations de bénévoles, l’actuelle formule du Loto ne facilite pas la mobilisation et risque de produire bien des déceptions.
Le deuxième préalable serait de se mettre d’accord sur l’état réel de ce patrimoine à restaurer en distinguant notamment les travaux nécessités par l’état sanitaire des bâtiments, de ceux liés à leur adaptation à de nouveaux usages. Le ministère de la culture ne dispose malheureusement pas d’un tel état des lieux exhaustif (autant qu’il puisse l’être) et renseigné de façon scientifique. Un tel document, sur lequel le ministère pourrait s’appuyer pour négocier plus efficacement son budget, permettrait également de mieux cerner l’état réel de notre patrimoine et de relativiser certains discours sans doute trop catastrophiques.
Une ressource à la hauteur des objectifs
Si l’on veut bien se rappeler qu’il y a en France environ quarante-quatre mille bâtiments classés ou inscrits et qu’il faut plus que tripler ce nombre pour prendre en compte ceux dignes d’être conservés (en Allemagne, il y en a plus de sept cent cinquante mille !), les deux mille cinq cents dossiers urgents reçus par la mission patrimoine de Stéphane Bern laissent à penser que tout ne va pas si mal et que les politiques conduites depuis des années n’y sont pas pour rien.
Le troisième préalable serait de trouver une ressource à la hauteur des objectifs, car il est certain que les budgets actuels sont insuffisants. La formule mise en œuvre cette année ne le permet pas.

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                « Loto du patrimoine : les jeux de l’amour et du hasard »



Si les pouvoirs publics jugent qu’une augmentation, même minime, de la taxe de séjour est inopportune, on pourrait au moins revoir les règles de cette tranche spéciale du Loto en décidant, par exemple, de doubler la part des mises revenant à la Fondation du patrimoine, ce qui reviendrait à diminuer celle revenant aux joueurs. Ou bien en affectant une part des mises non distribuées, lorsqu’un tirage habituel n’a pas de gagnant, à la restauration des monuments. Il s’agirait là de mesures significatives et réellement extrabudgétaires.
Reste une question qui dépasse largement la mission patrimoine mais qui mérite d’être posée : pourquoi régulièrement les ministres, voire le président la République lui-même, confient-ils à des personnalités le soin de proposer des politiques nouvelles pour des sujets sur lesquels travaillent pourtant des administrations normalement compétentes ? A quoi servent ces missions ?
Un faible manque à gagner pour l’Etat
La question ne se poserait pas si les rapports qui en résultent étaient mis en œuvre et produisaient des effets positivement reconnus. Or, dans le seul champ du ministère de la culture, qui peut citer une mission confiée à une personnalité extérieure au ministère qui ait permis de renouveler le sujet auquel elle se confrontait ? Ce n’est certainement pas la qualité des personnalités missionnées qui doit être mise en cause, mais le mécanisme même sur lequel reposent ces missions.
Que leur demande-t-on fondamentalement ? De proposer le plus rapidement possible une mesure spectaculaire consensuelle et indolore budgétairement. De ce point de vue la mission confiée à Stéphane Bern a plutôt réussi : coup de projecteur assuré par une abondante couverture médiatique, mesure consensuelle pour le grand public et un faible manque à gagner pour le budget de l’Etat (les 3,5 millions d’euros du tirage).
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La maison d’Aimé Césaire à Redoute (Fort-de-France), ici le 5 avril. Cette habitation est classée aux monuments historiques depuis décembre 2014."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La « mosquée » située dans la maison de Pierre Loti, à Rochefort (Charente-Maritime). Ce musée municipal est la maison d’enfance de l’écrivain Julien Viaud, plus connu sous son nom de Pierre Loti. Celui-ci a passé une grande partie de sa vie à transformer sa maison natale en un lieu théâtral, où il se mettait en scène lors de fêtes mémorables."
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            data-slide-description="Le domaine de Maison rouge, à La Réunion, abrite depuis quelques années le Musée des arts décoratifs de l’océan Indien."
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            data-slide-description="Le couvent Saint-François à Pino (Haute-Corse). Sa chapelle renferme une fresque, un chemin de croix, une chaire et des stalles du XVIIe siècle."
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            data-slide-description="L’hôtel de Polignac à Condom, dans le Gers. Edifié entre 1773 et 1777, il est classé monument historique depuis 1990."
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            data-slide-description="L’île Cigogne et son fort sur l’archipel des Glénan, dans le Finistère. Ce dernier est utilisé par les stagiaires du centre nautique de la région."
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            data-slide-description="Le château de Bussy-Rabutin à Bussy-le-Grand, en Côte-d’Or. Le plus célèbre propriétaire des lieux fut le comte Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), général des armées royales du roi Louis XIV, courtisan de la cour de France, philosophe et écrivain épistolaire, pamphlétaire, satirique et libertin, par ailleurs membre de l’Académie française."
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            data-slide-description="L’aqueduc romain du Gier est l’un des aqueducs antiques de Lyon, qui desservait la ville antique de Lugdunum. Il se situe à Chaponost, près de Lyon."
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            data-slide-description="L’habitation Bisdary à Gourbeyre, en Guadeloupe. Bâtie au XVIIIe siècle par les jésuites, elle devient une usine sucrière au début du XIXe siècle."
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            data-slide-description="Le château de Carneville dans la Manche, coté jardin. Précédé d’une vaste cour d’honneur de 26 mètres de long, il couvre 900 m2, auxquels il faut ajouter 2 000 m2 de dépendances et un parc de 7 ha."
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            data-slide-description="La rotonde ferroviaire de Montabon, dans la Sarthe. Le dépôt est fermé depuis 1954 et l’association Rotonde ferroviaire de la vallée du Loir (RFVL2) se charge de le préserver."
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            data-slide-description="L'hôtel-Dieu de Château-Thierry, dans l’Aisne. Aujourd’hui visitable, ce musée retrace au travers de ses dix-huit salles toute l’histoire hospitalière du site depuis sa fondation par la reine de France Jeanne de Navarre, épouse de Philippe IV le Bel."
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            data-slide-description="Les murs d’un bâtiment de l’ancienne sucrerie de Soulou, près de M’Tsangamouji, sur le territoire français de Mayotte. Le cyclone de 1898 a détruit en partie l’exploitation et l’usine."
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            data-slide-description="A l’intérieur du Théâtre des Bleus de Bar, à Bar-le-Duc dans la Meuse. Inauguré en 1902 sous le nom de « Nouveau Théâtre », il a accueilli plusieurs troupes importantes, notamment les célèbres tournées Frédéric Achard et Chataignié, qui faisaient les beaux jours des théâtres parisiens."
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            data-slide-description="La villa Viardot, ancienne demeure de l’écrivain russe Ivan Tourgueniev à Bougival, près de Paris."
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            data-slide-description="L’église catholique romaine du XIIe siècle de Notre-Dame de La Celle-Guenand, en Indre-et-Loire."
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            data-slide-description="Le pont d’Ondres à Thorame-Haute, dans le sud-est de la France. Bâti dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, il est constitué de deux arches très inégales de 17 et 9 mètres, pour une longueur totale de 41 mètres."
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            data-slide-description="La Maison du receveur des douanes à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane. L’ensemble de la maison est dans un état de dégradation avancée, l’étage de la maison ayant été partiellement incendié."
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La maison d’Aimé Césaire à Redoute (Fort-de-France), ici le 5 avril. Cette habitation est classée aux monuments historiques depuis décembre 2014.

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Mais au-delà, on a vu que cela ne modifiait qu’à la marge les besoins de financement et le rythmes des mises en chantier et, surtout, qu’aucune idée nouvelle n’avait été apportée par rapport à tout ce qui avait été envisagé dans les années récentes et même anciennes.
Est-il pourtant impossible de concilier aura médiatique et approfondissement d’un sujet ? Oui, si déjà on acceptait de sortir de la dictature de l’urgence en donnant le temps nécessaire à un travail approfondi. Oui, si, comme première tâche, la mission devait prendre connaissance de tous les documents déjà produits sur le sujet (du moins les plus récents) et examiner pourquoi les mesures qui y étaient préconisées, soit n’ont pas été mises en œuvre, soit n’ont pas produit les effets escomptés. Cela paraît simple mais ce serait, en réalité, une véritable révolution.
Fondation Jean-Jaurès.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Les chercheurs Solène Morvant-Roux et Jean-Michel Servet demandent, dans une tribune au « Monde », la tenue d’un débat démocratique sur la généralisation des transactions numériques préconisée par le rapport Cap 22.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« La monnaie dématérialisée livre des informations bien au-delà de la transaction elle-même »

Les chercheurs Solène Morvant-Roux et Jean-Michel Servet demandent, dans une tribune au « Monde », la tenue d’un débat démocratique sur la généralisation des transactions numériques préconisée par le rapport Cap 22.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 15h30
    |

Solène Morvant-Roux (Professeure à l’université de Genève) et Jean-Michel Servet (Professeur honoraire à l’Institut de hautes études internationale...







                        



                                


                            
Tribune. Le rapport Cap 22 du comité Action publique 2022, affirme parmi ses objectifs celui d’atteindre une société zéro cash d’ici à 2022. Cette proposition (la seizième selon les éléments du rapport qui ont « fuité ») s’inscrit dans une lame de fond mondiale visant à supprimer les billets et les pièces en tant que support supposé dépassé de la monnaie.
Sont égrenés les multiples avantages d’un passage à une monnaie dématérialisée, électronique ou numérique : baisse des coûts de production et de circulation de la monnaie, lutte contre le blanchiment des fonds d’origine criminelle, lutte contre le financement d’activités terroristes. Pour certains, l’objectif de se débarrasser définitivement de l’argent liquide semble un passage obligé pour toute société qui se veut moderne.

La monnaie numérique ou électronique a diverses formes : écriture d’une ligne sur un compte bancaire, paiements par cartes ou par le biais des plates-formes et applications de paiement par téléphone mobile, etc. Elle n’est en réalité pas nouvelle puisque, dans un pays comme la France, il y a bien longtemps que les salaires sont versés sur des comptes bancaires auxquels sont adossées des cartes de paiement avec lesquelles il est possible de réaliser paiements, virements, etc.
Un accès au cash devenu difficile
La nouveauté réside donc plutôt dans la volonté de supprimer intégralement les transactions en liquide et ce, dans un mouvement global qui toucherait tous les pays ou presque. L’autre nouveauté concerne les acteurs impliqués dans ce mouvement, puisque l’on y trouve, outre des organisations à but philanthropique comme la Gates Foundation, la fondation MasterCard, des alliances supranationales comme l’Alliance for Financial Inclusion ou la Better than Cash Alliance, et enfin une myriade de fintech (entreprises d’innovation technologique dans le domaine financier) allant de petites start-up aux compagnies de téléphonie mobile en passant par PayPal...




                        

                        

