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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Publiée dans « Science », une étude internationale détaille les résultats d’une campagne technologique sans précédent.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Des organisations guinéennes et internationales de défense des droits humains appellent à l’organisation du procès sans délai.
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Point de vue

Neuf ans après le massacre du 28 septembre à Conakry, « il faut mettre fin à l’impunité totale »

Des organisations guinéennes et internationales de défense des droits humains appellent à l’organisation du procès sans délai.

Par                                            Collectif




LE MONDE
              datetime="2018-09-28T18:23:56+02:00"

        Le 28.09.2018 à 18h23






    
Une des entrées du Stade du 28-Septembre, à Conakry, en Guinée.
Crédits : CC 2.0


Tribune. Personne n’a encore été jugé en Guinée pour le massacre du Stade du 28-Septembre à Conakry, où au moins 156 opposants furent tués et plus d’une centaine de femmes violées le 28 septembre 2009. Si l’instruction est clôturée depuis fin 2017, il est impératif que les juges soient nommés et qu’un calendrier soit établi. Ce sont les conditions pour que ce procès emblématique puisse s’ouvrir en 2019, et que ses treize inculpés – dont trois incarcérés en dehors des délais légaux – soient enfin jugés.

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Le 9 avril 2018, le ministre de la justice Cheick Sako a mis en place un comité de pilotage du procès chargé de son organisation pratique. Ce comité doit se doter au plus vite d’une feuille de route claire, afin d’avancer efficacement vers le procès. S’il devait se réunir toutes les semaines, il ne s’est réuni que deux fois en six mois, faisant planer des doutes sur la tenue rapide d’un procès. Pourtant, le procès est à portée de main et plusieurs bailleurs internationaux se disent toujours prêts à le soutenir.
« Des personnes ont été abattues, des femmes ont été violées et, pour la première fois dans l’histoire de la Guinée, des hommes en uniforme ont été inculpés, a déclaré Asmaou Diallo, présidente de l’Association des victimes, parents et ami.e.s du 28 septembre 2009 (Avipa). Il n’y a désormais plus aucune raison de pas avancer rapidement vers la tenue du procès. Mais sans appui politique au travail réalisé par le ministère de la justice, l’affaire risque de s’enliser, alors qu’elle est attendue depuis près de dix ans par les victimes, leur famille et tout le peuple guinéen. »
« Crimes infamants »
Les organisations exhortent le comité de pilotage à se réunir hebdomadairement tel que prévu par le décret portant sa création, et à déterminer rapidement le lieu du procès, son budget et ses besoins en support, et établir ses modalités logistiques et sécuritaires. En particulier, le comité devra prendre des dispositions pour la participation de l’ex-chef de la junte Moussa Dadis Camara, inculpé dans cette affaire et qui a toujours annoncé qu’il participerait au procès malgré son exil au Burkina Faso. Dans le même temps, des juges expérimentés doivent être nommés sans délai afin de commencer leur travail sur ce dossier d’envergure.

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Si ces étapes opérationnelles sont rapidement surmontables, le procès nécessite un soutien politique au plus haut niveau pour garantir la mise en place d’une justice forte et impartiale, compte tenu des risques d’influence perçus ou réels par certains inculpés qui occupent toujours des postes au sein de l’administration.
« Juger les violences politiques n’est plus tabou en Guinée, insiste Abdoul Gadiry Diallo, président de l’Organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH). L’ouverture sur le passé douloureux montre que la société guinéenne attend le jugement des auteurs des crimes politiques les plus récents et infamants, et souhaite mettre fin à l’impunité totale dont bénéficièrent les auteurs de graves violations des droits humains pendant des décennies. Il est maintenant temps qu’un nouveau chapitre commence et que les victimes comme les accusés des crimes commis au stade le 28 septembre 2009 puissent être entendus devant la justice. »
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Mariama Thiouto Bah, au stade national où elle a été attaquée par les forces de sécurité, le 28 septembre 2009. « Deux policiers m’ont frappée avec une barre en fer et m’ont blessée à la main. Après cela, j’ai été voir un docteur pour être soignée. Quand mon mari a su que j’avais été au stade, il m’a abandonnée. Ce jour-là, ma vie a été détruite. »"
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            data-slide-description="Mamadou Taslima Diallo, à l’entrée du stade national où il a été battu par la police le 28 septembre 2009. « Ils m’ont frappé à la tête et il m’a fallu cinq jours avant que je puisse entendre de nouveau de l’oreille droite. Je suis très en colère que justice ne soit pas faite et que les coupables soient libres. »"
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            data-slide-description="Mamadou Saliou Diallo, à la sortie du stade où il a été piétiné pendant le massacre du 28 septembre 2009. « J’étais dans les tribunes quand ils ont commencé à tirer. Quand la personne qui était en face de moi a été touchée d’une balle à l’épaule, j’ai compris qu’ils tiraient à balles réelles. On m’a frappé à la tête et quelqu’un m’a poignardé le pied. Ensuite, près de l’entrée, je suis tombé sur un cadavre et j’ai été piétiné par la foule. Je pouvais entendre les tirs au-dessus de moi, puis je me suis évanoui. Médecins sans frontières m’a emmené à la morgue, pensant que j’étais mort, mais j’ai vomi du sang. Ils m’ont alors conduit en urgence à l’hôpital. Je ne sens plus mon pied droit et j’ai des douleurs au dos. Je ne suis plus moi-même. J’ai toujours des douleurs. Quelquefois, j’ai l’impression d’être fou. J’espère que Dieu nous aidera à trouver la justice. »"
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            data-slide-description="Ibrahima Diallo, au stade national où il a été piétiné en essayant d’échapper au massacre du 28 septembre 2009. « J’étais au stade quand ils ont commencé à tirer des gaz lacrymogènes. Les militaires Bérets Rouges sont ensuite arrivés. J’étais dans les tribunes quand ils ont commencé à tirer. J’ai sauté en bas. A l’entrée, les militaires étranglaient des gens à mort. Certains les poignardaient. Un des militaires m’a attrapé par le cou, je suis tombé et j’ai été piétiné. Je ne peux plus rester assis trop longtemps. J’ai des douleurs dans le bas du corps. J’étais tailleur mais je ne peux plus travailler. Je veux c’est que justice soit faite pour les victimes et que les coupables soient jugés pour que ces choses n’arrivent plus jamais dans ce pays. »"
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            data-slide-description="Anonyme photographiée au stade national, où elle retournait pour la première fois depuis son arrestation par les forces de sécurité le 28 septembre 2009. « J’y étais. Les militaires m’ont arrêtée et envoyée au camp Alpha Yaya Diallo, le principal camp militaire de Conakry, où j’ai été maltraitée pendant vingt-quatre heures avec d’autres jeunes femmes. Je veux que justice soit rendue, car l’impunité des militaires en Guinée continue et l’Etat ne garantit pas la sécurité des citoyens. »"
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            data-slide-description="Aissatou Lamarana Barry, à l’extérieur du stade national où elle a été violée par des membres des forces de sécurité le 28 septembre 2009. « J’ai été violée derrière le stade. Depuis, ma vie n’a plus de sens. J’allaitais et mon mari m’a abandonnée. Mes enfants ne peuvent pas aller à l’école et je ne peux pas payer mon loyer. »"
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            data-slide-description="Oumar Sow, au parking de taxis de Madina, où son frère a été tué par balle par les forces de sécurité en 2007. « C’était au moment de la grève générale en Guinée. Tout d’un coup, un groupe de militaires est arrivé sur le pont au-dessus du parking et a commencé à tirer. Mon frère a reçu une balle dans le cou, il est mort. »"
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            data-slide-description="Le capitaine Oussou Keita, photographié à la maison où la police est venue l’arrêter en 1985 avant de le torturer et de le jeter en prison. « J’ai été arrêté le 6 juillet 1985. J’étais en train de regarder la télévision quand la tentative de coup d’Etat [contre le président Lansana Conté] a commencé. Ils m’ont accusé d’y avoir participé. Au camp, j’étais interrogé de 1 heure du matin jusqu’à 5 heures tous les jours. Ils mettaient des pneus autour de nos cous et nous frappaient. Ils nous électrocutaient. C’était difficile de garder espoir. Des fois, ils emmenaient un groupe de personnes à l’extérieur et on entendait des coups de feu. Ils torturaient des gens devant nous. Les gens qui nous ont torturés étaient aussi ceux qui étaient au pouvoir. Quand j’ai été libéré, nous avons dû aller vivre dans un village, avec interdiction de venir à Conakry. Ma femme pleurait beaucoup. Pendant vingt-cinq ans, nous avons vécu sans dignité. J’espère qu’un jour, les gens connaîtront la vérité. »"
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            data-slide-description="Hadja Rabi Diallo, photographiée sur le pont auquel son mari a été pendu sur les ordres du président Sékou Touré en 1971. « Mon mari s’appelait Ousmane Baldé, il était le ministre des finances. Sékou Touré l’a accusé de vouloir prendre le pouvoir. Un jour, des militaires sont venus chez nous et ont annoncé qu’il avait été arrêté. Ensuite, un de nos quatre enfants a entendu à l’école qu’il avait été pendu depuis le pont. Quand nous avons entendu la nouvelle, nous nous sommes mis à pleurer. Ils nous ont mis à la porte de notre maison et ont volé tout ce qu’ils ont trouvé. »"
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            data-slide-description="Mamaissata Camara, à gauche, à l’extérieur de la maison où elle vivait avec sa sœur Habibatou Camara au moment des événements du 28 septembre 2009. « J’ai quitté ma maison sans penser que je serais violée ce jour-là. Je voulais changer mon pays. J’ai vu la mort de très près. Les ONG ont fait beaucoup pour nous. Je veux que justice soit faite parce que beaucoup de victimes sont déjà mortes. »"
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Mariama Thiouto Bah, au stade national où elle a été attaquée par les forces de sécurité, le 28 septembre 2009. « Deux policiers m’ont frappée avec une barre en fer et m’ont blessée à la main. Après cela, j’ai été voir un docteur pour être soignée. Quand mon mari a su que j’avais été au stade, il m’a abandonnée. Ce jour-là, ma vie a été détruite. »

Tommy Trenchard/Panos
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Signataires L’Association des victimes, parents et ami.e.s du 28 septembre 2009 (Avipa) ; l’Organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH) ; la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) ; Amnesty International ; Human Rights Watch.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Marc Semo, journaliste au « Monde » chargé de la diplomatie, a répondu à toutes vos questions sur la portée réelle de ce rassemblement diplomatique.
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« L’Assemblée générale permet de rappeler, symboliquement, que l’ONU existe »

Marc Semo, journaliste au « Monde » chargé de la diplomatie, a répondu à toutes vos questions sur la portée réelle de ce rassemblement diplomatique.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 16h48
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 17h31
   





                        



   


La 73e session de l’Assemblée générale de l’ONU se poursuit avec les discours des chefs d’Etat et de gouvernement, à New York. Face à Donald Trump, qui a dénoncé le « globalisme », Emmanuel Macron a mis en garde contre la « loi du plus fort ». Le président américain fait face à un front uni entre l’Europe, la Russie et la Chine, prêtes à défendre l’accord sur le nucléaire iranien de 2015
Marc Semo, journaliste au « Monde » chargé de la diplomatie, a répondu à vos questions et décrypté ce qu’il s’est passé depuis une semaine.

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Baptiste : Comment les médias étrangers ont-ils interprété le discours d’Emmanuel Macron ?
Marc Semo : Cela a été apprécié et en premier lieu dans les pays du sud ou les pays tels le Canada, l’Australie, l’Inde ou encore les Scandinaves, tous ces piliers de l’action onusienne, car sur le fond, le discours d’Emmanuel Macron, comme le soulignait ironiquement un diplomate, était le discours d’un secrétaire général de l’ONU. Et en ouvrant les travaux de la 73e Assemblée générale, Antonio Guterres avait peu ou prou évoqué les mêmes thèmes, sans y mettre néanmoins autant de passion.
Lecteur : Quelle a été la tonalité du discours du représentant iranien à l’ONU ? Téhéran peut-il encore compter sur des alliés prêts à se « mouiller » pour lui ?
M.Se. : Rohani est dans une situation difficile, car il est aussi sous la pression des plus « durs » de la République islamique comme les gardiens de la révolution. Quitter à son tour l’accord de juillet 2015 et reprendre l’enrichissement serait suicidaire pour Téhéran, car automatiquement se remettrait en place tout le système de sanctions – et pas seulement celles des Etats-Unis – car nul ne veut d’un Iran nucléaire. Mais rester dans l’accord est aussi difficile, car au-delà des bonnes intentions, on voit mal comme les Européens, même avec l’aide des Russes et des Chinois, peuvent suppléer aux pressions maximales américaines. D’où le pari de Washington, qui n’est peut-être pas faux, qu’à un moment ou un autre l’Iran sera prêt à négocier à nouveau, et c’est d’ailleurs le pari de Macron, qui veut compléter l’accord de 2015 avec trois piliers encadrant l’activité balistique, de nouvelles mesures pour après 2025 sur le nucléaire quand l’accord de Vienne arrive à expiration et bloquer l’expansionnisme régional iranien.

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PhilippeS : Est-ce que Macron est considéré comme un « type sans importance » dans la cour des grands ?
M.Se. : En France, sa popularité plonge, à l’extérieur, il garde une bonne partie de son image, au moins pour le moment. Ses discours sont incontestablement très forts, comme l’étaient d’ailleurs ceux d’Obama, mais le risque est le même : que cela reste des mots. Et l’on voit par exemple toutes les difficultés aujourd’hui pour la France de lancer des vraies initiatives à l’ONU. Sans les Américains « trumpisés » et sans les Britanniques en plein Brexit, Paris ne pas faire grand-chose, car c’est bien ce « P3 » (Etats-Unis, France et Royaume-Uni), comme on l’appelle dans le jargon diplomatique, qui depuis 1945 a fait tourner le système international créé après 1945.
Tom : Y a-t-il encore des blocs à l’ONU ?
M.Se. : Oui, bien sûr, même si ces alliances sont beaucoup plus mouvantes qu’avant. Chacun des « grands » a ses alliés et ses clients, à commencer par la Russie et la Chine, piliers par ailleurs d’un groupe de Shanghai, qui se veut un rival asiatique de l’Union européenne. Il y a les pays musulmans qui, sur certaines questions, font toujours bloc. Il y a malgré tout un ensemble européen qui parle peu ou prou d’une même voix et coordonne ses actions.
Curieux : Nétanyahou met au défi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de contrôler des structures iraniennes liées à un programme nucléaire. Mais ces contrôles ne sont-ils pas un des termes de l’accord de 2015 ? Et si oui, Israël peut-il demander l’application des termes restrictifs d’un accord qu’il dénonce ?
M.Se. : De fait, c’est cela que veut montrer Nétanyahou : les limites des contrôles de l’AIEA. Mais nombre d’experts semblent un peu sceptiques sur la réalité des accusations israéliennes, qui en revanche sont prises très au sérieux sur la fabrication par le Hezbollah libanais, avec l’aide de Téhéran, de missiles sophistiqués.
? : Quelle importance (en proportion par rapport aux autres sujets) ont eu les discussions environnementales et climatiques durant cette session ?
M.Se. : A l’Assemblée générale elle-même, c’était un thème évoqué dans la plupart des interventions, mais sans plus. En revanche, il y a nombre d’événements annexes sur le sujet, dont par exemple le « One Planet Summit ». Et ils ont d’autant mieux marché qu’ils n’engagent à rien.

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Florent : Depuis la France, on a le sentiment que Macron est « le représentant du monde libre », tel que les Etats-Unis l’incarnaient auparavant. Est-ce réellement le cas ?
M.Se. : En partie oui, même si dans la pensée macronienne, c’est l’Europe, une Europe qui doit prendre conscience de sa puissance, qui serait à même de jouer pleinement ce rôle à un moment de grand repli américain.
paul : La solution proposée concernant les marchés avec l’Iran pour les investisseurs étrangers, en mettant en place une plate-forme, est-elle viable, avec l’attitude des Etats-Unis et leur politique qui prône son exclusion ? Y a-t-il une vraie garantie que ces sociétés ne soient pas pénalisées et « blacklistées » par les Etats-Unis ?
M.Se. : Aucune, et c’est bien ça le problème. Car même si un mécanisme permettait aux sociétés européennes de commercer avec l’Iran sans tomber sous les foudres de la justice américaine, Washington peut très bien, de fait, établir des « listes noires », et d’ailleurs Trump a clairement dit au Conseil de sécurité que les pays ou les sociétés qui continueraient les affaires avec Téhéran malgré les sanctions américaines « subiraient de très lourdes conséquences ». Aucune grande société, si elle a à choisir entre le marché américain et le marché iranien, n’hésitera une seconde.
goun : Je suis élève en 1re ES et j’aimerais savoir quel est le but de cette Assemblée générale…
M.Se. : Bonne question. Rappeler que l’ONU existe. C’est surtout symbolique, mais en diplomatie, comme d’ailleurs en politique, le symbole et le magistère de la parole sont importants.
Lectrice : On a beaucoup parlé Iran, Corée du Nord et prolifération. Mais les vrais sujets n’étaient-ils pas la Syrie, le Yémen, la Birmanie ? Quid de ces sujets dans le discours d’Emmanuel Macron ? N’est-ce pas la preuve criante d’une diplomatie en panne ?
M.Se. : Ce sont de vrais sujets effectivement, mais pas plus que l’Iran ou la Corée du Nord. La Syrie a été beaucoup évoquée, aussi bien à la tribune que lors de la réunion du Conseil de sécurité sur la non-prolifération, dont celle des armes chimiques. Il y a eu des réunions sur la Birmanie. Le grand absent, qui n’a été évoqué qu’en creux, est effectivement le Yémen, parce que ni les Américains, ni les Britanniques, qui sont à la manœuvre, ni l’Arabie saoudite, maître d’œuvre de la guerre contre les houthistes soutenus par Téhéran, ne souhaitent que l’on mette trop les projecteurs sur ce qui aujourd’hui – avec la Syrie – la pire tragédie humanitaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ La campagne électorale pour les scrutins des 7 et 28 octobre se déroule sur fond de violence, devenue la préoccupation des Brésiliens. La guerre des gangs, l’insécurité, la crise sociale et la corruption des partis ont favorisé la popularité des méthodes dures prônées par les militaires et l’extrême droite. Depuis l’explosion de cette guerre des gangs, les balles fusent. C’est une bataille sans merci, où celui qui n’est pas un « frère » est un « ennemi », abattu de sang-froid.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ 
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<filnamedate="20180928"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180928"><AAMMJJHH="2018092819">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Des millions de personnes ont suivi en direct les auditions télévisées du candidat de Trump à la Cour suprême et de l’une des femmes qui l’accusent d’agression sexuelle.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Auditions pour la Cour suprême : comment les Américains ont suivi les témoignages de Ford et de Kavanaugh

Des millions de personnes ont suivi en direct les auditions télévisées du candidat de Trump à la Cour suprême et de l’une des femmes qui l’accusent d’agression sexuelle.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 16h31
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 17h36
   





                        



Et soudain, le pays s’est arrêté. Durant près de neuf heures, jeudi 27 septembre, des millions d’Américains sont restés rivés à un écran de télévision, de téléphone portable ou d’ordinateur. Ils ont regardé, en direct, les auditions devant la commission des affaires judiciaires de Christine Blasey Ford et de Brett Kavanaugh, candidat à la Cour suprême américaine, accusé par la première d’agression sexuelle en 1982. « Ces auditions ont fasciné les Américains comme peu d’événements de l’histoire récente », écrit le Washington Post.
Que ce soit dans un avion, à Wall Street, à l’hôpital, dans des bars ou dans le métro, les Américains, républicains comme démocrates, ont suivi ce moment historique. Beaucoup n’ont pu retenir leurs larmes devant le témoignage de Mme Ford, enseignante en psychologie de 51 ans, qui a détaillé devant les juges l’agression sexuelle dont elle dit avoir été victime lors de son adolescence, au cours d’une soirée arrosée. Avec, dans tout le pays, cette même question et ce même doute : qui, de Mme Ford ou de M. Kavanaugh, qui a nié catégoriquement les faits dont il est accusé, dit la vérité ?

Couple listening to the #KavanaughHearings on the uptown 1 train @wnyc https://t.co/yNiBtGr5zO— aronczyk (@Amanda Aronczyk)


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« Un couple écoutant l’audition de Kavanaugh dans le métro à New York. »

Chemo with Kavanaugh...
— leannaelrod (@Leanna Elrod)


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« Une chimio avec Kavanaugh. Bravo à l’hôpital Emory pour ses équipements modernes. »

Across the world, people are watching the Kavanaugh-Ford hearing, and this includes passengers on airplanes. Here's… https://t.co/LxMY8Bp7Tt— AC360 (@Anderson Cooper 360°)


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« Partout dans le monde, les gens regardent l’audience Kavanaugh-Ford, y compris les passagers des avions. Voici la vue à bord du vol JetBlue 415 de New York à San Francisco. »
Libération de la parole
« Les gens écoutaient sur leur téléphone, dans le métro et les salles d’attente des médecins. La Bourse de New York s’est calmée. Les couloirs du Capitole se sont vidés. Au ministère du logement et de l’urbanisme, tant de gens ont regardé le témoignage de Ford dans leur bureau que le service informatique a averti qu’ils pouvaient saturer le réseau », raconte encore le Washington Post.

.@pennlaw intently watching the Senate Judiciary Committee hearing as Dr. Blasey Ford testifies re: sexual assault… https://t.co/OCCK7E5vl2— anita_oh (@Anita Oh)


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Les étudiants de l’université de droit de Pennsylvanie en train de regarder l’audition.

@NancyPelosi @marcywriter I’m watching from the basement of Hart. Lots of applause for Ford and one lone soul clapp… https://t.co/QwEWLKSKwW— mgshn (@Bob Tobias)


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« Je la regarde chez Hart [centre commercial]. Beaucoup d’applaudissements pour Ford et une seule personne a applaudi Grassley [sénateur républicain américain]. »
Pour de nombreux médias américains, ces auditions ont permis à tout un pays de débattre des violences sexuelles, près d’un an après les premières révélations visant le producteur Harvey Weinstein, qui ont déclenché la libération de la parole des femmes et donné naissance au mouvement #MeToo. Durant les interruptions de séance, jeudi, la chaîne parlementaire C-SPAN a notamment diffusé des appels de téléspectatrices racontant les agressions sexuelles qu’elles avaient subies. Des souvenirs que le témoignage de Christine Blasey Ford a fait resurgir :
« Une arrière-grand-mère de 76 ans a pleuré en se rappelant avoir été molestée en deuxième année [correspondant à l’école élémentaire] par un élève de septième année [niveau collège], raconte le Wall Street Journal. Regarder les auditions, dit-elle, “ravive tellement de douleur”. Elle pensait en avoir fini avec ça, mais elle a pris conscience jeudi que ça n’était pas le cas. »

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Du niveau des auditions du Watergate ou d’O. J. Simpson
Pour le New York Times, l’audition de Mme Blasey Ford et de M. Kavanaugh est à mettre sur le même plan que celles « du Watergate, du procès d’O. J. Simpson et d’Anita Hill [qui avait accusé en 1991 le juge Clarence Thomas, candidat de George H. W. Bush à la Cour suprême, de harcèlement sexuel]. L’histoire politique s’est déroulée en temps réel. »
Des journalistes du quotidien se sont invités chez des citoyens à Colorado Springs, à Plymouth ou à Morrisville pour vivre avec eux cette audition hors du commun. Les Américains « espéraient voir enfin un portrait plus complet de la Dre Blasey […], qui était connue depuis des jours par une photo floue qui la montrait souriante, plus heureuse. […] Ils ont regardé ce que pourrait devenir le juge Kavanaugh, et s’il allait bientôt accéder à l’une des positions les plus puissantes du pays », racontent-ils.
De son côté, le président des Etats-Unis a regardé le témoignage de Mme Blasey Ford dans l’avion Air Force One qui le ramenait de New York, où il avait assisté à l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies. Il a ensuite suivi l’audition de M. Kavanaugh à la Maison Blanche. Et alors que les Américains ont débattu toute la journée de la véracité des propos des deux protagonistes, Donald Trump a lui fait son choix : il a confirmé dans un tweet son plein soutien au juge Kavanaugh.

Judge Kavanaugh showed America exactly why I nominated him. His testimony was powerful, honest, and riveting. Democ… https://t.co/RYPP0I2x7P— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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« Le juge Kavanaugh a montré à l’Amérique exactement pourquoi je l’avais nommé. Son témoignage était puissant, honnête et fascinant. La stratégie de recherche et de destruction des démocrates est honteuse et ce processus a été une imposture et un effort total pour retarder, entraver et résister. Le Sénat doit voter ! »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ A l’initiative de l’écrivaine tunisienne Fawzia Zouari et soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie s’est réuni, pour la première fois, à Orléans, du 26 au 28 septembre, le Parlement des écrivaines francophones, dont nous publions le manifeste.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Manifeste du Parlement des écrivaines francophones : « Liberté, égalité, féminité »

A l’initiative de l’écrivaine tunisienne Fawzia Zouari et soutenu par l’Organisation internationale de la francophonie s’est réuni, pour la première fois, à Orléans, du 26 au 28 septembre, le Parlement des écrivaines francophones, dont nous publions le manifeste.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 17h01
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Le Parlement des écrivaines francophones







                        



   


Tribune. Nous, écrivaines francophones, réunies ce 28 septembre à Orléans pour notre première session parlementaire, avons décidé de parler ensemble, d’une seule voix et dans la même langue. Parce que nous sommes souvent questionnées et que nous n’arrivons pas à répondre, parce que d’autres parlent à notre place, parce que nous avons envie d’être écoutées, sur nous-mêmes, sur notre propre sort, sur le monde où nous vivons et qui n’est pas si tendre avec nous. Nous voulons sortir du silence, et puisque nous disposons du pouvoir des mots, nous nous arrogeons cette parole collective et ce droit de regard sur une histoire qui continue de se faire sans nous.
Ecrire est notre passion, notre métier, mais cela ne peut être le lieu de nos solitudes, de notre enfermement. Ecrire est une demeure dont nous ouvrons les fenêtres sur la planète entière. Nous voulons sortir de la nuit de Shéhérazade pour nous affirmer à la lumière du jour.

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Notre littérature n’est pas, comme on l’insinue souvent, une littérature qui se complaît dans le subjectivisme et les larmes, même si elle répugne à être une politique ou une idéologie. Notre littérature est notre voix du monde. Notre choix du monde. Combative et sereine. Décidée et généreuse. Qui se joue des imaginaires. Une littérature de toutes les enfances et de toutes les filiations, une littérature qui se réclame rarement de la norme spécifique. L’Humain et sa mesure.
Oui, il y a bien une littérature réinventée au féminin, qui entend être au rendez-vous de l’Histoire et engagée dans les batailles, toutes les batailles. Celle qui consiste d’abord à affirmer la solidarité des écrivaines entre elles et ne craint pas de parler de « sororité ».
Nous voulons nous opposer aux guerres
Nous voulons créer un réseau d’écrivaines, encourager et marrainer les plus jeunes d’entre nous. Tout tenter pour pousser à lire et à écrire.
Nous voulons aussi faire en sorte que toute femme ou homme de plume puisse ne pas subir la répression, les intimidations, les fatwas en tout genre. L’impossibilité de traverser les frontières.
Nous voulons nous opposer aux guerres. Toutes les guerres. A commencer par celles visibles ou insidieuses, voilées ou à découvert, dirigées contre les femmes : le patriarcat sous toutes ses formes, le viol, le harcèlement, les mutilations génitales, les féminicides, les violences conjugales (sept femmes en meurent chaque jour au Mexique, deux en Argentine et une tous les trois jours en France). Preuve que le corps des femmes reste, au Nord comme au Sud, un enjeu de pouvoir et un théâtre de conflit. Preuve que le contrôle de la sexualité féminine reste le mot d’ordre de toutes les religions. Quand il ne s’agit pas de l’assigner à la marchandisation et aux usages publicitaires dégradants.

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Guerre contre la guerre. Celle dont les civils sont les premières cibles. Motivée par des luttes de pouvoir et des idéologies assassines. Nous combattrons le terrorisme, le djihadisme, les populismes, les discours de haine, les extrémismes religieux et le rejet de l’autre. Et tout ce qui s’en suit : ces populations errantes, perdues, accrochées aux fils de barbelé, entassées sur des bateaux de fortune parce que leurs pays leur ont refusé la perspective d’un avenir, parce que l’Europe ne leur a laissé pour perspective que d’échouer sur ses côtes comme des poissons morts.
N’oublions pas cette phrase de Sophocle : « Quand la guerre sera l’affaire des femmes, elle s’appellera la paix ! » Pourquoi ? Parce que chaque femme consciente et libre est un danger pour les dictatures. Parce que chaque femme qui traverse une frontière réhabilite la parole sur l’altérité.
Nous débarrasser des litiges du passé
Ces temps de violences et de replis ont lieu sur fond d’une planète qui s’affole et d’une nature à l’épreuve de la globalisation, de l’industrialisation à outrance, du consumérisme et de la pollution. Nous disons, nous les femmes, que le combat de l’environnement est notre combat. Que la Terre est notre seul véritable pays. Celui que nous voulons transmettre à nos enfants.
Nous disons tout cela, ensemble, dans une seule langue : le français. Nous n’en avons pas honte. Nous n’avons pas de complexe à nous exprimer dans ce qui n’est plus seulement la langue de Molière. Au contraire : nous voulons renouveler voire refonder le discours sur le français. Rompre avec la terminologie de guerre — « butins » et « langue du colonisateur » — et nous débarrasser des litiges du passé. Nous faisons de cette langue notre enfant légitime.
Nous lui apprendrons à dire nos origines, nos parcours, les causes qui nous tiennent à cœur. Nous lui apprendrons à moduler le chant de ses phrases sur les berceuses de nos mères, et cette langue dont nous userons en ce qu’elle a de plus noble et de plus juste et de plus universel nous dira. Elle en profitera pour rester en mouvement, pour élargir son territoire d’hospitalité, pour rajeunir à la source de nos métissages.
Mais nous ne serons pas là que pour pointer les déséquilibres et détecter les tragédies. Nous voulons redonner au monde sa belle voix, ancrée dans l’espoir et soucieuse des générations futures. Retisser ses liens sociaux et réhabiliter ses traditions de convivialité. Impulser une modernité qui aurait cet attribut féminin de savoir réguler les différences et les différends.
Nous rêvons ? Eh bien tant mieux ! Parce que le jour où les femmes ne rêveront plus, ce sera le plus grand cauchemar pour les Hommes. Rêvons ! Et faisons en sorte que nos rêves s’achèvent dans une raison du monde. Par notre voix s’édifie la seule civilisation qui vaille à nos yeux : la civilisation universelle.
Les signataires : Marie-Rose Abomo-Maurin, Maram Al-Massri, Marie-José Alie-Monthieux, Ysiaka Anam, Dalila Azzi Messabih, Safiatou Ba, Linda Maria Baros, Emna Bel Haj Yahia, Nassira Belloula, Maïssa Bey, Lila Benzaza, Lamia Berrada-Berca, Sophie Bessis, Tanella Boni, Hemley Boum, Dora Carpenter-Latiri, Nadia Chafik, Chahla Chafiq, Sonia Chamkhi, Miniya Chatterji, Aya Cissoko, Catherine Cusset, Geneviève Damas, Zakiya Daoud, Bettina de Cosnac, Nafissatou Dia Diouf, Eva Doumbia, Suzanne Dracius, Alicia Dujovne Ortiz, Sedef Ecer, Charline Effah, Lise Gauvin, Laurence Gavron, Khadi Hane, Flore Hazoumé, Monique Ilboudo, Françoise James Ousénié, Fabienne Kanor, Fatoumata Keïta, Liliana Lazar, Sylvie Le Clech, Catherine Le Pelletier, Tchisseka Lobelt, Kettly Mars, Marie-Sœurette Mathieu, Madeleine Monette, Hala Moughanie, Cécile Oumhani, Emeline Pierre, Gisèle Pineau, Emmelie Prophète, Michèle Rakotoson, Edith Serotte, Leïla Slimani, Aminata Sow Fall, Elizabeth Tchoungui, Audrée Wilhelmy, Hyam Yared, Olfa Youssef, Fawzia Zouari.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ L’organisation Privacy International a obtenu devant un tribunal spécial les aveux du MI5, du MI6 et du GCHQ sur la collecte d’informations confidentielles la concernant.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Le MI5 britannique avoue avoir espionné illégalement une ONG

L’organisation Privacy International a obtenu devant un tribunal spécial les aveux du MI5, du MI6 et du GCHQ sur la collecte d’informations confidentielles la concernant.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h57
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 16h10
   





                        



   


C’est une deuxième déconvenue en moins de quinze jours pour le renseignement britannique. Le 26 septembre, la Commission des pouvoirs d’enquête, seule institution habilitée à recevoir les plaintes visant les agences de renseignement dans le pays, a considéré comme « illégales » les collectes d’information sur l’association Privacy International, avouées devant le même tribunal par le MI5 (renseignement intérieur), le MI6 (renseignement extérieur) et le GCHQ (service des renseignements électroniques).
Le 13 septembre, la Cour européenne des droits de l’homme avait par ailleurs condamné le Royaume-Uni pour violations de la vie privée et de la liberté d’expression, sans juger de l’existence même d’un système de surveillance massive dans le pays, mais en soulignant le manque de garanties juridiques suffisantes pour protéger les citoyens et les journalistes.
Au centre de ces décisions de justice, deux types d’informations collectées par les programmes de surveillance. Les renseignements britanniques ont d’abord avoué, en mars 2015, intercepter massivement les métadonnées des communications passées au Royaume-Uni — par exemple, la durée d’un appel téléphonique, l’identité de l’appelant et de son interlocuteur, la géolocalisation du téléphone, mais pas la discussion en elle-même.
Au mois de novembre 2015, le MI5, le MI6 et le GCHQ ont rendu public le fait que le contenu des communications passées par le réseau téléphonique et Internet était également intercepté — pendant plus de dix ans, cette surveillance était même inconnue des parlementaires britanniques.

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Dès le mois de juin de la même année, l’ONG Privacy International, spécialisée dans la protection des données personnelles et la défense des libertés numériques, a déposé un premier recours devant la Commission des pouvoirs d’enquête britannique pour tenter de prouver, judiciairement, la portée de ces écoutes.
La décision du 26 septembre résulte de l’un de ces recours. Sans donner de détails sur les informations collectées, les agences ont reconnu la collecte et la conservation de métadonnées et de données concernant Privacy International. Le MI5 et le MI6 les ont conservées jusqu’en 2015, le GCHQ jusqu’en 2016. Mais si les deux dernières agences n’ont fait que collecter les données sans en inspecter le contenu, celles-ci ont été illégalement « examinées par des agents du renseignement intérieur britannique », le MI5, explique dans un communiqué Caroline Wilson Palow, membre de Privacy International.
L’absence de règles sur le temps de conservation et la suppression des données est également dénoncée par l’association — le MI5 a déclaré pour la première fois devant le tribunal avoir supprimé les données interceptées sur Privacy International le 24 septembre, soit la veille de la dernière audience. Aucune condamnation ni recommandation n’ont été prononcées par la cour, dans l’attente d’autres jugements sur le même recours.
« Est-ce qu’un tel espionnage, si bien qu’il soit autorisé, ne devrait pas être encadré par les garde-fous les plus stricts ? », s’est demandée l’ONG, qui voit cette étape comme une reconnaissance importante de la surveillance massive des communications. Son directeur, Gus Hosein, a envoyé une lettre au ministre de l’intérieur, Sajid Javid, pour lui demander des explications détaillées sur les données conservées sur l’association, et de prendre des mesures pour « s’assurer que des ONG travaillant à l’intérêt général ne soient pas l’objet d’une surveillance illégale de la part des services de renseignement ».

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Entretien

Foot africain : « La CAF prendra sa décision pour la CAN 2019 après la présidentielle camerounaise »

Le président de la Confédération africaine de football revient sur les nombreux défis de l’organisation, dont l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations 2019.

Propos recueillis par                                            Alexis Billebault (contributeur Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-09-28T15:31:42+02:00"

        Le 28.09.2018 à 15h31






    
Le président de la Confédération africaine de football, au Caire, le 22 avril 2018.
Crédits : KHALED DESOUKI / AFP


Président de la Confédération africaine de football (CAF) depuis mars 2017, le Malgache Ahmad Ahmad est un homme qui gère des dossiers brûlants : la future Coupe d’Afrique des nations (CAN) prévue au Cameroun, l’indispensable professionnalisation du football africain, la réforme de l’instance qu’il dirige, l’échec des sélections du continent à la Coupe du monde en Russie. Il revient sur tous ces points pour Le Monde Afrique alors qu’un comité exécutif de la CAF est en train, vendredi 28 septembre, d’éplucher au Caire le rapport d’audit sur l’avancement des travaux au Cameroun en vue de la Coupe d’Afrique des nations en 2019.
Que va-t-il sortir du comité exécutif de la CAF ? Il ne se passe pas une semaine sans que l’organisation de la CAN au Cameroun ne soit remise en cause…
Ahmad Ahmad En août, une commission technique de la CAF et une société d’audit ont passé plusieurs jours au Cameroun pour une visite d’inspection. La CAF n’effectuera aucune communication quant à la décision qui sera prise avant la présidentielle camerounaise du 7 octobre. Nous ne voulons pas perturber la campagne. En 2017, la CAF avait attendu la fin de la présidentielle au Kenya pour annoncer sa décision de lui retirer l’organisation du Championnat d’Afrique des nations [CHAN]. Ce n’est pas moi qui vais décider seul si le Cameroun peut organiser ou non la compétition. Nous ne sommes plus dans un système de gouvernance dictatorial, où toutes les décisions étaient prises par une personne. A la CAF, il y a des compétences, des experts. Les décisions sont prises de façon collégiale.

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Le Maroc est souvent présenté comme l’unique recours en cas de défaillance du Cameroun…
Oui, mais pourquoi ne parle-t-on pas de l’Afrique du Sud ou de l’Egypte ? Ces pays disposent de toutes les infrastructures nécessaires.
La CAN à vingt-quatre équipes ne risque-t-elle pas de limiter le nombre de pays capables de l’organiser ?
Il ne faut pas voir les choses ainsi. Beaucoup de pays veulent accueillir la CAN. L’organisation de cet événement peut permettre à des Etats de moderniser ses infrastructures sportives bien sûr, mais pas seulement : ses transports, hôpitaux, communications. Une CAN à vingt-quatre, c’était une volonté des acteurs du football africain. Il y a un cahier des charges précis. Les pays candidats sont au courant des exigences. Quand il y a une volonté, on peut faire de grandes choses.
Récemment, des incidents, parfois mortels, ont été recensés dans des stades en Gambie, à Madagascar et en Angola. Comment mieux lutter contre ces problèmes de sécurité ?
La CAF est là pour aider les fédérations qui organisent des matchs. On peut envoyer des experts, des bénévoles, mais elle ne peut pas tout faire. J’ai été choqué par les événements que vous avez cités. L’organisation des matchs demande beaucoup de rigueur et certains Etats doivent moderniser leurs stades. Sinon, il y aura un football africain à deux vitesses alors que c’est une véritable passion en Afrique. Le sport, et le foot en particulier, est un levier important pour l’éducation, pour la jeunesse, pour l’économie. J’ai été sensible à l’idée d’Emmanuel Macron, qui souhaite financer des projets sportifs en Afrique via une plate-forme. Nous avons des contacts avec la Banque mondiale, l’Agence française de développement [AFD] notamment.

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Qu’en est-il de votre souhait de professionnaliser le football africain ?
Ce n’est pas un souhait, c’est une obligation ! Un passage nécessaire pour le rendre plus compétitif. Il faut que les championnats professionnels se mettent en place dans le plus grand nombre de pays. Le Sénégal, la Côte d’Ivoire, les pays d’Afrique du Nord, l’île Maurice, l’Afrique du Sud l’ont fait. Globalement, cela fonctionne bien. Il faut que les championnats se déroulent de manière régulière. Mais dans certains pays, les championnats n’ont pas de statut professionnel, alors que les joueurs vivent à 100 % du football. Et certains peuvent en profiter pour quitter un pays sans en avertir les dirigeants. Il faut donc que les choses soient plus structurées : des championnats plus forts, des joueurs avec un vrai statut, de meilleures infrastructures, des dirigeants et des entraîneurs mieux formés. Dans ces conditions, les footballeurs seront moins tentés par l’exil et le niveau sera plus relevé.
Comment expliquez-vous l’échec des sélections africaines lors de la Coupe du monde ?
Le talent n’est pas toujours suffisant. Aucune équipe n’a passé le premier tour, mais il y a eu de bonnes choses malgré tout. Ce n’est pas un échec total. Mais il est vrai que les sélections africaines ont encaissé trop de buts en fin de match. Un match, c’est quatre-vingt-dix minutes, plus le temps additionnel. Je pense qu’il faut améliorer les préparations mentale et physique. Il faut aussi davantage de stabilité. Changer trop souvent de sélectionneur n’est pas une bonne solution.
Lors la Coupe du monde, la France a été présentée par certains comme la sixième équipe africaine de la compétition. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
J’ai été étonné. Il y a des joueurs français d’origine africaine, c’est vrai, mais ils sont nés en France, qui est une ancienne puissance coloniale. Cela fait longtemps qu’il y a des joueurs d’origine africaine chez les Bleus. Pourquoi toujours chercher des polémiques ? Et souvent, ceux qui tiennent de tels propos sont persuadés de connaître l’Afrique, alors qu’ils n’y vont qu’une fois par an en vacances. Moi qui suis africain et vis sur le continent, je n’ai pas la prétention de le connaître parfaitement. Il est tellement vaste, il y a tellement de cultures, de diversité. C’est un continent complexe.

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Quel mode de gouvernance voulez-vous incarner ? Avez-vous des contacts avec votre prédécesseur, Issa Hayatou ?
J’ai voulu faire de la CAF une institution démocratique, où tout ne dépend plus d’un seul homme. Il existe en interne différentes commissions et toutes sont très actives. Le partage des responsabilités, y compris les miennes, est une évidence. Il faut échanger, écouter. J’ai remarqué, après avoir pris mes fonctions, que des dirigeants du football africain attendaient les instructions d’en haut. Je veux au contraire qu’ils anticipent, proposent, émettent des avis. Sinon, je n’ai eu aucun contact depuis mon élection avec mon prédécesseur alors qu’il avait déclaré être prêt à m’aider. Je ne le regrette pas. Chacun a son mode de fonctionnement. La seule fois où il a parlé de moi, c’était après que j’ai regretté, en août 2017, l’inertie du Cameroun à propos des travaux en vue de la CAN 2019.
Vous avez été sénateur et ministre à Madagascar. Envisagez-vous de refaire de la politique quand vous ne serez plus président de la CAF ?
Je me concentre sur mon mandat actuel. Ce dont j’ai envie, pour l’avenir, c’est de rentrer chez moi, à Mahajanga, et d’être utile pour ma ville. C’est un projet que j’avais déjà bien avant mon élection à la CAF. Je ne sais pas encore de quelle manière, mais j’aimerais jouer un rôle actif à Mahajanga. Il y a beaucoup à faire.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Alors que le Panama vient de retirer son pavillon au navire humanitaire, un collectif qui compte dans ses rangs Daniel Cohn-Bendit, Juliette Méadel et Pierre Rosanvallon appelle l’Etat français à lui en octroyer un. Ne pas le faire reviendrait à se rendre coupable du crime de non-assistance à personne en danger.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

« La France doit accorder son pavillon à l’“Aquarius” »

Alors que le Panama vient de retirer son pavillon au navire humanitaire, un collectif qui compte dans ses rangs Daniel Cohn-Bendit, Juliette Méadel et Pierre Rosanvallon appelle l’Etat français à lui en octroyer un. Ne pas le faire reviendrait à se rendre coupable du crime de non-assistance à personne en danger.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 15h20
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 16h01
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                            Collectif








                        



   


Tribune. Depuis dimanche 23 septembre, l’Aquarius a perdu son pavillon. Le navire humanitaire affrété par les deux ONG Médecins sans frontières (MSF) et SOS Méditerranée n’aura donc plus le droit de circuler en mer. S’il n’obtient pas un autre pavillon, il ne sera plus autorisé à remplir sa mission : sauver des hommes, des femmes et des enfants qui se noient.
Rappelons que l’obligation de prêter assistance aux personnes en situation de détresse en mer n’est pas une œuvre de bienfaisance : c’est une obligation légale définie par plusieurs traités internationaux sur le droit de la mer, dont au moins quatre conventions des Nations unies.

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                « Aquarius » : « Le droit européen prévoit une obligation de coopération loyale dans l’organisation du sauvetage en mer, mais aussi du débarquement »



Pour mémoire, la Convention des Nations unies de 1982 sur le droit de la mer, la Convention internationale de 1974 pour la sauvegarde de la vie humaine en mer, la Convention Internationale de 1989 sur l’assistance, celle de 1979 sur la recherche et le sauvetage maritimes et les directives du Comité maritime de sécurité (MSC) de l’Organisation maritime internationale (IMO) de 2006.
Un prétexte juridique fallacieux
Ces conventions s’imposent donc à l’ensemble des pays européens et des pays membres de l’ONU. En retirant son pavillon à l’Aquarius, le Panama s’est rendu coupable de complicité de non-assistance à personne en danger puisqu’il prive l’Aquarius du droit de remplir une obligation supérieure consacrée par le droit des traités internationaux.
Pourquoi le Panama a-t-il retiré à l’Aquarius son pavillon ? Parce que l’Italie de Salvini s’est plainte de ce que « le navire a refusé de ramener les migrants et réfugiés secourus à leur lieu d’origine ». Or, le droit international ne prévoit pas une reconduite des personnes secourues dans leur lieu d’origine mais bien au contraire un débarquement dans un lieu protégé pour préserver les survivants.

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En effet, prendre des personnes à bord dans le cadre d’une opération de sauvetage ne consiste pas à savoir si parmi les survivants il y a des personnes susceptibles d’obtenir une protection internationale au titre du droit d’asile. Un bateau n‘est pas un espace approprié pour examiner une demande d’asile et un capitaine n’est pas formé pour ce faire. Cette obligation relève uniquement des autorités étatiques.
Donc la responsabilité unique de l’Aquarius, c’est le sauvetage en mer et c’est le débarquement des survivants dans un « lieu sûr » c’est-à-dire un endroit où la vie des survivants n’est plus en danger, où tous leurs besoins fondamentaux seront satisfaits : eau, alimentation, hébergement et assistance médicale. L’Aquarius n’était donc nullement en situation irrégulière : ce prétexte juridique est fallacieux. Il montre que le débat n’est pas, hélas, de nature juridique mais éminemment politique. Le droit est utilisé contre lui-même pour justifier une décision politique inique : abandonner des naufragés en mer.
Allons-nous continuer à regarder ailleurs ?
La décision du Panama n’est pas surprenante. Que peut-on attendre d’un paradis fiscal qui abrite les circuits financiers mafieux les plus occultes ? Le silence des pays européens, et de la France en particulier, l’est nettement plus.
Aujourd’hui, personne n’a proposé à l’Aquarius de lui octroyer un pavillon. Or, ne pas donner à l’Aquarius un nouveau pavillon, c’est accepter de laisser mourir sous nos yeux les naufragés ; c’est violer les conventions internationales, c’est se rendre coupable du crime de non-assistance à personne en danger. C’est trahir ce que nous fûmes quand nos ancêtres se battaient pour les droits de l’homme et pour la protection des plus fragiles.

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                « Le seul et unique objectif de l’“Aquarius” est de sauver des vies en mer »



Au moins 3 120 migrants sont morts en 2017 en tentant de passer en Europe via l’une des trois principales routes de la Méditerranée, et les passages les plus dangereux sont ceux qui transitent par la Libye. Il est loin le temps où la France pleurait à l’image du corps sans vie du petit Aylan, bébé de trois ans échoué sur les côtes méditerranéennes. Pourtant, c’était il y a trois ans à peine. Que sommes-nous devenus ? Qui sommes-nous en train de devenir ? Allons-nous continuer à regarder ailleurs ? Jusqu’à quand pourrons-nous supporter l’inertie de ceux des gouvernements européens qui se réfugient derrière la montée du nationalisme pour justifier la plus indécente des couardises ?
Qui mieux que la France peut aujourd’hui prendre l’initiative d’un soutien aux opérations de sauvetages des naufragés ?
La France vient de déclarer qu’elle prendrait sa part des cinquante-huit réfugiés présents sur l’Aquarius qui a accosté à Malte. C’est déjà ça, mais il faut aller plus loin.
Nous devons être précurseurs et visionnaires
La France doit donc accorder son pavillon à l’Aquarius. Elle doit d’autant plus le faire qu’elle ne dispose pas d’une marine nationale, et encore moins européenne, dédiée au sauvetage des naufragés en mer. Octroyer son pavillon à l’Aquarius ne mettra aucune obligation supplémentaire à la charge de la France et ne fera pas d’elle la seule responsable de l’accueil des naufragés.

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                Daniel Cohn-Bendit : « L’Europe n’a pas de stratégie sur la question migratoire »



En revanche, sur le terrain politique et pour l’avenir, cela la positionnera à l’avant-garde du progressisme en Europe pour impulser un accord de partage des migrants naufragés avec ses principaux partenaires européens. Et à ceux qui craignent la « submersion », rappelons les chiffres : depuis 2015, le nombre de réfugiés accueillis par sauvetage en mer en Europe ne dépasse pas quelques milliers !
Il est grand temps que le noyau dur des pays européens avec lesquels nous partageons l’essentiel se constitue et se renforce. Si nous ne sommes plus capables de trouver, avec nos partenaires européens, les moyens d’accueillir les quelques milliers de réfugiés alors nous ne sommes même plus à la hauteur de notre histoire et de notre identité européenne.
Nous sommes historiquement la patrie des droits de l’homme, celle du siècle des Lumières. Nous ne sommes pas seuls : l’Espagne, le Portugal et l’Allemagne sont de notre côté. Dans l’obscurité qui vient, nous devons être précurseurs et visionnaires, pour défendre l’essentiel avant qu’il ne soit trop tard.
Les signataires : Juliette Méadel, ancienne ministre, enseignante à Science Po ; François Héran, professeur au Collège de France ; Philippe Aghion, professeur au Collège de France ; Daniel Cohn-Bendit ; Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France ; Barbara Pompili, députée LRM de la Somme ; Caroline Fourest, essayiste, réalisatrice ; Olivier Duhamel, professeur émérite à Science Po ; Romain Goupil, cinéaste ; Alain Madelin, ancien ministre, économiste ; Sébastien Nadot, député LRM de la Haute-Garonne ; Philippe Lelièvre, metteur en scène et comédien ; Pierre-Michel Menger, professeur au Collège de France ; Arnaud Poissonnier, expert « Le financement participatif pour entreprise » ; Yves Blein, député LRM du Rhône ; Julien Sérignac, magistrat ; Hugo Saada, expert en relations internationales ; Isabelle Lefort, professeur à Science Po ; Florence Bonetti, conseil en stratégie et communication.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Marc Semo, journaliste chargé de la diplomatie, répond actuellement à vos questions.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ La campagne électorale brésilienne pour les scrutins des 7 et 28 octobre se déroule sur fond de violence. La guerre des gangs, l’insécurité, la crise sociale et la corruption des partis politiques ont favorisé la popularité des méthodes dures prônées par les militaires et l’extrême droite.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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Brésil : la logique du « sang pour sang »

La campagne électorale brésilienne pour les scrutins des 7 et 28 octobre se déroule sur fond de violence. La guerre des gangs, l’insécurité, la crise sociale et la corruption des partis politiques ont favorisé la popularité des méthodes dures prônées par les militaires et l’extrême droite.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 14h44
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 16h44
    |

            Claire Gatinois (Natal, Rio Grande do Norte, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Montre tape-à-l’œil, chaîne en or, regard de truand, mais rire d’enfant, Joao Miguel (le nom a été modifié), 23 ans, est un caïd. Sur son torse est tatoué « RN », signe de son appartenance au Sindicato do crime do Rio Grande do Norte (« Syndicat du crime du Rio Grande do Norte »), le gang né dans cet Etat du Nordeste brésilien. Vedette locale, le jeune homme a déjà tué trois membres du Primeiro comando da capital (« Premier commando de la capitale », PCC), bande rivale et plus grande organisation criminelle au Brésil. Sourire en coin, il atteste de ses prouesses en exhibant son biceps tatoué : un spectre y enlace trois croix. Ses trois meurtres.
A un âge où d’autres pensent à fonder une famille, Joao Miguel ne pense qu’à la mort. « S’ils me trouvent, je suis… [il mime une gorge coupée] Si je les croise, je les tue ! », résume-t-il, attablé dans un restaurant au dernier étage d’un centre commercial de Natal, capitale du Rio Grande do Norte, où il nous a donné rendez-vous.

Depuis l’explosion de cette guerre des gangs, les balles fusent. C’est une bataille sans merci, où celui qui n’est pas un « frère » est un « ennemi », abattu de sang-froid. Ces affrontements ont propulsé le Rio Grande do Norte en tête des Etats les plus violents du Brésil. Selon l’annuaire brésilien de la sécurité publique, 2 386 personnes y ont été victimes de mort violente en 2017. Un taux de 68 pour 100 000 habitants, soit un record dans ce pays où l’on tue toutes les dix minutes – des jeunes en majorité, noirs ou métis pour la plupart.
Joao Miguel est entré dans le « milieu » à 13 ans. De petits trafics en braquages, il empoche entre 10 000 et 15 000 reais (entre 2 000 et 3 000 euros au taux actuel) par mois, soit dix fois le salaire minimum. Assez pour une « belle vie » ponctuée de « fêtes et de whisky », jusqu’à un hold-up à main armée qui tourne mal. Joao Miguel a alors 18 ans, il est incarcéré au pénitencier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Symboles de soutien aux « prisonniers politiques » catalans, les rubans jaunes provoquent la colère des unionistes qui les décrochent des rues. Ces opérations donnent parfois lieu à des altercations avec les séparistes.
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En Catalogne, la guéguerre des rubans jaunes


                      Symboles de soutien aux « prisonniers politiques » catalans, les rubans jaunes provoquent la colère des unionistes qui les décrochent des rues. Ces opérations donnent parfois lieu à des altercations avec les séparistes.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 14h45
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                              

                        

Le rendez-vous a été donné à 1 heure du matin, lundi 24 septembre, sur l’application de messagerie WhatsApp. Le point de rencontre est le McDonald’s d’El Masnou, commune côtière située à environ vingt kilomètres au nord de Barcelone. Une quinzaine d’hommes et de femmes arrivent, sortent de leurs véhicules et enfilent une combinaison de « décontamination » intégrale, blanche, ainsi qu’un masque leur couvrant le nez et la bouche. Chacun prépare ses armes : cutters, perches équipées de cisailles, échelles et sacs-poubelle. Le coordinateur de l’opération, qui répond au prénom de Gabi, un vigile de 52 ans, indique enfin la destination finale, jusque-là maintenue secrète : Tiana, petite ville située à quelques kilomètres à l’intérieur des terres. Toute cette cérémonie surprenante, et un brin surréaliste, n’a qu’un objectif, épique : arracher les rubans jaunes, symboles de soutien aux « prisonniers politiques » et « exilés » catalans. A savoir les dirigeants nationalistes accusés de rébellion pour la tentative de sécession qui a secoué la Catalogne il y a tout juste un an. Leurs partisans ornent de ce nœud jaune les rues, les bâtiments publics et les arbres des villes et villages.
Un combat ubuesque pour l’espace public
Parmi les troupes du camp d’en face, ce groupe de volontaires se fait appeler la « brigade de nettoyage du Maresme », région englobant une trentaine de communes situées sur la côte, au nord de Barcelone. Sur WhatsApp, ils sont une cinquantaine de membres, âgés de 18 à 77 ans, aussi bien des hommes que des femmes, des informaticiens que des videurs, des fonctionnaires que des femmes au foyer. L’opération se déroule cette nuit-là sans incident, mis à part quelques insultes lancées par un vieil homme et la présence d’un petit nombre d’opposants venus les prendre en photo.

C’est « la guerre des rubans jaunes », comme l’a surnommée la presse espagnole, dont ce commando nocturne est un exemple. Ou plutôt la « guéguerre » des rubans,...




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Mal conçue, moche, malfamée, la gare routière de Tel-Aviv est sans doute l’édifice le plus décrié de la ville. Ce dédale interlope recèle pourtant des trésors cachés. Des lieux insolites qui montrent un autre visage d’Israël.
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La gare maudite de Tel-Aviv


                      Mal conçue, moche, malfamée, la gare routière de Tel-Aviv est sans doute l’édifice le plus décrié de la ville. Ce dédale interlope recèle pourtant des trésors cachés. Des lieux insolites qui montrent un autre visage d’Israël.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 14h10
    |

                            Claire Bastier (Jérusalem, correspondance)








                              

                        

Miki Ziv n’a pas un travail facile. La plupart du temps, il ne croise que des mécontents. Enfin, quand ils réussissent à parvenir jusqu’à lui. Car il s’est organisé pour ne pas être débordé. Sa secrétaire filtre les appels et ne laisse entrer les visiteurs qu’au compte-gouttes dans son bureau. Il peut colmater quelques brèches, mais que faire face à une cascade de récriminations ? Bonne figure, c’est déjà ça.
Voilà huit ans que cet ancien militaire aux cheveux rares et aux yeux rieurs est le directeur général de la gare routière de Tel-Aviv. Gérer une gare n’est jamais une sinécure. Et celle-là encore moins que tout autre.
Car cet immense bloc de béton de sept étages possède la particularité peu enviable d’être probablement le bâtiment le plus détesté des habitants de la ville. Trop laid, mal conçu, peu pratique, il doit également lutter contre sa réputation de coupe-gorge, certes exagérée, mais pas totalement usurpée.
Après plusieurs meurtres et viols, les faits divers sont devenus plus rares depuis cinq ans, se félicite Miki Ziv : la police multiplie les rondes, des caméras de surveillance ont été installées, ainsi que des portiques de sécurité aux entrées.
Sur un mur de son bureau, au cinquième étage de ce paquebot échoué dans le quartier populaire de Neve Sha’anan, dont il occupe un quart de la surface, le directeur a affiché les tout premiers plans de l’immeuble, dessinés en 1967.
Pour rappeler à ses visiteurs que la Tahana Merkazit Harishona (« la nouvelle gare centrale »), avant d’être honnie, fut un projet phare de la ville. Et qu’elle mérite au moins la compréhension que l’on accorde aux utopies, même lorsqu’elles ont échoué.
Un fleuron déchu
À l’époque où il a été pensé, cet édifice devait être la plus grande gare routière du monde et la tête de gondole de la modernité de Tel-Aviv. La porte d’entrée et de sortie de la cité, pour les voyageurs qui sillonnent le pays.
C’est un jeune architecte, devenu...




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le 21 septembre, des élections législatives étaient organisées en Eswatini, sans les partis politiques interdits depuis 1973. Le roi contrôle le Parlement et nomme les juges et les hauts fonctionnaires.
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Mswati III, monarque absolu et « escroc » bien aimé


                      Le 21 septembre, des élections législatives étaient organisées en Eswatini, sans les partis politiques interdits depuis 1973. Le roi contrôle le Parlement et nomme les juges et les hauts fonctionnaires.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 14h10
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)








                              

                        

Nhlanhla Thwala, 20 ans, y croit dur comme fer : « En 2022, notre pays ne sera plus du tiers-monde, mais du premier monde », annonce-t-il. C’est une promesse du roi. « Mswati est notre père. On le respecte énormément. S’il arrive là, tout de suite j’enlève mon chapeau et j’incline la tête », explique-t-il. Pourtant, ce jeune homme de Manzini, la plus grande ville du royaume d’Eswatini (ex-Swaziland), aurait toutes les raisons de lui en vouloir : comme un jeune sur deux dans ce petit pays d’Afrique australe, il est au chômage, a interrompu ses études faute d’argent, et « reste assis toute la journée à ne rien faire ».
Une fortune personnelle de 50 millions de dollars
Mswati III est le dernier monarque absolu d’Afrique. Le 21 septembre, le royaume de l’ex-Swaziland s’est bien rendu aux urnes pour élire ses députés. Mais difficile d’annoncer la couleur de la nouvelle Assemblée : depuis 1973, les partis politiques ont l’interdiction de participer aux élections. Dans cet ancien protectorat britannique, le roi nomme aussi une partie des députés, le gouvernement, les juges et les hauts fonctionnaires. La presse est muselée et les opposants persécutés.

A l’étranger, le « Lion de la nation » est surtout connu pour ses frasques, qui parfois amusent et souvent scandalisent. Polygame, il n’a pas encore battu le record de son père Sobhuza II, à qui il a succédé en 1986, qui comptait quelque 70 épouses. Mais chacune des 14 femmes de Mswati III a eu droit à un palace, financé par les deniers publics. Sa trentaine d’enfants étudient en Angleterre ou aux Etats-Unis, et lui-même se fait soigner à Taïwan. D’après le magazine Forbes, sa fortune personnelle atteignait en 2014 les 50 millions de dollars. Un train de vie opulent, immortalisé sur les réseaux sociaux, qui contraste avec la grande pauvreté dans laquelle son peuple s’enfonce.
Deux tiers de la population vivent avec moins de 2 dollars par jour, et, d’après...




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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La revue littéraire reconnaît des « erreurs qui ont mené à la publication » d’un texte d’un ex-animateur de radio canadien, Jian Ghomeshi, accusé de violences sexuelles. Le scandale a provoqué la démission du rédacteur en chef, Ian Buruma.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                
                                       
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#metoo ébranle la « New York Review of Books »


                      La revue littéraire reconnaît des « erreurs qui ont mené à la publication » d’un texte d’un ex-animateur de radio canadien, Jian Ghomeshi, accusé de violences sexuelles. Le scandale a provoqué la démission du rédacteur en chef, Ian Buruma.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 14h09
    |

                            Clémentine Goldszal








                              

                        

Alors que l’ouragan Florence achevait, la semaine passée, de dévaster le sud du continent nord-américain, une tempête d’un autre ordre ébranlait, elle, l’intelligentsia de la Côte est. Fondée en 1963, rendue incontournable par ses illustres collaborateurs, les écrivains et penseurs Susan Sontag, Zadie Smith, Noam Chomsky ou Gore Vidal, la New York Review of Books essuyait un gros grain qui s’est soldé, le 19 septembre, par la démission de son rédacteur en chef, Ian Buruma, 66 ans, nommé il y a tout juste un an.
« Je suis devenu un hashtag. […] Une de mes amies dit en rigolant que je devrais être reconnu comme le pionnier de #metoo. » Jian Ghomeshi
Tout commençait cinq jours plus tôt par la publication, sur le site Internet de la revue, d’un essai signé d’un illustre inconnu, intitulé « Reflexions From a Hashtag » (« réflexions nées d’un hashtag »). Jian Ghomeshi est un musicien et ex-animateur de radio canadien. En 2014 et 2015, une vingtaine de femmes l’accusent dans les médias et sur Internet de violences à caractère sexuel : insultes, gifles, morsures, étranglements… Mis en examen et poursuivi devant la justice par six plaignantes, Ghomeshi est acquitté en mars 2016. Il échappe à un second procès en juin de la même année après avoir signé un « accord de paix » avec une septième, sans reconnaître les faits qui lui sont reprochés. Il perd son emploi à Radio Canada et essuie des mois durant la colère des réseaux sociaux.

Dans les pages de la New York Review of Books, il revient en détail sur les jours et les mois qui ont suivi sa déchéance publique. « Je suis devenu un hashtag, écrit-il. […] Une de mes amies dit en rigolant que je devrais être reconnu comme le pionnier de #metoo. » Se décrivant comme une victime du « mass-shaming contemporain », Ghomeshi raconte la peur et la colère qui l’ont d’abord saisi, puis la honte, les difficultés financières, les messages de haine, les amis qui s’éloignent,...




<article-nb="2018/09/28/19-16">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ L’épicentre du séisme de magnitude 7,5 se situe sous l’île de Célèbes, où de nombreux bâtiments ont été détruits.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Indonésie : un séisme de magnitude 7,5 provoque un tsunami avec des vagues de 1,5 m

L’épicentre du séisme de magnitude 7,5 se situe sous l’île de Célèbes, où de nombreux bâtiments ont été détruits.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 13h36
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 18h49
   





                        


Un tsunami a frappé l’île de Célèbes, au centre de l’Indonésie, après un fort séisme de magnitude 7,5, vendredi 28 septembre. Rahmat Triyono, responsable du centre pour les tremblements de terre et tsunamis à l’agence indonésienne de géophysique, a confirmé à la télévision locale qu’un « véritable tsunami a [vait] frappé Palu », capitale de la province, située à près de 80 km de l’épicentre du séisme.
« Le tsunami s’est produit à 18 h 22 locale (…) avec une hauteur maximale de 1,5 m sur la côte proche de Palu », a précisé Dwikorita Karnawati, présidente de l’agence de géophysique.

   


David Lipson, correspondant régional pour le média australien ABC, a publié une vidéo de ce tsunami :

Indonesia geophysics agency says Sulawesi quake caused a tsunami. This video is doing the rounds. We believe it is… https://t.co/i7MEwPH1V0— davidlipson (@David Lipson)


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Près de 600 000 personnes dans les villes touchées
De « nombreux » bâtiments ont été détruits par le séisme et les vagues, selon les autorités indonésiennes, qui n’ont pas communiqué d’information sur d’éventuelles victimes dans l’immédiat. Plusieurs familles ont été signalées disparues et les communications vers la zone, notamment les villes de Palu Donggala, sont coupées. Ces deux agglomérations abritent près de 600 000 personnes.
« La coupure des télécommunications et l’obscurité entravent nos efforts pour obtenir des informations », a dit Sutopo Purwo Nugroho, du Conseil national indonésien pour la gestion des catastrophes. L’aéroport de Palu a interrompu son activité pour vingt-quatre heures en raison de dommages matériels.
Ce séisme d’une magnitude de 7,5, selon l’institut américain USGS, est plus important que la série de violents tremblements de terre qui ont fait plus de 500 morts et environ 1 500 blessés en août sur l’île de Lombok, voisine de Bali.
L’Indonésie, un archipel de 17 000 îles et îlots qui s’est formé par la convergence de trois grandes plaques tectoniques (indo-pacifique, australienne, eurasienne), se trouve sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone de forte activité sismique.

        Le décryptage :
         

          L’Indonésie, cœur sismique de la « ceinture de feu » du Pacifique




   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Sept hommes âgés de 21 à 34 ans, soupçonnés de préparer une attaque de grande ampleur, ont été arrêtés jeudi. D’après les autorités, la totalité du groupe a été démantelée.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Pays-Bas : un attentat contre « un grand événement » déjoué

Sept hommes âgés de 21 à 34 ans, soupçonnés de préparer une attaque de grande ampleur, ont été arrêtés jeudi. D’après les autorités, la totalité du groupe a été démantelée.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 15h33
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            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les Pays-Bas ont décidé de ne pas augmenter le niveau de la menace terroriste après l’arrestation, jeudi 27 septembre, de sept hommes âgés de 21 à 34 ans, soupçonnés de préparer un attentat de grande ampleur. L’alerte est maintenue à 4, sur une échelle de 5.
Quatre cents policiers et membres des unités spéciales d’intervention avaient été mobilisés pour cette vaste opération qui s’est déroulée simultanément à Rotterdam, Arnhem et trois autres localités du sud du pays. Les personnes arrêtées devaient être présentées à un juge dans la journée de vendredi. D’après les autorités, la totalité du groupe a ainsi été démantelée.
Les sept hommes préparaient un attentat contre « un grand événement », a rapporté le responsable des enquêtes, Wilbert Paulissen. Les autorités, apparemment à la recherche d’indices précis, ne précisaient pas, vendredi, quelle aurait pu être cette cible. Certaines sources évoquaient une kermesse qui devait se dérouler à Weert, dans la province du Limbourg. Une fourgonnette de location, immatriculée en France, a été saisie dans cette localité, sans qu’on sache si cela a un lien avec l’un des suspects qui vivait dans cette localité.
Repérés depuis plusieurs mois
Selon de premiers éléments, le groupe projetait, en fait, plusieurs types d’action avec des ceintures explosives, une voiture bourrée d’explosifs et des armes lourdes. Cinq armes de poing ont été saisies jeudi mais, a précisé le ministère public, les membres du groupe étaient à la recherche de fusils d’assaut, de grenades et de produits destinés à la fabrication d’explosifs. Ce sont leurs progrès dans les préparatifs qui ont apparemment déclenché les opérations de jeudi, alors que les services de renseignement avaient repéré les activités suspectes de cette cellule depuis plusieurs mois.
Le chef présumé du réseau était connu de la police et de la justice. Hardi N., 34 ans, un habitant d’Arnhem d’origine irakienne, avait été arrêté en 2014 alors qu’il projetait de rejoindre l’Etat islamique en Syrie. Il avait alors expliqué être « un croyant, pas un radical » et nié vouloir devenir un combattant. En 2016, il avait toutefois été condamné en appel à trois mois de prison et vingt et un mois avec un sursis probatoire de trois ans. Deux autres individus arrêtés jeudi envisageaient de gagner la Syrie. Un quatrième avait été appréhendé récemment alors qu’il photographiait une base de l’armée de l’air, à Volkel.
Epargnés jusqu’ici par les attentats de grande ampleur, les Pays-Bas ont toutefois déjoué une série de projets depuis juillet 2013 quand, sur la base de renseignements fournis par la NSA américaine, ils avaient arrêté plusieurs membres d’une cellule djihadiste.
En mars 2016, un Français était arrêté à Rotterdam, soupçonné de préparer une action aux Pays-Bas et en France. En décembre de la même année, un Néerlandais d’origine marocaine était appréhendé dans la même ville, porteur d’une arme et de munitions. En avril, d’autres hommes étaient arrêtés dans le sud du pays pour diffusion de propagande islamiste sur le Web et l’organisation d’entraînement à visée terroriste.
En juin, deux hommes, qui se préparaient semble-t-il à attaquer un commissariat, étaient placés en détention à Rotterdam. Enfin, le 1er septembre, un Afghan, détenteur d’un titre de séjour en Allemagne, attaquait avec un couteau deux Américains à la gare centrale d’Amsterdam. Il a été blessé par la police et est en détention.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Accusé d’agression sexuelle, le juge Brett Kavanaugh était entendu au Sénat américain, jeudi 27 septembre. Soutenu par Donald Trump, ce candidat à la cour suprême a suivi une stratégie de défense en trois actes, classique dans ce type d’affaires.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Bruxelles devrait demander à Rome de réviser son budget. Reste à savoir si le gouvernement populiste italien acceptera de coopérer.
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Budget italien : un nouveau dossier brûlant pour la Commission européenne

Bruxelles devrait demander à Rome de réviser son budget. Reste à savoir si le gouvernement populiste italien acceptera de coopérer.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
28.09.2018 à 12h11
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            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Avec le Brexit ou le risque de Grexit en 2015, la commission Juncker s’est habituée à gérer les situations de crise. Elle était pourtant fébrile dans l’attente des arbitrages budgétaires du gouvernement populiste italien (alliant les anti-système du Mouvement 5 Etoiles et la Ligue d’extrême droite). En confirmant un accord pour une forte relance budgétaire en 2019, 2020 et 2021, ce dernier a choisi de creuser le déficit public transalpin à 2,4 % du produit intérieur brut (PIB) dès l’an prochain. La Commission risque dès lors d’affronter un des dilemmes les plus épineux de ces dernières années.

Choisira-t-elle de faire respecter à la lettre les règles du pacte de stabilité et de croissance ? Au risque de provoquer une crise politique grave avec un gouvernement populiste qui la défie ouvertement, à quelques mois d’élections européennes cruciales pour l’avenir de l’Union. L’institution préfèrera-t-elle au contraire fermer les yeux sur la violation manifeste des règles, quitte à leur faire perdre encore un peu plus de crédibilité ? C’est peu probable sans compter qu’elle enverrait un signal de faiblesse susceptible d’encourager d’autres forces anti-système dans l’Union…
Pierre Moscovici, le commissaire européen à l’économie, a averti dès vendredi 28 septembre, au micro de BFM TV : « C’est un budget qui aujourd’hui paraît hors des clous de nos règles communes. Nous n’avons pas intérêt à une crise avec l’Italie, mais l’Italie doit réduire sa dette publique qui reste explosive. »
Une dette représentant 130% du PIB
En théorie, la Commission n’a pas le choix : elle doit signifier à Rome que son budget ne respecte pas les règles. Sous les gouvernements Renzi et Gentiloni, l’Italie a épuisé toutes les flexibilités offertes par le pacte de stabilité (dépenses d’investissement ou coût d’accueil des migrants déduits du déficit, etc.). Et elle s’était engagée à réduire son déficit de 1,6 % du PIB en 2018 à 0,8 % en 2019.
Bruxelles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La commission des affaires judiciaires a entendu jeudi Christine Blasey Ford, puis Brett Kavanaugh. « Le Sénat doit voter ! », a enjoint le Donald Trump en fin de journée.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Midterms J – 39 : Les Etats-Unis suspendus au feuilleton de la Cour suprême

La commission des affaires judiciaires a entendu jeudi Christine Blasey Ford, puis Brett Kavanaugh. « Le Sénat doit voter ! », a enjoint le Donald Trump en fin de journée.



LE MONDE
 |    28.09.2018 à 11h49
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            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre un plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. A partir du 3 septembre, le correspondant du « Monde » à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
Les deux auditions ont été à la hauteur des attentes, et des tensions qu’une nomination à la Cour suprême a alimentées, et qui déchire désormais l’Amérique. Des heures durant, jeudi 27 septembre, la commission des affaires judiciaires du Sénat a entendu Christine Blasey Ford, puis Brett Kavanaugh. La première accuse le second, choisi par Donald Trump, d’une agression sexuelle remontant à leur adolescence au cours d’une soirée arrosée. Le juge la nie catégoriquement, comme il a nié par la suite les accusations similaires avancées par deux autres femmes remontant à la même époque.
L’universitaire de 51 ans a été la première à s’avancer au-devant des sénateurs, en milieu de matinée. Son témoignage détaillé avait été communiqué en amont de la séance, mais ses paroles lui ont donné une impressionnante gravité. Volontaire, malgré de visibles accès d’émotion à l’évocation de l’agression qu’elle assure avoir subie. Les sénateurs démocrates ont obtenu de l’universitaire des réponses fortes, comme sa certitude « à 100 % » que Brett Kavanaugh était bien son agresseur, ou le souvenir entêtant de ses « rires bruyants » et de ceux d’un autre homme, Mark Judge, dans la pièce de la maison où elle s’était retrouvée prise au piège et qui « s’amusaient à [ses] dépens ».
En début d’après midi, c’est un Brett Kavanaugh porté par une colère véhémente, inattendue de la part d’un candidat à la plus haute autorité juridique du pays, qui lui a succédé. Alors que Christine Blasey Ford avait longuement raconté son déchirement,...




                        

                        

