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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ En déplacement dans les Antilles, Emmanuel Macron s’exprime sur le scandale du pesticide ultratoxique qui empoisonne toujours la Guadeloupe et la Martinique.
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Chlordécone : Martiniquais et Guadeloupéens attendent les propositions de l’Etat

En déplacement dans les Antilles, Emmanuel Macron s’exprime sur le scandale du pesticide ultratoxique qui empoisonne toujours la Guadeloupe et la Martinique.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 18h10
    |

                            Le Monde.fr








                        



Pour son quatrième déplacement outre-mer depuis qu’il a été élu président de la République, Emmanuel Macron est arrivé jeudi 27 septembre en Martinique. En compagnie de plusieurs ministres — Agnès Buzyn (santé), Annick Girardin (outre-mer), François de Rugy et Sébastien Lecornu (transition écologique) et Jacques Mézard (cohésion des territoires) —, le chef de l’Etat doit également se rendre en Guadeloupe, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy.
Cette visite de quatre jours du chef de l’Etat est notamment marquée par la question de la contamination au chlordécone — un pesticide ultratoxique utilisé massivement de 1972 à 1993 dans les bananeraies —, dont sont victimes la plupart des Guadeloupéens et des Martiniquais.

        Lire l’enquête du « Monde » :
         

          Chlordécone : les Antilles empoisonnées pour des générations



Ces dernières semaines, une contestation est apparue en Martinique pour dénoncer le coût du dépistage sanguin qui permet d’évaluer la contamination au chlordécone.
Qu’est-ce que le chlordécone ?
Interdit en France depuis 1990, le chlordécone a pourtant été utilisé dans les Antilles jusqu’en 1993 pour lutter contre le charançon du bananier, grâce à une dérogation. Mais les conséquences ont été désastreuses. Selon les résultats d’une étude de l’agence Santé publique France, rendus publics en janvier, « plus de 90 % de la population adulte » en Guadeloupe et en Martinique est contaminée par ce pesticide.
Vingt-cinq ans après son interdiction, le chlordécone, qui passe dans la chaîne alimentaire, distille son poison un peu partout. Pas seulement dans les sols, mais aussi dans les rivières, une partie du littoral marin, le bétail, les volailles, les poissons, les crustacés, les légumes-racines… et donc dans la population elle-même. Le pesticide peut ainsi persister près de sept cents ans dans les sols.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Affaire du chlordécone : « une honte d’Etat »



Le chlordécone est aussi fortement soupçonné d’augmenter le risque de cancer de la prostate, avec 227 nouveaux cas pour 100 000 hommes chaque année en Martinique, et 184 en Guadeloupe. Des taux deux fois plus élevés qu’en métropole.
Pourquoi la contestation des dépistages monte-t-elle ?
Au cours de l’été, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer le coût exorbitant des dépistages sanguins qui permettent de connaître pour chacun le taux de chlordécone dans le sang. Il faut débourser jusqu’à 140 euros pour faire le test, qui n’est pas remboursé par la Sécurité sociale.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Chlordécone : « Les Antilles françaises sont comme l’Ukraine et la Biélorussie d’après Tchernobyl »



Au début d’août, la fédération socialiste de la Martinique a lancé une pétition sur le site Change.org pour réclamer « un dépistage gratuit », qui a recueilli plus de 5 000 signatures.
« Aussi, afin qu’en pleine conscience, nous apprenions à vivre avec cet empoisonnement quotidien et pour accéder à ce droit légitime de la connaissance de notre intoxication, nous exigeons ne pas être en plus de victimes sanitaires, des victimes économiques. »
Signé par la première secrétaire de la fédération socialiste, Béatrice Bellay, le texte réclame « le remboursement de ce test pour tous, la mise en place d’une politique sanitaire massive et active de suivi médical des populations impactées et l’ouverture d’une enquête parlementaire ».
Qu’a prévu le gouvernement à propos du chlordécone ?
Quelques heures après son arrivée en Martinique, jeudi, le président de la République, Emmanuel Macron, doit se rendre dans l’exploitation d’un agriculteur de Morne-Rouge, dans le nord de l’île, pour évoquer la pollution de ses terres par le chlordécone. A cette occasion le chef de l’Etat devrait annoncer plusieurs mesures.
A la fin de juin, lors de la présentation du « Livre bleu outre-mer », déclinaison de sa politique pour les territoires ultramarins, M. Macron avait déjà évoqué le sujet :
« Parler de la santé, c’est aussi parler des drames du passé et de nos responsabilités collectives, et sur le chlordécone, je serai clair pour dire que nous continuerons le travail avec lucidité et détermination, car on ne peut accepter les situations dans lesquelles nous sommes. »
A la fin de juillet, le ministère de l’agriculture a décidé de revoir les limites autorisées de présence dans les aliments de chlordécone et a demandé à l’Agence nationale de sécurité de l’alimentation et de l’environnement (Anses) de réévaluer les valeurs toxicologiques de référence, à la suite d’un recours déposé par une association guadeloupéenne devant le tribunal administratif de Paris. Un colloque sur l’état d’avancement des recherches sur le chlordécone est prévu du 16 au 19 octobre en Martinique et en Guadeloupe.

        Lire aussi :
         

                Chlordécone : le gouvernement veut réviser les limites autorisées dans les aliments






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ 35 % des zones humides, des milieux naturels à la biodiversité particulièrement riche, ont été détruits depuis 1970 sous le double effet de l’action de l’homme et du réchauffement.
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Lacs, rivières, marais et mangroves disparaissent à grande vitesse

35 % des zones humides, des milieux naturels à la biodiversité particulièrement riche, ont été détruits depuis 1970 sous le double effet de l’action de l’homme et du réchauffement.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 14h53
    |

            Martine Valo








                        



   


Rarement avisé à l’égard de la nature, l’homme est en train de gommer de la surface de la terre l’un des écosystèmes qui lui rendent les services les plus fondamentaux : les zones humides. Lacs, rivières, marécages, marais, tourbières, mangroves ou récifs coralliens disparaissent trois fois plus rapidement que les forêts naturelles.
Drainés, asséchés, interrompus par de multiples barrages, canalisés, étouffés par les proliférations d’algues ou de plantes que dopent les engrais agricoles : 35 % de ces milieux à la biodiversité particulièrement riche ont été détruits depuis 1970 dans le monde. Sous l’effet accélérateur du réchauffement climatique, le rythme des destructions s’emballe depuis 2000 et atteint entre 0,85 % et 1,6 % par an (le taux annuel moyen de disparition des forêts s’élevait à 0,24 % par an entre 1990 et 2015).
Face aux besoins urgents de protéger les milieux humides restants, la Convention de Ramsar, du nom du traité adopté en 1971 dans cette ville iranienne, a établi un bilan inédit de la situation. La première édition de ses perspectives mondiales des zones humides est parue jeudi 27 septembre, en amont d’une conférence des parties consacrée à ces écosystèmes prévue à Dubaï du 21 au 29 octobre. L’objectif de cette publication est de rappeler leurs responsabilités aux 170 Etats et autres signataires du traité, qui vise à « conserver et utiliser de façon rationnelle les zones humides » en contribuant au « développement durable » dans le monde.
Selon les données agrégées pour ce rapport, ces biotopes fragiles, submergés plus ou moins régulièrement selon les saisons ou les marées, occupent encore 12,1 millions de kilomètres carrés à l’intérieur des terres (à 93 %), et sur les côtes. Entre 13 % et 18 % d’entre eux (soit plus de 2 300 sites) sont classés comme « d’importance internationale » et inscrits à ce titre sur la liste de Ramsar. Cela ne suffit pas forcément à les protéger – le secrétariat de la convention recense aussi les sites naturels présentés comme remarquables, mais bien mal en point dans les faits.
« On constate un lent éveil à la valeur des zones humides, estime néanmoins Martha Rojas Urrego, secrétaire générale de la Convention de Ramsar. Les législateurs doivent les intégrer dans les programmes politiques et investir dans leur pérennité. Nous devons éduquer le monde à l’importance critique de cet écosystème dont la disparition est très rapide. Sans les zones humides, nous sommes tous menacés. » 
Ressources génétiques
La tâche s’annonce ardue, car les ruisseaux, les fonds d’estuaires, et autres prairies humides sont largement sous-estimés. L’agriculture, l’industrialisation, la pression démographique concourent à la dégradation de ces écosystèmes. On y prélève en excès de l’eau, des sédiments, des poissons. Voire on les assèche pour gagner des terres. Boueuses, considérées comme des nids à moustiques, elles n’ont pas bonne réputation malgré leur grande diversité biologique.
Pourtant, riches d’une eau douce ou saumâtre selon les cas, elles fournissent poissons, coquillages et crustacés à des millions de personnes. Dans les sites de pêche à l’intérieur des territoires, on capturait 2 millions de tonnes de poissons en 1950, pour arriver à plus de 11,6 millions de tonnes en 2012. Sans compter la pisciculture pratiquée en eau douce.
Les zones humides procurent aussi des ressources génétiques pour la pharmacopée, elles filtrent certains contaminants, modèrent la sécheresse, protègent des inondations. Sur les littoraux où les mangroves n’ont pas été sacrifiées au profit de bassins aquacoles ou des marinas, elles atténuent l’impact des tempêtes. Les auteurs du rapport notent que les zones humides jouent en outre un rôle important dans les secteurs du transport, du tourisme, et qu’elles comportent des valeurs culturelles et spirituelles aux yeux de bien des peuples.
Qu’ils viennent s’y reproduire ou qu’ils y vivent, les animaux sont les premiers touchés par cette régression. Tortues marines, grands mammifères, reptiles d’eau douce, amphibiens, mollusques non marins, coraux, crabes, écrevisses figurent parmi les populations plus en danger de disparition, tandis que les oiseaux d’eau ne cessent de diminuer depuis la fin des années 1980.
Sur plus de 19 500 espèces dépendant des milieux humides, un quart sont désormais menacées d’extinction selon l’Union internationale pour la conservation de la nature – davantage que la faune terrestre –, en particulier dans les régions tropicales. De fait, de toutes les populations animales, ce sont celles qui vivent dans les rivières et les ruisseaux qui connaissent le déclin le plus marqué, davantage encore que celles des lacs et des marais. Depuis 1970, les poissons d’eau douce se sont effondrés de 81 % dans le monde. Le constat pour ces derniers est accablant à Madagascar, en Nouvelle-Zélande, mais aussi en Europe et dans les Andes.
Tandis que les zones humides naturelles régressent comme peau de chagrin, étangs et surtout réservoirs et rizières artificiels se développent, mais sont loin de les compenser. C’est l’Asie qui en est globalement la mieux dotée : elle abrite 32 % de la superficie mondiale ; suivie de l’Amérique du Nord (27 %), de l’Amérique latine et des Caraïbes (16 %), de l’Europe (13 %), de l’Afrique (10 %), et de l’Océanie (3 %). Dans le trio des contrées qui ont le plus dilapidé leurs richesses, l’Amérique latine et les Caraïbes arrivent en tête avec près de 60 % de superficie en moins entre 1970 et 2015 ; l’Afrique en a perdu 42 % et l’Europe 35 % pendant à peu près la même période.
Les sociétés humaines se privent ainsi d’un autre service essentiel que leur rend la nature. Ainsi, bien qu’elles n’occupent que 3 % de la surface terrestre, les tourbières stockent deux fois plus de CO2 que toutes les forêts du monde. Les marais, les herbiers marins, les mangroves sont aussi des écosystèmes riches en carbone. Toutefois, les zones humides produisent aussi de 20 % à 25 % du méthane émis autour de la planète. Et l’augmentation des températures devrait augmenter leurs émissions de ce gaz à effet de serre, en particulier dans les régions de pergélisol.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Riche d’une biodiversité exceptionnelle, le site est l’objet de multiples conflits d’usage.
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Zones humides : au sud de Nantes, l’équilibre précaire de la réserve naturelle de Grand-Lieu

Riche d’une biodiversité exceptionnelle, le site est l’objet de multiples conflits d’usage.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 11h35
    |

                            Yan Gauchard (Nantes, correspondant)








                        



                                


                            

La scène, récurrente, est assez singulière. Dans le ciel de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, à une quinzaine de kilomètres au sud de Nantes (Loire-Atlantique), on aperçoit le fuselage d’avions, en phase d’approche de l’aéroport, survolant l’immense lac classé espace remarquable avec, au-dessous des aéronefs, une kyrielle d’oiseaux impassibles. Selon Jean-Marc Gillier, directeur de la réserve naturelle nationale du lac de Grand-Lieu (2 694 hectares) pour le compte de la Société nationale de protection de la nature, les 300 espèces d’oiseaux, pour la plupart protégées, ont « intégré le couloir de vol des avions, sans que cela perturbe leurs activités ».
Le diagnostic est partagé par Jean-Philippe Siblet, du Muséum national d’histoire naturelle, qui a produit en 2017 une expertise battant en brèche une partie des arguments des partisans d’un transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dames-des-Landes, avant que l’Etat ne renonce au projet en janvier. « A Grand-Lieu, les avions semblent perçus comme totalement inoffensifs par les oiseaux », note M. Siblet, qui évacue dans le même temps la question de la pollution aérienne : aucune trace de largage de kérosène, « dont l’existence aurait été immédiatement visible par des irisations sur l’eau », n’a été repérée.
Le site de Grand-Lieu est choyé à plus d’un titre. Le label de protection Ramsar couvre l’ensemble de la zone humide dans sa configuration hivernale, soit 6 300 hectares (contre 3 000 en été). La réserve nationale, à laquelle s’accole une réserve régionale de 650 hectares gérée par la Fédération des chasseurs de Loire-Atlantique, est le paradis des grandes aigrettes, hérons cendrés et autres spatules blanches. Outre les échassiers, « près de 30 000 canards passent l’hiver à Grand-Lieu », relève M. Gillier.
Les humains, sauf rares exceptions, n’ont pas droit de cité sur cette aire. Refusant de « verser dans le tourisme de masse »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Esther Bailleul, chargée de mission au sein du Réseau pour la transition énergétique (CLER), explique la démarche et l’enjeu des « territoires à énergie positive ».
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« Les citoyens doivent se réaproprier les questions énergétiques »

Esther Bailleul, chargée de mission au sein du Réseau pour la transition énergétique (CLER), explique la démarche et l’enjeu des « territoires à énergie positive ».



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 15h45
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            

Qu’est-ce qu’un Tepos, ou territoire à énergie positive ?
Il s’agit de collectivités, le plus souvent rurales mais de toutes tailles, qui visent à produire plus d’énergie qu’elles n’en consomment, avec un objectif de 100 % de renouvelables. Elles montrent la voie à suivre pour sortir des combustibles fossiles et lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Mais elles permettent aussi aux territoires et aux citoyens de se réapproprier les questions énergétiques, alors que les choix étaient jusqu’à présent imposés, de façon très centralisée, par l’Etat.
Les Tepos font émerger des solutions concrètes pour la production d’énergies renouvelables, la maîtrise de la consommation, la rénovation de l’habitat, la mobilité durable… Ils créent aussi des coopérations nouvelles entre acteurs économiques, élus, associations et citoyens. Et, en valorisant les ressources locales, ils apportent de la richesse et des emplois aux territoires.
J’ajoute qu’autonomie ne veut pas dire autarcie. Au contraire, l’idée est de favoriser des solidarités nouvelles entre les collectivités rurales, qui disposent d’importantes ressources naturelles, et les zones urbaines ou périurbaines, où il est plus difficile de développer des énergies durables.
Combien de collectivités sont-elles engagées dans cette démarche ?
Des régions comme l’Aquitaine, Rhône-Alpes et la Bourgogne ont été pionnières, en lançant, dès 2012, des appels à manifestation d’intérêt pour des territoires à énergie positive, et en leur apportant un soutien financier.
De son côté, le CLER a commencé à animer, à partir de 2010, un réseau de Tepos. Il regroupe aujourd’hui une soixantaine de territoires. Ils tiennent tous les ans des rencontres nationales qui sont l’occasion de confronter les expériences et de découvrir des initiatives différentes selon les collectivités.
La loi de transition énergétique de 2015 et les appels à projets...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Réunies du 26 au 28 septembre en Savoie, des collectivités misent sur les ressources locales.
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Les territoires ruraux cultivent les renouvelables

Réunies du 26 au 28 septembre en Savoie, des collectivités misent sur les ressources locales.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 11h06
    |

            Pierre Le Hir (Montmelian, Savoie)








                        



                                


                            

« Montmélian la solaire ». Le slogan, surmonté d’un astre du jour, accueille le visiteur à l’entrée de la commune savoyarde d’un peu plus de 4 000 habitants, posée, sur les bords de l’Isère, entre forêts escarpées et coteaux couverts de vignes. Il affiche l’ambition d’une cité pionnière dans le domaine des énergies renouvelables. Ce qui lui vaut d’accueillir, du 26 au 28 septembre, les huitièmes Rencontres nationales Energie et territoires ruraux, organisées par le CLER Réseau pour la transition énergétique. Une structure qui fédère aujourd’hui une soixantaine de « territoires à énergie positive », ou Tepos : des collectivités dont l’objectif commun est d’atteindre 100 % d’énergies renouvelables, en misant sur la sobriété et la valorisation de ressources locales.
Pionnière, Montmélian l’est depuis plus de trente ans, relate la maire (PS), Béatrice Santais, qui suit, « avec le même enthousiasme », le chemin tracé par son père et prédécesseur, l’ex-sénateur Roger Rinchet. C’est lui qui, dès 1983, a doté le centre nautique de panneaux solaires thermiques qui chauffent, à moindre coût, l’eau des bassins et des douches. Tour à tour ont ensuite été équipés plusieurs bâtiments communaux (maison de retraite, gymnase, foyer de jeunes travailleurs, halle de gymnastique, « village des enfants » regroupant halte-garderie, centre aéré et centre de loisirs…), mais aussi les toitures d’immeubles et de logements sociaux gérés par l’Office public d’aménagement et de construction.
La ville a également installé une centrale photovoltaïque sur le toit des ateliers municipaux. Elle compte aujourd’hui 2 000 mètres carrés de capteurs solaires, pour plus des trois quarts thermiques. A quoi s’est ajoutée, début 2018, la mise en service sur l’Isère d’une centrale hydroélectrique au fil de l’eau, exploitée par le groupe Akuo Energy. Ses quatre turbines, d’une puissance de 2 mégawatts, génèrent l’équivalent de la moitié de la consommation électrique annuelle de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Le président français a réuni un nouveau « One Planet Summit » en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

A New York, Emmanuel Macron se pose en rassembleur de la finance climatique

Le président français a réuni un nouveau « One Planet Summit » en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 11h30
    |

            Marie Bourreau (New York, Nations unies, correspondante) et 
Simon Roger








                        



   


Le pied de nez n’était sans doute pas volontaire. Mais une trentaine de chefs d’Etat ou de gouvernement, des dirigeants d’entreprises et de grands philanthropes, se sont donné rendez-vous à l’invitation d’Emmanuel Macron, mercredi 26 septembre, au Plaza Hotel, un palace à quelques centaines de mètres de la Trump Tower et qui avait un temps appartenu à Donald Trump. Ils ont participé à la deuxième édition du One Planet Summit, l’initiative lancée en décembre 2017 par le président français (aidé des Nations unies et de la Banque mondiale) pour redonner du souffle à l’accord de Paris de 2015 ébranlé par la décision des États-Unis de s’en retirer.
« Cet accord était censé être mort à cause d’une seule décision, a lancé M. Macron en ouverture de ce sommet sur la finance climat, sans faire nommément référence à M. Trump, mais grâce à nos engagements, cela a pu être évité. »

        Lire aussi :
         

                ONU : une Assemblée générale sous le signe de la défiance



A New York, le président français a reçu par l’agence des Nations unies pour l’environnement le titre de « champion de la Terre » qu’il partage avec le premier ministre indien Narendra Modi, pour saluer leur implication dans l’Alliance solaire internationale. M. Macron a également été distingué du titre de « champion du climat », remis par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Il s’est ainsi posé en gardien de l’accord conclu lors de la conférence climat de décembre 2015 (COP21) destiné à contenir le réchauffement sous le seuil des 2 °C.
« Rendre des comptes »
« Ces rassemblements sont exceptionnels. Mais il ne suffit plus de parler. Il faut rendre des comptes », a t-il convenu devant un parterre de représentants de petites îles menacées par la montée des eaux, d’Etats africains confrontés à des sécheresses de plus en plus intenses et de nombreux pays européens. La Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre devant les Etats-Unis, était en revanche représentée par un simple délégué du ministère des affaires étrangères. Un niveau de participation inférieur à celui du premier One Planet Summit, à Paris.
A l’issue de ce sommet bouclé en deux heures trente, il restait pourtant difficile de faire la distinction entre les objectifs déjà annoncés et les nouvelles initiatives engagées. « Il faut qu’on prenne le temps de comparer les annonces. Pour l’instant, c’est trop flou », confiait un négociateur européen pourtant rodé à ce type d’exercice. Sur les douze grands engagements pris en décembre 2017, seuls trois semblaient sur la bonne voie pour se concrétiser en actions précises : l’aide aux Etats insulaires, l’engagement des banques de réorienter leurs flux financiers vers les activités décarbonées et la mobilisation des fonds souverains.
L’Union européenne, la France et la Nouvelle-Zélande ont annoncé un don de 20 millions de dollars (17 millions d’euros) pour protéger le Pacifique des changements climatiques, en guise de réponse à la demande du dirigeant français de « réaffecter un tiers de la finance mondiale vers de nouvelles actions climatiques ».
Michael Bloomberg, l’envoyé spécial des Nations unies sur le climat, veut créer un réseau à Wall Street afin de promouvoir une finance plus respectueuse. Mais c’est du côté des banques de développement que les annonces semblent les plus ambitieuses. L’IDFC, un club de 23 banques de développement, souhaite dorénavant octroyer un quart de ses prêts à des projets verts, soit 200 milliards de dollars.
L’Union européenne promet qu’un quart de son budget, sur l’exercice 2021-2027, sera orienté vers des programmes répondant au défi du réchauffement climatique. La Banque mondiale s’engage quant à elle à consacrer un milliard de dollars pour développer des batteries de stockage de l’énergie dans les pays en développement.
Un partenariat inédit devrait, par ailleurs, voir le jour début 2019 entre l’agence française de développement, le ministère de l’environnement allemand, les fondations Hewlett, Grantham et Ikea, et le plus gros gestionnaire d’actifs du monde, BlackRock. Présenté pendant le One Planet Summit new-yorkais, ce « partenariat climatique financier » prendra la forme d’un fonds d’investissement destiné à lever du capital auprès des acteurs comme les fonds de pension, assureurs, fonds souverains, etc. pour soutenir des projets d’infrastructures bas carbone dans les pays émergents.
Emmanuel Macron a annoncé enfin vouloir profiter de la présidence française du G7 en 2019 pour réunir à nouveau le « One Planet Club » à Biarritz, en août. D’ici là, un autre bilan d’étape pourrait intervenir au printemps au Kenya, précise l’entourage du chef de l’Etat.

        Lire la tribune de la secrétaire d’Etat à la transition écologique Brune Poirson :
         

          « Transformer la finance pour la sevrer de ses produits nocifs pour la nature et l’homme »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Des chercheurs américains mettent en évidence un impact de l’herbicide sur la flore intestinale des butineuses, rendant celles-ci plus vulnérables aux infections.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/09/2018
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Le glyphosate présente (aussi) un risque pour les abeilles

Des chercheurs américains mettent en évidence un impact de l’herbicide sur la flore intestinale des butineuses, rendant celles-ci plus vulnérables aux infections.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 13h21
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Déjà classé « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) – avis auquel s’opposent les agences réglementaires européennes et américaines –, voici que le glyphosate est mis en cause pour ses effets sur les abeilles domestiques (Apis mellifera).

Une équipe de chercheurs du département de biologie intégrative de l’université du Texas à Austin (Etats-Unis) publie, dans la dernière édition de la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), une étude montrant que l’herbicide, principe actif du célèbre désherbant Roundup et substance phytosanitaire la plus utilisée au monde, peut augmenter la mortalité des butineuses, en agissant sur leur flore intestinale.
Ces nouveaux travaux ajoutent une nouvelle cause possible au déclin accéléré des abeilles domestiques – un phénomène constaté dans tous les territoires dominés par les activités agricoles. Les dégâts indirects des herbicides (en détruisant les plantes sauvages) sur les pollinisateurs sont, eux, déjà bien connus.
Augmentation de la mortalité dans la ruche
« Nous montrons que l’abondance des espèces principales du microbiote intestinal est réduite chez les abeilles exposées au glyphosate et ce, à des concentrations rencontrées dans l’environnement, écrivent le biologiste Erick Motta (université du Texas à Austin) et ses coauteurs. Les jeunes butineuses exposées à cette substance voient leur mortalité augmenter lorsqu’elles sont ensuite exposées à Serratia marcescens une bactérie pathogène opportuniste. » Les chercheurs notent en outre que des travaux précédents ont montré que l’altération du microbiote des abeilles réduit leur gain de poids, modifie leur métabolisme, et augmente leur mortalité dans la ruche.

Surprenant ? « Ces dernières années, il est devenu de plus en plus clair que l’ensemble des bactéries formant le microbiote intestinal jouent...




                        

                        


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Centrale nucléaire d’Hinkley : EDF pense terminer la dalle en 2019

Cette centrale vise à fournir l’équivalent de 7 % des besoins d’électricité du Royaume-Uni, où les centrales nucléaires ont fermé ou sont en fin de vie.



LE MONDE
 |    27.09.2018 à 03h06
 • Mis à jour le
27.09.2018 à 08h18
   





                        



   


L’électricien français EDF a annoncé jeudi 27 septembre qu’il espérait terminer l’an prochain la dalle de béton de 4 500 tonnes qui supportera les réacteurs de la centrale nucléaire Hinkley Point C en Angleterre. « Plus de 3 200 personnes travaillent sur cette nouvelle centrale nucléaire dans le Somerset. Le projet est en bonne voie pour sa prochaine grande étape en 2019 : l’achèvement d’une plateforme de béton de 4 500 tonnes sur laquelle reposeront les bâtiments des réacteurs », ont expliqué dans un communiqué EDF Energy, la filiale britannique du géant français, et son partenaire chinois CGN.
La décision finale d’investissement pour ce projet a été prise il y a exactement deux ans, par EDF qui exerce la maîtrise d’ouvrage et CGN qui tient un tiers du projet, à la suite d’un accord avec le gouvernement britannique qui promeut la construction de nouveaux réacteurs et a garanti le prix de l’électricité qui sera produite sur place.

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                Nucléaire : EDF lance les négociations pour deux nouveaux EPR au Royaume-Uni



Renouveau nucléaire
Au-delà de cette gigantesque dalle de béton, les constructeurs ont mis en avant d’autres avancées des travaux, comme le creusement de 750 mètres de galeries souterraines bétonnées pour abriter câbles et tuyaux ou encore l’achèvement, espéré cette année, d’un mur de 760 mètres de long et de 13,5 m de haut pour protéger cette centrale de bord de mer de toute montée des eaux.
Symbole du renouveau nucléaire dans le pays, le projet consiste à édifier deux réacteurs de type EPR dans le sud-ouest de l’Angleterre pour un coût de construction de 19,6 milliards de livres (22 milliards d’euros).

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                Nucléaire : EDF face au risque de l’EPR



A l’été 2017, EDF avait évoqué un « risque » de retard de quinze mois pour le premier réacteur, censé entrer en service fin 2025, et de neuf mois pour le second, qui doit démarrer six mois plus tard. Dans leur communiqué jeudi, EDF Energy et CGN assurent que « le projet vise l’objectif d’une première livraison à la fin 2025 » pour le réacteur numéro 1.
Projet crucial
Cette centrale vise à fournir l’équivalent de 7 % des besoins d’électricité du Royaume-Uni, où les centrales nucléaires construites au XXe siècle ont fermé ou sont sur le point d’arriver en fin de vie.
Ce projet est crucial pour EDF qui a connu des déboires avec ses réacteurs de troisième génération EPR, notamment à Flamanville (Manche), où le chantier ouvert en 2007 pourrait n’être bouclé que fin 2019 pour une mise en service commerciale en 2020, quand le calendrier initial tablait sur 2012. Son coût a entre-temps plus que triplé, à 10,9 milliards d’euros.

        Lire aussi :
         

                L’EPR de Flamanville retardé d’un an, pour un coût augmenté de 400 millions d’euros



Un premier EPR a été mis en service en juin en Chine, à Taishan, dans le cadre d’un projet conduit à 51 % par CGN, à 30 % par EDF et à 19 % par l’électricien de la province du Guangdong.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ L’organisme américain chargé de la gestion de la faune sauvage avait retiré les plantigrades de la liste des espèces menacées. Une décision abusive, selon un juge du Montana.
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Les grizzlys du parc de Yellowstone sauvés par un juge

L’organisme américain chargé de la gestion de la faune sauvage avait retiré les plantigrades de la liste des espèces menacées. Une décision abusive, selon un juge du Montana.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 19h37
   





                        



   


Les grizzlys du parc national de Yellowstone, aux Etats-Unis, ont sauvé leur peau : un juge fédéral américain a ordonné leur retour sur la liste des espèces menacées, dont un organisme gouvernemental les avait rayés en juin 2017.
Dans son ordonnance en date de lundi 24 septembre, le juge fédéral Dana Christensen, de l’Etat du Montana, écrit que la décision du Fish and Wildlife Service, l’organisme fédéral chargé de la gestion de la faune sauvage, d’enlever ces ours de la liste des espèces menacées était « arbitraire et fantasque ». Selon lui, l’agence a notamment fondé sa décision sur des études qui ne sont pas pertinentes, « manquant ainsi à ses obligations » de rigueur scientifique.
La cour fédérale de district du Montana avait été saisie l’an dernier par la tribu Crow et par plusieurs autres tribus d’Amérindiens qui s’opposaient à cette décision menaçant sept cents plantigrades du parc de l’ouest des Etats-Unis. C’est dans ce cadre que le juge Christensen avait bloqué en août l’ouverture d’une chasse au grizzly controversée qui devait avoir lieu autour du parc de Yellowstone, dans l’Idaho et le Wyoming, pour la première fois en quarante ans. Au total, jusqu’à vingt-trois ours auraient pu finir en descente de lit ou en trophée à l’issue de cette chasse.
« Implications politiques »
« Le tribunal a conscience du vif intérêt que le public a pour cette affaire, ainsi que de l’émotion que les grizzlys suscitent chez les gens, des éleveurs et chasseurs jusqu’aux défenseurs de la nature et des droits des animaux », écrit Dana Christensen. Des « implications politiques significatives » mais qui n’entrent pas en ligne de compte dans ce jugement, assure-t-il.
« Ce dossier (...) est limité à une simple question: oui ou non, le Fish and Wildlife Service a-t-il outrepassé son autorité légale en retirant de la liste (des espèces menacées) l’ours grizzly du haut Yellowstone? », a expliqué le juge, qui a donc tranché en faveur du oui.

        Lire aussi :
         

                Dans l’Ouest américain, les chasseurs de grizzly veulent ressortir leurs fusils



« C’est une victoire pour les ours et pour tous ceux qui viennent dans la région pour voir le grizzly dans son milieu naturel », s’est réjoui dans un communiqué Tim Preso, avocat d’Earthjustice, une ONG juridique, qui portait la plainte au nom de la tribu indienne des Cheyennes du Nord et d’associations de protection de la nature.
« La nation des Cheyennes du Nord considère l’ours grizzly comme un parent qui mérite notre respect et notre protection, a expliqué de son côté Lawrence Killsback, président de cette tribu. Il y va de notre responsabilité de parler pour les ours, qui ne peuvent s’exprimer eux-mêmes. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ La justice autrichienne l’a reconnu coupable d’« atteinte délibérée à l’environnement » pour avoir utilisé du chlorpyrifos dans ses vergers.
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En Autriche, un arboriculteur va en prison pour avoir tué des abeilles à l’insecticide

La justice autrichienne l’a reconnu coupable d’« atteinte délibérée à l’environnement » pour avoir utilisé du chlorpyrifos dans ses vergers.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 16h58
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 17h09
   





                        


Un arboriculteur autrichien a été condamné à une peine de douze mois de prison, dont quatre mois ferme par le tribunal de Klagenfurt, dans le sud de l’Autriche, mercredi 26 septembre.
Il était poursuivi pour avoir illégalement utilisé du chlorpyrifos, un insecticide très puissant, dans ses vergers à un moment où les arbres étaient encore en fleur et attiraient de nombreuses abeilles. Une cinquantaine de ruches d’apiculteurs voisins avaient été touchées.

        Le chlorpyriphos :
         

          le pesticide qui a failli être interdit en Californie



Le tribunal de Klagenfurt l’a reconnu coupable d’« atteinte délibérée à l’environnement », soulignant que le maître arboriculteur, établi dans la région du Lavanttal et qui participe régulièrement à la formation de professionnels, avait agi en toute connaissance de cause.
Le tribunal a souligné que la peine de prison ferme prononcée contre l’homme de 47 ans devait avoir un effet de « prévention » et servir à rappeler que « l’usage de produits phytosanitaires ne peut s’effectuer que dans le cadre d’un équilibre entre l’écologie et l’économie ».
L’usage massif d’insecticides dans l’agriculture est tenu pour responsable de la forte hausse de la mortalité des abeilles et d’autres insectes pollinisateurs dans le monde. L’Union européenne a décidé en avril l’interdiction de certaines substances appartenant à la famille de néonicotinoïdes.


Savez-vous ce que sont les néonicotinoïdes ?

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Notre sélection d’articles sur les néonicotinoïdes
Retrouvez les contenus de référence du Monde.fr sur les pesticides néonicotinoïdes :
la synthèse pour tout comprendre aux pesticides néonicotinoïdesla dernière décision de l’Europe qui a interdit, fin avril, trois néonicotinoïdes jugés dangereux pour les abeillesla chronique du journaliste du Monde, Stéphane Foucart, selon qui « l’interdiction intervient alors que les dégâts sont immenses et en partie irréversibles »la tribune d’un collectif de chercheurs européens qui rappelle les dangers des néonicotinoïdes et souligne qu’il est tout à fait possible de s’en passerles explications du chimiste et toxicologue Jean-Marc Bonmatin sur une possible nouvelle génération de néonicotinoïdes (vidéo)comprendre pourquoi les pesticides sont bien l’une des causes du déclin des oiseaux





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ La demande croissante de lait bio doit permettre d’assurer la relève du secteur, assure, dans une tribune au « Monde », le collectif Faire bien, notamment animé par Les prés rient bio, qui représente 2,5 % de cette collecte laitière en France.
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« Le bio, une formidable opportunité pour la filière laitière »

La demande croissante de lait bio doit permettre d’assurer la relève du secteur, assure, dans une tribune au « Monde », le collectif Faire bien, notamment animé par Les prés rient bio, qui représente 2,5 % de cette collecte laitière en France.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 16h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Le modèle alimentaire est en train de changer : mieux se nourrir est devenu une exigence légitime pour les consommateurs. Dans ce contexte, rien d’étonnant à ce que le marché du bio, et en particulier celui du lait bio, soit en pleine croissance. Et il va falloir répondre à cette demande. Or, d’ici à 2025, la moitié des exploitations laitières françaises seront touchées par les départs à la retraite : sera-t-on capable de faire face à la demande sans préparer dès aujourd’hui la relève ? Face à ce défi, l’agriculture bio constitue l’une des réponses à l’érosion de la démographie agricole.
D’ici à 2025, plus du tiers des exploitations laitières normandes seront concernés par ces départs à la retraite
En France, le nombre d’exploitations laitières a diminué de plus de moitié en vingt ans, passant d’environ cent soixante mille exploitations, en 1995, à soixante-dix mille cinq cent soixante-huit, en 2013. Prenons le cas de la Normandie, second bassin laitier français en volume de production de lait de vache. Entre 2010 et 2015, ce sont trois cent soixante-seize élevages laitiers qui ont disparu chaque année.
A la question de la diminution inexorable du nombre d’exploitations s’ajoute celle du vieillissement des exploitants : plus de la moitié des chefs d’exploitations ont plus de 50 ans, et 28 % d’entre eux, plus de 60 ans. D’ici à 2025, plus du tiers des exploitations laitières normandes seront concernés par ces départs à la retraite. Dans une région où l’on compte deux installations pour cinq départs, la question de la succession et des repreneurs est préoccupante.
Redonner du sens au métier d’éleveur
Pour de jeunes éleveurs laitiers, le bio s’avère être une filière d’avenir. Le marché est en pleine croissance : pour le seul lait bio, les achats des ménages français ont plus que doublé entre 2007 et 2015. Non seulement les éleveurs sont assurés de vendre leur lait, mais face à l’envolée de la consommation, le risque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ « Le Monde Afrique » propose des reportages, portraits et entretiens sur le continent pour raconter le fléau qui tue plus que le sida.
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Décryptage

Suivez notre série Tuberculose, jusqu’à quand ?

« Le Monde Afrique » propose des reportages, portraits et entretiens sur le continent pour raconter le fléau qui tue plus que le sida.

Par                                            Florence Rosier




LE MONDE
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        Le 26.09.2018 à 15h47

     •
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        Mis à jour le 27.09.2018 à 12h38






    
Des patients atteints de tuberculose, portant des masques pour éviter la contagion, à l’hôpital de Chiulo, dans le sud-ouest de l’Angola, en février 2018.
Crédits : Stephen Eisenhammer/REUTERS


L’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire de nouveau le signal d’alarme, dans un appel à renforcer les efforts globaux contre la tuberculose. Mais, pour la première fois, elle le fait à l’occasion d’un sommet de grande ampleur sur cette pandémie, mercredi 26 septembre à New York, dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies. Une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement devaient y participer.
Il y a urgence, répètent les experts. La tuberculose tue plus que le sida. En 2017, elle a causé la mort de 1,6 million de personnes à travers le monde, dont 300 000 étaient coinfectées par le VIH, révèle l’OMS. Le nombre global de nouveaux malades ne baisse que de 2 % par an. Une broutille au regard de cet objectif de développement durable (ODD) fixé par l’ONU : mettre fin à la tuberculose d’ici à 2030.

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« En 1993, l’OMS avait déclaré que la tuberculose constituait une urgence sanitaire mondiale. Et pourtant, après toutes ces années, 10 millions de personnes développent chaque année la maladie. La réponse mondiale stagne », déplore Paul Jensen, de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires. Les deux tiers des nouveaux cas sont diagnostiqués dans huit pays : l’Inde (27 %), la Chine (9 %), l’Indonésie (8 %), les Philippines (6 %), le Pakistan (5 %), le Nigeria (4 %), le Bangladesh (4 %) et l’Afrique du Sud (3 %), a aussi révélé l’OMS le 18 septembre, dans son rapport annuel sur la lutte contre cette maladie.
Risque de transmission
Depuis 2000, le nombre de décès dus à la tuberculose a certes baissé de 29 % dans la population non infectée par le VIH, et de 44 % chez les personnes vivant avec. « Diagnostic et traitement ont permis de sauver 53 millions de vies entre 2000 et 2016 », note l’OMS. Certains pays ont remporté des victoires. En Afrique par exemple, l’Ethiopie et l’Ouganda étaient en 2015 les Etats les mieux classés du continent sur trois ODD, pour être parvenus à réduire de moitié le taux de prévalence et le taux de mortalité liés à la tuberculose par rapport à 1990.
Mais la lutte contre ce fléau continue d’achopper sur trois grands obstacles : le dépistage des personnes malades, la prise en charge des tuberculoses résistantes aux traitements antibiotiques habituels et la prévention.

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Parmi les 10 millions de personnes ayant contracté la maladie en 2017, deux tiers seulement se le sont vu officiellement notifier et aucun diagnostic n’a été établi ou déclaré pour le tiers restant. Or « un diagnostic tardif retarde la mise sous traitement, conduit à un moins bon pronostic et accroît le risque de transmission », se désole Médecins sans frontières (MSF). Non traitées, les personnes infectées vont contaminer leur entourage. Pour promouvoir leur dépistage, « il faut disposer de plus de ressources humaines pour les atteindre, mais aussi faire de la prévention, sensibiliser les communautés. Cette solution est peu chère et efficace », explique Evelyne Kibuchi, directrice de l’ONG Stop TB au Kenya.
La moitié seulement des 920 000 individus coinfectés par la tuberculose et le VIH ont été informés de leur situation en 2017. « Les trois quarts des personnes coinfectées vivent en Afrique. Or les médecins qui s’occupent du VIH leur proposent rarement un diagnostic de la tuberculose », regrette Paula Fujiwara, directrice scientifique de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires.
« Si la mortalité par tuberculose montre des signes de déclin, cette maladie reste la principale cause de décès en Afrique du Sud, souligne le docteur Amir Shroufi, coordinateur médical de MSF en Afrique australe. Les liens intimes entre les épidémies de VIH et de tuberculose soulignent l’importance d’une meilleure intégration des futures réponses des systèmes de santé à ces deux maladies. »
« Besoin de traitements plus courts »
L’enjeu est aussi technologique : il s’agit de développer des outils diagnostiques toujours plus rapides, plus simples et nécessitant moins d’infrastructures, notamment pour dépister l’infection chez les jeunes enfants. Chez l’adulte, la détection est réalisée à partir de crachat. Mais les jeunes enfants ont du mal à expectorer. Comment, dès lors, révéler l’épidémie silencieuse de tuberculose infantile ?
« Depuis décembre 2017, Unitaid finance l’évaluation, en Côte d’Ivoire, d’une technique de diagnostic adaptée à l’enfant », annonce Lelio Marmora, directeur exécutif d’Unitaid, organisation internationale spécialisée dans le financement des innovations en santé. Mise au point par l’université de Bordeaux, cette technique se fonde sur un test moléculaire, GeneXpert, disponible depuis 2010. Chez l’adulte, il permet un diagnostic « clés en mains » en seulement deux heures – contre deux à trois semaines pour les tests classiques. Pourrait-il être efficace chez le jeune enfant, à partir d’échantillons de selles ou de salive ? Verdict à l’issue de cette étude en Côte d’Ivoire.
Autre vive inquiétude : « Nous sommes aux prises avec une crise sanitaire due à la résistance aux antituberculeux », résume Paul Jensen. En 2017, 558 000 personnes à travers le monde ont contracté une forme de tuberculose résistante au moins à l’antituberculeux de première intention le plus efficace, la rifampicine. L’immense majorité (82 %) était atteinte d’une tuberculose multirésistante, c’est-à-dire résistant à la fois à la rifampicine et à l’isoniazide – un autre antituberculeux essentiel. Trois pays concentrent la moitié des cas mondiaux de tuberculose multirésistante : l’Inde, la Chine et la Russie.

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Pour autant, un quart seulement des personnes en étant atteintes ont bénéficié d’un traitement de deuxième intention. Et chez celles-ci, la mortalité reste très élevée (45 %), « souvent en raison de la toxicité des médicaments, qui empêche les patients de poursuivre leur traitement », note l’OMS. « Nous avons besoin de traitements plus simples, plus courts et moins toxiques », souligne Paula Fujiwara.
Le protocole standard actuel pour ces formes multirésistantes dure de vingt à vingt-quatre mois, ce qui conduit souvent à son abandon. Depuis deux ou trois ans, des traitements plus courts (neuf à douze mois) sont apparus : ils se sont montrés efficaces dans neuf pays d’Afrique francophone. « C’est un grand progrès, se réjouit le docteur Nicolas Véziris, de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. Actuellement, une dizaine d’essais cliniques rigoureux sont en cours pour définir les meilleurs protocoles de traitement. Dans les cinq ans à venir, on en saura plus. » Unitaid investit 85 millions de dollars dans ces recherches.
Un quart de la population mondiale infecté
En août, l’OMS a publié ses prérecommandations sur le traitement de ces tuberculoses multirésistantes. La bonne nouvelle : certains antibiotiques, moins efficaces, ont été rétrogradés. « Cela va restreindre leur utilisation, qui était une énorme contrainte », relève Nicolas Véziris. Et devrait permettre de sauver plus de vies, espère l’OMS, qui assure « collaborer avec les pays et ses partenaires ».

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Quant à la prévention, elle « n’existe que sur le papier », déplore Paul Jensen, de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires. « Le traitement préventif peut empêcher de développer la maladie, mais, dans la plupart des pays, lorsqu’une personne est diagnostiquée, le système de santé ne prévoit aucune enquête systématique pour vérifier si les autres membres du foyer ont bénéficié d’un dépistage. » Alors que près d’un quart de la population mondiale est infecté par le bacille de la tuberculose, seules 103 000 personnes de plus de 5 ans exposées dans leur foyer ont reçu un traitement préventif à base d’antibiotiques en 2017. « Il s’agit d’une question de droits de l’homme ! », s’emporte M. Jensen.

Financement : le nerf de la guerre
L’un des impératifs les plus urgents, selon l’OMS, est d’accroître le financement. « En 2018, les investissements consacrés à la prévention de la tuberculose et aux soins antituberculeux dans les pays à revenu faible ou intermédiaire étaient inférieurs de 3,5 milliards de dollars [environ 3 milliards d’euros] aux besoins réels », relève l’organisation. Le budget mondial destiné à la recherche, lui, stagne depuis cinq ans. De plus, les contributions des pays les plus riches sont en baisse, pointe Paul Jensen, de l’Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires.
Mais les pays les plus affectés doivent, eux aussi, renforcer leur engagement. A l’image de l’Inde, dont le premier ministre, Narendra Modi, a annoncé en mars 2018 le doublement du budget alloué à la tuberculose pour 2017-2018. Son objectif : viser « la fin de la tuberculose en Inde d’ici à 2025 » – en avance de cinq ans sur l’objectif mondial.


Mais, au-delà du volet médical, il ne faut pas oublier que la tuberculose est avant tout une maladie de la pauvreté. Le premier défi consiste donc à s’attaquer à ses causes socio-économiques : logements insalubres et mal ventilés, malnutrition, faible accès aux services de santé et à l’éducation.
Le Monde Afrique propose une série de reportages, de portraits et d’entretiens pour raconter la lutte contre la tuberculose sur le continent.
Cet article fait partie d’une série réalisée dans le cadre d’un partenariat avec Unitaid.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ L’Organisation des Nations unies est certes imparfaite mais, souligne l’historienne Chloé Maurel dans une tribune au « Monde », elle mène une action utile pour la paix et la solidarité internationale. Il faut donc œuvrer à la renforcer, à lui donner plus de pouvoir.
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« Non, l’ONU ne sert pas à rien ! »

L’Organisation des Nations unies est certes imparfaite mais, souligne l’historienne Chloé Maurel dans une tribune au « Monde », elle mène une action utile pour la paix et la solidarité internationale. Il faut donc œuvrer à la renforcer, à lui donner plus de pouvoir.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 15h12
    |

Chloé Maurel (Historienne, chercheuse associé à l'Ecole normale supérieure (ENS))







                        



                                


                            

Tribune. La situation mondiale actuelle est très alarmante, et beaucoup estiment que l’ONU – dont la 73e Assemblée générale s’est ouverte le mardi 25 septembre – ne sert à rien, qu’elle n’est d’aucune utilité pour résoudre les problèmes du monde, comme le suggérait en 1960 le général de Gaulle qui l’avait appelée péjorativement « le machin ». Donald Trump, qui préside le 26 septembre la réunion du Conseil de sécurité, avait lui-même, dans un tweet de décembre 2016, qualifié l’organisation internationale de « club où les gens se réunissent, parlent, et passent du bon temps ».
Mais l’ONU est utile ! Par exemple, sur la question des réfugiés, qui sont aujourd’hui près de 70 millions dans le monde (le plus grand nombre jamais atteint depuis la fin de la seconde guerre mondiale), le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés s’efforce de les protéger, de leur donner un statut et de les aider à trouver un asile.
En ce qui concerne les réfugiés palestiniens en particulier, l’UNRWA [United Nations Relief and Works Agency, Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient] agence de l’ONU créée en 1949, aide plus de 3 millions d’entre eux, notamment avec des écoles et des centres de santé. La décision récente des Etats-Unis de couper les financements à cette agence ne peut qu’être déplorée.
L’ONU, qui en 1948 a proclamé la Déclaration universelle des droits de l’homme, veille et alerte l’opinion mondiale sur les manquements aux droits de l’homme dans le monde. Ainsi, en septembre 2018, un rapport de l’ONU a détaillé les « crimes contre l’humanité » perpétrés par l’armée birmane contre les Rohingyas, parlant même de « génocide ». En demandant, dans ce rapport, que l’armée birmane soit exclue de la vie politique, l’ONU a appelé à l’ouverture d’un examen par la Cour pénale internationale.
3,5 milliards de dollars...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ A l’occasion du One Planet Summit, la secrétaire d’Etat Brune Poirson explique, dans une tribune au « Monde », miser sur des « investissements durables » pour lutter contre le réchauffement climatique.
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« Transformer la finance pour la sevrer de ses produits nocifs pour la nature et l’homme »

A l’occasion du One Planet Summit, la secrétaire d’Etat Brune Poirson explique, dans une tribune au « Monde », miser sur des « investissements durables » pour lutter contre le réchauffement climatique.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 14h00
    |

Brune Poirson (Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire)







                        



                                


                            
Tribune. L’Agence internationale de l’énergie a estimé, en 2014, à 32 000 milliards de dollars (27 200 milliards d’euros) le montant des investissements nécessaires à la transition écologique mondiale. Notre seule chance de limiter le réchauffement de la planète dépend donc de notre capacité à mobiliser ces capitaux d’ici à 2050. Certes, leur montant peut paraître vertigineux si on le compare aux capacités d’investissements publics de chaque pays, même les plus riches.

Mais se contenter de cette réponse serait prendre le problème dans le mauvais sens. Le défi consiste plutôt à déplacer et réorienter, à l’échelle mondiale, des milliers de milliards d’euros de financements privés vers l’économie verte. En somme, mettre la finance au service de l’environnement et de la solidarité.
Faisons toute la transparence sur les risques climatiques. S’il devient moins risqué d’investir dans une éolienne que dans une centrale à charbon, les capitaux afflueront
Première bonne nouvelle, les liquidités privées n’ont jamais été aussi abondantes. Les investisseurs institutionnels (assureurs, fonds de pension) gèrent plus de 90 000 milliards de dollars, et sont prêts à s’engager sur le long terme en faveur de l’environnement. Deuxième bonne nouvelle, investir pour le climat est bon pour la croissance. Les plus grands économistes comme Nick Stern ou Joe Stiglitz ont déjà démontré que la mutation écologique de l’économie est une source d’innovations et de nouveaux emplois. Nous avons donc besoin que le secteur financier mette sa créativité et son portefeuille au service de la transition écologique et des besoins des populations.
Troisième bonne nouvelle, nous savons comment faire ! Pour dompter la finance, il est indispensable de savoir parler sa langue. Le niveau bilingue s’atteint à partir du moment où l’on comprend qu’en finance, tout est évalué à l’aune de la notion du risque pris. Traduction : si une banque consent un emprunt plus aisément...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Le groupe d’énergie, qui exploite deux centrales en belgique, proposait aussi les 49 % qu’il détient dans la Compagnie nationale du Rhône. EDF n’a pas donné suite.
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Engie a proposé ses réacteurs nucléaires belges à EDF

Le groupe d’énergie, qui exploite deux centrales en belgique, proposait aussi les 49 % qu’il détient dans la Compagnie nationale du Rhône. EDF n’a pas donné suite.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 13h31
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 15h16
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


Qui veut des vieilles centrales nucléaires d’Electrabel, la filiale belge du français Engie ? Dans son édition de mercredi 26 septembre, Le Canard Enchaîné indique que la directrice générale du groupe d’énergie, Isabelle Kocher, a proposé au PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, de lui vendre ses sept réacteurs nucléaires des centrales de Doel et Tihange. Une proposition immédiatement démentie par Engie, qui assure également ne pas vouloir céder les 49 % qu’il détient dans la Compagnie nationale du Rhône (CNR), exploitant des barrages sur ce fleuve.
« Il n’y a aucun projet de cession d’Electrabel ni de la participation dans la CNR », a déclaré un porte-parole d’Engie, malgré la confirmation au Monde d’une source proche du dossier. Depuis 2015, l’entreprise a envisagé au moins d’ouvrir le capital d’Electrabel à des actionnaires minoritaires belges, voire de l’introduire en Bourse.
De fait, le nucléaire n’est pas une priorité de Mme Kocher, qui a renoncé à ses projets au Royaume-Uni et en Turquie. Ses deux centrales belges, après avoir été longtemps des machines à cash pour Electrabel, ne lui causent que des difficultés dans un pays qui a prévu de les arrêter en 2025, tournant ainsi le dos à l’énergie nucléaire. Elle a dû y investir des centaines de millions d’euros pour répondre aux exigences de l’autorité belge de sûreté nucléaire.

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EDF a d’autres priorités
Cette information est tombée au moment où l’« EDF belge » annonçait le report de plusieurs mois du redémarrage de deux réacteurs de Tihange, actuellement en cours de révision. Le réacteur numéro 2 ne sera relancé que le 1er juin 2019, contre le 31 octobre 2018, tandis que le réacteur numéro 3 redémarrera le 2 mars 2019 contre le 30 septembre 2018.
Engie indique que « ces révisions de calendrier représentent un impact sur 2018 d’environ 250 millions d’euros au niveau de l’excédent brut d’exploitation et du résultat net récurrent », tout en confirmant ses objectifs financiers annuels. Fin août, il avait déjà décalé de plusieurs mois le redémarrage de deux autres réacteurs, à Doel.
Pour la Belgique, c’est la menace d’une pénurie d’électricité à partir de novembre. La ministre belge de l’énergie, Marie-Christine Marghem, a dû saisir les pays voisins, tout en dénonçant l’impréparation d’Engie, maison mère d’Electrabel. « J’ai appelé mon collègue allemand, mon collègue hollandais et mon collègue français hier [mardi], qui tous trois ont accepté évidemment de jouer le jeu de la solidarité », a-t-elle affirmé à la radio Bel-RTL.

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De son côté, EDF, troisième fournisseur en belgique avec EDF Luminus, a d’autres priorités que d’acquérir des réacteurs en fin de vie. Il a fait le choix d’investir massivement dans le nouveau nucléaire. D’abord en Angleterre, avec la construction de deux EPR à Hinkley Point ; en Chine, où il attend que les autorités décident la construction de deux autres EPR à Taïshan ; et en Inde, le contrat le plus attendu par le groupe d’électricité (6 EPR, soit 10 000 mégawatts).
Il doit aussi moderniser le parc des 58 réacteurs français (« grand carénage ») pour près de 50 milliards d’euros et poursuivre ses lourds investissements dans les énergies renouvelables (solaire, éolien…), l’autre « pied » sur lequel reposera de plus en plus le groupe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ La justice a autorisé la poursuite des travaux de la rocade qui cristallise l’opposition entre partisans d’une nouvelle infrastructure et défenseurs de l’environnement.
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Vingt ans d’opposition autour du grand contournement ouest de Strasbourg

La justice a autorisé la poursuite des travaux de la rocade qui cristallise l’opposition entre partisans d’une nouvelle infrastructure et défenseurs de l’environnement.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 12h08
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 17h31
    |

Nathalie Stey (Strasbourg, correspondance)







                        



                                


                            
La réalisation du grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, une rocade à péage devant faciliter la circulation des poids lourds en transit autour de l’agglomération alsacienne et soulager l’autoroute d’accès actuelle, va pouvoir se poursuivre.
L’association de sauvegarde de l’environnement Alsace Nature, qui estimait l’autorisation de démarrage des travaux délivrée par le préfet illégale, et demandait sa suspension, n’a pas obtenu gain de cause. Bien que les atteintes à l’environnement que génère ce projet ne soit pas bien justifiées par l’Etat, le tribunal administratif de Strasbourg a estimé mardi 25 septembre que suspendre sa réalisation, alors que les travaux préparatoires sont en cours, « porterait une atteinte d’une particulière gravité à l’intérêt général ».
Un projet vieux de vingt ans

Depuis bientôt vingt ans, le contournement ouest de Strasbourg cristallise l’opposition entre les partisans d’une nouvelle infrastructure, qui y voient un moyen de fluidifier le trafic routier nord-sud en Alsace, et les riverains et défenseurs de l’environnement, pour qui d’autres solutions sont possibles. Cette rocade de 24 km doit permettre de soulager l’autoroute existante (A35), non concédée et donc gratuite. Construite dans les années 1960, cette dernière est aujourd’hui totalement saturée, avec un trafic pouvant atteindre 200 000 véhicules par jour, dont 16 000 poids lourds. Le remède, défendu notamment par la chambre de commerce et d’industrie : séparer trafic de transit et trafic local. Pour ses défenseurs, le grand contournement ouest doit ainsi rendre le territoire alsacien plus attractif, en facilitant le trafic commercial.
Une première procédure de mise en concession est abandonnée par l’Etat en 2012, au motif que le concessionnaire pressenti — le groupe Vinci — ne parvient pas à réunir les 750 millions d’euros nécessaires à la construction de l’infrastructure. Une reconfiguration du projet est lancée, et c’est une rocade...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Au pays de l’agrobusiness, le sucre est roi. Le Brésil en est devenu le premier producteur mondial, et l’Etat de Sao Paulo représente 60 % de la production nationale. C’est ici que se développe la coopérative française.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Le pari brésilien du sucrier Tereos

Au pays de l’agrobusiness, le sucre est roi. Le Brésil en est devenu le premier producteur mondial, et l’Etat de Sao Paulo représente 60 % de la production nationale. C’est ici que se développe la coopérative française.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h26
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

A perte de vue, la canne à sucre trace ses lignes vert vif épousant les reliefs. Une couleur qui tranche avec le rouge sang de la terre. Cette « terra roxa », comme la dénomment les Brésiliens, si prisée de l’agrobusiness. Parfois, la silhouette d’un arbre à l’élégance surannée se détache sur l’horizon, témoignage d’un temps où la forêt régnait. Vous êtes au cœur de l’Etat de Sao Paulo, près de la ville de Sao Jose do Rio Preto.
Zones résidentielles barricadées, grands centres commerciaux, buildings…, apparemment, dans cette agglomération, l’argent de l’agrobusiness coule à flots. Alimenté aujourd’hui par deux sources principales : le suc de la canne et le latex de l’hévéa. Pourtant, ces cultures n’ont pas toujours été l’alpha et l’oméga de la richesse de cette région. Un temps, les plantations de café régnaient en maître, avec force esclaves à l’origine. Elles ont migré depuis vers le nord, dans l’Etat de Minas Gerais. Remplacées un temps par la culture d’oranges, qui, elle, s’est déplacée vers le sud.
La canne a pris le relais, l’Etat de Sao Paulo représentant désormais 60 % de la production nationale. Sachant que le Brésil est devenu le premier producteur mondial de sucre, avec 20 % de part de marché, et premier exportateur mondial, écoulant la moitié des 60 millions de tonnes échangées dans les flux internationaux. Avec 27 millions de tonnes, il est aussi le deuxième producteur mondial d’éthanol. Ces résultats illustrent la dynamique de l’industrie agricole brésilienne, au même titre que les positions de leader prises sur les marchés du soja, du bœuf, de la volaille, du café ou de l’orange. Au point que ses exportations agricoles ont pesé 96 milliards de dollars en 2017, soit 44 % des exportations totales, dans un pays où l’industrie agricole représente 22 % du PIB. Une stratégie de rouleau compresseur qui remonte aux années 1990.
Tereos a dû valser avec plusieurs partenaires
La libéralisation...




                        

                        


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Un an après la fin des quotas, les acteurs européens sous le choc

Le cours du sucre au plus bas depuis trois ans. A New York, il se négocie à 11,6 cents la livre.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h26
    |

            Laurence Girard








                        


Le 1er octobre, la filière sucrière européenne fêtera la première année de la fin des quotas. Fêtera n’est peut-être pas le terme approprié. Tant les industriels traversent une zone de forte turbulence. En cause : le cours du sucre au plus bas depuis trois ans. A New York, il se négocie à 11,6 cents la livre.
La perspective de la fin des quotas avait incité les coopératives Tereos et Cristal Union en France ou leurs homologues allemands SüdZucker et NordZucker à pousser les feux. Les planteurs de betteraves ont augmenté les surfaces de culture de près de 20 %. Ajoutez une météo favorable et vous obtenez une récolte record. Sauf qu’au même moment, l’Inde, la Thaïlande et le Brésil récoltaient des montagnes de canne. Les spéculateurs n’ont pas manqué de réagir à ce surplus et le cours du sucre a commencé à fondre au printemps 2017.
Alors que la nouvelle campagne débute en Europe, les premières estimations tombent. La sécheresse estivale a fait refluer les rendements. « La production de sucre pourrait s’élever à 18,8 millions de tonnes en recul de 2,4 millions de tonnes », estime Timothé Masson de la Confédération général des planteurs de betteraves. Au Brésil aussi, la canne a souffert de la chaleur. En attendant, la pression monte sur les industriels sous la violence de l’alignement depuis un an du prix du sucre européen sur le cours mondial.
Dans ce contexte tendu, Tereos, deuxième sucrier mondial derrière SüdZucker, est confronté à un vent de fronde. Depuis 2017, trois coopérateurs, ex-membre du conseil de surveillance, réclament à la direction plus de transparence, s’inquiètent de l’endettement de la coopérative et s’interrogent sur les résultats financiers de la stratégie d’internationalisation. Alexis Duval, président du directoire, a annoncé en juin qu’il envisageait une ouverture du capital. A la recherche de carburant financier pour poursuivre la route.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ Le blogueur Sylvestre Huet s’interroge sur ce que les chercheurs en économie et en sciences politiques peuvent apporter à la lutte contre le réchauffement du climat.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Le rapport de la commission d’enquête sur l’alimentation industrielle veut inciter le secteur agroalimentaire à mettre moins de sel, de gras, de sucre et d’additifs dans ses produits, et éduquer les enfants à bien manger.
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« Reprendre le pouvoir sur nos assiettes » : les députés s’attaquent à la malbouffe

Le rapport de la commission d’enquête sur l’alimentation industrielle veut inciter le secteur agroalimentaire à mettre moins de sel, de gras, de sucre et d’additifs dans ses produits, et éduquer les enfants à bien manger.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 09h50
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 14h36
    |

            Pascale Santi








                        



   


Après six mois de travail et une quarantaine d’auditions, la commission d’enquête parlementaire sur l’alimentation industrielle a voté son rapport, mercredi 26 septembre, à l’Assemblée nationale. Additifs, aliments trop sucrés, trop salés, transformés sont dans la ligne de mire de cette commission, constituée à la demande du groupe de La France Insoumise (LFI).
Elle veut s’attaquer à la malbouffe, et à ses effets sur la santé. Les autorités sanitaires alertent depuis des années, notamment sur le lien entre la mauvaise alimentation et le surpoids, l’obésité, les maladies chroniques… C’est là un enjeu de santé publique, alertent les députés. Plusieurs propositions sont ainsi formulées pour « reprendre le pouvoir sur nos assiettes », revendique Loïc Prud’homme, député LFI qui préside la commission. « Une mauvaise alimentation rend malade, voire tue », insiste-t-il, ajoutant que le législateur doit s’en emparer « de façon urgente ».

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La composition des produits a été passée au crible, l’enjeu étant de réduire le nombre d’additifs autorisés dans les produits transformés et ultra-transformés, de 338 autorisés aujourd’hui, à 48 d’ici à 2025, c’est-à-dire ceux qui sont aujourd’hui autorisés dans l’alimentation biologique. Le nombre d’additifs utilisés dans un seul produit serait aussi limité. Les industriels sont aussi invités à réduire la teneur en contaminants et résidus dans aliments et emballages.
« Accords collectifs »
De même, il est demandé d’interdire le dioxyde de titane, un additif alimentaire très courant. Le rapport fustige aussi les composants néoformés, notamment dans l’alimentation infantile. Plusieurs études ont récemment pointé le lien entre la consommation de ces aliments ultra-transformés et le risque de cancer. « Ces produits sont un fléau pour notre alimentation », estime Loïc Prud’homme, qui s’interroge aussi sur les possibles effets cocktail de ces substances.
Autre axe de réflexion, la teneur en sel. « L’Organisation mondiale de la santé recommande une consommation de sel limitée à 5 grammes par personne et par jour, alors qu’on est aujourd’hui à une fourchette comprise entre 10 et 12 grammes », soulignait en août la rapporteure de la commission et députée LRM, Michèle Crouzet.

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Un temps évoquée, la taxe sur les produits trop salés n’a pas été retenue. Mais la commission préconise de faire respecter les teneurs en sel des produits de panification à 18 grammes par kilo de farine, « un non-respect qui sera financièrement sanctionné ». Aujourd’hui, 30 % des apports quotidiens en sel viennent du pain en France, rappelle Michèle Crouzet.
« Les recommandations ne sont pas respectées », martèle Loïc Prud’homme. S’il est convaincu que seule la contrainte peut être efficace, cela ne semble pas la voie retenue par le gouvernement. Auditionné mardi 18 septembre par les membres de la commission parlementaire, le ministre de l’agriculture Stéphane Travert a plaidé en faveur de chartes de bonnes pratiques avec les industriels, afin de faire diminuer les taux de sucre, de sel et de gras dans les aliments transformés, plutôt que d’édicter des contraintes. « Je préfère privilégier cette promotion des accords collectifs », a plaidé le ministre.
Inégalités sociales
Il est crucial également de mieux informer le consommateur. L’une des propositions est de rendre plus contraignantes les publicités sur les produits destinés aux enfants. Il est aussi préconisé de rendre obligatoire la mise en place du Nutri-Score, le système d’étiquetage nutritionnel choisi par la France (aujourd’hui facultatif), sur les produits transformés ou ultra-transformés, et d’indiquer l’origine de ces produits, la proportion globale d’additifs… Le rapport recommande une refonte de la gouvernance de l’alimentation en France et des mesures pour lutter contre les inégalités sociales, car « les personnes qui ont le moins de moyens sont les premières atteintes par l’obésité », pointe le rapport.

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Les parlementaires veulent aussi améliorer la restauration collective par un recours accru à la filière biologique, que ce soit dans les cantines scolaires, les Ehpad, les établissements de soins, tout en travaillant sur le gaspillage alimentaire.
« On a posé des jalons, on espère que certains seront repris », insiste Loïc Prud’homme. « Il n’est pas trop tard pour sauvegarder une alimentation saine et durable », ajoute Michèle Crouzet, qui insiste sur la nécessité du suivi de la mise en œuvre de ces mesures.



                            


                        

                        

