<FILE-date="2018/09/26/19">

<article-nb="2018/09/26/19-1">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Ali Nesin, mathématicien turc, a reçu le prix Leelavati pour « son travail sans relâche ayant permis la création d’un lieu de paix, pour l’éducation, la recherche et la découverte des mathématiques pour tous ».
<filname="PROF-env_sciences-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’aventure d’un village mathématique

Ali Nesin, mathématicien turc, a reçu le prix Leelavati pour « son travail sans relâche ayant permis la création d’un lieu de paix, pour l’éducation, la recherche et la découverte des mathématiques pour tous ».



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 16h00
    |

                            Etienne Ghys (mathématicien, directeur de recherche au CNRS à l'Ecole normale supérieure de Lyon)








                        



                                


                            
Carte blanche. Tous les quatre ans, les mathématiciens du monde entier se retrouvent dans un congrès international qui est l’occasion de faire le point sur les recherches récentes mais aussi de remettre des prix prestigieux, dont les médailles Fields. Cet été, le congrès avait lieu à Rio de Janeiro, au Brésil, et ce fut un grand moment de science malgré deux incidents.
Tout d’abord, comme une préfiguration du drame de l’incendie du Musée national de Rio, trois semaines plus tard, l’énorme bâtiment qui devait abriter les conférences a été complètement détruit par un incendie trois jours avant l’ouverture du congrès. La résilience proverbiale des Brésiliens a permis d’ouvrir un autre lieu dans l’urgence. D’autre part, l’un des médaillés Fields, le mathématicien kurde CaucherBirkar, s’est fait voler sa médaille quelques instants après l’avoir ­reçue. On lui a remis une seconde médaille quelques jours plus tard, ce qui lui a permis de déclarer avec humour qu’il était le premier de toute l’histoire à recevoir deux fois la médaille Fields. Le Brésil a bien besoin d’humour à l’approche d’une élection présidentielle qui s’annonce catastrophique, en particulier pour la science.
Les médias français n’ont pas beaucoup parlé de ces médaillés Fields, probablement parce que, une fois n’est pas coutume, aucun d’entre eux n’est français. Et les autres lauréats sont passés complètement inaperçus. C’est dommage car l’un d’entre eux a largement emporté l’enthousiasme du public, si l’on en croit la standing ovation qui a suivi sa présentation. Ali Nesin a reçu le prix Leelavati (du nom d’un traité de mathématiques indien du XIIe siècle) pour « son travail sans relâche ayant permis la création d’un village mathématique qui est un lieu de paix, pour l’éducation, la recherche et la découverte des mathématiques pour tous ».
Fondation pour enfants défavorisés
L’histoire mérite d’être racontée. Ali Nesin est un mathématicien turc qui...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-2">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Le blogueur Sylvestre Huet s’interroge sur ce que les chercheurs en économie et en sciences politiques peuvent apporter à la lutte contre le réchauffement du climat.
<filname="PROF-env_sciences-2"> ¤ 
<article-nb="2018/09/26/19-3">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Nos 21 000 gènes ne représentent que 2 % du génome humain. Mais le reste n’est pas que de l’ADN poubelle. Une grande partie semble vouée à contrôler l’expression de nos gènes.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les parts d’ombre du génome humain

Nos 21 000 gènes ne représentent que 2 % du génome humain. Mais le reste n’est pas que de l’ADN poubelle. Une grande partie semble vouée à contrôler l’expression de nos gènes.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 13h31
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
Les défis de la science. Le dévoilement du génome humain est un chemin pavé de surprises. Un immense pas a été franchi en 1943 quand l’Américain Oswald Avery (1877-1955) a découvert que le support biologique de notre hérédité était l’ADN. En 1953, James Watson (né en 1928), Francis Crick (1916-2004) et la trop souvent oubliée ­Rosalind Franklin (1920-1958) révèlent sa structure – deux brins enroulés en une double hélice – qui lui permet d’être dédoublé, copié et transmis lors de la division cellulaire.
Reste à lire cet ADN pour y trouver les ­gènes supports de notre hérédité. Il est constitué d’une succession de molécules, les nucléotides (ou bases), elles-mêmes composées d’une partie fixe (un phosphate et un sucre) et d’une partie variable, une base azotée. Il en existe quatre notées A, C, G et T, qui s’assemblent deux par deux (A-T ou G-C) sur le double brin.

Décoder un gène revient à déterminer un enchaînement particulier de ces bases, une séquence capable d’être copiée en une molécule, l’ARN messager, afin de produire une protéine. Pour cela, il a fallu séquencer le génome. Comme le génome humain comprend 3,2 milliards de paires de base – dont 2,9 milliards sont lisibles – le travail s’annonçait titanesque. Il ira finalement assez vite. En 2003, 99 % du génome ­humain est séquencé. Surprise, il ne comporte qu’environ 20 000 gènes (le chiffre exact varie encore selon les auteurs) au lieu des 100 000 attendus, ce qui représente (seulement) 2 % de notre ADN.
Le reste ne serait-il que de l’ADN inutile, souvent qualifié de « poubelle » ? Ou bien les clés de notre complexité se trouveraient-elles dans la partie non codante ? En 2012, le programme de recherche international Encode penche en faveur de la seconde hypothèse. Il annonce que 80 % du génome humain est doté d’une fonction biochimique. « En fait, 50 % du génome ­humain est constitué de séquences amorphes répétitives, de pseudogènes inactifs, de transposons,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-4">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ En service depuis vingt-deux ans, la fusée européenne n’a connu que cinq déconvenues. Mais, trop coûteuse, elle va devoir céder peu à peu la place, entre 2020 et 2023, à Ariane 6.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                

En Guyane, Ariane 5 assure avec succès son centième vol

En service depuis vingt-deux ans, la fusée européenne n’a connu que cinq déconvenues. Mais, trop coûteuse, elle va devoir céder peu à peu la place, entre 2020 et 2023, à Ariane 6.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 06h44
   





                        



   


Ariane a célébré son 100e tir avec succès en Guyane : le lanceur lourd européen, d’une masse de 780 tonnes au décollage, a placé, mardi 25 septembre, sur orbite deux satellites de télécommunications.

        Lire aussi :
         

                Arianespace efface la crise guyanaise



En service depuis vingt-deux ans, Ariane 5 est auréolée depuis plusieurs années d’une réputation de fiabilité. Mais l’heure de la retraite approche. Trop coûteuse à produire, pas assez polyvalente, elle va devoir céder peu à peu la place, entre 2020 et 2023, à Ariane 6, plus adaptée au paysage spatial mouvant et très concurrentiel de ce début de siècle.
Jusqu’à présent, Ariane 5 avait réussi parfaitement 94 lancements sur 99. Le lanceur a connu deux vrais échecs, deux échecs partiels et, en janvier 2018, la fusée a placé sur une orbite dégradée deux satellites, mais ceux-là sont ensuite parvenus à rejoindre l’orbite visée.
Concurrence de SpaceX
La création de la société SpaceX d’Elon Musk, menant de front lancements institutionnels et lancements commerciaux avec son Falcon 9, a bouleversé le paysage. L’Europe spatiale a réagi en décidant de construire un lanceur plus compétitif pour résister à l’arrivée sur le marché des lanceurs américains.
Le coût de production d’Ariane 6 sera 40 % moins élevé que celui d’Ariane 5. Le vol inaugural de la future fusée européenne est prévu en 2020.

        Lire aussi :
         

                L’espace fait à nouveau rêver



En attendant, SpaceX a détrôné Arianespace en nombre de lancements en 2017 et l’écart s’est creusé en 2018. « Nous devons faire face à une concurrence d’une intensité sans précédent », reconnaît le patron d’Arianespace, Stéphane Israël.
D’ici à sa retraite définitive, en 2023, Ariane 5 devrait être lancée un peu moins d’une vingtaine de fois. « Je pense qu’elle devrait battre d’une courte tête Ariane 4 », qui a connu 116 lancements, avance M. Israël.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-5">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Dans une tribune adressée au « Monde », le neurochirurgien Marc Lévêque défend l’utilisation des outils de stimulation nerveuse contre la douleur. Un moyen, selon lui, de réduire la mortalité par overdose de morphine et de ses dérivés.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La neuromodulation contre la crise des opioïdes

Dans une tribune adressée au « Monde », le neurochirurgien Marc Lévêque défend l’utilisation des outils de stimulation nerveuse contre la douleur. Un moyen, selon lui, de réduire la mortalité par overdose de morphine et de ses dérivés.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 18h09
    |

                            Marc Lévêque (Neurochirurgien et spécialiste de la douleur)








                        



                                


                            
Tribune. Le gouvernement américain a dénombré 67 114 morts par opioïdes prescrits en 2016 et près de 72 000 en 2017, soit l’équivalent d’un crash d’A380 tous les trois jours. Les sociologues se sont penchés sur cette hécatombe, montrant que les « Blancs non hispaniques »étaient les principales victimes de ces overdoses sur ordonnances. Un récent article du JAMA Network Open montre une superposition de la cartographie du vote Trump et de cette mortalité.
On entrevoit ici les liens qu’entretiennent les maux de la mondialisation, qui frappent en particulier la classe moyenne, et la douleur chronique. Des hommes devenus superflus à leur économie trouvent dans les tourments de leur chair une ultime raison d’exister. La massification du chômage – qu’engendrera le développement vertigineux de l’intelligence artificielle et de la robotisation – laisse présager d’un phénomène loin de son zénith.
« La stimulation médullaire est une technique qui a fait la preuve de son efficacité, mais dont l’accès, en France, demeure extrêmement hétérogène »
La mondialisation, néanmoins, ne peut être tenue responsable de tous les maux, et les laboratoires pharmaceutiques sont aujourd’hui montrés du doigt. Depuis trente ans, la morphine et ses dérivés ont été modifiés, à la marge, pour diversifier ses modes d’administration et minimiser ses ­effets secondaires. Ces déclinaisons auront permis, surtout, de rendre « brevetable » une molécule ancestrale et d’accroître ainsi considérablement les profits d’un antalgique au pouvoir addictif très puissant. D’habiles plans marketing ont su convaincre un corps médical demeuré méfiant à l’égard d’une drogue connue depuis l’Antiquité.
Cette responsabilité des firmes pharmaceutiques a été pointée dès 2007, avec une amende de 600 millions de dollars infligée à ­Purdue Pharma. Le laboratoire prétendait qu’en raison de sa libération prolongée son Oxycontin (oxycodone) représentait une menace moindre de...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-6">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Nos journalistes ont répondu aux interrogations d’internautes sur l’avis rendu par le Comité consultatif national d’éthique.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 25/09/2018
Découvrir l’application


                        

PMA, GPA, accès aux origines, fin de vie : « Le gouvernement prend le pari de conduire un débat “apaisé” »

Nos journalistes ont répondu aux interrogations d’internautes sur l’avis rendu par le Comité consultatif national d’éthique.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 16h34
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 06h30
   





                        



   


Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu son avis, mardi 25 septembre, sur la prochaine révision de la loi de bioéthique, qui devrait être examinée en 2019.
Favorable à la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes, il propose plusieurs ouvertures, notamment pour la recherche sur les embryons surnuméraires. Il est aussi favorable à un accès aux origines pour les enfants issus de don de sperme et insiste pour que la loi sur la fin de vie soit mieux connue et appliquée.
Les journalistes du Monde Paul Benkimoun, Sandrine Cabut et Manon Rescan ont répondu aux questions d’internautes.

        L’avis du comité d’éthique :
         

          PMA, GPA, accès aux origines, fin de vie…



Hélène : S’agissant de la fin de vie, le texte signé par 156 députés de la majorité et publié par « Le Monde » en février ne serait pratiquement pas pris en compte ?
Manon Rescan : Contrairement, par exemple, à la question de la PMA pour les couples de femmes, le gouvernement est pour l’heure resté très prudent sur la question de la fin de vie. Tout d’abord, cela ne fera pas partie des lois de bioéthique qui seront révisées normalement début 2019, selon le calendrier donné par l’exécutif.
Une partie de la majorité pousse pour une nouvelle législation allant vers l’euthanasie active, mais cette position est loin d’être consensuelle. Agnès Buzyn, la ministre des solidarités et de la santé, s’affichait jusqu’à présent très réservée et ne souhaitait pas une nouvelle loi. Il y a quelques jours, elle a toutefois, dans Le Parisien, ouvert la porte à un aménagement de la législation actuelle, sans pour autant embrasser totalement les propositions des députés auxquelles vous faites référence.

        Lire aussi :
         

                Fin de vie : 156 députés font pression pour une nouvelle loi



Alain : Concernant la PMA, l’enfant aura-t-il toujours la possibilité de connaître sa filiation paternelle ?
Paul Benkimoun et Sandrine Cabut : Une majorité de membres du CCNE « souhaite la levée de l’anonymat, ce qui nécessitera une réflexion complémentaire sur les modalités de sa mise en place ». La décision de lever ou non cet anonymat appartient au législateur.
Le CCNE recommande que le dispositif ne concerne pas les dons préalablement effectués. Si le donneur souhaite rester anonyme, son choix devra être respecté et une information minimum sera alors communiquée à l’enfant.
Chat teigneux : Dans le cadre d’un don de gamète, le gouvernement va-t-il remettre en cause l’anonymat du donneur, même si ce dernier souhaite rester anonyme ?
M. R. : Le gouvernement n’a pas encore donné sa position à ce sujet. Les seules propositions politiques qui existent aujourd’hui au sein de la majorité sont celles du parti La République en marche (LRM), qui s’est prononcé en juillet pour que le donneur puisse révéler son identité, seulement si c’est son choix.
Si le donneur souhaite rester anonyme, Thomas Mesnier, député (LRM) de la Charente, chargé de ces questions au sein du parti propose que « l’enfant, à sa majorité, ait au moins accès à des données non identifiantes du type la couleur des yeux, des cheveux, ainsi qu’aux antécédents médicaux ».
Mais une fois encore, ce ne sont que les propositions de LRM ; il faudra attendre le projet de loi du gouvernement pour connaître ses propositions en la matière.

        Lire aussi :
         

                « La découverte de l’identité d’un donneur de gamètes risque d’engendrer des situations explosives »



Cam : Pensez-vous que le gouvernement pourrait risquer sa popularité sur la PMA, malgré l’avis du CCNE, étant donné la possible – probable – mobilisation de La Manif pour tous ?
M. R. : Pour le gouvernement, ce n’est pas une question de risque à prendre : il est déterminé à « aller au bout » de la promesse de campagne d’Emmanuel Macron, comme l’a répété ce matin Benjamin Griveaux, son porte-parole.
Mais il sait aussi que le risque est celui de la crispation populaire, et il prend le pari de conduire un débat « apaisé » sur ces questions. Agnès Buzyn mise sur la méthode, en attendant que tous les avis des instances consultatives soient rendus avant que le gouvernement n’avance.
Mais si La Manif pour tous parvient à mobiliser comme en 2013 et que l’opposition politique de droite s’empare de cette question, tous savent que le bras de fer sera rude.
Pepi : J’ai lu que le CCNE considérait que les couples hétérosexuels étaient en droit de cacher à leur enfant qu’il était né par don de gamètes. Est-ce vrai, et si oui, en quoi est-ce éthique ?
P. B. et S. C. : Dans un avis de 2005, le CCNE avait recommandé de 1) favoriser la levée du secret du mode de conception ; 2) respecter l’anonymat des donneurs et receveurs ; 3) permettre que l’enfant ait accès à des informations non identifiantes en maintenant l’anonymat des donneurs. Il fait un pas supplémentaire en souhaitant la levée de l’anonymat pour les futurs donneurs de sperme.
Orque : Qu’en est-il de la gestion de la filiation dans un couple de femmes ? Celle qui n’aura pas porté l’enfant pourra-t-elle simplement être « parente », ou devra-t-elle adopter l’enfant de sa compagne ?
P. B. et S. C. : L’avis 129 du CCNE n’aborde pas explicitement cet aspect. Il distingue bien le biologique, la filiation, qui fait l’objet de l’intention et de la reconnaissance juridique, et le parental, qui fait l’objet du soin et de l’éducation. Il insiste toutefois sur « l’importance pour l’enfant que la vérité sur la réalité de son origine lui soit révélée le plus tôt possible ».
David : Si on accorde la PMA pour les couples de femmes, n’y aura-t-il pas rupture d’égalité avec les hommes, créant une brèche pour autoriser la gestation pour autrui (GPA) dans l’avenir ?
P. B. et S. C. : Le CCNE insiste sur la différence fondamentale entre la PMA pour des couples de femmes ou des femmes seules et la GPA : cette dernière induit un risque de marchandisation du corps humain, ce qui n’est pas le cas dans la PMA.
Ruhr : En quoi être un couple de femmes ou être une femme seule est une « pathologie » pour leur autoriser la PMA ? En effet, la PMA était réservée aux couples hétérosexuels dont l’infertilité est médicalement constatée. Et étant des humains et non des escargots, c’est plutôt naturel qu’une femme (ou un homme) ne puisse se reproduire seul(e)…
P. B. et S. C. : La différence est la suivante : la PMA pour les couples hétérosexuels est proposée dans le cadre d’une infertilité pathologique. Dans le cas des couples de femmes ou de femmes seules, il s’agirait de « pallier une souffrance induite par une infécondité résultant d’orientations personnelles ».
H : La PMA ne donne-t-elle pas des droits supplémentaires aux femmes par rapport aux hommes, en les autorisant à procréer seules ? Est-ce que, constitutionnellement, cela tient debout ?
P. B. et S. C. : Les femmes, seules ou en couple, ne procréent pas seules, il y a toujours des gamètes masculins et un donneur. De fait, dans tous les couples, hétérosexuels ou non, c’est la femme qui porte l’enfant. En tout état de cause, une fois une loi promulguée, le Conseil constitutionnel peut être saisi pour se prononcer sur sa conformité avec la Constitution.

        Lire aussi :
         

                Elargissement de la PMA : le gouvernement veut aller au bout de la réforme







                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-7">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ La perte d’une fonction enzymatique, il y a deux millions d’années, nous a rendus plus endurants. Des souris porteuses de la mutation courent 12 % plus vite et 20 % plus loin…
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Cette mutation qui a fait de nous des coureurs hors pair

La perte d’une fonction enzymatique, il y a deux millions d’années, nous a rendus plus endurants. Des souris porteuses de la mutation courent 12 % plus vite et 20 % plus loin…



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 17h55
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Le Kényan Eliud Kipchoge a pulvérisé, dimanche 16 septembre, le record du monde en parcourant les 42 kilomètres du marathon de Berlin en 2 h 01 min 39 secondes. Soit 78 secondes de moins que le temps établi en 2014 par un autre Kényan. Une telle performance pourrait-elle s’expliquer par les gènes ?
Comparé à d’autres primates, on sait que l’homme est un coureur de fond hors pair. Cette faculté serait apparue il y a 2 à 3 millions d’années, en raison des adaptations anatomiques et physiologiques telles qu’une meilleure respiration cellulaire et une hypertrophie de l’épiderme améliorant la dissipation de la chaleur… selon une étude publiée le 12 septembre dans Proceedings of The Royal Society par des chercheurs de l’école de médecine de San Diego (université de San Diego, en Californie). Un avantage de poids pour le chasseur de l’époque. Cette spécificité pourrait être due à une mutation suggère l’étude, sur le gène CMAH, qui a entraîné la perte de la fonction d’une ­enzyme, de son petit nom CMP-Neu5Ac hydroxylase.
Jon Okerblom, thésard dans cette équipe de recherche, a étudié sa fonction chez la souris. « Nous avons évalué la capacité d’exercice chez des souris dépourvues de ce même gène CMAH, et nous avons constaté une augmentation des performances pendant les essais sur tapis roulant et après quinze jours de fonctionnement volontaire de la roue », expique-t-il. Ces souris porteuses de la mutation courent 12 % plus vite et une distance 20 % supérieure par rapport à leurs congénères, sans y être forcées. De plus, les souris présentaient une plus grande résistance musculaire à la fatigue, une meilleure respiration des cellules et davantage de capillaires, ce qui augmentait l’apport en sang et en oxygène aux muscles de leurs membres postérieurs.
Une double bénédiction
Ajit Varki, auteur de l’étude en question et professeur de médecine cellulaire et moléculaire, et Pascal Gagneux, directeur...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-8">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Malgré une légère hausse, le budget concernant la recherche ne permettra pas d’atteindre les objectifs européens.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Un budget de la recherche sous contrainte

Malgré une légère hausse, le budget concernant la recherche ne permettra pas d’atteindre les objectifs européens.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 12h46
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 12h49
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Le compte n’y est toujours pas. Malgré les ambitions répétées d’atteindre un plus haut niveau de dépenses en matière de recherche, le gouvernement, dans son projet de loi de finances pour 2019, présenté lundi 24 septembre, annonce une hausse modeste du budget du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, de 549 millions d’euros, soit 2 % de plus que l’an dernier. Sur cette enveloppe, 376 millions vont à la recherche, dont le budget public s’établira à un peu moins de 9 milliards. Le reste finance essentiellement le plan d’accompagnement des nouveaux étudiants.
« Il manque en gros 10 milliards publics et 30 milliards privés », reconnaît Amélie de Montchalin, députée LRM, rapporteuse de ce budget à l’Assemblée nationale.
L’Allemagne a d’ailleurs une dépense intérieure en recherche et développement qui dépasse de 40 milliards celle de la France, qui atteignait 50 milliards en 2016. En pourcentage, ce montant équivaut à 2,3 % du PIB, alors que l’objectif européen est à 3 % et que l’Allemagne dépasse 2,9 %.
Outre ce budget, des choses changeront en 2019. En juillet, la mission d’évaluation et de contrôle de l’Assemblée nationale (MEC), coprésidée par Amélie de Montchalin, avait fait une vingtaine de propositions. « Le but est que ce rapport serve dans les 6 à 18 mois, car la recherche est essentielle sur des sujets que nous portons, comme la réindustrialisation ou la croissance économique », précise la députée.
Le premier constat, récurrent, est celui de l’« illisibilité » du système à cause de sa complexité. D’où la demande de la réalisation rapide d’un système informatique, dit « SI Labo », permettant de mieux suivre les dépenses dans tous les labos français, par grands domaines de recherche, quelle que soit l’origine des fonds (budgets des établissements, appel d’offres…). Le rapport préconise aussi une loi de programmation pluriannuelle des moyens pour avoir une meilleure visibilité ; une demande...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-9">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Un à deux couples sur cent sont à risque d’avoir un enfant atteint d’une maladie génétique. Une quinzaine de firmes proposent des dépistages élargis, mais ils ne sont pas encore autorisés en France.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Vers des tests pré-conceptionnels

Un à deux couples sur cent sont à risque d’avoir un enfant atteint d’une maladie génétique. Une quinzaine de firmes proposent des dépistages élargis, mais ils ne sont pas encore autorisés en France.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 12h06
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Identifier les porteurs sains de maladies génétiques et les couples à risque de les transmettre à leur descendance. Le principe des dépistages préconceptionnels n’est pas nouveau, mais le sujet prend aujourd’hui une nouvelle dimension avec la possibilité de tester des centaines d’affections en même temps, pour un coût de quelques centaines d’euros, grâce au séquençage à haut débit. Sont concernées les maladies génétiques dites auto­somiques récessives (c’est-à-dire qui ne s’expriment que si les deux copies du gène sont mutées, le défaut génétique étant situé sur un chromosome non sexuel, ni X ni Y) et les maladies récessives liées à l’X.

Quand les deux futurs parents sont porteurs sains d’une mutation (hétérozygotes), ils ont un risque d’un sur quatre de donner naissance à un bébé malade. La probabilité est d’un sur deux d’avoir un enfant lui aussi porteur sain, et d’un sur quatre que celui-ci ne porte aucune des mutations parentales.
Mucoviscidose, drépanocytose, amyotrophie spinale… Plus de 1 300 maladies génétiques se transmettant sur le mode autosomique récessif sont recensées, de sévérité très variable. Globalement, un à deux couples sur cent est à risque d’avoir un enfant ­atteint par une de ces pathologies. Ce risque augmente en cas de consanguinité et, pour certaines affections, le niveau de risque varie selon l’origine géographique.

En menant des politiques très déterminées de dépistage de la thalassémie ou de la drépanocytose dans les couples, à partir des années 1970-1980, des pays comme la Grèce, l’Italie, Chypre et Cuba ont diminué drastiquement le nombre de personnes atteintes de ces maladies génétiques de l’hémoglobine. En Israël, le ministère de la santé a, lui, établi une liste de pathologies pour lesquelles il recommande des tests génétiques dans la population, selon l’origine géographique. La maladie de Tay-Sachs, une neurodégénérescence très sévère, a ainsi quasiment disparu chez les juifs ashkénazes.
Des...



                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-10">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Pour Ilana Löwy, historienne des sciences, même si les radiographies par rayons X - le premier examen permettant de visualiser le fœtus - datent de la fin de XIXe siècle, la préoccupation à propos de l’enfant à naître est bien plus ancienne.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Dès la renaissance, il y a la notion de bon sang ou de mauvais sang »

Pour Ilana Löwy, historienne des sciences, même si les radiographies par rayons X - le premier examen permettant de visualiser le fœtus - datent de la fin de XIXe siècle, la préoccupation à propos de l’enfant à naître est bien plus ancienne.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 12h06
    |

            Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Biologiste de formation, historienne des sciences et féministe, Ilana Löwy est directrice de recherche émérite à l’Inserm. Elle a récemment publié deux ouvrages sur l’histoire du diagnostic prénatal : Imperfect Pregnancies. A History of Birth ­Defects and Prenatal Diagnosis (Johns Hopkins University Press, 2017, non ­traduit) et Tangled Diagnoses. Prenatal Testing, Women and Risk (University of Chicago Press, 2018, non traduit).
A quand remontent les débuts du diagnostic prénatal ?
Les radiographies par rayons X ont été le premier examen permettant de visualiser le foetus. Elles ont été pratiquées de la fin du XIXe siècle aux années 1950, jusqu’à ce que l’on découvre que c’était dangereux pour le futur bébé. Le but était surtout de vérifier le bassin de la femme, en prévision de l’accouchement, mais cette technique a pu mettre en évidence des hydrocéphalies (excès de liquide céphalorachidien), qui étaient une indication de césarienne ; des anencéphalies (absence d’encéphale) ou encore des malformations osseuses majeures.
La préoccupation à propos de l’enfant à naître est cependant bien plus ancienne, d’où le souhait, dès la Renaissance, de se marier dans une bonne famille. Chez les nobles, on regardait l’hérédité de titre, d’argent mais aussi de sang, en recherchant dans l’arbre généalogique l’existence d’enfants déficients ou avec une tare. Il y avait la notion de bon sang ou de mauvais sang. Ainsi, la syphilis du nouveau-né, perçue au XIXe siècle comme une maladie héréditaire, a été nommée « mauvais sang ». Cette notion de pedigree était une forme d’eugénisme avant l’heure. Par ailleurs, à la Renaissance, les autopsies étaient souvent réalisées par des sages-femmes chez des femmes mortes en couches, pour en déterminer la cause, une malformation de l’utérus soupçonnée d’être héréditaire par exemple.
L’amniocentèse est aussi une pratique ancienne…
Effectivement,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-11">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Le Comité consultatif national d’éthique se prononce de nouveau en faveur de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes.
<filname="PROF-env_sciences-11"> ¤                     
                                                

PMA, GPA, accès aux origines, fin de vie… l’avis du comité d’éthique

Le Comité consultatif national d’éthique se prononce de nouveau en faveur de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 08h59
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 13h51
    |

            Paul Benkimoun et 
Sandrine Cabut








                        



   


La balle est désormais dans le camp du législateur. Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu public, mardi 25 septembre, son avis sur la loi de bioéthique à venir. Objectif, infléchir ce texte révisé pour la dernière fois en 2011 pour en faire « une loi de confiance dans l’individu sur les grandes avancées des sciences plutôt qu’une loi d’interdiction », selon les mots de son président, Jean-François Delfraissy. Pour cela, le CCNE suggère plusieurs ouvertures, notamment en matière de recherche sur les embryons surnuméraires, de possibilités d’accès des couples ayant un projet parental au diagnostic préconceptionnel ou de transfert in utero d’un embryon préalablement conservé après le décès de l’homme faisant partie du couple. Le comité réaffirme également sa position favorable à la procréation médicalement assistée (PMA) – ou assistance médicale à la procréation (AMP) – pour les couples de femmes ou les femmes seules.
Au-delà, le CCNE a exploré des domaines essentiels dans lesquels il s’était jusque-là peu aventuré comme santé et environnement ou numérique et santé. « Le numérique modifie complètement l’organisation de notre système de santé. Il pose aux individus la question de leur accord pour entrer dans des bases de données et plus globalement de la place du consentement dans la médecine de demain », souligne Jean-François Delfraissy.

        Lire aussi :
         

                PMA, GPA, fin de vie, « Crispr-Cas9 »… un lexique pour comprendre le débat sur la bioéthique



Procréation
Sur cette thématique parmi les plus attendues et les plus clivantes, le CCNE se prononce de nouveau – il l’avait déjà fait dans son précédent avis en juin 2017 – en faveur de l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules qui souhaitent procréer sans partenaire masculin grâce à un don de sperme. Aujourd’hui, la PMA est réservée aux couples hétérosexuels dont l’infertilité est médicalement constatée. En revanche, le CCNE réaffirme l’interdiction de la gestation pour autrui (GPA). « Sur l’AMP, nous sommes très sensibles à ce que nous avons entendu, sans pour autant avoir changé d’avis sur ce sujet qui ne fait pas consensus, même au sein du CCNE. Fondamentalement, il y a quelque chose de très différent entre AMP et GPA, justifie Jean-François Delfraissy. Avec la GPA, il y a un processus possible de marchandisation du corps humain. Avec l’ouverture de l’AMP pour les couples de femmes et les femmes seules, il n’y a pas de “nuisance”. »

        Lire aussi :
         

                8 questions sur la PMA



Autoconservation des ovocytes
Le CCNE est favorable à la possibilité de la « proposer, sans l’encourager », à toutes les femmes qui le souhaitent, après avis médical. « Nous avons un peu évolué par rapport à notre avis rendu en juin 2017, précise Jean-François Delfraissy. Nous étions partagés, mais l’écoute des sociétés savantes et des femmes elles-mêmes nous a fait nuancer notre position. L’un des arguments est que médicalement, c’est un peu moins lourd qu’on ne l’avait imaginé. A partir du moment où les femmes l’ont décidé, au nom de quoi le leur refuserait-on ? »
Accès aux origines
Le Comité d’éthique souhaite « que soit rendue possible la levée de l’anonymat des futurs donneurs de sperme, pour les enfants issus de ces dons. Les modalités de cette levée d’anonymat devront être précisées et encadrées, dans les décrets d’application, notamment en respectant le choix du donneur ». 
Fin de vie
Si le sujet divise, « il y a un consensus sur le fait que les conditions de la fin de vie en France ne sont pas bonnes », relève Jean-François Delfraissy. Le Comité d’éthique propose de ne pas modifier la loi Claeys-Leonetti de 2016 (droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès), mais insiste sur « l’impérieuse nécessité que cette loi soit mieux connue, mieux appliquée et mieux respectée ». « Une fraction de personnes estiment que la fin de vie relève d’une décision individuelle. Nous n’allons pas jusque-là. Mais il faut explorer le plus loin possible cette loi et obtenir impérativement un plan de développement des soins palliatifs avec le budget ad hoc », insiste le président du CCNE. Le comité souhaite aussi que soit réalisé un travail de recherche pour étudier un certain nombre de situations exceptionnelles auxquelles la loi actuelle pourrait ne pas répondre.

        Lire aussi :
         

                Fin de vie : que dit la loi ?



Embryon 
Oui aux nécessaires recherches sur les embryons surnuméraires ne faisant plus l’objet d’un projet parental ; non à la construction d’un embryon à des fins de recherche, préconise le CCNE. Le comité souhaite aussi « ne plus soumettre la recherche sur l’embryon et celle sur les cellules souches au même régime juridique ». « Deux problèmes totalement différents, selon le président du CCNE. Le premier est celui de ce qu’est l’embryon et de ce que l’on peut faire ou ne pas faire. L’enjeu avec les cellules souches n’est pas leur origine, mais ce qu’on en fait. Actuellement, il n’y a aucune régulation. »
Génomique
« Le séquençage à haut débit du génome est accessible sur Internet, bien que cette pratique soit interdite en France, et il se fait à des coûts de plus en plus bas. Les résultats vont dans des bases de données américaines », constate Jean-François Delfraissy. S’il ne souhaite pas une ouverture au diagnostic génétique à toute la population, le comité prône la mise en place rapide d’une étude sur le retentissement qu’aurait un tel diagnostic en population générale. En revanche, il suggère d’ouvrir l’accès au diagnostic préconceptionnel à des couples ayant un projet parental et souhaitant connaître la présence éventuelle de certaines anomalies génétiques, même en l’absence de signes les faisant suspecter. Cela se ferait d’une manière encadrée, sur prescription d’une équipe médicale spécialisée avec remboursement par l’Assurance-maladie.
Numérique et santé
« C’est un sujet essentiel, qui est traité pour la première fois dans le cadre des lois de bioéthique, souligne Jean-François Delfraissy. Avec les bases de données de l’Assurance-maladie, la France dispose d’un atout majeur, et peut encore être un acteur dans ce domaine. Il ne faudrait donc pas rentrer dans une logique trop bloquante de réglementation au prétexte des craintes individuelles. » Le CCNE préconise un cadre qui « permettrait de renforcer l’efficacité et l’efficience de notre système de santé, tout en conservant la souplesse opérationnelle nécessaire à l’accompagnement de l’innovation ». La révolution numérique ne doit cependant pas pénaliser les citoyens qui n’ont pas accès cette technologie. Ces derniers, qui représentent 20 % à 22 % des Français, selon le professeur Delfraissy, sont souvent des personnes âgées, migrantes ou en situation de fragilité qui ont le plus besoin du recours aux soins.
Santé et environnement
Sujet majeur de préoccupation dans la société, ce thème a été assez peu pris en compte dans la concertation citoyenne, note le CCNE. Le comité préconise des réflexions multidisciplinaires sur ce champ « dont les résultats permettraient de soutenir mieux qu’aujourd’hui les décisions politiques », estime-t-il. Il souhaite en particulier impliquer les entreprises.
Don d’organes
Le CCNE met l’accent sur la réduction des inégalités régionales en matière d’offre de greffons et en particulier celles les plus marquées entre l’outre-mer et la métropole. L’autre recommandation vise à donner un « statut » aux donneurs vivants pour qu’ils ne supportent pas les conséquences financières de leur geste généreux.

Neurosciences
« La génomique et les grandes bases de données n’ont pas encore totalement pénétré ce domaine et les aspects pratiques demeurent assez lointains », analyse Jean-François Delfraissy. Le CCNE est hostile à l’application d’une technique médicale donnant des indices sur l’activité cérébrale (IRM fonctionnelle) dans le domaine judiciaire, le « neuromarketing », la sélection à l’embauche ou les assurances.

Vaste concertation citoyenne
Pour préparer son avis, le CCNE a organisé une vaste concertation citoyenne, les Etats généraux de la bioéthique. La synthèse des contributions a été mise en ligne en juin. L’avis « 129 », qui prolonge ces travaux, s’est construit lors de onze réunions de son comité plénier entre juin et septembre. Si les 40 membres du CCNE ne sont pas parvenus à un consensus sur tous les sujets, ils ont pu atteindre ce que son président, Jean-François Delfraissy, qualifie d’« assentiment majoritaire ».






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-12">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ L’analyse de l’ADN circulant dans le sang de la femme enceinte permet de détecter  de plus en plus d’anomalies chez l’enfant à naître.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 24/09/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Les mutations du dépistage prénatal

L’analyse de l’ADN circulant dans le sang de la femme enceinte permet de détecter  de plus en plus d’anomalies chez l’enfant à naître.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 09h57
    |

            Paul Benkimoun et 
Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Matinée ordinaire de consultation pour la docteure Géraldine Viot, généticienne dans l’unité de diagnostic prénatal de l’Hôpital américain de Paris. Face à elle, une jeune femme de 36 ans enceinte de trois mois, adressée par son gynécologue. Géraldine Viot l’interroge sur ses antécédents obstétricaux et familiaux, regarde son dossier médical.
« Votre échographie est parfaite, mais il y a un marqueur biochimique dont le taux est un peu élevé, résume-t-elle. En combinant les données de l’échographie, des marqueurs, et votre âge, l’algorithme a évalué le risque de trisomie 21 pour votre bébé à 1/474. Selon les critères de la Haute Autorité de santé (HAS), nous pouvons vous aider à affiner ce risque en vous proposant une quantification de l’ADN fœtal dans votre sang. »
Sur une feuille blanche, la généticienne dessine des chromosomes, tout en expliquant le principe de ce dépistage : de l’ADN du fœtus passant dans la circulation maternelle, son « pesage » permet de détecter un éventuel chromosome 21 surnuméraire. Cet ADN fœtal libre peut être quantifié dès la onzième semaine d’aménorrhée, et jusqu’à la vingt-septième.
« Si l’examen est négatif, on arrête de vous embêter, car le risque de trisomie 21 est alors divisé par cent, soit 1/47 000. S’il est positif, la probabilité qu’il s’agisse réellement d’une trisomie est de 99,9 %, et nous réaliserons une amniocentèse pour confirmer le diagnostic », poursuit la praticienne.
Pas encore de prise en charge par l’Assurance-maladie
Le résultat du test, qui recherche aussi les trisomies 13 et 18 – plus rares et beaucoup plus sévères que la trisomie 21, sera connu en dix jours. Son coût, 390 euros, n’est pas encore pris en charge par l’Assurance-maladie, « mais beaucoup de mutuelles participent déjà », assure Mme Viot, en incitant sa patiente à en faire la demande.
Arrive ensuite un couple, dont la femme est enceinte de cinq semaines. Elle aussi...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-13">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Des chercheurs américains ont mis en évidence les performances tactiles de la loutre : aussi précise que l’humain et beaucoup plus rapide.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 24/09/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Le toucher éclair de la loutre de mer

Des chercheurs américains ont mis en évidence les performances tactiles de la loutre : aussi précise que l’humain et beaucoup plus rapide.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 17h20
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

La loutre de mer est un miracle d’adaptation. Installée dans les eaux froides du Pacifique Nord, elle ne dispose d’aucune des caractéristiques habituelles pour résister aux températures peu clémentes (1 °C à 13 °C) de l’océan : ni la grande taille des morses ou des phoques ni la couche de graisse qui leur sert d’isolant.
Pour remplacer la seconde, ce mustélidé profite d’une fourrure particulièrement dense qu’il enduit, plusieurs fois par jour, d’une huile sécrétée par les glandes de sa peau. Et pour remédier à sa moindre taille, il a développé un métabolisme exceptionnel. Chaque jour, la loutre ingurgite 25 % de son poids, contre 10 % pour les mammifères équivalents, telle sa cousine des rivières européennes. « Trouver des proies rapidement est donc essentiel pour elles et cela leur impose d’avoir un système sensoriel particulièrement sensible à leur environnement », indique Sarah McKay Strobel, doctorante de l’université de Californie à Santa Cruz (UCSC).
De nombreuses recherches sur la loutre de mer ont été conduites ces dernières années. En 2015, des scientifiques japonais ont ainsi fait entrer le mammifère dans le club très restreint des animaux capables de manier un outil, en l’occurrence un galet pour casser la coquille d’un ormeau. « Mais ni leur système sensoriel ni leurs capacités cognitives n’avaient été étudiés », poursuit la chercheuse.
Pour remédier à cette lacune, les chercheurs de UCSC ont d’abord procédé par élimination. Mammifères obligés de respirer dans l’air, les loutres avaient peu de chance de disposer d’un odorat performant dans l’eau. Des expériences avaient aussi écarté leurs capacités auditives. Chasseuses de nuit comme de jour, il était peu probable qu’elles privilégient la vue. Enfin, les coussinets de leurs pattes comme les vibrisses de leur museau présentent une usure manifeste. Les Californiens ont donc décidé de se pencher sur le toucher. Leur expérience et ses résultats...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-14">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Les plus anciennes infrastructures hydrauliques, datant de 8 000 ans, ont été mises au jour en Géorgie. Elles auraient engendré une inondation catastrophique.
<filname="PROF-env_sciences-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Des canaux antédiluviens dans le Caucase

Les plus anciennes infrastructures hydrauliques, datant de 8 000 ans, ont été mises au jour en Géorgie. Elles auraient engendré une inondation catastrophique.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 06h00
    |

                            Vahé Ter Minassian








                        



                                


                            

Voilà huit mille ans, la gestion raisonnée des ressources en eau constituait déjà un problème. C’est ce qu’indique une récente étude d’une équipe franco-géorgienne, réalisée dans la région du Caucase. Vincent Ollivier, ingénieur de recherche du CNRS, au Laboratoire méditerranéen de préhistoire Europe Afrique (Lampea), et ses collègues ont découvert, à proximité du site néolithique de Gadachrili Gora, en Géorgie, un ensemble de canaux.
Ils affirment, dans les Quaternary Science Reviews, non seulement que ces infrastructures hydrauliques sont les plus anciennes du monde, mais également qu’elles furent probablement la cause d’un des premiers incidents de génie civil de l’histoire humaine : une inondation qui, aux alentours de l’an 5 900 avant J.-C., aurait dévasté un village…
Connu depuis les années 1960, mais exploré à partir de 2006 seulement, Gadachrili Gora est l’un des plus vieux sites néolithiques du Caucase. « Entre 2012 et 2013, des chercheurs français et géorgiens y ont découvert les vestiges d’un village fait d’une succession de cours entourées de bâtiments en terre crue de forme circulaires, ainsi que de nombreux restes : ossements, graines, outils, moulins, éléments de parures ou poteries », indique Caroline Hamon, chargée de recherche CNRS au laboratoire Trajectoires. En novembre 2017, une équipe internationale a même ­annoncé y avoir trouvé, au fond de jarres, des résidus de vin âgés de 8 000 ans… Un record mondial si ce résultat devait être confirmé !

Un sous-affluent du fleuve Koura, le Shulaveri, coule de nos jours en contrebas de cette zone. Mais qu’en était-il voilà huit millénaires ? C’est ce qu’ont voulu ­savoir Vincent Ollivier et ses collègues en étudiant la stratigraphie du site. Ces géomorphologues ont examiné les berges fortement encaissées de la rivière et ont repéré des structures de deux à quinze mètres de large et de deux mètres de profondeur correspondant à des restes d’anciens canaux...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-15">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Un Américain a pu faire fonctionner ses jambes grâce à l’implant d’une électrode connectée à une commande extérieure, selon une étude publiée lundi.
<filname="PROF-env_sciences-15"> ¤                     
                                                

Un paraplégique parvient à marcher grâce à des stimulations électriques

Un Américain a pu faire fonctionner ses jambes grâce à l’implant d’une électrode connectée à une commande extérieure, selon une étude publiée lundi.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 18h21
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 06h31
   





                        



   


Aux Etats-Unis, un jeune homme totalement paralysé des jambes a réussi à marcher avec le seul appui des bras et d’un déambulateur, grâce à l’implant d’une électrode, selon une étude américaine publiée lundi 24 septembre par Nature Medicine.
L’homme, devenu paraplégique à la suite d’un accident à motoneige, avait endommagé sa moelle épinière au niveau du milieu du dos. Il ne pouvait plus ni bouger ni sentir quoi que ce soit en dessous de la lésion.
Dans le cadre de cette étude commencée en 2016, trois ans après son accident, les chirurgiens de la clinique Mayo de Rochester, dans le Minnesota, ont installé un implant porteur d’une électrode dans l’espace péridural en dessous de la zone lésée de sa colonne vertébrale. Cette électrode, reliée à un stimulateur implanté dans la région abdominale, était connectée sans fil à une commande extérieure.
Le jeune homme, âgé aujourd’hui de 29 ans, a ensuite suivi des sessions de stimulations électriques et d’exercices physiques combinés pendant quarante-trois semaines. Au bout de deux semaines, il pouvait déjà se lever et faire quelques pas, soutenu par un harnais, sous stimulation électrique.
102 mètres en un an
Pendant cent treize sessions d’entraînement réparties sur un an, les chercheurs de la clinique Mayo et de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) ont ajusté les exercices pour donner le maximum d’indépendance au patient. Celui-ci est ainsi parvenu à marcher sans harnais, avec l’appui fourni par le déambulateur ou en se tenant à des barres sur un tapis roulant, et même à trouver son équilibre sans regarder ses jambes dans un miroir.
Au total, sur un an, il a réussi à parcourir 102 mètres, soit la longueur d’un terrain de football, précise l’étude dirigée par la docteure Kristin Zhao et le docteur Kendall Lee.

        Lire aussi :
         

                Le grand flou des logements « accessibles » aux handicapés



« C’est la première fois qu’on peut mettre en œuvre chez un homme totalement paralysé du bas du corps un processus de marche sur tapis roulant ou avec déambulateur », souligne la docteure Kristin Zhao. Dans de précédentes expérimentations, des volontaires paraplégiques avaient été capables, sous stimulation électrique, de bouger volontairement les hanches, les chevilles ou les orteils, mais pas de marcher.
« L’étude montre qu’après implant et sous stimulation électrique, le patient a pu recouvrer le contrôle volontaire de ses jambes », a expliqué Kendall Lee lors d’une conférence de presse, tout en reconnaissant que « le mécanisme précis qui a rendu cela possible reste inconnu ».
« Poursuivre la recherche »
« L’étude montre que le système nerveux central peut s’adapter après une blessure grave, et qu’avec des interventions comme la stimulation péridurale, on peut regagner un certain contrôle des fonctions motrices », ajoute la docteure Zhao. Toutefois, « il faut souligner qu’en dépit des succès obtenus pendant l’étude, le patient continue de mener sa vie quotidienne en chaise roulante ». En effet, dès que la stimulation électrique s’arrêtait, il revenait à son état de paralysie initiale, et il n’a pas récupéré de sensation corporelle.
L’étude porte en outre sur un seul individu, et « il faut poursuivre la recherche dans ce domaine pour mieux comprendre qui peut bénéficier de ce type d’intervention », dit la docteure Zhao.
Ce travail vient renforcer, avec d’autres expérimentations, l’idée que « des fonctions qu’on pensait définitivement perdues » pourraient être réactivées grâce à des technologies nouvelles.
En France, des chercheurs grenoblois de Clinatec, un centre de recherche biomédicale, ont conçu un exosquelette piloté par une puce placée dans la tête d’une personne paralysée.

        Lire aussi :
         

                Un tétraplégique pilote un exosquelette avec son cerveau






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-16">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ L’image de Kim Phuc avait fait le tour du monde en 1972. Elle a subi divers traitements au laser depuis 2015 pour atténuer les séquelles des brûlures.
<filname="PROF-env_sciences-16"> ¤ 
<article-nb="2018/09/26/19-17">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Pour le diabète et l’insuffisance rénale chronique, le plan « Ma santé 2022 » va permettre de privilégier les soins les plus pertinents.
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Maladies chroniques : le financement au forfait bien accueilli

Pour le diabète et l’insuffisance rénale chronique, le plan « Ma santé 2022 » va permettre de privilégier les soins les plus pertinents.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 15h29
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Parmi les 54 mesures de la réforme du système de santé, baptisée « Ma santé 2022, un engagement collectif », annoncées mardi 18 septembre par le gouvernement, l’une d’entre elles concerne le financement au forfait de deux pathologies chroniques : le diabète et l’insuffisance rénale chronique. A partir de 2020, ce sera élargi à d’autres pathologies, selon ce plan.
Concrètement, la mesure devrait figurer dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui est examiné par l’Assemblée nationale, et être effective en 2019. « Il n’y aura plus de paiement [de l’hôpital par l’Assurance-maladie] à chaque consultation, mais un forfait pour solde de tout compte, charge à l’hôpital de faire en sorte que ses patients n’aient pas besoin de revenir vingt fois », indiquait-on à l’Elysée.
L’association de patients Renaloo s’est félicitée mercredi 19 septembre de cette annonce, indiquant qu’il s’agit d’une « révolution dans le financement de la prise en charge des maladies rénales ». De nombreux rapports – Cour des comptes, Assurance-maladie, Haute autorité de santé – ont montré ces dernières années que le système annuel de financement de la dialyse est un frein au développement des bonnes pratiques.
La tarification à l’activité (T2A), qui date de 2007, consistant à facturer chaque acte, et non plus à avoir un budget global, pousse les soignants à multiplier les examens les plus coûteux. L’insuffisance rénale chronique est emblématique de ces dysfonctionnements. La Cour des comptes avait notamment souligné les effets pervers de la rentabilité excessive de la dialyse. Les chiffres sont éloquents : plus de 80 % de la prise en charge de l’insuffisance rénale – 4 milliards d’euros par an – sont consacrés à la dialyse. L’objectif est ici de distribuer cette très forte enveloppe selon des critères nouveaux, basés sur des indicateurs de qualité médicale, mais aussi reposant sur la satisfaction et l’expérience des...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-18">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Près de Montélimar, la grotte Mandrin, fouillée en continu depuis les années 1990, raconte l’évolution des sociétés néandertaliennes. Les chercheurs s’interrogent après la découverte de 1300 pointes de silex, dont l’extrême finesse semble anachronique.
<filname="PROF-env_sciences-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A la recherche des derniers néandertaliens de France

Près de Montélimar, la grotte Mandrin, fouillée en continu depuis les années 1990, raconte l’évolution des sociétés néandertaliennes. Les chercheurs s’interrogent après la découverte de 1300 pointes de silex, dont l’extrême finesse semble anachronique.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 12h55
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 10h09
    |

            Pierre Barthélémy (Malataverne (Drôme), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Du haut de cette montagnette drômoise parsemée d’une végétation chétive typiquement méditerranéenne, le panorama est magnifique. Dans le lointain, la vallée du Rhône se rétrécit et le serpent d’eau se faufile entre deux reliefs. Immédiatement en contrebas, dans ce qui fut jadis un bras du fleuve et qui ­s’apparente aujourd’hui à un défilé, l’homme moderne a concentré toutes ses autres voies de communication : voitures et camions empruntent l’autoroute A7, la nationale 7 ainsi que la départementale 169, tandis que, à intervalles réguliers, les rames de TGV font vrombir l’air encore chaud de ce mois de septembre. Le paysage a beaucoup évolué au fil des millénaires, allant de la forêt tropicale à la steppe sibérienne, mais une chose n’a pas changé : l’endroit a toujours été un des plus grands axes de l’Europe occidentale. Ce qui explique que le petit nid d’aigle d’où nous surplombons la vallée n’a cessé d’être occupé par différents groupes humains, qu’ils soient néandertaliens ou sapiens.
Vidéosurveillance continue
Ici, c’est la grotte Mandrin – plutôt un abri sous roche qu’une véritable grotte –, ainsi baptisée en mémoire du brigand du XVIIIe siècle Louis Mandrin qui y fit quelques passages. Le lieu n’est pas indiqué et le chemin qui y grimpe non plus. On a choisi la discrétion. Ludovic Slimak, chercheur au CNRS (laboratoire Traces, Toulouse) et responsable des fouilles paléoanthropologiques qui se déroulent dans la grotte chaque été, explique que le site, protégé des intempéries par une grande verrière et ceint d’une ­clôture, fait l’objet d’une vidéosurveillance ­continue : « Les images sont transmises en temps réel aux forces de l’ordre. En décembre 2017, deux personnes encagoulées sont passées mais elles ont très vite déguerpi dans les collines car la police municipale qui patrouillait dans le secteur est ­intervenue en trois minutes… »
A première vue, pourtant, rien de spectaculaire ni d’attirant. Une petite centaine...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-19">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Pour le psychiatre et éthologue, la découverte d’un monde mental chez l’animal implique un devoir moral des êtres humains à leur égard. Il participe à la conférence « S’aimer comme des bêtes », le 7 octobre au Monde Festival.
<filname="PROF-env_sciences-19"> ¤     


                Boris Cyrulnik : « L’attention à la maltraitance animale témoigne d’une société plus morale »


Pour le psychiatre et éthologue, la découverte d’un monde mental chez l’animal implique un devoir moral des êtres humains à leur égard. Il participe à la conférence « S’aimer comme des bêtes », le 7 octobre au Monde Festival.

LE MONDE
                 |                 24.09.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 10h34
                 |

            Laetitia Van Eeckhout

















Derniers articles publiés


            Simon Porte Jacquemus, la valeur montante de la mode


            L’amour dans le rétro : « Avant la loi Veil, faire l’amour était devenu ma hantise »


            A Montréal, le Monde Festival fait dialoguer le Québec et la France



Tous les articles






les articles les plus partagés


            « Tomber amoureux, cela n’arrive pas par hasard »


            Boris Cyrulnik : « L’attention à la maltraitance animale témoigne d’une société plus morale »


            « De plus en plus d’histoires d’amour démarrent à l’âge de la retraite »






les plus partagés











   


Psychiatre et éthologue, célèbre pour son invention du concept de résilience et ses interventions dans les débats éthiques, Boris Cyrulnik applique les méthodes de la recherche sur le comportement animal à l’étude de la psyché humaine. Il participe dimanche 7 octobre, avec la chercheuse en écologie comportementale Elise Huchard et l’océanographe François Sarano, au débat du Monde Festival « S’aimer comme des bêtes ».
Depuis une trentaine d’années, les scientifiques découvrent des capacités sociales insoupçonnées chez l’animal. Quels sont selon vous les exemples les plus marquants dans ce domaine ?
Dès les années 1950, des chercheurs, des primatologues, notamment Harry et Margaret Harlow, ont réussi à prouver que les animaux étaient des êtres sensibles. En isolant des singes et plus tard des chiens, en les privant d’altérité, on s’est rendu compte que ces animaux développaient des activités autocentrées sur eux-mêmes : balancements, tournoiements et, en cas d’émotions fortes, auto-agression. Les enseignements de ces expérimentations, bien que très convaincants, n’ont pu, à l’époque, entrer dans notre culture cartésienne et chrétienne.
Depuis dix, quinze ans, des neuroscientifiques ont démontré que les mammifères et même les oiseaux possèdent une conscience, ce qui veut dire qu’ils connaissent le plaisir et la souffrance. Ils ont les mêmes zones d’émotion et de mémoire que les humains. Lorsque l’on pique ou coupe un animal, les mêmes substances chimiques d’alerte agissent sur les mêmes zones cérébrales.

        En débat au Monde Festival :
         

          S’aimer comme des bêtes



Au sein de certaines espèces, les animaux gardent le même partenaire toute la vie. Peut-on dire qu’ils « s’aiment » au sens où on emploie ce terme chez les humains ? 
Chez les animaux, le déclenchement d’une manifestation d’orientation sexuelle passe par la perception de substances odorantes, par la perception visuelle ou par des cris. Même lorsqu’un animal se familiarise avec un partenaire, on peut parler d’attachement mais non d’amour. Les êtres humains connaissent probablement cette dimension de la perception qui déclenche une motivation sexuelle intense. Mais l’amour chez les humains est un sentiment intense de plénitude, déclenché par une représentation intime dépourvue de toute perception d’odeur, visuelle ou de cri.

        Sur la sexualité des animaux :
         

          Les animaux ont toujours pratiqué la sexodiversité



Les animaux savent aussi collaborer, parfois mieux que les humains. Que peuvent nous apprendre les relations sociales animales sur la psychologie humaine ?
Les animaux nous apprennent beaucoup sur le fonctionnement de notre cerveau sculpté par notre milieu. A partir des expérimentations du couple Harlow, on a montré à quel point nos bébés, même s’ils sont sains biologiquement, n’avaient aucune chance de se développer correctement s’ils restent seuls, s’ils ne sont pas en présence de quelqu’un qui les tranquillise, les sécurise.

        A lire aussi :
         

          Nos animaux nous aiment-ils ?



Les altérations comportementales, biologiques et neurologiques provoquées par la solitude sont exactement les mêmes chez les jeunes mammifères supérieurs et chez nos enfants. De même qu’un jeune animal isolé n’apprend pas les rituels de jeu, un enfant, s’il est seul, n’apprend ni à jouer ni à parler, il n’apprend rien de tout ce qui caractérise la condition humaine.
Avec d’autres personnalités, vous avez appelé, il y a deux ans, à la création d’un secrétariat d’Etat à la condition animale. Le mouvement croissant contre la maltraitance animale constitue-t-il un tournant dans notre société ?
On peut en effet parler de tournant. Nous avons été très longtemps influencés par Descartes, qui ne pensait l’animalité qu’en termes de machine, puisque l’esprit était réservé à l’être humain. Dans un monde cartésien, les animaux n’ont pas de monde intime.
Nous savons maintenant – cela a été démontré – que les animaux, non seulement sont des êtres sensibles, mais qu’ils ont un monde mental. Ce monde mental diffère bien sûr du nôtre. Mais un animal est capable de traiter des informations présentes ou passées et de s’en servir pour résoudre ou anticiper un problème.
En milieu naturel, on a observé des singes effeuiller une branche, la traîner sur plusieurs kilomètres, l’introduire délicatement dans une termitière, attendre que les termites grimpent dessus puis la sortir pour manger les insectes. Les animaux fabriquent des outils, se servent de pierres pour casser des noix, ils ont des rituels culinaires. Cette vision de l’animal autre que celle de la simple machine a eu du mal à entrer dans notre culture cartésienne. Tout n’est pas encore gagné.
Comment analysez-vous cette évolution ? Que dit-elle de notre société ?
L’attention croissante portée à la maltraitance animale témoigne d’une société de plus en plus morale. Nous prenons conscience que nous ne pouvons plus nous permettre de torturer un être vivant qui va souffrir et qui possède un monde mental, même s’il est différent du nôtre. Dès lors que nous avons une empathie pour d’autres êtres vivants, une inhibition morale nous empêche de passer à l’acte, de torturer.

        Lire le débat :
         

          « La question animale nous force à ouvrir les yeux sur ce que nous sommes devenus »



Etes-vous en faveur d’un droit animal ?
Les animaux ont droit au respect car ce sont des êtres vivants. Nous devons donner aux animaux le droit de vivre sans être torturés par les humains. Mais cela nous donne avant tout des devoirs à nous, êtres humains, le devoir de ne pas torturer, détruire ou rendre malheureux des êtres vivants, quand bien même ils sont différents de nous. Il est dans notre intérêt de respecter le monde vivant, écologique comme animal : si on le détruit, on se détruit nous-mêmes.
« Le Monde » organise, dans le cadre du Monde Festival, une conférence intitulée « S’aimer comme des bêtes ? » sur les comportements et sentiments dans le monde animal, avec Boris Cyrulnik, la chercheuse en écologie comportementale Elise Huchard et l’océanographe François Sarano. Au Palais Garnier, dimanche 7 octobre, de 14 heures à 15 h 30.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.





Laetitia Van Eeckhout
    













<article-nb="2018/09/26/19-20">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Le centre Artemis étudie l’impact de l’environnement sur la fertilité des couples, sur les pathologies de grossesses ou les malformations congénitales.
<filname="PROF-env_sciences-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Bordeaux, des couples souffrant d’infertilité limitent leur exposition aux polluants

Le centre Artemis étudie l’impact de l’environnement sur la fertilité des couples, sur les pathologies de grossesses ou les malformations congénitales.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 13h40
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

Leïla et Olivier (les prénoms ont été modifiés), infirmiers libéraux de 35 et 38 ans, ont quitté Paris pour Bordeaux, cadre de vie qu’ils imaginaient plus propice pour fonder une famille. Ils y ont monté un cabinet qui fonctionne bien, et retapent leur maison de ville. Mais la chambre d’enfant reste désespérément vide. « Spermogrammes, échographies, repos, vacances…, énumère la jeune femme. Depuis trois ans, on a fait tous les examens, suivi tous les conseils… Tout est normal mais on n’y arrive pas. »
Comme 15 % des couples en France, Leïla et Olivier souffrent d’« infertilité inexpliquée ». Résolus à recourir à une insémination, ils n’en ont pas moins accepté la suggestion d’Aline Papaxanthos, médecin de la reproduction qui les suit au centre d’assistance médicale à la procréation du CHU de Bordeaux, de consulter au centre Artemis (pour Aquitaine reproduction enfance maternité et impact en santé environnement). Première plate-forme d’évaluation et de prévention de la santé environnementale consacrée à la reproduction mise en place en France, cette structure se trouve au sein même de l’hôpital.
Les effets néfastes des perturbateurs endocriniens auxquels nous soumet notre environnement sont de plus en plus documentés. Ces substances, susceptibles d’interférer avec notre système hormonal, sont mises en cause en particulier dans les troubles de la reproduction : diminution de la qualité du sperme (entre 1973 et 2011, la concentration du sperme humain en spermatozoïdes a décliné de 50 % à 60 % dans les pays occidentaux), augmentation des malformations génitales masculines, baisse de l’âge de la puberté chez les filles…
Equipe multidisciplinaire
Opérationnelle depuis 2016, Artemis a été créée dans le cadre de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens adoptée en avril 2014, en partenariat avec l’agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine, l’Agence nationale de...




                        

                        

