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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Le chorégraphe Salia Sanou explore l’identité et le déracinement à travers des duos avec la danseuse Germaine Acogny et l’écrivaine Nancy Houston.
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« Multiple-s », une triplette dansante et parlante aux Francophonies de Limoges

Le chorégraphe Salia Sanou explore l’identité et le déracinement à travers des duos avec la danseuse Germaine Acogny et l’écrivaine Nancy Houston.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 17h48
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 18h16
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Salia Sanou rayonne. Encadré par la danseuse Germaine Acogny, alias « Maman Germaine », et l’écrivaine Nancy Huston, le chorégraphe burkinabé a la voix qui rit. On peut difficilement rêver mieux comme alliance intrépide.
La triplette est à l’affiche des Francophonies en Limousin, les 27 et 28 septembre, avec Multiple-s, mis en scène par Salia Sanou. Le projet doit regrouper « trois face-à-face avec Nancy, Germaine et le musicien Babx, qui accompagne les trois pièces », détaille le chorégraphe. « C’est aussi un dialogue avec la littérature, la danse et la musique. Chacun va également explorer les thèmes de l’identité, du déracinement. » Si les deux premiers volets – au programme du festival limougeaud – ont déjà été créés, le troisième, avec Babx, sera présenté à Montpellier Danse en juin 2019.
« L’apéro avec Maman Germaine »
Ces deux alliées féminines, Salia Sanou, 48 ans, directeur du Centre de développement chorégraphique la Termitière à Ouagadougou, les a rencontrées à différents carrefours de sa vie. « Maman Germaine », 74 ans, figure intraitable de la danse sur le continent depuis les années 1970, élue en 2016 par Le Magazine de l’Afrique parmi les cinquante intellectuels africains qui comptent, fait partie de la photo de famille. « Les termes de “maman” et de “papa” dans la culture africaine désignent une référence, une autorité », précise celui qui a fait ses apprentissages auprès d’elle à l’Ecole des sables, à Dakar.

« Je me suis dit “wouah !”, quand Salia m’a proposé ce spectacle, s’exclame Germaine Acogny. J’étais très contente et anxieuse. Dès la première séance de travail, il m’a relaxée en mettant sur le tapis le rituel de l’apéro avec Maman Germaine. Autrement dit, la main gauche sur le cœur et… tchin tchin ! »
En 2016, c’est le texte Limbes/Limbo, un hommage à Beckett, de Nancy Huston que Salia...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Avec « L’Affaire Sparsholt », le grand romancier anglais joue de l’ellipse pour parcourir soixante ans d’évolution de la société britannique. Epoustouflant.
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Les jeux du sexe et du secret d’Alan Hollinghurst

Avec « L’Affaire Sparsholt », le grand romancier anglais joue de l’ellipse pour parcourir soixante ans d’évolution de la société britannique. Epoustouflant.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 16h00
    |

            Raphaëlle Leyris








                        



                                


                            
L’Affaire Sparsholt (The Sparsholt Affair), d’Alan Hollinghurst, traduit de l’anglais par François Rosso, Albin Michel, 608 p., 24,90 €.

Un jour, Alan Hollinghurst a cessé d’être un « écrivain gay ». Il a arrêté d’être cantonné à cette caractéristique biographique, et son œuvre, d’être réduite à la sexualité de ses personnages – il faut dire qu’il a fait son entrée sur la scène littéraire, en 1988, avec le très débridé et explicite La Piscine-bibliothèque (Christian Bourgois, 1991 ; retraduit en 2015 chez Albin Michel).
Une phrase fluide et dense dans sa beauté classique
C’est sans doute avec La Ligne de beauté (Fayard, 2005), son quatrième roman, lauréat du Man Booker Prize 2004, que cet homme né en 1954 a commencé à être réellement reconnu pour ce qu’il est : l’un des plus grands auteurs anglais de notre époque, toutes catégories confondues, tant il semble incapable d’écrire une phrase qui ne soit frappante, à la fois fluide et dense dans sa beauté classique. Tant, aussi, ses romans témoignent simultanément d’un talent d’observation faisant scintiller chaque détail (qu’il soit drôle, tragique ou étonnant) et d’un sens de la composition qui lui permet de manœuvrer sans lourdeur ses grandes machines romanesques – il avoue parfois rêver de romans courts. Des machines puissantes, d’une richesse qui appelle la relecture.
En France, le grand public l’a surtout découvert avec L’Enfant de l’étranger ­ (Albin Michel, 2013), qui reçut le Prix du meilleur livre étranger. Le moins que l’on puisse dire est qu’elle n’avait pas volé sa récompense, cette somptueuse fresque traversant le XXe siècle, auscultant l’évolution de la société britannique, ses rapports de classes, son attitude à l’égard de l’homosexualité et des amours non conformes.
Un scandale mêlant politique et sexe
A bien des égards, L’Affaire Sparsholt, son sixième roman, ressemble à L’Enfant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Chantre d’une modernité aussi bien formelle que technicienne, le poète fait l’objet d’un hommage exemplaire sur Arte.
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« Blaise Cendrars - Comme un roman », entrée dans le monde du poète

Chantre d’une modernité aussi bien formelle que technicienne, le poète fait l’objet d’un hommage exemplaire sur Arte.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 16h00
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        


Arte, mercredi 26 septembre à 22 h 30, documentaire
Une épitaphe à l’image d’un parcours et d’une invention sans égal : « Là-bas gît/ Blaise Cendrars/ Par latitude zéro/ Deux ou trois dixièmes sud/ Une, deux, trois douzaines de degrés/ Longitude ouest/ Dans le ventre d’un cachalot/ Dans un grand cuveau d’indigo. » C’est l’écrivain lui-même qui l’a composée et livrée bien avant sa disparition en janvier 1961. Imagée et fulgurante, elle dit le parcours atypique et l’écriture flamboyante, où tous les genres se conjuguent, comme les curiosités, au nom d’un goût de l’aventure d’une juvénilité inentamée.
Né citoyen suisse en 1887, Frédéric Louis Sauser se choisit un nom de phénix, évoquant les braises et les cendres, pour signer Les Pâques, son premier poème, rédigé d’un seul trait dans la nuit new-yorkaise, en avril 1912, cri de désespoir, appel de naufragé au moment même où sombre le Titanic. Blaise Cendrars, donc.
Car c’est bien l’invention qui est au cœur de sa vie. Qu’il imagine des Poèmes élastiques ou enchante la Prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France. Qu’il s’adonne à la peinture, lui qu’éblouit l’éclat solaire de Robert et Sonia Delaunay, lui qui fréquente Chagall, Cocteau et Max Jacob, pose pour Modigliani et se lie à jamais d’amitié avec Fernand Léger, ou pige pour le cinéma dans le sillage d’Abel Gance, Cendrars s’essaie à tout ce qui est neuf, chantre d’une modernité aussi bien formelle que technicienne.
Une écriture de soi singulière
L’avion, l’acier, l’automobile, mais aussi le roman populaire – c’est lui qui milite auprès de ses amis pour la reconnaissance de Fantômas –, tout l’enthousiasme et s’il lui arrive de se lasser d’un milieu dont il perçoit les conventions, il s’échappe, s’évade, pour retrouver ailleurs la flamme juvénile qui le consume et l’alimente tout à la fois. Ce sera Munich, Moscou et l’appel de la Sibérie, plus tard New York, par amour, plus durablement le Brésil, à plusieurs reprises, puis l’Afrique, après la cruelle expérience de la Grande Guerre. Engagé volontaire dans l’armée française, ce qui lui vaut sa naturalisation, il perd au feu à l’automne 1915 le bras droit, d’où pour le poète la première expérience de la prose, si délicate qu’il faudra près de trente ans pour qu’il ne livre La Main coupée (1946).
La deuxième guerre mondiale le mobilise encore, correspondant de guerre pour l’armée anglaise en 1939. Retiré ensuite à Aix-en-Provence, Cendrars s’y consacre à une écriture de soi toujours résolument singulière avec une tétralogie (L’Homme foudroyé, La Main coupée, Bourlinguer et Le Lotissement du ciel) qui compose de son propre aveu des « mémoires qui sont des mémoires sans être des mémoires ». Il reprend également en recueil ses poèmes (Du monde entier au cœur du monde, Denoël, 1957) et fait la connaissance d’un jeune photographe, Robert Doisneau avec lequel, sympathie oblige, il signe La Banlieue de Paris (Seghers, 1949), qui révèle le jeune artiste.
D’une élégance et d’une justesse rares, le documentaire de Jean-Michel Meurice sait tout à la fois retracer un parcours biographique singulier, souligner la profonde originalité du geste créateur de Cendrars, sertir le tout dans un habillage visuel et sonore exemplaire par la qualité des images et la pertinence des choix. Chantre de la « beauté nouvelle » dont il célébra toutes les audaces, Cendras méritait cet éloge d’une écriture fervente sans démesure. Trois mois après la disparition de sa fille Miriam, à l’âge de 98 ans, ce chant d’amour vaut « tombeau », au sens où les classiques l’entendaient.
Blaise Cendrars - Comme un roman, de Jean-Michel Meurice (France, 2017, 52 minutes).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ La pièce de Shakespeare, mise en scène par Thomas Ostermeier à la Comédie-Française, est dominée par les prodigieuses Georgia Scalliet et Adeline d’Hermy.
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Théâtre : « La Nuit des rois » a mauvais genre, tant mieux

La pièce de Shakespeare, mise en scène par Thomas Ostermeier à la Comédie-Française, est dominée par les prodigieuses Georgia Scalliet et Adeline d’Hermy.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 15h54
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Des chimpanzés sur la scène de la Comédie-Française. Il s’amuse bien, Thomas Ostermeier. Et le mieux, c’est sans doute de s’amuser avec lui, dans cette version de La Nuit des rois, de Shakespeare, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle était très attendue, et qui s’ouvre donc avec de – faux – primates qui vous observent d’un air entendu.
Le directeur de la Schaubühne de Berlin, devenu à 50 ans un des maîtres incontestés de la mise en scène en Europe, n’était jamais venu dans la Maison de Molière, où il était ardemment désiré. Il a choisi de prendre le public traditionnel du Français – ou ce qu’il imagine être ce public – à rebrousse-poil. Au risque de signer une mise en scène un peu potache par moments et qui, de fait, a défrisé une partie des spectateurs, lors de la première du spectacle, lundi 24 septembre.

Il serait dommage, pourtant, de ne pas entrer dans le jeu, plus complexe qu’il n’en a l’air, mis en place par l’artiste allemand dans cette mise en scène qui prend d’assaut la virilité et la notion de genre, et qui ne craint pas d’aller vers la franche comédie, voire vers la farce, avec des passages irrésistiblement drôles. La présidence Macron en prend ainsi pour son grade, au fil de quelques improvisations piquantes.
Un réjouissant jeu de rôles
C’est une version tout à fait contemporaine du vertigineux jeu de doubles inventé par un Shakespeare qui retourne toutes les identités, notamment sexuelles, comme « un gant de chevreau très fin et très souple ». Sur un rivage d’Illyrie (l’Albanie actuelle) ont échoué après une tempête, chacun de son côté, un frère et une sœur jumeaux, Sébastien et Viola. Pour survivre, Viola se travestit en homme, et entre au service du duc Orsino, qui se languit d’amour pour la pure et vertueuse Olivia.
Orsino, pourtant, ne sera pas tout à fait insensible aux charmes de son jeune page, non plus que la comtesse Olivia. Le premier aime donc bien une femme alors qu’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Diffusé sur la chaîne Histoire, le documentaire montre comment les trésors de Nubie, notamment Abou Simbel, ont été préservés des eaux.
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« Egypte : les temples sauvés du Nil », récit d’un sauvetage pharaonique du patrimoine

Diffusé sur la chaîne Histoire, le documentaire montre comment les trésors de Nubie, notamment Abou Simbel, ont été préservés des eaux.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 15h00
    |

            Mustapha Kessous








                        


Histoire, mercredi 26 septembre à 20 h 40, documentaire
Depuis plus de trois mille ans, le grand temple d’Abou Simbel fait fièrement face aux eaux du Nil. Situé au fin fond de l’Egypte, non loin de la frontière soudanaise, ce majestueux sanctuaire consacré à Ramsès II a bien failli disparaître à jamais. En effet, en 1954, le président Nasser avait décidé de lancer la construction d’un immense barrage près d’Assouan, afin de maîtriser les caprices du fleuve comme ses multiples crues qui détruisaient au passage d’innombrables hectares de récoltes. Ainsi, cet ouvrage vital pour le développement du pays devait permettre une parfaite irrigation des terres et une meilleure production électrique. Mais ce chantier colossal nécessitait de sacrifier des vestiges antiques. Et pas n’importe lesquels…
Faire vite
Toute une partie d’une région d’Egypte, la Nubie, allait être inondée et, avec elle, d’inestimables monuments datant de l’époque glorieuse des pharaons – dont Abou Simbel – se retrouveraient engloutis. Mais pour les égyptologues du pays et étrangers, comme la Française Christiane Desroches Noblecourt, il était impossible de laisser ce riche patrimoine disparaître sous les eaux : il fallait à tout prix trouver une solution pour le préserver. En 1960, la jeune Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), alors dirigé par le haut fonctionnaire René Maheu, lança un appel à la communauté internationale pour sauver les temples de Nubie.
Des ingénieurs et des architectes du monde entier se mobilisèrent, mais il fallait faire vite : les travaux du barrage avaient débuté et il ne restait que quelques années pour mettre en œuvre un plan de sauvegarde des temples. Les méthodes les plus invraisemblables avaient été alors utilisées pour y arriver. C’est ainsi que celui d’Abou Simbel avait été démonté pierre par pierre. Les statues géantes et les fresques intérieures avaient été découpées à la scie puis remontées à l’identique plus en hauteur, à l’abri de la future montée des eaux. Ce documentaire explique, à travers des images d’archives, comment les plus beaux vestiges de la Nubie ont pu être préservés. On peut voir des milliers d’hommes travailler dans des conditions épouvantables, s’atteler à déplacer une partie de l’Histoire. C’est aussi à ce moment-là qu’est véritablement née la notion de « patrimoine universel ».
Egypte. Les temples sauvés du Nil, d’Olivier Lemaître (France, 2018, 90 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Alors que le ministère de la culture réfléchit à un assouplissement des règles relatives à la publicité télévisée, les autres médias craignent une fuite des annonceurs.
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Publicité : la bataille qui oppose la télévision à la presse et la radio

Alors que le ministère de la culture réfléchit à un assouplissement des règles relatives à la publicité télévisée, les autres médias craignent une fuite des annonceurs.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 12h31
    |

                            Alexandre Berteau








                        



                                


                            

Les chaînes de télévision en rêvent depuis longtemps. Le gouvernement pourrait bientôt exaucer leurs vœux. Dans le cadre de la loi audiovisuelle prévue pour le premier semestre 2019, l’exécutif étudie la possibilité de mettre fin à deux règles imposées à la publicité télévisée : l’interdiction des réclames sur le cinéma, l’édition littéraire et les opérations commerciales de la distribution d’une part, et de la publicité différenciée selon les téléspectateurs d’autre part. Un sujet sur lequel le ministère de la culture avait déjà lancé une consultation publique, il y a un an, et qui suscite de vifs affrontements entre les chaînes privées d’un côté, et la presse et la radio de l’autre.
Actuellement, les dernières sorties cinéma ne peuvent faire l’objet d’un spot publicitaire sur le petit écran, pas plus que les nouveaux romans ou les promotions de la grande distribution. Impossible par ailleurs de pratiquer la publicité dite « segmentée » (ou ciblée) en diffusant des annonces différentes selon la ville, l’âge ou la profession du téléspectateur. Un ciblage pourtant permis sur Internet, et dont profitent les acteurs du Web, au premier rang desquels Google et Facebook, qui ont capté à eux seuls 78 % des investissements des annonceurs dans le numérique en 2017, selon l’Observatoire de l’e-pub.
« La télévision ne peut pas faire de la publicité ciblée alors que ces géants américains, qui ne contribuent pas à la création audiovisuelle et ne paient presque pas d’impôts en France, y ont le droit, déplore Régis Ravanas, président du Syndicat national de la publicité télévisée et directeur général adjoint de la publicité du groupe TF1. Va-t-on les laisser encore longtemps s’accaparer les revenus de la publicité ? »
Une possible redistribution des cartes
Mais la levée de ces interdictions est loin d’être réclamée par tous les médias. La presse et la radio craignent que les annonceurs s’en détournent pour bénéficier de la force de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Johann Chapoutot et Christian Ingrao ont réagi sur les réseaux sociaux à la critique – négative – de leur « Hitler », publiée par « Le Monde » le 21 septembre. Une mise au point s’impose.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Une réponse aux auteurs de la biographie d’Hitler aux PUF

Johann Chapoutot et Christian Ingrao ont réagi sur les réseaux sociaux à la critique – négative – de leur « Hitler », publiée par « Le Monde » le 21 septembre. Une mise au point s’impose.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 13h48
    |

            Jean Birnbaum et 
                                Florent Georgesco








                        


« Le Monde des livres » a publié dans son édition du 21 septembre, sous la signature de l’historien André Loez, une recension du livre récemment paru de Johann Chapoutot et Christian Ingrao (Hitler, PUF), qui se concluait par ces mots : « Il faut regretter que l’indéniable familiarité des auteurs avec l’histoire du nazisme n’ait pas abouti au travail fiable et rigoureux qui s’imposait sur un tel sujet, et qu’on pouvait attendre d’eux. »
De façon inhabituelle, les deux historiens ont, depuis, réagi publiquement en diffusant sur les réseaux sociaux un texte dans lequel ils estiment que leur livre aurait été « mal lu », jugement qu’ils pensent étayer en avançant, sur cinq points, que les erreurs ou omissions relevées par notre collaborateur « ne sont pas présentes dans [leur] texte ».
Vérités factuelles
Or elles le sont, et d’autres encore, non mentionnées dans cette brève recension. Il convient donc, hors de tout esprit de polémique envers des auteurs dont les travaux précédents ont été régulièrement salués dans nos colonnes, de rétablir quelques vérités factuelles, mises à mal par leur réponse.
Ce qu’ils y écrivent sur la Nuit de cristal, la déclaration de guerre aux Etats-Unis et la question de la prise de décision du génocide, qu’André Loez leur avait reproché de ne pas traiter, lui donne en fait raison : ces points ne sont pas abordés dans le livre, puisqu’ils sont uniquement cités dans la « Chronologie » placée en fin de volume – simple liste de dates et d’événements qui ne font, selon l’usage, l’objet d’aucun commentaire. Les auteurs n’ont réellement analysé ces trois questions dans aucun passage de leur livre.La réponse de Johann Chapoutot et Christian Ingrao sur l’allusion, dans l’article, aux pages qu’ils consacrent aux Jeux olympiques de 1936 ne correspond pas à ce qu’André Loez a écrit, c’est-à-dire : « Alors que trois pages du livre sont dévolues aux Jeux olympiques de 1936, certaines des décisions les plus marquantes du Führer disparaissent. » Répondre qu’il s’agit dans ces pages de « la situation de l’Allemagne nazie dans le concert des nations », ce qui va de soi à propos d’une telle compétition, revient à faire croire qu’André Loez les aurait accusés de s’en être tenus à la dimension sportive de l’événement, idée bien sûr absente de son article. Il s’agissait de relever une disproportion, eu égard aux lourdes omissions que nous avons rappelées.Un caporal, à rebours de l’erreur signalée par André Loez, qu’ils réitèrent en lui répondant, n’est pas un sous-officier, du moins pas dans l’armée bavaroise, dont Hitler fut soldat pendant la première guerre mondiale. Il y avait plus précisément reçu le grade de gefreiter, qui correspond, dans l’armée française, au statut d’un soldat de première classe. Johann Chapoutot et Christian Ingrao écrivent en outre dans leur réponse : « Est-ce vraiment ce détail qui fonde l’originalité et la pertinence du travail de Thomas Weber (…) ? », alors qu’André Loez ne cite pas l’historien allemand sur ce point. Ce qu’il écrit en réalité, c’est que Thomas Weber, dans La Première Guerre d’Hitler (Perrin, 2012), a établi qu’Hitler n’avait jamais été « un soldat comme un autre », ainsi qu’ils l’avancent dans leur livre.Comme André Loez le notait dans l’article, s’étonnant qu’on explique un événement de mars 1933 par un autre survenu en juillet de la même année, Johann Chapoutot et Christian Ingrao écrivent bien dans le livre que « l’obtention d’un accord du Vatican pour la signature d’un concordat en juillet 1933 » est ce qui « permet à Hitler de se rallier les voix du parti catholique Zentrum pour le vote de la loi des pleins pouvoirs le 23 mars 1933 ». Il n’est pas question, comme ils l’écrivent pour justifier cette phrase, d’une « espérance » mais d’une « obtention » et d’une « signature ». Au demeurant, il n’est pas possible d’affirmer, ainsi qu’ils le font dans leur réponse, que « toute l’historiographie lie les deux événements ». Le politiste Ivan Ermakoff, par exemple, écarte ce facteur explicatif dans Ruling Oneself Out (Duke University Press, 2008), de même que l’historien Martin Menke dans son article de synthèse sur la question (« Misunderstood Civic Duty », Journal of Church and State, 2009).Selon les deux historiens, le chiffre de « 20 millions de chômeurs » en Allemagne en 1932, qu’André Loez jugeait invraisemblable, est le résultat des « avancées de la recherche », qui auraient permis d’ajouter aux chiffres habituels les chômeurs « non recensés ». Aucune source n’est citée pour justifier cette assertion. On peut en revanche trouver dans la nouvelle édition (septembre 2018) d’un livre qui fait autorité, Weimar Germany. Promise and Tragedy, d’Eric D. Weitz (Princeton University Press, 1re édition 2007), toujours pour 1932, le chiffre de 8 millions de chômeurs, en incluant ceux qui n’étaient pas recensés (pour 6 millions de chômeurs officiels), soit 40 % de la main-d’œuvre allemande potentielle. Laquelle s’élevait donc, selon Eric D. Weitz, à environ… 20 millions. Le chiffre avancé dans le Hitler de Chapoutot et Ingrao correspondrait ainsi à un taux de chômage de 100 %.
La place nécessaire
Les auteurs défendent ensuite l’intérêt des sources historiographiques de leur livre, ce qui ne constitue pas une réponse : André Loez leur avait seulement reproché de ne pas les expliciter.
Il est par ailleurs inexact d’écrire que l’article serait paru « dans un temps record », pour sous-entendre que le travail aurait été bâclé. Certes, il a été publié au lendemain de la parution du livre. Mais l’éditeur, selon l’usage constant du métier, avait adressé des exemplaires (les « épreuves non corrigées ») au « Monde des livres » et à André Loez début juillet. Ce dernier a eu deux mois pour les lire en détail, avant de recevoir en septembre le livre définitif, dans lequel les erreurs déjà notées étaient toujours présentes.
Il n’est pas dans les habitudes du « Monde des livres » de consacrer de longs articles à des livres qu’il ne recommande pas à ses lecteurs, quand bien même il estime devoir les traiter, notamment lorsqu’il reconnaît, comme c’est le cas ici, l’importance de leurs auteurs. En conséquence, André Loez n’a pas disposé de toute la place nécessaire pour évoquer toutes les erreurs qu’il a relevées dans le bref ouvrage de Johann Chapoutot et Christian Ingrao, erreurs dont nous tenons la liste à leur disposition.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ A 76 ans, le metteur en scène reprend un formidable « George Dandin » à la MC93 de Bobigny, avant de partir en tournée.
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Théâtre : Jean-Pierre Vincent, une histoire française

A 76 ans, le metteur en scène reprend un formidable « George Dandin » à la MC93 de Bobigny, avant de partir en tournée.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 10h03
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 10h10
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Soixante ans de théâtre, il faut croire que cela conserve. A 76 ans, Jean-Pierre Vincent est en pleine forme. L’œil vif, la moustache batailleuse si besoin. Ses derniers spectacles attestent que l’on peut continuer à remettre l’ouvrage sur le métier, et l’améliorer de jour en jour. Après En ­attendant Godot, de Beckett, créé en 2015, qui a triomphé à travers la France pendant deux ans, après Iphigénie en Tauride, de Goethe, en 2016, le metteur en scène signe un passionnant George Dandin, de Molière, visible à la MC93 de Bobigny, avant de repartir lui aussi pour une longue tournée.

C’est comme si son heure était venue. Non pas que l’homme soit tout à fait inconnu, qui a dirigé le Théâtre national de Strasbourg (1975-1983), la Comédie-Française (1983-1986), le Théâtre des Amandiers de Nanterre (1990-2001), et signé près de cent spectacles depuis 1958. Mais Jean-Pierre Vincent était resté légèrement dans l’ombre de toute une génération de metteurs en scène qu’il a contribué à promouvoir et à produire. Moins star que Patrice Chéreau, moins « arty » que Claude Régy, moins génialement maudit que Klaus Michael Grüber, moins inventif qu’André Engel, moins à la mode que ne l’ont été Georges Lavaudant ou Jean-Marie Villégier…

Mais beaucoup plus présent sur la scène politico-culturelle que le discret Alain Françon, qui poursuit lui aussi un parcours artistique exemplaire. Du coup, Jean-Pierre Vincent est devenu, de l’avis de tous les observateurs, le « patron » du théâtre français. C’est lui qui monte au créneau, à coups de tribunes dans la presse, ou de prises de parole publiques, pour défendre le modèle d’un théâtre public toujours à reconstruire, et dont il est l’incarnation.
Jean-Pierre Vincent, metteur en scène : « Je suis profondément passionné par l’Histoire, viscéralement, depuis toujours, mais j’ai horreur du passé »
Quand on lui demande s’il a mis beaucoup de lui dans ce George Dandin joué par...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La formation créée en 2011 sort un album consacré à Don Redman, grand chef d’orchestre du swing.
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L’Umlaut Big Band fait danser sur le jazz des origines

La formation créée en 2011 sort un album consacré à Don Redman, grand chef d’orchestre du swing.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 09h22
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Cela ne devait avoir lieu qu’une fois. Pour rejouer, le temps d’un ­concert, en novembre 2011, en grande formation, « ce jazz des années 1920 et 1930, la musique de danse de l’époque, comme plus tard le rock’n’roll, le disco », explique Pierre-Antoine Badaroux, le saxophoniste, compositeur, arrangeur et directeur artistique de l’Umlaut Big Band. Sept ans plus tard, avec peu ou prou les mêmes musiciens qu’à l’origine, la formation est toujours active.
Son quatrième album vient de paraître, The King of Bungle Bar, consacré à la musique de Don Redman. Le planning des concerts – « entre quinze et vingt par an » – de la saison 2018-2019 est déjà bien remplie. Avec, chaque fois que cela est possible, selon les salles, les envies des organisateurs, la proposition que le concert, comme pour cette première fois, soit aussi un bal. Pour retrouver les pas du charleston, du fox-trot, du lindy hop, du jive… ou s’y essayer.
« Une musique très sophistiquée »
Au sein de l’Umlaut Big Band se produisent des musiciens qui n’étaient pas vraiment au fait du jazz des origines mais que l’on trouve surtout dans des ensembles de musiques expérimentales, improvisées, contemporaines. « Ce n’est pas un orchestre de spécialistes de ce style, souligne Pierre-Antoine Badaroux, mais, par la pratique, nous sommes devenus des connaisseurs plus aguerris. Avec un répertoire qui va plutôt chercher des compositions à la marge, qui font entendre des éléments qui résonnent avec des choses contemporaines, une musique du passé qui n’est pas en contradiction avec l’envie d’une musique de création. Dès qu’on l’étudie de près, l’on se rend compte que c’est une musique très sophistiquée. »

Pour ses trois premiers albums, publiés, comme ce nouveau ve­nu, par le label Umlaut Records – l’une des structures d’un collectif basé à Stockholm, Paris et Berlin, qui compte une vingtaine de formations –, l’Umlaut Big Band s’était intéressé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ La manifestation invite à réfléchir sur l’héritage de Mai 68 autant que sur son propre avenir.
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A Strasbourg, le festival Musica célèbre les années 1960

La manifestation invite à réfléchir sur l’héritage de Mai 68 autant que sur son propre avenir.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 09h00
    |

                            Pierre Gervasoni








                        



                                


                            

La 36e édition de Musica, qui se tient à Strasbourg jusqu’au 6 octobre, assume son statut de festival de création. De nouvelles œuvres sont à l’affiche : réalisations de jeunes compositeurs (issus de la classe de Daniel D’Adamo au conservatoire de Strasbourg, ou de l’Académie Philippe Manoury, instituée par Musica en 2015) ; musique de film (signée par François Narboni pour L’Inconnu, film muet de Tod Browning, sorti en 1926) ; spectacle multimédia (Le Voyage superSONique, de Thierry Balasse) et portrait d’un iconoclaste qui a le vent en poupe (Alexander Schubert) ; sans oublier la contribution d’une formation locale de prestige (Les Percussions de Strasbourg).
Claude Debussy, mort il y a cent ans, suscite aussi de nouvelles pièces, appelées à baliser l’intégrale de ses Etudes pour piano qui sera donnée, le 29 septembre, par Hugues Leclère. Dix partitions commandées à des compositeurs aussi différents que Philippe Leroux et Hugues Dufourt, ou Franck Bedrossian et Philippe Schoeller.
Plus largement, la programmation invite à célébrer les années 1960, « une décennie qui changea le monde », selon Jean-Dominique Marco, le directeur de Musica, dans la présentation de l’édition 2018 du festival, la dernière qu’il aura conçue avant de prendre sa retraite. « Pierre Boulez domine la pensée musicale, tandis que Pierre Schaeffer légitime la musique concrète », rappelle-t-il, après avoir évoqué l’émergence d’« une jeunesse désireuse de s’émanciper et de s’inventer un nouvel art de vivre revendiqué haut et fort sur les barricades de Mai 68 ».
« Implications politiques et sociales »
Cependant, si les ouvrages théoriques de Boulez (Penser la musique aujourd’hui, 1963, rééd. Gallimard, 1987) et de Schaeffer (Traité des objets musicaux, Seuil, 1966) appartiennent bien à la décennie de référence par leur date de publication, ils n’ont rien à voir avec les mouvements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le cinéaste Pierre Schoeller redonne vie aux événements advenus entre 1789 et 1793.
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« Un peuple et son roi » : la Révolution comme un torrent de paroles et de sang

Le cinéaste Pierre Schoeller redonne vie aux événements advenus entre 1789 et 1793.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h53
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 17h49
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
On peut s’amuser, sur un moteur de recherche, à associer n’importe quel produit ou événement – surgelés, migraine, revêtement de sol, mariage princier – au terme « révolution ». On constatera que cette idée s’est dissoute en une infinité de changements cosmétiques et d’évolutions dérisoires. Dans le même temps, la possibilité de changer délibérément le monde est devenue presque inconcevable.

        Lire le dialogue entre Pierre Schoeller et l’historien Patrick Garcia :
         

          « Dans “Un peuple et son roi”, on échappe à l’image d’Epinal »



L’ambition de Pierre Schoeller – sans doute la plus haute et la plus folle qu’ait ­connue le cinéma français ces dernières ­années – est de redonner vie et sens à la ­révolution, de ­mettre en scène la mort d’un monde et la naissance d’un autre, ce qui est advenu en France entre le 9 avril 1789, jeudi saint, un mois avant la réunion des Etats généraux, et le 21 janvier 1793, date de l’exécution de Louis XVI – du jour où le roi lava pour la dernière fois les pieds des ­enfants pauvres de Paris (c’est la première séquence du film) à celui de sa décapitation.

        Lire le reportage sur le tournage du film :
         

          L’été révolutionnaire de Pierre Schoeller



En deux heures (c’est bien peu), le réalisateur de L’Exercice de l’Etat (2011) concentre les images, les discours, les figures et les­ ­conflits avec une acuité intellectuelle et une énergie qui emportent tout, même la ­gaucherie de certains tours du récit. Allant et venant des galetas du faubourg Saint-Antoine à ­Versailles, des Tuileries ensanglantées à la salle du Manège de l’Assemblée ­nationale, Un peuple et son roi précipite les éléments de la France de 1789 dans le creuset de la révolution et analyse l’alliage nouveau qui en sort. Autant qu’un spectacle guidé par un souci de fidélité aux sources, le film de Schoeller est un essai voué à réveiller la ­réflexion sur l’idée de révolution, sur son ­actualité. Il en restera aussi bien l’image de ce cheval errant dans la cour des Tuileries au lendemain de l’assaut donné par le peuple contre les Suisses que le désir de poursuivre, par la lecture ou le débat, la conversation ­impulsée à l’écran.
Le feu et la lumière
Après que le grand et gauche souverain ­(Laurent Lafitte) a donc lavé les pieds des enfants pauvres, ce rite qui rappelle plus la nature divine du monarque que la charité de la maison de Bourbon, le récit se déplace dans l’atelier de l’Oncle (Olivier Gourmet), maître verrier, à l’ombre des tours de la ­Bastille. La forteresse vient d’être prise, l’artisan est sceptique quant à la portée de cet ­accomplissement. Autour de lui, il y a sa compagne Solange (Noémie Lvovsky) et les autres femmes de l’immeuble (Adèle Haenel, Céline Sallette, Izïa Higelin). Passent aussi des figures historiques méconnues : les figures révolutionnaires Lazowski (Andrzej Chyra) et Pauline Léon (Julia Artamonov), quipoussent le feu des discussions ­devant le four du verrier.
Au long de cette première partie, Schoeller joue avec le feu et la lumière. La plasticité du verre en fusion devient celle d’une éruption solaire, la pénombre qui règne dans le faubourg est frappée par la lumière lorsque la démolition de la Bastille laisse enfin passer le soleil. Le contrepoint sonore de ces lumières passées de l’état d’idées à celui de réalité, ce sont les effusions chantées, les comptines satiriques ou les refrains vengeurs.
Dans le personnel parlementaire, Pierre Schoeller précipite des figures oubliées à la tribune : on entendra plus Barnave que Danton
Une ellipse amène à 1791, année baptisée « le temps des trahisons » : celle du roi, qui fuit jusqu’à Varennes, celle du gouvernement constitutionnel qui fait tirer sur les ­manifestants du Champ-de-Mars. Un peuple et son roi trouve alors son rythme, une ­perpétuelle accélération, faite de ­contretemps et d’avancées imprévues qui portent les acteurs de l’histoire bien plus loin que la plupart d’entre eux ne l’avaient ­calculé. Les gens du faubourg Saint-Antoine qui discouraient dans l’atelier du verrier ­interviennent à l’Assemblée nationale, puis à la Convention. Ils débattent dans les clubs, prennent les armes.
Dans le personnel parlementaire, Pierre Schoeller précipite des figures oubliées à la tribune : on entendra plus Barnave que ­Danton. Egalement scénariste, le réalisateur a choisi ses intervenants en fonction de leurs discours, conservés dans les archives parlementaires. L’exactitude des propos ­répond à celle des costumes, des décors. Il ne s’agit pas de reconstituer exactement ­l’époque pour le plaisir d’un voyage dans le temps, plutôt de stimuler la pensée en ­supprimant les obstacles que constitueraient les approximations, les erreurs.
Sortie de l’enfance d’une nation
Il ne faut pas non plus égarer le spectateur dans la foule des figures étonnantes qui ont surgi dans les assemblées successives et dans les clubs. Schoeller place Robespierre dans l’œil de la tourmente. On ne s’attendait pas à ce Louis Garrel, dont la renommée repose sur le charme, s’enveloppant de ­l’impassibilité glaciale de l’incorruptible. Il le fait avec juste ce qu’il faut d’inquiétude, ­pendant que Denis Lavant, en Marat roué et idéaliste, ne semble jamais douter.
Dans cette marche forcée vers la république, le thème de la lumière fait place à celui de l’incertitude des sens. L’Oncle est frappé de cécité, Basile (Gaspard Ulliel), un vagabond proscrit qui a rejoint le groupe du ­faubourg, est assourdi par un coup de fusil pendant la prise des Tuileries.
Il faudrait plus de cinq sens pour appréhender l’entièreté de ce qui se passe : le désir de liberté, d’autonomie, l’inéluctabilité de la violence, bientôt celle de l’élimination du souverain. Quand on arrive sur la place de la Concorde, ce matin d’hiver, on prend la mesure de ce qu’on vient de voir, on ­comprend ce titre un peu déconcertant : Un peuple et son roi. Ce n’est qu’un premier ­chapitre, celui de l’apprentissage de l’idée de république, de la sortie de l’enfance d’une nation. Le second chapitre, que l’on espère, serait celui des premiers pas de ce nouveau régime, violents, tragiques, féconds.

Film français de Pierre Schoeller. Avec Adèle Haenel, Olivier Gourmet, Noémie Lvovsky, Gaspard Ulliel, Céline Sallette, Louis Garrel, Laurent Lafitte (2 h 01). Sur le Web : www.facebook.com/STUDIOCANAL.FRANCE et salles.studiocanal.fr

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 26 septembre)
I Feel Good, film français de Benoît Delépine et Gustave Kervern (à ne pas manquer)Un peuple et son roi, film français de Pierre Schoeller (à ne pas manquer)Libre, documentaire français de Michel Toesca (à voir)Rafiki, film français et kényan de Wanuri Kahiu (à voir)Le vent tourne, film belge, français et suisse de Bettina Oberli (à voir)Bergman, une année dans une vie, documentaire suédois de Jane Magnusson (pourquoi pas)L’Ombre d’Emily, film américain de Paul Feig (pourquoi pas)La Prophétie de l’horloge, film américain d’Eli Roth (pourquoi pas)The Little Stranger, film britannique de Lenny Abrahamson (pourquoi pas)Donbass, film ukrainien de Sergei Loznitsa (on peut éviter)Hostile, film français de Mathieu Turi (on peut éviter)
A l’affiche également :
Journal d’un disparu, film français d’Emmanuel Ostrovski et Jospeh Rottner





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Dialogue entre le réalisateur Pierre Schoeller et l’historien Patrick Garcia, auteur d’une thèse sur le bicentenaire de la Révolution.
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« Dans “Un peuple et son roi”, on échappe à l’image d’Epinal »

Dialogue entre le réalisateur Pierre Schoeller et l’historien Patrick Garcia, auteur d’une thèse sur le bicentenaire de la Révolution.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h53
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 07h57
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Pierre Schoeller, cinéaste, et Patrick Garcia, historien, dialoguent autour d’Un peuple et son roi. Le premier, avant de s’attaquer à la Révolution française, avait déjà signé deux remarquables longs-métrages, Versailles en 2008 et L’Exercice de l’Etat en 2011. Le second, enseignant à l’université de Cergy-Pontoise (Val-d’Oise) et chercheur à l’Institut d’histoire du temps présent, est spécialisé dans l’épistémologie de l’histoire et l’auteur d’une thèse consacrée au bicentenaire de la Révolution.

Quel désir, quelle idée vous ont conduit à vous attaquer à ce mythe de l’histoire nationale qu’est la Révolution française ?
Pierre Schoeller : La Révolution me semble être l’événement fondateur d’une question qui travaille déjà mes autres films : notre rapport à la citoyenneté et à la politique aujourd’hui. Je me dis que la photographie est née quarante ans après la Révolution. Qu’il s’en est fallu de peu, donc, pour que le cinéma ne filme l’événement. Cela me le rend soudain plus accessible. Mais j’étais ignare. Je ne connaissais à peu près rien, il y a sept ans, de ce qui se trouve dans le film aujourd’hui. Mon idée première, dans les limbes, c’est : « Allons à la Terreur », parce que nous sommes issus de ça.
En même temps je me méfie de moi-même. Comme Flaubert, j’essaie de me déprendre. Et je lis, je lis Michelet, Hazan, Furet, toutes les chapelles, et je plonge dans les sources de données de la BNF [Bibliothèque nationale de France]. Et puis je travaille avec des historiens dont la sensibilité me semble aller vers le film, comme Arlette Farge par exemple, qui n’est pas une historienne de la Révolution, mais du temps d’avant. C’est une spécialiste de la micro-histoire, des émotions, des sensations. Son apport a donc été très précieux pour moi. Mon souci n’a pas été de trancher dans le débat entre historiens. C’était de faire un film sur les émotions politiques,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Le film de Wanuri Kahiu, autour de l’idylle de deux jeunes femmes, a été censuré au Kenya, où l’homosexualité est interdite.
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« Rafiki » : sens interdits à Nairobi

Le film de Wanuri Kahiu, autour de l’idylle de deux jeunes femmes, a été censuré au Kenya, où l’homosexualité est interdite.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h51
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 10h47
    |

                            Thomas Sotinel








                        



L’avis du « Monde » – à voir
L’interdiction totale de Rafiki par la commission de censure kényane est un prix, dans les deux sens du terme. Le tarif insupportable imposé par les institutions (qui ont finalement autorisé une diffusion locale du 23 au 30 septembre afin de permettre au film de concourir pour les Oscars) à la cinéaste Wanuri Kahiu pour avoir osé mettre en scène une idylle adolescente entre deux jeunes femmes ; une distinction aussi, qui montre que Rafiki n’est pas seulement – comme certains l’écrivaient au moment de la présentation du film à Cannes dans la section Un certain regard – un produit destiné au circuit des festivals, mais aussi une œuvre insupportable pour les tenants de l’ordre établi, qui, si elle était vue par celles et ceux à qui elle est destinée, pourrait infléchir le débat.

        Lire le compte-rendu :
         

          La justice lève pour sept jours l’interdiction au Kenya du film « Rafiki »



La violence pesante de la réaction était prévisible. Elle est aussi incongrue. Rafiki (qui n’est qu’incidemment le nom du mandrill dans Le Roi Lion, mais veut avant tout dire « ami/e » en swahili), n’a rien de pesant. Sa vivacité, sa légèreté opèrent comme un antidote à l’intolérance dont sont victimes ses personnages. Son imagerie vivement coloriée propose une autre image du Kenya que l’immensité miséreuse de Kibera, le grand bidonville de Nairobi vu dans The Constant Gardener, de Fernando Meirelles (2005).

        Lire la critique de « Rafiki » (parue lors du Festival de Cannes) :
         

          La douce naissance d’un tendre amour



Kena (Samantha Mugatsia) et Ziki (Sheila Munyiva) vivent dans un autre monde que Kibera, dans de grands ensembles au pied desquels se nichent de petites boutiques, des restaurants, des terrains de sport improvisés. La première est issue de la toute petite bourgeoisie. Son père – qui vient de quitter sa mère – est boutiquier et candidat à des élections locales. Lycéenne, Kena s’apprête à passer les examens d’entrée à l’université. L’appartement dans lequel habite Ziki est plus cossu. Elle aussi est fille de candidat, et, au premier abord, on pourrait imaginer que le film sera l’histoire de l’amitié entre deux adolescentes appartenant à des clans opposés, une histoire pour teenagers qui verrait les bons sentiments de la jeunesse triompher sur les rivalités mesquines des adultes.

        Lire l’entretien avec Wanuri Kahiu :
         

          « Avec “Rafiki”, j’ai voulu raconter une belle histoire d’amour africaine »



Il faut dire que Wanuri Kahiu et son chef opérateur, Christopher Wessels, ont choisi une palette de pastels rehaussés de couleurs criardes, que le découpage fait de temps en temps place à des montages célébrant l’insouciance et le plaisir, que la bande originale fait appel à une afro pop pleine d’entrain. Ce portrait inédit d’une ville d’ordinaire présentée comme une métropole monstrueuse est à lui seul une bonne raison de voir Rafiki.
Beauté austère
Au début, seule la beauté un peu austère de Samantha Mugatsia, l’interprète de Kena, vient troubler cette euphorie. La jeune fille, qui joue au foot avec les garçons et ne leur trouve généralement pas d’autre intérêt que leur capacité à contrôler la balle, semble mue par une force sans objet. Jusqu’à l’irruption de Ziki, extravertie, qui ne masque pas ses appétits.
Leur histoire est brève, condamnée dès le départ. Leurs familles fréquentent la même église, où le pasteur consacre souvent ses sermons à la menace que fait peser l’homosexualité sur la famille et la société. Aux marges d’un groupe de jeunes, un jeune homme gay est en butte aux vexations.

Dans la marche vers l’inévitable catastrophe, l’allure du film se fait moins assurée. La réalisatrice ne parvient pas tout à fait à infléchir la tonalité de son film, les actrices – toutes deux débutantes – à donner corps à la souffrance de leurs personnages. C’est dans un épilogue empreint de tristesse et d’un espoir très mesuré que l’on trouvera la substance qui a fait un moment défaut. Rafiki prend alors une profondeur qui émeut. Qui choque aussi, probablement, puisqu’il a été interdit.



Film français et kényan de Wanuri Kahiu. Avec Samantha Mugatsia, Sheila Munyiva (1 h 27). Sur le Web : www.meteore-films.fr/distribution-films/rafiki

La censure contre « Rafiki » levée une semaine au Kenya
Alors que la commission de censure kényane avait interdit en avril toute diffusion du film Rafiki dans les salles du pays, la justice kényane a levé la censure pour sept jours, autorisant sa projection aux adultes du 23 au 30 septembre. Le film a donc été diffusé pour la première fois dans le pays dimanche 23 septembre dans un centre commercial proche du centre de Nairobi. Cette décision de la Haute Cour de Nairobi, saisie par la réalisatrice Wanuri Kahiu, a été prise afin de permettre au film de concourir pour les Oscars : ceux-ci imposent que les films présentés dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère aient été projetés pendant au moins sept jours consécutifs dans une salle de cinéma commerciale.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Le documentariste Michel Toesca a suivi l’agriculteur de la vallée de la Roya engagé auprès des migrants.
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« Libre » : le combat altruiste de Cédric Herrou

Le documentariste Michel Toesca a suivi l’agriculteur de la vallée de la Roya engagé auprès des migrants.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h50
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Applaudi au Festival de Cannes, le 17 mai, alors qu’il montait les marches en compagnie de migrants, enfariné par des militants d’extrême droite, le 17 septembre, au cinéma Le Navire, à Valence, au cours d’une avant-première du film. Ainsi va le destin contrasté de l’agriculteur Cédric Herrou, dont l’action est au cœur de Libre, documentaire signé Michel Toesca. Du moins l’intéressé n’a-t-il rien perdu de sa pugnacité ni de son humour, déclarant à nos confrères de France Bleu à la suite de l’incident : « Ce n’est pas avec de la farine que l’on va régler le problème. D’ailleurs, j’ai vu que les paquets venaient d’Argentine. Ils pourraient faire travailler les paysans français. Comme dirait ma mère, c’est pas bien de jouer avec de la nourriture ! »

        Lire le récit :
         

          Cédric Herrou, de retour à Cannes en « officiel »



On sourit, mais la situation est grave. Grave parce qu’il se trouve, aujourd’hui en France, et plus largement en Europe, des gens suffisamment haineux pour s’en prendre physiquement à un homme qui vient en aide à ses prochains. Grave parce que la situation de l’accueil des migrants sur ce continent nous adresse à tous des questions complexes, d’ordre moral et politique. Cédric Herrou, lui, a choisi de longue date. Agriculteur de la vallée de la Roya, région frontalière de l’Italie, il a décidé, avec le soutien d’habitants de la vallée, d’accueillir des réfugiés, qui, venus des camps de Vintimille, passent la frontière pour déposer une demande d’asile en France.
Lutte quotidienne
Le réalisateur Michel Toesca, qui habite lui aussi la vallée, a filmé deux années durant en amateur cette lutte quotidienne, altruiste et triviale, paradoxale aussi, pour cette raison que ses acteurs enfreignent parfois la loi pour mieux rappeler que l’Etat français l’enfreint le premier, en refoulant les candidats à l’asile qui se présentent sur son territoire et, pire encore, en faisant de la solidarité à leur endroit un délit. La simplicité du film fait donc sa force. On en connaît l’alphabet. Disponibilité et connivence avec le milieu filmé. Absence d’équipe. Débrouille. Tournage à l’épaule avec une caméra périmée. En cela aussi, le film est en cohérence avec l’objet filmé.

        Lire le compte-rendu :
         

          Vendredi, ou la vie politique sauvage de la Croisette



Les gens qu’il nous montre ne sont pas animés par un projet politique d’envergure. Ils tiennent, comme saint Augustin, qu’une loi injuste n’est pas une loi. Et ils réagissent, très simplement, à une situation inédite qui se déroule sur leur territoire, qui voit soudain des gens démunis et épuisés passer devant chez eux à la recherche d’un abri provisoire, d’une raison de vivre. A la différence des enfarineurs et des milices affiliées qui traquent fièrement les clandestins, eux ont écouté leur cœur, leur ont ouvert la porte et tentent de leur porter secours.
Cédric Herrou, barbu décontracté, est à ce titre le parfait héros du film. Surmédiatisé d’un côté, mis en taule de l’autre. Joyeux, généreux, courageux, opiniâtre. En un mot, exemplaire. Ne doutons pas que la postérité, pour sa contribution à l’intelligence et à la survie de l’humanité, se souvienne de lui plutôt que de ses adversaires.

Documentaire français de Michel Toesca (1 h 40). Sur le Web : www.jour2fete.com/distribution/libre



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le film de la Suisse Bettina Oberli est le récit d’émancipation d’une jeune paysanne, incarnée par Mélanie Thierry.
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« Le vent tourne » : le bonheur n’est pas dans l’éolienne

Le film de la Suisse Bettina Oberli est le récit d’émancipation d’une jeune paysanne, incarnée par Mélanie Thierry.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h48
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 13h15
    |

            Clarisse Fabre








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Petite paysanne : telle est Pauline (Mélanie Thierry), jeune éleveuse qui n’a jamais connu que la ferme, et tente de vivre de ce rude métier alors qu’un méchant virus s’abat sur ses vaches, comme un écho à Petit paysan (2017), d’Hubert Charuel. Dans les deux films, le personnage principal a une sœur médecin (ou vétérinaire) qui essaie de faire entendre la « raison médicale », avant qu’il ne soit trop tard pour le troupeau. Mais tandis que Petit paysan est un thriller, Le vent tourne, de la réalisatrice suisse Bettina Oberli, est un drame sentimental, sur fond de critique du capitalisme et d’alternative écologique. Méconnue en France, Bettina Oberli est très identifiée en Suisse où l’un de ses précédents films, Les mamies ne font pas dans la dentelle (2006), a été un grand succès.
Pauline et Alex (Pierre Deladonchamps) vivent dans le Jura et poursuivent un même idéal : vivre loin du consumérisme, le plus naturellement possible, en dehors du système. Pas de médicaments pour les bêtes, pas de comptes à rendre. Il ne manque plus que l’éolienne à leur bonheur, laquelle leur permettra de produire de l’électricité en toute autonomie. « C’est un projet, l’autonomie » : phrase prémonitoire et à double sens.
La fatigue et le doute habitent le visage de Mélanie Thierry, dont la beauté de madone est magnifiée
L’arrivée de la machine et de son installateur, Samuel l’ingénieur, incarné par le Portugais Nuno Lopes, va ébranler les certitudes de Pauline, ainsi que son couple. Autre perturbation : la présence pendant les vacances d’été d’une jeune fille à la santé fragile, Galina (Anastasia Shevtsova), venue de Tchernobyl pour reprendre des forces. On comprend vite que c’est elle qui va aider Pauline à y voir plus clair dans sa vie, et non l’inverse.
Dommage que l’on sente ainsi venir l’idylle entre Samuel et Pauline. De regards en frôlements, le montage nous conduit à n’attendre plus que « ça » : la blonde et le brun, la terrienne attachée à ses bêtes et le chef de chantier globe-trotter. Pourtant, et fort heureusement, le rôle de Mélanie Thierry est bien plus ample : la fatigue et le doute habitent le visage de l’actrice, dont la beauté de madone est magnifiée, pour ne pas dire surlignée – un simple chignon sur la nuque vaut tous les brushings de festival.
La roche se fissure
L’histoire d’amour n’est pas l’essentiel, elle est juste prétexte à réveiller Pauline. Elle ne crée pas véritablement de drame et donne lieu à une scène plutôt réussie : Alex est sans doute fou de jalousie, mais il pose une seule question à sa compagne. Et tout est dit. Pierre Deladonchamps fait évoluer son personnage avec beaucoup de sensibilité et de précision, qu’il joue l’amoureux, le malheureux, ou l’écolo radical lorsque tout part à vau-l’eau, l’éolienne, le troupeau…
Son amour repose avant tout sur l’harmonie trouvée avec cette femme qui partage, outre le dur labeur, ses valeurs. Que ces dernières viennent à vaciller et le couple ne fonctionne plus. C’est lors d’une discussion tout à fait sérieuse et politique que la roche se fissure : Alex et Samuel confrontent leurs modes de vie. Alors qu’ Alex défend ses choix alternatifs, Samuel lui rétorque : « Ton plaisir, il est où ton plaisir ? » Et la boussole de Pauline s’agite : son bonheur est-il dans le pré ?

Film belge, français et suisse de Bettina Oberli. Avec Mélanie Thierry, Pierre Deladonchamps, Nuno Lopes (1 h 27). Sur le Web : www.arpselection.com/category/tous-nos-films/drame/le-vent-tourne-464.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le réalisateur de « Mes meilleures amies » adapte à l’écran le best-seller de Darcey Bell, « Disparue ».
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« L’Ombre d’Emily » : Paul Feig passe de la comédie au thriller

Le réalisateur de « Mes meilleures amies » adapte à l’écran le best-seller de Darcey Bell, « Disparue ».



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h46
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Habitué à la comédie (Mes meilleures amies, Les Flingueuses), le cinéaste américain Paul Feig s’essaye pour la première fois au thriller avec L’Ombre d’Emily, une adaptation du best-seller de Darcey Bell, Disparue. Stephanie Smothers, une mère de famille blogueuse (elle tient un blog vidéo de recettes de cuisine) apprend la disparition mystérieuse de sa meilleure amie Emily. Bouleversée par cet événement, Stéphanie se met à enquêter par ses propres moyens pour retrouver la trace d’une femme qui a toujours cultivé le plus grand mystère sur sa propre vie.
Version édulcorée de « Gone Girl »
Femme au foyer exemplaire et impliquée, Stephanie Smothers pourrait venir tout droit d’une série comme Desperate Housewives à laquelle on pense beaucoup. Comme la série qui a fait naître un genre de thriller domestique, L’Ombre d’Emily enchaîne les découvertes macabres et les coups de théâtre en plein cœur d’une banlieue sans histoire. Paul Feig semble pourtant traiter de manière trop nonchalante un récit qui demande, par l’accumulation invraisemblable de retournements, un surcroît de maîtrise – on a parfois l’impression que les éléments comiques du film l’intéressent bien plus que le thriller qu’il est censé réaliser.
On ne pourra s’empêcher de penser à un autre film, Gone Girl (2014), mais cette comparaison manque d’être fatale à L’Ombre d’Emily, qui évoque un pâle remake du film de David Fincher, sa version édulcorée. On retiendra pourtant un élément qui confère au long-métrage de Paul Feig un certain charme : l’espièglerie légèrement burlesque de sa merveilleuse actrice principale, Anna Kendrick.

Film américain de Paul Feig. Avec Anna Kendrick, Blake Lively, Henry Golding (1 h 58). Sur le Web : www.metrofilms.com/films/simple-favor-a



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le spécialiste du « torture porn », avec ses deux « Hostel », signe un spectacle vite oublié.
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« La Prophétie de l’horloge » : Eli Roth s’essaie au film pour enfants, sans succès

Le spécialiste du « torture porn », avec ses deux « Hostel », signe un spectacle vite oublié.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h45
    |

                            Jean-François Rauger








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Eli Roth, le turbulent garnement du cinéma américain contemporain, celui qui a donné ses lettres de noblesse au torture porn (film d’horreur basé sur des séquences de tortures) avec ses deux Hostel (2005 et 2007), celui qui a saccagé, avec une rare jubilation, l’imaginaire américain dans son très méchant Knock Knock (2015) vient, étonnement, de réaliser un film pour enfants.
Spectacle sans surprise
Un jeune garçon orphelin est recueilli après la mort de ses parents par un oncle excentrique qui se révèle être un sorcier sympathique. Avec l’aide de sa voisine, elle-même dotée de pouvoirs magiques, ils vont devoir affronter un sorcier malfaisant revenu d’entre les morts à grands coups de trucs et de formules magiques.
Si La Prophétie de l’horloge fait mine d’effleurer quelques thèmes sérieux comme le deuil, l’absence ou la solitude, il en revient toujours à un certain nombre de conventions mises au point par la série des Harry Potter qui semble avoir engendré un genre. Il est assez facile de constater que le film a été réalisé sans beaucoup de conviction, proposant un spectacle sans surprise et vite oublié.

Film américain d’Eli Roth. Avec Owen Vaccaro, Jack Black, Cate Blanchett (1 h 46). Sur le Web : www.universalpictures.fr/micro/the-house-with-a-clock-in-its-walls et www.housewithaclock.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le réalisateur Lenny Abrahamson livre une copie bien sage du roman de Sarah Waters.
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« The Little Stranger » : une adaptation vieillotte sans supplément d’âme

Le réalisateur Lenny Abrahamson livre une copie bien sage du roman de Sarah Waters.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h44
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Adaptation du roman éponyme de l’écrivaine britannique à succès Sarah Waters, The Little Stranger nous plonge en 1947 dans le quotidien désargenté des Ayres, grande famille anglaise qui a connu les fastes de l’avant-guerre et vivote désormais dans sa propriété délabrée où plane le souvenir d’un fantôme. Leur morne routine est bientôt bouleversée par la visite d’un médecin de campagne, le docteur Faraday, qui devient un proche des Ayres et le témoin de phénomènes étranges.
Rien ne dépasse
Dans The Little Stranger, tout est à sa place et rien ne dépasse : la mise en scène est au cordeau, les acteurs sont impeccables et le travail des chefs décorateur et costumier restitue parfaitement l’atmosphère so british et crépusculaire qui règne chez les Ayres.
Il manque pourtant l’essentiel, un supplément d’âme qui donnerait un peu de relief à cette copie bien sage de bon élève. En lieu et place d’un élégant film d’épouvante qu’on était en droit d’attendre, Lenny Abrahamson réalise finalement une adaptation vieillotte d’un roman à tiroirs.

Film britannique de Lenny Abrahamson. Avec Domhnall Gleeson, Ruth Wilson, Charlotte Rampling (1 h 52). Sur le Web : www.pathefilms.com/film/thelittlestranger



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le cinéaste signe un film manichéen sur le conflit qui oppose l’armée ukrainienne aux forces séparatistes.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

« Donbass » : la colère, mauvaise conseillère pour Sergei Loznitsa

Le cinéaste signe un film manichéen sur le conflit qui oppose l’armée ukrainienne aux forces séparatistes.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h43
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
Documentariste passionnant, puis auteur tour à tour sarcastique (My Joy, 2010) et subtil (Dans la brume, 2012), sur les irréparables dégâts causés en Russie par la bêtise et la guerre, le réalisateur ukrainien Sergei Loznitsa a pris fait et cause pour sa patrie depuis la crise de 2014 qui oppose son pays à la Russie. Maïdan, en 2014, Une femme douce, en 2017, Donbass, aujourd’hui, voici trois films où Loznitsa – et comment lui en tenir rigueur ? – laisse parler sa colère, qui se révèle, hélas, mauvaise conseillère. Son cinéma, qui pouvait être cruel et virulent sans sombrer dans la caricature, en ressort manichéen, simplifié, appauvri.

        Lire la critique parue lors du Festival de Cannes :
         

          « Donbass », l’enfer post-soviétique selon Sergei Loznitsa



Vicieux chaos
Donbass nous plonge ainsi dans la région qui lui donne son titre, où la guerre que s’y livrent les milices ukrainiennes et les forces séparatistes para-militaires soutenues par l’armée russe s’est criminalisée et ensauvagée à un point de non retour, causant l’effondrement de la société civile. C’est ce vicieux chaos que nous offre à voir Loznitsa en une succession de tableaux excentriques et absurdes, inspirés de faits réels, qui clouent au pilori les factions séparatistes et la logique mafieuse qui les commande.
Le résultat est pénible. Humanité difforme et grimaçante, coups tordus, extorsions et bastonnades, sadisme décomplexé, pétage de plomb à chaque plan, pompiérisme de l’abjection. Par ailleurs, rien ne permet de comprendre pourquoi ni comment on en est arrivé là. Loznitsa voudrait nous édifier, il nous accable.

Film ukrainien de Sergei Loznitsa. Avec Boris Kamorzin, Valeriu Andriuta, Tamara Yatsenko (2 h 01). Sur le Web : distrib.pyramidefilms.com/pyramide-distribution-catalogue/donbass.html



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ En 1964, l’Italien Mario Bava ouvrait la voie à un nouveau type de thriller avec ce film aujourd’hui réédité.
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DVD : « Six femmes pour l’assassin », des meurtres couleur rouge sang

En 1964, l’Italien Mario Bava ouvrait la voie à un nouveau type de thriller avec ce film aujourd’hui réédité.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h42
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                            Jean-François Rauger








                        



   


Six femmes pour l’assassin fut longtemps une sorte d’Arlésienne de l’édition DVD française. Déjà sorti dans plusieurs autres pays, il était particulièrement attendu par ceux qui en ont fait un film-culte, à défaut d’une expression plus appropriée et moins passe-partout. Cette lacune, Studio Canal vient de la combler en proposant un DVD Blu-ray dans le cadre d’une nouvelle collection, « Make My Day ! », dirigée par le critique de cinéma Jean-Baptiste Thoret.
On peut dire que le film de Mario Bava présente la paradoxale qualité de s’inscrire dans un mouvement historique du cinéma, ouvrant la voie d’un devenir de la production transalpine, tout en irradiant de la qualité singulière d’un chef-d’œuvre qui ne saurait être réduit à aucune catégorie sinon celle de la vision farouche d’un artiste solitaire ne parvenant à s’exprimer qu’au cœur d’un système artisanal. Celui de ce cinéma populaire et post-hollywoodien composé des thrillers et bandes d’épouvante produits en Italie au début des années 1960.
Ancien directeur de la photographie, génial bricoleur d’effets spéciaux, Bava réalise le film en 1964, après avoir rendu pos­sible l’existence d’un cinéma ­gothique italien grâce au succès du Masque du démon, en 1960, et, surtout, du Corps et le fouet, rêverie nécrophile et sadomasochiste réalisée en 1963. Production franco-germano-italienne, Six femmes pour l’assassin s’inspire, à première vue, pour ce goût des meurtres violents et des atmosphères macabres, tout autant du Psychose, d’Alfred Hitchcock que des pataudes bandes poli­cières d’outre-Rhin de l’époque, les fameux Krimis, qui rencontraient un certain succès dans les salles de quartier.
Rituel morbide
Le cinéaste va pourtant s’émanciper de cette généalogie par plusieurs moyens. D’abord un usage de la couleur particulier, volontiers irréaliste et envoûtant, qui donne à celle-ci un rôle central, structurant. Bava inverse avec génie la proposition de Godard qui, parlant de la violence dans Week-end, avait dit : « Ce n’est pas du sang, c’est du rouge. » Dans le film de Bava, le rouge est véritablement du sang, celui de l’œuvre elle-même et de l’univers qu’elle engendre sous nos yeux. Le rouge y est le sang d’une image devenue matière vivante, entité organique soumise à la corruption et au pourrissement. Une des nombreuses victimes de l’assassin sans visage est, exemplairement, égorgée au rasoir dans une baignoire, le sang envahit le plan, brouillant l’eau et effaçant un visage aux yeux écarquillés de stupeur.
Six jeunes femmes, toutes liées à une maison de couture romaine, sont cruellement assassinées par un mystérieux tueur. L’enquête policière met à nu la turpitude de tout un petit monde qui gravitait autour de l’endroit, sans parvenir à démasquer le meurtrier. Un journal intime semble être au cœur du mystère. En insistant davantage sur la mise en scène des meurtres, le film de Bava allait ouvrir la voie à un type particulier de thriller (le fameux giallo) qui allait véritablement éclore quelques années plus tard.
Le film fut le précoce précurseur d’un genre tout entier concentré sur une mise en scène de la peur
D’une certaine façon, le film fut le précoce précurseur d’un genre tout entier concentré sur une mise en scène de la peur. Le récit débute par un générique mêlant les protagonistes du film aux mannequins d’osier et de plastiques meublant leur univers. La silhouette humaine y est vouée à un devenir inanimé, et les poupées menacent de prendre vie comme dans un conte d’Hoffmann. Les six femmes assassinées sont soumises à la brutalité d’une pure et abstraite puissance de mort, renvoyant méthodiquement chacune d’entre elles au néant.
Six femmes pour l’assassin ne se distingue pas seulement par une brutalité inhabituelle en son temps, par l’attention toute particulière portée aux meurtres violents (strangulation, égorgement, défiguration par brûlure) et à leur rituel morbide (tueur masqué vêtu de noir, assassinat à l’aide d’une arme médiévale ou à l’arme blanche), au détriment de l’enquête policière et d’une causalité réductible à la seule avidité ­humaine. Il déploie le motif ­hitchcockien du corpse disposal (disposer d’un cadavre) qu’il transforme en forme centrale, en dispositif pur. Les corps sans vie sont traînés, tirés, cachés, déplacés par le meurtrier qui s’active dans une sinistre manutention macabre. L’humain est renvoyé à sa stricte condition d’objet, à son destin.

Film italien de Mario Bava (1964). Avec Cameron Mitchell, Eva Bartok, Thomas Reiner (1 h 28). 1 DVD/Blu-ray Studio Canal, ­ coll. « Make My Day ! ». Sur le Web : www.lacinetek.com/fr/tous-les-films/3577-6-femmes-pour-l-assassin-vod.html



                            


                        

                        

