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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La demande croissante de lait bio doit permettre d’assurer la relève du secteur, assure, dans une tribune au « Monde », le collectif Faire bien, notamment animé par Les prés rient bio, qui représente 2,5 % de cette collecte laitière en France.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
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« Le bio, une formidable opportunité pour la filière laitière »

La demande croissante de lait bio doit permettre d’assurer la relève du secteur, assure, dans une tribune au « Monde », le collectif Faire bien, notamment animé par Les prés rient bio, qui représente 2,5 % de cette collecte laitière en France.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 16h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. Le modèle alimentaire est en train de changer : mieux se nourrir est devenu une exigence légitime pour les consommateurs. Dans ce contexte, rien d’étonnant à ce que le marché du bio, et en particulier celui du lait bio, soit en pleine croissance. Et il va falloir répondre à cette demande. Or, d’ici à 2025, la moitié des exploitations laitières françaises seront touchées par les départs à la retraite : sera-t-on capable de faire face à la demande sans préparer dès aujourd’hui la relève ? Face à ce défi, l’agriculture bio constitue l’une des réponses à l’érosion de la démographie agricole.
D’ici à 2025, plus du tiers des exploitations laitières normandes seront concernés par ces départs à la retraite
En France, le nombre d’exploitations laitières a diminué de plus de moitié en vingt ans, passant d’environ cent soixante mille exploitations, en 1995, à soixante-dix mille cinq cent soixante-huit, en 2013. Prenons le cas de la Normandie, second bassin laitier français en volume de production de lait de vache. Entre 2010 et 2015, ce sont trois cent soixante-seize élevages laitiers qui ont disparu chaque année.
A la question de la diminution inexorable du nombre d’exploitations s’ajoute celle du vieillissement des exploitants : plus de la moitié des chefs d’exploitations ont plus de 50 ans, et 28 % d’entre eux, plus de 60 ans. D’ici à 2025, plus du tiers des exploitations laitières normandes seront concernés par ces départs à la retraite. Dans une région où l’on compte deux installations pour cinq départs, la question de la succession et des repreneurs est préoccupante.
Redonner du sens au métier d’éleveur
Pour de jeunes éleveurs laitiers, le bio s’avère être une filière d’avenir. Le marché est en pleine croissance : pour le seul lait bio, les achats des ménages français ont plus que doublé entre 2007 et 2015. Non seulement les éleveurs sont assurés de vendre leur lait, mais face à l’envolée de la consommation, le risque...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ L’Organisation des Nations unies est certes imparfaite mais, souligne l’historienne Chloé Maurel dans une tribune au « Monde », elle mène une action utile pour la paix et la solidarité internationale. Il faut donc œuvrer à la renforcer, à lui donner plus de pouvoir.
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« Non, l’ONU ne sert pas à rien ! »

L’Organisation des Nations unies est certes imparfaite mais, souligne l’historienne Chloé Maurel dans une tribune au « Monde », elle mène une action utile pour la paix et la solidarité internationale. Il faut donc œuvrer à la renforcer, à lui donner plus de pouvoir.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 15h12
    |

Chloé Maurel (Historienne, chercheuse associé à l'Ecole normale supérieure (ENS))







                        



                                


                            

Tribune. La situation mondiale actuelle est très alarmante, et beaucoup estiment que l’ONU – dont la 73e Assemblée générale s’est ouverte le mardi 25 septembre – ne sert à rien, qu’elle n’est d’aucune utilité pour résoudre les problèmes du monde, comme le suggérait en 1960 le général de Gaulle qui l’avait appelée péjorativement « le machin ». Donald Trump, qui préside le 26 septembre la réunion du Conseil de sécurité, avait lui-même, dans un tweet de décembre 2016, qualifié l’organisation internationale de « club où les gens se réunissent, parlent, et passent du bon temps ».
Mais l’ONU est utile ! Par exemple, sur la question des réfugiés, qui sont aujourd’hui près de 70 millions dans le monde (le plus grand nombre jamais atteint depuis la fin de la seconde guerre mondiale), le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés s’efforce de les protéger, de leur donner un statut et de les aider à trouver un asile.
En ce qui concerne les réfugiés palestiniens en particulier, l’UNRWA [United Nations Relief and Works Agency, Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient] agence de l’ONU créée en 1949, aide plus de 3 millions d’entre eux, notamment avec des écoles et des centres de santé. La décision récente des Etats-Unis de couper les financements à cette agence ne peut qu’être déplorée.
L’ONU, qui en 1948 a proclamé la Déclaration universelle des droits de l’homme, veille et alerte l’opinion mondiale sur les manquements aux droits de l’homme dans le monde. Ainsi, en septembre 2018, un rapport de l’ONU a détaillé les « crimes contre l’humanité » perpétrés par l’armée birmane contre les Rohingyas, parlant même de « génocide ». En demandant, dans ce rapport, que l’armée birmane soit exclue de la vie politique, l’ONU a appelé à l’ouverture d’un examen par la Cour pénale internationale.
3,5 milliards de dollars...



                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Alice Guilhon, présidente du Chapitre des écoles de management à la Conférence des grandes écoles, dénonce dans une tribune au « Monde » le faux procès fait à leurs formations.
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« Le modèle d’enseignement du management français est l’un des plus solides, il faut le soutenir »

Alice Guilhon, présidente du Chapitre des écoles de management à la Conférence des grandes écoles, dénonce dans une tribune au « Monde » le faux procès fait à leurs formations.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 15h00
    |

Alice Guilhon (Directrice générale de Skema Business School et présidente du Chapitre des écoles de management à la Conférence des grandes écoles)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis plus d’une décennie, les écoles françaises de management dominent les classements mondiaux, dont celui du Financial Times, qui fait référence depuis toujours dans le monde économique. Dans le classement des meilleurs masters de finance, publié le du 17 juin, les cinq premières écoles de commerce du classement sont françaises ; dans le classement des masters internationaux, divulgué le 10 septembre, sur 100 écoles de commerce internationales classées 25 sont françaises, dont 5 figurent dans le top 25 !
Ce constat, indiscutable, devrait être un motif de fierté nationale. Pourtant, une tribune accumulant les approximations à l’encontre des écoles de commerce a été publiée dans Le Monde du 22 septembre. Elle appelle une réponse ferme, qui rétablisse la vérité des faits.
Les frais de scolarité dans nos écoles restent faibles par rapport à ceux des universités et des écoles anglo-saxonnes
Heureusement, les entreprises – françaises et étrangères – ont bien compris l’atout de nos grandes écoles dans la guerre des talents. Tout comme les étudiants qui, bac en poche, se dirigent de plus en plus vers les grandes écoles en « bachelor » (plus de dix mille élèves à ce jour). Ou encore les trente mille étudiants qui choisissent de démarrer en classes préparatoires pour intégrer, après un difficile concours, une de nos écoles. Et c’est là que le bât blesse.
Les grandes écoles, si décriées car elles sélectionnent les meilleurs étudiants et parce qu’elles ne sont pas gratuites, attirent. L’investissement dans l’éducation est très rentable dans nos écoles ; en outre, ces frais de scolarité restent faibles par rapport à ceux des universités et des écoles anglo-saxonnes.
Nos grandes écoles de commerce offrent un cursus complet, efficace et attractif : les taux de placement moyen des diplômés sont au-dessus de 80 % quatre mois après le diplôme, ce taux passe la barre des 90 % six mois après, et 50 % des étudiants...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ A l’occasion du One Planet Summit, la secrétaire d’Etat Brune Poirson explique, dans une tribune au « Monde », miser sur des « investissements durables » pour lutter contre le réchauffement climatique.
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« Transformer la finance pour la sevrer de ses produits nocifs pour la nature et l’homme »

A l’occasion du One Planet Summit, la secrétaire d’Etat Brune Poirson explique, dans une tribune au « Monde », miser sur des « investissements durables » pour lutter contre le réchauffement climatique.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 14h00
    |

Brune Poirson (Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire)







                        



                                


                            
Tribune. L’Agence internationale de l’énergie a estimé, en 2014, à 32 000 milliards de dollars (27 200 milliards d’euros) le montant des investissements nécessaires à la transition écologique mondiale. Notre seule chance de limiter le réchauffement de la planète dépend donc de notre capacité à mobiliser ces capitaux d’ici à 2050. Certes, leur montant peut paraître vertigineux si on le compare aux capacités d’investissements publics de chaque pays, même les plus riches.

Mais se contenter de cette réponse serait prendre le problème dans le mauvais sens. Le défi consiste plutôt à déplacer et réorienter, à l’échelle mondiale, des milliers de milliards d’euros de financements privés vers l’économie verte. En somme, mettre la finance au service de l’environnement et de la solidarité.
Faisons toute la transparence sur les risques climatiques. S’il devient moins risqué d’investir dans une éolienne que dans une centrale à charbon, les capitaux afflueront
Première bonne nouvelle, les liquidités privées n’ont jamais été aussi abondantes. Les investisseurs institutionnels (assureurs, fonds de pension) gèrent plus de 90 000 milliards de dollars, et sont prêts à s’engager sur le long terme en faveur de l’environnement. Deuxième bonne nouvelle, investir pour le climat est bon pour la croissance. Les plus grands économistes comme Nick Stern ou Joe Stiglitz ont déjà démontré que la mutation écologique de l’économie est une source d’innovations et de nouveaux emplois. Nous avons donc besoin que le secteur financier mette sa créativité et son portefeuille au service de la transition écologique et des besoins des populations.
Troisième bonne nouvelle, nous savons comment faire ! Pour dompter la finance, il est indispensable de savoir parler sa langue. Le niveau bilingue s’atteint à partir du moment où l’on comprend qu’en finance, tout est évalué à l’aune de la notion du risque pris. Traduction : si une banque consent un emprunt plus aisément...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Johann Chapoutot et Christian Ingrao ont réagi sur les réseaux sociaux à la critique – négative – de leur « Hitler », publiée par « Le Monde » le 21 septembre. Une mise au point s’impose.
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Une réponse aux auteurs de la biographie d’Hitler aux PUF

Johann Chapoutot et Christian Ingrao ont réagi sur les réseaux sociaux à la critique – négative – de leur « Hitler », publiée par « Le Monde » le 21 septembre. Une mise au point s’impose.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 13h48
    |

            Jean Birnbaum et 
                                Florent Georgesco








                        


« Le Monde des livres » a publié dans son édition du 21 septembre, sous la signature de l’historien André Loez, une recension du livre récemment paru de Johann Chapoutot et Christian Ingrao (Hitler, PUF), qui se concluait par ces mots : « Il faut regretter que l’indéniable familiarité des auteurs avec l’histoire du nazisme n’ait pas abouti au travail fiable et rigoureux qui s’imposait sur un tel sujet, et qu’on pouvait attendre d’eux. »
De façon inhabituelle, les deux historiens ont, depuis, réagi publiquement en diffusant sur les réseaux sociaux un texte dans lequel ils estiment que leur livre aurait été « mal lu », jugement qu’ils pensent étayer en avançant, sur cinq points, que les erreurs ou omissions relevées par notre collaborateur « ne sont pas présentes dans [leur] texte ».
Vérités factuelles
Or elles le sont, et d’autres encore, non mentionnées dans cette brève recension. Il convient donc, hors de tout esprit de polémique envers des auteurs dont les travaux précédents ont été régulièrement salués dans nos colonnes, de rétablir quelques vérités factuelles, mises à mal par leur réponse.
Ce qu’ils y écrivent sur la Nuit de cristal, la déclaration de guerre aux Etats-Unis et la question de la prise de décision du génocide, qu’André Loez leur avait reproché de ne pas traiter, lui donne en fait raison : ces points ne sont pas abordés dans le livre, puisqu’ils sont uniquement cités dans la « Chronologie » placée en fin de volume – simple liste de dates et d’événements qui ne font, selon l’usage, l’objet d’aucun commentaire. Les auteurs n’ont réellement analysé ces trois questions dans aucun passage de leur livre.La réponse de Johann Chapoutot et Christian Ingrao sur l’allusion, dans l’article, aux pages qu’ils consacrent aux Jeux olympiques de 1936 ne correspond pas à ce qu’André Loez a écrit, c’est-à-dire : « Alors que trois pages du livre sont dévolues aux Jeux olympiques de 1936, certaines des décisions les plus marquantes du Führer disparaissent. » Répondre qu’il s’agit dans ces pages de « la situation de l’Allemagne nazie dans le concert des nations », ce qui va de soi à propos d’une telle compétition, revient à faire croire qu’André Loez les aurait accusés de s’en être tenus à la dimension sportive de l’événement, idée bien sûr absente de son article. Il s’agissait de relever une disproportion, eu égard aux lourdes omissions que nous avons rappelées.Un caporal, à rebours de l’erreur signalée par André Loez, qu’ils réitèrent en lui répondant, n’est pas un sous-officier, du moins pas dans l’armée bavaroise, dont Hitler fut soldat pendant la première guerre mondiale. Il y avait plus précisément reçu le grade de gefreiter, qui correspond, dans l’armée française, au statut d’un soldat de première classe. Johann Chapoutot et Christian Ingrao écrivent en outre dans leur réponse : « Est-ce vraiment ce détail qui fonde l’originalité et la pertinence du travail de Thomas Weber (…) ? », alors qu’André Loez ne cite pas l’historien allemand sur ce point. Ce qu’il écrit en réalité, c’est que Thomas Weber, dans La Première Guerre d’Hitler (Perrin, 2012), a établi qu’Hitler n’avait jamais été « un soldat comme un autre », ainsi qu’ils l’avancent dans leur livre.Comme André Loez le notait dans l’article, s’étonnant qu’on explique un événement de mars 1933 par un autre survenu en juillet de la même année, Johann Chapoutot et Christian Ingrao écrivent bien dans le livre que « l’obtention d’un accord du Vatican pour la signature d’un concordat en juillet 1933 » est ce qui « permet à Hitler de se rallier les voix du parti catholique Zentrum pour le vote de la loi des pleins pouvoirs le 23 mars 1933 ». Il n’est pas question, comme ils l’écrivent pour justifier cette phrase, d’une « espérance » mais d’une « obtention » et d’une « signature ». Au demeurant, il n’est pas possible d’affirmer, ainsi qu’ils le font dans leur réponse, que « toute l’historiographie lie les deux événements ». Le politiste Ivan Ermakoff, par exemple, écarte ce facteur explicatif dans Ruling Oneself Out (Duke University Press, 2008), de même que l’historien Martin Menke dans son article de synthèse sur la question (« Misunderstood Civic Duty », Journal of Church and State, 2009).Selon les deux historiens, le chiffre de « 20 millions de chômeurs » en Allemagne en 1932, qu’André Loez jugeait invraisemblable, est le résultat des « avancées de la recherche », qui auraient permis d’ajouter aux chiffres habituels les chômeurs « non recensés ». Aucune source n’est citée pour justifier cette assertion. On peut en revanche trouver dans la nouvelle édition (septembre 2018) d’un livre qui fait autorité, Weimar Germany. Promise and Tragedy, d’Eric D. Weitz (Princeton University Press, 1re édition 2007), toujours pour 1932, le chiffre de 8 millions de chômeurs, en incluant ceux qui n’étaient pas recensés (pour 6 millions de chômeurs officiels), soit 40 % de la main-d’œuvre allemande potentielle. Laquelle s’élevait donc, selon Eric D. Weitz, à environ… 20 millions. Le chiffre avancé dans le Hitler de Chapoutot et Ingrao correspondrait ainsi à un taux de chômage de 100 %.
La place nécessaire
Les auteurs défendent ensuite l’intérêt des sources historiographiques de leur livre, ce qui ne constitue pas une réponse : André Loez leur avait seulement reproché de ne pas les expliciter.
Il est par ailleurs inexact d’écrire que l’article serait paru « dans un temps record », pour sous-entendre que le travail aurait été bâclé. Certes, il a été publié au lendemain de la parution du livre. Mais l’éditeur, selon l’usage constant du métier, avait adressé des exemplaires (les « épreuves non corrigées ») au « Monde des livres » et à André Loez début juillet. Ce dernier a eu deux mois pour les lire en détail, avant de recevoir en septembre le livre définitif, dans lequel les erreurs déjà notées étaient toujours présentes.
Il n’est pas dans les habitudes du « Monde des livres » de consacrer de longs articles à des livres qu’il ne recommande pas à ses lecteurs, quand bien même il estime devoir les traiter, notamment lorsqu’il reconnaît, comme c’est le cas ici, l’importance de leurs auteurs. En conséquence, André Loez n’a pas disposé de toute la place nécessaire pour évoquer toutes les erreurs qu’il a relevées dans le bref ouvrage de Johann Chapoutot et Christian Ingrao, erreurs dont nous tenons la liste à leur disposition.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Analyse. Pour les journalistes du « Monde » Philippe Mesmer et Philippe Pons, le sommet de Pyongyang a marqué une avancée dans les relations entre les deux pays. Un rapprochement qui interpelle Washington.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Les deux Corées sur la voie de l’apaisement

Analyse. Pour les journalistes du « Monde » Philippe Mesmer et Philippe Pons, le sommet de Pyongyang a marqué une avancée dans les relations entre les deux pays. Un rapprochement qui interpelle Washington.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h30
    |

                            Philippe  Pons et 
Philippe Mesmer (Séoul, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Analyse. En se focalisant sur la question nucléaire (atermoiements, progrès, impasse), on risque de négliger un facteur appelé à peser dans les négociations futures : le rapprochement entre les deux Corées. Le sommet, à Pyongyang, du 18 au 20 septembre, entre le dirigeant du Nord, Kim Jong-un, et le président du Sud, Moon Jae-in, a donné lieu au grand spectacle de la réconciliation intercoréenne alors que le temps se gâte entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Il a eu peu de résultats tangibles sur le nucléaire.
En revanche, il a marqué une avancée dans les relations entre les deux pays : la signature d’un accord militaire visant à réduire la tension dans la péninsule. Les deux dirigeants ont certes signé un accord prometteur de coopération économique mais sa mise en œuvre dépend de la levée des sanctions onusiennes – toujours en place.

Toute avancée de la part de Séoul risquerait d’apparaître comme une violation de celles-ci. En revanche, dans le domaine militaire, ils disposent paradoxalement d’une certaine marge de manœuvre pour réduire la tension dans la péninsule, de part et d’autre de la zone démilitarisée (DMZ) qui les sépare à hauteur du 38e parallèle.
Zones tampons
L’accord militaire est significatif de la volonté des deux dirigeants d’instaurer progressivement un régime de paix dans la péninsule qui devrait conduire à un traité mettant fin à la guerre de Corée, suspendue à un simple armistice en 1953. Un traité de paix semble une demande légitime de la part des Coréens.

Mais Washington s’y oppose, estimant que ce serait se priver d’un moyen de pression, tant que les engagements à dénucléariser ne se sont pas concrétisés, et qu’un tel traité ouvrirait la porte à une demande de la RPDC (et vraisemblablement de la Chine et de la Russie) de dissoudre le commandement des Nations unies, chargé de faire respecter l’armistice, voire de retirer les troupes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Salué il y a quatre ans, le « Spitzenkandidaten » est aujourd’hui contesté par les dirigeants de l’UE. Survivra-t-il aux élections européennes ?, s’interroge dans sa chronique Cécile Ducourtieux, du bureau européen du « Monde » à Bruxelles.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« Les dirigeants de l’UE s’apprêtent-ils à enterrer le mode de désignation du président de la Commission ? »

Salué il y a quatre ans, le « Spitzenkandidaten » est aujourd’hui contesté par les dirigeants de l’UE. Survivra-t-il aux élections européennes ?, s’interroge dans sa chronique Cécile Ducourtieux, du bureau européen du « Monde » à Bruxelles.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 12h13
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Chronique. Le débat agite les élites communautaires depuis des mois, mais il n’a pas encore dépassé le ring bruxellois. Cela devrait se produire dès que la campagne des élections européennes sera entrée dans le vif du sujet. Le « Spitzenkandidat » (« tête de liste » en bon français) survivra-t-il aux prochaines européennes ? Les dirigeants de l’Union s’apprêtent-ils à enterrer la seule innovation « démocratique » qu’elle ait connue ces dernières années ?

De quoi parle-t-on au juste ? D’un mode de désignation totalement inédit du président de la Commission, imposé en 2014 par le Parlement européen aux dirigeants de l’UE : il a réclamé qu’ils nomment à ce poste la tête de liste du parti pan-européen arrivé premier au scrutin des européennes.
Il s’agissait alors d’un véritable tour de passe-passe de son président de l’époque, Martin Schulz, largement salué comme un coup de génie. Le social-démocrate allemand a exploité au maximum un traité de Lisbonne plutôt vague sur les prérogatives de l’Hémicycle (qui précise juste que le Conseil doit « tenir compte » du résultat des européennes).
« Redonner un visage » à Bruxelles
En 2014, donc, et pour la première fois, les citoyens de l’Union ont leur mot à dire, même très indirectement, au sujet du poste de pouvoir le plus important de l’UE. Alors que, jusqu’alors, les chefs d’Etat et de gouvernement désignaient le président de la Commission derrière portes hermétiquement closes.
Beaucoup se sont réjouis d’un mode de désignation susceptible de ramener les électeurs aux urnes, de « redonner un visage » à Bruxelles. D’en finir avec la Commission ultra-technocratique et à la botte des Etats membres, qu’avait incarné son président José Manuel Barroso entre 2004 et 2014.
C’est par la magie du « Spitzenkandidat » que Jean-Claude Juncker a pu sortir de sa retraite forcée d’ex-premier ministre luxembourgeois pour connaître la nouvelle carrière que l’on sait....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Si le nouveau mécanisme a globalement atteint les objectifs fixés, cela ne dispense pas le gouvernement d’améliorer certaines de ses faiblesses.
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Parcoursup, un bilan à confirmer

Editorial. Si le nouveau mécanisme a globalement atteint les objectifs fixés, cela ne dispense pas le gouvernement d’améliorer certaines de ses faiblesses.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h21
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 17h22
   





                        


Editorial du « Monde ». Décidé il y a un an, présenté le 22 novembre 2017 en conseil des ministres, enclenché le 22 janvier, avant même l’adoption, le 15 février, de la loi qui l’organise, le nouveau mécanisme d’affectation dans l’enseignement supérieur des futurs bacheliers — Parcoursup — a connu, depuis huit mois, son baptême du feu. L’on emploie l’expression à dessein, tant le dossier est inflammable, toute forme de régulation de l’entrée à l’université étant aisément dénoncée comme une inacceptable sélection.
En dépit d’un rodage acrobatique, de vives controverses et de lourds soupçons, d’une agitation émaillée de quelques occupations d’universités au printemps, enfin de sérieuses inquiétudes des candidats et de leurs familles tout au long de la procédure, le premier bilan de Parcoursup est honorable.
Techniquement, l’ambition a été de supprimer les rigidités du système antérieur d’attribution automatique des places dans le supérieur, voire ses absurdités, comme le tirage au sort dans des filières surchargées. Philosophiquement, le projet vise à permettre une meilleure adéquation entre les vœux des bacheliers et les exigences des formations auxquelles ils postulent — en clair, une orientation plus efficace —, afin de commencer à combattre l’impitoyable sélection par l’échec qui reste la marque de fabrique du premier cycle universitaire.

        Le bilan du gouvernement :
         

          Parcoursup : quels sont les ajustements prévus en 2019 ?



Des améliorations envisagées
Pour la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, la nouvelle plate-forme informatisée d’inscription a globalement atteint ces objectifs. Au terme de la procédure d’inscription, a-t-elle souligné mardi 25 septembre, plus de 2,4 millions de propositions ont été faites à 730 000 jeunes, soit près de 90 % des candidats, et l’engagement que chaque candidat ait une proposition « au plus près de ses vœux a été tenu ».
Au total, 583 000 bacheliers ont trouvé une place dans l’enseignement supérieur, 955 seulement étant encore en quête d’une affectation. En outre, Parcoursup s’est efforcé d’améliorer la mobilité sociale et géographique des candidats.
Cela ne dispense pas, évidemment, d’améliorer les faiblesses avérées du nouveau dispositif. Tous les acteurs, bacheliers et leurs familles autant qu’établissements d’enseignement supérieur, ont déploré la lenteur du calendrier, stressante pour les candidats et problématique pour les responsables de formation. Parmi d’autres améliorations envisagées, la ministre prévoit donc, à l’avenir, de clore la première phase de la procédure à la fin de juillet et non plus au début de septembre. Personne ne s’en plaindra.
Cela ne dispense pas, non plus, de soulever des questions pour l’heure sans réponse. Qui sont et que deviennent les quelque 20 % de candidats, voire davantage, qui sont sortis du système Parcoursup sans donner signe de vie ? Quelles seront la nature et l’efficacité des dispositifs de remise à niveau pour les bacheliers, notamment professionnels, que les universités n’ont pas jugés assez armés pour aborder immédiatement des études supérieures ? Quels moyens seront donnés aux lycées pour renforcer l’indispensable travail d’information et d’orientation des futurs bacheliers — et aux universités pour évaluer les demandes ? La liste n’est pas limitative.
Quant à l’objectif stratégique de la réforme, l’amélioration de la réussite des étudiants, l’on pourra commencer à en juger dans un an ou deux, au vu des parcours des nouveaux étudiants. Mais on doit tout faire pour qu’il soit atteint, tant le gâchis actuel de l’échec en premier cycle universitaire est choquant.

        L’analyse :
         

          Parcoursup, an I : le débat sur l’après a commencé







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans un pays qui a longtemps fait de la croissance économique sa priorité absolue, chaque responsable est surtout jugé sur sa contribution à cette grande cause nationale. Quels que soient les moyens employés, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde », Frédéric Lemaître.
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« Le mensonge, le gros mensonge et la statistique de la Chine de Xi Jinping »

Dans un pays qui a longtemps fait de la croissance économique sa priorité absolue, chaque responsable est surtout jugé sur sa contribution à cette grande cause nationale. Quels que soient les moyens employés, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde », Frédéric Lemaître.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 11h35
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

Vu d’ailleurs. L’injonction vient de haut. De très haut, même. Du comité central du Parti communiste chinois (PCC). Il ne faut plus manipuler les statistiques. Selon le China Daily du 18 septembre, les instances dirigeantes du parti ont pris, cet été, vingt mesures afin de prévenir et de punir la fraude statistique. Le Bureau national de la statistique (BNS) a même créé un département spécial à cet effet.
Le problème est que ce n’est pas la première fois que de telles dispositions sont annoncées. En 2016 puis en 2017, des règles avaient déjà été adoptées, et les tricheurs déjà menacés. Mais rien n’y a fait : la fameuse citation de l’ancien premier ministre britannique Benjamin Disraeli (1804-1881) – « Il y a trois sortes de mensonges : le mensonge, le gros mensonge et la statistique » – pourrait servir de devise à la Chine de Xi Jinping.
Convaincus depuis longtemps que fraudes et erreurs entachent les agrégats économiques, les spécialistes préfèrent d’ailleurs utiliser d’autres indicateurs. Par exemple, plutôt que se fier à l’évolution du produit intérieur brut, nombre d’entre eux suivent la consommation d’énergie, à leurs yeux plus fiable. Enfin le croyaient-ils. Sauf qu’en juillet, l’administration nationale de l’énergie a déclaré que le secteur agricole avait utilisé en juin 6,5 milliards de kilowatts/heure d’électricité, soit, affirme-t-il, « 6,6 % de plus » qu’en juin 2017. Une augmentation équivalente, ça tombe bien, aux prévisions de croissance du gouvernement : 6,5 % cette année.
Le problème est qu’en juin 2017, le chiffre alors publié s’élevait à 12 milliards de kilowatts/heure… près du double, donc. Interrogée, l’administration a expliqué a posteriori qu’elle excluait désormais les « services à l’agriculture », ce qui n’a qu’à moitié convaincu les spécialistes.
Contradictions et tricherie
Même les statistiques du BNS sont pleines de contradictions. En juillet, le quotidien de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Désormais, la convention ou l’accord collectif d’entreprise prime sur la convention ou l’accord collectif de branche. Mais il existe de nombreuses exceptions à ce principe, explique, dans sa chronique, le juriste Francis Kessler.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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Une flexibilité du travail sous conditions

Désormais, la convention ou l’accord collectif d’entreprise prime sur la convention ou l’accord collectif de branche. Mais il existe de nombreuses exceptions à ce principe, explique, dans sa chronique, le juriste Francis Kessler.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 10h55
    |

                            Francis Kessler (Maître de conférences à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            

Question de droit social. Les « ordonnances Macron » du 22 septembre 2017 ont bouleversé la hiérarchie des sources du droit négocié du travail. Désormais, c’est la convention ou l’accord collectif d’entreprise qui prime sur la convention ou l’accord collectif de branche. Ce nouveau principe s’applique même si l’accord d’entreprise est moins favorable aux salariés que ladite convention ou accord collectif de branche. C‘est là une mesure forte de « flexibilisation » adoptée dans le but que les « besoins » spécifiques, les caractéristiques d’organisation et d’activité de l’entreprise soient mieux pris en compte dans les négociations des conditions de travail des salariés.
Toutefois et afin d’éviter de trop fortes distorsions de concurrence par le coût du travail au sein d’une même branche professionnelle, les réformateurs ont prévu de nombreuses exceptions à ce principe.

Ainsi, aux termes de l’article L2253-1 du code du travail, l’accord de branche prime toujours sur l’accord d’entreprise concernant de nombreux points : les salaires minimaux, la classification, les conditions et durées de renouvellement de la période d’essai, ainsi que dans certains domaines de la durée du travail (la période de référence en cas de répartition de la durée du travail sur plus d’une semaine, le régime d’équivalence, etc.), les contrats à durée indéterminée de chantier, ou encore les dispositions relatives aux durées maximales du contrat à durée déterminée.
En tous ces domaines, les négociateurs d’entreprise doivent respecter les dispositions de la convention ou accord collectif de branche, évidemment si un tel accord existe, s’il est applicable à l’entreprise et s’il traite du thème en question.
Ce même article précise toutefois que cette primauté de l’accord de branche sur l’accord d’entreprise ne joue pas « lorsque ce dernier assure des garanties au moins équivalentes à celles prévues par l’accord de branche ». Dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Le sociologue Patrice Duchemin recense les nouveaux mots traduisant des micro-faits ou des initiatives a priori anecdotiques qui se muent en phénomènes de société.
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« Brown-out », « soulmate » : décrypter la novlangue pour mieux comprendre notre environnement

Le sociologue Patrice Duchemin recense les nouveaux mots traduisant des micro-faits ou des initiatives a priori anecdotiques qui se muent en phénomènes de société.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 10h02
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 10h05
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Le brown-out, littéralement « baisse de courant », est le nom donné à une maladie du travail provoquée par une opposition entre l’éthique personnelle d’un salarié et les tâches professionnelles qui lui sont demandées. La shrinkflation – contraction de shrink, ratatiner, et inflation – désigne le procédé qui consiste à vendre au même prix un produit conditionné dont le poids a été réduit par le fabricant. Les tablettes de chocolat ne pèsent plus toujours 100 grammes et, au Royaume-Uni, les triangles des barres Toblerone sont, depuis peu, davantage espacés. Les henrys (« High Earners Not Rich Yet », « hauts revenus en voie de devenir riches ») sont une nouvelle cible pour les marques de luxe. Pas encore très riches, mais assez pour être tentés.
Enfin, l’office soulmate (« l’âme sœur du bureau ») est un concept américain qui décrit la personne avec laquelle chaque salarié entretient une relation privilégiée au bureau. « Celle à qui il est possible de raconter ses petites frustrations quotidiennes, ses problèmes du quotidien ou ses états d’âme devant la machine à café ou sur la messagerie instantanée de l’entreprise », détaille Patrice Duchemin, qui recense, dans Le Pouvoir des imaginaires (Arkhê), vingt-cinq termes de novlangue.
« Bien sûr, ce ne sont que des mots. Mais les mots sont bavards. Ils permettent d’entendre et de comprendre notre environnement. Ils peuvent être des sources d’inspiration et des grilles d’analyse pertinentes », affirme le sociologue de la consommation. Alors que certains choisissent de voyager au bout du monde pour trouver la nouvelle tendance qui doit irriguer notre futur, et l’illustrent ensuite par des exemples qu’ils ne manqueront pas de trouver, quitte à forcer la réalité, l’enseignant au Celsa prend le chemin inverse.
Street-fishing et poulaillers urbains
Il part du repérage de micro-faits, des initiatives a priori anecdotiques,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Nos 21 000 gènes ne représentent que 2 % du génome humain. Mais le reste n’est pas que de l’ADN poubelle. Une grande partie semble vouée à contrôler l’expression de nos gènes.
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Les parts d’ombre du génome humain

Nos 21 000 gènes ne représentent que 2 % du génome humain. Mais le reste n’est pas que de l’ADN poubelle. Une grande partie semble vouée à contrôler l’expression de nos gènes.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 13h31
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
Les défis de la science. Le dévoilement du génome humain est un chemin pavé de surprises. Un immense pas a été franchi en 1943 quand l’Américain Oswald Avery (1877-1955) a découvert que le support biologique de notre hérédité était l’ADN. En 1953, James Watson (né en 1928), Francis Crick (1916-2004) et la trop souvent oubliée ­Rosalind Franklin (1920-1958) révèlent sa structure – deux brins enroulés en une double hélice – qui lui permet d’être dédoublé, copié et transmis lors de la division cellulaire.
Reste à lire cet ADN pour y trouver les ­gènes supports de notre hérédité. Il est constitué d’une succession de molécules, les nucléotides (ou bases), elles-mêmes composées d’une partie fixe (un phosphate et un sucre) et d’une partie variable, une base azotée. Il en existe quatre notées A, C, G et T, qui s’assemblent deux par deux (A-T ou G-C) sur le double brin.

Décoder un gène revient à déterminer un enchaînement particulier de ces bases, une séquence capable d’être copiée en une molécule, l’ARN messager, afin de produire une protéine. Pour cela, il a fallu séquencer le génome. Comme le génome humain comprend 3,2 milliards de paires de base – dont 2,9 milliards sont lisibles – le travail s’annonçait titanesque. Il ira finalement assez vite. En 2003, 99 % du génome ­humain est séquencé. Surprise, il ne comporte qu’environ 20 000 gènes (le chiffre exact varie encore selon les auteurs) au lieu des 100 000 attendus, ce qui représente (seulement) 2 % de notre ADN.
Le reste ne serait-il que de l’ADN inutile, souvent qualifié de « poubelle » ? Ou bien les clés de notre complexité se trouveraient-elles dans la partie non codante ? En 2012, le programme de recherche international Encode penche en faveur de la seconde hypothèse. Il annonce que 80 % du génome humain est doté d’une fonction biochimique. « En fait, 50 % du génome ­humain est constitué de séquences amorphes répétitives, de pseudogènes inactifs, de transposons,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, s’inquiète des difficultés des gouvernements à faire évoluer les textes de la Ve République.
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Fabius : « Si les révisions sont bloquées, la Constitution peut s’affaiblir »

Laurent Fabius, président du Conseil constitutionnel, s’inquiète des difficultés des gouvernements à faire évoluer les textes de la Ve République.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 11h43
    |

            Jean-Baptiste Jacquin








                        



                                


                            

Nommé en février 2016 par François Hollande à la présidence du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius fait un premier bilan d’étape de son mandat de neuf ans. Il s’inquiète des difficultés des gouvernements à faire évoluer la Constitution. Malgré le succès des questions prioritaires de constitutionnalité, il s’étonne qu’elles portent rarement sur le droit du travail.
Le principe de séparation des pouvoirs et le respect de la Constitution ont-ils été violés à l’occasion de la commission d’enquête sénatoriale sur l’affaire Benalla ?
Deux séries de questions peuvent être évoquées à ce sujet. D’abord le fait qu’une procédure parlementaire ne doit pas empiéter sur une procédure judiciaire. Ensuite, savoir qui peut être convoqué devant une commission d’enquête parlementaire. Il est généralement admis qu’un président de la République n’a pas à se rendre devant une telle commission.
Le gouvernement, dont le Parlement contrôle l’action, ce n’est pas la présidence de la République. Mais il existe des zones intermédiaires. Quel est le statut des collaborateurs de la présidence ? La réponse donnée en pratique a varié avec le temps. Vous comprendrez que je ne tranche pas ici, au cas où le Conseil constitutionnel serait saisi.
La réforme de la Constitution voulue par le chef de l’Etat répond-elle aux besoins de modernisation des institutions ?
C’est au Parlement de répondre. Ce qui est certain, c’est que la Constitution de la Ve République bénéficie d’une durée de vie beaucoup plus longue que les précédentes, notamment grâce à sa capacité d’adaptation. Elle a déjà été révisée vingt-quatre fois.

La réforme de 2008 sous Nicolas Sarkozy, introduisant notamment la question prioritaire de constitutionnalité (QPC), était passée à une voix tandis que celle sur l’indépendance de la justice n’a pas atteint le Congrès sous le mandat de François Hollande. Celle-ci semble...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le directeur de l’Observatoire du fait religieux en entreprise délivre son analyse de l’enquête annuelle de l’OFRE, réalisée par Randstad et publiée mercredi 26 septembre. Il en ressort que la plupart des croyants acceptent sans difficultés de soumettre leur pratique aux impératifs productifs et commerciaux de leur entreprise.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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« En entreprise, les faits religieux sont majoritairement peu problématiques »

Le directeur de l’Observatoire du fait religieux en entreprise délivre son analyse de l’enquête annuelle de l’OFRE, réalisée par Randstad et publiée mercredi 26 septembre. Il en ressort que la plupart des croyants acceptent sans difficultés de soumettre leur pratique aux impératifs productifs et commerciaux de leur entreprise.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 09h04
    |

                            Lionel Honoré (Professeur des universités, directeur de l’Observatoire du fait religieux en entreprise)








                        



                                


                            

Tribune. La religion et les faits religieux se sont installés dans le quotidien des entreprises françaises. En 2018, d’après les résultats de l’enquête annuelle de l’Observatoire du fait religieux en entreprise (réalisée en partenariat avec l’Institut Randstad), près de deux entreprises sur trois rencontrent ces questions à des fréquences diverses : quotidiennement pour certaines, simplement quelques fois par an pour d’autres.
le fait religieux au travail est peu conflictuel et perturbe peu le fonctionnement de l’entreprise
Toutefois ce qui était encore exceptionnel il y a une dizaine d’années s’est aujourd’hui banalisé. Quelles en sont les conséquences ? Comment ces faits et comportements, impactent-ils le fonctionnement de l’organisation, la réalisation du travail et les rapports entre les personnes ? Un premier élément important qui ressort de l’enquête menée est que le fait religieux au travail est peu conflictuel et perturbe peu le fonctionnement de l’entreprise.
Une fois sur deux un acte ou un comportement ayant un caractère religieux ne suscite aucune action ou réaction de la part de collègues ou de managers. Lorsque c’est le cas il s’agit la plupart du temps de répondre à une demande d’absence ou de modification de planning justifiée par le souhait d’assister à une fête religieuse ou de respecter un rite. Ces décisions sont par ailleurs le plus souvent acceptées par les salariés et ne suscitent des conflits et des blocages que dans moins de 10 % des cas.
Bien saisir les enjeux
L’enquête souligne par ailleurs que d’autres sujets, par exemple la politique ou la vie personnelle, génèrent davantage de tensions au travail que la religion. Ainsi le fait religieux appréhendé comme un phénomène global est à la fois banal, présent dans une majorité d’entreprises et peu perturbateur. Il génère rarement des interventions managériales ou des conflits entre collègues et avec le management. Il gêne peu la bonne marche de l’organisation,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde » et au « New York Times », plusieurs anciens dirigeants issus des Etats membres de l’OTAN, appellent, à l’initiative de l’American Jewish Committee, à renforcer les relations entre alliés face aux dangers communs.
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Un collectif d’anciens dirigeants européens et américains : « l’OTAN, indispensable rempart de paix »

Dans une tribune au « Monde » et au « New York Times », plusieurs anciens dirigeants issus des Etats membres de l’OTAN, appellent, à l’initiative de l’American Jewish Committee, à renforcer les relations entre alliés face aux dangers communs.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 09h48
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Nous, signataires de cette Charte, sommes les héritiers reconnaissants de l’ère de sécurité transatlantique d’après-guerre, instaurée par des dirigeants visionnaires, américains et européens, inspirés par des valeurs partagées et unis contre des menaces communes.
Nous nous élevons pour la défense de l’alliance précieuse des démocraties, de ses traités, institutions et normes ; cette alliance a assuré une paix durable et généré la prospérité que nous connaissons depuis la guerre froide jusqu’à nos jours. Nous ne connaissons que trop bien le terrible prix payé lorsque ces principes ne sont pas respectés et protégés.

Résolus à préserver notre alliance essentielle – et refusant de laisser les inévitables différences qui voient le jour entre nous, même avec nos plus proches partenaires, mettre en danger notre lien spécial –, nous saisissons ce moment, alors que certains principes fondamentaux sont remis en cause, parfois discrédités, pour nous réengager en faveur des idéaux sur lesquels nos nations se sont appuyées depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
A cette fin, nous sommes unis aujourd’hui pour réaffirmer :
– Notre engagement pour un ordre international fondé sur des règles de droit, dans lequel les violations injustifiées des frontières sont punies, dans lequel les mécanismes légaux permettent à la fois de relever des défis globaux et de respecter les souverainetés nationales, et où des standards élevés sont maintenus et garantissent les droits de l’homme universels.
– Notre confiance dans l’OTAN – cet indispensable rempart de paix et de sécurité depuis presque soixante-dix ans – et notre reconnaissance en l’inestimable valeur stratégique de l’organisation pour les Etats-Unis et ses 28 alliés transatlantiques.
– Notre respect pour l’Union européenne, qui – depuis sa création en tant que Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) jusqu’à sa composition actuelle de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Deux ouvrages – « Une autre voie est possible », d’Eric Heyer, Pascal Lokiec et Dominique Méda et « Economie : on n’a pas tout essayé ! de Gilles Raveaud » –, visent à offrir un programme économique « clé en main ».
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Un programme économique clé en mains pour la gauche

Deux ouvrages – « Une autre voie est possible », d’Eric Heyer, Pascal Lokiec et Dominique Méda et « Economie : on n’a pas tout essayé ! de Gilles Raveaud » –, visent à offrir un programme économique « clé en main ».



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 14h25
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Livres. La gauche française, éclatée façon puzzle, cherche donc de nouvelles idées pour rebondir. Pierre Rosanvallon, avec Notre histoire intellectuelle et politique, 1968-2018 (Seuil), s’efforçait de lui proposer une nouvelle méthode de mobilisation politique. Voici deux livres qui, parus quasiment le même jour, visent à lui offrir un programme économique « clé en main », avec deux titres significativement proches.
Et un premier constat similaire. Ce qu’une poignée d’économistes s’évertuait à clamer dans le désert du consensus néolibéral de la fin du siècle dernier – les inégalités s’accentuent ; l’instabilité financière et le marché tout puissant menacent la croissance, l’environnement et la démocratie ; l’Etat et les institutions économiques doivent jouer un rôle de régulateur, de garant et d’investisseur – est en train de devenir le consensus des économistes, jusque dans les bastions considérés comme les ordonnateurs de la politique économique menée jusqu’à la grande crise de 2008 : le Fonds monétaire international (FMI), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Commission de Bruxelles et même la Banque centrale européenne (BCE).
Depuis quatre à cinq ans, ces institutions multiplient les rapports préconisant la hausse des salaires et des investissements publics, la réduction des inégalités, la mise au pas de la finance de l’ombre et des paradis fiscaux, une fiscalité plus progressive et redistributive, l’abondance de la liquidité sans craindre l’inflation, le rééquilibrage du commerce entre pays excédentaires et déficitaires…
Mais les politiques, et d’ailleurs la plupart des experts médiatiques, n’ont toujours pas tiré les conclusions pratiques de ce revirement intellectuel spectaculaire, notent les auteurs. Ils continuent à analyser la situation économique avec les concepts d’avant-crise et à prescrire les solutions… qui y ont mené.
Dans les bras de l’extrême droite
Les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Pour le ministre de l’économie, l’heure du sursaut de l’Europe a sonné, alors que « la Chine se veut conquérante et que les Etats-Unis tournent le dos à leurs alliés ».
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Bruno Le Maire : « Continuons le combat pour une Europe juste, souveraine et protectrice »

Pour le ministre de l’économie, l’heure du sursaut de l’Europe a sonné, alors que « la Chine se veut conquérante et que les Etats-Unis tournent le dos à leurs alliés ».



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 09h54
    |

Bruno Le Maire (Ministre de l'économie et des finances)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a un an, le président de la République présentait dans son discours de la Sorbonne ses propositions pour redonner un nouveau souffle à la construction européenne. Il y a un an, il traçait une voie sans ambiguïté : pas d’Europe sans valeurs, sans ambition et sans résultat concret pour ses citoyens. Il faisait le pari de bâtir une Europe unie, forte et démocratique. Un an après, nous avons, par nos actions, mené le combat pour construire cette Europe que promeut le président : une Europe qui affirme sa puissance, revendique son modèle et s’érige pour défendre ses principes et ses valeurs.

Nos efforts pour faire de la zone euro un pôle de croissance et de stabilité ont franchi une étape majeure. En juin, le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel ont conclu un accord historique à Meseberg, près de Berlin. La France et l’Allemagne reconnaissent la nécessité de doter la zone euro d’un budget propre. C’est fondamental pour transformer notre zone euro en une véritable zone économique, créatrice de croissance et d’emplois, au-delà du seul partage de notre monnaie. Cette ambition, nous devons maintenant la partager avec nos voisins et partenaires de la zone euro d’ici la fin de l’année, pour concrétiser et donner vie à cet accord franco-allemand.
Lutter contre l’évasion fiscale
Dans le domaine fiscal, beaucoup s’étaient résolus à baisser les bras : avec la règle de l’unanimité, rien n’était possible ! Cette résignation qui conduit souvent à l’immobilisme, nous l’avons refusée et combattue. Avec notre détermination et nos propositions, nous avons prouvé le contraire.
Nous avons renforcé nos outils pour lutter contre l’évasion fiscale et l’optimisation agressive qui sont, aujourd’hui plus encore qu’avant, profondément intolérables. Nous avons renforcé la transparence pour lutter contre les coquilles vides et mis en place une liste noire européenne pour sanctionner les Etats qui aident les fraudeurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le célèbre intervieweur publie « Journal d’un observateur », une formidable galerie de portraits de la Ve République.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Alain Duhamel, inépuisable marathonien de la politique

Le célèbre intervieweur publie « Journal d’un observateur », une formidable galerie de portraits de la Ve République.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 05h15
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 11h28
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Livre. Alain Duhamel ne se déteste pas. Il est vrai qu’il ne manque pas de bonnes raisons pour cela. Depuis plus d’un demi-siècle, son œil aimablement impitoyable, sa plume aussi affûtée que colorée, son jugement toujours en quête de sens sont sans équivalent parmi les commentateurs de la vie politique française. D’autres auront été plus urticants, croustillants ou intuitifs. Lui a tracé sa route avec son inusable style Sciences Po certes, mais aussi avec une inépuisable et communicative passion, que le temps n’a jamais entamée, pour notre histoire contemporaine.
Il en fait une nouvelle démonstration avec le Journal d’un observateur qu’il vient de publier. Mais une fois n’est pas coutume chez qui se flatte à juste titre de n’avoir jamais « grillé un off » ni divulgué des échanges destinés à rester confidentiels, il puise dans ses notes et ses souvenirs quantité de scènes qui débordent le cadre corseté de l’analyse. C’est le privilège de l’âge – ces 78 ans affichés qui l’invitent, comme il l’annonce, à « dételer » prochainement. C’est aussi le charme et l’intérêt de ces Mémoires qui ne disent pas leur nom.
Au fil des pages, l’on picorera, par exemple, le récit savoureux de ces déjeuners chez Lasserre, au début des années 1970, entre Edmond Michelet, ministre de la culture de Pompidou, et André Malraux, son illustre prédécesseur : « Malraux soliloquait et tonitruait. Edmond Michelet l’écoutait avec une admiration pétrifiée. Je buvais [ses] paroles, sans forcément en comprendre la signification, car il abusait à la fois des symboles hermétiques et du prestigieux bordeaux qu’il commandait impérieusement en abandonnant l’addition à Michelet. » 
Le coup de sang de Philippe Séguin
Vingt ans plus tard, lors de ses innombrables conversations avec François Mitterrand, le président de la République s’exaspère des prudences de son premier ministre. « Un jour, il dresse devant moi un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le secrétaire général de la CGT estime qu’il faut arrêter d’opposer « main-d’œuvre étrangère » et « main-d’œuvre nationale ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/09/2018
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Philippe Martinez : « Ce n’est pas l’immigration qui crée du dumping social, mais l’absence de droits ! »

Dans une tribune au « Monde », le secrétaire général de la CGT estime qu’il faut arrêter d’opposer « main-d’œuvre étrangère » et « main-d’œuvre nationale ».



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 04h52
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 11h46
    |

Philippe Martinez (Secrétaire général de la CGT)







                        



                                


                            

Tribune. Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, est asséné un certain nombre de contre-vérités sur l’immigration visant à opposer de manière caricaturale « main-d’œuvre étrangère » et « main-d’œuvre nationale ». Ces raccourcis dangereux sont utilisés sous prétexte de « protéger » la « main-d’œuvre locale » avec une évidente méconnaissance des réalités du monde du travail.
La CGT, présente au cœur des entreprises et des services, forte de son expérience en faveur des travailleurs migrants, tient à rétablir un certain nombre de vérités.
Rappelons d’abord que le discours nationaliste visant à opposer travailleurs français et travailleurs immigrés est une vieille recette d’extrême droite. Les réactions identitaires et la désignation des travailleurs immigrés comme boucs émissaires ont accompagné les périodes de crises économiques et la montée des fascismes en Europe. Il est irresponsable dans la période que nous vivons de semer la confusion et d’attiser de tels sentiments d’opposition entre salariés pouvant mener à la haine.
Le fait migratoire est un phénomène incontournable, stable et continu dans l’histoire de l’humanité. Prétendre que l’on peut stopper ou maîtriser les mouvements migratoires est un leurre politicien et une posture idéologique. Les plus hauts murs n’empêcheront jamais des personnes de fuir, au péril de leur vie, la guerre, la misère économique ou les persécutions.
Les vagues migratoires aussi font partie intégrante de notre histoire. Elles ont construit, façonné la richesse de notre réalité culturelle et contribué au développement économique de notre pays depuis des siècles.
Nous ne faisons pas face à une invasion de migrants et notre pays doit accueillir humainement et dignement ceux qui fuient leurs pays. Cela se nomme la fraternité.
Ces salariés font partie intégrante de la classe ouvrière !
Ce n’est pas l’immigration qui crée du dumping social mais l’absence de droits !...




                        

                        


<article-nb="2018/09/26/19-20">
<filnamedate="20180926"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180926"><AAMMJJHH="2018092619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Une équipe internationale de chercheurs en géo-ingénierie étudie une solution à la montée du niveau des océans : construire des murs au fond de la mer pour protéger les glaciers de l’eau la plus chaude.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ 