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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’expulsion de touristes chinois d’un hôtel suédois en pleine nuit a entraîné une série d’incidents diplomatiques entre les deux pays, depuis le 2 septembre.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Son discours, son parcours, ses ambitions…, tous les aspects de la candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone ont été disséqués.
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« Indépendant » ou « arrogant » : Manuel Valls, candidat à Barcelone, vu par la presse espagnole

Son discours, son parcours, ses ambitions…, tous les aspects de la candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone ont été disséqués.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 18h43
    |

            Jérémie Lamothe








                        



   


L’annonce était attendue depuis plusieurs semaines, Manuel Valls l’a officialisée, mardi 25 septembre : il est candidat aux élections municipales de mai à Barcelone, ville où il est né il y a cinquante-six ans. « Venir à Barcelone n’est pas une rupture, c’est le prolongement d’un même chemin, celui de l’Europe », a notamment déclaré l’ancien premier ministre français au cours de son discours au Centre de culture contemporaine de la cité catalane.
Pour la presse espagnole, la tâche s’annonce toutefois compliquée pour Manuel Valls. Sur la forme d’abord, tous les journalistes présents ont critiqué « le chaos » de l’événement — des journalistes et des invités n’ont pas pu entrer à cause d’une salle trop petite —, alors que M. Valls se présente comme « le candidat de l’ordre ».
Elargir sa base électorale
Sur le fond ensuite. El Mundo note que l’ancien chef de gouvernement s’est attaché à ne pas se montrer comme le candidat d’un seul parti, pour élargir sa base électorale. « Manuel Valls a tenté de mettre en avant ses idées et de prendre de la distance vis-à-vis de Ciudadanos », parti libéral qui avait proposé à l’ancien socialiste, il y a quelques mois, d’être son candidat aux municipales. D’après le quotidien, M. Valls s’est « efforcé de se poser comme un candidat “indépendant” en allant aux élections avec une “plate-forme citoyenne” ». Une stratégie qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Emmanuel Macron lors de l’élection présidentielle française de 2017.
S’il s’est présenté comme le candidat qui s’engagera contre « les populismes, les nationalismes et la démagogie », sur l’exacte ligne de Ciudadanos, M. Valls s’est d’ailleurs, en même temps, posé en « homme de gauche ».
El Pais relève également qu’un seul élu de Ciudadanos, le député régional Ignacio Martin Blanco, était présent dans la salle pour cette annonce de candidature. « L’absence de dirigeants de Ciudadanos a permis d’attirer l’attention des médias exclusivement sur Manuel Valls », selon le quotidien catalan La Vanguardia.
Autre point relevé par la presse espagnole au lendemain de ce discours : la volonté de M. Valls de se présenter en adversaire du mouvement indépendantiste près d’un an après le référendum d’autodétermination qui s’est tenu en Catalogne. Dans sa chronique pour ABC, le journaliste et écrivain espagnol Ignacio Camacho estime que la candidature de M. Valls « est bonne, car elle donne à la lutte contre le nationalisme une dimension qui transcende les frontières ».
Héritier de Pasqual Maragall
La presse revient aussi sur la doctrine de Manuel Valls. El Mundo lui a consacré un long portrait rappelant les différentes étapes de sa vie politique en France, tandis que le journaliste Carles Cols, sur le site d’El Periodico, met en avant le fait que l’ancien premier ministre « veut être le nouveau Pasqual Maragall », l’emblématique maire socialiste qui, de 1982 à 1997, fut un des grands artisans de la rénovation de la capitale catalane.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, selon lui, si M. Valls a fait son annonce au Centre de culture contemporaine, créé sous la mandature de M. Maragall à la fin des années 1980. L’ancien socialiste s’est d’ailleurs entouré de Xavier Roig, chef de cabinet à la mairie de M. Maragall. Pour Carles Cols, Manuel Valls a, ni plus ni moins, l’intention de « faire une OPA sur l’héritage du margallisme ».
Dans El Periodico également, Albert Saez, le directeur adjoint du journal catalan, estime toutefois que M. Valls est « un héritier indigne de Maragall ». « Les gens ne confondent pas la copie avec l’original », écrit-il, qualifiant la personnalité du candidat de « despotique et arrogante ».
« Certains qui ont suivi le parcours de Manuel Valls dans la politique française savent qu’il ressemble à Maragall sur trois aspects : il est socialiste, il est barcelonais et il a été maire. Mais c’est tout. »
L’ambition de M. Valls d’être l’héritier politique de M. Maragall s’annonce d’autant plus compromise que le parti indépendantiste Gauche républicaine de Catalogne a décidé d’investir pour le scrutin municipal de mai Ernest Maragall, frère de Pasqual Maragall.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’opposition de droite et la gauche radicale exigent depuis plusieurs jours le départ de Dolores Delgado à la suite d’écoutes montrant sa proximité avec un personnage sulfureux.
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Fragilisée par des écoutes, la ministre de la justice espagnole, Dolores Delgado, refuse de démissionner

L’opposition de droite et la gauche radicale exigent depuis plusieurs jours le départ de Dolores Delgado à la suite d’écoutes montrant sa proximité avec un personnage sulfureux.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 16h38
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 16h49
   





                        



   


« Je ne démissionnerai pas. » La ministre de la justice espagnole, Dolores Delgado, a refusé mercredi 26 septembre de céder face à l’opposition de droite et à la gauche radicale qui exigent son départ à la suite d’écoutes montrant sa proximité avec un personnage sulfureux. « Ni ce gouvernement socialiste ni (moi) n’accepterons le chantage de qui que ce soit », a-t-elle lancé devant les députés.
La ministre socialiste est fragilisée par la publication de conversations entre elle et l’ancien policier José Manuel Villarejo, actuellement en prison et poursuivi pour blanchiment. Dans un extrait sonore diffusé mercredi par le média en ligne Moncloa et présenté comme remontant à 2009, Dolores Delgado, qui était alors magistrate, raconte avoir vu des confrères accompagnés de mineures de 17 ans lors d’un voyage en Colombie.
Mardi, on l’entendait dans un autre enregistrement attribuer un sobriquet homophobe au juge Fernando Grande-Marlaska, aujourd’hui ministre de l’intérieur. Ces enregistrements sont « manipulés », avait-elle assuré mardi, tout en reconnaissant avoir rencontré à trois reprises le sulfureux commissaire Villarejo en trente ans de carrière.

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Deux ministres déjà contraints à la démission
« Je ne comprends pas comment vous restez à un poste où vous faites énormément de mal à la justice espagnole, et énormément de mal à notre pays, lui a lancé mercredi la députée conservatrice Maria Jesus Bonilla. Ces enregistrements vous mettent à mal, comme personne mais aussi comme ministre. »
Pablo Iglesias, secrétaire général du parti de gauche radicale Podemos, qui a soutenu la motion de censure ayant porté le socialiste Pedro Sanchez au pouvoir au début de juin, l’a aussi publiquement appelée à présenter sa démission. « Il est inacceptable que dans ce pays des ministres soient amis avec des types comme Villarejo », a-t-il lancé dans les couloirs de la chambre des députés.
Deux ministres du gouvernement de Pedro Sanchez ont déjà été contraints à la démission. Le ministre de la culture, Maxim Huerta, n’était resté qu’une semaine en poste, rattrapé par des révélations sur des déboires passés avec le fisc ; la ministre de la santé Carmen Monton a, elle, démissionné le 11 septembre à la suite de révélations sur les conditions douteuses de l’obtention de son master.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ L’inventeur danois avait fait appel de sa peine de prison pour le meurtre avec préméditation, précédé de violences sexuelles, de la journaliste suédoise.
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Perpétuité confirmée pour Peter Madsen, le meurtrier de la journaliste Kim Wall

L’inventeur danois avait fait appel de sa peine de prison pour le meurtre avec préméditation, précédé de violences sexuelles, de la journaliste suédoise.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 16h10
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 16h42
   





                        



   


Mercredi 26 septembre, la Haute Cour de Copenhague a confirmé en appel la condamnation de l’inventeur danois Peter Madsen à la réclusion à perpétuité pour l’assassinat d’une journaliste suédoise à bord de son sous-marin artisanal en août 2017.
Peter Madsen, 47 ans, avait interjeté appel de la durée de sa peine de prison après sa condamnation en premier ressort en avril à la perpétuité pour le meurtre avec préméditation, précédé de violences sexuelles, de Kim Wall, 30 ans. Il ne contestait pas en revanche le verdict de culpabilité.
« Je suis terriblement triste pour les proches de Kim de ce qui s’est passé », avait déclaré Peter Madsen à la clôture de l’audience, utilisant un adjectif qui, en danois, peut également signifier « désolé ».
Rares condamnations à vie
Le procureur Kristian Kirk avait requis la prison à vie. « Quand je regarde Peter Madsen (...) je ne vois pas de raison pour (lui infliger) une peine plus faible que la perpétuité. » Selon lui, la préméditation et la nature des violences qui lui sont reprochées justifient son enfermement à vie. « Nous parlons d’un meurtrier sexuel cynique, pervers et calculateur, et pour cette raison je ne pense pas qu’il y ait une marge d’hésitation », a souligné M. Kirk.
« Par défaut, tous les meurtres sont cyniques, ce n’est pas propre à cette affaire », lui a rétorqué l’avocate de Peter Madsen, Betina Hald Engmark. « La défense est d’avis que le bon niveau de peine se situe entre quatorze et seize ans », a-t-elle dit lors de sa plaidoirie.
Au Danemark rares sont les condamnés à la prison à vie pour un seul homicide. Ces dix dernières années, trois personnes ont été condamnées à la perpétuité dans ces circonstances. Une perpétuité relative au Danemark, synonyme de seize ans de prison effective en moyenne.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le texte doit encore être approuvé en troisième lecture puis par les sénateurs avant d’être promulgué.
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Russie : l’impopulaire réforme des retraites adoptée en deuxième lecture

Le texte doit encore être approuvé en troisième lecture puis par les sénateurs avant d’être promulgué.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 14h21
   





                        



   


Les députés russes ont adopté en deuxième lecture, mercredi 26 septembre, par 326 voix pour, 59 voix contre et une abstention l’impopulaire réforme des retraites, qui prévoit de repousser de cinq ans l’âge légal de départ à la retraite. Le texte doit encore être approuvé en troisième lecture puis par les sénateurs — généralement une formalité — avant d’être promulgué par Vladimir Poutine.
Les députés ont introduit tous les amendements proposés par Vladimir Poutine lors d’une adresse à la nation fin août. Le système est inchangé depuis quatre-vingt-dix ans.

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Rejet
Confronté à une fronde inhabituelle qui a fait chuter sa cote de popularité, le président avait notamment promis de n’augmenter l’âge de départ à la retraite pour les femmes que de cinq ans, de 55 ans actuellement à 60 ans (contre 63 dans le texte initial). Pour les hommes, l’âge de la retraite passe à 65 ans, contre 60 ans aujourd’hui.
Le gouvernement s’est engagé à ce que ces mesures permettent de revaloriser les pensions de retraite de 8 % par mois d’ici à la fin de l’année, pour s’établir en moyenne à 14 414 roubles (environ 185 euros). Les opposants à la réforme affirment que beaucoup de Russes, notamment les hommes — dont l’espérance de vie plafonne à 66 ans —, ne pourront guère profiter de leur retraite.
Les députés russes ont également adopté d’autres mesures prônées par M. Poutine telles que le départ anticipé pour les mères de familles nombreuses, le maintien d’avantages pour certaines professions, comme les mineurs, et l’introduction de sanctions pénales pour les entreprises licenciant des employés proches de l’âge de la retraite.
Mardi, des militants ont annoncé avoir transmis à l’administration présidentielle une pétition signée par un million de personnes demandant l’abandon de la réforme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Une nouvelle loi pourrait entrer en vigueur à l’été 2019 pour lutter contre l’utilisation du smartphone, responsable d’une recrudescence d’accidents.
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Les Pays-Bas veulent bannir l’usage du téléphone portable à vélo

Une nouvelle loi pourrait entrer en vigueur à l’été 2019 pour lutter contre l’utilisation du smartphone, responsable d’une recrudescence d’accidents.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 13h42
   





                        



   


Un projet de loi du gouvernement néerlandais, présenté mardi 25 septembre, interdit l’utilisation du téléphone portable à vélo. La loi, qui doit encore être approuvée par la Chambre basse, doit entrer en vigueur à partir du 1er juillet 2019.
Aux Pays-Bas, une amende de 230 euros est déjà infligée aux automobilistes qui utilisent leur téléphone portable sans kit mains libres. Le gouvernement veut également bannir leur usage à vélo.
Les smartphones en cause dans un accident sur cinq
L’organisation néerlandaise pour la sécurité routière (SWOV) estime que l’utilisation des téléphones portables à vélo constitue un danger grandissant, malgré l’existence de très bonnes infrastructures pour les cyclistes. D’après elle, les smartphones sont en cause dans un accident sur cinq concernant des jeunes à vélo.
La publication de la proposition de loi a été accueillie avec émotion par les proches de victimes d’accidents de vélo aux Pays-Bas, où se déplacer à bicyclette est un mode de vie : le pays compte près de 23 millions de vélos pour 17 millions d’habitants, selon l’association d’automobilistes BOVAG.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Parmi les 58 personnes qui seront réparties entre quatre pays figure une majorité de familles aisées.
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Sur l’« Aquarius » : « Ce sont surtout des familles libyennes qui étaient bien établies »

Parmi les 58 personnes qui seront réparties entre quatre pays figure une majorité de familles aisées.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 14h38
    |

            Julia Pascual (envoyée spéciale)








                        



   


[Un accord a finalement été trouvé, mardi 25 septembre, pour que les 58 personnes secourues en mer par l’Aquarius, les 20 et 23 septembre, soient débarquées à Malte avant d’être réparties entre la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Portugal. Parmi elles, nombre de familles aisées ayant fui la Libye… ainsi qu’un chien.]
« On a un chien à bord. Et la dame qu’on a prise veut le chien avec elle. » « Les gens d’abord. Si ça devient un problème, prenez le chien. » « OK, on prend le chien. » Dimanche 23 septembre, pour la première fois en deux ans et demi de mission en Méditerranée centrale, les sauveteurs de SOS Méditerranée ont secouru un chien à bord d’une embarcation de migrants.

        Lire :
         

          A bord de l’« Aquarius », un accrochage sévère avec les gardes-côtes libyens



Le sauvetage avait été difficile. Entamé dans la nuit, il avait donné lieu à une altercation virulente avec une navette des gardes-côtes libyens. Finalement, les 47 personnes secourues ce jour-là avaient pu être transférées à bord de l’Aquarius, parmi lesquelles une majorité de familles libyennes. Et ce chien. Un gros toutou au poil blanc et frisé qui répond au nom de Bella. « Je n’allais pas le laisser, c’est un péché, explique aujourd’hui Malak (le prénom a été modifié). Ça fait huit ans qu’on vit avec, c’est un vieil ami. Et il n’a pas payé pour le voyage. »
« C’est frappant de voir tant d’enfants, de bagages et ce chien »

   


Cette femme libyenne de 44 ans, aux cheveux teints en blond, plaisante. Consciente de l’incongruité de la situation, mais non moins déterminée à ce que son animal l’accompagne. Trente-sept Libyens se trouvaient à bord de la barque de bois secourue cette nuit-là, dont 17 mineurs. Une situation inhabituelle. « Ce sont surtout des familles qui étaient bien établies, décrit Aloys Vimard, responsable des opérations de Médecins sans frontières (MSF) à bord de l’Aquarius. Elles n’avaient pas pour projet de partir mais, du jour au lendemain, à cause du climat de crise aiguë en Libye, elles ont peur et se retrouvent sur un bateau en mer. C’est assez frappant d’ailleurs de voir autant d’enfants, de bagages et ce chien. » Depuis fin août, des combats armés agitent notamment la capitale, Tripoli.

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          En Libye, l’organisation Etat islamique fait peser un danger inédit sur Tripoli



Malak a pris la mer avec ses cinq enfants, âgés de 9 à 22 ans, et son frère de 24 ans qu’elle a élevé. Depuis 2011, l’idée lui avait plusieurs fois traversé l’esprit. Jusqu’à ce que son mari soit kidnappé. « C’était il y a un mois à Tripoli », confie-t-elle. Elle ignore qui a pu s’en prendre à son époux : « Il travaille dans le commerce alimentaire donc il a de l’argent », dit-elle. Elle pense aussi qu’il a pu se retrouver au milieu de rivalités tribales.

   


Après avoir payé l’équivalent de 5 000 à 6 000 euros en dinars libyens (selon le taux de change en vigueur au marché noir), elle a organisé son départ par la mer Méditerranée, avec ses enfants. « Impossible d’obtenir un passeport avec un visa », justifie-t-elle. Le bateau est parti aux alentours de 23 heures d’une plage de Zouara, une ville côtière de l’ouest du pays. Ils sont montés à bord d’une barque en bois, quand la plupart des migrants, notamment originaires d’Afrique subsaharienne, montent sur des embarcations en caoutchouc, plus fragiles. Le passeur a conduit la barque pendant une partie du trajet, avant de repartir à bord d’un autre bateau.
« Certains bateaux partent avec 100 ou 150 personnes. On a mis plus d’argent pour avoir quelque chose de plus sûr »
« On ne peut pas voyager n’importe comment, justifie Ibtissem, une Libyenne de 40 ans, qui a entrepris la traversée avec son mari, ses deux fils de 18 et 20 ans et quatre cartouches de cigarettes. Certains bateaux partent avec 100 ou 150 personnes. On a mis plus d’argent pour avoir quelque chose de plus sûr. » Tout se monnaye. Ibtissem croit même que pour l’équivalent de 375 euros en dinars libyens, les gardes-côtes libyens peuvent fermer les yeux sur un départ. Modéliste pour une société italienne, elle dessine des maillots de bain et de la lingerie. Elle a beaucoup voyagé à travers le monde et une partie de sa famille est installée en France. Son mari travaille comme concessionnaire automobile.

   


Depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011, les difficultés sont allées croissant pour le couple. Pour des raisons de sécurité, ils ont notamment dû déménager de Tripoli à Zaouïa, à 50 kilomètres à l’ouest. « On se débrouillait en faisant des allers-retours », dit-elle. Il y a deux mois, leur fils Abdul est tombé sur des coupeurs de route, armés de kalachnikovs.
Ibtissem et son mari ont dû payer l’équivalent de 8 750 euros de rançon en dinars libyens pour récupérer leur enfant. Faute de liquidités disponibles en banque, ils ont vendu leurs deux voitures. Le fils avait été battu, il a passé deux jours à l’hôpital. Depuis cet épisode, la famille ne dormait plus, ne sortait presque plus de chez elle. « En Libye, lâche Ibtissem, nous sommes des morts qui respirent. Il fallait qu’on parte, il n’y avait pas d’autre solution. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ En trois mois, le constructeur haut de gamme le plus performant d’Europe a subi droits de douanes chinois, enquête de Bruxelles, nouvelles normes antipollution et vague d’incendies en Corée du Sud, rappelle dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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édition abonné


« Le ciel de BMW s’assombrit, alors que de nouveaux loups affamés entrent dans la bergerie automobile »

En trois mois, le constructeur haut de gamme le plus performant d’Europe a subi droits de douanes chinois, enquête de Bruxelles, nouvelles normes antipollution et vague d’incendies en Corée du Sud, rappelle dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 11h50
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Pertes & Profits. Comme l’observait finement le président Chirac en paraphrasant Michel Audiard, « les emmerdes, ça vole toujours en escadrille. » Dans le cas des grosses berlines munichoises, elles roulent en effet en formation serrée. En moins de trois mois, BMW s’est vu infliger des droits de douane chinois, une enquête de Bruxelles, de nouvelles normes antipollution européennes et une vague d’incendies en Corée du Sud. N’en jetez plus ! Le constructeur haut de gamme le plus performant d’Europe a dû se rendre à l’évidence. Ses résultats financiers pour l’année 2018 ne seront pas à la hauteur des espérances, pour la première fois depuis dix ans. Il a indiqué ce mardi 25 septembre que son chiffre d’affaires pourrait baisser et sa marge opérationnelle passer sous les 8 %. Moins bien que des constructeurs généralistes comme Toyota ou PSA.
Le vague à l’âme de BMW est d’autant plus douloureux qu’il touche à son image même. Et comme lors du dernier Mondial de football, c’est la Corée du Sud qui a donné la pichenette de trop. En août dernier, le constructeur a dû rappeler en catastrophe plus de 100 000 véhicules vendus dans ce pays car certains prenaient feu intempestivement. La légendaire qualité germanique en prenait un coup.
Avant cela, Donald Trump a compliqué la chaîne logistique de l’entreprise avec ses hausses de taxes douanières contre la Chine. Car, en rétorsion, cette dernière a surtaxé les quelques exportations américaines dans l’empire du Milieu, dont les gros 4 × 4 de la firme produits dans son usine américaine géante de Caroline du Sud. Mais l’escadrille n’était pas au complet. Il manquait le coup de pouce de Bruxelles.
Mauvais pour l’image comme pour les finances
Il est rapidement venu, d’abord sous la forme d’une enquête ouverte pour cartel contre BMW, Daimler et Volkswagen. Ces trois-là sont soupçonnés de s’être entendus pour ne pas se faire concurrence sur les systèmes de dépollution. Voilà qui fait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ L’austérité et le manque d’investissement dans le système de santé sont considérés comme les explications les plus plausibles.
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Pour la première fois depuis un siècle, l’espérance de vie stagne au Royaume-Uni

L’austérité et le manque d’investissement dans le système de santé sont considérés comme les explications les plus plausibles.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h40
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
L’espérance de vie n’augmente plus au Royaume-Uni, pour la première fois depuis un siècle. Selon les données publiées, mardi 25 septembre, par le bureau des statistiques britannique, elle a stagné entre 2015 et 2017 à 79,2 ans pour les hommes et 82,9 ans pour les femmes. En Ecosse, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, elle recule même légèrement, d’un mois environ. « C’est un phénomène fondamental, qui devrait nous inquiéter, explique Michael Marmot, spécialiste du sujet à la University College de Londres. Entre 1921 et 2011, l’espérance de vie a progressé d’environ un an tous les quatre ans, de façon relativement linéaire. Mais, depuis 2011, le ralentissement a été spectaculaire, jusqu’à la stagnation actuelle. »
Selon lui, l’espérance de vie est un indicateur du bon fonctionnement d’une société. Si elle ne progresse pas, cela montre de sérieux dérèglements. Les causes de la stagnation actuelle sont multiples, mais M. Marmot pense qu’elles se résument au plan d’austérité appliqué par le gouvernement britannique depuis 2010 : « Si plus de gens vivent sous le seuil de pauvreté, qu’on réduit les aides aux personnes âgées, que le budget du système de santé ne progresse pas, qu’il y a plus de sans-abri, peut-être qu’on ne devrait pas être surpris des conséquences. »
Austérité et conséquences sociales
Danny Dorling, de l’université d’Oxford, le dit plus brutalement : « Un groupe de dirigeants de ce pays considère que la stagnation de l’espérance de vie est un prix acceptable à payer. » Lui aussi estime que l’austérité et ses multiples conséquences sociales sont responsables du phénomène.
Les deux universitaires sont arrivés à cette conclusion après avoir éliminé les autres hypothèses. La première, la plus évidente, est que l’espérance de vie aurait atteint un plafond naturel. Après tout, le Royaume-Uni conserve des espérances de vie parmi les plus élevées au monde.
La comparaison avec les autres pays riches...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Notre journaliste Julia Pascual, actuellement à bord de l’« Aquarius », a interrogé Nick Romaniuk, le responsable des opérations de sauvetage.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Salué il y a quatre ans, le « Spitzenkandidaten » est aujourd’hui contesté par les dirigeants de l’UE. Survivra-t-il aux élections européennes ?, s’interroge dans sa chronique Cécile Ducourtieux, du bureau européen du « Monde » à Bruxelles.
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« Les dirigeants de l’UE s’apprêtent-ils à enterrer le mode de désignation du président de la Commission ? »

Salué il y a quatre ans, le « Spitzenkandidaten » est aujourd’hui contesté par les dirigeants de l’UE. Survivra-t-il aux élections européennes ?, s’interroge dans sa chronique Cécile Ducourtieux, du bureau européen du « Monde » à Bruxelles.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 12h13
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Chronique. Le débat agite les élites communautaires depuis des mois, mais il n’a pas encore dépassé le ring bruxellois. Cela devrait se produire dès que la campagne des élections européennes sera entrée dans le vif du sujet. Le « Spitzenkandidat » (« tête de liste » en bon français) survivra-t-il aux prochaines européennes ? Les dirigeants de l’Union s’apprêtent-ils à enterrer la seule innovation « démocratique » qu’elle ait connue ces dernières années ?

De quoi parle-t-on au juste ? D’un mode de désignation totalement inédit du président de la Commission, imposé en 2014 par le Parlement européen aux dirigeants de l’UE : il a réclamé qu’ils nomment à ce poste la tête de liste du parti pan-européen arrivé premier au scrutin des européennes.
Il s’agissait alors d’un véritable tour de passe-passe de son président de l’époque, Martin Schulz, largement salué comme un coup de génie. Le social-démocrate allemand a exploité au maximum un traité de Lisbonne plutôt vague sur les prérogatives de l’Hémicycle (qui précise juste que le Conseil doit « tenir compte » du résultat des européennes).
« Redonner un visage » à Bruxelles
En 2014, donc, et pour la première fois, les citoyens de l’Union ont leur mot à dire, même très indirectement, au sujet du poste de pouvoir le plus important de l’UE. Alors que, jusqu’alors, les chefs d’Etat et de gouvernement désignaient le président de la Commission derrière portes hermétiquement closes.
Beaucoup se sont réjouis d’un mode de désignation susceptible de ramener les électeurs aux urnes, de « redonner un visage » à Bruxelles. D’en finir avec la Commission ultra-technocratique et à la botte des Etats membres, qu’avait incarné son président José Manuel Barroso entre 2004 et 2014.
C’est par la magie du « Spitzenkandidat » que Jean-Claude Juncker a pu sortir de sa retraite forcée d’ex-premier ministre luxembourgeois pour connaître la nouvelle carrière que l’on sait....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le pilote espagnol du navire qui contenait 25 personnes aurait « refusé d’obtempérer », ont justifié les autorités dans un communiqué.
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Compte rendu

Un mort après des tirs de la marine marocaine sur une embarcation de migrants

Le pilote espagnol du navire qui contenait 25 personnes aurait « refusé d’obtempérer », ont justifié les autorités dans un communiqué.


LE MONDE
              datetime="2018-09-26T08:36:00+02:00"

        Le 26.09.2018 à 08h36






    
Un bateau de migrants dans le détroit de Gibraltar le 8 septembre 2018.
Crédits : MARCOS MORENO/AFP


La marine royale marocaine a ouvert le feu, mardi 25 septembre, sur une embarcation de migrants en Méditerranée qui refusait de répondre à ses sommations, faisant un mort, une Marocaine de 22 ans, et trois blessés, dont un dans un état critique.
La Marine a été « contrainte » d’ouvrir le feu sur un « go fast » (puissante embarcation à moteur), piloté par un Espagnol qui « refusait d’obtempérer » dans les eaux marocaines au large M’diq-Fnideq (nord), ont annoncé les autorités locales dans un communiqué.
Quatre migrants qui se trouvaient à bord ont été blessés, dont une Marocaine qui a succombé à ses blessures à l’hôpital, a précisé un représentant des autorités locales joint par l’AFP.

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                Le Maroc dans une dangereuse impasse



Ils « voyageaient couchés et n’étaient pas visibles », selon la même source.
La personne décédée avait 22 ans et était originaire de Tétouan (nord), a déclaré à l’AFP le président de l’Observatoire du Nord pour les droits de l’homme Mohamed Benaïssa, basé à Fnideq.
Deux autres blessés sont originaires de la même ville, a-t-il précisé. Le troisième blessé vient d’Al-Hoceima, la capitale régionale du Rif (nord) et se trouve dans un « état critique, le bras amputé » et a été transféré à Rabat, a indiqué M. Benaïssa.
Au total, quelque « 25 personnes naviguaient à bord du bateau, dont les passeurs qui sont espagnols », a-t-il souligné.
Grandes inégalités sociales
Le pilote espagnol n’a pas été touché par les tirs et a été arrêté, a déclaré le représentant des autorités locales. Une enquête a été ouverte.
Depuis début 2018, l’Espagne a enregistré plus de 38 000 arrivées par voie maritime et terrestre, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les autorités marocaines ont pour leur part indiqué avoir fait avorter 54 000 tentatives de passage vers l’Union européenne depuis janvier.
Ces tentatives ont concerné 7 100 Marocains à fin août, selon des chiffres présentés jeudi dernier par le porte-parole du gouvernement marocain.

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Depuis début septembre, les réseaux sociaux marocains sont inondés de vidéos montrant des jeunes Marocains en route vers l’Espagne à bord de bateaux pneumatiques.
Selon des statistiques officielles, le Maroc est marqué par de grandes inégalités sociales et territoriales, sur fond de chômage élevé chez les jeunes.
Ceux-ci, qui représentent le tiers de la population, sont particulièrement touchés par l’exclusion sociale, avec 27,5 % des 15-24 ans, soit près de 1,7 million de personnes, hors du système scolaire et sans emploi.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Pour le ministre de l’économie, l’heure du sursaut de l’Europe a sonné, alors que « la Chine se veut conquérante et que les Etats-Unis tournent le dos à leurs alliés ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
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Bruno Le Maire : « Continuons le combat pour une Europe juste, souveraine et protectrice »

Pour le ministre de l’économie, l’heure du sursaut de l’Europe a sonné, alors que « la Chine se veut conquérante et que les Etats-Unis tournent le dos à leurs alliés ».



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 09h54
    |

Bruno Le Maire (Ministre de l'économie et des finances)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a un an, le président de la République présentait dans son discours de la Sorbonne ses propositions pour redonner un nouveau souffle à la construction européenne. Il y a un an, il traçait une voie sans ambiguïté : pas d’Europe sans valeurs, sans ambition et sans résultat concret pour ses citoyens. Il faisait le pari de bâtir une Europe unie, forte et démocratique. Un an après, nous avons, par nos actions, mené le combat pour construire cette Europe que promeut le président : une Europe qui affirme sa puissance, revendique son modèle et s’érige pour défendre ses principes et ses valeurs.

Nos efforts pour faire de la zone euro un pôle de croissance et de stabilité ont franchi une étape majeure. En juin, le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel ont conclu un accord historique à Meseberg, près de Berlin. La France et l’Allemagne reconnaissent la nécessité de doter la zone euro d’un budget propre. C’est fondamental pour transformer notre zone euro en une véritable zone économique, créatrice de croissance et d’emplois, au-delà du seul partage de notre monnaie. Cette ambition, nous devons maintenant la partager avec nos voisins et partenaires de la zone euro d’ici la fin de l’année, pour concrétiser et donner vie à cet accord franco-allemand.
Lutter contre l’évasion fiscale
Dans le domaine fiscal, beaucoup s’étaient résolus à baisser les bras : avec la règle de l’unanimité, rien n’était possible ! Cette résignation qui conduit souvent à l’immobilisme, nous l’avons refusée et combattue. Avec notre détermination et nos propositions, nous avons prouvé le contraire.
Nous avons renforcé nos outils pour lutter contre l’évasion fiscale et l’optimisation agressive qui sont, aujourd’hui plus encore qu’avant, profondément intolérables. Nous avons renforcé la transparence pour lutter contre les coquilles vides et mis en place une liste noire européenne pour sanctionner les Etats qui aident les fraudeurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Les personnes secourues en Méditerranée par le bateau humanitaire devraient être débarquées à Malte prochainement, sans connaître leur destination finale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/09/2018
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A bord de l’« Aquarius », les 58 migrants redoutent la suite de leur voyage

Les personnes secourues en Méditerranée par le bateau humanitaire devraient être débarquées à Malte prochainement, sans connaître leur destination finale.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 09h49
    |

            Julia Pascual (A bord de l'« Aquarius » en Méditerranée, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Il y a des bonnes nouvelles difficiles à porter. Mardi 25 septembre, les équipes de l’Aquarius ont annoncé aux cinquante-huit personnes qu’elles ont secourues en mer les 20 et 23 septembre, au large de la Libye, qu’elles seraient débarquées à Malte et que quatre Etats européens avaient trouvé un accord les concernant.
La France accueillera dix-huit d’entre elles, l’Allemagne et l’Espagne quinze chacune et le Portugal dix. Comme à chaque fois depuis la fermeture cet été des ports italiens et maltais aux bateaux humanitaires, des solutions d’accueil et de répartition des migrants sauvés en mer sont trouvées au forceps.

Dans des échanges un peu timides et laborieux, en arabe, en français ou traduits de l’anglais à l’ourdou, le message est passé à bord du bateau. Des sourires sont esquissés, des pouces levés en signe de bonne compréhension. Et puis, très vite, l’anxiété à nouveau. L’Aquarius entrevoit une solution de débarquement mais c’est déjà une nouvelle étape qui se dessine pour les personnes rescapées, parmi lesquelles dix-huit mineurs et, notamment, trente-sept Libyens, onze Pakistanais et trois Syriens.
« Le Portugal, c’est un pays pauvre »
L’Allemagne ou la France ? Le Portugal ou l’Espagne ? « Il y a du chômage en France » ; « Le Portugal, c’est un pays pauvre » ; « Je peux choisir ? » Par petits groupes, en aparté ou en famille, autour d’un thé ou d’une cigarette, les discussions reprennent sur le pont du bateau.
Un Libyen de 20 ans a des attaches en Allemagne mais il voudrait suivre une famille en France, avec laquelle il a fait la traversée. Mazem, un comptable de 38 ans qui voyage avec sa femme et a quitté la Syrie depuis quatre ans, veut absolument aller en Suède où vivent déjà ses deux frères et ses deux enfants d’un premier mariage.

« Si on prend mes empreintes dans un pays, je ne pourrai plus m’installer ailleurs », redoute une Libyenne de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Au bout de la quête d’une vie, l’universitaire turc publie des preuves irréfutables, selon lui, que la Turquie a bien ordonné le massacre des Arméniens.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le souverain pontife a par ailleurs reconnu que les évêques issus du clergé souterrain risquaient de « souffrir » de l’accord entre le Saint-Siège et la Chine.
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Le pape affirme qu’il conserve le pouvoir de nomination des évêques chinois

Le souverain pontife a par ailleurs reconnu que les évêques issus du clergé souterrain risquaient de « souffrir » de l’accord entre le Saint-Siège et la Chine.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 23h41
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 12h21
    |

            Cécile Chambraud (Rome, envoyée spéciale)








                        



   


Pour les évêques en Chine, « c’est le pape qui nomme ». Le chef de l’Eglise catholique a voulu couper court aux éventuelles critiques contre l’accord provisoire conclu entre le Saint-Siège et Pékin sur la procédure de nomination des évêques en s’exprimant à ce sujet lors de la conférence de presse qu’il a tenue dans l’avion qui le ramenait d’une visite de quatre jours dans les pays baltes, mardi 25 septembre.
Annoncé samedi, cet accord vise à réunifier l’Eglise catholique chinoise, aujourd’hui divisée entre un clergé souterrain, fidèle à Rome mais en butte au pouvoir chinois, et une structure officielle, contrôlée par Pékin et dont certains évêques ont été ordonnés sans l’accord du pontife.
« Toujours de la souffrance dans un accord »
Le contenu de l’accord n’a pas été révélé par les deux parties. Mais certains commentateurs « vaticanistes » font grand cas des critiques du cardinal émérite de Hongkong, Joseph Zen Ze-kiun, qui craint que l’accord se fasse au détriment du clergé souterrain demeuré fidèle à Rome dans l’adversité. L’un des schémas évoqués autour de cet accord confierait à Pékin le choix des évêques et réserverait au pape un simple veto. Sans entrer dans les détails, François a évoqué, mardi, « un dialogue sur des éventuels candidats » avant que Rome tranche.

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                Un cardinal chinois dénonce l’accord entre Pékin et le Vatican sur la nomination des évêques



Le pontife n’a d’ailleurs pas exclu que le nouveau cours occasionne des difficultés pour certains évêques issus du clergé souterrain. « Je pense à la résistance, aux catholiques qui ont souffert. C’est vrai, et ils souffriront. Il y a toujours de la souffrance dans un accord. Mais ils ont une grande foi. Ce sont des grands. » François a revendiqué la responsabilité personnelle de cette étape. « Cet accord, je l’ai signé moi », ou du moins la lettre d’accréditation qui a permis à un représentant du Vatican de le signer. « Je suis responsable », a insisté le chef de l’Eglise catholique.
Dans un message publié mercredi, François a appelé « tous les catholiques chinois à se faire artisans de réconciliation ». Il a reconnu que l’accord historique avec Pékin pourrait apporter « beaucoup de confusion » et que certains fidèles pourraient avoir la « sensation d’avoir été comme abandonnés par le Saint-Siège ».

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                En Chine, les catholiques aspirent à l’unité



« Temps de Dieu » et « temps chinois »
Le pape argentin a inscrit le compromis dans une négociation qui a couru sur des années. « Plus de dix ans », a-t-il dit, ce qui la fait remonter au pontificat de son prédécesseur, Benoît XVI. « C’est allé deux pas en avant, un pas en arrière, des mois ont passé sans se parler », le « temps de Dieu » ressemblant, selon lui, au « temps chinois, c’est la sagesse des Chinois ». Il dit avoir étudié les cas de chacun des évêques « en difficulté ».
Le temps de l’Eglise n’étant pas très différent du « temps de Dieu », François a évoqué un précédent qui relativise à ses yeux les prétentions de Pékin à intervenir dans celles du Vatican : « pendant 350 ans », en Amérique latine, « c’étaient les rois du Portugal et d’Espagne qui ont nommé les évêques », a-t-il rappelé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les travaillistes ont adopté, mardi, à une écrasante majorité, une motion qui laisse la porte ouverte au maintien de leur pays dans l’UE en cas de nouveau référendum.
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/09/2018
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Brexit : le Labour n’exclut plus le maintien dans l’Union européenne

Les travaillistes ont adopté, mardi, à une écrasante majorité, une motion qui laisse la porte ouverte au maintien de leur pays dans l’UE en cas de nouveau référendum.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 21h49
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 12h57
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Le badge qu’arbore Charles, chef d’entreprise et militant du Labour, dans les couloirs du congrès travailliste de Liverpool est sans ambiguïté mais pas très distingué : « Brexit, mes couilles », proclame-t-il sur un fond jaune fluo. « L’immense majorité du parti est contre ce Brexit catastrophique et veut un second référendum, commente-t-il. Jeremy Corbyn [le chef du Parti travailliste] a promis d’écouter la base, c’est le moment ! »
Evénement impensable voilà un an, le congrès travailliste a massivement approuvé, mardi 25 septembre, une motion selon laquelle, « si nous ne parvenons pas à obtenir des élections législatives, le Labour devra soutenir toutes les options restant sur la table, y compris faire campagne en faveur d’un vote du public [référendum] ».
Fruit d’un compromis laborieux, la formulation permet d’afficher l’unité et représente une victoire relative pour les militants du People’s Vote, le collectif qui porte la revendication d’un second référendum, car elle n’exclut pas formellement que le maintien dans l’UE soit l’une des options proposées. Ce que les dirigeants du parti voulaient éviter, estimant que « la question a déjà été tranchée ».
Ailleurs, dans une salle où sont réunis les travaillistes pro-Brexit, Mike, syndicaliste du nord de l’Angleterre, se lève et éructe : « Finissons-en avec cette idiotie de deuxième référendum ! Ne désespérons pas nos électeurs pour faire plaisir à quelques bobos libéraux londoniens ! » Ses amis expliquent que l’Union européenne (UE) « est une création thatchérienne ultralibérale » qui va empêcher le parti d’appliquer son programme de renationalisations et d’investissement dans les services publics, seul à même de redonner confiance aux laissés pour compte de la précarité à la britannique.

Alors que le plan Brexit de la première ministre, Theresa May, vient d’être rejeté par les vingt-sept pays...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Fidèle parmi les fidèles de la chancelière allemande, Volker Kauder n’a pas été reconduit, mardi, à la tête du groupe CDU-CSU du Bundestag.
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Désaveu pour Angela Merkel au Bundestag

Fidèle parmi les fidèles de la chancelière allemande, Volker Kauder n’a pas été reconduit, mardi, à la tête du groupe CDU-CSU du Bundestag.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 21h05
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 21h56
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


C’est un coup dur pour Angela Merkel, et un désaveu d’autant plus sévère qu’il a surpris la plupart des observateurs. Fidèle parmi les fidèles de la chancelière allemande, Volker Kauder n’a pas été reconduit, mardi 25 septembre, à la tête du groupe CDU-CSU du Bundestag. Contre toute attente, les députés conservateurs lui ont préféré Ralph Brinkhaus, député de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, qui l’a emporté par 125 voix contre 112.
Elu du Bade-Wurtemberg, M. Kauder avait succédé à Mme Merkel à la tête du groupe CDU-CSU quand cette dernière fut élue chancelière, en 2005. Depuis, il était resté son homme de confiance, jouissant d’une autorité incontestée sur un groupe qui le reconduisit plusieurs fois à sa tête avec des scores dépassant les 90 % des voix.
Après les élections législatives du 24 septembre 2017, marquées par un recul sans précédent de la CDU-CSU dans les urnes (33 % des voix, contre 41,5 % en 2013), sa réélection avait été toutefois plus difficile, puisque seuls 77 % des députés conservateurs votèrent en sa faveur. A l’époque, ce résultat fut interprété comme un avertissement adressé à Mme Merkel, le symptôme d’un vent de fronde sans précédent au sein du groupe.
Un an et un jour après les législatives de 2017, voilà donc M. Kauder battu. Pour la première fois depuis 1973, le président sortant du groupe CDU-CSU avait un candidat en face de lui. Et c’est donc celui-ci qui a été élu, et ce alors même que les présidents des deux partis de l’alliance conservatrice, Angela Merkel pour la CDU, et Horst Seehofer pour la CSU, son alliée bavaroise, s’étaient prononcés pour la reconduction de M. Kauder avant le vote.
« C’est une révolte contre Merkel »
Dès l’annonce du résultat, mardi après-midi, les commentaires ont été unanimes. « C’est une révolte contre Merkel », a tweeté Thomas Oppermann, vice-président du Bundestag et membre du Parti social-démocrate (SPD), allié de la CDU-CSU au sein de la « grande coalition » au pouvoir à Berlin. « L’autorité de la chancelière dans son propre groupe est détruite », a réagi Alexander Graf Lambsdorff, vice-président du groupe libéral-démocrate (FDP). Même tonalité au sein du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) : « Félicitations à nos collègues conservateurs. Un pas dans la bonne direction. Merkel doit suivre », s’est réjouie Alice Weidel, coprésidente du groupe AfD au Bundestag.

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Agé de 50 ans, dix-neuf de moins que M. Kauder, M. Brinkhaus n’incarne pas une ligne politique particulièrement différente de celle de son prédécesseur. Jusque-là vice-président du groupe, il n’a cependant jamais caché sa préoccupation de voir les conservateurs s’adresser aux « électeurs protestataires », autrement dit à tous ceux qui, ces dernières années, se sont détournés de la CDU de Mme Merkel pour, parfois, voter en faveur de l’AfD. Spécialiste des questions budgétaires, M. Brinkhaus est également connu pour être un défenseur des positions orthodoxes de la droite conservatrice allemande sur les questions financières. Au printemps, il n’a ainsi pas fait mystère de son opposition à deux propositions phares d’Emmanuel Macron : la nomination d’un ministre des finances et la création d’un budget spécifique pour la zone euro.
« Ce dont nous avons besoin, c’est d’action »
En l’élisant à leur tête, les députés conservateurs ont donc sans doute moins condamné une ligne politique qu’ils n’ont exprimé leur mécontentement à l’égard des dirigeants de la CDU et de la CSU, Mme Merkel et M. Seehofer, dont les passes d’armes répétées au gouvernement, l’une à la chancellerie, l’autre au ministère de l’intérieur, ont monopolisé le débat politique depuis des semaines, et notamment ces derniers jours, à l’occasion de l’interminable feuilleton qui a conduit au remplacement de Hans-Georg Maassen à la tête de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), mettant la coalition au bord de l’explosion six mois seulement après la nomination du gouvernement.
Tout en assurant avant le vote que sa candidature n’était pas dirigée contre la chancelière, M. Brinkhaus avait justifié celle-ci en des termes qui ne laissaient aucun doute sur sa volonté d’incarner une forme d’autonomie vis-à-vis d’elle. « Ce dont nous avons besoin, c’est d’action, il faut une forme de sursaut vis-à-vis de l’extérieur ainsi qu’à la base du parti », avait-il expliqué à ses collègues. Une profession de foi qui sonnait comme une critique en règle de Mme Merkel et de M. Kauder, souvent accusés de gérer le groupe et le parti avec la volonté d’y étouffer les débats et les contradictions.
Après le vote, Mme Merkel a brièvement réagi. Affichant un sourire de circonstance face aux caméras, la chancelière a reconnu qu’il s’agissait bel et bien d’une « défaite », et qu’il n’y avait en cela « rien à enjoliver ». Disant qu’elle aurait « souhaité » que M. Kauder reste président du groupe, elle a simplement ajouté qu’il s’agissait là d’un « moment de démocratie dont font partie les défaites ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’ancien premier ministre français a confirmé vouloir briguer le poste en 2019. Pour cela, il démissionnera « de toutes ses responsabilités nationales et locales ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 25/09/2018
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Manuel Valls : « Je veux être le prochain maire de Barcelone »

L’ancien premier ministre français a confirmé vouloir briguer le poste en 2019. Pour cela, il démissionnera « de toutes ses responsabilités nationales et locales ».



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 19h25
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 07h27
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Il l’a répété trois fois, en catalan et en espagnol. « Je veux être le prochain maire de Barcelone », a annoncé avec conviction Manuel Valls, mardi 25 septembre, dans l’auditorium du Centre de culture contemporaine de Barcelone, débordant de journalistes. Après des semaines de suspense, l’ancien premier ministre français, né dans la cité catalane, a confirmé sa candidature aux élections municipales qui s’y tiendront le 26 mai 2019.
« Dès la semaine prochaine, j’abandonnerai mon mandat de député [de l’Essonne] et toutes mes responsabilités nationales et locales », a-t-il ajouté, assurant qu’il avait déjà prévenu cet été le président Emmanuel Macron et, au début de septembre, la déontologue de l’Assemblée nationale, Agnès Roblot-Troizier, et le maire d’Evry, Francis Chouat.
« J’aime la France, a ajouté M. Valls en catalan et en français, dans un discours aux accents d’adieu. Ce pays a permis à un fils de Barcelone, naturalisé seulement à 20 ans d’être maire, député, ministre et premier ministre. (…) Mais venir à Barcelone n’est pas une rupture, c’est le prolongement d’un même chemin, celui de l’Europe. » 
Depuis que l’idée de se présenter à la mairie de la capitale catalane lui a été soufflée par des membres de la plate-forme unioniste Société civile catalane, en décembre 2017, le député de l’Essonne a mûri cette possibilité qui semblait alors un brin excentrique, voire surréaliste.
« Plate-forme citoyenne » ample
Le parti unioniste et libéral Ciudadanos, qui n’avait cessé de le courtiser durant la tentative de sécession d’octobre 2017 – du fait de sa défense ferme de l’unité de l’Espagne –, et qui avait obtenu sa présence lors de meetings politiques ou de manifestations anti-indépendantistes, était convaincu qu’il franchirait le pas sous ses couleurs.
Mais Manuel Valls les a pris à contre-pied en choisissant de constituer une « plate-forme citoyenne » ample, qui s’affranchit de Ciudadanos tout en comptant sur son soutien, pour mieux puiser dans l’électorat socialiste et catalaniste et intégrer des représentants de la société civile.
« Je suis un homme de gauche. Je viens du socialisme français. Avec ses principes et valeurs républicaines. Mais je suis un candidat indépendant, a expliqué M. Valls. Des partis me soutiendront, comme l’a déjà fait publiquement Ciudadanos, et je veux les en remercier, mais mon souhait est qu’il y en ait beaucoup plus. Nous avons du temps. »
Se présenter sous la bannière de Ciudadanos risquait de brider ses perspectives électorales, même si le parti est arrivé en tête des dernières élections régionales avec 25 % des suffrages. Aucun des principaux dirigeants du parti n’a assisté au lancement de sa candidature mardi, lui laissant à contrecœur toute son autonomie politique. « La situation mérite que nous fassions tous un exercice de générosité pour essayer de gagner Barcelone », a expliqué la cheffe de file du parti dans la région, Inés Arrimadas.

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          Candidat à Barcelone, Manuel Valls doit-il démissionner de son poste de député ?



« Parachutage »
Pour Manuel Valls, la voie est étroite pour l’emporter à Barcelone où, à la division entre la gauche et la droite, s’ajoute celle entre indépendantistes et unionistes.
Lors de ce scrutin proportionnel à un tour, il lui faudra d’abord compter sur la fragmentation de l’échiquier politique pour espérer qu’aucune alliance – ni entre partis indépendantistes ni entre partis de gauche – ne rassemble la majorité absolue des sièges de conseillers municipaux. Il lui faudra ensuite arriver en tête, car en l’absence de coalition obtenant la majorité absolue, c’est la liste qui fait la course en tête qui emporte le siège de maire.
Il est impossible pour l’instant de mesurer les chances de l’ancien premier ministre français, tant la nouveauté de sa candidature bouleverse l’échiquier politique catalan. Mais la nervosité est visible chez ses rivaux, qui critiquent son « parachutage » et ses positions tranchées contre l’indépendance qui pousseraient, selon eux, à la « confrontation ».
« Barcelone n’est pas une ville qui se laisse utiliser pour d’autres objectifs que son propre développement, résume avec acidité l’indépendantiste Ernest Maragall, candidat de la Gauche républicaine catalane (ERC). Pour le moment, il semble que Manuel Valls soit surtout intéressé par le financement de sa campagne et qu’il pense pouvoir acheter la ville. »
Un « adversaire difficile »
Frère de Pascual Maragall, charismatique maire de Barcelone entre 1982 et 1997, et l’un des favoris du scrutin, il reconnaît cependant que l’ancien ministre de l’intérieur sera un « adversaire difficile ». « Manuel Valls ne connaît pas Barcelone et n’est pas connu à Barcelone, a ironisé pour sa part l’ancien président catalan, Carles Puigdemont, depuis la Belgique. Pour savoir qui il est, il suffit de voir quelle est l’opinion de ses compatriotes français. »
L’actuelle maire, Ada Colau (gauche radicale), n’est pas plus tendre. Elle a fustigé publiquement ses « positions réactionnaires, notamment sur le sujet de l’immigration » et l’a qualifié d’« ultralibéral qui défend un modèle spéculatif ». Quant au candidat du Parti socialiste catalan (PSC) à la mairie de Barcelone, Jaume Collboni, il juge sa candidature comme une tentative de se remettre d’une « carrière politique frustrée ».
Manuel Valls a répondu à ces critiques mardi soir en rappelant sa relation « intime, constante et familiale », avec Barcelone. Il est passé rapidement sur le débat indépendantiste en assurant que « Barcelone doit être le début d’une solution pour surmonter les divisions qui se vivent en Catalogne. Elle doit être le moteur qu’elle a toujours été. Pour le bien de tous, indépendantistes et non-indépendantistes ».
Et il a défendu un « changement de cap » pour Barcelone, une ville confrontée à des problèmes de sécurité et de logement, et vouée, selon lui, à devenir « la capitale de la Méditerranée et de l’Europe du Sud ».
« Un jouet cassé de la politique française »
Cependant, dans les médias catalans, ses controverses passées l’ont déjà rattrapé et plusieurs articles ont rappelé notamment la polémique autour de l’expulsion de la jeune Kosovare Leonarda Dibrani, en 2013, et insisté sur son profil « autoritaire » et ses propos durs sur l’islam.
Dans le quotidien El País du 21 septembre, le politologue Josep Ramoneda l’a défini comme « un jouet cassé de la politique française », qui n’obtiendra, « au mieux, que la condition de chef de l’opposition municipale ». A contrario, le journaliste Joaquin Luna de La Vanguardia, a estimé, le 23 septembre, que « ce ne sont pas seulement les quartiers riches qui réclament un profil sérieux, une dimension entrepreneuriale et une récupération du bon sens comme le propose Valls », soulignant le besoin « d’ordre » dans la ville.
« Quoi qu’il arrive, je resterai ici », a tranché M. Valls mardi. Il a récemment signé la location d’un appartement dans le quartier de l’Eixample, dans le centre-ville, et il a entamé, avant l’été, une relation avec l’héritière des laboratoires pharmaceutiques Almirall, Susana Gallardo. « Je suis Barcelonais. C’est, avant tout, une option personnelle, un choix de vie », a conclu l’ancien chef du gouvernement français.

        Lire le reportage :
         

          A Evry, la candidature de Manuel Valls à Barcelone fâche ou désole






                            


                        

                        


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Compte rendu

Aziz Chouaki, la plume des bas-fonds d’Alger

L’écrivain algérien, exilé en France depuis 1991, donne une voix aux migrants dans des textes joués jusqu’au 30 septembre au Lavoir moderne parisien.

Charlotte Bozonnet et 
Joan Tilouine
    



LE MONDE
              datetime="2018-09-25T18:30:33+02:00"

        Le 25.09.2018 à 18h30






    
Hovnatan Avédikian met en scène et interprète avec brio, au Lavoir moderne parisien, des textes d’Aziz Chouaki sur des aventuriers qu’on appelle migrants.
Crédits : AMINATA BEYE


Il rentre tout juste de son pèlerinage. A Dublin, il a écumé les cafés littéraires et les pubs sur les traces de son maître, l’écrivain James Joyce. Ses textes le hantent depuis qu’il a mis la main sur un exemplaire d’Ulysse, l’un des seuls d’Alger. C’était dans les années 1970. Aziz Chouaki s’enivrait de littérature et de rock, lui, le guitariste, cheveux mi-longs et jeans à la mode d’alors, qui enflammait les cabarets mal famés et les salles de concert de la Ville blanche dont il racontera plus tard les bas-fonds, avec les espoirs et les galères d’une génération perdue, celle du post-terrorisme.
En ce mois de septembre à Paris, Aziz Chouaki, 67 ans, promène son allure de poète exilé, blouson de cuir, chapeau et tee-shirt James Joyce – rapporté de Dublin. Il est l’un des plus grands écrivains algériens contemporains. Ses textes sont joués jusqu’au 30 septembre au Lavoir moderne parisien, un petit théâtre de la rue Léon, dans le 18e arrondissement. Pas de décor dans cette salle exiguë aux murs bruts comme ses mots, mais le comédien Hovnatan Avédikian qui met en scène et interprète avec brio des aventuriers qu’on appelle migrants.
« Huit œufs durs, deux baguettes »
Europa (Esperanza), combinaison de plusieurs textes d’Aziz Chouaki, raconte avec la langue rugueuse et drôle de l’écrivain la soif d’ailleurs de ces jeunes harraga, brûleurs de frontières. Jamel et Nadir ont 12 et 14 ans. « Les deux vifs larrons se sont sauvés vers dix heures, juste après le cours de maths », pour rejoindre le bord de mer et rêver à leur future destination. « Le môle se trouve à l’ouest de la baie d’Alger, ample croissant mousseux, embruns zéllidj tressé turquoise, et Alger, l’indolente blanche qui s’étale. Juste en face, l’Europe, l’Aryenne et si lascive Babylone : Allez, viens… »
Omar, le frère de Jamel, y est bien parvenu : « sacrée tête de mule bouclée, planqué dans un conteneur, dans la cale du “Liberté”, Alger-Marseille, huit œufs durs, deux baguettes, deux camemberts : deux jours de voyage. » Aujourd’hui, Omar est à Amsterdam, il a un boulot, des copines et tout ce qu’il faut. Alors Jamel et Nadir embarquent en direction de Lampedusa. Avec Kader l’ingénieur, l’handicapé encombrant, les Nigériens de Niamey, ils vont braver la mer, les garde-côtes et leurs angoisses dans l’espoir d’atteindre l’île italienne. « Même Israël ça me va, mec, tout ce que tu veux, évite-moi juste les Arabes, les Africains, les pauvres, les grenouilles crépues et tous les Ben Laden possibles. »

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Le style d’Aziz Chouaki est à la fois brutal et littéraire, parsemé de références à l’actualité et aux divinités grecques de son maître. La Méditerranée est son espace mythologique, le décor de l’odyssée de Jamel et Nadir comme d’Ulysse. « Les jeunes des quartiers populaires d’Alger disent qu’ils préfèrent être bouffés par les poissons que par les vers de terre, c’est puissant, non ? » Au fil de son œuvre, il est devenu la plume des bas-fonds d’Alger, qu’il raconte sans jamais juger. Il y puise l’argot et cet humour façonné au gré de l’ennui, des cafés, des clopes et des joints, des bières et des sniffs de médicaments. En échange, il leur donne de la voix et un peu de son génie d’écrivain. Il en ressort une sorte de rap théâtral qui raconte les maux de l’Algérie et les traumatismes de l’exil. « Je revendique la grossièreté, signe d’humanité que j’oppose à la vulgarité », assume-t-il.
Cette pièce est à l’origine une commande passée par son ami le metteur en scène Jean-Louis Martinelli. Elle est restée près d’une décennie dans son disque dur sans jamais être montée. « Il y a un tabou en France qui veut qu’on ne doive pas rire sur le drame. Mais c’est pour moi la meilleure manière d’humaniser ces migrants », dit l’écrivain qui vit aujourd’hui en banlieue parisienne, loin de son pays d’origine.
Sur la liste des gens à abattre
De l’Algérie de son enfance, il garde un souvenir de douceur panachée de brutalité coloniale. Il y est né alors qu’elle était encore française, dans le village kabyle et rebelle de Tizi Rached. Les collines verdoyantes accoucheront de plusieurs figures de la révolution, cornaquées par le militant Ali Laïmèche. Alors que la guerre d’indépendance débute, le petit Aziz Chouaki s’installe à Alger avec sa mère, institutrice francophone. Son père, lui, s’est évaporé à Paris où il se débrouille dans la restauration et fourbit des escroqueries qui le mèneront en prison. « Ma mère me lisait des contes de Charles Perrault en français et en kabyle. C’est mon premier contact avec la littérature, dans laquelle je me retrancherai ensuite, se souvient l’artiste. Quand j’avais 4 ou 5 ans, j’ai vécu des choses épouvantables, pendant la colonisation. Je me sentais immondément sale quand un Français me regardait. »

    
L’écrivain Aziz Chouaki (ici en 2010) vit aujourd’hui en banlieue parisienne, loin de l’Algérie, où il retourne peu.
Crédits : CHOUAKIFAM


Il s’essaie d’abord à l’écriture de poèmes d’amour pour les voisines, qui préfèrent les gros bras du quartier à ce garçon fluet et romantique. Avec ses copains, il s’amuse du style « improvisation façon jazz » du cheikh qui leur enseigne le Coran. Dans la tête d’Aziz Chouaki résonne déjà un swing de mots et de notes. Il psalmodie les refrains des Beatles, accompagné de sa guitare électrique. Le dandy aux lunettes noires se convertit au rock teinté de chaabi qu’il joue la nuit dans les cabarets algérois. Le jour, il étudie la langue puis la littérature anglaises à la fac.
« A Alger, la vie est encore douce. On peut draguer les filles, se bourrer la gueule entre amis, lire autre chose que le Coran et aller au cinéma », se remémore celui qui a géré plusieurs salles de concert. Il découvre James Joyce en lisant un article de Roland Barthes dans un Nouvel Obs publié trois ans plus tôt. « Depuis, je vis dans la Poestrie, un pays imaginaire dirigé par la poésie », dit celui qui publie à compte d’auteur son premier recueil de poèmes en 1983.
Dans le monde réel, ses partenaires de beuverie et de discussions philosophiques changent étrangement. Des fins connaisseurs de Karl Marx, des artistes libres et des copains de galère désertent les bibliothèques, les salles de concert et les cafés. Fini les jeans serrés, les contrefaçons de vêtements de marques américaines ou italiennes. Gandoura immaculée et barbe oblongue s’imposent comme la nouvelle norme. Le rock est mal vu et le Coran résonne dans les barres d’immeuble de son quartier populaire d’El-Harrach, « le 9-3 d’Alger », comme il dit.
En cette fin des années 1980, le Front islamique du salut (FIS) est plus en vogue que Jimi Hendrix et James Brown. Aziz Chouaki, écrivain, journaliste et icône de la scène culturelle algéroise, devient le diable pour ces islamistes qui séduisent tant ils sont les seuls à proposer autre chose que le récit unique du Front de libération nationale (FLN). L’Algérie a connu l’indépendantisme, le socialisme, le nationalisme, le multipartisme. Elle va basculer dans le terrorisme, la guerre civile, les massacres. « Un jour, un copain me dit : “On a vu ton nom à la mosquée.” J’étais sur la liste des gens à abattre. Je suis parti. »
« Sa langue dynamite le réel »
L’écrivain se souvient de ce jour de 1991 à l’aéroport d’Alger, de la salle de prière menacée par les fuites nauséabondes des toilettes attenantes et surtout de ce flic debout sur un comptoir qui jouait de la matraque contre la foule. « Ma dernière image du pays. » L’Algérie se vide peu à peu face aux violences. On achète de faux dossiers de demande de visa à prix d’or. A Paris, Aziz Chouaki fait une rencontre déterminante : le metteur en scène Jean-Pierre Vincent. « Vous écrivez du théâtre et vous ne le savez pas », lui dit ce dernier.

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Viendront ensuite quinze années de compagnonnage avec Jean-Louis Martinelli. « C’est son écriture, son style, avant même les sujets abordés, qui m’ont impressionné. Cette manière si personnelle de faire danser les mots, chavirer la syntaxe. Cette dextérité à créer de l’image avec ses mots, à s’imprégner de la violence du monde et à nous secouer de rire. Il y a chez lui quelque chose de Rabelais ou de Céline. Sa langue dynamite le réel », écrit en décembre 2017 le directeur du théâtre des Amandiers, à Nanterre, lors d’une présentation de Nénesse, leur troisième pièce commune après Une virée et Les Coloniaux. Le travail avec Hovnatan Avédikian, 37 ans, est aussi le fruit d’une rencontre. Fils d’un immigré arménien, le grand cinéaste Serge Avédikian, dont la famille a fui le génocide, Hovnatan a dévoré l’œuvre de Chouaki. Les deux hommes ont en partage le théâtre, la musique et l’exil.
Ces amitiés ne sont finalement pas si nombreuses. Lui, l’écrivain prolifique, auteur de dizaines de pièces de théâtre et de romans dont Les Oranges (1997) et L’Etoile d’Alger (2002), a peu de contacts avec ses compatriotes auteurs à succès. De Kamel Daoud ou Boualem Sansal, il dit « respecter leur franc-parler » et « être souvent d’accord avec leurs idées », mais il les tacle sans ménagement, estimant qu’ils « répondent à une attente du public français ».
« Gâchis monumental »
Aziz Chouaki est plutôt humour subtil de Fellag et rock de feu Rachid Taha. Il se sent mal compris au sein de l’intelligentsia parisienne, parfois réduit par certains à un immigré algérien rescapé du terrorisme. « Quand j’écris sur autre chose que l’Algérie, on me dit que ça ne marchera pas. Et comme je ne chante pas les louanges de la femme musulmane opprimée par les islamistes, je ne suis pas à la mode en France », veut-il croire. En Algérie, il reste peu connu et finalement incompris, lorsqu’il n’est pas taxé de traîtrise. « Ceux de chez moi me détestent, car je refuse le récit national, et c’est là le plus grand des blasphèmes. J’ai pourtant payé mon algérianité autant que tout le monde », avance celui qui ose se définir comme « un pied-noir de culture musulmane ».

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Il retourne peu en Algérie – la dernière fois, c’était il y a deux ans – et ne cache pas son amertume devant ce « gâchis monumental ». « Le terrorisme est terminé mais les islamistes ont gagné la bataille sociale, la religion est ancrée partout », dit-il. La petite Italie du monde arabe est devenue une Birmanie du Maghreb, lâche-t-il, claquemurée et opaque. Une chape de plomb imposée par des généraux tout-puissants et un président malade qui n’est plus visible que sur ses portraits officiels. Dès les premiers coups d’Etat qui suivent l’indépendance du pays, en 1962, la politique et la chose publique intègrent la violence comme option. « On n’a pas connu un seul second tour en près de soixante ans », résume l’écrivain dans une formule drôle et terrible à la fois. Et d’ajouter : « Il y autant d’Algérie qu’on peut en concevoir. »

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Europa (Esperanza) est un bout de sa « Poestrie », son monde imaginaire où ses mots virevoltent dans l’air et fusionnent avec les notes du bouzouk, ce luth à manche long. Il n’a pas fini d’écrire l’exil, d’enrichir son univers de nouvelles œuvres. Baya, son premier roman, monologue féminin sorti en 1988, sera bientôt réédité en France. Il s’est aussi lancé dans l’écriture de son autobiographie, en lit les premières phrases saccadées et rythmées, drôles et tristes, simplement justes. Dans l’ombre mais avec maestria, Aziz Chouaki poursuit le récit de cette Algérie des marges et du déracinement.
« Europa (Esperanza) », d’Aziz Chouaki. Mise en scène : Hovnatan Avédikian. Jusqu’au 30 septembre au Lavoir moderne parisien, 35 rue Léon, Paris 18e, 01-46-06-08-05.

