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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ L’expulsion de touristes chinois d’un hôtel suédois en pleine nuit a entraîné une série d’incidents diplomatiques entre les deux pays, depuis le 2 septembre.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Pour Jean-Louis Billon, ancien ministre du commerce de Côte d’Ivoire, « le vrai sujet n’est pas le niveau de la dette mais sa soutenabilité ».
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Point de vue

« La dette n’est pas un problème chinois, c’est un problème africain »

Pour Jean-Louis Billon, ancien ministre du commerce de Côte d’Ivoire, « le vrai sujet n’est pas le niveau de la dette mais sa soutenabilité ».

Par                Jean-Louis Billon



LE MONDE
              datetime="2018-09-26T18:22:35+02:00"

        Le 26.09.2018 à 18h22






    
Le président chinois Xi Jinping (au centre), entouré des chefs d’Etat africains, lors du Forum sur la coopération sino-africaine, à Pékin, le 3 septembre 2018.
Crédits : HOW HWEE YOUNG / AFP


Tribune. Comment souvent lorsque l’on parle de la Chine en Afrique, les clichés, les raccourcis et les procès d’intention ne sont jamais bien loin sous couvert d’un légitime débat sur cette nouvelle donne sino-africaine. La dette ne fait pas exception. L’annonce à la fin de la 7e édition du Forum sur la coopération sino-africaine d’une promesse par Pékin de 60 milliards de dollars (51 milliards d’euros) pour le développement de l’Afrique a autant réjoui les futurs récipiendaires qu’inquiété les plus sceptiques sur l’influence économique croissante de la Chine en Afrique. Un sujet épineux tant par sa complexité technique que par sa dimension politique très sensible.

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Selon Masood Ahmed, président du cercle de réflexion Center for Global Development, la part de la Chine a désormais dépassé le total de celles du Club de Paris, de la Banque mondiale et de toutes les banques régionales de développement dans la dette des pays pauvres entre 2013 et 2016. D’après le China Africa Research Initiative, laboratoire de recherche hébergé par l’Université Johns Hopkins, au moins 132 milliards de dollars ont été empruntés par les Etats africains depuis 2000.
Risque de surendettement
Plusieurs voix en Afrique commencent à s’élever sur les dangers de cette dépendance croissante vis-à-vis de Pékin. Un parallèle commence à être fait entre la situation de certains pays africains et celles de pays d’Asie du Sud-Est, certains analystes parlant de « diplomatie de la dette piégeuse » ou de « piège de la dette ».
Fin août, le premier ministre malaisien, Mahatir Mohamad, a fait sensation en annonçant l’annulation de trois projets conclus avec la Chine d’un montant total de quelque 22 milliards de dollars. Craignant une « nouvelle version du colonialisme », le premier ministre a justifié ces annulations en expliquant que son pays ne pourrait rembourser de telles sommes avec le contexte budgétaire actuel.
Au même moment, le président du Ghana, Nana Akufo-Addo, fait face à une fronde de l’opposition au Parlement concernant un financement chinois de 2 milliards de dollars contre des produits raffinés de bauxite. L’opposition a choisi de saisir le Fonds monétaire international (FMI) pour bénéficier de son expertise sur l’impact de ce marché sur la dette ghanéenne.

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Mais si la Chine peut faire figure de coupable idéal, notre attention devrait en réalité se porter sur les vrais responsables de la gestion de la dette qui sont uniquement nos gouvernements. Il est trop facile de se dérober en accusant des puissances étrangères ou des institutions internationales sans se demander d’abord si la bonne gouvernance et une gestion rigoureuse des finances publiques sont à l’œuvre chez nous.
Or, aujourd’hui, l’histoire se répète : le FMI tire la sonnette d’alarme sur le risque de surendettement pour certains Etats africains. Selon l’institution de Washington, quinze pays d’Afrique subsaharienne sont en situation de surendettement ou en phase de l’être. Un terrible échec pour nous Africains si nous devons passer les prochaines années à faire face à une nouvelle crise de la dette plutôt que d’envisager des investissements d’avenir pour la jeunesse et le développement de nos économies.
Fléau de l’évasion fiscale
L’argument fallacieux par excellence est de comparer les niveaux de dettes des pays occidentaux, plus élevés que les nôtres, et ceux des pays africains. Deux différences fondamentales ne permettent pas cette comparaison. D’abord la faible capacité de mobilisation des recettes fiscales des Etats africains compte tenu du poids de l’économie informelle, ainsi que l’incapacité de nos administrations à enrayer le fléau de l’évasion fiscale. Puis les écarts importants entre les taux auxquels les pays occidentaux et les pays africains empruntent, révélateurs du niveau de perception du risque par les investisseurs. Le vrai sujet n’est donc pas le niveau de la dette mais sa soutenabilité, qui est particulière à chaque pays en fonction de sa capacité à lever des impôts ou à abaisser ses dépenses, de sa stabilité économique et politique.

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Aujourd’hui, le compte n’y est pas. Fin 2017, la dette publique moyenne en Afrique subsaharienne s’élevait à 46 % du PIB selon le FMI, soit près du double de son niveau de 2010. Si la Côte d’Ivoire a vu sa dette baisser au sortir de la crise, celle-ci est à présent en hausse. Malgré les importants progrès réalisés, les pays africains possèdent toujours le ratio recettes-PIB le plus faible au niveau mondial.
En parallèle, la transition pour de nombreux pays africains trop dépendants des matières premières vers des économies diversifiées est loin d’être réalisée, les exposant aux moindres soubresauts des marchés internationaux. Pour remédier à ces faiblesses, de nombreuses réformes sont nécessaires : une meilleure gouvernance des finances publiques, l’amélioration de la performance fiscale, le renforcement de notre attractivité auprès des investisseurs étrangers et l’accélération de la diversification de nos économies.

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La dette est un excellent outil pour financer le développement des pays africains à condition qu’elle ne devienne pas un poids grevant le budget des Etats et sapant la souveraineté de nos nations. Les dirigeants africains doivent avoir en permanence à l’esprit qu’il est nécessaire d’articuler une vision stratégique du développement avec la soutenabilité de la dette. Une articulation indispensable pour permettre aux pays africains d’être réellement indépendants économiquement et politiquement.
Jean-Louis Billon est ancien ministre du commerce de Côte d’Ivoire, secrétaire exécutif du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), et industriel (ancien président du conseil d’administration du groupe agro-industriel Sifca).


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Son discours, son parcours, ses ambitions…, tous les aspects de la candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone ont été disséqués.
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« Indépendant » ou « arrogant » : Manuel Valls, candidat à Barcelone, vu par la presse espagnole

Son discours, son parcours, ses ambitions…, tous les aspects de la candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone ont été disséqués.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 18h43
    |

            Jérémie Lamothe








                        



   


L’annonce était attendue depuis plusieurs semaines, Manuel Valls l’a officialisée, mardi 25 septembre : il est candidat aux élections municipales de mai à Barcelone, ville où il est né il y a cinquante-six ans. « Venir à Barcelone n’est pas une rupture, c’est le prolongement d’un même chemin, celui de l’Europe », a notamment déclaré l’ancien premier ministre français au cours de son discours au Centre de culture contemporaine de la cité catalane.
Pour la presse espagnole, la tâche s’annonce toutefois compliquée pour Manuel Valls. Sur la forme d’abord, tous les journalistes présents ont critiqué « le chaos » de l’événement — des journalistes et des invités n’ont pas pu entrer à cause d’une salle trop petite —, alors que M. Valls se présente comme « le candidat de l’ordre ».
Elargir sa base électorale
Sur le fond ensuite. El Mundo note que l’ancien chef de gouvernement s’est attaché à ne pas se montrer comme le candidat d’un seul parti, pour élargir sa base électorale. « Manuel Valls a tenté de mettre en avant ses idées et de prendre de la distance vis-à-vis de Ciudadanos », parti libéral qui avait proposé à l’ancien socialiste, il y a quelques mois, d’être son candidat aux municipales. D’après le quotidien, M. Valls s’est « efforcé de se poser comme un candidat “indépendant” en allant aux élections avec une “plate-forme citoyenne” ». Une stratégie qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Emmanuel Macron lors de l’élection présidentielle française de 2017.
S’il s’est présenté comme le candidat qui s’engagera contre « les populismes, les nationalismes et la démagogie », sur l’exacte ligne de Ciudadanos, M. Valls s’est d’ailleurs, en même temps, posé en « homme de gauche ».
El Pais relève également qu’un seul élu de Ciudadanos, le député régional Ignacio Martin Blanco, était présent dans la salle pour cette annonce de candidature. « L’absence de dirigeants de Ciudadanos a permis d’attirer l’attention des médias exclusivement sur Manuel Valls », selon le quotidien catalan La Vanguardia.
Autre point relevé par la presse espagnole au lendemain de ce discours : la volonté de M. Valls de se présenter en adversaire du mouvement indépendantiste près d’un an après le référendum d’autodétermination qui s’est tenu en Catalogne. Dans sa chronique pour ABC, le journaliste et écrivain espagnol Ignacio Camacho estime que la candidature de M. Valls « est bonne, car elle donne à la lutte contre le nationalisme une dimension qui transcende les frontières ».
Héritier de Pasqual Maragall
La presse revient aussi sur la doctrine de Manuel Valls. El Mundo lui a consacré un long portrait rappelant les différentes étapes de sa vie politique en France, tandis que le journaliste Carles Cols, sur le site d’El Periodico, met en avant le fait que l’ancien premier ministre « veut être le nouveau Pasqual Maragall », l’emblématique maire socialiste qui, de 1982 à 1997, fut un des grands artisans de la rénovation de la capitale catalane.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, selon lui, si M. Valls a fait son annonce au Centre de culture contemporaine, créé sous la mandature de M. Maragall à la fin des années 1980. L’ancien socialiste s’est d’ailleurs entouré de Xavier Roig, chef de cabinet à la mairie de M. Maragall. Pour Carles Cols, Manuel Valls a, ni plus ni moins, l’intention de « faire une OPA sur l’héritage du margallisme ».
Dans El Periodico également, Albert Saez, le directeur adjoint du journal catalan, estime toutefois que M. Valls est « un héritier indigne de Maragall ». « Les gens ne confondent pas la copie avec l’original », écrit-il, qualifiant la personnalité du candidat de « despotique et arrogante ».
« Certains qui ont suivi le parcours de Manuel Valls dans la politique française savent qu’il ressemble à Maragall sur trois aspects : il est socialiste, il est barcelonais et il a été maire. Mais c’est tout. »
L’ambition de M. Valls d’être l’héritier politique de M. Maragall s’annonce d’autant plus compromise que le parti indépendantiste Gauche républicaine de Catalogne a décidé d’investir pour le scrutin municipal de mai Ernest Maragall, frère de Pasqual Maragall.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’opposition de droite et la gauche radicale exigent depuis plusieurs jours le départ de Dolores Delgado à la suite d’écoutes montrant sa proximité avec un personnage sulfureux.
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Fragilisée par des écoutes, la ministre de la justice espagnole, Dolores Delgado, refuse de démissionner

L’opposition de droite et la gauche radicale exigent depuis plusieurs jours le départ de Dolores Delgado à la suite d’écoutes montrant sa proximité avec un personnage sulfureux.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 16h38
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 16h49
   





                        



   


« Je ne démissionnerai pas. » La ministre de la justice espagnole, Dolores Delgado, a refusé mercredi 26 septembre de céder face à l’opposition de droite et à la gauche radicale qui exigent son départ à la suite d’écoutes montrant sa proximité avec un personnage sulfureux. « Ni ce gouvernement socialiste ni (moi) n’accepterons le chantage de qui que ce soit », a-t-elle lancé devant les députés.
La ministre socialiste est fragilisée par la publication de conversations entre elle et l’ancien policier José Manuel Villarejo, actuellement en prison et poursuivi pour blanchiment. Dans un extrait sonore diffusé mercredi par le média en ligne Moncloa et présenté comme remontant à 2009, Dolores Delgado, qui était alors magistrate, raconte avoir vu des confrères accompagnés de mineures de 17 ans lors d’un voyage en Colombie.
Mardi, on l’entendait dans un autre enregistrement attribuer un sobriquet homophobe au juge Fernando Grande-Marlaska, aujourd’hui ministre de l’intérieur. Ces enregistrements sont « manipulés », avait-elle assuré mardi, tout en reconnaissant avoir rencontré à trois reprises le sulfureux commissaire Villarejo en trente ans de carrière.

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Deux ministres déjà contraints à la démission
« Je ne comprends pas comment vous restez à un poste où vous faites énormément de mal à la justice espagnole, et énormément de mal à notre pays, lui a lancé mercredi la députée conservatrice Maria Jesus Bonilla. Ces enregistrements vous mettent à mal, comme personne mais aussi comme ministre. »
Pablo Iglesias, secrétaire général du parti de gauche radicale Podemos, qui a soutenu la motion de censure ayant porté le socialiste Pedro Sanchez au pouvoir au début de juin, l’a aussi publiquement appelée à présenter sa démission. « Il est inacceptable que dans ce pays des ministres soient amis avec des types comme Villarejo », a-t-il lancé dans les couloirs de la chambre des députés.
Deux ministres du gouvernement de Pedro Sanchez ont déjà été contraints à la démission. Le ministre de la culture, Maxim Huerta, n’était resté qu’une semaine en poste, rattrapé par des révélations sur des déboires passés avec le fisc ; la ministre de la santé Carmen Monton a, elle, démissionné le 11 septembre à la suite de révélations sur les conditions douteuses de l’obtention de son master.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ L’inventeur danois avait fait appel de sa peine de prison pour le meurtre avec préméditation, précédé de violences sexuelles, de la journaliste suédoise.
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Perpétuité confirmée pour Peter Madsen, le meurtrier de la journaliste Kim Wall

L’inventeur danois avait fait appel de sa peine de prison pour le meurtre avec préméditation, précédé de violences sexuelles, de la journaliste suédoise.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 16h10
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 16h42
   





                        



   


Mercredi 26 septembre, la Haute Cour de Copenhague a confirmé en appel la condamnation de l’inventeur danois Peter Madsen à la réclusion à perpétuité pour l’assassinat d’une journaliste suédoise à bord de son sous-marin artisanal en août 2017.
Peter Madsen, 47 ans, avait interjeté appel de la durée de sa peine de prison après sa condamnation en premier ressort en avril à la perpétuité pour le meurtre avec préméditation, précédé de violences sexuelles, de Kim Wall, 30 ans. Il ne contestait pas en revanche le verdict de culpabilité.
« Je suis terriblement triste pour les proches de Kim de ce qui s’est passé », avait déclaré Peter Madsen à la clôture de l’audience, utilisant un adjectif qui, en danois, peut également signifier « désolé ».
Rares condamnations à vie
Le procureur Kristian Kirk avait requis la prison à vie. « Quand je regarde Peter Madsen (...) je ne vois pas de raison pour (lui infliger) une peine plus faible que la perpétuité. » Selon lui, la préméditation et la nature des violences qui lui sont reprochées justifient son enfermement à vie. « Nous parlons d’un meurtrier sexuel cynique, pervers et calculateur, et pour cette raison je ne pense pas qu’il y ait une marge d’hésitation », a souligné M. Kirk.
« Par défaut, tous les meurtres sont cyniques, ce n’est pas propre à cette affaire », lui a rétorqué l’avocate de Peter Madsen, Betina Hald Engmark. « La défense est d’avis que le bon niveau de peine se situe entre quatorze et seize ans », a-t-elle dit lors de sa plaidoirie.
Au Danemark rares sont les condamnés à la prison à vie pour un seul homicide. Ces dix dernières années, trois personnes ont été condamnées à la perpétuité dans ces circonstances. Une perpétuité relative au Danemark, synonyme de seize ans de prison effective en moyenne.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Antonio Trillanes IV, qui critiquait publiquement le procureur général, un proche de Rodrigo Duterte, a été brièvement arrêté en plein Parlement avant d’être libéré sous caution.
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édition abonné


Aux Philippines, un deuxième sénateur critique du président risque la prison

Antonio Trillanes IV, qui critiquait publiquement le procureur général, un proche de Rodrigo Duterte, a été brièvement arrêté en plein Parlement avant d’être libéré sous caution.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 16h41
    |

            Brice Pedroletti








                        



                                


                            

Etre sénateur dans l’opposition aux Philippines n’est pas de tout repos : un peu plus d’un an après l’arrestation d’une sénatrice toujours derrière les barreaux, un autre opposant notoire au président philippin Rodrigo Duterte, Antonio Trillanes IV, 47 ans, ex-officier au passé turbulent, s’est vu présenter un mandat d’arrêt mardi 25 septembre alors qu’il présidait une commission au Sénat. Conduit sous escorte au commissariat, photographié de face et de profil, le sénateur a toutefois retrouvé la liberté après avoir versé une caution.
Antonio Trillanes IV est ensuite retourné au Sénat, où il va continuer à séjourner jour et nuit, entouré de partisans, en attente de la décision d’un autre tribunal, cette semaine ou la prochaine. Si elle lui est défavorable, il ne pourra pas, cette fois, éviter la détention. Devant les journalistes rassemblés dans les couloirs de la chambre haute mardi 25 septembre à Manille, il n’a pas épargné le populiste et iconoclaste numéro un philippin : « M. Duterte, vous pouvez tordre les règles à votre guise, bousculer tout ce que vous voulez, mais votre règne diabolique sur ce pays ne durera pas », a-t-il lancé, défiant.
L’épreuve de force qui dure depuis trois semaines entre MM. Duterte et Trillanes confirme que l’homme fort des Philippines, 73 ans, est prêt à tout pour faire taire les voix critiques. La sénatrice Leila de Lima, ex-ministre de la justice et avocate, qui s’était ouvertement opposée à la sanglante guerre contre la drogue du président, a fini par être emprisonnée en 2017… pour trafic de drogue – sans grand soutien de ses collègues parlementaires.
Amnistie révoquée
M. Trillanes est un ancien officier connu pour deux coups de force – l’occupation d’hôtels au centre de Manille en 2003 et 2007 – menés avec des compagnons d’armes sous l’ancienne présidente Gloria Arroyo pour protester contre la corruption dans l’armée. Il avait alors été condamné pour « coup d’Etat » et « rébellion »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Trois jours après l’enlèvement de trois personnes et la mort de trois gendarmes, une mine artisanale a explosé au passage d’un convoi militaire.
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Compte rendu

Huit soldats tués dans le nord du Burkina Faso

Trois jours après l’enlèvement de trois personnes et la mort de trois gendarmes, une mine artisanale a explosé au passage d’un convoi militaire.


LE MONDE
              datetime="2018-09-26T15:24:26+02:00"

        Le 26.09.2018 à 15h24






    

Crédits : Google Maps


Huit soldats burkinabés ont été tués, mercredi 26 septembre, par l’explosion d’une mine artisanale aux environs de Baraboulé, dans la région du Sahel (nord du pays), a annoncé la présidence. Les militaires étaient en route pour Djibo, chef-lieu du Soum, l’une des provinces de la région du Sahel.
« Je viens d’apprendre que huit soldats burkinabés ont trouvé la mort après que leur véhicule a sauté sur une mine artisanale déposée par les ennemis de notre peuple » a déclaré le président Roch Marc Christian Kaboré.

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« Le véhicule de tête d’un convoi militaire, [parti] de Baraboulé pour Djibo, a sauté sur un engin explosif artisanal », a précisé à l’AFP une source sécuritaire. L’incident s’est produit « au sortir d’un pont » dans cette région septentrionale du Burkina Faso. Ce pays sahélien pauvre, frontalier du Mali et du Niger, est confronté depuis trois ans à des attaques djihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières.
« Défendre l’intégrité du territoire national »
M. Kaboré a adressé ses « condoléances les plus attristées aux forces de défense et de sécurité, aux familles et proches des victimes ». « [Ces] attaques lâches et horribles n’entameront jamais notre commune détermination à défendre l’intégrité du territoire national, à rétablir la paix et la sécurité pour le bonheur et la prospérité du peuple burkinabé », a-t-il affirmé.
Dimanche, trois gendarmes avaient été tués dans un accrochage avec des individus armés près d’Inata, dans la même province du Soum, où trois employés d’une mine d’or – un Indien, un Sud-Africain et un Burkinabé – avaient été enlevés.

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De nombreuses attaques et explosions d’engins artisanaux (IED) visant les forces de l’ordre se sont également produites ces derniers mois dans la région de l’Est. Mi-août, sept membres des forces de sécurité avaient été tués dans l’explosion d’un IED, quinze jours après la mort de six personnes dans des circonstances similaires. Leur véhicule avait sauté sur un engin artisanal à une trentaine de kilomètres de Fada N’Gourma (chef-lieu de la région de l’Est), alors qu’ils se rendaient en urgence à Pama, localité attaquée par des hommes armés et située à environ 100 km de Fada N’Gourma.

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Le président burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, a promis le 8 septembre de nouvelles « dispositions sécuritaires » pour « éradiquer le fléau du terrorisme », après une série d’attaques dans l’est du pays ayant fait une vingtaine de morts en un mois.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’Organisation des Nations unies est certes imparfaite mais, souligne l’historienne Chloé Maurel dans une tribune au « Monde », elle mène une action utile pour la paix et la solidarité internationale. Il faut donc œuvrer à la renforcer, à lui donner plus de pouvoir.
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« Non, l’ONU ne sert pas à rien ! »

L’Organisation des Nations unies est certes imparfaite mais, souligne l’historienne Chloé Maurel dans une tribune au « Monde », elle mène une action utile pour la paix et la solidarité internationale. Il faut donc œuvrer à la renforcer, à lui donner plus de pouvoir.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 15h12
    |

Chloé Maurel (Historienne, chercheuse associé à l'Ecole normale supérieure (ENS))







                        



                                


                            

Tribune. La situation mondiale actuelle est très alarmante, et beaucoup estiment que l’ONU – dont la 73e Assemblée générale s’est ouverte le mardi 25 septembre – ne sert à rien, qu’elle n’est d’aucune utilité pour résoudre les problèmes du monde, comme le suggérait en 1960 le général de Gaulle qui l’avait appelée péjorativement « le machin ». Donald Trump, qui préside le 26 septembre la réunion du Conseil de sécurité, avait lui-même, dans un tweet de décembre 2016, qualifié l’organisation internationale de « club où les gens se réunissent, parlent, et passent du bon temps ».
Mais l’ONU est utile ! Par exemple, sur la question des réfugiés, qui sont aujourd’hui près de 70 millions dans le monde (le plus grand nombre jamais atteint depuis la fin de la seconde guerre mondiale), le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés s’efforce de les protéger, de leur donner un statut et de les aider à trouver un asile.
En ce qui concerne les réfugiés palestiniens en particulier, l’UNRWA [United Nations Relief and Works Agency, Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient] agence de l’ONU créée en 1949, aide plus de 3 millions d’entre eux, notamment avec des écoles et des centres de santé. La décision récente des Etats-Unis de couper les financements à cette agence ne peut qu’être déplorée.
L’ONU, qui en 1948 a proclamé la Déclaration universelle des droits de l’homme, veille et alerte l’opinion mondiale sur les manquements aux droits de l’homme dans le monde. Ainsi, en septembre 2018, un rapport de l’ONU a détaillé les « crimes contre l’humanité » perpétrés par l’armée birmane contre les Rohingyas, parlant même de « génocide ». En demandant, dans ce rapport, que l’armée birmane soit exclue de la vie politique, l’ONU a appelé à l’ouverture d’un examen par la Cour pénale internationale.
3,5 milliards de dollars...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le texte doit encore être approuvé en troisième lecture puis par les sénateurs avant d’être promulgué.
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Russie : l’impopulaire réforme des retraites adoptée en deuxième lecture

Le texte doit encore être approuvé en troisième lecture puis par les sénateurs avant d’être promulgué.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 14h21
   





                        



   


Les députés russes ont adopté en deuxième lecture, mercredi 26 septembre, par 326 voix pour, 59 voix contre et une abstention l’impopulaire réforme des retraites, qui prévoit de repousser de cinq ans l’âge légal de départ à la retraite. Le texte doit encore être approuvé en troisième lecture puis par les sénateurs — généralement une formalité — avant d’être promulgué par Vladimir Poutine.
Les députés ont introduit tous les amendements proposés par Vladimir Poutine lors d’une adresse à la nation fin août. Le système est inchangé depuis quatre-vingt-dix ans.

        Lire aussi :
         

                Les Russes aux urnes, l’opposition dans la rue contre la réforme des retraites



Rejet
Confronté à une fronde inhabituelle qui a fait chuter sa cote de popularité, le président avait notamment promis de n’augmenter l’âge de départ à la retraite pour les femmes que de cinq ans, de 55 ans actuellement à 60 ans (contre 63 dans le texte initial). Pour les hommes, l’âge de la retraite passe à 65 ans, contre 60 ans aujourd’hui.
Le gouvernement s’est engagé à ce que ces mesures permettent de revaloriser les pensions de retraite de 8 % par mois d’ici à la fin de l’année, pour s’établir en moyenne à 14 414 roubles (environ 185 euros). Les opposants à la réforme affirment que beaucoup de Russes, notamment les hommes — dont l’espérance de vie plafonne à 66 ans —, ne pourront guère profiter de leur retraite.
Les députés russes ont également adopté d’autres mesures prônées par M. Poutine telles que le départ anticipé pour les mères de familles nombreuses, le maintien d’avantages pour certaines professions, comme les mineurs, et l’introduction de sanctions pénales pour les entreprises licenciant des employés proches de l’âge de la retraite.
Mardi, des militants ont annoncé avoir transmis à l’administration présidentielle une pétition signée par un million de personnes demandant l’abandon de la réforme.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Une nouvelle loi pourrait entrer en vigueur à l’été 2019 pour lutter contre l’utilisation du smartphone, responsable d’une recrudescence d’accidents.
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Les Pays-Bas veulent bannir l’usage du téléphone portable à vélo

Une nouvelle loi pourrait entrer en vigueur à l’été 2019 pour lutter contre l’utilisation du smartphone, responsable d’une recrudescence d’accidents.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 13h42
   





                        



   


Un projet de loi du gouvernement néerlandais, présenté mardi 25 septembre, interdit l’utilisation du téléphone portable à vélo. La loi, qui doit encore être approuvée par la Chambre basse, doit entrer en vigueur à partir du 1er juillet 2019.
Aux Pays-Bas, une amende de 230 euros est déjà infligée aux automobilistes qui utilisent leur téléphone portable sans kit mains libres. Le gouvernement veut également bannir leur usage à vélo.
Les smartphones en cause dans un accident sur cinq
L’organisation néerlandaise pour la sécurité routière (SWOV) estime que l’utilisation des téléphones portables à vélo constitue un danger grandissant, malgré l’existence de très bonnes infrastructures pour les cyclistes. D’après elle, les smartphones sont en cause dans un accident sur cinq concernant des jeunes à vélo.
La publication de la proposition de loi a été accueillie avec émotion par les proches de victimes d’accidents de vélo aux Pays-Bas, où se déplacer à bicyclette est un mode de vie : le pays compte près de 23 millions de vélos pour 17 millions d’habitants, selon l’association d’automobilistes BOVAG.

        Lire aussi :
         

                Les bénéfices du vélo bien supérieurs aux risques encourus par les cyclistes






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Parmi les 58 personnes qui seront réparties entre quatre pays figure une majorité de familles aisées.
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Sur l’« Aquarius » : « Ce sont surtout des familles libyennes qui étaient bien établies »

Parmi les 58 personnes qui seront réparties entre quatre pays figure une majorité de familles aisées.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 13h38
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 14h38
    |

            Julia Pascual (envoyée spéciale)








                        



   


[Un accord a finalement été trouvé, mardi 25 septembre, pour que les 58 personnes secourues en mer par l’Aquarius, les 20 et 23 septembre, soient débarquées à Malte avant d’être réparties entre la France, l’Allemagne, l’Espagne et le Portugal. Parmi elles, nombre de familles aisées ayant fui la Libye… ainsi qu’un chien.]
« On a un chien à bord. Et la dame qu’on a prise veut le chien avec elle. » « Les gens d’abord. Si ça devient un problème, prenez le chien. » « OK, on prend le chien. » Dimanche 23 septembre, pour la première fois en deux ans et demi de mission en Méditerranée centrale, les sauveteurs de SOS Méditerranée ont secouru un chien à bord d’une embarcation de migrants.

        Lire :
         

          A bord de l’« Aquarius », un accrochage sévère avec les gardes-côtes libyens



Le sauvetage avait été difficile. Entamé dans la nuit, il avait donné lieu à une altercation virulente avec une navette des gardes-côtes libyens. Finalement, les 47 personnes secourues ce jour-là avaient pu être transférées à bord de l’Aquarius, parmi lesquelles une majorité de familles libyennes. Et ce chien. Un gros toutou au poil blanc et frisé qui répond au nom de Bella. « Je n’allais pas le laisser, c’est un péché, explique aujourd’hui Malak (le prénom a été modifié). Ça fait huit ans qu’on vit avec, c’est un vieil ami. Et il n’a pas payé pour le voyage. »
« C’est frappant de voir tant d’enfants, de bagages et ce chien »

   


Cette femme libyenne de 44 ans, aux cheveux teints en blond, plaisante. Consciente de l’incongruité de la situation, mais non moins déterminée à ce que son animal l’accompagne. Trente-sept Libyens se trouvaient à bord de la barque de bois secourue cette nuit-là, dont 17 mineurs. Une situation inhabituelle. « Ce sont surtout des familles qui étaient bien établies, décrit Aloys Vimard, responsable des opérations de Médecins sans frontières (MSF) à bord de l’Aquarius. Elles n’avaient pas pour projet de partir mais, du jour au lendemain, à cause du climat de crise aiguë en Libye, elles ont peur et se retrouvent sur un bateau en mer. C’est assez frappant d’ailleurs de voir autant d’enfants, de bagages et ce chien. » Depuis fin août, des combats armés agitent notamment la capitale, Tripoli.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          En Libye, l’organisation Etat islamique fait peser un danger inédit sur Tripoli



Malak a pris la mer avec ses cinq enfants, âgés de 9 à 22 ans, et son frère de 24 ans qu’elle a élevé. Depuis 2011, l’idée lui avait plusieurs fois traversé l’esprit. Jusqu’à ce que son mari soit kidnappé. « C’était il y a un mois à Tripoli », confie-t-elle. Elle ignore qui a pu s’en prendre à son époux : « Il travaille dans le commerce alimentaire donc il a de l’argent », dit-elle. Elle pense aussi qu’il a pu se retrouver au milieu de rivalités tribales.

   


Après avoir payé l’équivalent de 5 000 à 6 000 euros en dinars libyens (selon le taux de change en vigueur au marché noir), elle a organisé son départ par la mer Méditerranée, avec ses enfants. « Impossible d’obtenir un passeport avec un visa », justifie-t-elle. Le bateau est parti aux alentours de 23 heures d’une plage de Zouara, une ville côtière de l’ouest du pays. Ils sont montés à bord d’une barque en bois, quand la plupart des migrants, notamment originaires d’Afrique subsaharienne, montent sur des embarcations en caoutchouc, plus fragiles. Le passeur a conduit la barque pendant une partie du trajet, avant de repartir à bord d’un autre bateau.
« Certains bateaux partent avec 100 ou 150 personnes. On a mis plus d’argent pour avoir quelque chose de plus sûr »
« On ne peut pas voyager n’importe comment, justifie Ibtissem, une Libyenne de 40 ans, qui a entrepris la traversée avec son mari, ses deux fils de 18 et 20 ans et quatre cartouches de cigarettes. Certains bateaux partent avec 100 ou 150 personnes. On a mis plus d’argent pour avoir quelque chose de plus sûr. » Tout se monnaye. Ibtissem croit même que pour l’équivalent de 375 euros en dinars libyens, les gardes-côtes libyens peuvent fermer les yeux sur un départ. Modéliste pour une société italienne, elle dessine des maillots de bain et de la lingerie. Elle a beaucoup voyagé à travers le monde et une partie de sa famille est installée en France. Son mari travaille comme concessionnaire automobile.

   


Depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011, les difficultés sont allées croissant pour le couple. Pour des raisons de sécurité, ils ont notamment dû déménager de Tripoli à Zaouïa, à 50 kilomètres à l’ouest. « On se débrouillait en faisant des allers-retours », dit-elle. Il y a deux mois, leur fils Abdul est tombé sur des coupeurs de route, armés de kalachnikovs.
Ibtissem et son mari ont dû payer l’équivalent de 8 750 euros de rançon en dinars libyens pour récupérer leur enfant. Faute de liquidités disponibles en banque, ils ont vendu leurs deux voitures. Le fils avait été battu, il a passé deux jours à l’hôpital. Depuis cet épisode, la famille ne dormait plus, ne sortait presque plus de chez elle. « En Libye, lâche Ibtissem, nous sommes des morts qui respirent. Il fallait qu’on parte, il n’y avait pas d’autre solution. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Des rumeurs font état de divergences entre Luis Caputo, un proche du président argentin, et le Fonds monétaire international.
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En Argentine, le gouverneur de la Banque centrale démissionne

Des rumeurs font état de divergences entre Luis Caputo, un proche du président argentin, et le Fonds monétaire international.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 12h44
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 12h53
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

L’Argentine est décidément une économie très volatile. Après seulement trois mois à son poste, le gouverneur de la banque centrale du pays, Luis Caputo, a annoncé sa démission, mardi 25 septembre. Un départ soi-disant pour « raisons personnelles », mais aussitôt interprété comme le énième rebondissement d’une crise contre laquelle le gouvernement se débat depuis le printemps.

M. Caputo a-t-il été sacrifié sur l’autel des négociations en cours entre Buenos Aires et le Fonds monétaire international (FMI) ? Les rumeurs font état de divergences entre l’institution de Washington et ce proche du président argentin, Mauricio Macri, qui fut ministre des finances avant de rejoindre la banque centrale. Lundi, M. Macri a déclaré sans plus de précisions que l’Argentine bénéficierait de « davantage de soutien du FMI », ce qui impliquerait « une politique monétaire claire ».
Une nouvelle dose d’incertitude
M. Caputo aura passé l’essentiel de son court mandat à tenter de stopper la déroute du peso. Face à l’ahurissante dégringolade de la devise, la banque centrale a décidé fin août de relever en urgence ses taux d’intérêt à 60 %. Un remède de cheval pourtant resté inopérant. Malgré ces difficultés, certains analystes redoutent que ce changement de gouverneur apporte une nouvelle dose d’incertitude, au moment où l’économie en a le moins besoin. Alors qu’il avait regagné ces derniers jours en stabilité, le peso a perdu 3,4 % mardi.
Ancien tradeur chez JPMorgan Chase et à la Deutsche Bank, Luis Caputo était bien connu des investisseurs. Il a joué un rôle-clé dans le règlement du contentieux entre l’Argentine et les fonds vautours américains, qui durait depuis le défaut souverain survenu en 2001. Il a aussi été l’un des artisans de l’émission d’obligations à cent ans lancée en 2016, quand le pays semblait avoir enfin regagné les faveurs des marchés…
Le vice-ministre de l’économie, Guido Sandleris, lui succède en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Après celle de 2001, une nouvelle récession s’annonce. Les Argentins font bloc contre la politique du président Macri et l’appel au Fonds monétaire international.
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L’Argentine s’enfonce dans la morosité économique

Après celle de 2001, une nouvelle récession s’annonce. Les Argentins font bloc contre la politique du président Macri et l’appel au Fonds monétaire international.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 14h39
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante) et 
Marie de Vergès








                        



                                


                            

Pour Mauricio Macri, le président argentin, la bataille contre la crise se joue sur plusieurs fronts. Vis-à-vis des marchés, si vite effarouchés. Mais aussi face à une population de plus en plus gagnée par la grogne sociale et la morosité. « Les Argentins sont fatigués, ils sont inquiets. Mais ils ne veulent pas revenir au passé », a-t-il déclaré dans une interview au Financial Times, mardi 25 septembre.

En déplacement à New York pour l’Assemblée générale des Nations Unies, M. Macri s’est employé à rassurer les investisseurs sur l’état de santé de l’économie. « La situation va s’améliorer peu à peu », a-t-il affirmé mardi. Au même moment, en Argentine, toutes les grandes villes étaient paralysées par une grève générale. Vols annulés, écoles à l’arrêt, banques, commerces et administrations fermés…
Profondément divisés, les différents syndicats argentins sont parvenus à s’unir pour convoquer ce débrayage national visant à dénoncer la politique du gouvernement et le recours au Fonds monétaire international (FMI). Ajoutant à la confusion ambiante, le gouverneur de la banque centrale, Luis Caputo, a annoncé mardi sa démission.
Le troc est réapparu
La monnaie argentine, le peso, a perdu la moitié de sa valeur en dollar cette année. Impuissant face à cette folle dégringolade – une chute de 28 % rien qu’au mois d’août –, le gouvernement est retourné voir le FMI pour lui demander d’accélérer les versements du prêt de 50 milliards de dollars accordé en juin. Voire d’augmenter l’enveloppe. En échange, Buenos Aires s’est engagé à ramener le déficit budgétaire à zéro dès 2019, un an plus tôt que prévu.

Un effort qui suppose de nouvelles hausses d’impôts, l’imposition d’une taxe sur les exportations et la poursuite de la réduction des subventions au transport public et à l’électricité. Le paquet, couplé à l’aide du FMI, doit rassurer les marchés sur la capacité du pays à honorer sa dette. Encore faut-il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Le flou demeure quant aux modalités et aux délais de mise en œuvre du dispositif dévoilé lundi 24 septembre.
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Iran : l’efficacité du mécanisme européen anti-sanctions contestée

Le flou demeure quant aux modalités et aux délais de mise en œuvre du dispositif dévoilé lundi 24 septembre.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 12h06
    |

            Louis Imbert (à Paris) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Ce n’est en rien l’outil miraculeux, qui permettrait de préserver les investissements et le commerce que l’Europe entend maintenir avec l’Iran, malgré les sanctions américaines. L’« entité légale », ou « véhicule spécial » – SPV, selon l’acronyme anglais – dont la haute représentante européenne pour la diplomatie, Federica Mogherini, a annoncé la naissance, lundi 24 septembre, à New York, manifeste cependant la volonté de l’UE de préserver l’accord international sur le nucléaire, après le retrait de Washington, en mai. Elle signale une certaine créativité des Européens face aux pressions qu’ils subissent de la part de leur allié américain, déterminés à étouffer l’économie iranienne.
Ce « véhicule » doit « faciliter les transactions financières légitimes » avec le pays, a souligné Mme Mogherini, dans une déclaration conjointe avec Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des affaires étrangères, à l’issue d’une réunion entre les signataires de l’accord (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Iran), en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Fruit d’une réflexion menée notamment par ces trois pays européens, l’annonce a cependant surpris dans les capitales du Vieux Continent.
Si l’objectif, à savoir contourner les sanctions américaines, est évident, le contenu du projet, et le processus politique pouvant mener à son application, restent nébuleux. Interrogée mardi à Bruxelles, la Commission indiquait ne pas pouvoir préciser où le « véhicule spécial » serait localisé. Un responsable européen évoquait un délai vague de plusieurs mois pour sa mise en œuvre.
De nouvelles sanctions américaines en vue
Il s’agirait de mettre au point un système primitif de troc, sans transaction financière en dollars, lié aux banques centrales européennes ou fondé sur le modèle d’une chambre de compensation. Le dollar n’étant pas utilisé, les firmes européennes seraient immunisées contre des sanctions de Washington. Mme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les fondateurs d’Instagram quittent le navire, ravivant les rumeurs de tensions avec le réseau social.
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Facebook resserre le contrôle sur ses acquisitions

Les fondateurs d’Instagram quittent le navire, ravivant les rumeurs de tensions avec le réseau social.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h52
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Le modèle a fini par atteindre ses limites. Sur les trois acquisitions majeures menées par Facebook depuis 2012, plus aucune ne sera bientôt dirigée par ses fondateurs, après l’annonce, lundi 24 septembre, du futur départ des créateurs d’Instagram. A chaque fois, l’indépendance promise au moment du rachat s’est heurtée aux impératifs économiques du réseau social, qui subit un ralentissement de sa croissance et une érosion de ses marges.
Selon la presse américaine, la démission soudaine de Kevin Systrom et de Mike Krieger a ainsi été précipitée par des tensions grandissantes avec Mark Zuckerberg, le patron de Facebook. Les deux responsables d’Instagram, respectivement directeur général et directeur de la technologie, n’ont fourni aucune explication. Dans un message posté sur le blog de la société, M. Systrom se contente d’évoquer la volonté « de prendre des congés pour explorer de nouveau notre curiosité et notre créativité ».
Lancé en 2010, Instagram a été racheté par Facebook deux ans plus tard pour 715 millions de dollars (608 millions d’euros). Depuis, sa popularité a explosé. En juin, la plate-forme d’échange de photos et de vidéos a franchi le cap du milliard d’utilisateurs actifs. Et les annonceurs affluent. Elle devrait générer 8 milliards de dollars de recettes publicitaires cette année, prédit le cabinet eMarketer. « Si cela fonctionne, ce n’est pas grâce à ce que Facebook fait, mais grâce à ce Facebook ne fait pas », soulignait l’an passé M. Systrom. Pendant longtemps, les dirigeants d’Instagram ont en effet bénéficié d’une importante autonomie, tout en tirant profit des ressources technologiques, financières et humaines de leur maison mère. Cette indépendance accrue avait par la suite servi de modèle lors des rachats de WhatsApp, en février 2014, pour 22 milliards de dollars, et d’Oculus, le mois suivant, pour deux milliards.
Relations détériorées
Lorsque Facebook met la main sur WhatsApp, Jan Koum, son fondateur,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ En trois mois, le constructeur haut de gamme le plus performant d’Europe a subi droits de douanes chinois, enquête de Bruxelles, nouvelles normes antipollution et vague d’incendies en Corée du Sud, rappelle dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Le ciel de BMW s’assombrit, alors que de nouveaux loups affamés entrent dans la bergerie automobile »

En trois mois, le constructeur haut de gamme le plus performant d’Europe a subi droits de douanes chinois, enquête de Bruxelles, nouvelles normes antipollution et vague d’incendies en Corée du Sud, rappelle dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 11h50
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Pertes & Profits. Comme l’observait finement le président Chirac en paraphrasant Michel Audiard, « les emmerdes, ça vole toujours en escadrille. » Dans le cas des grosses berlines munichoises, elles roulent en effet en formation serrée. En moins de trois mois, BMW s’est vu infliger des droits de douane chinois, une enquête de Bruxelles, de nouvelles normes antipollution européennes et une vague d’incendies en Corée du Sud. N’en jetez plus ! Le constructeur haut de gamme le plus performant d’Europe a dû se rendre à l’évidence. Ses résultats financiers pour l’année 2018 ne seront pas à la hauteur des espérances, pour la première fois depuis dix ans. Il a indiqué ce mardi 25 septembre que son chiffre d’affaires pourrait baisser et sa marge opérationnelle passer sous les 8 %. Moins bien que des constructeurs généralistes comme Toyota ou PSA.
Le vague à l’âme de BMW est d’autant plus douloureux qu’il touche à son image même. Et comme lors du dernier Mondial de football, c’est la Corée du Sud qui a donné la pichenette de trop. En août dernier, le constructeur a dû rappeler en catastrophe plus de 100 000 véhicules vendus dans ce pays car certains prenaient feu intempestivement. La légendaire qualité germanique en prenait un coup.
Avant cela, Donald Trump a compliqué la chaîne logistique de l’entreprise avec ses hausses de taxes douanières contre la Chine. Car, en rétorsion, cette dernière a surtaxé les quelques exportations américaines dans l’empire du Milieu, dont les gros 4 × 4 de la firme produits dans son usine américaine géante de Caroline du Sud. Mais l’escadrille n’était pas au complet. Il manquait le coup de pouce de Bruxelles.
Mauvais pour l’image comme pour les finances
Il est rapidement venu, d’abord sous la forme d’une enquête ouverte pour cartel contre BMW, Daimler et Volkswagen. Ces trois-là sont soupçonnés de s’être entendus pour ne pas se faire concurrence sur les systèmes de dépollution. Voilà qui fait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Au centre mondial de R&D de Cisco à Oslo sont esquissées les futures relations de bureau.
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Le travail est remodelé par l’intelligence artificielle

Au centre mondial de R&D de Cisco à Oslo sont esquissées les futures relations de bureau.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 13h30
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            
Le petit café quotidien avec votre voisin de bureau ? Oubliez ! Pour la société américaine Cisco, qui a délivré sa vision de l’avenir du travail, lors d’un déplacement organisé à Oslo, les 24 et 25 septembre, cette situation n’est plus amenée à se reproduire si souvent dans les années à venir.
Dans un monde où le télétravail se répand, notamment pour convaincre des « talents » à rejoindre une entreprise dans laquelle ils ne passeront physiquement qu’un temps réduit, et où la mobilité est devenue la règle pour tous afin de répondre à la concurrence de start-up aussi rapides qu’agressives, « le travail n’est plus cet endroit où vous vous rendez quotidiennement, mais bien ce que vous faites », explique David Vrh, un responsable américain de Cisco.
A telle enseigne que nombre d’entreprises comptent bien moins de postes d’accueil que d’employés : chez IBM, à Oslo, le nouveau siège ne dispose que de 460 bureaux pour plus de 700 employés. Aux bureaux privatifs se sont substitués des espaces collaboratifs de toutes tailles – des vastes canapés en hémicycles aux petites huttes réservées aux rendez-vous en petit comité. Et partout, des écrans, munis de caméras, fournis à IBM par Cisco, pour permettre la collaboration à distance entre employés, clients et partenaires. Un rapprochement d’autant plus facile que le principal centre mondial de R&D en matière de collaboration de Cisco – principalement équipementier en télécoms – se trouve en banlieue d’Oslo.
Imaginez la scène. Un chef de projet d’une société organise une réunion avec plusieurs collaborateurs, dont l’un vit à la campagne, et un client important. A peine entre-t-il dans la salle que l’écran géant installé là l’accueille en le saluant par son prénom. Pas de fil à brancher pour monter une vidéoconférence, la connexion s’établit presque instantanément. Le visage des invités extérieurs du jour s’affiche dans un coin de l’écran. En retour, ils disposent d’une vue sur les personnes présentes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Notre journaliste Julia Pascual, actuellement à bord de l’« Aquarius », a interrogé Nick Romaniuk, le responsable des opérations de sauvetage.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Analyse. Pour les journalistes du « Monde » Philippe Mesmer et Philippe Pons, le sommet de Pyongyang a marqué une avancée dans les relations entre les deux pays. Un rapprochement qui interpelle Washington.
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Les deux Corées sur la voie de l’apaisement

Analyse. Pour les journalistes du « Monde » Philippe Mesmer et Philippe Pons, le sommet de Pyongyang a marqué une avancée dans les relations entre les deux pays. Un rapprochement qui interpelle Washington.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h30
    |

                            Philippe  Pons et 
Philippe Mesmer (Séoul, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Analyse. En se focalisant sur la question nucléaire (atermoiements, progrès, impasse), on risque de négliger un facteur appelé à peser dans les négociations futures : le rapprochement entre les deux Corées. Le sommet, à Pyongyang, du 18 au 20 septembre, entre le dirigeant du Nord, Kim Jong-un, et le président du Sud, Moon Jae-in, a donné lieu au grand spectacle de la réconciliation intercoréenne alors que le temps se gâte entre les Etats-Unis et la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Il a eu peu de résultats tangibles sur le nucléaire.
En revanche, il a marqué une avancée dans les relations entre les deux pays : la signature d’un accord militaire visant à réduire la tension dans la péninsule. Les deux dirigeants ont certes signé un accord prometteur de coopération économique mais sa mise en œuvre dépend de la levée des sanctions onusiennes – toujours en place.

Toute avancée de la part de Séoul risquerait d’apparaître comme une violation de celles-ci. En revanche, dans le domaine militaire, ils disposent paradoxalement d’une certaine marge de manœuvre pour réduire la tension dans la péninsule, de part et d’autre de la zone démilitarisée (DMZ) qui les sépare à hauteur du 38e parallèle.
Zones tampons
L’accord militaire est significatif de la volonté des deux dirigeants d’instaurer progressivement un régime de paix dans la péninsule qui devrait conduire à un traité mettant fin à la guerre de Corée, suspendue à un simple armistice en 1953. Un traité de paix semble une demande légitime de la part des Coréens.

Mais Washington s’y oppose, estimant que ce serait se priver d’un moyen de pression, tant que les engagements à dénucléariser ne se sont pas concrétisés, et qu’un tel traité ouvrirait la porte à une demande de la RPDC (et vraisemblablement de la Chine et de la Russie) de dissoudre le commandement des Nations unies, chargé de faire respecter l’armistice, voire de retirer les troupes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La droite évangélique américaine menace de bouder les urnes si le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, accusé d’agression sexuelle, n’est pas confirmé.
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Midterms J – 41 : mobilisation conservatrice en faveur de Brett Kavanaugh

La droite évangélique américaine menace de bouder les urnes si le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, accusé d’agression sexuelle, n’est pas confirmé.



LE MONDE
 |    26.09.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
26.09.2018 à 13h57
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre un plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. A partir du 3 septembre, le correspondant du « Monde » à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
Le Parti républicain ne compte pas ralentir outre mesure le processus de confirmation du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême des Etats-Unis. L’audition, jeudi 27 septembre, de l’universitaire qui l’accuse d’une agression sexuelle remontant à plus de trente ans est présentée par la Maison Blanche et par la direction républicaine du Sénat comme une concession de pure forme, dont elles n’attendent rien.
Deux rassemblements d’ultraconservateurs ont rappelé ces derniers jours l’enjeu pour le Grand Old Party. A Washington, le Values Voter Summit organisé par le Family Research Council, puis le dîner annuel de l’organisation The Family Leader à Des Moines, dans l’Iowa, ont témoigné de l’impatience de cette aile droite républicaine. Donald Trump a d’ailleurs partagé mardi sur son compte Twitter, après son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, une mise en garde de l’icône radiophonique conservatrice Rush Limbaugh adressée aux républicains : « Vous pouvez dire adieu aux élections de mi-mandat si vous ne confirmez pas ce juge très expérimenté ». Un chantage à peine voilée à bouder les urnes en cas de blocage.
La détermination de cet électorat a été prouvée lors de l’élection sénatoriale partielle de l’Alabama, en décembre 2017. En dépit d’accusations de harcèlement sexuel avancées contre le candidat républicain Roy Moore, un nationaliste religieux, 80 % des électeurs évangéliques se sont portés sur lui, sans pour autant empêcher sa défaite dans ce bastion conservateur.
La primauté de la nomination de Brett...




                        

                        

