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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Finalisé en 2015, « Avant l’aurore », qui raconte la rencontre au Cambodge d’un prostitué et d’une petite fille, a été produit en marge du système classique de financement des films. Portrait de son réalisateur franc-tireur, Nathan Nicholovitch.
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« Pour tourner mon film, je n’ai pas attendu deux ans que des aides financières tombent »


                      Finalisé en 2015, « Avant l’aurore », qui raconte la rencontre au Cambodge d’un prostitué et d’une petite fille, a été produit en marge du système classique de financement des films. Portrait de son réalisateur franc-tireur, Nathan Nicholovitch.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 11h53
    |

                            Maroussia Dubreuil








   


En 2013, Nathan Nicholovitch part au Cambodge pendant un an où il réalise Avant l’aurore. Le film dresse le portrait au jour le jour d’un pays à vif, hanté par les crimes des Khmers rouges, à travers la rencontre salvatrice de Mirinda, un Français, prostitué et travesti, et Panna, une fillette livrée à elle-même, qui fait « boum boum pour cinq dollars ».
Entouré d’une petite équipe d’acteurs et de techniciens, Nathan s’endette. « Je n’ai pas attendu deux ans, avec mon scénario sous le bras, que des aides financières tombent pour tourner, avoue-t-il. Comme pour mon premier long-métrage, Casa Nostra, en 2012, le désir m’a embarqué et j’y suis allé ! Mais c’est une manière de faire qui se paie cher. Car les films sont ensuite plus difficiles à sortir. »
Cinéaste autodidacte
Produit en marge du système classique de financement des films français – qui dépend du CNC (Centre national du cinéma) puis de l’accord d’une télévision privée ou publique –, Avant l’aurore, présenté à l’ACID (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion) sous le titre De l’ombre il y a lors du Festival de Cannes en 2015, est finalement sorti en salle le 19 septembre.

   


Cinéaste autodidacte et franc-tireur, Nathan Nicholovitch, né en 1976, a découvert les salles obscures sur le tard, à 18 ans. Jusque-là son monde s’était résumé à quatre rues d’une cité de Villeurbanne, dans la périphérie lyonnaise. Entre sa mère, sa grand-mère, sa tante et son collège. « J’étais un mauvais élève, j’ai redoublé, je me suis fait virer. Je voulais arrêter les études pour aller travailler très vite », raconte-t-il. Mais sa tante, qui a repéré ses dessins, l’inscrit au lycée La Martinière, en plein cœur de Lyon, où il passe un bac technique, spécialité « dessinateur-maquettiste ». « Là, mon horizon s’est agrandi, sourit-il. J’ai découvert la peinture et des copains m’ont emmené au cinéma. Quand j’ai vu Rome, ville ouverte de Roberto Rossellini, j’ai eu enfin le sentiment que quelqu’un me parlait. » Il devient un habitué du Cinéma Opéra et de l’Institut Lumière et achète une caméra 8 mm pour filmer ses camarades.
« J’avais préparé le film au millimètre près. J’avais toute l’artillerie : le story-board, une caméra 35 mm, des grues. Mais je me suis rendu compte que je ne savais pas parler aux acteurs. »
À 25 ans, après avoir impressionné des centaines de mètres de pellicule sans autre but que s’entraîner à filmer, il crée à Paris l’association Les films aux dos tournés « pour donner une légitimité » à sa passion et fabriquer des courts-métrages avec des amis autodidactes. « On se retrouvait le matin, le soir, la nuit, n’importe quand, et on a mis les mains dans le cambouis », formule-t-il. Alors qu’il ne jure que par le cadre et la composition des plans, Nathan crée au sein du collectif un atelier d’acteurs, en s’inspirant des méthodes de jeu du dramaturge suédois August Strindberg, de la professeure d’art dramatique américaine Stella Adler, du metteur en scène brésilien Augusto Boal ou encore de Patrice Chéreau. « Je devais trouver ma façon de regarder les acteurs », confie-t-il. Une quête qui lui parut essentielle après son premier court-métrage.
Le corps noueux de David D’Ingeo
« J’avais préparé le film au millimètre près. J’avais toute l’artillerie : le story-board, une caméra 35 mm, des grues. Mais je me suis rendu compte que je ne savais pas parler aux acteurs, explique-t-il. J’étais incapable de me libérer de mon découpage et, sur le plateau, les comédiens se sont retrouvés face au mur. »

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                Quand le corps de David d’Ingeo fait « boum boum »



Depuis, Nicholovitch place les acteurs au centre de son travail. Sur le tournage d’Avant l’aurore, il prend le temps de saisir le corps noueux de l’acteur David D’Ingéo (vu notamment chez Dario Argento dans Le Fantôme de l’opéra en 1998), capte ses sursauts ou son flegme, se heurte à son visage anguleux, rebondit sur ses lèvres botoxées, et surtout filme sa manière d’écouter le Phnom Penh déchaîné qui l’entoure. « Le Cambodge est un terrain de cinéma. Tu te mets à un endroit : la vie ne s’arrête pas, elle s’engouffre dans la caméra. On sent une pulsion énorme. Et, à côté, un drame éclate. »
« Avant l’aurore », de Nathan Nicholovitch, sorti le 19 septembre.



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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Après plusieurs interdictions, treize réalisateurs et trois producteurs ont publié une tribune dans le quotidien « El Watan » pour rappeler l’état de la liberté d’expression.
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Compte rendu

Des cinéastes algériens dénoncent la « censure »

Après plusieurs interdictions, treize réalisateurs et trois producteurs ont publié une tribune dans le quotidien « El Watan » pour rappeler l’état de la liberté d’expression.


LE MONDE
              datetime="2018-09-25T11:09:18+02:00"

        Le 25.09.2018 à 11h09






    
Le cinéma El-Mougar, à Alger, en septembre 2012.
Crédits : FAROUK BATICHE / AFP


Un groupe de seize professionnels algériens du cinéma a dénoncé lundi 24 septembre, dans une tribune publiée dans le quotidien francophone El Watan, la « censure » exercée en Algérie et « les limites à la liberté d’expression », après la récente interdiction de diffusion de plusieurs films dans le pays.
Début septembre, le ministère des Moudjahidine (anciens combattants) a exigé des « modifications » pour autoriser la sortie en salles d’un film sur Larbi Ben M’hidi, héros de la guerre d’indépendance algérienne, en invoquant la loi qui soumet à l’autorisation préalable du gouvernement « les films relatifs à la guerre de libération nationale ».
« Etroites limites »
Quelques jours plus tard, le ministère de la culture n’avait pas autorisé la projection, en clôture du festival des Rencontres cinématographiques de Béjaïa (RCB), du documentaire Fragments de rêves de la réalisatrice algérienne Bahia Bencheikh El Fegoun, qui donne la parole à des figures des mouvements sociaux en Algérie depuis 2011.
Ces interdictions, et de précédentes ces dernières années, « nous rappellent la précarité de notre profession et les étroites limites fixées à la liberté de création et d’expression dans notre pays », expliquent les treize cinéastes et les trois producteurs dans leur tribune. Parmi les signataires figurent notamment, outre Bahia Bencheikh El Fegoun, Abdelkrim Bahloul dont deux films furent projetés à Cannes et à Venise, et Karim Moussaoui, dont le récent En attendant les hirondelles a été sélectionné dans une section parallèle à Cannes.

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On y retrouve également Fayçal Hammoum, dont le documentaire Vote off, portrait d’abstentionnistes en Algérie, n’avait pu être diffusé au RCB en 2016, ou le documentariste Malek Bensmaïl, dont le film Contre-pouvoirs consacré au travail d’El Watan durant la présidentielle de 2014, n’a pas eu de visa d’exploitation en Algérie.
Ces interdictions privent le « public algérien d’œuvres l’interpellant, lui redonnant son image, l’image de sa société, de son passé et de son présent, avec des regards critiques et diversifiés, alimentant (…) la réflexion et le débat démocratique et contradictoire dans notre pays », rappellent les signataires. « Les dirigeants politiques à l’origine de cette censure ou validant la bêtise de ceux qui la pratiquent décrédibilisent la production cinématographique et culturelle algérienne aux yeux de son public et du citoyen », poursuivent-ils.
Commission « opaque »
Contacté par l’AFP, le ministère de la culture n’a pas réagi officiellement. « Composée notamment de réalisateurs et de producteurs », la commission chargée d’octroyer les visas aux films, « travaille dans la transparence », a toutefois assuré un fonctionnaire du ministère sous couvert d’anonymat. « Les cinéastes sont informés des raisons » en cas de refus, a-t-il ajouté, citant parmi les motifs possibles le « non-respect des valeurs du pays », « l’atteinte aux symboles de la nation », « l’incitation à la violence ou à la haine entre communautés ».

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                Les stars d’Hollywood à la rescousse des cinémas d’Alger



Le refus d’autoriser la projection de Vote off n’a jamais été communiqué aux organisateurs des RCB, affirme son réalisateur Yacine Bouaziz à l’AFP : « Ce film n’était pas contre le système (…), mais quelqu’un a probablement dit “non” sans voir le film, juste parce qu’il évoquait les élections présidentielles et les jeunes. » Laila Aoudj, directrice artistique des RCB, avait dénoncé en septembre « l’opacité » de cette commission, assurant que le refus de projeter Fragments de rêves n’a pas été motivé.


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Les réalisateurs Benoît Delépine et Gustave Kervern ont tourné un film puzzle dans le temple du recyclage.
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« I Feel Good » : l’absurde au pouvoir chez Emmaüs

Les réalisateurs Benoît Delépine et Gustave Kervern ont tourné un film puzzle dans le temple du recyclage.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 07h57
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Rebut, rébus, Ubu : tels sont les maîtres mots d’I Feel Good, film puzzle tourné dans le temple du recyclage, chez Emmaüs, avec la folie douce qui caractérise les réalisateurs Benoît Delépine et Gustave Kervern. Film après film, le tandem chronique la fragilité sociale d’individus dont les vies sont malmenées par le capitalisme. Dans I Feel Good, leur huitième long-métrage, le stade ultime de la désintégration ­approche : ne cherchez plus les salariés ou l’entreprise, il n’y en a plus. On ne trouvera pas, comme dans les films précédents, d’ouvrière partant en guerre contre le directeur d’usine – Yolande Moreau dans Louise-Michel (2008) –, ni de retraité sonné auquel il manque des trimestres – Gérard Depardieu dans Mammuth (2010) –, ni d’employé qui pète les plombs – Michel Houellebecq dans Near Death Experience (2014). Ici, il y a juste un collectif autogéré de rescapés qui préfèrent vivre en marge et compter sur les autres plutôt que de compter ses sous.

C’est dans le village Emmaüs aux couleurs acidulées de Lescar-Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, que les réalisateurs ont choisi d’installer leur intrigue, au milieu de quelques « vrais » compagnons – et d’autres qui n’en sont pas, tel Jo Dahan, ancien bassiste de la Mano Negra, qui ­incarne un menuisier. Monique (Yolande Moreau), tout en cheveux rastas platine, joue la chef de la communauté – à la place du véritable directeur, Jean Sahry. Dans ce cadre documentaire, les cinéastes injectent un drôle de produit, dont les effets secondaires pourraient être une sensation désagréable de démangeaison, suivie d’une anesthésie : cet étrange poison est l’irruption de Jacques (Jean Dujardin), frère de Monique, un loseur sans gêne qui débarque un beau matin et va dérégler la vie des compagnons. Aux antipodes de sa sœur, qui a gardé la foi communiste de ses parents, et de cette communauté, qui œuvre à la décroissance,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ L’acteur, qui incarne un loseur dans « I Feel Good », a su donner vie à des personnages crétins et attendrissants.
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Jean Dujardin, champion de l’imbécillité heureuse

L’acteur, qui incarne un loseur dans « I Feel Good », a su donner vie à des personnages crétins et attendrissants.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 03h14
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 08h00
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

Peu d’acteurs peuvent se targuer d’accaparer un mot du vocabulaire usuel. C’est – après Arletty (« atmosphère ») et Christian Clavier (« o-kaaay ») – le cas du « cassé » de Jean Dujardin, tel que son personnage Brice de Nice le profère, sourire béat et bras tendu dans un mouvement de diagonale. Cette emprise sur la langue, qui a ravagé les cours de récréation de France et de Navarre, est le signe d’une puissance rare, qui conduit les locuteurs à infléchir, par jeu et par amour pour le personnage qui invente la dissonance, ce bien commun par excellence qu’est la langue vernaculaire.

Voilà qui situe le rayonnement du maître parodiste Jean Dujardin. Et qui permet de mieux cerner son humour, mélange savamment dosé entre une silhouette travaillée et une inflexion linguistique qui souligne le solipsisme du personnage. Parmi les grands succès de l’acteur, on voit bien qu’entrent par excellence dans cette épure le surfeur Brice (dans Brice de Nice, en 2005 ; puis Brice 3, en 2016) et l’espion Hubert Bonisseur de la Bath, des deux – et bientôt trois – OSS 117, de Michel Hazanavicius (Le Caire. Nid d’espions, en 2006 ; Rio ne répond plus, en 2009). La série télé « Un gars, une fille », qui enclenche dès la fin des années 1990 une notoriété, est à l’évidence ailleurs. Comme le rôle d’acteur de The Artist (2011), à part dans sa filmographie, qui lui a rapporté le seul Oscar jamais décerné à un comédien français.
Les personnages de Brice et Hubert (« OSS 117 ») sont des crétins mythomanes, que leur bêtise rend attendrissants
Brice et Hubert – en ceci notamment que la part personnelle de l’acteur dans l’invention du personnage est prépondérante – vont comme un gant à Dujardin. Très différents en apparence – ici un surfeur post-ado qui attend la vague en Méditerranée, là un espion aristo défendant les intérêts de la IVe République –, les deux personnages ont des atomes extrêmement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Nouveaux écrans, technologies permettant une meilleure immersion du public... Les exploitants planchent sur les salles du futur.
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Laser, LED, air chaud... les révolutions à venir dans l’équipement des salles de cinéma

Nouveaux écrans, technologies permettant une meilleure immersion du public... Les exploitants planchent sur les salles du futur.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 17h26
    |

            Nicole Vulser








                        



   


La lumière et l’écran. C’est à ces deux niveaux que se produiront les principaux bouleversements dans les salles de cinéma, explique Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), alors que s’ouvre, lundi 24 septembre, le 73e Congrès des exploitants à Deauville (Calvados). « Depuis les années 1970, on utilise de grosses lampes au xénon [pour projeter les films], qui consomment beaucoup d’énergie », note M. Patry, lui-même exploitant de salles en Normandie. L’arrivée de la lumière laser dans les salles obscures, qui n’en est qu’à ses prémices, permettra d’augmenter la taille de l’écran.
Autre avantage : les lampes au xénon s’usent vite et doivent être changées après 1 000 à 3 000 heures d’utilisation. Les lumières laser, elles, devraient avoir une durée de vie beaucoup plus longue, de 10 à 15 ans, sans aucune dégradation de luminosité. Cela a un prix : jusqu’à 70 000 euros pour les lasers destinés aux plus grands écrans, contre 15 000 euros pour une lampe au xénon et sa lanterne aujourd’hui.

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Dans un contexte de fréquentation cinématographique déprimée cet été en France en raison de la concurrence du Mondial de football, la grand-messe annuelle des représentants des 2 046 cinémas hexagonaux doit permettre de présenter les nouveautés technologiques attendues dans le domaine des écrans.
Certains industriels comme Sony et Samsung travaillent à un abandon de la projection pour proposer un grand écran LED qui permettra d’obtenir, de façon uniforme, une extrême précision de l’image. Point positif, selon Richard Patry : permettre la modification de l’architecture des salles de cinéma de centre-ville afin de mieux rentabiliser ces espaces souvent très contraints. Comme il ne sera plus nécessaire de prendre en compte un faisceau lumineux qui passe deux mètres au-dessus de la tête des spectateurs, le volume permettant d’installer des fauteuils sera accru. Une telle technologie signera aussi de facto la fin des cabines de projection.
Tendance plus « verte »
M. Patry assure qu’avec l’écran LED, l’image « est meilleure qu’avec le bon vieux 35 mm. Puisque les contrastes sont plus forts, il y a moins d’influence de la lumière parasite et le spectre colorimétrique est poussé quasiment à l’infini ». Mais ces écrans demeurent très onéreux : de 200 000 à 300 000 euros pour les plus petits. Qui est disposé à payer une telle somme ? « Les seules technologies qui se sont imposées sont celles qui ont proposé des solutions financièrement abordables », rappelle le président de la FNCF. Il faudra donc attendre que les prix baissent. Le timing de tels sauts technologiques peut sembler pertinent : la totalité des salles est passée au tout-numérique depuis une quinzaine d’années en France. Elles doivent désormais songer à renouveler leur matériel.
Pour rendre leurs salles toujours plus high-tech, les grands exploitants continuent d’investir massivement, à l’image de Pathé, qui mise sur ScreenX et 4DX. Avec ces technologies, les fauteuils bougent pour accompagner l’action du film et le public reçoit des gouttes d’eau, de l’air chaud, du vent, du brouillard ou du parfum, ce qui donne à la séance de cinéma des airs de parc d’attractions. Plus de trente salles en sont équipées dans l’Hexagone, qui drainent un public d’adolescents très réceptifs.

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                Cinéma et sensations fortes : Pathé parie sur les innovations technologiques



Pour conquérir cette cible, un autre important exploitant français, CGR, a inauguré fin 2016 une vingtaine de salles ICE (Immersive Cinema Experience) avec des fauteuils clubs inclinables et des panneaux lumineux sur les côtés de la salle destinés à plonger le spectateur dans une ambiance singulière.
Une nouvelle tendance, plus « verte », émerge dans l’Hexagone. Les propriétaires de salles obscures commencent à réfléchir à l’adoption de démarches écoresponsables. Installation de panneaux solaires sur les toits, recyclage des déchets, vente de confiserie labellisée bio et même du lait issu de circuits courts pour la fabrication des glaces… Une préoccupation qui, jusqu’ici, n’intéressait personne dans le septième art.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ Le groupe américain achète Sky pour 33 milliards d’euros, battant Disney et Rupert Murdoch aux enchères.
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Comcast s’offre le leader européen de la TV à péage

Le groupe américain achète Sky pour 33 milliards d’euros, battant Disney et Rupert Murdoch aux enchères.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h12
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Une fois n’est pas coutume, Rupert Murdoch n’a pas remporté la mise. A 87 ans, le vieux baron des médias australo-américain s’est fait doubler samedi 22 septembre. L’américain Comcast, propriétaire de NBCUniversal, l’a battu dans sa bataille pour prendre le contrôle de Sky, la première télévision à péage d’Europe, l’achetant pour 30 milliards de livres sterling (33,4 milliards d’euros).

Le groupe américain des télécoms, qui est actuellement presque intégralement tourné vers les Etats-Unis, prend ainsi possession d’une pépite. Créé en 1989, Sky domine la télévision à péage au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne, avec 23 millions de clients. Lancé à ses débuts sur une offre basée sur le football et les films, comme Canal+ en France, le groupe a su ne pas se faire prendre à contre-pied par la révolution d’Internet. « En plus de ses programmes, il a créé une entreprise de télécoms, là où d’autres télévisions à péage ont été dépassées », note Alice Enders, d’Enders Analysis, une société de consultants. Aujourd’hui, outre sa traditionnelle télévision par satellite, Sky propose de l’Internet haut débit, du téléphone fixe et portable. Quant à ses contenus, ils peuvent désormais se regarder sur de multiples écrans, y compris les smartphones. Le groupe demeure très rentable, n’ayant pour l’instant guère souffert de la concurrence des Netflix et autres géants du Web : en 2017, il a dégagé un bénéfice net d’un milliard de livres.
Pour Comcast, cette acquisition est stratégique. Le groupe américain est avant tout une entreprise de télécoms, vendant aux Etats-Unis des connections Internet et de la téléphonie sous la marque Xfinity. Il est moins présent sur les contenus, même s’il possède désormais les studios de cinéma Universal (dont les parcs d’attraction) et les chaînes de télévision NBC, NBC News, CNBC… Ses 29 millions de clients se trouvent à 91 % aux Etats-Unis. Sky et Comcast sont donc très complémentaires.
Comme une série télé
Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Dès 2019, un bonus financier sera expérimenté au bénéfice des films dont les équipes seront « exemplaires » en matière d’égalité.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/09/2018
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Un homme, une femme : bientôt la parité sur les plateaux de cinéma ?

Dès 2019, un bonus financier sera expérimenté au bénéfice des films dont les équipes seront « exemplaires » en matière d’égalité.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 14h28
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Qu’est-ce qu’un tournage paritaire ? En ­annonçant l’expérimentation, en 2019, d’un bonus de 15 % dans le cinéma pour les films dont les équipes seront « exemplaires » en matière d’égalité femmes-hommes, la ministre de la culture a lancé, jeudi 20 septembre, un vaste débat. Ce dispositif permettra de moduler à la hausse l’une des aides du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) – celle qui porte le nom de « soutien automatique » des producteurs, générée par les entrées en salle des précédents films produits, ainsi que par les diffusions à la télévision –, dès lors que les postes-clés dans une équipe de tournage et de postproduction seront tenus à parité par des femmes et des hommes.

Cette mesure, inédite dans le ­cinéma et dont les contours comme l’impact restent encore flous, est surtout politique et symbolique, près d’un an après l’affaire Weinstein, du nom du producteur accusé, en octobre 2017, de viols et d’agressions sexuelles par de nombreuses actrices et professionnelles du cinéma. Dans son discours, prononcé à l’issue des Assises de l’égalité femmes-hommes dans le cinéma, la ministre a déclaré vouloir « agir pour convertir le choc des consciences en choc des ­comportements. Agir pour passer de l’indignation à la révolution ».

Embaucher des femmes pour ­obtenir plus d’argent : la philosophie peut choquer. Mais la mesure est plus subversive qu’il n’y paraît : il s’agit en effet de conditionner l’accès aux fonds publics à des avancées concrètes sur le terrain de la parité. C’était l’une des propositions du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) dans son rapport, coréalisé par Anne Grumet et Stéphane Frimat, remis le 16 février à la ministre. Vendredi 21 septembre, le HCE s’est d’ailleurs réjoui de l’arrivée prochaine du bonus, qualifié d’« excellente nouvelle », tout en rappelant les inégalités actuelles : « Alors qu’elles représentent plus de la moitié (55 %) des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Accompagné de son avocat, l’acteur a livré sa version des faits sur le plateau de la chaîne italienne La 7, affirmant avoir subi un « rapport sexuel complet » non voulu.
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Jimmy Bennett réitère ses accusations d’agression sexuelle concernant Asia Argento

Accompagné de son avocat, l’acteur a livré sa version des faits sur le plateau de la chaîne italienne La 7, affirmant avoir subi un « rapport sexuel complet » non voulu.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 04h17
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 09h14
   





                        


« Tout s’est produit très vite. » L’acteur Jimmy Bennett, qui accuse Asia Argento de l’avoir agressé sexuellement en 2013, a confirmé dimanche 23 septembre au soir, en direct, sur le plateau de la chaîne italienne La 7, avoir subi un « rapport sexuel complet » non voulu. Le jeune homme, qui avait 17 ans à l’époque des faits, a expliqué que dès son entrée dans la chambre d’hôtel où l’égérie du mouvement #metoo lui avait donné rendez-vous, celle-ci l’avait embrassé.
« J’ai d’abord pensé à un quelque chose d’amical, à une démonstration de son affection, mais ensuite ses baisers ont été plus prolongés et j’ai compris qu’elle cherchait autre chose », a expliqué l’acteur et chanteur de rock américain, aujourd’hui âgé de 22 ans, selon la traduction italienne de ses déclarations. Ensuite, « elle a posé ses mains sur moi, m’a basculé sur le lit et a enlevé mon pantalon », a-t-il assuré, ajoutant qu’un « rapport sexuel complet » avait eu lieu.

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                Asia Argento affirme que c’est Jimmy Bennett qui l’a agressée sexuellement, et non l’inverse



Asia Argento, de 20 ans plus âgée que son accusateur, a d’abord nié toute relation sexuelle avec Jimmy Bennett, avant de retourner l’accusation d’agression sexuelle contre l’acteur. Le jeune homme et son avocat Gordon Sattro – qui était à ses côtés lors de l’interview – ont confirmé avoir demandé de l’argent, 3,5 millions de dollars, à l’actrice italienne. Celle-ci a effectué un premier et unique versement de 380 000 dollars, selon le New York Times, mais l’avocat de M. Bennett a évoqué de son côté une somme de 200 000 euros.
Un « abus de pouvoir »
Interrogé sur son silence après cette agression sexuelle, et sur une demande de compensation financière présentée des années après les faits, Jimmy Bennett explique être entré dans une période de grande confusion après cette agression, dont il affirme qu’elle a changé sa vie. C’est paradoxalement le mouvement #metoo qui lui a donné le courage, a-t-il assuré, de demander conseil à un avocat. « Je ne voulais pas discréditer Asia », a-t-il affirmé pour justifier sa demande de compensation financière, ajoutant qu’il pensait également que personne ne croirait à sa version des faits.
Jimmy Bennett affirme également avoir cédé aux avances d’Asia Argento parce qu’elle lui avait parlé d’un film qu’elle voulait faire avec lui. « J’avais une grande confiance en Asia », a-t-il déclaré, mais « elle a abusé de son pouvoir ».
Asia Argento est devenue une importante porte-parole des femmes victimes de violences dans le milieu du cinéma après avoir raconté avoir été violée à 21 ans par le producteur Harvey Weinstein dans sa chambre d’hôtel pendant le Festival de Cannes en 1997.

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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Le film est l’adaptation du récit dans lequel Marguerite Duras décrit les affres de l’attente de son mari, Robert Antelme, déporté en 1944 pour des faits de résistance.
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« La Douleur » d’Emmanuel Finkiel représentera la France aux Oscars 2019

Le film est l’adaptation du récit dans lequel Marguerite Duras décrit les affres de l’attente de son mari, Robert Antelme, déporté en 1944 pour des faits de résistance.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 22h49
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 06h13
   





                        



   


L’adaptation du roman de Marguerite Duras par Emmanuel Finkiel, La Douleur, a été désignée vendredi 21 septembre pour représenter la France aux Oscars 2019 dans la catégorie du meilleur film en langue étrangère, a annoncé le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).
Le film, avec Mélanie Thierry et Benoît Magimel, « a séduit plus de 350 000 spectateurs en France », selon le CNC. Il est basé sur un récit de Marguerite Duras du retour de son mari, l’écrivain et résistant Robert Antelme, des camps de concentration.

        Lire notre critique :
         

          « La Douleur » : l’insoutenable violence de l’attente



Une dizaine d’œuvres de Duras adaptées au cinéma
Le scénario d’Emmanuel Finkiel combine les deux premiers textes du livre de Duras : le premier, intitulé La Douleur, est le récit de l’attente du retour d’Antelme, arrêté et déporté vers l’Allemagne en 1944 juste avant la Libération ; le second, Monsieur X. dit ici Pierre Rabier raconte le commerce forcé qu’entretint Duras avec un agent français de la Gestapo, dans l’espoir d’obtenir des informations sur le sort de son époux.
Une dizaine d’œuvres de Marguerite Duras ont été adaptées au cinéma, y compris par la romancière, dont India Song et L’Amant, nommé dans la catégorie meilleure photographie aux Oscars de 1993.

        Lire l’entretien :
         

          Emmanuel Finkiel : « J’ai détesté Duras. Puis j’ai été reconquis »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ La sortie dans son pays du long-métrage, qui raconte une histoire d’amour entre deux femmes, lui permettra de briguer une nomination aux Oscars.
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Compte rendu

La justice lève pour sept jours l’interdiction au Kenya du film « Rafiki »

La sortie dans son pays du long-métrage, qui raconte une histoire d’amour entre deux femmes, lui permettra de briguer une nomination aux Oscars.


LE MONDE
              datetime="2018-09-21T16:45:54+02:00"

        Le 21.09.2018 à 16h45






    
La réalisatrice de « Rafiki », Wanuri Kahiu, entourée de ses deux actrices principales, Sheila Munyiva et Samantha Mugatsia, sur le tapis rouge du Festival de Cannes en mai 2018.
Crédits : Eric Gaillard / REUTERS


La justice kényane a levé pour sept jours, vendredi 21 septembre, la censure du film Rafiki, afin de lui permettre de briguer une nomination aux Oscars. Le long-métrage kényan, dont le titre signifie « ami » en swahili, était interdit de diffusion dans son pays au motif qu’il traite d’une histoire d’amour entre deux femmes.
Saisie par la réalisatrice, Wanuri Kahiu, et l’ONG Creative Economy Working Group, la Haute Cour de Nairobi a toutefois précisé que le film ne pourra être vu que par des « adultes consentants ».

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Du fait de lois héritées de l’Empire colonial britannique, l’homosexualité reste illégale dans ce pays d’Afrique de l’Est. La commission de la censure avait interdit le film en raison de « son thème homosexuel et de son but évident de promouvoir le lesbianisme au Kenya, ce qui est illégal et heurte la culture et les valeurs morales du peuple kényan ».
Le 30 septembre, date limite
Or, les critères de sélection pour les Oscars dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère imposent une « sortie du film dans le pays qui le soumet entre le 1er octobre 2017 et le 30 septembre 2018 », et ce « pour une période de sept jours consécutifs dans une salle de cinéma à but commercial ».
A l’approche de la date limite du 30 septembre, une injonction autorisant la diffusion du long-métrage a été émise car, a argumenté la juge Wilfrida Okwany, si Wanuri Kahiu « devait manquer l’inscription pour les nominations, aucun tribunal n’aurait la capacité de traiter une plainte en vue de compenser la célébrité, la gloire et l’exposition que peuvent apporter une nomination pour les Oscars ».



De plus, a ajouté la juge, le tribunal « ne doit pas déterminer si l’homosexualité est bonne ou mauvaise, si elle est morale ou immorale, mais bien si un artiste ou un réalisateur a le droit, en exerçant son droit à la liberté d’expression et à la créativité artistique, de réaliser un film au thème homosexuel ».
« Outil publicitaire »
La réalisatrice Wanuri Kahiu a réagi sur Twitter : « Je pleure. Je suis dans un aéroport français. Quelle joie ! Notre Constitution est forte ! Remerciez la liberté d’expression !!!! Nous l’avons fait ! Nous donnerons très bientôt des informations sur la diffusion à Nairobi. » Le compte Twitter du film Rafiki a, lui, assuré que le long-métrage serait diffusé dans un cinéma de la capitale du 23 au 29 septembre.
La commission kényane de la censure, tout en exprimant sa « tristesse » qu’un « film glorifiant l’homosexualité soit l’outil publicitaire du pays à l’étranger », a indiqué dans un communiqué qu’elle respecterait la décision de justice une fois que celle-ci lui sera officiellement notifiée.
Rafiki a été en mai le premier film kényan jamais sélectionné au Festival de Cannes, où il a été présenté dans la sélection Un certain regard. Adapté de la nouvelle Jambula Tree de l’Ougandaise Monica Arac de Nyeko, il raconte l’histoire d’un coup de foudre entre deux jeunes femmes appartenant à des camps politiques opposés.





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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ De sa jeunesse agitée à ses aspirations actuelles en passant par ses plus grands films et ses rencontres décisives, Delon se raconte, sans fard et sans filtre.
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ La bonification de 15 % dans les subventions, annoncée jeudi par la ministre de la culture Françoise Nyssen, sera attribuée aux films dont les équipes comptent des femmes à des postes-clés.
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Un bonus financier sera mis en place en 2019 pour promouvoir la parité dans le cinéma

La bonification de 15 % dans les subventions, annoncée jeudi par la ministre de la culture Françoise Nyssen, sera attribuée aux films dont les équipes comptent des femmes à des postes-clés.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 15h50
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 06h29
   





                        



   


Près d’un an après le déclenchement de l’affaire Weinstein aux Etats-Unis, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, a annoncé, jeudi 20 septembre, en clôture des Assises de la parité à Paris, la mise en place en 2019 d’un bonus de 15 % dans les subventions pour les films « exemplaires en matière de parité » hommes-femmes :
« Je crois aux incitations financières. Quand les choses ne changent pas d’elles-mêmes, ou trop lentement, c’est à nous de les faire changer. »
Ce bonus à hauteur de 15 % pourra être attribué aux films dont les équipes ont des femmes à des postes-clés. Concrètement, un barème de huit points sera instauré, avec un point si le réalisateur est une femme, un autre point si le chef technique appartient à la gent féminine… « Le bonus sera ouvert dès lors que l’équipe technique totalise au moins quatre points », a détaillé la ministre. Ce qui correspondrait aujourd’hui, s’il était déjà en place, à « moins d’un film sur six ».
Cette annonce s’inscrit dans un ensemble de mesures concrètes – mise en place de statistiques genrées pour les dossiers d’agrément du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), charte de bonnes pratiques – pour instaurer la parité dans le septième art. Le bonus a d’ailleurs vocation à disparaître « lorsque la parité sera installée ».

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                Cannes 2018 : Françoise Nyssen annonce un fonds d’aide pour les réalisatrices



Fortes inégalités
Selon les données du CNC, les femmes réalisatrices sont moins bien payées que leurs confrères (environ 42 %) et il existe de fortes inégalités en matière de financement des films, les femmes ayant plus de difficultés à obtenir des budgets importants. Les différences de traitement sont également criantes pour les métiers techniques, où le genre féminin est fort peu représenté.
La tenue de ces Assises sur la parité, l’égalité et la diversité avait été annoncée lors du Festival de Cannes, après une montée des marches très symbolique de 82 femmes, dont l’Australienne Cate Blanchett et la Française Agnès Varda, pour réclamer l’égalité salariale.
Dans la foulée, Cannes et d’autres festivals de cinéma (Locarno, Venise, Toronto…) s’étaient engagés à faire plus pour la parité, en signant une charte, qui rend notamment transparente la liste des membres des comités de sélection.
En revanche, cette charte n’impose pas en sélection de quotas de films réalisés par des femmes. A la Mostra de Venise, début septembre, le cinéaste français Jacques Audiard s’était ému de la sous-représentation féminine en sélection (vingt-et-un films, dont un seul réalisé par une femme) et il avait dénoncé l’absence de femmes à la tête des festivals.

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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ La cinéaste conteste en justice l’interdiction au Kenya de son film, qui raconte une histoire d’amour entre deux jeunes femmes à Nairobi.
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« Rafiki » : Wanuri Kahiu, la réalisatrice qui défie la bien-pensance au Kenya



LE MONDE
              datetime="2018-09-20T14:25:28+02:00"

        Le 20.09.2018 à 14h25

     •
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        Mis à jour le 20.09.2018 à 17h16






Durée : 02:41 | 

Le film Rafiki (« ami » en swahili), qui raconte un amour lesbien, est le deuxième long-métrage de la Kényane Wanuri Kahiu. L’ancienne étudiante de l’université californienne UCLA a porté plainte contre le Kenya Film Classification Board, qui a interdit en avril la diffusion du film dans le pays. Cette autorité de régulation avait jugé qu’il faisait « la promotion du lesbianisme ». La cinéaste, qui veut promouvoir des histoires africaines « belles et positives », avait refusé de modifier la fin de son récit. Présenté au Festival de Cannes dans la sélection Un certain regard, Rafiki lui a été inspiré par la nouvelle Jambula Tree de l’auteure ougandaise Monica Arac de Nyeko.


                

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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ La réalisatrice, survivante de la Shoah, avait signé son premier film de fiction – sur Auschwitz – à l’âge de 75 ans.
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Au cinéma, la longue quête de vérité de Marceline Loridan-Ivens

La réalisatrice, survivante de la Shoah, avait signé son premier film de fiction – sur Auschwitz – à l’âge de 75 ans.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h21
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

La vie ou, pour mieux dire, la survie de Marceline Loridan à l’enfer d’Auschwitz croise le cinéma à partir de l’après-guerre. En trois temps. Le premier est celui de la rencontre, alors qu’elle fréquente le terreau fertile de la Cinémathèque française d’Henri Langlois, avec Edgar Morin. Le sociologue l’entraîne dans l’aventure de Chronique d’un été, qu’il coréalise en 1961 avec l’ethnologue et cinéaste Jean Rouch, parrain de la Nouvelle Vague. Ce film historique, qui capture un état des lieux de la France d’alors, est une sorte de prélèvement sur le vif de quelques « échantillons » représentatifs de la société de l’époque, expérience menée à partir d’une question délibérément minimaliste : « Comment te débrouilles-tu avec la vie ? »
C’est une des premières traces cinématographiques d’un témoignage portant sur la Shoah, concept à cette époque inexistant
C’est une quête, pour reprendre le mot des auteurs, de « cinéma vérité », rendue possible par l’allégement technique du matériel cinématographique (caméra 16 millimètres, son synchrone) et qui, de fait, passe à la postérité comme les débuts en France du cinéma direct, qui émerge à la même époque aux Etats-Unis et au Canada. L’autre intensité du film, qui passera plus inaperçue et qui n’en constitue pas moins sa brûlure, c’est justement le témoignage bouleversant, le monologue entêtant, la douleur irradiante, vibrante dans ce corps menu et dans la sombre litanie qui s’en échappe, de Marceline Loridan, filmée à la volée dans la beauté pacifiée de la place de la Concorde. C’est une des premières traces cinématographiques d’un témoignage portant sur la Shoah, concept à cette époque inexistant, alors que la mémoire concentrationnaire est dominée par les déportés résistants.
Rage de vivre
Le deuxième chapitre s’ouvre par son mariage avec le réalisateur néerlandais Joris Ivens, coup de foudre réciproque entre la survivante échaudée, provocatrice tous azimuts, et l’une des très...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Rescapée d’Auschwitz, la cinéaste et écrivaine est décédée à Paris mardi 18 septembre à l’âge de 90 ans.
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édition abonné


Marceline Loridan-Ivens, « sœur de camp » de Simone Veil, est morte

Rescapée d’Auschwitz, la cinéaste et écrivaine est décédée à Paris mardi 18 septembre à l’âge de 90 ans.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 12h39
    |

                            Judith Perrignon








                        



                                


                            

Marceline Loridan Ivens, née Rozenberg, s’est éteinte mardi 18 septembre au soir, à Paris. Elle avait 90 ans. Au moment d’écrire sa nécrologie, aucun mot usuel ne semble lui correspondre, aucune case. Dire qu’elle était une réalisatrice, une auteure, une documentariste est à la fois juste et trop pâle. C’était une fille de Birkenau. Matricule 78750 sur son bras. Son corps menu et sec. C’était un rire toisant la mort depuis longtemps. Des flèches acérées aussi. Les films, les livres qu’elle nous laisse sont l’œuvre et la revanche d’une petite juive arrachée à l’enfance, à sa famille, à l’école, un jour de février 1944.
Il y a dans sa chambre, rue des Saints-Pères, à Paris, le portrait et le fantôme de son père, Shloïme Rozenberg, dont elle regrettait si souvent d’avoir relégué le patronyme pour celui de ses maris. C’est la photo d’un homme des années 1930 en costume sombre, la photo d’un juif polonais ayant fui les pogroms avec sa femme et croyant fermement être en sécurité en France, dans une République qui avait réhabilité le capitaine Dreyfus.
Il monta une petite usine de tricot à Nancy, tandis que son épouse ouvrait un magasin à Epinal. Ils avaient cinq enfants. Marceline était la troisième. Un jour, il l’emmena dans une carriole à cheval, en lui promettant une surprise et en lui demandant ! « Qu’est-ce que tu souhaites le plus au monde, Marceline ? » Il lui montra alors le petit château qu’il venait d’acheter pour la famille dans le Sud, à Bollène (Vaucluse). La plus jolie demeure. Sur une colline. A l’aube de la guerre. C’est là que père et fille seront arrêtés. Là, à Bollène, qu’elle se battra des années plus tard contre le maire de la ville, qui voulait inscrire le nom de son père au monument des morts pour la France. Non, lui interdit-elle, il est mort à Auschwitz.
« Il faut continuer… »
Ce n’est d’ailleurs qu’il y a quelques mois qu’elle découvrit, grâce aux recherches d’une documentariste, la lettre qui les avait dénoncés....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Le tournage de « Leave No Trace » a opéré chez la star américaine un bouleversement « intime et cosmique ».
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Ben Foster, poussière d’étoile

Le tournage de « Leave No Trace » a opéré chez la star américaine un bouleversement « intime et cosmique ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 07h40
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Si le Festival de Cannes disposait d’une « Palme d’os », si les Oscars remettaient des squelettes en guise de statuettes, Debra Granik en serait l’indiscutable lauréate. Down to the Bone (2004), Winter’s Bone (2010), Leave No Trace (2018) : les titres des trois fictions réalisées à ce jour par la cinéaste disent bien son approche minimale et minérale. L’Américaine progresse en géologue, filmant les hommes et les choses comme des fossiles dont il conviendrait d’étudier les apparitions et les disparitions.

Une épure qui ne se vérifie jamais mieux qu’au contact de ce curieux spécimen qu’est la star de cinéma. Dès lors qu’ils ont été observés jusqu’à la moelle par le professeur Granik, actrices et acteurs se révèlent au monde comme à eux-mêmes. Ainsi de Vera Farmiga et Jennifer Lawrence, devenues des pièces maîtresses du puzzle hollywoodien depuis que la réalisatrice a dévoilé toute la richesse de leurs sédimentations.
Ainsi, pareillement, de Ben ­Foster. En mai, sur la Croisette, où le film était présenté à la Quinzaine des réalisateurs, le comédien nous disait combien Leave No Trace avait opéré en lui « un bouleversement intime et cosmique ». Jusque-là, le bonhomme s’était dépensé sans compter : sagas plus ou moins pataudes (X-Men. L’affrontement final, 2006), productions plus ou moins lourdaudes (Warcraft. Le commencement, 2016), machineries plus ou moins costaudes (Le Flingueur, 2011 ; The Program, 2015, où il incarnait Lance Armstrong)… Que du muscle, en somme. Avec ce rôle d’homme des bois, élevant seul sa fille à l’ombre des branches et à l’abri du monde, effrayé par la société des hommes depuis qu’il a servi sous les drapeaux, Debra Granik fait affleurer chez Ben Foster une douceur et une sensibilité qu’on ne lui soupçonnait pas.
Ben Foster, acteur : « Depuis “Leave No Trace”, c’est simple, je n’ai pas tourné un seul film, tous les...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ La réalisatrice américaine Debra Granik filme avec délicatesse et patience le passage d’une enfant à l’âge de femme.
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« Leave No Trace » : le père, la fille et l’esprit des bois

La réalisatrice américaine Debra Granik filme avec délicatesse et patience le passage d’une enfant à l’âge de femme.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 07h38
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 08h34
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Comme les frères Grimm, Debra Granik aime raconter des histoires de jeunes filles perdues au fond des bois. Ce n’est pas toujours la même histoire. Tom, l’héroïne de Leave No Trace, deuxième long-métrage de fiction de la réalisatrice, est aussi différente de Ree, la jeune chasseuse de Winter’s Bone, que le Petit Chaperon rouge l’est de la Belle au bois dormant. La tension, la terreur, le grotesque de Winter’s Bone, conte sudiste gothique, cèdent la place à un rythme apaisé, élégiaque. Leave No Trace est une balade qui célèbre et déplore la fin de l’enfance, un duo pour fille adolescente et père meurtri qui fait son œuvre si patiemment, si délicatement, qu’on n’en découvrira les effets durables que longtemps après la projection.

        Lire la rencontre :
         

          Ben Foster, poussière d’étoile



Will (Ben Foster) et Tom (Thomasin Harcourt McKenzie) vivent au fond des bois d’un parc national voisin de Portland (Oregon), pas très loin de la forêt où habitait la tribu de Captain Fantastic que dirigeait Viggo Mortensen. Will, lui, n’a rien d’un patriarche ; il n’a pas fui le monde par goût de l’utopie. Ancien combattant d’une de ces guerres sans fin que livre son pays contre le reste du monde, Will est tout simplement incapable de supporter le commerce de ses semblables – à une exception, sa fille. De leur épouse et mère, il ne reste que des souvenirs, évoqués laconiquement. Rien d’autre n’existe que leur côte-à-côte.
La première partie du film est brève : Debra Granik y met en scène l’existence de cette famille des bois. Tom a profité des talents acquis par son père sous les drapeaux. Il sait s’abriter, se nourrir, se cacher. Elle s’applique à mettre en pratique ces leçons, tente de tordre le règlement en faveur de ses envies d’enfant, un peu de sucré, un peu de chaleur. Elle le fait avec une sagesse que connaissent peu d’adultes. On voit bien qu’elle ne poussera jamais un de ces gentils caprices au point de menacer le fragile équilibre auquel est parvenu son père.
Souci documentaire et empathie
De temps à autre, ils vont à la ville, toucher la pension d’ancien combattant de Will, retirer les médicaments psychotropes qu’on lui a prescrits, qu’il revend. Mais cette idylle verte est brutalement interrompue par les rangers du parc, auxquels succèdent bientôt les services sociaux. L’interpellation de Will et Tom finit d’installer le film sur sa trajectoire très particulière. Le père et la fille ont beau avoir traversé d’épouvantables malheurs – la guerre, la mort de la mère –, leur histoire ne sera pas une tragédie. Les rangers procèdent avec courtoisie, les travailleurs sociaux sont pleins de considération pour l’enfant et le vétéran. Debra Granik les observe avec un souci presque documentaire, plein d’empathie, qui réapparaîtra au chapitre suivant : les robinsons de la forêt sont placés dans une plantation de sapins de Noël près de laquelle vit un sympathique adolescent dont le hobby est de présenter son lapin familier dans des concours de beauté.
Passé le plaisir de découvrir ces recoins du paysage américain, Debra Granik assène délicatement le coup : Will a beau travailler au bonheur des enfants, presque comme un lutin du Père Noël, Tom a beau s’être attachée au plus rassurant des teenagers, il reste entre ce monde et leur famille un fossé que le patriarche se refuse une nouvelle fois à combler alors que sa fille voudrait le franchir une fois pour toutes. Leave No Trace sera moins l’histoire d’une cavale que celle du passage d’une enfant à l’âge de femme.
Dans l’errance que le père a imposée, Tom et Will ne font jamais l’expérience du mal ou de la méchanceté
La jeune actrice néo-zélandaise (ça ne s’entend pas) Thomasin Harcourt McKenzie et Ben Foster trouvent une justesse harmonique jusque dans la tranquille discorde qui s’installe entre leurs personnages. La première délimite très nettement la singularité de son personnage, infiniment plus innocente que les autres adolescentes, mais aussi tellement plus sage. Quant à l’acteur qui avait déjà impressionné dans Comancheria, il porte avec une gravité un peu solennelle le poids de la maladie de l’ancien combattant.
Dans l’errance que le père a imposée, Tom et Will ne font jamais l’expérience du mal ou de la méchanceté. Leur malheur procède de ce qui est survenu il y a longtemps, de la douleur que fait naître la séparation à venir. Dans cet entre-deux, Debra Granik filme avec autant de délicatesse les moments qui s’égrènent, jusqu’à ce que la perspective de l’adieu devienne aussi douloureuse au spectateur qu’aux personnages.

Film américain de Debra Granik. Avec Thomasin Harcourt McKenzie, Ben Foster (1 h 49). Sur le Web : www.condor-films.fr/film/leave-no-trace

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 19 septembre)
Leave No Trace, film américain de Debra Granik (à ne pas manquer)L’amour est une fête, film français de Cédric Anger (à voir)Les Frères Sisters, film américain et français de Jacques Audiard (à voir)Avant l’aurore, film français de Nathan Nicholovitch (pourquoi pas)Climax, film français de Gaspar Noé (pourquoi pas)Fortuna, film belge et suisse de Germinal Roaux (pourquoi pas)Le Poulain, film français de Mathieu Sapin (pourquoi pas)Vaurien, film français de Mehdi Senoussi (pourquoi pas)Volubilis, film marocain de Faouzi Bensaïdi (pourquoi pas)La Nonne, film américain de Corin Hardy (on peut éviter)
A l’affiche également  :
Carnage chez les Puppets, film américain de Brian HensonJour de paye ! Vers un revenu universel, documentaire autrichien et allemand de Christian TodPlongeons !, programme de six courts-métrages de Clément Cogitore, Loïc Barché, Tomer, Gabriel Harel, Andrew Ellmaker, Maximilien Van Aertryck et Axel DanielsonVictimes, film français de Robin Entreinger





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Le réalisateur Cédric Anger évoque l’artisanat des films pornos des années 1980, avec le duo Canet-Lellouche.
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« L’amour est une fête » : plongée hédoniste dans la nuit

Le réalisateur Cédric Anger évoque l’artisanat des films pornos des années 1980, avec le duo Canet-Lellouche.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 07h38
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 07h54
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Bienvenue dans l’ancien monde. Paris, 1982, Le Mirodrome. Un peep show de Pigalle en déclin tenu par Franck (Guillaume Canet) et Serge (Gilles Lellouche), qui ont l’idée de tourner de courts pornos amateurs. Magie fantasmée du ­cinéma. L’affaire reprend de plus belle. Au point qu’une bande cagoulée, vraisemblablement commanditée par quelque cacique de l’industrie du porno, vient la leur détruire intégralement. Monde voluptueux de la nuit, du désir, du plaisir, mais aussi de la violence, du banditisme, de l’illégalité.
Le film s’était ouvert, au petit matin d’une nuit d’orgie ordinaire, dans une belle maison bourgeoise avec piscine. Gueule de bois des deux associés, fille nue passant languissamment, ­retour difficile à la vie diurne – pour ne pas le nommer : au réel. On pense a priori que ce retour à l’ordre du jour sera, sous les auspices du dégrisement et de la chute, le programme nécessaire de L’amour est une fête. C’est mal connaître Cédric Anger, dont l’œuvre (Le Tueur, L’Avocat, La prochaine fois je viserai le cœur) n’aime rien tant que les histoires d’infiltration, la duplicité des ­personnages, le doute jeté sur les hiérarchisations morales et esthétiques. Il n’échappe à personne que cette combinaison vaut aussi comme possible définition de l’auteur de cinéma, ce qui n’étonne pas venant de la part d’un ex-critique formé à la cinéphilie des Cahiers du cinéma.
« L’amour est une fête » est un film impertinent, qui ne se fera pas que des ami(e)s dans sa propre époque
De nouveau mis à terre, Franck et Serge se tournent donc vers un professionnel du X (le régulièrement et formidablement excentrique Michel Fau) pour se relancer encore une fois. Sauf que – coup de théâtre que le lecteur pourrait, à juste raison, nous reprocher de révéler si l’enjeu du film n’était fondamentalement ailleurs –, les deux compères se ­révèlent être des flics infiltrés dans le milieu du sexe pour, par un flagrant délit ­savamment orchestré, y frapper un gros coup et siffler la fin de la récré­a­tion des seventies.
L’idée de Cédric Anger, pour le dire avec la finesse des titres de films olé-olé de l’époque, n’est pourtant pas que ces personnages frappent un grand coup, mais qu’ils se ­contentent de le tirer. Plus élégamment dit, que la loi cède devant le désir, que l’exultation des corps et l’ivresse des sens défient tant l’hypocrisie de la société du contrôle que les ligues de vertu. L’histoire de ce film immoral et ­erratique, mû par une fantaisie ­hédoniste, est donc celle de la lente dérive de deux flics de la lugubre brigade des mœurs vers la libération de leurs propres mœurs. Saisie au crépuscule d’un artisanat du porno où le plaisir et la liberté d’en jouir avaient, si l’on en croit l’auteur, encore leur place, L’amour est une fête est un film impertinent, qui ne se fera pas que des ami(e)s dans sa propre époque. Laquelle lui reprochera la ­ténuité de personnages féminins réduits à de purs véhicules de plaisir, ainsi qu’une possible idéalisation de la petite entreprise pornographique, dont il y a lieu de supposer qu’elle ne se résuma pas à une rayonnante utopie libératrice.
Vitalité lyrique
Il n’en reste pas moins que le monde étincelant qu’il nous ­dépeint – grand ensoleillement de couleurs chaudes, tunnels narratifs enrobés dans une playlist glamrock électrisante et pailletée – séduit par sa vitalité lyrique, serait-il empreint d’une certaine morbidesse qui suggère avec finesse la face obscure de cette émancipation. Un monde qui nous paraît aujourd’hui précieux parce qu’il résiste encore un tant soit peu à l’aliénation marchande intégrale, parce que les délinquants y ont une âme d’enfant, les réalisateurs de porno une ambition esthétique, les hommes et les femmes un commun désir de jouissance.
Associé à la récente sortie d’Un couteau dans le cœur, de Yann Gonzalez, évocation baroque du milieu du porno gay, L’amour est une fête témoigne, à l’évidence, d’un intérêt actuel pour la levée des tabous et l’efflorescence sexuelle des années 1970. On le perçoit ailleurs, depuis la remise en lumière (en DVD chez Artus Films) du ténébreux Jess Franco, roi ibérique du cinéma bis, jusqu’à la programmation imminente d’un porno féministe au festival du cinéma italien d’Annecy (ISVN. Io sono Valentina Nappi, de Monica Stambrini). On y voit la recherche de ce que l’uniformisation actuelle du monde tend à détruire : l’existence d’une contre-culture.

Film français de Cédric Anger. Avec Guillaume Canet, Gilles Lellouche, Michel Fau, Camille Razat, Xavier Beauvois (1 h 59). Sur le Web : www.marsfilms.com/film/lamour-est-une-fete



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ Le réalisateur Gaspar Noé flirte un moment avec la beauté avant de sacrifier de nouveau à l’horreur.
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« Climax » : danses névrotiques sous influence

Le réalisateur Gaspar Noé flirte un moment avec la beauté avant de sacrifier de nouveau à l’horreur.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 07h36
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Tout avait pourtant bien commencé, comme on aime à l’écrire en relatant un fait divers. La chorégraphie qui ouvre Climax est un moment joyeux, harmonieux et bouillonnant. Elle dure longtemps, juste assez pour mettre de bonne humeur, pour espérer que Gaspar Noé ne va pas replonger, nous entraînant encore une fois dans le tréfonds de ses peurs et de ses phobies (dont certaines sont ­elles-mêmes de nature à susciter la répulsion).

        Lire la critique (parue lors du Festival de Cannes) :
         

          « Climax », entre énergie pure et jeu de massacre



On le sait depuis le mois de mai dernier, depuis la présentation de Climax à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes, cet espoir est fugace. Ces danseurs et danseuses choisis pour leurs capacités chorégraphiques, vêtus comme il y a vingt ans (le film est censé se passer en 1996), réunis à l’appel d’une chorégraphe de renom dans un local de répétition isolé dans la neige, vont passer un sale moment.
La caméra, organisme vivant
Quelqu’un a assaisonné la sangria d’un produit psychotrope qui rend méchant. Ce qui permet au réalisateur de pousser ses interprètes (Sofia Boutella, actrice et danseuse, vue récemment dans La Momie, Romain Guillermic, à l’affiche d’Elektro Mathematrix, Kiddy Smile, producteur et DJ) jusqu’au paroxysme, de dérégler les rapports entre les êtres vers le meurtre et le sadisme, bref de passer un long moment dans une nouvelle version du passage souterrain d’Irréversible (2002, avec Monica Bellucci, Vincent Cassel et Albert Dupontel).
On le sait, rien n’est plus pénible que d’être le/la seul(e) à n’avoir rien pris dans une soirée où le reste des convives ont bu, fumé, ingéré… En portant un regard, sinon lucide, du moins non intoxiqué, sur Climax, on retrouvera la virtuosité naturelle de Noé, qui sait faire glisser la caméra d’espace en espace, comme si elle était un organisme vivant, qui sait tout exiger de ses comédiens (y compris n’importe quoi), et la vacuité dans laquelle ce talent se meut.

Film français de Gaspar Noé. Avec Sofia Boutella, Romain Guillermic, Kiddy Smile (1 h 35). Sur le Web : www.climax-lefilm.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Le dessinateur Mathieu Sapin, qui avait suivi l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, croque les coulisses du pouvoir.
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« Le Poulain » : l’envers du décor politique

Le dessinateur Mathieu Sapin, qui avait suivi l’arrivée de François Hollande à l’Elysée, croque les coulisses du pouvoir.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 07h36
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                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Dessinateur reporter, Mathieu Sapin connaît la politique telle qu’elle se pratique en France : il a couvert l’arrivée de François Hollande à l’Elysée en 2012 dans Campagne présidentielle, a observé assez longtemps le mandat de ce dernier pour en tirer un second volume, également édité chez Dargaud, Le Château. Passant des cases de la bande dessinée aux plans de cinéma, Mathieu Sapin a fait de cette expérience la matière de son premier long-métrage.
L’intérêt du Poulain réside dans le processus de distillation de la réalité, de ce qu’il révèle du regard de son auteur sur ce milieu qu’il a observé longtemps et de près. En suivant, le temps d’une campagne présidentielle, l’ascension d’un néophyte en politique de l’antichambre d’un troisième couteau jusqu’aux salons de l’Elysée, le réalisateur s’est débarrassé de ce qui l’encombrait – les thèmes de campagne (immigration, Europe…), les débats d’idées, les propositions politiques. Celles-ci sont déguisées de sigles absurdes qui ne prennent jamais de substance. L’intérêt de l’auteur est ailleurs, dans la mise en mouvement d’un vaudeville alimenté par l’appétit de pouvoir et les pulsions érotiques des personnages.
Philippe Katerine perpétue la tradition des seconds rôles spectaculaires du cinéma français, de Jules Berry à Dominique Zardi
C’est un parti périlleux qui suppose une maîtrise de la mécanique comique dont Mathieu Sapin ne fait pas toujours montre. D’autant qu’il manque au Poulain les fondations réalistes qui ont permis à Quai d’Orsay (inspiré d’un ministre des affaires étrangères ayant réellement existé), de Bertrand Tavernier, ou à la série Baron noir (évoquant sans détour le Parti socialiste) d’emporter la conviction.
C’est à des « démocrates » de fiction qu’Arnaud Jaurès (homonymie ou parenté, l’ambiguïté est savamment entretenue) apporte son concours. Passant des mains moites d’un petit apparatchik libidineux (Philippe Katerine, qui perpétue la tradition des seconds rôles spectaculaires du cinéma français, de Jules Berry à Dominique Zardi) aux griffes manucurées d’Agnès Karadzic (Alexandra Lamy), la directrice de commu­nication d’une candidate à la primaire, Arnaud (Finnegan Oldfield) se voit enseigner le b.a.-ba du mensonge institutionnel, de la communication à sens unique, pour passer très vite au niveau supérieur : trahisons et compromis.
Apprentissage de la bassesse
Tant que son personnage en reste aux stades initiatiques, Finnegan Oldfield sait jouer de son charme un peu opaque, laissant planer le doute sur l’engagement et les désirs d’Arnaud. Cet apprentissage de la bassesse provoque un peu de déprime que ne dissipe pas tout à fait le cynisme enjoué qu’Alexandra Lamy confère à sa professionnelle des retournements de veste.
Dans le rôle d’un candidat célibataire obsédé par le regard maternel (porté par Brigitte Roüan), Gilles Cohen fait une création plus inattendue qui pourrait faire pencher le film du côté de la fantaisie. Mais, de toute évidence, Mathieu Sapin veut faire croire à la justesse de cette peinture, comme en témoigne la présence, dans un second rôle, de Gaspard Gantzer, qui fut conseiller à la communication de François Hollande de 2014 à 2017. Cette intrusion d’un petit morceau de réalité politique parachève la sensation de désenchantement absolu qui flotte sur Le Poulain.

Film français de Mathieu Sapin. Avec Alexandra Lamy, Finnegan Oldfield, Gilles Cohen (1 h 37). Sur le Web : www.bacfilms.com/distribution/fr/films/we-need-your-vote



                            


                        

                        

