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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ L’ouverture de l’Arctique grâce au changement climatique représente un enjeu économique et géopolitique majeur explique, dans sa chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz.
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Iamal ou « la fin du monde »

L’ouverture de l’Arctique grâce au changement climatique représente un enjeu économique et géopolitique majeur explique, dans sa chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 12h05
    |

Jean-Baptiste Fressoz (Chercheur au Centre de recherches historiques Alexandre-Koyré de l’Ecole des hautes études en sciences sociales)







                        



                                


                            

Transformations. Pour la première fois dans l’histoire, un navire porte-conteneurs, le Venta Maersk, a relié cet été Saint-Pétersbourg à Vladivostok en longeant les côtes de la Sibérie. Ce pourrait être anecdotique si Maersk n’était pas la première compagnie maritime du monde et si le succès de l’expérience n’avait pas aiguisé l’appétit de ses concurrents : l’armateur chinois Cosco est également en train de constituer une flotte de navires équipés pour la navigation arctique.
Le fameux « passage du Nord-Est », le Graal des navigateurs européens depuis la Renaissance, est en train de s’ouvrir sous nos yeux à la navigation commerciale. Le volume des biens échangés par cette route aurait décuplé depuis 2013, et des chercheurs de la Copenhagen Business School (Maersk est la plus grande entreprise danoise) estiment qu’elle pourrait être compétitive par rapport au canal de Suez vers 2040 (Arctic shipping. Commercial opportunities and challenges, C. O. Hansen, P. Gronsedt, C. L. Graversen, C.Hendriksen, CBS Maritime, 2016).

Si cet événement, capital dans l’histoire de la mondialisation, n’a guère été célébré, c’est qu’il reflète notre malaise, notre hypocrisie et peut-être même notre renoncement face au changement climatique.
Comme le montre Jean-Michel Valantin dans son ouvrage Géopolitique d’une planète déréglée (Le Seuil, 2017), l’ouverture de l’Arctique grâce au changement climatique représente un enjeu économique et géopolitique majeur. Selon les géologues, la région arctique pourrait abriter 50 000 milliards de mètres cubes de gaz, soit dix-sept ans de consommation mondiale.
Les capitaux asiatiques, chinois surtout, mais aussi coréens et japonais, affluent vers l’Arctique, permettant ainsi à la Russie d’ouvrir un nouveau front d’extraction palliant la baisse prévisible de ses gisements de pétrole conventionnels. Le développement économique du nord de la Sibérie, lié pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Le projet de loi de finances prévoit une légère hausse du budget du ministère de la transition écologique et solidaire. « Insuffisant » pour les associations.
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Budget 2019 : pas de « sursaut » pour l’écologie

Le projet de loi de finances prévoit une légère hausse du budget du ministère de la transition écologique et solidaire. « Insuffisant » pour les associations.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 12h50
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 13h43
    |

            Stéphane Mandard








                        



                                


                            

Lors de sa démission à la fin d’août, Nicolas Hulot avait appelé à un « sursaut » face à l’urgence climatique. Ce « sursaut » ne se matérialise pas dans le projet de loi de finances présenté lundi 24 septembre. Avec un budget de 10,59 milliards d’euros alloué au ministère de la transition écologique et solidaire, contre 10,39 milliards lors de l’exercice précédent, la hausse est plutôt de l’ordre du frétillement. Elle contentera son successeur, François de Rugy. « Je ne veux pas non plus diffuser l’idée que l’écologie, c’est toujours plus de dépenses. J’ai lu des appels d’économistes expliquant qu’il fallait mobiliser des centaines de milliards. Si c’est cela, on n’y arrivera pas, car on connaît les équations budgétaires », avait-il déclaré au Monde après sa nomination.

En retard sur ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effets de serre, le gouvernement annonce que « plus de 7,3 milliards d’euros » seront consacrés en 2019 au soutien et au développement des énergies renouvelables. Pour accélérer la transition, il prévoit, en outre, de financer 75 000 rénovations thermiques et vise l’objectif de reconvertir 500 000 véhicules parmi les plus polluants grâce à la prime à la conversion. Pour les ménages les plus précaires, le « chèque énergie » sera porté de 150 euros à 200 euros par an en moyenne.
Un effort jugé « insuffisant » par la Fondation pour la nature et l’homme (FNH). « Nicolas Hulot envisageait de doubler le montant du chèque énergie ; de notre côté, nous préconisions un triplement, et au final on se retrouve avec une hausse de 50 euros », réagit Kévin Puisieux, responsable économie et finance de la FNH. C’est d’autant plus insuffisant que le gouvernement s’est fixé comme objectif de rénover des centaines de milliers de “passoires thermiques” ».
« Un budget d’accompagnement “a minima” »
« On a besoin de renforcer les dispositifs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Pour le psychiatre et éthologue, la découverte d’un monde mental chez l’animal implique un devoir moral des êtres humains à leur égard. Il participe à la conférence « S’aimer comme des bêtes », le 7 octobre au Monde Festival.
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                Boris Cyrulnik : « L’attention à la maltraitance animale témoigne d’une société plus morale »


Pour le psychiatre et éthologue, la découverte d’un monde mental chez l’animal implique un devoir moral des êtres humains à leur égard. Il participe à la conférence « S’aimer comme des bêtes », le 7 octobre au Monde Festival.

LE MONDE
                 |                 24.09.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 10h34
                 |

            Laetitia Van Eeckhout

















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            Boris Cyrulnik : « L’attention à la maltraitance animale témoigne d’une société plus morale »






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Psychiatre et éthologue, célèbre pour son invention du concept de résilience et ses interventions dans les débats éthiques, Boris Cyrulnik applique les méthodes de la recherche sur le comportement animal à l’étude de la psyché humaine. Il participe dimanche 7 octobre, avec la chercheuse en écologie comportementale Elise Huchard et l’océanographe François Sarano, au débat du Monde Festival « S’aimer comme des bêtes ».
Depuis une trentaine d’années, les scientifiques découvrent des capacités sociales insoupçonnées chez l’animal. Quels sont selon vous les exemples les plus marquants dans ce domaine ?
Dès les années 1950, des chercheurs, des primatologues, notamment Harry et Margaret Harlow, ont réussi à prouver que les animaux étaient des êtres sensibles. En isolant des singes et plus tard des chiens, en les privant d’altérité, on s’est rendu compte que ces animaux développaient des activités autocentrées sur eux-mêmes : balancements, tournoiements et, en cas d’émotions fortes, auto-agression. Les enseignements de ces expérimentations, bien que très convaincants, n’ont pu, à l’époque, entrer dans notre culture cartésienne et chrétienne.
Depuis dix, quinze ans, des neuroscientifiques ont démontré que les mammifères et même les oiseaux possèdent une conscience, ce qui veut dire qu’ils connaissent le plaisir et la souffrance. Ils ont les mêmes zones d’émotion et de mémoire que les humains. Lorsque l’on pique ou coupe un animal, les mêmes substances chimiques d’alerte agissent sur les mêmes zones cérébrales.

        En débat au Monde Festival :
         

          S’aimer comme des bêtes



Au sein de certaines espèces, les animaux gardent le même partenaire toute la vie. Peut-on dire qu’ils « s’aiment » au sens où on emploie ce terme chez les humains ? 
Chez les animaux, le déclenchement d’une manifestation d’orientation sexuelle passe par la perception de substances odorantes, par la perception visuelle ou par des cris. Même lorsqu’un animal se familiarise avec un partenaire, on peut parler d’attachement mais non d’amour. Les êtres humains connaissent probablement cette dimension de la perception qui déclenche une motivation sexuelle intense. Mais l’amour chez les humains est un sentiment intense de plénitude, déclenché par une représentation intime dépourvue de toute perception d’odeur, visuelle ou de cri.

        Sur la sexualité des animaux :
         

          Les animaux ont toujours pratiqué la sexodiversité



Les animaux savent aussi collaborer, parfois mieux que les humains. Que peuvent nous apprendre les relations sociales animales sur la psychologie humaine ?
Les animaux nous apprennent beaucoup sur le fonctionnement de notre cerveau sculpté par notre milieu. A partir des expérimentations du couple Harlow, on a montré à quel point nos bébés, même s’ils sont sains biologiquement, n’avaient aucune chance de se développer correctement s’ils restent seuls, s’ils ne sont pas en présence de quelqu’un qui les tranquillise, les sécurise.

        A lire aussi :
         

          Nos animaux nous aiment-ils ?



Les altérations comportementales, biologiques et neurologiques provoquées par la solitude sont exactement les mêmes chez les jeunes mammifères supérieurs et chez nos enfants. De même qu’un jeune animal isolé n’apprend pas les rituels de jeu, un enfant, s’il est seul, n’apprend ni à jouer ni à parler, il n’apprend rien de tout ce qui caractérise la condition humaine.
Avec d’autres personnalités, vous avez appelé, il y a deux ans, à la création d’un secrétariat d’Etat à la condition animale. Le mouvement croissant contre la maltraitance animale constitue-t-il un tournant dans notre société ?
On peut en effet parler de tournant. Nous avons été très longtemps influencés par Descartes, qui ne pensait l’animalité qu’en termes de machine, puisque l’esprit était réservé à l’être humain. Dans un monde cartésien, les animaux n’ont pas de monde intime.
Nous savons maintenant – cela a été démontré – que les animaux, non seulement sont des êtres sensibles, mais qu’ils ont un monde mental. Ce monde mental diffère bien sûr du nôtre. Mais un animal est capable de traiter des informations présentes ou passées et de s’en servir pour résoudre ou anticiper un problème.
En milieu naturel, on a observé des singes effeuiller une branche, la traîner sur plusieurs kilomètres, l’introduire délicatement dans une termitière, attendre que les termites grimpent dessus puis la sortir pour manger les insectes. Les animaux fabriquent des outils, se servent de pierres pour casser des noix, ils ont des rituels culinaires. Cette vision de l’animal autre que celle de la simple machine a eu du mal à entrer dans notre culture cartésienne. Tout n’est pas encore gagné.
Comment analysez-vous cette évolution ? Que dit-elle de notre société ?
L’attention croissante portée à la maltraitance animale témoigne d’une société de plus en plus morale. Nous prenons conscience que nous ne pouvons plus nous permettre de torturer un être vivant qui va souffrir et qui possède un monde mental, même s’il est différent du nôtre. Dès lors que nous avons une empathie pour d’autres êtres vivants, une inhibition morale nous empêche de passer à l’acte, de torturer.

        Lire le débat :
         

          « La question animale nous force à ouvrir les yeux sur ce que nous sommes devenus »



Etes-vous en faveur d’un droit animal ?
Les animaux ont droit au respect car ce sont des êtres vivants. Nous devons donner aux animaux le droit de vivre sans être torturés par les humains. Mais cela nous donne avant tout des devoirs à nous, êtres humains, le devoir de ne pas torturer, détruire ou rendre malheureux des êtres vivants, quand bien même ils sont différents de nous. Il est dans notre intérêt de respecter le monde vivant, écologique comme animal : si on le détruit, on se détruit nous-mêmes.
« Le Monde » organise, dans le cadre du Monde Festival, une conférence intitulée « S’aimer comme des bêtes ? » sur les comportements et sentiments dans le monde animal, avec Boris Cyrulnik, la chercheuse en écologie comportementale Elise Huchard et l’océanographe François Sarano. Au Palais Garnier, dimanche 7 octobre, de 14 heures à 15 h 30.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Océan, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.





Laetitia Van Eeckhout
    













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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Le texte, qui arrive en nouvelle lecture mardi au Sénat, avant d’être voté début octobre, ne répond pas aux attentes créées par les Etats généraux de l’alimentation.
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Prix, glyphosate... La loi alimentation déçoit agriculteurs et ONG

Le texte, qui arrive en nouvelle lecture mardi au Sénat, avant d’être voté début octobre, ne répond pas aux attentes créées par les Etats généraux de l’alimentation.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h12
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 11h53
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

« Un texte mi-chèvre, mi-chou. » C’est le jugement formulé par un agriculteur sur le projet de loi agriculture et alimentation qui arrive au terme de son parcours législatif, le vote définitif étant attendu autour du 3 octobre.
Signe de la complexité des débats, le Sénat, qui doit se prononcer sur le texte, mardi 25 septembre, a refusé d’adopter en commission la version votée par l’Assemblée nationale, le 15 septembre. La commission a évoqué dans un communiqué « la trahison de l’esprit des Etats généraux de l’alimentation [EGA] ».

Les EGA, souhaités par Emmanuel Macron, ont, il est vrai, suscité de fortes attentes. Que ce soit du côté des agriculteurs, alors que l’un des objectifs fixé par le président de la République était de mieux répartir la valeur dans la chaîne alimentaire pour mieux les rémunérer. Ou que ce soit du côté des consommateurs et des ONG environnementales, soucieux d’une alimentation plus saine et plus durable.
« L’Etat refuse d’assumer son rôle de régulateur »
« Le texte voulu par la majorité gouvernementale risque d’accroître le déséquilibre du rapport de force commercial au détriment des agriculteurs », estiment Michel Raison (Les Républicains) et Anne-Catherine Loisier (Union centriste), rapporteurs au Sénat, évoquant le volet économique du texte.
Les syndicats agricoles FNSEA, Jeunes agriculteurs, Confédération paysanne comme Coordination rurale ont unanimement réagi après le vote des députés en soulignant à quel point le projet de loi ne répondait pas aux ambitions des EGA quant à la rémunération des agriculteurs.
La fixation des indicateurs de coût de production a été au cœur des débats
A leur issue, un consensus s’était établi pour inverser la logique de construction des prix dans la filière alimentaire en partant des coûts de production des agriculteurs. Les coûts de production et les indicateurs de marché seront intégrés dans les contrats, sachant que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le centre Artemis étudie l’impact de l’environnement sur la fertilité des couples, sur les pathologies de grossesses ou les malformations congénitales.
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A Bordeaux, des couples souffrant d’infertilité limitent leur exposition aux polluants

Le centre Artemis étudie l’impact de l’environnement sur la fertilité des couples, sur les pathologies de grossesses ou les malformations congénitales.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 13h40
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

Leïla et Olivier (les prénoms ont été modifiés), infirmiers libéraux de 35 et 38 ans, ont quitté Paris pour Bordeaux, cadre de vie qu’ils imaginaient plus propice pour fonder une famille. Ils y ont monté un cabinet qui fonctionne bien, et retapent leur maison de ville. Mais la chambre d’enfant reste désespérément vide. « Spermogrammes, échographies, repos, vacances…, énumère la jeune femme. Depuis trois ans, on a fait tous les examens, suivi tous les conseils… Tout est normal mais on n’y arrive pas. »
Comme 15 % des couples en France, Leïla et Olivier souffrent d’« infertilité inexpliquée ». Résolus à recourir à une insémination, ils n’en ont pas moins accepté la suggestion d’Aline Papaxanthos, médecin de la reproduction qui les suit au centre d’assistance médicale à la procréation du CHU de Bordeaux, de consulter au centre Artemis (pour Aquitaine reproduction enfance maternité et impact en santé environnement). Première plate-forme d’évaluation et de prévention de la santé environnementale consacrée à la reproduction mise en place en France, cette structure se trouve au sein même de l’hôpital.
Les effets néfastes des perturbateurs endocriniens auxquels nous soumet notre environnement sont de plus en plus documentés. Ces substances, susceptibles d’interférer avec notre système hormonal, sont mises en cause en particulier dans les troubles de la reproduction : diminution de la qualité du sperme (entre 1973 et 2011, la concentration du sperme humain en spermatozoïdes a décliné de 50 % à 60 % dans les pays occidentaux), augmentation des malformations génitales masculines, baisse de l’âge de la puberté chez les filles…
Equipe multidisciplinaire
Opérationnelle depuis 2016, Artemis a été créée dans le cadre de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens adoptée en avril 2014, en partenariat avec l’agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine, l’Agence nationale de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Un an après le passage de l’ouragan, les stigmates de la catastrophe restent visibles et perturbent toujours les conditions d’enseignement.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/09/2018
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A Saint-Martin, une rentrée scolaire encore sous le signe d’Irma

Un an après le passage de l’ouragan, les stigmates de la catastrophe restent visibles et perturbent toujours les conditions d’enseignement.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 13h01
    |

            Rémi Barroux (Saint-Martin, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Elles s’appellent Tonnacia, Marie-Lène, Genesis ou encore Nathalie. Elles ont 17 ou 18 ans et portent toutes le même polo couleur lilas, celle de leur lycée professionnel. Les filles sont à peine rentrées depuis deux semaines de leurs vacances d’été que, déjà, elles pestent. « Catastrophique », résume Tonnacia.
Ici à Marigot, capitale de Saint-Martin, île des Antilles françaises, la reprise des cours ne s’est pas déroulée normalement. Derrière les grillages, des bâtiments d’aspect normal en jouxtent d’autres totalement sinistrés, toitures arrachées, cloisons effondrées. Le lycée polyvalent des îles du Nord a subi la violence de l’ouragan Irma, le 5 septembre 2017. Un an après, il en porte toujours les stigmates.

Après une année scolaire rabotée, menée dans des conditions épiques par une communauté scolaire traumatisée, enseignants, élèves et parents se retrouvent, après la pause estivale, toujours confrontés aux conséquences du cataclysme. « Les conditions d’enseignement sont scandaleuses, anormales et indignes de la République. (…) Parents, élèves et enseignants n’ont plus l’énergie de l’urgence qui leur a permis de les supporter pendant un an », ont écrit dans une lettre ouverte plus d’une centaine d’enseignants et parents. Saint-Martin compte plus de 7 100 élèves du premier et du second degré – l’île aurait perdu presque 20 % de ses élèves partis en métropole ou en Guadeloupe – et 800 enseignants environ.
Un enseignement en demi-journées
Au lycée professionnel de Marigot, dans le quartier Concordia, des ateliers ne sont pas équipés, l’absence de gaz empêchant le fonctionnement de la cuisine pour la formation hôtellerie et restauration. « Nous ne pouvons pas brancher d’ordinateur », peste Tonnacia, qui étudie le secrétariat et a un besoin urgent d’informatique. « Nous n’avons pas de centre de documentation et d’information. Ils ont attendu un an avant de s’atteler à sa réfection, et pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Selon Météo France, elles pourraient atteindre jusqu’à 120 km/h.
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Météo : de « violentes rafales de vent » dans le nord de la France

Selon Météo France, elles pourraient atteindre jusqu’à 120 km/h.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 14h18
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 16h30
   





                        



   


Météo France a mis en garde, dimanche 23 septembre, contre de « violentes rafales de vent » qui agiteront le nord de la France dans l’après-midi et jusqu’en début de soirée.
« Celles-ci devraient atteindre 100 à 120 km/h des côtes normandes aux caps des Hauts-de-France et dans l’après-midi, 80 à 90 km/h dans l’intérieur des terres du Bassin parisien aux Ardennes. Dans la soirée et première partie de nuit, la zone de vent fort se propagera sur le Grand Est. Des rafales atteignant voire dépassant les 100 km/h y sont probables. »
Cinq départements – les Ardennes, la Meurthe-et-Moselle, la Meuse, la Moselle et le Bas-Rhin – ont été placés en vigilance orange jusqu’à lundi matin à cause de « ces vents tempétueux peu durables mais intenses ».
A Paris, la mairie a décidé de fermer tous les espaces verts, parcs et cimetières pour le dimanche après-midi, alors que la fête des jardins devait précisément se dérouler ce week-end.

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En raison des conditions météo, les espaces verts, parcs et cimetières seront fermés à partir de 14h.

— Paris (@Paris)


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Les betteraviers estiment qu’il n’existe pas d’alternative viable aux néonicotinoïdes, que ce soit au niveau environnemental ou contre les pucerons verts.
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Avec la fin des néonicotinoïdes, les producteurs de betteraves sucrières craignent un « retour en arrière »

Les betteraviers estiment qu’il n’existe pas d’alternative viable aux néonicotinoïdes, que ce soit au niveau environnemental ou contre les pucerons verts.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 18h43
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 09h47
    |

            Jérémie Lamothe (envoyé spécial à Reims)








                        



                                


                            
En parcourant les sillons de son champ de betteraves à sucre, à Suippes, dans la Marne, François Collart ne peut que constater les dégâts, en cette mi-septembre. Après un été quasiment sans pluie, la terre est sèche, les betteraves plantées peu développées. Et alors que la récolte a démarré il y a quelques jours, l’agriculteur de 45 ans craint désormais que ses rendements ne soient pas aussi bons qu’espéré.
Mais outre ces aléas climatiques, une autre mauvaise nouvelle tracasse depuis plusieurs semaines M. Collart et l’ensemble des producteurs français de betteraves à sucre : l’interdiction, depuis le début du mois de septembre, d’utiliser des pesticides néonicotinoïdes dans les champs. Si l’Union européenne a décidé d’interdire l’utilisation de trois substances (clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride) à partir du 19 décembre, la France a décidé d’aller plus loin en interdisant également le thiaclopride et l’acétamipride. Et plus vite : la loi biodiversité votée à l’Assemblée nationale en 2016 prévoyait une application dès le 1er septembre.

Cette mesure vise notamment à protéger les abeilles. Depuis l’arrivée de cet insecticide, au milieu des années 1990, les apiculteurs français ont en effet constaté une hausse de la mortalité dans leurs ruches. Les néonicotinoïdes s’attaquent au système nerveux des insectes et altèrent ainsi leur sens de l’orientation, leur capacité de reproduction, ou encore leur faculté d’apprentissage. Ils touchent « bien d’autres animaux mais aussi les sols et les rivières », note Hervé Jactel, directeur de recherches en entomologie forestière et biodiversité à l’INRA (Institut national de la recherche agronomique). Or, les producteurs de betteraves utilisent ce type d’insecticide, qui est enrobé dans chaque semence plantée, pour se prémunir des pucerons verts, vecteurs de la jaunisse sur les feuillages.

« Couperet »
Cette décision est « tombée comme un couperet » pour François...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Une telle situation n’avait jamais été observée depuis les premiers relevés de température au sommet de cette montagne, selon Météo France.
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Il n’a pas gelé depuis cent jours sur le pic du Midi, du jamais-vu depuis 1882

Une telle situation n’avait jamais été observée depuis les premiers relevés de température au sommet de cette montagne, selon Météo France.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 18h08
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 12h13
   





                        



   


Il n’y a pas eu de gel depuis cent jours au pic du Midi, a annoncé Météo France samedi 22 septembre. Une situation inédite depuis 1882 et les premiers relevés de température dans cette montagne emblématique des Pyrénées françaises, qui culmine à 2 870 mètres. Le précédent record de 1999 était de 77 jours sans gel.
Selon Météo France, le massif connaît une situation exceptionnelle avec une température de 10 °C enregistrée samedi à 15 heures au pic du Midi. Dans la nuit du 21 au 22 septembre, la température minimale s’est établie à 4,7 °C, a précisé la même source. Il faut remonter au 14 juin pour trouver une température négative (− 1,6 °C) à la station météo du sommet.
Une hausse de 7,1 °C d’ici à la fin du siècle ?
Les températures maximales dans les Pyrénées pourraient augmenter de 7,1 °C d’ici à la fin du siècle, selon un scénario basé sur la tendance actuelle (donc sans renforcement supplémentaire de la lutte contre le réchauffement climatique) élaboré par Climpy, un projet de recherche transfrontalier entre la France, l’Espagne et Andorre.
Entre 1959 et 2010, « les températures moyennes dans les Pyrénées ont augmenté de 1,2 °C », selon Climpy. Sur cette période, les cumuls annuels des précipitations ont baissé de 2,5 %, « en raison surtout de la diminution des précipitations durant l’hiver et l’été. Le versant espagnol et méditerranéen a connu une baisse plus importante que le versant français », notent les scientifiques.

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                Comment l’homme bouscule l’équilibre du climat sur la Terre






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Affaiblie par la démission de son premier adjoint, Bruno Julliard, Anne Hidalgo veut mettre en avant les enjeux écologiques dans la capitale.
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Anne Hidalgo au « Monde » : « Le sursaut nécessaire, c’est celui de l’urgence climatique »

Affaiblie par la démission de son premier adjoint, Bruno Julliard, Anne Hidalgo veut mettre en avant les enjeux écologiques dans la capitale.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h16
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 17h00
    |

            Stéphane Mandard et 
Béatrice Jérôme








                        



                                


                            

Respirer. C’est le titre de l’ouvrage que publie Anne Hidalgo, mercredi 26 septembre, aux Editions de l’Observatoire. Mais avec la démission, lundi 17 septembre, de son premier adjoint, Bruno Julliard, l’air s’est brusquement raréfié autour de la maire de Paris, à moins de deux ans des prochaines élections municipales. Dans un entretien au Monde, l’élue socialiste estime que « la page est tournée » et défend « une écologie de l’action ».
Dans votre livre, vous faites cet aveu : « Parfois, je me sens seule. » Ce sentiment de solitude est-il renforcé depuis la démission de Bruno Julliard ?
Anne Hidalgo : Je dis que, quand je me sens seule, j’ai la chance de pouvoir me ressourcer auprès des Parisiennes et des Parisiens. Quand je dis que je me sens seule, j’exprime ce sentiment par rapport à une action déterminée pour l’écologie. Peut-être est-ce ce sentiment qu’a éprouvé Nicolas Hulot lorsqu’il a exprimé sa difficulté d’agir quand vous êtes confronté à des lobbys. Car ce que nous avons à faire n’est pas facile : changer radicalement de modèle.
Avec les canicules et les crues inhabituelles qu’on a connues cette année, le changement climatique est tangible. Je ne rencontre pas de Parisiens climatosceptiques ou qui me disent que la pollution de l’air n’est pas un problème. Nous sommes dans l’obligation d’agir. Et, pourtant, nous nous heurtons à des forces qui cherchent à nous ramener à un modèle antérieur ou à retarder la bascule. C’est face à ces résistances que l’on peut se sentir seul, comme l’ancien ministre de la transition écologique et solidaire a pu se sentir seul.
Justement, on aimerait en savoir plus sur ce sentiment de solitude depuis que votre premier adjoint a claqué la porte…
La page est tournée. J’ai dit ce que j’avais à dire. Je n’y reviens pas. La devise de Paris, c’est « fluctuat nec mergitur » [« ballotté par les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Le développement du numérique fait exploser la consommation d’électricité et les émissions de gaz à effet de serre. Les géants de la Silicon Valley investissent dans les énergies renouvelables.
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Electricité : Google, Apple, Facebook et Amazon se mettent-ils vraiment au vert ?

Le développement du numérique fait exploser la consommation d’électricité et les émissions de gaz à effet de serre. Les géants de la Silicon Valley investissent dans les énergies renouvelables.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h08
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 21h38
    |

            Alexandre Piquard et 
                                Nabil Wakim








                        



                                


                            

Casque de chantier sur la tête, lunettes de soleil sur le nez, Jeff Bezos brandit une bouteille de champagne, avant de la fracasser à ses pieds. Le drone qui filme cette vidéo soigneusement mise en scène recule. On voit alors le patron d’Amazon debout au sommet d’une éolienne de près de 100 mètres de haut.
Le leader de la vente en ligne « baptise » ainsi fièrement un immense parc, installé dans le venteux Etat américain du Texas, le 19 octobre 2017 : cent turbines doivent y produire pour le roi du e-commerce 1 térawattheure par an (soit 15 % d’un réacteur nucléaire).
Bezos et ses rivaux de la Silicon Valley multiplient ces derniers mois les promesses électriques. En avril, à quelques jours d’intervalle, Google puis Apple ont annoncé être d’ores et déjà alimentés à 100 % en énergies renouvelables. 
Fin août, c’est au tour de Facebook de s’engager à n’avoir recours, d’ici à 2020, qu’à de l’électricité n’émettant pas de gaz à effet de serre, c’est-à-dire issue de panneaux solaires, d’éoliennes ou de barrages hydroélectriques. Au passage, la firme de Mark Zuckerberg précise avoir dépassé, en 2017, avec un an d’avance, la barre des 50 % de renouvelables. Amazon était lui aussi, début 2018, à mi-chemin des 100 %, le niveau qu’il veut atteindre « à terme », sans fixer de date précise.
Si le numérique apparaissait à ses débuts immatériel, à la différence du vieux monde industriel fait de brique et de mortier, il se révèle, lui aussi, consommateur d’énergie. Des milliers de serveurs sont sollicités 24 heures sur 24 dans le monde entier, pour permettre aux internautes de « liker » sur Facebook, de rechercher dans Google, d’écouter leurs tubes sur Apple Music ou de regarder des vidéos sur YouTube et Netflix. Google consomme ainsi à peu près autant d’électricité annuellement que la ville de San Francisco ou la Bolivie et Facebook que le Sénégal.

« Leaders sur le marché »
« Le secteur des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Malgré les pressions internationales et une consommation anecdotique, le Japon défend la réouverture de la chasse à la baleine à des fins commerciales. Pourquoi ? Explication en vidéo.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ L’accroissement de la mobilité aérienne encouragée par les vols low cost est difficilement compatible avec la lutte contre le réchauffement, montre l’économiste Tancrède Voituriez dans une tribune au « Monde ».
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« Le coût du low cost dans le secteur aérien n’inclut pas le prix de la pollution »

L’accroissement de la mobilité aérienne encouragée par les vols low cost est difficilement compatible avec la lutte contre le réchauffement, montre l’économiste Tancrède Voituriez dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 12h06
    |

Tancrède Voituriez (Economiste)







                        



                                


                            
Tribune. On estime que 3 % de la population mondiale prend l’avion au moins une fois chaque année, et que 18 % est déjà montée dans un avion. C’est peu mais cela change vite, en partie en raison du développement des vols low cost et de la hausse des revenus des classes moyennes dans le monde. Au rythme actuel, le nombre de passagers va doubler d’ici à 2035, pour dépasser les 7 milliards par an.
Cette perspective consensuelle soulève une question qui l’est moins : comment satisfaire le désir de mobilité de populations toujours plus aisées sans épuiser le budget carbone qu’il nous reste pour limiter la hausse des températures à 2 °C ?
Emissions de CO2 subventionnées
Le secteur de l’aviation, comme celui du transport maritime, a été explicitement exclu du protocole de Kyoto sur le changement climatique. Jouissant d’une dérogation permanente pour tout ce qui touche à la taxation des carburants (le kérosène n’est pas taxé en vertu d’une convention datant de 1944) et des billets (TVA zéro dans la plupart des pays), le transport aérien est aujourd’hui, de fait, un secteur où les émissions de CO2 sont subventionnées.
« L’aviation est responsable de 2 % des émissions de CO2. Mais ce chiffre ne dit rien de ce qu’il va devenir avec le doublement du trafic annoncé. »
L’aviation est responsable de 2 % des émissions de CO2. Mais ce chiffre ne dit rien de ce qu’il va devenir avec le doublement du trafic annoncé. Dans la perspective de « zéro émission nette » durant la seconde moitié du XXIe siècle décidée par l’accord de Paris, cette hausse conduira à reporter sur d’autres secteurs les efforts d’atténuation.
Les représentants de la profession ont formulé les premiers objectifs climatiques de leur histoire il y a tout juste deux ans. 191 pays ont pris l’engagement de ramener les émissions de l’aviation en 2035 à leur niveau de 2020. Et de réduire de 50 % les émissions en 2050 comparativement à leur niveau de 2005.
Mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Deux intermédiaires ont été jugés en dehors du grand procès impliquant le géant anglo-néerlandais et le groupe pétrolier italien, ouvert au printemps à Milan.
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Compte rendu

Premières condamnations pour corruption au Nigeria des compagnies Shell et ENI

Deux intermédiaires ont été jugés en dehors du grand procès impliquant le géant anglo-néerlandais et le groupe pétrolier italien, ouvert au printemps à Milan.


LE MONDE
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        Le 21.09.2018 à 12h44

     •
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        Mis à jour le 21.09.2018 à 13h11






    
Les logos du géant anglo-néerlandais Shell (à gauche) et du groupe pétrolier italien ENI.
Crédits : CARL COURT,MARCO BERTORELLO / AFP


Une juge de Milan a prononcé jeudi 20 septembre les deux premières condamnations dans un dossier de corruption présumée au Nigeria impliquant les compagnies pétrolières Shell et ENI, infligeant quatre ans de prison à deux personnes considérées comme des intermédiaires, selon une source judiciaire. Ces deux hommes, le Nigérian Emeka Obi et l’Italien Gianluca Di Nardo, avaient demandé à bénéficier d’une procédure de jugement accéléré. Celle-ci se déroule à huis clos et permet des peines réduites d’un tiers en cas de condamnation.

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                Corruption en Algérie : le groupe pétrolier italien ENI acquitté, sa filiale Saipem condamnée



Les deux prévenus ont donc été jugés en dehors du grand procès impliquant le groupe pétrolier italien ENI et le géant anglo-néerlandais Shell, ouvert au printemps à Milan. La justice soupçonne que sur le 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) versés par les deux groupes en 2011 pour l’acquisition d’une licence pour l’exploration du bloc pétrolier offshore OPL-245, 1,092 milliard de dollars étaient des pots-de-vin.
MM. Obi et Di Nardo ont été condamnés pour « corruption internationale » à quatre ans de réclusion, et à la confiscation de 98,4 millions de dollars pour le premier et de 21 millions de francs suisses pour le second. Le parquet avait requis cinq ans de prison à leur encontre.
« Crime contre le peuple nigérian »
Selon l’accusation, M. Obi, propriétaire de la société Energy Venture Partners, aurait été chargé par l’ex-ministre nigérian du pétrole, Dan Etete, de trouver un acquéreur pour OPL-245, un bloc qu’il s’était attribué en 1998, en la vendant à Malabu, une société qu’il détenait secrètement. M. Di Nardo aurait mis en contact M. Obi avec ENI et son patron à l’époque, Paolo Scaroni, à travers l’homme d’affaires Luigi Bisignani.
Selon l’agence d’informations économiques italienne Radiocor, c’est paradoxalement Emeka Obi qui a conduit à l’éclatement de l’affaire en ayant cité devant la justice londonienne Dan Etete pour se faire payer sa commission. Il a obtenu gain de cause en 2013, obtenant 114 millions de dollars, dont 24 millions transmis à M. Di Nardo. La prochaine audience dans le grand procès est prévu le 26 septembre.

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                Eni et Shell seront jugés en Italie pour corruption présumée au Nigeria



ENI – acquitté mercredi à Milan dans un autre procès pour corruption en Algérie – et Shell contestent fermement toute corruption. Outre les deux majors, treize personnes comparaissent, dont Dan Etete, Claudio Descalzi, l’actuel patron d’ENI, son prédécesseur, Paolo Scaroni, et d’autres dirigeants et cadres des deux groupes.
« Aujourd’hui, nous avons vu tomber les premiers hommes du sombre scandale Malabu. Avec le procès Shell et ENI, le temps nous dira si ce sont seulement des intermédiaires qui paieront le prix de ce crime contre le peuple nigérian », a réagi Barnaby Pace, de l’ONG anticorruption Global Witness, dans un communiqué. « Mais une chose est certaine : ce jugement fera froid dans le dos aux responsables de l’industrie pétrolière et alarmera sûrement ENI et Shell », a-t-il ajouté.


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ L’hyménoptère introduit en 2004 a depuis colonisé quasi tout le territoire métropolitain. Il est responsable de la mort, mardi, d’un homme de 57 ans dans le Calvados.
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Pourquoi le redouté frelon asiatique s’installe en France

L’hyménoptère introduit en 2004 a depuis colonisé quasi tout le territoire métropolitain. Il est responsable de la mort, mardi, d’un homme de 57 ans dans le Calvados.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 14h34
   





                        


Dans le Calvados, un homme âgé de 57 ans est mort, mardi 18 septembre, après avoir été piqué par un frelon asiatique. Quand les sapeurs-pompiers, appelés au secours de deux personnes, sont arrivés, l’homme était déjà mort, l’autre personne a été hospitalisée.
L’insecte a désormais colonisé quasi tout le territoire métropolitain. David Philippart, directeur de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) de Basse-Normandie, où le frelon asiatique est particulièrement virulent, fait le point sur cette invasion et sur ses conséquences.
Pourquoi le frelon asiatique est de plus en plus présent en France
Les frelons asiatiques ont a priori été introduits en France en 2004. Ils se trouvaient dans un conteneur de poteries importées de Chine par un horticulteur du Lot-et-Garonne, selon l’Inventaire national du patrimoine naturel. Ils se sont ensuite largement répandus. « Ils se développent très rapidement parce qu’ils n’ont pas de prédateur, explique David Philippart. Et le géoclimat qu’on leur propose en France leur va très bien. » 
Le réchauffement prolonge la période de prédation des frelons asiatiques, qui peut aller jusqu’à la fin de novembre.

   


Pourquoi le frelon asiatique est dangereux
Pour l’homme, le frelon asiatique est plus dangereux que son congénère européen en raison de la violence de son réflexe de défense. « Quand il attaque pour défendre son nid, ce sont tous les individus du nid qui attaquent. Cela peut aller jusqu’à plusieurs centaines ou milliers de frelons », prévient David Philippart. Le frelon européen, lui, attaque à quelques dizaines d’individus, ce qui suffit à éloigner le danger. De plus, la piqûre du frelon asiatique est plus profonde.

        Lire aussi :
         

                Les pesticides néonicotinoïdes désormais interdits pour protéger les abeilles



Mais ces hyménoptères sont également dangereux pour la biodiversité. Leurs nids peuvent compter plusieurs milliers d’individus, ils s’attaquent donc à tous les insectes pour nourrir les nombreuses nymphes. « Ils pillent les ruches, précise le directeur du Fredon. Ils attendent devant et tuent les abeilles qui en sortent. Les dégâts sont de 30 % à 60 % de ruches en moins selon les endroits. »
Comment le reconnaître et s’en protéger

   


Le frelon asiatique est reconnaissable à sa couleur à dominante noire, avec le bout de l’abdomen orangé et les pattes jaunes, tandis que le frelon européen est jaune, rayé de noir, avec une tête jaune et des pattes brunes. Le frelon asiatique est un peu plus petit que l’européen.
Il ne présente aucun danger lorsqu’il est en prédation, loin de son nid, occupé à se nourrir, selon David Philippart. « Mais autour du nid, les frelons asiatiques sont extrêmement dangereux, il ne faut absolument pas s’en approcher. » Il est donc impératif de signaler un nid en mairie, afin qu’il soit détruit par un professionnel, équipé d’une combinaison spéciale.
Quant à s’en débarrasser pour de bon, « c’est impossible », affirme David Philippart. « Nous n’avons pas les outils suffisants. Il faudrait détruire 100 % des nids courant août, mais ils sont cachés en haut des arbres. Quand on les découvre à la chute des feuilles, les fondatrices, celles qui passent l’hiver, sont déjà parties. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Le 17 septembre, le bras de fer entre Normands et Britanniques autour de la coquille saint-jacques prenait fin après des semaines de frictions. Thon, turbot ou langouste, d’autres crises ont marqué l’histoire de la pêche.
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Quand les pêcheurs s’accrochent


                      Le 17 septembre, le bras de fer entre Normands et Britanniques autour de la coquille saint-jacques prenait fin après des semaines de frictions. Thon, turbot ou langouste, d’autres crises ont marqué l’histoire de la pêche.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 14h14
    |

                            Juliette Branciard







La bataille navale entre les marins pêcheurs anglais et normands n’est pas sans rappeler d’autres différends halieutiques.
Septembre 2018 : conflit sur la saint-jacques en Baie de Seine

   


Navires encerclés et percutés, insultes et jets de pierres… La tension était palpable fin août en baie de Seine entre Français et Anglais. Les seconds étaient accusés de vider toute l’année ce gisement de coquilles Saint-Jacques, quand les premiers ne sont autorisés à les pêcher que d’octobre à mai. Le 17 septembre, les chalutiers britanniques se sont résignés à ne revenir qu’à partir du 1er novembre.

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                Coquilles Saint-Jacques : accord entre les pêcheurs français et britanniques



2015 : crise de l’anchois au Pays Basque

   


Dans ce conflit qui a débuté en 1984, les pêcheurs espagnols ont été jusqu’à prendre en otage leurs homologues français pris en flagrant délit de pêche illégale d’anchois au large de Fontarrabie. Au sud des Pyrénées, ils étaient autorisés à pêcher jusqu’à 27 000 tonnes par an contre 2 700 tonnes au nord. En 2015, l’Espagne finit par céder 10 % de ses quotas aux Français pour apaiser les tensions.
 1994 : guerre du turbot au large de Terre-Neuve

   


Trop, c’est trop. Alors que le Canada tente de limiter la surpêche du turbot dans les Grands Bancs de Terre-Neuve, une crise diplomatique éclate en 1994 lorsqu’un énième navire européen, surpris dans la zone avec des filets illégaux, est saisi par les autorités canadiennes. Accusé de « piraterie » par l’Union européenne, le Canada obtient finalement une législation plus stricte aux larges de ses côtes.
 1990 : embargo sur le thon mexicain dans le Pacifique

   


Quatre ans avant que l’accord de libre-échange Aléna voie le jour, les États-Unis bloquent soudainement les importations de thon pêché par le Mexique. En cause, des techniques qui déciment les dauphins dans la zone tropicale de l’Océan pacifique. Réelle préoccupation environnementale ou protectionnisme caché ? Le Mexique porte plainte. L’embargo est invalidé au titre du GATT.
 1961 : affrontement sur la langouste près des côtes brésiliennes

   


Décolonisation oblige, la France renonce au début des années 1960 à l’exploitation de la pêche à la langouste en Mauritanie. Elle tente alors de se rapprocher des côtes brésiliennes où le crustacé prolifère. Mais le pays n’est pas partageur. En 1961, le conflit dégénère à coup de pression militaire et de fausses rumeurs avant de se solder pacifiquement par l’intermédiaire des États-Unis.



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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ La coulée de boue est survenue sur l’île de Cebu, en raison de très intenses pluies de mousson. Les secouristes recherchent une cinquantaine de personnes disparues.
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Un glissement de terrain fait au moins 22 morts aux Philippines

La coulée de boue est survenue sur l’île de Cebu, en raison de très intenses pluies de mousson. Les secouristes recherchent une cinquantaine de personnes disparues.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 06h58
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 07h11
   





                        



   


Quelques jours après le passage du typhon Mangkhut qui a tué au moins 88 personnes dans le nord des Philippines, une nouvelle catastrophe naturelle touche le pays. Une énorme coulée de boue a fait au moins 22 morts dans le centre des Philippines, selon un nouveau bilan diffusé vendredi 21 septembre.
Des dizaines de personnes étaient toujours portées disparues après l’effondrement jeudi à l’aube d’un versant d’une colline très escarpée de la localité de Tina-an, sur l’île de Cebu, dû à de très intenses pluies de mousson. A Cebu, les secouristes ont retrouvé 22 corps, a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) Julius Regner, porte-parole de la défense civile. Le bilan précédent, jeudi soir, faisait état de 12 morts.
Environ 200 personnes, pompiers, policiers et spécialistes utilisant des équipements lourds, étaient toujours à la recherche d’une cinquantaine de personnes disparues, a-t-il précisé. Les autorités ont obligé une vingtaine d’habitants vivant non loin à quitter leur domicile, de crainte de nouveaux glissements de terrain. Des journées de précipitations particulièrement fortes ont considérablement fragilisé les sols de cette zone.
Les recherches se poursuivent aussi dans le Nord
Parallèlement, les recherches se poursuivaient dans la région minière autour de la ville d’Itogon (nord), traversée samedi par le typhon Mangkhut, qui a détruit des habitations et dévasté des terres agricoles. Nombre des victimes ont péri dans un immense glissement de terrain dans cette localité de l’île de Luçon.

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                Typhon Mangkhut : le bilan s’alourdit à 81 morts aux Philippines



Les Philippines sont touchées chaque année par une vingtaine de typhons, qui font des centaines de morts et aggravent encore la pauvreté.
Haiyan, un des typhons les plus violents à avoir jamais touché terre, avait dévasté le centre de l’archipel en novembre 2013, faisant plus de 7 350 morts ou disparus et privant de logement plus de quatre millions d’habitants.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Peter Gotzsche, médecin danois connu pour ses positions critiques envers l’industrie pharmaceutique, est sur le point d’être évincé de la prestigieuse organisation internationale.
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La Cochrane, parangon mondial de la « médecine fondée sur la preuve », en pleine crise

Peter Gotzsche, médecin danois connu pour ses positions critiques envers l’industrie pharmaceutique, est sur le point d’être évincé de la prestigieuse organisation internationale.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 12h00
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

La Collaboration Cochrane traverse la plus grave crise de son histoire. Fondée voilà un quart de siècle par des chercheurs et des médecins désireux de promouvoir la « médecine fondée sur la preuve » (evidence-based medicine), la prestigieuse organisation se déchire depuis que son conseil de gouvernance a voté, le 13 septembre, l’expulsion de l’un de ses membres, Peter Gotzsche, un professeur de médecine et chercheur danois réputé pour ses positions très critiques vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique.
L’éviction de ce membre fondateur de l’organisation, qui ne devait être effective que jeudi 20 septembre, a déclenché la démission de quatre autres membres du conseil de gouvernance. Celui-ci se retrouve désormais réduit de près de moitié. La situation ouvre un « risque de chaos » au sein de la célèbre institution, selon l’expression de l’un de ses membres, dont certains suspectent à mots plus ou moins couverts qu’elle a cédé à des pressions de l’industrie pharmaceutique.
Peu connue du grand public, la Collaboration Cochrane est une organisation à but non lucratif forte de quelque 11 000 membres, généralement bénévoles, chercheurs ou praticiens, œuvrant collectivement à publier des revues systématiques de la littérature scientifique, afin d’évaluer, avec le plus haut niveau d’indépendance et de rigueur, les bénéfices et les risques de traitements médicamenteux ou d’interventions médicales.
Vingt-cinq ans après sa fondation, « la Cochrane » existe désormais à travers de nombreux centres nationaux ou régionaux. Elle est devenue une référence incontournable pour de nombreux praticiens, mais aussi pour les autorités sanitaires, les régulateurs et les organisations intergouvernementales.
« Longue enquête »
L’éviction de M. Gotzsche, annoncée lors de l’assemblée générale de l’organisation, tenue à Edimbourg (Ecosse) du 16 au 18 septembre, a provoqué un tollé. « Cela a été le centre de toutes les discussions,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ La vingtaine de personnes frappées simultanément par la foudre le 2 septembre 2017 en Meurthe-et-Moselle sont un groupe uni et un échantillon précieux pour la recherche.
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Les miraculés d’Azerailles, unis par la foudre qui ne les a pas tués


                      La vingtaine de personnes frappées simultanément par la foudre le 2 septembre 2017 en Meurthe-et-Moselle sont un groupe uni et un échantillon précieux pour la recherche.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 05h36
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 16h35
    |

                            Dominique Perrin








                              

                        

Ce samedi-là, rien n’annonce le drame. L’air est léger et le soleil brille sur Azerailles, village de huit cents habitants en Meurthe-et-Moselle. C’est le week-end du festival de musique Le Vieux Canal. Dans l’après-midi, des amoureux de la nature se sont donné rendez-vous sur un « espace naturel sensible ».
Au choix, atelier sur les plantes sauvages comestibles sous un petit chapiteau, ou balade contée le long de la Meurthe. Ce 2 septembre 2017, chacun découvre donc cette zone marécageuse avec tritons et azurés des paluds, un papillon dont la chenille se fait passer pour une fourmi afin de mieux squatter les fourmilières. La nature est étonnante. Personne n’imagine encore à quel point.
« S’il n’y a pas eu de macchabée, c’est parce que nous nous sommes partagé la décharge. » Herbert Ernst, journaliste fulguré en plein reportage
Il est un peu moins de 16 heures quand la pluie se met à tomber dru. Tout le monde fonce sous la tente. Un énorme bruit retentit. Un responsable pense à un attentat. Un enfant crie, un autre pleure. Plusieurs personnes tombent à terre, inanimées.
Au pied d’un aulne, la broussaille prend feu. La foudre vient de tomber. « Francis, c’est la guerre, on a plusieurs blessés », téléphone un pompier du village à son supérieur. Une soixantaine de ses collègues débarquent, ainsi qu’une trentaine de gendarmes. Une zone d’atterrissage pour hélicoptère est même improvisée en cas de besoin.
Au total, quatorze blessés, dont deux graves, sont évacués vers les hôpitaux de Lunéville, Saint-Dié et Nancy. Les concerts du soir sont annulés. Par un miracle que nul n’explique, la mort, qui faisait ce jour-là plusieurs millions de volts, n’a emporté personne.
Liés à jamais
Un an plus tard, les rescapés du 2 septembre forment un groupe unique, fascinant et mystérieux. Ils sont une vingtaine, en comptant ceux qui n’ont pas été hospitalisés. On les appelle des fulgurés. Les foudroyés meurent, les fulgurés survivent.
Certains...




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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ C’est la première fois qu’une mesure de cet ordre s’applique à l’échelle d’un Etat américain.
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En 2019, les pailles en plastique ne seront plus automatiques en Californie

C’est la première fois qu’une mesure de cet ordre s’applique à l’échelle d’un Etat américain.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 03h54
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 07h00
   





                        



   


A partir de 2019 en Californie, si vous voulez une paille en plastique pour siroter votre verre dans un restaurant, il vous faudra explicitement la demander : le gouverneur démocrate Jerry Brown a signé, jeudi 20 septembre, une loi interdisant toute distribution automatique de ces ustensiles qui polluent les océans.

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                L’océan Pacifique, cimetière de milliards de microplastiques



« Le plastique a contribué à faire progresser notre société, mais notre obstination à recourir à ces produits à usage unique a eu des conséquences désastreuses », a commenté dans un communiqué Jerry Brown, rejoignant la croisade entamée ces dernières années dans le monde contre cette forme de pollution insidieuse.
« On estime que le plastique dans les océans tue des millions d’animaux marins chaque année. »
Selon une étude publiée dans la revue Science, huit millions de tonnes de plastique sont rejetées chaque année dans les océans, soit 250 kg par seconde.

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                Sus au plastique ! Les dessous d’une « décision vertueuse »…



Une amende de 300 dollars après deux avertissements
« Le plastique sous toutes ses formes – pailles, bouteilles, emballages, sachets, etc. – est en train d’étouffer notre planète », alerte M. Brown. « Ce n’est pas grand-chose de faire en sorte qu’un consommateur qui veut une paille la demande. Mais cela lui laissera peut-être le temps de réfléchir et de trouver une alternative. Une chose est certaine, nous devons trouver le moyen de réduire, et à terme d’éliminer, tous ces produits en plastique à usage unique. »

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                Pailles en plastique : à la recherche d’alternatives



Après deux avertissements, les établissements qui persisteraient à enfreindre cette loi s’exposeraient à 300 dollars d’amende (255 euros).
De grandes villes états-uniennes, comme Seattle (Etat de Washington), Miami Beach (Floride) ou Oakland (Californie), ont déjà restreint, sinon complètement interdit, la distribution ou la vente de pailles en plastique, mais c’est la première fois qu’une mesure de cet ordre s’applique à l’échelle d’un Etat américain.
Plusieurs pays européens, comme le Royaume-Uni ou la France, ont décidé d’interdire les pailles en plastique et autres couverts jetables dans les années à venir.




                            


                        

                        

