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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Dans une tribune adressée au « Monde », le neurochirurgien Marc Lévêque défend l’utilisation des outils de stimulation nerveuse contre la douleur. Un moyen, selon lui, de réduire la mortalité par overdose de morphine et de ses dérivés.
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La neuromodulation contre la crise des opioïdes

Dans une tribune adressée au « Monde », le neurochirurgien Marc Lévêque défend l’utilisation des outils de stimulation nerveuse contre la douleur. Un moyen, selon lui, de réduire la mortalité par overdose de morphine et de ses dérivés.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 18h09
    |

                            Marc Lévêque (Neurochirurgien et spécialiste de la douleur)








                        



                                


                            
Tribune. Le gouvernement américain a dénombré 67 114 morts par opioïdes prescrits en 2016 et près de 72 000 en 2017, soit l’équivalent d’un crash d’A380 tous les trois jours. Les sociologues se sont penchés sur cette hécatombe, montrant que les « Blancs non hispaniques »étaient les principales victimes de ces overdoses sur ordonnances. Un récent article du JAMA Network Open montre une superposition de la cartographie du vote Trump et de cette mortalité.
On entrevoit ici les liens qu’entretiennent les maux de la mondialisation, qui frappent en particulier la classe moyenne, et la douleur chronique. Des hommes devenus superflus à leur économie trouvent dans les tourments de leur chair une ultime raison d’exister. La massification du chômage – qu’engendrera le développement vertigineux de l’intelligence artificielle et de la robotisation – laisse présager d’un phénomène loin de son zénith.
« La stimulation médullaire est une technique qui a fait la preuve de son efficacité, mais dont l’accès, en France, demeure extrêmement hétérogène »
La mondialisation, néanmoins, ne peut être tenue responsable de tous les maux, et les laboratoires pharmaceutiques sont aujourd’hui montrés du doigt. Depuis trente ans, la morphine et ses dérivés ont été modifiés, à la marge, pour diversifier ses modes d’administration et minimiser ses ­effets secondaires. Ces déclinaisons auront permis, surtout, de rendre « brevetable » une molécule ancestrale et d’accroître ainsi considérablement les profits d’un antalgique au pouvoir addictif très puissant. D’habiles plans marketing ont su convaincre un corps médical demeuré méfiant à l’égard d’une drogue connue depuis l’Antiquité.
Cette responsabilité des firmes pharmaceutiques a été pointée dès 2007, avec une amende de 600 millions de dollars infligée à ­Purdue Pharma. Le laboratoire prétendait qu’en raison de sa libération prolongée son Oxycontin (oxycodone) représentait une menace moindre de...




                        

                        


<article-nb="2018/09/25/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ La multiplication des capteurs sur les futures générations de véhicule modifiera également les conditions de leur entretien, rappelle dans une tribune au « Monde » Sophie Vergne, qui dirige une entreprise de nettoyage automobile.
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Il faut « s’assurer que les capteurs des voitures autonomes sont et resteront plus fiables que nos cinq sens »

La multiplication des capteurs sur les futures générations de véhicule modifiera également les conditions de leur entretien, rappelle dans une tribune au « Monde » Sophie Vergne, qui dirige une entreprise de nettoyage automobile.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 17h22
    |

Sophie Vergne (PDG et fondatrice de Kleen, application consacrée au lavage automobile)







                        



                                


                            

Tribune. En 2017, 3 456 Français ont perdu la vie dans un accident de voiture. Ils étaient 16 545 en 1972. Cette division par cinq en trente ans a été rendue possible par les efforts conjugués des pouvoirs publics et des constructeurs automobiles. De meilleures infrastructures, une politique de prévention efficace, des lois plus strictes et la modernisation des automobiles ont grandement participé à cette baisse. Nous sommes maintenant arrivés à un palier qu’il est difficile de franchir en l’état ; il faut donc une rupture radicale pour y arriver.
En effet, 90 % des accidents de la route sont dus à une erreur humaine : la vitesse serait responsable d’un accident mortel sur trois, et l’alcool d’un sur quatre. Certes, des mesures ont été prises pour réduire la vitesse (les fameux 80 km/h sur les routes à double sens depuis le 1er juillet) ou pour réduire le taux l’alcoolémie des automobilistes.

Mais le véhicule autonome apparaît comme une véritable opportunité pour faire baisser le nombre d’accidents sur les routes. Selon Carlos Ghosn, le PDG de Renault-Nissan, la voiture autonome devrait permettre de sauver 1 million de vies par an dans le monde.
Nos véhicules font actuellement des progrès énormes, et nous pouvons déjà leur déléguer un certain nombre de tâches de la conduite, comme faire un créneau, réguler notre vitesse ou rester entre les lignes blanches.
100 % autonomes pour 2020
Mais l’autonomisation des véhicules ne va pas en rester là : les premiers véhicules 100 % autonomes sont annoncés pour 2020, et les choses pourraient s’accélérer ! Bien entendu, ces avancées techniques devront s’accompagner de réflexions éthiques et sociétales : qui sera responsable en cas d’accident ? Le propriétaire du véhicule ? L’éditeur du logiciel de conduite ? La chaussée mal entretenue ? La société en charge de l’entretien de la voiture ?
Tout l’enjeu est donc de remplacer nos yeux et nos oreilles par des...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Jean-Louis Bancel, président du Crédit coopératif, note dans une tribune au « Monde » que la gestion prudente du capital mutualiste est une garantie de solidité et de vision de long terme qui devrait rassurer les actionnaires dans la reprise de la société de réassurance SCOR, et non les inquiéter.
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« Les entreprises coopératives et mutualiste » ont toute légitimité à être « actionnaires de référence »

Jean-Louis Bancel, président du Crédit coopératif, note dans une tribune au « Monde » que la gestion prudente du capital mutualiste est une garantie de solidité et de vision de long terme qui devrait rassurer les actionnaires dans la reprise de la société de réassurance SCOR, et non les inquiéter.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 16h55
    |

Jean-Louis Bancel (Président du Crédit coopératif et de Coop FR)







                        



                                


                            

Tribune. Ces derniers jours, plusieurs voix critiques ont fustigé, dans la presse, les entreprises mutualistes et coopératives, s’insurgeant contre la possible reprise de la société de réassurance SCOR par le groupe mutualiste Covea (MMA, MAAF et GMF).
Rappelons d’abord que, de longue date, les entreprises mutualistes sont des actionnaires stables et loyaux de la SCOR. Si aujourd’hui nous avons un réassureur français de dimension mondiale, c’est bien grâce au monde mutualiste qui depuis une trentaine d’années s’est comporté comme un actionnaire de long terme.
Il serait insupportable de laisser accroire que les structures coopératives et mutualistes ne sont que des entreprises « franchouillardes » réfractaires à toute ouverture au monde. Le secteur mutualiste est un contributeur important à l’économie de notre pays : il représente 10 % du produit intérieur brut et près de 13 % des emplois privés.

Au-delà des éléments propres à cette opération, certains justifient leur refus de la légitimité de l’intervention des entreprises coopératives et mutualistes comme actionnaires de référence au nom de postulats qui méritent une critique rationnelle.
« Biens de main morte »
Il est ainsi invoqué que les structures coopératives et mutualistes, en étant fidèles à leurs règles de fonctionnement, à savoir une distribution limitée des résultats annuels avec en corollaire leur accumulation dans des réserves impartageables, seraient un lieu d’accumulation de « biens de mainmorte ». Avec cette expression, on retrouve le jugement moral propre à la période révolutionnaire contre les biens du clergé.
On ne voit pas en quoi l’investissement dans le capital d’une grande entreprise de réassurance serait un projet spéculatif ou immoral qui serait défendu à des mutuelles ou des coopératives
Un tel reproche n’est pas sans rappeler celui fait par le Fonds monétaire international (FMI) en 2007, qui accusait les banques coopératives...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Christian Regouby, délégué général du Collège culinaire de France, explique dans une tribune au « Monde » que surmonter les réticences des candidats à l’emploi dans la restauration passe par l’échange d’expériences entre les maillons de la chaîne qui mène de la terre à l’assiette.
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« Les métiers de la restauration sont passionnants lorsqu’on choisit de les pratiquer sous l’angle de la qualité »

Christian Regouby, délégué général du Collège culinaire de France, explique dans une tribune au « Monde » que surmonter les réticences des candidats à l’emploi dans la restauration passe par l’échange d’expériences entre les maillons de la chaîne qui mène de la terre à l’assiette.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 16h29
    |

Christian Regouby (Délégué général du Collège culinaire de France)







                        



                                


                            

Tribune. Beaucoup de restaurateurs se plaignent du manque de motivation et de fidélité des candidats pour un métier qui semble rebuter les chercheurs d’emploi par ses contraintes horaires et matérielles et son manque de valorisation sociale. Le débat sur la « petite phrase » d’Emmanuel Macron sur la facilité à trouver un emploi dans le secteur « en traversant la rue » a attiré à nouveau l’attention sur ce problème.
Il est vrai que trop de jeunes aujourd’hui choisissent nos métiers plus par défaut que par passion. Mais n’est-ce pas à la profession de donner envie à ses futures recrues ? Les métiers de la restauration sont intrinsèquement passionnants, lorsqu’on choisit de les pratiquer sous l’angle de la qualité à tous les niveaux.
Des trésors de créativité
Le réseau des « Restaurants et producteurs artisans de qualité », créé par le Collège culinaire de France en 2013, a développé une approche particulière pour s’attaquer aux problèmes de recrutement et de fidélisation de ses 2 200 membres sur l’ensemble du territoire.
En amont, auprès des écoles de la restauration et de l’hôtellerie, le Collège culinaire propose la signature d’une « charte de saisonnalité » qui sensibilise les futurs professionnels pour qu’ils s’ouvrent aux pratiques artisanales et à une reconnexion avec la terre. Il s’agit de les inciter à aborder leur métier par la connaissance des produits et des producteurs, source de motivation et d’engagement.
L’accent mis par le Collège culinaire de France sur l’importance vitale d’une relation humaine entre producteurs et restaurateurs fait émerger des trésors de créativité et d’échanges passionnés sur la découverte et la compréhension de métiers différents. Ainsi, un restaurateur qui aura compris sur le terrain, au côté de son producteur, l’importance du moment de maturation optimum d’un légume ou d’un fruit pour le goût, pourra partager la découverte avec ses équipes et les passionner.
Développer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Pour Denis Pelletier, historien du catholicisme contemporain, on assiste à un retour en force du catholicisme conservateur, même si les « cathos de gauche » n’ont pas totalement disparu.
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« Le risque des Bernardins est celui d’un repli sur des positions conservatrices »

Pour Denis Pelletier, historien du catholicisme contemporain, on assiste à un retour en force du catholicisme conservateur, même si les « cathos de gauche » n’ont pas totalement disparu.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 14h28
    |

                            Catherine Portevin








                        



                                


                            

Denis Pelletier est historien du catholicisme contemporain, directeur d’études à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE). Il a notamment publié La Crise catholique. Religion, société, politique en France (1965-1978) (Payot, 2002) et codirigé avec Jean-Louis Schlegel A la gauche du Christ. Les chrétiens de gauche en France de 1945 à nos jours (Le Seuil, 2012).
Comment situez-vous le projet du Collège des bernardins dans l’histoire des intellectuels catholiques en France ?
Il a longtemps existé, en France, un modèle d’intellectuel catholique qui reprenait à son compte la tradition de l’engagement, à la manière de Zola ou de Sartre, tout en lui donnant une coloration chrétienne. Quand François Mauriac [1885-1970] combattait la torture en Algérie, quand André Mandouze [1916-2006] militait pour un rapprochement entre l’Eglise et les communistes, ils le faisaient en tant que catholiques, tout en rejoignant le mode d’engagement critique des intellectuels laïcs. Ils pouvaient signer des pétitions, parler dans des meetings, s’engager dans des controverses publiques.

Le Collège des bernardins est né en rupture avec cette forme d’engagement. Le modèle qu’il privilégie, bien plus ancien, est celui du théologien travaillant dans le retrait de son studium. Les responsables des Bernardins peuvent être clercs ou laïcs, mais ils récusent cette notion d’engagement qu’acceptaient Mauriac ou le père Chenu [1895-1990]. Ils ont une position confessante, c’est-à-dire qu’ils veulent approfondir et réaffirmer la spécificité catholique au sein de la société moderne. Ce n’est pas forcément une fermeture : les Bernardins débattent avec des intervenants choisis hors du catholicisme, dans la sphère intellectuelle et les milieux de la culture. Mais le risque est celui d’un repli sur des positions conservatrices, qui n’était pas le projet initial de Jean-Marie Lustiger [1926-2007].





                        

                        


<article-nb="2018/09/25/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ La perte d’une fonction enzymatique, il y a deux millions d’années, nous a rendus plus endurants. Des souris porteuses de la mutation courent 12 % plus vite et 20 % plus loin…
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Cette mutation qui a fait de nous des coureurs hors pair

La perte d’une fonction enzymatique, il y a deux millions d’années, nous a rendus plus endurants. Des souris porteuses de la mutation courent 12 % plus vite et 20 % plus loin…



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 17h55
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Dix mille pas et plus. Le Kényan Eliud Kipchoge a pulvérisé, dimanche 16 septembre, le record du monde en parcourant les 42 kilomètres du marathon de Berlin en 2 h 01 min 39 secondes. Soit 78 secondes de moins que le temps établi en 2014 par un autre Kényan. Une telle performance pourrait-elle s’expliquer par les gènes ?
Comparé à d’autres primates, on sait que l’homme est un coureur de fond hors pair. Cette faculté serait apparue il y a 2 à 3 millions d’années, en raison des adaptations anatomiques et physiologiques telles qu’une meilleure respiration cellulaire et une hypertrophie de l’épiderme améliorant la dissipation de la chaleur… selon une étude publiée le 12 septembre dans Proceedings of The Royal Society par des chercheurs de l’école de médecine de San Diego (université de San Diego, en Californie). Un avantage de poids pour le chasseur de l’époque. Cette spécificité pourrait être due à une mutation suggère l’étude, sur le gène CMAH, qui a entraîné la perte de la fonction d’une ­enzyme, de son petit nom CMP-Neu5Ac hydroxylase.
Jon Okerblom, thésard dans cette équipe de recherche, a étudié sa fonction chez la souris. « Nous avons évalué la capacité d’exercice chez des souris dépourvues de ce même gène CMAH, et nous avons constaté une augmentation des performances pendant les essais sur tapis roulant et après quinze jours de fonctionnement volontaire de la roue », expique-t-il. Ces souris porteuses de la mutation courent 12 % plus vite et une distance 20 % supérieure par rapport à leurs congénères, sans y être forcées. De plus, les souris présentaient une plus grande résistance musculaire à la fatigue, une meilleure respiration des cellules et davantage de capillaires, ce qui augmentait l’apport en sang et en oxygène aux muscles de leurs membres postérieurs.
Une double bénédiction
Ajit Varki, auteur de l’étude en question et professeur de médecine cellulaire et moléculaire, et Pascal Gagneux, directeur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ L’ouverture de l’Arctique grâce au changement climatique représente un enjeu économique et géopolitique majeur explique, dans sa chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz.
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Iamal ou « la fin du monde »

L’ouverture de l’Arctique grâce au changement climatique représente un enjeu économique et géopolitique majeur explique, dans sa chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 12h05
    |

Jean-Baptiste Fressoz (Chercheur au Centre de recherches historiques Alexandre-Koyré de l’Ecole des hautes études en sciences sociales)







                        



                                


                            

Transformations. Pour la première fois dans l’histoire, un navire porte-conteneurs, le Venta Maersk, a relié cet été Saint-Pétersbourg à Vladivostok en longeant les côtes de la Sibérie. Ce pourrait être anecdotique si Maersk n’était pas la première compagnie maritime du monde et si le succès de l’expérience n’avait pas aiguisé l’appétit de ses concurrents : l’armateur chinois Cosco est également en train de constituer une flotte de navires équipés pour la navigation arctique.
Le fameux « passage du Nord-Est », le Graal des navigateurs européens depuis la Renaissance, est en train de s’ouvrir sous nos yeux à la navigation commerciale. Le volume des biens échangés par cette route aurait décuplé depuis 2013, et des chercheurs de la Copenhagen Business School (Maersk est la plus grande entreprise danoise) estiment qu’elle pourrait être compétitive par rapport au canal de Suez vers 2040 (Arctic shipping. Commercial opportunities and challenges, C. O. Hansen, P. Gronsedt, C. L. Graversen, C.Hendriksen, CBS Maritime, 2016).

Si cet événement, capital dans l’histoire de la mondialisation, n’a guère été célébré, c’est qu’il reflète notre malaise, notre hypocrisie et peut-être même notre renoncement face au changement climatique.
Comme le montre Jean-Michel Valantin dans son ouvrage Géopolitique d’une planète déréglée (Le Seuil, 2017), l’ouverture de l’Arctique grâce au changement climatique représente un enjeu économique et géopolitique majeur. Selon les géologues, la région arctique pourrait abriter 50 000 milliards de mètres cubes de gaz, soit dix-sept ans de consommation mondiale.
Les capitaux asiatiques, chinois surtout, mais aussi coréens et japonais, affluent vers l’Arctique, permettant ainsi à la Russie d’ouvrir un nouveau front d’extraction palliant la baisse prévisible de ses gisements de pétrole conventionnels. Le développement économique du nord de la Sibérie, lié pour...




                        

                        


<article-nb="2018/09/25/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le Monde Festival s’installe au Musée des beaux-arts de Montréal vendredi 26 octobre. La programmation, fruit d’un travail commun avec le journal québécois « Le Devoir » sur le thème « Ensemble », croisera les points de vue de plus de trente invités prestigieux.
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                A Montréal, le Monde Festival fait dialoguer le Québec et la France


Le Monde Festival s’installe au Musée des beaux-arts de Montréal vendredi 26 octobre. La programmation, fruit d’un travail commun avec le journal québécois « Le Devoir » sur le thème « Ensemble », croisera les points de vue de plus de trente invités prestigieux.

LE MONDE
                 |                 25.09.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 12h28
                














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Croiser les regards, français et québécois, sur quelques-uns des grands thèmes qui structurent aujourd’hui le débat public des deux côtés de l’Atlantique : telle est l’idée du Monde festival Montréal qui a lieu le 26 octobre au Musée des beaux-arts sur le thème « Ensemble » en partenariat avec le journal québécois Le Devoir. 

        Lire aussi :
         

                « Le Monde » lance un festival à Montréal



Le succès du Monde festival, qui fête sa cinquième édition du 5 au 7 octobre à Paris — et dont vous pouvez retrouver la programmation complète sur notre site —, nous a donné l’idée de créer son « petit cousin » au Québec. Changement climatique, laïcité, féminisme, intelligence artificielle, exception culturelle , éducation…  Retrouvez le programme complet :

   


Réformes sociétales : consensus québécois, dissensus français
Autorisation du mariage pour les couples de même sexe ; éventuelle légalisation de la grossesse pour autrui ; dépénalisation de la consommation de drogue…, le Québec et la France n’appréhendent pas de la même manière ces évolutions sociétales majeures. Tandis que les Québécois semblent davantage attachés à une culture du consensus permettant des réformes « en douceur », les Français sont voués, sur ces sujets, au dissensus permanent, et à des réformes toujours conflictuelles.
Forte de son expérience de garde des sceaux, ministre de la justice de 2012 à 2016, Christiane Taubira livrera son sentiment sur les raisons de ces passions françaises. Ancienne ministre déléguée aux services sociaux et à la protection de la jeunesse, députée à l’assemblée nationale du Québec, coauteure du projet de loi sur la fin de vie, Véronique Hivon explorera les contours et les limites du consensus québécois, tandis que Gabrielle Bouchard proposera son témoignage de présidente transgenre de la Fédération des femmes du Québec et Alain Roy son expertise dans le domaine du droit de la famille.
Animé par Franck Nouchi. Salle Bourgie, 10 heures - 11 heures
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Faut-il continuer à promouvoir une exception culturelle francophone ?
Au fil des accords commerciaux, les biens culturels, par essence dématérialisés, circulent de plus en plus librement par-delà les frontières. Une situation effrayante pour les acteurs culturels qui se demandent si la culture de leur pays ne va pas disparaître au profit de la mondialisation. Plusieurs pays, comme le Canada et la France, s’échinent pourtant à préserver leurs créations culturelles des impératifs commerciaux du libre-échange. Au Québec, seule province majoritairement francophone au Canada, la culture joue un rôle éminemment politique : elle n’est décidément pas un bien comme les autres. Ainsi, l’accord du CETA (Accord économique et commercial global, AEGC en France) inclut un point sur l’exception culturelle. Quant à l’Aléna (Accord de libre-échange nord-américain), Justin Trudeau affirme ne pas vouloir plier sur la question.
Mais face aux géants du numérique qui cartonnent, comme Netflix, cette conception de l’exception culturelle francophone n’est-elle pas désuète ? A l’heure de la mondialisation, devrions-nous avoir une approche plus libérale de la culture ? Ou au contraire plus restrictive, en taxant les GAFA pour financer une culture locale ?
La ministre de la francophonie québécoise, Christine St-Pierre, la présidente de la Société de développement des entreprises culturelles au Québec, Louise Lantagne, la directrice générale de Gaumont, Sidonie Dumas, et Claudine Lepage, la sénatrice représentant les Français établis hors de France débattront de ces questions.
Animé par Guillaume Bourgault-Côté. Auditorium Maxwell-Cunnings, 10 heures - 11 h 30
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                Monde Festival : « Faire ensemble », par Christine St-Pierre, ministre québécoise de la francophonie



Urgence climatique : les politiques sont-ils irresponsables ?
Réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, déforestation massive, pollution durable des sols, de l’eau et de l’air… Tous ces voyants rouges reflètent une même réalité : l’état de dégradation des conditions de vie à la surface de la Terre.
« Il sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l’échec, et le temps presse » s’alarmaient, il y a un an, 15 000 scientifiques du monde entier réunis dans un appel commun. Les réponses de la communauté internationale, engagée par l’accord de Paris conclu lors de la COP21 (conférence climat de décembre 2015), et les politiques publiques développées par la France et le Canada, sont-elles à la hauteur de cette « urgence climatique » ? Des personnalités du monde politique et de la société civile, issues des deux rives de l’Atlantique, en débattent. Parmi elles, Delphine Batho, ancienne ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, députée et présidente de Génération écologie, et François Delorme, professeur à l’université de Sherbrooke et expert du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).
Animé par Simon Roger. Salle Bourgie, 11 h 30 - 15 heures.
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A quoi sert un musée ?
Les grands musées du monde sont à l’heure d’un choix stratégique, entre leurs missions traditionnelles et leur ouverture à des questions de société. Les missions traditionnelles ? Enrichir leurs collections, mieux les présenter au mur, expliquer les œuvres, découvrir des artistes, concevoir des expositions et catalogues de qualité, attirer un public toujours plus nombreux, plus jeune et plus diversifié, équilibrer leurs comptes, en augmentant leurs ressources propres.
Mais une autre mission se dessine, qui vient s’ajouter aux objectifs premiers : s’imposer comme un acteur du débat social et politique. Cette mission fait débat, surtout pour l’instant dans les musées d’Amérique du Nord : être toujours plus ouvert au quartier et à la ville qui l’entoure, devenir un lieu de vie où le public est actif et non pas seulement spectateur, être un forum ouvert aux questions sociales en invitant les communautés et publics dits « empêchés » à s’exprimer.
Ces deux missions sont-elles justes ? Peut-on les concilier et comment ? Peuvent-elles avoir des conséquences jusqu’à la présentation des collections et des expositions ? Quel modèle économique cela induit-il ? A l’arrivée, un musée sera-t-il demain encore un musée ?
Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal, et d’autres intervenants (à venir) tenteront de répondre à ces questions.
Animé par Michel Guerrin. Auditorium Maxwell-Cunnings, 12 heures - 13 heures.
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Quel féminisme après #MeToo ?
Le mot « féminisme » demeure un gros mot dans la bouche de certains Français. Au Québec, il rime depuis longtemps avec « égalité », et des hommes n’hésitent pas à s’en emparer. Les écarts de salaire entre les femmes et les hommes y sont moins importants qu’en France, les femmes à la tête d’institutions et d’entreprises plus nombreuses, et les tâches domestiques globalement mieux partagées.
Comment expliquer cette différence culturelle entre nos deux pays ? Quelles similarités et quelles différences dans les histoires des féminismes français et québécois ? Quel impact l’affaire Weinstein a-t-elle eu des deux côtés de l’Atlantique ? Comment les études de genre sont-elles reçues ?
La sociologue française Eva Illouz, l’écrivaine française Belinda Cannone, la présidente de Pour les droits des femmes du Québec, Diane Guilbault, et la cofondatrice de Mouvement Québec contre les violences sexuelles, Mélanie Lemay, en débattront.
Animé par Nicolas Truong. Salle Bourgie, 13 h 30 - 15 heures.
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Comment former les jeunes au monde qui vient ?
L’éducation, véritable casse-tête pour les gouvernements, est souvent sous le feu des critiques et sujette à de multiples réformes. Echecs et inégalités scolaires, décrochage des élèves, classes qui débordent, surmenage des professeurs…, les défis se ressemblent au Québec comme en France.
Mais comment se fait-il que nos gouvernements peinent à trouver des solutions pour améliorer le système scolaire ? Le Québec et la France devraient-ils revoir leur système éducatif dans son entièreté ? Peut-on se contenter de transmettre des connaissances fondamentales ou faut-il envisager un apprentissage sur le terrain ? Le système éducatif doit-il être le même pour tous ou adapté à chacun ?
Le sociologue et ex-directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris François Dubet débattra avec la journaliste Lise Bissonnette, qui a été successivement présidente du conseil d’administration de l’université du Québec à Montréal (UQAM), directrice de la Grande Bibliothèque du Québec (BAnQ) et journaliste à l’éducation puis directrice du Devoir.
Animé par Brian Myles. Auditorium Maxwell-Cunnings, 13 h 30 - 15 heures.
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Ethique et intelligence artificielle : quels enjeux ?
Des voitures autonomes à la reconnaissance faciale ou vocale, l’intelligence artificielle a progressé de façon spectaculaire ces dernières années et fait désormais partie de notre quotidien. La généralisation des algorithmes nourrit nos imaginaires fascinés par la promesse d’un monde meilleur où la puissance du calcul des ordinateurs pourrait éliminer l’accident ou le crime.
Elle suscite aussi la crainte d’un univers contrôlé par la logique numérique. Jusqu’où peut-on laisser aux algorithmes et à ceux qui les développent le contrôle de nos sociétés ? Comment protéger nos vies privées de l’appétit de machines alimentées par la collecte des données personnelles ? Comment se préparer aux bouleversements que l’intelligence artificielle va entraîner dans de nombreux secteurs professionnels ? Au Canada et en France, des réflexions sont menées sur l’encadrement et la réglementation de ces outils. Vont-elles dans le même sens ?
Autant de sujets que viendront éclairer nos invités, tous deux chercheurs et impliqués dans le débat éthique : Yoshua Bengio, spécialiste de l’apprentissage automatique profond (deep learning), directeur de l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal (MILA), il participe à l’élaboration d’une future « déclaration de Montréal pour une intelligence artificielle responsable » ; et Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique à Sorbonne Université, président du comité d’éthique du CNRS, qui a publié de nombreux ouvrages précurseurs (L’Ame machine, Seuil, 1990 ; Le Mythe de la singularité, Seuil 2017).
Animé par Claire Legros. Salle Bourgie, 15 h 30 - 17 heures.
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Autochtones, histoire coloniale : comment composer avec l’héritage du passé ?
La France comme le Québec possèdent un passé douloureux d’anciens colonisateurs. La décolonisation française, qui s’opère à partir de 1945, laisse encore des traces. Aujourd’hui, la France doit composer avec les multiples groupes sociaux issus de l’immigration ayant souffert de ce passé colonial. La France a-t-elle encore des efforts à faire pour ouvrir le dialogue sur ces enjeux ?
De son côté, le Québec doit composer avec un passé autochtone, et décider comment celui-ci doit être reconnu dans le discours national. Le Canada a récemment pris conscience de la nécessité de reconnaître les torts causés aux Autochtones lors de la période des pensionnats. D’autres institutions feront-elles un effort de réconciliation ?
Faut-il revoir l’enseignement de l’histoire pour y inclure davantage le passé colonial et la réalité autochtone ? Devrions-nous reconnaître des droits accrus aux communautés ? Voire reconnaître des territoires, comme cela fut le cas avec Montréal ? Déboulonner des personnages historiques qui ont un passé douteux ? Toutes ces questions seront débattues, autant du point de vue français que de la perspective québécoise avec la romancière Alice Zeniter (prix Goncourt des lycéens 2017 pour L’Art de perdre), l’historien et président du Conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Benjamin Stora, l’activiste autochtone Michèle Audette, le chirurgien autochtone Stanley Vollant et l’anthropologue Serge Bouchard.
Animé par Jean-François Nadeau. Auditorium Maxwell-Cunnings, 15 h 30 - 17 heures.
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Que vont chercher les Français au Québec ?
Le Québec est à la mode en France, et ce depuis plusieurs années. Les Français sont les premiers immigrants au Québec. Plus de quatre mille d’entre eux, souvent des travailleurs qualifiés, tentent leur chance chaque année dans la province. A ceux-là s’ajoutent les dix mille étudiants, les détenteurs de permis temporaire ou d’un permis vacances-travail.
La langue commune encourage certainement l’immigration, mais comment se fait-il que le Québec attire autant les Français ? Existe-t-il davantage d’occasions d’affaires au Québec ? L’accès au travail y est-il plus facile ? Trouvent-ils une meilleure qualité de vie dans la province ? L’éducation et la recherche sont-elles meilleures qu’en France ? Le Québec est-il un lieu privilégié pour l’immigration francophone ? Nous en débattrons avec Nicolas Girard Deltruc, directeur du Festival du nouveau cinéma, Géraldine Martin, Directrice de l’Entrepreneuriat de la Ville de Montréal, Marie Jean-Meurs, spécialiste de l’intelligence artificielle et coordinatrice du regroupement de recherche HumanIA qu’elle a cofondé en 2017.
Salle Bourgie. 17 h 30 - 19 heures.
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Laïcité d’abstention ou laïcité de collaboration ?
Les questions de laïcité n’en finissent plus de semer la discorde. Pour y répondre, les gouvernements français et québécois tentent de trouver un modèle qui leur est propre. La France a interdit, en 2011, la dissimulation du visage dans l’espace public — une mesure visant directement le port de la burqa et du niqab. Récemment, le Québec est allé dans ce sens avec sa proposition de loi 62, qui prévoit qu’une personne offrant ou recevant un service public doit avoir le visage découvert. Une mesure contestée par la Cour supérieure du Québec. Souvenons-nous aussi au Québec des débats sur la Charte des valeurs. La laïcité polarise et personne ne s’entend sur le sens qu’elle doit prendre au sein de la société.
Comment devrions-nous aborder la laïcité ? L’Etat doit-il imposer sa vision en légiférant ou laisser les citoyens vivre leur religion comme ils l’entendent ? Si l’Etat légifère, brime-t-il les libertés de l’individu ? Quels sont les effets des différentes visions de la laïcité ? La laïcité d’abstention pourrait-elle accentuer la polarisation au sein de la société ? Les gouvernements ne gagneraient-ils pas à s’engager vers une laïcité de collaboration ? L’historien canadien Gérard Bouchard, la politologue québécoise Fatima Houda-Pepin, le politologue français Patrick Weil et la sociologue française Valentine Zuber en débattront. 
Animé par Francine Pelletier. Auditorium Maxwell-Cunnings, 17 h 30 - 19 heures.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Alors que les révélations d’abus sexuels commis par des prêtres s’accumulent, le pape François ne peut plus se contenter de paroles de contrition, et l’Etat, notamment en France, se doit d’intervenir.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Pédophilie : l’Eglise rongée par le scandale

Editorial. Alors que les révélations d’abus sexuels commis par des prêtres s’accumulent, le pape François ne peut plus se contenter de paroles de contrition, et l’Etat, notamment en France, se doit d’intervenir.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 11h34
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Les chiffres sont accablants. En Allemagne, 3 677 mineurs ont été agressés sexuellement par des clercs de l’Eglise catholique entre 1946 et 2014. En Australie, 4 444 cas d’abus ont été identifiés entre 1980 et 2015. Aux Etats-Unis, pendant cinq ou six décennies, plus d’un millier d’enfants et d’adolescents ont été victimes de violences commises par des prêtres. Des scandales de même nature ont été révélés en Irlande ou encore au Chili, avec à chaque fois des évêques qui ont fait écran entre les agresseurs et la justice civile, et même maintenu des prédateurs au contact d’enfants.
La France n’est pas davantage épargnée : des faits d’abus sexuels, tantôt anciens, tantôt récents, surgissent régulièrement. Le mal de la pédophilie, couvert par une intolérable conspiration du silence, ronge l’Eglise. « Abus sexuels, état d’urgence dans l’Eglise », a titré le quotidien La Croix le 13 septembre.
Le pape François, qui depuis son élection en 2013 a toujours pris la défense des plus faibles, ne semble pas avoir pris conscience de l’ampleur de ce tsunami qui ébranle les fondements mêmes de son Eglise. Après son désastreux voyage au Chili, en janvier, où il avait soutenu un évêque accusé d’avoir protégé un prêtre soupçonné d’agressions sexuelles sur mineurs, le pontife argentin avait reconnu « avoir commis de graves erreurs d’appréciation et de perception ». Il avait fait part de sa « douleur » et de sa « honte ». Et il avait même dénoncé une « perversion » ecclésiale. Une sorte d’aveu d’impuissance, comme si l’Eglise admettait qu’elle n’avait rien entrepris contre les fautifs ou que les mécanismes de prévention ou d’alerte qu’elle prétendait avoir mis en place avaient été inefficaces.
« Tolérance zéro »
Les paroles de contrition ne suffisent plus. Il faut des actes forts. Des pistes qui avaient été suggérées par une commission créée par le pape, comme la création d’un tribunal chargé de juger les évêques défaillants ou l’abolition du délai de prescription, sont restées sans suite. En mai 2011, sous le pontificat de Benoît XVI, une circulaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi avait pourtant considéré que, « en matière d’abus sexuel, il s’agit de s’en remettre à la justice des Etats ».
La « tolérance zéro » prônée par François suppose de mettre fin au culte du secret et aux abus de pouvoir. Elle suppose également de lever le secret pontifical, inscrit dans le droit canon qui régit la confidentialité en cas de violences sexuelles à l’encontre des enfants et des personnes vulnérables. Les évêques américains avaient obtenu, en 2002, une exception à cette règle, afin de signaler les faits d’agressions sexuelles aux autorités civiles.

        Lire aussi :
         

                Olivier Bobineau : « Nous ne sommes qu’au début des révélations d’affaires de pédophilie dans l’Eglise »



L’expérience de plusieurs pays, en Australie ou encore en Irlande, montre que l’intervention de l’Etat, sous la pression de l’opinion publique, a souvent été salutaire pour obtenir un état des lieux sur les actes de pédophilie. Aux Etats-Unis, un procureur a conduit l’enquête en Pennsylvanie.
En France, le nouvel archevêque de Reims, Eric de Moulins-Beaufort, a réclamé un « vrai rapport complet, en se faisant aider pour cela par des personnes extérieures ». Pour l’association La Parole libérée, qui regroupe des parents de victimes, seul l’Etat a les moyens de procéder à un tel audit. En novembre, pour la première fois, lors de leur assemblée bisannuelle, les évêques de France entendront les victimes d’abus. Devant l’ampleur du scandale, l’Etat ne peut plus se voiler la face.

        Lire aussi :
         

                Pédophilie dans l’Eglise : pourquoi la France ne réagit pas






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », deux militantes de partis de droite engagent les opposants aux cours d’éducation sexuelle à l’école à « bien mesurer la portée de leur refus », qu’elles jugent « irresponsable ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’éducation à la vie sexuelle et affective à l’école est une nécessité de santé publique »

Dans une tribune au « Monde », deux militantes de partis de droite engagent les opposants aux cours d’éducation sexuelle à l’école à « bien mesurer la portée de leur refus », qu’elles jugent « irresponsable ».



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 18h29
    |

Sophie Cahen (Salariée d’une fédération professionnelle, suppléante de David Douillet (LR) aux législatives de 2017) et Caroline Fel (Adjointe (Agi...







                        



                                


                            

Tribune. Le hashtag #WhyIdidntReport (« pourquoi je n’ai pas porté plainte ») est venu ces derniers jours rappeler encore une fois tous les obstacles à la libération de la parole pour une victime d’agression sexuelle ou de viol, particulièrement si celle-ci est jeune.
En parler, simplement, peut-être insurmontable : à 5 ans, à 8 ans, on n’a pas les mots, on se sent confusément en faute. Et parfois même, encore, adulte. L’amnésie traumatique, cette paralysie de la mémoire, a d’ailleurs été prise en compte dans la loi du 3 août 2018, renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, en portant le délai de prescription pour les viols sur mineur à trente ans à partir de la majorité.

C’est pourquoi dispenser des cours d’éducation sexuelle et affective à l’école nous semble relever d’une évidente nécessité. Si nous éprouvons aujourd’hui le besoin de le dire, c’est parce que nous sommes convaincues que la protection de nos enfants et la lutte contre les violences sexuelles passent par une éducation au respect de son propre corps, du corps de l’autre, et par l’appropriation de l’idée de consentement. C’est aussi parce que nous avons été nous-mêmes, enfants, des victimes, que nous prenons aujourd’hui la parole.
Dans l’environnement familial
En effet, la majorité des victimes de violence sexuelle est mineure. Dans l’écrasante majorité des cas, ces violences sont commises dans l’environnement familial. L’école étant l’espace de socialisation privilégié d’un enfant avant sa majorité, c’est aussi celui de l’expression des difficultés et des souffrances, quand la possibilité en est ouverte.

Pour être efficace, pour offrir aux enfants victimes cette possibilité, la lutte contre les violences sexuelles doit donc se faire au sein de l’école : expliquer la notion de consentement, de respect de l’autre, définir ce qui relève du respect de l’intégrité physique et a contrario de tout ce qui peut être considéré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Pour que soit vraiment audible la parole des victimes, l’Eglise doit éclaircir son rapport au pouvoir, à l’autorité et à la sexualité, explique, dans une tribune au « Monde », le prêtre et psychothérapeute Stéphane Joulain.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
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Abus sexuels dans l’Eglise : « On entend les victimes, mais on ne les écoute pas »

Pour que soit vraiment audible la parole des victimes, l’Eglise doit éclaircir son rapport au pouvoir, à l’autorité et à la sexualité, explique, dans une tribune au « Monde », le prêtre et psychothérapeute Stéphane Joulain.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 09h55
    |

Stéphane Joulain (Prêtre catholique et psychothérapeute)







                        



                                


                            
Tribune. Aujourd’hui, l’Eglise catholique traverse une crise profonde dépassant le traitement des abus sexuels. Mais, en dépit d’une large couverture médiatique, d’une profusion d’opinions sur les réseaux sociaux, le risque est fort que la parole des victimes soit de nouveau renvoyée au néant.
De nombreuses victimes ont finalement réussi à faire entendre leurs cris de souffrance. Derrière ces cris se trouvent des personnes qui espèrent pouvoir revivre ou simplement vivre autrement. Il serait dommage que ce désir de vie passe aux oubliettes au profit de différents agendas opportunistes de politiques ecclésiastiques en opposition les unes avec les autres.

Libérer la parole des victimes est aujourd’hui impératif. Libérer la parole des victimes, c’est aussi libérer l’Eglise d’un silence mortifère. Malgré cela, certains responsables catholiques continuent d’affirmer que l’Eglise fait son maximum en dépit d’événements indiquant le contraire. Que penser de ce qui s’est passé en juin à Saint-Etienne, avec l’hébergement imposé par l’évêché d’un prêtre abuseur chez un autre prêtre qui fut sa victime à l’adolescence ? Que penser de la somme colossale d’efforts que les victimes ont dû déployer pour être entendues par la Conférence des évêques de France ?
« Chacune de ces histoires nous met en face des incohérences entre la parole et l’action, et devient un contre-témoignage à l’Evangile »
La charge émotionnelle et l’urgence médiatique ont engendré un emballement dans la recherche de solutions, mais tout cela risque de faire passer au second plan l’accueil des victimes et l’écoute compatissante de leurs histoires dramatiques. En se focalisant uniquement sur des causes possibles à traiter, on oublie ceux et celles qui souffrent aujourd’hui. Même si on les entend, on ne les écoute pas.
Chacune de ces histoires douloureuses d’abus révèle un ensemble de dysfonctionnements graves au sein de l’institution ; chacune de ces histoires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Pour le sociologue des religions, les scandales vont se multiplier car, depuis 2011, la pédophilie ne relève plus de la justice de l’Eglise mais de la justice civile. Sans compter que les fidèles n’acceptent plus la loi du silence.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 24/09/2018
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Olivier Bobineau : « Nous ne sommes qu’au début des révélations d’affaires de pédophilie dans l’Eglise »

Pour le sociologue des religions, les scandales vont se multiplier car, depuis 2011, la pédophilie ne relève plus de la justice de l’Eglise mais de la justice civile. Sans compter que les fidèles n’acceptent plus la loi du silence.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 07h46
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Sociologue des religions et de la laïcité, Olivier Bobineau est membre du Groupe sociétés religions laïcités (Sorbonne-CNRS) et a récemment publié Le Sacré incestueux (avec Joseph Merlet et Constance Lalo ; Desclée de Brouwer, 2017) ainsi qu’une bande dessinée, L’Empire. Une histoire politique du christianisme. Tome 1 : La Genèse, en 2015 ; Tome 2 : Sodome et Gomorrhe, le 5 septembre 2018 (Les Arènes). Il analyse les raisons des récentes révélations qui touchent l’Eglise catholique.
Pourquoi les révélations d’affaires de pédophilie sont-elles si importantes aujourd’hui ?
Elles sont choquantes dans l’opinion publique dans la mesure où ces affaires témoignent d’une confrontation entre deux figures sacrées. Celle du prêtre tout d’abord, issue de la société traditionnelle et dont la légitimité vient d’en haut. Depuis le concile de Trente (1545-1563), le curé est à part, intouchable, sacré. Lors de notre enquête, un expert interviewé le résume ainsi : « Touche pas à mon corps, touche pas à ton corps (condamnation de la masturbation) et touche pas à son corps (celui de la femme, de l’autre). »
« L’enfant est devenu intouchable, éminemment précieux, bref, sacré. »
Ensuite, cette figure sacrée vient abuser sexuellement de la figure sacrée de la société moderne, l’enfant. En quoi est-il sacré ? On est passé d’une famille patriarcale, centrée sur le père, comme le rappelle le philosophe et historien Marcel Gauchet, à une famille centrée sur l’enfant. L’enfant aujourd’hui est source d’espoir et de sens pour la famille. Il est désiré, chéri et cher. Cher, car il est l’objet d’un investissement économique – demandez aux « industries du bébé » qui inventent toutes sortes de produits pour nourrissons et enfants depuis les années 1980 ! –, alors que, dans la société traditionnelle, il est simplement celui qui s’occupera plus tard des parents. Chéri car c’est l’enfant-roi,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Faute d’un relais puissant du gouvernement et de la majorité, le discours de rentrée du chef de l’Etat, qui devait donner un cap aux réformes, n’a pas « imprimé », estime l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois, dans sa chronique hebdomadaire.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/09/2018
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« Entre le discours de haute volée et la brève de comptoir, Macron n’a pas trouvé le registre »

Faute d’un relais puissant du gouvernement et de la majorité, le discours de rentrée du chef de l’Etat, qui devait donner un cap aux réformes, n’a pas « imprimé », estime l’éditorialiste au « Monde » Gérard Courtois, dans sa chronique hebdomadaire.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 07h04
    |

            Gérard Courtois (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. S’agit-il de méchantes turbulences dans le ciel présidentiel ou d’une dépression plus profonde ? On sera fixé d’ici à quelques semaines. Mais, dès à présent, chacun le constate : alors que le président de la République était à l’offensive depuis son élection, imposant son rythme, bousculant les obstacles et enchaînant les réformes comme à la parade, le voilà placé sur la défensive, chahuté par les événements, entravé dans sa démarche. Il avait la main, il semble l’avoir perdue.
Les enquêtes d’opinion, en effet, sont unanimes. Selon les cinq baromètres réalisés depuis début septembre, la chute de la cote de popularité ou de confiance d’Emmanuel Macron par rapport à son niveau du mois de juillet est brutale : avec 29 % de bonnes opinions, il est en baisse de 10 points pour l’IFOP et Odoxa, Opinionway le crédite de 28 % de satisfaction en baisse de 7 points et Ipsos de 25 %, en baisse de 7 points également. Seul Elabe le maintient au-dessus de la barre des 30 % (31 %), en baisse de 3 points.
En deux mois, le trou d’air est donc violent. La dernière enquête, celle de l’IFOP pour Le Journal du dimanche du 23 septembre, permet d’affiner le constat. Parmi les 70 % de Français qui sont mécontents du chef de l’Etat, la moitié se disent désormais très mécontents, soit davantage que le total des très ou plutôt satisfaits.
Jusque-là indulgente ou attentiste, une partie de l’opinion a basculé dans le rejet. Aucune catégorie socio-professionnelle ni aucune composante politique (à l’exception des sympathisants de La République en marche, satisfaits à 87 %) n’échappe à ce reflux.
Désamour
Bref, seize mois après son élection, le chef de l’Etat paraît brusquement ramené à l’étiage de son score du premier tour de l’élection présidentielle (24 %). Reste à comprendre les causes de cette désaffection. A l’évidence, l’affaire Benalla et le parfum d’embrouille au sommet de l’Etat qu’elle charrie depuis deux mois, y...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Les trois cas (en Irlande, en Australie, aux Etats-Unis) rappelés dans une tribune au « Monde » par la pédopsychiatre Catherine Bonnet, ex-membre de la Commission vaticane chargée de lutter contre la pédophilie dans l’Eglise, démontrent que la révision du droit canon est indispensable.
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Il faut « changer la culture du secret et de l’abus de pouvoir en amendant le droit canon »

Les trois cas (en Irlande, en Australie, aux Etats-Unis) rappelés dans une tribune au « Monde » par la pédopsychiatre Catherine Bonnet, ex-membre de la Commission vaticane chargée de lutter contre la pédophilie dans l’Eglise, démontrent que la révision du droit canon est indispensable.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 07h36
    |

Catherine Bonnet (Pédopsychiatre, ex-membre de la Commission vaticane chargée de lutter contre la pédophilie dans l'Eglise)







                        



                                


                            

Tribune. Le pape François pourrait-il amender le droit canon pour protéger les enfants de par le monde ? Si les lanceurs d’alerte au sein de l’Eglise aux Etats-Unis, en Irlande et en Australie avaient été écoutés il y a vingt ans voire trente ans, combien d’enfants auraient été protégés ? Le 12 avril 2010, le guide de la congrégation pour la doctrine de la foi a étendu à tous les pays l’obligation de suivre les lois civiles sur le signalement. Seulement, il y a encore peu de pays dont la législation oblige le clergé à signaler en les désignant.
Cette avancée n’a pas été assez loin. Changer la culture du secret et de l’abus de pouvoir est indispensable en amendant le droit canon, notamment en insérant une exception au secret pontifical, qui régit la confidentialité du droit canon, en cas de violences sexuelles à l’encontre des enfants et des personnes vulnérables et en obligeant le signalement aux autorités compétentes des Etats par tous les évêques et les supérieurs religieux afin que l’Eglise puisse protéger les enfants le plus tôt possible après les faits.
Réserves à la fois morales et canoniques
En Irlande, après les procès d’abus sexuels commis sur 74 enfants par le père Brendan Smith, en janvier 1996, les Conférences des évêques et des supérieurs religieux ont répondu à la crise par un document qui recommandait l’obligation de signaler les suspicions d’abus sexuels. Ils ont saisi le Vatican pour obtenir qu’une exception leur soit accordée par une reconnaissance (« recognitio »), selon le canon 455.
En 2009, le rapport de la Commission irlandaise présidée par la juge Yvonne Murphy a analysé combien il était difficile de comprendre plusieurs articles du droit canon, notamment « le secret pontifical qui oblige au secret ou à la confidentialité de la procédure canonique et que cela pourrait constituer une inhibition à signaler les abus sexuels aux autorités civiles compétentes ». En 1997, une lettre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ La théologienne Véronique Margron appelle, dans une tribune au « Monde », à « faire la vérité, toute la vérité, sur cet océan de noirceur » que constituent les scandales de pédophilie dans l’Eglise, « quoi qu’il en coûte ».
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« Oui, l’Eglise est gravement et lourdement coupable »

La théologienne Véronique Margron appelle, dans une tribune au « Monde », à « faire la vérité, toute la vérité, sur cet océan de noirceur » que constituent les scandales de pédophilie dans l’Eglise, « quoi qu’il en coûte ».



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 05h30
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 10h01
    |

Véronique Margron (Théologienne, sœur  dominicaine et présidente de la Conférence des religieuses et religieux de France (Corref))







                        



                                


                            

Tribune. Par où commencer ? Avant tout, entendre. Entendre encore et encore ce chagrin si particulier, insupportable, qui ne s’efface ni ne s’apaise. Des abus qualifiés improprement de pédophilie. Terminologie pernicieuse. Car toute personne normalement constituée aime les enfants. Mais pour les aimer en vérité, il faut s’écarter de toute confusion, de tout ce qui défigure l’affection en peur, en crainte de devenir l’objet de l’adulte, sa chose, sa proie. C’est donc plutôt de briser qu’il est question, de destructeurs d’enfants ou d’adultes vulnérables.
Oui, l’Eglise est gravement et lourdement coupable. Sa responsabilité est plus grande que les autres institutions touchées – et elles le sont toutes –, car elle prétend, au nom même de l’évangile du Christ, transmettre un art de vivre ensemble, dire le vrai, le juste et le bien, le moral et l’immoral. L’Eglise repose sur la confiance donnée, sur une parole partagée. Sa responsabilité est donc immense d’avoir dévoyé la première et fracassé la seconde par l’ampleur de ces crimes.

Aujourd’hui, comment la croire encore ? Question abyssale pour la croyante que je suis, et pour beaucoup d’entre nous. Le pape Paul VI déclara, en 1967, « l’Eglise experte en humanité », lors de la publication de l’encyclique Populorum Progressio (« le développement des peuples »), car porteuse d’« une vision globale de l’homme et de l’humanité ». Si, dans son contexte, ce propos était novateur, car signifiant l’engagement de l’Eglise dans la cause de la paix, de la justice et du développement, on aurait tant aimé qu’elle se déclare plutôt « servante » de l’humanité qu’« experte » !
N’est-ce pas là une des raisons profondes de notre douleur aujourd’hui, de notre exaspération aussi, que sa position trop longtemps, trop souvent, de surplomb. Celle de clercs et d’évêques sûrement, mais aussi de catholiques en général. Les chrétiens suivent un messie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ L’écrivaine Anne Soupa estime, dans une tribune au « Monde », que tant que les victimes, notamment les femmes, n’iront pas en justice, le combat contre les abus sera insuffisant.
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« D’une manière générale, c’est toute la question de la sexualité que l’Eglise peine à appréhender »

L’écrivaine Anne Soupa estime, dans une tribune au « Monde », que tant que les victimes, notamment les femmes, n’iront pas en justice, le combat contre les abus sera insuffisant.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 05h30
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 07h35
    |

                            Anne Soupa (Ecrivaine, cofondatrice du mouvement réformateur de la Conférence catholique des baptisés francophones)








                        



                                


                            

Tribune. Si les affaires d’abus sexuels sur mineurs dans l’Eglise catholique font en ce moment la « une », elles sont à intégrer dans toute une « culture de l’abus », celle que le pape appelle à éradiquer : abus sexuels sur mineurs et sur majeurs, abus de pouvoir et de conscience. Dans ces différents domaines, les avancées sont inégales.
En ce qui concerne les abus sexuels sur mineurs, depuis le coup de semonce de l’affaire de Mgr Pican (2000), la Conférence des évêques de France a créé une cellule de lutte dirigée par Mgr Crépy. Et chaque diocèse est invité à mettre en place une cellule d’écoute des victimes. Parallèlement, une « cellule des dérives sectaires » aide à discerner les symptômes d’emprise, enregistre et informe sur les situations d’abus. Dans l’ensemble, la prise de conscience du traumatisme vécu par les victimes semble progresser, lentement. Les évêques tentent d’ajuster leur jugement à la parole des psychologues et des victimes. Dans une courageuse proposition de dialogue, ils ont entrepris de recevoir des victimes.

Est-ce à dire que « tout est sorti » ? On a invoqué la loi de séparation de 1905, qui a éloigné les prêtres et les religieux de leur activité éducative, pour expliquer le moins grand nombre de cas qu’en Irlande ou en Allemagne. Mais il faut tenir compte d’un autre facteur, difficilement quantifiable. C’est la répulsion des familles à aller en justice, analysée par Isabelle de Gaulmyn. Dénoncer un prêtre ? Hors de question ! Or, il suffit de tendre l’oreille pour constater que des abus non identifiés existent.
Mondes clos et abus d’autorité
Mais les abus sexuels sur mineurs sont, en France, l’arbre qui cache la forêt. Les associations de victimes alertent sur le grand nombre d’abus sexuels sur majeurs, qu’aucune instance dans l’Eglise n’est chargée de combattre. Depuis une quinzaine d’années, des affaires assez nombreuses, surtout dans des communautés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Pour le psychiatre et éthologue, la découverte d’un monde mental chez l’animal implique un devoir moral des êtres humains à leur égard. Il participe à la conférence « S’aimer comme des bêtes », le 7 octobre au Monde Festival.
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                Boris Cyrulnik : « L’attention à la maltraitance animale témoigne d’une société plus morale »


Pour le psychiatre et éthologue, la découverte d’un monde mental chez l’animal implique un devoir moral des êtres humains à leur égard. Il participe à la conférence « S’aimer comme des bêtes », le 7 octobre au Monde Festival.

LE MONDE
                 |                 24.09.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 10h34
                 |

            Laetitia Van Eeckhout

















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            Boris Cyrulnik : « L’attention à la maltraitance animale témoigne d’une société plus morale »






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Psychiatre et éthologue, célèbre pour son invention du concept de résilience et ses interventions dans les débats éthiques, Boris Cyrulnik applique les méthodes de la recherche sur le comportement animal à l’étude de la psyché humaine. Il participe dimanche 7 octobre, avec la chercheuse en écologie comportementale Elise Huchard et l’océanographe François Sarano, au débat du Monde Festival « S’aimer comme des bêtes ».
Depuis une trentaine d’années, les scientifiques découvrent des capacités sociales insoupçonnées chez l’animal. Quels sont selon vous les exemples les plus marquants dans ce domaine ?
Dès les années 1950, des chercheurs, des primatologues, notamment Harry et Margaret Harlow, ont réussi à prouver que les animaux étaient des êtres sensibles. En isolant des singes et plus tard des chiens, en les privant d’altérité, on s’est rendu compte que ces animaux développaient des activités autocentrées sur eux-mêmes : balancements, tournoiements et, en cas d’émotions fortes, auto-agression. Les enseignements de ces expérimentations, bien que très convaincants, n’ont pu, à l’époque, entrer dans notre culture cartésienne et chrétienne.
Depuis dix, quinze ans, des neuroscientifiques ont démontré que les mammifères et même les oiseaux possèdent une conscience, ce qui veut dire qu’ils connaissent le plaisir et la souffrance. Ils ont les mêmes zones d’émotion et de mémoire que les humains. Lorsque l’on pique ou coupe un animal, les mêmes substances chimiques d’alerte agissent sur les mêmes zones cérébrales.

        En débat au Monde Festival :
         

          S’aimer comme des bêtes



Au sein de certaines espèces, les animaux gardent le même partenaire toute la vie. Peut-on dire qu’ils « s’aiment » au sens où on emploie ce terme chez les humains ? 
Chez les animaux, le déclenchement d’une manifestation d’orientation sexuelle passe par la perception de substances odorantes, par la perception visuelle ou par des cris. Même lorsqu’un animal se familiarise avec un partenaire, on peut parler d’attachement mais non d’amour. Les êtres humains connaissent probablement cette dimension de la perception qui déclenche une motivation sexuelle intense. Mais l’amour chez les humains est un sentiment intense de plénitude, déclenché par une représentation intime dépourvue de toute perception d’odeur, visuelle ou de cri.

        Sur la sexualité des animaux :
         

          Les animaux ont toujours pratiqué la sexodiversité



Les animaux savent aussi collaborer, parfois mieux que les humains. Que peuvent nous apprendre les relations sociales animales sur la psychologie humaine ?
Les animaux nous apprennent beaucoup sur le fonctionnement de notre cerveau sculpté par notre milieu. A partir des expérimentations du couple Harlow, on a montré à quel point nos bébés, même s’ils sont sains biologiquement, n’avaient aucune chance de se développer correctement s’ils restent seuls, s’ils ne sont pas en présence de quelqu’un qui les tranquillise, les sécurise.

        A lire aussi :
         

          Nos animaux nous aiment-ils ?



Les altérations comportementales, biologiques et neurologiques provoquées par la solitude sont exactement les mêmes chez les jeunes mammifères supérieurs et chez nos enfants. De même qu’un jeune animal isolé n’apprend pas les rituels de jeu, un enfant, s’il est seul, n’apprend ni à jouer ni à parler, il n’apprend rien de tout ce qui caractérise la condition humaine.
Avec d’autres personnalités, vous avez appelé, il y a deux ans, à la création d’un secrétariat d’Etat à la condition animale. Le mouvement croissant contre la maltraitance animale constitue-t-il un tournant dans notre société ?
On peut en effet parler de tournant. Nous avons été très longtemps influencés par Descartes, qui ne pensait l’animalité qu’en termes de machine, puisque l’esprit était réservé à l’être humain. Dans un monde cartésien, les animaux n’ont pas de monde intime.
Nous savons maintenant – cela a été démontré – que les animaux, non seulement sont des êtres sensibles, mais qu’ils ont un monde mental. Ce monde mental diffère bien sûr du nôtre. Mais un animal est capable de traiter des informations présentes ou passées et de s’en servir pour résoudre ou anticiper un problème.
En milieu naturel, on a observé des singes effeuiller une branche, la traîner sur plusieurs kilomètres, l’introduire délicatement dans une termitière, attendre que les termites grimpent dessus puis la sortir pour manger les insectes. Les animaux fabriquent des outils, se servent de pierres pour casser des noix, ils ont des rituels culinaires. Cette vision de l’animal autre que celle de la simple machine a eu du mal à entrer dans notre culture cartésienne. Tout n’est pas encore gagné.
Comment analysez-vous cette évolution ? Que dit-elle de notre société ?
L’attention croissante portée à la maltraitance animale témoigne d’une société de plus en plus morale. Nous prenons conscience que nous ne pouvons plus nous permettre de torturer un être vivant qui va souffrir et qui possède un monde mental, même s’il est différent du nôtre. Dès lors que nous avons une empathie pour d’autres êtres vivants, une inhibition morale nous empêche de passer à l’acte, de torturer.

        Lire le débat :
         

          « La question animale nous force à ouvrir les yeux sur ce que nous sommes devenus »



Etes-vous en faveur d’un droit animal ?
Les animaux ont droit au respect car ce sont des êtres vivants. Nous devons donner aux animaux le droit de vivre sans être torturés par les humains. Mais cela nous donne avant tout des devoirs à nous, êtres humains, le devoir de ne pas torturer, détruire ou rendre malheureux des êtres vivants, quand bien même ils sont différents de nous. Il est dans notre intérêt de respecter le monde vivant, écologique comme animal : si on le détruit, on se détruit nous-mêmes.
« Le Monde » organise, dans le cadre du Monde Festival, une conférence intitulée « S’aimer comme des bêtes ? » sur les comportements et sentiments dans le monde animal, avec Boris Cyrulnik, la chercheuse en écologie comportementale Elise Huchard et l’océanographe François Sarano. Au Palais Garnier, dimanche 7 octobre, de 14 heures à 15 h 30.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Océan, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.





Laetitia Van Eeckhout
    













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Le philosophe André Comte-Sponville distingue plusieurs formes d’amour qui s’expriment en grec avec trois mots : « Eros », « philia » et « agapè ». Il participe à la « Nuit de l’amour et des idées » organisée par Le Monde Festival, le samedi 6 octobre.
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                André Comte-Sponville : « L’homme est un animal érotique »


Le philosophe André Comte-Sponville distingue plusieurs formes d’amour qui s’expriment en grec avec trois mots : « Eros », « philia » et « agapè ». Il participe à la « Nuit de l’amour et des idées » organisée par Le Monde Festival, le samedi 6 octobre.

LE MONDE
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André Comte-Sponville (Philosophe, auteur de Le Sexe ni la Mort. Trois essais sur l’amour et la sexualité (Albin Michel, 2012) et L’Inconsolable et...
















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Par André Comte-Sponville

   


Il y a plusieurs types d’amour, qu’on se plaît parfois à confondre et qu’il importe au contraire de distinguer. Il y a le rêve de la fusion et l’expérience du manque. Il y a la passion et l’amitié. Il y a l’amour qui prend et l’amour qui donne. Il y a « la grande souffrance du désir », comme dit Platon ; mais aussi sa puissance et sa joie, comme dit Spinoza. Il y a le sexe et le couple. Et puis il y a la charité, la très douce et très pure charité. Mais en sommes-nous capables ?
Tout cela peut se dire en grec, autour de trois mots, qui sont comme les trois noms de l’amour : Eros, philia, agapè. C’est ce qu’il faut essayer de comprendre – en français. Un matérialiste aura tendance à dire, avec Freud : primat du corps, donc primat, ici, de la sexualité. Mais qui pourrait s’en contenter ? Et qui ne voit que ceux que nous aimons le plus – nos enfants – sont justement ceux qui nous sont sexuellement interdits, voire inenvisageables ?

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La sublimation, montre Freud, n’est pas le sentiment du sublime, mais le devenir-sublime du sentiment. C’est à quoi servent l’interdit et la transgression, lorsqu’elle est moralement acceptable (« elle maintient l’interdit pour en jouir », écrit Bataille). Primat du sexe, primauté de l’amour. Une éthique en découle, qui est aussi un art d’aimer : l’homme est un animal érotique. Les bêtes, qui font l’amour innocemment, ne savent pas ce qu’elles perdent.
André Compte-Sponville participe à la « nuit de l’amour et des idées » organisée par Le Monde Festival, le samedi 6 octobre. Conçue par Nicolas Truong, responsable de la rubrique « Débats » au Monde, la nuit est coanimée avec Audrey Fournier, de La Matinale du Monde. Elle débutera à 22 heures, jusqu’à 6 heures le lendemain, au Théâtre des Bouffes du Nord.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Océan, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




                                                Par                        André Comte-Sponville (Philosophe, auteur de Le Sexe ni la Mort. Trois essais sur l’amour et la sexualité (Albin Michel, 2012) et L’Inconsolable et...













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Les nouveaux droits de douane américains portant sur 200 milliards d’importations chinoises sont entrés en vigueur lundi.
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Commerce : inquiétude et débats en Chine sur la réponse à apporter à Donald Trump

Les nouveaux droits de douane américains portant sur 200 milliards d’importations chinoises sont entrés en vigueur lundi.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 16h37
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

Au départ, les Chinois considéraient plutôt Donald Trump d’un bon œil. Contrairement à sa rivale Hillary Clinton, il ne risquait pas de leur administrer une leçon sur les droits de l’homme. Surtout, le repli sur soi de l’Amérique laissait carte blanche à la Chine pour dérouler ses nouvelles Routes de la soie et permettait au président Xi Jinping d’être accueilli en sauveur de la planète libérale au Forum économique mondial de Davos (Suisse), en janvier 2017.
Lorsqu’en mars 2018, le président américain impose des taxes à l’importation sur l’aluminium et l’acier, les Chinois veulent n’y voir qu’une foucade électoraliste avant les élections de mi-mandat, le 6 novembre. A présent, l’incompréhension et l’inquiétude n’en sont que plus grandes en Chine.

C’est sans doute Jack Ma, le patron d’Alibaba, qui exprime le mieux le désarroi des dirigeants chinois. « Ça va durer longtemps, peut-être 20 ans. Ça va être la pagaille », a-t-il déclaré, mercredi 19 septembre, devant un parterre d’investisseurs, avant de faire deux annonces : il renonce à créer un million d’emplois aux Etats-Unis comme il s’y était engagé auprès de Donald Trump ­début 2017, et Alibaba va se lancer dans un nouveau métier, les semi-conducteurs. Un secteur stratégique pour toute l’électronique, qui fait figure de talon d’Achille chinois depuis les déboires essuyés par le leader ZTE, foudroyé en plein vol par M. Trump.
« Un nouveau type de guerre »
Désireux de ne pas perdre la face, les dirigeants chinois multiplient les déclarations rassérénantes sur la santé de leur économie
Face à lui, les Chinois tentent de répondre sur plusieurs registres. Le président américain impose, à partir du 24 septembre, des droits de douane sur 200 milliards d’importations chinoises ? La Chine taxe, à cette même date, 60 milliards d’importations américaines, tout en rassurant ses autres partenaires. Le 19 septembre, devant le Forum économique mondial de Tianjin, Li Keqiang, le premier...




                        

                        


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Comcast s’offre le leader européen de la TV à péage

Le groupe américain achète Sky pour 33 milliards d’euros, battant Disney et Rupert Murdoch aux enchères.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h12
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Une fois n’est pas coutume, Rupert Murdoch n’a pas remporté la mise. A 87 ans, le vieux baron des médias australo-américain s’est fait doubler samedi 22 septembre. L’américain Comcast, propriétaire de NBCUniversal, l’a battu dans sa bataille pour prendre le contrôle de Sky, la première télévision à péage d’Europe, l’achetant pour 30 milliards de livres sterling (33,4 milliards d’euros).

Le groupe américain des télécoms, qui est actuellement presque intégralement tourné vers les Etats-Unis, prend ainsi possession d’une pépite. Créé en 1989, Sky domine la télévision à péage au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne, avec 23 millions de clients. Lancé à ses débuts sur une offre basée sur le football et les films, comme Canal+ en France, le groupe a su ne pas se faire prendre à contre-pied par la révolution d’Internet. « En plus de ses programmes, il a créé une entreprise de télécoms, là où d’autres télévisions à péage ont été dépassées », note Alice Enders, d’Enders Analysis, une société de consultants. Aujourd’hui, outre sa traditionnelle télévision par satellite, Sky propose de l’Internet haut débit, du téléphone fixe et portable. Quant à ses contenus, ils peuvent désormais se regarder sur de multiples écrans, y compris les smartphones. Le groupe demeure très rentable, n’ayant pour l’instant guère souffert de la concurrence des Netflix et autres géants du Web : en 2017, il a dégagé un bénéfice net d’un milliard de livres.
Pour Comcast, cette acquisition est stratégique. Le groupe américain est avant tout une entreprise de télécoms, vendant aux Etats-Unis des connections Internet et de la téléphonie sous la marque Xfinity. Il est moins présent sur les contenus, même s’il possède désormais les studios de cinéma Universal (dont les parcs d’attraction) et les chaînes de télévision NBC, NBC News, CNBC… Ses 29 millions de clients se trouvent à 91 % aux Etats-Unis. Sky et Comcast sont donc très complémentaires.
Comme une série télé
Le...




                        

                        

