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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ L’écrivain algérien, exilé en France depuis 1991, donne une voix aux migrants dans des textes joués jusqu’au 30 septembre au Lavoir moderne parisien.
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Compte rendu

Aziz Chouaki, la plume des bas-fonds d’Alger

L’écrivain algérien, exilé en France depuis 1991, donne une voix aux migrants dans des textes joués jusqu’au 30 septembre au Lavoir moderne parisien.

Charlotte Bozonnet et 
Joan Tilouine
    



LE MONDE
              datetime="2018-09-25T18:30:33+02:00"

        Le 25.09.2018 à 18h30






    
Hovnatan Avédikian met en scène et interprète avec brio, au Lavoir moderne parisien, des textes d’Aziz Chouaki sur des aventuriers qu’on appelle migrants.
Crédits : AMINATA BEYE


Il rentre tout juste de son pèlerinage. A Dublin, il a écumé les cafés littéraires et les pubs sur les traces de son maître, l’écrivain James Joyce. Ses textes le hantent depuis qu’il a mis la main sur un exemplaire d’Ulysse, l’un des seuls d’Alger. C’était dans les années 1970. Aziz Chouaki s’enivrait de littérature et de rock, lui, le guitariste, cheveux mi-longs et jeans à la mode d’alors, qui enflammait les cabarets mal famés et les salles de concert de la Ville blanche dont il racontera plus tard les bas-fonds, avec les espoirs et les galères d’une génération perdue, celle du post-terrorisme.
En ce mois de septembre à Paris, Aziz Chouaki, 67 ans, promène son allure de poète exilé, blouson de cuir, chapeau et tee-shirt James Joyce – rapporté de Dublin. Il est l’un des plus grands écrivains algériens contemporains. Ses textes sont joués jusqu’au 30 septembre au Lavoir moderne parisien, un petit théâtre de la rue Léon, dans le 18e arrondissement. Pas de décor dans cette salle exiguë aux murs bruts comme ses mots, mais le comédien Hovnatan Avédikian qui met en scène et interprète avec brio des aventuriers qu’on appelle migrants.
« Huit œufs durs, deux baguettes »
Europa (Esperanza), combinaison de plusieurs textes d’Aziz Chouaki, raconte avec la langue rugueuse et drôle de l’écrivain la soif d’ailleurs de ces jeunes harraga, brûleurs de frontières. Jamel et Nadir ont 12 et 14 ans. « Les deux vifs larrons se sont sauvés vers dix heures, juste après le cours de maths », pour rejoindre le bord de mer et rêver à leur future destination. « Le môle se trouve à l’ouest de la baie d’Alger, ample croissant mousseux, embruns zéllidj tressé turquoise, et Alger, l’indolente blanche qui s’étale. Juste en face, l’Europe, l’Aryenne et si lascive Babylone : Allez, viens… »
Omar, le frère de Jamel, y est bien parvenu : « sacrée tête de mule bouclée, planqué dans un conteneur, dans la cale du “Liberté”, Alger-Marseille, huit œufs durs, deux baguettes, deux camemberts : deux jours de voyage. » Aujourd’hui, Omar est à Amsterdam, il a un boulot, des copines et tout ce qu’il faut. Alors Jamel et Nadir embarquent en direction de Lampedusa. Avec Kader l’ingénieur, l’handicapé encombrant, les Nigériens de Niamey, ils vont braver la mer, les garde-côtes et leurs angoisses dans l’espoir d’atteindre l’île italienne. « Même Israël ça me va, mec, tout ce que tu veux, évite-moi juste les Arabes, les Africains, les pauvres, les grenouilles crépues et tous les Ben Laden possibles. »

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Le style d’Aziz Chouaki est à la fois brutal et littéraire, parsemé de références à l’actualité et aux divinités grecques de son maître. La Méditerranée est son espace mythologique, le décor de l’odyssée de Jamel et Nadir comme d’Ulysse. « Les jeunes des quartiers populaires d’Alger disent qu’ils préfèrent être bouffés par les poissons que par les vers de terre, c’est puissant, non ? » Au fil de son œuvre, il est devenu la plume des bas-fonds d’Alger, qu’il raconte sans jamais juger. Il y puise l’argot et cet humour façonné au gré de l’ennui, des cafés, des clopes et des joints, des bières et des sniffs de médicaments. En échange, il leur donne de la voix et un peu de son génie d’écrivain. Il en ressort une sorte de rap théâtral qui raconte les maux de l’Algérie et les traumatismes de l’exil. « Je revendique la grossièreté, signe d’humanité que j’oppose à la vulgarité », assume-t-il.
Cette pièce est à l’origine une commande passée par son ami le metteur en scène Jean-Louis Martinelli. Elle est restée près d’une décennie dans son disque dur sans jamais être montée. « Il y a un tabou en France qui veut qu’on ne doive pas rire sur le drame. Mais c’est pour moi la meilleure manière d’humaniser ces migrants », dit l’écrivain qui vit aujourd’hui en banlieue parisienne, loin de son pays d’origine.
Sur la liste des gens à abattre
De l’Algérie de son enfance, il garde un souvenir de douceur panachée de brutalité coloniale. Il y est né alors qu’elle était encore française, dans le village kabyle et rebelle de Tizi Rached. Les collines verdoyantes accoucheront de plusieurs figures de la révolution, cornaquées par le militant Ali Laïmèche. Alors que la guerre d’indépendance débute, le petit Aziz Chouaki s’installe à Alger avec sa mère, institutrice francophone. Son père, lui, s’est évaporé à Paris où il se débrouille dans la restauration et fourbit des escroqueries qui le mèneront en prison. « Ma mère me lisait des contes de Charles Perrault en français et en kabyle. C’est mon premier contact avec la littérature, dans laquelle je me retrancherai ensuite, se souvient l’artiste. Quand j’avais 4 ou 5 ans, j’ai vécu des choses épouvantables, pendant la colonisation. Je me sentais immondément sale quand un Français me regardait. »

    
L’écrivain Aziz Chouaki (ici en 2010) vit aujourd’hui en banlieue parisienne, loin de l’Algérie, où il retourne peu.
Crédits : CHOUAKIFAM


Il s’essaie d’abord à l’écriture de poèmes d’amour pour les voisines, qui préfèrent les gros bras du quartier à ce garçon fluet et romantique. Avec ses copains, il s’amuse du style « improvisation façon jazz » du cheikh qui leur enseigne le Coran. Dans la tête d’Aziz Chouaki résonne déjà un swing de mots et de notes. Il psalmodie les refrains des Beatles, accompagné de sa guitare électrique. Le dandy aux lunettes noires se convertit au rock teinté de chaabi qu’il joue la nuit dans les cabarets algérois. Le jour, il étudie la langue puis la littérature anglaises à la fac.
« A Alger, la vie est encore douce. On peut draguer les filles, se bourrer la gueule entre amis, lire autre chose que le Coran et aller au cinéma », se remémore celui qui a géré plusieurs salles de concert. Il découvre James Joyce en lisant un article de Roland Barthes dans un Nouvel Obs publié trois ans plus tôt. « Depuis, je vis dans la Poestrie, un pays imaginaire dirigé par la poésie », dit celui qui publie à compte d’auteur son premier recueil de poèmes en 1983.
Dans le monde réel, ses partenaires de beuverie et de discussions philosophiques changent étrangement. Des fins connaisseurs de Karl Marx, des artistes libres et des copains de galère désertent les bibliothèques, les salles de concert et les cafés. Fini les jeans serrés, les contrefaçons de vêtements de marques américaines ou italiennes. Gandoura immaculée et barbe oblongue s’imposent comme la nouvelle norme. Le rock est mal vu et le Coran résonne dans les barres d’immeuble de son quartier populaire d’El-Harrach, « le 9-3 d’Alger », comme il dit.
En cette fin des années 1980, le Front islamique du salut (FIS) est plus en vogue que Jimi Hendrix et James Brown. Aziz Chouaki, écrivain, journaliste et icône de la scène culturelle algéroise, devient le diable pour ces islamistes qui séduisent tant ils sont les seuls à proposer autre chose que le récit unique du Front de libération nationale (FLN). L’Algérie a connu l’indépendantisme, le socialisme, le nationalisme, le multipartisme. Elle va basculer dans le terrorisme, la guerre civile, les massacres. « Un jour, un copain me dit : “On a vu ton nom à la mosquée.” J’étais sur la liste des gens à abattre. Je suis parti. »
« Sa langue dynamite le réel »
L’écrivain se souvient de ce jour de 1991 à l’aéroport d’Alger, de la salle de prière menacée par les fuites nauséabondes des toilettes attenantes et surtout de ce flic debout sur un comptoir qui jouait de la matraque contre la foule. « Ma dernière image du pays. » L’Algérie se vide peu à peu face aux violences. On achète de faux dossiers de demande de visa à prix d’or. A Paris, Aziz Chouaki fait une rencontre déterminante : le metteur en scène Jean-Pierre Vincent. « Vous écrivez du théâtre et vous ne le savez pas », lui dit ce dernier.

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Viendront ensuite quinze années de compagnonnage avec Jean-Louis Martinelli. « C’est son écriture, son style, avant même les sujets abordés, qui m’ont impressionné. Cette manière si personnelle de faire danser les mots, chavirer la syntaxe. Cette dextérité à créer de l’image avec ses mots, à s’imprégner de la violence du monde et à nous secouer de rire. Il y a chez lui quelque chose de Rabelais ou de Céline. Sa langue dynamite le réel », écrit en décembre 2017 le directeur du théâtre des Amandiers, à Nanterre, lors d’une présentation de Nénesse, leur troisième pièce commune après Une virée et Les Coloniaux. Le travail avec Hovnatan Avédikian, 37 ans, est aussi le fruit d’une rencontre. Fils d’un immigré arménien, le grand cinéaste Serge Avédikian, dont la famille a fui le génocide, Hovnatan a dévoré l’œuvre de Chouaki. Les deux hommes ont en partage le théâtre, la musique et l’exil.
Ces amitiés ne sont finalement pas si nombreuses. Lui, l’écrivain prolifique, auteur de dizaines de pièces de théâtre et de romans dont Les Oranges (1997) et L’Etoile d’Alger (2002), a peu de contacts avec ses compatriotes auteurs à succès. De Kamel Daoud ou Boualem Sansal, il dit « respecter leur franc-parler » et « être souvent d’accord avec leurs idées », mais il les tacle sans ménagement, estimant qu’ils « répondent à une attente du public français ».
« Gâchis monumental »
Aziz Chouaki est plutôt humour subtil de Fellag et rock de feu Rachid Taha. Il se sent mal compris au sein de l’intelligentsia parisienne, parfois réduit par certains à un immigré algérien rescapé du terrorisme. « Quand j’écris sur autre chose que l’Algérie, on me dit que ça ne marchera pas. Et comme je ne chante pas les louanges de la femme musulmane opprimée par les islamistes, je ne suis pas à la mode en France », veut-il croire. En Algérie, il reste peu connu et finalement incompris, lorsqu’il n’est pas taxé de traîtrise. « Ceux de chez moi me détestent, car je refuse le récit national, et c’est là le plus grand des blasphèmes. J’ai pourtant payé mon algérianité autant que tout le monde », avance celui qui ose se définir comme « un pied-noir de culture musulmane ».

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Il retourne peu en Algérie – la dernière fois, c’était il y a deux ans – et ne cache pas son amertume devant ce « gâchis monumental ». « Le terrorisme est terminé mais les islamistes ont gagné la bataille sociale, la religion est ancrée partout », dit-il. La petite Italie du monde arabe est devenue une Birmanie du Maghreb, lâche-t-il, claquemurée et opaque. Une chape de plomb imposée par des généraux tout-puissants et un président malade qui n’est plus visible que sur ses portraits officiels. Dès les premiers coups d’Etat qui suivent l’indépendance du pays, en 1962, la politique et la chose publique intègrent la violence comme option. « On n’a pas connu un seul second tour en près de soixante ans », résume l’écrivain dans une formule drôle et terrible à la fois. Et d’ajouter : « Il y autant d’Algérie qu’on peut en concevoir. »

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Europa (Esperanza) est un bout de sa « Poestrie », son monde imaginaire où ses mots virevoltent dans l’air et fusionnent avec les notes du bouzouk, ce luth à manche long. Il n’a pas fini d’écrire l’exil, d’enrichir son univers de nouvelles œuvres. Baya, son premier roman, monologue féminin sorti en 1988, sera bientôt réédité en France. Il s’est aussi lancé dans l’écriture de son autobiographie, en lit les premières phrases saccadées et rythmées, drôles et tristes, simplement justes. Dans l’ombre mais avec maestria, Aziz Chouaki poursuit le récit de cette Algérie des marges et du déracinement.
« Europa (Esperanza) », d’Aziz Chouaki. Mise en scène : Hovnatan Avédikian. Jusqu’au 30 septembre au Lavoir moderne parisien, 35 rue Léon, Paris 18e, 01-46-06-08-05.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Dans un livre, l’ex-président catalan, réfugié en Belgique pour échapper à la justice espagnole, en appelle à l’Union européenne pour sortir de la crise.
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Pour Carles Puigdemont, l’indépendance catalane serait « une opportunité pour l’Europe »

Dans un livre, l’ex-président catalan, réfugié en Belgique pour échapper à la justice espagnole, en appelle à l’Union européenne pour sortir de la crise.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 17h56
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

On ne conduit le peuple qu’en lui donnant un avenir ; un chef est un marchand d’espérance. C’est peut-être parce qu’il habite désormais à Waterloo que Carles Puigdemont a fait sienne cette devise de Napoléon. D’exil volontaire en demande d’extradition pour « rébellion », d’arrestation en Allemagne au retour dans le havre belge, le parcours de l’ex-président catalan a été chaotique, mais il conserve l’espoir. Renoncer ? Non, bien au contraire, explique-t-il, même si son rêve est de retrouver Gérone, quitte à passer par la case prison : « J’y suis préparé, mais mon emprisonnement compliquerait davantage encore la possibilité d’une solution pacifique. »
C’est ce qu’il explique dans un livre (La crise catalane, éditions Racine, 192 p., 21,99 euros) qu’il a présenté, mardi 25 septembre, à Bruxelles. Dans cet ouvrage, publié aussi en néerlandais et en catalan, mais pas en castillan, il dit, en tout cas, vouloir continuer à défendre son projet d’une « république indépendante, radicalement démocratique », libérée de « la répression brutale d’un Etat avec une tradition démocratique plus pauvre que celle des grands Etats de l’Union européenne ».
Résultant de conversations avec le journaliste belge Olivier Mouton, le « souverainiste pas comme les autres », ainsi que le définit son coauteur, ne voulait pas rééditer seulement son énième plaidoyer pour l’indépendance catalane. Présence dans la capitale européenne oblige, il veut désormais surtout convaincre que le partage de sa cause serait « une opportunité pour l’Europe » – c’est le sous-titre du livre – et que, si elle ne daigne pas, enfin, s’en soucier, elle perdra un peu plus de son aura aux yeux de citoyens avides de démocratie.
Appel à Donald Tusk
C’est à eux, principalement, que serait d’ailleurs destiné ce livre : « pour leur offrir un récit du conflit que nous vivons, au-delà des informations caricaturales et de la propagande, des fausses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Des journalistes demandaient la divulgation des indemnités personnelles touchées par les élus du Parlement européen, mais la Cour a rejeté leur requête au nom de la protection de la vie privée.
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Indemnités des eurodéputés : la Cour du Luxembourg refuse les demandes de transparence

Des journalistes demandaient la divulgation des indemnités personnelles touchées par les élus du Parlement européen, mais la Cour a rejeté leur requête au nom de la protection de la vie privée.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 16h10
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Le Tribunal de la Cour de justice de l’Union européenne (UE) a publié mardi 25 septembre un arrêt confirmant le refus du Parlement d’accorder l’accès aux documents relatifs aux indemnités journalières, aux indemnités de frais de voyage et aux indemnités d’assistance de ses élus.
Dans son arrêt, le Tribunal de la Cour de Luxembourg estime que la divulgation des informations relatives aux indemnités des eurodéputés « porterait atteinte à la protection de la vie privée et de l’intégrité de l’individu, cette règle devant être mise en œuvre en conformité avec la législation de l’Union sur la protection des données à caractère personnel ». 
Le recours avait été formulé par des journalistes et associations de journalisme en 2015, à la suite du refus de l’hémicycle strasbourgeois de leur donner accès à ces données sensibles. Ils pointaient un manque de contrôle des dépenses des élus, ces derniers se voyant octroyer des indemnités très conséquentes pour couvrir leurs frais. Surtout pour les élus vivant dans des pays à faible pouvoir d’achat (Est).
Ménage dans le système des assistants
L’indemnité journalière correspond à un forfait de 313 euros par jour. Il est censé couvrir les frais d’hôtel et de nourriture lors des sessions parlementaires, à Bruxelles ou à Strasbourg (le Parlement y siège alternativement). Pour toucher cette indemnité, les élus doivent justifier d’au moins quatre heures de présence quotidienne dans l’institution – sinon, l’indemnité est divisée par deux.
Les élus disposent aussi de frais de voyage, mais, depuis 2009, ils ne sont remboursés que sur présentation des pièces justificatives. Enfin, ils disposent d’un forfait pour « frais généraux » de 4 416 euros par mois, principalement utilisé pour payer le fonctionnement de leur permanence parlementaire : loyer, chauffage, connexion à internet, achat du matériel informatique, etc.
Enfin, les eurodéputés ont à disposition une enveloppe de 24 526 euros pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le souverain pontife, en visite dans les pays baltes, a reconnu que l’institution est devenue difficilement audible pour les nouvelles générations.
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Pour le pape François, les scandales de pédophilie rendent l’Eglise « pénible, voire irritante »

Le souverain pontife, en visite dans les pays baltes, a reconnu que l’institution est devenue difficilement audible pour les nouvelles générations.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 15h46
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 17h38
    |

            Cécile Chambraud (Tallinn, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les affaires de pédophilie sont aujourd’hui, pour l’Eglise catholique, un repoussoir qui éloigne les jeunes. Au quatrième et dernier jour de sa visite dans les pays baltes, mardi 25 septembre, le pape François a formulé un spectaculaire constat aux allures de mea-culpa en direction des nouvelles générations. A Tallinn, capitale d’une Estonie dont une majorité des habitants se déclarent sans religion, le pontife a reconnu que l’Eglise catholique, qu’il dirige, ne réussit pas toujours mieux que d’autres à transmettre une foi, une vision du sens de la vie dont elle dépositaire, et que les scandales d’abus sexuels sont pour beaucoup dans cette situation d’échec.
L’institution romaine aurait donc elle aussi sa part de responsabilité dans cette perte de sens dans les « sociétés technocratiques » que François déplore au fil de ses discours et dans la moindre « ouverture au transcendant » qu’il diagnostiquait en novembre 2014 au Parlement européen.
François a fait cette déclaration dans un pays qui compte une microscopique communauté catholique de moins de 6 000 membres (pour 16 % d’orthodoxes et 10 % de luthériens), devant une assemblée de jeunes chrétiens de différentes confessions réunie dans l’église évangélique luthérienne Charles, à Tallinn. Il l’a fait en évoquant les attentes que des jeunes ont fait parvenir à l’Eglise catholique au cours de la préparation du prochain synode des évêques organisé à Rome du 3 au 28 octobre, qui leur est précisément consacré.
« Certains [jeunes] ont le courage de dire : “Vous ne vous apercevez pas que personne ne vous écoute plus, ni ne vous croit ?” […] Ils sont indignés par les scandales sexuels et économiques, face auxquels ils ne voient pas une nette condamnation ; le fait de ne pas savoir comprendre correctement la vie et la sensibilité des jeunes par manque de préparation ou bien simplement le rôle passif attribué aux jeunes au sein de la communauté chrétienne. Ce ne sont que quelques-unes...




                        

                        


<article-nb="2018/09/25/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Au terme d’une journée de négociations, les 58 personnes recueillies par le navire iront en France, en Allemagne, en Espagne et au Portugal.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Les 58 migrants à bord de l’« Aquarius » répartis entre quatre pays, dont la France

Au terme d’une journée de négociations, Malté a accepté d’accueillir temporairement les personnes recueillies par le navire, qui ira ensuite, vide, vers Marseille.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 18h55
   





                        



   


Au terme d’une négociation entre plusieurs pays européens, une solution se dessine pour les cinquante-huit migrants recueillis par l’Aquarius jeudi et ce week-end au large de la Libye.
Le gouvernement maltais a annoncé, mardi 25 septembre, qu’il accueillerait temporairement ces personnes, avant qu’elles ne soient réparties entre plusieurs pays européens. Selon différentes sources gouvernementales, dix-huit iront en France, quinze en Espagne, quinze en Allemagne et dix au Portugal.
« Les cinquante-huit migrants à bord de l’Aquarius seront transbordés sur un navire maltais dans les eaux internationales et conduits à Malte », a écrit le premier ministre maltais, Joseph Muscat, sur son compte Twitter. Ils seront «m immédiatement répartis » entre plusieurs pays, a précisé le gouvernement maltais. Le Portugal avait annoncé un peu plus tôt qu’il accueillerait dix d’entre eux, au terme d’un accord conclu avec la France et l’Espagne. Une source gouvernementale française a ensuite précisé que la France en accueillera 18, l’Espagne et l’Allemagne 15 chacune.

#Malta & #France again step up to solve #migrant impasse. 58persons to disembark in international waters,be distrib… https://t.co/OkUtEPflKg— JosephMuscat_JM (@Joseph Muscat)


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Le ministre de l’intérieur français, Gérard Collomb, avait déclaré un peu plus tôt lors des questions aux gouvernement, que l’Aquarius « entre dans la zone de sauvetage sous la responsabilité de Malte », et, aux termes du droit de la mer, « les navires ayant recueilli des naufragés en mer doivent les débarquer dans le port sûr le plus proche (...). L’Aquarius doit respecter cette exigence », a-t-il dit avec force, assurant aussitôt qu’« il va de soi que la solidarité européenne devra s’exercer avec Malte ».
Menacé de ne plus pouvoir prendre la mer en raison de la décision du Panama de lui retirer son pavillon, l’Aquarius avait demandé à la France l’autorisation exceptionnelle de débarquer à Marseille ses passagers, parmi lesquels dix-sept femmes et dix-huit mineurs. Mais le gouvernement français avait répondu que le navire devait débarquer à Malte, selon la règle du port sûr le plus proche. Finalement l’« Aquarius » se rendra bien en Marseille, mais sans personnes d’autre à bord que son équipage.

        Sur Les Décodeurs :
         

          Un pays a-t-il le droit de fermer ses ports aux bateaux secourant les migrants ?



Paris veut « une solution européenne »
Fidèle à des principes posés lors d’un conseil européen, les 28 et 29 juin, la France a répété qu’elle préférait « chercher une solution européenne » pour répartir les migrants de l’Aquarius, plutôt que de lui ouvrir unilatéralement un de ses ports.
Sur BFMTV, Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, avait déjà fermé la porte à l’accueil de l’Aquarius. « Il y a des règles européennes : un bateau de migrants doit accoster vers la côte européenne la plus proche. Aujourd’hui, ce n’est pas le port de Marseille qui est le plus proche. » En conséquence, « pour l’instant, elle (la France) dit non, parce que si nous voulons avoir une politique migratoire cohérente, il faut respecter les règles européennes ».
Sollicitées dans un premier temps, l’Italie et Malte avaient d’abord dit ne pas vouloir accueillir le bâtiment affrété par les associations SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières, et lui avaient fermé leurs ports.

        Ce que dit l’équipage de l’« Aquarius »
         

          : « Nous n’arrêterons notre mission que sous la force et la contrainte »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ En 2010, un rapport pointait « l’incestueux refus d’agir » de la hiérarchie catholique. Depuis, les révélations se sont soldées par quelques condamnations de prêtres.
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Pédophilie dans l’Eglise : en Belgique, une victoire au goût amer

En 2010, un rapport pointait « l’incestueux refus d’agir » de la hiérarchie catholique. Depuis, les révélations se sont soldées par quelques condamnations de prêtres.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 15h25
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Longue, douloureuse, victorieuse, sans doute partielle : la bataille des victimes belges d’actes de pédophilie commis par des prêtres a démarré en 2009 et devrait s’achever en janvier 2019, avec la publication d’un rapport très attendu de l’Eglise. Il y a longtemps, toutefois, que l’on sait ce qu’on subi les quelque 500 personnes qui se sont confiées aux membres d’une commission à l’existence tumultueuse.
Instaurée par l’Eglise pour entendre les victimes, elle fut corsetée, y compris par le ministre de la justice de l’époque, ce qui entraîna la démission de sa présidente, une magistrate. Son successeur, le pédopsychiatre Peter Adriaenssens, a vu sa tâche facilitée par des révélations sur l’un des prélats les plus en vue du pays, Roger Vangheluwe, l’évêque de Bruges. La révélation des viols qu’il avait commis, durant huit années, sur son neveu – âgé de 5 ans au départ – allait libérer définitivement la parole des victimes et briser les barrières établies par la hiérarchie catholique.
« Catalogue de perversions »
Peter Adriaenssens faisait publier, en septembre 2010, l’intégralité des témoignages recueillis. Des faits qu’il décrivait comme « horribles », commis entre 1950 et 1990. « Le marquis de Sade n’aurait pas pu, ou osé, publier un tel catalogue de perversions », commentait un éditorialiste, un autre pointant « l’incestueux refus d’agir » de la hiérarchie catholique. Confrontée aux témoins, elle s’en était tenue à la consigné édictée par le Vatican en 2001 : pas question de dénoncer un prêtre à la justice civile, en raison du lien de nature sacramentelle le liant à l’évêque.
L’affaire Vangheluwe, qui s’est soldée par la démission de l’évêque en avril 2010, a montré que le plus haut niveau de la hiérarchie s’en tenait à cette règle de l’impunité. Et il a fallu la révélation, par la presse, d’enregistrements indiquant que Mgr Godfried Danneels, primat de Belgique de 1979 à 2009, avait lui-même tenté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le député La France insoumise et le leader de l’opposition britannique se sont rencontrés lundi en marge du congrès travailliste.
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Jean-Luc Mélenchon, la coqueluche des corbynistes à Liverpool

Le député La France insoumise et le leader de l’opposition britannique se sont rencontrés lundi en marge du congrès travailliste.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 15h22
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        


Ils ont des points communs. Sexagénaires, ils enflamment les jeunes, personnifient la renaissance de la gauche de la gauche et détestent les médias. Ils sont aussi très différents : Jeremy Corbyn est un orateur plutôt soporifique alors que Jean-Luc Mélenchon aime les effets de manche. Le Britannique dirige l’opposition (40 % des voix aux législatives) et pourrait entrer à Downing Street si la crise du Brexit fait tomber Theresa May. Le Français cherche son second souffle après la présidentielle (19,58 %). Les deux hommes de gauche se sont rencontrés lundi 24 septembre en marge du congrès travailliste de Liverpool.
A sa sortie, M. Mélenchon affirme être venu pour « recréer des liens internationaux », et ne dit rien sur le contenu de leur conversation, si ce n’est qu’elle a eu lieu… en espagnol, langue commune de ces deux zélateurs des révolutions sud-américaines. « Lui et moi avons résisté dans la durée et nous sommes devenus le point d’appui de la génération suivante. (…) L’un d’entre nous va bien arriver à gagner les élections générales », glisse le député de La France insoumise. Tandis que Jeremy Corbyn a conquis le Labour dans un pays dont le système politique écrase les petits partis, M. Mélenchon reconnaît que sa trajectoire aurait été impossible « sans le système électoral présidentiel ». 
Accueil de star
Le soir, lors d’une conférence lue en français, le chef de La France insoumise a eu droit à un accueil de star de la part des militants de Momentum, le courant Labour pro Corbyn. « Le moment est venu de coordonner nos résistances contre la barbarie néolibérale », a-t-il lancé, déclenchant des vagues de « Oh Jenne Liouc Meleenchonne », sur le même air chaloupé que les « Oh Jeremy Cooorbyn », hymne des Corbynistes.
Le chef des Insoumis ne parle pas anglais mais il a des idées sur le Brexit : « Le vote a eu lieu, la décision a été prise. Que le Royaume-Uni quitte l’UE, cela m’est indifférent. » Il estime que le « chaos du Brexit » est une invention de la presse et tranche : « Les Britanniques ont voté pour reprendre le contrôle de leur existence que l’UE leur interdit. Ils ne se sont pas trompés. Il leur reste à le gagner. » Heureusement que le camarade Corbyn, dont les congressistes réclament massivement un nouveau vote pour sortir du bourbier du Brexit, ne comprend pas le français.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Les projets de Macron ont été contrariés par la fragilisation d’Angela Merkel.
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Un an après le discours de la Sorbonne, la réforme de l’Union enlisée

Les projets de Macron ont été contrariés par la fragilisation d’Angela Merkel.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 11h46
    |

            Virginie Malingre et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Jamais, Emmanuel Macron n’a eu l’Europe honteuse. Il a au contraire décidé de l’incarner, de la porter en étendard. Comme au soir de sa victoire, au Louvre, le 7 mai 2017 : le drapeau européen flotte, L’Ode à la joie de Beethoven, qui est aussi l’hymne de l’Union européenne, emplit l’espace. Quelques mois plus tard, le 26 septembre 2017, lors d’un discours enflammé prononcé dans le grand auditorium de la Sorbonne, le jeune chef de l’Etat déclare son ambition pour une Europe refondée, « souveraine, unie et démocratique », face à l’Amérique de Donald Trump et à la Chine de Xi Jinping.
Un an après, à huit mois des élections européennes de 2019, Emmanuel Macron sait qu’il sera jugé à l’aune de ce discours fondateur, dans lequel il a fait une cinquantaine de propositions, sur l’environnement, la politique migratoire, la défense, la zone euro, ou le numérique. Jeudi 20 septembre, à l’occasion du sommet européen de Salzbourg, en Autriche, le président a esquissé son propre bilan. « Depuis un an, les avancées ont été réelles, a-t-il défendu, citant la défense, le droit d’auteur, l’économie et la croissance dans la zone euro, la sécurité, « avec la force européenne de protection civile », ou encore le lancement cet automne des universités européennes. « Mais l’Europe se perd dans les querelles et laisse les uns et les autres être séduits par les purs messages de violence, a-t-il ajouté. Ce combat se poursuivra, ce sera l’enjeu des élections européennes, c’est un combat de chaque jour. » 

A Bruxelles, on veut croire que, dans l’Europe du Brexit, le discours de la Sorbonne a fait bouger les lignes, imposé un agenda et redonné une voix à la France sur la scène européenne. « A part Florian Philippot, plus personne ne parle de quitter l’Union européenne », note Pieyre-Alexandre Anglade, député LRM des Français de l’étranger et spécialiste des questions européennes. « Au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le navire affrété par les associations SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières a demandé à pouvoir faire route vers Marseille.
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« Aquarius » : le sort des 58 migrants à bord divise les politiques français

Le navire affrété par les associations SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières a demandé à pouvoir faire route vers Marseille.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 18h46
    |

            Cédric Pietralunga, 
Lucie Soullier et 
Olivier Faye








                        



   


Déjà à l’origine de deux crises européennes, en juin et en août, le navire humanitaire Aquarius est à nouveau au centre d’un affrontement entre europhiles et nationalistes. Lundi 24 septembre, le bâtiment affrété par les associations SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières, qui naviguait au large des côtes libyennes, a demandé à pouvoir faire route vers Marseille, afin d’y débarquer des migrants récupérés ces derniers jours sur des embarcations de fortune.
« Aujourd’hui, nous faisons la demande solennelle et officielle aux autorités françaises » de donner, « de manière humanitaire, l’autorisation de débarquer » les 58 rescapés actuellement sur l’Aquarius, parmi lesquels 17 femmes et 18 mineurs, a déclaré le directeur des opérations de SOS-Méditerranée, Frédéric Penard, lors d’une conférence de presse à Paris. Sollicitées, l’Italie et Malte ont indiqué ne pas vouloir accueillir le navire et lui ont fermé leurs ports, pourtant plus proches.

        Lire aussi :
         

                « Aquarius » : « Nous n’arrêterons notre mission que sous la force et la contrainte »



Fidèle à des principes posés lors d’un conseil européen, les 28 et 29 juin, la France a répondu préférer « chercher une solution européenne » pour répartir les migrants à bord de l’Aquarius, plutôt que de lui ouvrir unilatéralement un de ses ports. « Pour le débarquement, on veut tenir le principe du port sûr le plus proche », indique-t-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron, où l’on rappelle que la France n’a pas changé de position depuis la première crise : « Débarquement à proximité et répartition solidaire immédiate. »
Campagne contre les populistes
Le sujet représente, à huit mois des élections européennes, un point de clivage permettant aux uns et autres sur la scène poli­tique de faire valoir leurs positions. Sans surprise, le choix du gouvernement a été vivement dénoncé à gauche. « L’Aquarius doit pouvoir accoster à Marseille. C’est notre devoir et notre honneur », a ainsi écrit sur Twitter Jean-Luc Mélenchon, député (LFI) des Bouches-du-Rhône. « On ne laisse pas mourir des êtres humains devant soi au motif que d’autres devraient le faire et que c’est de leur responsabilité ! », a abondé David Assouline, vice-président (PS) du Sénat.
« C’est par la coopération avec nos partenaires européens que nous apporterons une solution. Ne tombons pas dans le piège que certains nous tendent », a au contraire plaidé Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, lundi soir sur Canal+. En ouvrant un de ses ports, la France craint de créer un précédent et de donner à Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, le prétexte pour ne plus accueillir de bateaux humanitaires. M. Macron veut aussi démontrer que l’UE peut être une solution. Une façon, selon les macronistes, de faire campagne contre les populistes.

Le pavillon d’un bateau, indispensable pour naviguer
Juridiquement, le pavillon désigne la nationalité de rattachement d’un bateau. Cette immatriculation est obligatoire pour lui permettre de naviguer, d’accoster dans un port et d’être identifié en cas de problème.
En haute mer, un navire relève exclusivement des autorités de son pavillon. Mais il est soumis à la loi de l’Etat du port ou du pays dans lequel il se trouve lorsqu’il est dans ses eaux territoriales (jusqu’à 12 milles de ses côtes). L’Aquarius ne navigue en revanche que dans les eaux internationales.
Sans pavillon, le navire est contraint de rester où il se trouve. Il devient une sorte de bateau fantôme ou bateau pirate, interdit de prendre la mer.


Martingale gagnante
Les dirigeants du parti Les Républicains (LR), de leur côté, ont maintenu leur ligne dure : pas question d’accueillir le moindre migrant en France. « La France et l’Europe n’ont pas de leçon à recevoir en termes d’accueil de réfugiés, a estimé l’ancien ministre de l’intérieur Brice Hortefeux, conseiller spécial du président de LR, Laurent Wauquiez. Puisque l’Espagne a une politique qui l’encourage à accepter, eh bien qu’ils prennent donc la route de l’Espagne ! » Un avis partagé par le député LR des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, pour qui « aucun port français ne doit devenir Lampedusa ».
Cette fermeté absolue constitue la ligne directrice du parti de droite en vue des européennes. Une manière d’essayer de se rendre audible entre La République en marche et le Rassemblement national (RN), dans ce match « progressistes » contre « nationalistes » que le président de la République cherche à imposer. Un responsable de LR résume ce qu’il pense être la martingale gagnante du parti : « Nous sommes pour l’Europe et contre l’immigration. Emmanuel Macron est pour l’Europe et pour l’immigration. Le RN est contre l’Europe et contre l’immigration. » Raison pour laquelle M. Wauquiez tient à ne pas se couper du premier ministre hongrois, Viktor Orban, chantre de l’illibéralisme et champion revendiqué de la lutte contre l’immigration.
Pas plus de surprise du côté de Marine Le Pen : « Non et non ! L’Aquarius ne doit pas accoster à Marseille », a harangué sur Twitter la présidente du Rassemblement national. Pour Philippe Olivier, le conseiller spécial de la figure de proue du parti d’extrême-droite, le scrutin des européennes va se résumer à « un référendum pour ou contre l’immigration ».
Marine Le Pen avait fait de l’immigration l’axe majeur de son discours de rentrée à Fréjus (Var), le 16 septembre, avec un modèle « ami » assumé : la politique anti-migrants de Matteo Salvini. Dénonçant « la soumission à Bruxelles et à sa folle politique immigrationniste », la présidente du RN avait lancé face à une salle bleu-blanc-rouge conquise : « C’est peu de dire qu’avec nous la politique migratoire changera et c’est le grand enjeu des européennes. » Et d’ajouter, alors que le bateau n’a encore jamais débarqué de migrants sur les côtes françaises : « Avec nous, l’Aquarius n’accostera plus sur les côtes françaises. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Des gouverneurs sortants, soutenus par Vladimir Poutine, ont été battus par un vote de protestation lié à la très impopulaire réforme des retraites.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
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En Russie, quatre gouverneurs pro-pouvoir éliminés lors d’un vote

Des gouverneurs sortants, soutenus par Vladimir Poutine, ont été battus par un vote de protestation lié à la très impopulaire réforme des retraites.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 10h52
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Quatre scrutins ont mis en échec le Kremlin. Au deuxième tour de l’élection de gouverneurs, dimanche 23 septembre, dans la région de Khabarovsk, en Extrême-Orient russe, et à Vladimir, dans le centre, les candidats du parti au pouvoir, Russie unie, ont été éliminés, confirmant ainsi la déroute de deux autres gouverneurs dans l’oblast de Vladivostok, à l’est, et en Khakassie, en Sibérie centrale. C’est peu mais c’est assez inhabituel pour être remarqué, dans un pays où les seconds tours sont rares et les résultats des urnes en principe sans surprise.

A Vladimir, la gouverneure sortante nommée par Vladimir Poutine en 2013, Svetlana Orlova, a été battue par son concurrent du parti nationaliste LDPR, Vladimir Sipiaguine, qui l’a emporté avec 57,03 % des voix contre 34,46 %. Les émissaires dépêchés sur place depuis Moscou, dont un expert en politique intérieure du Kremlin, Andreï Iarine, n’ont rien pu faire. A Khabarovsk, c’est un autre représentant LDPR qui est sorti victorieux du scrutin, Sergueï Fourgal, avec 69,57 % des voix contre Viatcheslav Chport, qui n’en a recueilli que 27,97 %. La participation, pour ce second tour, avait encore augmenté.
« Tout sera en ordre, je pense »
A Vladivostok, dans le Primorié, l’élection du gouverneur a dû être annulée par la commission électorale après un scandale retentissant de fraudes, ce qui constitue une grande première depuis l’arrivée au pouvoir de M. Poutine, en 2000. Lors du second tour, organisé le 16 septembre, le gouverneur sortant Andreï Tarassenko avait été annoncé vainqueur devant le communiste Andreï Ichtchenko alors que ce dernier était donné largement en tête après le décompte de 95 % des voix… Devant le tollé provoqué, l’élection devra être rejouée. « Je sais qu’un deuxième tour est prévu, tout sera en ordre, je pense », avait pourtant affirmé le chef du Kremlin en recevant, peu avant le scrutin, son poulain.
« Les candidats du Kremlin ne sont pas vaincus par leurs adversaires...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ La hiérarchie ecclésiastique met des obstacles aux enquêtes, et profite depuis 2002 d’un accord qui limite le montant des indemnisations.
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Pédophilie dans l’Eglise : en Irlande, la lenteur des investigations a exacerbé la colère des victimes

La hiérarchie ecclésiastique met des obstacles aux enquêtes, et profite depuis 2002 d’un accord qui limite le montant des indemnisations.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 15h44
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Force dominante dans la construction de la République irlandaise après l’indépendance de 1921, l’Eglise a géré pendant des lustres les principales institutions scolaires, sanitaires et sociales du pays. Dès lors, la révélation, à partir des années 1990, des violences notamment sexuelles commises à grande échelle par des membres du clergé a pris la dimension d’un scandale d’Etat. A l’impunité dont ont bénéficié les auteurs, à la protection que leur a procurée l’Eglise, s’est longtemps ajoutée la complaisance des autorités civiles.
Près d’une décennie a séparé les premiers témoignages télévisés de la publication, en 2009, de deux énormes rapports commandités par le gouvernement dressant une interminable et terrible liste des abus commis depuis les années 1930 par des prêtres couverts par la hiérarchie catholique, tant dans des orphelinats et des écoles techniques réservées aux « cas sociaux » que dans les paroisses.
Cinq rapports successifs, dont le dernier en 2011, ont conclu que des milliers d’enfants avaient été violés ou maltraités physiquement « de façon endémique » dans des écoles ou d’autres institutions contrôlées par l’Eglise. « Les mauvais traitements n’étaient pas des anomalies du système. C’était le système lui-même », a résumé l’Irish Times. Les révélations se sont ensuite étendues aux « filles mères » maltraitées par des religieuses et dont les enfants étaient réduits à la famine ou donnés d’autorité en adoption.
« Le viol et la torture ont été minimisés »
Au-delà des « excuses » répétées aux victimes, le gouvernement irlandais a promis de poursuivre les auteurs et a entrepris une réforme des services d’aide à l’enfance. Au total, la police a été saisie de 8 967 plaintes, et de nouvelles plaintes lui parviennent sans cesse. Mais la lenteur des enquêtes, la difficulté de réunir des preuves et les obstacles posés par la hiérarchie catholique ont exacerbé la colère des victimes. Celles-ci s’insurgent...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Un grand rapport sur des milliers de cas d’abus sexuels sur mineurs vient d’être rendu public
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Pédophilie : « Nous sommes accablés et honteux », disent les évêques allemands

Un grand rapport sur des milliers de cas d’abus sexuels sur mineurs vient d’être rendu public



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 14h32
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Huit ans : c’est le temps qu’il aura fallu à l’Eglise catholique allemande pour prendre la mesure du scandale. En rendant publique, mardi 25 septembre à Fulda (Hesse), une étude de 350 pages consacrée aux « abus sexuels commis sur des mineurs par des prêtres, des diacres et des religieux catholiques » de 1946 à 2014, la Conférence des évêques allemands veut convaincre l’opinion publique que la page ouverte en 2010 est définitivement tournée. Cette année-là, le pays avait été secoué par des révélations en série sur d’anciennes affaires de pédophilie dans plusieurs établissements catholiques de renom, comme le collège jésuite Canisius, à Berlin, ou le chœur des chanteurs de Ratisbonne (Bavière), dirigé pendant trente ans par Georg Ratzinger, dont le frère, Benoît XVI, était pape quand le scandale a éclaté.
Pour l’essentiel, le contenu de l’étude – commandée par la Conférence des évêques en 2013 et pilotée par une équipe de chercheurs des universités de Heidelberg, Mannheim et Giessen – est déjà connu depuis les fuites parues, le 12 septembre, dans Die Zeit et Der Spiegel. Sur soixante-huit ans, les auteurs ont pu établir que 1 670 membres de l’Eglise catholique allemande ont agressé sexuellement 3 677 mineurs, en majorité des garçons de moins de 13 ans, ce qui signifie qu’au moins 4,4 % de l’ensemble des religieux ont abusé d’enfants. Encore ne s’agit-il là que d’une évaluation plancher, les auteurs reconnaissant que des cas leur ont nécessairement échappé. D’après leurs statistiques, trois victimes sur quatre auraient été agressées dans une église ou dans le cadre d’activités pastorales. Une victime sur six aurait été violée.

L’étude met également en évidence l’impunité dont ont bénéficié les agresseurs. Sur les 1 670 religieux mis en cause, seulement 566, soit un tiers environ, ont été poursuivis canoniquement. Parmi eux, à peine une quarantaine ont été exclus de l’Eglise, la plupart des procédures s’étant conclues par...




                        

                        


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En Suède, le Parlement démet le premier ministre social démocrate Stefan Löfven

La coalition de centre droit et l’extrême droite ont uni leurs voix mardi pour démettre le premier ministre Stefan Löfven affaibli par les dernières législatives.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 14h29
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante)








                        


Quinze jours après les élections législatives, les Suédois n’ont toujours pas la moindre idée du nom de leur prochain premier ministre, et encore moins de la composition du gouvernement qu’il pourra diriger. Depuis lundi 24 septembre, leur Parlement a au moins un nouveau président : le conservateur Andreas Norlen, 45 ans, a battu son opposante sociale-démocrate Asa Lindestam. M. Norlen, ancien président de la commission des lois constitutionnelles au Riksdag, a été élu grâce aux voix des élus des Démocrates de Suède (SD, extrême droite).
Sa nomination à peine entérinée, il a organisé, mardi 25 septembre, un vote de défiance à l’encontre du premier ministre sortant, le social-démocrate Stefan Löfven. Une majorité de 204 parlementaires sur 349 ont voté contre la motion de confiance, soit la totalité des élus de la droite, du centre et de l’extrême droite, moins une voix. M. Löfven restera à son poste pour expédier les affaires courantes, en attendant la formation d’un nouveau gouvernement.
Le président du Parlement devrait charger le patron des conservateurs, Ulf Kristersson, de s’atteler à cette tâche et de commencer les négociations de coalition. Elles s’annoncent très compliquées, comme l’illustre l’épisode, lundi, de l’élection du président du Parlement et de celle de ses trois vice-présidents, qui ont mis à mal les pratiques jusque-là bien ancrées de la démocratie suédoise.

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Impasse politique
Depuis 1976, la tradition veut que chaque poste soit attribué aux différents partis en proportion de leur taille, la présidence revenant à la formation du futur premier ministre, soit habituellement le chef du premier parti du plus gros « bloc » d’alliance. Cette année, les sociaux-démocrates, arrivés en tête, auraient donc dû en hériter. Dans un geste visant à sortir de l’impasse politique dans laquelle se trouve la Suède depuis les élections du 9 septembre, le parti du premier ministre avait fait savoir qu’il était prêt à ne pas proposer de candidat, envisageant un compromis au-delà des lignes partisanes.
L’Alliance (bloc regroupant les conservateurs, centristes, chrétiens-démocrates et libéraux) a refusé de négocier, estimant qu’elle était en meilleure position de former un gouvernement, et que la présidence du Parlement devait donc lui revenir. Les Démocrates de Suède (SD) ont fait la même analyse, à une différence près, constate le politologue Carl Dahlström : « Ils ont décidé de soutenir Andreas Norlen en tant que candidat conservateur, pas candidat de l’Alliance. »
Car eux rêvent d’un gouvernement resserré, composé des conservateurs et chrétiens-démocrates, qu’ils soutiendraient au Parlement. « Ils estiment que les trois partis sont suffisamment alignés sur l’immigration et l’intégration pour leur garantir une influence politique, ce qu’ils désirent le plus », commente le politologue.
A en croire sa réaction indignée après les défaites successives de son candidat, Björn Söder, au poste de second puis de troisième vice-président, le chef de file de l’extrême droite, Jimmie Akesson, espérait un retour d’ascenseur. Lundi, le Parti de gauche a présenté une candidate en face de celui qui, en juin, avait provoqué une vive polémique en affirmant que ni les juifs, ni les Samis (le peuple autochtone du nord du pays) n’étaient « suédois ». Lotta Johnsson Fornarve a été élue grâce aux voix des Verts et sociaux-démocrates. Les députés de droite ont voté blanc, à l’exception de 21 d’entre eux qui ont plébiscité Björn Söder, en violation des instructions de leur direction.

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Pour la troisième vice-présidence, la candidate centriste, Kerstin Lundgren, a obtenu le soutien de tous les partis, à l’exception de SD, qui a une nouvelle fois présenté Björn Söder. A la sortie, Jimmie Akesson enrageait contre la « faiblesse » des conservateurs et soulignait que « plus tôt les autres partis comprendront qu’ils doivent prendre en considération les SD, plus facile ce sera de gouverner le pays et d’élire un premier ministre. »
Dans les rangs du Parti conservateur, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent en faveur d’un rapprochement avec les Démocrates de Suède. Plus de 300 élus locaux ont affirmé récemment qu’ils y étaient favorables. Nombre d’entre eux sont originaires de Scanie ; la région du sud de la Suède où l’extrême droite est arrivée en tête dans un tiers des communes.
Mais centristes et libéraux excluent de participer à un gouvernement dépendant du soutien de l’extrême droite : « C’est possible mathématiquement, mais les antagonismes idéologiques sont trop importants », a redit le patron des libéraux, Jan Björklund, lundi, ajoutant qu’il ne pourrait y avoir de gouvernement de centre droit sans un soutien garanti des sociaux-démocrates au Parlement.
« En pratique, les sociaux-démocrates ont obtenu un droit de veto contre un gouvernement de l’alliance », notait le journal Dagens Nyheter, lundi soir. Stefan Löfven a déjà fait savoir, cependant, qu’il y était opposé. « Je suis président du Parlement, je ne suis pas magicien », a prévenu Andreas Norlen lors de sa première conférence de presse, conscient de la tâche qui l’attend. Au terme de quatre tentatives infructueuses pour former un gouvernement, il devra convoquer des élections anticipées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le feu s’est déclaré en fin de soirée lundi dans la région très boisée du Monte Serra, près de Pise. L’incendie s’est rapidement étendu en raison du vent.
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Italie : vaste incendie en Toscane, des centaines de personnes évacuées

Le feu s’est déclaré en fin de soirée lundi dans la région très boisée du Monte Serra, près de Pise. L’incendie s’est rapidement étendu en raison du vent.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 10h04
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 10h56
   





                        


Des centaines de personnes ont dû être évacuées dans la nuit de lundi 24 à mardi 25 septembre en raison d’un vaste incendie dans la province de Pise (Toscane), dans le nord de l’Italie.
Le feu s’est déclaré en fin de soirée lundi dans la région très boisée du Monte Serra et, en raison du vent, s’est rapidement étendu pour menacer les localités de Calci, Montemagno et San Lorenzo in Torre.
« Certainement volontaire »
« Incendie dévastateur à Calci. Les maisons les plus proches ont été contactées », a déclaré dans la nuit sur Facebook le maire de cette commune de 6 500 habitants, Massimiliano Ghimenti. Près de 500 personnes ont été évacuées par précaution à Calci ainsi qu’à San Lorenzo in Torre.
Outre des avions bombardiers d’eau, des dizaines de sapeurs-pompiers venant de toute la Toscane, dont Florence et Livourne, intervenaient mardi à l’aube sur les lieux. Selon le commandant des pompiers de Pise, Ugo D’Anna, l’origine du sinistre est « presque certainement volontaire ».

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Royaume-Uni : enquête publique sur un scandale de sang contaminé dans les années 1970

Le rôle du NHS, le service de santé public britannique, dans ce scandale ayant conduit des milliers de personnes à contracter le VIH et l’hépatite B, sera examiné.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 08h28
   





                        


Le Royaume-Uni a annoncé lundi 24 septembre l’ouverture d’une enquête publique destinée à faire la lumière sur un vaste scandale de sang contaminé au Royaume-Uni qui avait fait quelque 2 400 morts dans les années 1970 et 1980.
Des milliers de personnes hémophiles avaient contracté l’hépatite C et le VIH après avoir reçu des transfusions de sang en provenance des Etats-Unis, sous la supervision du National Health Service (NHS – « Service de santé national »).
L’enquête, qui devrait durer au moins deux ans et demi, devra déterminer comment le scandale a pu se produire, mais également « s’il y a eu des tentatives de dissimuler » des faits par « la destruction de documents ou la rétention d’informations ». Elle examinera également les réponses apportées à l’époque par le gouvernement et le NHS. Elle sera dirigée par un juge à la retraite, Brian Langstaff.
Recours collectif en dommages et intérêts
Son ouverture a été saluée par un représentant des victimes, l’avocat Des Collins : « Pour les personnes touchées, leurs familles et les groupes [qui avaient milité pour l’obtenir], il s’agit d’un jour comme peu pensaient qu’il arriverait », a-t-il déclaré. « Maintenant, les responsables – tant au gouvernement que dans les entreprises pharmaceutiques – devront rendre des comptes », a-t-il ajouté.
La décision d’ouvrir une enquête publique avait été prise en 2017 par le gouvernement britannique. Une précédente enquête conclue en 2009 avait établi que le gouvernement aurait dû agir plus tôt afin d’augmenter les réserves britanniques de sang et mettre fin à la dépendance aux importations. Elle avait abouti à la mise en place d’un système d’indemnisation des victimes mais aucun procès n’avait été entrepris et les responsabilités n’avaient pas été établies.
En septembre 2017, la Haute Cour de justice britannique a autorisé les victimes du scandale à lancer un recours collectif en dommages et intérêts.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le dispositif pourrait agir comme une bourse d’échanges permettant aux entreprises concernées d’échapper aux sanctions de Washington.
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Article sélectionné dans La Matinale du 24/09/2018
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L’Union européenne va créer une entité pour commercer avec l’Iran

Le dispositif pourrait agir comme une bourse d’échanges permettant aux entreprises concernées d’échapper aux sanctions de Washington.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 04h52
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 10h38
   





                        



   


Les Européens vont créer une entité spécifique pour pouvoir continuer à commercer avec l’Iran, notamment pour l’achat de pétrole, et échapper ainsi aux sanctions américaines, a annoncé, lundi 24 septembre aux Nations unies (ONU) la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Federica Mogherini.
« Cela permettra aux compagnies européennes de continuer à commercer avec l’Iran conformément au droit européen et pourrait être ouvert à d’autres partenaires dans le monde », a-t-elle ajouté dans une déclaration lue conjointement avec le ministre des affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif.

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Federica Mogherini s’exprimait à l’issue d’une réunion consacrée à la sauvegarde de l’accord nucléaire de 2015, après la sortie fracassante des Etats-Unis de celui-ci en mai. Les représentants des six pays signataires encore membres de l’accord – France, Royaume-Uni, Chine, Russie, Allemagne et Iran – étaient présents à ce rendez-vous, organisé en marge de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU.
Selon des sources européennes, cette « entité ad hoc » (Special Purpose Vehicle – SPV) pourrait agir comme une bourse d’échanges ou un système de troc sophistiqué permettant aux entreprises concernées d’échapper aux sanctions de Washington.
Craintes de représailles américaines
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, s’est retiré en mai de l’accord international sur le nucléaire iranien, censé empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique et de sortir parallèlement le pays de son isolement économique grâce à une levée des mesures qui l’étranglaient.

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Washington a rétabli depuis une série de lourdes sanctions visant aussi les entreprises ou les pays étrangers qui continueraient de faire affaire avec la République islamique. Sous la menace, nombre de grands groupes (Total, Daimler…) très engagés aux Etats-Unis ont depuis cessé toute activité avec l’Iran par crainte de représailles américaines. Le 4 novembre, une nouvelle vague de sanctions frappera directement les exportations de pétrole iraniennes et les opérations bancaires avec ce pays, qui demeure en partie isolé des circuits financiers internationaux depuis 2012.

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Les nouveaux canaux de paiement doivent « rassurer les acteurs économiques qui ont un commerce légitime avec l’Iran », a souligné devant la presse Mme Mogherini. Il s’agit de préserver les bénéfices économiques attendus par Téhéran en échange de son maintien dans l’accord et de son renoncement à un programme nucléaire militaire, a-t-elle expliqué en substance.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Francis Vallat, le président de SOS Méditerranée France, revient sur la décision du Panama de retirer son pavillon au bateau humanitaire.
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« Aquarius » : « Nous n’arrêterons notre mission que sous la force et la contrainte »

Francis Vallat, le président de SOS Méditerranée France, revient sur la décision du Panama de retirer son pavillon au bateau humanitaire.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 20h43
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 09h01
    |

            Faustine Vincent








                        



   


La poursuite de la mission de sauvetage de l’Aquarius est en partie entre les mains de la France. Les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières, qui ont affrété le bateau humanitaire, ont demandé aux autorités françaises de permettre « à titre exceptionnel » au navire d’accoster à Marseille avec 58 migrants à son bord, a annoncé le directeur des opérations de SOS Méditerranée, Frédéric Penard, le 24 septembre à Paris.
L’Aquarius, actuellement dans les eaux internationales au large de la Libye, a commencé à faire route vers la ville du sud de la France, port d’attache du navire et siège de SOS Méditerranée. L’objectif est d’y mettre les migrants sauvés « à l’abri » et d’y « mener le combat » pour trouver un nouveau pavillon, le Panama ayant annoncé samedi qu’il allait lui retirer le sien, ce qui interdira au bateau de naviguer, et donc de poursuivre sa mission.
La France a répondu lundi soir qu’elle cherchait « une solution européenne », selon le principe du « port sûr le plus proche » du navire.
« Révolté » et « choqué » par la décision du Panama, Francis Vallat, président de SOS Méditerranée France appelle à un « sursaut des Etats européens » afin de pouvoir poursuivre la mission de l’Aquarius.
Comment réagissez-vous à la décision du Panama de retirer son pavillon à l’“Aquarius” ?
Francis Vallat : C’est une honte et c’est révoltant. J’ai été armateur pendant plus de trente ans. C’est du jamais-vu dans l’histoire maritime depuis au moins la seconde guerre mondiale. Quand vous battez pavillon d’un pays, il ne peut vous être retiré que parce que vous ne vous pliez pas aux règles du pays ou aux conventions internationales. Ce n’est pas le cas de l’Aquarius, qui respecte scrupuleusement les règles et agit en toute transparence.
C’est la poursuite de la criminalisation des ONG à laquelle nous assistons depuis plus d’un an. L’Aquarius est la cible de mensonges et d’une désinformation incroyable. On nous accuse même d’être payés dans des paradis fiscaux et de participer au trafic de migrants ! Cela alimente un climat anxiogène et une haine qui dépassent la question de ce navire humanitaire.
Comment analysez-vous la décision du Panama ?
C’est politique. Le pays a lui-même reconnu avoir subi des pressions de la part de l’Italie, qui a menacé d’interdire l’accès aux ports italiens des bateaux battant pavillon panaméen. Or, il représente la plus grosse flotte mondiale : que pesait le petit Aquarius face à cela ?
Depuis que le ministre de l’intérieur italien [issu de l’extrême droite] Matteo Salvini est au pouvoir, tous les moyens sont bons pour arrêter l’Aquarius. Nous sommes perpétuellement pourchassés.
Cette attitude s’explique par le fait que l’Italie a été laissée seule pendant des années face au problème migratoire. Cela a créé un sentiment antieuropéen et hostile aux migrants très fort. Aujourd’hui cela explose d’un coup, dans un contexte très anxiogène où les gens redoutent que le modèle social européen soit menacé.
C’est irrationnel, d’ailleurs, puisque jamais les flux de réfugiés n’ont été aussi bas qu’actuellement. Ils ont été réduits de 80 %. La seule chose qui augmente, c’est le nombre de morts : on est passé de 1 mort sur 42 naufragés l’an dernier pour ceux qui tentent la traversée en Méditerranée centrale à 1 mort sur 18 cette année.
Cela fait deux fois que l’“Aquarius” perd son pavillon, après Gibraltar. Redoutez-vous que sa mission soit condamnée ?
Je n’arrive pas à croire que les Etats démocratiques européens, qui sont des Etats de droit avec des principes et des valeurs, n’aient pas un sursaut. Mais c’est vrai que j’en ai peur. C’est pour cela que nous lançons un appel solennel aux autorités européennes, et en particulier françaises, pour qu’elles nous aident à trouver une solution afin que le Panama revienne sur sa décision.
Au cas où cette option échouait, nous demandons aussi aux Etats européens de nous donner un pavillon. En troisième option, nous souhaitons qu’ils nous aident à trouver un pavillon ailleurs, dans le monde.
Quoi qu’il en soit, nous n’arrêterons notre mission que sous la force et la contrainte. La solution ne peut pas être d’avoir 60 000 morts de plus aux portes de l’Europe, comme cela a été le cas depuis le début de cette crise. Nous ne faisons que notre devoir.
Beaucoup de Français se rendent d’ailleurs bien compte que la meilleure façon de perdre notre identité, ce n’est pas avec cette « invasion » largement fantasmée, mais en renonçant à nos valeurs démocratiques et européennes. C’est notre socle.
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            data-slide-description="L’embarcation repérée par l’« Aquarius«  le 20 septembre. Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherches et de secours pour SOS Méditerranée, raconte : « Nous avons vu qu’ils étaient en train d’écoper le bateau. Ils avaient des gilets de sauvetage, mais ce sont des modèles de mauvaise confection, qui se remplissent d’eau, donc c’est dangereux. »"
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            data-slide-description="Jérémie Demange est le sauveteur de SOS Mediterranée qui a ciblé la petite barque en détresse le 20 septembre vers 7h « Au début, tu vois une tâche blanche qui bouge sur la vague et, très vite, tu vois que ça ressemble à une embarcation »."
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            data-slide-description="Les chaussures trempées des onze rescapès sèchent sur le pont principal de l'Aquarius, le 20 septembre."
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            data-slide-description="Un membre de Médecins sans frontières leur donne quelques explications sommaires, tandis qu’ils essayent de rallumer leur téléphone emballé dans plusieurs couches de plastique. Un sac est distribué à chacun d’entre eux, avec du linge propre, de l’eau, une serviette…"
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            data-slide-description="Sur le pont, le reste de l’équipage se tient prêt à accueillir les personnes secourues. La manœuvre est bien huilée. Un à un, les hommes sont montés à bord et installés sur le pont arrière du bateau."
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            data-slide-description="A bord de l’« Aquarius », après le sauvetage des onze personnes, dont un mineur, qui se trouvaient à bord de la petite embarcation."
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            data-slide-description=""Mon futur est entre vos mains" avoue Ch. Amraiz. Après avoir passé huit heures sur la mer pour parcourir 28 milles nautiques, cet homme de 38 ans d'origine pakistanaise s'est fait secourir par l'équipage de l'Aquarius. Le 20 septembre."
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            data-slide-description="Rocco Aiello, sauveteur pour SOS Méditerranée, après l’opération."
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            data-slide-description="Le sauvetage a eu lieu à envrion 28 milles nautiques, face à la ville libyenne d’Abou Kammach."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La barque dont ils ont été évacués flotte à présent à vide. L’équipe de SOS Méditerranée démonte le moteur et disperse ses pièces à l’eau. La coque est marquée à la peinture noire : « SAR AQU 20/09/2018 », afin que chacun sache que les personnes à bord ont été secourues par l’« Aquarius », à plus de 120 milles marins (environ 222 km) du rivage européen le plus proche, l’île italienne de Lampedusa."
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L’embarcation repérée par l’« Aquarius«  le 20 septembre. Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherches et de secours pour SOS Méditerranée, raconte : « Nous avons vu qu’ils étaient en train d’écoper le bateau. Ils avaient des gilets de sauvetage, mais ce sont des modèles de mauvaise confection, qui se remplissent d’eau, donc c’est dangereux. »

Samuel Gratacap pour Le Monde
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Oleg Sentsov fait citoyen d’honneur de la Ville de Paris

Le cinéaste ukrainien, condamné en Russie à vingt ans de prison, observe une grève de la faim depuis 134 jours pour protester contre la détention de 70 prisonniers politiques.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 18h38
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


Le conseil de Paris a octroyé à l’unanimité, lundi 24 septembre, le titre de citoyen d’honneur de la ville au cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, condamné en Russie à vingt ans de prison et en grève de la faim depuis 134 jours. Son dossier avait été déposé conjointement par l’écrivaine et historienne Galia Ackerman et l’association Les Nouveaux Dissidents, en pointe dans la défense du cinéaste.
« Paris est connue pour être la capitale des droits de l’homme, a déclaré avant le vote la maire de Paris, Anne Hidalgo. Nous avons la responsabilité de promouvoir ces valeurs partout dans le monde. Oleg Sentsov doit être libéré. » Chose rare, la proposition a été adoptée à l’unanimité, recueillant les suffrages de l’opposition de droite et jusqu’aux élus du groupe communiste-Front de Gauche.
« La droite a été très ferme et sans ambiguïté, relate le philosophe Michel Eltchaninoff, président des Nouveaux Dissidents et présent en tribunes. Quant aux communistes et à La France insoumise, ils ont pris le soin de préciser qu’au-delà de la question de l’annexion de la Crimée, le caractère illégitime de la détention de Sentsov ne faisait pas de doute. »
« Nous pouvons encore le sauver »
En théorie, ce statut purement honorifique n’est décerné qu’une fois par an, et la mairie de Paris l’avait accordé au mois de juin à Nabil Rajab, militant bahreïni emprisonné et secrétaire général adjoint de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). Mais face à l’urgence de la situation d’Oleg Sentsov, entorse a été faite à cette règle.
Cette urgence, alors que l’état de santé du cinéaste continue de se dégrader, a été rappelée par Anne Hidalgo. « Nous pouvons encore le sauver », a-t-elle toutefois assuré, qualifiant le vote de son conseil municipal d’« acte d’espoir ». Depuis le 31 juillet, la photo du réalisateur, qui s’était opposé à l’annexion de la Crimée et a été condamné en Russie pour « terrorisme » et « trafic d’armes » s’affiche dans les locaux de la mairie de Paris et sur le parvis de celles des 4e et 10e arrondissements.

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Oleg Sentsov, qui est détenu dans une colonie pénitentiaire du Grand Nord, ne mène pas une grève de la faim « totale ». Il boit 3,5 litres d’eau par jour et a accepté depuis début août de prendre deux à trois cuillères quotidiennes de substituts alimentaires, pour éviter que l’administration pénitentiaire le nourrisse de force à l’aide d’une sonde. Les informations quant à sa santé sont parcellaires, mais celles données par son avocat mi-août faisaient état d’une perte de poids de 30 kg et de divers problèmes potentiellement irréversibles.
« Parodie de justice »
Né en Crimée, il avait refusé d’adopter la nationalité russe après l’annexion de la péninsule, en 2014, mais Moscou a décidé de lui enlever « automatiquement » sa citoyenneté ukrainienne, excluant ainsi l’hypothèse d’un échange de prisonniers présentée par Kiev.
Le cinéaste a débuté sa grève de la faim mi-mai pour réclamer la libération des quelque 70 Ukrainiens détenus en Russie pour des raisons politiques, dont son coaccusé Oleksandr Koltchenko. A l’issue d’un procès qualifié par Amnesty International de « parodie de justice » évoquant « l’ère stalinienne », les deux hommes, arrêtés en mai 2014, avaient été condamnés, le 25 août 2015, à respectivement vingt et dix ans de colonie pénitentiaire pour « participation » à une entreprise « terroriste ».
Oleg Sentsov et son complice auraient envoyé deux cocktails Molotov contre les locaux d’une organisation criméenne prorusse. La sévérité des peines, pour de tels faits, a surpris jusqu’aux observateurs russes. Surtout, aucune preuve solide n’a été présentée lors du procès, et l’accusation s’est uniquement appuyée sur les déclarations de deux autres coaccusés. L’un d’eux avait expliqué à l’audience avoir signé des aveux sous la torture ; l’autre a refusé de témoigner. MM. Sentsov et Koltchenko ont eux aussi évoqué des tortures.
Grève de la faim « tournante »
La France s’est montrée particulièrement active dans sa défense, notamment à l’initiative de l’association Les Nouveaux Dissidents. Depuis le 14 septembre, elle a lancé en coopération avec la Société des réalisateurs de films une grève de la faim « tournante » devant l’ambassade de Russie à Paris. Samedi soir, elle a également projeté en plein air, toujours devant l’ambassade, le film Gamer, réalisé par Oleg Sentsov. Parallèlement, nombre de personnalités de la culture, en France et ailleurs, ont multiplié les appels à sa libération.

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Côté diplomatique, Emmanuel Macron a évoqué à plusieurs reprises le sujet avec son homologue russe Vladimir Poutine. Le 10 août, le président français avait demandé à M. Poutine qu’une équipe de médecins indépendants ait accès au prisonnier. L’administration russe n’a pas accédé à cette requête et continue d’assurer que l’état de santé de M. Sentsov reste satisfaisant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le navire de sauvetage en mer avance que le port est sa « seule option ». Paris botte en touche et met en avant une « répartition solidaire ».
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L’« Aquarius » demande d’accoster à Marseille, la France dit chercher « une solution européenne »

Le navire de sauvetage en mer avance que le port est sa « seule option ». Paris botte en touche et met en avant une « répartition solidaire ».



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 06h36
   





                        



   


L’Aquarius, navire de secours en mer qui a recueilli onze personnes jeudi 20 septembre, puis quarante-sept dans la nuit de samedi 22 à dimanche 23, est en route vers Marseille et il demande aux autorités françaises d’autoriser « à titre exceptionnel » le débarquement de ses passagers.
« C’est la seule option que nous avons » pour permettre à l’Aquarius, « dernier navire » civil dans la zone, « de continuer sa mission » de sauvetage de migrants, a argué Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS Méditerranée, l’ONG qui affrète le navire, lors d’une conférence de presse à Paris. Marseille, port d’attache de l’Aquarius, « est le seul port envisageable pour qu’il puisse repartir », a-t-il ajouté.
« Nous avons alerté d’autres pays, mais nous avons du mal à imaginer que la France puisse refuser, compte tenu de la situation humanitaire », a dit Francis Vallat, président de l’ONG en France. Sans préjuger de la réponse, il a assuré qu’à aucun moment les autorités « ne [les] ont dissuadés de monter vers Marseille ».

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En début de soirée, l’Elysée a fait savoir que la France cherchait « une solution européenne ». « Pour le débarquement, on veut tenir le principe du port sûr le plus proche », indique-t-on dans l’entourage du président de la République Emmanuel Macron, où l’on rappelle que la position de la France n’a pas changé depuis la première crise de l’Aquarius, en juin : « Débarquement à proximité et répartition solidaire immédiate ».
Depuis le début de la crise provoquée cet été par la fermeture des ports italiens aux migrants, la France n’a en effet jamais accepté de laisser accoster des navires humanitaires, arguant qu’en vertu du droit maritime les naufragés doivent être débarqués dans le « port sûr » le plus proche.
Situation « extrêmement critique »
Le Panama a annoncé, vendredi, sa décision de retirer son pavillon à l’Aquarius, expliquant que l’Italie lui avait signalé un comportement du navire contrevenant au droit international. Ce serait la deuxième fois que l’Aquarius perdrait son pavillon après le retrait, cet été, de celui de Gibraltar.
« C’est du jamais-vu et en soi un scandale », a déclaré M. Vallat, demandant au Panama « de revenir sur sa décision » et sinon aux Etats européens de fournir un pavillon à l’Aquarius. La situation est selon lui « extrêmement critique » puisque « nous risquons de perdre le pavillon du Panama au moment où nous toucherons terre ».
Une situation qui risque d’empirer après l’accrochage, dans la nuit de samedi à dimanche, avec des gardes-côtes libyens. Ceux-ci avaient en effet ordonné à l’Aquarius de les laisser prendre en charge un bateau en difficulté, mais l’équipage du navire de secours estimait que l’urgence était telle qu’il ne pouvait attendre.

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Le pavillon d’un bateau, indispensable pour naviguer
Juridiquement, le pavillon désigne la nationalité de rattachement d’un bateau. Cette immatriculation est obligatoire pour lui permettre de naviguer, d’accoster dans un port et d’être identifié en cas de problème.
En haute mer, un navire relève exclusivement des autorités de son pavillon. Mais il est soumis à la loi de l’Etat du port ou du pays dans lequel il se trouve lorsqu’il est dans ses eaux territoriales (jusqu’à 12 milles de ses côtes). L’Aquarius ne navigue en revanche que dans les eaux internationales.
Sans pavillon, le navire est contraint de rester où il se trouve. Il devient une sorte de bateau fantôme ou bateau pirate, interdit de prendre la mer.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides estime que « les solutions existent » face à la crise migratoire.
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Pascal Brice, de l’Ofpra : « L’Italie doit accepter les navires de migrants dans ses ports »



LE MONDE
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        Le 24.09.2018 à 16h50

     •
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        Mis à jour le 25.09.2018 à 02h53






Durée : 02:20 | 

Pascal Brice, le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), s’est exprimé, dimanche 23 septembre, sur le plateau de l’émission « Internationales » de la chaîne TV5Monde, réalisée en partenariat avec Radio France internationale (RFI) et Le Monde. Face à la crise migratoire, « l’Europe n’a pas été solidaire des pays [d’arrivée des migrants], notamment l’Italie et la Grèce, ces dernières années », a-t-il regretté. Pourtant, « les solutions existent », a affirmé Pascal Brice, citant la mise en place de « dispositifs dans les pays de transit » et de « centres contrôlés » dans les ports européens, tout en appelant « les pays d’arrivée » à « [assumer] leurs responsabilités ». Il demande notamment « que l’Italie accepte dans ses ports les navires » de migrants.


                

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