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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ L’écrivain algérien, exilé en France depuis 1991, donne une voix aux migrants dans des textes joués jusqu’au 30 septembre au Lavoir moderne parisien.
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Compte rendu

Aziz Chouaki, la plume des bas-fonds d’Alger

L’écrivain algérien, exilé en France depuis 1991, donne une voix aux migrants dans des textes joués jusqu’au 30 septembre au Lavoir moderne parisien.

Charlotte Bozonnet et 
Joan Tilouine
    



LE MONDE
              datetime="2018-09-25T18:30:33+02:00"

        Le 25.09.2018 à 18h30






    
Hovnatan Avédikian met en scène et interprète avec brio, au Lavoir moderne parisien, des textes d’Aziz Chouaki sur des aventuriers qu’on appelle migrants.
Crédits : AMINATA BEYE


Il rentre tout juste de son pèlerinage. A Dublin, il a écumé les cafés littéraires et les pubs sur les traces de son maître, l’écrivain James Joyce. Ses textes le hantent depuis qu’il a mis la main sur un exemplaire d’Ulysse, l’un des seuls d’Alger. C’était dans les années 1970. Aziz Chouaki s’enivrait de littérature et de rock, lui, le guitariste, cheveux mi-longs et jeans à la mode d’alors, qui enflammait les cabarets mal famés et les salles de concert de la Ville blanche dont il racontera plus tard les bas-fonds, avec les espoirs et les galères d’une génération perdue, celle du post-terrorisme.
En ce mois de septembre à Paris, Aziz Chouaki, 67 ans, promène son allure de poète exilé, blouson de cuir, chapeau et tee-shirt James Joyce – rapporté de Dublin. Il est l’un des plus grands écrivains algériens contemporains. Ses textes sont joués jusqu’au 30 septembre au Lavoir moderne parisien, un petit théâtre de la rue Léon, dans le 18e arrondissement. Pas de décor dans cette salle exiguë aux murs bruts comme ses mots, mais le comédien Hovnatan Avédikian qui met en scène et interprète avec brio des aventuriers qu’on appelle migrants.
« Huit œufs durs, deux baguettes »
Europa (Esperanza), combinaison de plusieurs textes d’Aziz Chouaki, raconte avec la langue rugueuse et drôle de l’écrivain la soif d’ailleurs de ces jeunes harraga, brûleurs de frontières. Jamel et Nadir ont 12 et 14 ans. « Les deux vifs larrons se sont sauvés vers dix heures, juste après le cours de maths », pour rejoindre le bord de mer et rêver à leur future destination. « Le môle se trouve à l’ouest de la baie d’Alger, ample croissant mousseux, embruns zéllidj tressé turquoise, et Alger, l’indolente blanche qui s’étale. Juste en face, l’Europe, l’Aryenne et si lascive Babylone : Allez, viens… »
Omar, le frère de Jamel, y est bien parvenu : « sacrée tête de mule bouclée, planqué dans un conteneur, dans la cale du “Liberté”, Alger-Marseille, huit œufs durs, deux baguettes, deux camemberts : deux jours de voyage. » Aujourd’hui, Omar est à Amsterdam, il a un boulot, des copines et tout ce qu’il faut. Alors Jamel et Nadir embarquent en direction de Lampedusa. Avec Kader l’ingénieur, l’handicapé encombrant, les Nigériens de Niamey, ils vont braver la mer, les garde-côtes et leurs angoisses dans l’espoir d’atteindre l’île italienne. « Même Israël ça me va, mec, tout ce que tu veux, évite-moi juste les Arabes, les Africains, les pauvres, les grenouilles crépues et tous les Ben Laden possibles. »

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Le style d’Aziz Chouaki est à la fois brutal et littéraire, parsemé de références à l’actualité et aux divinités grecques de son maître. La Méditerranée est son espace mythologique, le décor de l’odyssée de Jamel et Nadir comme d’Ulysse. « Les jeunes des quartiers populaires d’Alger disent qu’ils préfèrent être bouffés par les poissons que par les vers de terre, c’est puissant, non ? » Au fil de son œuvre, il est devenu la plume des bas-fonds d’Alger, qu’il raconte sans jamais juger. Il y puise l’argot et cet humour façonné au gré de l’ennui, des cafés, des clopes et des joints, des bières et des sniffs de médicaments. En échange, il leur donne de la voix et un peu de son génie d’écrivain. Il en ressort une sorte de rap théâtral qui raconte les maux de l’Algérie et les traumatismes de l’exil. « Je revendique la grossièreté, signe d’humanité que j’oppose à la vulgarité », assume-t-il.
Cette pièce est à l’origine une commande passée par son ami le metteur en scène Jean-Louis Martinelli. Elle est restée près d’une décennie dans son disque dur sans jamais être montée. « Il y a un tabou en France qui veut qu’on ne doive pas rire sur le drame. Mais c’est pour moi la meilleure manière d’humaniser ces migrants », dit l’écrivain qui vit aujourd’hui en banlieue parisienne, loin de son pays d’origine.
Sur la liste des gens à abattre
De l’Algérie de son enfance, il garde un souvenir de douceur panachée de brutalité coloniale. Il y est né alors qu’elle était encore française, dans le village kabyle et rebelle de Tizi Rached. Les collines verdoyantes accoucheront de plusieurs figures de la révolution, cornaquées par le militant Ali Laïmèche. Alors que la guerre d’indépendance débute, le petit Aziz Chouaki s’installe à Alger avec sa mère, institutrice francophone. Son père, lui, s’est évaporé à Paris où il se débrouille dans la restauration et fourbit des escroqueries qui le mèneront en prison. « Ma mère me lisait des contes de Charles Perrault en français et en kabyle. C’est mon premier contact avec la littérature, dans laquelle je me retrancherai ensuite, se souvient l’artiste. Quand j’avais 4 ou 5 ans, j’ai vécu des choses épouvantables, pendant la colonisation. Je me sentais immondément sale quand un Français me regardait. »

    
L’écrivain Aziz Chouaki (ici en 2010) vit aujourd’hui en banlieue parisienne, loin de l’Algérie, où il retourne peu.
Crédits : CHOUAKIFAM


Il s’essaie d’abord à l’écriture de poèmes d’amour pour les voisines, qui préfèrent les gros bras du quartier à ce garçon fluet et romantique. Avec ses copains, il s’amuse du style « improvisation façon jazz » du cheikh qui leur enseigne le Coran. Dans la tête d’Aziz Chouaki résonne déjà un swing de mots et de notes. Il psalmodie les refrains des Beatles, accompagné de sa guitare électrique. Le dandy aux lunettes noires se convertit au rock teinté de chaabi qu’il joue la nuit dans les cabarets algérois. Le jour, il étudie la langue puis la littérature anglaises à la fac.
« A Alger, la vie est encore douce. On peut draguer les filles, se bourrer la gueule entre amis, lire autre chose que le Coran et aller au cinéma », se remémore celui qui a géré plusieurs salles de concert. Il découvre James Joyce en lisant un article de Roland Barthes dans un Nouvel Obs publié trois ans plus tôt. « Depuis, je vis dans la Poestrie, un pays imaginaire dirigé par la poésie », dit celui qui publie à compte d’auteur son premier recueil de poèmes en 1983.
Dans le monde réel, ses partenaires de beuverie et de discussions philosophiques changent étrangement. Des fins connaisseurs de Karl Marx, des artistes libres et des copains de galère désertent les bibliothèques, les salles de concert et les cafés. Fini les jeans serrés, les contrefaçons de vêtements de marques américaines ou italiennes. Gandoura immaculée et barbe oblongue s’imposent comme la nouvelle norme. Le rock est mal vu et le Coran résonne dans les barres d’immeuble de son quartier populaire d’El-Harrach, « le 9-3 d’Alger », comme il dit.
En cette fin des années 1980, le Front islamique du salut (FIS) est plus en vogue que Jimi Hendrix et James Brown. Aziz Chouaki, écrivain, journaliste et icône de la scène culturelle algéroise, devient le diable pour ces islamistes qui séduisent tant ils sont les seuls à proposer autre chose que le récit unique du Front de libération nationale (FLN). L’Algérie a connu l’indépendantisme, le socialisme, le nationalisme, le multipartisme. Elle va basculer dans le terrorisme, la guerre civile, les massacres. « Un jour, un copain me dit : “On a vu ton nom à la mosquée.” J’étais sur la liste des gens à abattre. Je suis parti. »
« Sa langue dynamite le réel »
L’écrivain se souvient de ce jour de 1991 à l’aéroport d’Alger, de la salle de prière menacée par les fuites nauséabondes des toilettes attenantes et surtout de ce flic debout sur un comptoir qui jouait de la matraque contre la foule. « Ma dernière image du pays. » L’Algérie se vide peu à peu face aux violences. On achète de faux dossiers de demande de visa à prix d’or. A Paris, Aziz Chouaki fait une rencontre déterminante : le metteur en scène Jean-Pierre Vincent. « Vous écrivez du théâtre et vous ne le savez pas », lui dit ce dernier.

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Viendront ensuite quinze années de compagnonnage avec Jean-Louis Martinelli. « C’est son écriture, son style, avant même les sujets abordés, qui m’ont impressionné. Cette manière si personnelle de faire danser les mots, chavirer la syntaxe. Cette dextérité à créer de l’image avec ses mots, à s’imprégner de la violence du monde et à nous secouer de rire. Il y a chez lui quelque chose de Rabelais ou de Céline. Sa langue dynamite le réel », écrit en décembre 2017 le directeur du théâtre des Amandiers, à Nanterre, lors d’une présentation de Nénesse, leur troisième pièce commune après Une virée et Les Coloniaux. Le travail avec Hovnatan Avédikian, 37 ans, est aussi le fruit d’une rencontre. Fils d’un immigré arménien, le grand cinéaste Serge Avédikian, dont la famille a fui le génocide, Hovnatan a dévoré l’œuvre de Chouaki. Les deux hommes ont en partage le théâtre, la musique et l’exil.
Ces amitiés ne sont finalement pas si nombreuses. Lui, l’écrivain prolifique, auteur de dizaines de pièces de théâtre et de romans dont Les Oranges (1997) et L’Etoile d’Alger (2002), a peu de contacts avec ses compatriotes auteurs à succès. De Kamel Daoud ou Boualem Sansal, il dit « respecter leur franc-parler » et « être souvent d’accord avec leurs idées », mais il les tacle sans ménagement, estimant qu’ils « répondent à une attente du public français ».
« Gâchis monumental »
Aziz Chouaki est plutôt humour subtil de Fellag et rock de feu Rachid Taha. Il se sent mal compris au sein de l’intelligentsia parisienne, parfois réduit par certains à un immigré algérien rescapé du terrorisme. « Quand j’écris sur autre chose que l’Algérie, on me dit que ça ne marchera pas. Et comme je ne chante pas les louanges de la femme musulmane opprimée par les islamistes, je ne suis pas à la mode en France », veut-il croire. En Algérie, il reste peu connu et finalement incompris, lorsqu’il n’est pas taxé de traîtrise. « Ceux de chez moi me détestent, car je refuse le récit national, et c’est là le plus grand des blasphèmes. J’ai pourtant payé mon algérianité autant que tout le monde », avance celui qui ose se définir comme « un pied-noir de culture musulmane ».

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Il retourne peu en Algérie – la dernière fois, c’était il y a deux ans – et ne cache pas son amertume devant ce « gâchis monumental ». « Le terrorisme est terminé mais les islamistes ont gagné la bataille sociale, la religion est ancrée partout », dit-il. La petite Italie du monde arabe est devenue une Birmanie du Maghreb, lâche-t-il, claquemurée et opaque. Une chape de plomb imposée par des généraux tout-puissants et un président malade qui n’est plus visible que sur ses portraits officiels. Dès les premiers coups d’Etat qui suivent l’indépendance du pays, en 1962, la politique et la chose publique intègrent la violence comme option. « On n’a pas connu un seul second tour en près de soixante ans », résume l’écrivain dans une formule drôle et terrible à la fois. Et d’ajouter : « Il y autant d’Algérie qu’on peut en concevoir. »

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Europa (Esperanza) est un bout de sa « Poestrie », son monde imaginaire où ses mots virevoltent dans l’air et fusionnent avec les notes du bouzouk, ce luth à manche long. Il n’a pas fini d’écrire l’exil, d’enrichir son univers de nouvelles œuvres. Baya, son premier roman, monologue féminin sorti en 1988, sera bientôt réédité en France. Il s’est aussi lancé dans l’écriture de son autobiographie, en lit les premières phrases saccadées et rythmées, drôles et tristes, simplement justes. Dans l’ombre mais avec maestria, Aziz Chouaki poursuit le récit de cette Algérie des marges et du déracinement.
« Europa (Esperanza) », d’Aziz Chouaki. Mise en scène : Hovnatan Avédikian. Jusqu’au 30 septembre au Lavoir moderne parisien, 35 rue Léon, Paris 18e, 01-46-06-08-05.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Dans un livre, l’ex-président catalan, réfugié en Belgique pour échapper à la justice espagnole, en appelle à l’Union européenne pour sortir de la crise.
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Pour Carles Puigdemont, l’indépendance catalane serait « une opportunité pour l’Europe »

Dans un livre, l’ex-président catalan, réfugié en Belgique pour échapper à la justice espagnole, en appelle à l’Union européenne pour sortir de la crise.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 17h56
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

On ne conduit le peuple qu’en lui donnant un avenir ; un chef est un marchand d’espérance. C’est peut-être parce qu’il habite désormais à Waterloo que Carles Puigdemont a fait sienne cette devise de Napoléon. D’exil volontaire en demande d’extradition pour « rébellion », d’arrestation en Allemagne au retour dans le havre belge, le parcours de l’ex-président catalan a été chaotique, mais il conserve l’espoir. Renoncer ? Non, bien au contraire, explique-t-il, même si son rêve est de retrouver Gérone, quitte à passer par la case prison : « J’y suis préparé, mais mon emprisonnement compliquerait davantage encore la possibilité d’une solution pacifique. »
C’est ce qu’il explique dans un livre (La crise catalane, éditions Racine, 192 p., 21,99 euros) qu’il a présenté, mardi 25 septembre, à Bruxelles. Dans cet ouvrage, publié aussi en néerlandais et en catalan, mais pas en castillan, il dit, en tout cas, vouloir continuer à défendre son projet d’une « république indépendante, radicalement démocratique », libérée de « la répression brutale d’un Etat avec une tradition démocratique plus pauvre que celle des grands Etats de l’Union européenne ».
Résultant de conversations avec le journaliste belge Olivier Mouton, le « souverainiste pas comme les autres », ainsi que le définit son coauteur, ne voulait pas rééditer seulement son énième plaidoyer pour l’indépendance catalane. Présence dans la capitale européenne oblige, il veut désormais surtout convaincre que le partage de sa cause serait « une opportunité pour l’Europe » – c’est le sous-titre du livre – et que, si elle ne daigne pas, enfin, s’en soucier, elle perdra un peu plus de son aura aux yeux de citoyens avides de démocratie.
Appel à Donald Tusk
C’est à eux, principalement, que serait d’ailleurs destiné ce livre : « pour leur offrir un récit du conflit que nous vivons, au-delà des informations caricaturales et de la propagande, des fausses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le président américain a critiqué les « activités destructrices » de l’Iran et la Cour pénale internationale, qui n’a « aucune légitimité ». Le président français Emmanuel Macron mise sur « le dialogue et le multilatéralisme ».
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En direct : après Donald Trump, le discours d’Emmanuel Macron devant l’ONU

Le président américain a critiqué les « activités destructrices » de l’Iran et la Cour pénale internationale, qui n’a « aucune légitimité ». Le président français Emmanuel Macron mise sur « le dialogue et le multilatéralisme ».



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 18h50
   





                        





Le secrétaire général de l’ONU, le Portugais Antonio Guterres, a ouvert, mardi 25 septembre, les six jours de discours de la 73e Assemblée générale de l’organisation. Il a déploré un « monde de plus en plus chaotique », regrettant que « le multilatéralisme soit autant critiqué au moment où il est le plus nécessaire. La coopération entre pays est moins certaine et plus difficile. Les divisions au sein du Conseil de sécurité sont graves ».
Parmi les orateurs du jour, c’est le président américain qui était particulièrement attendu ce mardi. Ainsi que ceux du président français, Emmanuel Macron, et du président iranien, Hassan Rohani.
Trump appelle à « isoler le régime iranien »

   


Pour sa deuxième Assemblée générale de l’ONU, le président américain a accusé les dirigeants iraniens de semer le chaos, la mort et la destruction dans la région. Il a rappelé que les Etats-Unis avaient lancé une campagne de sanctions économiques afin de priver la République islamique des moyens de financer ses ambitions régionales.
Au lendemain de la décision européenne – un revers pour lui – de contourner les sanctions américaines imposées à Téhéran, Donald Trump a annoncé que d’autres sanctions seront mises en œuvre après celles qui seront rétablies le 5 novembre sur le pétrole iranien. Accusant l’Iran de mener des agressions au Moyen-Orient, le président américain a appelé les autres nations à isoler le gouvernement iranien.
« Nous ne pouvons pas permettre au principal soutien du terrorisme dans le monde de posséder les armes les plus dangereuses de la planète », de « menacer l’Amérique » ou Israël, a-t-il martelé devant l’Assemblée générale annuelle des Nations unies à New York. « Nous demandons à toutes les nations d’isoler le régime iranien tant que son agression se poursuit » et « de soutenir le peuple iranien », a-t-il ajouté.
Critiques de l’OPEP et de la CPI
Le président américain a aussi appelé les pays membres de l’OPEP à cesser de faire monter les prix du pétrole. « Nous défendons nombre de ces nations pour rien et elles en profitent pour nous imposer des prix plus élevés du pétrole. Ce n’est pas bien. Nous voulons qu’elles cessent de faire monter les prix (…) et qu’elles commencent à les faire baisser », a-t-il dit à la tribune de l’ONU.
Il a aussi réclamé des échanges commerciaux « justes et équilibrés », en justifiant ses décisions économiques récentes, à l’égard notamment de la Chine. Le déséquilibre commercial avec Pékin « ne peut être toléré », a-t-il lancé.
Il a enfin vivement attaqué la Cour pénale internationale (CPI), accusée de n’avoir « aucune légitimité ni aucune autorité ». « Les Etats-Unis n’apporteront aucun soutien ni reconnaissance à la CPI », qui « revendique une juridiction quasi universelle sur les citoyens de tous les pays en violation des principes de justice, d’équité », a déclaré le président américain. « Nous n’abandonnerons jamais la souveraineté américaine à une bureaucratie mondiale non élue et irresponsable », a-t-il ajouté, rejetant « l’idéologie du mondialisme ».
Les Etats-Unis veulent limiter leur contribution à 25 % du budget des opérations de maintien de la paix de l’ONU [contre 28,5 % actuellement payés par Washington] et leur aide sera désormais réservée « aux pays amis », a aussi déclaré Donald Trump.
Macron chantre du multilatéralisme
A l’inverse de Donald Trump qui appelle à « isoler le régime iranien », le président français Emmanuel Macron mise sur « le dialogue et le multilatéralisme » pour résoudre la crise iranienne.
Il ne faut pas « exacerber les tensions régionales », a ajouté le président français en estimant aussi que l’unilatéralisme conduisait « directement au repli et aux conflits ».

   


Habitué de ce rendez-vous diplomatique annuel, le président Hassan Rohani s’exprimera peu après, alors que son pays vient de subir un attentat terroriste dont il accuse indirectement les Etats-Unis.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Des journalistes demandaient la divulgation des indemnités personnelles touchées par les élus du Parlement européen, mais la Cour a rejeté leur requête au nom de la protection de la vie privée.
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Indemnités des eurodéputés : la Cour du Luxembourg refuse les demandes de transparence

Des journalistes demandaient la divulgation des indemnités personnelles touchées par les élus du Parlement européen, mais la Cour a rejeté leur requête au nom de la protection de la vie privée.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 15h58
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 16h10
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Le Tribunal de la Cour de justice de l’Union européenne (UE) a publié mardi 25 septembre un arrêt confirmant le refus du Parlement d’accorder l’accès aux documents relatifs aux indemnités journalières, aux indemnités de frais de voyage et aux indemnités d’assistance de ses élus.
Dans son arrêt, le Tribunal de la Cour de Luxembourg estime que la divulgation des informations relatives aux indemnités des eurodéputés « porterait atteinte à la protection de la vie privée et de l’intégrité de l’individu, cette règle devant être mise en œuvre en conformité avec la législation de l’Union sur la protection des données à caractère personnel ». 
Le recours avait été formulé par des journalistes et associations de journalisme en 2015, à la suite du refus de l’hémicycle strasbourgeois de leur donner accès à ces données sensibles. Ils pointaient un manque de contrôle des dépenses des élus, ces derniers se voyant octroyer des indemnités très conséquentes pour couvrir leurs frais. Surtout pour les élus vivant dans des pays à faible pouvoir d’achat (Est).
Ménage dans le système des assistants
L’indemnité journalière correspond à un forfait de 313 euros par jour. Il est censé couvrir les frais d’hôtel et de nourriture lors des sessions parlementaires, à Bruxelles ou à Strasbourg (le Parlement y siège alternativement). Pour toucher cette indemnité, les élus doivent justifier d’au moins quatre heures de présence quotidienne dans l’institution – sinon, l’indemnité est divisée par deux.
Les élus disposent aussi de frais de voyage, mais, depuis 2009, ils ne sont remboursés que sur présentation des pièces justificatives. Enfin, ils disposent d’un forfait pour « frais généraux » de 4 416 euros par mois, principalement utilisé pour payer le fonctionnement de leur permanence parlementaire : loyer, chauffage, connexion à internet, achat du matériel informatique, etc.
Enfin, les eurodéputés ont à disposition une enveloppe de 24 526 euros pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le souverain pontife, en visite dans les pays baltes, a reconnu que l’institution est devenue difficilement audible pour les nouvelles générations.
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Pour le pape François, les scandales de pédophilie rendent l’Eglise « pénible, voire irritante »

Le souverain pontife, en visite dans les pays baltes, a reconnu que l’institution est devenue difficilement audible pour les nouvelles générations.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 15h46
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 17h38
    |

            Cécile Chambraud (Tallinn, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les affaires de pédophilie sont aujourd’hui, pour l’Eglise catholique, un repoussoir qui éloigne les jeunes. Au quatrième et dernier jour de sa visite dans les pays baltes, mardi 25 septembre, le pape François a formulé un spectaculaire constat aux allures de mea-culpa en direction des nouvelles générations. A Tallinn, capitale d’une Estonie dont une majorité des habitants se déclarent sans religion, le pontife a reconnu que l’Eglise catholique, qu’il dirige, ne réussit pas toujours mieux que d’autres à transmettre une foi, une vision du sens de la vie dont elle dépositaire, et que les scandales d’abus sexuels sont pour beaucoup dans cette situation d’échec.
L’institution romaine aurait donc elle aussi sa part de responsabilité dans cette perte de sens dans les « sociétés technocratiques » que François déplore au fil de ses discours et dans la moindre « ouverture au transcendant » qu’il diagnostiquait en novembre 2014 au Parlement européen.
François a fait cette déclaration dans un pays qui compte une microscopique communauté catholique de moins de 6 000 membres (pour 16 % d’orthodoxes et 10 % de luthériens), devant une assemblée de jeunes chrétiens de différentes confessions réunie dans l’église évangélique luthérienne Charles, à Tallinn. Il l’a fait en évoquant les attentes que des jeunes ont fait parvenir à l’Eglise catholique au cours de la préparation du prochain synode des évêques organisé à Rome du 3 au 28 octobre, qui leur est précisément consacré.
« Certains [jeunes] ont le courage de dire : “Vous ne vous apercevez pas que personne ne vous écoute plus, ni ne vous croit ?” […] Ils sont indignés par les scandales sexuels et économiques, face auxquels ils ne voient pas une nette condamnation ; le fait de ne pas savoir comprendre correctement la vie et la sensibilité des jeunes par manque de préparation ou bien simplement le rôle passif attribué aux jeunes au sein de la communauté chrétienne. Ce ne sont que quelques-unes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Au terme d’une journée de négociations, les 58 personnes recueillies par le navire iront en France, en Allemagne, en Espagne et au Portugal.
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Les 58 migrants à bord de l’« Aquarius » répartis entre quatre pays, dont la France

Au terme d’une journée de négociations, Malté a accepté d’accueillir temporairement les personnes recueillies par le navire, qui ira ensuite, vide, vers Marseille.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 15h40
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 18h55
   





                        



   


Au terme d’une négociation entre plusieurs pays européens, une solution se dessine pour les cinquante-huit migrants recueillis par l’Aquarius jeudi et ce week-end au large de la Libye.
Le gouvernement maltais a annoncé, mardi 25 septembre, qu’il accueillerait temporairement ces personnes, avant qu’elles ne soient réparties entre plusieurs pays européens. Selon différentes sources gouvernementales, dix-huit iront en France, quinze en Espagne, quinze en Allemagne et dix au Portugal.
« Les cinquante-huit migrants à bord de l’Aquarius seront transbordés sur un navire maltais dans les eaux internationales et conduits à Malte », a écrit le premier ministre maltais, Joseph Muscat, sur son compte Twitter. Ils seront «m immédiatement répartis » entre plusieurs pays, a précisé le gouvernement maltais. Le Portugal avait annoncé un peu plus tôt qu’il accueillerait dix d’entre eux, au terme d’un accord conclu avec la France et l’Espagne. Une source gouvernementale française a ensuite précisé que la France en accueillera 18, l’Espagne et l’Allemagne 15 chacune.

#Malta & #France again step up to solve #migrant impasse. 58persons to disembark in international waters,be distrib… https://t.co/OkUtEPflKg— JosephMuscat_JM (@Joseph Muscat)


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Le ministre de l’intérieur français, Gérard Collomb, avait déclaré un peu plus tôt lors des questions aux gouvernement, que l’Aquarius « entre dans la zone de sauvetage sous la responsabilité de Malte », et, aux termes du droit de la mer, « les navires ayant recueilli des naufragés en mer doivent les débarquer dans le port sûr le plus proche (...). L’Aquarius doit respecter cette exigence », a-t-il dit avec force, assurant aussitôt qu’« il va de soi que la solidarité européenne devra s’exercer avec Malte ».
Menacé de ne plus pouvoir prendre la mer en raison de la décision du Panama de lui retirer son pavillon, l’Aquarius avait demandé à la France l’autorisation exceptionnelle de débarquer à Marseille ses passagers, parmi lesquels dix-sept femmes et dix-huit mineurs. Mais le gouvernement français avait répondu que le navire devait débarquer à Malte, selon la règle du port sûr le plus proche. Finalement l’« Aquarius » se rendra bien en Marseille, mais sans personnes d’autre à bord que son équipage.

        Sur Les Décodeurs :
         

          Un pays a-t-il le droit de fermer ses ports aux bateaux secourant les migrants ?



Paris veut « une solution européenne »
Fidèle à des principes posés lors d’un conseil européen, les 28 et 29 juin, la France a répété qu’elle préférait « chercher une solution européenne » pour répartir les migrants de l’Aquarius, plutôt que de lui ouvrir unilatéralement un de ses ports.
Sur BFMTV, Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, avait déjà fermé la porte à l’accueil de l’Aquarius. « Il y a des règles européennes : un bateau de migrants doit accoster vers la côte européenne la plus proche. Aujourd’hui, ce n’est pas le port de Marseille qui est le plus proche. » En conséquence, « pour l’instant, elle (la France) dit non, parce que si nous voulons avoir une politique migratoire cohérente, il faut respecter les règles européennes ».
Sollicitées dans un premier temps, l’Italie et Malte avaient d’abord dit ne pas vouloir accueillir le bâtiment affrété par les associations SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières, et lui avaient fermé leurs ports.

        Ce que dit l’équipage de l’« Aquarius »
         

          : « Nous n’arrêterons notre mission que sous la force et la contrainte »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Les Etats-Unis provoquent Pékin en vendant de nouveaux équipements militaires à Taïwan.
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Commerce, défense : la Chine cesse de dialoguer avec les Etats-Unis

Les Etats-Unis provoquent Pékin en vendant de nouveaux équipements militaires à Taïwan.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 16h48
    |

            Frédéric Lemaître








                        



   


Vingt-quatre heures après avoir rompu le dialogue avec les Etats-Unis sur les questions militaires, la Chine a annoncé, mardi 25 septembre, ne pas pouvoir négocier des questions commerciales « avec un couteau sur la gorge », selon l’expression employée par Wang Shouwen, ministre adjoint du commerce. La veille, de nouveaux tarifs douaniers imposés par les Etats-Unis sur 200 milliards de dollars (170 milliards d’euros) d’importations en provenance de Chine étaient entrés en vigueur, ainsi que de nouvelles taxes chinoises imposées, en représailles, sur 60 milliards de dollars d’importations en provenance des Etats-Unis.
La veille, également, la Chine avait publié un « Livre blanc » sur le commerce sino-américain dans lequel elle rejette la faute de la guerre commerciale actuelle sur les Etats-Unis. Si le document ne mentionne jamais Donald Trump, il dénonce les méthodes de « voyou » de Washington. La reprise des négociations dépend uniquement de la « volonté » de Washington, a précisé Wang Shouwen. Durant le week-end des 22 et 23 septembre, on avait appris qu’en raison de l’entrée en vigueur des nouveaux droits de douane, Liu He, le puissant conseiller économique du président Xi Jinping, renonçait à se rendre une nouvelle fois à Washington, malgré l’invitation lancée par le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, le 13 septembre, quelques jours avant l’annonce des nouvelles taxes par Donald Trump.

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Tensions militaires
A ces tensions commerciales s’ajoutent donc des tensions militaires. La Chine a « décalé » des discussions entre responsables militaires chinois et américains prévues du 25 au 27 septembre, à Pékin, après l’annonce par Washington de sanctions contre la Chine, accusée d’avoir acheté quinze avions de combat russes Soukhoï SU-35 en 2017 ainsi que des équipements associés aux systèmes de défense antiaérienne S-400 sol-air en 2018.
En vertu des sanctions, le département de développement des équipements chinois (EED), la branche militaire chargée des acquisitions d’armements, et son directeur, Li Shangfu, ne pourront plus demander de licence d’exportation ni s’intégrer au système financier américain. Ils sont ajoutés à la liste du département du Trésor des entités avec lesquelles les Américains ne peuvent pas réaliser des transactions. Ce serait la première fois que les Etats-Unis imposent des sanctions non seulement à la Russie, mais à l’un de ses clients.

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« Symboliques »
Dans ce contexte déjà tendu, Washington a annoncé, lundi 24 septembre, qu’il approuvait la vente à Taïwan de pièces détachées et de pièces de rechange pour les avions de chasse et de transport F-16, C-130 et F-5, pour un montant de 330 millions de dollars. « La vente proposée contribuera à la politique étrangère et à la sécurité nationale des Etats-Unis en aidant à améliorer les capacités de sécurité et de défense du destinataire, qui a toujours été et qui reste une force importante de stabilité politique, d’équilibre militaire et de progrès économique dans la région », dit le communiqué du département d’Etat américain. Une vente qui irriterait Pékin, dans la mesure où le pays ne reconnaît pas l’indépendance de l’île.

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« Tant les sanctions contre le directeur du département des achats chinois que la vente de pièces détachées à Taïwan sont symboliques. Les sanctions ne remettent pas en question la coopération militaire entre la Russie et la Chine, et la vente n’est pas de nature à changer l’équilibre des forces dans le détroit de Taïwan. Mais ces décisions et les réactions chinoises qu’elles provoquent sont de nature à défaire la diplomatie militaire que les deux pays avaient commencé à construire sous Barack Obama. Déjà, la Chine n’avait plus été invitée, cette année, à participer aux grandes manœuvres que mènent les Etats-Unis et leurs alliés dans le Pacifique. Tous ces éléments ne peuvent que renforcer l’idée chinoise que la guerre commerciale que leur livrent les Etats-Unis s’inscrit dans le cadre d’une stratégie bien plus large », analyse Mathieu Duchâtel, expert de l’Asie au sein du European Council on Foreign Relations (ECFR, Conseil européen des relations étrangères).
Symboliquement, la Chine a interdit, lundi, à un navire militaire américain de faire escale à Hongkong le mois prochain.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ En 2010, un rapport pointait « l’incestueux refus d’agir » de la hiérarchie catholique. Depuis, les révélations se sont soldées par quelques condamnations de prêtres.
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Pédophilie dans l’Eglise : en Belgique, une victoire au goût amer

En 2010, un rapport pointait « l’incestueux refus d’agir » de la hiérarchie catholique. Depuis, les révélations se sont soldées par quelques condamnations de prêtres.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 15h25
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Longue, douloureuse, victorieuse, sans doute partielle : la bataille des victimes belges d’actes de pédophilie commis par des prêtres a démarré en 2009 et devrait s’achever en janvier 2019, avec la publication d’un rapport très attendu de l’Eglise. Il y a longtemps, toutefois, que l’on sait ce qu’on subi les quelque 500 personnes qui se sont confiées aux membres d’une commission à l’existence tumultueuse.
Instaurée par l’Eglise pour entendre les victimes, elle fut corsetée, y compris par le ministre de la justice de l’époque, ce qui entraîna la démission de sa présidente, une magistrate. Son successeur, le pédopsychiatre Peter Adriaenssens, a vu sa tâche facilitée par des révélations sur l’un des prélats les plus en vue du pays, Roger Vangheluwe, l’évêque de Bruges. La révélation des viols qu’il avait commis, durant huit années, sur son neveu – âgé de 5 ans au départ – allait libérer définitivement la parole des victimes et briser les barrières établies par la hiérarchie catholique.
« Catalogue de perversions »
Peter Adriaenssens faisait publier, en septembre 2010, l’intégralité des témoignages recueillis. Des faits qu’il décrivait comme « horribles », commis entre 1950 et 1990. « Le marquis de Sade n’aurait pas pu, ou osé, publier un tel catalogue de perversions », commentait un éditorialiste, un autre pointant « l’incestueux refus d’agir » de la hiérarchie catholique. Confrontée aux témoins, elle s’en était tenue à la consigné édictée par le Vatican en 2001 : pas question de dénoncer un prêtre à la justice civile, en raison du lien de nature sacramentelle le liant à l’évêque.
L’affaire Vangheluwe, qui s’est soldée par la démission de l’évêque en avril 2010, a montré que le plus haut niveau de la hiérarchie s’en tenait à cette règle de l’impunité. Et il a fallu la révélation, par la presse, d’enregistrements indiquant que Mgr Godfried Danneels, primat de Belgique de 1979 à 2009, avait lui-même tenté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Une étude note que la France est plus égalitaire que les Etats-Unis, mais que le système de redistribution américain est plus efficace que le nôtre.
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Inégalités : les faiblesses du modèle français

Une étude note que la France est plus égalitaire que les Etats-Unis, mais que le système de redistribution américain est plus efficace que le nôtre.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 15h23
    |

            Marie Charrel et 
Elise Barthet








                        



                                


                            

L’Hexagone, champion de la redistribution ? Pas si sûr. D’après l’étude publiée mardi 25 septembre par des chercheurs du Laboratoire sur les inégalités mondiales (World Inequality Lab, WIL), dont l’économiste Thomas Piketty, et de l’Institut des politiques publiques (IPP), les cotisations, impôts et transferts sociaux en France ont été moins efficaces, ces trente dernières années, pour réduire les inégalités qu’ils ne l’ont été aux Etats-Unis. Ce constat a de quoi surprendre, puisque, dans le même temps, la France reste bien plus égalitaire… Explications.

Les inégalités avant impôts ont augmenté en France 
Alors que les écarts de revenu et de patrimoine n’avaient cessé de se réduire tout au long du XXe siècle, le fossé entre riches et pauvres s’est nettement accru en France depuis les années 1980. Le« tournant de la rigueur », sous François Mitterrand, a signé la fin de l’indexation des salaires sur les prix. Un décrochage aggravé par l’évolution des rapports de force dans le monde du travail et la poussée du chômage.
En se concentrant sur les revenus (du travail et du capital), le nouveau rapport coordonné par le WIL et l’IPP montre clairement cette hausse des inégalités avant impôts en France entre 1990 et 2018. Sur la période, la part du revenu total détenue par les 10 % les plus riches a crû de 6 %, passant de 30 % à 32 %. A l’inverse, celle des 50 % les plus modestes a baissé de 8 %, tombant de 24 % à 22 %.

Comme l’ont déjà montré d’autres travaux sur le sujet, le phénomène est plus marqué encore aux Etats-Unis. Sur les trente dernières années, la moitié la plus pauvre de la population a vu sa part reculer de 25,6 %, quand celle des 10 % les plus aisés augmentait de 20,5 %. Les riches Américains captent aujourd’hui plus de 47 % du revenu total.
Le système américain est plus redistributif
Les politiques redistributives atténuent-elles ces inégalités ? Indubitablement....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’ouverture de l’Arctique grâce au changement climatique représente un enjeu économique et géopolitique majeur explique, dans sa chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz.
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Iamal ou « la fin du monde »

L’ouverture de l’Arctique grâce au changement climatique représente un enjeu économique et géopolitique majeur explique, dans sa chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 12h05
    |

Jean-Baptiste Fressoz (Chercheur au Centre de recherches historiques Alexandre-Koyré de l’Ecole des hautes études en sciences sociales)







                        



                                


                            

Transformations. Pour la première fois dans l’histoire, un navire porte-conteneurs, le Venta Maersk, a relié cet été Saint-Pétersbourg à Vladivostok en longeant les côtes de la Sibérie. Ce pourrait être anecdotique si Maersk n’était pas la première compagnie maritime du monde et si le succès de l’expérience n’avait pas aiguisé l’appétit de ses concurrents : l’armateur chinois Cosco est également en train de constituer une flotte de navires équipés pour la navigation arctique.
Le fameux « passage du Nord-Est », le Graal des navigateurs européens depuis la Renaissance, est en train de s’ouvrir sous nos yeux à la navigation commerciale. Le volume des biens échangés par cette route aurait décuplé depuis 2013, et des chercheurs de la Copenhagen Business School (Maersk est la plus grande entreprise danoise) estiment qu’elle pourrait être compétitive par rapport au canal de Suez vers 2040 (Arctic shipping. Commercial opportunities and challenges, C. O. Hansen, P. Gronsedt, C. L. Graversen, C.Hendriksen, CBS Maritime, 2016).

Si cet événement, capital dans l’histoire de la mondialisation, n’a guère été célébré, c’est qu’il reflète notre malaise, notre hypocrisie et peut-être même notre renoncement face au changement climatique.
Comme le montre Jean-Michel Valantin dans son ouvrage Géopolitique d’une planète déréglée (Le Seuil, 2017), l’ouverture de l’Arctique grâce au changement climatique représente un enjeu économique et géopolitique majeur. Selon les géologues, la région arctique pourrait abriter 50 000 milliards de mètres cubes de gaz, soit dix-sept ans de consommation mondiale.
Les capitaux asiatiques, chinois surtout, mais aussi coréens et japonais, affluent vers l’Arctique, permettant ainsi à la Russie d’ouvrir un nouveau front d’extraction palliant la baisse prévisible de ses gisements de pétrole conventionnels. Le développement économique du nord de la Sibérie, lié pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ En l’absence de transition politique à Damas, tout Etat participant au redressement du pays se rend potentiellement complice de crimes, estiment des experts en droit international.
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Des juristes internationaux déconseillent de financer la reconstruction en Syrie

En l’absence de transition politique à Damas, tout Etat participant au redressement du pays se rend potentiellement complice de crimes, estiment des experts en droit international.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 13h39
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Dans une déclaration qui doit être rendue publique mardi 25 septembre, un groupe de 25 juristes de renommée internationale, spécialistes des situations de post-conflit, met en garde la communauté internationale contre tout financement précipité de la reconstruction en Syrie.
Les auteurs de ce texte, dont Le Monde a obtenu une copie en avance, estiment qu’en l’absence de transition politique, tout Etat, organisation internationale ou entreprise participant à l’effort de redressement du pays, « se rend potentiellement complice de crimes internationaux », en particulier de « nettoyage ethnique ».
Cet appel, adressé à Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, doit être lancé depuis New York, à la veille d’une réunion ministérielle sur l’avenir de la Syrie organisée en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.
Il intervient alors que le pays sort en lambeaux de sept années de guerre civile et que les grandes puissances se disputent sur l’opportunité de financer sa reconstruction, dont le coût est estimé à 300 milliards de dollars (255 milliards d’euros).
La Russie, alliée et protectrice de Damas, pousse l’Union européenne à soutenir ce processus. Moscou argue que le relèvement de la Syrie permettra d’éviter un nouvel afflux de réfugiés en provenance de ce pays et facilitera le retour des Syriens installés dans l’UE.
Transition politique
Les grandes capitales européennes, et surtout Paris, jugent au contraire qu’un tel engagement serait prématuré. La France insiste sur la nécessité de conditionner toute reconstruction de la Syrie à la mise en place d’une transition politique, conforme à la résolution 2254 du conseil de sécurité des Nations unies, un plan de règlement du conflit adopté en décembre 2015.
L’appel des 25 juristes vient en renfort de la position française. Parmi ses signataires figurent la Sud-Africaine Navi Pillay, ancienne haute-commissaire aux droits de l’homme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le Monde Festival s’installe au Musée des beaux-arts de Montréal vendredi 26 octobre. La programmation, fruit d’un travail commun avec le journal québécois « Le Devoir » sur le thème « Ensemble », croisera les points de vue de plus de trente invités prestigieux.
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                A Montréal, le Monde Festival fait dialoguer le Québec et la France


Le Monde Festival s’installe au Musée des beaux-arts de Montréal vendredi 26 octobre. La programmation, fruit d’un travail commun avec le journal québécois « Le Devoir » sur le thème « Ensemble », croisera les points de vue de plus de trente invités prestigieux.

LE MONDE
                 |                 25.09.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 12h28
                














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Croiser les regards, français et québécois, sur quelques-uns des grands thèmes qui structurent aujourd’hui le débat public des deux côtés de l’Atlantique : telle est l’idée du Monde festival Montréal qui a lieu le 26 octobre au Musée des beaux-arts sur le thème « Ensemble » en partenariat avec le journal québécois Le Devoir. 

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Le succès du Monde festival, qui fête sa cinquième édition du 5 au 7 octobre à Paris — et dont vous pouvez retrouver la programmation complète sur notre site —, nous a donné l’idée de créer son « petit cousin » au Québec. Changement climatique, laïcité, féminisme, intelligence artificielle, exception culturelle , éducation…  Retrouvez le programme complet :

   


Réformes sociétales : consensus québécois, dissensus français
Autorisation du mariage pour les couples de même sexe ; éventuelle légalisation de la grossesse pour autrui ; dépénalisation de la consommation de drogue…, le Québec et la France n’appréhendent pas de la même manière ces évolutions sociétales majeures. Tandis que les Québécois semblent davantage attachés à une culture du consensus permettant des réformes « en douceur », les Français sont voués, sur ces sujets, au dissensus permanent, et à des réformes toujours conflictuelles.
Forte de son expérience de garde des sceaux, ministre de la justice de 2012 à 2016, Christiane Taubira livrera son sentiment sur les raisons de ces passions françaises. Ancienne ministre déléguée aux services sociaux et à la protection de la jeunesse, députée à l’assemblée nationale du Québec, coauteure du projet de loi sur la fin de vie, Véronique Hivon explorera les contours et les limites du consensus québécois, tandis que Gabrielle Bouchard proposera son témoignage de présidente transgenre de la Fédération des femmes du Québec et Alain Roy son expertise dans le domaine du droit de la famille.
Animé par Franck Nouchi. Salle Bourgie, 10 heures - 11 heures
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Faut-il continuer à promouvoir une exception culturelle francophone ?
Au fil des accords commerciaux, les biens culturels, par essence dématérialisés, circulent de plus en plus librement par-delà les frontières. Une situation effrayante pour les acteurs culturels qui se demandent si la culture de leur pays ne va pas disparaître au profit de la mondialisation. Plusieurs pays, comme le Canada et la France, s’échinent pourtant à préserver leurs créations culturelles des impératifs commerciaux du libre-échange. Au Québec, seule province majoritairement francophone au Canada, la culture joue un rôle éminemment politique : elle n’est décidément pas un bien comme les autres. Ainsi, l’accord du CETA (Accord économique et commercial global, AEGC en France) inclut un point sur l’exception culturelle. Quant à l’Aléna (Accord de libre-échange nord-américain), Justin Trudeau affirme ne pas vouloir plier sur la question.
Mais face aux géants du numérique qui cartonnent, comme Netflix, cette conception de l’exception culturelle francophone n’est-elle pas désuète ? A l’heure de la mondialisation, devrions-nous avoir une approche plus libérale de la culture ? Ou au contraire plus restrictive, en taxant les GAFA pour financer une culture locale ?
La ministre de la francophonie québécoise, Christine St-Pierre, la présidente de la Société de développement des entreprises culturelles au Québec, Louise Lantagne, la directrice générale de Gaumont, Sidonie Dumas, et Claudine Lepage, la sénatrice représentant les Français établis hors de France débattront de ces questions.
Animé par Guillaume Bourgault-Côté. Auditorium Maxwell-Cunnings, 10 heures - 11 h 30
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                Monde Festival : « Faire ensemble », par Christine St-Pierre, ministre québécoise de la francophonie



Urgence climatique : les politiques sont-ils irresponsables ?
Réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, déforestation massive, pollution durable des sols, de l’eau et de l’air… Tous ces voyants rouges reflètent une même réalité : l’état de dégradation des conditions de vie à la surface de la Terre.
« Il sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l’échec, et le temps presse » s’alarmaient, il y a un an, 15 000 scientifiques du monde entier réunis dans un appel commun. Les réponses de la communauté internationale, engagée par l’accord de Paris conclu lors de la COP21 (conférence climat de décembre 2015), et les politiques publiques développées par la France et le Canada, sont-elles à la hauteur de cette « urgence climatique » ? Des personnalités du monde politique et de la société civile, issues des deux rives de l’Atlantique, en débattent. Parmi elles, Delphine Batho, ancienne ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, députée et présidente de Génération écologie, et François Delorme, professeur à l’université de Sherbrooke et expert du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).
Animé par Simon Roger. Salle Bourgie, 11 h 30 - 15 heures.
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A quoi sert un musée ?
Les grands musées du monde sont à l’heure d’un choix stratégique, entre leurs missions traditionnelles et leur ouverture à des questions de société. Les missions traditionnelles ? Enrichir leurs collections, mieux les présenter au mur, expliquer les œuvres, découvrir des artistes, concevoir des expositions et catalogues de qualité, attirer un public toujours plus nombreux, plus jeune et plus diversifié, équilibrer leurs comptes, en augmentant leurs ressources propres.
Mais une autre mission se dessine, qui vient s’ajouter aux objectifs premiers : s’imposer comme un acteur du débat social et politique. Cette mission fait débat, surtout pour l’instant dans les musées d’Amérique du Nord : être toujours plus ouvert au quartier et à la ville qui l’entoure, devenir un lieu de vie où le public est actif et non pas seulement spectateur, être un forum ouvert aux questions sociales en invitant les communautés et publics dits « empêchés » à s’exprimer.
Ces deux missions sont-elles justes ? Peut-on les concilier et comment ? Peuvent-elles avoir des conséquences jusqu’à la présentation des collections et des expositions ? Quel modèle économique cela induit-il ? A l’arrivée, un musée sera-t-il demain encore un musée ?
Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du Musée des beaux-arts de Montréal, et d’autres intervenants (à venir) tenteront de répondre à ces questions.
Animé par Michel Guerrin. Auditorium Maxwell-Cunnings, 12 heures - 13 heures.
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Quel féminisme après #MeToo ?
Le mot « féminisme » demeure un gros mot dans la bouche de certains Français. Au Québec, il rime depuis longtemps avec « égalité », et des hommes n’hésitent pas à s’en emparer. Les écarts de salaire entre les femmes et les hommes y sont moins importants qu’en France, les femmes à la tête d’institutions et d’entreprises plus nombreuses, et les tâches domestiques globalement mieux partagées.
Comment expliquer cette différence culturelle entre nos deux pays ? Quelles similarités et quelles différences dans les histoires des féminismes français et québécois ? Quel impact l’affaire Weinstein a-t-elle eu des deux côtés de l’Atlantique ? Comment les études de genre sont-elles reçues ?
La sociologue française Eva Illouz, l’écrivaine française Belinda Cannone, la présidente de Pour les droits des femmes du Québec, Diane Guilbault, et la cofondatrice de Mouvement Québec contre les violences sexuelles, Mélanie Lemay, en débattront.
Animé par Nicolas Truong. Salle Bourgie, 13 h 30 - 15 heures.
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Comment former les jeunes au monde qui vient ?
L’éducation, véritable casse-tête pour les gouvernements, est souvent sous le feu des critiques et sujette à de multiples réformes. Echecs et inégalités scolaires, décrochage des élèves, classes qui débordent, surmenage des professeurs…, les défis se ressemblent au Québec comme en France.
Mais comment se fait-il que nos gouvernements peinent à trouver des solutions pour améliorer le système scolaire ? Le Québec et la France devraient-ils revoir leur système éducatif dans son entièreté ? Peut-on se contenter de transmettre des connaissances fondamentales ou faut-il envisager un apprentissage sur le terrain ? Le système éducatif doit-il être le même pour tous ou adapté à chacun ?
Le sociologue et ex-directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris François Dubet débattra avec la journaliste Lise Bissonnette, qui a été successivement présidente du conseil d’administration de l’université du Québec à Montréal (UQAM), directrice de la Grande Bibliothèque du Québec (BAnQ) et journaliste à l’éducation puis directrice du Devoir.
Animé par Brian Myles. Auditorium Maxwell-Cunnings, 13 h 30 - 15 heures.
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Ethique et intelligence artificielle : quels enjeux ?
Des voitures autonomes à la reconnaissance faciale ou vocale, l’intelligence artificielle a progressé de façon spectaculaire ces dernières années et fait désormais partie de notre quotidien. La généralisation des algorithmes nourrit nos imaginaires fascinés par la promesse d’un monde meilleur où la puissance du calcul des ordinateurs pourrait éliminer l’accident ou le crime.
Elle suscite aussi la crainte d’un univers contrôlé par la logique numérique. Jusqu’où peut-on laisser aux algorithmes et à ceux qui les développent le contrôle de nos sociétés ? Comment protéger nos vies privées de l’appétit de machines alimentées par la collecte des données personnelles ? Comment se préparer aux bouleversements que l’intelligence artificielle va entraîner dans de nombreux secteurs professionnels ? Au Canada et en France, des réflexions sont menées sur l’encadrement et la réglementation de ces outils. Vont-elles dans le même sens ?
Autant de sujets que viendront éclairer nos invités, tous deux chercheurs et impliqués dans le débat éthique : Yoshua Bengio, spécialiste de l’apprentissage automatique profond (deep learning), directeur de l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal (MILA), il participe à l’élaboration d’une future « déclaration de Montréal pour une intelligence artificielle responsable » ; et Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique à Sorbonne Université, président du comité d’éthique du CNRS, qui a publié de nombreux ouvrages précurseurs (L’Ame machine, Seuil, 1990 ; Le Mythe de la singularité, Seuil 2017).
Animé par Claire Legros. Salle Bourgie, 15 h 30 - 17 heures.
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Autochtones, histoire coloniale : comment composer avec l’héritage du passé ?
La France comme le Québec possèdent un passé douloureux d’anciens colonisateurs. La décolonisation française, qui s’opère à partir de 1945, laisse encore des traces. Aujourd’hui, la France doit composer avec les multiples groupes sociaux issus de l’immigration ayant souffert de ce passé colonial. La France a-t-elle encore des efforts à faire pour ouvrir le dialogue sur ces enjeux ?
De son côté, le Québec doit composer avec un passé autochtone, et décider comment celui-ci doit être reconnu dans le discours national. Le Canada a récemment pris conscience de la nécessité de reconnaître les torts causés aux Autochtones lors de la période des pensionnats. D’autres institutions feront-elles un effort de réconciliation ?
Faut-il revoir l’enseignement de l’histoire pour y inclure davantage le passé colonial et la réalité autochtone ? Devrions-nous reconnaître des droits accrus aux communautés ? Voire reconnaître des territoires, comme cela fut le cas avec Montréal ? Déboulonner des personnages historiques qui ont un passé douteux ? Toutes ces questions seront débattues, autant du point de vue français que de la perspective québécoise avec la romancière Alice Zeniter (prix Goncourt des lycéens 2017 pour L’Art de perdre), l’historien et président du Conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, Benjamin Stora, l’activiste autochtone Michèle Audette, le chirurgien autochtone Stanley Vollant et l’anthropologue Serge Bouchard.
Animé par Jean-François Nadeau. Auditorium Maxwell-Cunnings, 15 h 30 - 17 heures.
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Que vont chercher les Français au Québec ?
Le Québec est à la mode en France, et ce depuis plusieurs années. Les Français sont les premiers immigrants au Québec. Plus de quatre mille d’entre eux, souvent des travailleurs qualifiés, tentent leur chance chaque année dans la province. A ceux-là s’ajoutent les dix mille étudiants, les détenteurs de permis temporaire ou d’un permis vacances-travail.
La langue commune encourage certainement l’immigration, mais comment se fait-il que le Québec attire autant les Français ? Existe-t-il davantage d’occasions d’affaires au Québec ? L’accès au travail y est-il plus facile ? Trouvent-ils une meilleure qualité de vie dans la province ? L’éducation et la recherche sont-elles meilleures qu’en France ? Le Québec est-il un lieu privilégié pour l’immigration francophone ? Nous en débattrons avec Nicolas Girard Deltruc, directeur du Festival du nouveau cinéma, Géraldine Martin, Directrice de l’Entrepreneuriat de la Ville de Montréal, Marie Jean-Meurs, spécialiste de l’intelligence artificielle et coordinatrice du regroupement de recherche HumanIA qu’elle a cofondé en 2017.
Salle Bourgie. 17 h 30 - 19 heures.
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Laïcité d’abstention ou laïcité de collaboration ?
Les questions de laïcité n’en finissent plus de semer la discorde. Pour y répondre, les gouvernements français et québécois tentent de trouver un modèle qui leur est propre. La France a interdit, en 2011, la dissimulation du visage dans l’espace public — une mesure visant directement le port de la burqa et du niqab. Récemment, le Québec est allé dans ce sens avec sa proposition de loi 62, qui prévoit qu’une personne offrant ou recevant un service public doit avoir le visage découvert. Une mesure contestée par la Cour supérieure du Québec. Souvenons-nous aussi au Québec des débats sur la Charte des valeurs. La laïcité polarise et personne ne s’entend sur le sens qu’elle doit prendre au sein de la société.
Comment devrions-nous aborder la laïcité ? L’Etat doit-il imposer sa vision en légiférant ou laisser les citoyens vivre leur religion comme ils l’entendent ? Si l’Etat légifère, brime-t-il les libertés de l’individu ? Quels sont les effets des différentes visions de la laïcité ? La laïcité d’abstention pourrait-elle accentuer la polarisation au sein de la société ? Les gouvernements ne gagneraient-ils pas à s’engager vers une laïcité de collaboration ? L’historien canadien Gérard Bouchard, la politologue québécoise Fatima Houda-Pepin, le politologue français Patrick Weil et la sociologue française Valentine Zuber en débattront. 
Animé par Francine Pelletier. Auditorium Maxwell-Cunnings, 17 h 30 - 19 heures.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Alors que les révélations d’abus sexuels commis par des prêtres s’accumulent, le pape François ne peut plus se contenter de paroles de contrition, et l’Etat, notamment en France, se doit d’intervenir.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Pédophilie : l’Eglise rongée par le scandale

Editorial. Alors que les révélations d’abus sexuels commis par des prêtres s’accumulent, le pape François ne peut plus se contenter de paroles de contrition, et l’Etat, notamment en France, se doit d’intervenir.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 11h34
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Les chiffres sont accablants. En Allemagne, 3 677 mineurs ont été agressés sexuellement par des clercs de l’Eglise catholique entre 1946 et 2014. En Australie, 4 444 cas d’abus ont été identifiés entre 1980 et 2015. Aux Etats-Unis, pendant cinq ou six décennies, plus d’un millier d’enfants et d’adolescents ont été victimes de violences commises par des prêtres. Des scandales de même nature ont été révélés en Irlande ou encore au Chili, avec à chaque fois des évêques qui ont fait écran entre les agresseurs et la justice civile, et même maintenu des prédateurs au contact d’enfants.
La France n’est pas davantage épargnée : des faits d’abus sexuels, tantôt anciens, tantôt récents, surgissent régulièrement. Le mal de la pédophilie, couvert par une intolérable conspiration du silence, ronge l’Eglise. « Abus sexuels, état d’urgence dans l’Eglise », a titré le quotidien La Croix le 13 septembre.
Le pape François, qui depuis son élection en 2013 a toujours pris la défense des plus faibles, ne semble pas avoir pris conscience de l’ampleur de ce tsunami qui ébranle les fondements mêmes de son Eglise. Après son désastreux voyage au Chili, en janvier, où il avait soutenu un évêque accusé d’avoir protégé un prêtre soupçonné d’agressions sexuelles sur mineurs, le pontife argentin avait reconnu « avoir commis de graves erreurs d’appréciation et de perception ». Il avait fait part de sa « douleur » et de sa « honte ». Et il avait même dénoncé une « perversion » ecclésiale. Une sorte d’aveu d’impuissance, comme si l’Eglise admettait qu’elle n’avait rien entrepris contre les fautifs ou que les mécanismes de prévention ou d’alerte qu’elle prétendait avoir mis en place avaient été inefficaces.
« Tolérance zéro »
Les paroles de contrition ne suffisent plus. Il faut des actes forts. Des pistes qui avaient été suggérées par une commission créée par le pape, comme la création d’un tribunal chargé de juger les évêques défaillants ou l’abolition du délai de prescription, sont restées sans suite. En mai 2011, sous le pontificat de Benoît XVI, une circulaire de la Congrégation pour la doctrine de la foi avait pourtant considéré que, « en matière d’abus sexuel, il s’agit de s’en remettre à la justice des Etats ».
La « tolérance zéro » prônée par François suppose de mettre fin au culte du secret et aux abus de pouvoir. Elle suppose également de lever le secret pontifical, inscrit dans le droit canon qui régit la confidentialité en cas de violences sexuelles à l’encontre des enfants et des personnes vulnérables. Les évêques américains avaient obtenu, en 2002, une exception à cette règle, afin de signaler les faits d’agressions sexuelles aux autorités civiles.

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L’expérience de plusieurs pays, en Australie ou encore en Irlande, montre que l’intervention de l’Etat, sous la pression de l’opinion publique, a souvent été salutaire pour obtenir un état des lieux sur les actes de pédophilie. Aux Etats-Unis, un procureur a conduit l’enquête en Pennsylvanie.
En France, le nouvel archevêque de Reims, Eric de Moulins-Beaufort, a réclamé un « vrai rapport complet, en se faisant aider pour cela par des personnes extérieures ». Pour l’association La Parole libérée, qui regroupe des parents de victimes, seul l’Etat a les moyens de procéder à un tel audit. En novembre, pour la première fois, lors de leur assemblée bisannuelle, les évêques de France entendront les victimes d’abus. Devant l’ampleur du scandale, l’Etat ne peut plus se voiler la face.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Dans un rapport publié mardi, l’ONG explique avoir documenté seize cas où les autorités houthistes, soutenues par l’Iran, ont emprisonné illégalement des personnes.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Yémen : HRW accuse les rebelles houthistes de « torture »

Dans un rapport publié mardi, l’ONG explique avoir documenté seize cas où les autorités houthistes, soutenues par l’Iran, ont emprisonné illégalement des personnes.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 11h30
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 14h51
   





                        



   


Prises d’otages, actes de torture, menaces de viol… l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) publie mardi 25 septembre un rapport accablant sur les rebelles houthistes au Yémen.
L’ONG explique avoir documenté seize cas où les autorités houthistes, soutenues par l’Iran, ont emprisonné illégalement des personnes, principalement « pour soutirer de l’argent à leurs proches ou les échanger contre d’autres » aux mains de leurs adversaires.
« Des responsables houthistes ont traité des détenus brutalement », les frappant avec des barres de fer, des cannes en bois et des fusils d’assaut, une pratique « souvent équivalente à la torture », affirme HRW, s’appuyant sur le témoignage d’anciens prisonniers. Des menaces de viol ont également été faites contre des détenus ou des membres de leur famille de la part de responsables houthistes qui cherchaient à obtenir des informations ou des aveux, ajoute l’organisation.

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Crime de guerre
Rappelant que la prise d’otages est « un crime de guerre », Human Rights Watch demande au mouvement rebelle de libérer les personnes détenues arbitrairement, de mettre fin à la torture et aux disparitions forcées et de punir les responsables.
L’organisation profite de ce communiqué pour demander au Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU), en session à Genève, de renouveler le mandat d’un groupe d’experts sur le Yémen, chargé d’enquêter sur les abus commis par toutes les parties en conflit.
S’estimant marginalisés par le pouvoir central, les houthistes, issus de la minorité zaïdite (une branche du chiisme) très présente dans le nord du Yémen, sont entrés il y a quatre ans dans la capitale Sanaa avec la complicité d’unités militaires restées fidèles à un ancien président. Combattants aguerris, ils ont ensuite conquis de vastes régions du nord et de l’ouest du pays, provoquant l’intervention, en 2015, d’une coalition militaire sous commandement saoudien qui a dénoncé un « coup de force » et qui cherche depuis à rétablir le gouvernement internationalement reconnu.
La guerre a fait quelque 10 000 morts, en majorité des civils, et plus de 56 000 blessés. Elle a provoqué la pire crise humanitaire du monde, trois Yéménites sur quatre étant totalement dépendant d’une aide, selon les Nations unies.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ L’économie américaine est en pleine forme, mais une menace plane : les cours du pétrole ne cessent de grimper. Les pays membres de l’OPEP sont de nouveau les faiseurs de prix, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Face à Donald Trump, le cartel de l’or noir tient sa revanche »

L’économie américaine est en pleine forme, mais une menace plane : les cours du pétrole ne cessent de grimper. Les pays membres de l’OPEP sont de nouveau les faiseurs de prix, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 11h14
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Sur le tableau de bord de la grosse Cadillac noire de Donald Trump, tous les indicateurs semblent au vert. La vitesse est stable, la température idéale, et la route dégagée. L’économie américaine est en pleine forme, voilà qui devrait aider à encaisser le choc des élections de mi-mandat, le 6 novembre, qui s’annoncent un peu chaotiques. Mais voilà que dans un coin de l’écran, un voyant menaçant clignote. Le prix du pétrole n’en finit pas de grimper.
Lundi 24 septembre, le coût du WTI, le pétrole américain, a dépassé les 72 dollars (61,20 euros), et celui du Brent de mer du Nord les 80 dollars, un plus haut depuis quatre ans. Embêtant pour une berline présidentielle blindée qui engloutit près de 34 litres d’essence aux 100 kilomètres. Fâcheux, également, pour tous les électeurs du président, qui sillonnent les routes des grandes plaines du Midwest au volant de leurs gros pick-up. Le prix de l’essence est lui aussi au plus haut : 3 dollars le gallon (environ 3,8 litres). Ce n’est pas grand-chose pour un Européen, à peine 80 cents de dollars le litre, mais c’est énorme pour ces gloutons d’électeurs américains.

Alors, ni une ni deux, le président sort son téléphone et envoie une menace bien sentie sur Twitter : « Le Moyen-Orient ne serait pas longtemps en sécurité sans nous, et [les pays de la région] continuent à pousser les prix du pétrole toujours plus haut. Nous nous en souviendrons. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole doit faire baisser les prix maintenant ! » Dans la vie du président, tout est rapport de force, tout est transaction. On menace, puis on négocie.
Une situation bien différente de celle de 2014
Pour l’instant, la menace n’a pas vraiment porté. Le principal ami de l’Amérique au Moyen-Orient, l’Arabie saoudite, ne s’est pas laissé intimider si vite. Son ministre de l’énergie, Khaled Al-Faleh, estime l’équilibre entre l’offre et la demande sain. Pas question d’augmenter la production pour...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le navire affrété par les associations SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières a demandé à pouvoir faire route vers Marseille.
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« Aquarius » : le sort des 58 migrants à bord divise les politiques français

Le navire affrété par les associations SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières a demandé à pouvoir faire route vers Marseille.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 18h46
    |

            Cédric Pietralunga, 
Lucie Soullier et 
Olivier Faye








                        



   


Déjà à l’origine de deux crises européennes, en juin et en août, le navire humanitaire Aquarius est à nouveau au centre d’un affrontement entre europhiles et nationalistes. Lundi 24 septembre, le bâtiment affrété par les associations SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières, qui naviguait au large des côtes libyennes, a demandé à pouvoir faire route vers Marseille, afin d’y débarquer des migrants récupérés ces derniers jours sur des embarcations de fortune.
« Aujourd’hui, nous faisons la demande solennelle et officielle aux autorités françaises » de donner, « de manière humanitaire, l’autorisation de débarquer » les 58 rescapés actuellement sur l’Aquarius, parmi lesquels 17 femmes et 18 mineurs, a déclaré le directeur des opérations de SOS-Méditerranée, Frédéric Penard, lors d’une conférence de presse à Paris. Sollicitées, l’Italie et Malte ont indiqué ne pas vouloir accueillir le navire et lui ont fermé leurs ports, pourtant plus proches.

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Fidèle à des principes posés lors d’un conseil européen, les 28 et 29 juin, la France a répondu préférer « chercher une solution européenne » pour répartir les migrants à bord de l’Aquarius, plutôt que de lui ouvrir unilatéralement un de ses ports. « Pour le débarquement, on veut tenir le principe du port sûr le plus proche », indique-t-on dans l’entourage d’Emmanuel Macron, où l’on rappelle que la France n’a pas changé de position depuis la première crise : « Débarquement à proximité et répartition solidaire immédiate. »
Campagne contre les populistes
Le sujet représente, à huit mois des élections européennes, un point de clivage permettant aux uns et autres sur la scène poli­tique de faire valoir leurs positions. Sans surprise, le choix du gouvernement a été vivement dénoncé à gauche. « L’Aquarius doit pouvoir accoster à Marseille. C’est notre devoir et notre honneur », a ainsi écrit sur Twitter Jean-Luc Mélenchon, député (LFI) des Bouches-du-Rhône. « On ne laisse pas mourir des êtres humains devant soi au motif que d’autres devraient le faire et que c’est de leur responsabilité ! », a abondé David Assouline, vice-président (PS) du Sénat.
« C’est par la coopération avec nos partenaires européens que nous apporterons une solution. Ne tombons pas dans le piège que certains nous tendent », a au contraire plaidé Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, lundi soir sur Canal+. En ouvrant un de ses ports, la France craint de créer un précédent et de donner à Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, le prétexte pour ne plus accueillir de bateaux humanitaires. M. Macron veut aussi démontrer que l’UE peut être une solution. Une façon, selon les macronistes, de faire campagne contre les populistes.

Le pavillon d’un bateau, indispensable pour naviguer
Juridiquement, le pavillon désigne la nationalité de rattachement d’un bateau. Cette immatriculation est obligatoire pour lui permettre de naviguer, d’accoster dans un port et d’être identifié en cas de problème.
En haute mer, un navire relève exclusivement des autorités de son pavillon. Mais il est soumis à la loi de l’Etat du port ou du pays dans lequel il se trouve lorsqu’il est dans ses eaux territoriales (jusqu’à 12 milles de ses côtes). L’Aquarius ne navigue en revanche que dans les eaux internationales.
Sans pavillon, le navire est contraint de rester où il se trouve. Il devient une sorte de bateau fantôme ou bateau pirate, interdit de prendre la mer.


Martingale gagnante
Les dirigeants du parti Les Républicains (LR), de leur côté, ont maintenu leur ligne dure : pas question d’accueillir le moindre migrant en France. « La France et l’Europe n’ont pas de leçon à recevoir en termes d’accueil de réfugiés, a estimé l’ancien ministre de l’intérieur Brice Hortefeux, conseiller spécial du président de LR, Laurent Wauquiez. Puisque l’Espagne a une politique qui l’encourage à accepter, eh bien qu’ils prennent donc la route de l’Espagne ! » Un avis partagé par le député LR des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, pour qui « aucun port français ne doit devenir Lampedusa ».
Cette fermeté absolue constitue la ligne directrice du parti de droite en vue des européennes. Une manière d’essayer de se rendre audible entre La République en marche et le Rassemblement national (RN), dans ce match « progressistes » contre « nationalistes » que le président de la République cherche à imposer. Un responsable de LR résume ce qu’il pense être la martingale gagnante du parti : « Nous sommes pour l’Europe et contre l’immigration. Emmanuel Macron est pour l’Europe et pour l’immigration. Le RN est contre l’Europe et contre l’immigration. » Raison pour laquelle M. Wauquiez tient à ne pas se couper du premier ministre hongrois, Viktor Orban, chantre de l’illibéralisme et champion revendiqué de la lutte contre l’immigration.
Pas plus de surprise du côté de Marine Le Pen : « Non et non ! L’Aquarius ne doit pas accoster à Marseille », a harangué sur Twitter la présidente du Rassemblement national. Pour Philippe Olivier, le conseiller spécial de la figure de proue du parti d’extrême-droite, le scrutin des européennes va se résumer à « un référendum pour ou contre l’immigration ».
Marine Le Pen avait fait de l’immigration l’axe majeur de son discours de rentrée à Fréjus (Var), le 16 septembre, avec un modèle « ami » assumé : la politique anti-migrants de Matteo Salvini. Dénonçant « la soumission à Bruxelles et à sa folle politique immigrationniste », la présidente du RN avait lancé face à une salle bleu-blanc-rouge conquise : « C’est peu de dire qu’avec nous la politique migratoire changera et c’est le grand enjeu des européennes. » Et d’ajouter, alors que le bateau n’a encore jamais débarqué de migrants sur les côtes françaises : « Avec nous, l’Aquarius n’accostera plus sur les côtes françaises. »




                            


                        

                        


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Trump et Macron jouent la cordialité malgré les divergences

Le président français a retrouvé à New York son homologue américain, avec lequel il estime parvenir à limiter les dégâts.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 14h39
    |

            Marc Semo (New York, envoyé spécial)








                        



   


A peine arrivé à New York, lundi 24 septembre en fin de journée, pour l’Assemblée générale des Nations unies, Emmanuel Macron a rencontré Donald Trump dans un salon de l’hôtel Lotte, au cœur de Manhattan. Arborant une cravate d’un rouge éclatant et souriant, le président américain s’est félicité face aux caméras de leurs « bonnes expériences communes, et si elles ne l’ont pas toujours été, c’était bien à 99 % ». Plus sobre, son homologue français a souligné les défis affrontés en commun pour la lutte contre le terrorisme et au Moyen-Orient, notamment en Syrie.
Pour appuyer le message : la longue poignée de main, devenue un rituel de leurs rencontres. L’un et l’autre ont joué la cordialité. Le président américain a laissé entendre qu’il viendrait à Paris pour les cérémonies du centenaire de la fin de la première guerre mondiale, où 80 pays sont invités, et même qu’il tiendrait un discours au forum pour la paix organisé par les autorités françaises.
« Les points de désaccord sont toujours là, mais, comme sur l’Iran, ils portent sur la méthode et non sur les objectifs », souligne-t-on côté français où, tout en continuant à défendre l’accord sur le nucléaire de juillet 2015, on insiste sur la nécessité de le compléter par trois autres piliers : l’après-2025, date d’expiration de nombre des clauses de l’accord de 2015, la limitation de l’activité balistique iranienne et la politique régionale déstabilisante de la République islamique.
Kim Jong-un, « vraiment très ouvert »
Côté américain, aussi bien le président américain que son secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, ou son conseiller à la sécurité, John Bolton, se sont félicités des effets de leur « politique de pression maximale », et estiment qu’il faut encore attendre avant de commencer d’éventuelles discussions avec Téhéran. Ces dernières semaines, la Maison Blanche n’avait pas complètement fermé la porte à une rencontre avec le président Hassan Rohani mais, même si l’Assemblée générale de l’ONU pourrait être une occasion, elle semble très improbable. Le chef de l’Etat iranien l’a lui-même exclu, jugeant que les Etats-Unis ne sont « ni honnêtes ni sincères ».
L’Iran mais aussi la Corée du Nord, et plus généralement la lutte contre la prolifération, seront au cœur d’une réunion du Conseil de sécurité que dirigera Donald Trump mercredi 26 septembre. Le face-à-face avec Emmanuel Macron risque là d’être plus animé, même si le président américain semble plutôt dans une veine conciliante. Un an après avoir menacé à la tribune de l’ONU de « détruire totalement » la Corée du Nord, de retour à l’Assemblée générale, il a vanté ses bonnes relations avec Kim Jong-un, « qui a vraiment été très ouvert et, honnêtement, il a été formidable ». Evoquant un deuxième sommet avec son homologue nord-coréen après celui de Singapour, il est néanmoins resté très évasif sur la question centrale de la dénucléarisation.
« Causes profondes »
En ouvrant dans la matinée de lundi une réunion sur la lutte contre la drogue, le président américain s’est félicité de « l’énorme potentiel de l’ONU ». Par le passé, le magnat de l’immobilier ne se privait pas de ricaner au sujet de ce club « où les gens se rassemblent, bavardent et passent un bon moment ». Grand rendez-vous annuel de la diplomatie mondiale, l’Assemblée générale de l’ONU est l’occasion de nombreuses rencontres bilatérales. Mais les moments-clés, ce sont toujours les interventions pendant trois jours des dirigeants des 193 Etats membres.
C’est traditionnellement le Brésil qui ouvre ce défilé à la tribune des leaders, suivi par le président des Etats-Unis. Habitué de cette assemblée, son homologue iranien devait s’exprimer peu après. Emmanuel Macron, qui a prévu de rencontrer les deux hommes, devait quant à lui parler mardi en fin de matinée. L’an dernier, son appel à un « multilatéralisme fort » sonnait comme un défi ouvert à l’unilatéralisme de Donald Trump et à son « Amérique d’abord » en train de devenir de plus en plus une Amérique seule.

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« Nous avons réussi à largement limiter les dégâts et le multilatéralisme est en train de se transformer », veut croire l’Elysée. L’intervention du président français devait cette fois peu évoquer les grands foyers de crise du monde – qui seront discutés par le Conseil de sécurité le lendemain – pour se concentrer sur les grands enjeux tels que la lutte contre les inégalités, l’accès à l’éducation, mais aussi la nécessité de réformer le système onusien mis sur pied après la seconde guerre mondiale pour lui redonner son sens et son efficacité. « Donald Trump est un symptôme et non pas la cause de la crise du système ; les causes profondes sont notre incapacité à régler nos propres désordres climatiques, économiques, sociaux », souligne l’Elysée.
La France prend en janvier 2019 la présidence du G7, elle sera donc à la manœuvre, avec aussi l’idée de réformer et d’élargir cette instance réunissant les principales puissances économiques démocratiques. Le projet dont le président français se veut le porteur « n’est pas un multilatéralisme mondialisé où les peuples vont se dissoudre ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Seules 33 % des femmes souhaitent que le Congrès reste contrôlé par le Grand Old Party. Les électrices sont par ailleurs très majoritairement opposées à la confirmation du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême.
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Midterms J – 42 : les électrices s’éloignent du Parti républicain

Seules 33 % des femmes souhaitent que le Congrès reste contrôlé par le Grand Old Party. Les électrices sont par ailleurs très majoritairement opposées à la confirmation du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 10h59
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre un plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. A partir du 3 septembre, le correspondant du « Monde » à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
A trois jours de l’audition au Sénat de Christine Blasey Ford, qui accuse d’agression sexuelle le candidat de Donald Trump à la Cour suprême, Brett Kavanaugh, un nouveau sondage du Wall Street Journal et de la chaîne NBC publié le 23 septembre en souligne l’enjeu pour le Parti républicain.
Ce sondage montre en effet qu’un fossé se creuse entre l’électorat féminin et le Grand Old Party. Selon cette enquête, seules 33 % des femmes interrogées souhaitent que le Congrès reste contrôlé par le Parti républicain, alors que 58 % d’entre elles lui préfèrent le Parti démocrate. Par comparaison, 47 % des hommes souhaitent que le Grand Old Party conserve son emprise sur les deux chambres, alors que 44 % se prononcent pour les démocrates.
Un sondage publié le même jour par Fox News montre que les femmes sont très majoritairement opposées à la confirmation par le Sénat du juge Kavanaugh, qui nie ces accusations. Si 50 % de l’ensemble des personnes interrogées se prononcent en sa défaveur, cette proportion monte à 55 % pour les femmes. Les diplômées sont encore plus nombreuses à s’y opposer (58 %), tout comme celles qui résident dans les zones périurbaines (60 %) dont le vote est considéré par les deux partis comme stratégique pour le contrôle de la Chambre des représentants.
Alors que les hommes sont partagés à propos de la controverse (34 % assurent croire Christine Blasey Ford et 33 % le juge), les femmes sont plus nettement convaincues par l’accusatrice (38 % contre 28 % qui croient Brett Kavanaugh). Cette majorité relative est...




                        

                        


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L’épiscopat américain assure avoir changé ses pratiques contre les abus sexuels

Après une avalanche de scandales, les évêques ont annoncé de nouvelles procédures de protection des victimes et de sanction des responsables.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
25.09.2018 à 15h58
    |

            Stéphanie Le Bars (Washington, correspondance)








                        



                                


                            

Le diocèse de Brooklyn (New York) devra verser la somme record de 23 millions de dollars (19 millions d’euros) à quatre jeunes gens agressés sexuellement par un responsable catholique de 2003 à 2009, alors qu’ils étaient âgés de 8 à 12 ans. Cet arrangement financier, rendu public mardi 18 septembre, est le dernier d’une longue série qui, depuis la fin des années 1990, a coûté près de 3 milliards de dollars à l’Eglise catholique aux Etats-Unis. Plusieurs diocèses ont dû se déclarer en faillite à la suite de ces accords, qui évitent les procès publics.
Régulièrement secouée par des affaires d’agressions sexuelles commises par le clergé et couvertes par la hiérarchie depuis les révélations du Boston Globe dans la région de Boston (Massachusetts) en 2002, l’institution a assuré à plusieurs reprises avoir changé ses pratiques dans la gestion des prêtres coupables de pédophilie. Une charte pour la protection des enfants et des jeunes adoptée en 2002 par la conférence des évêques prévoit notamment la dénonciation obligatoire des faits aux autorités civiles, la suspension du présumé coupable de ses fonctions, l’accueil et l’écoute des victimes…

Pourtant, confrontés à de nouvelles critiques après le rapport accablant issu des investigations du procureur général de Pennsylvanie en août et les accusations portées contre l’ancien archevêque de Washington, Theodore McCarrick, les évêques américains ont annoncé le 19 septembre de nouvelles procédures de protection et de sanction. Soupçonnés de s’autoprotéger, ils s’engagent désormais à associer une « tierce partie » au processus de réception des plaintes contre les prélats. Ainsi, une ancienne juge fédérale vient d’être nommée par l’archevêque de New York conseillère spéciale sur ces affaires. Un code de bonne conduite, apparemment inexistant jusqu’à présent, sera rédigé pour aider les évêques à mieux gérer les cas de pédophilie ou d’abus sexuels sur majeurs.
Soucieux de démontrer l’ampleur...




                        

                        


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En Russie, quatre gouverneurs pro-pouvoir éliminés lors d’un vote

Des gouverneurs sortants, soutenus par Vladimir Poutine, ont été battus par un vote de protestation lié à la très impopulaire réforme des retraites.



LE MONDE
 |    25.09.2018 à 10h52
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Quatre scrutins ont mis en échec le Kremlin. Au deuxième tour de l’élection de gouverneurs, dimanche 23 septembre, dans la région de Khabarovsk, en Extrême-Orient russe, et à Vladimir, dans le centre, les candidats du parti au pouvoir, Russie unie, ont été éliminés, confirmant ainsi la déroute de deux autres gouverneurs dans l’oblast de Vladivostok, à l’est, et en Khakassie, en Sibérie centrale. C’est peu mais c’est assez inhabituel pour être remarqué, dans un pays où les seconds tours sont rares et les résultats des urnes en principe sans surprise.

A Vladimir, la gouverneure sortante nommée par Vladimir Poutine en 2013, Svetlana Orlova, a été battue par son concurrent du parti nationaliste LDPR, Vladimir Sipiaguine, qui l’a emporté avec 57,03 % des voix contre 34,46 %. Les émissaires dépêchés sur place depuis Moscou, dont un expert en politique intérieure du Kremlin, Andreï Iarine, n’ont rien pu faire. A Khabarovsk, c’est un autre représentant LDPR qui est sorti victorieux du scrutin, Sergueï Fourgal, avec 69,57 % des voix contre Viatcheslav Chport, qui n’en a recueilli que 27,97 %. La participation, pour ce second tour, avait encore augmenté.
« Tout sera en ordre, je pense »
A Vladivostok, dans le Primorié, l’élection du gouverneur a dû être annulée par la commission électorale après un scandale retentissant de fraudes, ce qui constitue une grande première depuis l’arrivée au pouvoir de M. Poutine, en 2000. Lors du second tour, organisé le 16 septembre, le gouverneur sortant Andreï Tarassenko avait été annoncé vainqueur devant le communiste Andreï Ichtchenko alors que ce dernier était donné largement en tête après le décompte de 95 % des voix… Devant le tollé provoqué, l’élection devra être rejouée. « Je sais qu’un deuxième tour est prévu, tout sera en ordre, je pense », avait pourtant affirmé le chef du Kremlin en recevant, peu avant le scrutin, son poulain.
« Les candidats du Kremlin ne sont pas vaincus par leurs adversaires...



                        

                        

