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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ L’image de Kim Phuc avait fait le tour du monde en 1972. Elle a subi divers traitements au laser depuis 2015 pour atténuer les séquelles des brûlures.
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Pour le diabète et l’insuffisance rénale chronique, le plan « Ma santé 2022 » va permettre de privilégier les soins les plus pertinents.
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Maladies chroniques : le financement au forfait bien accueilli

Pour le diabète et l’insuffisance rénale chronique, le plan « Ma santé 2022 » va permettre de privilégier les soins les plus pertinents.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 15h29
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Parmi les 54 mesures de la réforme du système de santé, baptisée « Ma santé 2022, un engagement collectif », annoncées mardi 18 septembre par le gouvernement, l’une d’entre elles concerne le financement au forfait de deux pathologies chroniques : le diabète et l’insuffisance rénale chronique. A partir de 2020, ce sera élargi à d’autres pathologies, selon ce plan.
Concrètement, la mesure devrait figurer dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui est examiné par l’Assemblée nationale, et être effective en 2019. « Il n’y aura plus de paiement [de l’hôpital par l’Assurance-maladie] à chaque consultation, mais un forfait pour solde de tout compte, charge à l’hôpital de faire en sorte que ses patients n’aient pas besoin de revenir vingt fois », indiquait-on à l’Elysée.
L’association de patients Renaloo s’est félicitée mercredi 19 septembre de cette annonce, indiquant qu’il s’agit d’une « révolution dans le financement de la prise en charge des maladies rénales ». De nombreux rapports – Cour des comptes, Assurance-maladie, Haute autorité de santé – ont montré ces dernières années que le système annuel de financement de la dialyse est un frein au développement des bonnes pratiques.
La tarification à l’activité (T2A), qui date de 2007, consistant à facturer chaque acte, et non plus à avoir un budget global, pousse les soignants à multiplier les examens les plus coûteux. L’insuffisance rénale chronique est emblématique de ces dysfonctionnements. La Cour des comptes avait notamment souligné les effets pervers de la rentabilité excessive de la dialyse. Les chiffres sont éloquents : plus de 80 % de la prise en charge de l’insuffisance rénale – 4 milliards d’euros par an – sont consacrés à la dialyse. L’objectif est ici de distribuer cette très forte enveloppe selon des critères nouveaux, basés sur des indicateurs de qualité médicale, mais aussi reposant sur la satisfaction et l’expérience des...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Près de Montélimar, la grotte Mandrin, fouillée en continu depuis les années 1990, raconte l’évolution des sociétés néandertaliennes. Les chercheurs s’interrogent après la découverte de 1300 pointes de silex, dont l’extrême finesse semble anachronique.
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A la recherche des derniers néandertaliens de France

Près de Montélimar, la grotte Mandrin, fouillée en continu depuis les années 1990, raconte l’évolution des sociétés néandertaliennes. Les chercheurs s’interrogent après la découverte de 1300 pointes de silex, dont l’extrême finesse semble anachronique.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 12h55
    |

            Pierre Barthélémy (Malataverne (Drôme), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Du haut de cette montagnette drômoise parsemée d’une végétation chétive typiquement méditerranéenne, le panorama est magnifique. Dans le lointain, la vallée du Rhône se rétrécit et le serpent d’eau se faufile entre deux reliefs. Immédiatement en contrebas, dans ce qui fut jadis un bras du fleuve et qui ­s’apparente aujourd’hui à un défilé, l’homme moderne a concentré toutes ses autres voies de communication : voitures et camions empruntent l’autoroute A7, la nationale 7 ainsi que la départementale 169, tandis que, à intervalles réguliers, les rames de TGV font vrombir l’air encore chaud de ce mois de septembre. Le paysage a beaucoup évolué au fil des millénaires, allant de la forêt tropicale à la steppe sibérienne, mais une chose n’a pas changé : l’endroit a toujours été un des plus grands axes de l’Europe occidentale. Ce qui explique que le petit nid d’aigle d’où nous surplombons la vallée n’a cessé d’être occupé par différents groupes humains, qu’ils soient néandertaliens ou sapiens.
Vidéosurveillance continue
Ici, c’est la grotte Mandrin – plutôt un abri sous roche qu’une véritable grotte –, ainsi baptisée en mémoire du brigand du XVIIIe siècle Louis Mandrin qui y fit quelques passages. Le lieu n’est pas indiqué et le chemin qui y grimpe non plus. On a choisi la discrétion. Ludovic Slimak, chercheur au CNRS et responsable des fouilles paléoanthropologiques qui se déroulent dans la grotte chaque été, explique que le site, protégé des intempéries par une grande verrière et ceint d’une ­clôture, fait l’objet d’une vidéosurveillance ­continue : « Les images sont transmises en temps réel aux forces de l’ordre. En décembre 2017, deux personnes encagoulées sont passées mais elles ont très vite déguerpi dans les collines car la police municipale qui patrouillait dans le secteur est ­intervenue en trois minutes… »
A première vue, pourtant, rien de spectaculaire ni d’attirant. Une petite centaine de mètres carrés – une moitié...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Pour le psychiatre et éthologue, la découverte d’un monde mental chez l’animal implique un devoir moral des êtres humains à leur égard. Il participe à la conférence « S’aimer comme des bêtes », le 7 octobre au Monde Festival.
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                Boris Cyrulnik : « L’attention à la maltraitance animale témoigne d’une société de plus en plus morale »


Pour le psychiatre et éthologue, la découverte d’un monde mental chez l’animal implique un devoir moral des êtres humains à leur égard. Il participe à la conférence « S’aimer comme des bêtes », le 7 octobre au Monde Festival.

LE MONDE
                 |                 24.09.2018 à 12h11
                 |

            Laetitia Van Eeckhout

















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Psychiatre et éthologue, célèbre pour son invention du concept de résilience et ses interventions dans les débats éthiques, Boris Cyrulnik applique les méthodes de la recherche sur le comportement animal à l’étude de la psyché humaine. Il participe dimanche 7 octobre, avec la chercheuse en écologie comportementale Elise Huchard et l’océanographe François Sarano, au débat du Monde Festival « S’aimer comme des bêtes ».
Depuis une trentaine d’années, les scientifiques découvrent des capacités sociales insoupçonnées chez l’animal. Quels sont selon vous les exemples les plus marquants dans ce domaine ?
Dès les années 1950, des chercheurs, des primatologues, notamment Harry et Margaret Harlow, ont réussi à prouver que les animaux étaient des êtres sensibles. En isolant des singes et plus tard des chiens, en les privant d’altérité, on s’est rendu compte que ces animaux développaient des activités autocentrées sur eux-mêmes : balancements, tournoiements et, en cas d’émotions fortes, auto-agression. Les enseignements de ces expérimentations, bien que très convaincants, n’ont pu, à l’époque, entrer dans notre culture cartésienne et chrétienne.
Depuis dix, quinze ans, des neuroscientifiques ont démontré que les mammifères et même les oiseaux possèdent une conscience, ce qui veut dire qu’ils connaissent le plaisir et la souffrance. Ils ont les mêmes zones d’émotion et de mémoire que les humains. Lorsque l’on pique ou coupe un animal, les mêmes substances chimiques d’alerte agissent sur les mêmes zones cérébrales.

        En débat au Monde Festival :
         

          S’aimer comme des bêtes



Au sein de certaines espèces, les animaux gardent le même partenaire toute la vie. Peut-on dire qu’ils « s’aiment » au sens où on emploie ce terme chez les humains ? 
Chez les animaux, le déclenchement d’une manifestation d’orientation sexuelle passe par la perception de substances odorantes, par la perception visuelle ou par des cris. Même lorsqu’un animal se familiarise avec un partenaire, on peut parler d’attachement mais non d’amour. Les êtres humains connaissent probablement cette dimension de la perception qui déclenche une motivation sexuelle intense. Mais l’amour chez les humains est un sentiment intense de plénitude, déclenché par une représentation intime dépourvue de toute perception d’odeur, visuelle ou de cri.

        Sur la sexualité des animaux :
         

          Les animaux ont toujours pratiqué la sexodiversité



Les animaux savent aussi collaborer, parfois mieux que les humains. Que peuvent nous apprendre les relations sociales animales sur la psychologie humaine ?
Les animaux nous apprennent beaucoup sur le fonctionnement de notre cerveau sculpté par notre milieu. A partir des expérimentations du couple Harlow, on a montré à quel point nos bébés, même s’ils sont sains biologiquement, n’avaient aucune chance de se développer correctement s’ils restent seuls, s’ils ne sont pas en présence de quelqu’un qui les tranquillise, les sécurise. Les altérations comportementales, biologiques et neurologiques provoquées par la solitude sont exactement les mêmes chez les jeunes mammifères supérieurs et chez nos enfants. De même qu’un jeune animal isolé n’apprend pas les rituels de jeu, un enfant, s’il est seul, n’apprend ni à jouer ni à parler, il n’apprend rien de tout ce qui caractérise la condition humaine.

        A lire aussi :
         

          Nos animaux nous aiment-ils ?



Avec d’autres personnalités, vous avez appelé, il y a deux ans, à la création d’un secrétariat d’Etat à la condition animale. Le mouvement croissant contre la maltraitance animale constitue-t-il un tournant dans notre société ?
On peut en effet parler de tournant. Nous avons été très longtemps influencés par Descartes, qui ne pensait l’animalité qu’en termes de machine, puisque l’esprit était réservé à l’être humain. Dans un monde cartésien, les animaux n’ont pas de monde intime.
Nous savons maintenant – cela a été démontré – que les animaux, non seulement sont des êtres sensibles, mais qu’ils ont un monde mental. Ce monde mental diffère bien sûr du nôtre. Mais un animal est capable de traiter des informations présentes ou passées et de s’en servir pour résoudre ou anticiper un problème. En milieu naturel, on a observé des singes effeuiller une branche, la traîner sur plusieurs kilomètres, l’introduire délicatement dans une termitière, attendre que les termites grimpent dessus puis la sortir pour manger les insectes. Les animaux fabriquent des outils, se servent de pierres pour casser des noix, ils ont des rituels culinaires. Cette vision de l’animal autre que celle de la simple machine a eu du mal à entrer dans notre culture cartésienne. Tout n’est pas encore gagné.
Comment analysez-vous cette évolution ? Que dit-elle de notre société ?
L’attention croissante portée à la maltraitance animale témoigne d’une société de plus en plus morale. Nous prenons conscience que nous ne pouvons plus nous permettre de torturer un être vivant qui va souffrir et qui possède un monde mental, même s’il est différent du nôtre. Dès lors que nous avons une empathie pour d’autres êtres vivants, une inhibition morale nous empêche de passer à l’acte, de torturer.

        Lire le débat :
         

          « La question animale nous force à ouvrir les yeux sur ce que nous sommes devenus »



Etes-vous en faveur d’un droit animal ?
Les animaux ont droit au respect car ce sont des êtres vivants. Nous devons donner aux animaux le droit de vivre sans être torturés par les humains. Mais cela nous donne avant tout des devoirs à nous, êtres humains, le devoir de ne pas torturer, détruire ou rendre malheureux des êtres vivants, quand bien même ils sont différents de nous. Il est dans notre intérêt de respecter le monde vivant, écologique comme animal : si on le détruit, on se détruit nous-mêmes.
« Le Monde » organise, dans le cadre du Monde Festival, une conférence intitulée « S’aimer comme des bêtes ? » sur les comportements et sentiments dans le monde animal, avec Boris Cyrulnik, la chercheuse en écologie comportementale Elise Huchard et l’océanographe François Sarano. Au Palais Garnier, dimanche 7 octobre, de 14 heures à 15 h 30.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Océan, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.





Laetitia Van Eeckhout
    













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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Le centre Artemis étudie l’impact de l’environnement sur la fertilité des couples, sur les pathologies de grossesses ou les malformations congénitales.
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A Bordeaux, des couples souffrant d’infertilité limitent leur exposition aux polluants

Le centre Artemis étudie l’impact de l’environnement sur la fertilité des couples, sur les pathologies de grossesses ou les malformations congénitales.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 13h40
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

Leïla et Olivier (les prénoms ont été modifiés), infirmiers libéraux de 35 et 38 ans, ont quitté Paris pour Bordeaux, cadre de vie qu’ils imaginaient plus propice pour fonder une famille. Ils y ont monté un cabinet qui fonctionne bien, et retapent leur maison de ville. Mais la chambre d’enfant reste désespérément vide. « Spermogrammes, échographies, repos, vacances…, énumère la jeune femme. Depuis trois ans, on a fait tous les examens, suivi tous les conseils… Tout est normal mais on n’y arrive pas. »
Comme 15 % des couples en France, Leïla et Olivier souffrent d’« infertilité inexpliquée ». Résolus à recourir à une insémination, ils n’en ont pas moins accepté la suggestion d’Aline Papaxanthos, médecin de la reproduction qui les suit au centre d’assistance médicale à la procréation du CHU de Bordeaux, de consulter au centre Artemis (pour Aquitaine reproduction enfance maternité et impact en santé environnement). Première plate-forme d’évaluation et de prévention de la santé environnementale consacrée à la reproduction mise en place en France, cette structure se trouve au sein même de l’hôpital.
Les effets néfastes des perturbateurs endocriniens auxquels nous soumet notre environnement sont de plus en plus documentés. Ces substances, susceptibles d’interférer avec notre système hormonal, sont mises en cause en particulier dans les troubles de la reproduction : diminution de la qualité du sperme (entre 1973 et 2011, la concentration du sperme humain en spermatozoïdes a décliné de 50 % à 60 % dans les pays occidentaux), augmentation des malformations génitales masculines, baisse de l’âge de la puberté chez les filles…
Equipe multidisciplinaire
Opérationnelle depuis 2016, Artemis a été créée dans le cadre de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens adoptée en avril 2014, en partenariat avec l’agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine, l’Agence nationale de...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ L’exploitation des données du satellite Gaia a permis de réaliser une carte en six dimensions. Une représentation dynamique qui révèle une structure en escargot.
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Le passé turbulent de la Voie lactée

L’exploitation des données du satellite Gaia a permis de réaliser une carte en six dimensions. Une représentation dynamique qui révèle une structure en escargot.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 18h00
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

Il y a toutes sortes d’animaux dans le ciel : une petite ourse et une grande, un grand chien et un petit, un lion, un cygne, une girafe, un poisson volant, etc. A ce bestiaire, il faut ajouter une nouvelle bestiole, un escargot. Mais un escargot gigantesque, si grand qu’il recouvre bien des constellations et si subtil qu’il en était ­jusqu’ici invisible. Ainsi que l’annonce, dans Nature du 20 septembre, l’équipe internationale qui l’a découverte, cette structure s’apparente à une sorte de filigrane imprimé dans notre galaxie.
Pour la mettre au jour, ces chercheurs ont exploité les données fournies par le satellite Gaia de l’Agence spatiale européenne (ESA) qui, depuis son lancement fin 2013, cartographie la Voie lactée avec une précision inégalée. Le catalogue utilisé pour leur étude totalise 6 millions d’étoiles.
Une carte en 6D
Comme l’explique Céline Reylé, ­astrophysicienne à l’institut Utinam (CNRS/université de Franche-Comté), qui a cosigné l’étude de Nature, « ce catalogue fournit à la fois la position des étoiles dans le ciel, leur distance, mais aussi la manière dont elles se déplacent. On parle non plus de 3D mais de 6D, parce qu’on a les trois composantes de la position ainsi que les trois composantes de la vitesse. » Grâce à Gaia, les astronomes ne se ­contentent plus d’observer des ­piqûres blanches sur la toile noire du ciel, mais ont une vision véritablement dynamique des étoiles.
En combinant la vitesse de ces dernières et leur position au-dessus ou en dessous du plan de la galaxie est apparue une structure en forme de coquille d’escargot. « C’est un peu comme quand on observe un pavé lancé dans une mare, dit Céline Reylé. La vitesse des molécules d’eau présentes dans l’onde qui se propage et leur hauteur par rapport au plan moyen de la mare sont différentes de là où l’eau est calme. » Première signataire de l’étude, Teresa ­Antoja (université de Barcelone) reconnaît qu’elle...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Ce théoricien de haute voltige se passionne pour les objets du quotidien.Plis des origamis, tas de sable, point jersey du tricot… font partie de ses terrains de jeu.
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Frédéric Lechenault, physicien des petites choses

Ce théoricien de haute voltige se passionne pour les objets du quotidien.Plis des origamis, tas de sable, point jersey du tricot… font partie de ses terrains de jeu.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 16h00
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            

Un origami, un tas de sable, un tee-shirt mouillé, un ballon de baudruche qui éclate, une vitre qui se fissure, un raton-laveur… Trouver l’intrus dans ce drôle d’inventaire ne relève pas de l’exploit. La vraie difficulté commence une fois écarté le mammifère cher à Jacques Prévert. En effet, qu’est-ce qui rapproche ces objets du quotidien ? Frédéric Lechenault n’hésite pas : « Tous sont des p…. de beaux problèmes de physique. »
A 39 ans, le responsable de l’équipe Mécanique d’interfaces et systèmes complexes, à l’Ecole normale supérieure de Paris, n’est pas décidé à mâcher ses mots. Ni à tempérer son enthousiasme. Voilà dix-huit ans qu’il a embrassé cette carrière de physicien des petites choses. Qu’il décèle des problèmes là où d’autres ne voyaient que du commun, puis qu’il en élabore les solutions. Et pas question pour lui de jouer petit bras : « En tirant sur un tricot, je pense faire des choses au moins aussi fondamentales que celui qui cherche à décrire l’Univers. »
Sans doute une histoire de point de vue. Certains tombent dans la physique en regardant le ciel, lui a plongé dedans en observant la pâte à pain. « Mon grand-père tenait la boulange du village où j’ai grandi, en Bourgogne. J’étais sans cesse fourré chez lui. Et je regardais, fasciné, le pétrin, son mouvement, sa texture. » Puis l’adolescent déporte sa passion sur les fusées, pas tant sur leur destination que sur ce qui les propulse. « Je construisais des prototypes, je testais des sortes de bombes artisanales, se souvient-il. Et de 11 à 14 ans, j’ai consigné tout ça dans des cahiers. » Sur la fiche cartonnée, en 6e, à la question rituelle sur la profession rêvée, le fils d’agent hospitalier et de gérant de station-service répond : « Chercheur, si j’ai le courage après l’école d’ingénieurs ».
Reconstituer des dunes
Du courage et de la suite dans les idées. Après les classes préparatoires à Lyon, il intègre...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-8">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Le parc des Cévennes est devenu la 13e « réserve internationale de ciel étoilé », une distinction de l’ONG Dark-Sky Association, qui favorise la préservation de l’environnement nocturne.
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<article-nb="2018/09/24/19-9">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Des chercheurs américains de Yale ont développé une peau robotique adaptable. Elle permettrait aux astronautes de « créer » leurs propres robots dans l’espace.
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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Si le débat perdure dans l’opinion publique, il a cessé dans la communauté scientifique : aucune étude n’a pu démontrer rigoureusement l’efficacité de l’homéopathie au-delà de l’effet placebo.
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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Au menu : lutter contre le trafic de l’ivoire grâce à l’ADN, où a coulé le bateau du capitaine Cook, comment nous manipulons nos propres souvenirs, etc.
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<article-nb="2018/09/24/19-12">
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Une équipe française tente de comprendre comment, il y a 5 000 ans, s’est développée une culture dans un environnement très hostile à la vie.
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<article-nb="2018/09/24/19-13">
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Exclu de la Collaboration Cochrane, le médecin danois a bataillé pour changer les règles d’accès aux résultats des études secrètes de l’industrie pharmaceutique.
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Peter Gotzsche, celui par qui la controverse arrive

Exclu de la Collaboration Cochrane, le médecin danois a bataillé pour changer les règles d’accès aux résultats des études secrètes de l’industrie pharmaceutique.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 16h13
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

Grand et sec, cheveux gris en brosse, rugueux, intransigeant et de tempérament bagarreur, Peter Gotzsche est une figure historique du mouvement en faveur d’une médecine fondée sur la preuve. A 69 ans, ce professeur de médecine danois est l’un des 80 fondateurs de la Collaboration Cochrane, née voilà vingt-cinq ans d’une volonté de rigueur et d’indépendance dans la définition des meilleures pratiques en médecine. Il est aussi, souvent, celui par qui la controverse arrive.
En témoigne le nombre de courriers au vitriol, envoyés et reçus, publiés sur le site du Centre Cochrane nordique, basé à Copenhague, qu’il dirige depuis 1993. En témoigne, aussi, la crise que traverse la Collaboration Cochrane après la décision, votée le 13 septembre par son conseil de gouvernance, de l’exclure de l’organisation – une sanction inédite dans son histoire. Dans un courriel collectif à ses confrères, que Le Monde a pu consulter, il dit avoir ressenti l’annonce de son expulsion, en assemblée générale, comme « une exécution publique ».

Il a pourtant le cuir épais, tanné par des années de prises de position parfois en radicale opposition avec les idées dominantes du moment. « Si vous voulez savoir qui est Peter Gotzsche, il faut revenir vingt ans en arrière, raconte Tom Jefferson (Centre for Evidence-Based Medicine de l’université d’Oxford), l’un de ses proches. A l’époque, Peter disait que les risques du dépistage systématique du cancer du sein avaient été ignorés et que les bénéfices avaient été exagérés. Il a été traité de fou et d’irresponsable, mais il s’avère aujourd’hui qu’il a eu raison, et ce même si la mammographie demeure un instrument utile. »
« En psychiatrie au moins, Peter est tout sauf impartial »
En 2007, Peter Gotzsche entre dans une vive controverse avec l’Agence européenne du médicament (EMA) – l’autorité qui supervise la mise sur le marché des médicaments. Il demande à l’agence...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-14">
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Trois des quatre patients transplantés sont morts. Les chirurgiens n’avaient décelé aucun signe de cancer au moment des greffes.
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<article-nb="2018/09/24/19-15">
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Refus de la pilule, dénonciation de propos déplacés… Face à des patientes très informées et dont la parole s’est libérée, la profession est déboussolée.
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Le blues des gynécologues


                      Refus de la pilule, dénonciation de propos déplacés… Face à des patientes très informées et dont la parole s’est libérée, la profession est déboussolée.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 13h58
    |

                            Zineb Dryef








                              

                        
Cette dernière année, le docteur J. l’a passée à attendre une seule chose : qu’elle s’arrête. Il a compté les semaines jusqu’à ce jour de printemps, où, enfin, il a quitté son cabinet. Il l’a aimé, pourtant, son métier, mais ces derniers mois, c’était devenu « épouvantable ».
Des patientes qui contestent tout, les prescriptions, les examens et les diagnostics, ou qui l’accablent publiquement sur Internet, il en avait déjà rencontré, mais en recevoir tous les jours l’a complètement découragé.
« Je suis très content d’avoir pris ma retraite », résume-t-il. Ce qu’il lit de sa profession dans les médias et sur les réseaux sociaux le navre. Il ne s’y reconnaît pas. Les patientes maltraitées dans les cabinets et les maternités ? Il balaie ces accusations. Ce ne peut être le fait que de « tordus ».
Un vaste mouvement de contestation
Si tous les gynécologues ne partagent pas l’amertume du docteur J., un vaste mouvement de contestation féministe est ces derniers temps venu bousculer la profession en dénonçant des pratiques jugées paternalistes, infantilisantes et sexistes : examens brutaux, injonction à la procréation, paroles déplacées, actes réalisés sans consentement, épisiotomies inutiles, humiliations pendant des IVG, etc. C’est ce que l’on appelle des « violences » ou « maltraitances » gynécologiques et obstétricales.
Ou quand on s’entend dire : « Mais pourquoi vous ne voulez pas le garder ? » ; « Un stérilet à 28 ans ? Il serait plutôt temps de penser à un enfant » ; après un accouchement difficile : « Vous avez mal ? C’est dans la tête tout ça ! » ; pendant un accouchement : « Arrêtez de crier, Madame, ça sert à rien et ça nous fait perdre du temps ! »…
Depuis 2014, et les milliers de témoignages suscités par la campagne #PayeTonUterus, qui invitait à témoigner des maltraitances subies en consultation de gynécologie, de nombreux documentaires sur le sujet et une enquête minutieuse de la journaliste Mélanie...




<article-nb="2018/09/24/19-16">
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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Peter Gotzsche, médecin danois connu pour ses positions critiques envers l’industrie pharmaceutique, est sur le point d’être évincé de la prestigieuse organisation internationale.
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La Cochrane, parangon mondial de la « médecine fondée sur la preuve », en pleine crise

Peter Gotzsche, médecin danois connu pour ses positions critiques envers l’industrie pharmaceutique, est sur le point d’être évincé de la prestigieuse organisation internationale.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 12h00
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            

La Collaboration Cochrane traverse la plus grave crise de son histoire. Fondée voilà un quart de siècle par des chercheurs et des médecins désireux de promouvoir la « médecine fondée sur la preuve » (evidence-based medicine), la prestigieuse organisation se déchire depuis que son conseil de gouvernance a voté, le 13 septembre, l’expulsion de l’un de ses membres, Peter Gotzsche, un professeur de médecine et chercheur danois réputé pour ses positions très critiques vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique.
L’éviction de ce membre fondateur de l’organisation, qui ne devait être effective que jeudi 20 septembre, a déclenché la démission de quatre autres membres du conseil de gouvernance. Celui-ci se retrouve désormais réduit de près de moitié. La situation ouvre un « risque de chaos » au sein de la célèbre institution, selon l’expression de l’un de ses membres, dont certains suspectent à mots plus ou moins couverts qu’elle a cédé à des pressions de l’industrie pharmaceutique.
Peu connue du grand public, la Collaboration Cochrane est une organisation à but non lucratif forte de quelque 11 000 membres, généralement bénévoles, chercheurs ou praticiens, œuvrant collectivement à publier des revues systématiques de la littérature scientifique, afin d’évaluer, avec le plus haut niveau d’indépendance et de rigueur, les bénéfices et les risques de traitements médicamenteux ou d’interventions médicales.
Vingt-cinq ans après sa fondation, « la Cochrane » existe désormais à travers de nombreux centres nationaux ou régionaux. Elle est devenue une référence incontournable pour de nombreux praticiens, mais aussi pour les autorités sanitaires, les régulateurs et les organisations intergouvernementales.
« Longue enquête »
L’éviction de M. Gotzsche, annoncée lors de l’assemblée générale de l’organisation, tenue à Edimbourg (Ecosse) du 16 au 18 septembre, a provoqué un tollé. « Cela a été le centre de toutes les discussions,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-17">
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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ La vingtaine de personnes frappées simultanément par la foudre le 2 septembre 2017 en Meurthe-et-Moselle sont un groupe uni et un échantillon précieux pour la recherche.
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Les miraculés d’Azerailles, unis par la foudre qui ne les a pas tués


                      La vingtaine de personnes frappées simultanément par la foudre le 2 septembre 2017 en Meurthe-et-Moselle sont un groupe uni et un échantillon précieux pour la recherche.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 05h36
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 16h35
    |

                            Dominique Perrin








                              

                        

Ce samedi-là, rien n’annonce le drame. L’air est léger et le soleil brille sur Azerailles, village de huit cents habitants en Meurthe-et-Moselle. C’est le week-end du festival de musique Le Vieux Canal. Dans l’après-midi, des amoureux de la nature se sont donné rendez-vous sur un « espace naturel sensible ».
Au choix, atelier sur les plantes sauvages comestibles sous un petit chapiteau, ou balade contée le long de la Meurthe. Ce 2 septembre 2017, chacun découvre donc cette zone marécageuse avec tritons et azurés des paluds, un papillon dont la chenille se fait passer pour une fourmi afin de mieux squatter les fourmilières. La nature est étonnante. Personne n’imagine encore à quel point.
« S’il n’y a pas eu de macchabée, c’est parce que nous nous sommes partagé la décharge. » Herbert Ernst, journaliste fulguré en plein reportage
Il est un peu moins de 16 heures quand la pluie se met à tomber dru. Tout le monde fonce sous la tente. Un énorme bruit retentit. Un responsable pense à un attentat. Un enfant crie, un autre pleure. Plusieurs personnes tombent à terre, inanimées.
Au pied d’un aulne, la broussaille prend feu. La foudre vient de tomber. « Francis, c’est la guerre, on a plusieurs blessés », téléphone un pompier du village à son supérieur. Une soixantaine de ses collègues débarquent, ainsi qu’une trentaine de gendarmes. Une zone d’atterrissage pour hélicoptère est même improvisée en cas de besoin.
Au total, quatorze blessés, dont deux graves, sont évacués vers les hôpitaux de Lunéville, Saint-Dié et Nancy. Les concerts du soir sont annulés. Par un miracle que nul n’explique, la mort, qui faisait ce jour-là plusieurs millions de volts, n’a emporté personne.
Liés à jamais
Un an plus tard, les rescapés du 2 septembre forment un groupe unique, fascinant et mystérieux. Ils sont une vingtaine, en comptant ceux qui n’ont pas été hospitalisés. On les appelle des fulgurés. Les foudroyés meurent, les fulgurés survivent.
Certains...




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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Les chercheurs ont eu la preuve de son appartenance au règne animal en analysant des vestiges de molécules récupérées sur des fossiles.
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Le Dickinsonia, le plus ancien animal sur Terre, était ovale et plat

Les chercheurs ont eu la preuve de son appartenance au règne animal en analysant des vestiges de molécules récupérées sur des fossiles.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 23h51
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 07h07
   





                        



   


Il était ovale et plat avec une sorte de dorsale centrale, mesurait plusieurs dizaines de centimètres de longueur et vivait au fond des océans, sans bouche, intestins ni anus, il y a un demi-milliard d’années.
Des milliers de fossiles de Dickinsonia ont été retrouvés depuis soixante-quinze ans sur la planète, mais son appartenance au règne animal – l’un des grands règnes du vivant, avec les plantes, les champignons – faisait débat dans la communauté scientifique. Etait-ce un lichen ? Une amibe ? Un ancien règne disparu ?
Des chercheurs de l’Université nationale d’Australie (ANU) ont apporté la preuve, selon eux décisive, que la créature était bien l’un des premiers animaux à avoir vécu, en tout cas le plus ancien jamais confirmé. Ils ont décrit leur méthode, jeudi 20 septembre, dans la prestigieuse revue Science.

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                Traquer la biodiversité grâce à l’ADN



Jusqu’à présent, les paléontologues étudiaient la morphologie d’un fossile pour en déduire le type. Ilya Bobrovskiy, doctorant à l’université australienne, a, à la place, analysé des vestiges de molécules récupérées sur des fossiles trouvés sur une falaise du nord-ouest de la Russie, dans la région de la mer Blanche. Sur ces fossiles, il a retrouvé des molécules exclusivement animales : une forme de cholestérol.

   


« Le plus dur a été de trouver des fossiles de Dickinsonia contenant encore de la matière organique », explique le chercheur, qui a donc dû aller jusqu’en Russie pour dénicher les spécimens, enfouis dans la roche de la falaise.
« Les molécules de graisse fossile que nous avons découvertes prouvent que les animaux étaient grands et nombreux il y a 558 millions d’années, des millions d’années avant ce qu’on croyait », dit le professeur de sciences de la terre à l’ANU Jochen Brocks. Pour l’université, il s’agit ni plus ni moins du « Graal » de la paléontologie.
Une thèse déjà confirmée par des études
D’autres chercheurs ont clamé auparavant avoir résolu le même mystère. En septembre 2017, des Britanniques s’étaient dits certains du caractère animal de Dickinsonia, sur la base de multiples fossiles. Une autre équipe avait conclu, en 2015, qu’il s’agissait d’animaux, relativement avancés, en raison de la façon dont leurs corps grandissaient, à la différence des plantes ou des champignons.
Mais c’est la nature même de la recherche scientifique que de confirmer une hypothèse au fil des années, de multiples fois et selon différentes méthodes.
« L’article survend un peu la controverse existante », dit à l’Agence France-Presse (AFP) le paléobiologiste Doug Erwin, de l’Institut Smithsonian à Washington. Mais, dit-il, « c’est un bon papier ». « C’est la première fois que des marqueurs biologiques sont utilisés pour des fossiles de l’Ediacarien », note-t-il.
Une « renaissance » de la paléontologie
L’Ediacarien est la période (– 635 millions à – 542 millions d’années) précédant l’ère qui marque, selon les scientifiques, l’apparition rapide de tous les grands groupes d’animaux sur Terre : le fameux événement du Cambrien, relativement court d’un point de vue géologique, entre 30 millions et 40 millions d’années. C’est précisément pourquoi la confirmation que des animaux ont existé auparavant est si importante.
« Pendant longtemps, on s’est demandé si l’événement était réel, ou si nous n’avions pas réussi à trouver de fossiles plus vieux », dit à l’AFP David Gold, géobiologiste à l’Université de Californie à Davis, et l’un des auteurs de l’étude de 2015.
« Cet article apporte une nouvelle très bonne preuve que les animaux sont beaucoup plus vieux que le Cambrien. » Les espèces du type Dickinsonia seraient donc « l’ancêtre de plusieurs formes de vie animales d’aujourd’hui », poursuit-il. Cela n’est pas encore vérifié, mais il suggère que les vers et les insectes puissent en descendre.
Les travaux publiés jeudi consacrent aussi une sorte de « renaissance » de la paléontologie, avec le recours à des outils qui permettent de retrouver des composés organiques vieux de centaines de millions d’années. Dans les bonnes conditions, les scientifiques peuvent désormais trouver des protéines ou des pigments pour identifier la couleur des dinosaures, dit David Gold. Ou, dans ce cas, du cholestérol, une molécule à base de carbone.

        Lire aussi :
         

                Voyage au cœur d’un œuf de dinosaure



Prouver que Dickinsonia était un animal ne marque pas la fin du mystère. On ignore encore comment il se nourrissait (sans bouche) ou se reproduisait. Surtout, des calculs statistiques sur l’ADN laissent penser que le règne animal remonte à 720 millions d’années. Il reste donc un fossé de quelque 160 millions d’années à combler, jusqu’à l’apparition de cette créature plate et ovale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ L’illustre peintre italien aurait succombé en 1610 à une grave infection bactérienne, conclut une équipe marseillaise qui a utilisé plusieurs méthodes d’analyse génétique pour résoudre une énigme historique.
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<article-nb="2018/09/24/19-20">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Mêlant récits de patients et théorie scientifiques, l’auteur nous plonge dans les arcanes du syndrome de stress post-traumatique.
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Voyage au cœur du traumatisme

Mêlant récits de patients et théorie scientifiques, l’auteur nous plonge dans les arcanes du syndrome de stress post-traumatique.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 12h05
    |

                            Sarah Terrien








                        



                                


                            

Le livre. « Un Américain sur cinq [a été] sexuellement agressé dans son enfance, un sur quatre battu par un parent au point d’en garder la cicatrice, et un tiers des couples se livre à la violence physique. » Dès le prologue, Bessel van der Kolk, psychiatre américain d’origine néerlandaise, spécialiste du syndrome de stress post-traumatique et fondateur du Trauma ­Center de Boston, appuie là où ça fait mal. Pour lui, il y a urgence, il faut prendre en charge tous ces « traumatisés ».
Dans ce livre, l’auteur parle à la première personne : parcours professionnel, échanges avec ses collègues, recherches scientifiques, questionnements personnels et professionnels se mêlent à une plongée dans les arcanes du syndrome de stress post-traumatique. A l’aide de métaphores parlantes, l’auteur parvient à vulgariser d’une manière assez spectaculaire les mécanismes cérébraux et physiologiques impliqués dans le traumatisme. Le thalamus devient le « cuisinier du cerveau » ; l’amygdale le « détecteur de fumée » ; et le cortex préfrontal médian la « tour de guet ».

Il file également la métaphore pour s’émerveiller de l’avènement des techniques d’imagerie cérébrale dans les années 1990 : « La technique précédente […] avait permis de voir ce qui nourrissait l’activité neuronale – un peu comme lorsqu’on tente de comprendre le ­moteur d’une voiture en étudiant l’essence. Avec la neuro-imagerie, on a pu mettre le nez dans le moteur. » Les histoires de ses patients, leur prise en charge, leurs difficultés et leurs progrès permettent de donner vie au propos du psychiatre. Il décrit longuement sa première expérience de médecin auprès d’anciens combattants du Vietnam, une étape fondatrice : « Ce sont Tom et les autres vétérans qui ont été mes premiers professeurs. »
Réparer les victimes
Le psychiatre se mue parfois en professeur d’histoire, nous entraînant...




                        

                        

