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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Comment les pays esclavagistes et colonisateurs ont-ils (ré)inventé l’« Autre » pour mieux le dominer, posséder son corps comme son territoire. Extraits de l’introduction de l’ouvrage collectif « Sexe, race et colonies ».
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Document

« Les imaginaires sexuels coloniaux ont façonné les mentalités des sociétés occidentales »

Comment les pays esclavagistes et colonisateurs ont-ils (ré)inventé l’« Autre » pour mieux le dominer, posséder son corps comme son territoire. Extraits de l’introduction de l’ouvrage collectif « Sexe, race et colonies ».

Par                Pascal Blanchard, Christelle Taraud, Dominic Thomas, Gilles Boëtsch et Nicolas Bancel



LE MONDE
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        Le 24.09.2018 à 16h47

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        Mis à jour le 24.09.2018 à 17h54






    
Concours de beauté bambari, au Moyen-Congo, actuelle Centrafrique (tirage albuminé, 1912).
Crédits : OUVRAGE « SEXE, RACE ET COLONIES »


Traversant six siècles d’histoire (de 1420 à nos jours) au creuset de tous les empires coloniaux, depuis les conquistadors, en passant par les systèmes esclavagistes et jusqu’à la période postcoloniale, notre ouvrage Sexe, race et colonies. La domination des corps du XVᵉ à nos jours explore le rôle central du sexe dans les rapports de pouvoir.
Il interroge aussi la manière dont les pays esclavagistes et colonisateurs ont (ré)inventé l’« Autre » pour mieux le dominer, prendre possession de son corps comme de son territoire, tout en décryptant l’incroyable production visuelle qui a fabriqué le regard exotique et les fantasmes de l’Occident : autant d’images qui reflètent la domination raciale et sexuelle.
La compréhension de leur contexte de production, l’appréciation de leur diffusion, de leur réception, de leur importance dans l’histoire visuelle, visent à décentrer les regards et à déconstruire ce qui a été si minutieusement et massivement fabriqué. Projet inédit tant par son ambition éditoriale que par sa volonté de rassembler une pluralité de regards et d’approches critiques, l’objectif de ce livre est de dresser un panorama de ce passé oublié et ignoré, jusqu’à ses héritages contemporains, en suivant pas à pas le long récit de la domination des corps.

    
Couverture du magazine « Voilà », 16 janvier 1932.
Crédits : OUVRAGE « SEXE, RACE ET COLONIES »


Sexualité, domination et colonisation. Trois termes qui se croisent et s’enchevêtrent en effet tout au long des six siècles de pratiques et de représentations qui composent ce livre. Or, si l’histoire des sexualités aux colonies est un sujet de recherche depuis plus de trente ans, il reste méconnu dans son ampleur. Pourtant, la domination sexuelle, dans les espaces colonisés comme dans les Etats-Unis de la ségrégation, fut un long processus d’asservissement produisant des imaginaires complexes qui, entre exotisme et érotisme, se nourrissent d’une véritable fascination/répulsion pour les corps racisés.
Ceci explique pourquoi, les multiples héritages contemporains de cette histoire conditionnent, encore largement, les relations entre populations occidentales du Nord et celles des ex-colonisées du Sud. Car, si les imaginaires sexuels coloniaux ont façonné les mentalités des sociétés occidentales, ils ont aussi bien sûr déterminé celles des dominés. Un travail de déconstruction devient donc aujourd’hui plus que jamais nécessaire, en s’attachant notamment aux images produites tout au long de cette histoire.
La colonie, territoire de la domination sexuelle
La sexualité aux colonies n’est bridée par aucun tabou, y compris celui de l’enfance : les images proposées exhibant souvent des jeunes filles non pubères (ainsi, bien que plus rarement, que des jeunes garçons) dans des mises en scène fortement sexualisées. La violence des fantasmes projetés sur les populations colonisées est donc sans limites, puisque le corps de l’« Autre » est lui-même placé en dehors du champ licite des normes, plus proche de l’animal et du monstre que de l’humain, plus en affinité avec la nature qu’avec la culture.
Ceci explique pourquoi le corps de l’« Autre » est pensé simultanément comme symbole d’innocence et de dépravations multiples : un corps qui excite autant qu’il effraie. Dans ce contexte, les femmes « indigènes » sont revêtues d’une innocence sexuelle qui les conduit avec constance au « péché » ou à une « dépravation sexuelle atavique » liée à leur « race », confortant la position conquérante et dominante et du maître et du colonisateur.
L’existence de ces femmes « Autres » toujours vues comme faciles, lascives, lubriques, perverses et donc forcément insatiables permet aussi de construire, en miroir, l’image de l’épouse blanche idéale, pudique et chaste, réduite à une sexualité purement reproductive.

    
Hula Girls, Hawaï (photographie de studio, tirage argentique, 1943).
Crédits : OUVRAGE « SEXE, RACE ET COLONIES »


La liberté sexuelle des hommes blancs aux colonies ne saurait, en effet, être transférée aux femmes issues des métropoles coloniales. Celles-ci y sont, a contrario, plus surveillées encore, du fait qu’elles doivent nécessairement incarner l’exemplarité sexuelle et morale de la colonie, à laquelle les hommes blancs dérogent en général. Ainsi, le « gigantesque lupanar », figuré par la domination esclavagiste et coloniale, permet-il aux colonisateurs de se penser et de se vivre en maîtres dans des espaces où leurs possibilités sexuelles sont maximisées au regard des normes et des interdits de leurs propres sociétés, tout en excluant leurs femmes de ce même droit. Ceci explique pourquoi les pratiques sexuelles, amoureuses et conjugales dérogent, presque partout, aux règles, aux décrets et aux lois édictées par ceux-là même qui les transgressent allégrement et continûment.
Cette liberté sexuelle du maître et/ou du colonisateur se heurte pourtant, paradoxalement, aux préceptes moraux, aux interdits raciaux, au refus des femmes blanches d’accepter la cohabitation, jugée humiliante et déshonorante par la plupart d’entre elles, avec d’autres femmes et d’autres familles. Et, in fine, à la peur croissante, dès la seconde moitié du XIXe siècle, d’un métissage qui fait écho à l’idée de dégénérescence et de disparition de la « race » blanche.
Cette nouvelle configuration moralisatrice, hygiéniste et prophylactique complexe va conduire néanmoins à un appel croissant, quoique tardif, aux femmes blanches pour peupler les empires, assurer des descendances sans métissage et moraliser les mœurs coloniales. Ces véritables campagnes de recrutements d’épouses – ou de prostituées pour les maisons de tolérance – vont souvent s’effectuer, dans un premier temps, dans les marges des sociétés européennes – orphelinats, hospices, asiles, prisons, bordels… – parmi des catégories de femmes stigmatisées, telles les délinquantes, les filles-mères ou les prostituées, les métropoles coloniales se débarrassant ainsi d’éléments supposément « asociaux » et/ou « immoraux ».
Une immense production d’images
De surcroît, partout dans les espaces colonisés, la question raciale est au cœur de la construction des sexualités puisqu’elle y est le pivot central de l’organisation politique, économique et sociale, particulièrement dans les configurations esclavagistes des Caraïbes, du Brésil ou des Etats-Unis. Sur cet ensemble de questions concernant toutes les aires géographiques et tous les empires coloniaux, et ce quelle que soit l’époque, les écrivains et les artistes ont laissé leurs empreintes tout en participant à la construction du regard des métropolitains sur les « Autres ».
Très tôt, comme le montrent les œuvres rassemblées dans cet ouvrage (plus de 1 200 documents reproduits et majoritairement inédits), les artistes dépeignent les sociétés coloniales et, malgré les interdits, évoquent les métissages tout en éclairant les hiérarchies sociales indexées sur le taux de mélanine des différentes populations. Fondées sur des préjugés, notamment religieux, ces hiérarchies ont alors légitimé la domination raciale de l’époque moderne formant ainsi le premier substrat d’un racisme qui s’incarnait à la fois dans la couleur de peau et dans le statut socio-économique. Les premières images produites, du début du XVe siècle jusqu’à la fin du XVIIe siècle, invitent aussi au rêve et témoignent, très majoritairement, d’une admiration et d’une fascination pour les peuples « exotiques » et leur corporalité.
Cependant, la généralisation de l’esclavage entre l’Afrique et les Amériques, les relations conflictuelles dans l’espace méditerranéen, la montée en puissance des empires coloniaux et l’émergence du racisme scientifique vont progressivement effacer ce « temps de la sidération » au bénéfice de représentations de plus en plus souvent dévalorisantes. Au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, s’opère en effet une mutation décisive de sens qui va transformer le « préjugé de couleur » en raciologie. Sexualité, prostitution, homosexualité et « race » s’entremêlent donc inexorablement durant cette période, qui commence en 1830-1840, traverse tout le XIXe siècle et s’achève autour de 1920.
Des artistes de tous les pays vont dans ce cadre bâtir, dans tous les domaines artistiques possibles (dessin, gravure, peinture…), une vision du monde qui bouleverse les représentations de ces ailleurs, jusqu’à la rupture majeure consécutive à l’émergence de nouveaux supports visuels tels la photographie, les affiches illustrées et les objets du quotidien bon marché, diffusant très largement désormais le goût orientalisant, africaniste ou japonisant, tout en exotisant, érotisant et/ou pornographiant l’« Autre » à outrance.
La démocratisation du porno colonial, à la charnière des XIXe et XXe siècles, figure en effet les colonies comme des « empires du vice », thème présent également dans la fiction romanesque ou pseudo-scientifique, comme en témoigne le célèbre livre du docteur Jacobus, L’Art d’aimer aux colonies (1893). Très vite, l’industrie cinématographique, qui s’impose comme le grand média de masse de la période tant en Europe qu’aux Etats-Unis, va utiliser le potentiel érotique des colonies mettant en images de manière récurrente des hommes blancs présentés comme les maîtres incontestés des espaces colonisés, les « protecteurs » des femmes blanches, et les « séducteurs » et les « libérateurs » des femmes « indigènes », mais aussi de mythiques « femmes fatales » orientales ou asiatiques.
Le siècle de la « beauté métisse »
Enfin, le XXe siècle accouche d’un nouveau paradigme en forme d’utopie qui trouve son expression en de nombreuses images reflétées sur des supports multiples : celui d’une « beauté métisse ». Mais partout, de l’Asie du Sud-Est aux Indes, de l’Afrique subsaharienne au Maghreb, des Antilles à la Polynésie, ces mutations s’accompagnent de vifs questionnements, tel celui concernant la place à donner aux enfants métis : ceux-ci devenant les « enfants perdus » de sociétés encore très majoritairement fracturées par les color lines, légales ou non. Ces nouveaux enjeux, enclenchés par la grande guerre, sont ensuite démultipliés par la seconde guerre mondiale sur fond de crise migratoire en Europe et aux Etats-Unis et de contestations anticoloniales de plus en plus vives dans les empires coloniaux.
Cette dernière phase de l’histoire coloniale, enclenchée après 1945, est une période marquée par le déploiement frénétique des violences sexuelles, notamment contre les femmes colonisées, au sein des populations civiles. Comme s’il fallait marquer et violenter les corps des colonisés et, ainsi, les punir de leur désir de se débarrasser de leurs oppresseurs. Comme s’il fallait, aussi, détruire ces femmes indigènes devenues les icônes graphiques des mouvements de libération (et de leurs alliés du moment en Chine, en URSS, en Corée ou en Inde) et des combattantes actives militairement et politiquement dans toutes les luttes anticoloniales.



Ainsi, la pratique du viol, au sein du corps expéditionnaire français, durant la guerre d’Indochine (1946-1954) et la guerre d’Algérie (1954-1962) est-elle désormais bien renseignée, comme celle des derniers lynchages – souvent accompagnés d’émasculations – aux Etats-Unis dans les années 1950. Ailleurs, en Afrique, c’est dans l’empire britannique que cette violence se révèle à l’occasion de la révolte des Mau-Mau au Kenya entre 1952 et 1960, où des centaines de cas de violences sexuelles sur les femmes (dont des viols) et sur les hommes (dont des castrations) sont recensés.
Ces moments d’ultra-violence sexuelle entrent aussi en résonance avec certains conflits contemporains postcoloniaux, comme le montre l’usage du viol par les troupes américaines et leurs alliés durant la guerre du Vietnam, de 1955 à 1975, mais aussi par les Soviétiques pendant la première guerre d’Afghanistan, entre 1979 et 1989 et, plus récemment encore, par les troupes alliées en Irak, les Russes en Tchétchénie ou les Peace Corps de l’ONU en République démocratique du Congo.
Héritages et mutations postcoloniales
A partir des années 1970, de nombreux artistes vont engager un travail de déconstruction des stéréotypes coloniaux en prenant comme objet central le corps – tels l’artiste français Jean‑Paul Goude ou l’un des papes de la Pop anglaise Peter Thomas Blake, mais aussi l’ancien membre du Black Panther Party, Emory Douglas –, les institutions sexualisées (harem ou bordel) ou bien la violence sexuelle et le viol. Ainsi, Coco Fusco et Guillermo Gómez-Peña, au travers de leur célèbre installation The Couple in the Cage (1993), ou bien encore le Sud-Africain Brett Bailey, avec Exhibit B (2014), cherchent-ils à déconstruire la puissance des représentations de la domination sexuelle coloniale.
Dans le même ordre d’idées, la Vénus hottentote va, elle aussi, se retrouver au cœur de toute une série d’œuvres postcoloniales, telles Venus Baartman de Tracey Rose, Venus de Suzan-Lori Parks, On t’appelle Vénus de Chantal Loïal, Hottentot Venus 2000 de Renee Cox, dénonçant son calvaire mais tentant de la restituer dans sa dignité, comme dans le film d’Abdellatif Kechiche, Vénus noire.



Sur tous les continents, des artistes vont porter un œil critique sur ce passé : tous souhaitant dépasser les héritages coloniaux en analysant les effets que les images s’y référant produisent encore aujourd’hui sur les individus et les sociétés.
Dans un tout autre registre, ces mêmes héritages se perpétuent aussi dans les pays du Sud avec le tourisme sexuel. Celui-ci s’est développé avant les indépendances puis lors des conflits de décolonisation et/ou issus de la Guerre froide (en Asie notamment), et constitue désormais une véritable économie globalisée. De très nombreux pays anciennement colonisés se sont ensuite « spécialisés » dans l’offre sexuelle à destination des Occidentaux, mais aussi des nouveaux pays industrialisés, tels la Chine, la Turquie ou les Emirats du Golfe. Héritier de la prostitution coloniale – et des quartiers réservés comme celui de Bousbir au Maroc ou des bordels destinés à l’armée des Etats-Unis en Thaïlande et aux Philippines… – le tourisme sexuel véhicule toujours les mêmes fantasmes et mobilise les mêmes imaginaires érotiques et pornographiques éculés.
Notons cependant que les migrations Sud/Nord peuvent aussi provoquer des événements où la violence sexuelle extrême est convoquée à l’image des événements de Cologne, en Allemagne, en 2016.



De nombreux exemples interrogent en tout cas ce « droit global » des hommes à s’accaparer, y compris par la violence sexiste et raciste, toutes les femmes : celles considérées, par eux, comme étant les possessions des « Autres », mais aussi évidemment celles appartenant à leur propre famille, groupe, culture, nation, « race »… Angela Davis le soulignait déjà, dans le contexte de l’émergence du mouvement des Black Panthers aux Etats-Unis dans les années 1970 : « Ils pensaient – et certains continuent à le penser – que le fait d’être un homme noir leur donnait des droits sur les femmes noires. »
Pourtant, dans la nouvelle réalité qui est la nôtre en ce XXIe siècle naissant, si des structures de domination perdurent incontestablement, d’autres processus inverses se déploient simultanément. Les migrations postcoloniales, au moins dans l’ensemble des anciennes métropoles coloniales, ont ainsi provoqué, presque mécaniquement, la multiplication des unions mixtes et leur acceptation progressive.
Dans la foulée, ce processus a donné corps à un cosmopolitisme globalisé. Que la simple existence de ceux-ci ait déclenché, tout au long de cette longue histoire, des réactions xénophobes plus ou moins constantes ne doit pas faire oublier que la figure des métis est devenue, dans le même temps, un modèle esthétique de référence dans les cultures médiatiques mondiales. Un modèle contesté et/ou récusé, partout, par les suprémacistes de tout bord et les intégristes de toutes religions qui rejettent migrations et minorités au travers de « replis communautaires » polymorphes et accompagnés, le plus souvent, de forts conservatismes culturels et sociétaux, notamment en termes de mœurs.

    
Campagne 2018 de la marque de préservatifs Manix.
Crédits : DR


Quant aux femmes « Autres » toujours catégorisées en types à l’image des « Beurettes » en France, des « Congolaises » en Belgique, des « Pakistanaises » au Royaume-Uni, elles restent assujetties, aussi bien pratiquement que symboliquement, aux rôles prédéfinis par les héritages patriarcaux et/ou coloniaux.
On comprend désormais que la réduction des femmes et des hommes « Autres » à leur sexe/sexualité, principe fondateur de la doxa coloniale depuis l’origine, mais aussi des modèles sociaux de nos cultures désormais globalisées, est loin d’avoir totalement disparu. Et, pourtant, dans le même temps, le métissage est aussi devenu l’horizon d’une utopie censée préfigurer, pour certains en tout cas, l’éclosion d’une véritable société mondialisée, postraciale et égalitaire, par un effet boomerang que les colonisateurs n’avaient certes pas imaginé quand ils ont, pour la première fois, foulé les terres de l’Amérique, de l’Afrique, de l’Asie et de l’Océanie.
Pascal Blanchard est historien, spécialiste du « fait colonial » et des immigrations au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ; Christelle Taraud est historienne à l’Université Paris-1 Panthéon-Sorbonne ; Dominic Thomas est professeur d’études françaises à l’Université de Californie, à Los Angeles ; Gilles Boëtsch est anthropobiologiste, directeur de recherches émérite au CNRS et à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar ; Nicolas Bancel est historien à l’Université de Lausanne.
Cet article a d’abord été publié sur le site de The Conversation.
Extraits de l’introduction de l’ouvrage collectif « Sexe, race et colonies. La domination des corps du XVᵉ à nos jours », publié sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch, Christelle Taraud et Dominic Thomas aux éditions La Découverte (préface de Jacques Martial et Achille Mbembe, postface de Leïla Slimani). Disponible en librairie à partir du 27 septembre 2018 (544 pages, 1 200 illustrations).





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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Star afro-américaine de la danse depuis les années 1950, en particulier avec le New York City Ballet, le créateur du Dance Theatre of Harlem est mort mercredi, à 84 ans
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édition abonné


Mort du danseur et chorégraphe américain Arthur Mitchell

Star afro-américaine de la danse depuis les années 1950, en particulier avec le New York City Ballet, le créateur du Dance Theatre of Harlem est mort mercredi, à 84 ans



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 15h22
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Le danseur, pédagogue et chorégraphe Arthur Mitchell, star afro-américaine du ballet depuis les années 1950, est mort, mercredi 19 septembre. Il avait 84 ans. Créateur du Dance Theatre of Harlem, en 1969, ardent militant de la cause des Noirs américains, cet artiste brillant et puissant a illuminé dès 1955 les pièces du chorégraphe George Balanchine (1904-1983), devenant l’un des solistes phares du fameux New York City Ballet (NYCB).
Né à Harlem le 27 mars 1934, Arthur Mitchell aligne les étapes d’un parcours sans faute d’interprète hors pair salué très vite par le succès public. Il fait ses apprentissages à la New York City High School of Performing Arts dont il sort premier en 1952. La même année, il décroche une bourse pour l’école de l’American Ballet tout en collaborant parallèlement avec de nombreux chorégraphes, dont Donald McKayle (1930-2018). Il multiplie les petits boulots et fait son apparition, en 1954, sur Broadway dans la comédie musicale House of Flowers.
Premier danseur noir à intégrer le NYCB
Il intègre le NYCB en 1955 et y reste quinze ans. Il est non seulement le premier danseur noir à intégrer une compagnie de ballet de cette envergure, mais il est aussi très vite distingué par Balanchine. Son style limpide et athlétique rayonne dans les pièces du maître du néoclassique américain, qui chorégraphia pour lui le pas de deux d’Agon, pièce emblématique créée en 1957. Il y sublimait, auprès de Diana Adams, le style sec et physique, très insolite dans ses changements d’humeur, de cette pièce sur une partition de Stravinsky. A l’opposé de cette veine classique abstraite, il dansa aussi le rôle de Puck dans Le Songe d’une nuit d’été, en 1962. Une valorisation qui déclencha des réactions racistes parmi les spectateurs.
Dans un entretien au New York Times en janvier, Arthur Mitchell évoquait des commentaires haineux dans le public. « Pouvez-vous imaginer l’audace que cela représente de mettre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le budget patrimoine sera « sanctuarisé » à hauteur de 326 millions d’euros et le projet de Pass culture se voit attribuer une enveloppe de 34 millions d’euros.
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Budget de la culture 2019 : Françoise Nyssen assure que « la culture reste une priorité du gouvernement »

Le budget patrimoine sera « sanctuarisé » à hauteur de 326 millions d’euros et le projet de Pass culture se voit attribuer une enveloppe de 34 millions d’euros.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 15h01
    |

            Sandrine Blanchard








                        



   


Pour la troisième année consécutive, le budget du ministère de la culture reste stable et atteint quelque 10 milliards d’euros. « La culture reste une priorité du gouvernement et nos choix sont réaffirmés », s’est félicitée la ministre, Françoise Nyssen, lundi 24 septembre.

        Lire à propos de la présentation du budget 2019 :
         

          Qui sont les gagnants et les perdants ?



Si l’on retire l’audiovisuel public (3,86 milliards d’euros, en baisse de 0,9 % par rapport à 2018), les crédits d’impôts (1,5 milliard) et les taxes (735 millions d’euros), les crédits budgétaires alloués à la politique culturelle s’élève à 3,6 milliards d’euros, soit une hausse de 0,5 % comparée à l’année précédente. Leur répartition reprend les grandes thématiques défendues par la ministre de la culture depuis son arrivée rue de Valois : équité territoriale, soutien à la jeunesse et diversité culturelle.
Equité territoriale :
Au nom du « rééquilibrage de la politique culturelle en faveur des territoires », le budget patrimoine sera, en 2019, « sanctuarisé » à hauteur de 326 millions d’euros pour financer quelque 6 000 opérations d’entretien et de restauration (hors grands projets). Le plan « Culture près de chez vous » disposera de 6,5 millions d’euros, notamment pour le développement de projets culturels d’itinérance et le prêt de 500 chefs-d’œuvre à une soixantaine de musées en région. Quant aux bibliothèques, appelées à élargir les horaires d’ouverture, deux millions d’euros supplémentaires s’ajouteront aux 88 millions de la dotation générale de décentralisation. Depuis la remise du rapport d’Erik Orsenna, « 265 projets, touchant quelque 10 millions de personnes et prévoyant une extension d’environ sept heures par semaine des horaires, ont été déposés », assure-t-on au ministère.

        Lire le compte-rendu :
         

          Le plan « Culture près de chez vous » dévoilé




        Lire le reportage :
         

          La Moselle, une zone blanche chez les gueules noires



Soutien à la jeunesse :
La promesse de généraliser à tous les enfants et jeunes de 3 à 18 ans un « parcours d’éducation artistique et culturelle (EAC) » d’ici à la fin du quinquennat est réaffirmée. Le budget de l’EAC passera à 116 millions d’euros (contre 114 en 2018). Par ailleurs, le projet de Pass culture se voit attribuer une enveloppe de 34 millions d’euros (contre 5 millions en 2018) pour mener à bien son expérimentation dans cinq départements (Bas-Rhin, Guyane, Finistère, Hérault et Seine-Saint-Denis). Dix mille jeunes testeurs de cette nouvelle application – qui leur permettra de disposer de 500 euros – sont en cours de recrutement. « Nous prendrons notre temps pour analyser la manière dont les jeunes âgés de 18 ans s’emparent de ce nouveau Pass », indique l’entourage de la ministre. La généralisation de ce dispositif ne devrait pas avoir lieu avant 2020.

        Lire le décryptage :
         

          Eloquence, chorale… un nouveau plan pour encourager l’éducation artistique à l’école




        Lire le compte-rendu :
         

          Pour le Pass culture pour les jeunes, les achats seront plafonnés selon les catégories



Diversité culturelle :
Le soutien à la création artistique est préservé (782 millions d’euros, en hausse de 0,4 %) et 2 millions sont affectés à la création d’un fonds pour la sécurisation des lieux et événements culturels. En outre, le Fonds national pour l’emploi pérenne dans le spectacle (Fonpeps), dont les aides devaient prendre fin en décembre, sera prolongé. Quant aux artistes-auteurs, une dotation de 18 millions euros est prévue pour compenser les effets de la hausse de la CGS « en attendant de trouver un mécanisme pérenne ».
Comme en 2018, le ministère de la culture devra contribuer à « l’effort général de réduction du nombre d’emplois publics » à hauteur de 160 emplois. « Les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) ne seront pas touchées. Seuls les opérateurs et l’administration centrale seront concernés », précise-t-on rue de Valois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Pour obtenir les chefs-d’œuvre du maître italien du XVIIe siècle auquel il consacre une exposition inédite, le Musée parisien a dû consentir le prêt de certaines des œuvres de sa collection d’art ancien.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                
                                    

Comment le Musée Jacquemart-André a dû « négocier » dix Caravage


                      Pour obtenir les chefs-d’œuvre du maître italien du XVIIe siècle auquel il consacre une exposition inédite, le Musée parisien a dû consentir le prêt de certaines des œuvres de sa collection d’art ancien.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 14h00
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                            Roxana Azimi








   


Le Caravage (1571-1610) est de ces rares artistes anciens qui réunissent les ingrédients capables d’attirer les foules : une vie picaresque en clair-obscur et une œuvre très expressive au goût du jour. En dix ans, d’ailleurs, pas moins d’une trentaine d’expositions lui ont été consacrées dans le monde. Mais pas une seule à Paris depuis 1965. Un vide que veut combler le Musée Jacquemart-André avec « Caravage à Rome, amis et ennemis » à partir du 21 septembre.
Des musées réticents
Pour relever le gant, l’institution parisienne a les reins solides : elle a mis sur la table plus de 1 million et demi d’euros afin de financer le transport, l’assurance, la scénographie et la communication. Mais l’argent seul ne suffit pas. Pour décrocher dix œuvres, dont quelques pépites comme Judith décapitant Holopherne, Jacquemart-André a utilisé une précieuse monnaie d’échange : sa propre collection d’art ancien. Le corpus d’œuvres indiscutables du peintre milanais est resserré, à peine une soixantaine de toiles authentifiées. Une bonne partie d’entre elles, de très grand format, est accrochée dans des églises en Italie et peut difficilement bouger. Quant aux musées, ils sont réticents à se défaire de leurs chefs-d’œuvre les plus emblématiques, qui ornent la couverture de leurs guides.
« C’est un échange de bons procédés : le public italien qui ne connaît pas forcément bien Rembrandt a l’occasion d’en voir un pendant quelques mois. » Francesca Cappelletti, co-commissaire de l’exposition
L’Ermitage de Saint-Pétersbourg n’était pas très chaud pour prêter son seul et unique Caravage, Le Joueur de luth, jamais présenté à Paris. Pour le convaincre, Jacquemart-André lui a envoyé en retour un Saint Georges terrassant le dragon, de Paolo Uccello, le temps de l’exposition parisienne. Avec les musées transalpins, la pratique du donnant-donnant est bien huilée. « Tous les deux ans, nous faisons une grande exposition italienne, c’est dans notre ADN. Et du coup, on connaît bien nos collègues italiens », explique Pierre Curie, conservateur du musée.

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La Pinacothèque de Brera, à Milan, a ainsi consenti à prêter l’une des toiles les plus célèbres du Caravage, Le Souper à Emmaüs, en contrepartie d’un tableau illustrant le même sujet biblique, mais par Rembrandt. « C’est un échange de bons procédés : le public italien qui ne connaît pas forcément bien Rembrandt a l’occasion d’en voir un pendant quelques mois », résume Francesca Cappelletti, co-commissaire de l’exposition et grande spécialiste du Caravage. Certaines institutions transalpines se sont montrées plus coriaces que d’autres. Francesca Cappelletti a dû argumenter pendant deux ans pour obtenir Le Jeune Saint Jean-Baptiste au bélier des Musées du Capitole à Rome. « J’ai insisté en disant que j’avais établi par mes recherches la datation exacte du tableau, raconte-t-elle, fière de cette prouesse. Je leur ai forcé la main ! »

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« Caravage à Rome, amis et ennemis », Musée Jacquemart-André, 158, bd Haussmann, Paris 8e. Jusqu’au 28 janvier 2019. www.musee-jacquemart-andre.com



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Nouveaux écrans, technologies permettant une meilleure immersion du public... Les exploitants planchent sur les salles du futur.
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Laser, LED, air chaud... les révolutions à venir dans l’équipement des salles de cinéma

Nouveaux écrans, technologies permettant une meilleure immersion du public... Les exploitants planchent sur les salles du futur.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h44
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 17h26
    |

            Nicole Vulser








                        



   


La lumière et l’écran. C’est à ces deux niveaux que se produiront les principaux bouleversements dans les salles de cinéma, explique Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF), alors que s’ouvre, lundi 24 septembre, le 73e Congrès des exploitants à Deauville (Calvados). « Depuis les années 1970, on utilise de grosses lampes au xénon [pour projeter les films], qui consomment beaucoup d’énergie », note M. Patry, lui-même exploitant de salles en Normandie. L’arrivée de la lumière laser dans les salles obscures, qui n’en est qu’à ses prémices, permettra d’augmenter la taille de l’écran.
Autre avantage : les lampes au xénon s’usent vite et doivent être changées après 1 000 à 3 000 heures d’utilisation. Les lumières laser, elles, devraient avoir une durée de vie beaucoup plus longue, de 10 à 15 ans, sans aucune dégradation de luminosité. Cela a un prix : jusqu’à 70 000 euros pour les lasers destinés aux plus grands écrans, contre 15 000 euros pour une lampe au xénon et sa lanterne aujourd’hui.

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Dans un contexte de fréquentation cinématographique déprimée cet été en France en raison de la concurrence du Mondial de football, la grand-messe annuelle des représentants des 2 046 cinémas hexagonaux doit permettre de présenter les nouveautés technologiques attendues dans le domaine des écrans.
Certains industriels comme Sony et Samsung travaillent à un abandon de la projection pour proposer un grand écran LED qui permettra d’obtenir, de façon uniforme, une extrême précision de l’image. Point positif, selon Richard Patry : permettre la modification de l’architecture des salles de cinéma de centre-ville afin de mieux rentabiliser ces espaces souvent très contraints. Comme il ne sera plus nécessaire de prendre en compte un faisceau lumineux qui passe deux mètres au-dessus de la tête des spectateurs, le volume permettant d’installer des fauteuils sera accru. Une telle technologie signera aussi de facto la fin des cabines de projection.
Tendance plus « verte »
M. Patry assure qu’avec l’écran LED, l’image « est meilleure qu’avec le bon vieux 35 mm. Puisque les contrastes sont plus forts, il y a moins d’influence de la lumière parasite et le spectre colorimétrique est poussé quasiment à l’infini ». Mais ces écrans demeurent très onéreux : de 200 000 à 300 000 euros pour les plus petits. Qui est disposé à payer une telle somme ? « Les seules technologies qui se sont imposées sont celles qui ont proposé des solutions financièrement abordables », rappelle le président de la FNCF. Il faudra donc attendre que les prix baissent. Le timing de tels sauts technologiques peut sembler pertinent : la totalité des salles est passée au tout-numérique depuis une quinzaine d’années en France. Elles doivent désormais songer à renouveler leur matériel.
Pour rendre leurs salles toujours plus high-tech, les grands exploitants continuent d’investir massivement, à l’image de Pathé, qui mise sur ScreenX et 4DX. Avec ces technologies, les fauteuils bougent pour accompagner l’action du film et le public reçoit des gouttes d’eau, de l’air chaud, du vent, du brouillard ou du parfum, ce qui donne à la séance de cinéma des airs de parc d’attractions. Plus de trente salles en sont équipées dans l’Hexagone, qui drainent un public d’adolescents très réceptifs.

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                Cinéma et sensations fortes : Pathé parie sur les innovations technologiques



Pour conquérir cette cible, un autre important exploitant français, CGR, a inauguré fin 2016 une vingtaine de salles ICE (Immersive Cinema Experience) avec des fauteuils clubs inclinables et des panneaux lumineux sur les côtés de la salle destinés à plonger le spectateur dans une ambiance singulière.
Une nouvelle tendance, plus « verte », émerge dans l’Hexagone. Les propriétaires de salles obscures commencent à réfléchir à l’adoption de démarches écoresponsables. Installation de panneaux solaires sur les toits, recyclage des déchets, vente de confiserie labellisée bio et même du lait issu de circuits courts pour la fabrication des glaces… Une préoccupation qui, jusqu’ici, n’intéressait personne dans le septième art.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le groupe américain achète Sky pour 33 milliards d’euros, battant Disney et Rupert Murdoch aux enchères.
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Comcast s’offre le leader européen de la TV à péage

Le groupe américain achète Sky pour 33 milliards d’euros, battant Disney et Rupert Murdoch aux enchères.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h12
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Une fois n’est pas coutume, Rupert Murdoch n’a pas remporté la mise. A 87 ans, le vieux baron des médias australo-américain s’est fait doubler samedi 22 septembre. L’américain Comcast, propriétaire de NBCUniversal, l’a battu dans sa bataille pour prendre le contrôle de Sky, la première télévision à péage d’Europe, l’achetant pour 30 milliards de livres sterling (33,4 milliards d’euros).

Le groupe américain des télécoms, qui est actuellement presque intégralement tourné vers les Etats-Unis, prend ainsi possession d’une pépite. Créé en 1989, Sky domine la télévision à péage au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne, avec 23 millions de clients. Lancé à ses débuts sur une offre basée sur le football et les films, comme Canal+ en France, le groupe a su ne pas se faire prendre à contre-pied par la révolution d’Internet. « En plus de ses programmes, il a créé une entreprise de télécoms, là où d’autres télévisions à péage ont été dépassées », note Alice Enders, d’Enders Analysis, une société de consultants. Aujourd’hui, outre sa traditionnelle télévision par satellite, Sky propose de l’Internet haut débit, du téléphone fixe et portable. Quant à ses contenus, ils peuvent désormais se regarder sur de multiples écrans, y compris les smartphones. Le groupe demeure très rentable, n’ayant pour l’instant guère souffert de la concurrence des Netflix et autres géants du Web : en 2017, il a dégagé un bénéfice net d’un milliard de livres.
Pour Comcast, cette acquisition est stratégique. Le groupe américain est avant tout une entreprise de télécoms, vendant aux Etats-Unis des connections Internet et de la téléphonie sous la marque Xfinity. Il est moins présent sur les contenus, même s’il possède désormais les studios de cinéma Universal (dont les parcs d’attraction) et les chaînes de télévision NBC, NBC News, CNBC… Ses 29 millions de clients se trouvent à 91 % aux Etats-Unis. Sky et Comcast sont donc très complémentaires.
Comme une série télé
Le...




                        

                        


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La France en vedette au Reeperbahn Festival

La treizième édition de la manifestation hambourgeoise a mis un coup de projecteur sur les artistes venus de l’Hexagone.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 09h54
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 12h22
    |

                            Stéphane Davet (Hambourg (Allemagne)








                        



                                


                            

En trois minutes chrono, à l’heure du petit-déjeuner, faire écouter un extrait de chanson, puis être capable de définir le style de son artiste, résumer ses antécédents, valoriser ses atouts, avant de lister ses besoins et attentes – « nous cherchons un tourneur allemand », ou « un éditeur », « un service de promotion », « des festivals »… – face à de possibles partenaires étrangers. Avant d’autres rendez-vous, de multiples conférences et une soirée de concerts, ce « French artist pitch breakfast » était l’une des façons pour des professionnels français de la musique de faire fructifier leur séjour à Hambourg, du 19 au 22 septembre, à l’occasion d’un Reeperbahn Festival qui donnait, cette année, un coup de projecteur particulier sur les productions hexagonales.
A la fois ouvert au public – plus de 40 000 billets vendus – et voué aux professionnels de l’industrie musicale – plus de 4 000 accrédités –, cet événement, créé en 2006, est devenu l’un des plus importants « showcase festivals » d’Europe. Un rassemblement consistant en une pléiade de courts concerts d’artistes en développement, joués devant un public mêlant quidams et professionnels venus faire leur marché et réfléchir aux évolutions de leurs métiers.
Le Reeperbahn emprunte son nom à la principale avenue du quartier de Sankt Pauli, le quartier chaud du premier port d’Allemagne, célèbre pour avoir accueilli les Beatles en apprentissage, à l’aube des années 1960. « Je suis né à Liverpool, mais j’ai grandi à Hambourg », aurait d’ailleurs déclaré John Lennon à propos de ce séjour formateur. Longue de 930 mètres, l’artère servait au XVIIe siècle à tresser et tendre les cordages de bateaux. Sankt Pauli est ensuite devenu un lieu de débauche destiné aux marins et aux soldats. Sex-shops, strip-clubs et maisons de passe ont encore leur place, mais le quartier fourmille aussi de bars, discothèques et clubs fournissant aux organisateurs une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ A écouter cette semaine : un oratorio commémoratif, un guitariste éclectique en mode orchestré, du blues empreint de spiritualité originaire d’Afrique du Sud…
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Sélection albums : Isabelle Aboulker, Raul Midon, Thabang Tabane…

A écouter cette semaine : un oratorio commémoratif, un guitariste éclectique en mode orchestré, du blues empreint de spiritualité originaire d’Afrique du Sud…



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 09h27
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 09h35
   





                        


Isabelle Aboulker L’Homme qui titubait dans la guerre Divers solistes, chœur Capriccio, Orchestre d’Harmonie de la Musique de la Police nationale, Jérôme Hilaire (direction)

   


A la différence des CD précédents, le 28e volume de la collection « Les musiciens et la Grande Guerre » ne rassemble pas des œuvres de compositeurs ayant vécu en 1914-1918, mais donne à entendre des partitions écrites dans le cadre de commémorations. Créé en 1998, L’Homme qui titubait dans la guerre constitue le principal numéro d’un programme qui compte aussi un écho pianistique de la bataille de Verdun (Françoise Choveaux) et une mélodie d’après Apollinaire (Vincent Bouchot). Un récitant, des solistes et, surtout, un chœur d’enfants se relaient dans une prenante évocation du conflit, à partir de textes d’époque (Cendrars, Apollinaire, Céline). Finement écrite et remarquablement interprétée, la musique d’Isabelle Aboulker (née en 1938) s’avère authentique dans tous les registres. Cet oratorio – dont certaines parties sont aussi fournies en version uniquement instrumentale – pourrait devenir un bel outil pédagogique dans les collèges. Pierre Gervasoni
1 CD Hortus/Harmonia Mundi
Fons luminis Codex Las Huelgas Ensemble Gilles Binchois, Dominique Vellard (direction)

   


Avoir été tête de pont de la redécouverte de la musique médiévale pendant quarante ans n’a rien altéré de la belle jeunesse de l’Ensemble Gilles Binchois, qui propose, avec ce 47e album, une vision renouvelée du Codex Las Huelgas, vaste anthologie fondatrice des répertoires de l’Ecole Notre-Dame du XIIe au XIVe siècle, dont il exhume des pièces encore inédites. Voix dressées comme des piliers de cathédrale, déliées à l’instar des ornementations de chapiteaux, les huit chanteurs de Dominique Vellard éclairent d’une lumineuse spiritualité, à la fois charnelle et austère, la richesse polyphonique de ces conduits, motets, organum et pièces liturgiques si bellement captés dans la basilique de la Madeleine, à Vézelay (Yonne). Marie-Aude Roux
1 CD Evidence
Raul Midon If You Really Want Metropole Orkest, Vince Mendoza (direction)

   


Compositeur, chef d’orchestre et arrangeur régulièrement sollicité par les vedettes de la pop (Björk, Joni Mitchell, Robbie Williams, Sting, Elvis Costello…) et du jazz (Diana Krall, Al Jarreau, Joe Zawinul, Randy Brecker, Gregory Porter…), Vince Mendoza collabore souvent avec de grandes formations, dont le Metropole Orkest néerlandais. C’est à la tête de l’ensemble dans sa version avec section de cordes et big band de jazz qu’il intervient – ainsi que pour une partie des arrangements – dans ce disque du chanteur et guitariste américain Raul Midon. La voix de caresse de Raul Midon, qui n’est pas sans évoquer par moments celle d’Al Jarreau ou de Stevie Wonder, est ici en parfait accompagnement. Que cela soit, là où il est le plus convaincant, sur des virées un rien funky (Pick Somebody Up) ou des élans afro-cubains (Sunshine (I Can Fly)) et ses échanges entre des phrases de guitare et la section de vents. Et même s’il se révèle plus convenu sur des thèmes en ambiance bossa et des ballades pop crémeuses, Raul Midon transmet avant tout émotion et chaleur. Sylvain Siclier
1 CD Mack Avenue/PIAS

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          « Piano & A Microphone 1983 », dans l’intimité de Prince



Barre Phillips End to End

   


Contrebassiste et compositeur, Barre Phillips est né à San Francisco, le 27 octobre 1934. Il publie chez ECM le troisième album en solo de sa vie : End to End. Exercice spirituel dont il a été le pionnier. Silhouette de danseur, sérénité de yogi et sourire d’ange, Barre s’est fiancé avec le siècle, pour le meilleur : le son, le geste, la grâce, la basse dans tous ses états, une maîtrise de l’archet hors pair, un rôle que seul peut assumer un musicien de jazz. Même si Barre Phillips, élevé dans le dixieland et les études classiques, est net là-dessus : « Je ne voulais pas être jazzman, mais c’était bien sympa de gagner de l’argent dans les fêtes. » Il sera donc inventeur de formes (avec Ornette Coleman, Albert Ayler, Stu Martin…), pourvoyeur en tout genre (théâtre, danse) et metteur au point. Le chant magique en treize poèmes sonores d’End to End, vient d’un duo secret : le styliste de l’instant et le sorcier d’ECM (Manfred Eicher, contrebassiste lui-même) qui a procédé à la construction de l’ensemble. Pour finir en beauté. Francis Marmande
1 CD ECM/Universal Music
Thabang Tabane Matjale

   


Une fièvre troublante court tout du long du premier album de ce chanteur et percussionniste originaire de Mamelodi, le ghetto noir proche de Pretoria (Afrique du Sud) d’où est issu également le chanteur Vusi Mahlasela, l’un des grands noms de la chanson sud-africaine. Thabang Tabane est le fils du chanteur et guitariste de jazz Philip Tabane (décédé en mai 2018, à l’âge de 84 ans), considéré comme le créateur du style malombo, au début des années 1960. Un genre de blues empreint de spiritualité, que Thabang Tabane réinvente. Il martèle la peau de ses tambours, agite ses hochets, sème un chant agité d’incantations et de plaintes haletantes. Avec le soutien d’un collègue percussionniste, d’une basse et du guitariste Sibusile Xaba qui, entre quelques envolées mélodiques, joue un ostinato obsédant, suscitant un insolite effet de transe. Tous les deux n’en sont pas à leur première collaboration. Tabane intervenait sur Open Letter to Adoniah, l’un des deux disques de Sibusile Xaba réunis en un superbe double album, sorti l’année dernière sur le même label. Patrick Labesse
1 CD Mushroom Hour Half Hour/Modulor



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Les mirifiques installations de « Danse connectée » dominent la Biennale de la danse, qui se tient jusqu’au 30 septembre.
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A Lyon, la réalité virtuelle prend le pouvoir

Les mirifiques installations de « Danse connectée » dominent la Biennale de la danse, qui se tient jusqu’au 30 septembre.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 08h09
    |

                            Rosita Boisseau (Lyon)








                        



                                


                            

Elle donne tout, Cris Blanco. Elle met tout sur la table, ne dissimule rien, révèle sa recette avant même de commencer à battre les œufs. Et, curieusement, son omelette, débordante d’ingrédients les plus hétéro­clites, reste surprenante, d’une ­intense bizarrerie, servie à la bonne franquette, directement sur les genoux du spectateur.
Cette performance en solo, à l’affiche de la Biennale de la danse de Lyon, s’intitule El Agitador ­Vortex. Et, question vortex, Cris Blanco, vraie tornade, en connaît un rayon ! Caméra au poing, elle trace d’un bout du plateau, très encombré, à l’autre, surfe entre les lampes, dresse les décors ­miniatures, déroule des écrans, branche le ventilo, pose devant des photos et filme tout en direct. Le scénario est abracadabrant, mais Cris Blanco, actrice principale, productrice, régisseuse, technicienne, costumière, devant et derrière la caméra, ne lâche pas le morceau. Les réglages de la réalisation manquent d’huile, mais tant pis, c’est la vie, ça frotte et ça coince, mais ça finit par rouler. Danseuse tout-terrain, Cris Blanco déménage, au sens strict, et séduit par sa sincérité.

Cet artisanat de la danse, terriblement humain entre les mains de la chorégraphe espagnole, se situe aux antipodes des mirifiques installations en réalité virtuelle (VR) du programme Danse ­connectée, en vedette à la Biennale. Enchaîner Fugue VR, de Yoann Bourgeois et Michel Reilhac, et VR_I, de Gilles Jobin et Artanim, en fait voir de toutes les couleurs. La première met en scène une virée SF dont les héros semblent de lointains cousins de ceux de La Guerre des étoiles. L’inversion de l’espace – on flotte dans un monde où le sol a disparu – provoque un vertige incessant. L’impact mordant des images et la proximité des personnages poussent à participer à l’action au risque de… chuter dans l’escalier.
Sensations insolites
Plus colorée, tout aussi déstabi­lisante, la création...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le grand résistant a déjà donné le meilleur au Centre Pompidou à Paris, puis aux Abattoirs de Toulouse.
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Les dernières reliques de Daniel Cordier en vente chez Sotheby’s

Le grand résistant a déjà donné le meilleur au Centre Pompidou à Paris, puis aux Abattoirs de Toulouse.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 07h48
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 10h12
    |

                            Roxana Azimi








                        



   


Sotheby’s disperse le 27 septembre à Paris la collection de Daniel Cordier. Ou plutôt ce qui en reste. Le grand résistant, aujourd’hui nonagénaire, élevé en juin au grade de grand-croix de la Légion d’honneur, a déjà donné le meilleur au Centre Pompidou, à Paris, puis aux Abattoirs de Toulouse. Il a aussi régulièrement vendu des œuvres aux enchères, anonymement. Pour autant, ces dernières reliques – 164 au total – ne sont pas des fonds de tiroirs. Ce sont les derniers trésors de guerre d’un homme qui s’est consacré, soixante ans durant, à l’art et à l’histoire.

        Lire la critique :
         

          Spoerri-Cordier, deux brocanteurs aux Abattoirs



C’est au grand résistant Jean Moulin, dont il fut le secrétaire, qu’il doit ses premiers pas dans l’art. « Il me parlait de Picasso, Braque, Matisse, nous avait-il dit voilà quelques années. Après la guerre, je suis allé dans les musées dont il m’avait parlé. C’est au Prado que j’ai compris tout d’un coup ce qu’il me racontait. J’ai découvert des œuvres qui vous procurent un plaisir solitaire et absolu, le contraire de l’amour. L’amour est un plaisir qui vous échappe par tous les côtés, alors que les œuvres sont là à jamais. Tant pis pour elles, tant mieux pour moi. »
Dans ses goûts comme dans sa vie, Cordier reste « buissonnier », paradoxal, rétif aux modes
Après avoir démissionné en 1946 des services secrets, nanti d’un petit pécule versé à ­Londres et d’un héritage, Cordier se met à collectionner fébrilement, une aquarelle de Michaux dès l’été 1945, puis Hartung et Nicolas de Staël. Le bas de laine fond rapidement dans les tableaux. A sec, il ouvre une galerie en 1956, avant d’essaimer à Francfort et à New York. Dans ses goûts comme dans sa vie, Cordier reste « buissonnier », paradoxal, rétif aux modes. Il expose avec autant de passion la peinture viscérale de Dado que l’épure de Jean Dewasne. Soutenue par le collectionneur Elie de Rothschild, son aventure commerciale sera brève, mais fracassante. Car Cordier est moins marchand qu’agitateur d’idées. En fermant son enseigne en pleine crise, en 1964, il envoie au monde de l’art une lettre d’adieu au vitriol, torpillant la spéculation, l’emprise de l’Etat et la frilosité des collectionneurs français.
Des estimations basses et incitatives
Jusqu’en 1977, Cordier sera marchand en chambre, constituant une vingtaine de collections privées tout en travaillant à la biographie de Jean Moulin, dont il publie les premiers tomes en 1989. La même année, il donne l’essentiel de sa collection au Centre Pompidou.

        Lire le récit sur Daniel Cordier :
         

          De Jean Moulin à la jeunesse d’aujourd’hui, la leçon de vie d’un homme libre



La vente chez Sotheby’s offre un florilège des créateurs hors norme qu’il a défendus. A commencer par Dado. De cet artiste monténégrin, si peu doué pour le bonheur qu’il faisait saigner la peinture avec ses magmas de chairs en lambeaux et de personnages hybrides, Cordier dira : « Il semble que la misère humaine se soit réfugiée dans ses bras et transforme cet homme frêle aux allures d’adolescent en prophète colossal de la pitié et de l’horreur. » Une description qui colle aussi au Français Bernard Réquichot, suicidé en 1961 à 32 ans, et dont la vente propose des agglomérats luxuriants de peinture et d’objets divers.
Autres ­pépites, les congrégations de l’Américain Alfonso Ossorio, qui rappellent celles réalisées plus tard par Mike Kelley. Les estimations sont volontairement basses et incitatives, de l’ordre de 5 000 à 20 000 euros pour Dado, ­500 à 700 euros pour sa compagne Hessie, 1 000 à 2 000 euros pour les fulgurances d’Eugène Gabritschevsky. « Rien n’est à son prix, abonde Olivier Fau, spécialiste de Sotheby’s. A 98 ans, on ne cherche pas à gagner de l’argent ».
Sur le Web : www.sothebys.com/fr/auctions/2018/cordier-pf1855.html?locale=en



                            


                        

                        


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« Guyane » : les Wayana, l’or et les trafiquants

La deuxième saison de la série créée par Fabien Nury s’enrichit de nouveaux enjeux, notamment la pollution qui frappe les Amérindiens.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 07h00
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


Canal+, lundi 24 septembre à 21 h 10, série
Cette série d’aventures se déploie au cœur de la forêt amazonienne, là où les frontières entre Guyane française, Brésil et Suriname n’existent que virtuellement, seulement dessinées sur des cartes géographiques. Sur ce petit bout d’Amérique du Sud possédé par la France se démènent notamment deux êtres avides d’or, découverts dans la saison 1 de Guyane.
Le premier, Antoine Serra, ancien parachutiste, s’est installé là depuis longtemps et s’apparente peu ou prou, à l’échelle de la région, à un magnat de l’orpaillage. Il détient l’hôtel de Saint-Elias, où les garimpeiros viennent dépenser leurs grammes d’or en filles et en alcool, et il survit grâce à sa fine connaissance des différents trafics sur le territoire, notamment ceux du cartel brésilien, sur l’autre rive du fleuve Oyapock.
Lui aussi avide d’action et de richesse, Vincent Ogier, pour sa part, est arrivé en Guyane comme stagiaire de l’Ecole des mines, en début de saison 1 ; mais, vite tombé dans les pas d’Antoine Serra, il n’a eu de cesse de devenir son partenaire, ne craignant en rien de sortir de la légalité et de partir à la recherche d’une ancienne mine abandonnée, devenue légendaire en Guyane, dénommée « Sarah Bernhardt ».
« La chiasse de la forêt »
Lorsque s’ouvre cette saison 2 de Guyane, Vincent Ogier entraîne Antoine Serra en forêt et lui fait part de sa découverte : non seulement il a enfin retrouvé Sarah Bernhardt, mais, au vu de ses premières analyses, la mine serait à même de produire l’équivalent de 300 millions d’euros…
Dans la saison 1, le créateur de Guyane, Fabien Nury, avait fait d’Antoine Serra un orpailleur conscient du désastre causé par l’extraction de l’or, mais indif­férent à ses conséquences. Montrant au jeune Vincent une boue mélangée de mercure tout autour d’eux, il lui avait expliqué : « Tu vois, ça, c’est la chiasse de la forêt. » Il en va autrement cette saison-ci : ses nouveaux scénaristes, Pierre Leccia (Mafiosa) et Didier Lacoste (L’Ecole du pouvoir), font merveille en l’enrichissant d’autres enjeux et en y mettant en scène la difficile résistance des Amérindiens Wayana, contaminés par le mercure et le cyanure de l’orpaillage. Ils jouent ici leur propre rôle.
Guyane, saison 2. Série créée par Fabien Nury. Avec Olivier Rabourdin, Mathieu Spinosi, Anne Suarez (France, 2018, 8 × 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…
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Classique, pop ou jazz : une semaine en musique

Chaque lundi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix de concerts, de festivals, de clips…



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 06h47
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 07h25
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALEDe Purcell à Radio Elvis, du jazz à la pop expérimentale, tous les goûts sont dans la sélection musicale de cette semaine.
UN OPÉRA : « Didon et Enée », de Purcell, au Théâtre de l’Athénée, à Paris, du 25 au 30 septembre

   


Les amours fulgurantes et tragiques de la reine de Carthage, Didon, continuent d’émouvoir par-delà les siècles. Il faut dire que Purcell a doté son opéra Dido & Aeneas de l’un des plus beaux lamentos de l’histoire de la musique (When I Am Laid in Earth). Nul doute que le beau soprano de Chantal Santon Jeffery nous arrache des larmes. Mais il faudra aussi compter dans cette production de la compagnie L’Arcal, avec le bel Enée de Yoann Dubruque, Daphné Touchais, Chloé de Backer, l’excellent Jeune Chœur de Paris et l’Ensemble Diderot, sous la direction chambriste de Johannes Pramsohler. Le metteur en scène Benoît Bénichou a choisi de revenir aux sources virgiliennes de L’Énéide, et complète l’opéra d’un prologue s’inspirant de celui (perdu) du livret original. Marie-Aude Roux
Théâtre de l’Athénée, square de l’Opéra Louis-Jouvet, 7 rue Boudreau, Paris 9e. Du 25 au 30 septembre. Tél. : 01-53-05-19-19. De 18 € à 48 €.
UNE VIDÉO : « Ces garçons-là », par Radio Elvis 

Victoire de la musique 2017 dans la catégorie album révélation, le groupe Radio Elvis prépare aujourd’hui de nouvelles « conquêtes ». Leur deuxième album, attendu pour le 9 novembre chez PIAS, s’ouvrirait à la scène rock new-yorkaise, plus particulièrement les Talking Heads. Le trio parisien dévoilait cet été Ces garçons-là, premier single qui donne aussi son titre à l’album. Une balade tranquille en apparence, virant progressivement à la cavalcade vibrante, emportée par un final aux cordes tourbillonnantes dans la veine d’Arcade Fire.
« Ces garçons-là savaient y faire, moi je n’avais pas mon mot à dire », chante Pierre Guénard sur ce titre où il évoque ses souvenirs d’adolescence, ceux d’un garçon ordinaire complexé par d’autres plus virils et charismatiques, notamment auprès de la gente féminine. Le vidéo-clip, réalisé par le cinéaste Morgan Simon, met en scène un jeune torero qui se prépare avant d’entrer dans l’arène. Le film transpose les paroles de la chanson dans l’univers ambigu de la corrida, à travers ce jeune homme tiraillé par les codes de la masculinité qui l’entourent, la pression familiale, et sa perte de l’enfance. « Le film ne juge pas la question de la tauromachie, raconte Morgan Simon. Il montre tout autant l’esthétisme et l’intensité de cet univers, qu’une forme de conquête inutile et absurde vécue de façon sensible. » Précisons qu’aucun taureau n’a été maltraité pendant le tournage. Franck Colombani
DEUX FESTIVALS : 
L’Ermi Jazz avec les artistes de Laborie Jazz, au Studio de L’Ermitage, à Paris, du 24 au 28 septembre

   


Fondé en 2006, la compagnie phonographique Laborie Jazz, installée à Limoges et dirigée par Jean-Michel Leygonie, a pour slogan sur son site Internet « L’émotion de la découverte ». Producteur de concert depuis 2017, le label présente régulièrement ses artistiques lors de festivals dans divers lieux. Ce sera le cas, au Studio de L’Ermitage, à Paris, de ce lundi 24 septembre au vendredi 28 septembre. Avec pour débuter dès 18 heures, le 24 septembre, la batteuse et compositrice Anne Paceo, dont Laborie Jazz a déjà publié cinq albums, puis la clarinettiste Elodie Pasquier, à 20 h 30, récemment arrivée au sein du catalogue.
Suivront des musiciennes et musiciens dont les nouveaux albums viennent d’être commercialisés : mardi 25, le trompettiste Itamar Borochov qui présentera Blue Nights (à 18 heures), la saxophoniste Silvia Ribeiro Ferreira pour Luziades (à 20 h 30) ; mercredi 26, le pianiste Lorenzo Naccarato pour son disque en trio Nova Rupta (à 18 heures et 20 h 30) ; exception aux nouveautés la chanteuse Leïla Martial précédera jeudi 27, à 18 heures, le guitariste Benjamin Bobenrieth avec Travels (à 20 h 30) ; enfin, vendredi 28, ce sera le quartette Festen pour Inside Stanley Kubrick, évocation du cinéaste et son univers (à 18 heures) puis le contrebassiste Cassius Lambert avec une grande partie de la formation de son album Symmetri. Sylvain Siclier
L’Ermi Jazz, Laborie Jazz au Studio de L’Ermitage, 8 rue de L’Ermitage, Paris 20e. Mo Ménilmontant, Jourdain, Gambetta. Tél. : 01-44-62-02-86. Du lundi 24 au vendredi 28 septembre. Concerts à 18 heures et à 20 h 30. 25 €, forfait 5 jours 80 €.
Rhino Jazz(s), dans 27 villes des départements de la Loire et du Rhône, du 4 au 27 octobre

   


Quarante ans de jazz(s) pour Rhino Jazz(s), avec ce « s » qui indique que depuis ses débuts, le festival en a présenté tous les possibles, du plus classique au plus expérimental. Festival itinérant, Rhino Jazz(s) prendra ses quartiers dans 27 villes, la plupart sur un axe qui relie Saint-Paul-en-Cornillon, au Sud-Ouest de Saint-Etienne à Villeurbanne, à l’Est de Lyon. Avec un début, du 4 au 6 octobre, à Saint-Etienne, pour un programme de concerts, l’un acoustique et l’autre symphonique consacré à David Bowie, supervisé par Daniel Yvinec, et une exposition (prévue jusqu’au 13). Le festival se terminera à Saint-Chamond, l’un de ses lieux d’origine, avec le trio Rhoda Scott (orgue), Christophe Monniot (saxophone) et Jeff Boudreaux (batterie), le 26 octobre puis une soirée blues le 27 avec Iku, Eric Bibb et Awek. de l’un à l’autre, sont annoncés notamment le clarinettiste Louis Sclavis, les pianistes Livio Minafra (le 11, à Rive-de-Gier, lieu fondateur du festival), Dave Burrell et Roberto Fonseca, les chanteuses Kimberose, Sarah McCoy, Mélissa Laveaux, le guitariste Norbert Galo… S. Si.
Rhino Jazz(s), dans 27 villes des départements de La Loire et du Rhône. Du jeudi 4 au samedi 27 octobre. De 8 € à 40 € ; forfait 10 concerts 99 €.
UN CONCERT : Babybird, au Petit-Bain, à Paris, le 28 septembre

Babybird ou l’histoire d’un vieux malentendu. L’Anglais Stephen Jones, drôle d’oiseau derrière Babybird, décrocha en 1996 un tube, You’re Gorgeous (4 millions d’exemplaires vendus dans le monde). Une balade au refrain sirupeux, dont les paroles évoquaient en réalité un photographe abusant d’un mannequin modèle. Ce succès inattendu desservit finalement le chanteur moins lisse qu’en apparence, auteur initialement d’une poignée d’albums bricolés seuls dans sa cave alors qu’il était au chômage, salués par la critique pour leur charme fauché et leur humour corrosif. Vingt ans plus tard, Stephen Jones cumule au bas mot une cinquantaine d’albums pop ou expérimentaux sortis sous différentes identités, diffusés via son site Internet. Très rare en France (son dernier passage parisien remonte à 1997), le crooner de Sheffield investira la salle sur pilotis du Petit-Bain, dans le cadre de sa tournée des retrouvailles Back Together Again. F. C.
Petit-Bain, 7 quai de la Gare, Paris 13e. Vendredi 28 septembre, avec Dick Turner en première partie. 15 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ A 76 ans, le chanteur a donné son ultime concert, samedi 22 septembre à New York, dans le quartier de son enfance.
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Les adieux splendides de Paul Simon

A 76 ans, le chanteur a donné son ultime concert, samedi 22 septembre à New York, dans le quartier de son enfance.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 18h08
    |

            Aureliano Tonet (New York, envoyé spécial)








                        



                                


                            

S’en aller le premier jour de l’automne, là où l’on a grandi ; jolie date, joli lieu pour des adieux. Ciel nuageux, tempé­rature douce : en ce 22 septembre, le temps est à l’entre-deux au Flushing Meadows-Corona Park, dans le quartier du Queens, à New York. Certains platanes tirent sur l’orange, d’autres s’accrochent encore au vert estival ; dans les allées, la foule oscille pareillement entre les âges. Pour un tiers des spectateurs au moins, le tout dernier concert de Paul Simon est aussi le premier. Car le musicien de 76 ans, longtemps rangé dans les rayonnages du « rock à papa », rencontre les suffrages d’une frange croissante de la jeunesse – à l’instar du sénateur Bernie Sanders, dont il est proche.
Alors, quand le maire de New York, Bill de Blasio, un démocrate plus modéré, s’empare du micro pour ouvrir les festivités, des huées s’élèvent dans le crépuscule. Elles retombent aussitôt que le ­héros du soir monte sur scène, blouson noir, chemise rouge, cheveux blancs, yeux embués. « Je suis parti chercher l’Amérique », fait la première chanson, America. Le public, qui les connaît par cœur, aide l’idole hésitante à retrouver les paroles. A la parution du morceau, en 1968, Simon les chantait avec Art Garfunkel. Ce soir, il n’aura pas un mot pour son ex-condisciple – il faudrait des pages pour retracer les accrochages et rabibochages du duo. D’autres souvenirs, moins amers, affleurent : « Ado, je jouais au base-ball à trois kilomètres d’ici, raconte-t-il à la foule, gorge serrée, comme un aïeul à ses enfants. J’avais 13 ans quand mon père m’a offert une guitare, il était musicien, m’a appris mes premiers accords… C’était à vingt-cinq minutes à vélo, par là-bas. »

Son doigt pointe au loin, par-delà l’immense globe métallique qui signe l’entrée de Flushing Meadows. Plus paisible que Central Park, ce jardin a été conçu pour l’Exposition universelle de 1939, sur d’anciens terrains vagues. Depuis, il a accueilli...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Françoise Nyssen a annoncé l’expérimentation, dès 2019, d’un bonus financier pour les films exemplaires.
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Un homme, une femme : bientôt la parité sur les plateaux de cinéma ?

Françoise Nyssen a annoncé l’expérimentation, dès 2019, d’un bonus financier pour les films exemplaires.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 13h47
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Qu’est-ce qu’un tournage paritaire ? En ­annonçant l’expérimentation, en 2019, d’un bonus de 15 % dans le cinéma pour les films dont les équipes seront « exemplaires » en matière d’égalité femmes-hommes, la ministre de la culture a lancé, jeudi 20 septembre, un vaste débat. Ce dispositif permettra de moduler à la hausse l’une des aides du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) – celle qui porte le nom de « soutien automatique » des producteurs, générée par les entrées en salle des précédents films produits, ainsi que par les diffusions à la télévision –, dès lors que les postes-clés dans une équipe de tournage et de postproduction seront tenus à parité par des femmes et des hommes.

Cette mesure, inédite dans le ­cinéma et dont les contours comme l’impact restent encore flous, est surtout politique et symbolique, près d’un an après l’affaire Weinstein, du nom du producteur accusé, en octobre 2017, de viols et d’agressions sexuelles par de nombreuses actrices et professionnelles du cinéma. Dans son discours, prononcé à l’issue des Assises de l’égalité femmes-hommes dans le cinéma, la ministre a déclaré vouloir « agir pour convertir le choc des consciences en choc des ­comportements. Agir pour passer de l’indignation à la révolution ».

Embaucher des femmes pour ­obtenir plus d’argent : la philosophie peut choquer. Mais la mesure est plus subversive qu’il n’y paraît : il s’agit en effet de conditionner l’accès aux fonds publics à des avancées concrètes sur le terrain de la parité. C’était l’une des propositions du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) dans son rapport, coréalisé par Anne Grumet et Stéphane Frimat, remis le 16 février à la ministre. Vendredi 21 septembre, le HCE s’est d’ailleurs réjoui de l’arrivée prochaine du bonus, qualifié d’« excellente nouvelle », tout en rappelant les inégalités actuelles : « Alors qu’elles représentent plus de la moitié (55 %) des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Après le succès d’« Antigone » au Festival d’Avignon, le metteur en scène japonais sublime la force poétique et le souffle du verbe de la Camerounaise Léonora Miano.
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Critique

A La Colline, Miyagi offre une cérémonie aux âmes errantes des victimes de l’esclavage

Après le succès d’« Antigone » au Festival d’Avignon, le metteur en scène japonais sublime la force poétique et le souffle du verbe de la Camerounaise Léonora Miano.

Par                                            Séverine Kodjo-Grandvaux




LE MONDE
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        Le 23.09.2018 à 18h30

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        Mis à jour le 23.09.2018 à 18h51






    
La mise en scène de « Révélation », de Léonora Miano, par Satoshi Miyagi, au Théâtre national de La Colline, à Paris.
Crédits : 


Faisant ses adieux à l’été, le temps s’est suspendu à Paris au-dessus de la colline du Mont-Louis, dans la soirée du 20 septembre. A quelques pas du cimetière du Père-Lachaise se jouait une partition « entre ciel et terre. Entre nuit et jour. Tout près de la blanche vallée des Ombres », où errent les « âmes réprouvées », celles qui ont commis l’irréparable, complices de l’un des plus abominables crimes contre l’humanité : la déportation vers les Amériques de ceux qui ont été réduits en esclavage. Une partition où les « âmes en peine » des victimes de ce cataclysme, qui s’abattit sur le berceau de l’humanité pendant plus de quatre siècles, appellent les « âmes à naître » à intercéder en leur faveur auprès d’Inyi, divinité première.

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                L’auteure franco-camerounaise Léonora Miano renoue les liens brisés



Elles ne réclament pas justice, mais elles demandent à connaître, que leur soient « révélées » les raisons qui ont poussé certains à vendre les leurs aux « étrangers venus par les eaux ». Les âmes à naître s’appellent Mayibuye – terme popularisé lors de la lutte contre l’apartheid par les militants de l’ANC, en Afrique du Sud, et qui signifie « que cela revienne ». Elles ont vocation, après s’être incarnées, à revenir se régénérer dans les eaux de l’océan primordial Mangamba, avant de retourner sur Terre. Mais, « voyant le chaos qui les attend là-bas dans le Pays », elles refusent d’accomplir leur devoir. Les forces qui ne doivent pas se croiser se rencontrent et risquent de provoquer la disparition de l’univers.
A travers cette tragédie abordant l’immuable et universelle question de nos choix et de nos actes, Léonora Miano aborde dans Révélation, premier temps de sa trilogie Red in Blue parue en 2015, la participation de certains Africains à la « traite négrière ». Termes que la native de Douala récuse. La dénomination « Afrique » est une création européenne et les Africains eux-mêmes ne se qualifiaient pas comme tels et ne se reconnaissaient pas comme Noirs au moment où ils étaient jetés dans les cales des bateaux de mort.
Humanité perdue
Grâce à l’entremise de Wajdi Mouawad, directeur du Théâtre national de La Colline où la pièce est créée jusqu’au 20 octobre, le souhait de l’écrivaine – lauréate, entre autres, du prix Goncourt des lycéens 2006 pour Contours du jour qui vient (Plon) et du prix Femina 2013 pour La Saison de l’ombre (Grasset) – est exaucé : Satoshi Miyagi signe une mise en scène éblouissante qui sublime la force poétique et le souffle du verbe de Léonora Miano. La puissance de l’esthétique du Japonais rencontre l’ampleur du mythe qu’a construit la Camerounaise.

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« La première chose qui m’a frappé, expliquait en mai Satoshi Miyagi, c’est à quel point la vision de la mort – ou ce qu’on pourrait appeler “le monde après la mort” – dans cette pièce est extrêmement proche de l’image que se font en général les Japonais de l’au-delà, ou plutôt de ce que devient l’âme après la mort. Pour eux, qui en ont toujours fait le sujet de leurs récits, les âmes des victimes de mort violente ou injuste ne peuvent rejoindre le paradis et restent bloquées dans notre monde où elles “flottent” jusqu’à ce qu’elles soient soulagées de leur rancœur, de leur ressentiment ou de leur peine. » 

    
Pour sa mise en scène de « Révélation », de Léonora Miano, Satoshi Miyagi dessine une chorégraphie savante sur une musique tout en puissance et en délicatesse, tambours et clochettes.
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Miyagi démultiplie les voix et les personnages. Tout comme Miano, il se joue des assignations, des genres et des « races ». Celui qui faisait en 2017 l’ouverture du 71e Festival d’Avignon avec une incroyable Antigone, dans la Cour d’honneur du Palais des papes, dessine une chorégraphie savante sur une musique tout en puissance et en délicatesse, tambours et clochettes. Il rend ainsi hommage et offre une cérémonie à la « légion d’Ubuntu », allégorie de cette humanité perdue, de ces hommes et ces femmes morts les fers aux pieds, dont on a effacé de nos souvenirs les noms et les visages, corps avilis à qui l’on a refusé toute dignité et sépulture, et dont on n’a toujours pas honoré la mémoire. Par la musique, Satoshi Miyagi souhaite, explique-t-il « que les comédiens s’adressent aux âmes des morts ».

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Le tout est magnifié par un jeu d’acteurs remarquable et des costumes à l’opposé d’un imaginaire « africain ». L’esthétique japonaise, en décentrant la lecture de cette pièce, extrait le récit de la traite et de l’esclavage de la confrontation entre Occident et Afrique, entre Blancs et Noirs, et nous plonge au sein d’une terrible et inhumaine histoire humaine. Elle nous oblige à nous confronter à ce qu’il peut y avoir de plus vil en nous, à nos erreurs et à nos égarements, à nos tromperies et à nos bassesses. Car il n’y a pas pire que celui qui refuse de regarder son passé en face et d’affronter son Histoire.
« Révélation – Red in Blue trilogie », de Léonora Miano, en japonais surtitré. Mise en scène : Satoshi Miyagi. Jusqu’au 20 octobre au Théâtre national de la Colline, 15 rue Malte-Brun, Paris 20e, 01-44-62-52-52.
Rencontre avec Léonora Miano et Satoshi Miyagi, le 3 octobre à 18 h 30 à la médiathèque Marguerite-Duras, 115 rue de Bagnolet, Paris 20e. Entrée libre sur réservation : 01-44-62-52-00.
Red in Blue trilogie, de Léonora Miano, L’Arche, 2015, 176 pages, 15 euros.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ La mémoire du paysagiste Pascal Cribier, mort en 2015, a été évoquée lors d’une déambulation amicale dans les jardins de Courances.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Accompagné par l’Orchestre national de France sous la direction d’Emmanuel Krivine, le prodige russe a donné une version magistrale du « Concerto n°1 », de Liszt.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Evgeny Kissin, un pianiste au sommet de son art

Accompagné par l’Orchestre national de France sous la direction d’Emmanuel Krivine, le prodige russe a donné une version magistrale du « Concerto n°1 », de Liszt.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 16h20
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 07h17
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



   


Le début de saison de l’Orchestre national de France affectionne décidément les pianistes. Après Bertrand Chamayou dans Saint-Saëns la semaine dernière à l’auditorium de Radio France, c’est au tour du géant russe, Evgeny Kissin, d’en découdre avec les musiciens d’Emmanuel Krivine, cette fois au Théâtre des Champs-Elysées à Paris. Le Concerto n°1, de Liszt, fait partie des chevaux de bataille de la grande épopée pianistique et Kissin est surarmé pour en survoler techniquement les péripéties, dès les péremptoires objurgations qui ouvrent le premier mouvement, « Allegro maestoso ».
Puissance, autorité, le Russe sait où il va. Chaque tressaillement sur son visage est une signalétique plus éloquente que les doigts qui déroulent sur le clavier un parcours d’une magnificence libre et naturelle. Bouche carnassière semblant mâcher la musique, clignements d’yeux convulsifs pour mieux intérioriser l’expression, grognements d’ours, le visage d’ogre-enfant de Kissin est un livre ouvert. Ce piano magnifiquement corsé et délié doit, hélas, héler l’orchestre. Certes, la clarinette solo sera bien au rendez-vous de l’élégie, mais il faudrait des musiciens davantage aux abois pour saisir au vol et suivre l’imagination d’un interprète-roi qui invente la musique au fur et à mesure, déployant une palette d’une profusion éblouissante, de l’impalpable au cri – ces raidissements de la musique sous des aigus claquant comme des fouets. La fin s’évanouira comme par magie.
Le long second mouvement, en quatre parties, compacte l’habituelle partie centrale lente et le « finale » virtuose et brillant. Kissin déploie dans la première une manière de spatialisation étrange, entre une mélodie au lyrisme très présent à la main droite tandis que l’accompagnement à la main gauche semble tapi dans un plan éloigné. Comme s’il pressentait sous l’élégie le drame qui peu à peu ramènera trois allegros de combat, après un trille homérique.
Des trésors de sensibilité
Monstre sacré dès son plus jeune âge, salué pour sa virtuosité légendaire, Evgeny Kissin a gardé, à presque 47 ans (le 10 octobre prochain), le regard et le maintien gauchi du gamin prodige qu’il fut. En témoignera un Tango dodécaphonique de sa composition proposé en bis. Une musique de gosse, qui fait le pied de nez et accentue les tournures rythmiques et mélodiques de la danse argentine, pour mieux les affubler de cocasse harmonies grises, comme délavées. Chopin et sa Valse op.64 n°1, dite « valse minute » ou « valse du petit chien » (un canidé poursuivant sa queue), permettra de remettre le concert à l’endroit, tandis que l’Etude op.2 n°1, de Scriabine, révèlera des trésors de sensibilité.
Ouvert par le poème symphonique Don Juan, de Richard Strauss, le concert se terminait avec la Symphonie n°1, de Brahms, compositeur dont le « National » a fait l’un des fils rouges de sa programmation. Mais le Brahms de Krivine ne veut pas Brahms, il l’évite. Menant bon train sans relâche, allégeant la texture, édulcorant le phrasé, refusant l’épanchement, le chef d’orchestre français fait fi des usages – ce que nul ne songera à lui reprocher. Mais comment justifier un tel refus du lyrisme, un tel corsetage du phrasé, un tel acharnement à la désincarnation ? Absence de tension malgré des accentuations souvent dures, volonté d’un flux inextinguible, obsession de la pulsation contre la respiration, il y a dans ce Brahms quelque chose de punitif, comme si Krivine, prenant fait et cause pour le supplice de Tantale prenait plaisir à nous dérober la volupté de la musique pour en extraire le distillat, au risque de l’ersatz.
L’obsession de l’« en marche » chez Krivine balaie tout rapport à la codification structurelle. Ainsi ce troisième mouvement pris dans une urgence qui arase les arêtes de la forme musicale, provoquant un tout organique, presque monstrueux. Force est alors de reconnaître que ce diable de Krivine, par l’entêtement de sa vision ensauvagée, malgré de menus mais récurrents problèmes de mise en place, n’est pas sans exercer une séduction, voire un certain magnétisme.
Prochains concerts : Moussorgski, Rachmaninov, Dvorak, avec Nikolai Lugansky (piano), l’Orchestre national de France, Emmanuel Krivine (direction). Les 17 et 18 octobre à 20 heures, à la Maison de la Radio – Auditorium de Radio France, Paris 16e. Tél. : 01-56-40-15-16. De 10 € à 65 €. maisondelaradio.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Le centenaire de la mort du grand compositeur français aurait dû être l’occasion d’un hommage à la mesure de son génie. Ce à quoi ne réussit pas Marie Guilloux.
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C’est Debussy qu’on assassine…

Le centenaire de la mort du grand compositeur français aurait dû être l’occasion d’un hommage à la mesure de son génie. Ce à quoi ne réussit pas Marie Guilloux.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 15h30
    |

            Renaud Machart








                        



   


Arte, dimanche 23 septembre à 23 h 25, documentaire
On s’était réjoui de voir Arte diffuser récemment un documentaire de haut vol consacré au compositeur et chef d’orchestre Leonard Bernstein, à l’occasion du centenaire de sa naissance : bravant la crainte de n’être pas accessible, l’auteur décidait, plutôt que de brasser rapidement et donc incomplètement la vie et l’œuvre de l’Américain, de les considérer sous un angle choisi.
Ce film sur Claude Debussy, dont on célèbre en 2018 le centenaire de la mort, fait l’inverse et tente de brosser un portrait général du musicien pour le grand public. Cela n’aurait rien d’indigne sur l’une des chaînes de France Télévisions ou dans le cadre d’une séance pédagogique pour les collèges. Mais pas sur Arte, dont l’exigence intellectuelle devrait être plus grande en matière de musique classique. Le documentaire Prélude à Debussy, de Marie Guilloux, y a d’autant moins sa place qu’il pèche par de nombreux lieux communs, approximations et lacunes.
La musique de Debussy est souvent comparée aux phénomènes de la nature : vent, pluie, brouillards, infinis renouvellements de l’océan. Ces associations sont devenues des clichés, voire des symptômes que d’aucuns moquèrent en parlant de « debussyte », une maladie qu’avaient contractée tant d’imitateurs de son style…
Lieux communs et ridicule
Le virus a atteint ce documentaire, qui accrédite encore plus ces lieux communs en incluant des images floues qui accompagnent les extraits sonores. Le comble du ridicule est atteint lorsque le pianiste Simon Ghraichy – auquel la réalisatrice Marie Guilloux a consacré par ailleurs un clip promotionnel – compare la musique de Debussy à un coussin confortable et même à « de petites plumes qui jaillissent »…
Certes, comme le dit le danseur et chorégraphe Nicolas Le Riche, Debussy est le musicien « de l’immatériel » ; certes, comme ajoute le chef d’orchestre Philippe Jordan, « plus on contrôle la musique de Debussy, plus elle vous échappe ». Mais elle exige une minutie dans les détails pour réaliser à la perfection ce « flou » si fascinant.
Cependant, Debussy n’est pas que sinuosité serpentine, effleurements d’accords capiteux et ronds dans l’eau. Sa dernière période (retour à l’ancien, épure des textures) est même tout l’inverse. Mais rien n’est vraiment dit sur cette évolution esthétique notable. On regrette que les interprètes interrogés n’apportent de lumière vraiment éclairante sur ces points. Pourquoi aucun compositeur – à part Boulez, dans de courts documents d’archives peu intéressants – n’a-t-il été interrogé ?
Les rapports de Debussy avec les arts plastiques sont à peine évoqués : sur ce sujet, le témoignage de Jean-Michel Nectoux, qui a signé un ouvrage essentiel, Harmonie en bleu et or. Debussy, la musique et les arts (Fayard, 2005), aurait été instructif. Puisqu’on évoque les livres à propos du compositeur, on conseillera aussi le singulier et plaisant Debussy à la plage, de Rémy Campos (Gallimard, 224 pages, 35 euros). Un ouvrage richement illustré qui aurait d’ailleurs pu fournir la matière d’un beau documentaire…
De sorte que ce décevant film (dans lequel Marie Guilloux cite des clips préexistants filmés par ses soins, comme la scène « Belle Epoque » avec l’excellente Julie Fuchs) n’apportera rien aux mélomanes et n’offrira qu’une information allusive et partielle quant au génie de celui qui inventa un monde sonore nouveau.
Prélude à Debussy, de Marie Guilloux (Fr., 2018, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Héroïsme, guerre, vérité, exil : quatre mots pour parcourir l’œuvre de cet écrivain qui ne cesse de creuser la mémoire espagnole. Plus intimement que jamais dans « Le Monarque des ombres ».
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Ombres et lumières de Javier Cercas

Héroïsme, guerre, vérité, exil : quatre mots pour parcourir l’œuvre de cet écrivain qui ne cesse de creuser la mémoire espagnole. Plus intimement que jamais dans « Le Monarque des ombres ».



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 09h00
    |

                            Ariane Singer (Collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            

Il s’appelait Manuel Mena et c’était le grand-oncle maternel de Javier ­Cercas. L’oncle chéri de sa mère Blanca. Phalangiste de la première heure, le jeune homme est mort à 19 ans sous l’uniforme franquiste, en 1938, lors de la bataille de l’Ebre, la plus vaste et la plus sanglante de la guerre civile espagnole (1936-1939). L’auteur de L’Imposteur (Actes Sud, 2015), sympathisant de gauche, a longtemps combattu son besoin d’écrire sur ce personnage, glorifié dans des récits familiaux qui le faisaient « rougir de honte ». Tiraillé entre la nécessité de partir sur les traces de ce passé, avant qu’elles ne disparaissent complètement, et la volonté de taire cette ascendance embarrassante, le romancier avait décidé d’interroger les derniers témoins ayant connu de près ou de loin ce parent, tout en réservant à ses seuls proches les éléments qu’il glanerait.
Mais le besoin de se confronter, par l’écriture, à ce qu’il nomme sa « responsabilité » dans les crimes éventuels de ses parents, en majorité franquistes, a été trop fort. « Nous avons tous un héritage dont on ne sait pas quoi faire. On peut en inventer un autre, l’édulcorer, ou l’affronter », affirme au « Monde des livres » le romancier, lors d’un récent passage à Paris. Des trois solutions, il a choisi la dernière. Après avoir reçu l’aval de sa mère, et après avoir trouvé un moyen de dépasser le strict cadre du récit familial en créant deux narrateurs – un « je » enquêtant sur ce passé, et un historien, nommé Javier Cercas, le reconstituant scrupuleusement –, l’écrivain a composé Le Monarque des ombres, splendide livre sur le passé collectif et individuel de l’Espagne, dont les thèmes font écho aux motifs récurrents dans son œuvre.
Héroïsme
Fasciste et demi-dieu : Manuel Mena est doublement encombrant. « Mon anti-modèle », précise le romancier. Dans Le Monarque des ombres, celui-ci interroge la figure d’Achille, auquel sa mère n’a cessé...




                        

                        


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« Elle a un amour profond pour ce pays » : Rihanna devient ambassadrice de la Barbade

Aujourd’hui âgée de 30 ans, la chanteuse vécut sur l’île des Petites Antilles jusqu’à l’âge de 16 ans, avant de commencer sa carrière internationale.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 12h51
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 13h52
   





                        



   


La chanteuse Rihanna a été officiellement nommée ambassadrice de la Barbade, son pays d’origine, par le gouvernement du petit Etat insulaire des Petites Antilles, chargée d’y favoriser le tourisme, l’éducation et les investissements.
Le gouvernement a annoncé dans un communiqué que Robyn Rihanna Fenty, de son nom complet, était nommée ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire, sans être affectée cependant dans un autre pays.
« Rihanna a un amour profond pour ce pays, qui se reflète dans sa philanthropie, en particulier dans les domaines de la santé et de l’éducation, a commenté la première ministre, Mia Amor Mottley. Elle montre aussi son patriotisme dans la manière dont elle redonne à son pays et continue à chérir l’île qui reste sa maison. »
Star internationale
Aujourd’hui âgée de 30 ans, Rihanna vécut à la Barbade jusqu’à l’âge de 16 ans, avant de commencer sa carrière internationale. Elle a depuis porté quatorze titres au sommet des ventes aux Etats-Unis. Seuls Mariah Carey, les Beatles et Elvis Presley avaient fait mieux.
« Tous les Barbadiens vont devoir jouer leur rôle dans le mouvement en cours, je suis prête et enthousiaste à l’idée d’assumer cette responsabilité, a déclaré la nouvelle ambassadrice. Je suis impatiente de travailler avec la première ministre Mottley et avec son équipe pour réimaginer la Barbade. »

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