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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Le philosophe André Comte-Sponville distingue plusieurs formes d’amour qui s’expriment en grec avec trois mots : « Eros », « philia » et « agapè ». Il participe à la « Nuit de l’amour et des idées » organisée par Le Monde Festival, le samedi 6 octobre.
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                André Comte-Sponville : « L’homme est un animal érotique »


Le philosophe André Comte-Sponville distingue plusieurs formes d’amour qui s’expriment en grec avec trois mots : « Eros », « philia » et « agapè ». Il participe à la « Nuit de l’amour et des idées » organisée par Le Monde Festival, le samedi 6 octobre.

LE MONDE
                 |                 24.09.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 16h52
                 |

André Comte-Sponville (Philosophe, auteur de Le Sexe ni la Mort. Trois essais sur l’amour et la sexualité (Albin Michel, 2012) et L’Inconsolable et...
















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Par André Comte-Sponville

   


Il y a plusieurs types d’amour, qu’on se plaît parfois à confondre et qu’il importe au contraire de distinguer. Il y a le rêve de la fusion et l’expérience du manque. Il y a la passion et l’amitié. Il y a l’amour qui prend et l’amour qui donne. Il y a « la grande souffrance du désir », comme dit Platon ; mais aussi sa puissance et sa joie, comme dit Spinoza. Il y a le sexe et le couple. Et puis il y a la charité, la très douce et très pure charité. Mais en sommes-nous capables ?
Tout cela peut se dire en grec, autour de trois mots, qui sont comme les trois noms de l’amour : Eros, philia, agapè. C’est ce qu’il faut essayer de comprendre – en français. Un matérialiste aura tendance à dire, avec Freud : primat du corps, donc primat, ici, de la sexualité. Mais qui pourrait s’en contenter ? Et qui ne voit que ceux que nous aimons le plus – nos enfants – sont justement ceux qui nous sont sexuellement interdits, voire inenvisageables ?

        Lire aussi :
         

                Le Monde Festival vous invite à la Nuit de l’amour et des idées



La sublimation, montre Freud, n’est pas le sentiment du sublime, mais le devenir-sublime du sentiment. C’est à quoi servent l’interdit et la transgression, lorsqu’elle est moralement acceptable (« elle maintient l’interdit pour en jouir », écrit Bataille). Primat du sexe, primauté de l’amour. Une éthique en découle, qui est aussi un art d’aimer : l’homme est un animal érotique. Les bêtes, qui font l’amour innocemment, ne savent pas ce qu’elles perdent.
André Compte-Sponville participe à la « nuit de l’amour et des idées » organisée par Le Monde Festival, le samedi 6 octobre. Conçue par Nicolas Truong, responsable de la rubrique « Débats » au Monde, la nuit est coanimée avec Audrey Fournier, de La Matinale du Monde. Elle débutera à 22 heures, jusqu’à 6 heures le lendemain, au Théâtre des Bouffes du Nord.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Océan, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouver la programmation du festival et acheter vos billets.
Revoir les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




                                                Par                        André Comte-Sponville (Philosophe, auteur de Le Sexe ni la Mort. Trois essais sur l’amour et la sexualité (Albin Michel, 2012) et L’Inconsolable et...













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Les nouveaux droits de douane américains portant sur 200 milliards d’importations chinoises sont entrés en vigueur lundi.
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Commerce : inquiétude et débats en Chine sur la réponse à apporter à Donald Trump

Les nouveaux droits de douane américains portant sur 200 milliards d’importations chinoises sont entrés en vigueur lundi.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 16h37
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

Au départ, les Chinois considéraient plutôt Donald Trump d’un bon œil. Contrairement à sa rivale Hillary Clinton, il ne risquait pas de leur administrer une leçon sur les droits de l’homme. Surtout, le repli sur soi de l’Amérique laissait carte blanche à la Chine pour dérouler ses nouvelles Routes de la soie et permettait au président Xi Jinping d’être accueilli en sauveur de la planète libérale au Forum économique mondial de Davos (Suisse), en janvier 2017.
Lorsqu’en mars 2018, le président américain impose des taxes à l’importation sur l’aluminium et l’acier, les Chinois veulent n’y voir qu’une foucade électoraliste avant les élections de mi-mandat, le 6 novembre. A présent, l’incompréhension et l’inquiétude n’en sont que plus grandes en Chine.

C’est sans doute Jack Ma, le patron d’Alibaba, qui exprime le mieux le désarroi des dirigeants chinois. « Ça va durer longtemps, peut-être 20 ans. Ça va être la pagaille », a-t-il déclaré, mercredi 19 septembre, devant un parterre d’investisseurs, avant de faire deux annonces : il renonce à créer un million d’emplois aux Etats-Unis comme il s’y était engagé auprès de Donald Trump ­début 2017, et Alibaba va se lancer dans un nouveau métier, les semi-conducteurs. Un secteur stratégique pour toute l’électronique, qui fait figure de talon d’Achille chinois depuis les déboires essuyés par le leader ZTE, foudroyé en plein vol par M. Trump.
« Un nouveau type de guerre »
Désireux de ne pas perdre la face, les dirigeants chinois multiplient les déclarations rassérénantes sur la santé de leur économie
Face à lui, les Chinois tentent de répondre sur plusieurs registres. Le président américain impose, à partir du 24 septembre, des droits de douane sur 200 milliards d’importations chinoises ? La Chine taxe, à cette même date, 60 milliards d’importations américaines, tout en rassurant ses autres partenaires. Le 19 septembre, devant le Forum économique mondial de Tianjin, Li Keqiang, le premier...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Le groupe américain achète Sky pour 33 milliards d’euros, battant Disney et Rupert Murdoch aux enchères.
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Comcast s’offre le leader européen de la TV à péage

Le groupe américain achète Sky pour 33 milliards d’euros, battant Disney et Rupert Murdoch aux enchères.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h12
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Une fois n’est pas coutume, Rupert Murdoch n’a pas remporté la mise. A 87 ans, le vieux baron des médias australo-américain s’est fait doubler samedi 22 septembre. L’américain Comcast, propriétaire de NBCUniversal, l’a battu dans sa bataille pour prendre le contrôle de Sky, la première télévision à péage d’Europe, l’achetant pour 30 milliards de livres sterling (33,4 milliards d’euros).

Le groupe américain des télécoms, qui est actuellement presque intégralement tourné vers les Etats-Unis, prend ainsi possession d’une pépite. Créé en 1989, Sky domine la télévision à péage au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne, avec 23 millions de clients. Lancé à ses débuts sur une offre basée sur le football et les films, comme Canal+ en France, le groupe a su ne pas se faire prendre à contre-pied par la révolution d’Internet. « En plus de ses programmes, il a créé une entreprise de télécoms, là où d’autres télévisions à péage ont été dépassées », note Alice Enders, d’Enders Analysis, une société de consultants. Aujourd’hui, outre sa traditionnelle télévision par satellite, Sky propose de l’Internet haut débit, du téléphone fixe et portable. Quant à ses contenus, ils peuvent désormais se regarder sur de multiples écrans, y compris les smartphones. Le groupe demeure très rentable, n’ayant pour l’instant guère souffert de la concurrence des Netflix et autres géants du Web : en 2017, il a dégagé un bénéfice net d’un milliard de livres.
Pour Comcast, cette acquisition est stratégique. Le groupe américain est avant tout une entreprise de télécoms, vendant aux Etats-Unis des connections Internet et de la téléphonie sous la marque Xfinity. Il est moins présent sur les contenus, même s’il possède désormais les studios de cinéma Universal (dont les parcs d’attraction) et les chaînes de télévision NBC, NBC News, CNBC… Ses 29 millions de clients se trouvent à 91 % aux Etats-Unis. Sky et Comcast sont donc très complémentaires.
Comme une série télé
Le...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-4">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans cette chronique, le chef économiste de la banque Natixis Patrick Artus explique pourquoi l’attraction des capitaux internationaux par les Etats-Unis est un problème pour les pays émergents à déficit extérieur structurel, mais aussi pour la croissance mondiale.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« L’épargne mondiale finance une bulle sur les actions américaines »

Dans cette chronique, le chef économiste de la banque Natixis Patrick Artus explique pourquoi l’attraction des capitaux internationaux par les Etats-Unis est un problème pour les pays émergents à déficit extérieur structurel, mais aussi pour la croissance mondiale.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h00
    |

Patrick Artus (Chef économiste de la banque Natixis)







                        



                                


                            
Marchés. Depuis le début du deuxième trimestre 2018, les capitaux internationaux sortent des pays émergents et se dirigent vers les Etats-Unis, comme on l’avait vu dans le passé en 2011, et de 2013 au début de 2016.
Selon les données publiées par la société d’études financières EPFR, qui sans être exhaustives sont significatives, les Etats-Unis reçoivent chaque semaine, depuis avril 2018, en moyenne 6 milliards de dollars de capitaux en actions et 3 milliards en obligations. Et ce, alors que la zone euro voit sortir 2 milliards de dollars en actions et 1 milliard en obligations, et les pays émergents 2 milliards en actions et 2 milliards en obligations. Seule la Chine échappe à cette tendance, car elle applique un strict contrôle des mouvements de capitaux.
La baisse du taux d’imposition des profits, décidée par le président Trump, a fait bondir de 24 %, en 2018, les bénéfices par action des entreprises
Le débat récent sur les causes de ce phénomène s’est focalisé sur la politique monétaire des Etats-Unis : la hausse déjà réalisée (2 %) et anticipée (à 3 %) des taux d’intérêt de la Réserve fédérale attire des capitaux vers l’Amérique au détriment des autres régions. Mais les chiffres cités plus haut montrent que la plus grosse partie de ces capitaux est aujourd’hui constituée d’actions.
C’est donc plutôt la très forte performance des marchés d’actions aux Etats-Unis qui les attire. La baisse du taux d’imposition des profits, décidée par le président Trump, a fait bondir de 24 %, en 2018, les bénéfices par action des entreprises. L’incitation à rapatrier les profits détenus à l’étranger par les entreprises américaines a conduit à de gigantesques rachats d’actions (1 000 milliards de dollars en 2018), qui ont poussé les cours à la hausse.
Fuite des capitaux
Que des capitaux sortent des régions connaissant de forts excédents extérieurs, comme la zone euro ou certains pays émergents (Corée, Malaisie, Russie, Philippines…) n’est...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Editorial. Le face-à-face qui a opposé le navire des ONG SOS Méditerranée et MSF aux gardes-côtes libyens marque peut-être la fin de sa mission.
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L’« Aquarius » dégradé de son pavillon ou le naufrage de l’Europe

Editorial. Le face-à-face qui a opposé le navire des ONG SOS Méditerranée et MSF aux gardes-côtes libyens marque peut-être la fin de sa mission.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 14h02
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Sombre dimanche 23 septembre pour l’Aquarius, le navire affrété par les organisations non gouvernementales SOS Méditerranée et Médecins sans frontières. Dernier bateau humanitaire patrouillant au large des côtes libyennes pour tenter de sauver des réfugiés ou migrants en détresse, l’Aquarius a déjà connu un périple éprouvant en juin, quand le nouveau gouvernement italien puis Malte ont refusé qu’il débarque dans leurs ports les centaines de rescapés qui étaient à son bord, avant que l’Espagne les accueille finalement.
Mais ce dimanche 23 septembre aura été plus sombre encore. L’on peut craindre qu’il ait sonné le glas de l’entreprise dont l’Aquarius est le symbole : assumer concrètement et courageusement le devoir humanitaire élémentaire de sauver des vies et de conduire dans des ports sûrs des hommes, des femmes ou des enfants prêts à tout pour échapper à l’enfer libyen où leur migration les a fait échouer. Rappelons aux indifférents que 1 700 personnes sont déjà mortes en Méditerranée centrale depuis le début de l’année.
Dégradation suprême
Avant le lever du jour, ce dimanche, c’est un face-à-face tendu, en pleine mer, qui a opposé les gardes-côtes libyens et le navire humanitaire. Ce dernier ayant repéré une embarcation en détresse et commencé le sauvetage des 47 personnes – pour la plupart des Libyens fuyant leur pays en plein chaos –, les gardes-côtes de Tripoli, menaçants, lui ont donné l’ordre de ne pas intervenir. S’ils ont finalement renoncé à empêcher ce sauvetage, ils ont clairement prévenu que la coopération précaire qui subsistait au large de la Libye est révolue.

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                A bord de l’« Aquarius », un accrochage sévère avec les gardes-côtes libyens



Ce long dimanche de septembre s’est terminé avec la dégradation suprême pour un capitaine : perdre son pavillon. Il y avait déjà eu un Aquarius 1 lâché par Gibraltar. Désormais c’est Panama qui refuse l’immatriculation de l’Aquarius 2. En lui retirant pour la deuxième fois son pavillon, on retire donc aux citoyens européens le droit de s’ériger contre une politique qui fait passer les intérêts nationaux ou continentaux avant la vie humaine.

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                Pourquoi le Panama veut retirer son pavillon à l’« Aquarius »



Le vent a tourné
Depuis son premier voyage, en février 2016, l’Aquarius a recueilli à son bord 29 523 personnes, rappelant sans cesse que chaque vie mérite d’être sauvée. L’Aquarius est aussi le précieux témoin du vécu des migrants. A son bord, les femmes africaines ont raconté les viols commis en Libye, les hommes ont montré les cicatrices des coups reçus dans les geôles.
Mais ce discours-là, ce devoir-là, cet honneur-là ne sont plus d’actualité. Le vent a tourné. Sous la pression d’opinions publiques chauffées à blanc par les discours xénophobes, l’Europe a chargé la Libye de jouer à nouveau le rôle de barrage aux migrants qu’elle assumait sans sourciller avant de basculer dans la guerre civile en 2011. Selon cette nouvelle « doctrine », la situation serait en voie de normalisation à Tripoli. Il serait donc normal de remettre les migrants entre les mains des autorités libyennes. Peu importe que, la semaine dernière encore, des règlements de comptes entre factions aient fait des dizaines, voire des centaines de morts à Tripoli. Peu importe qu’un sinistre marché aux esclaves y eût été filmé il y a quelques mois.
L’Aquarius était la mauvaise conscience de l’Europe, incapable de se mettre d’accord sur une stratégie collective pour faire face au drame humanitaire en Méditerranée. L’Aquarius empêché et désarmé, les responsables européens pourront mieux feindre d’oublier les indésirables qui se noient à proximité de leurs côtes. C’est indigne.

        Lire aussi :
         

                L’Union européenne mise sur l’Egypte pour réduire les départs de migrants






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Pourquoi les initiatives de l’UE pour remettre à plat le système et contraindre la Chine par le droit ne sont-elles pas intervenues plus tôt ? Résultat : la question se règle désormais à la Trump, c’est-à-dire par le rapport de force, explique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».
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Chine - Etats-Unis : « La guerre commerciale aura bien lieu »

Pourquoi les initiatives de l’UE pour remettre à plat le système et contraindre la Chine par le droit ne sont-elles pas intervenues plus tôt ? Résultat : la question se règle désormais à la Trump, c’est-à-dire par le rapport de force, explique Stéphane Lauer, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 10h21
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 14h03
    |

            Stéphane Lauer








                        



                                


                            

Chronique. Les guerres ont cette caractéristique que, jusqu’à la veille du déclenchement des hostilités, personne ne se rend à l’évidence de leur inéluctabilité. L’obstination, le cynisme et la bêtise se mêlent dans un cocktail nocif si bien décrit en 1935 par Jean Giraudoux dans La guerre de Troie n’aura pas lieu.
La guerre commerciale dans laquelle s’est lancé Donald Trump n’échappe pas à la règle. Voilà six mois qu’on nous explique que les menaces proférées par le président des Etats-Unis ne sont qu’une posture pour forcer ses « partenaires » commerciaux à négocier et que l’affrontement ultime sera finalement évité. 
« Dans la guerre, tout est simple, mais le plus simple est difficile », écrivait le Prussien Karl von Clausewitz dans son traité De la guerre. Concernant la Chine, les choses se compliquent sérieusement. Le point de non-retour est imminent et l’on ne voit pas bien ce qui pourrait enrayer la machine infernale mise en branle par M. Trump. Semaine après semaine, la surenchère entre les deux premières puissances mondiales prend de l’ampleur, les mesures de rétorsion des uns répondent aux sanctions des autres, le dialogue devient impossible.
Si l’on peut être dubitatif sur les reproches que M. Trump adresse à ses alliés, les critiques contre la Chine sont en grande partie justifiées
Washington vient de faire un pas de plus vers cette nouvelle version de la doctrine du « Big Stick », dans laquelle la taxation des importations a remplacé la canonnière. A ce jour, les Etats-Unis ont augmenté les droits de douane sur la moitié des biens venant de Chine. Pékin a répliqué, ce sera donc bientôt la totalité de ce qui transite vers les côtes américaines qui sera surtaxée.
Si l’on peut être dubitatif sur les reproches que M. Trump adresse à ses alliés européens, mexicains et canadiens à propos de leur manque de loyauté dans les échanges commerciaux, les critiques contre la Chine...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ La société est aujourd’hui en demande d’un travail dont l’objectif ne soit pas uniquement financier, mais porteur de progrès social ou environnemental, observe dans sa chronique la journaliste Annie Kahn.
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Comment les entreprises se transforment pour donner plus de sens au travail

La société est aujourd’hui en demande d’un travail dont l’objectif ne soit pas uniquement financier, mais porteur de progrès social ou environnemental, observe dans sa chronique la journaliste Annie Kahn.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 07h00
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            
Ma vie en boîte. Maximiser le profit pour les actionnaires devait être l’objectif unique de tout dirigeant qui se respecte pendant des décennies. Et pour être bien sûr qu’il en soit ainsi, la rémunération des PDG et autres cadres supérieurs a été indexée sur la hausse – ou la baisse – des résultats financiers et boursiers de l’entreprise, selon des formules plus ou moins sophistiquées.
De telles pratiques ont bien sûr eu des répercussions sur le mode de management. Avec, entre autres, la création de « boulots à la con », les bullshit jobs décrits par l’anthropologue David Graeber dans un livre récemment traduit (Bullshit jobs, éd. Les Liens qui libèrent, 404 pages, 25 euros). « Des millions de personnes souffrent aujourd’hui d’un terrible manque de sens, couplé à un sentiment d’inutilité sociale », expliquait son auteur au Monde, le 12 septembre.
Le balancier étant allé nettement trop loin, pas étonnant que les jeunes qui se lancent aujourd’hui sur le marché du travail cherchent un travail qui ait du « sens ». C’est-à-dire dont l’objectif ne soit pas seulement financier, mais aussi porteur de progrès social, sociétal et environnemental. De marginaux, ces jeunes sont devenus majoritaires, incitant les entreprises à présenter un meilleur visage.
Les écoles de commerce s’adaptent
Nombreux sont donc les groupes qui se sont lancés il y a quelques années dans des activités à impact social. Comme Danone, qui créait en 2007 Danone Communities, pour aider financièrement des entrepreneurs sociaux engagés dans la lutte contre la malnutrition et le développement de l’accès à l’eau potable. Ou Veolia, qui fondait l’année suivante une coentreprise avec la Grameen Bank, pour distribuer de l’eau potable au Bangladesh. Et même le fabricant de ciment LafargeHolcim, dont le nom évoque désormais davantage la mise en examen pour « financement d’une entreprise terroriste » que son programme de logements accessibles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Analyse. Si l’Allemagne d’aujourd’hui n’est pas celle de 1932, la montée de l’extrême droite pousse les observateurs à souligner l’analogie des situations. Avec un but : être attentif aux signaux pour ne pas répéter les erreurs du passé, explique le correspondant du « Monde » à Berlin, Thomas Wieder.
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En Allemagne, le spectre de la République de Weimar est de retour

Analyse. Si l’Allemagne d’aujourd’hui n’est pas celle de 1932, la montée de l’extrême droite pousse les observateurs à souligner l’analogie des situations. Avec un but : être attentif aux signaux pour ne pas répéter les erreurs du passé, explique le correspondant du « Monde » à Berlin, Thomas Wieder.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 16h45
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. Deux jours ont suffi pour que le Spiegel fasse le parallèle. « Bien sûr, l’histoire ne repasse pas les plats, mais quand des foules excitées d’extrême droite créent de l’agitation au cœur de l’Allemagne et que l’Etat de droit est dépassé par les événements, cela rappelle un peu la situation de la République de Weimar », écrivait l’hebdomadaire allemand dans son « briefing matinal », le 28 août, quarante-huit heures après les premières manifestations provoquées par la mort d’un Allemand poignardé à Chemnitz (Saxe), après une altercation avec des demandeurs d’asile.
Dix jours plus tard, le président de la République fit à son tour le rapprochement. Dans un discours prononcé à Berlin, le 7 septembre, Frank-Walter Steinmeier ne cita certes pas le mot « Weimar », cette petite ville de Thuringe où fut rédigée, en 1919, la Constitution de la première République allemande. Mais l’allusion au régime balayé quatorze ans plus tard par les nazis était transparente. « Ceux qui crient haut et fort qu’il faut “renverser le système” doivent se souvenir de ce à quoi conduisit le mépris pour la première démocratie qui a existé sur le sol allemand. Un pays avec une histoire comme la nôtre ne doit jamais l’oublier », déclara-t-il ce jour-là.
L’avertissement visait Alexander Gauland, coprésident du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD). Trois jours plus tôt, celui-ci avait appelé à une « révolution pacifique » contre « le système politique ».

Repris par plusieurs éditorialistes ainsi que par quelques autres responsables politiques, le parallèle avec Weimar n’a pas tardé à faire réagir les historiens. Ceux-ci, dans différentes tribunes ou émissions, n’ont pas manqué de pointer ce qui distingue l’Allemagne de 2018 de celle du début des années 1930.
Bien des éléments essentiels qui expliquent la chute de la République de Weimar sont absents aujourd’hui :...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-9">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Le gouvernement, qui examine lundi le projet de budget 2019, subit le contrecoup de ses choix, analyse l’éditorialiste au « Monde » Françoise Fressoz.
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Budget 2019 : le dur retour au réel pour Macron

Le gouvernement, qui examine lundi le projet de budget 2019, subit le contrecoup de ses choix, analyse l’éditorialiste au « Monde » Françoise Fressoz.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 08h19
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            

Chronique. Les chiffres valent parfois mieux qu’un long discours : s’il fallait trouver le résumé des difficultés rencontrées par le gouvernement en cette rentrée, il se trouve dans le projet de loi de finances pour 2019, le deuxième budget du quinquennat Macron. Fin du rêve annoncé pendant la campagne et retour au réel.
Ce que Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient connu durant la même période, Emmanuel Macron le vit aussi : tout est plus compliqué que ce qui avait été promis aux Français avant l’élection, puis mis en œuvre juste après. La croissance ? Avec un taux annoncé de 1,7 %, elle est plus faible que prévu, alors qu’à 2,8 % du PIB le déficit public est plus lourd qu’attendu. C’est le signe que le pari de départ a échoué : l’élection d’un jeune président pro-business n’a pas ramené comme par miracle la prospérité dans l’Hexagone.
En cette fin d’année 2018, la France souffre, comme beaucoup d’autres pays, d’un environnement international moins porteur, mais le gouvernement subit aussi le contrecoup de ses choix, comme le choc de la CSG, cette hausse de 1,7 point qui a frappé les retraités, dès le 1er janvier 2018, sans que la majoration soit immédiatement compensée par la suppression des cotisations chômage et maladie des salariés.
Au lieu du cercle vertueux attendu, la consommation a calé, et c’est pour tenter de la dégeler que l’exécutif est aujourd’hui obligé d’axer une grande partie de sa communication sur les gains de pouvoir d’achat escomptés l’an prochain : 6 milliards d’euros, affirme-t-il, en dépit de la hausse du prix du tabac et des carburants, et alors même qu’aucune mesure nouvelle n’est attendue pour les ménages. L’essentiel en 2019 est en effet réservé aux entreprises par le biais d’une nouvelle baisse du taux de l’impôt sur les sociétés et de la transformation du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en allégement de charges.
Les mesures répétitives sont perçues comme injustes
Or,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-10">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Bertrand Badie et Dominique Vidal ont fait le pari d’appréhender ce phénomène sur la longue durée et à travers le monde.
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Récurrence et mondialité du « populisme »

Bertrand Badie et Dominique Vidal ont fait le pari d’appréhender ce phénomène sur la longue durée et à travers le monde.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 08h51
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            

Livre. Le terme « populisme », du fait des usages inflationnistes dont il fait l’objet depuis plusieurs années, est devenu un obstacle à une analyse pertinente des transformations de la politique en Europe, aux Etats-Unis et en Amérique du Sud. Les responsables politiques et les médias ont pris l’habitude de classer dans la catégorie « populiste » tout courant où s’expriment des positions allant à l’encontre des partis politiques traditionnels qui ont gouverné en alternance ou en coalition.
Partant de ce constat, Bertrand Badie et Dominique Vidal ont choisi de ne pas définir, de ne pas « chosifier » le populisme. Leur pari d’appréhender ce phénomène sur la longue durée, et à travers le monde, s’est avéré payant. Il leur a permis d’identifier ce qui rend le populisme obsédant : sa récurrence.
En effet, de 1870 à nos jours, période que M. Badie qualifie justement d’« âge des mobilisations nationales », quatre vagues populistes se sont succédé : tout d’abord, de 1870 à 1900, avec l’émergence du mouvement russe des narodniki, du Parti du peuple aux Etats-Unis et du boulangisme en France ; puis, pendant l’entre-deux-guerres, en Amérique du Sud, sous la conduite de Victor Raul Haya de la Torre au Pérou, de José Maria Velasco Ibarra en Equateur et de Getulio Vargas au Brésil ; ensuite, au lendemain de la décolonisation, sous la houlette d’Ahmad Sukarno en Indonésie, de Gamal Abdel Nasser en Egypte et de Kwame Nkrumah au Ghana ; enfin, après 1968, alors que l’Union soviétique n’attire plus, dans les pas de leaders nationalistes, tel Jean-Marie Le Pen.
« Populisme liquide »
Appuyé sur des contributions de journalistes et de chercheurs, dont les historiens Guy Hermet et Marc Ferro, toujours aussi éclairants, l’ouvrage reprend à nouveaux frais la notion de populisme. Le sociologue Raphaël Liogier avance que, contrairement aux années 1930, où il se nourrissait de solides doctrines marxistes ou racialistes, le populisme...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-11">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ A quelques mois des élections européennes, un collectif d’universitaires appelle, dans une tribune au « Monde », à passer d’une Europe de la compétition à une Europe de la coopération.
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« Il est encore possible de réanimer l’Union européenne »

A quelques mois des élections européennes, un collectif d’universitaires appelle, dans une tribune au « Monde », à passer d’une Europe de la compétition à une Europe de la coopération.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 08h46
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
[Ce texte est le fruit d’une discussion collective, tenue dans le cadre du colloque « Revisiter les solidarités en Europe », qui s’est déroulé les 18 et 19 juin au Collège de France.]
Tribune. La construction européenne peut-elle encore échapper à la dislocation ? Depuis 2005 et l’échec du projet de traité constitutionnel, des craquements de plus en plus inquiétants s’y font entendre, sans que rien ne semble pouvoir tirer ses dirigeants de leur sommeil dogmatique.
Ni les désaveux électoraux répétés, ni la fracture économique entre pays de la zone euro, ni le renflouement par le contribuable de banquiers irresponsables, ni la descente de la Grèce aux enfers, ni l’incapacité à trouver une réponse commune aux flux migratoires, ni le Brexit, ni l’impuissance face aux diktats américains imposés au mépris des traités signés, ni la montée de la pauvreté, des inégalités, des nationalismes et de la xénophobie n’ont permis d’ouvrir à l’échelle de l’Union européenne (UE) un débat démocratique sur la crise profonde qu’elle traverse et les moyens de la surmonter.
Il est vrai qu’en l’absence d’espace public européen, la question des politiques de l’Union ne peut être débattue qu’au niveau des Etats membres. Or ce niveau national n’étant pas celui où ces politiques sont définies, on ne peut y débattre que du point de savoir si l’on doit la « supporter » telle qu’elle dysfonctionne, ou bien en sortir.
Albert Hirschman a montré que trois possibilités s’ouvrent aux membres d’une institution en crise ou en déclin : la prise de parole de ceux qui la critiquent pour la réformer (voice), la défection de ceux qui la quittent (exit) ou le loyalisme de ceux qui hésitent à la quitter ou la critiquer, même s’ils n’en sont pas satisfaits (loyalty). Les véritables organes dirigeants de l’Union européenne (Commission, Cour de justice, Conseil, Banque centrale) se trouvant hors de portée de voix électorale, les citoyens...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-12">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Alors que, sur terre, le cyclone Florence balaie tout sur son passage et déverse des litres d’eau, le phénomène vu de l’espace paraît d’une beauté surnaturelle. Un changement de focale qui efface l’homme pour magnifier la puissance ravageuse de Dame Nature.
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Cyclone Florence : photogénie d’une catastrophe

Alors que, sur terre, le cyclone Florence balaie tout sur son passage et déverse des litres d’eau, le phénomène vu de l’espace paraît d’une beauté surnaturelle. Un changement de focale qui efface l’homme pour magnifier la puissance ravageuse de Dame Nature.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 17h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

En images. Depuis quelques années, nous reconnaissons au premier regard ce tourbillon de nuages convergeant vers un cercle central, qui n’est pas sans évoquer la surface d’un café-crème. Un cyclone et son œil. En France, il a fait la « une » de Libération le 7 septembre 2017, lorsque l’ouragan Irma a dévasté les Antilles. Mais c’est surtout sur YouTube et les chaînes de télévision que cet œil froncé a frappé les esprits, montré en mouvement, au cœur d’ouragans historiques, accompagné de reportages de désolation.
L’astronaute allemand Alexander Gerst a pris le 12 septembre cette photo de l’œil de Florence, qui a ravagé la Floride et les deux Carolines, depuis la Station spatiale internationale. Il écrit ce jour-là sur son fil Twitter (1,22 million d’abonnés), où il l’a publiée : « Avez-vous jamais regardé d’en haut l’œil béant d’un ouragan de catégorie 4 ? Il est effrayant, même depuis l’espace. » Le même jour, il montre une vue d’ensemble de l’ouragan, prévenant : « Prends garde, Amérique ! L’ouragan Florence est si énorme que nous n’avons pu le photographier qu’avec un objectif super-grand-angle depuis la station spatiale, à 400 km de distance juste au-dessus de l’œil. Tenez-vous prêts, sur la Côte est, c’est un véritable cauchemar qui arrive sur vous. »
Taille de ce cauchemar éveillé : 804 km de diamètre, 30 à 60 km pour son œil – la zone de dépression circulaire au milieu, où les vents faiblissent. Car ­Florence est d’une puissance exceptionnelle, il a démarré au niveau 4 sur une échelle de force qui en compte 5. D’après la NASA, ses vents soufflaient à 220 km/h, il a creusé des vagues de 24 mètres et déversé 40 000 milliards de litres d’eau. Au même moment, le typhon Mangkhut, le plus puissant depuis le début de l’année, a saccagé les Philippines, faisant des dizaines de morts.
Représenter le dérèglement climatique
A ce jour, les scientifiques discutent encore de savoir si le réchauffement...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Pourquoi, malgré l’urgence environnementale, n’agissons-nous pas individuellement pour limiter les dégâts ? Une étrange « comptabilité morale » semble présider à nos choix contradictoires.
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La « comptabilité morale » ou le va-et-vient entre convictions éthiques et envies personnelles

Pourquoi, malgré l’urgence environnementale, n’agissons-nous pas individuellement pour limiter les dégâts ? Une étrange « comptabilité morale » semble présider à nos choix contradictoires.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 08h00
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Pour sauver la planète, nous devons trier nos déchets, préférer le bus à la voiture, manger moins de viande et plus de légumes bio… Nous le savons tous. Mais ceux qui, du militant écologique au ministre de l’environnement en passant par le climatologue, s’évertuent à convaincre chacun de changer de comportements le savent bien : la tâche s’apparente à celle de Sisyphe.
Pourquoi peine-t-on tant à accorder nos actes à nos convictions ? Psychologues, chercheurs en marketing et, depuis la vogue de l’économie comportementale, économistes, ont mis en évidence, à travers des expériences ou des études empiriques menées depuis le début des années 2000, que l’on est plus enclin à consommer un produit « mauvais pour la planète » si l’on fait simultanément un don à une « cause » environnementale – d’où la multiplication de telles propositions dans les rayons des supermarchés. Tout comme le conducteur d’une voiture hybride se permet de délaisser les transports en commun ou que le consommateur bio se paie de temps à autre un McDo…
« Bonnes » et « mauvaises » actions
Tout se passe comme si nous tenions plus ou moins consciemment une « comptabilité morale » tentant de garder un équilibre entre « bonnes » et « mauvaises » actions, entre convictions et envies. Au point que l’on détecte chez les consommateurs de produits bio une propension à mentir et à tricher plus élevée que la moyenne, et chez les conducteurs de voitures hybrides un plus grand nombre d’infractions au code de la route ! Au final, notent Sophie Clot, Gilles Grolleau et Lisette Ibanez, trois chercheurs du Centre d’économie environnementale de Montpellier qui ont répertorié, en 2014, les études dans ce domaine, le bilan de nos « bonnes actions » n’est pas toujours aussi positif que l’on pourrait le croire…
On est plus prêt à agir tout de suite de façon non éthique si on prévoit d’agir ensuite de façon éthique, et vice versa.
Les recherches les plus récentes affinent la connaissance de ce...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Les opposants aux cours d’éducation sexuelle dès la classe élémentaire multiplient les caricatures et les contre-vérités.
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L’éducation sexuelle à l’école suscite des amalgames

Les opposants aux cours d’éducation sexuelle dès la classe élémentaire multiplient les caricatures et les contre-vérités.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 18h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Rapport d’étonnement. Le 13 septembre, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale, a envoyé aux ­recteurs d’académie la circulaire mettant en place « trois séances d’éducation sexuelle et affective » par an, cela dès l’école élémentaire. Le texte précisait que, du CP au CM2, de 6 à 10 ans, « il ne s’agit pas d’une éducation explicite à la sexualité » mais d’enseigner « l’étude et le respect du corps », « la reproduction des êtres vivants » ou « l’égalité entre les filles et les garçons », puis, au lycée, de discuter « grossesses précoces non désirées, IST et VIH-sida, orientations sexuelles, respect de son corps et de celui de l’autre, (…) prévention des violences sexistes, etc. ». Néanmoins, les réactions des opposants à toute éducation sexuelle, les mêmes qui avaient réussi à faire annuler l’« ABCD de l’égalité » proposé en 2013 par la ­ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, méritent le détour. Satan serait entré à l’école !

Ainsi, la télévision évangéliste JesusChrist TV, qui émet en français, a prêché qu’il s’agit d’« inculquer la concupiscence et la lubricité dans l’esprit de nos enfants », dénonce de véritables « cours de porno », évoque des « pédo-satanistes ». Le site La Lumière du monde a popularisé la pétition contre « L’éducation sexuelle, une idéologie imposée à nos enfants », expliquant qu’elle est « imposée par l’Europe » et « vise la légalisation de la pédophilie ». Le site Info chrétienne a laissé entendre que cette circulaire était inspirée par un document de l’Organisation mondiale de la santé qui « recommande l’enseignement de la masturbation aux enfants de 4 ans ».
Déformations et caricatures
Quant au site Ecole et sexe, patronné par La Manif pour tous, il a lancé un appel dans lequel on peut lire : « Cette prétendue “éducation sexuelle”, véritable incitation...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-15">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Les croyances concernant l’avenir de sa propre situation économique influencent autant, sinon plus, l’opinion sur l’immigration que sa situation économique réelle, la faisant basculer vers l’extrême droite, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Hostilité aux immigrés et concurrence sociale » sont corrélées

Les croyances concernant l’avenir de sa propre situation économique influencent autant, sinon plus, l’opinion sur l’immigration que sa situation économique réelle, la faisant basculer vers l’extrême droite, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 11h50
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Recherches. Face à la montée de l’hostilité contre les migrants, les économistes ont su montrer que les arguments avancés par les partis d’extrême droite pour attirer les électeurs – « les immigrés prennent vos emplois et vos aides sociales » – ne tenaient pas la route : les migrants étant moins qualifiés, plus actifs et plus jeunes que l’ensemble de la population « indigène », ils contribuent à la hausse de la qualification (et donc des revenus) de cette dernière et sont « contributeurs nets » des systèmes sociaux.
Politologues et sociologues ont donc pris l’habitude d’aller chercher les causes du vote d’extrême droite dans le domaine de la culture et des « valeurs » (identité, religion) plus que dans la sphère socio-économique. Les partis nationalistes les ont d’ailleurs suivis dans cette voie…
Mais voilà que des recherches plus récentes remettent en selle l’idée que certains électeurs puissent voter pour l’extrême droite afin de défendre leurs intérêts matériels.
L’exemple autrichien
Charlotte Cavaillé (université de Georgetown, à Washington) et Jeremy Ferwerda (Dartmouth College, New Hampshire) ont saisi l’opportunité de la transposition, en 2005, dans le droit autrichien d’une directive européenne de 2000 sur « l’égalité raciale », imposant l’égalité d’accès des étrangers résidents aux programmes sociaux, pour voir comment le vote d’extrême droite avait évolué entre les élections législatives de 2002 et celles de 2006 dans les quartiers où, d’une part, le logement social est très présent et, d’autre part, le nombre d’immigrants avait fortement augmenté (« How Distributional Conflict Over Public Spending Drives Support for Anti-Immigrant Parties », à paraître).

Ils ont ainsi découvert que ces évolutions étaient bel et bien corrélées. La progression de l’extrême droite est encore plus forte (jusqu’à 50 % ou 60 %, contre 3,9 % en moyenne nationale) dans les quartiers où le marché du logement est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Un ancien hôtel, situé en bordure d’une base de loisirs dans la banlieue du Mans, va devenir un centre d’hébergement pour migrants. Le maire s’insurge de n’avoir pas été consulté sur le choix de l’emplacement, relate Frédéric Potet dans sa chronique.
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« A Arnage, l’ouverture d’un foyer pour réfugiés ne rassure pas les professionnels du tourisme »

Un ancien hôtel, situé en bordure d’une base de loisirs dans la banlieue du Mans, va devenir un centre d’hébergement pour migrants. Le maire s’insurge de n’avoir pas été consulté sur le choix de l’emplacement, relate Frédéric Potet dans sa chronique.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 10h55
    |

            Frédéric Potet (Arnage (Sarthe), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Chronique. Arnage, dans la proche banlieue du Mans, M. le maire s’oppose à l’installation d’un centre d’hébergement pour réfugiés dans sa commune. Résumée à cela, l’affaire ferait passer Thierry Cozic pour l’un de ces hommes politiques d’extrême droite qui aboient régulièrement à l’encontre des demandeurs d’asile débarquant sur le sol européen. L’affaire est un peu plus compliquée que cela. Elle témoigne, entre autres, de l’impuissance des collectivités locales – des municipalités surtout – à peser sur les politiques nationales encadrant le phénomène migratoire, alors qu’elles se trouvent en première ligne. « Jamais nous n’avons été concertés dans ce dossier. L’Etat ne peut pas tout imposer », dit sans décolérer M. Cozic, également vice-président de la communauté urbaine du Mans Métropole et premier secrétaire du Parti socialiste de la Sarthe.
Le lieu de toutes les crispations est un ancien Hôtel Formule 1, situé en bordure d’un lac artificiel et d’une base de loisirs, au nord de la commune. Le bâtiment sans charme aucun et à la façade fatiguée fait partie d’un ensemble d’une soixantaine d’hôtels économiques achetés et réhabilités par le Groupe SNI (devenu depuis CDC Habitat), via un fonds constitué d’investisseurs institutionnels, dans le but de les transformer en résidences hôtelières à vocation sociale. Le locataire, Adoma, une autre filiale de CDC Habitat, est chargé d’assurer l’accueil et le suivi des demandeurs d’asile invités à y séjourner, dans le cadre d’un appel d’offres lancé par le précédent gouvernement visant la création de 5 300 places d’hébergement d’urgence.
Pas accessible en transports en commun
Furieux d’avoir appris par « la rumeur », en mars 2017, la nouvelle vocation de l’ancien Formule 1, Thierry Cozic déplore n’avoir jamais été associé au projet, en particulier quant à son emplacement. « En tant que maire, je dois être le garant de la cohésion sociale et assurer la mixité »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Editorial. 95 chefs d’Etat ou de gouvernement vont se succéder jusqu’à samedi à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, soit près de la moitié des 193 Etats membres.
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Dans un monde en vrac, la diplomatie déboussolée

Editorial. 95 chefs d’Etat ou de gouvernement vont se succéder jusqu’à samedi à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, soit près de la moitié des 193 Etats membres.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 07h49
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Chaque année, au mois de septembre, avec l’Assemblée générale annuelle, le siège de l’ONU à New York devient le centre névralgique de la diplomatie mondiale. Du 23 au 29 septembre se succéderont à la tribune 95 chefs d’Etat ou de gouvernement, soit près de la moitié des 193 Etats membres ainsi représentés au plus haut niveau. Il y aura, certes, de grands absents, dont le président russe, Vladimir Poutine, ou son homologue chinois, Xi Jinping. Jamais, pourtant, ils n’ont été aussi nombreux au bord de l’Hudson, comme pour mieux témoigner de l’importance qu’une grande partie de la communauté internationale accorde à un multilatéralisme toujours plus menacé.
Selon les mots du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, ce sont désormais « les fondements mêmes de l’action diplomatique » qui sont remis en cause. L’on a connu le monde bipolaire de la guerre froide, fondé sur l’équilibre de la terreur entre les Etats-Unis et l’URSS. Puis le monde unipolaire dominé par l’hyperpuissance américaine après la chute du mur de Berlin.
La montée des émergents, notamment celle de la Chine, crée un monde multipolaire, voire apolaire, instable et cahoteux. Seuls le droit et le respect des traités pourraient en être les régulateurs. Or de nombreuses puissances, à commencer par la première d’entre elles, les Etats-Unis, bafouent ouvertement ces règles. A l’heure des « fake news », des « vérités alternatives » et de la manipulation des données, il n’y a souvent même plus de diagnostic partagé possible.

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                Jean-Yves Le Drian au « Monde » : « La Russie ne doit pas s’ingérer dans nos affaires »



Le système mis en place après la seconde guerre mondiale avec l’ONU et les diverses institutions qui en dépendent est aujourd’hui ébranlé par le pays qui en fut le pilier et le principal contributeur : les Etats-unis. Depuis dix-huit mois, Donald Trump a claqué la porte d’organisations comme l’Unesco, dénoncé des traités commerciaux et quitté des accords internationaux stratégiques, comme celui mettant sous contrôle le nucléaire iranien ou celui de Paris sur le climat. Même si ses critiques ne sont pas toujours infondées, l’administration Trump ne connaît qu’un seul mot d’ordre : « America first ».
« Multilatéralisme fort »
Il y a un an, à New York, devant l’Assemblée générale, Emmanuel Macron avait rappelé haut et fort que « nous sommes irrémédiablement liés les uns aux autres dans une communauté de destin », se faisant le héraut d’une gouvernance globale centrée sur le social et le développement. Ses mots avaient d’autant plus de poids qu’ils venaient juste après le discours de son homologue américain, chantre d’un unilatéralisme assumé.

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                Face à Trump, Macron défend l’accord avec l’Iran



Alors que les partisans du repli, y compris au sein de l’Union européenne, ne cessent de se renforcer, la France, qui prendra en janvier la présidence du G7, se veut porteuse d’un « multilatéralisme fort ». Elle multiplie les initiatives, comme celle d’une nouvelle édition du One Planet Summit, le 26 septembre, ainsi que du Forum sur la paix auquel 80 pays sont invités le 11 novembre, pour le 100e anniversaire de la fin de la première guerre mondiale. Paris veut aussi réunir les puissances intermédiaires, les pays de bonne volonté partageant sa démarche.
Sérieusement érodée en France, l’image d’Emmanuel Macron reste forte à l’étranger. Face à un Trump toujours plus imprévisible, une Theresa May engluée dans le Brexit, une Angela Merkel affaiblie, le président français reste, par contraste, le leader occidental le plus audible. Mais, faute de relais et d’alliés, il risque de devoir se contenter de mots.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Entretien avec Hervé Drevillon et Olivier Wieviorka, qui dirigent l’imposante « Histoire militaire de la France ».
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« La guerre est une forme, certes brutale, de socialisation entre les peuples »

Entretien avec Hervé Drevillon et Olivier Wieviorka, qui dirigent l’imposante « Histoire militaire de la France ».



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 08h45
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 14h06
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Histoire militaire de la France. Tome I. Des Mérovingiens au Second Empire, sous la direction d’Hervé Drevillon et Olivier Wieviorka, Perrin/Ministère des armées, 876 p., 27 €. 
Le tome II d’Histoire militaire de la France (De 1870 à nos jours, 732 p., 27 €) sera en librairie le 27 septembre.

Histoire nationale, histoire chronologique : le vaste panorama historique du fait militaire dirigé par Hervé Drévillon (professeur d’histoire moderne à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et directeur de la recherche au service historique de la défense [ministère des armées], auteur, entre autres, de L’Impôt du sang, Tallandier, 2005, et L’Individu et la Guerre, Belin, 2013) et Olivier Wieviorka (professeur à l’Ecole normale supérieure de Cachan, à qui l’on doit notamment Histoire du débarquement en Normandie, Seuil, 2007, et Une histoire de la Résistance en Europe occidentale, Perrin, 2017), accompagnés de huit autres historiens, semble se caractériser par une double limitation.
Mais s’il fallait prouver que se limiter n’est pas toujours se réduire, la puissance de problématisation de ces travaux suffirait à trancher le débat. La limite n’y est en effet qu’une occasion de rendre la réflexion, en la concentrant, plus intense. Prenez une nation. Regardez-la de près. Les lignes se mettront à bouger, ne serait-ce que lorsque vous approcherez le moment, les multiples moments possibles, de sa naissance.
Mais c’est à chaque étape que, faisant le point, pour chaque période étudiée – du Ve siècle à aujourd’hui –, sur la construction progressive des armées françaises, les auteurs rencontrent, comme un problème, la construction de cette France qu’elles sont censées servir ; ce qui entraîne aussi une remise en question du sens de ce service et, au bout du compte, des idées de construction et de période. De sorte que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Depuis moins d’un an, l’historienne liégeoise est titulaire de la chaire de religion grecque antique au Collège de France, qui n’était plus occupée depuis 1984 et le départ de Jean-Pierre Vernant. L’helléniste y dépoussière l’Olympe.
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Vinciane Pirenne-Delforge : sortir des dieux communs

Depuis moins d’un an, l’historienne liégeoise est titulaire de la chaire de religion grecque antique au Collège de France, qui n’était plus occupée depuis 1984 et le départ de Jean-Pierre Vernant. L’helléniste y dépoussière l’Olympe.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 08h00
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

Ce n’est pas son entrée au Collège de France qui la changera. Elle est formelle : jamais on ne la verra sur les plateaux télé commenter le retour du fait religieux dans nos sociétés modernes. Vinciane Pirenne-Delforge, élue l’année dernière, a beau être une historienne des religions, elle a beau être originaire de Liège, ville de Belgique récemment touchée par le terrorisme djihadiste, elle ne s’accorde la légitimité de parler que sur une culture qui n’est plus la nôtre, celle de la Grèce antique. « Tout ce que je peux faire, c’est poser des questions et donner de quoi mettre les données de notre époque à distance. Je peux rappeler, par exemple, que, dans la culture que j’étudie, on se faisait beaucoup la guerre, mais jamais pour des questions religieuses. »
Rappeler aussi que, dans ce contexte, la religion n’a pas toujours impliqué la croyance, si étrange que cela paraisse. Pour définir le rapport des Grecs à leurs dieux, elle parle de confiance. Or la confiance, comme on le sait, est soit récompensée, soit trahie. En cas de déconvenue, qu’à cela ne tienne, un Grec se tournera vers un autre dieu – et cela sans en faire toute une histoire, du moins une apostasie.
Marquer la distance
Avouons que c’est surprenant pour un esprit moderne qui associe spontanément la religion au dogme, aux livres sacrés, à l’exigence jalouse d’un dieu unique. Mais le dépaysement est presque une marque de fabrique pour l’école intellectuelle à laquelle appartient Vinciane Pirenne-Delforge. Dans le droit-fil des grands historiens de la Grèce tels Louis Gernet, Jean-Pierre Vernant ou son compatriote Marcel Detienne, la Liégeoise fait son miel de l’anthropologie qui permet le décentrement et la comparaison avec d’autres cultures.
C’est leur héritage qu’elle reprend et retravaille, en prêtant une attention des plus minutieuses aux sources matérielles et à la chronologie. « Sur la religion grecque, elle est l’un des premiers vrais déplacements dans le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Analyse. Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, la mise au point du programme du parti en vue des européennes de 2019 consiste à satisfaire son aile droite tout en retenant son aile gauche, détaille Michel Noblecourt, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Le PS et l’Europe, une « rupture » en trompe-l’œil

Analyse. Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, la mise au point du programme du parti en vue des européennes de 2019 consiste à satisfaire son aile droite tout en retenant son aile gauche, détaille Michel Noblecourt, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 07h08
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 11h11
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Analyse. Depuis des décennies, l’Europe est un sujet de discorde, voire de fracture, au sein du Parti socialiste. En 1973, François Mitterrand, peu de temps après être devenu premier secrétaire du PS, met son mandat en jeu, au congrès de Bagnolet, pour imposer une ligne pro-européenne. En 1983, il opère le « tournant de la rigueur », pour maintenir la France dans le système monétaire européen.
En 1992, ce président de la République qui proclamait que « la France est notre patrie et l’Europe notre avenir » réveille les querelles au sein du PS en faisant adopter par référendum, gagné de justesse, le traité de Maastricht, qui prévoit la mise en place de l’euro. En mars 1996, Lionel Jospin tord le bras de la Gauche socialiste, menée par Jean-Luc Mélenchon, en faisant voter par une convention un projet de « fédération d’Etats-nations ». En 2004, François Hollande organise une consultation interne sur le projet de Constitution européenne. Le oui l’emporte, mais plusieurs ténors du PS, dont Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon, font campagne pour le non, qui sort victorieux du référendum national de 2005.
A la tête d’un parti en miettes, Olivier Faure a eu recours à une plate-forme participative, nourrie par un millier de contributions de militants, pour élaborer un programme en vue des élections européennes de mai 2019. Pour le premier secrétaire du PS, qui peine à asseoir son autorité, l’exercice consistait à satisfaire son aile droite tout en retenant son aile gauche, animée par Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann, tentée de rejoindre les rangs de La France insoumise.
Ce document, qui peut encore être amendé avant d’être soumis au vote des militants, puis ratifié par un conseil national, le 13 octobre, a été adopté, mardi 18 septembre, par le bureau national. Mais sur 73 membres, seuls 38 étaient présents, et il y a eu 8 abstentions, venant de l’aile gauche et de Julien Dray.
17 propositions
Ce...




                        

                        

