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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Jacques Toubon a jugé lundi que « chaque jour qui passe accroît le recul de l’Etat de droit » dans ce département d’outre-mer, après la fermeture du service des étrangers.
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Mayotte : le Défenseur des droits dénonce des « atteintes graves » aux droits des étrangers en préfecture

Jacques Toubon a jugé lundi que « chaque jour qui passe accroît le recul de l’Etat de droit » dans ce département d’outre-mer, après la fermeture du service des étrangers.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 16h50
   





                        


Rappelant que le service des étrangers est fermé au public depuis plusieurs mois à Mayotte, « à la suite de plusieurs opérations de blocage menées par des manifestants », Jacques Toubon a jugé, lundi 24 septembre, « particulièrement préoccupantes » et « graves » les atteintes aux droits des personnes résultant de cette fermeture. Les mouvements sociaux du printemps ont partiellement paralysé l’activité du territoire pendant plusieurs semaines.
« Faute de pouvoir faire renouveler leur titre de séjour, des étrangers en situation régulière ont perdu leur emploi », de jeunes bacheliers qui avaient vu leurs dossiers acceptés dans des universités métropolitaines « n’ont pu quitter l’île » et « des parents d’enfants malades voient leurs droits à l’Assurance-maladie interrompus », affirme le Défenseur des droits. « Chaque jour qui passe accroît le recul de l’Etat de droit » dans ce département d’outre-mer.
M. Toubon précise avoir demandé au ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, le 7 septembre, « de l’informer des mesures envisagées pour mettre un terme à cette situation alarmante ». Il demeure « dans l’attente » de sa réponse, précise le communiqué, qui « alerte une nouvelle fois le ministre de l’intérieur (…) sur l’urgence à intervenir ». Concernant une réouverture totale, « à ce stade, elle n’est pas du tout à l’ordre du jour », avait alors fait savoir Etienne Guillet, le directeur de cabinet du préfet de Mayotte.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides estime que « les solutions existent » face à la crise migratoire.
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Pascal Brice, de l’Ofpra : « L’Italie doit accepter les navires de migrants dans ses ports »



LE MONDE
              datetime="2018-09-24T16:50:07+02:00"

        Le 24.09.2018 à 16h50






Durée : 02:20 | 

Pascal Brice, le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), s’est exprimé, dimanche 23 septembre, sur le plateau de l’émission « Internationales » de la chaîne TV5Monde, réalisée en partenariat avec Radio France internationale (RFI) et Le Monde. Face à la crise migratoire, « l’Europe n’a pas été solidaire des pays [d’arrivée des migrants], notamment l’Italie et la Grèce, ces dernières années », a-t-il regretté. Pourtant, « les solutions existent », a affirmé Pascal Brice, citant la mise en place de « dispositifs dans les pays de transit » et de « centres contrôlés » dans les ports européens, tout en appelant « les pays d’arrivée » à « [assumer] leurs responsabilités ». Il demande notamment « que l’Italie accepte dans ses ports les navires » de migrants.


                

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ L’image de Kim Phuc avait fait le tour du monde en 1972. Elle a subi divers traitements au laser depuis 2015 pour atténuer les séquelles des brûlures.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Pour le diabète et l’insuffisance rénale chronique, le plan « Ma santé 2022 » va permettre de privilégier les soins les plus pertinents.
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Maladies chroniques : le financement au forfait bien accueilli

Pour le diabète et l’insuffisance rénale chronique, le plan « Ma santé 2022 » va permettre de privilégier les soins les plus pertinents.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 15h29
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Parmi les 54 mesures de la réforme du système de santé, baptisée « Ma santé 2022, un engagement collectif », annoncées mardi 18 septembre par le gouvernement, l’une d’entre elles concerne le financement au forfait de deux pathologies chroniques : le diabète et l’insuffisance rénale chronique. A partir de 2020, ce sera élargi à d’autres pathologies, selon ce plan.
Concrètement, la mesure devrait figurer dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui est examiné par l’Assemblée nationale, et être effective en 2019. « Il n’y aura plus de paiement [de l’hôpital par l’Assurance-maladie] à chaque consultation, mais un forfait pour solde de tout compte, charge à l’hôpital de faire en sorte que ses patients n’aient pas besoin de revenir vingt fois », indiquait-on à l’Elysée.
L’association de patients Renaloo s’est félicitée mercredi 19 septembre de cette annonce, indiquant qu’il s’agit d’une « révolution dans le financement de la prise en charge des maladies rénales ». De nombreux rapports – Cour des comptes, Assurance-maladie, Haute autorité de santé – ont montré ces dernières années que le système annuel de financement de la dialyse est un frein au développement des bonnes pratiques.
La tarification à l’activité (T2A), qui date de 2007, consistant à facturer chaque acte, et non plus à avoir un budget global, pousse les soignants à multiplier les examens les plus coûteux. L’insuffisance rénale chronique est emblématique de ces dysfonctionnements. La Cour des comptes avait notamment souligné les effets pervers de la rentabilité excessive de la dialyse. Les chiffres sont éloquents : plus de 80 % de la prise en charge de l’insuffisance rénale – 4 milliards d’euros par an – sont consacrés à la dialyse. L’objectif est ici de distribuer cette très forte enveloppe selon des critères nouveaux, basés sur des indicateurs de qualité médicale, mais aussi reposant sur la satisfaction et l’expérience des...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ La Cour de cassation vient de préciser les limites de la liberté d’expression d’un salarié sur les réseaux sociaux : une discussion dans un groupe fermé est présumée privée.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Un salarié peut tout dire de son employeur sur Facebook, mais « en privé »

La Cour de cassation vient de préciser les limites de la liberté d’expression d’un salarié sur les réseaux sociaux : une discussion dans un groupe fermé est présumée privée.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 16h04
    |

                            Cabinet d'avocats Flichy Grangé (Blandine Allix, avocat associée)








                        



                                


                            

Si les salariés bénéficient d’un droit à la liberté d’expression applicable quel que soit le support des propos tenus, il n’en demeure pas moins que cette liberté a une limite – l’abus (constitué lorsque les propos comportent des termes injurieux, diffamatoires ou excessifs) – et que le contrôle de l’employeur peut porter sur le contenu des propos tenus par ses salariés sur les réseaux sociaux.
le secret des correspondances oblige le juge à déterminer si les propos tenus sur les réseaux sociaux avaient ou non un caractère privé
Néanmoins, même caractérisé, l’abus ne doit pas, pour pouvoir être sanctionné légitimement par l’employeur, concerner des propos ayant un caractère privé. Le respect de la vie privée qui implique en particulier, comme l’a jugé la Cour de cassation dans l’arrêt Nikon (Cass. soc. 2 octobre 2001 n° 99-42.942), le secret des correspondances oblige en effet le juge à déterminer, lorsqu’il est saisi d’une contestation par un salarié d’une sanction motivée par les propos tenus par ce dernier sur les réseaux sociaux, si ces propos avaient ou non un caractère privé. S’il constate qu’ils avaient un caractère privé, le juge invalide alors la sanction.
Mais les propos tenus sur les réseaux sociaux sont-ils privés ? Nul doute que cette appréciation du caractère public ou privé est un exercice délicat : il l’est déjà lorsque les propos ont été tenus en dehors du temps et du lieu habituels de travail (cf. notamment Cass.soc., 8 octobre 2014 n° 13-16793) ; il l’est encore plus lorsqu’il s’agit de propos tenus sur les réseaux sociaux où les paramètres de confidentialité peuvent être très variables.
Impact sur la charge de la preuve
S’agissant plus particulièrement de Facebook, les juges du fond se sont attachés depuis plusieurs années à déterminer si le « mur Facebook » est présumé public ou privé. Une présomption qui a un impact sur la charge de la preuve. En effet, si le « mur Facebook » est présumé privé, c’est à l’employeur...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Alors que le gouvernement s’apprête à améliorer Parcoursup, accusé de manquer de transparence quant à ses critères de sélection, zoom sur la Suède, où l’entrée à l’université dépend des résultats au lycée et d’un test d’aptitude national.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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Entrée à l’université : en Suède, une sélection transparente et démocratique

Alors que le gouvernement s’apprête à améliorer Parcoursup, accusé de manquer de transparence quant à ses critères de sélection, zoom sur la Suède, où l’entrée à l’université dépend des résultats au lycée et d’un test d’aptitude national.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 13h27
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 18h55
    |

                            Sophie Blitman








                        



                                


                            

En Suède, l’accès à l’université repose sur un mélange de prérequis et de sélection. Pour postuler, les lycéens doivent avoir achevé leurs études secondaires en ayant validé un niveau minimal en suédois, mathématiques et anglais. En 2016, 63 % des lycéens étaient dans ce cas.

A ces prérequis de base, valables au niveau national, s’ajoutent des exigences spécifiques à chaque programme, déterminées par les universités mais dans un cadre fixé lui aussi par l’Etat. « Nous avons une petite marge de manœuvre, indique Elina Dawidson, responsable des admissions à l’université de Göteborg. Un étudiant souhaitant intégrer notre lice nce d’économie devra avoir validé au lycée un cours de “maths 3” et “anglais 6”, alors qu’une plus petite université demandera peut-être seulement “maths 2”. Mais il ne faut pas se montrer trop exigeant : à ce stade, l’objectif est avant tout de déterminer quelles sont les connaissances et compétences nécessaires pour suivre. » 
Filières où les demandes dépassent la capacité d’accueil
C’est une fois passée cette étape d’éligibilité que débute le processus de sélection dans les filières où les demandes dépassent la capacité d’accueil. En 2017, cela concernait un peu plus de la moitié des formations de bachelor.
Les candidats sont alors généralement répartis en deux groupes. Le premier les classe en fonction de leur moyenne générale au lycée, le second prend en compte leur résultat à un test d’aptitude national, ouvert à tous, y compris aux adultes qui souhaitent reprendre des études. Dans les deux cas, « seule la note globale compte puisque les prérequis dans telle ou telle matière ont déjà été validés », précise Marleen Whiteley, membre du département des admissions du Conseil national des universités et établissements d’enseignement supérieur.
Deuxième chance et souci d’équité
La loi impose aux universités d’accueillir au moins un tiers d’étudiants dans chaque groupe. En pratique,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ En janvier 2013, il achète un appartement 60 000 euros dans une zone soumise au droit de préemption. Le 30 juin 2014, il prétend avoir trouvé acheteur au prix de 150 000 euros. La Ville de Paris, qui décide de faire jouer son droit, en offre 75 000.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ 
<article-nb="2018/09/24/19-8">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Choquée par les propos homophobes du roi des forains, la ministre de la culture pourrait résilier la convention lui permettant d’installer son marché de Noël aux Tuileries cet hiver.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Françoise Nyssen dénonce les propos « ignominieux » de Marcel Campion

Choquée par les propos homophobes du roi des forains, la ministre de la culture pourrait résilier la convention lui permettant d’installer son marché de Noël aux Tuileries cet hiver.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 11h19
    |

            Béatrice Jérôme








                        


En guerre ouverte avec la maire de Paris, Anne Hidalgo, Marcel Campion a cru qu’il pouvait, de ce fait, s’attirer durablement les bonnes grâces de l’Elysée. Mais le roi des forains, qui envisage de se présenter aux élections municipales de 2020, est devenu encombrant politiquement pour La République en marche (LRM) depuis la diffusion, samedi 22 septembre par Le Journal du dimanche, d’une vidéo révélant des propos jugés « homophobes » aussi bien par l’Hôtel de ville que par les macronistes.
« Les propos ignominieux tenus par M. Campion doivent évidemment être condamnés, a confié au Monde la ministre de la culture, Françoise Nyssen, lundi. Mais au-delà, ces mots qui tombent sous le coup de la loi nous interrogent sur la pertinence de confier à celui qui les a proférés l’occupation d’un espace public et d’un haut lieu de la culture. »
Cet été, Marcel Campion avait en effet conclu une convention avec la direction du Musée du Louvre pour pouvoir déployer son marché de Noël au jardin des Tuileries – qui appartient à l’Etat – durant l’hiver. Le tollé déclenché par la vidéo pourrait avoir pour conséquence la résiliation de cette convention.

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L’enregistrement diffusé par Le JDD a été effectué le 27 janvier lors d’une réunion publique à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), au cours de laquelle le forain se lance dans une diatribe contre Bruno Julliard, à l’époque premier adjoint de Mme Hidalgo (il a démissionné de ses fonctions avec fracas le 17 septembre). A la Mairie, M. Julliard avait été en première ligne pour piloter la décision de Mme Hidalgo de supprimer le marché de Noël sur l’avenue des Champs-Elysées.
« Comme il était un peu de la jaquette, explique M. Campion, il a rencontré Delanoë, ils ont fait leur folie ensemble et paf, il est premier adjoint. Avec Anne Hidalgo, il est super, (…) il lui a amené tous les homos de la terre. Toute la ville maintenant est gouvernée par des homos », poursuit-il. Avant d’ajouter : « D’habitude, je dis les pédés. Mais on m’a dit hier qu’il fallait plus que je dise ça. Donc je ne dis plus les pédés, je dis les homos. J’ai rien contre eux, sauf qu’ils sont un peu pervers. »
La condamnation de ses propos a été immédiate à l’Hôtel de ville. M. Julliard a annoncé qu’il allait « déposer plainte ». Mme Hidalgo a tweeté que « l’homophobie n’aura jamais sa place à Paris » et estimé que « la justice doit être saisie ». Plusieurs adjoints et élus de la majorité parisienne ont également manifesté leur indignation. A la tête du mouvement Parisiennes, Parisiens, Gaspard Gantzer s’en est pris au « discours invraisemblable et franchement homophobe, inacceptable » de M. Campion.
Dans les rangs macronistes de la capitale, l’indignation n’a pas été moins forte. Benjamin Griveaux a jugé « à vomir » les propos de M. Campion. Le porte-parole du gouvernement a souhaité « qu’il soit poursuivi et lourdement condamné ». Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, a indiqué de son côté avoir demandé « au délégué interministériel contre l’homophobie, Fréderic Potier, d’étudier les possibilités de recours juridiques face aux propos intolérables de M. Campion ».
« Campion est un voyou »
Christophe Castaner s’est montré moins sévère. Le délégué général de LRM a estimé que « s’il pense avoir été mal compris, M. Campion doit le dire et s’excuser de la violence de ses mots ». Député (LRM) des Français de l’étranger, Joachim Son-Forget s’en est pris quant à lui au « lynchage médiatique » et à « l’ignoble “name and shame” » contre M. Campion. Un début de cacophonie dans les rangs de LRM aussitôt tué dans l’œuf. « Non mais allô quoi ! ? », a réagi le député du 17e arrondissement Stanislas Guerini, jugeant les propos de M. Campion « ho-mo-phobes. Point ». Le président des députés LRM de l’Assemblée, Gilles Le Gendre, a fermé le ban, condamnant « sans réserve » les propos « homophobes » de M. Campion, « au nom du groupe parlementaire ».
Face à ces tirs croisés, M. Campion a tenté de se dédouaner. « Que les choses soient claires, il n’y a pour moi aucun lien entre le fait que Bruno Julliard soit gay, et la politique anti-forain qu’il a mis en place », a-t-il plaidé auprès de l’AFP. Seul Christophe Girard, adjoint à la culture d’Anne Hidalgo, a jugé que ces mots avaient valeur d’« excuses ». « Campion est un voyou mais il n’est pas homophobe », insiste M. Girard.
Mais l’affaire était devenue trop embarrassante pour LRM. « Le directeur du musée doit réexaminer la convention qui autorise le marché de Noël aux Tuileries », confiait dimanche M. Julliard. « L’Etat doit renoncer immédiatement à ce projet fou de l’installer au Louvre et aux Tuileries », a réagi de son côté Jean-François Martins, adjoint aux sports de Mme Hidalgo. De son côté, le député (LRM) du 15e arrondissement, Hugues Renson, a estimé que « les propos orduriers de Marcel Campion le disqualifient pour prétendre organiser quelque festivité que ce soit dans notre capitale ». Le roi des forains semble désormais bel et bien dans le collimateur de l’Elysée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Le face-à-face qui a opposé le navire des ONG SOS Méditerranée et MSF aux gardes-côtes libyens marque peut-être la fin de sa mission.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

L’« Aquarius » dégradé de son pavillon ou le naufrage de l’Europe

Editorial. Le face-à-face qui a opposé le navire des ONG SOS Méditerranée et MSF aux gardes-côtes libyens marque peut-être la fin de sa mission.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 14h02
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Sombre dimanche 23 septembre pour l’Aquarius, le navire affrété par les organisations non gouvernementales SOS Méditerranée et Médecins sans frontières. Dernier bateau humanitaire patrouillant au large des côtes libyennes pour tenter de sauver des réfugiés ou migrants en détresse, l’Aquarius a déjà connu un périple éprouvant en juin, quand le nouveau gouvernement italien puis Malte ont refusé qu’il débarque dans leurs ports les centaines de rescapés qui étaient à son bord, avant que l’Espagne les accueille finalement.
Mais ce dimanche 23 septembre aura été plus sombre encore. L’on peut craindre qu’il ait sonné le glas de l’entreprise dont l’Aquarius est le symbole : assumer concrètement et courageusement le devoir humanitaire élémentaire de sauver des vies et de conduire dans des ports sûrs des hommes, des femmes ou des enfants prêts à tout pour échapper à l’enfer libyen où leur migration les a fait échouer. Rappelons aux indifférents que 1 700 personnes sont déjà mortes en Méditerranée centrale depuis le début de l’année.
Dégradation suprême
Avant le lever du jour, ce dimanche, c’est un face-à-face tendu, en pleine mer, qui a opposé les gardes-côtes libyens et le navire humanitaire. Ce dernier ayant repéré une embarcation en détresse et commencé le sauvetage des 47 personnes – pour la plupart des Libyens fuyant leur pays en plein chaos –, les gardes-côtes de Tripoli, menaçants, lui ont donné l’ordre de ne pas intervenir. S’ils ont finalement renoncé à empêcher ce sauvetage, ils ont clairement prévenu que la coopération précaire qui subsistait au large de la Libye est révolue.

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Ce long dimanche de septembre s’est terminé avec la dégradation suprême pour un capitaine : perdre son pavillon. Il y avait déjà eu un Aquarius 1 lâché par Gibraltar. Désormais c’est Panama qui refuse l’immatriculation de l’Aquarius 2. En lui retirant pour la deuxième fois son pavillon, on retire donc aux citoyens européens le droit de s’ériger contre une politique qui fait passer les intérêts nationaux ou continentaux avant la vie humaine.

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Le vent a tourné
Depuis son premier voyage, en février 2016, l’Aquarius a recueilli à son bord 29 523 personnes, rappelant sans cesse que chaque vie mérite d’être sauvée. L’Aquarius est aussi le précieux témoin du vécu des migrants. A son bord, les femmes africaines ont raconté les viols commis en Libye, les hommes ont montré les cicatrices des coups reçus dans les geôles.
Mais ce discours-là, ce devoir-là, cet honneur-là ne sont plus d’actualité. Le vent a tourné. Sous la pression d’opinions publiques chauffées à blanc par les discours xénophobes, l’Europe a chargé la Libye de jouer à nouveau le rôle de barrage aux migrants qu’elle assumait sans sourciller avant de basculer dans la guerre civile en 2011. Selon cette nouvelle « doctrine », la situation serait en voie de normalisation à Tripoli. Il serait donc normal de remettre les migrants entre les mains des autorités libyennes. Peu importe que, la semaine dernière encore, des règlements de comptes entre factions aient fait des dizaines, voire des centaines de morts à Tripoli. Peu importe qu’un sinistre marché aux esclaves y eût été filmé il y a quelques mois.
L’Aquarius était la mauvaise conscience de l’Europe, incapable de se mettre d’accord sur une stratégie collective pour faire face au drame humanitaire en Méditerranée. L’Aquarius empêché et désarmé, les responsables européens pourront mieux feindre d’oublier les indésirables qui se noient à proximité de leurs côtes. C’est indigne.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Le centre Artemis étudie l’impact de l’environnement sur la fertilité des couples, sur les pathologies de grossesses ou les malformations congénitales.
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A Bordeaux, des couples souffrant d’infertilité limitent leur exposition aux polluants

Le centre Artemis étudie l’impact de l’environnement sur la fertilité des couples, sur les pathologies de grossesses ou les malformations congénitales.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 10h26
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 13h40
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            

Leïla et Olivier (les prénoms ont été modifiés), infirmiers libéraux de 35 et 38 ans, ont quitté Paris pour Bordeaux, cadre de vie qu’ils imaginaient plus propice pour fonder une famille. Ils y ont monté un cabinet qui fonctionne bien, et retapent leur maison de ville. Mais la chambre d’enfant reste désespérément vide. « Spermogrammes, échographies, repos, vacances…, énumère la jeune femme. Depuis trois ans, on a fait tous les examens, suivi tous les conseils… Tout est normal mais on n’y arrive pas. »
Comme 15 % des couples en France, Leïla et Olivier souffrent d’« infertilité inexpliquée ». Résolus à recourir à une insémination, ils n’en ont pas moins accepté la suggestion d’Aline Papaxanthos, médecin de la reproduction qui les suit au centre d’assistance médicale à la procréation du CHU de Bordeaux, de consulter au centre Artemis (pour Aquitaine reproduction enfance maternité et impact en santé environnement). Première plate-forme d’évaluation et de prévention de la santé environnementale consacrée à la reproduction mise en place en France, cette structure se trouve au sein même de l’hôpital.
Les effets néfastes des perturbateurs endocriniens auxquels nous soumet notre environnement sont de plus en plus documentés. Ces substances, susceptibles d’interférer avec notre système hormonal, sont mises en cause en particulier dans les troubles de la reproduction : diminution de la qualité du sperme (entre 1973 et 2011, la concentration du sperme humain en spermatozoïdes a décliné de 50 % à 60 % dans les pays occidentaux), augmentation des malformations génitales masculines, baisse de l’âge de la puberté chez les filles…
Equipe multidisciplinaire
Opérationnelle depuis 2016, Artemis a été créée dans le cadre de la stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens adoptée en avril 2014, en partenariat avec l’agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine, l’Agence nationale de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Un an après le passage de l’ouragan, les stigmates de la catastrophe restent visibles et perturbent toujours les conditions d’enseignement.
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A Saint-Martin, une rentrée scolaire encore sous le signe d’Irma

Un an après le passage de l’ouragan, les stigmates de la catastrophe restent visibles et perturbent toujours les conditions d’enseignement.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 13h01
    |

            Rémi Barroux (Saint-Martin, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Elles s’appellent Tonnacia, Marie-Lène, Genesis ou encore Nathalie. Elles ont 17 ou 18 ans et portent toutes le même polo couleur lilas, celle de leur lycée professionnel. Les filles sont à peine rentrées depuis deux semaines de leurs vacances d’été que, déjà, elles pestent. « Catastrophique », résume Tonnacia.
Ici à Marigot, capitale de Saint-Martin, île des Antilles françaises, la reprise des cours ne s’est pas déroulée normalement. Derrière les grillages, des bâtiments d’aspect normal en jouxtent d’autres totalement sinistrés, toitures arrachées, cloisons effondrées. Le lycée polyvalent des îles du Nord a subi la violence de l’ouragan Irma, le 5 septembre 2017. Un an après, il en porte toujours les stigmates.

Après une année scolaire rabotée, menée dans des conditions épiques par une communauté scolaire traumatisée, enseignants, élèves et parents se retrouvent, après la pause estivale, toujours confrontés aux conséquences du cataclysme. « Les conditions d’enseignement sont scandaleuses, anormales et indignes de la République. (…) Parents, élèves et enseignants n’ont plus l’énergie de l’urgence qui leur a permis de les supporter pendant un an », ont écrit dans une lettre ouverte plus d’une centaine d’enseignants et parents. Saint-Martin compte plus de 7 100 élèves du premier et du second degré – l’île aurait perdu presque 20 % de ses élèves partis en métropole ou en Guadeloupe – et 800 enseignants environ.
Un enseignement en demi-journées
Au lycée professionnel de Marigot, dans le quartier Concordia, des ateliers ne sont pas équipés, l’absence de gaz empêchant le fonctionnement de la cuisine pour la formation hôtellerie et restauration. « Nous ne pouvons pas brancher d’ordinateur », peste Tonnacia, qui étudie le secrétariat et a un besoin urgent d’informatique. « Nous n’avons pas de centre de documentation et d’information. Ils ont attendu un an avant de s’atteler à sa réfection, et pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Accompagné de son avocat, l’acteur a livré sa version des faits sur le plateau de la chaîne italienne La 7, affirmant avoir subi un « rapport sexuel complet » non voulu.
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Jimmy Bennett réitère ses accusations d’agression sexuelle concernant Asia Argento

Accompagné de son avocat, l’acteur a livré sa version des faits sur le plateau de la chaîne italienne La 7, affirmant avoir subi un « rapport sexuel complet » non voulu.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 04h17
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 09h14
   





                        


« Tout s’est produit très vite. » L’acteur Jimmy Bennett, qui accuse Asia Argento de l’avoir agressé sexuellement en 2013, a confirmé dimanche 23 septembre au soir, en direct, sur le plateau de la chaîne italienne La 7, avoir subi un « rapport sexuel complet » non voulu. Le jeune homme, qui avait 17 ans à l’époque des faits, a expliqué que dès son entrée dans la chambre d’hôtel où l’égérie du mouvement #metoo lui avait donné rendez-vous, celle-ci l’avait embrassé.
« J’ai d’abord pensé à un quelque chose d’amical, à une démonstration de son affection, mais ensuite ses baisers ont été plus prolongés et j’ai compris qu’elle cherchait autre chose », a expliqué l’acteur et chanteur de rock américain, aujourd’hui âgé de 22 ans, selon la traduction italienne de ses déclarations. Ensuite, « elle a posé ses mains sur moi, m’a basculé sur le lit et a enlevé mon pantalon », a-t-il assuré, ajoutant qu’un « rapport sexuel complet » avait eu lieu.

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                Asia Argento affirme que c’est Jimmy Bennett qui l’a agressée sexuellement, et non l’inverse



Asia Argento, de 20 ans plus âgée que son accusateur, a d’abord nié toute relation sexuelle avec Jimmy Bennett, avant de retourner l’accusation d’agression sexuelle contre l’acteur. Le jeune homme et son avocat Gordon Sattro – qui était à ses côtés lors de l’interview – ont confirmé avoir demandé de l’argent, 3,5 millions de dollars, à l’actrice italienne. Celle-ci a effectué un premier et unique versement de 380 000 dollars, selon le New York Times, mais l’avocat de M. Bennett a évoqué de son côté une somme de 200 000 euros.
Un « abus de pouvoir »
Interrogé sur son silence après cette agression sexuelle, et sur une demande de compensation financière présentée des années après les faits, Jimmy Bennett explique être entré dans une période de grande confusion après cette agression, dont il affirme qu’elle a changé sa vie. C’est paradoxalement le mouvement #metoo qui lui a donné le courage, a-t-il assuré, de demander conseil à un avocat. « Je ne voulais pas discréditer Asia », a-t-il affirmé pour justifier sa demande de compensation financière, ajoutant qu’il pensait également que personne ne croirait à sa version des faits.
Jimmy Bennett affirme également avoir cédé aux avances d’Asia Argento parce qu’elle lui avait parlé d’un film qu’elle voulait faire avec lui. « J’avais une grande confiance en Asia », a-t-il déclaré, mais « elle a abusé de son pouvoir ».
Asia Argento est devenue une importante porte-parole des femmes victimes de violences dans le milieu du cinéma après avoir raconté avoir été violée à 21 ans par le producteur Harvey Weinstein dans sa chambre d’hôtel pendant le Festival de Cannes en 1997.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Devant environ 400 personnes à Mantes-la-Ville, la présidente du Rassemblement national a voulu remobiliser sa base, à huit mois des élections européennes.
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Marine Le Pen fustige « l’acharnement » et « les persécutions » contre le RN

Devant environ 400 personnes à Mantes-la-Ville, la présidente du Rassemblement national a voulu remobiliser sa base, à huit mois des élections européennes.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 09h14
    |

            Lucie Soullier (Mantes-la-Ville, envoyée spéciale)








                        



   


« Je m’en tamponne complètement du discours qu’elle va faire. » Philippe n’en a pas l’air, à rouscailler en accrochant son badge bleu-blanc-rouge, mais il trouve Marine Le Pen « géniale, super ». « Quoi qu’elle dise, c’est plié, je suis d’accord avec elle. » 
L’autoproclamé « patriote nationaliste » a même profité de son jour de repos à l’usine pour se joindre à la « fête du drapeau » organisée par le Rassemblement national (RN, ex-FN), dimanche 23 septembre, à Mantes-la-Ville. Comme il a l’habitude « que tout le monde s’en prenne à Marine », Philippe préfère prévenir : il n’en veut pas à la terre entière, « juste à l’immigration massive et aux clandestins qui viennent nous emmerder et ne rien foutre ». 
« Remonté à bloc », le quinquagénaire en cuir, brosse et boucles d’oreilles fulmine contre le « fossé » qui le sépare de ceux qu’ils nomment « les Parisiens ». Entendre ceux au pouvoir. « Macron a dit qu’il nous attendait, poursuit-il. Mais moi je rigole ! On est déjà là, regardez ce qu’il se passe autour de nous. » Autour de lui, quelque 400 personnes conquises au parti d’extrême droite remplissent la salle des fêtes à l’approche du discours de Marine Le Pen.
Victimisation et élections européennes en vue

   


« Nous savons que parce que nous sommes des dissidents, rien ne nous sera épargné », tonne d’emblée la présidente du RN. Après un discours de rentrée très politique à Fréjus la semaine précédente, Marine Le Pen a donc choisi, dimanche, de s’adresser à ses troupes depuis une ville tenue par son parti, et de les resserrer autour d’une vieille stratégie de l’ex-FN : la victimisation.
Fustigeant « l’acharnement » et « les persécutions » d’une « dictature molle », elle a fait huer tour à tour « la partialité indigne des juges d’instruction » dans l’affaire dite des assistants parlementaires, pour laquelle elle est mise en examen pour abus de confiance, et « l’abus juridique manifeste » de son expertise psychiatrique, pourtant ordonnée parce qu’obligatoire légalement dans le cadre de son autre mise en examen, pour avoir diffusé des photos d’exactions de l’organisation Etat islamique, cette fois.

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« Ne nous laissons pas intimider, ne vous laissez pas intimider », a-t-elle lancé à l’adresse d’une salle redoublant de « Marine, présidente », en profitant ainsi pour resserrer des liens quelque peu distendus depuis l’entre-deux-tours de la présidentielle. « Plus on s’attaque à elle, et plus on est là. On se sent plus soudés », résume Thierry en époussetant sa cravatte bleu-blanc-rouge ; « On est là, on la soutient, on l’aime », renchérit sa femme, Danielle Oger. Mais la militante, elle aussi tricolore de la tête aux pieds, ne cache pas avoir eu besoin d’un petit remontant après ce que son mari nomme pudiquement « le petit couac » de la présidentielle. A huit mois des européennes, « ça y est, j’y crois », se convainc celle qui n’est « pas pour » l’Europe : « De toute façon, même sans rien faire, Macron entretient nos élections. » 
Marine Le Pen, elle, n’a oublié ni son désormais traditionnel clin d’œil à l’« ami » Matteo Salvini, ni de conclure son discours en répétant ne plus être seule car « notre mouvement est rejoint par toute l’Europe ». En France, en revanche, les noms des ralliés au RN se font toujours attendre.
Pire, au même moment à Paris, Nicolas Dupont-Aignan annonçait qu’il mènerait sa propre liste aux européennes, et qu’aucune personne mise en examen n’y figurerait. Au nom de l’« intégrité ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Les incubateurs se multiplient dans la sphère publique, pour accélérer le basculement numérique de la puissance de l’Etat et gagner en efficacité.
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L’Etat passe en mode start-up

Les incubateurs se multiplient dans la sphère publique, pour accélérer le basculement numérique de la puissance de l’Etat et gagner en efficacité.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 17h30
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 10h23
    |

                            Béatrice Madeline








                        



                                


                            

Ce mercredi, à midi exactement, comme chaque semaine, une cinquantaine de personnes se sont réunies dans une salle anonyme du 7e arrondissement de Paris. Debout – c’est la règle –, chacune d’entre elles dispose d’une minute, pas une seconde de plus, pour décrire l’état d’avancement de son projet, les difficultés rencontrées ou les succès engrangés.
A chaque prise de parole, des encouragements plus ou moins nourris saluent l’orateur, à l’américaine. Cette fois, la palme de l’applaudimètre revient à Léry Jicquel, un quadra présent pour la première fois : « Je suis venu vous annoncer la création de la première start-up à la Cour des comptes ! » L’institution de la rue Cambon va mettre en place un outil pour simplifier les échanges de documents lors de ses contrôles…
Cette scène surprenante ne se déroule pas dans un hall géant de l’Est parisien fourmillant de start-up, ni dans l’un de ces multiples lieux consacrés à l’écosystème numérique, mais au 20, avenue de Ségur, dans l’un de ces immeubles austère des années 1930 qui abritent l’administration française. C’est là que s’est installée, sous l’impulsion de la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat (Dinsic), une véritable communauté d’agents publics, de développeurs et de « coachs », dont l’objectif est de mettre au point des services publics numériques grâce à une méthode agile – d’où l’appellation de « start-up d’Etat ».

Au total, une soixantaine de ces jeunes pousses ont déjà fleuri, au sein de la Dinsic, mais aussi à Pôle emploi, dans trois ministères et même en province. Elles apportent des solutions numériques à des problèmes aussi variés que la dématérialisation des démarches, l’organisation de voyages scolaires, la centralisation de la commande des taxis ou encore le partage d’expérience sur les classes à douze élèves… Mais, au-delà, elles préfigurent une nouvelle façon de penser l’Etat et son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Conforté dans la majorité, François Bayrou a profité de l’université de rentrée du MoDem pour glisser quelques conseils à Emmanuel Macron.
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François Bayrou : « La majorité a besoin de voix libres, pas de corset »

Conforté dans la majorité, François Bayrou a profité de l’université de rentrée du MoDem pour glisser quelques conseils à Emmanuel Macron.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 15h34
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 11h32
    |

            Enora Ollivier








                        


Il pleut, il vente, il fait décidément bien gris à Guidel (Morbihan) ce week-end, et c’est en quelque sorte à l’image du gros temps que doit affronter la majorité depuis la rentrée. Certes, la métaphore météorologique peut paraître usée, mais elle a largement eu cours lors de l’université de rentrée du Mouvement démocrate (MoDem) dans la station balnéaire bretonne.
En clôturant, dimanche 23 septembre, l’événement qui a rassemblé 800 élus et militants, François Bayrou a lui-même remercié Christophe Castaner, le délégué général de La République en marche (LRM), d’avoir fait le déplacement, « affrontant les embruns ». Depuis quelques semaines, des tensions sont apparues entre le parti présidentiel et le MoDem, alliés au pouvoir, le second reprochant au premier un manque de considération et d’écoute. Or, a déclaré le maire de Pau à la tribune, « la majorité a besoin de voix libres qui s’expriment en son sein. Pas de corsets ». Il a mis en exergue la « proximité dans les aspirations » entre les deux formations, qui les oblige à se parler « non pas comme des concurrents, mais comme coresponsables de la situation politique du pays ».

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                La République en marche pose ses conditions pour investir ses candidats aux municipales



« Il faut imposer et s’imposer »
A Guidel, chacun avait en tête le coup d’éclat de Marc Fesneau, il y a dix jours. Froissé de ne pas avoir été associé à la désignation de Richard Ferrand comme candidat à la présidence de l’Assemblée nationale, le MoDem avait présenté le chef de file de ses députés en concurrence. La mutinerie a eu des effets inattendus : le candidat a obtenu 86 voix, séduisant bien au-delà, donc, des 46 élus encartés. « En politique, on n’a pas à demander, il faut imposer, et éventuellement s’imposer », a commenté François Bayrou samedi auprès de journalistes.
Le geste a revigoré les troupes centristes, et M. Fesneau a été accueilli dimanche par une standing ovation. Il a aussi provoqué un déclic dans le parti présidentiel, qui a pris au sérieux les signes d’agacement d’un partenaire dont il ne peut se priver, surtout à l’approche des élections européennes. A la tribune de Guidel, M. Castaner a reconnu que sa formation et celle de M. Bayrou « auraient pu, auraient dû travailler mieux ensemble » et a appelé de ses vœux une « amélioration » pour le deuxième temps du quinquennat. La majorité « doit se construire de façon loyale et exigeante, j’ai bien compris le message ».

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          Emmanuel Macron cajole son aile gauche



Ainsi conforté, François Bayrou a poussé son avantage pour glisser quelques conseils à Emmanuel Macron. Le leader centriste a bien vanté « cet homme jeune et audacieux » qui a porté en 2017 « la renaissance de l’espoir français ». Il s’est bien félicité de l’annonce successive des plans pauvreté et santé, deux « signaux très importants » qu’il attendait dans le domaine social. Mais il a aussi pressé le chef de l’Etat de retrouver un lien direct avec les citoyens. « Les Français ont besoin, non pas seulement de l’énoncé des réformes successives, mais d’un plan d’ensemble. La politique, ce n’est pas dossier après dossier. Il faut que s’exprime la vision qui organise ces réformes », a-t-il lancé. « C’est vrai, a-t-il continué, l’Elysée est un lieu clos, trop. Eh bien y a un remède tout simple : il faut en sortir. » Quitte à s’exposer aux intempéries.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Le forain se défend d’être homophobe, ajoutant que ses propos ont été sortis de leur contexte et qu’il est « d’une génération où on disait ces mots-là ».
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« J’ai rien contre eux, sauf qu’ils sont un peu pervers » : les propos homophobes du forain Marcel Campion décriés

Le forain se défend d’être homophobe, ajoutant que ses propos ont été sortis de leur contexte et qu’il est « d’une génération où on disait ces mots-là ».



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 13h34
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 13h27
   





                        



   


Le forain Marcel Campion a suscité un tollé, dimanche 23 septembre, après la publication par Le Journal du dimanche d’une vidéo dans laquelle il tient des propos homophobes envers des responsables homosexuels de la Mairie de Paris.
Dans cette vidéo, filmée lors d’une réunion qui a eu lieu, selon Le JDD, le 27 janvier à Saint-Ouen, le meilleur ennemi de la maire de Paris, Anne Hidalgo, s’en prend notamment violemment à l’ancien premier adjoint de Paris et homosexuel déclaré, Bruno Julliard, qui a annoncé qu’il allait porter plainte.
« Moi, j’ai rien contre les homos, d’habitude je dis les “pédés”. Mais on m’a dit hier qu’il fallait plus que je dise ça. Donc je ne dis plus les “pédés”, je dis les “homos”. J’ai rien contre eux, sauf qu’ils sont un peu pervers. »
Dans un tweet, Bruno Julliard a annoncé que ces « propos abjects ainsi que leur auteur seront poursuivis en justice ».

VIDEO. Quand Marcel Campion tient des propos homophobes en pleine réunion publiquehttps://t.co/oV2B4BAo3Y pic.twitter.com/67LEY8TzVU— Le JDD (@leJDD) 22 septembre 2018


Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) Frédéric Potier a saisi le procureur de la République pour « des faits susceptibles de constituer des injures publiques en raison de l’orientation sexuelle ». L’association SOS-Homophobie va également porter plainte, s’indignant de ce que Marcel Campion assimile l’homosexualité à la perversité.
Plusieurs responsables politiques ont condamné les propos de M. Campion. « Ils ne méritent aucune indulgence ni aucune explication qui pourrait conduire à en relativiser l’intention. Ils sont scandaleux, un point c’est tout ! », a écrit le nouveau patron des députés LRM, Gilles Le Gendre, sur Twitter. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est dit « atterré ».
« Je suis d’une génération où on disait ces mots-là »
Marcel Campion a déclaré à l’Agence France-Presse qu’il était « tout sauf un homophobe ». « Si le mot “pédé” que j’ai dit une fois ou deux a pu déranger certaines personnes, je m’en excuse, je suis d’une génération où on disait ces mots-là, mais je ne suis pas homophobe », a-t-il assuré.
Il a évoqué « des propos un peu sortis de leur contexte dans un mouvement de colère » après avoir « été éliminé du marché de Noël et de la grande roue par M. Julliard ».

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« Le mot “pervers”, je ne l’ai pas utilisé pour les pédés. J’ai dit que c’étaient des pervers, parce qu’ils se servaient de leur statut d’élus pour essayer de faire des affaires », a-t-il ajouté, précisant que la réunion avait eu lieu « chez [lui], dans [son] petit café devant une quinzaine de personnes ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Dans la nuit de samedi à dimanche, le navire a sauvé 47 personnes, dont 17 mineurs, au large de la Libye, et ne sait toujours pas où il pourra débarquer.
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Article sélectionné dans La Matinale du 23/09/2018
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A bord de l’« Aquarius », un accrochage sévère avec les gardes-côtes libyens

Dans la nuit de samedi à dimanche, le navire a sauvé 47 personnes, dont 17 mineurs, au large de la Libye, et ne sait toujours pas où il pourra débarquer.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 13h08
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 09h00
    |

            Julia Pascual








                        



   


La sensation que les choses auraient pu dégénérer. Et qu’en tout cas, elles ont été là où l’absurdité de la situation devait inexorablement les mener : un face-à-face en pleine mer entre un bateau humanitaire et des gardes-côtes libyens et, au milieu de ce duel, près de cinquante enfants, femmes et hommes, en majorité des Libyens, surpris en pleine nuit dans leur tentative de fuir un pays pour gagner l’Europe à bord d’un petit bateau de bois. Pendant plusieurs heures, avant le lever du jour, dimanche 23 septembre, on s’est disputé des rescapés en Méditerranée centrale.
Vers 1 heure du matin, l’Aquarius, navire affrété par les organisations non gouvernementales SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), et seul bateau humanitaire qui patrouille au large de la Libye, est informé de la présence en mer d’un bateau qui commence à prendre l’eau, avec à son bord plusieurs dizaines de personnes. Le signalement provient de l’association Alarm Phone, qui propose une assistance téléphonique pour les personnes en situation de détresse en mer. L’Aquarius prévient les autorités maritimes libyennes, compétentes sur la zone pour coordonner les opérations de sauvetage, et entreprend de se rapprocher de la localisation de l’embarcation signalée.

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Dehors, il fait nuit. La lune est presque pleine. Il est près de 3 heures du matin et les sauveteurs de SOS-Méditerranée cherchent à la jumelle une trace du bateau. Ils sont rejoints dans cette entreprise par une vedette des garde-côtes libyens, qu’on devine au loin grâce à un point rouge et vert clignotant. « Si vous apercevez les migrants, dites-le nous », demandent les Libyens par radio. Vers 5 heures, l’Aquarius aperçoit une trace sur son radar et, peu de temps après, arrive à détailler la silhouette d’une embarcation. Deux canots pneumatiques semi-rigides sont mis à l’eau et les Libyens sont prévenus qu’ils partent en reconnaissance.

   


Danger imminent
« Si on nous demande de rester éloignés d’une embarcation en détresse ou de retarder une opération alors que nous avons des raisons de croire qu’un danger est imminent (…) nous porterons secours à ces personnes sans délai », avaient prévenu SOS-Méditerranée et MSF dans un communiqué cet été. Plus de 1 700 personnes sont déjà mortes en Méditerranée depuis le début de l’année.
Voyant que le bateau est surchargé et constatant la présence de nombreux enfants à bord, les humanitaires distribuent des gilets de sauvetage et commencent à transférer des personnes sur leurs canots pneumatiques. Les garde-côtes libyens sont furieux.
« Quittez la zone, nous nous rapprochons de vous ! »
Les ingrédients du conflit sont jetés sur l’eau comme le sel sur une plaie ouverte. D’un côté, des humanitaires qui considèrent qu’il est de leur devoir de sécuriser au plus vite des personnes en détresse. De l’autre, des gardes-côtes à qui l’on demande de freiner les départs de migrants, à grand renfort de deniers européens. Depuis des mois, la montée en puissance des gardes-côtes libyens prépare ce goulot d’étranglement parfait. Alors que l’Europe se déchire sur l’accueil des migrants et que l’Italie a décidé de fermer ses ports, ils sont devenus les premiers acteurs en nombre d’interceptions de migrants en Méditerranée centrale.
La reconnaissance par l’Organisation maritime internationale, en juin, de leur compétence en matière de coordination des secours dans les eaux internationales au large de la Libye, en fait des interlocuteurs désormais incontournables pour quiconque voudrait agir ici. Alors même que le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) des Nations unies considère que le pays n’est pas un lieu sûr pour débarquer des personnes secourues en raison des « graves maltraitances » qu’elles y risquent. En outre, depuis plusieurs semaines, la capitale, Tripoli, est en proie à des affrontements armés entre milices et groupes armés, qui ont déjà fait plus de cent morts. Dimanche, ce sont majoritairement des Libyens fuyant leur pays qui se trouvaient à bord du petit bateau de bois.

   


Accrochage avec les gardes-côtes libyens
« Quittez la zone, nous nous rapprochons de vous ! », hurlent dans la radio les garde-côtes libyens. « Nous avons commencé à transférer sur nos canots de sauvetage des femmes et des enfants », répond l’Aquarius. Il est aux alentours de 6 heures du matin et la tension monte d’un cran sur la passerelle du bateau. Le capitaine, un grand Russe extirpé de son sommeil, commence à montrer des signes d’inquiétude. Il fait les cent pas et souffle bruyamment, dans la pièce exiguë où se sont réunies une poignée de personnes. Il demande aux humanitaires de ne pas évacuer les personnes secourues et gèle la situation tant qu’elle n’est pas « clarifiée ». Sur le canal radio, les échanges sont confus pendant encore un long moment.
« Vous connaissez Tripoli ? Vous voulez venir faire une petite visite à Tripoli ? », lance, sur un ton mi-ironique, mi-menaçant, un homme, à l’attention de l’Aquarius. « Peut-on évacuer les femmes et les enfants sur l’Aquarius ? », s’entête à demander poliment le responsable des opérations de sauvetage de SOS-Méditerranée, Nick Romaniuk. « Vous ne respectez pas nos instructions ! Nous vous avons dit de ne pas intervenir. Et de ne pas vous approcher. Vous allez avoir des gros problèmes. Vous encouragez les migrants à aller en Europe, répètent, sur la radio, les gardes-côtes. On ne veut plus coopérer avec vous parce que vous nous désobéissez. Maintenant, nous allons nous approcher et vous dire quoi faire. »

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Il fait jour à présent. La navette des garde-côtes s’approche des deux canots de sauvetage de l’Aquarius et du bateau de bois sur lequel des dizaines de personnes attendent encore de connaître leur sort. « On vous laisse la situation, annoncent finalement les Libyens. Vous avez perturbé et interrompu nos opérations. Vous quitterez la zone immédiatement après. » 
Dernière opération de l’« Aquarius » ?
Les 47 personnes – dont 17 mineurs et autant de femmes – peuvent être évacuées à bord du navire humanitaire. Leurs visages sont pâles mais soulagés. Il est 8 heures et l’Aquarius met cap vers le nord, s’éloignant à grande vitesse de la Libye.

   


Le navire a « gagné » la partie, mais cette victoire annonce sûrement une défaite plus grande. « Tu as de la chance, tu as assisté à la dernière opération de ce navire », nous a fait remarquer, mi-amer mi-ironique, un membre de l’équipage. Dimanche, la cohabitation précaire qui existait entre les humanitaires et les autorités libyennes a volé en éclats. Déjà, la veille, l’Aquarius avait appris qu’il allait perdre pour la deuxième fois en un mois son pavillon. Après Gibraltar, le Panama, sous la pression de l’Italie, a décidé de révoquer son immatriculation, après que le bateau a porté secours jeudi à onze hommes en mer, et refusé de les remettre à la Libye.

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Désormais, il vogue avec 58 migrants à bord, sans destination. A ce stade, aucun port européen n’a manifesté son souhait de l’accueillir. En ce dimanche, la Méditerranée centrale avait des airs de Far West triste, peuplé d’indésirables.
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            data-slide-description="L’embarcation repérée par l’« Aquarius«  le 20 septembre. Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherches et de secours pour SOS Méditerranée, raconte : « Nous avons vu qu’ils étaient en train d’écoper le bateau. Ils avaient des gilets de sauvetage, mais ce sont des modèles de mauvaise confection, qui se remplissent d’eau, donc c’est dangereux. »"
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            data-slide-description="Jérémie Demange est le sauveteur de SOS Mediterranée qui a ciblé la petite barque en détresse le 20 septembre vers 7h « Au début, tu vois une tâche blanche qui bouge sur la vague et, très vite, tu vois que ça ressemble à une embarcation »."
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            data-slide-description="Les chaussures trempées des onze rescapès sèchent sur le pont principal de l'Aquarius, le 20 septembre."
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            data-slide-description="Un membre de Médecins sans frontières leur donne quelques explications sommaires, tandis qu’ils essayent de rallumer leur téléphone emballé dans plusieurs couches de plastique. Un sac est distribué à chacun d’entre eux, avec du linge propre, de l’eau, une serviette…"
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            data-slide-description="Sur le pont, le reste de l’équipage se tient prêt à accueillir les personnes secourues. La manœuvre est bien huilée. Un à un, les hommes sont montés à bord et installés sur le pont arrière du bateau."
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            data-slide-description="A bord de l’« Aquarius », après le sauvetage des onze personnes, dont un mineur, qui se trouvaient à bord de la petite embarcation."
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            data-slide-description=""Mon futur est entre vos mains" avoue Ch. Amraiz. Après avoir passé huit heures sur la mer pour parcourir 28 milles nautiques, cet homme de 38 ans d'origine pakistanaise s'est fait secourir par l'équipage de l'Aquarius. Le 20 septembre."
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            data-slide-description="Rocco Aiello, sauveteur pour SOS Méditerranée, après l’opération."
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            data-slide-description="Le sauvetage a eu lieu à envrion 28 milles nautiques, face à la ville libyenne d’Abou Kammach."
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            data-slide-description="La barque dont ils ont été évacués flotte à présent à vide. L’équipe de SOS Méditerranée démonte le moteur et disperse ses pièces à l’eau. La coque est marquée à la peinture noire : « SAR AQU 20/09/2018 », afin que chacun sache que les personnes à bord ont été secourues par l’« Aquarius », à plus de 120 milles marins (environ 222 km) du rivage européen le plus proche, l’île italienne de Lampedusa."
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L’embarcation repérée par l’« Aquarius«  le 20 septembre. Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherches et de secours pour SOS Méditerranée, raconte : « Nous avons vu qu’ils étaient en train d’écoper le bateau. Ils avaient des gilets de sauvetage, mais ce sont des modèles de mauvaise confection, qui se remplissent d’eau, donc c’est dangereux. »

Samuel Gratacap pour Le Monde
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Le pape François poursuit son voyage de quatre jours en Europe de l’Est. Il a appelé dimanche les nouvelles générations à ne pas céder aux « chants des sirènes » de l’antisémitisme.
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En Lituanie, le pape François met en garde contre les « identités de sang pur »

Le pape François poursuit son voyage de quatre jours en Europe de l’Est. Il a appelé dimanche les nouvelles générations à ne pas céder aux « chants des sirènes » de l’antisémitisme.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 18h51
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


En ce dimanche 23 septembre au matin, pour commémorer les 75 ans de la liquidation du ghetto juif, les 23 et 24 septembre 1943, une poignée de descendants des quelques survivants se relaient au pupitre de la synagogue Choral, la seule d’importance qui demeure à Vilnius, pour lire les noms des disparus. Sur les 57 000 personnes qui y sont passées, seulement 2 000 ont survécu. Entre 1941 et 1943, l’occupant nazi, parfois secondé par la population locale, a éradiqué l’essentiel du judaïsme lituanien (estimé à 210 000 personnes), centre intellectuel, culturel et religieux majeur d’Europe de l’Est. Un tiers de la population de Vilnius était juive, parfois davantage dans d’autres villes. « Nous, les survivants, nous sommes des accidents, nous ne sommes pas censés exister », résume Faina Kuklianski, la présidente de la communauté juive de Lituanie, devant la petite assemblée.
Dans l’après-midi, au second jour de sa visite dans les pays baltes, le pape François s’est recueilli devant le monument des victimes du ghetto. Puis il s’est rendu au musée des occupations et des luttes pour la liberté, où il a prononcé une prière. Ce bâtiment massif fut successivement le siège de la Gestapo puis du KGB, pendant les occupations allemande et soviétique. Le pontife unissait ainsi les mémoires de deux tragédies du vingtième siècle, dans un pays où la lecture de l’histoire, et notamment le rôle d’une partie de la population dans l’extermination des juifs, est un sujet sensible. Faina Kuklianski dit se réjouir de la visite du pape argentin, un « mensch » (un homme bien, en yiddish) dont elle apprécie « les efforts en faveur des droits humains ».
Cinq mois de négociations
Mais la présidente de la communauté juive de Lituanie ne cache pas qu’elle a dû déployer des efforts pour que le Vatican honore la commémoration de la liquidation du ghetto, en ce jour anniversaire. « Cela m’a pris cinq mois de négociation avec l’Eglise pour les persuader de venir, affirme-t-elle. Nous souhaitions qu’il rende hommage à l’emplacement du ghetto et à Ponary [une forêt proche de Vilnius, où quelque 60 000 juifs ont été assassinés par balle sous la direction des nazis}. Je suis heureuse de cette prière silencieuse. Le pape a beaucoup à dire à notre Eglise catholique, sur leur comportement pendant la guerre comme au sujet des justes parmi les nations [les non juifs qui ont sauvé des juifs]. » De fait, une première version du programme papal, qui profite des 100 ans de la proclamation d’indépendance des pays baltes pour faire sa visite, ne comprenait pas la prière devant la stèle, ajoutée in extremis.
Le pape François a cependant eu des mots forts, dimanche matin, pour rappeler la tragédie de l’extermination. « Faisons mémoire de cette époque », a-t-il dit à Kaunas, la deuxième ville du pays où quelque 35 000 juifs ont été exterminés, demandant à Dieu de pouvoir « découvrir à temps tout nouveau germe de cette attitude pernicieuse, toute atmosphère qui atrophie le cœur des générations qui n’en ont pas fait l’expérience et qui pourraient courir derrière ces chants des sirènes ».
Auparavant, dans l’homélie prononcée devant quelque 100 000 fidèles réunis pour une messe au parc Santakos, dans cette même ville, il avait adjoint à cette mémoire celle de la déportation dans des camps sibériens de dizaines de milliers de Lituaniens par l’occupant soviétique et la répression sur place de beaucoup d’autres, entre la fin de la seconde guerre mondiale et la chute de l’Union soviétique, au début des années 1990. « Les générations passées ont été marquées par le temps de l’occupation, l’angoisse de ceux qui étaient déportés, l’incertitude pour ceux qui ne revenaient pas, la honte de la délation, de la trahison. (…) Kaunas connaît cette réalité ; la Lituanie entière peut en témoigner avec un frisson au seul fait de nommer la Sibérie, ou les ghettos de Vilnius et de Kaunas, entre autres ».
« Devenir un pont qui unit l’orient et l’occident de l’Europe »
Tout au long des deux jours passés en Lituanie, le pape François a demandé aux Lituaniens de connaître cette mémoire douloureuse pour en faire non pas un facteur d’amertume, mais un moteur pour traiter les problèmes d’aujourd’hui sans les démons du passé. « Ceux qui n’acceptent pas de guérir la mémoire de leur histoire, peut-être justement pour cela, ils n’acceptent même pas de s’investir dans le travail présent, a-t-il dit dans son homélie. Et alors on discute sur celui qui a davantage brillé, qui a été le plus pur dans le passé (…) Et ainsi nous nions notre histoire (…) C’est une attitude stérile et vaine, qui renonce à s’impliquer dans la construction du présent. »
La veille, il avait adressé un message similaire lors d’une rencontre avec les jeunes, à Vilnius. Il les avait engagés à « ne pas oublier les racines de [leur] peuple », à faire leur l’histoire des générations précédentes sans pour autant faire de « l’identité » un poison pour l’avenir. « Notre vraie identité, leur a-t-il dit, présuppose l’appartenance à un peuple. Il n’y a pas d’identité “de laboratoire”, ni d’identité “distillée”, ni d’identité “de sang pur”. » De la même manière, devant les autorités politiques, à son arrivée, samedi matin, il avait souligné que, par le passé, la Lituanie avait su « offrir l’hospitalité, accueillir, recevoir des peuples de diverses ethnies et religions ».
« En regardant la situation mondiale dans laquelle nous vivons, où les voix qui sèment la division et l’affrontement deviennent nombreuses, ou bien qui proclament que l’unique manière possible de garantir la sécurité et la survie d’une culture réside dans l’effort pour éliminer, effacer ou expulser les autres, avait-t-il ajouté, vous, Lituaniens, avez une parole originale à apporter : accueillir les différences, (…) devenir un pont qui unit l’orient et l’occident de l’Europe. »

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ La pétition appelle le gouvernement à s’inspirer du Portugal, où le congé paternité vient d’être rendu obligatoire.
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Des personnalités françaises se mobilisent pour un congé paternité plus long et obligatoire

La pétition appelle le gouvernement à s’inspirer du Portugal, où le congé paternité vient d’être rendu obligatoire.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 12h19
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 08h49
   





                        



   


Une pétition lancée par les collectifs Congé Parentégalité et Pour une parentalité féministe (PA.F) a réuni 160 signataires, dont le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, ou l’ex-présidente du Medef Laurence Parisot, en faveur d’un congé paternité obligatoire, aligné sur le congé maternité.
Une loi « pour l’égalité »
« En France, une salariée a droit à un congé maternité de seize semaines, dont huit obligatoires. Un salarié, lui, dispose d’un congé paternité facultatif de onze jours », rappelle cette pétition publiée samedi 22 septembre dans Le Parisien, jugeant que « l’organisation des congés “à la française” participe au maintien d’un système inégalitaire et patriarcal au travail, en biaisant les critères d’embauche et d’avancement ».
« Seule une loi peut créer les conditions d’une parentalité à égalité, en rendant ce congé obligatoire et de même durée pour les deux parents, qu’ils soient travailleur·euses indépendant·es ou salarié·es », poursuit la pétition.
Les 160 signataires, parmi lesquels figurent des experts comme le psychiatre Serge Hefez, de simples citoyens et des personnalités, telles que l’humoriste Guillaume Meurice, exhortent à s’inspirer du Portugal, où le congé paternité vient d’être rendu obligatoire.
« Le congé paternité ne peut rester une option, au risque que le père ou second parent n’ose affirmer son choix de peur d’être discriminé à l’embauche ou dans sa carrière », arguent-ils.

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Report de la réforme
Le gouvernement a annoncé jeudi que les travailleuses indépendantes, cheffes d’entreprises et agricultrices pourraient bénéficier en 2019 d’un congé maternité aussi long que celui des salariées ; une promesse de campagne d’Emmanuel Macron.
Dans un communiqué, les deux collectifs regrettent le « report sine die de la réforme du congé paternité par Edouard Philippe, pourtant chef d’un gouvernement qui a désigné l’égalité entre les femmes et les hommes comme la “grande cause du quinquennat” ».
Dans un rapport remis récemment à l’exécutif, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait préconisé de rallonger le congé paternité et de le rendre au moins en partie obligatoire.
« Le congé paternité, il est très important qu’il puisse être amélioré », a commenté jeudi sur BFM-TV la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Mais « là on est vraiment concentrés sur le congé maternité », avait-elle ajouté.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Alors que leur rentrée approche ou est déjà passée, des milliers d’étudiants sont encore sur le carreau. Certains cherchent un toit depuis plusieurs mois, d’autres ont attendu une réponse tardive de Parcoursup.
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La chasse infernale au logement étudiant

Alors que leur rentrée approche ou est déjà passée, des milliers d’étudiants sont encore sur le carreau. Certains cherchent un toit depuis plusieurs mois, d’autres ont attendu une réponse tardive de Parcoursup.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 13h21
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                            Alice Raybaud








                        



                                


                            

« Je commence à devenir très inquiète. Depuis que j’ai repris les cours, je n’ai vraiment plus le temps de chercher… » Annabelle, 22 ans, recherche désespérément un T2 avec une amie à Paris depuis le mois de mai. Le résultat de ses cinq mois de recherche ? Seulement deux visites décrochées. « Et encore, le premier appartement que j’ai visité était totalement insalubre », peste l’étudiante en 4e année de master dans une école de communication. Avant sa rentrée, la jeune femme, hébergée par un ami, vivait branchée sur son téléphone et son ordinateur : « La recherche d’un appartement, c’est du vingt-quatre heures sur vingt-quatre », des journées entières ponctuées de notifications, d’appels infructueux et de déplacements dans les agences immobilières.
Annabelle fait partie de ces milliers d’étudiants qui, alors que le mois de septembre est déjà bien entamé, n’ont toujours pas de logement. Selon une enquête de l’Observatoire national de la vie étudiante, en 2016, 61 % des étudiants, soit 1,5 million, ne vivaient ni dans leur famille ni dans l’appartement dont ils étaient propriétaires. Il n’y avait alors que 350 000 logements en résidences étudiantes (dont 175 000 gérés par le Crous).
Depuis, le nombre d’étudiants a encore augmenté (de 135 000 étudiants, selon les estimations du ministère), sans que la construction de logements spécifiques à cette catégorie de la population suive : François Hollande avait promis de créer 40 000 logements étudiants pendant son quinquennat, mais aucun bilan n’est encore disponible. Quant au président Macron, il s’est engagé à en construire 60 000 d’ici à 2022.

« Pénurie » sans précédent
Annabelle doit consacrer tous ses week-ends à ses recherches d’appartement : une obligation handicapante pour l’étudiante, qui commence déjà à avoir une charge de travail importante. « C’est paradoxal parce que l’année dernière, alors que je m’y étais prise beaucoup plus tardivement,...




                        

                        

