<FILE-date="2018/09/24/19">

<article-nb="2018/09/24/19-1">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Aux Etats-Unis, un homme paraplégique a pu faire fonctionner ses jambes grâce à l’implant d’une électrode connectée à une commande extérieure, selon une étude publiée lundi.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Un paraplégique parvient à marcher grâce à des stimulations électriques

Aux Etats-Unis, un homme paraplégique a pu faire fonctionner ses jambes grâce à l’implant d’une électrode connectée à une commande extérieure, selon une étude publiée lundi.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 18h21
   





                        


Aux Etats-Unis, un jeune homme totalement paralysé des jambes a réussi à marcher avec le seul appui des bras et d’un déambulateur, grâce à l’implant d’une électrode, selon une étude américaine publiée lundi 24 septembre par Nature Medicine.
L’homme, devenu paraplégique à la suite d’un accident à motoneige, qui avait endommagé sa moelle épinière au niveau du milieu du dos, ne pouvait plus ni bouger ni sentir quoi que ce soit en dessous de la lésion.
Dans le cadre de cette étude commencée en 2016, trois ans après son accident, les chirurgiens de la clinique Mayo de Rochester, dans le Minnesota, ont installé un implant porteur d’une électrode dans l’espace péridural en dessous de la zone lésée de sa colonne vertébrale. Cette électrode, reliée à un stimulateur implanté dans la région abdominale, était connectée sans fil à une commande extérieure.
Le jeune homme, âgé aujourd’hui de 29 ans, a ensuite suivi des sessions de stimulations électriques et d’exercices physiques combinés pendant quarante-trois semaines. Au bout de deux semaines, il pouvait déjà se lever et faire des pas soutenu par un harnais, sous stimulation électrique.
102 mètres en un an
Pendant cent treize sessions d’entraînement réparties sur un an, les chercheurs de la clinique Mayo et de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA) ont ajusté les exercices pour donner le maximum d’indépendance au patient. Celui-ci est ainsi parvenu à marcher sans harnais, avec l’appui fourni par le déambulateur ou en se tenant à des barres sur un tapis roulant, et même à trouver son équilibre sans regarder ses jambes dans un miroir.
Au total, sur un an, il a réussi à parcourir 102 mètres, soit la longueur d’un terrain de football, précise l’étude dirigée par la docteure Kristin Zhao et le docteur Kendall Lee.

        Lire aussi :
         

                Le grand flou des logements « accessibles » aux handicapés



« C’est la première fois qu’on peut mettre en œuvre chez un homme totalement paralysé du bas du corps un processus de marche sur tapis roulant ou avec déambulateur », souligne la docteure Kristin Zhao. Dans de précédentes expérimentations, des volontaires paraplégiques avaient été capables, sous stimulation électrique, de bouger volontairement les hanches, les chevilles ou les orteils, mais pas de marcher.
« L’étude montre qu’après implant et sous stimulation électrique, le patient a pu recouvrer le contrôle volontaire de ses jambes », a expliqué Kendall Lee lors d’une conférence de presse, tout en reconnaissant que « le mécanisme précis qui a rendu cela possible reste inconnu ».
« Poursuivre la recherche »
« L’étude montre que le système nerveux central peut s’adapter après une blessure grave, et qu’avec des interventions comme la stimulation péridurale, on peut regagner un certain contrôle des fonctions motrices », ajoute la docteure Zhao. Toutefois, « il faut souligner qu’en dépit des succès obtenus pendant l’étude, le patient continue de mener sa vie quotidienne en chaise roulante ». En effet, dès que la stimulation électrique s’arrêtait, l’homme revenait à son état de paralysie initiale, et il n’a pas récupéré de sensation corporelle.
L’étude porte en outre sur un seul individu, et « il faut poursuivre la recherche dans ce domaine pour mieux comprendre qui peut bénéficier de ce type d’intervention », dit la docteure Zhao. Ce travail vient renforcer, avec d’autres expérimentations, l’idée que « des fonctions qu’on pensait définitivement perdues » pourraient être réactivées grâce à des technologies nouvelles.
En France, des chercheurs grenoblois de Clinatec, un centre de recherche biomédicale, ont conçu un exosquelette piloté par une puce placée dans la tête d’une personne paralysée.

        Lire aussi :
         

                Un tétraplégique pilote un exosquelette avec son cerveau






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-2">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le cinéaste ukrainien, condamné en Russie à vingt ans de prison, observe une grève de la faim depuis 134 jours pour protester contre la détention de 70 prisonniers politiques.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Oleg Sentsov fait citoyen d’honneur de la Ville de Paris

Le cinéaste ukrainien, condamné en Russie à vingt ans de prison, observe une grève de la faim depuis 134 jours pour protester contre la détention de 70 prisonniers politiques.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 18h38
    |

            Benoît Vitkine








                        



   


Le conseil de Paris a octroyé à l’unanimité, lundi 24 septembre, le titre de citoyen d’honneur de la ville au cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, condamné en Russie à vingt ans de prison et en grève de la faim depuis 134 jours. Son dossier avait été déposé conjointement par l’écrivaine et historienne Galia Ackerman et l’association Les Nouveaux Dissidents, en pointe dans la défense du cinéaste.
« Paris est connue pour être la capitale des droits de l’homme, a déclaré avant le vote la maire de Paris, Anne Hidalgo. Nous avons la responsabilité de promouvoir ces valeurs partout dans le monde. Oleg Sentsov doit être libéré. » Chose rare, la proposition a été adoptée à l’unanimité, recueillant les suffrages de l’opposition de droite et jusqu’aux élus du groupe communiste-Front de Gauche.
« La droite a été très ferme et sans ambiguïté, relate le philosophe Michel Eltchaninoff, président des Nouveaux Dissidents et présent en tribunes. Quant aux communistes et à La France insoumise, ils ont pris le soin de préciser qu’au-delà de la question de l’annexion de la Crimée, le caractère illégitime de la détention de Sentsov ne faisait pas de doute. »
« Nous pouvons encore le sauver »
En théorie, ce statut purement honorifique n’est décerné qu’une fois par an, et la mairie de Paris l’avait accordé au mois de juin à Nabil Rajab, militant bahreïni emprisonné et secrétaire général adjoint de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). Mais face à l’urgence de la situation d’Oleg Sentsov, entorse a été faite à cette règle.
Cette urgence, alors que l’état de santé du cinéaste continue de se dégrader, a été rappelée par Anne Hidalgo. « Nous pouvons encore le sauver », a-t-elle toutefois assuré, qualifiant le vote de son conseil municipal d’« acte d’espoir ». Depuis le 31 juillet, la photo du réalisateur, qui s’était opposé à l’annexion de la Crimée et a été condamné en Russie pour « terrorisme » et « trafic d’armes » s’affiche dans les locaux de la mairie de Paris et sur le parvis de celles des 4e et 10e arrondissements.

        Lire aussi :
         

                « Oleg Sentsov peut mourir à chaque minute qui passe »



Oleg Sentsov, qui est détenu dans une colonie pénitentiaire du Grand Nord, ne mène pas une grève de la faim « totale ». Il boit 3,5 litres d’eau par jour et a accepté depuis début août de prendre deux à trois cuillères quotidiennes de substituts alimentaires, pour éviter que l’administration pénitentiaire le nourrisse de force à l’aide d’une sonde. Les informations quant à sa santé sont parcellaires, mais celles données par son avocat mi-août faisaient état d’une perte de poids de 30 kg et de divers problèmes potentiellement irréversibles.
« Parodie de justice »
Né en Crimée, il avait refusé d’adopter la nationalité russe après l’annexion de la péninsule, en 2014, mais Moscou a décidé de lui enlever « automatiquement » sa citoyenneté ukrainienne, excluant ainsi l’hypothèse d’un échange de prisonniers présentée par Kiev.
Le cinéaste a débuté sa grève de la faim mi-mai pour réclamer la libération des quelque 70 Ukrainiens détenus en Russie pour des raisons politiques, dont son coaccusé Oleksandr Koltchenko. A l’issue d’un procès qualifié par Amnesty International de « parodie de justice » évoquant « l’ère stalinienne », les deux hommes, arrêtés en mai 2014, avaient été condamnés, le 25 août 2015, à respectivement vingt et dix ans de colonie pénitentiaire pour « participation » à une entreprise « terroriste ».
Oleg Sentsov et son complice auraient envoyé deux cocktails Molotov contre les locaux d’une organisation criméenne prorusse. La sévérité des peines, pour de tels faits, a surpris jusqu’aux observateurs russes. Surtout, aucune preuve solide n’a été présentée lors du procès, et l’accusation s’est uniquement appuyée sur les déclarations de deux autres coaccusés. L’un d’eux avait expliqué à l’audience avoir signé des aveux sous la torture ; l’autre a refusé de témoigner. MM. Sentsov et Koltchenko ont eux aussi évoqué des tortures.
Grève de la faim « tournante »
La France s’est montrée particulièrement active dans sa défense, notamment à l’initiative de l’association Les Nouveaux Dissidents. Depuis le 14 septembre, elle a lancé en coopération avec la Société des réalisateurs de films une grève de la faim « tournante » devant l’ambassade de Russie à Paris. Samedi soir, elle a également projeté en plein air, toujours devant l’ambassade, le film Gamer, réalisé par Oleg Sentsov. Parallèlement, nombre de personnalités de la culture, en France et ailleurs, ont multiplié les appels à sa libération.

        Lire aussi :
         

                Oleg Sentsov : Emmanuel Macron a proposé des solutions d’urgence à Vladimir Poutine



Côté diplomatique, Emmanuel Macron a évoqué à plusieurs reprises le sujet avec son homologue russe Vladimir Poutine. Le 10 août, le président français avait demandé à M. Poutine qu’une équipe de médecins indépendants ait accès au prisonnier. L’administration russe n’a pas accédé à cette requête et continue d’assurer que l’état de santé de M. Sentsov reste satisfaisant.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-3">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ A l’approche des élections de février 2019, où il briguera un second mandat, le chef de l’Etat nigérian est fragilisé par des démissions en série, pointe notre chroniqueur.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤         

Compte rendu

« La méfiance du président Buhari a réduit le gouvernement comme peau de chagrin »

A l’approche des élections de février 2019, où il briguera un second mandat, le chef de l’Etat nigérian est fragilisé par des démissions en série, pointe notre chroniqueur.

Par                                            Benjamin Augé (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-09-24T18:08:19+02:00"

        Le 24.09.2018 à 18h08

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-09-24T18:15:54+02:00"

        Mis à jour le 24.09.2018 à 18h15






    
Le président nigérian, Muhammadu Buhari, à Maiduguri le 6 juillet 2018.
Crédits : AUDU MARTE/AFP


Chronique. Rien ne va plus dans le gouvernement nigérian. La démission fracassante de la ministre des finances, Adeosun Kemi, vendredi 14 septembre, constitue le énième départ d’un gouvernement désormais réduit comme peau de chagrin. Mois après mois, ce cénacle se dépouille un peu plus de ses poids lourds, alors que l’économie est en pleine convalescence et qu’une crise institutionnelle risque de bloquer le Sénat jusqu’aux élections générales du 16 février 2019.
Adeosun Kemi, 51 ans, s’en est donc allée après deux mois de scandale au sujet de l’authenticité du certificat qui lui aurait permis d’échapper au service civique nigérian dans les années 1990. Elle sera remplacée par la secrétaire d’Etat au budget, Zainab Ahmed, dont le fauteuil restera vraisemblablement vide.

        Lire aussi :
         

                Le président nigérian en route pour un deuxième mandat malgré un bilan en demi-teinte



En mai, l’ancien gouverneur de l’Etat d’Ekiti John Kayode Fayemi, autre figure majeure, avait déjà laissé son siège de ministre des mines, préférant redevenir gouverneur de son fief. Le président Muhammadu Buhari lui avait confié ce portefeuille dans le but de diversifier une économie trop dépendante du pétrole et du gaz. Docteur en « War Studies » du King’s College de Londres, John Kayode Fayemi avait été chargé du programme du All Progressives Congress (APC) pour l’élection de 2015, puis de l’organisation des primaires au cours desquelles M. Buhari avait été désigné candidat, en décembre 2014. Son remplacement par son secrétaire d’Etat devrait conduire à une mise en veille du secteur minier.
Vacance problématique
Si la crise devient lisible depuis quelques mois, l’opinion aurait déjà dû être alertée par le choix de la ministre de l’environnement Amina Mohammed. Dès février 2017, l’ex-conseillère de Ban Ki-moon pour le développement avait préféré rejoindre son ancienne maison, les Nations unies, comme secrétaire générale adjointe d’Antonio Guterres. Là encore, son secrétaire d’Etat, Ibrahim Usman Jibril, ex-professeur de géographie, a été nommé à sa place. Depuis, les dossiers politiquement chauds, comme le nettoyage de la région du delta du Niger, ravagée par les pollutions d’hydrocarbures, restent en déshérence faute d’une personnalité politique forte pour les porter.

        Lire aussi :
         

                Le delta du Niger ravagé par le venin du pétrole



Si le schéma désormais rodé veut que des secrétaires d’Etat gravissent un échelon, le processus de nomination prend parfois de long mois, créant un vide problématique. C’est ce qui s’est produit après le décès de James Ocholi dans un accident de voiture, en mars 2016 : il a fallu quatorze mois pour pourvoir son poste de secrétaire d’Etat chargé du travail et de l’emploi. Dans un pays où la règle veut que chacun des trente-six Etats soit représenté au gouvernement, cette vacance n’est pas passée inaperçue, en particulier dans l’Etat de Kogi, où était né Ocholi.

        Lire aussi :
         

                Le delta du Niger sacrifié pour des pétrodollars



Derrière cet enchaînement de faits pointe une réalité simple. En tant qu’ancien chef d’Etat militaire (1983-1985), Buhari se méfie des ministres. Il avait déjà traîné des pieds durant six mois pour composer son premier gouvernement, en 2015, et préfère travailler avec ses conseillers, son chef de cabinet et des personnes clés qu’il a lui-même nommées. Il n’a jamais montré une grande appétence pour les réunions du conseil des ministres, où il se fait très régulièrement remplacer par son vice-président, Yemi Osinbajo.
Les institutions grippées
Comme si la situation ne suffisait pas, le torchon brûle entre le chef de l’Etat et le président du Sénat, Bukola Saraki, qui bloque depuis plusieurs mois toute nomination ministérielle. Entre eux, les contentieux sont nombreux. Muhammadu Buhari avait lancé dès 2015 une enquête sur des comptes bancaires présumés liés au président du Sénat, qui s’est finalement achevée par une relaxe. Plus récemment, il n’a pas tenu compte de plusieurs décisions de la haute assemblée, comme le veto opposé à deux reprises à la nomination d’Ibrahim Magu à la tête de l’agence anticorruption. L’homme a conservé ce poste, qu’il occupe depuis trois ans en tant qu’intérimaire. De quoi susciter la colère des sénateurs, qui vivent son maintien comme un affront.

        Lire aussi :
         

                Plus de 200 morts dans des affrontements entre éleveurs et agriculteurs au Nigeria



Le problème est d’autant plus politique que Bukola Saraki est l’un des candidats à la primaire du People’s Democratic Party (PDP, opposition), dont le gagnant sera opposé au chef de l’Etat sortant en février 2019. Aussi souhaite-t-il désormais montrer que Muhammadu Buhari a lui-même grippé le fonctionnement des institutions en manifestant un trop grand mépris pour le Sénat.
A cinq mois d’une échéance électorale à risques pour le président Buhari, chacun compte ses points. Reste que les luttes politiques ne doivent pas faire oublier que l’économie nigériane est encore affaiblie par la récession de 2016 et fragilisée par des combats très meurtriers entre éleveurs et agriculteurs dans les Etats septentrionaux (plus de mille morts depuis le début de l’année) et la menace toujours présente de Boko Haram.
Benjamin Augé est chercheur associé au centre Afrique subsaharienne à l’Institut français des relations Internationales (IFRI).


<article-nb="2018/09/24/19-4">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Le navire de sauvetage en mer, qui s’est accroché avec des gardes-côtes libyens ce week-end, avance que le port du sud de la France est sa « seule option ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

L’« Aquarius » demande à la France de pouvoir accoster à Marseille, « à titre exceptionnel »

Le navire de sauvetage en mer, qui s’est accroché avec des gardes-côtes libyens ce week-end, avance que le port du sud de la France est sa « seule option ».



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 16h57
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 17h55
   





                        



   


L’Aquarius, navire de secours en mer qui a recueilli onze personnes jeudi 20 septembre, puis quarante-sept dans la nuit de samedi 22 à dimanche 23, est en route vers Marseille et demande aux autorités françaises d’autoriser « à titre exceptionnel » le débarquement de ses passagers.
« C’est la seule option que nous avons » pour permettre à l’Aquarius, « dernier navire » civil dans la zone, « de continuer sa mission » de sauvetage de migrants, a argué Frédéric Penard, directeur des opérations de SOS Méditerranée, l’ONG qui affrète le navire, lors d’une conférence de presse à Paris. Marseille, port d’attache de l’Aquarius, « est le seul port envisageable pour qu’il puisse repartir », a-t-il ajouté.
« Nous avons alerté d’autres pays, mais nous avons du mal à imaginer que la France puisse refuser, compte tenu de la situation humanitaire », a dit Francis Vallat, président de l’ONG en France. Sans préjuger de la réponse, il a assuré qu’à aucun moment les autorités « ne [les] ont dissuadés de monter vers Marseille ».

        Lire aussi :
         

                L’« Aquarius » dégradé de son pavillon ou le naufrage de l’Europe



Situation « extrêmement critique »
Le Panama a annoncé vendredi sa décision de retirer son pavillon à l’Aquarius, expliquant que l’Italie lui avait signalé un comportement du navire contrevenant au droit international. Ce serait la deuxième fois que l’Aquarius perdrait son pavillon après le retrait, cet été, de celui de Gibraltar.
« C’est du jamais-vu et en soi un scandale », a déclaré M. Vallat, demandant au Panama « de revenir sur sa décision » et sinon aux Etats européens de fournir un pavillon à l’Aquarius. La situation est selon lui « extrêmement critique » puisque « nous risquons de perdre le pavillon du Panama au moment où nous toucherons terre ».
Une situation qui risque d’empirer après l’accrochage, dans la nuit de samedi à dimanche, avec des gardes-côtes libyens. Ceux-ci avaient en effet ordonné à l’Aquarius de les laisser prendre en charge un bateau en difficulté, mais l’équipage du navire de secours estimait que l’urgence était telle qu’il ne pouvait attendre.

        Lire aussi :
         

                A bord de l’« Aquarius », un accrochage sévère avec les gardes-côtes libyens




Le pavillon d’un bateau, indispensable pour naviguer
Juridiquement, le pavillon désigne la nationalité de rattachement d’un bateau. Cette immatriculation est obligatoire pour lui permettre de naviguer, d’accoster dans un port et d’être identifié en cas de problème.
En haute mer, un navire relève exclusivement des autorités de son pavillon. Mais il est soumis à la loi de l’Etat du port ou du pays dans lequel il se trouve lorsqu’il est dans ses eaux territoriales (jusqu’à 12 milles de ses côtes). L’Aquarius ne navigue en revanche que dans les eaux internationales.
Sans pavillon, le navire est contraint de rester où il se trouve. Il devient une sorte de bateau fantôme ou bateau pirate, interdit de prendre la mer.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-5">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Aldi Novel Adilang a survécu sept semaines en mer à la dérive après que son radeau de pêche eut rompu ses amarres et dérivé en pleine mer.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Un Indonésien de 18 ans sauvé après avoir dérivé 49 jours, seul sur un radeau

Aldi Novel Adilang a survécu sept semaines en mer à la dérive après que son radeau de pêche eut rompu ses amarres et dérivé en pleine mer.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 16h48
   





                        



   


Sept semaines, seul en mer à la dérive et sans nourriture. A 18 ans seulement, un jeune Indonésien a survécu à ce périple digne d’un récit d’aventures après que son radeau de pêche eut rompu ses amarres et dérivé à plus de 2 500 kilomètres au large de l’île de Guam, dans le Pacifique.
L’épopée d’Aldi Novel Adilang débute à la mi-juillet alors qu’il travaille seul sur sa cabane de pêche traditionnelle, un rompong, amarré à 125 kilomètres au large des Célèbes, en Indonésie. Le jeune homme est chargé de surveiller la lampe du rompong, censée attirer les poissons et les piéger. Chaque semaine, il est ravitaillé par son propriétaire, qui lui fournit nourriture, eau potable et carburant.
Son radeau de pêche, sans moteur ni rame et surmonté d’une cabane, n’est amarré que par une longue corde. Une installation précaire, qui finit par se détacher en raison des vents violents, emportant au grand large le jeune homme et son radeau.
Eau de mer et feu de bois
Livré à lui-même, le jeune homme se retrouve rapidement à court de nourriture, sa réserve n’étant suffisante que pour quelques jours. Pour ne pas mourir de faim, le naufragé boit de l’eau de mer filtrée par ses vêtements et pêche des poissons en pleine mer, qu’il cuisine sur son embarcation de fortune. Là encore, les réserves manquent et Aldi Novel Adilang finit par être à court de gaz pour cuisiner.
« Il a commencé à démonter des barrières en bois du rompong pour faire du feu », raconte au Jakarta Post Mirza Nurhidayat, le consul indonésien à Osaka, qui a supervisé le retour en Indonésie de ce garçon particulièrement débrouillard.
Effrayé, en pleurs, Aldi Novel Adilang perd peu à peu espoir alors que plus de dix bateaux passent devant lui sans s’arrêter ou le voir. Le 31 août, il tente de nouveau d’attirer l’attention d’un navire qui passe à proximité en agitant ses vêtements. En vain. Il pense alors à se brancher sur une fréquence radio pour demander de l’aide. Une astuce donnée un jour par un ami, au cas où. Le signal parvient jusqu’au capitaine de l’Arpeggio, un bateau sous pavillon panaméen, qui décide de faire demi-tour.
La mer étant trop agitée, le navire ne parvient pas à s’approcher du radeau et ne peut que jeter une corde à l’eau afin le jeune homme s’y agrippe. Forcé de nager en pleine mer malgré son état très faible, Aldi manque de lâcher la corde avant qu’un membre de l’équipage réussisse à attraper sa main, raconte Fajar Firdaus, un autre diplomate indonésien au quotidien local.
Quarante-neuf jours après avoir dérivé à des milliers de kilomètres de son pays, il est enfin hissé, sain et sauf, sur l’Arpeggio, qui le ramènera au Japon, destination initiale du navire. « Quand son patron nous a annoncé [son sauvetage], j’étais sous le choc, j’étais si heureuse », confie aujourd’hui Net Kahiking, la mère du jeune homme.
Le plus jeune des quatre enfants de la famille est désormais rentré chez lui en septembre et est en bonne santé malgré son long périple. Sa mère le promet, il n’aura pas un anniversaire comme les autres : « Il aura 19 ans le 30 septembre, nous allons fêter ça. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-6">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les accusés ont été reconnus coupables du meurtre de treize policiers, en 2013, lors des violences ayant suivi la destitution du président Morsi.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤         

Compte rendu

La justice égyptienne condamne définitivement vingt islamistes à la peine capitale

Les accusés ont été reconnus coupables du meurtre de treize policiers, en 2013, lors des violences ayant suivi la destitution du président Morsi.


LE MONDE
              datetime="2018-09-24T16:43:24+02:00"

        Le 24.09.2018 à 16h43






    
Les débris du campement des partisans de Mohamed Morsi devant la mosquée Rabaa al-Adawiya, au Caire. Plus de 700 manifestants ont été tués, le 14 août 2013, lors de la dispersion de deux sit-in de protestation contre le renversement par l’armée du président islamiste égyptien.
Crédits : KHALED DESOUKI / AFP


La Cour de cassation égyptienne a confirmé, lundi 24 septembre, la condamnation à la peine capitale prononcée à l’encontre de vingt islamistes, reconnus coupables du meurtre de treize policiers lors de violences qui avaient suivi la destitution de l’ancien président Mohamed Morsi, en 2013.
« Le verdict est définitif et ne peut faire l’objet d’un [autre] appel », a affirmé un responsable judiciaire. Selon la loi égyptienne, les accusés ont le droit de se pourvoir en cassation à deux reprises seulement.

        Lire aussi :
         

                L’Union européenne mise sur l’Egypte pour réduire les départs de migrants



La Cour de cassation confirme ainsi le verdict prononcé le 2 juillet 2017 par la cour criminelle du Caire.
Vingt et une personnes acquittées
Les vingt accusés ont été condamnés pour le meurtre de treize policiers lors des violences survenues le 14 août 2013 après la dispersion par les forces de sécurité de deux sit-in massifs de partisans de M. Morsi dans la capitale. Plus de 700 manifestants avaient été tués. Une foule en colère avait alors attaqué un commissariat à Kerdessa, en banlieue, réputé être un fief islamiste.
Dans la même affaire, la Cour de cassation a également confirmé lundi les condamnations à perpétuité – une peine équivalant en Egypte à vingt-cinq ans de prison – à l’encontre de quatre-vingts accusés, et à quinze ans de prison contre trente-quatre accusés. Vingt et une personnes ont été acquittées.

        Lire aussi :
         

                En Egypte, un président tout-puissant



Depuis la destitution, en juillet 2013, de M. Morsi par l’armée, dirigée alors par Abdel Fattah Al-Sissi, des centaines de peines capitales ont été prononcées à l’encontre des partisans du président déchu mais la majorité ont été ensuite annulées par la Cour de cassation.
« Doute sérieux sur la culpabilité »
Le 8 septembre, un tribunal du Caire a condamné soixante-quinze personnes à mort, dont des dirigeants des Frères musulmans. Ce verdict, qui peut encore faire l’objet d’un appel, avait soulevé l’indignation des organisations de défense des droits humains.
La haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, Michelle Bachelet, avait estimé dans un communiqué que les « droits fondamentaux » des accusés avaient été « ignorés de manière flagrante », faisant peser « un doute sérieux sur la culpabilité de tous les condamnés ».

        Lire aussi :
         

                L’ONU dénonce la condamnation à mort de 75 Egyptiens, dont des chefs islamistes



L’Egypte avait répliqué face à ces accusations, invoquant le respect des décisions prises par ses juges.
Fin 2017, quinze personnes ont été exécutées par pendaison, après avoir été jugées coupables d’attaques contre l’armée et des forces de police dans le nord de la péninsule du Sinaï, théâtre d’une insurrection du groupe Etat islamique (EI). Il s’agissait de la plus importante exécution de masse en Egypte après celle, en 2015, de six personnes reconnues coupables, elles aussi, d’attaques contre l’armée et la police.


<article-nb="2018/09/24/19-7">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ A Lisdoonvarna, comme chaque année, en septembre des dizaines de milliers de célibataires des deux sexes participent au Matchmaking Festival, dans le but de (peut-être) trouver l’âme sœur. Un événement unique en son genre.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ 
<article-nb="2018/09/24/19-8">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ L’image de Kim Phuc avait fait le tour du monde en 1972. Elle a subi divers traitements au laser depuis 2015 pour atténuer les séquelles des brûlures.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ 
<article-nb="2018/09/24/19-9">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Depuis la rétrocession de l’île à la Chine en 1997, le Parti national de Hongkong est le premier à être banni par le gouvernement de la « Région administrative spéciale ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Un petit parti séparatiste « propagateur de haine » formellement interdit à Hongkong

Depuis la rétrocession de l’île à la Chine en 1997, le Parti national de Hongkong est le premier à être banni par le gouvernement de la « Région administrative spéciale ».



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 15h48
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



                                


                            

Le Parti national de Hongkong (HKNP), qui prônait ouvertement l’indépendance de la Région administrative spéciale de Chine, est désormais formellement interdit à Hongkong. La décision, à effet immédiat, est tombée lundi 24 septembre au matin. Fondé en 2016, le HKNP n’a jamais eu de représentant élu et n’a qu’une poignée de sympathisants. Son cofondateur, Andy Chan Ho-tin, un jeune architecte d’intérieur de 28 ans, n’avait pas eu le droit de se présenter aux élections législatives de septembre 2016. L’annonce de l’interdiction n’a donc surpris personne, pas même Andy Chan Ho-tin, pour qui l’affaire était jouée d’avance.
Lors d’une conférence de presse donnée lundi, le ministre de la sécurité a néanmoins indiqué que sa décision avait été prise après une étude « exhaustive et attentive » du dossier. Interrogé sur d’éventuelles pressions de Pékin qu’il aurait subies, le ministre a affirmé avoir pris la décision « lui-même ». « Je ne peux pas ignorer le fait que le Parti national de Hongkong a, à plusieurs reprises, indiqué qu’il aurait recours à tous les moyens possibles, y compris la violence », a déclaré John Lee. « Proposer une république de Hongkong sans Chinois continentaux est un discours propagateur de haine, contraire à la Basic Law », a-t-il ajouté, faisant référence au texte qui fait office de mini-Constitution pour la Région administrative spéciale de Chine. Alors que la Basic Law indique en effet explicitement, dans son article 1, que Hongkong est partie intégrante de la Chine, l’article 27 du même texte garantit toutefois « la liberté de parole, de presse et d’édition, d’assemblée, de réunion, de procession, de manifestation ainsi que la liberté de former ou joindre un syndicat et de faire grève ».
« Nouveau pouvoir colonial »
C’est la première fois depuis la rétrocession de 1997 que le gouvernement de la « Région administrative spéciale » interdit un parti politique. Ironiquement, l’article de loi...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-10">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le texte adopté lundi et prôné par Matteo Salvini a fait l’objet de critiques de la part du principal allié de la Ligue au gouvernement, le Mouvement 5 étoiles.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Tour de vis sécuritaire et anti-migrants en Italie

Le texte adopté lundi et prôné par Matteo Salvini a fait l’objet de critiques de la part du principal allié de la Ligue au gouvernement, le Mouvement 5 étoiles.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 14h55
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 15h29
   





                        


Le conseil des ministres italien a adopté, lundi 24 septembre, un décret-loi instaurant le tour de vis sur la sécurité et contre l’immigration prôné par le ministre de l’intérieur issu de l’extrême droite, Matteo Salvini. « C’est un pas en avant pour rendre l’Italie plus sûre. Pour combattre avec plus de force les mafieux et les passeurs, pour réduire les coûts d’une immigration exagérée, pour expulser plus rapidement les délinquants et les faux demandeurs d’asile, pour révoquer la citoyenneté aux terroristes, pour donner plus de pouvoirs aux forces de l’ordre », a affirmé M. Salvini sur Facebook.
Système d’accueil réorganisé
Le gouvernement n’a pas communiqué dans l’immédiat sur le contenu exact du texte, qui doit entrer en vigueur dès qu’il aura été signé par le président Sergio Mattarella, mais devra être validé dans un délai de soixante jours par le Parlement. En voici les principaux points :
Permis de séjour : le texte rend exceptionnels les permis de séjour humanitaires – que 25 % des demandeurs d’asile en Italie obtenaient ces dernières années – et prévoit la suspension de la demande d’asile si le demandeur se montre « dangereux » ou fait l’objet d’une condamnation en première instance.Système d’accueil : le texte réorganise le système d’accueil des demandeurs d’asile, qui seront regroupés dans de grands centres d’accueil, les efforts de répartition sur le territoire pour favoriser l’intégration étant réservés aux mineurs isolés et aux réfugiés reconnus. Il instaure aussi la révocation de la naturalisation de tout étranger condamné pour terrorisme.Volet sécurité : le texte généralise l’utilisation des pistolets électriques, y compris par les policiers municipaux, et favorise l’évacuation des bâtiments occupés en supprimant l’obligation de proposer un hébergement provisoire aux personnes vulnérables.
Très discuté dans la presse depuis plusieurs semaines, le texte faisait avant son approbation l’objet de critiques, y compris au sein du Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème), allié gouvernemental de la Ligue. Le secrétaire général de la conférence des évêques d’Italie, Mgr Nunzio Galantino, a ainsi critiqué le fait qu’immigration et sécurité soient traitées dans le même texte. « Cela signifie que l’immigré est déjà jugé en raison de sa condition et qu’il est déjà considéré comme un danger public, quel que soit son comportement. C’est un mauvais signe », a-t-il expliqué.

        Lire aussi :
         

                En Italie, le ministre de l’intérieur Matteo Salvini poursuivi pour séquestration de migrants




        Lire aussi :
         

                Italie : « Matteo Salvini pense pouvoir faire tout et n’importe quoi au nom du peuple »







                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-11">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ En vertu des mesures punitives contre les « activités malveillantes » de Moscou, Washington a sanctionné une unité-clé du ministère chinois de la défense pour avoir acquis des avions de combat Soukhoï SU-35.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La Chine fustige des sanctions américaines contre ses achats d’armement à la Russie

En vertu des mesures punitives contre les « activités malveillantes » de Moscou, Washington a sanctionné une unité-clé du ministère chinois de la défense pour avoir acquis des avions de combat Soukhoï SU-35.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 14h47
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

En pleine guerre commerciale avec la Chine, Washington vient d’ouvrir un nouveau front en sanctionnant Pékin pour avoir acheté des armes russes. Les Etats-Unis lui reprochent d’avoir acheté quinze avions de combat Soukhoï SU-35 en 2017 ainsi que des équipements associés aux systèmes de défense anti-aériens S-400 sol-air en 2018. Selon un porte-parole de l’administration américaine, qui a rendu les sanctions publiques, jeudi 20 septembre, ce n’est pas la Chine en tant que telle qui est visée mais la Russie. Les Etats-Unis entendent punir les « activités malveillantes » de la Russie, dont l’ingérence dans les élections américaines, l’annexion de la Crimée et son attitude en Ukraine.
Reste que c’est apparemment la première fois qu’un pays, en l’occurrence la Chine, est sanctionné pour avoir acheté des armes à la Russie. En vertu des sanctions, le département chinois de développement des équipements (EED), la branche militaire chargée des acquisitions d’armements et son directeur, Li Shangfu, ne pourront plus demander de licences d’exportation ni s’intégrer au système financier américain. Ils sont ajoutés à la liste du département du Trésor des entités avec lesquelles les Américains ne peuvent pas réaliser de transactions.

La Chine et la Russie, qui ont mené d’impressionnantes manœuvres militaires communes à l’est de la Russie début septembre, ont très vigoureusement réagi à ces sanctions. Les autorités chinoises ont convoqué, samedi 22 septembre, au ministère des affaires étrangères, l’ambassadeur américain, Terry Branstad, ainsi que l’attaché militaire David Menser, pour leur faire part de leurs « fermes protestations ». « L’approche américaine est une violation flagrante des normes fondamentales des relations internationales, une manifestation d’hégémonie, et une grave violation des relations entre les deux pays et leurs deux armées », a déclaré le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères.
« Concurrence...



                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-12">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le Français de 72 ans est à l’origine du scandale qui a anéanti l’Aca­démie suédoise et entraîné le report du prix Nobel de littérature 2018 qu’elle décerne.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

#MeToo : trois ans requis contre Jean-Claude Arnault, poursuivi pour viols en Suède

Le Français de 72 ans est à l’origine du scandale qui a anéanti l’Aca­démie suédoise et entraîné le report du prix Nobel de littérature 2018 qu’elle décerne.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 14h50
   





                        



   


Le parquet suédois a requis lundi 24 septembre un minimum de trois ans de prison ferme à l’encontre de Jean-Claude Arnault, un Français jugé pour deux viols, à l’occasion de l’un des premiers grands procès depuis l’émergence du mouvement #MeToo.
« J’ai demandé son placement en détention provisoire dans l’attente du verdict car il y a un risque qu’il parte à l’étranger », a annoncé la procureure Christina Voigt, à l’issue de l’audience à Stockholm.
Le jugement a été mis en délibéré et le tribunal doit se prononcer sur la détention provisoire demandée par le parquet.

        Lire aussi :
         

                Le procès de Jean-Claude Arnault, mission épineuse pour la justice suédoise



M. Arnault, 72 ans, a clamé son innocence au cours de ce procès tenu à huis clos.
Publiés en novembre 2017 dans le quotidien de référence Dagens Nyheter, les témoignages de 18 femmes l’accusant de viol ou d’agression sexuelle ont fait imploser l’Académie suédoise qui décerne depuis 1901 le prix Nobel de littérature. M. Arnault, marié à une académicienne, entretenait des liens étroits avec cette institution.
Décrédibilisée, privée du quorum nécessaire pour fonctionner, l’Académie suédoise a reporté d’un an l’annonce du Nobel 2018, une première depuis soixante-dix ans.

        Lire aussi :
         

                Les mystères de Jean-Claude Arnault, accusé du premier grand procès de l’ère #metoo



Une « culture du silence » dénoncée
Plusieurs plaintes visant le Français ont été classées faute de preuves ou frappées par la prescription, mais le parquet a estimé disposer de suffisamment d’éléments à charge dans un dossier remontant à 2011.
Le 5 octobre de cette année-là, dans un appartement stockholmois, Jean-Claude Arnault contraint à des relations sexuelles la victime qui se trouve dans un état de « peur intense », selon l’acte de mise en accusation consulté par l’Agence France-Presse. Les faits se seraient répétés dans la nuit du 2 au 3 décembre, dans le même appartement, tandis que la victime dormait.
Plusieurs victimes présumées de Jean-Claude Arnault reprochent à l’Académie suédoise ses liens étroits avec le Français, qui recevait de généreux subsides pour le fonctionnement de son club privé, Forum, couru des élites intellectuelles et artistiques.
Ses accusatrices affirment que l’académie connaissait son comportement mais que l’influente institution faisait régner une « culture du silence » dans les cercles culturels de la capitale.
A la suite de ces révélations, plusieurs académiciens se sont mis en retrait, une enquête interne a mis au jour les conflits d’intérêts et les faits d’agression ou de harcèlement subies par des académiciennes ou leur entourage.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-13">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ A l’approche de la présidentielle du 7 octobre, près de 200 000 déplacés internes ont déjà fui, craignant les violences entre militaires et séparatistes.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤         

Compte rendu

« Les balles font fuir les électeurs » des régions anglophones du Cameroun

A l’approche de la présidentielle du 7 octobre, près de 200 000 déplacés internes ont déjà fui, craignant les violences entre militaires et séparatistes.

Par                                            Josiane Kouagheu (Buéa (Cameroun), envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-09-24T13:26:13+02:00"

        Le 24.09.2018 à 13h26

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-09-24T16:38:45+02:00"

        Mis à jour le 24.09.2018 à 16h38






    
Des résidentes des régions anglophones du Cameroun arrivant à la gare routière de Buéa, en juillet 2018.
Crédits : STRINGER / AFP


Au milieu d’un fatras de valises, matelas, gazinière, seaux et même placards, un petit garçon se fraye un chemin. Un œil sur lui, sa mère, Stella, rassure la famille. « Je vais venir. J’ai acheté mon ticket », répète-t-elle au téléphone. Il ne lui reste qu’à attendre son tour. Comme tous ceux qui se pressent à la gare routière de Buéa, dans le Sud-Ouest du Cameroun. Avec le Nord-Ouest, également anglophone, cette région traverse depuis deux ans une profonde crise politico-sociale et redoute l’élection présidentielle prévue le 7 octobre.
« Il y a trois jours, mes parents, mon compagnon sont partis. Moi, je ne voulais pas abandonner l’épicerie. C’est toute ma richesse. Aujourd’hui, je me rends à l’évidence : je mets en danger la vie de mon enfant en restant. C’est mon fils unique », soupire Stella, en partance pour rejoindre ses proches à Douala, la capitale économique.

        Lire aussi :
         

                Les autorités tentent de contenir l’« exode massif » depuis les régions anglophones du Cameroun



Depuis une semaine, la rumeur d’une intensification des affrontements entre l’armée et les indépendantistes agite les esprits, entraînant des départs massifs. Ces séparatistes, qui veulent la sécession de la partie anglophone du Cameroun, ont sommé la population de boycotter le scrutin. Sur les réseaux sociaux, ils menacent de s’en prendre à quiconque défiera cet ordre et promettent de mener, « dès le 25 septembre », « une guerre contre l’armée d’occupation » camerounaise.
« Qui nous protégera ? »
D’après Amnesty International, la situation en zone anglophone est « de plus en plus désespérée ». En un an, 400 citoyens ont été tués, et à l’approche de la présidentielle l’ONG craint « une flambée de violence ». Comme Stella, de nombreux habitants ont préféré partir par peur de se « retrouver au milieu des tirs », « de manquer de nourriture » ou « de rester coincés ici alors que la situation empire ». Depuis le début de la crise, les grandes organisations internationales dénombrent entre 180 000 et 200 000 déplacés internes.
Les gouverneurs des deux régions ont bien tenté de rassurer la population, lui demandant de « faire confiance » aux forces de défense. Sans grand effet. Samedi 15 septembre, Bernard Okalia Bilaï, le gouverneur du Sud-Ouest, a été pris à parti après avoir demandé à une foule paniquée dans la gare de Buéa de « ne pas céder aux manipulations ». « Il est arrivé, protégé par des hommes armés jusqu’aux dents. Comment peut-il nous demander de rester ? Mais qui nous protégera dans la rue ou dans nos maisons contre ces mêmes militaires qui nous prennent pour des séparatistes et nous tuent ? » s’écrie un chauffeur.

        Lire aussi :
         

                Au Cameroun, un régime à bout de souffle et menacé



« C’est le gouvernement qui a aggravé cette situation, renchérit un passager. Au début, les enseignants et les avocats ont manifesté pour réclamer leurs droits. Il a envoyé l’armée les fouetter et les emprisonner. L’armée a tué nos frères et brûlé nos villages. Maintenant, il est trop tard. »
Sur la route, militaires et policiers, encagoulés et bien armés, escortent des camions de billes de bois ou de produits brassicoles lancés à vive allure. Aux barrages, ils vérifient les cartes d’identité et fouillent les bagages. Un jeune homme est ainsi débarqué d’un véhicule pour que les forces de l’ordre contrôlent le contenu de son ordinateur. Faute de disposer du chargeur de l’appareil, le passager est retenu.

        Lire aussi :
         

                Au Cameroun anglophone, trois personnes tuées par l’armée lors de la rentrée des classes



A Limbé, ville balnéaire qui jadis attirait les touristes, les rues sont quasi désertes. Seuls quelques taxis rôdent, en quête de « courageux clients ». « Avant, les élèves étaient notre principale clientèle le matin. Mais il n’y a plus d’école », déplore Peter, les mains crispées sur le volant. Depuis le début de la crise dans les deux régions anglophones, de nombreux établissements scolaires ont été brûlés ou attaqués. La plupart des parents ont préféré déscolariser leur progéniture.
Pour la rentrée, quelques écoles ont ouvert, bravant le danger. Pour peu de temps : face à la menace, elles se sont déjà vidées. Au Saker Baptist College à Limbé, l’un des plus prestigieux établissements en zone anglophone, ouvert en 1962, les parents « affolés » sont venus récupérer plus de 500 élèves. « Ils ne pouvaient mettre la vie de leur enfant en danger. Je les comprends, explique l’une de ses responsables. Ils ont dit qu’ils allaient apprécier la situation et revenir après les élections, une fois le calme réinstallé. »
« J’ai peur de tout le monde, même de mon frère »
Dans ce contexte de peur et de fuite massive, l’élection présidentielle pourra-t-elle vraiment se dérouler le 7 octobre en zone anglophone ? Le directeur général d’Elections Cameroon (Elecam), l’instance chargée d’organiser le scrutin, martèle régulièrement à la presse que celui-ci aura bien lieu. A la représentation régionale d’Elecam à Buéa, de nombreux employés qui ont envoyé leur famille « en lieu sûr ailleurs » sont loin de partager cet optimisme. On y parle plutôt de « mission suicide ».
Un responsable départemental de l’organisme a été tué. Un autre kidnappé pendant plus de deux semaines avant d’être libéré. Tout cela a aggravé la panique. D’après une source interne, certains employés ont même abandonné maison et voiture, de peur d’être piégés ou tués.

        Lire aussi :
         

                Au Cameroun, la campagne présidentielle bat déjà son plein sur les réseaux sociaux



« Nous sommes en guerre et j’ai peur de tout le monde, même de mon propre frère. Allez savoir s’il n’est pas sympathisant des séparatistes… Ces gens-là sont convaincus qu’ils ne sont plus Camerounais et qu’il n’y aura pas d’élection chez eux », confie une source. Et d’ajouter : « Les balles font fuir les électeurs. » Elles ont aussi relégué au fond des tiroirs les CD préparés pour la campagne. Un des musiciens ayant prêté leur voix pour appeler les habitants au vote est désormais menacé de mort par les sécessionnistes.
A deux semaines du scrutin, les villages bordant la route, comme Ekona Town, se suivent et se ressemblent : maisons et boutiques fermées, rues désertes, véhicules incendiés. « Vous pensez que ces gens qui ont tout perdu ont eu le temps d’emporter leur carte d’électeur ? Et même s’ils l’avaient prise, pensez-vous qu’ils auront le cœur à voter ? » interroge avec tristesse Awa, une commerçante réfugiée à Limbé.


<article-nb="2018/09/24/19-14">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Cet ultimatum constitue la deuxième étape de la procédure d’infraction à l’encontre du Royaume-Uni, accusé d’avoir laissé entrer en Europe des produits chinois sous-taxés.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Bruxelles donne deux mois à Londres pour rembourser 2,7 milliards d’euros de droits de douane non perçus

Cet ultimatum constitue la deuxième étape de la procédure d’infraction à l’encontre du Royaume-Uni, accusé d’avoir laissé entrer en Europe des produits chinois sous-taxés.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 13h24
   





                        



   


Deux mois pour rembourser 2,7 milliards d’euros. Lundi 24 septembre, la Commission européenne a accentué la pression sur le Royaume-Uni pour qu’il rembourse cette somme, correspondant aux droits de douane destinés au budget européen que le pays aurait dû percevoir s’il n’avait pas, par négligence, laissé entrer en Europe des produits chinois largement sous-taxés.
Londres dispose « d’un délai de deux mois pour agir, à défaut de quoi, la Commission pourrait saisir la Cour de justice de l’Union européenne », précise dans un communiqué Bruxelles, qui avait ouvert une procédure d’infraction en mars dernier. Cette demande pourrait bien exacerber encore les tensions dans le cadre des négociations sur le Brexit, quelques jours seulement après un sommet européen tendu en Autriche.

        Lire aussi :
         

                Brexit : pour Theresa May, « nous sommes dans une impasse »



« Bien qu’il ait été informé des risques de fraude liés à l’importation de textiles et de chaussures originaires de la République populaire de Chine dès 2007 et qu’il lui ait été demandé de prendre des mesures appropriées de maîtrise des risques, le Royaume-Uni n’est pas intervenu de manière efficace pour empêcher la fraude », poursuit la Commission.
Un mécanisme de fraude de grande ampleur
Cet ultimatum constitue la deuxième étape de la procédure d’infraction lancée à la suite d’un rapport de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF). L’OLAF avait révélé qu’entre 2013 et 2016, des montants de droits de douane importants avaient été éludés grâce à de fausses factures, des factures fictives et en présentant des déclarations de valeur en douane incorrectes.
Or, les droits de douane font partie des ressources du budget de l’UE. L’OLAF, qui estimait alors le préjudice à 2 milliards d’euros, avait recommandé à l’Union de « récupérer l’argent » auprès « du gouvernement du Royaume-Uni ».
D’autres contrôles menés par la Commission ont ensuite fait apparaître « une augmentation considérable de l’ampleur de ce mécanisme de fraude » pour la période comprise entre novembre 2011 et décembre 2017. Au total, cette fraude aurait « entraîné des pertes pour le budget de l’UE s’élevant à 2,7 milliards d’euros ».
L’affaire est d’autant plus inopportune que la proposition de Londres pour sa future relation avec l’UE après le Brexit repose sur un « accord douanier simplifié » : le Royaume-Uni collecterait les droits de douanes sur les biens entrant sur son territoire à destination de l’UE et appliquerait ses propres taxes sur ses importations en provenance de pays tiers.
Bruxelles et Londres prévoient de s’entendre sur un accord de retrait et le cadre de leur future relation d’ici le moins de novembre, afin de permettre au Royaume-Uni de quitter comme prévu l’UE fin mars 2019.

        Lire l’interview :
         

          Le ministre britannique du Brexit : « Chacun doit faire une partie du chemin »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-15">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ La Commission européenne estime que la réforme de la Cour suprême « est incompatible avec le droit de l’Union ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Bruxelles saisit la justice européenne contre la Pologne

La Commission européenne estime que la réforme de la Cour suprême « est incompatible avec le droit de l’Union ».



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 12h45
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 12h55
   





                        



   


La Commission européenne a saisi lundi 24 septembre la justice européenne contre la Pologne, estimant que la réforme de sa Cour suprême portait atteinte à l’indépendance du système judiciaire polonais. La nouvelle loi polonaise sur la Cour suprême, qui abaisse l’âge de départ de ses juges de 70 à 65 ans, « est incompatible avec le droit de l’Union », a fait savoir l’exécutif européen pour justifier la saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).
La Commission a assorti sa saisine d’une demande de « mesures provisoires » à la cour, « consistant à rétablir la Cour suprême polonaise dans sa situation antérieure au 3 avril 2018, date d’adoption de la nouvelle législation litigieuse ». Elle a aussi demandé à la CJUE de mener « une procédure accélérée » permettant une « décision définitive dans les plus brefs délais » dans cette affaire, qui fait l’objet d’une procédure d’infraction ouverte au début de l’été.
La réforme en question « risque de contraindre 27 des 72 juges siégeant à la Cour suprême à prendre leur retraite », a souligné la Commission, qui « maintient que la loi polonaise sur la Cour suprême est incompatible avec le droit de l’Union, étant donné qu’elle porte atteinte au principe de l’indépendance de la justice, y compris de l’inamovibilité des juges ».

        Lire aussi :
         

                En Pologne, le pouvoir accélère les nominations à la Cour suprême



Deux procédures
Il s’agit de la deuxième saisine de la CJUE par l’exécutif européen concernant les récentes réformes judiciaires du gouvernement polonais, dirigé par les conservateurs nationalistes du parti Droit et Justice (PiS), après une saisine en décembre 2017 contre sa réforme des juridictions de droit commun.
Ces procédures d’infraction sont menées en parallèle d’une procédure plus lourde et plus exceptionnelle, dite de l’article 7 du traité sur l’UE. Cette dernière a été déclenchée, en décembre 2017 également, par la Commission européenne, estimant qu’il y avait globalement « un risque clair de violation grave » de l’Etat de droit en Pologne.

        Lire aussi :
         

                Hongrie : le vote historique du Parlement européen



Ce mécanisme n’avait jamais encore été déclenché, mais il a été depuis également activé contre la Hongrie de Viktor Orban, le 12 septembre par le Parlement européen. Dans une seconde phase, cette procédure peut en théorie conduire à retirer les droits de vote d’un pays au sein du Conseil de l’UE, l’instance où les Etats membres contribuent à façonner les législations européennes.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-16">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Cette annonce de Moscou survient une semaine après la destruction par erreur d’un avion russe à la suite d’un raid de l’aviation israélienne.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

La Russie va livrer des systèmes antiaériens S-300 à l’armée syrienne

Cette annonce de Moscou survient une semaine après la destruction par erreur d’un avion russe à la suite d’un raid de l’aviation israélienne.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 12h39
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 14h24
   





                        


La Russie a annoncé lundi 24 septembre qu’elle livrerait prochainement des systèmes modernes de défense antiaérienne S-300 à l’armée syrienne. Cette annonce du ministre russe de la défense, Sergueï Choïgou, intervient quelques jours après la destruction par erreur d’un avion russe à la suite d’un raid de l’aviation israélienne.
« Les forces armées syriennes seront fournies d’ici à deux semaines en systèmes modernes S-300. Ils sont capables d’intercepter des appareils sur une distance de plus de 250 km et peuvent frapper en même temps plusieurs cibles dans les airs », a précisé M. Choïgou. Moscou va également brouiller les communications de tout avion voulant frapper la Syrie depuis la mer Méditerranée.
« Nous sommes convaincus que la réalisation de ces mesures va refroidir les têtes brûlées et empêchera les actes irréfléchis constituant une menace pour nos soldats, a déclaré le ministre de la défense. Dans le cas contraire, nous réagirons de manière appropriée face à la situation. »

        Lire aussi :
         

                Confusion, démentis et accusations après la destruction d’un avion russe en Syrie



Le Kremlin dénonce « les actes prémédités » d’Israël
Lundi 17 septembre, la défense antiaérienne syrienne a visé par erreur un Iliouchine Il-20 au-dessus de la Méditerranée, tuant les 15 militaires qui se trouvaient à bord. Au même moment, des missiles israéliens ciblaient des dépôts de munitions dans la province syrienne de Lattaquié (nord-ouest).
Moscou avait fait porter la responsabilité à l’armée israélienne et menacé de mesures de rétorsion, le président russe, Vladimir Poutine, expliquant qu’il s’agirait de renforcer les défenses de l’armée russe déployées en Syrie. Le Kremlin accuse Israël d’être responsable de la destruction de son avion, affirmant que l’armée israélienne l’avait prévenu seulement une minute avant les frappes et que les avions israéliens s’étaient servis de l’Iliouchine II-20 comme « boucliers » contre les missiles syriens.
Lundi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a renchéri en assurant que « les actes prémédités des pilotes israéliens sont en cause » dans la destruction de l’avion russe. « Ce qui ne peut que porter préjudice à nos relations » avec Israël, a-t-il regretté. « L’avion n’a pas été abattu par un missile israélien, Dieu merci », mais cela « a été rendu possible par les actes des pilotes israéliens », a-t-il ajouté. Il a cependant souligné que les livraisons de S-300 n’étaient « dirigées envers aucun pays tiers, mais destinées à défendre les militaires » russes.
L’armée israélienne nie depuis le début la version russe, répondant dimanche dans un communiqué que ses avions ne « s’étaient pas cachés derrière un quelconque appareil et que les appareils israéliens se trouvaient dans l’espace israélien au moment où l’avion russe a été abattu ».
Damas et Moscou ont signé en 2010 un accord pour la livraison de S-300, mais la Syrie n’avait toujours pas pris possession de ce matériel en raison de l’opposition d’Israël, a expliqué M. Choïgou, ajoutant que « la situation a changé » au vu des événements des derniers jours.
L’armée russe intervient en Syrie depuis septembre 2015 en soutien au régime de Bachar Al-Assad, ce qui lui a permis de reprendre le contrôle d’une grande partie de son territoire. Actuellement, les S-300 opérés par les Russes sont déployés autour de la base navale russe de Tartous (dans l’ouest de la Syrie), des S-400 plus modernes étant déployés sur la base aérienne de Hmeimim.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-17">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Les nouveaux droits de douane américains portant sur 200 milliards d’importations chinoises sont entrés en vigueur lundi.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Commerce : inquiétude et débats en Chine sur la réponse à apporter à Donald Trump

Les nouveaux droits de douane américains portant sur 200 milliards d’importations chinoises sont entrés en vigueur lundi.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 16h37
    |

            Frédéric Lemaître








                        



                                


                            

Au départ, les Chinois considéraient plutôt Donald Trump d’un bon œil. Contrairement à sa rivale Hillary Clinton, il ne risquait pas de leur administrer une leçon sur les droits de l’homme. Surtout, le repli sur soi de l’Amérique laissait carte blanche à la Chine pour dérouler ses nouvelles Routes de la soie et permettait au président Xi Jinping d’être accueilli en sauveur de la planète libérale au Forum économique mondial de Davos (Suisse), en janvier 2017.
Lorsqu’en mars 2018, le président américain impose des taxes à l’importation sur l’aluminium et l’acier, les Chinois veulent n’y voir qu’une foucade électoraliste avant les élections de mi-mandat, le 6 novembre. A présent, l’incompréhension et l’inquiétude n’en sont que plus grandes en Chine.

C’est sans doute Jack Ma, le patron d’Alibaba, qui exprime le mieux le désarroi des dirigeants chinois. « Ça va durer longtemps, peut-être 20 ans. Ça va être la pagaille », a-t-il déclaré, mercredi 19 septembre, devant un parterre d’investisseurs, avant de faire deux annonces : il renonce à créer un million d’emplois aux Etats-Unis comme il s’y était engagé auprès de Donald Trump ­début 2017, et Alibaba va se lancer dans un nouveau métier, les semi-conducteurs. Un secteur stratégique pour toute l’électronique, qui fait figure de talon d’Achille chinois depuis les déboires essuyés par le leader ZTE, foudroyé en plein vol par M. Trump.
« Un nouveau type de guerre »
Désireux de ne pas perdre la face, les dirigeants chinois multiplient les déclarations rassérénantes sur la santé de leur économie
Face à lui, les Chinois tentent de répondre sur plusieurs registres. Le président américain impose, à partir du 24 septembre, des droits de douane sur 200 milliards d’importations chinoises ? La Chine taxe, à cette même date, 60 milliards d’importations américaines, tout en rassurant ses autres partenaires. Le 19 septembre, devant le Forum économique mondial de Tianjin, Li Keqiang, le premier...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-18">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Les accusations de viols contre le candidat de Donald Trump à la Cour suprême donnent des marges de manœuvre à certains démocrates qui affrontent des réélections délicates.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Midterms J – 43 : l’affaire Kavanaugh pèse plus que jamais sur la campagne

Les accusations de viols contre le candidat de Donald Trump à la Cour suprême donnent des marges de manœuvre à certains démocrates qui affrontent des réélections délicates.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
24.09.2018 à 16h26
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre une sorte de plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. A partir du 3 septembre, le correspondant du « Monde » à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
Le Parti républicain espérait que la confirmation du juge Brett Kavanaugh à la Cour suprême des Etats-Unis avant les élections de mi-mandat soit utilisée pour mobiliser son électorat. Les accusations d’agression sexuelle remontant aux années quatre-vingts avancées depuis une semaine par une universitaire de 51 ans ont remis en cause ce calcul. D’autant qu’une deuxième femme accuse également le même juge d’inconduite sexuelle, à la même période, selon le magazine américain The New Yorker, en pointe depuis un an sur les questions d’agressions sexuelles.
Brett Kavanaugh a répondu immédiatement en assurant que « ce prétendu événement datant d’il y a trente-cinq ans n’a pas eu lieu. Les gens qui me connaissaient alors savent que cela ne s’est pas produit et l’ont dit ». « C’est du dénigrement pur et simple », a-t-il écrit en dénonçant des « allégations de dernière minute ». La Maison Blanche lui a renouvelé son soutien. Cette nouvelle accusation survient à quatre jours de l’audition cruciale de la première accusatrice, Christine Blasey Ford.
Un sondage de Fox News publié le 23 septembre montre l’ampleur des dégâts causés dans l’opinion par cette controverse. Au moment de sa nomination, une majorité relative de personnes interrogées se disaient favorables à la confirmation du juge dans ses fonctions (38 %, contre 32 % qui étaient d’un avis opposé). Une nette majorité (50 %) y est désormais hostile, contre 40 % qui y restent favorables. Une majorité encore plus importante (57 %) est favorable...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-19">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le groupe américain achète Sky pour 33 milliards d’euros, battant Disney et Rupert Murdoch aux enchères.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Comcast s’offre le leader européen de la TV à péage

Le groupe américain achète Sky pour 33 milliards d’euros, battant Disney et Rupert Murdoch aux enchères.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h12
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            

Une fois n’est pas coutume, Rupert Murdoch n’a pas remporté la mise. A 87 ans, le vieux baron des médias australo-américain s’est fait doubler samedi 22 septembre. L’américain Comcast, propriétaire de NBCUniversal, l’a battu dans sa bataille pour prendre le contrôle de Sky, la première télévision à péage d’Europe, l’achetant pour 30 milliards de livres sterling (33,4 milliards d’euros).

Le groupe américain des télécoms, qui est actuellement presque intégralement tourné vers les Etats-Unis, prend ainsi possession d’une pépite. Créé en 1989, Sky domine la télévision à péage au Royaume-Uni, en Italie et en Allemagne, avec 23 millions de clients. Lancé à ses débuts sur une offre basée sur le football et les films, comme Canal+ en France, le groupe a su ne pas se faire prendre à contre-pied par la révolution d’Internet. « En plus de ses programmes, il a créé une entreprise de télécoms, là où d’autres télévisions à péage ont été dépassées », note Alice Enders, d’Enders Analysis, une société de consultants. Aujourd’hui, outre sa traditionnelle télévision par satellite, Sky propose de l’Internet haut débit, du téléphone fixe et portable. Quant à ses contenus, ils peuvent désormais se regarder sur de multiples écrans, y compris les smartphones. Le groupe demeure très rentable, n’ayant pour l’instant guère souffert de la concurrence des Netflix et autres géants du Web : en 2017, il a dégagé un bénéfice net d’un milliard de livres.
Pour Comcast, cette acquisition est stratégique. Le groupe américain est avant tout une entreprise de télécoms, vendant aux Etats-Unis des connections Internet et de la téléphonie sous la marque Xfinity. Il est moins présent sur les contenus, même s’il possède désormais les studios de cinéma Universal (dont les parcs d’attraction) et les chaînes de télévision NBC, NBC News, CNBC… Ses 29 millions de clients se trouvent à 91 % aux Etats-Unis. Sky et Comcast sont donc très complémentaires.
Comme une série télé
Le...




                        

                        


<article-nb="2018/09/24/19-20">
<filnamedate="20180924"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180924"><AAMMJJHH="2018092419">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Pour Joseph Zen Ze-kiun, le compromis va conduire à renforcer le contrôle des catholiques par le pouvoir chinois.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Un cardinal chinois dénonce l’accord entre Pékin et le Vatican sur la nomination des évêques

Pour Joseph Zen Ze-kiun, le compromis va conduire à renforcer le contrôle des catholiques par le pouvoir chinois.



LE MONDE
 |    24.09.2018 à 11h03
    |

            Brice Pedroletti








                        



                                


                            

L’accord provisoire entre la Chine et le Vatican sur la nomination des évêques a été accueilli par au moins une voix dissidente : celle du cardinal émérite de Hongkong, Joseph Zen Ze-kiun. Dans un billet de blog daté de samedi 22 septembre qui livre ses premières réactions, Mgr Zen dénonce « un chef-d’œuvre de créativité qui ne dit rien en beaucoup de mots » – principalement parce que tout est « secret ». Le message aux fidèles chinois, en conclut-il, est qu’ils n’ont qu’à obéir à leur gouvernement, qui peut désormais « se prévaloir d’avoir l’accord du Vatican ».
Depuis la mise en sommeil, en 2014, d’une Commission sur la Chine à laquelle il participait pour conseiller le pape, le cardinal hongkongais s’est donné pour mission de sonner l’alarme sur le projet d’entente formelle entre Pékin et Rome sur l’ordination des évêques. Les négociations à ce sujet débutent d’ailleurs cette année-là. Sur des blogs, ou par des pétitions collectives, des religieux de Chine continentale, mais aussi les dissidents en exil, appuient sa fronde. Beaucoup dénoncent également la corruption de l’Eglise officielle.

Depuis la rupture des relations de Pékin avec le Vatican en 1951, le clergé en Chine populaire est écartelé entre son rattachement formel à l’Eglise officielle sous contrôle du Parti communiste et son obédience au Vatican. Une quinzaine de diocèses – sur la centaine que compte la Chine – restaient administrés par des évêques reconnus par Rome mais refusant d’être intégrés à l’Eglise officielle. Souvent âgés, persécutés par le régime, ils sont célébrés comme des résistants voire des martyrs par bien des fidèles chinois.
Mais leur statut est ambigu : nombre d’ordinations épiscopales dans les années 1980 et 1990, au moment où le religieux est revenu en force après le maoïsme, furent menées selon des dispositions spéciales prévoyant qu’en cas de persécution, les évêques pouvaient nommer et ordonner leurs successeurs...




                        

                        

