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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Devant environ 400 personnes à Mantes-la-Ville, la présidente du RN a voulu remobiliser sa base à huit mois des élections européennes.
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Marine Le Pen fustige « l’acharnement » et « les persécutions » contre le RN

Devant environ 400 personnes à Mantes-la-Ville, la présidente du RN a voulu remobiliser sa base à huit mois des élections européennes.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 18h07
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 18h18
    |

            Lucie Soullier (Mantes-la-Ville, envoyée spéciale)








                        



   


« Je m’en tamponne complètement du discours qu’elle va faire. » Philippe n’en a pas l’air, à rouscailler en accrochant son badge bleu-blanc-rouge, mais il trouve Marine Le Pen « géniale, super ». « Quoi qu’elle dise, c’est plié, je suis d’accord avec elle. » 
L’autoproclamé « patriote nationaliste » a même profité de son jour de repos à l’usine pour se joindre à la « fête du drapeau » organisée par le Rassemblement national (RN, ex-FN), dimanche 23 septembre, à Mantes-la-Ville. Comme il a l’habitude « que tout le monde s’en prenne à Marine », Philippe préfère prévenir : il n’en veut pas à la terre entière, « juste à l’immigration massive et aux clandestins qui viennent nous emmerder et ne rien foutre. » 
« Remonté à bloc », le quinquagénaire en cuir, brosse et boucles d’oreilles grogne contre le « fossé » qui le sépare de ceux qu’ils nomment « les Parisiens ». Entendre ceux au pouvoir. « Macron a dit qu’il nous attendait, poursuit-il. Mais moi je rigole ! On est déjà là, regardez ce qu’il se passe autour de nous. » Autour de lui, quelque 400 personnes conquises au parti d’extrême droite remplissent la salle des fêtes à l’approche du discours de Marine Le Pen.
Victimisation et élections européennes en vue

   


« Nous savons que parce que nous sommes des dissidents. Rien ne nous sera épargné », tonne d’emblée la présidente du RN. Après un discours de rentrée très politique à Fréjus la semaine précédente, Marine Le Pen a donc choisi, dimanche, de s’adresser à ses troupes depuis une ville tenue par son parti, et de les resserrer autour d’une vieille stratégie de l’ex-FN : la victimisation.
Fustigeant « l’acharnement » et « les persécutions » d’une « dictature molle », elle a fait huer tour à tour « la partialité indigne des juges d’instruction » dans l’affaire dite des assistants parlementaires pour laquelle elle est mise en examen pour abus de confiance, et « l’abus juridique manifeste » de son expertise psychiatrique, pourtant ordonnée parce qu’obligatoire légalement dans le cadre de son autre mise en examen, pour avoir diffusé des photos d’exactions de l’organisation Etat islamique, cette fois.

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« Ne nous laissons pas intimider, ne vous laissez pas intimider », a-t-elle lancé à l’adresse d’une salle redoublant de « Marine, présidente », en profitant ainsi pour resserrer des liens quelque peu distendus depuis l’entre-deux-tours de la présidentielle. « Plus on s’attaque à elle, et plus on est là. On se sent plus soudés », résume Thierry en époussetant sa cravatte bleu-blanc-rouge ; « On est là, on la soutient, on l’aime », renchérit sa femme, Danielle Oger. Mais la militante, elle aussi tricolore de la tête aux pieds, ne cache pas avoir eu besoin d’un petit remontant après ce que son mari nomme pudiquement « le petit couac » de la présidentielle.
A huit mois des européennes, « ça y est, j’y crois », se convainc celle qui n’est « pas pour » l’Europe. « De toute façon, même sans rien faire, Macron entretient nos élections. » 
Marine Le Pen, elle, n’a oublié ni son désormais traditionnel clin d’œil à l’« ami » Matteo Salvini, ni de conclure son discours en répétant ne plus être « seule » car « notre mouvement est rejoint par toute l’Europe. » En France, en revanche, les noms des « ralliés » au RN se font toujours attendre.
Pire, au même moment à Paris, Nicolas Dupont-Aignan annonçait qu’il mènerait sa propre liste aux européennes, et qu’aucune personne mise en examen n’y figurerait. Au nom de l’« intégrité ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Ministères, administrations, collectivités locales… Les incubateurs de jeunes pousses se multiplient dans la sphère publique. L’idée ? Accélérer le basculement numérique de la puissance de l’Etat pour qu’elle gagne en efficacité.
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L’Etat passe en mode start-up

Ministères, administrations, collectivités locales… Les incubateurs de jeunes pousses se multiplient dans la sphère publique. L’idée ? Accélérer le basculement numérique de la puissance de l’Etat pour qu’elle gagne en efficacité.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 17h30
    |

                            Béatrice Madeline








                        



                                


                            

Ce mercredi, à midi exactement, comme chaque semaine, une cinquantaine de personnes se sont réunies dans une salle anonyme du 7e arrondissement de Paris. Debout – c’est la règle –, chacune d’entre elles dispose d’une minute, pas une seconde de plus, pour décrire l’état d’avancement de son projet, les difficultés rencontrées ou les succès engrangés.
A chaque prise de parole, des encouragements plus ou moins nourris saluent l’orateur, à l’américaine. Cette fois, la palme de l’applaudimètre revient à Léry Jicquel, un quadra présent pour la première fois : « Je suis venu vous annoncer la création de la première start-up à la Cour des comptes ! » L’institution de la rue Cambon va mettre en place un outil pour simplifier les échanges de documents lors de ses contrôles…
Cette scène surprenante ne se déroule pas dans un hall géant de l’Est parisien fourmillant de start-up, ni dans l’un de ces multiples lieux consacrés à l’écosystème numérique, mais au 20, avenue de Ségur, dans l’un de ces immeubles austère des années 1930 qui abritent l’administration française. C’est là que s’est installée, sous l’impulsion de la Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat (Dinsic), une véritable communauté d’agents publics, de développeurs et de « coachs », dont l’objectif est de mettre au point des services publics numériques grâce à une méthode agile – d’où l’appellation de « start-up d’Etat ».

Au total, une soixantaine de ces jeunes pousses ont déjà fleuri, au sein de la Dinsic, mais aussi à Pôle emploi, dans trois ministères et même en province. Elles apportent des solutions numériques à des problèmes aussi variés que la dématérialisation des démarches, l’organisation de voyages scolaires, la centralisation de la commande des taxis ou encore le partage d’expérience sur les classes à douze élèves… Mais, au-delà, elles préfigurent une nouvelle façon de penser l’Etat et son...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Conforté dans la majorité, François Bayrou a profité de l’université de rentrée du MoDem pour glisser quelques conseils à Emmanuel Macron.
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François Bayrou : « La majorité a besoin de voix libres, pas de corset »

Conforté dans la majorité, François Bayrou a profité de l’université de rentrée du MoDem pour glisser quelques conseils à Emmanuel Macron.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 15h34
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 17h09
    |

            Enora Ollivier








                        


François Bayrou n’est probablement pas mécontent du moment. Après avoir publiquement montré des signes d’agacement quant à l’attitude de La République en marche (LRM) à son égard, le Mouvement démocrate (MoDem) qu’il préside a obtenu de son partenaire une oreille et surtout la promesse d’une meilleure association dans une majorité moins figée.
« La majorité a besoin de voix libres qui s’expriment en son sein. Pas de corset », a souligné François Bayrou dimanche 23 septembre, lors de son discours de clôture de l’université d’été du MoDem à Guidel (Morbihan). « Naturellement,  a-t-il complété, quand on est responsable, on a envie que tout soit aligné, carré ; mais en réalité, la liberté d’expression, la liberté de penser est beaucoup plus fructueuse ».
Signes d’affection
Les tensions entre le MoDem et LRM ont éclaté au grand jour mi-septembre, au moment de l’élection du président de l’Assemblée nationale. Froissé de ne pas avoir été associé à la désignation de Richard Ferrand comme candidat – et donc vainqueur assuré, le parti présidentiel ayant la majorité absolue au Palais bourbon –, le MoDem a poussé son propre prétendant au perchoir. La mutinerie a eu des effets inattendus : le candidat, le président du groupe, Marc Fesneau, a obtenu 86 voix, bien au-delà, donc, de celles des 46 députés centristes. « En politique, on n’a pas à demander, il faut imposer, et éventuellement s’imposer, a analysé François Bayrou samedi auprès de journalistes. Nous avons parfaitement conscience d’être une force, stable et déterminée, dans un univers instable ».
Or, en cette rentrée difficile, marquée par une chute de popularité, l’affaire Benalla ou la démission de Nicolas Hulot, l’exécutif ne peut pas se payer le luxe de se brouiller avec son allié. D’autant que les élections européennes se profilent, qui représentent autant un thème fort et attendu pour la formation centriste qu’un test électoral pour le parti présidentiel.
Aussi, le gouvernement s’est plié en quatre pour donner des signes d’affection au MoDem. En plus des deux ministres issues du parti centriste, trois membres du gouvernement sont venus à Guidel témoigner de leur considération, Jean-Yves Le Drian, Jean-Michel Blanquer et Christophe Castaner. Ce dernier, qui porte également la casquette de délégué général de La République en marche, était le plus attendu. Dimanche, il a reconnu que sa formation et celle de M. Bayrou « auraient pu, auraient dû travailler mieux ensemble » et a appelé de ses vœux une « amélioration » pour la deuxième phase du quinquennat. La majorité « doit se construire de façon loyale et exigeante, j’ai fort bien compris le message ».
Conseils à Macron
Ainsi revigoré et conforté dans la majorité, François Bayrou a poussé son avantage pour glisser quelques conseils à Emmanuel Macron. Lors de son discours de dimanche, le leadeur centriste s’est bien félicité de l’annonce successive des plans pauvreté et santé, deux « signaux importants » qu’il attendait dans le domaine social. Mais il a aussi pressé le chef de l’Etat de retrouver un lien direct avec les citoyens.
« Les Français ont besoin non pas seulement de l’énoncé des réformes successives, mais d’un plan d’ensemble. La politique, ce n’est pas dossier après dossier. Il faut que s’exprime la vision qui organise ces réformes », a-t-il lancé.
« Alors c’est vrai, l’Elysée est un lieu clos. Trop ! Il y a un remède tout simple : il faut en sortir. C’est un lieu où on se sent assiégé ? Eh bien, il faut rompre le siège en s’adressant le plus directement possible et le plus régulièrement possible aux Français. »
Le maire de Pau a ainsi mis en garde le président contre la tentation de l’isolement et contre cette « mauvaise conseillère » qu’est la colère, surtout quand elle est dirigée vers les « contre-pouvoirs » – « le Parlement, la presse, les associations ». « Le pouvoir doit les regarder comme nécessaires, a suggéré M. Bayrou. Il faut acquérir cette philosophie, cette compréhension et je dirais même cet humour qui sont la plus efficace des défenses. »

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Le forain se défend d’être homophobe, ajoutant que ses propos ont été sortis de leur contexte et qu’il est « d’une génération où on disait ces mots-là ».
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« J’ai rien contre eux, sauf qu’ils sont un peu pervers » : les propos homophobes du forain Marcel Campion décriés

Le forain se défend d’être homophobe, ajoutant que ses propos ont été sortis de leur contexte et qu’il est « d’une génération où on disait ces mots-là ».



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 13h34
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 14h40
   





                        


Le forain Marcel Campion a suscité un tollé dimanche 23 septembre après la publication par Le Journal du dimanche d’une vidéo dans laquelle il tient des propos homophobes envers des responsables homosexuels de la Mairie de Paris.

VIDEO. Quand Marcel Campion tient des propos homophobes en pleine réunion publiquehttps://t.co/oV2B4BAo3Y pic.twitter.com/67LEY8TzVU— Le JDD (@leJDD) 22 septembre 2018


Dans cette vidéo, filmée lors d’une réunion qui a eu lieu, selon Le JDD, le 27 janvier à Saint-Ouen, le meilleur ennemi de la maire de Paris, Anne Hidalgo, s’en prend notamment violemment à l’ancien premier adjoint de Paris et homosexuel déclaré, Bruno Julliard, qui a annoncé qu’il allait porter plainte.
« Moi, j’ai rien contre les homos, d’habitude, je dis les “pédés”. Mais on m’a dit hier qu’il fallait plus que je dise ça. Donc je ne dis plus les “pédés”, je dis les “homos”. J’ai rien contre eux, sauf qu’ils sont un peu pervers ».
Dans un tweet, Bruno Julliard a annoncé que ces « propos abjects ainsi que leur auteur seront poursuivis en justice ».
Plusieurs responsables politiques ont condamné les propos de M. Campion. « Ils ne méritent aucune indulgence ni aucune explication qui pourrait conduire à en relativiser l’intention. Ils sont scandaleux, un point c’est tout ! », a écrit le nouveau patron des députés LRM, Gilles Le Gendre, sur Twitter. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est dit « atterré ».
« Je suis d’une génération où on disait ces mots-là »
Marcel Campion a déclaré à l’Agence France-Presse qu’il était « tout sauf un homophobe ». « Si le mot “pédé” que j’ai dit une fois ou deux a pu déranger certaines personnes je m’en excuse, je suis d’une génération où on disait ces mots-là, mais je ne suis pas homophobe », a-t-il assuré.
Il a évoqué « des propos un peu sortis de leur contexte dans un mouvement de colère » après avoir « été éliminé du marché de Noël et de la grande roue par M. Julliard ».
« Le mot “pervers”, je ne l’ai pas utilisé pour les pédés. J’ai dit que c’étaient des pervers, parce qu’ils se servaient de leur statut d’élus pour essayer de faire des affaires », a-t-il ajouté, précisant que la réunion avait eu lieu « chez moi, dans mon petit café devant une quinzaine de personnes ».

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le navire a passé la nuit à sauver 47 personnes, dont 17 mineurs, au large de la Libye et ne sait toujours pas où il pourra débarquer.
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A bord de l’« Aquarius », un accrochage sévère avec les gardes-côtes libyens

Le navire a passé la nuit à sauver 47 personnes, dont 17 mineurs, au large de la Libye et ne sait toujours pas où il pourra débarquer.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 13h08
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 17h04
    |

            Julia Pascual








                        



   


La sensation que les choses auraient pu dégénérer. Et qu’en tout cas, elles ont été là où l’absurdité de la situation devait inexorablement les mener : un face-à-face en pleine mer entre un bateau humanitaire et des gardes-côtes libyens et, au milieu de ce duel, près de cinquante enfants, femmes et hommes, en majorité des Libyens, surpris en pleine nuit dans leur tentative de fuir un pays pour gagner l’Europe à bord d’un petit bateau de bois. Pendant plusieurs heures, avant le lever du jour, dimanche 23 septembre, on s’est disputé des rescapés en Méditerranée centrale.
Vers 1 heure du matin, l’Aquarius, navire affrété par les organisations non gouvernementales SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), et seul bateau humanitaire qui patrouille au large de la Libye, est informé de la présence en mer d’un bateau qui commence à prendre l’eau, avec à son bord plusieurs dizaines de personnes. Le signalement provient de l’association Alarm Phone, qui propose une assistance téléphonique pour les personnes en situation de détresse en mer. L’Aquarius prévient les autorités maritimes libyennes, compétentes sur la zone pour coordonner les opérations de sauvetage, et entreprend de se rapprocher de la localisation de l’embarcation signalée.
Dehors, il fait nuit. La lune est presque pleine. Il est près de 3 heures du matin et les sauveteurs de SOS-Méditerranée cherchent à la jumelle une trace du bateau. Ils sont rejoints dans cette entreprise par une vedette des garde-côtes libyens, qu’on devine au loin grâce à un point rouge et vert clignotant. « Si vous apercevez les migrants, dites-le nous », demandent les Libyens par radio. Vers 5 heures, l’Aquarius aperçoit une trace sur son radar et, peu de temps après, arrive à détailler la silhouette d’une embarcation. Deux canots pneumatiques semi-rigides sont mis à l’eau et les Libyens sont prévenus qu’ils partent en reconnaissance.
Danger imminent
« Si on nous demande de rester éloignés d’une embarcation en détresse ou de retarder une opération alors que nous avons des raisons de croire qu’un danger est imminent (…) nous porterons secours à ces personnes sans délai », avaient prévenu SOS-Méditerranée et MSF dans un communiqué cet été. Plus de 1 700 personnes sont déjà mortes en Méditerranée centrale depuis le début de l’année.
Voyant que le bateau est surchargé et constatant la présence de nombreux enfants à bord, les humanitaires distribuent des gilets de sauvetage et commencent à transférer des personnes sur leurs canots pneumatiques. Les garde-côtes libyens sont furieux.

   


Les ingrédients du conflit sont jetés sur l’eau comme le sel sur une plaie ouverte. D’un côté, des humanitaires qui considèrent qu’il est de leur devoir de sécuriser au plus vite des personnes en détresse. De l’autre, des gardes-côtes à qui l’on demande de freiner les départs de migrants, à grand renfort de deniers européens. Depuis des mois, la montée en puissance des gardes-côtes libyens prépare ce goulot d’étranglement parfait. Alors que l’Europe se déchire sur l’accueil des migrants et que l’Italie a décidé de fermer ses ports, ils sont devenus les premiers acteurs en nombre d’interceptions de migrants en Méditerranée centrale.
La reconnaissance par l’Organisation maritime internationale, en juin, de leur compétence en matière de coordination des secours dans les eaux internationales au large de la Libye, en fait des interlocuteurs désormais incontournables pour quiconque voudrait agir ici. Alors même que le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) des Nations unies considère que le pays n’est pas un lieu sûr pour débarquer des personnes secourues en raison des « graves maltraitances » qu’elles y risquent. En outre, depuis plusieurs semaines, la capitale, Tripoli, est en proie à des affrontements armés entre milices et groupes armés, qui ont déjà fait plus de cent morts. Dimanche, ce sont majoritairement des Libyens fuyant leur pays qui se trouvaient à bord du petit bateau de bois.
Accrochage avec les gardes-côtes libyens
« Quittez la zone, nous nous rapprochons de vous ! », hurlent dans la radio les garde-côtes libyens. « Nous avons commencé à transférer sur nos canots de sauvetage des femmes et des enfants », répond l’Aquarius. Il est aux alentours de 6 heures du matin et la tension monte d’un cran sur la passerelle du bateau. Le capitaine, un grand Russe extirpé de son sommeil, commence à montrer des signes d’inquiétude. Il fait les cent pas et souffle bruyamment, dans la pièce exiguë où se sont réunies une poignée de personnes. Il demande aux humanitaires de ne pas évacuer les personnes secourues et gèle la situation tant qu’elle n’est pas « clarifiée ». Sur le canal radio, les échanges sont confus pendant encore un long moment.

   


« Vous connaissez Tripoli ? Vous voulez venir faire une petite visite à Tripoli ? », lance, sur un ton mi-ironique, mi-menaçant, un homme, à l’attention de l’Aquarius. « Peut-on évacuer les femmes et les enfants sur l’Aquarius ? », s’entête à demander poliment le responsable des opérations de sauvetage de SOS-Méditerranée, Nick Romaniuk. « Vous ne respectez pas nos instructions ! Nous vous avons dit de ne pas intervenir. Et de ne pas vous approcher. Vous allez avoir des gros problèmes. Vous encouragez les migrants à aller en Europe, répètent, sur la radio, les gardes-côtes. On ne veut plus coopérer avec vous parce que vous nous désobéissez. Maintenant, nous allons nous approcher et vous dire quoi faire. »
Il fait jour à présent. La navette des garde-côtes s’approche des deux canots de sauvetage de l’Aquarius et du bateau de bois sur lequel des dizaines de personnes attendent encore de connaître leur sort. « On vous laisse la situation, annoncent finalement les Libyens. Vous avez perturbé et interrompu nos opérations. Vous quitterez la zone immédiatement après. » 
Dernière opération de l’« Aquarius » ?
Les 47 personnes – dont 17 mineurs et autant de femmes – peuvent être évacuées à bord du navire humanitaire. Leurs visages sont pâles mais soulagés. Il est 8 heures et l’Aquarius met cap vers le nord, s’éloignant à grande vitesse de la Libye.
Le navire a « gagné » la partie mais cette victoire annonce sûrement une défaite plus grande. « Tu as de la chance, tu as assisté à la dernière opération de ce navire », nous a fait remarquer, mi-amer mi-ironique, un membre de l’équipage. Dimanche, la cohabitation précaire qui existait entre les humanitaires et les autorités libyennes a volé en éclats. Déjà, la veille, l’Aquarius avait appris qu’il allait perdre pour la deuxième fois en un mois son pavillon. Après Gibraltar, le Panama, sous la pression de l’Italie, a décidé de révoquer son immatriculation, après que le bateau a porté secours jeudi à onze hommes en mer, et refusé de les remettre à la Libye.
Désormais, il vogue avec 58 migrants à bord, sans destination. A ce stade, aucun port européen n’a manifesté son souhait de l’accueillir. En ce dimanche, la Méditerranée centrale avait des airs de Far West triste, peuplé d’indésirables.

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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L’embarcation repérée par l’« Aquarius«  le 20 septembre. Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherches et de secours pour SOS Méditerranée, raconte : « Nous avons vu qu’ils étaient en train d’écoper le bateau. Ils avaient des gilets de sauvetage, mais ce sont des modèles de mauvaise confection, qui se remplissent d’eau, donc c’est dangereux. »"
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Jérémie Demange est le sauveteur de SOS Mediterranée qui a ciblé la petite barque en détresse le 20 septembre vers 7h « Au début, tu vois une tâche blanche qui bouge sur la vague et, très vite, tu vois que ça ressemble à une embarcation »."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les chaussures trempées des onze rescapès sèchent sur le pont principal de l'Aquarius, le 20 septembre."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Un membre de Médecins sans frontières leur donne quelques explications sommaires, tandis qu’ils essayent de rallumer leur téléphone emballé dans plusieurs couches de plastique. Un sac est distribué à chacun d’entre eux, avec du linge propre, de l’eau, une serviette…"
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            data-slide-description="Sur le pont, le reste de l’équipage se tient prêt à accueillir les personnes secourues. La manœuvre est bien huilée. Un à un, les hommes sont montés à bord et installés sur le pont arrière du bateau."
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            data-slide-description="A bord de l’« Aquarius », après le sauvetage des onze personnes, dont un mineur, qui se trouvaient à bord de la petite embarcation."
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            data-slide-description=""Mon futur est entre vos mains" avoue Ch. Amraiz. Après avoir passé huit heures sur la mer pour parcourir 28 milles nautiques, cet homme de 38 ans d'origine pakistanaise s'est fait secourir par l'équipage de l'Aquarius. Le 20 septembre."
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            data-slide-description="Rocco Aiello, sauveteur pour SOS Méditerranée, après l’opération."
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            data-slide-description="Le sauvetage a eu lieu à envrion 28 milles nautiques, face à la ville libyenne d’Abou Kammach."
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            data-slide-description="La barque dont ils ont été évacués flotte à présent à vide. L’équipe de SOS Méditerranée démonte le moteur et disperse ses pièces à l’eau. La coque est marquée à la peinture noire : « SAR AQU 20/09/2018 », afin que chacun sache que les personnes à bord ont été secourues par l’« Aquarius », à plus de 120 milles marins (environ 222 km) du rivage européen le plus proche, l’île italienne de Lampedusa."
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L’embarcation repérée par l’« Aquarius«  le 20 septembre. Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherches et de secours pour SOS Méditerranée, raconte : « Nous avons vu qu’ils étaient en train d’écoper le bateau. Ils avaient des gilets de sauvetage, mais ce sont des modèles de mauvaise confection, qui se remplissent d’eau, donc c’est dangereux. »

Samuel Gratacap pour Le Monde
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Le pape François poursuit son voyage de quatre jours en Europe de l’Est. Il a appelé dimanche les nouvelles générations à ne pas céder aux « chants des sirènes » de l’antisémitisme.
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En Lithuanie, le pape François met en garde contre les « identités de sang pur »

Le pape François poursuit son voyage de quatre jours en Europe de l’Est. Il a appelé dimanche les nouvelles générations à ne pas céder aux « chants des sirènes » de l’antisémitisme.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 18h30
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


En ce dimanche 23 septembre au matin, pour commémorer les 75 ans de la liquidation du ghetto juif, les 23 et 24 septembre 1943, une poignée de descendants des quelques survivants se relaient au pupitre de la synagogue Choral, la seule d’importance qui demeure à Vilnius, pour lire les noms des disparus. Sur les 57 000 personnes qui y sont passées, seulement 2 000 ont survécu. Entre 1941 et 1943, l’occupant nazi, parfois secondé par la population locale, a éradiqué l’essentiel du judaïsme lituanien (estimé à 210 000 personnes), centre intellectuel, culturel et religieux majeur d’Europe de l’Est. Un tiers de la population de Vilnius était juive, parfois davantage dans d’autres villes. « Nous, les survivants, nous sommes des accidents, nous ne sommes pas censés exister », résume Faina Kuklianski, la présidente de la communauté juive de Lituanie, devant la petite assemblée.
Dans l’après-midi, au second jour de sa visite dans les pays baltes, le pape François s’est recueilli devant le monument des victimes du ghetto. Puis il s’est rendu au musée des occupations et des luttes pour la liberté, où il a prononcé une prière. Ce bâtiment massif fut successivement le siège de la Gestapo puis du KGB, pendant les occupations allemande et soviétique. Le pontife unissait ainsi les mémoires de deux tragédies du vingtième siècle, dans un pays où la lecture de l’histoire, et notamment le rôle d’une partie de la population dans l’extermination des juifs, est un sujet sensible. Faina Kuklianski dit se réjouir de la visite du pape argentin, un « mensch » (un homme bien, en yiddish) dont elle apprécie « les efforts en faveur des droits humains ».
Cinq mois de négociations
Mais la présidente de la communauté juive de Lituanie ne cache pas qu’elle a dû déployer des efforts pour que le Vatican honore la commémoration de la liquidation du ghetto, en ce jour anniversaire. « Cela m’a pris cinq mois de négociation avec l’Eglise pour les persuader de venir, affirme-t-elle. Nous souhaitions qu’il rende hommage à l’emplacement du ghetto et à Ponary [une forêt proche de Vilnius, où quelque 60 000 juifs ont été assassinés par balle sous la direction des nazis}. Je suis heureuse de cette prière silencieuse. Le pape a beaucoup à dire à notre Eglise catholique, sur leur comportement pendant la guerre comme au sujet des justes parmi les nations [les non juifs qui ont sauvé des juifs]. » De fait, une première version du programme papal, qui profite des 100 ans de la proclamation d’indépendance des pays baltes pour faire sa visite, ne comprenait pas la prière devant la stèle, ajoutée in extremis.
Le pape François a cependant eu des mots forts, dimanche matin, pour rappeler la tragédie de l’extermination. « Faisons mémoire de cette époque », a-t-il dit à Kaunas, la deuxième ville du pays où quelque 35 000 juifs ont été exterminés, demandant à Dieu de pouvoir « découvrir à temps tout nouveau germe de cette attitude pernicieuse, toute atmosphère qui atrophie le cœur des générations qui n’en ont pas fait l’expérience et qui pourraient courir derrière ces chants des sirènes ».
Auparavant, dans l’homélie prononcée devant quelque 100 000 fidèles réunis pour une messe au parc Santakos, dans cette même ville, il avait adjoint à cette mémoire celle de la déportation dans des camps sibériens de dizaines de milliers de Lituaniens par l’occupant soviétique et la répression sur place de beaucoup d’autres, entre la fin de la seconde guerre mondiale et la chute de l’Union soviétique, au début des années 1990. « Les générations passées ont été marquées par le temps de l’occupation, l’angoisse de ceux qui étaient déportés, l’incertitude pour ceux qui ne revenaient pas, la honte de la délation, de la trahison. (…) Kaunas connaît cette réalité ; la Lituanie entière peut en témoigner avec un frisson au seul fait de nommer la Sibérie, ou les ghettos de Vilnius et de Kaunas, entre autres ».
« Devenir un pont qui unit l’orient et l’occident de l’Europe »
Tout au long des deux jours passés en Lituanie, le pape François a demandé aux Lituaniens de connaître cette mémoire douloureuse pour en faire non pas un facteur d’amertume, mais un moteur pour traiter les problèmes d’aujourd’hui sans les démons du passé. « Ceux qui n’acceptent pas de guérir la mémoire de leur histoire, peut-être justement pour cela, ils n’acceptent même pas de s’investir dans le travail présent, a-t-il dit dans son homélie. Et alors on discute sur celui qui a davantage brillé, qui a été le plus pur dans le passé (…) Et ainsi nous nions notre histoire (…) C’est une attitude stérile et vaine, qui renonce à s’impliquer dans la construction du présent. »
La veille, il avait adressé un message similaire lors d’une rencontre avec les jeunes, à Vilnius. Il les avait engagés à « ne pas oublier les racines de [leur] peuple », à faire leur l’histoire des générations précédentes sans pour autant faire de « l’identité » un poison pour l’avenir. « Notre vraie identité, leur a-t-il dit, présuppose l’appartenance à un peuple. Il n’y a pas d’identité “de laboratoire”, ni d’identité “distillée”, ni d’identité “de sang pur”. » De la même manière, devant les autorités politiques, à son arrivée, samedi matin, il avait souligné que, par le passé, la Lituanie avait su « offrir l’hospitalité, accueillir, recevoir des peuples de diverses ethnies et religions ».
« En regardant la situation mondiale dans laquelle nous vivons, où les voix qui sèment la division et l’affrontement deviennent nombreuses, ou bien qui proclament que l’unique manière possible de garantir la sécurité et la survie d’une culture réside dans l’effort pour éliminer, effacer ou expulser les autres, avait-t-il ajouté, vous, Lituaniens, avez une parole originale à apporter : accueillir les différences, (…) devenir un pont qui unit l’orient et l’occident de l’Europe. »

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ La pétition appelle le gouvernement à s’inspirer du Portugal, où le congé paternité vient d’être rendu obligatoire.
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Des personnalités françaises se mobilisent pour un congé paternité plus long et obligatoire

La pétition appelle le gouvernement à s’inspirer du Portugal, où le congé paternité vient d’être rendu obligatoire.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 12h19
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 13h46
   





                        



   


Une pétition lancée par les collectifs Congé Parentégalité et Pour une parentalité féministe (PA.F) a réuni 160 signataires, dont le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, ou l’ex-présiente du Medef Laurence Parisot, en faveur d’un congé paternité obligatoire, aligné sur le congé maternité.
Une loi « pour l’égalité »
« En France, une salariée a droit à un congé maternité de seize semaines, dont huit obligatoires. Un salarié, lui, dispose d’un congé paternité facultatif de onze jours », rappelle cette pétition publiée samedi 22 septembre dans Le Parisien, jugeant que « l’organisation des congés “à la française” participe au maintien d’un système inégalitaire et patriarcal au travail, en biaisant les critères d’embauche et d’avancement ».
« Seule une loi peut créer les conditions d’une parentalité à égalité, en rendant ce congé obligatoire et de même durée pour les deux parents, qu’ils soient travailleur·euses indépendant·es ou salarié·es », poursuit la pétition.
Les 160 signataires, parmi lesquels figurent des experts comme le psychiatre Serge Hefez, de simples citoyens et des personnalités, telles que l’humoriste Guillaume Meurice, exhortent à s’inspirer du Portugal, où le congé paternité vient d’être rendu obligatoire.
« Le congé paternité ne peut rester une option, au risque que le père ou second parent n’ose affirmer son choix de peur d’être discriminé à l’embauche ou dans sa carrière », arguent-ils.

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Report de la réforme
Le gouvernement a annoncé jeudi que les travailleuses indépendantes, cheffes d’entreprises et agricultrices pourraient bénéficier en 2019 d’un congé maternité aussi long que celui des salariées ; une promesse de campagne d’Emmanuel Macron.
Dans un communiqué, les deux collectifs regrettent le « report sine die de la réforme du congé paternité par Edouard Philippe, pourtant chef d’un gouvernement qui a désigné l’égalité entre les femmes et les hommes comme la “grande cause du quinquennat” ».
Dans un rapport remis récemment à l’exécutif, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) avait préconisé de rallonger le congé paternité et de le rendre au moins en partie obligatoire.
« Le congé paternité, il est très important qu’il puisse être amélioré », a commenté jeudi sur BFM-TV la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. Mais « là on est vraiment concentrés sur le congé maternité », avait-elle ajouté.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Alors que leur rentrée approche ou est déjà passée, des milliers d’étudiants sont encore sur le carreau. Certains cherchent un toit depuis plusieurs mois, d’autres ont attendu une réponse tardive de Parcoursup.
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La chasse infernale au logement étudiant

Alors que leur rentrée approche ou est déjà passée, des milliers d’étudiants sont encore sur le carreau. Certains cherchent un toit depuis plusieurs mois, d’autres ont attendu une réponse tardive de Parcoursup.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 13h21
    |

                            Alice Raybaud








                        



                                


                            

« Je commence à devenir très inquiète. Depuis que j’ai repris les cours, je n’ai vraiment plus le temps de chercher… » Annabelle, 22 ans, recherche désespérément un T2 avec une amie à Paris depuis le mois de mai. Le résultat de ses cinq mois de recherche ? Seulement deux visites décrochées. « Et encore, le premier appartement que j’ai visité était totalement insalubre », peste l’étudiante en 4e année de master dans une école de communication. Avant sa rentrée, la jeune femme, hébergée par un ami, vivait branchée sur son téléphone et son ordinateur : « La recherche d’un appartement, c’est du vingt-quatre heures sur vingt-quatre », des journées entières ponctuées de notifications, d’appels infructueux et de déplacements dans les agences immobilières.
Annabelle fait partie de ces milliers d’étudiants qui, alors que le mois de septembre est déjà bien entamé, n’ont toujours pas de logement. Selon une enquête de l’Observatoire national de la vie étudiante, en 2016, 61 % des étudiants, soit 1,5 million, ne vivaient ni dans leur famille ni dans l’appartement dont ils étaient propriétaires. Il n’y avait alors que 350 000 logements en résidences étudiantes (dont 175 000 gérés par le Crous).
Depuis, le nombre d’étudiants a encore augmenté (de 135 000 étudiants, selon les estimations du ministère), sans que la construction de logements spécifiques à cette catégorie de la population suive : François Hollande avait promis de créer 40 000 logements étudiants pendant son quinquennat, mais aucun bilan n’est encore disponible. Quant au président Macron, il s’est engagé à en construire 60 000 d’ici à 2022.

« Pénurie » sans précédent
Annabelle doit consacrer tous ses week-ends à ses recherches d’appartement : une obligation handicapante pour l’étudiante, qui commence déjà à avoir une charge de travail importante. « C’est paradoxal parce que l’année dernière, alors que je m’y étais prise beaucoup plus tardivement,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Rappelant qu’en 2017 cent vingt-trois victimes ont perdu la vie, les signataires dénoncent « un silence » et réclament des « moyens d’agir ».
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Violences conjugales : 88 personnalités signent une tribune en faveur des victimes

Rappelant qu’en 2017 cent vingt-trois victimes ont perdu la vie, les signataires dénoncent « un silence » et réclament des « moyens d’agir ».



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 01h40
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 11h44
   





                        


« Tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou de son ancien conjoint » et en 2017 « 123 ont ainsi perdu la vie », tandis que « 225 000 autres ont été victimes de violences conjugales », remémore tristement la comédienne Muriel Robin. Rejointe par 87 autres personnalités, elle signe dans Le Journal du dimanche du 23 septembre une tribune pour que les victimes de violences conjugales « ne meurent plus dans l’indifférence totale ». Parmi les signataires, figurent Carole Bouquet, Mimie Mathy, Vanessa Paradis, Pierre Palmade, Alexandra Lamy, Julien Clerc, Stéphane Bern, Michel Drucker, Claude Chirac et Amélie Mauresmo.
Sous le titre « Sauvons celles qui sont encore vivantes », Muriel Robin rappelle que « la lutte contre les violences faites aux femmes a été proclamée grande cause nationale pour l’année 2018 », elle estime que « pourtant, un silence assourdissant persiste ».
« Il faut que cela s’arrête. Il faut que notre cri de révolte soit aussi retentissant que le déni qui règne aujourd’hui. Monsieur le président, agissons pour que ces femmes ne meurent plus dans l’indifférence totale, pour que nous n’ayons plus honte de ces cadavres », lit-on dans le texte.

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                Féminicides et violences conjugales : les réponses encore insuffisantes des pouvoirs publics



Un appel à manifester le 6 octobre
Pour ses signataires, il faut « donner les moyens d’agir à ceux qui prennent en charge les femmes victimes et les hommes auteurs de ces violences ». Ils réclament en outre « une formation O.BLI.GA.TOI.RE nationale de tous les métiers de loi [police, gendarmerie, juges, magistrats] et un plan d’urgence pour l’hébergement des femmes ».
Le texte demande aussi que soit imposée à l’agresseur « une interdiction d’approcher le domicile de l’agressée » et que les « hommes “violents” soient contraints de se soigner ». Il propose enfin de « repenser la loi sur la légitime défense ».
« Si vous voulez manifester votre engagement, je vous propose que nous nous retrouvions toutes et tous le samedi 6 octobre à 14 heures, devant le palais de justice de Paris. Tous ensemble, montrons à ces femmes que nous leur tendons la main, et que viendra un jour où elles ne seront plus seules », conclut Muriel Robin.

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Le syndicat Alternative CFDT a également invité l’écrivain et rélisateur à « faire un reportage avec les policiers » et appelé Gérard Collomb « à engager des poursuites ».
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Un syndicat de police saisit le CSA pour des propos « antiflics » de Yann Moix

Le syndicat Alternative CFDT a également invité l’écrivain et rélisateur à « faire un reportage avec les policiers » et appelé Gérard Collomb « à engager des poursuites ».



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 00h20
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 11h55
   





                        


Les policiers « chient dans leur froc ». Yann Moix a suscité la colère du syndicat de police Alternative CFDT, qui a annoncé samedi 22 septembre au soir avoir saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). L’écrivain et réalisateur a tenu ces propos lors de l’émission sur C8 de Thierry Ardisson qui avait invité le journaliste Frédéric Ploquin, venu présenter son livre La peur a changé de camp, et deux policiers venus témoigner.
« Si vous venez dire ici que les policiers ont peur, vous savez bien que la faiblesse attise la haine : dire que vous chiez dans votre froc, alors que vous faites un métier qui devrait prendre cette peur en compte… », a-t-il dit sans terminer son raisonnement. Il a également accusé les policiers de se « victimiser à longueur d’émission de télévision » alors que leurs « cibles préférées sont les pauvres et les milieux défavorisés ».
« Je suis moi-même spectateur du harcèlement que vous pratiquez sur des gens inoffensifs (…) parce que, effectivement, la peur au ventre, vous n’avez pas les couilles d’aller dans des endroits dangereux », a-t-il ajouté.

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                Dans une tribune, l’écrivain Yann Moix s’en prend à la politique migratoire d’Emmanuel Macron



Des propos « à vomir »
Yann Moix « profite de sa célébrité médiatique pour déverser tout son fiel de haine “antiflic” », a dénoncé dans un communiqué le syndicat Alternative CFDT, condamnant des propos « à vomir ». Le syndicat a invité Yann Moix à « faire un reportage avec les policiers dans les quartiers difficiles et s’en prendre “plein la gueule” et on verra bien s’il a “les couilles” de rester sur place ».
Il a également appelé le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, « à condamner avec fermeté ces propos ignominieux et à engager des poursuites ». Le syndicat a en outre saisi le CSA.
Au début de l’année Yann Moix, lors d’un reportage sur les migrants de Calais, avait accusé la police de violences « affirmant détenir des preuves vidéos », rappelle aussi le syndicat qui « attend toujours ».

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Les opposants aux cours d’éducation sexuelle dès la classe élémentaire multiplient les caricatures et les contre-vérités.
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L’éducation sexuelle à l’école suscite des amalgames

Les opposants aux cours d’éducation sexuelle dès la classe élémentaire multiplient les caricatures et les contre-vérités.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 18h00
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            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Rapport d’étonnement. Le 13 septembre, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale, a envoyé aux ­recteurs d’académie la circulaire mettant en place « trois séances d’éducation sexuelle et affective » par an, cela dès l’école élémentaire. Le texte précisait que, du CP au CM2, de 6 à 10 ans, « il ne s’agit pas d’une éducation explicite à la sexualité » mais d’enseigner « l’étude et le respect du corps », « la reproduction des êtres vivants » ou « l’égalité entre les filles et les garçons », puis, au lycée, de discuter « grossesses précoces non désirées, IST et VIH-sida, orientations sexuelles, respect de son corps et de celui de l’autre, (…) prévention des violences sexistes, etc. ». Néanmoins, les réactions des opposants à toute éducation sexuelle, les mêmes qui avaient réussi à faire annuler l’« ABCD de l’égalité » proposé en 2013 par la ­ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, méritent le détour. Satan serait entré à l’école !

Ainsi, la télévision évangéliste JesusChrist TV, qui émet en français, a prêché qu’il s’agit d’« inculquer la concupiscence et la lubricité dans l’esprit de nos enfants », dénonce de véritables « cours de porno », évoque des « pédo-satanistes ». Le site La Lumière du monde a popularisé la pétition contre « L’éducation sexuelle, une idéologie imposée à nos enfants », expliquant qu’elle est « imposée par l’Europe » et « vise la légalisation de la pédophilie ». Le site Info chrétienne a laissé entendre que cette circulaire était inspirée par un document de l’Organisation mondiale de la santé qui « recommande l’enseignement de la masturbation aux enfants de 4 ans ».
Déformations et caricatures
Quant au site Ecole et sexe, patronné par La Manif pour tous, il a lancé un appel dans lequel on peut lire : « Cette prétendue “éducation sexuelle”, véritable incitation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Environ 400 personnes ont rendu hommage samedi à Luigi, un adolescent de 16 ans tué lors d’une fusillade lundi dans la cité Romain-Rolland.
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« Plus jamais ça » : 400 personnes ont marché en mémoire de l’adolescent tué à Saint-Denis

Environ 400 personnes ont rendu hommage samedi à Luigi, un adolescent de 16 ans tué lors d’une fusillade lundi dans la cité Romain-Rolland.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 12h17
   





                        


Cinq jours après la mort de Luigi, « toute la ville est choquée ». Environ 400 personnes ont participé samedi 22 septembre à Saint-Denis à une marche blanche en mémoire de cet adolescent de 16 ans tué lundi dans une fusillade sur fond de rivalité entre cités. Parmi les manifestants, beaucoup d’adolescents en larmes, vêtus d’un tee-shirt blanc sur lequel était écrit au-dessus d’un cœur rouge : « Luigi repose en paix ».
« Ça touche tout le monde, c’est grave ce qu’il s’est passé », souffle Joséphine, 20 ans, étudiante en médecine et habitante d’une cité voisine. « J’espère que ça va faire réfléchir et que tout le monde va s’apaiser », ajoute la jeune femme.
Une « expédition punitive » dont la cause reste inconnue
Le cortège, totalement silencieux, est parti de la cité Joliot-Curie, d’où était originaire le jeune homme, et s’est rendu à quelques centaines de mètres de là, cité Romain-Rolland, où il a été tué par balle lundi soir. Sur place, des étuis de calibre 7,62 mm ont été retrouvés – laissant penser à des tirs de Kalachnikov –, ainsi que des battes de base-ball et des barres de fer.
D’après les premiers éléments, le garçon, scolarisé en lycée professionnel, est mort lors d’une « expédition punitive » dans le cadre de « rixes régulières » entre les deux cités et dont la cause reste « obscure », selon une source proche de l’enquête.
Un autre adolescent de 16 ans, blessé à la cuisse dans la fusillade, et qui avait été placé en garde à vue, a été remis en liberté vendredi. Il n’y a pas eu d’autres interpellations.
« Leur proposer autre chose que ces histoires de bandes »
En tête du cortège, les parents de Luigi, vêtus d’un tee-shirt avec la photo de leur fils, ont marché enlacés. A l’arrivée de la marche, sa mère s’est effondrée en pleurant sur le trottoir où son garçon est mort.
« Toute la ville est choquée », dit Kevin, 24 ans, pendant que des dizaines de jeunes et leurs parents viennent déposer des roses blanches. Surveillant dans le collège du quartier, il confie son désarroi : « Les petits on leur parle, mais j’ai l’impression qu’on n’a plus la même autorité qu’avant. » « On n’arrive pas à avoir de prise sur ces gamins, qui passent pour certains de collège en collège après avoir été exclus, et à leur proposer autre chose que ces histoires de bandes », ajoute Marisa, enseignante.
Présent dans le cortège avec d’autres élus locaux, Bally Bagayoko, maire adjoint (LFI), a dit espérer que cette marche entre les deux quartiers montre le « chemin du pardon, de la réconciliation, du plus jamais ça ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Selon un document interne de la Régie autonome des transports parisiens, la violence et les incivilités ont nettement augmenté en 2017.
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Les violences envers les voyageurs et les agents de la RATP augmentent

Selon un document interne de la Régie autonome des transports parisiens, la violence et les incivilités ont nettement augmenté en 2017.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 15h01
   





                        


Selon un document interne de la Régie autonome des transports parisiens (RATP), révélé par France 2, et auquel l’Agence France-Presse a également eu accès, la violence et les incivilités ont nettement augmenté en 2017 sur le réseau de transports public de la région parisienne : les « atteintes physiques » contre des agents de la RATP y ont par exemple augmenté de 24 % par rapport à l’année précédente, et celles contre les voyageurs, de 20 %.
Concernant les violences envers des voyageurs, la RATP a recensé 6 470 incidents dans le métro, les trains, les RER, les bus et les tramways. Si ce chiffre est en hausse, les services de la RATP notent qu’il reste « bien inférieur à celui de 2012 », année où 7 115 faits similaires avaient été signalés, selon le rapport.
Concernant les violences sur les agents de la RATP, avec 1 230 cas « d’atteintes physiques », touchant principalement des machinistes et des agents de contrôle, le ratio de ces atteintes à agent par million de voyages affiche le niveau le plus élevé de ces six dernières années, malgré un trafic en hausse. 2 848 faits d’outrage ou menace à l’encontre des agents ont aussi été constatés, soit une hausse de 3 % sur un an.
« L’année 2017 n’a pas été bonne en ce qui concerne aussi bien les atteintes à l’encontre des conducteurs que des voyageurs », a résumé une porte-parole de la RATP, assurant que « l’année 2018 ne confirme pas cette tendance ». Elle ajoute que pour la sécurité de ses usagers et de ses agents, près de mille agents de sécurité sont déployés sur le réseau, lequel est surveillé par cinquante mille caméras.
La diffusion de ce rapport coïncide avec la prochaine comparution d’un chauffeur de bus de la RATP en conseil disciplinaire pour avoir giflé un collégien qui l’avait insulté au début de septembre dans le secteur de la mairie d’Arcueil. Le rapport interne de la RATP s’inquiétait, déjà en 2017, d’une « hausse de 9 % des atteintes contre [les] conducteurs de bus. Cela représente un peu moins d’une atteinte par jour contre un conducteur de bus de la RATP, à rapporter [aux] 15 000 conducteurs, opérant sur 350 lignes ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Présenté comme imminent depuis deux ans, « l’accord provisoire » sur la nomination d’évêques est le fruit de négociations qui durent depuis des années.
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« Accord provisoire » entre le Vatican et la Chine sur la nomination d’évêques

Présenté comme imminent depuis deux ans, « l’accord provisoire » sur la nomination d’évêques est le fruit de négociations qui durent depuis des années.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 14h14
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 06h39
    |

            Frédéric Lemaître et 
Cécile Chambraud








                        



   


Le Vatican a annoncé par un communiqué, samedi 22 septembre, la signature, à Pékin, d’un « accord provisoire » avec la République populaire de Chine « sur la nomination des évêques ». Plusieurs fois présentée comme imminente depuis deux ans, cette annonce est le fruit de négociations qui durent depuis plusieurs années entre le Saint-Siège et Pékin.
Pour le Vatican, l’accord vise à remédier à la division des catholiques chinois entre une Eglise officielle étroitement contrôlée par le pouvoir chinois, dont sept des évêques ne sont pas reconnus par Rome, et une Eglise « souterraine », dont les trente évêques ne sont pas reconnus par Pékin. La politique du Saint-Siège a consisté, ces dernières années, à favoriser l’unité de ces communautés « officielle » et « clandestine ». Mais elle ne va pas sans susciter des critiques dans certains secteurs de l’Eglise, qui craignent que les catholiques fidèles à Rome dans les plus grandes difficultés en fassent les frais.
Le communiqué du Vatican dit que cet « accord provisoire » a été signé, pour le Saint-Siège, par le sous-secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Antoine Camilleri, et, pour Pékin, par Wang Chao, ministre adjoint des affaires étrangères. Le caractère provisoire, est-il précisé, laisse entrevoir « la possibilité d’un réexamen périodique de son application ». Néanmoins affirme le Saint-Siège, « il crée les conditions d’une meilleure collaboration bilatérale ». « L’espoir partagé est que l’accord puisse favoriser un processus de dialogue institutionnel fructueux et tourné vers l’avenir et puisse contribuer positivement à la vie de l’Eglise catholique en Chine, au bien commun du peuple chinois et à la paix dans le monde. » 
« Ce n’est pas la fin d’un processus, c’est le début », a commenté Greg Burke, le porte-parole de la salle de presse du Vatican. Pietro Parolin, le secrétaire d’Etat (numéro 2) du Vatican, a expliqué pour sa part que dans cet accord, « l’objectif du Saint-Siège est pastoral, c’est-à-dire d’aider les Eglises locales pour qu’elles jouissent d’une situation de plus grande liberté, d’une plus grande autonomie, de la possibilité d’une meilleure organisation et qu’ainsi elles se consacrent à l’annonce de l’Evangile ».
Il s’agit donc, pour les signataires, d’un premier pas, qui porte uniquement sur les nominations d’évêques. Celles-ci cristallisent les tensions entre les deux signataires. Pour le Saint-Siège, qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec la République populaire de Chine depuis l’expulsion du nonce, en 1951, et le transfert de l’ambassade à Taipeh (le Vatican est l’un des derniers Etats à entretenir des relations diplomatiques avec Taiwan), le choix des évêques par le pape est la condition de l’exercice de la liberté religieuse. Pour Pékin, permettre à une autorité extérieure de nommer souverainement des responsables est inconcevable.

        Notre reportage :
         

          En Chine, les catholiques aspirent à l’unité



Politique de « sinisation » des religions
Depuis 1957, la Chine entretient une « association catholique patriotique » qui nomme des évêques et ne reconnaît pas l’autorité de Rome. Depuis 2010, l’Eglise officielle a nommé sept évêques non reconnus par le Vatican, et Rome une trentaine d’évêques non reconnus par Pékin. Mais certains des évêques nommés par l’Eglise officielle auraient secrètement demandé et obtenu l’accord de Rome. Deux Eglises donc pour une communauté estimée à une dizaine de millions de croyants.
Samedi, en début d’après-midi, un second communiqué du Vatican a annoncé qu’« afin de soutenir la proclamation de l’Evangile en Chine », le pape François avait « décidé de réadmettre dans la communion ecclésiale », c’est-à-dire de reconnaître, les sept évêques « officiels » ordonnés sans son accord.
Dès le début de son pontificat, le pape François a multiplié les signes de bonne disposition envers le pouvoir chinois. Elu un jour avant Xi Jinping, en mars 2013, il avait écrit au dirigeant chinois trois jours plus tard. Une première réunion entre une délégation chinoise et des représentants du Saint-Siège avait eu lieu à Rome en juin 2014. Elle a été suivie de plusieurs autres, alternativement au Vatican et à Pékin. A plusieurs reprises, le pape François a exprimé son désir de pouvoir se rendre un jour en Chine. Après trois ans sans ordination, le 4 août 2015, avait eu lieu la première ordination du pontificat de François, Joseph Zhang Yilin, à Anyang, dans le Henan, choisi par Pékin et approuvé par Rome (mais sans communication officielle du Vatican). Les trois évêques qui présidaient à son ordination avaient eux-mêmes été reconnus par le Vatican.
Mais parallèlement, la pression du pouvoir chinois sur les communautés catholiques n’a cessé de croître sous l’influence de la politique dite de « sinisation » des religions. Si le régime communiste mène une répression impitoyable contre les Ouïgours, des musulmans installés depuis des siècles au Xinjiang, allant jusqu’à en enfermer près d’un million dans des camps de redressement, selon plusieurs estimations, il s’en prend également aux autres cultes. La campagne de « sinisation » des religions relancée en 2016 a abouti à la fermeture voire à la destruction de nombreux lieux de culte catholiques et protestants, à la destruction de milliers de croix et de bibles et à la persécution d’un certain nombre d’ecclésiastiques, voire de fidèles.

   


« Un périlleux rêve chinois »
Avant même d’être conclu, l’accord entre le Vatican et Pékin était commenté dans la presse chinoise. Dans un éditorial, le quotidien nationaliste, le Global Times, se félicitait dès le 19 septembre de l’accord en vue. « S’il se matérialise, l’accord constituera un progrès substantiel dans les relations Chine-Vatican. C’est une bonne chose non seulement pour les Eglises catholiques en Chine mais aussi pour le développement du catholicisme », écrivait le journal.
Dans le même quotidien, Marcelo Sanchez Sorondo, évêque argentin et actuel chancelier de l’Académie pontificale des sciences et de l’Académie pontificale des sciences sociales, qualifie samedi de « bruyante minorité » les opposants à l’accord. « Selon notre interprétation, les critiques sont une petite minorité de gens, des gens qui voulaient créer des troubles », ajoutait ce proche du pape François, qui, selon le quotidien, se trouvait ces derniers jours dans la province du Shaanxi pour participer à un colloque international sur les transplantations d’organes. L’un des plus opposés à un accord est l’évêque émérite de Hongkong, le cardinal Joseph Zen Ze-kiun. Selon lui, un accord entre Rome et Pékin se ferait nécessairement au détriment de l’Eglise souterraine.
En revanche, l’écrivaine italienne Ilaria Maria Sala rappelle dans le South China Morning Post, le quotidien de Hongkong, où elle vit, qu’il y a quatre ans, lorsque Pékin avait autorisé l’avion pontifical à survoler la Chine alors que le pape François se rendait en Corée, celui-ci avait remercié Xi Jinping et adressé à la nation chinoise « la bénédiction divine de paix et de bien-être ». Mais pour l’écrivaine, dans les circonstances actuelles de répression du fait religieux en Chine, le pape a choisi « un périlleux rêve chinois ».

        Lire aussi :
         

                Tensions sur l’ouverture du Vatican vis-à-vis de la Chine






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ François a commencé une tournée de quatre jours dans les pays baltes, d’où il a envoyé un message de tolérance envers les réfugiés.
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Le pape François oppose « l’hospitalité » des Lituaniens à ceux qui « expulsent les autres »

François a commencé une tournée de quatre jours dans les pays baltes, d’où il a envoyé un message de tolérance envers les réfugiés.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 12h51
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 00h17
   





                        



   


A peine arrivé à Vilnius, samedi 22 septembre, pour la première étape d’une tournée de quatre jours dans les pays baltes, le pape François a dénoncé — sans les nommer — ceux qui « expulsent les autres » et a loué « la tolérance et l’hospitalité » des Lituaniens, majoritairement catholiques.
Ses propos critiques, tenus dans l’est de Europe, semblaient viser surtout les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), dont les autorités n’ont pas voulu accueillir sur leur territoire les réfugiés et les migrants économiques arrivés massivement en Grèce et en Italie.
Dans un discours prononcé devant les autorités lituaniennes et le corps diplomatique, réunis devant le palais présidentiel, le souverain pontife a évoqué « les voix qui sèment la division et l’affrontement » en instrumentalisant l’insécurité ou les conflits ou qui « proclament que l’unique manière possible de garantir la sécurité et la survie d’une culture réside dans l’effort pour éliminer, effacer ou expulser les autres ».
A cet égard, a-t-il poursuivi « vous, Lituaniens, avez une parole originale à apporter : “Accueillir les différences.” Par le dialogue, par l’ouverture et la compréhension, celles-ci peuvent devenir un pont qui unit l’orient et l’occident de l’Europe. Cela peut être le fruit d’une histoire arrivée à maturité, qu’en tant que peuple vous offrez à la communauté internationale et en particulier à l’Union européenne ».
Emigration des jeunes
François a fait également allusion à l’un des principaux problèmes des pays baltes, à savoir l’émigration des jeunes. Il a invité les Lituaniens à « prêter une attention spéciale aux plus jeunes, qui ne sont pas seulement l’avenir mais le présent de cette nation, à condition qu’ils restent attachés aux racines du peuple ».
Dans l’après-midi de samedi, le pape François doit rencontrer les jeunes nés après l’indépendance, sur la place de la cathédrale de Vilnius, qui fut fermée au public durant l’occupation soviétique, transformée en galerie d’art et enfin en commerce de pièces détachées pour automobiles.
La Lituanie et les autres pays baltes ont connu une croissance économique rapide, mais aussi l’apparition d’inégalités sociales et une migration massive de jeunes vers l’ouest, qui pose un sérieux problème.
Jérusalem du Nord
En souhaitant la bienvenue au pape, la présidente Dalia Grybauskaite l’a remercié de visiter la Lituanie l’année du centenaire de son indépendance et a rappelé que le Vatican, parmi les premiers à reconnaître l’Etat lituanien, n’avait jamais accepté son occupation par l’URSS, « une promesse de liberté et un espoir qui a été comblé ».
Mme Grybauskaite a également jugé « hautement symbolique » que François se trouve en Lituanie dimanche, le jour où le pays rend hommage aux victimes du génocide des juifs par les nazis. Le pape doit se recueillir et prier dimanche devant le monument aux victimes du ghetto de Vilnius.
Jusqu’en 1940, la Lituanie fut la patrie de plus de deux cent mille juifs, et Vilnius, du fait de son rayonnement spirituel, était surnommé la « Jérusalem du Nord ». Presque tous périrent pendant l’occupation nazie, entre 1941 et 1944.
Lundi, François sera en Lettonie, pays plutôt protestant, et mardi en Estonie, très majoritairement non croyante.
Le pape aime tendre la main aux plus petites communautés catholiques de la planète, tout en affichant son rapprochement avec les autres religions chrétiennes.
Silence sur les agressions sexuelles
Son 25e déplacement à l’étranger s’annonce a priori serein, après son difficile week-end, à la fin du mois d’août, en Irlande, pays meurtri par des agressions sexuelles commises par des membres du clergé par le passé.
François avait été accusé à distance par un prélat italien d’avoir longtemps sciemment ignoré les agissements de l’influent cardinal américain, Theodore McCarrick, finalement démis en juillet de son ministère pour des agressions sexuelles anciennes d’un adolescent.
Pressé de répondre par de nombreuses voix de l’Eglise, le chef de 1,3 milliard de catholiques n’est pas sorti de sa réserve avant son voyage dans les pays baltes.
Mais à la veille de son départ pour Vilnius, François a dû encore annoncer deux nouvelles démissions d’évêques chiliens.
Mardi, l’Eglise allemande publiera officiellement un rapport — déjà objet de fuites dans la presse — relatant qu’au moins 3 677 enfants ont été victimes entre 1946 et 2014 d’agressions sexuelles par 1 670 membres du clergé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Les croyances concernant l’avenir de sa propre situation économique influencent autant, sinon plus, l’opinion sur l’immigration que sa situation économique réelle, la faisant basculer vers l’extrême droite, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.
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édition abonné


« Hostilité aux immigrés et concurrence sociale » sont corrélées

Les croyances concernant l’avenir de sa propre situation économique influencent autant, sinon plus, l’opinion sur l’immigration que sa situation économique réelle, la faisant basculer vers l’extrême droite, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 11h50
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Recherches. Face à la montée de l’hostilité contre les migrants, les économistes ont su montrer que les arguments avancés par les partis d’extrême droite pour attirer les électeurs – « les immigrés prennent vos emplois et vos aides sociales » – ne tenaient pas la route : les migrants étant moins qualifiés, plus actifs et plus jeunes que l’ensemble de la population « indigène », ils contribuent à la hausse de la qualification (et donc des revenus) de cette dernière et sont « contributeurs nets » des systèmes sociaux.
Politologues et sociologues ont donc pris l’habitude d’aller chercher les causes du vote d’extrême droite dans le domaine de la culture et des « valeurs » (identité, religion) plus que dans la sphère socio-économique. Les partis nationalistes les ont d’ailleurs suivis dans cette voie…
Mais voilà que des recherches plus récentes remettent en selle l’idée que certains électeurs puissent voter pour l’extrême droite afin de défendre leurs intérêts matériels.
L’exemple autrichien
Charlotte Cavaillé (université de Georgetown, à Washington) et Jeremy Ferwerda (Dartmouth College, New Hampshire) ont saisi l’opportunité de la transposition, en 2005, dans le droit autrichien d’une directive européenne de 2000 sur « l’égalité raciale », imposant l’égalité d’accès des étrangers résidents aux programmes sociaux, pour voir comment le vote d’extrême droite avait évolué entre les élections législatives de 2002 et celles de 2006 dans les quartiers où, d’une part, le logement social est très présent et, d’autre part, le nombre d’immigrants avait fortement augmenté (« How Distributional Conflict Over Public Spending Drives Support for Anti-Immigrant Parties », à paraître).

Ils ont ainsi découvert que ces évolutions étaient bel et bien corrélées. La progression de l’extrême droite est encore plus forte (jusqu’à 50 % ou 60 %, contre 3,9 % en moyenne nationale) dans les quartiers où le marché du logement est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ La chroniqueuse Hapsatou Sy, à qui l’essayiste a reproché de ne pas porter un prénom « français », appelle radio et télévision à le boycotter.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 22/09/2018
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Les médias face au cas Eric Zemmour

La chroniqueuse Hapsatou Sy, à qui l’essayiste a reproché de ne pas porter un prénom « français », appelle radio et télévision à le boycotter.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 09h35
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 07h06
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            François Bougon








                        



                                


                            

Toutes les vingt secondes en moyenne, sur le site Change.org, une nouvelle signature apparaît dans le menu déroulant d’une pétition en ligne. Elle appelle les chaînes françaises à ne plus inviter le journaliste Eric Zemmour. Son titre : « Interdire de médias les personnes portant des messages d’incitation à la haine. » Vingt-quatre heures après son lancement, jeudi 20 septembre, elle avait déjà été signée par plus de 100 000 personnes.
C’est Hapsatou Sy, entrepreneuse et chroniqueuse de l’émission « Les Terriens du dimanche », animée par Thierry Ardisson, sur C8, qui l’a lancée à la suite d’un accrochage avec M. Zemmour qui s’était déroulé lors d’un enregistrement, une semaine auparavant. L’essayiste, grand pourfendeur du multiculturalisme et habitué des polémiques, lui a reproché de porter un prénom n’appartenant pas au calendrier chrétien, estimant que sa mère aurait dû l’appeler « Corinne ».

Un vif échange s’en est ensuivi, au cours duquel Eric Zemmour, venu présenter son nouveau livre, Destin français (Albin Michel), a lancé : « C’est votre prénom qui insulte la France. La France n’est pas une terre vierge, c’est une terre avec une histoire, avec un passé. Et les prénoms incarnent l’histoire de la France. » Des propos coupés au montage par la production après consultation du service juridique et de la direction de la chaîne, mais que Mme Sy, choquée et meurtrie, a diffusés sur son compte Instagram, déclenchant la controverse.
Les esprits se sont calmés au sein de l’équipe des « Terriens » — Hapsatou Sy, qui n’a pas participé au dernier enregistrement, explique avoir reçu le soutien de la chaîne et l’assurance qu’elle continuerait à y travailler —, mais la polémique s’est déplacée sur un autre terrain, celui de la liberté d’expression : faut-il continuer à inviter Eric Zemmour, condamné à deux reprises pour provocation à la discrimination raciale (2011) et à la haine religieuse (2018) ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ La fille de la victime, Hélène Pastor, et compagne de l’accusé a déposé, vendredi 21 septembre, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône.
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Procès Pastor : « Je n’ai plus maman, je n’ai plus Wojciech, je n’ai plus rien. J’attends la vérité »

La fille de la victime, Hélène Pastor, et compagne de l’accusé a déposé, vendredi 21 septembre, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 09h16
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 11h55
    |

            Pascale Robert-Diard (Aix-en-Provence, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Jusqu’au 6 mai 2014, Sylvia Ratkowski rejoignait chaque jour sa mère, Hélène Pastor, dans les bureaux du Gildo Pastor Center à Monaco, d’où elles géraient leur empire immobilier évalué à plusieurs milliards d’euros. Jusqu’à cette date, Sylvia Ratkowski vouait une confiance absolue à Wojciech Janowski, son concubin depuis vingt-huit ans et père de sa seconde fille, homme d’affaires éminent, formé à Cambridge, actionnaire de sociétés prestigieuses, auquel son entregent et sa générosité avaient valu le titre de consul général de Pologne.
Le 6 mai 2014, Hélène Pastor a été assassinée à la sortie de l’hôpital L’Archet à Nice, lors d’un guet-apens qui a aussi coûté la vie de son chauffeur et majordome Mohamed Darwich. Et au fil de l’enquête, Sylvia Ratkowski a découvert que « l’homme de [sa] vie » faisait depuis des années de la cavalerie financière avec son argent à elle – les 500 000 euros d’argent de poche que lui versait chaque mois Hélène Pastor – qu’il était un homme d’affaires en faillite acculé par ses débiteurs, que son diplôme de Cambridge avait été acheté chez un faussaire à Bangkok, que son titre de consul n’était en réalité qu’une vague gratification honoraire et bénévole et que, selon l’accusation, il a conçu dans les moindres détails, financé et commandité l’assassinat de sa belle-mère.
Comment tient-on debout quand son monde s’effondre ? Comment survit-on à la fois la violence du crime et à la vertigineuse chimère de sa propre vie ? Et comment affronte-t-on tout cela, publiquement, dans la salle d’audience comble d’une cour d’assises ? Vendredi 21 septembre, Sylvia Ratkowski a quitté le banc des parties civiles où elle est assise en silence depuis quatre jours, pour déposer à la barre. Elle parle d’une mère « belle, très, très belle » dont elle n’offre aux regards avides qu’un pâle et lointain écho. Entre ses mots qui racontent pudiquement la femme d’affaires exigeante et « la Méditerranéenne qui n’avait que ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Les propriétaires louent généralement un seul logement et 11% d’entre-eux ne possèdent même pas leur résidence principale.
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Les bailleurs ne sont pas ceux que l’on croit

Les propriétaires louent généralement un seul logement et 11% d’entre-eux ne possèdent même pas leur résidence principale.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 07h58
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            Jérôme Porier








                        



   


Depuis cinq ans, le marché de l’investissement locatif connaît une forte progression : sa part dans le total de logements construits en France est passée de 13,4 % en 2013 à 16 % en 2017. Mais le Crédit foncier, dans une enquête publiée le 20 septembre, estime que cette part va s’effriter à 15,5 % en 2018. Avec la flambée des prix dans les grandes agglomérations, acheter pour louer ne serait-il plus aussi attrayant, en particulier dans le neuf ? Le Crédit foncier n’écarte pas cette hypothèse…
Selon l’Insee, 7,6 % des ménages français sont propriétaires d’au moins un logement mis en location. Ce bien est très souvent acquis grâce à un financement avec peu ou pas d’apport sur une durée moyenne de 20 ans et 10 mois.

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Le Crédit foncier a dressé le portait de l’investisseur locatif, un portrait qui contredit certaines idées reçues. Une grande majorité de ces bailleurs privés ne possède qu’un seul bien à la location. En moyenne, l’investisseur locatif est âgé de 45 ans, vit en couple (72 % d’entre eux), et son ménage dispose d’un revenu de 71 100 euros.
Les investisseurs locatifs privilégient les appartements (92 %) plutôt que les maisons (8 %). Environ 60 % des biens loués sont des studios ou des deux-pièces, pour une surface de 45 m². Au 1er semestre 2018, le coût médian d’un logement acheté pour louer est de 170 000 euros.
27 % pour l’Occitanie
Non seulement les investisseurs ne sont que rarement multi-propriétaires, mais une part non négligeable d’entre eux ne possèdent même pas leur résidence principale : 11 % des bailleurs privés restent locataires de leur propre logement, révèle le Crédit foncier. Ces ménages se trouvent essentiellement dans les zones tendues où les prix sont trop élevés pour leur permettre de devenir propriétaires de leur résidence principale.

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Autre constat : l’investissement locatif est géographiquement très concentré en France. Cinq régions sur treize regroupent 79 % des opérations. Le Crédit foncier a dressé une carte de France de l’immobilier locatif, qui distingue trois zones :
– L’Ile-de-France représente près d’une opération sur cinq (23 %) ;
– Quatre régions en province regroupent plus de la moitié (56 %) des opérations : Occitanie (27 %), Auvergne-Rhône-Alpes (11 %) Nouvelle-Aquitaine (9 %) et PACA (9 %) ;
– Le reste de la France rassemble 21 % des opérations.
Entre 2010 et 2018, deux régions (Occitanie et Ile-de-France) ont vu leur part augmenter sensiblement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Alors que la nouvelle procédure d’admission a clos le 21 septembre, des pistes de réforme se dessinent, après les polémiques de l’été.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/09/2018
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Parcoursup, an I : le débat sur l’après a commencé

Alors que la nouvelle procédure d’admission a clos le 21 septembre, des pistes de réforme se dessinent, après les polémiques de l’été.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 12h45
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            Séverin Graveleau et 
Camille Stromboni








                        



                                


                            

L’heure du bilan est proche. Vendredi 21 septembre, la toute première édition de Parcoursup, le nouveau système d’admission dans l’enseignement supérieur, s’est achevée. Alors que le gouvernement doit communiquer mardi les résultats définitifs, les chiffres, publiés à la mi-septembre, tendent à montrer que la nouvelle procédure ne devrait pas laisser beaucoup plus de candidats sans proposition que sa prédécesseure, Admission post bac (APB).
Au 15 septembre, ils n’étaient plus que 2 500 bacheliers, selon la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers d’étudiants en réorientation (4 000 au 5 septembre). Fin septembre 2017, APB avait clôturé avec 3 729 candidats « sans fac ».
Au-delà des chiffres, le processus de Parcoursup a posé question durant tout l’été. Attente anxiogène des candidats, incompréhension sur les critères utilisés par les universités pour les départager à l’entrée des formations faisant naître des soupçons de discrimination envers certains lycées de banlieue parisienne, inquiétude des formations qui n’ont pu remplir que très tard leurs classes… Sur chaque problématique, les acteurs du monde éducatif ont commencé à défendre des pistes de réforme.
Frédérique Vidal a elle-même promis des « ajustements ». La ministre a eu beau écarter les polémiques au cours de l’été, les questions de fond demeurent. « Croire que tout peut marcher la première année d’une réforme relève de la pensée magique, commente un président d’université, pourtant défenseur des nouvelles règles mises en place. Cela n’a rien d’infamant de reconnaître qu’il y a des problèmes à régler. » 
« Il faut que ça aille plus vite »
Ainsi, de nombreuses voix réclament un retour à une forme de hiérarchisation des vœux des candidats, pour ne pas revivre la lenteur du système. « Le constat est unanime, du côté des candidats, mais aussi des formations. Il faut que ça aille plus vite...




                        

                        

