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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le président de Debout la France a annoncé dimanche 23 septembre qu’il comptait mener campagne pour « faire barrage à Emmanuel Macron ».
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Nicolas Dupont-Aignan conduira sa propre liste « d’union » pour les élections européennes

Le président de Debout la France a annoncé dimanche 23 septembre qu’il comptait mener campagne pour « faire barrage à Emmanuel Macron ».



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 16h49
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 17h03
   





                        


Nicolas Dupont-Aignan va mener sa propre liste pour les élections européennes de 2019. Le président de Debout la France (DLF) a annoncé dimanche 23 septembre lors d’un congrès de son mouvement au Cirque d’hiver, à Paris, qu’il se lancerait seul pour « faire barrage à Emmanuel Macron ». Il a également lancé un « appel solennel » aux membres et électeurs des Républicains (LR) comme à ceux du Rassemblement national (RN, ex-FN).
En mai, la présidente du RN, Marine Le Pen, avait proposé une liste commune à Nicolas Dupont-Aignan, qui s’était allié avec dans l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2017. Mais le président de DLF a préféré se lancer seul pour « faire barrage à Emmanuel Macron ».
Un « grand mouvement de résistance française »
« Notre liste est l’occasion magnifique de rassembler tous les patriotes et républicains d’où qu’ils viennent qui ont compris qu’il fallait changer d’Europe », a déclaré Nicolas Dupont-Aignan. Partisan d’une union des droites, l’ancien candidat à l’élection présidentielle a déclaré :
« J’ouvre grands les bras, aux membres, sympathisants, électeurs du mouvement des Républicains comme du Rassemblement national qui partagent nos convictions et veulent participer à ce grand mouvement de résistance française. »
Le dirigeant politique a également promis des « ralliements qui bouleverseront la vie politique française ».
Outre Florian Philippot (Les Patriotes), Nicolas Dupont-Aignan est, à droite, le premier leader à se déclarer pour ces européennes alors que Marine Le Pen comme Laurent Wauquiez (LR) ont annoncé qu’ils n’entendaient pas conduire eux-mêmes la liste de leurs partis.
« Rien politiquement ne nous sépare » avec Nicolas Dupont-Aignan, a déclaré dimanche Marine Le Pen, évoquant une « aventure personnelle ». « Il est libre. Ce n’est pas très grave, on se retrouvera au Parlement européen », a-t-elle ajouté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ C’est le deuxième canton suisse à se doter d’une telle loi. Les Suisses se prononceront de nouveau sur le sujet à l’occasion d’un référendum national.
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En Suisse, le canton de Saint-Gall interdit la burqa

C’est le deuxième canton suisse à se doter d’une telle loi. Les Suisses se prononceront de nouveau sur le sujet à l’occasion d’un référendum national.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 13h20
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 16h39
   





                        



   


Le canton suisse de Saint-Gall s’est prononcé, dimanche 23 septembre, par référendum sur l’« interdiction de la burqa » dans l’espace public, avant que tous les électeurs ne soient amenés à le faire, probablement l’an prochain, au niveau national. Près de 67% des électeurs ont donné leur aval au texte, mais la participation était de 36%.
La loi dispose :
« Toute personne qui se rend non reconnaissable en dissimulant son visage dans l’espace public et met ainsi en danger la sécurité publique ou la paix sociale et religieuse sera punie d’une amende. »
Saint-Gall est le deuxième canton suisse à se doter d’une loi antiburqa, après le Tessin, qui interdit depuis juillet 2016, de se voiler le visage dans les lieux publics.
Cette loi avait déjà été au Parlement régional avec le soutien de la droite populiste et du centre, mais les Verts et la Jeunesse socialiste en avaient bloqué l’application en prenant l’initiative de ce référendum. Le gouvernement local, qui était opposé à la mesure, va désormais devoir la mettre en application.
Application floue
Pour Fredy Fässler, un socialiste chargé de la sécurité et de la justice dans ce canton, le flou du texte pose problème. Quand une femme portant la burqa représente-t-elle un danger ? En outre, expliquait-il dans le quotidien Le Temps, les détracteurs de la loi « redoutent des sanctions imprévisibles et arbitraires ».
Le conseil central islamique, principale organisation musulmane de Suisse, a recommandé aux femmes qui portent le voile de continuer à le faire. Il a dit qu’il surveillerait étroitement l’application de l’interdiction et engagera des actions en justice si cela est nécessaire.
Il n’existe pas de législation qui règle la question pour l’ensemble du territoire suisse, le gouvernement considérant qu’elle est du ressort des cantons. Les Suisses se prononceront pourtant sur le sujet à l’occasion d’un référendum national, vraisemblablement en 2019, car un groupe de citoyens a réussi à collecter dans le délai imparti les 100 000 signatures nécessaires à l’organisation d’un vote populaire.
Les Suisses dans leur ensemble ont rejeté deux initiatives populaires issues des milieux écologistes et agricoles :
la première concernait la mise en place de normes sociales et écologiques applicables en Suisse aux produits importés, sous peine d’interdiction ou de droits de douane ;la deuxième prévoyait la transformation du moratoire sur les OGM – instauré en 2005 par référendum et prolongé trois fois par le Parlement jusqu’en 2021 – en interdiction définitive.
Ils ont revanche soutenu une proposition qui vise à ajouter dans la Constitution un article qui donne aux autorités fédérales plus de pouvoir pour développer un réseau de pistes cyclables dans le pays.

        Les résultats :
         

          Burqa, OGM, vélo… les référendums du jour en Suisse






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le navire a passé la nuit à sauver 47 personnes, dont 17 mineurs, au large de la Libye et ne sait toujours pas où il pourra débarquer.
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A bord de l’« Aquarius », un accrochage sévère avec les gardes-côtes libyens

Le navire a passé la nuit à sauver 47 personnes, dont 17 mineurs, au large de la Libye et ne sait toujours pas où il pourra débarquer.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 13h08
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 17h04
    |

            Julia Pascual








                        



   


La sensation que les choses auraient pu dégénérer. Et qu’en tout cas, elles ont été là où l’absurdité de la situation devait inexorablement les mener : un face-à-face en pleine mer entre un bateau humanitaire et des gardes-côtes libyens et, au milieu de ce duel, près de cinquante enfants, femmes et hommes, en majorité des Libyens, surpris en pleine nuit dans leur tentative de fuir un pays pour gagner l’Europe à bord d’un petit bateau de bois. Pendant plusieurs heures, avant le lever du jour, dimanche 23 septembre, on s’est disputé des rescapés en Méditerranée centrale.
Vers 1 heure du matin, l’Aquarius, navire affrété par les organisations non gouvernementales SOS-Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), et seul bateau humanitaire qui patrouille au large de la Libye, est informé de la présence en mer d’un bateau qui commence à prendre l’eau, avec à son bord plusieurs dizaines de personnes. Le signalement provient de l’association Alarm Phone, qui propose une assistance téléphonique pour les personnes en situation de détresse en mer. L’Aquarius prévient les autorités maritimes libyennes, compétentes sur la zone pour coordonner les opérations de sauvetage, et entreprend de se rapprocher de la localisation de l’embarcation signalée.
Dehors, il fait nuit. La lune est presque pleine. Il est près de 3 heures du matin et les sauveteurs de SOS-Méditerranée cherchent à la jumelle une trace du bateau. Ils sont rejoints dans cette entreprise par une vedette des garde-côtes libyens, qu’on devine au loin grâce à un point rouge et vert clignotant. « Si vous apercevez les migrants, dites-le nous », demandent les Libyens par radio. Vers 5 heures, l’Aquarius aperçoit une trace sur son radar et, peu de temps après, arrive à détailler la silhouette d’une embarcation. Deux canots pneumatiques semi-rigides sont mis à l’eau et les Libyens sont prévenus qu’ils partent en reconnaissance.
Danger imminent
« Si on nous demande de rester éloignés d’une embarcation en détresse ou de retarder une opération alors que nous avons des raisons de croire qu’un danger est imminent (…) nous porterons secours à ces personnes sans délai », avaient prévenu SOS-Méditerranée et MSF dans un communiqué cet été. Plus de 1 700 personnes sont déjà mortes en Méditerranée centrale depuis le début de l’année.
Voyant que le bateau est surchargé et constatant la présence de nombreux enfants à bord, les humanitaires distribuent des gilets de sauvetage et commencent à transférer des personnes sur leurs canots pneumatiques. Les garde-côtes libyens sont furieux.

   


Les ingrédients du conflit sont jetés sur l’eau comme le sel sur une plaie ouverte. D’un côté, des humanitaires qui considèrent qu’il est de leur devoir de sécuriser au plus vite des personnes en détresse. De l’autre, des gardes-côtes à qui l’on demande de freiner les départs de migrants, à grand renfort de deniers européens. Depuis des mois, la montée en puissance des gardes-côtes libyens prépare ce goulot d’étranglement parfait. Alors que l’Europe se déchire sur l’accueil des migrants et que l’Italie a décidé de fermer ses ports, ils sont devenus les premiers acteurs en nombre d’interceptions de migrants en Méditerranée centrale.
La reconnaissance par l’Organisation maritime internationale, en juin, de leur compétence en matière de coordination des secours dans les eaux internationales au large de la Libye, en fait des interlocuteurs désormais incontournables pour quiconque voudrait agir ici. Alors même que le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) des Nations unies considère que le pays n’est pas un lieu sûr pour débarquer des personnes secourues en raison des « graves maltraitances » qu’elles y risquent. En outre, depuis plusieurs semaines, la capitale, Tripoli, est en proie à des affrontements armés entre milices et groupes armés, qui ont déjà fait plus de cent morts. Dimanche, ce sont majoritairement des Libyens fuyant leur pays qui se trouvaient à bord du petit bateau de bois.
Accrochage avec les gardes-côtes libyens
« Quittez la zone, nous nous rapprochons de vous ! », hurlent dans la radio les garde-côtes libyens. « Nous avons commencé à transférer sur nos canots de sauvetage des femmes et des enfants », répond l’Aquarius. Il est aux alentours de 6 heures du matin et la tension monte d’un cran sur la passerelle du bateau. Le capitaine, un grand Russe extirpé de son sommeil, commence à montrer des signes d’inquiétude. Il fait les cent pas et souffle bruyamment, dans la pièce exiguë où se sont réunies une poignée de personnes. Il demande aux humanitaires de ne pas évacuer les personnes secourues et gèle la situation tant qu’elle n’est pas « clarifiée ». Sur le canal radio, les échanges sont confus pendant encore un long moment.

   


« Vous connaissez Tripoli ? Vous voulez venir faire une petite visite à Tripoli ? », lance, sur un ton mi-ironique, mi-menaçant, un homme, à l’attention de l’Aquarius. « Peut-on évacuer les femmes et les enfants sur l’Aquarius ? », s’entête à demander poliment le responsable des opérations de sauvetage de SOS-Méditerranée, Nick Romaniuk. « Vous ne respectez pas nos instructions ! Nous vous avons dit de ne pas intervenir. Et de ne pas vous approcher. Vous allez avoir des gros problèmes. Vous encouragez les migrants à aller en Europe, répètent, sur la radio, les gardes-côtes. On ne veut plus coopérer avec vous parce que vous nous désobéissez. Maintenant, nous allons nous approcher et vous dire quoi faire. »
Il fait jour à présent. La navette des garde-côtes s’approche des deux canots de sauvetage de l’Aquarius et du bateau de bois sur lequel des dizaines de personnes attendent encore de connaître leur sort. « On vous laisse la situation, annoncent finalement les Libyens. Vous avez perturbé et interrompu nos opérations. Vous quitterez la zone immédiatement après. » 
Dernière opération de l’« Aquarius » ?
Les 47 personnes – dont 17 mineurs et autant de femmes – peuvent être évacuées à bord du navire humanitaire. Leurs visages sont pâles mais soulagés. Il est 8 heures et l’Aquarius met cap vers le nord, s’éloignant à grande vitesse de la Libye.
Le navire a « gagné » la partie mais cette victoire annonce sûrement une défaite plus grande. « Tu as de la chance, tu as assisté à la dernière opération de ce navire », nous a fait remarquer, mi-amer mi-ironique, un membre de l’équipage. Dimanche, la cohabitation précaire qui existait entre les humanitaires et les autorités libyennes a volé en éclats. Déjà, la veille, l’Aquarius avait appris qu’il allait perdre pour la deuxième fois en un mois son pavillon. Après Gibraltar, le Panama, sous la pression de l’Italie, a décidé de révoquer son immatriculation, après que le bateau a porté secours jeudi à onze hommes en mer, et refusé de les remettre à la Libye.
Désormais, il vogue avec 58 migrants à bord, sans destination. A ce stade, aucun port européen n’a manifesté son souhait de l’accueillir. En ce dimanche, la Méditerranée centrale avait des airs de Far West triste, peuplé d’indésirables.

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                Sur l’« Aquarius » : « Maintenant, mon futur est entre vos mains »



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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L’embarcation repérée par l’« Aquarius«  le 20 septembre. Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherches et de secours pour SOS Méditerranée, raconte : « Nous avons vu qu’ils étaient en train d’écoper le bateau. Ils avaient des gilets de sauvetage, mais ce sont des modèles de mauvaise confection, qui se remplissent d’eau, donc c’est dangereux. »"
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Jérémie Demange est le sauveteur de SOS Mediterranée qui a ciblé la petite barque en détresse le 20 septembre vers 7h « Au début, tu vois une tâche blanche qui bouge sur la vague et, très vite, tu vois que ça ressemble à une embarcation »."
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            data-slide-description="Les chaussures trempées des onze rescapès sèchent sur le pont principal de l'Aquarius, le 20 septembre."
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            data-slide-description="Un membre de Médecins sans frontières leur donne quelques explications sommaires, tandis qu’ils essayent de rallumer leur téléphone emballé dans plusieurs couches de plastique. Un sac est distribué à chacun d’entre eux, avec du linge propre, de l’eau, une serviette…"
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            data-slide-description="Sur le pont, le reste de l’équipage se tient prêt à accueillir les personnes secourues. La manœuvre est bien huilée. Un à un, les hommes sont montés à bord et installés sur le pont arrière du bateau."
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            data-slide-description="A bord de l’« Aquarius », après le sauvetage des onze personnes, dont un mineur, qui se trouvaient à bord de la petite embarcation."
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            data-slide-description=""Mon futur est entre vos mains" avoue Ch. Amraiz. Après avoir passé huit heures sur la mer pour parcourir 28 milles nautiques, cet homme de 38 ans d'origine pakistanaise s'est fait secourir par l'équipage de l'Aquarius. Le 20 septembre."
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            data-slide-description="Rocco Aiello, sauveteur pour SOS Méditerranée, après l’opération."
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            data-slide-description="Le sauvetage a eu lieu à envrion 28 milles nautiques, face à la ville libyenne d’Abou Kammach."
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            data-slide-description="La barque dont ils ont été évacués flotte à présent à vide. L’équipe de SOS Méditerranée démonte le moteur et disperse ses pièces à l’eau. La coque est marquée à la peinture noire : « SAR AQU 20/09/2018 », afin que chacun sache que les personnes à bord ont été secourues par l’« Aquarius », à plus de 120 milles marins (environ 222 km) du rivage européen le plus proche, l’île italienne de Lampedusa."
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L’embarcation repérée par l’« Aquarius«  le 20 septembre. Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherches et de secours pour SOS Méditerranée, raconte : « Nous avons vu qu’ils étaient en train d’écoper le bateau. Ils avaient des gilets de sauvetage, mais ce sont des modèles de mauvaise confection, qui se remplissent d’eau, donc c’est dangereux. »

Samuel Gratacap pour Le Monde
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le pape François poursuit son voyage de quatre jours en Europe de l’Est. Il a appelé dimanche les nouvelles générations à ne pas céder aux « chants des sirènes » de l’antisémitisme.
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En Lithuanie, le pape François met en garde contre les « identités de sang pur »

Le pape François poursuit son voyage de quatre jours en Europe de l’Est. Il a appelé dimanche les nouvelles générations à ne pas céder aux « chants des sirènes » de l’antisémitisme.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 12h58
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 18h30
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


En ce dimanche 23 septembre au matin, pour commémorer les 75 ans de la liquidation du ghetto juif, les 23 et 24 septembre 1943, une poignée de descendants des quelques survivants se relaient au pupitre de la synagogue Choral, la seule d’importance qui demeure à Vilnius, pour lire les noms des disparus. Sur les 57 000 personnes qui y sont passées, seulement 2 000 ont survécu. Entre 1941 et 1943, l’occupant nazi, parfois secondé par la population locale, a éradiqué l’essentiel du judaïsme lituanien (estimé à 210 000 personnes), centre intellectuel, culturel et religieux majeur d’Europe de l’Est. Un tiers de la population de Vilnius était juive, parfois davantage dans d’autres villes. « Nous, les survivants, nous sommes des accidents, nous ne sommes pas censés exister », résume Faina Kuklianski, la présidente de la communauté juive de Lituanie, devant la petite assemblée.
Dans l’après-midi, au second jour de sa visite dans les pays baltes, le pape François s’est recueilli devant le monument des victimes du ghetto. Puis il s’est rendu au musée des occupations et des luttes pour la liberté, où il a prononcé une prière. Ce bâtiment massif fut successivement le siège de la Gestapo puis du KGB, pendant les occupations allemande et soviétique. Le pontife unissait ainsi les mémoires de deux tragédies du vingtième siècle, dans un pays où la lecture de l’histoire, et notamment le rôle d’une partie de la population dans l’extermination des juifs, est un sujet sensible. Faina Kuklianski dit se réjouir de la visite du pape argentin, un « mensch » (un homme bien, en yiddish) dont elle apprécie « les efforts en faveur des droits humains ».
Cinq mois de négociations
Mais la présidente de la communauté juive de Lituanie ne cache pas qu’elle a dû déployer des efforts pour que le Vatican honore la commémoration de la liquidation du ghetto, en ce jour anniversaire. « Cela m’a pris cinq mois de négociation avec l’Eglise pour les persuader de venir, affirme-t-elle. Nous souhaitions qu’il rende hommage à l’emplacement du ghetto et à Ponary [une forêt proche de Vilnius, où quelque 60 000 juifs ont été assassinés par balle sous la direction des nazis}. Je suis heureuse de cette prière silencieuse. Le pape a beaucoup à dire à notre Eglise catholique, sur leur comportement pendant la guerre comme au sujet des justes parmi les nations [les non juifs qui ont sauvé des juifs]. » De fait, une première version du programme papal, qui profite des 100 ans de la proclamation d’indépendance des pays baltes pour faire sa visite, ne comprenait pas la prière devant la stèle, ajoutée in extremis.
Le pape François a cependant eu des mots forts, dimanche matin, pour rappeler la tragédie de l’extermination. « Faisons mémoire de cette époque », a-t-il dit à Kaunas, la deuxième ville du pays où quelque 35 000 juifs ont été exterminés, demandant à Dieu de pouvoir « découvrir à temps tout nouveau germe de cette attitude pernicieuse, toute atmosphère qui atrophie le cœur des générations qui n’en ont pas fait l’expérience et qui pourraient courir derrière ces chants des sirènes ».
Auparavant, dans l’homélie prononcée devant quelque 100 000 fidèles réunis pour une messe au parc Santakos, dans cette même ville, il avait adjoint à cette mémoire celle de la déportation dans des camps sibériens de dizaines de milliers de Lituaniens par l’occupant soviétique et la répression sur place de beaucoup d’autres, entre la fin de la seconde guerre mondiale et la chute de l’Union soviétique, au début des années 1990. « Les générations passées ont été marquées par le temps de l’occupation, l’angoisse de ceux qui étaient déportés, l’incertitude pour ceux qui ne revenaient pas, la honte de la délation, de la trahison. (…) Kaunas connaît cette réalité ; la Lituanie entière peut en témoigner avec un frisson au seul fait de nommer la Sibérie, ou les ghettos de Vilnius et de Kaunas, entre autres ».
« Devenir un pont qui unit l’orient et l’occident de l’Europe »
Tout au long des deux jours passés en Lituanie, le pape François a demandé aux Lituaniens de connaître cette mémoire douloureuse pour en faire non pas un facteur d’amertume, mais un moteur pour traiter les problèmes d’aujourd’hui sans les démons du passé. « Ceux qui n’acceptent pas de guérir la mémoire de leur histoire, peut-être justement pour cela, ils n’acceptent même pas de s’investir dans le travail présent, a-t-il dit dans son homélie. Et alors on discute sur celui qui a davantage brillé, qui a été le plus pur dans le passé (…) Et ainsi nous nions notre histoire (…) C’est une attitude stérile et vaine, qui renonce à s’impliquer dans la construction du présent. »
La veille, il avait adressé un message similaire lors d’une rencontre avec les jeunes, à Vilnius. Il les avait engagés à « ne pas oublier les racines de [leur] peuple », à faire leur l’histoire des générations précédentes sans pour autant faire de « l’identité » un poison pour l’avenir. « Notre vraie identité, leur a-t-il dit, présuppose l’appartenance à un peuple. Il n’y a pas d’identité “de laboratoire”, ni d’identité “distillée”, ni d’identité “de sang pur”. » De la même manière, devant les autorités politiques, à son arrivée, samedi matin, il avait souligné que, par le passé, la Lituanie avait su « offrir l’hospitalité, accueillir, recevoir des peuples de diverses ethnies et religions ».
« En regardant la situation mondiale dans laquelle nous vivons, où les voix qui sèment la division et l’affrontement deviennent nombreuses, ou bien qui proclament que l’unique manière possible de garantir la sécurité et la survie d’une culture réside dans l’effort pour éliminer, effacer ou expulser les autres, avait-t-il ajouté, vous, Lituaniens, avez une parole originale à apporter : accueillir les différences, (…) devenir un pont qui unit l’orient et l’occident de l’Europe. »

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ L’interdiction de la burqa a été votée dimanche dans le canton suisse de Saint-Gall. La proposition visant à bannir les OGM au niveau national a quant à elle été rejetée.
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Burqa, OGM, vélo… les référendums du jour en Suisse

L’interdiction de la burqa a été votée dimanche dans le canton suisse de Saint-Gall. La proposition visant à bannir les OGM au niveau national a quant à elle été rejetée.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 11h28
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 16h57
   





                        



   


Le canton suisse de Saint-Gall s’est prononcé dimanche 23 septembre par référendum – une « votation », en français suisse – sur l’« interdiction de la burqa » dans l’espace public, avant que tous les électeurs ne soient amenés à le faire, probablement l’an prochain, au niveau national.
L’ensemble du corps électoral de la Confédération helvétique votait par ailleurs le même jour sur des questions d’agriculture et d’environnement, notamment sur le passage d’un moratoire actuellement en vigueur concernant le recours aux OGM à un abandon total de leur utilisation – proposition qui a été rejetée.
Référendum local sur la burqa : interdiction votée à une large majorité
Le canton suisse de Saint-Gall est le deuxième à se doter d’une loi antiburqa, après le Tessin voisin, qui interdit, depuis juillet 2016, de se voiler le visage dans les lieux publics.
Cette loi avait déjà été au Parlement régional avec le soutien de la droite populiste et du centre, mais les Verts et la Jeunesse socialiste en avaient bloqué l’application en prenant l’initiative de ce référendum. Elle dispose :
« Toute personne qui se rend non reconnaissable en dissimulant son visage dans l’espace public et met ainsi en danger la sécurité publique ou la paix sociale et religieuse sera punie d’une amende. »
Il n’existe pas de législation qui règle la question pour l’ensemble du territoire suisse, le gouvernement considérant qu’elle est du ressort des cantons. Les Suisses se prononceront pourtant sur le sujet à l’occasion d’un référendum national, vraisemblablement en 2019, car un groupe de citoyens a réussi à collecter dans le délai imparti les 100 000 signatures nécessaires à l’organisation d’un vote populaire.

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                En Suisse, le canton de Saint-Gall interdit la burqa



Référendum national sur la production agricole : les deux propositions rejetées
L’ensemble des électeurs suisses votait par ailleurs dimanche deux initiatives populaires issues des milieux écologistes et agricoles, exigeant une restructuration de la production agricole. Ces deux propositions, auxquelles le gouvernement fédéral était hostile, ont été largement rejetées.
La première, baptisée « Pour la souveraineté alimentaire », voulait imposer des normes sociales et écologiques applicables en Suisse aux produits importés, sous peine d’interdiction ou de droits de douane. Elle prévoyait notamment une interdiction définitive des OGM, à la place du moratoire qui court actuellement jusqu’en 2012. Selon des estimations de l’institut de sondage gfs.bern basées sur les décomptes officiels dans une large majorité de cantons, 70 % des suffrages exprimés se sont portés contre elle.
La seconde, « pour des aliments équitables », a quant à elle été rejetée à 62 % des votes, selon la même source.
Le vélo dans la Constitution
Les électeurs suisses ont par ailleurs à une large majorité (70 % selon les estimations) soutenu une proposition d’ajouter dans la Constitution un article qui donne aux autorités fédérales plus de pouvoir pour développer un réseau de pistes cyclables dans le pays.

        Décryptage :
         

          Niqab, hidjab, burqa : des voiles et beaucoup de confusions






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ L’ancien conseiller stratégique de Trump et penseur de l’extrême droite américaine a assisté, samedi, à la fête annuelle des postfascistes de Fratelli d’Italia.
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A Rome, Bannon appelle à une mobilisation des peuples contre le « parti de Davos »

L’ancien conseiller stratégique de Trump et penseur de l’extrême droite américaine a assisté, samedi, à la fête annuelle des postfascistes de Fratelli d’Italia.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 11h36
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

Steve Bannon en meeting à Rome ? L’excitation est montée durant tout l’après-midi, samedi 22 septembre, tandis qu’augmentait l’affluence sur les différents stands de la fête annuelle des postfascistes de Fratelli d’Italia, sur les berges de l’île Tibérine. Pour ne pas croiser la route du sulfureux penseur de l’extrême droite américaine, le président du Parlement européen, Antonio Tajani (Forza Italia), a annulé sa venue au dernier moment.

Même la superstar de l’extrême droite italienne, le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, qui a électrisé l’assistance, dans la matinée, était attendu avec moins de curiosité. C’est que l’aura de Steve Bannon est particulière, d’autant plus qu’il n’a cessé de définir l’Italie, ces derniers temps, comme le « nouveau centre du monde politique ».
Depuis le début de l’année, les Italiens se sont habitués aux apparitions à la fois discrètes et très médiatisées de l’ancien conseiller stratégique de Donald Trump. Au printemps, il était venu plusieurs fois dans le pays pour affirmer la nécessité d’une alliance rassemblant les deux grands vainqueurs de l’élection du 4 mars, la Ligue de Matteo Salvini (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles de Luigi Di Maio (antisystème), qui a bel et bien vu le jour.
Au début de septembre, c’est en tant qu’architecte d’un rassemblement européen des forces eurosceptiques, baptisé « The Movement », qu’il avait été accueilli au ministère de l’intérieur par Matteo Salvini, qui l’avait poliment reçu avant de l’assurer de son intérêt pour sa formation, dans l’optique des européennes de mai 2019. Mais samedi, c’était autre chose. Devant plusieurs centaines de militants et de curieux, Bannon allait parler, en public. Et le moins qu’on puisse dire est que l’assistance en a eu pour son argent.
Victoire « de la classe moyenne blanche »
Accueilli comme une rock star par la dirigeante du petit parti postfasciste, Giorgia Meloni, l’ancien conseiller de Donald Trump...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le Parti travailliste se réunit en congrès dès dimanche. Ses partisans attendent qu’il soutienne officiellement un second référendum.
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Réuni en congrès, le Labour Party poussé à sortir de l’ambiguïté sur le Brexit

Le Parti travailliste se réunit en congrès dès dimanche. Ses partisans attendent qu’il soutienne officiellement un second référendum.



LE MONDE
 |    23.09.2018 à 05h49
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 11h17
   





                        



   


Ambiguïté vis-à-vis du Brexit, antisémitisme, rassemblement des militants : autant de questions qui vont rythmer le congrès du Parti travailliste qui se réunit à partir de dimanche 23 septembre à Liverpool (nord-ouest de l’Angleterre). Jusqu’à présent, le chef du principal parti d’opposition britannique, Jeremy Corbyn, qui ne porte pas particulièrement l’Union européenne (UE) dans son cœur et a mollement fait campagne pour s’y maintenir lors du référendum de juin 2016, a évité le sujet sensible du Brexit, sur lequel il aimerait voir la première ministre conservatrice, Theresa May, se casser les dents.
Mais à six mois du départ du Royaume-Uni de l’Union européenne, le Trade Union Congress (TUC – le « Congrès des syndicats »), l’organisation fédératrice des syndicats britanniques, et des poids lourds du parti, tel le maire de Londres, Sadiq Khan, militent en faveur d’un second référendum afin que la population britannique ait le dernier mot sur l’accord final négocié entre Londres et Bruxelles.

   



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                Brexit : les syndicats britanniques font un pas vers un second référendum



Plus d’une centaine d’antennes locales du parti ont demandé que soit votée une motion en ce sens lors du rassemblement annuel du parti. « Le Brexit va être le grand sujet du congrès », dit à l’Agence France-Presse (AFP) Steven Fielding, professeur d’histoire politique à l’université de Nottingham, et un sujet « des plus délicats ». Une manifestation en faveur de l’organisation d’un « vote populaire » est d’ailleurs prévue dimanche à Liverpool, au premier jour du congrès, accentuant la pression sur le patron des travaillistes.
Déchiré sur la question de l’antisémitisme
Lors des dernières élections législatives, Jeremy Corbyn avait axé sa campagne sur la politique intérieure, notamment les questions économiques et sociales, une tactique qui s’était révélée payante et qu’il a poursuivie par la suite.
Tim Bale, professeur à l’université Queen Mary de Londres pense cependant que la direction du parti préférera ne pas sortir du bois. « D’abord parce qu’elle ne sait pas vraiment où va le Brexit et donc veut conserver une marge de manœuvre, et ensuite, parce qu’elle s’inquiète beaucoup de la réaction de l’électorat si le parti prenait une position plus proeuropéenne », explique-t-il à l’AFP.
Divisé sur le Brexit, le Labour Party s’est aussi déchiré ces derniers mois sur la question de l’antisémitisme. La crise a été alimentée par la réticence du parti à adopter la définition complète de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance, par crainte que cela l’empêche de critiquer la politique israélienne.
Jeremy Corbyn a reconnu en août que sa formation avait un « réel problème » avec l’antisémitisme et assuré que sa priorité était de « restaurer la confiance » avec la communauté juive. Le parti a finalement adopté la définition dans son ensemble et espère avoir ainsi tourné la page sur cet épisode. Mais pour Anand Menon, professeur de politique européenne au King’s College de Londres, « s’ils veulent que la conférence réussisse, ils vont devoir s’attaquer à la question de l’antisémitisme, et ne pas prétendre qu’ils l’ont déjà réglée ».

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                Au nord de Londres, les militants du Labour effarés et meurtris par les accusations d’antisémitisme



Rassembler pour éviter les dissensions
Si cette crise ne semble pas avoir affecté la popularité du Labour, toujours au coude-à-coude avec le Parti conservateur dans les sondages, « cela a amené certains députés travaillistes à remettre en question sa direction », souligne Anand Menon. « Il y a toujours beaucoup de ressentiment, d’amertume, qui ne se dissiperont pas facilement », ajoute Steven Fielding.
Jeremy Corbyn a donc plus que jamais pour mission de rassembler ses troupes, d’autant qu’un projet au sein du parti risque de fâcher une partie des députés travaillistes. Il prévoit que les parlementaires souhaitant se représenter aux élections se soumettent au vote des militants.
Une procédure soutenue par Momentum, le puissant groupe de militants pro-Corbyn, qui vante son caractère démocratique et espère un renouvellement générationnel. Les opposants au projet craignent, eux, de possibles purges. Le risque est que des députés évincés « décident de former leur propre parti », relève M. Fielding. « Dans ce cas, cela pourrait empêcher le Labour de gagner la prochaine élection et Jeremy Corbyn d’accéder au pouvoir. C’est donc une question très importante. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ François a commencé une tournée de quatre jours dans les pays baltes, d’où il a envoyé un message de tolérance envers les réfugiés.
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Le pape François oppose « l’hospitalité » des Lituaniens à ceux qui « expulsent les autres »

François a commencé une tournée de quatre jours dans les pays baltes, d’où il a envoyé un message de tolérance envers les réfugiés.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 12h51
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 00h17
   





                        



   


A peine arrivé à Vilnius, samedi 22 septembre, pour la première étape d’une tournée de quatre jours dans les pays baltes, le pape François a dénoncé — sans les nommer — ceux qui « expulsent les autres » et a loué « la tolérance et l’hospitalité » des Lituaniens, majoritairement catholiques.
Ses propos critiques, tenus dans l’est de Europe, semblaient viser surtout les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie), dont les autorités n’ont pas voulu accueillir sur leur territoire les réfugiés et les migrants économiques arrivés massivement en Grèce et en Italie.
Dans un discours prononcé devant les autorités lituaniennes et le corps diplomatique, réunis devant le palais présidentiel, le souverain pontife a évoqué « les voix qui sèment la division et l’affrontement » en instrumentalisant l’insécurité ou les conflits ou qui « proclament que l’unique manière possible de garantir la sécurité et la survie d’une culture réside dans l’effort pour éliminer, effacer ou expulser les autres ».
A cet égard, a-t-il poursuivi « vous, Lituaniens, avez une parole originale à apporter : “Accueillir les différences.” Par le dialogue, par l’ouverture et la compréhension, celles-ci peuvent devenir un pont qui unit l’orient et l’occident de l’Europe. Cela peut être le fruit d’une histoire arrivée à maturité, qu’en tant que peuple vous offrez à la communauté internationale et en particulier à l’Union européenne ».
Emigration des jeunes
François a fait également allusion à l’un des principaux problèmes des pays baltes, à savoir l’émigration des jeunes. Il a invité les Lituaniens à « prêter une attention spéciale aux plus jeunes, qui ne sont pas seulement l’avenir mais le présent de cette nation, à condition qu’ils restent attachés aux racines du peuple ».
Dans l’après-midi de samedi, le pape François doit rencontrer les jeunes nés après l’indépendance, sur la place de la cathédrale de Vilnius, qui fut fermée au public durant l’occupation soviétique, transformée en galerie d’art et enfin en commerce de pièces détachées pour automobiles.
La Lituanie et les autres pays baltes ont connu une croissance économique rapide, mais aussi l’apparition d’inégalités sociales et une migration massive de jeunes vers l’ouest, qui pose un sérieux problème.
Jérusalem du Nord
En souhaitant la bienvenue au pape, la présidente Dalia Grybauskaite l’a remercié de visiter la Lituanie l’année du centenaire de son indépendance et a rappelé que le Vatican, parmi les premiers à reconnaître l’Etat lituanien, n’avait jamais accepté son occupation par l’URSS, « une promesse de liberté et un espoir qui a été comblé ».
Mme Grybauskaite a également jugé « hautement symbolique » que François se trouve en Lituanie dimanche, le jour où le pays rend hommage aux victimes du génocide des juifs par les nazis. Le pape doit se recueillir et prier dimanche devant le monument aux victimes du ghetto de Vilnius.
Jusqu’en 1940, la Lituanie fut la patrie de plus de deux cent mille juifs, et Vilnius, du fait de son rayonnement spirituel, était surnommé la « Jérusalem du Nord ». Presque tous périrent pendant l’occupation nazie, entre 1941 et 1944.
Lundi, François sera en Lettonie, pays plutôt protestant, et mardi en Estonie, très majoritairement non croyante.
Le pape aime tendre la main aux plus petites communautés catholiques de la planète, tout en affichant son rapprochement avec les autres religions chrétiennes.
Silence sur les agressions sexuelles
Son 25e déplacement à l’étranger s’annonce a priori serein, après son difficile week-end, à la fin du mois d’août, en Irlande, pays meurtri par des agressions sexuelles commises par des membres du clergé par le passé.
François avait été accusé à distance par un prélat italien d’avoir longtemps sciemment ignoré les agissements de l’influent cardinal américain, Theodore McCarrick, finalement démis en juillet de son ministère pour des agressions sexuelles anciennes d’un adolescent.
Pressé de répondre par de nombreuses voix de l’Eglise, le chef de 1,3 milliard de catholiques n’est pas sorti de sa réserve avant son voyage dans les pays baltes.
Mais à la veille de son départ pour Vilnius, François a dû encore annoncer deux nouvelles démissions d’évêques chiliens.
Mardi, l’Eglise allemande publiera officiellement un rapport — déjà objet de fuites dans la presse — relatant qu’au moins 3 677 enfants ont été victimes entre 1946 et 2014 d’agressions sexuelles par 1 670 membres du clergé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Les croyances concernant l’avenir de sa propre situation économique influencent autant, sinon plus, l’opinion sur l’immigration que sa situation économique réelle, la faisant basculer vers l’extrême droite, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.
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« Hostilité aux immigrés et concurrence sociale » sont corrélées

Les croyances concernant l’avenir de sa propre situation économique influencent autant, sinon plus, l’opinion sur l’immigration que sa situation économique réelle, la faisant basculer vers l’extrême droite, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 11h50
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Recherches. Face à la montée de l’hostilité contre les migrants, les économistes ont su montrer que les arguments avancés par les partis d’extrême droite pour attirer les électeurs – « les immigrés prennent vos emplois et vos aides sociales » – ne tenaient pas la route : les migrants étant moins qualifiés, plus actifs et plus jeunes que l’ensemble de la population « indigène », ils contribuent à la hausse de la qualification (et donc des revenus) de cette dernière et sont « contributeurs nets » des systèmes sociaux.
Politologues et sociologues ont donc pris l’habitude d’aller chercher les causes du vote d’extrême droite dans le domaine de la culture et des « valeurs » (identité, religion) plus que dans la sphère socio-économique. Les partis nationalistes les ont d’ailleurs suivis dans cette voie…
Mais voilà que des recherches plus récentes remettent en selle l’idée que certains électeurs puissent voter pour l’extrême droite afin de défendre leurs intérêts matériels.
L’exemple autrichien
Charlotte Cavaillé (université de Georgetown, à Washington) et Jeremy Ferwerda (Dartmouth College, New Hampshire) ont saisi l’opportunité de la transposition, en 2005, dans le droit autrichien d’une directive européenne de 2000 sur « l’égalité raciale », imposant l’égalité d’accès des étrangers résidents aux programmes sociaux, pour voir comment le vote d’extrême droite avait évolué entre les élections législatives de 2002 et celles de 2006 dans les quartiers où, d’une part, le logement social est très présent et, d’autre part, le nombre d’immigrants avait fortement augmenté (« How Distributional Conflict Over Public Spending Drives Support for Anti-Immigrant Parties », à paraître).

Ils ont ainsi découvert que ces évolutions étaient bel et bien corrélées. La progression de l’extrême droite est encore plus forte (jusqu’à 50 % ou 60 %, contre 3,9 % en moyenne nationale) dans les quartiers où le marché du logement est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Bruxelles insiste sur une possible coopération « renforcée » avec Le Caire, qui exclut toutefois l’accueil de centres de débarquement.
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L’Union européenne mise sur l’Egypte pour réduire les départs de migrants

Bruxelles insiste sur une possible coopération « renforcée » avec Le Caire, qui exclut toutefois l’accueil de centres de débarquement.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 10h31
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Le dernier sommet européen aura-t-il davantage de chance de se concrétiser que pas mal d’autres avant lui ? Toujours en désaccord et à la recherche de « solutions européennes » pour tenter de réduire encore les flux de migrants arrivant d’Afrique (100 000 depuis le début de l’année et 1 700 morts recensées) mais, surtout, envoyer des signaux à une opinion publique ciblée par les messages des populistes sur la prétendue « submersion » du continent, les dirigeants de l’Union multiplient les projets.
A Salzbourg, le 19 et le 20 septembre, en conclusion du sommet informel des chefs d’Etat et de gouvernement, le président du Conseil, Donald Tusk, et le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, ont en tout cas beaucoup insisté sur une possible collaboration « renforcée » avec l’Egypte. Ce pays n’a, jusqu’à présent, pas constitué une voie de passage importante vers l’Europe. Mais il empêcherait l’embarquement de milliers d’illégaux et « il lutte efficacement contre la traite des êtres humains », affirme M. Kurz.

Le chancelier, dont le pays exerce la présidence tournante de l’Union jusqu’à la fin de l’année, voit dans une telle coopération un moyen de renforcer le contrôle des frontières extérieures de l’UE. Il approuve aussi le renforcement de l’agence Frontex – même si le projet de la Commission de le porter à 10 000 agents est déjà un autre sujet de débats houleux. Mais il fait silence, en revanche, sur la répartition des demandeurs d’asile et la solidarité – le sujet qui divise les Européens. Décrivant l’Egypte comme un partenaire « sérieux », M. Tusk a confirmé quant à lui qu’un sommet entre l’Union et la Ligue arabe aurait lieu au Caire en 2019. 
S’agit-il, en fait, de faire de l’Egypte le pays d’accueil des « plates-formes de débarquement régionales » en Méditerranée, ces solutions imaginées en juin pour satisfaire les Etats membres les plus hostiles à l’accueil de migrants – et même de réfugiés ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Deux camps s’affrontent avec, d’un côté, les « nationalistes » protectionnistes et, de l’autre, les « globalistes » favorables au libre-échange.
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Les conseillers commerciaux de Donald Trump tirent à hue et à dia

Deux camps s’affrontent avec, d’un côté, les « nationalistes » protectionnistes et, de l’autre, les « globalistes » favorables au libre-échange.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 10h29
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Au printemps, les Chinois n’en sont pas revenus. Pas plus que les Européens, emmenés par Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, cet été : les équipes commerciales de Donald Trump se querellent et s’envoient des noms d’oiseaux devant leurs hôtes et le président. Deux camps s’affrontent : d’un côté, les « nationalistes » protectionnistes – le conseiller pour le commerce Peter Navarro et le représentant pour le commerce Robert Lighthizer – ; de l’autre, les « globalistes », républicains traditionnels influencés par Wall Street et partisans du libre-échange – le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, celui au commerce Wilbur Ross et le conseiller économique Larry Kudlow.

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M. Trump laisse faire, pris au piège de ses propres contradictions : « Eh bien, je suis un nationaliste et je suis un “globaliste”. Je suis les deux », avait expliqué le locataire de la Maison Blanche au Wall Street Journal, en avril 2017. Le point de jonction ? Prétendre que les partenaires des Etats-Unis ne jouent pas le jeu du libre-échange et s’alarmer de la volonté de puissance de la Chine.
Peter Navarro, l’idéologue antichinois. Cet ancien professeur de l’Université de Californie à Irvine a connu la célébrité avec deux ouvrages, en 2006 et en 2011, mettant en garde contre la Chine. Sa vision du conflit avec Pékin n’est pas commerciale, mais géostratégique et civilisationnelle : M. Navarro veut combattre une Chine qui conteste la suprématie américaine. Il avait rejoint très tôt l’équipe de campagne de Donald Trump, mais avait été marginalisé au fil des mois. Privé d’accès direct au président, M. Navarro, 69 ans, contourne alors ce blocage en s’invitant sur les plateaux de télévision que M. Trump regarde régulièrement. Cette stratégie porte ses fruits. Le président fait savoir qu’il apprécie la manière dont cet habile parleur s’exprime. M. Navarro profite de la démission du conseiller économique Gary Cohn, en mars 2018, lors des prémices de la guerre commerciale, pour monter en puissance. Il s’oppose frontalement au secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, qu’il traite régulièrement de « Neville Chamberlain », en référence au premier ministre britannique qui, avec la France, passa sous les fourches caudines d’Adolf Hitler à Munich, en septembre 1938.

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Steven Mnuchin, le partisan du compromis. Le silence serait, selon la presse, la manière pour cet ancien banquier de Goldman Sachs, devenu producteur de cinéma, âgé de 55 ans, de marquer son mécontentement envers Donald Trump. Lors d’un voyage à Pékin, en mai 2018, il tente de nouer une relation personnelle avec le négociateur chinois Liu He, qu’il décide de rencontrer seul. L’affaire donne lieu à une altercation mémorable avec M. Navarro à la maison des hôtes d’Etat. M. Mnuchin remporte provisoirement la partie, annonçant que les Chinois vont réduire le déficit commercial et la « suspension » de la guerre avec l’ex-empire du Milieu. Las ! M. Navarro explique que M. Mnuchin a été mal compris et Robert Lighthizer, le représentant pour le commerce, fait savoir que les Etats-Unis sont prêts à utiliser « tous les moyens pour protéger leur technologie par les droits de douane ». Quelques jours plus tard, les premières sanctions sont décrétées.
Robert Lighthizer, l’adepte de la manière forte. A 70 ans, Robert Lighthizer apparaît comme le grand gagnant de la bataille qui se joue actuellement. Parce qu’il est le seul à maîtriser les dossiers, il est respecté par les « globalistes », mais aussi par les nationalistes, dont il partage les idées. Opposant de toujours à l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) actée en 2001, il estime que les administrations américaines successives se sont fait berner par Pékin. En conséquence, il prône la manière forte pour l’amener à changer d’attitude sur les transferts de technologie et les subventions indues à son économie.

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La formation idéologique de cet homme remonte, comme celle Donald Trump, au premier mandat de Ronald Reagan (1981-1985). A l’époque, l’ennemi désigné était le Japon. Adjoint du représentant au commerce, il obtint des accords d’autolimitation des exportations automobiles et la protection, par le biais de droits de douane, des motos Harley Davidson. Devenu avocat, il défendit pendant des années les producteurs d’acier américains. L’occasion de se confronter à l’OMC, dont les règles sont, pour lui, dévoyées au profit de la Chine. Un credo particulièrement compatible avec celui de M. Trump. Dès l’automne 2017, Robert Lighthizer avait exposé à des patrons américains médusés qu’il comprenait leur objectif de maximiser leurs profits. « Mon boulot est différent. Mon boulot consiste à représenter les travailleurs américains. Et là, nous n’allons pas être d’accord », avait-il déclaré, selon le Wall Street Journal.
Wilbur Ross, le grand perdant. A 80 ans, cet homme d’affaires, dont la fortune s’élève à 700 millions de dollars (près de 600 millions d’euros), est le plus vieux ministre jamais désigné aux Etats-Unis. Au début du mandat de M. Trump, M. Ross travaillait sur la négociation commerciale avec la Chine, avant d’être dessaisi du dossier à l’été 2017 en raison de sa trop grande mollesse. Cet hiver, il a longuement négocié avec les Européens pour éviter les taxes sur l’acier, en pure perte.
Larry Kudlow, l’opposant aux guerres commerciales. Quand Donald Trump l’appelle, cet économiste reconverti en commentateur de télévision pense qu’il va se faire sermonner du fait de ses propos critiques à propos des barrières douanières. Il s’agit en fait de le nommer économiste à la Maison Blanche, après le départ de Gary Cohn. Comme Robert Lighthizer, Larry Kudlow, 71 ans, est un ancien membre des équipes Reagan, mais version libérale. En juillet, il a donné un sérieux coup de main aux Européens pour suspendre la menace des droits de douane sur les automobiles. Il est opposé aux guerres commerciales, mais, comme il l’a résumé en juin : « La personne chargée du commerce est, sans équivoque, le président Trump ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le gouvernement libéral-conservateur, sous la pression des populistes du Parti du peuple danois, impose à Danmarks Radio des économies draconiennes.
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Au Danemark, l’audiovisuel public soumis à une sévère cure d’amincissement

Le gouvernement libéral-conservateur, sous la pression des populistes du Parti du peuple danois, impose à Danmarks Radio des économies draconiennes.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 10h28
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Lors d’un entretien au Monde, avant la visite d’Etat d’Emmanuel Macron à Copenhague, fin août, le premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, interrogé sur les liens unissant son pays à la France, mentionnait le Tour de France : une véritable passion danoise. « Seuls les Néerlandais sont plus nombreux que les Danois à suivre le Tour à la télé », affirmait-il. Ravi, M. Macron a promis, au cours d’une balade à vélo dans les rues de la capitale danoise, que le grand départ aurait lieu à Copenhague « dans les prochaines années ».
Un événement, cependant, qui ne sera pas retransmis sur les chaînes publiques danoises. Le gouvernement de M. Lokke Rasmussen n’a laissé d’autre choix à Maria Rorbye Ronn, la patronne de l’audiovisuel public danois, Danmarks Radio (DR), forcée d’annoncer, mardi 18 septembre, qu’elle ne prolongerait pas le contrat de retransmission du Tour. Même chose pour les matchs de la Ligue des champions de handball. C’est le résultat de la cure d’amincissement historique imposée au groupe.

Selon l’accord sur le financement public des médias, adopté le 28 juin, par le gouvernement libéral-conservateur, avec le soutien des populistes du Parti du peuple danois (DF), DR va devoir réaliser 773 millions de couronnes (104 millions d’euros) d’économies par an, soit au total, sur les prochaines cinq années, l’équivalent de 20 % de son budget annuel. L’opposition avait claqué la porte des négociations, pour protester contre des sacrifices jugés « inacceptables ». En vain.
Le divertissement, domaine le plus touché
Mardi 18 septembre, Maria Rorbye Ronn a donc présenté un premier plan de restructuration, qui devrait permettre d’économiser 420 millions de couronnes par an sur les trois prochaines années. Les coupes sont drastiques. D’ici à 2020, DR ne diffusera plus que trois de ses six chaînes. Deux seront uniquement disponibles en ligne. Trois de ses huit radios vont aussi disparaître. Au total, entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Affaiblie et critiquée après l’échec du sommet européen, la première ministre britannique a contre-attaqué en accusant les Vingt-Sept d’avoir manqué de « respect » au Royaume-Uni.
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Brexit : retour à Londres douloureux pour Theresa May

Affaiblie et critiquée après l’échec du sommet européen, la première ministre britannique a contre-attaqué en accusant les Vingt-Sept d’avoir manqué de « respect » au Royaume-Uni.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 14h00
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Quand un Britannique vous dit « you must come for dinner », cela n’est pas une invitation à dîner, juste une marque de politesse. Lorsqu’il lance « I hear what you say », cela ne signifie pas qu’il accepte votre point de vue mais qu’il met un terme à la conversation. Est-ce à cause de ce genre de quiproquo que le sommet européen de Salzbourg, jeudi 20 septembre, a tourné au désastre pour Theresa May et sonné le glas de son « plan Chequers » pour le Brexit ?
La première ministre britannique était arrivée le cœur presque léger au pays de La Mélodie du bonheur. Elle est tombée des nues lorsque les Vingt-Sept lui ont signifié que son projet, conçu dans la douleur et combattu par les partisans d’une rupture totale avec l’UE comme Boris Johnson, « ne fonctionnera pas ».
La presse britannique évoque presque unanimement une première ministre « tombée dans un guet-apens » et « humiliée ». Dans les médias, le « blame game » [chasse aux responsables] a commencé. Une partie d’entre eux met en cause les erreurs stratégiques et les positions intenables de Mme May, l’autre s’en prend aux dirigeants européens et en particulier à Emmanuel Macron qui a attaqué les « menteurs » du Brexit. De fait, la rebuffade de Salzbourg ravit les « hard brexiters » et affaiblit gravement Theresa May à dix jours du Congrès des Tories où elle devra les affronter.
me May a juré qu’elle ne transigerait pas et qu’elle se tenait prête à un divorce sans accord, assurant, contre toute évidence, que la balle est dans le camp de l’UE
Vendredi 21 septembre, dans une intervention volontairement dramatisée et à destination purement nationale, la première ministre a accusé les Vingt-Sept d’avoir manqué de « respect » au Royaume-Uni et constaté « l’impasse ». Mme May a juré qu’elle ne transigerait pas et qu’elle se tenait prête...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Jean-Luc Mélenchon et Bastien Lachaud, députés LFI, s’inquiètent dans une tribune au « Monde » du projet d’« Europe de la défense ».
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« L’Allemagne vise-t-elle une hégémonie complète en Europe ? »

Jean-Luc Mélenchon et Bastien Lachaud, députés LFI, s’inquiètent dans une tribune au « Monde » du projet d’« Europe de la défense ».



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 15h23
    |

Bastien Lachaud (Député de Seine-Saint-Denis (La France insoumise)) et Jean-Luc Mélenchon (Député des Bouches-du-Rhône, président du groupe La Fran...







                        



                                


                            
Tribune. L’emprise économique de l’Allemagne sur l’Europe s’affirme. Sa situation sociale est aussi critique que celle de la France, mais son poids dans les échanges commerciaux mondiaux permet à son gouvernement conservateur de parler en maître.

De ce côté-ci du Rhin, les naïfs se sont bercés d’illusions en chantant la fable du « couple franco-allemand. » Face au déclin supposé inéluctable de son influence, la France a fantasmé un partenariat entre égaux fondé notamment sur la répartition des rôles : aux Allemands, la puissance économique, aux Français la puissance diplomatique et militaire. Ce calcul montre à présent ses limites.
Postes importants monopolisés
Au sein des institutions européennes, le déséquilibre est devenu patent. Le fait a été relevé par Jean Quatremer, journaliste bien connu pour son europhilie constante : au fil des ans, tous les postes importants ont été monopolisés par des Allemands, le plus souvent apparentés à la CDU d’Angela Merkel. Les secrétaires généraux du Parlement et du Service européen d’action extérieure sont allemands ; de même que celui de la Commission, Martin Selmayr, nommé en plus en contravention des règles !
Les présidents de la Cour des comptes, de la Banque européenne d’investissement et le directeur général du Mécanisme de stabilité sont allemands. Au Parlement européen, quatre présidents de groupe sur huit sont allemands, dont ceux des deux plus nombreux. Celui du PPE, Manfred Weber, pourrait même devenir président de la Commission… Le problème posé n’est pas qu’ils soient allemands, mais qu’ils le soient tous !

Mais les ambitions allemandes ne s’arrêtent pas là. L’arrivée de Trump à la Maison blanche et la guerre commerciale qu’il a lancée amènent les Allemands à reconsidérer leurs liens avec les Etats-Unis d’Amérique. Le mois dernier, le ministre des affaires étrangères, Heiko Maas, a publié un long texte dans ce sens dans la version en anglais de Handelsblatt,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Laurent Hénart, coprésident du Mouvement radical social et libéral, appelle, dans une tribune au « Monde », à dépasser les contingences nationales en vue des élections européennes de mai 2019
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« Oui, l’Europe peut mourir au printemps »

Laurent Hénart, coprésident du Mouvement radical social et libéral, appelle, dans une tribune au « Monde », à dépasser les contingences nationales en vue des élections européennes de mai 2019



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 10h49
    |

Laurent Hénart (Maire de Nancy, coprésident du Mouvement radical social libéral)







                        



                                


                            

Tribune. Voici une dizaine d’années maintenant que les forces populistes ont déclaré la guerre à l’Europe. A la démocratie représentative, aux libertés, à l’ouverture au monde. Portées par la crise de 2008 et la déstabilisation des sociétés occidentales, elles sont arrivées au pouvoir en Pologne, en République tchèque, en Autriche, en Hongrie. La vague déferle, et rien ne semble pouvoir l’arrêter, ni les doutes qui entourent le Brexit, ni le désordre international semé par Donald Trump, ni la dérive de l’Italie, pays frère, nation fondatrice de l’Union, terre pourtant meurtrie par le fascisme il y a à peine trois générations.
Partout, les mêmes anathèmes, la même pensée unique souverainiste. Pas une journée sans amalgames entre les migrants et les réfugiés, les élus et la mafia, la presse et la propagande, l’étranger et le chômage. Entre Bruxelles et les marchés financiers. Pas une année sans que l’on constate un recul de la liberté d’expression et des droits des populations fragiles ou minoritaires.
Quarante ans après la première session du Parlement européen élu au suffrage universel, sous la présidence de Simone Veil, il est de plus en plus évident, pour les Français qui chérissent l’idéal d’une construction continentale humaniste, que les élections de mai seront les plus dramatiques de notre histoire contemporaine. Oui, l’Europe peut mourir au printemps prochain.
Barrer la route au populisme
Imaginons en effet que la France envoie à son tour un signal populiste. Un scénario tout à fait vraisemblable. Après tout, plus de la moitié des suffrages exprimés au premier tour de l’élection présidentielle de 2017 agrégeaient des aspirations extrémistes et populistes, de droite et de gauche.
Avec nos adhérents, avec Sylvia Pinel, le Mouvement radical, social et libéral achèvera ce week-end à Montpellier la préparation de son projet européen. Nous seront présents dans l’élection de mai prochain et nous pouvons, nous aussi,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le mouvement fondé en Allemagne par Sahra Wagenknecht partage avec celui de Jean-Luc Mélenchon un même populisme eurosceptique, explique Eckhard Jesse, professeur de science politique à l’université de Chemnitz, dans une tribune au « Monde ».
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« Aufstehen prend modèle sur La France insoumise »

Le mouvement fondé en Allemagne par Sahra Wagenknecht partage avec celui de Jean-Luc Mélenchon un même populisme eurosceptique, explique Eckhard Jesse, professeur de science politique à l’université de Chemnitz, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 10h40
    |

Eckhard Jesse (Professeur de science politique à l'université de Chemnitz, Allemagne)







                        



                                


                            
Tribune. Le 4 septembre, Sahra Wagenknecht – vice-présidente du parti Die Linke (« la gauche ») – a annoncé officiellement, après y avoir travaillé des mois durant, la fondation d’un nouveau mouvement, Aufstehen (« Debout »). Pour cela, elle n’a pas seulement reçu le soutien de personnalités issues de ses rangs : son initiative a été appuyée par des personnalités du SPD – le Parti social-démocrate allemand – et des Verts (même si on ne compte pas parmi elles de figures de premier plan). Plus de 150 000 personnes ont très vite signé l’appel à fondation d’Aufstehen.
Epaulée par Oskar Lafontaine, son époux, qui, avant de prendre la direction de Die Linke (de 2007 à 2010), avait présidé le SPD (de 1995 à 1999), Sahra Wagenknecht – qui est née en 1969 en RDA et avait adhéré en 1989 au SED, le Parti socialiste unifié d’Allemagne – entend fédérer différents camps de la gauche qui, jusqu’ici, ne sont pas parvenus à s’accorder. Son objectif avoué est de faire souffler un air nouveau, de regagner la confiance de ceux qui ne croient plus en la politique, mais aussi d’exercer une influence à la droite de l’échiquier politique.
« Si ce mouvement est de gauche sur le plan socio-économique, il ne l’est pas sur le plan socioculturel »
Cet appel à fondation, intitulé « Ensemble pour un pays juste et pacifique », débute ainsi : « Les dés sont pipés. Dans notre pays, en Europe et au-delà. Le profit l’emporte sur l’intérêt général, la force sur le droit des peuples, l’argent sur la démocratie, la surconsommation sur une économie soucieuse de l’environnement. Là où ne comptent que les valeurs cotées en Bourse, l’humanité est laissée sur le bas-côté. Nous nous opposons à cela : nous lutterons pour la justice et la cohésion sociale, pour la paix et le désarmement, pour la préservation de notre environnement naturel. » Cet appel à fondation n’est pas présenté comme un programme politique parachevé. Celui-ci reste en effet à concevoir avec ceux qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le ministre des affaires étrangères explique sa volonté de « restaurer un multilatéralisme efficace » face aux « acteurs de sa déconstruction ».
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Jean-Yves Le Drian au « Monde » : « La Russie ne doit pas s’ingérer dans nos affaires »

Le ministre des affaires étrangères explique sa volonté de « restaurer un multilatéralisme efficace » face aux « acteurs de sa déconstruction ».



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 20h08
 • Mis à jour le
23.09.2018 à 06h38
    |

            Nathalie Guibert, 
Alain Salles et 
Marc Semo








                        



                                


                            

Quatre-vingt-quinze chefs d’Etat et de gouvernement, dont le président Emmanuel Macron, participeront du 23 au 29 septembre à l’Assemblée générale de l’ONU, à New York. Le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui y sera aussi, en évoque les grands enjeux.
Il y a un an, le président Macron s’affirmait à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU comme le héraut d’un « multilatéralisme fort » face à Donald Trump. A-t-il pu faire bouger les lignes ?
Jean-Yves Le Drian : Indéniablement. La diplomatie vit une crise, et ce constat est toujours plus évident depuis un an. Un principe de base qui est de respecter sa parole et sa signature est ouvertement remis en cause. Un second principe, qui est de s’accorder sur les faits pour arriver à trouver un compromis, n’est plus respecté parce que les faits sont manipulés, niés, refusés. S’il n’y a plus de vérité commune, partagée, comment dialoguer ? En outre les acteurs de la déconstruction du multilatéralisme intensifient leurs attaques méthodiques.
Il nous faut donc agir pour restaurer un multilatéralisme efficace. Afin de sauver l’essentiel du système mis en place après la seconde guerre mondiale, il est nécessaire d’en réformer les outils majeurs à notre disposition, notamment les Nations unies ou l’Organisation mondiale du commerce. Des forums nouveaux comme celui de Paris sur la paix, qui se tiendra le 11 novembre, ou le sommet One Planet sur le climat, à l’initiative du président de la République, sont des innovations qui renouvellent le multilatéralisme.
La mise en place du G5 Sahel avec le soutien de la France et de ses partenaires internationaux est un exemple de ce que nous pouvons faire pour que le multilatéralisme retrouve de la vigueur. La France doit être une force d’initiative, en travaillant avec ce que j’appelle « des puissances de bonne volonté » qui, comme elle, sont arrimées aux enjeux démocratiques, au droit,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le blasphème est aujourd’hui interdit en vertu de l’article 40.6.1 de la Constitution irlandaise et toujours punissable, malgré une législation considérée désormais comme obsolète.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Un référendum sur l’abrogation du blasphème se tiendra le 26 octobre en Irlande

Le blasphème est aujourd’hui interdit en vertu de l’article 40.6.1 de la Constitution irlandaise et toujours punissable, malgré une législation considérée désormais comme obsolète.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 19h14
   





                        


Après avoir légalisé l’avortement et le mariage homosexuel à la suite d’un vote populaire, les Irlandais se rendront une nouvelle fois aux urnes le 26 octobre pour se prononcer sur l’abrogation du blasphème dans la Constitution, a annoncé vendredi 20 septembre le gouvernement irlandais.
Le blasphème est aujourd’hui interdit en vertu de l’article 40.6.1 de la Constitution irlandaise et punissable, malgré une législation considérée désormais comme obsolète. En 2017, le ministre de la santé, Simon Harris, l’avait jugée « absurde » et « un peu embarrassante », selon le journal The Irish Times.

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La « femme au foyer » toujours dans la Constitution
Le vote se tiendra le même jour que l’élection présidentielle en Irlande. Les électeurs se prononceront sur l’introduction du 37e amendement à la Constitution abrogeant la loi actuelle.
En mai, les Irlandais avaient approuvé à une majorité de plus de 66 % la libéralisation de l’avortement par référendum, un nouveau séisme socioculturel dans cette petite république catholique de 4,7 millions d’habitants, trois ans après la légalisation du mariage homosexuel.
Un autre référendum est envisagé pour décider du sort de l’article 41.2.1 de la Constitution, qui dispose que la place de la femme est au foyer, mais aucune date n’a été fixée.

        Lire l’analyse :
         

          Le référendum irlandais, une leçon pour les Britanniques et l’Europe






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Ni les Vingt-Sept ni le Royaume-Uni ne veulent réinstaurer une frontière entre les deux Irlandes, mais ils sont en désaccord sur la solution.
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Brexit : qu’est-ce que le « backstop » proposé par l’UE pour résoudre la question irlandaise ?

Ni les Vingt-Sept ni le Royaume-Uni ne veulent réinstaurer une frontière entre les deux Irlandes, mais ils sont en désaccord sur la solution.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 18h05
   





                        



   


C’est l’un des points les plus délicats des négociations sur le Brexit entre l’Union européenne et le Royaume-Uni : quid de la frontière entre la République d’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord ? Aucune solution n’a jusqu’ici été trouvée entre les deux camps.
Et pourtant le temps presse : les Vingt-Sept, réunis jeudi 20 septembre à Salzbourg, en Autriche, souhaitent boucler les discussions avec Londres d’ici à la mi-novembre, alors que le Brexit aura lieu le 29 mars 2019.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Brexit : l’art du « deal »



Pour sortir de cette impasse sur la question irlandaise, le négociateur en chef pour l’UE, Michel Barnier, a proposé la mise en place d’une clause de sauvegarde, intitulée « backstop », pour empêcher le retour d’une frontière physique entre les deux Irlandes. Mais cette hypothèse est jusqu’ici rejetée par le gouvernement britannique.
Quel est le problème avec la frontière irlandaise ? 
Avec la sortie du Royaume-Uni de l’UE, les 500 kilomètres qui séparent la province britannique d’Irlande du Nord de la République d’Irlande vont redevenir une frontière physique. Londres ayant décidé de sortir du marché unique et de l’union douanière, synonymes de liberté de circulation et de normes et droits de douane communs, des contrôles aux frontières seront nécessaires.

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Or, ce retour à une frontière entre les deux pays fragiliserait les accords de paix du Vendredi saint, qui mirent fin, en 1998, à trente ans de conflit armé entre nationalistes et unionistes en Irlande du Nord. Les habitants et les entreprises des deux côtés souhaitent garder une frontière aussi invisible que possible, au moment où 31 % des exportations nord-irlandaises allaient en Irlande en 2016 et que près de 30 000 personnes passent quotidiennement de l’autre côté.
Qu’est-ce que le « backstop », proposé par l’Union européenne ?
Dans l’accord conclu en décembre 2017, le Royaume-Uni et l’UE promettent de tout faire pour éviter le rétablissement de contrôles le long de la frontière entre les deux pays. Les négociateurs de l’Union européenne souhaitent ainsi mettre en place un statut spécial pour l’Irlande du Nord, avec un alignement réglementaire sur le continent.

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Michel Barnier a donc proposé le « backstop », ou « filet de sécurité », qui est une clause temporaire de sauvegarde pour conserver cette frontière ouverte aux biens et aux personnes. Le temps de se mettre d’accord sur la « relation future » entre l’UE et Londres, dont la date butoir est fixée au 31 décembre 2020, l’Irlande du Nord resterait alignée sur les normes européennes (sanitaires, réglementaires, fiscales, etc.), pour éviter de remettre en place les contrôles des biens avec la République d’Irlande. Et les contrôles des marchandises, rendus nécessaires à la suite du départ du Royaume-Uni de l’UE, seraient effectués entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.
Pourquoi le gouvernement britannique rejette-t-il cette proposition ?
La proposition de Michel Barnier a été jugée inacceptable par le gouvernement britannique. Et pour cause, elle reviendrait à unifier l’île d’Irlande en l’amarrant à l’Union européenne. De plus, la première ministre britannique, Theresa May, a besoin des voix des dix députés nord-irlandais du Parti unioniste démocrate (Democratic Unionist Party, DUP) pour conserver sa majorité absolue à la Chambre des communes. Or, ceux-ci excluent la mise en place de contrôles entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne.
Londres a alors proposé que le « backstop » s’applique à tout le Royaume-Uni et soit limité dans le temps. Deux éventualités que Bruxelles a rejetées. Face aux réticences du gouvernement britannique, Michel Barnier a d’ailleurs prévenu à la fin d’août : « Sans backstop, il n’y a pas d’accord. »
Mais en début de semaine, avant le sommet de Salzbourg, le négociateur de l’UE a fait savoir qu’il était prêt à « améliorer » ses propositions. « La plupart des contrôles peuvent avoir lieu loin de la frontière, dans les locaux des entreprises », a-t-il notamment proposé.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/09/2018
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Brexit : « Theresa May s’attendait à des paroles encourageantes. Elle est tombée des nues »

Philippe Bernard, correspondant du « Monde » à Londres, a répondu à vos questions après le rejet par les Vingt-Sept des propositions de la première ministre britannique.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 06h12
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Réunis pour un sommet, jeudi 20 septembre à Salzbourg (Autriche), les vingt-sept chefs d’Etat ou de gouvernement de l’Union européenne (UE) ont unanimement rejeté le « plan Chequers », proposé par Londres dans le cadre du Brexit.
Theresa May espérait, avec ce compromis, ménager un accès au marché unique européen pour les produits britanniques. Avec ce revers, la première ministre apparaît fragilisée au sein de son propre gouvernement mais aussi au sein du Parti conservateur (tories).
Philippe Bernard, correspondant du Monde à Londres, a répondu à vos questions après le rejet par les Vingt-Sept des propositions de Mme May.

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Manu : Quelles seraient les conséquences d’un « no deal » ?
En cas de « no deal », les relations douanières entre le Royaume-Uni et l’UE seront régies par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Autrement dit : retour des droits de douane, files d’attente à Calais (Pas-de-Calais) et à Rotterdam (Pays-Bas), incertitude sur les liaisons transmanche et les liaisons aériennes, rupture des chaînes d’approvisionnement des constructeurs automobiles britanniques (entre autres).
C’est un scénario décrit comme catastrophique pour le Royaume-Uni mais aux graves conséquences également pour l’UE, à commencer par la région des Hauts-de-France.
Les Britanniques mettent en place des plans d’urgence pour assurer le maintien minimal de l’approvisionnement en vivres (largement importées du continent) et en médicaments.
« Je ne comprends pas » : Pourquoi parle-t-on de tournant par rapport au Brexit ?
En refusant le « plan Chequers » de Theresa May, les Vingt-Sept ont percé l’abcès et mis un terme au temps des faux-semblants. Ce « plan », qui consistait à demeurer dans le marché unique pour les marchandises et à le quitter pour pouvoir « diverger » de l’UE sur les services – le point fort de l’économie britannique – est incompatible avec l’intégrité du marché unique et la souveraineté des Vingt-Sept.
Theresa May ne l’a pas compris. Hier, elle s’attendait à des paroles encourageantes. Elle est tombée des nues.
MrGeg : Quelle est la probabilité que le gouvernement de Theresa May tombe et que Jeremy Corbyn gagne les élections qui en découleraient ?
Le rejet du « plan Chequers » de Mme May affaiblit énormément sa position au gouvernement mais aussi au sein du Parti conservateur, dont le congrès aura lieu dans dix jours. Il renforce le camp des « hard brexiters », comme Boris Johnson, qui a démissionné du gouvernement précisément pour dénoncer le « plan Chequers », qu’il voit comme une reddition à l’UE.
Mais il n’y aura de nouvelles élections que si l’accord final avec l’UE (attendu pour octobre ou novembre) est rejeté par le Parlement de Westminster. Cela est possible car le Labour votera très certainement contre, de même que certains députés conservateurs ultralibéraux. Tout dépend du contenu de l’accord final.

        Notre décryptage sur ce mécanisme :
         

          qu’est ce que le « backstop » ?



Gusgonka : Theresa May a-t-elle encore de la marge pour sortir du Brexit ?
Mme May répète que son pays sortira de l’UE le 29 mars 2019 quoi qu’il arrive et qu’il n’est pas question d’organiser un second référendum. Seule une crise politique – possible – pourrait changer ce cours des choses. Etant donné que 70 % des électeurs conservateurs sont favorables au Brexit, en sortir est pour elle suicidaire.
Louise : Il semble que depuis deux ans, les questions d’ordre intérieur l’emportent sur les enjeux européens. Or c’est avec Bruxelles que les Britanniques doivent d’abord négocier. Comment expliquer cette analyse à courte vue ?
Le cœur de la négociation se passe au sein du Parti conservateur et n’est toujours pas soldé. Le conflit sur l’UE au sein des tories est ancien (Margaret Thatcher en a été victime). David Cameron pensait qu’il allait le solder définitivement en organisant un référendum qu’il gagnerait facilement. On connaît la suite.
Cette obsession européenne en politique intérieure se double d’une incapacité très insulaire à écouter, et a fortiori à comprendre le point de vue des continentaux. C’est paradoxal car le marché unique, qui scelle aujourd’hui l’unité des Vingt-Sept, est une invention britannique.
Live : Comment imaginer une frontière « passoire » en Irlande du Nord alors que les Britanniques ont quitté l’UE en grande partie à cause de l’immigration ?
Ce que vous appelez frontière « passoire » est une réalité depuis vingt ans, liée aux accords du Vendredi Saint de 1998. C’est une composante essentielle du retour de la paix civile. Les postes frontières recréés entre les deux Irlandes seraient immédiatement des cibles d’attentat. La « frontière » qui pose désormais le plus grand problème est celle de la mer d’Irlande, autrement dit celle entre la Grande-Bretagne et l’île d’Irlande. Pour Londres, des contrôles sur cette frontière seraient inacceptables, car l’Irlande du Nord fait partie du Royaume-Uni. Pour les Vingt-Sept, l’Irlande est désormais une porte d’entrée dans le marché unique européen et il n’est pas question de la laisser ouverte. D’où l’idée de contrôles douaniers non pas entre les deux Irlandes mais au départ des ports britanniques.
Beleg : Peut-on imaginer que le DUP (Democratic Unionist Party, Parti unioniste démocrate) d’Irlande du Nord lâche finalement Theresa May même si cela entraîne de nouvelles élections ?
Theresa May a besoin des dix députés du DUP, pour conserver sa majorité au Parlement. Si elle fait des concessions sur les contrôles douaniers entre le Royaume-Uni et l’Irlande – ce qui semble inévitable si elle veut éviter le crash –, alors il est possible que le DUP la lâche et que son gouvernement tombe.

        Notre décryptage sur ce mécanisme :
         

          qu’est ce que le « backstop » ?



En pause : Peut-on imaginer un référendum nord-irlandais et écossais pour sortir du Royaume-Uni en cas de « no deal » ?
Non, pas à ce stade. Ce qui est envisageable – et souhaité par une majorité de Britanniques, selon les sondages –, c’est un référendum au Royaume-Uni sur l’accord final sur le Brexit. Une hypothèse qui résulterait d’un rejet de cet accord par le Parlement.
Un référendum en Ecosse devrait être autorisé par Londres, et les indépendantistes écossais ne le réclament pas, car ils ne seraient pas certains de le gagner. Quant à un référendum sur la réunification de l’Irlande, il est possible en vertu des accords de paix de 1998. Mais les sondages indiquent que les partisans du statu quo l’emporteraient. Une accélération de la crise du Brexit pourrait cependant faire basculer l’opinion. En Irlande du Nord (qui a voté en majorité contre le Brexit), la réunification est le seul moyen de rester dans l’UE.
Lucien : Exiger le maintien de l’Irlande du Nord dans le giron réglementaire de l’UE, n’est-ce pas mettre en cause l’intégrité territoriale du Royaume-Uni d’un point de vue juridique ?
C’est une véritable question. C’est un peu comme si, en France, l’on voulait imposer des contrôles douaniers entre la Corse et le continent. Mais d’une part l’histoire de l’Irlande est très particulière et d’autre part, la préservation des frontières du marché unique européen est un impératif vital pour l’UE.
On peut aussi rappeler que l’Irlande du Nord, bien que rattachée au Royaume-Uni, a une législation différente de ce dernier dans de nombreux domaines. A commencer par le droit à l’avortement, qui n’y est pas reconnu. Les dernières propositions de la Commission européenne tendent à faire effectuer les contrôles dans les ports de Grande-Bretagne par des agents britanniques. Si un compromis est trouvé, ce devrait être autour de cette idée.

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