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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Les opposants aux cours d’éducation sexuelle dès la classe élémentaire multiplient les caricatures et les contre-vérités.
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L’éducation sexuelle à l’école suscite des amalgames

Les opposants aux cours d’éducation sexuelle dès la classe élémentaire multiplient les caricatures et les contre-vérités.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 18h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Rapport d’étonnement. Le 13 septembre, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale, a envoyé aux ­recteurs d’académie la circulaire mettant en place « trois séances d’éducation sexuelle et affective » par an, cela dès l’école élémentaire. Le texte précisait que, du CP au CM2, de 6 à 10 ans, « il ne s’agit pas d’une éducation explicite à la sexualité » mais d’enseigner « l’étude et le respect du corps », « la reproduction des êtres vivants » ou « l’égalité entre les filles et les garçons », puis, au lycée, de discuter « grossesses précoces non désirées, IST et VIH-sida, orientations sexuelles, respect de son corps et de celui de l’autre, (…) prévention des violences sexistes, etc. ». Néanmoins, les réactions des opposants à toute éducation sexuelle, les mêmes qui avaient réussi à faire annuler l’« ABCD de l’égalité » proposé en 2013 par la ­ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, méritent le détour. Satan serait entré à l’école !

Ainsi, la télévision évangéliste JesusChrist TV, qui émet en français, a prêché qu’il s’agit d’« inculquer la concupiscence et la lubricité dans l’esprit de nos enfants », dénonce de véritables « cours de porno », évoque des « pédo-satanistes ». Le site La Lumière du monde a popularisé la pétition contre « L’éducation sexuelle, une idéologie imposée à nos enfants », expliquant qu’elle est « imposée par l’Europe » et « vise la légalisation de la pédophilie ». Le site Info chrétienne a laissé entendre que cette circulaire était inspirée par un document de l’Organisation mondiale de la santé qui « recommande l’enseignement de la masturbation aux enfants de 4 ans ».
Déformations et caricatures
Quant au site Ecole et sexe, patronné par La Manif pour tous, il a lancé un appel dans lequel on peut lire : « Cette prétendue “éducation sexuelle”, véritable incitation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Les croyances concernant l’avenir de sa propre situation économique influencent autant, sinon plus, l’opinion sur l’immigration que sa situation économique réelle, la faisant basculer vers l’extrême droite, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.
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« Hostilité aux immigrés et concurrence sociale » sont corrélées

Les croyances concernant l’avenir de sa propre situation économique influencent autant, sinon plus, l’opinion sur l’immigration que sa situation économique réelle, la faisant basculer vers l’extrême droite, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 11h50
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Recherches. Face à la montée de l’hostilité contre les migrants, les économistes ont su montrer que les arguments avancés par les partis d’extrême droite pour attirer les électeurs – « les immigrés prennent vos emplois et vos aides sociales » – ne tenaient pas la route : les migrants étant moins qualifiés, plus actifs et plus jeunes que l’ensemble de la population « indigène », ils contribuent à la hausse de la qualification (et donc des revenus) de cette dernière et sont « contributeurs nets » des systèmes sociaux.
Politologues et sociologues ont donc pris l’habitude d’aller chercher les causes du vote d’extrême droite dans le domaine de la culture et des « valeurs » (identité, religion) plus que dans la sphère socio-économique. Les partis nationalistes les ont d’ailleurs suivis dans cette voie…
Mais voilà que des recherches plus récentes remettent en selle l’idée que certains électeurs puissent voter pour l’extrême droite afin de défendre leurs intérêts matériels.
L’exemple autrichien
Charlotte Cavaillé (université de Georgetown, à Washington) et Jeremy Ferwerda (Dartmouth College, New Hampshire) ont saisi l’opportunité de la transposition, en 2005, dans le droit autrichien d’une directive européenne de 2000 sur « l’égalité raciale », imposant l’égalité d’accès des étrangers résidents aux programmes sociaux, pour voir comment le vote d’extrême droite avait évolué entre les élections législatives de 2002 et celles de 2006 dans les quartiers où, d’une part, le logement social est très présent et, d’autre part, le nombre d’immigrants avait fortement augmenté (« How Distributional Conflict Over Public Spending Drives Support for Anti-Immigrant Parties », à paraître).

Ils ont ainsi découvert que ces évolutions étaient bel et bien corrélées. La progression de l’extrême droite est encore plus forte (jusqu’à 50 % ou 60 %, contre 3,9 % en moyenne nationale) dans les quartiers où le marché du logement est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Un ancien hôtel, situé en bordure d’une base de loisirs dans la banlieue du Mans, va devenir un centre d’hébergement pour migrants. Le maire s’insurge de n’avoir pas été consulté sur le choix de l’emplacement, relate Frédéric Potet dans sa chronique.
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« A Arnage, l’ouverture d’un foyer pour réfugiés ne rassure pas les professionnels du tourisme »

Un ancien hôtel, situé en bordure d’une base de loisirs dans la banlieue du Mans, va devenir un centre d’hébergement pour migrants. Le maire s’insurge de n’avoir pas été consulté sur le choix de l’emplacement, relate Frédéric Potet dans sa chronique.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 10h55
    |

            Frédéric Potet (Arnage (Sarthe), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Chronique. Arnage, dans la proche banlieue du Mans, M. le maire s’oppose à l’installation d’un centre d’hébergement pour réfugiés dans sa commune. Résumée à cela, l’affaire ferait passer Thierry Cozic pour l’un de ces hommes politiques d’extrême droite qui aboient régulièrement à l’encontre des demandeurs d’asile débarquant sur le sol européen. L’affaire est un peu plus compliquée que cela. Elle témoigne, entre autres, de l’impuissance des collectivités locales – des municipalités surtout – à peser sur les politiques nationales encadrant le phénomène migratoire, alors qu’elles se trouvent en première ligne. « Jamais nous n’avons été concertés dans ce dossier. L’Etat ne peut pas tout imposer », dit sans décolérer M. Cozic, également vice-président de la communauté urbaine du Mans Métropole et premier secrétaire du Parti socialiste de la Sarthe.
Le lieu de toutes les crispations est un ancien Hôtel Formule 1, situé en bordure d’un lac artificiel et d’une base de loisirs, au nord de la commune. Le bâtiment sans charme aucun et à la façade fatiguée fait partie d’un ensemble d’une soixantaine d’hôtels économiques achetés et réhabilités par le Groupe SNI (devenu depuis CDC Habitat), via un fonds constitué d’investisseurs institutionnels, dans le but de les transformer en résidences hôtelières à vocation sociale. Le locataire, Adoma, une autre filiale de CDC Habitat, est chargé d’assurer l’accueil et le suivi des demandeurs d’asile invités à y séjourner, dans le cadre d’un appel d’offres lancé par le précédent gouvernement visant la création de 5 300 places d’hébergement d’urgence.
Pas accessible en transports en commun
Furieux d’avoir appris par « la rumeur », en mars 2017, la nouvelle vocation de l’ancien Formule 1, Thierry Cozic déplore n’avoir jamais été associé au projet, en particulier quant à son emplacement. « En tant que maire, je dois être le garant de la cohésion sociale et assurer la mixité »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Editorial. Seuls le droit et le respect des traités pourraient en être les régulateurs d’un monde multipolaire, instable et cahoteux. Or de nombreuses puissances, à commencer par les Etats-Unis, bafouent ouvertement ces règles.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Dans un monde en vrac, la diplomatie déboussolée

Editorial. Seuls le droit et le respect des traités pourraient en être les régulateurs d’un monde multipolaire, instable et cahoteux. Or de nombreuses puissances, à commencer par les Etats-Unis, bafouent ouvertement ces règles.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 11h00
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Chaque année, au mois de septembre, avec l’Assemblée générale annuelle, le siège de l’ONU à New York devient le centre névralgique de la diplomatie mondiale. Du 23 au 29 septembre se succéderont à la tribune 95 chefs d’Etat ou de gouvernement, soit près de la moitié des 193 Etats membres ainsi représentés au plus haut niveau. Il y aura, certes, de grands absents, dont le président russe, Vladimir Poutine, ou son homologue chinois, Xi Jinping. Jamais, pourtant, ils n’ont été aussi nombreux au bord de l’Hudson, comme pour mieux témoigner de l’importance qu’une grande partie de la communauté internationale accorde à un multilatéralisme toujours plus menacé.
Selon les mots du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, ce sont désormais « les fondements mêmes de l’action diplomatique » qui sont remis en cause. L’on a connu le monde bipolaire de la guerre froide, fondé sur l’équilibre de la terreur entre les Etats-Unis et l’URSS. Puis le monde unipolaire dominé par l’hyperpuissance américaine après la chute du mur de Berlin.
La montée des émergents, notamment celle de la Chine, crée un monde multipolaire, voire apolaire, instable et cahoteux. Seuls le droit et le respect des traités pourraient en être les régulateurs. Or de nombreuses puissances, à commencer par la première d’entre elles, les Etats-Unis, bafouent ouvertement ces règles. A l’heure des « fake news », des « vérités alternatives » et de la manipulation des données, il n’y a souvent même plus de diagnostic partagé possible.

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                Jean-Yves Le Drian au « Monde » : « La Russie ne doit pas s’ingérer dans nos affaires »



Le système mis en place après la seconde guerre mondiale avec l’ONU et les diverses institutions qui en dépendent est aujourd’hui ébranlé par le pays qui en fut le pilier et le principal contributeur : les Etats-unis. Depuis dix-huit mois, Donald Trump a claqué la porte d’organisations comme l’Unesco, dénoncé des traités commerciaux et quitté des accords internationaux stratégiques, comme celui mettant sous contrôle le nucléaire iranien ou celui de Paris sur le climat. Même si ses critiques ne sont pas toujours infondées, l’administration Trump ne connaît qu’un seul mot d’ordre : « America first ».
« Multilatéralisme fort »
Il y a un an, à New York, devant l’Assemblée générale, Emmanuel Macron avait rappelé haut et fort que « nous sommes irrémédiablement liés les uns aux autres dans une communauté de destin », se faisant le héraut d’une gouvernance globale centrée sur le social et le développement. Ses mots avaient d’autant plus de poids qu’ils venaient juste après le discours de son homologue américain, chantre d’un unilatéralisme assumé.

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                Face à Trump, Macron défend l’accord avec l’Iran



Alors que les partisans du repli, y compris au sein de l’Union européenne, ne cessent de se renforcer, la France, qui prendra en janvier la présidence du G7, se veut porteuse d’un « multilatéralisme fort ». Elle multiplie les initiatives, comme celle d’une nouvelle édition du One Planet Summit, le 26 septembre, ainsi que du Forum sur la paix auquel 80 pays sont invités le 11 novembre, pour le 100e anniversaire de la fin de la première guerre mondiale. Paris veut aussi réunir les puissances intermédiaires, les pays de bonne volonté partageant sa démarche.
Sérieusement érodée en France, l’image d’Emmanuel Macron reste forte à l’étranger. Face à un Trump toujours plus imprévisible, une Theresa May engluée dans le Brexit, une Angela Merkel affaiblie, le président français reste, par contraste, le leader occidental le plus audible. Mais, faute de relais et d’alliés, il risque de devoir se contenter de mots.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Entretien avec Hervé Drevillon et Olivier Wieviorka, qui dirigent l’imposante « Histoire militaire de la France ».
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« La guerre est une forme, certes brutale, de socialisation entre les peuples »

Entretien avec Hervé Drevillon et Olivier Wieviorka, qui dirigent l’imposante « Histoire militaire de la France ».



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 08h45
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Histoire militaire de la France. Tome I. Des Mérovingiens au Second Empire, sous la direction d’Hervé Drevillon et Olivier Wieviorka, Perrin/Ministère des armées, 876 p., 27 €. 
Le tome II d’Histoire militaire de la France (De 1870 à nos jours, 732 p., 27 €) sera en librairie le 27 septembre.

Histoire nationale, histoire chronologique : le vaste panorama historique du fait militaire dirigé par Hervé Drévillon (professeur d’histoire moderne à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et directeur de la recherche au service historique de la défense [ministère des armées], auteur, entre autres, de L’Impôt du sang, Tallandier, 2005, et L’Individu et la Guerre, Belin, 2013) et Olivier Wieviorka (professeur à l’Ecole normale supérieure de Cachan, à qui l’on doit notamment Histoire du débarquement en Normandie, Seuil, 2007, et Une histoire de la Résistance en Europe occidentale, Perrin, 2017), accompagnés de huit autres historiens, semble se caractériser par une double limitation.
Mais s’il fallait prouver que se limiter n’est pas toujours se réduire, la puissance de problématisation de ces travaux suffirait à trancher le débat. La limite n’y est en effet qu’une occasion de rendre la réflexion, en la concentrant, plus intense. Prenez une nation. Regardez-la de près. Les lignes se mettront à bouger, ne serait-ce que lorsque vous approcherez le moment, les multiples moments possibles, de sa naissance.
Mais c’est à chaque étape que, faisant le point, pour chaque période étudiée – du Ve siècle à aujourd’hui –, sur la construction progressive des armées françaises, les auteurs rencontrent, comme un problème, la construction de cette France qu’elles sont censées servir ; ce qui entraîne aussi une remise en question du sens de ce service et, au bout du compte, des idées de construction et de période. De sorte que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Depuis moins d’un an, l’historienne liégeoise est titulaire de la chaire de religion grecque antique au Collège de France, qui n’était plus occupée depuis 1984 et le départ de Jean-Pierre Vernant. L’helléniste y dépoussière l’Olympe.
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Vinciane Pirenne-Delforge : sortir des dieux communs

Depuis moins d’un an, l’historienne liégeoise est titulaire de la chaire de religion grecque antique au Collège de France, qui n’était plus occupée depuis 1984 et le départ de Jean-Pierre Vernant. L’helléniste y dépoussière l’Olympe.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 08h00
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            

Ce n’est pas son entrée au Collège de France qui la changera. Elle est formelle : jamais on ne la verra sur les plateaux télé commenter le retour du fait religieux dans nos sociétés modernes. Vinciane Pirenne-Delforge, élue l’année dernière, a beau être une historienne des religions, elle a beau être originaire de Liège, ville de Belgique récemment touchée par le terrorisme djihadiste, elle ne s’accorde la légitimité de parler que sur une culture qui n’est plus la nôtre, celle de la Grèce antique. « Tout ce que je peux faire, c’est poser des questions et donner de quoi mettre les données de notre époque à distance. Je peux rappeler, par exemple, que, dans la culture que j’étudie, on se faisait beaucoup la guerre, mais jamais pour des questions religieuses. »
Rappeler aussi que, dans ce contexte, la religion n’a pas toujours impliqué la croyance, si étrange que cela paraisse. Pour définir le rapport des Grecs à leurs dieux, elle parle de confiance. Or la confiance, comme on le sait, est soit récompensée, soit trahie. En cas de déconvenue, qu’à cela ne tienne, un Grec se tournera vers un autre dieu – et cela sans en faire toute une histoire, du moins une apostasie.
Marquer la distance
Avouons que c’est surprenant pour un esprit moderne qui associe spontanément la religion au dogme, aux livres sacrés, à l’exigence jalouse d’un dieu unique. Mais le dépaysement est presque une marque de fabrique pour l’école intellectuelle à laquelle appartient Vinciane Pirenne-Delforge. Dans le droit-fil des grands historiens de la Grèce tels Louis Gernet, Jean-Pierre Vernant ou son compatriote Marcel Detienne, la Liégeoise fait son miel de l’anthropologie qui permet le décentrement et la comparaison avec d’autres cultures.
C’est leur héritage qu’elle reprend et retravaille, en prêtant une attention des plus minutieuses aux sources matérielles et à la chronologie. « Sur la religion grecque, elle est l’un des premiers vrais déplacements dans le...




                        

                        


<article-nb="2018/09/22/18-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Analyse. Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, la mise au point du programme du parti en vue des européennes de 2019 consiste à satisfaire son aile droite tout en retenant son aile gauche, détaille Michel Noblecourt, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Le PS et l’Europe, une « rupture » en trompe-l’œil

Analyse. Pour le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, la mise au point du programme du parti en vue des européennes de 2019 consiste à satisfaire son aile droite tout en retenant son aile gauche, détaille Michel Noblecourt, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 07h08
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 11h11
    |

            Michel Noblecourt








                        



                                


                            

Analyse. Depuis des décennies, l’Europe est un sujet de discorde, voire de fracture, au sein du Parti socialiste. En 1973, François Mitterrand, peu de temps après être devenu premier secrétaire du PS, met son mandat en jeu, au congrès de Bagnolet, pour imposer une ligne pro-européenne. En 1983, il opère le « tournant de la rigueur », pour maintenir la France dans le système monétaire européen.
En 1992, ce président de la République qui proclamait que « la France est notre patrie et l’Europe notre avenir » réveille les querelles au sein du PS en faisant adopter par référendum, gagné de justesse, le traité de Maastricht, qui prévoit la mise en place de l’euro. En mars 1996, Lionel Jospin tord le bras de la Gauche socialiste, menée par Jean-Luc Mélenchon, en faisant voter par une convention un projet de « fédération d’Etats-nations ». En 2004, François Hollande organise une consultation interne sur le projet de Constitution européenne. Le oui l’emporte, mais plusieurs ténors du PS, dont Laurent Fabius et Jean-Luc Mélenchon, font campagne pour le non, qui sort victorieux du référendum national de 2005.
A la tête d’un parti en miettes, Olivier Faure a eu recours à une plate-forme participative, nourrie par un millier de contributions de militants, pour élaborer un programme en vue des élections européennes de mai 2019. Pour le premier secrétaire du PS, qui peine à asseoir son autorité, l’exercice consistait à satisfaire son aile droite tout en retenant son aile gauche, animée par Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann, tentée de rejoindre les rangs de La France insoumise.
Ce document, qui peut encore être amendé avant d’être soumis au vote des militants, puis ratifié par un conseil national, le 13 octobre, a été adopté, mardi 18 septembre, par le bureau national. Mais sur 73 membres, seuls 38 étaient présents, et il y a eu 8 abstentions, venant de l’aile gauche et de Julien Dray.
17 propositions
Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Jean-Luc Mélenchon et Bastien Lachaud, députés LFI, s’inquiètent dans une tribune au « Monde » du projet d’« Europe de la défense ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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« L’Allemagne vise-t-elle une hégémonie complète en Europe ? »

Jean-Luc Mélenchon et Bastien Lachaud, députés LFI, s’inquiètent dans une tribune au « Monde » du projet d’« Europe de la défense ».



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 15h23
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Bastien Lachaud (Député de Seine-Saint-Denis (La France insoumise)) et Jean-Luc Mélenchon (Député des Bouches-du-Rhône, président du groupe La Fran...







                        



                                


                            
Tribune. L’emprise économique de l’Allemagne sur l’Europe s’affirme. Sa situation sociale est aussi critique que celle de la France, mais son poids dans les échanges commerciaux mondiaux permet à son gouvernement conservateur de parler en maître.

De ce côté-ci du Rhin, les naïfs se sont bercés d’illusions en chantant la fable du « couple franco-allemand. » Face au déclin supposé inéluctable de son influence, la France a fantasmé un partenariat entre égaux fondé notamment sur la répartition des rôles : aux Allemands, la puissance économique, aux Français la puissance diplomatique et militaire. Ce calcul montre à présent ses limites.
Postes importants monopolisés
Au sein des institutions européennes, le déséquilibre est devenu patent. Le fait a été relevé par Jean Quatremer, journaliste bien connu pour son europhilie constante : au fil des ans, tous les postes importants ont été monopolisés par des Allemands, le plus souvent apparentés à la CDU d’Angela Merkel. Les secrétaires généraux du Parlement et du Service européen d’action extérieure sont allemands ; de même que celui de la Commission, Martin Selmayr, nommé en plus en contravention des règles !
Les présidents de la Cour des comptes, de la Banque européenne d’investissement et le directeur général du Mécanisme de stabilité sont allemands. Au Parlement européen, quatre présidents de groupe sur huit sont allemands, dont ceux des deux plus nombreux. Celui du PPE, Manfred Weber, pourrait même devenir président de la Commission… Le problème posé n’est pas qu’ils soient allemands, mais qu’ils le soient tous !

Mais les ambitions allemandes ne s’arrêtent pas là. L’arrivée de Trump à la Maison blanche et la guerre commerciale qu’il a lancée amènent les Allemands à reconsidérer leurs liens avec les Etats-Unis d’Amérique. Le mois dernier, le ministre des affaires étrangères, Heiko Maas, a publié un long texte dans ce sens dans la version en anglais de Handelsblatt,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Affaiblie par la démission de son premier adjoint, Bruno Julliard, Anne Hidalgo veut mettre en avant les enjeux écologiques dans la capitale.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/09/2018
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Anne Hidalgo au « Monde » : « Le sursaut nécessaire, c’est celui de l’urgence climatique »

Affaiblie par la démission de son premier adjoint, Bruno Julliard, Anne Hidalgo veut mettre en avant les enjeux écologiques dans la capitale.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h16
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 17h00
    |

            Stéphane Mandard et 
Béatrice Jérôme








                        



                                


                            

Respirer. C’est le titre de l’ouvrage que publie Anne Hidalgo, mercredi 26 septembre, aux Editions de l’Observatoire. Mais avec la démission, lundi 17 septembre, de son premier adjoint, Bruno Julliard, l’air s’est brusquement raréfié autour de la maire de Paris, à moins de deux ans des prochaines élections municipales. Dans un entretien au Monde, l’élue socialiste estime que « la page est tournée » et défend « une écologie de l’action ».
Dans votre livre, vous faites cet aveu : « Parfois, je me sens seule. » Ce sentiment de solitude est-il renforcé depuis la démission de Bruno Julliard ?
Anne Hidalgo : Je dis que, quand je me sens seule, j’ai la chance de pouvoir me ressourcer auprès des Parisiennes et des Parisiens. Quand je dis que je me sens seule, j’exprime ce sentiment par rapport à une action déterminée pour l’écologie. Peut-être est-ce ce sentiment qu’a éprouvé Nicolas Hulot lorsqu’il a exprimé sa difficulté d’agir quand vous êtes confronté à des lobbys. Car ce que nous avons à faire n’est pas facile : changer radicalement de modèle.
Avec les canicules et les crues inhabituelles qu’on a connues cette année, le changement climatique est tangible. Je ne rencontre pas de Parisiens climatosceptiques ou qui me disent que la pollution de l’air n’est pas un problème. Nous sommes dans l’obligation d’agir. Et, pourtant, nous nous heurtons à des forces qui cherchent à nous ramener à un modèle antérieur ou à retarder la bascule. C’est face à ces résistances que l’on peut se sentir seul, comme l’ancien ministre de la transition écologique et solidaire a pu se sentir seul.
Justement, on aimerait en savoir plus sur ce sentiment de solitude depuis que votre premier adjoint a claqué la porte…
La page est tournée. J’ai dit ce que j’avais à dire. Je n’y reviens pas. La devise de Paris, c’est « fluctuat nec mergitur » [« ballotté par les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Les propriétaires louent généralement un seul logement et 11% d’entre-eux ne possèdent même pas leur résidence principale.
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Les bailleurs ne sont pas ceux que l’on croit

Les propriétaires louent généralement un seul logement et 11% d’entre-eux ne possèdent même pas leur résidence principale.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 07h58
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Depuis cinq ans, le marché de l’investissement locatif connaît une forte progression : sa part dans le total de logements construits en France est passée de 13,4 % en 2013 à 16 % en 2017. Mais le Crédit foncier, dans une enquête publiée le 20 septembre, estime que cette part va s’effriter à 15,5 % en 2018. Avec la flambée des prix dans les grandes agglomérations, acheter pour louer ne serait-il plus aussi attrayant, en particulier dans le neuf ? Le Crédit foncier n’écarte pas cette hypothèse…
Selon l’Insee, 7,6 % des ménages français sont propriétaires d’au moins un logement mis en location. Ce bien est très souvent acquis grâce à un financement avec peu ou pas d’apport sur une durée moyenne de 20 ans et 10 mois.

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Le Crédit foncier a dressé le portait de l’investisseur locatif, un portrait qui contredit certaines idées reçues. Une grande majorité de ces bailleurs privés ne possède qu’un seul bien à la location. En moyenne, l’investisseur locatif est âgé de 45 ans, vit en couple (72 % d’entre eux), et son ménage dispose d’un revenu de 71 100 euros.
Les investisseurs locatifs privilégient les appartements (92 %) plutôt que les maisons (8 %). Environ 60 % des biens loués sont des studios ou des deux-pièces, pour une surface de 45 m². Au 1er semestre 2018, le coût médian d’un logement acheté pour louer est de 170 000 euros.
27 % pour l’Occitanie
Non seulement les investisseurs ne sont que rarement multi-propriétaires, mais une part non négligeable d’entre eux ne possèdent même pas leur résidence principale : 11 % des bailleurs privés restent locataires de leur propre logement, révèle le Crédit foncier. Ces ménages se trouvent essentiellement dans les zones tendues où les prix sont trop élevés pour leur permettre de devenir propriétaires de leur résidence principale.

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                Investir dans le neuf reste une bonne idée en 2018



Autre constat : l’investissement locatif est géographiquement très concentré en France. Cinq régions sur treize regroupent 79 % des opérations. Le Crédit foncier a dressé une carte de France de l’immobilier locatif, qui distingue trois zones :
– L’Ile-de-France représente près d’une opération sur cinq (23 %) ;
– Quatre régions en province regroupent plus de la moitié (56 %) des opérations : Occitanie (27 %), Auvergne-Rhône-Alpes (11 %) Nouvelle-Aquitaine (9 %) et PACA (9 %) ;
– Le reste de la France rassemble 21 % des opérations.
Entre 2010 et 2018, deux régions (Occitanie et Ile-de-France) ont vu leur part augmenter sensiblement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ « Une histoire de la guerre du XIXe siècle à nos jours », ouvrage collectif, globalise l’étude des conflits modernes. Et fait preuve d’optimisme pour l’avenir.
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Ce fait social total, la guerre

« Une histoire de la guerre du XIXe siècle à nos jours », ouvrage collectif, globalise l’étude des conflits modernes. Et fait preuve d’optimisme pour l’avenir.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h10
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 06h21
    |

            Gaïdz Minassian








                        



                                


                            
« Une histoire de la guerre du XIXe siècle à nos jours », sous la direction de Bruno Cabanes, coordonné par Thomas Dodman, Hervé Mazurel et Gene Tempest, traduit de l’anglais par Jean-Louis Schlegel, Hélène Harry et Simon Duran, Seuil, 800 p., 32 €.

Il n’y a pas que la guerre qui est un caméléon, comme l’écrivait le théoricien militaire prussien Carl von Clausewitz (1780-1831). Il y a aussi la façon de la raconter, de la penser et de l’étudier.
Le livre collectif Une histoire de la guerre du XIXe siècle à nos jours, dirigé par l’historien Bruno Cabanes, qui enseigne l’histoire de la guerre à l’université d’Etat de l’Ohio, s’inscrit dans ce mouvement d’innovation, d’ouverture et de nouvelles expérimentations scientifiques qui agite le ­domaine des war studies (études sur la guerre) à travers le monde, y compris en France, où ce champ est en plein développement.
D’où l’article indéfini « une », qui distingue cette entreprise, par exemple, d’Histoire de la guerre (Dagorno, 1996), le livre de référence du Britannique John Keegan (1934-2012) : les auteurs sont conscients du fait que, en ces temps de multiplication des voies de recherche, toute histoire n’est qu’une histoire possible.
C’est dire que cette précaution, ce « une », n’est pas seulement une marque de modestie, et encore moins d’impuissance, face à l’aspect protéiforme de la guerre depuis deux siècles. Elle est le signe d’une véritable ambition de la part du directeur d’ouvrage, placé à la tête d’un gros peloton de chercheurs, cinquante-sept exactement, originaires d’Europe et d’Amérique du Nord, tous réunis autour du projet inédit ­d’explorer les potentialités qu’offre une histoire globale de la guerre.
Une mobilisation de la société tout entière
Car il s’agit bien, sur le sujet, d’une première tentative d’histoire connectée à cette échelle. Dans cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Laurent Hénart, coprésident du Mouvement radical social et libéral, appelle, dans une tribune au « Monde », à dépasser les contingences nationales en vue des élections européennes de mai 2019
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« Oui, l’Europe peut mourir au printemps »

Laurent Hénart, coprésident du Mouvement radical social et libéral, appelle, dans une tribune au « Monde », à dépasser les contingences nationales en vue des élections européennes de mai 2019



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 10h49
    |

Laurent Hénart (Maire de Nancy, coprésident du Mouvement radical social libéral)







                        



                                


                            

Tribune. Voici une dizaine d’années maintenant que les forces populistes ont déclaré la guerre à l’Europe. A la démocratie représentative, aux libertés, à l’ouverture au monde. Portées par la crise de 2008 et la déstabilisation des sociétés occidentales, elles sont arrivées au pouvoir en Pologne, en République tchèque, en Autriche, en Hongrie. La vague déferle, et rien ne semble pouvoir l’arrêter, ni les doutes qui entourent le Brexit, ni le désordre international semé par Donald Trump, ni la dérive de l’Italie, pays frère, nation fondatrice de l’Union, terre pourtant meurtrie par le fascisme il y a à peine trois générations.
Partout, les mêmes anathèmes, la même pensée unique souverainiste. Pas une journée sans amalgames entre les migrants et les réfugiés, les élus et la mafia, la presse et la propagande, l’étranger et le chômage. Entre Bruxelles et les marchés financiers. Pas une année sans que l’on constate un recul de la liberté d’expression et des droits des populations fragiles ou minoritaires.
Quarante ans après la première session du Parlement européen élu au suffrage universel, sous la présidence de Simone Veil, il est de plus en plus évident, pour les Français qui chérissent l’idéal d’une construction continentale humaniste, que les élections de mai seront les plus dramatiques de notre histoire contemporaine. Oui, l’Europe peut mourir au printemps prochain.
Barrer la route au populisme
Imaginons en effet que la France envoie à son tour un signal populiste. Un scénario tout à fait vraisemblable. Après tout, plus de la moitié des suffrages exprimés au premier tour de l’élection présidentielle de 2017 agrégeaient des aspirations extrémistes et populistes, de droite et de gauche.
Avec nos adhérents, avec Sylvia Pinel, le Mouvement radical, social et libéral achèvera ce week-end à Montpellier la préparation de son projet européen. Nous seront présents dans l’élection de mai prochain et nous pouvons, nous aussi,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Le mouvement fondé en Allemagne par Sahra Wagenknecht partage avec celui de Jean-Luc Mélenchon un même populisme eurosceptique, explique Eckhard Jesse, professeur de science politique à l’université de Chemnitz, dans une tribune au « Monde ».
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« Aufstehen prend modèle sur La France insoumise »

Le mouvement fondé en Allemagne par Sahra Wagenknecht partage avec celui de Jean-Luc Mélenchon un même populisme eurosceptique, explique Eckhard Jesse, professeur de science politique à l’université de Chemnitz, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 10h40
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Eckhard Jesse (Professeur de science politique à l'université de Chemnitz, Allemagne)







                        



                                


                            
Tribune. Le 4 septembre, Sahra Wagenknecht – vice-présidente du parti Die Linke (« la gauche ») – a annoncé officiellement, après y avoir travaillé des mois durant, la fondation d’un nouveau mouvement, Aufstehen (« Debout »). Pour cela, elle n’a pas seulement reçu le soutien de personnalités issues de ses rangs : son initiative a été appuyée par des personnalités du SPD – le Parti social-démocrate allemand – et des Verts (même si on ne compte pas parmi elles de figures de premier plan). Plus de 150 000 personnes ont très vite signé l’appel à fondation d’Aufstehen.
Epaulée par Oskar Lafontaine, son époux, qui, avant de prendre la direction de Die Linke (de 2007 à 2010), avait présidé le SPD (de 1995 à 1999), Sahra Wagenknecht – qui est née en 1969 en RDA et avait adhéré en 1989 au SED, le Parti socialiste unifié d’Allemagne – entend fédérer différents camps de la gauche qui, jusqu’ici, ne sont pas parvenus à s’accorder. Son objectif avoué est de faire souffler un air nouveau, de regagner la confiance de ceux qui ne croient plus en la politique, mais aussi d’exercer une influence à la droite de l’échiquier politique.
« Si ce mouvement est de gauche sur le plan socio-économique, il ne l’est pas sur le plan socioculturel »
Cet appel à fondation, intitulé « Ensemble pour un pays juste et pacifique », débute ainsi : « Les dés sont pipés. Dans notre pays, en Europe et au-delà. Le profit l’emporte sur l’intérêt général, la force sur le droit des peuples, l’argent sur la démocratie, la surconsommation sur une économie soucieuse de l’environnement. Là où ne comptent que les valeurs cotées en Bourse, l’humanité est laissée sur le bas-côté. Nous nous opposons à cela : nous lutterons pour la justice et la cohésion sociale, pour la paix et le désarmement, pour la préservation de notre environnement naturel. » Cet appel à fondation n’est pas présenté comme un programme politique parachevé. Celui-ci reste en effet à concevoir avec ceux qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ En quittant l’Union européenne, « le Royaume-Uni va pouvoir devenir un Etat-voyou sans contrainte ni entrave », affirme, dans un essai bref et tranchant, l’ancien correspondant du « Monde » à Londres
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« Vive le Brexit ! » Really ?

En quittant l’Union européenne, « le Royaume-Uni va pouvoir devenir un Etat-voyou sans contrainte ni entrave », affirme, dans un essai bref et tranchant, l’ancien correspondant du « Monde » à Londres



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 05h15
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 11h01
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Livre. Penser contre soi-même, argumenter contre ses propres convictions, relève de l’hygiène de base pour un journaliste. L’exercice peut s’avérer productif, voire délectable, pour le lecteur, surtout lorsqu’on est doté, comme Marc Roche, d’une plume malicieuse. L’ancien correspondant du Monde à Londres s’est attelé à cet exercice à propos du sujet qui monopolise depuis deux ans l’actualité britannique : le Brexit.
Il a poussé si fort la logique de provocation que, proeuropéen de cœur, il avoue être devenu un « brexiter [partisan du Brexit] de raison ». « Le Brexit va réussir », affirme-t-il, dans un essai bref et tranchant, qui a le mérite de dissiper une illusion courante en France – non, les Britanniques n’ont pas changé d’avis et quittent l’Union européenne (UE) – et de balayer la fausse évidence, alimentée par un certain prêt-à-penser europhile et des siècles de rivalité franco-britannique : non, le Royaume-Uni n’est nullement en train de s’effondrer.

La thèse de Marc Roche est simple : après avoir subi des dégâts à court terme, le Royaume-Uni va sortir plus fort de l’épreuve et « reprendre sa course au grand large pour se forger un nouveau destin, à la fois plus britannique et plus planétaire ». Presque mot pour mot la promesse de Boris Johnson, chef de la campagne pro-Brexit pendant le référendum de juin 2016. Pour avoir eu la chance de succéder à Marc Roche et de couvrir le Brexit depuis quatre ans pour ce journal, je sais à quel point ce dessein grandiose non seulement se heurte aux réalités européennes, transatlantiques et mondiales, mais recouvre d’ambiguïtés et de faux-semblants, en raison notamment de la détestable rhétorique nationaliste qu’il flatte et attise. Cela n’empêche nullement d’écouter ce que ce livre nous révèle.
Quelle est la logique économique et politique du Brexit ? Bizarrement, aucun média britannique, même les plus europhobes, n’a osé suivre aussi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Valéry Ridde, spécialiste des politiques publiques de santé, explique comment rendre plus efficace l’aide au développement en Afrique, grâce au « courtier en connaissances ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Valéry Ridde : « Le budget alloué à l’évaluation de l’efficacité des aides au développement en Afrique est trop faible »

Valéry Ridde, spécialiste des politiques publiques de santé, explique comment rendre plus efficace l’aide au développement en Afrique, grâce au « courtier en connaissances ».



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 18h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Valéry Ridde est directeur de recherche au Centre population et développement (Ceped, qui associe l’Institut de recherche pour le développement et l’université Paris-Descartes). Ses travaux, menés principalement en Afrique, portent sur l’évaluation des interventions de santé et la couverture sanitaire universelle.
La France a annoncé, fin août, vouloir quadrupler en 2019 le montant de l’aide au développement, qui passera de 300 millions à 1,3 milliard d’euros, à destination prioritaire de l’Afrique. Cela pose la question de l’efficacité de ces aides, jamais résolue. Pourquoi est-elle si difficile à évaluer ?
Les budgets consacrés à cette tâche sont trop faibles, les évaluations sont souvent mal planifiées, et elles sont réalisées par des consultants dont l’indépendance est sujette à caution et qui ne sont pas suffisamment formés aux approches complexes. En France notamment, l’évaluation est encore une pratique dénigrée par le monde universitaire, alors qu’elle est depuis longtemps une discipline académique à part entière en Amérique du Nord. La marge de progression est donc immense !
Il subsiste par ailleurs une croyance, largement véhiculée par certains économistes du développement, selon laquelle les approches expérimentales sont les plus appropriées pour évaluer l’efficacité d’un programme d’aide. Le retour du terrain est bien sûr nécessaire pour savoir si une action a fonctionné ou non. Mais cette démarche, très onéreuse, pose deux problèmes : l’approche expérimentale ne nous renseigne jamais sur le comment et le pourquoi de l’efficacité d’une aide, et elle n’est pas toujours prise en compte. Dans les centres de santé du ­Burkina Faso, par exemple, la Banque mondiale a déployé récemment une intervention à très large échelle pour améliorer la qualité et l’accessibilité des soins avec des primes à la performance, avant même d’avoir les résultats du projet pilote – qui pourtant réclamait la plus grande prudence.





                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le discours antimigrants  de Viktor Orban cache sa volonté de détruire la démocratie hongroise. Si l’UE allait au bout de la logique de ses valeurs, cela signifierait l’exclusion du pays, estime le philosophe.
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Luuk van Middelaar : « La Hongrie est devenue une autocratie électorale »

Le discours antimigrants  de Viktor Orban cache sa volonté de détruire la démocratie hongroise. Si l’UE allait au bout de la logique de ses valeurs, cela signifierait l’exclusion du pays, estime le philosophe.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h09
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 12h18
    |

            Philippe Ricard








                        



                                


                            
Luuk van Middelaar est philo­sophe politique et professeur de droit européen à l’université de Leyde, aux Pays-Bas. Ancien conseiller du président du Conseil européen Herman Van Rompuy (2010-2014), il est l’auteur de Quand l’Europe improvise (Gallimard), à paraître le 18 octobre. Il tire les enseignements du vote des eurodéputés, le 12 septembre à Strasbourg, en vue d’activer contre la Hongrie la procédure pouvant aller jusqu’à la suspension de ses droits de vote (article 7).

Que signifie le vote du Parlement ­européen en faveur de la procédure de sanctions prévue à l’article 7, à l’encontre de la Hongrie de Viktor Orban ?
C’est un moment de clarification et de reconfiguration pour la droite au sein du Parti populaire européen (PPE). Le centre droit cherche à se démarquer des extrêmes, qu’ils soient nationalistes ou antidémocrates, dans un contexte où les deux familles politiques au cœur de la construction européenne sont ébranlées comme jamais.
La social-démocratie est touchée par la grande crise financière de 2008. Bien en dessous de 10 % en France ou aux Pays-Bas, les scores des socialistes atteignent des chiffres qui auraient été considérés comme absurdes voici dix ans. L’autre grande famille – le ­centre droit, les chrétiens-démocrates et les conservateurs – est de son côté secouée par la crise migratoire, qui s’est accentuée depuis 2015 et l’arrivée de centaines de milliers de réfugiés, en particulier en Allemagne.
Orban se présente pourtant comme un chrétien-démocrate pour rassurer ses alliés de droite…
Oui, mais on distingue deux lignes a priori irréconciliables dans la famille chrétienne-démocrate. Celle de la chancelière allemande, Angela Merkel, dans le rôle du bon samaritain, ouverte à l’immigration, plaidait pour une forme de solidarité européenne. Celle d’Orban, qui se veut le croisé de l’Occident, est quant à elle antimigrants et très identitaire, avec un discours...




                        

                        


<article-nb="2018/09/22/18-17">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Les offres à bas coûts permettent d’accéder à des produits et services, mais au prix d’un appauvrissement des travailleurs et fournisseurs, et à condition d’échapper aux pièges qu’elles tendent aux plus démunis, observent trois chercheurs et consultants dans une tribune au « Monde ».
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« Le low cost n’est pas toujours une solution pour les plus fragiles »

Les offres à bas coûts permettent d’accéder à des produits et services, mais au prix d’un appauvrissement des travailleurs et fournisseurs, et à condition d’échapper aux pièges qu’elles tendent aux plus démunis, observent trois chercheurs et consultants dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 12h02
    |

Margault Phélip (Directrice générale du cabinet de conseil en innovation sociale AZAO), David Menascé (Professeur affilié à HEC Paris et directeur ...







                        



                                


                            
Tribune. Le low cost a de facto une qualité évidente : par une offre ajustée, il permet d’élargir le choix des consommateurs, notamment les plus pauvres pour qui n’existaient pas toujours de solutions abordables spécifiques. En outre, l’irruption du low cost bouleverse une situation concurrentielle établie et force les acteurs du secteur à revoir des marges parfois très (trop ?) confortables. Lidl, Tchip, Ikea, Ryanair, Free ont permis à des milliers ou des millions de personnes de diminuer leur taux d’effort pour respectivement se nourrir, se coiffer, se meubler, voyager ou communiquer. Cet aspect est fondamental – mais on ne saurait s’arrêter là.
La critique la plus évidente du modèle low cost porte sur son coût total : il élargit certes le nombre des consommateurs, mais au prix de méthodes parfois brutales. Bas salaires, mauvaises conditions de travail, obstruction aux syndicats, délocalisations… : les dessous de « la méthode Wal-Mart », copiée dans le monde entier, ont été mis en évidence depuis longtemps (Travailler plus pour gagner moins : la menace Wal-Mart, Gilles Biassette et Lysiane J. Baudu, Buchet Chastel, 2008), y compris certaines conséquences plus étonnantes comme l’augmentation du taux d’obésité (« Supersizing supercenters ? The impact of Walmart supercenters on body mass index and obesity », Charles Courtemanche et Art Carden, Journal of Urban Economics, n°69, 2011).
Risque de payer plus cher
Mais le low cost peut avoir des conséquences plus pernicieuses encore, en créant des écarts importants entre consommateurs pauvres. Au départ, l’arbitrage semble clair : le modèle propose une nouvelle équation « prix-performance », un service ou produit ajusté, certes parfois de moindre qualité (« good enough », disent les Anglo-Saxons), mais à un prix très inférieur. Quand vous allez chez Ikea, vous savez qu’il va falloir aller chercher vos meubles, les monter vous-même… et ne pas les déménager trop souvent.
Pourtant,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/22/18-18">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ En se concentrant sur une promesse de valeur simple mais nécessaire, les promoteurs du low cost obligent leurs concurrents classiques à justifier leurs prix plus élevés, estime Emmanuel Combe, vice-président de l’Autorité de la concurrence, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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« Le low cost constitue un formidable aiguillon de concurrence sur les marchés »

En se concentrant sur une promesse de valeur simple mais nécessaire, les promoteurs du low cost obligent leurs concurrents classiques à justifier leurs prix plus élevés, estime Emmanuel Combe, vice-président de l’Autorité de la concurrence, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 15h01
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 11h57
    |

                            Emmanuel Combe (Professeur d’économie à Skema Business School)








                        



                                


                            
Tribune. Le low cost est un modèle ancien : né en Allemagne au sortir de la seconde guerre mondiale avec la chaîne de magasins Aldi, il s’est développé aux Etats-Unis dans le transport aérien à partir des années 1970 avec Southwest Airlines, puis en Europe avec easyJet et Ryanair à la faveur de la déréglementation du ciel européen, avant de se diffuser dans des secteurs aussi différents que l’automobile (Logan de Renault), la banque de détail, l’assurance ou les salles de sport.
Pour autant, le low cost n’en finit pas de susciter la controverse. Que l’on songe aux débats récurrents autour de Ryanair, accusé d’enfreindre le droit du travail ou de percevoir d’illégitimes subventions aéroportuaires. Certains analystes n’hésitent d’ailleurs pas à prédire régulièrement la fin prochaine du low cost.
Simplification des produits ou des services
Sans méconnaître certaines dérives, il serait erroné d’assimiler le low cost à un pur artifice, basé sur le non-respect des règles de droit ou sur la myopie des consommateurs. Pour bien saisir l’essence du low cost, il convient d’emblée de le distinguer d’autres pratiques. De manière paradoxale, le low cost ne se singularise pas par le fait de produire à bas coût. Nombre d’entreprises baissent leurs coûts, sans pour autant être low cost : qui songerait à qualifier Apple de « low cost », au motif qu’elle assemble ses iPhone en Chine ?
Définir le low cost en partant des prix n’est guère plus fructueux : si les produits low cost sont souvent peu chers, ils n’ont pas le monopole des prix bas. La plupart des entreprises pratiquent régulièrement des remises, rabais, soldes, sans pour autant être assimilables à du low cost. Qui plus est, le low cost peut se révéler très cher, par exemple lorsqu’un client réserve un billet d’avion au dernier moment, avec des options payantes.
En réalité, le low cost trouve sa source dans un travail de simplification à l’extrême des produits ou des services. Il se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Qu’elles soient spatiales, sociales, temporelles ou géographiques, les inégalités d’accès à la pratique sportive au travail sont légion, observent, dans une tribune au « Monde », les sociologues Lilian Pichot et Julien Pierre.
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« Les inégalités d’accès à la pratique sportive au travail ne s’estomperont que progressivement »

Qu’elles soient spatiales, sociales, temporelles ou géographiques, les inégalités d’accès à la pratique sportive au travail sont légion, observent, dans une tribune au « Monde », les sociologues Lilian Pichot et Julien Pierre.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 15h00
    |

Lilian Pichot et Julien Pierre (Sociologues et maîtres de conférences à l’université de Strasbourg, membres de l’équipe de recherche en sciences so...







                        



                                


                            
Tribune. Le thème du sport en entreprise n’a jamais suscité un enthousiasme aussi prononcé. Les médias se nourrissent de cette thématique qui illustre bien l’ambivalence d’un univers du travail coincé entre des impératifs de productivité et de bien-être. Çà et là, on exploite les images dynamiques auxquelles renvoient les activités sportives, considérées comme récréatives et bénéfiques. Des activités également présentées comme consensuelles dans un espace entrepreneurial sous tension et qui font figure de solution pour lutter contre une sédentarité galopante. A tel point que deux salons professionnels, Sport Wellness Lab et Sport santé bien-être, se tiendront à Paris respectivement le 27 septembre et les 5 et 6 octobre.
la pratique sportive reste proportionnellement peu développée dans les institutions publiques et dans les petites entreprises hors de la capitale
Sauf qu’entre les images d’Epinal et la réalité observable au quotidien il y a un hiatus. Pour preuve, nos enquêtes révèlent que, en moyenne, seulement de 10 % à 15 % des collaborateurs s’adonnent régulièrement à une pratique sportive au sein de leur espace de travail. Un décalage aussi perceptible entre les conclusions d’études louant les vertus supposées du sport (« L’impact économique de l’activité physique et sportive », Goodwill-management, septembre 2015, ou « Sport et entreprise », Decathlon Pro, mars 2017) et l’hétérogénéité des offres proposées en France.
Présente quasi systématiquement au cœur des grands groupes du secteur tertiaire basés dans les grandes villes, en particulier à Paris, la pratique sportive reste proportionnellement peu développée dans les institutions publiques et dans les petites entreprises hors de la capitale. Ces dernières sont indéniablement les parents pauvres du développement du sport au travail, alors même qu’elles regroupent une majorité de salariés.
Moyens limités
Certes, les cas d’Atalante-Champs-Blancs à Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine)...




                        

                        


<article-nb="2018/09/22/18-20">
<filnamedate="20180922"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180922"><AAMMJJHH="2018092218">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Philippe Moati estime que la course au « moins cher » témoigne de la difficulté à faire consommer toujours plus.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/09/2018
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« L’économie low cost est aux antipodes des défis sociaux et environnementaux »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Philippe Moati estime que la course au « moins cher » témoigne de la difficulté à faire consommer toujours plus.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 14h58
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 11h54
    |

Philippe Moati (Professeur d’économie à l’université Paris-Diderot)







                        



                                


                            

Tribune. Le low cost dans les transports, souvent sous les feux de l’actualité, est l’arbre qui cache la forêt de la prolifération des formules de vente à « prix cassés ». Le hard-discount alimentaire se trouve dépassé sur ce terrain par les « déstockeurs », qui ont été, en 2017, le segment de consommation ayant bénéficié de la plus forte croissance (+ 44 % selon l’Information Ressources, Inc., IRI, qui analyse les comportements dans la grande distribution).
Dans le non-alimentaire, les « bazars » et autres « solderies » (Action, NOZ…) étendent leurs parcs de magasins à un rythme impressionnant. Primark affiche la plus forte croissance du marché de l’habillement.

Partout, les enseignes « traditionnelles » sont engagées dans une surenchère promotionnelle. Entre soldes, promotions, ventes privées et, désormais, « Black Friday », c’est plus d’un vêtement sur deux qui est vendu à prix barré. Dans la grande distribution, la part des produits en promotion dans les ventes dépasse désormais les 20 %, contre 14 % en 2000, selon la société d’études Symphony IRI.
Darty ou Ikea participent désormais à cette fuite en avant. Les offres low cost se multiplient jusque dans les secteurs de la banque et de l’assurance. Le numérique encourage le mouvement, avec un e-commerce qui assure la transparence des prix, et cette économie dite « collaborative » ou « à la demande » qui casse les prix d’un grand nombre de services.
Epuisement d’un modèle de consommation
Ne devrait-on pas se réjouir de ce que la concurrence tire les prix vers le bas ? En première instance, la généralisation des prix cassés est favorable à un pouvoir d’achat des ménages qui ne peut guère s’appuyer sur la dynamique des revenus.
Nicolas Sarkozy, avec la loi de modernisation de l’économie de 2008, comptait sur la libéralisation de ces mécanismes de réduction de prix pour pallier le sentiment de dégradation du niveau de vie. La guerre des prix dans la...




                        

                        

