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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Les opposants aux cours d’éducation sexuelle dès la classe élémentaire multiplient les caricatures et les contre-vérités.
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L’éducation sexuelle à l’école suscite des amalgames

Les opposants aux cours d’éducation sexuelle dès la classe élémentaire multiplient les caricatures et les contre-vérités.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 18h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Rapport d’étonnement. Le 13 septembre, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale, a envoyé aux ­recteurs d’académie la circulaire mettant en place « trois séances d’éducation sexuelle et affective » par an, cela dès l’école élémentaire. Le texte précisait que, du CP au CM2, de 6 à 10 ans, « il ne s’agit pas d’une éducation explicite à la sexualité » mais d’enseigner « l’étude et le respect du corps », « la reproduction des êtres vivants » ou « l’égalité entre les filles et les garçons », puis, au lycée, de discuter « grossesses précoces non désirées, IST et VIH-sida, orientations sexuelles, respect de son corps et de celui de l’autre, (…) prévention des violences sexistes, etc. ». Néanmoins, les réactions des opposants à toute éducation sexuelle, les mêmes qui avaient réussi à faire annuler l’« ABCD de l’égalité » proposé en 2013 par la ­ministre des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, méritent le détour. Satan serait entré à l’école !

Ainsi, la télévision évangéliste JesusChrist TV, qui émet en français, a prêché qu’il s’agit d’« inculquer la concupiscence et la lubricité dans l’esprit de nos enfants », dénonce de véritables « cours de porno », évoque des « pédo-satanistes ». Le site La Lumière du monde a popularisé la pétition contre « L’éducation sexuelle, une idéologie imposée à nos enfants », expliquant qu’elle est « imposée par l’Europe » et « vise la légalisation de la pédophilie ». Le site Info chrétienne a laissé entendre que cette circulaire était inspirée par un document de l’Organisation mondiale de la santé qui « recommande l’enseignement de la masturbation aux enfants de 4 ans ».
Déformations et caricatures
Quant au site Ecole et sexe, patronné par La Manif pour tous, il a lancé un appel dans lequel on peut lire : « Cette prétendue “éducation sexuelle”, véritable incitation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Environ 400 personnes ont rendu hommage samedi 22 septembre à Luigi, un adolescent de 16 ans tué dans une fusillade lundi dans la cité Romain-Rolland.
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« Plus jamais ça » : 400 personnes ont marché en mémoire de l’adolescent tué à Saint-Denis

Environ 400 personnes ont rendu hommage samedi 22 septembre à Luigi, un adolescent de 16 ans tué dans une fusillade lundi dans la cité Romain-Rolland.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 17h17
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 17h37
   





                        


Cinq jours après la mort de Luigi, « toute la ville est choquée ». Environ 400 personnes ont participé samedi 22 septembre à Saint-Denis à une marche blanche en mémoire cet adolescent de 16 ans tué lundi dans une fusillade sur fond de rivalité entre cités. Parmi les manifestants, beaucoup d’adolescents en larmes, vêtus d’un tee-shirt blanc où était écrit au-dessus d’un cœur rouge : « Luigi repose en paix ».
« Ca touche tout le monde, c’est grave ce qu’il s’est passé », souffle Joséphine, 20 ans, étudiante en médecine et habitante d’une cité voisine. « J’espère que ça va faire réfléchir et que tout le monde va s’apaiser », ajoute la jeune fille.
Une « expédition punitive » dont la cause reste inconnue
Le cortège, totalement silencieux, est parti de la cité Joliot-Curie, d’où était originaire le jeune homme, et s’est rendu à quelques centaines de mètres de là, cité Romain-Rolland, où il a été tué par balles lundi soir. Sur place, des étuis de calibre 7,62 mm ont été retrouvés - laissant penser à des tirs de Kalachnikov -, ainsi que des battes de base-ball et des barres de fer.
D’après les premiers éléments, le garçon, scolarisé en lycée pro, est mort lors d’une « expédition punitive » dans le cadre de « rixes régulières » entre les deux cités et dont la cause reste « obscure », selon une source proche de l’enquête.
Un autre jeune de 16 ans, blessé à la cuisse dans la fusillade, et qui avait été placé en garde à vue a été remis en liberté vendredi. Il n’y a pas eu d’autres interpellations.
« Leur proposer autre chose que ces histoires de bandes »
En tête du cortège, les parents de Luigi, vêtus d’un tee-shirt avec la photo de leur fils, ont marché enlacés. A l’arrivée de la marche, sa mère s’est effondrée en pleurant sur le trottoir où le jeune garçon est décédé.
« Toute la ville est choquée », dit Kevin, 24 ans, pendant que des dizaines de jeunes et leurs parents viennent déposer des roses blanches. Surveillant dans le collège du quartier, il confie son désarroi : « Les petits on leur parle, mais j’ai l’impression qu’on a plus la même autorité qu’avant ». « On n’arrive pas à avoir de prise sur ces gamins, qui passent pour certains de collège en collège après avoir été exclus, et à leur proposer autre chose que ces histoires de bandes », ajoute Marisa, enseignante.
Présent dans le cortège avec d’autres élus locaux, Bally Bagayoko, maire-adjoint (LFI), a dit espérer que cette marche entre les deux quartiers montre le « chemin du pardon, de la réconciliation, du plus jamais ça ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Selon un document interne de la Régie autonome des transports parisiens, la violence et les incivilités ont nettement augmenté en 2017.
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Les violences envers les voyageurs et les agents de la RATP augmentent

Selon un document interne de la Régie autonome des transports parisiens, la violence et les incivilités ont nettement augmenté en 2017.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 15h01
   





                        


Selon un document interne de la Régie autonome des transports parisiens (RATP), révélé par France 2, et auquel l’Agence France-Presse a également eu accès, la violence et les incivilités ont nettement augmenté en 2017 sur le réseau de transports public de la région parisienne : les « atteintes physiques » contre des agents de la RATP y ont par exemple augmenté de 24 % par rapport à l’année précédente, et celles contre les voyageurs, de 20 %.
Concernant les violences envers des voyageurs, la RATP a recensé 6 470 incidents dans le métro, les trains, les RER, les bus et les tramways. Si ce chiffre est en hausse, les services de la RATP notent qu’il reste « bien inférieur à celui de 2012 », année où 7 115 faits similaires avaient été signalés, selon le rapport.
Concernant les violences sur les agents de la RATP, avec 1 230 cas « d’atteintes physiques », touchant principalement des machinistes et des agents de contrôle, le ratio de ces atteintes à agent par million de voyages affiche le niveau le plus élevé de ces six dernières années, malgré un trafic en hausse. 2 848 faits d’outrage ou menace à l’encontre des agents ont aussi été constatés, soit une hausse de 3 % sur un an.
« L’année 2017 n’a pas été bonne en ce qui concerne aussi bien les atteintes à l’encontre des conducteurs que des voyageurs », a résumé une porte-parole de la RATP, assurant que « l’année 2018 ne confirme pas cette tendance ». Elle ajoute que pour la sécurité de ses usagers et de ses agents, près de mille agents de sécurité sont déployés sur le réseau, lequel est surveillé par cinquante mille caméras.
La diffusion de ce rapport coïncide avec la prochaine comparution d’un chauffeur de bus de la RATP en conseil disciplinaire pour avoir giflé un collégien qui l’avait insulté au début de septembre dans le secteur de la mairie d’Arcueil. Le rapport interne de la RATP s’inquiétait, déjà en 2017, d’une « hausse de 9 % des atteintes contre [les] conducteurs de bus. Cela représente un peu moins d’une atteinte par jour contre un conducteur de bus de la RATP, à rapporter [aux] 15 000 conducteurs, opérant sur 350 lignes ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Présenté comme imminent depuis deux ans, « l’accord provisoire » sur la nomination d’évêques est le fruit de négociations qui durent depuis des années.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

« Accord provisoire » entre le Vatican et la Chine sur la nomination d’évêques

Présenté comme imminent depuis deux ans, « l’accord provisoire » sur la nomination d’évêques est le fruit de négociations qui durent depuis des années.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 14h14
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 15h26
    |

            Frédéric Lemaître et 
Cécile Chambraud








                        



   


Le Vatican a annoncé par un communiqué, samedi 22 septembre, la signature, à Pékin, d’un « accord provisoire » avec la République populaire de Chine « sur la nomination des évêques ». Plusieurs fois présentée comme imminente depuis deux ans, cette annonce est le fruit de négociations qui durent depuis plusieurs années entre le Saint-Siège et Pékin.
Pour le Vatican, l’accord vise à remédier à la division des catholiques chinois entre une Eglise officielle étroitement contrôlée par le pouvoir chinois, dont sept des évêques ne sont pas reconnus par Rome, et une Eglise « souterraine », dont les trente évêques ne sont pas reconnus par Pékin. La politique du Saint-Siège a consisté, ces dernières années, à favoriser l’unité de ces communautés « officielle » et « clandestine ». Mais elle ne va pas sans susciter des critiques dans certains secteurs de l’Eglise, qui craignent que les catholiques fidèles à Rome dans les plus grandes difficultés en fassent les frais.
Le communiqué du Vatican dit que cet « accord provisoire » a été signé, pour le Saint-Siège, par le sous-secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Antoine Camilleri, et, pour Pékin, par Wang Chao, ministre adjoint des affaires étrangères. Le caractère provisoire, est-il précisé, laisse entrevoir « la possibilité d’un réexamen périodique de son application ». Néanmoins affirme le Saint-Siège, « il crée les conditions d’une meilleure collaboration bilatérale ». « L’espoir partagé est que l’accord puisse favoriser un processus de dialogue institutionnel fructueux et tourné vers l’avenir et puisse contribuer positivement à la vie de l’Eglise catholique en Chine, au bien commun du peuple chinois et à la paix dans le monde. » 
« Ce n’est pas la fin d’un processus, c’est le début », a commenté Greg Burke, le porte-parole de la salle de presse du Vatican. Pietro Parolin, le secrétaire d’Etat (numéro 2) du Vatican, a expliqué pour sa part que dans cet accord, « l’objectif du Saint-Siège est pastoral, c’est-à-dire d’aider les Eglises locales pour qu’elles jouissent d’une situation de plus grande liberté, d’une plus grande autonomie, de la possibilité d’une meilleure organisation et qu’ainsi elles se consacrent à l’annonce de l’Evangile ».
Il s’agit donc, pour les signataires, d’un premier pas, qui porte uniquement sur les nominations d’évêques. Celles-ci cristallisent les tensions entre les deux signataires. Pour le Saint-Siège, qui n’entretient pas de relations diplomatiques avec la République populaire de Chine depuis l’expulsion du nonce, en 1951, et le transfert de l’ambassade à Taipeh (le Vatican est l’un des derniers Etats à entretenir des relations diplomatiques avec Taiwan), le choix des évêques par le pape est la condition de l’exercice de la liberté religieuse. Pour Pékin, permettre à une autorité extérieure de nommer souverainement des responsables est inconcevable.

        Notre reportage :
         

          En Chine, les catholiques aspirent à l’unité



Politique de « sinisation » des religions
Depuis 1957, la Chine entretient une « association catholique patriotique » qui nomme des évêques et ne reconnaît pas l’autorité de Rome. Depuis 2010, l’Eglise officielle a nommé sept évêques non reconnus par le Vatican, et Rome une trentaine d’évêques non reconnus par Pékin. Mais certains des évêques nommés par l’Eglise officielle auraient secrètement demandé et obtenu l’accord de Rome. Deux Eglises donc pour une communauté estimée à une dizaine de millions de croyants.
Samedi, en début d’après-midi, un second communiqué du Vatican a annoncé qu’« afin de soutenir la proclamation de l’Evangile en Chine », le pape François avait « décidé de réadmettre dans la communion ecclésiale », c’est-à-dire de reconnaître, les sept évêques « officiels » ordonnés sans son accord.
Dès le début de son pontificat, le pape François a multiplié les signes de bonne disposition envers le pouvoir chinois. Elu un jour avant Xi Jinping, en mars 2013, il avait écrit au dirigeant chinois trois jours plus tard. Une première réunion entre une délégation chinoise et des représentants du Saint-Siège avait eu lieu à Rome en juin 2014. Elle a été suivie de plusieurs autres, alternativement au Vatican et à Pékin. A plusieurs reprises, le pape François a exprimé son désir de pouvoir se rendre un jour en Chine. Après trois ans sans ordination, le 4 août 2015, avait eu lieu la première ordination du pontificat de François, Joseph Zhang Yilin, à Anyang, dans le Henan, choisi par Pékin et approuvé par Rome (mais sans communication officielle du Vatican). Les trois évêques qui présidaient à son ordination avaient eux-mêmes été reconnus par le Vatican.
Mais parallèlement, la pression du pouvoir chinois sur les communautés catholiques n’a cessé de croître sous l’influence de la politique dite de « sinisation » des religions. Si le régime communiste mène une répression impitoyable contre les Ouïgours, des musulmans installés depuis des siècles au Xinjiang, allant jusqu’à en enfermer près d’un million dans des camps de redressement, selon plusieurs estimations, il s’en prend également aux autres cultes. La campagne de « sinisation » des religions relancée en 2016 a abouti à la fermeture voire à la destruction de nombreux lieux de culte catholiques et protestants, à la destruction de milliers de croix et de bibles et à la persécution d’un certain nombre d’ecclésiastiques, voire de fidèles.
« Un périlleux rêve chinois »
Avant même d’être conclu, l’accord entre le Vatican et Pékin était commenté dans la presse chinoise. Dans un éditorial, le quotidien nationaliste, le Global Times, se félicitait dès le 19 septembre de l’accord en vue. « S’il se matérialise, l’accord constituera un progrès substantiel dans les relations Chine-Vatican. C’est une bonne chose non seulement pour les Eglises catholiques en Chine mais aussi pour le développement du catholicisme », écrivait le journal.
Dans le même quotidien, Marcelo Sanchez Sorondo, évêque argentin et actuel chancelier de l’Académie pontificale des sciences et de l’Académie pontificale des sciences sociales, qualifie samedi de « bruyante minorité » les opposants à l’accord. « Selon notre interprétation, les critiques sont une petite minorité de gens, des gens qui voulaient créer des troubles », ajoutait ce proche du pape François, qui, selon le quotidien, se trouvait ces derniers jours dans la province du Shaanxi pour participer à un colloque international sur les transplantations d’organe. L’un des plus opposés à un accord est l’évêque émérite de Hongkong, le cardinal Joseph Zen Ze-kiun. Selon lui, un accord entre Rome et Pékin se ferait nécessairement au détriment de l’Eglise souterraine.
En revanche, l’écrivaine italienne Ilaria Maria Sala rappelle dans le South China Morning Post, le quotidien de Hongkong, où elle vit, qu’il y a quatre ans, lorsque Pékin avait autorisé l’avion pontifical à survoler la Chine alors que le pape François se rendait en Corée, celui-ci avait remercié Xi Jinping et adressé à la nation chinoise « la bénédiction divine de paix et de bien-être ». Mais pour l’écrivaine, dans les circonstances actuelles de répression du fait religieux en Chine, le pape a choisi « un périlleux rêve chinois ».

        Lire aussi :
         

                Tensions sur l’ouverture du Vatican vis-à-vis de la Chine






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ François a commencé une tournée de quatre jours dans les pays baltes, d’où il a envoyé un message de tolérance envers les réfugiés.
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Le pape François oppose « l’hospitalité » des Lituaniens à ceux qui « expulsent les autres »

François a commencé une tournée de quatre jours dans les pays baltes, d’où il a envoyé un message de tolérance envers les réfugiés.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 12h51
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 13h34
   





                        



   


A peine arrivé à Vilnius, samedi 22 septembre, pour la première étape d’une tournée de quatre jours dans les pays baltes, le pape François a dénoncé — sans les nommer — ceux qui « expulsent les autres » et a loué « la tolérance et l’hospitalité » des Lituaniens, majoritairement catholiques.
Ses propos critiques, tenus dans l’est de Europe, semblaient viser surtout les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque est Slovaquie), dont les autorités n’ont pas voulu accueillir sur leur territoire les réfugiés et les migrants économiques arrivés massivement en Grèce et en Italie.
Dans un discours prononcé devant les autorités lituaniennes et le corps diplomatique, réunis devant le palais présidentiel, le souverain pontife a évoqué « les voix qui sèment la division et l’affrontement » en instrumentalisant l’insécurité ou les conflits ou qui « proclament que l’unique manière possible de garantir la sécurité et la survie d’une culture réside dans l’effort pour éliminer, effacer ou expulser les autres ».
A cet égard, a-t-il poursuivi « vous, Lituaniens, avez une parole originale à apporter : “Accueillir les différences.” Par le dialogue, par l’ouverture et la compréhension, celles-ci peuvent devenir un pont qui unit l’orient et l’occident de l’Europe. Cela peut être le fruit d’une histoire arrivée à maturité, qu’en tant que peuple vous offrez à la communauté internationale et en particulier à l’Union européenne ».
Emigration des jeunes
François a fait également allusion à l’un des principaux problèmes des pays baltes, à savoir l’émigration des jeunes. Il a invité les Lituaniens à « prêter une attention spéciale aux plus jeunes, qui ne sont pas seulement l’avenir mais le présent de cette nation, à condition qu’ils restent attachés aux racines du peuple ».
Dans l’après-midi de samedi, le pape François doit rencontrer les jeunes nés après l’indépendance, sur la place de la cathédrale de Vilnius, qui fut fermée au public durant l’occupation soviétique, transformée en galerie d’art et enfin en commerce de pièces détachées pour automobiles.
La Lituanie et les autres pays baltes ont connu une croissance économique rapide, mais aussi l’apparition d’inégalités sociales et une migration massive de jeunes vers l’ouest, qui pose un sérieux problème.
Jérusalem du Nord
En souhaitant la bienvenue au pape, la présidente Dalia Grybauskaite l’a remercié de visiter la Lituanie l’année du centenaire de son indépendance et a rappelé que le Vatican, parmi les premiers à reconnaître l’Etat lituanien, n’avait jamais accepté son occupation par l’URSS, « une promesse de liberté et un espoir qui a été comblé ».
Mme Grybauskaite a également jugé « hautement symbolique » que François se trouve en Lituanie dimanche, le jour où le pays rend hommage aux victimes du génocide des juifs par les nazis. Le pape doit se recueillir et prier dimanche devant le monument aux victimes du ghetto de Vilnius.
Jusqu’en 1940, la Lituanie fut la patrie de plus de deux cent mille juifs, et Vilnius, du fait de son rayonnement spirituel, était surnommé la « Jérusalem du Nord ». Presque tous périrent pendant l’occupation nazie, entre 1941 et 1944.
Lundi, François sera en Lettonie, pays plutôt protestant, et mardi en Estonie, très majoritairement non croyante.
Le pape aime tendre la main aux plus petites communautés catholiques de la planète, tout en affichant son rapprochement avec les autres religions chrétiennes.
Silence sur les agressions sexuelles
Son 25e déplacement à l’étranger s’annonce a priori serein, après son difficile week-end, à la fin du mois d’août, en Irlande, pays meurtri par des agressions sexuelles commises par des membres du clergé par le passé.
François avait été accusé à distance par un prélat italien d’avoir longtemps sciemment ignoré les agissements de l’influent cardinal américain, Theodore McCarrick, finalement démis en juillet de son ministère pour des agressions sexuelles anciennes d’un adolescent.
Pressé de répondre par de nombreuses voix de l’Eglise, le chef de 1,3 milliard de catholiques n’est pas sorti de sa réserve avant son voyage dans les pays baltes.
Mais à la veille de son départ pour Vilnius, François a dû encore annoncer deux nouvelles démissions d’évêques chiliens.
Mardi, l’Eglise allemande publiera officiellement un rapport — déjà objet de fuites dans la presse — relatant qu’au moins 3 677 enfants ont été victimes entre 1946 et 2014 d’agressions sexuelles par 1 670 membres du clergé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Les croyances concernant l’avenir de sa propre situation économique influencent autant, sinon plus, l’opinion sur l’immigration que sa situation économique réelle, la faisant basculer vers l’extrême droite, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.
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« Hostilité aux immigrés et concurrence sociale » sont corrélées

Les croyances concernant l’avenir de sa propre situation économique influencent autant, sinon plus, l’opinion sur l’immigration que sa situation économique réelle, la faisant basculer vers l’extrême droite, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 11h50
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Recherches. Face à la montée de l’hostilité contre les migrants, les économistes ont su montrer que les arguments avancés par les partis d’extrême droite pour attirer les électeurs – « les immigrés prennent vos emplois et vos aides sociales » – ne tenaient pas la route : les migrants étant moins qualifiés, plus actifs et plus jeunes que l’ensemble de la population « indigène », ils contribuent à la hausse de la qualification (et donc des revenus) de cette dernière et sont « contributeurs nets » des systèmes sociaux.
Politologues et sociologues ont donc pris l’habitude d’aller chercher les causes du vote d’extrême droite dans le domaine de la culture et des « valeurs » (identité, religion) plus que dans la sphère socio-économique. Les partis nationalistes les ont d’ailleurs suivis dans cette voie…
Mais voilà que des recherches plus récentes remettent en selle l’idée que certains électeurs puissent voter pour l’extrême droite afin de défendre leurs intérêts matériels.
L’exemple autrichien
Charlotte Cavaillé (université de Georgetown, à Washington) et Jeremy Ferwerda (Dartmouth College, New Hampshire) ont saisi l’opportunité de la transposition, en 2005, dans le droit autrichien d’une directive européenne de 2000 sur « l’égalité raciale », imposant l’égalité d’accès des étrangers résidents aux programmes sociaux, pour voir comment le vote d’extrême droite avait évolué entre les élections législatives de 2002 et celles de 2006 dans les quartiers où, d’une part, le logement social est très présent et, d’autre part, le nombre d’immigrants avait fortement augmenté (« How Distributional Conflict Over Public Spending Drives Support for Anti-Immigrant Parties », à paraître).

Ils ont ainsi découvert que ces évolutions étaient bel et bien corrélées. La progression de l’extrême droite est encore plus forte (jusqu’à 50 % ou 60 %, contre 3,9 % en moyenne nationale) dans les quartiers où le marché du logement est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ La chroniqueuse Hapsatou Sy, à qui l’essayiste a reproché de ne pas porter un prénom « français », appelle radio et télévision à le boycotter.
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Les médias face au cas Eric Zemmour

La chroniqueuse Hapsatou Sy, à qui l’essayiste a reproché de ne pas porter un prénom « français », appelle radio et télévision à le boycotter.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 09h35
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 17h12
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Toutes les vingt secondes en moyenne, sur le site Change.org, une nouvelle signature apparaît dans le menu déroulant d’une pétition en ligne. Elle appelle les chaînes françaises à ne plus inviter le journaliste Eric Zemmour. Son titre : « Interdire de médias les personnes portant des messages d’incitation à la haine. » Vingt-quatre heures après son lancement, jeudi 20 septembre, elle avait déjà été signée par plus de 100 000 personnes.
C’est Hapsatou Sy, entrepreneuse et chroniqueuse de l’émission « Les Terriens du dimanche », animée par Thierry Ardisson, sur C8, qui l’a lancée à la suite d’un accrochage avec M. Zemmour qui s’était déroulé lors d’un enregistrement, une semaine auparavant. L’essayiste, grand pourfendeur du multiculturalisme et habitué des polémiques, lui a reproché de porter un prénom n’appartenant pas au calendrier chrétien, estimant que sa mère aurait dû l’appeler « Corinne ».

Un vif échange s’en est ensuivi, au cours duquel Eric Zemmour, venu présenter son nouveau livre, Destin français (Albin Michel), a lancé : « C’est votre prénom qui insulte la France. La France n’est pas une terre vierge, c’est une terre avec une histoire, avec un passé. Et les prénoms incarnent l’histoire de la France. » Des propos coupés au montage par la production après consultation du service juridique et de la direction de la chaîne, mais que Mme Sy, choquée et meurtrie, a diffusés sur son compte Instagram, déclenchant la controverse.
Les esprits se sont calmés au sein de l’équipe des « Terriens » — Hapsatou Sy, qui n’a pas participé au dernier enregistrement, explique avoir reçu le soutien de la chaîne et l’assurance qu’elle continuerait à y travailler —, mais la polémique s’est déplacée sur un autre terrain, celui de la liberté d’expression : faut-il continuer à inviter Eric Zemmour, condamné à deux reprises pour provocation à la discrimination raciale (2011) et à la haine religieuse (2018) ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ La fille de la victime, Hélène Pastor, et compagne de l’accusé a déposé, vendredi 21 septembre, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône.
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Procès Pastor : « Je n’ai plus maman, je n’ai plus Wojciech, je n’ai plus rien. J’attends la vérité »

La fille de la victime, Hélène Pastor, et compagne de l’accusé a déposé, vendredi 21 septembre, devant la cour d’assises des Bouches-du-Rhône.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 09h16
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 11h55
    |

            Pascale Robert-Diard (Aix-en-Provence, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Jusqu’au 6 mai 2014, Sylvia Ratkowski rejoignait chaque jour sa mère, Hélène Pastor, dans les bureaux du Gildo Pastor Center à Monaco, d’où elles géraient leur empire immobilier évalué à plusieurs milliards d’euros. Jusqu’à cette date, Sylvia Ratkowski vouait une confiance absolue à Wojciech Janowski, son concubin depuis vingt-huit ans et père de sa seconde fille, homme d’affaires éminent, formé à Cambridge, actionnaire de sociétés prestigieuses, auquel son entregent et sa générosité avaient valu le titre de consul général de Pologne.
Le 6 mai 2014, Hélène Pastor a été assassinée à la sortie de l’hôpital L’Archet à Nice, lors d’un guet-apens qui a aussi coûté la vie de son chauffeur et majordome Mohamed Darwich. Et au fil de l’enquête, Sylvia Ratkowski a découvert que « l’homme de [sa] vie » faisait depuis des années de la cavalerie financière avec son argent à elle – les 500 000 euros d’argent de poche que lui versait chaque mois Hélène Pastor – qu’il était un homme d’affaires en faillite acculé par ses débiteurs, que son diplôme de Cambridge avait été acheté chez un faussaire à Bangkok, que son titre de consul n’était en réalité qu’une vague gratification honoraire et bénévole et que, selon l’accusation, il a conçu dans les moindres détails, financé et commandité l’assassinat de sa belle-mère.
Comment tient-on debout quand son monde s’effondre ? Comment survit-on à la fois la violence du crime et à la vertigineuse chimère de sa propre vie ? Et comment affronte-t-on tout cela, publiquement, dans la salle d’audience comble d’une cour d’assises ? Vendredi 21 septembre, Sylvia Ratkowski a quitté le banc des parties civiles où elle est assise en silence depuis quatre jours, pour déposer à la barre. Elle parle d’une mère « belle, très, très belle » dont elle n’offre aux regards avides qu’un pâle et lointain écho. Entre ses mots qui racontent pudiquement la femme d’affaires exigeante et « la Méditerranéenne qui n’avait que ses...




                        

                        


<article-nb="2018/09/22/18-9">
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Les propriétaires louent généralement un seul logement et 11% d’entre-eux ne possèdent même pas leur résidence principale.
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Les bailleurs ne sont pas ceux que l’on croit

Les propriétaires louent généralement un seul logement et 11% d’entre-eux ne possèdent même pas leur résidence principale.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 07h58
    |

            Jérôme Porier








                        



   


Depuis cinq ans, le marché de l’investissement locatif connaît une forte progression : sa part dans le total de logements construits en France est passée de 13,4 % en 2013 à 16 % en 2017. Mais le Crédit foncier, dans une enquête publiée le 20 septembre, estime que cette part va s’effriter à 15,5 % en 2018. Avec la flambée des prix dans les grandes agglomérations, acheter pour louer ne serait-il plus aussi attrayant, en particulier dans le neuf ? Le Crédit foncier n’écarte pas cette hypothèse…
Selon l’Insee, 7,6 % des ménages français sont propriétaires d’au moins un logement mis en location. Ce bien est très souvent acquis grâce à un financement avec peu ou pas d’apport sur une durée moyenne de 20 ans et 10 mois.

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Le Crédit foncier a dressé le portait de l’investisseur locatif, un portrait qui contredit certaines idées reçues. Une grande majorité de ces bailleurs privés ne possède qu’un seul bien à la location. En moyenne, l’investisseur locatif est âgé de 45 ans, vit en couple (72 % d’entre eux), et son ménage dispose d’un revenu de 71 100 euros.
Les investisseurs locatifs privilégient les appartements (92 %) plutôt que les maisons (8 %). Environ 60 % des biens loués sont des studios ou des deux-pièces, pour une surface de 45 m². Au 1er semestre 2018, le coût médian d’un logement acheté pour louer est de 170 000 euros.
27 % pour l’Occitanie
Non seulement les investisseurs ne sont que rarement multi-propriétaires, mais une part non négligeable d’entre eux ne possèdent même pas leur résidence principale : 11 % des bailleurs privés restent locataires de leur propre logement, révèle le Crédit foncier. Ces ménages se trouvent essentiellement dans les zones tendues où les prix sont trop élevés pour leur permettre de devenir propriétaires de leur résidence principale.

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                Investir dans le neuf reste une bonne idée en 2018



Autre constat : l’investissement locatif est géographiquement très concentré en France. Cinq régions sur treize regroupent 79 % des opérations. Le Crédit foncier a dressé une carte de France de l’immobilier locatif, qui distingue trois zones :
– L’Ile-de-France représente près d’une opération sur cinq (23 %) ;
– Quatre régions en province regroupent plus de la moitié (56 %) des opérations : Occitanie (27 %), Auvergne-Rhône-Alpes (11 %) Nouvelle-Aquitaine (9 %) et PACA (9 %) ;
– Le reste de la France rassemble 21 % des opérations.
Entre 2010 et 2018, deux régions (Occitanie et Ile-de-France) ont vu leur part augmenter sensiblement.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Alors que la nouvelle procédure d’admission a clos le 21 septembre, des pistes de réforme se dessinent, après les polémiques de l’été.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/09/2018
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Parcoursup, an I : le débat sur l’après a commencé

Alors que la nouvelle procédure d’admission a clos le 21 septembre, des pistes de réforme se dessinent, après les polémiques de l’été.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 12h45
    |

            Séverin Graveleau et 
Camille Stromboni








                        



                                


                            

L’heure du bilan est proche. Vendredi 21 septembre, la toute première édition de Parcoursup, le nouveau système d’admission dans l’enseignement supérieur, s’est achevée. Alors que le gouvernement doit communiquer mardi les résultats définitifs, les chiffres, publiés à la mi-septembre, tendent à montrer que la nouvelle procédure ne devrait pas laisser beaucoup plus de candidats sans proposition que sa prédécesseure, Admission post bac (APB).
Au 15 septembre, ils n’étaient plus que 2 500 bacheliers, selon la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers d’étudiants en réorientation (4 000 au 5 septembre). Fin septembre 2017, APB avait clôturé avec 3 729 candidats « sans fac ».
Au-delà des chiffres, le processus de Parcoursup a posé question durant tout l’été. Attente anxiogène des candidats, incompréhension sur les critères utilisés par les universités pour les départager à l’entrée des formations faisant naître des soupçons de discrimination envers certains lycées de banlieue parisienne, inquiétude des formations qui n’ont pu remplir que très tard leurs classes… Sur chaque problématique, les acteurs du monde éducatif ont commencé à défendre des pistes de réforme.
Frédérique Vidal a elle-même promis des « ajustements ». La ministre a eu beau écarter les polémiques au cours de l’été, les questions de fond demeurent. « Croire que tout peut marcher la première année d’une réforme relève de la pensée magique, commente un président d’université, pourtant défenseur des nouvelles règles mises en place. Cela n’a rien d’infamant de reconnaître qu’il y a des problèmes à régler. » 
« Il faut que ça aille plus vite »
Ainsi, de nombreuses voix réclament un retour à une forme de hiérarchisation des vœux des candidats, pour ne pas revivre la lenteur du système. « Le constat est unanime, du côté des candidats, mais aussi des formations. Il faut que ça aille plus vite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Une enquête judiciaire avait été ouverte en 2016 à la suite de plaintes de patients mal soignés ou abandonnés en cours de traitement.
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Le fondateur des centres dentaires low cost Dentexia mis en examen

Une enquête judiciaire avait été ouverte en 2016 à la suite de plaintes de patients mal soignés ou abandonnés en cours de traitement.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 22h39
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 08h12
   





                        


Deux ans après l’ouverture d’une enquête judiciaire à la suite de plaintes de patients mal soignés ou abandonnés en cours de traitement, le fondateur des centres dentaires low cost Dentexia a été mis en examen et placé en détention provisoire jeudi 20 septembre, selon des sources judiciaires.
Les juges d’instruction qui l’ont entendu après sa garde à vue soupçonnent Pascal Steichen, un ancien consultant qui avait lancé cette chaîne, de plusieurs infractions : « pratique commerciale trompeuse », « tromperie aggravée », « blanchiment en bande organisée », « banqueroute », « abus de confiance », « abus de biens sociaux », « fraude fiscale » et « escroquerie en bande organisée ».
Egalement dans le viseur de la justice, son épouse a été mise en examen jeudi, notamment pour « recel d’escroquerie en bande organisée ». Le trésorier de Dentexia a quant à lui été mis en examen vendredi notamment pour « tromperie aggravée », « pratique commerciale trompeuse », « blanchiment en bande organisée », « fraude fiscale » et « escroquerie en bande organisée ». Ils ont tous les deux été placés sous contrôle judiciaire.

        Lire aussi :
         

                Les centres dentaires low cost sous surveillance



1 553 plaintes de patients
Ces premières mises en examen marquent une avancée dans l’enquête sur les centres Dentexia, aujourd’hui liquidés, conduite depuis juillet 2016 par des juges d’instruction parisiens.
A ce jour, 1 553 plaintes de patients ont été enregistrées dans ce dossier instruit par des magistrats du pôle santé publique à Paris et par des juges de la juridiction interrégionale spécialisée de Paris, compétente en matière de criminalité organisée.
« Des centaines de patients ont été laissés à l’abandon, la plupart en cours de soins, et se sont retrouvés piégés car ils avaient payé par avance leurs travaux dentaires, sur leurs fonds propres ou par le biais de crédits », dénonce sur son site internet le Collectif contre Dentexia, qui regroupe quelque 2 900 victimes de ces centres dentaires à bas coût.
Créé sous la forme d’une association le concept de Dentexia était de salarier des dentistes, de les concentrer sur les soins grâce à l’emploi en nombre d’assistantes et de rationaliser les actes, en regroupant notamment en un seul rendez-vous ce qui pourrait être fait en plusieurs.
L’enquête des juges d’instruction porte à la fois sur les conditions dans lesquelles ce modèle économique s’est effondré et sur les défauts dans les soins, selon une source proche de l’enquête. Elle porte notamment sur les centres qui étaient à Paris, Colombes, Lyon, Vaulx-en-Velin et Châlon-sur-Saône.
L’affaire Dentexia avait préoccupé l’ancien gouvernement, dont la ministre de la santé d’alors, Marisol Touraine, qui avait annoncé en 2016 le déblocage d’une « aide financière » pour les victimes et avait demandé aux agences régionales de santé (ARS) d’adapter l’accueil pour la prise en charge des patients. La ministre avait également saisi l’inspection générale des affaires sociales (IGAS).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ DERRIÈRE LE CHIFFRE – Un classement du site Numbeo donne une note catastrophique à la capitale des Bouches-du-Rhône. Mais il n’a aucune valeur scientifique.
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Pourquoi on ne peut pas dire que « Marseille est la ville la plus dangereuse d’Europe »

DERRIÈRE LE CHIFFRE – Un classement du site Numbeo donne une note catastrophique à la capitale des Bouches-du-Rhône. Mais il n’a aucune valeur scientifique.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 19h33
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 19h37
    |

            Anne-Aël Durand








                        


La rubrique « Derrière le chiffre » des Décodeurs étudie des statistiques et des méthodologies apparaissant dans l’actualité.
Marseille devant Catane la sicilienne ou Naples l’éruptive au classement des villes les plus dangereuses d’Europe ? Le tableau a d’abord circulé, jeudi 20 septembre, sur les réseaux sociaux, avant d’être repris, avec quelques pincettes, par plusieurs médias locaux ou nationaux, qui précisent que l’information provient d’un « sondage américain » ou d’un « site américain ».
Pourquoi c’est faux
Le classement a été publié par le site Numbeo, qui n’est pas américain mais situé en Serbie. Cette base de données collaborative en ligne a été créée en 2009 par un ingénieur serbe, qui compare le coût de la vie dans les différents pays et villes du monde. Le site se targue d’être régulièrement cité dans les grands médias pour ses études (BBC, Time, Forbes…).
Numbeo a ensuite développé des indices comparatifs sur la « santé », la « pollution » ou la « criminalité ». Mais ses méthodes ne sont pas très scientifiques, surtout quand il s’agit d’un domaine aussi sensible que la criminalité et l’insécurité.
Le site est transparent sur sa méthodologie. L’indice de dangerosité est calculé à partir du ressenti des internautes sur différentes composantes de l’« insécurité » : le niveau de criminalité, l’évolution dans les trois dernières années, la peur de marcher seul dans la rue, d’être agressé, d’être insulté, de se faire cambrioler chez soi… La plupart des réponses sont mesurées de − 2 (si vous êtres « très inquiet » à ce sujet) à + 2 (« pas du tout inquiet »). Numbeo réalise ensuite des calculs pour aboutir à deux notes sur 100, un « indice de criminalité » et un « niveau de sécurité » qui permettent de classer les villes. Marseille obtient 62,80 en criminalité, devant Catane (62,09), alors que Paris est à 51,80 et la ville suisse de Bâle à seulement 15,76.
En aucun cas il ne s’agit de mesurer des faits constatés dans une ville (un nombre d’agressions, de vols, de meurtres…). Ce n’est même pas un sondage : les personnes qui votent ne sont pas représentatives de la population. N’importe qui peut donner son avis en quelques clics sur le sentiment d’insécurité à Marseille sans même y avoir mis les pieds. Le nombre de contributeurs est d’ailleurs très faible : 254 ont donné leur opinion sur la sécurité à New York, et seulement 77 pour Marseille.
Cela n’a donc aucun sens de considérer que Marseille est une ville dangereuse sur la foi de ce classement. Inversement, Abou Dhabi n’a pas de meilleure raison de s’enorgueillir d’être classée ville la plus sûre du monde par Numbeo.

        Lire aussi :
         

                Décodex : comment lire un sondage ?



Pourquoi comparer des taux de criminalité est compliqué ?
Comment établir un classement solide des « villes les plus sûres » ? L’hebdomadaire britannique The Economist s’y est essayé, en partenariat avec l’entreprise informatique NEC, en agrégeant un grand nombre d’indicateurs internationaux (OMS, Transparency International) et des taux nationaux ou locaux concernant la santé, la criminalité, l’espérance de vie, la qualité des infrastructures, l’accès aux données numériques…
Sur la question spécifique de la criminalité en Europe, l’organisme Eurostat, chargé des statistiques de l’Union européenne, explique qu’il est plus pertinent de se concentrer sur les évolutions dans le temps dans chaque ville ou pays, et que les comparaisons de taux entre différents pays « devraient être évitées ». En effet, selon les pays, les systèmes juridiques et pénaux sont différents. Le même incident peut être considéré comme un crime, comme un délit ou ne même pas être enregistré par la police selon les villes. Par exemple, les infractions sexuelles par habitant sont très élevées en Suède ou en Islande, selon Eurostat : cela ne signifie pas forcément qu’il y a plus de délinquance sexuelle, mais peut-être qu’elle est plus souvent signalée car la réponse pénale est plus forte que dans d’autres Etats d’Europe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ La procédure d’admission dans l’enseignement supérieur s’achève le 21 septembre. A l’université Paris-Descartes, le nombre de bacheliers scientifiques a doublé en première année de licence Staps, particulièrement sous tension.
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Parcoursup : le profil des étudiants a changé en première année de Staps

La procédure d’admission dans l’enseignement supérieur s’achève le 21 septembre. A l’université Paris-Descartes, le nombre de bacheliers scientifiques a doublé en première année de licence Staps, particulièrement sous tension.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 19h31
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 07h46
    |

            Camille Stromboni








                        



                                


                            

« La première semaine, les petits nouveaux sont tellement perdus qu’ils sont toujours particulièrement sages. » Les propos d’Agnès Pacquelin, professeure de boxe, sur les étudiants de première année de licence Sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps), ne manquent jamais de se confirmer. Mais en cette rentrée à l’université Paris-Descartes, quelque chose a changé dans sa promotion recrutée selon les nouvelles règles d’accès de la plate-forme Parcoursup, qui a fermé ses portes vendredi 21 septembre.
« On sent bien qu’on a des jeunes qui savent mieux où ils mettent les pieds », confie l’enseignante, responsable de la première année de licence, à la sortie de l’amphithéâtre dans les bâtiments installés à quelques encablures de la porte de Versailles, dans le 15e arrondissement de la capitale.
Lors de la présentation de l’emploi du temps du premier semestre, elle n’a pas été confrontée à l’étonnement de ses 370 nouveaux étudiants lorsqu’ils ont découvert les nombreux cours théoriques, tout aussi importants que les heures de pratiques sportives. Autre constat qui n’a rien d’anodin : son collègue de natation a vu beaucoup moins de non-nageurs lors de son premier test de l’année. « On le savait que ça allait sélectionner avec Parcoursup », tranche l’enseignante.
61 % de bacheliers scientifiques
Ce n’est pas une surprise dans cette filière plébiscitée par les bacheliers, où les places manquent chaque année pour répondre à la demande. La fin de l’utilisation du tirage au sort pour départager les candidats, remplacée avec la loi orientation et réussite des étudiants par un examen des dossiers, a modifié le profil des nouveaux arrivants. D’autant plus dans cette fac parisienne très attractive. En Staps, les commissions universitaires ont trié les candidatures en tenant compte des notes des lycéens dans les matières scientifiques, littéraires, des compétences sportives et de l’engagement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ La Corse souhaite bénéficier, comme l’Ecosse, Gibraltar ou la Nouvelle-Calédonie, de la règle qui permet à une région d’adhérer à la Fédération internationale de football sans avoir à déclarer son indépendance.
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Football : la Corse demande à adhérer à la FIFA

La Corse souhaite bénéficier, comme l’Ecosse, Gibraltar ou la Nouvelle-Calédonie, de la règle qui permet à une région d’adhérer à la Fédération internationale de football sans avoir à déclarer son indépendance.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 18h26
   





                        


L’Assemblée de Corse a adopté vendredi 21 septembre une motion demandant l’adhésion de l’île à la Fédération internationale de football (FIFA), une demande qui doit recevoir l’aval de la Fédération française de football pour aboutir.
« Avec l’autorisation de l’association membre du pays dont elle dépend, une association d’une région n’ayant pas encore obtenu l’indépendance peut également demander l’admission à la FIFA », selon les statuts, rappelle la motion déposée au nom du groupe autonomiste Femu a Corsica (« faisons la Corse »). Le texte rappelle aussi que l’Ecosse, Gibraltar, la Nouvelle-Calédonie ou encore Tahiti « ont un siège à la FIFA et participent par conséquent aux matchs de qualification à la coupe du monde ».
Insistant sur le « caractère très populaire du football » sur l’île, ainsi que sur l’existence de la Squadra Corsa (équipe corse) « depuis maintenant près de cinquante ans » et « les nombreux matchs internationaux auxquels elle a participé », le texte prévoit de mandater le président du conseil exécutif de la collectivité territoriale de Corse, Gilles Simeoni, « afin d’effectuer les démarches nécessaires notamment auprès de la Fédération française de football, en vue d’une éventuelle adhésion de la Corse à la FIFA ».
Des demandes similaires de la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique ou Saint-Martin ont par le passé été refusées.

        Lire aussi :
         

                La Corse a-t-elle les moyens économiques d’accéder un jour à l’indépendance ?







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ Si le débat perdure dans l’opinion publique, il a cessé dans la communauté scientifique : aucune étude n’a pu démontrer rigoureusement l’efficacité de l’homéopathie au-delà de l’effet placebo.
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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ L’OMS note cependant qu’il y a eu « certaines tendances mondiales positives » et souligne la baisse, depuis 2010, des beuveries épisodiques et du nombre de morts liées à l’alcool.
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Une mort sur 20 est due à l’alcool, selon l’OMS

L’OMS note cependant qu’il y a eu « certaines tendances mondiales positives » et souligne la baisse, depuis 2010, des beuveries épisodiques et du nombre de morts liées à l’alcool.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 17h52
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 18h42
   





                        



   


L’alcool tue quelque 3 millions de personnes dans le monde chaque année, ce qui représente un mort sur vingt, a averti vendredi 21 septembre l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans un rapport sur la consommation d’alcool dans le monde et ses conséquences néfastes sur la santé, l’OMS souligne que la consommation d’alcool tue davantage que le sida, la tuberculose et la violence réunis.
Les 5,3 % de morts dans le monde liés à l’alcool chaque année, selon l’OMS, sont dus aux maladies infectieuses, aux accidents de la circulation, aux blessures, aux homicides, aux maladies cardiovasculaires mais aussi aux diabètes créés par la consommation excessive d’alcool. Ce taux atteint même 13,5 % chez les plus jeunes (20-29 ans). La population masculine est, elle aussi, particulièrement touchée : trois quarts des morts concernent des hommes.

        L’étude : 
         

          L’alcool associé à 2,8 millions de morts par an dans le monde



Tendance à la baisse
Malgré ce constat alarmant, l’alcool tue de moins en moins : il a tué 3 millions de personnes en 2016, contre 3,3 millions en 2012 selon le précédent rapport de l’OMS sur le sujet. L’institution note donc qu’il y a eu « certaines tendances mondiales positives », et souligne la réduction enregistrée depuis 2010 des beuveries épisodiques et du nombre de morts liées à l’alcool. Mais, expliquent les experts, « le fardeau global des maladies et des blessures causées par la consommation nocive d’alcool est inacceptable, en particulier dans la région européenne et dans la région des Amériques ».
L’Europe a en effet la consommation par habitant la plus élevée du monde, bien que cette consommation ait diminué de plus de 10 % depuis 2010. La consommation d’alcool a diminué dans les trois quarts des pays européens, avec de très fortes réductions enregistrées, notamment en Russie, où la consommation annuelle d’alcool (mesurée en litres d’éthanol pur) par habitant est passée de 18,7 litres en 2005 à 11,7 litres en 2016.
Cette « diminution spectaculaire » s’explique par la mise en œuvre par le gouvernement russe de mesures recommandées par l’OMS, a expliqué aux médias le docteur Vladimir Poznyak, citant parmi tant d’autres l’introduction d’un prix minimum pour la vodka et l’interdiction de la vente de boissons alcoolisées dans les stations-service.

        Sur Les Décodeurs :
         

          Quels alcools préfèrent boire les Européens ?



Augmentation de la consommation globale
L’OMS prévoit néanmoins une hausse de la consommation globale d’alcool dans le monde au cours des dix prochaines années, en particulier dans les régions du Sud-Est asiatique, du Pacifique occidental et sur le continent américain.
La consommation moyenne journalière des personnes buvant de l’alcool correspond à 33 grammes d’alcool pur, soit l’équivalent de 2 verres de vin (de 150 ml chacun) ou d’une bouteille de bière (750 ml) ou de deux « shots » de spiritueux (de 40 ml chacun).
L’augmentation de la consommation globale « entraînera certainement une augmentation du nombre de décès et de souffrances dans le monde entier », a averti M. Poznyak, qui recommande notamment aux instances internationales sportives, comme la FIFA, de « mettre fin » au sponsoring par fabricants de boissons alcoolisées.

        Lire aussi :
         

                Entre « risques liés à l’alcool » et « dynamisme économique », le dilemme du vin






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Lucie Michel, alias L’Originale K, interpelle directement Emmanuel Macron dans un morceau de rap où elle dénonce le manque de structures d’accueil pour les enfants handicapés.
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« Le handicap, c’est pas frenchie » : la mère d’un enfant autiste dit sa colère en musique

Lucie Michel, alias L’Originale K, interpelle directement Emmanuel Macron dans un morceau de rap où elle dénonce le manque de structures d’accueil pour les enfants handicapés.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 15h02
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 15h23
   





                        


« Le handicap, c’est pas frenchie. » Lucie Michel, maman d’un petit Malone de 6 ans et demi, souffrant d’autisme et d’épilepsie, a exprimé sa colère dans un morceau de rap, où elle interpelle directement Emmanuel Macron. Son fils, comme nombre d’enfants handicapés, n’a aucune structure en cette rentrée pour l’accueillir.
« C’est de la discrimination mais pour autant pas de réaction », dénonce L’Originale K, son nom d’artiste, dans ce clip sorti le 13 septembre, ponctué d’extraits de discours du président de la République.



Les deux dernières années, Malone a un peu fréquenté l’école maternelle, comme l’a raconté sa mère à France 3 :
« La première année, il y est allé une heure par semaine avec interdiction d’aller dans la cour de récréation, une heure quarante-cinq la deuxième année et il y allait sur les heures où les autres enfants faisaient la sieste donc il arrivait dans une classe vide qui était dans le noir. »
La question de la scolarisation des enfants handicapés agite cette rentrée scolaire 2018. Mercredi 19 septembre, trois mères sont montées sur des grues à Lille et à Strasbourg pour dénoncer notamment le manque d’auxiliaires de vie scolaire, qui permettent aux enfants souffrant d’un handicap de poursuivre leur scolarité dans un établissement classique. C’est pourtant, depuis une loi de 2005, une obligation pour les pouvoirs publics.
Lucie Michel a lancé une procédure contre l’Etat, pour obtenir une prise en charge adaptée de son fils. « J’ai tous les papiers qui prouvent que Malone a des droits, il a droit à des soins qu’il n’a pas », explique-t-elle. Après avoir créé une association, Les Mamans courage, elle espère pouvoir fonder à Nantes, où elle vit, une école adaptée aux enfants sévèrement handicapés.

        Le point sur la situation :
         

          L’école peine à s’adapter aux enfants handicapés






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ L’économiste Michaël Lainé témoigne de son expérience de professeur dans une « business school », et s’interroge sur une relation commerciale où l’achat du diplôme l’emporte sur l’objectif de formation.
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« Monsieur, Je paie votre salaire de prof, donc je fais ce que je veux »

L’économiste Michaël Lainé témoigne de son expérience de professeur dans une « business school », et s’interroge sur une relation commerciale où l’achat du diplôme l’emporte sur l’objectif de formation.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 14h30
    |

Michaël Lainé (Chargé de cours en économie à Sciences Po Lille)







                        



                                


                            

Tribune. L’université est souvent décriée pour son niveau et les inégalités qui s’y perpétuent. Etrangement, les écoles de commerce sont absentes du débat public. Pourtant, ce sont les élites économiques de demain que l’on y forme. J’y ai travaillé pendant un an, après avoir exercé auparavant dans trois universités, et aujourd’hui à Sciences Po Lille. Mais ce qui se passe en école de commerce n’a rien en commun avec ce que l’on est en droit d’attendre de l’enseignement supérieur.
Les étudiants y calent les tables avec des billets de 50 euros ; leur emploi du temps est si chargé qu’il leur faut deux téléphones portables, un « perso » et un « pro ». On s’était cru dans une école, on se découvre dans une garderie. Pas de bibliothèque : trop coûteux, et puis de toute façon, les étudiants ne lisent pas. Globalement, les étudiants se montrent intolérants à l’effort, à la frustration ou à l’ennui. Bien sûr, une minorité se révèle motivée et douée. Seulement, très rares sont ceux qui prennent des notes. Quand on tente de les faire travailler, quelques-uns répliquent sur le ton de l’évidence : « Mais monsieur, je paye votre salaire, donc je fais ce que je veux. »
J’ai cru, en arrivant, au discours que les écoles de commerce tiennent sur elles-mêmes : on paye des frais d’inscriptions certes élevés, mais, à la fin, nos futures élites auront des compétences solides. En fait de compétences, j’ai très vite déchanté.
A quelques mois du diplôme, la plupart ne savent pas ce qu’est un seuil de rentabilité ; la vue d’un bilan ou d’un compte de résultat les effraie aussi sûrement qu’un crucifix terrorise les vampires ; leur anglais est incompréhensible pour qui ne parle pas français ; calculer un taux de croissance suscite le désarroi, même parmi les « bons » éléments… On se rassure parfois en se disant que, pour des collégiens, ils ne sont pas si mauvais. Et puis, on les entend parler de leurs stages dans les meilleures entreprises…
Corruption...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Pour Hélène Jacquemont, présidente de la Fondation Médéric Alzheimer, estime dans une tribune au « Monde » qu’il faut investir de manière déterminée et ambitieuse dans la recherche en sciences humaines et sociales, ainsi que dans la recherche psychosociale et médico-sociale.
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Alzheimer : « Relever le défi du vieillissement cognitif est à notre portée »

Pour Hélène Jacquemont, présidente de la Fondation Médéric Alzheimer, estime dans une tribune au « Monde » qu’il faut investir de manière déterminée et ambitieuse dans la recherche en sciences humaines et sociales, ainsi que dans la recherche psychosociale et médico-sociale.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 14h00
    |

Hélène Jacquemont (Présidente de la Fondation Médéric Alzheimer)







                        



                                


                            
Tribune. Déjà engagée, la révolution de l’âge et son corollaire « le bien vieillir » constituent bien plus qu’une mutation démographique de grande ampleur : un défi individuel et sociétal majeur.
Nous savons que le nombre de personnes âgées atteintes de « troubles neurocognitifs », de « syndromes démentiels » ou bien encore de « maladie d’Alzheimer » continuera d’augmenter dans les prochaines années. Ces personnes sont environ 1,1 million en France aujourd’hui. Elles pourraient être, selon Santé Publique France, 1,7 million dans moins de dix ans. D’après les estimations de la Fondation Médéric Alzheimer, le coût total de ces pathologies s’élève actuellement à 32 milliards d’euros par an.
il n’existe à ce jour aucun traitement médical susceptible de guérir ou de ralentir l’évolution des syndromes démentiels
Beaucoup a été fait au cours des vingt dernières années mais il reste un écart important entre les attentes et les réponses apportées. Un tel sujet nécessite l’emploi d’un langage de vérité : il n’existe à ce jour aucun traitement médical susceptible de guérir ou de ralentir l’évolution des syndromes démentiels. Il paraît peu probable qu’un tel traitement soit disponible en pratique clinique courante avant plusieurs années.
Et compte tenu de la complexité des syndromes démentiels, rien ne permet d’affirmer qu’un traitement unique permettra un jour de tous les prévenir ou de tous les guérir. Pour autant, nous ne sommes pas démunis et nous ne devons pas perdre espoir. Les études et travaux menés ainsi que les débats organisés nous ont conduits à nous forger quatre convictions.
Une approche globale
La première est qu’on ne relèvera pas le défi du vieillissement cognitif en opposant l’approche biomédicale et l’approche psychosociale. Face à un phénomène aussi complexe que les syndromes démentiels, une approche globale, combinant le cure et le care, est une absolue nécessité.
Le paradigme du handicap...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Etre ou ne pas être populaire à l’école. Des adolescents témoignent.
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« C’est notre génération qui est comme ça »


                      Etre ou ne pas être populaire à l’école. Des adolescents témoignent.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 13h54
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 16h30
    |

            Catherine Rollot et 
Pascale Krémer








                              

                        

« C’était une idole, tout le monde l’adorait »
Le fait d’être populaire ou pas, on en parle assez peu. C’est plutôt quelque chose qu’on subit. Il y a deux ans, j’avais une fille très populaire dans ma classe, elle avait énormément d’amis, notamment toute une troupe de filles qui gravitait autour d’elle. C’était une idole, tout le monde l’adorait. Elle profitait de son statut pour rabaisser les autres, elle se moquait de leur physique, de leur personnalité, de leurs vêtements sans marque. Elle portait des jeans troués, des crop tops[hauts très courts s’arrêtant au-dessus du nombril], des boucles d’oreilles pendantes, du vernis à ongles, des tennis Superstar Adidas. Je faisais partie de la catégorie des « ordinaires », des « normales », j’avais mon groupe d’amis. Je ne l’admirais pas, mais parfois il m’est arrivé de vouloir copier son style. Elle disait qu’elle avait déjà organisé une boum chez elle avec plein de garçons. Avec son sens de l’humour, son aplomb, son attitude cool, elle faisait plus ado que fillette. Elle était moins bébé que nous. C’est peut-être ça le secret des populaires. Paraître plus âgés.
Sarah, 13 ans et demi, quatrième, 14e arrondissement, Paris
« Y en a, ils ont carrément peur d’aller au collège »
Les gens disent ça de moi, que je suis populaire. Je traîne avec des personnes qui le sont parce qu’on est amies depuis toutes petites. Au collège, on te juge direct au physique. Moi je m’habille comme je veux, mais je ne mets pas n’importe quoi. J’aime avoir les dernières baskets Nike, ou Jordan, ou Adidas, des tee-shirts Calvin Klein ou Lacoste. Quand tu es populaire, il y a beaucoup plus de personnes qui viennent te parler, qui s’intéressent à toi, qui veulent être amies avec toi sur les réseaux. Mais je suis pas là à rabaisser les gens devant tout le monde. Dans les couloirs, quand un « bolos » passe, les populaires lui disent « Va te rhabiller ! », « Va te racheter...



