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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ François a commencé une tournée de quatre jours dans les pays baltes, d’où il a envoyé un message de tolérance envers les réfugiés.
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Le pape François oppose « l’hospitalité » des Lituaniens à ceux qui « expulsent les autres »

François a commencé une tournée de quatre jours dans les pays baltes, d’où il a envoyé un message de tolérance envers les réfugiés.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 12h51
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 13h34
   





                        



   


A peine arrivé à Vilnius, samedi 22 septembre, pour la première étape d’une tournée de quatre jours dans les pays baltes, le pape François a dénoncé — sans les nommer — ceux qui « expulsent les autres » et a loué « la tolérance et l’hospitalité » des Lituaniens, majoritairement catholiques.
Ses propos critiques, tenus dans l’est de Europe, semblaient viser surtout les pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque est Slovaquie), dont les autorités n’ont pas voulu accueillir sur leur territoire les réfugiés et les migrants économiques arrivés massivement en Grèce et en Italie.
Dans un discours prononcé devant les autorités lituaniennes et le corps diplomatique, réunis devant le palais présidentiel, le souverain pontife a évoqué « les voix qui sèment la division et l’affrontement » en instrumentalisant l’insécurité ou les conflits ou qui « proclament que l’unique manière possible de garantir la sécurité et la survie d’une culture réside dans l’effort pour éliminer, effacer ou expulser les autres ».
A cet égard, a-t-il poursuivi « vous, Lituaniens, avez une parole originale à apporter : “Accueillir les différences.” Par le dialogue, par l’ouverture et la compréhension, celles-ci peuvent devenir un pont qui unit l’orient et l’occident de l’Europe. Cela peut être le fruit d’une histoire arrivée à maturité, qu’en tant que peuple vous offrez à la communauté internationale et en particulier à l’Union européenne ».
Emigration des jeunes
François a fait également allusion à l’un des principaux problèmes des pays baltes, à savoir l’émigration des jeunes. Il a invité les Lituaniens à « prêter une attention spéciale aux plus jeunes, qui ne sont pas seulement l’avenir mais le présent de cette nation, à condition qu’ils restent attachés aux racines du peuple ».
Dans l’après-midi de samedi, le pape François doit rencontrer les jeunes nés après l’indépendance, sur la place de la cathédrale de Vilnius, qui fut fermée au public durant l’occupation soviétique, transformée en galerie d’art et enfin en commerce de pièces détachées pour automobiles.
La Lituanie et les autres pays baltes ont connu une croissance économique rapide, mais aussi l’apparition d’inégalités sociales et une migration massive de jeunes vers l’ouest, qui pose un sérieux problème.
Jérusalem du Nord
En souhaitant la bienvenue au pape, la présidente Dalia Grybauskaite l’a remercié de visiter la Lituanie l’année du centenaire de son indépendance et a rappelé que le Vatican, parmi les premiers à reconnaître l’Etat lituanien, n’avait jamais accepté son occupation par l’URSS, « une promesse de liberté et un espoir qui a été comblé ».
Mme Grybauskaite a également jugé « hautement symbolique » que François se trouve en Lituanie dimanche, le jour où le pays rend hommage aux victimes du génocide des juifs par les nazis. Le pape doit se recueillir et prier dimanche devant le monument aux victimes du ghetto de Vilnius.
Jusqu’en 1940, la Lituanie fut la patrie de plus de deux cent mille juifs, et Vilnius, du fait de son rayonnement spirituel, était surnommé la « Jérusalem du Nord ». Presque tous périrent pendant l’occupation nazie, entre 1941 et 1944.
Lundi, François sera en Lettonie, pays plutôt protestant, et mardi en Estonie, très majoritairement non croyante.
Le pape aime tendre la main aux plus petites communautés catholiques de la planète, tout en affichant son rapprochement avec les autres religions chrétiennes.
Silence sur les agressions sexuelles
Son 25e déplacement à l’étranger s’annonce a priori serein, après son difficile week-end, à la fin du mois d’août, en Irlande, pays meurtri par des agressions sexuelles commises par des membres du clergé par le passé.
François avait été accusé à distance par un prélat italien d’avoir longtemps sciemment ignoré les agissements de l’influent cardinal américain, Theodore McCarrick, finalement démis en juillet de son ministère pour des agressions sexuelles anciennes d’un adolescent.
Pressé de répondre par de nombreuses voix de l’Eglise, le chef de 1,3 milliard de catholiques n’est pas sorti de sa réserve avant son voyage dans les pays baltes.
Mais à la veille de son départ pour Vilnius, François a dû encore annoncer deux nouvelles démissions d’évêques chiliens.
Mardi, l’Eglise allemande publiera officiellement un rapport — déjà objet de fuites dans la presse — relatant qu’au moins 3 677 enfants ont été victimes entre 1946 et 2014 d’agressions sexuelles par 1 670 membres du clergé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Les croyances concernant l’avenir de sa propre situation économique influencent autant, sinon plus, l’opinion sur l’immigration que sa situation économique réelle, la faisant basculer vers l’extrême droite, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.
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« Hostilité aux immigrés et concurrence sociale » sont corrélées

Les croyances concernant l’avenir de sa propre situation économique influencent autant, sinon plus, l’opinion sur l’immigration que sa situation économique réelle, la faisant basculer vers l’extrême droite, explique dans sa chronique le journaliste du « Monde » Antoine Reverchon.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 11h50
    |

            Antoine Reverchon








                        



                                


                            

Recherches. Face à la montée de l’hostilité contre les migrants, les économistes ont su montrer que les arguments avancés par les partis d’extrême droite pour attirer les électeurs – « les immigrés prennent vos emplois et vos aides sociales » – ne tenaient pas la route : les migrants étant moins qualifiés, plus actifs et plus jeunes que l’ensemble de la population « indigène », ils contribuent à la hausse de la qualification (et donc des revenus) de cette dernière et sont « contributeurs nets » des systèmes sociaux.
Politologues et sociologues ont donc pris l’habitude d’aller chercher les causes du vote d’extrême droite dans le domaine de la culture et des « valeurs » (identité, religion) plus que dans la sphère socio-économique. Les partis nationalistes les ont d’ailleurs suivis dans cette voie…
Mais voilà que des recherches plus récentes remettent en selle l’idée que certains électeurs puissent voter pour l’extrême droite afin de défendre leurs intérêts matériels.
L’exemple autrichien
Charlotte Cavaillé (université de Georgetown, à Washington) et Jeremy Ferwerda (Dartmouth College, New Hampshire) ont saisi l’opportunité de la transposition, en 2005, dans le droit autrichien d’une directive européenne de 2000 sur « l’égalité raciale », imposant l’égalité d’accès des étrangers résidents aux programmes sociaux, pour voir comment le vote d’extrême droite avait évolué entre les élections législatives de 2002 et celles de 2006 dans les quartiers où, d’une part, le logement social est très présent et, d’autre part, le nombre d’immigrants avait fortement augmenté (« How Distributional Conflict Over Public Spending Drives Support for Anti-Immigrant Parties », à paraître).

Ils ont ainsi découvert que ces évolutions étaient bel et bien corrélées. La progression de l’extrême droite est encore plus forte (jusqu’à 50 % ou 60 %, contre 3,9 % en moyenne nationale) dans les quartiers où le marché du logement est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Bruxelles insiste sur une possible coopération « renforcée » avec Le Caire, qui exclut toutefois l’accueil de centres de débarquement.
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L’Union européenne mise sur l’Egypte pour réduire les départs de migrants

Bruxelles insiste sur une possible coopération « renforcée » avec Le Caire, qui exclut toutefois l’accueil de centres de débarquement.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 10h31
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Le dernier sommet européen aura-t-il davantage de chance de se concrétiser que pas mal d’autres avant lui ? Toujours en désaccord et à la recherche de « solutions européennes » pour tenter de réduire encore les flux de migrants arrivant d’Afrique (100 000 depuis le début de l’année et 1 700 morts recensées) mais, surtout, envoyer des signaux à une opinion publique ciblée par les messages des populistes sur la prétendue « submersion » du continent, les dirigeants de l’Union multiplient les projets.
A Salzbourg, le 19 et le 20 septembre, en conclusion du sommet informel des chefs d’Etat et de gouvernement, le président du Conseil, Donald Tusk, et le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, ont en tout cas beaucoup insisté sur une possible collaboration « renforcée » avec l’Egypte. Ce pays n’a, jusqu’à présent, pas constitué une voie de passage importante vers l’Europe. Mais il empêcherait l’embarquement de milliers d’illégaux et « il lutte efficacement contre la traite des êtres humains », affirme M. Kurz.

Le chancelier, dont le pays exerce la présidence tournante de l’Union jusqu’à la fin de l’année, voit dans une telle coopération un moyen de renforcer le contrôle des frontières extérieures de l’UE. Il approuve aussi le renforcement de l’agence Frontex – même si le projet de la Commission de le porter à 10 000 agents est déjà un autre sujet de débats houleux. Mais il fait silence, en revanche, sur la répartition des demandeurs d’asile et la solidarité – le sujet qui divise les Européens. Décrivant l’Egypte comme un partenaire « sérieux », M. Tusk a confirmé quant à lui qu’un sommet entre l’Union et la Ligue arabe aurait lieu au Caire en 2019. 
S’agit-il, en fait, de faire de l’Egypte le pays d’accueil des « plates-formes de débarquement régionales » en Méditerranée, ces solutions imaginées en juin pour satisfaire les Etats membres les plus hostiles à l’accueil de migrants – et même de réfugiés ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Deux camps s’affrontent avec, d’un côté, les « nationalistes » protectionnistes et, de l’autre, les « globalistes » favorables au libre-échange.
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Les conseillers commerciaux de Donald Trump tirent à hue et à dia

Deux camps s’affrontent avec, d’un côté, les « nationalistes » protectionnistes et, de l’autre, les « globalistes » favorables au libre-échange.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 10h29
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



   


Au printemps, les Chinois n’en sont pas revenus. Pas plus que les Européens, emmenés par Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, cet été : les équipes commerciales de Donald Trump se querellent et s’envoient des noms d’oiseaux devant leurs hôtes et le président. Deux camps s’affrontent : d’un côté, les « nationalistes » protectionnistes – le conseiller pour le commerce Peter Navarro et le représentant pour le commerce Robert Lighthizer – ; de l’autre, les « globalistes », républicains traditionnels influencés par Wall Street et partisans du libre-échange – le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, celui au commerce Wilbur Ross et le conseiller économique Larry Kudlow.

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M. Trump laisse faire, pris au piège de ses propres contradictions : « Eh bien, je suis un nationaliste et je suis un “globaliste”. Je suis les deux », avait expliqué le locataire de la Maison Blanche au Wall Street Journal, en avril 2017. Le point de jonction ? Prétendre que les partenaires des Etats-Unis ne jouent pas le jeu du libre-échange et s’alarmer de la volonté de puissance de la Chine.
Peter Navarro, l’idéologue antichinois. Cet ancien professeur de l’Université de Californie à Irvine a connu la célébrité avec deux ouvrages, en 2006 et en 2011, mettant en garde contre la Chine. Sa vision du conflit avec Pékin n’est pas commerciale, mais géostratégique et civilisationnelle : M. Navarro veut combattre une Chine qui conteste la suprématie américaine. Il avait rejoint très tôt l’équipe de campagne de Donald Trump, mais avait été marginalisé au fil des mois. Privé d’accès direct au président, M. Navarro, 69 ans, contourne alors ce blocage en s’invitant sur les plateaux de télévision que M. Trump regarde régulièrement. Cette stratégie porte ses fruits. Le président fait savoir qu’il apprécie la manière dont cet habile parleur s’exprime. M. Navarro profite de la démission du conseiller économique Gary Cohn, en mars 2018, lors des prémices de la guerre commerciale, pour monter en puissance. Il s’oppose frontalement au secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin, qu’il traite régulièrement de « Neville Chamberlain », en référence au premier ministre britannique qui, avec la France, passa sous les fourches caudines d’Adolf Hitler à Munich, en septembre 1938.

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Steven Mnuchin, le partisan du compromis. Le silence serait, selon la presse, la manière pour cet ancien banquier de Goldman Sachs, devenu producteur de cinéma, âgé de 55 ans, de marquer son mécontentement envers Donald Trump. Lors d’un voyage à Pékin, en mai 2018, il tente de nouer une relation personnelle avec le négociateur chinois Liu He, qu’il décide de rencontrer seul. L’affaire donne lieu à une altercation mémorable avec M. Navarro à la maison des hôtes d’Etat. M. Mnuchin remporte provisoirement la partie, annonçant que les Chinois vont réduire le déficit commercial et la « suspension » de la guerre avec l’ex-empire du Milieu. Las ! M. Navarro explique que M. Mnuchin a été mal compris et Robert Lighthizer, le représentant pour le commerce, fait savoir que les Etats-Unis sont prêts à utiliser « tous les moyens pour protéger leur technologie par les droits de douane ». Quelques jours plus tard, les premières sanctions sont décrétées.
Robert Lighthizer, l’adepte de la manière forte. A 70 ans, Robert Lighthizer apparaît comme le grand gagnant de la bataille qui se joue actuellement. Parce qu’il est le seul à maîtriser les dossiers, il est respecté par les « globalistes », mais aussi par les nationalistes, dont il partage les idées. Opposant de toujours à l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) actée en 2001, il estime que les administrations américaines successives se sont fait berner par Pékin. En conséquence, il prône la manière forte pour l’amener à changer d’attitude sur les transferts de technologie et les subventions indues à son économie.

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La formation idéologique de cet homme remonte, comme celle Donald Trump, au premier mandat de Ronald Reagan (1981-1985). A l’époque, l’ennemi désigné était le Japon. Adjoint du représentant au commerce, il obtint des accords d’autolimitation des exportations automobiles et la protection, par le biais de droits de douane, des motos Harley Davidson. Devenu avocat, il défendit pendant des années les producteurs d’acier américains. L’occasion de se confronter à l’OMC, dont les règles sont, pour lui, dévoyées au profit de la Chine. Un credo particulièrement compatible avec celui de M. Trump. Dès l’automne 2017, Robert Lighthizer avait exposé à des patrons américains médusés qu’il comprenait leur objectif de maximiser leurs profits. « Mon boulot est différent. Mon boulot consiste à représenter les travailleurs américains. Et là, nous n’allons pas être d’accord », avait-il déclaré, selon le Wall Street Journal.
Wilbur Ross, le grand perdant. A 80 ans, cet homme d’affaires, dont la fortune s’élève à 700 millions de dollars (près de 600 millions d’euros), est le plus vieux ministre jamais désigné aux Etats-Unis. Au début du mandat de M. Trump, M. Ross travaillait sur la négociation commerciale avec la Chine, avant d’être dessaisi du dossier à l’été 2017 en raison de sa trop grande mollesse. Cet hiver, il a longuement négocié avec les Européens pour éviter les taxes sur l’acier, en pure perte.
Larry Kudlow, l’opposant aux guerres commerciales. Quand Donald Trump l’appelle, cet économiste reconverti en commentateur de télévision pense qu’il va se faire sermonner du fait de ses propos critiques à propos des barrières douanières. Il s’agit en fait de le nommer économiste à la Maison Blanche, après le départ de Gary Cohn. Comme Robert Lighthizer, Larry Kudlow, 71 ans, est un ancien membre des équipes Reagan, mais version libérale. En juillet, il a donné un sérieux coup de main aux Européens pour suspendre la menace des droits de douane sur les automobiles. Il est opposé aux guerres commerciales, mais, comme il l’a résumé en juin : « La personne chargée du commerce est, sans équivoque, le président Trump ».

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                Lawrence Kudlow, commentateur vedette reaganien, futur conseiller économique de Donald Trump






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le gouvernement libéral-conservateur, sous la pression des populistes du Parti du peuple danois, impose à Danmarks Radio des économies draconiennes.
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Au Danemark, l’audiovisuel public soumis à une sévère cure d’amincissement

Le gouvernement libéral-conservateur, sous la pression des populistes du Parti du peuple danois, impose à Danmarks Radio des économies draconiennes.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 10h28
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Lors d’un entretien au Monde, avant la visite d’Etat d’Emmanuel Macron à Copenhague, fin août, le premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, interrogé sur les liens unissant son pays à la France, mentionnait le Tour de France : une véritable passion danoise. « Seuls les Néerlandais sont plus nombreux que les Danois à suivre le Tour à la télé », affirmait-il. Ravi, M. Macron a promis, au cours d’une balade à vélo dans les rues de la capitale danoise, que le grand départ aurait lieu à Copenhague « dans les prochaines années ».
Un événement, cependant, qui ne sera pas retransmis sur les chaînes publiques danoises. Le gouvernement de M. Lokke Rasmussen n’a laissé d’autre choix à Maria Rorbye Ronn, la patronne de l’audiovisuel public danois, Danmarks Radio (DR), forcée d’annoncer, mardi 18 septembre, qu’elle ne prolongerait pas le contrat de retransmission du Tour. Même chose pour les matchs de la Ligue des champions de handball. C’est le résultat de la cure d’amincissement historique imposée au groupe.

Selon l’accord sur le financement public des médias, adopté le 28 juin, par le gouvernement libéral-conservateur, avec le soutien des populistes du Parti du peuple danois (DF), DR va devoir réaliser 773 millions de couronnes (104 millions d’euros) d’économies par an, soit au total, sur les prochaines cinq années, l’équivalent de 20 % de son budget annuel. L’opposition avait claqué la porte des négociations, pour protester contre des sacrifices jugés « inacceptables ». En vain.
Le divertissement, domaine le plus touché
Mardi 18 septembre, Maria Rorbye Ronn a donc présenté un premier plan de restructuration, qui devrait permettre d’économiser 420 millions de couronnes par an sur les trois prochaines années. Les coupes sont drastiques. D’ici à 2020, DR ne diffusera plus que trois de ses six chaînes. Deux seront uniquement disponibles en ligne. Trois de ses huit radios vont aussi disparaître. Au total, entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Affaiblie et critiquée après l’échec du sommet européen, la première ministre britannique a contre-attaqué en accusant les Vingt-Sept d’avoir manqué de « respect » au Royaume-Uni.
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Brexit : retour à Londres douloureux pour Theresa May

Affaiblie et critiquée après l’échec du sommet européen, la première ministre britannique a contre-attaqué en accusant les Vingt-Sept d’avoir manqué de « respect » au Royaume-Uni.



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 14h00
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Quand un Britannique vous dit « you must come for dinner », cela n’est pas une invitation à dîner, juste une marque de politesse. Lorsqu’il lance « I hear what you say », cela ne signifie pas qu’il accepte votre point de vue mais qu’il met un terme à la conversation. Est-ce à cause de ce genre de quiproquo que le sommet européen de Salzbourg, jeudi 20 septembre, a tourné au désastre pour Theresa May et sonné le glas de son « plan Chequers » pour le Brexit ?
La première ministre britannique était arrivée le cœur presque léger au pays de La Mélodie du bonheur. Elle est tombée des nues lorsque les Vingt-Sept lui ont signifié que son projet, conçu dans la douleur et combattu par les partisans d’une rupture totale avec l’UE comme Boris Johnson, « ne fonctionnera pas ».
La presse britannique évoque presque unanimement une première ministre « tombée dans un guet-apens » et « humiliée ». Dans les médias, le « blame game » [chasse aux responsables] a commencé. Une partie d’entre eux met en cause les erreurs stratégiques et les positions intenables de Mme May, l’autre s’en prend aux dirigeants européens et en particulier à Emmanuel Macron qui a attaqué les « menteurs » du Brexit. De fait, la rebuffade de Salzbourg ravit les « hard brexiters » et affaiblit gravement Theresa May à dix jours du Congrès des Tories où elle devra les affronter.
me May a juré qu’elle ne transigerait pas et qu’elle se tenait prête à un divorce sans accord, assurant, contre toute évidence, que la balle est dans le camp de l’UE
Vendredi 21 septembre, dans une intervention volontairement dramatisée et à destination purement nationale, la première ministre a accusé les Vingt-Sept d’avoir manqué de « respect » au Royaume-Uni et constaté « l’impasse ». Mme May a juré qu’elle ne transigerait pas et qu’elle se tenait prête...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Jean-Luc Mélenchon et Bastien Lachaud, députés LFI, s’inquiètent dans une tribune au « Monde » du projet d’« Europe de la défense ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« L’Allemagne vise-t-elle une hégémonie complète en Europe ? »

Jean-Luc Mélenchon et Bastien Lachaud, députés LFI, s’inquiètent dans une tribune au « Monde » du projet d’« Europe de la défense ».



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 15h23
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Bastien Lachaud (Député de Seine-Saint-Denis (La France insoumise)) et Jean-Luc Mélenchon (Député des Bouches-du-Rhône, président du groupe La Fran...







                        



                                


                            
Tribune. L’emprise économique de l’Allemagne sur l’Europe s’affirme. Sa situation sociale est aussi critique que celle de la France, mais son poids dans les échanges commerciaux mondiaux permet à son gouvernement conservateur de parler en maître.

De ce côté-ci du Rhin, les naïfs se sont bercés d’illusions en chantant la fable du « couple franco-allemand. » Face au déclin supposé inéluctable de son influence, la France a fantasmé un partenariat entre égaux fondé notamment sur la répartition des rôles : aux Allemands, la puissance économique, aux Français la puissance diplomatique et militaire. Ce calcul montre à présent ses limites.
Postes importants monopolisés
Au sein des institutions européennes, le déséquilibre est devenu patent. Le fait a été relevé par Jean Quatremer, journaliste bien connu pour son europhilie constante : au fil des ans, tous les postes importants ont été monopolisés par des Allemands, le plus souvent apparentés à la CDU d’Angela Merkel. Les secrétaires généraux du Parlement et du Service européen d’action extérieure sont allemands ; de même que celui de la Commission, Martin Selmayr, nommé en plus en contravention des règles !
Les présidents de la Cour des comptes, de la Banque européenne d’investissement et le directeur général du Mécanisme de stabilité sont allemands. Au Parlement européen, quatre présidents de groupe sur huit sont allemands, dont ceux des deux plus nombreux. Celui du PPE, Manfred Weber, pourrait même devenir président de la Commission… Le problème posé n’est pas qu’ils soient allemands, mais qu’ils le soient tous !

Mais les ambitions allemandes ne s’arrêtent pas là. L’arrivée de Trump à la Maison blanche et la guerre commerciale qu’il a lancée amènent les Allemands à reconsidérer leurs liens avec les Etats-Unis d’Amérique. Le mois dernier, le ministre des affaires étrangères, Heiko Maas, a publié un long texte dans ce sens dans la version en anglais de Handelsblatt,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Laurent Hénart, coprésident du Mouvement radical social et libéral, appelle, dans une tribune au « Monde », à dépasser les contingences nationales en vue des élections européennes de mai 2019
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« Oui, l’Europe peut mourir au printemps »

Laurent Hénart, coprésident du Mouvement radical social et libéral, appelle, dans une tribune au « Monde », à dépasser les contingences nationales en vue des élections européennes de mai 2019



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 10h49
    |

Laurent Hénart (Maire de Nancy, coprésident du Mouvement radical social libéral)







                        



                                


                            

Tribune. Voici une dizaine d’années maintenant que les forces populistes ont déclaré la guerre à l’Europe. A la démocratie représentative, aux libertés, à l’ouverture au monde. Portées par la crise de 2008 et la déstabilisation des sociétés occidentales, elles sont arrivées au pouvoir en Pologne, en République tchèque, en Autriche, en Hongrie. La vague déferle, et rien ne semble pouvoir l’arrêter, ni les doutes qui entourent le Brexit, ni le désordre international semé par Donald Trump, ni la dérive de l’Italie, pays frère, nation fondatrice de l’Union, terre pourtant meurtrie par le fascisme il y a à peine trois générations.
Partout, les mêmes anathèmes, la même pensée unique souverainiste. Pas une journée sans amalgames entre les migrants et les réfugiés, les élus et la mafia, la presse et la propagande, l’étranger et le chômage. Entre Bruxelles et les marchés financiers. Pas une année sans que l’on constate un recul de la liberté d’expression et des droits des populations fragiles ou minoritaires.
Quarante ans après la première session du Parlement européen élu au suffrage universel, sous la présidence de Simone Veil, il est de plus en plus évident, pour les Français qui chérissent l’idéal d’une construction continentale humaniste, que les élections de mai seront les plus dramatiques de notre histoire contemporaine. Oui, l’Europe peut mourir au printemps prochain.
Barrer la route au populisme
Imaginons en effet que la France envoie à son tour un signal populiste. Un scénario tout à fait vraisemblable. Après tout, plus de la moitié des suffrages exprimés au premier tour de l’élection présidentielle de 2017 agrégeaient des aspirations extrémistes et populistes, de droite et de gauche.
Avec nos adhérents, avec Sylvia Pinel, le Mouvement radical, social et libéral achèvera ce week-end à Montpellier la préparation de son projet européen. Nous seront présents dans l’élection de mai prochain et nous pouvons, nous aussi,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le mouvement fondé en Allemagne par Sahra Wagenknecht partage avec celui de Jean-Luc Mélenchon un même populisme eurosceptique, explique Eckhard Jesse, professeur de science politique à l’université de Chemnitz, dans une tribune au « Monde ».
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« Aufstehen prend modèle sur La France insoumise »

Le mouvement fondé en Allemagne par Sahra Wagenknecht partage avec celui de Jean-Luc Mélenchon un même populisme eurosceptique, explique Eckhard Jesse, professeur de science politique à l’université de Chemnitz, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    22.09.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 10h40
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Eckhard Jesse (Professeur de science politique à l'université de Chemnitz, Allemagne)







                        



                                


                            
Tribune. Le 4 septembre, Sahra Wagenknecht – vice-présidente du parti Die Linke (« la gauche ») – a annoncé officiellement, après y avoir travaillé des mois durant, la fondation d’un nouveau mouvement, Aufstehen (« Debout »). Pour cela, elle n’a pas seulement reçu le soutien de personnalités issues de ses rangs : son initiative a été appuyée par des personnalités du SPD – le Parti social-démocrate allemand – et des Verts (même si on ne compte pas parmi elles de figures de premier plan). Plus de 150 000 personnes ont très vite signé l’appel à fondation d’Aufstehen.
Epaulée par Oskar Lafontaine, son époux, qui, avant de prendre la direction de Die Linke (de 2007 à 2010), avait présidé le SPD (de 1995 à 1999), Sahra Wagenknecht – qui est née en 1969 en RDA et avait adhéré en 1989 au SED, le Parti socialiste unifié d’Allemagne – entend fédérer différents camps de la gauche qui, jusqu’ici, ne sont pas parvenus à s’accorder. Son objectif avoué est de faire souffler un air nouveau, de regagner la confiance de ceux qui ne croient plus en la politique, mais aussi d’exercer une influence à la droite de l’échiquier politique.
« Si ce mouvement est de gauche sur le plan socio-économique, il ne l’est pas sur le plan socioculturel »
Cet appel à fondation, intitulé « Ensemble pour un pays juste et pacifique », débute ainsi : « Les dés sont pipés. Dans notre pays, en Europe et au-delà. Le profit l’emporte sur l’intérêt général, la force sur le droit des peuples, l’argent sur la démocratie, la surconsommation sur une économie soucieuse de l’environnement. Là où ne comptent que les valeurs cotées en Bourse, l’humanité est laissée sur le bas-côté. Nous nous opposons à cela : nous lutterons pour la justice et la cohésion sociale, pour la paix et le désarmement, pour la préservation de notre environnement naturel. » Cet appel à fondation n’est pas présenté comme un programme politique parachevé. Celui-ci reste en effet à concevoir avec ceux qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Le ministre des affaires étrangères explique sa volonté de « restaurer un multilatéralisme efficace » face aux « acteurs de sa déconstruction ».
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Jean-Yves Le Drian au « Monde » : « La Russie ne doit pas s’ingérer dans nos affaires »

Le ministre des affaires étrangères explique sa volonté de « restaurer un multilatéralisme efficace » face aux « acteurs de sa déconstruction ».



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 20h08
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 04h08
    |

            Nathalie Guibert, 
Alain Salles et 
Marc Semo








                        



                                


                            

Quatre-vingt-quinze chefs d’Etat et de gouvernement, dont le président Emmanuel Macron, participeront du 23 au 29 septembre à l’Assemblée générale de l’ONU, à New York. Le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui y sera aussi, en évoque les grands enjeux.
Il y a un an, le président Macron s’affirmait à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU comme le héraut d’un « multilatéralisme fort » face à Donald Trump. A-t-il pu faire bouger les lignes ?
Jean-Yves Le Drian : Indéniablement. La diplomatie vit une crise, et ce constat est toujours plus évident depuis un an. Un principe de base qui est de respecter sa parole et sa signature est ouvertement remis en cause. Un second principe, qui est de s’accorder sur les faits pour arriver à trouver un compromis, n’est plus respecté parce que les faits sont manipulés, niés, refusés. S’il n’y a plus de vérité commune, partagée, comment dialoguer ? En outre les acteurs de la déconstruction du multilatéralisme intensifient leurs attaques méthodiques.
Il nous faut donc agir pour restaurer un multilatéralisme efficace. Afin de sauver l’essentiel du système mis en place après la seconde guerre mondiale, il est nécessaire d’en réformer les outils majeurs à notre disposition, notamment les Nations unies ou l’Organisation mondiale du commerce. Des forums nouveaux comme celui de Paris sur la paix, qui se tiendra le 11 novembre, ou le sommet One Planet sur le climat, initié par le président de la République, sont des innovations qui renouvellent le multilatéralisme.
La mise en place du G5 Sahel avec le soutien de la France et de ses partenaires internationaux est un exemple de ce que nous pouvons faire pour que le multilatéralisme retrouve de la vigueur. La France doit être une force d’initiative, en travaillant avec ce que j’appelle « des puissances de bonne volonté » qui, comme elle, sont arrimées aux enjeux démocratiques, au droit,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le blasphème est aujourd’hui interdit en vertu de l’article 40.6.1 de la Constitution irlandaise et toujours punissable, malgré une législation considérée désormais comme obsolète.
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Un référendum sur l’abrogation du blasphème se tiendra le 26 octobre en Irlande

Le blasphème est aujourd’hui interdit en vertu de l’article 40.6.1 de la Constitution irlandaise et toujours punissable, malgré une législation considérée désormais comme obsolète.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 19h14
   





                        


Après avoir légalisé l’avortement et le mariage homosexuel à la suite d’un vote populaire, les Irlandais se rendront une nouvelle fois aux urnes le 26 octobre pour se prononcer sur l’abrogation du blasphème dans la Constitution, a annoncé vendredi 20 septembre le gouvernement irlandais.
Le blasphème est aujourd’hui interdit en vertu de l’article 40.6.1 de la Constitution irlandaise et punissable, malgré une législation considérée désormais comme obsolète. En 2017, le ministre de la santé, Simon Harris, l’avait jugée « absurde » et « un peu embarrassante », selon le journal The Irish Times.

        Lire aussi :
         

                Les lois anti-blasphème, un outil de répression qui menace l’ensemble de la planète



La « femme au foyer » toujours dans la Constitution
Le vote se tiendra le même jour que l’élection présidentielle en Irlande. Les électeurs se prononceront sur l’introduction du 37e amendement à la Constitution abrogeant la loi actuelle.
En mai, les Irlandais avaient approuvé à une majorité de plus de 66 % la libéralisation de l’avortement par référendum, un nouveau séisme socioculturel dans cette petite république catholique de 4,7 millions d’habitants, trois ans après la légalisation du mariage homosexuel.
Un autre référendum est envisagé pour décider du sort de l’article 41.2.1 de la Constitution, qui dispose que la place de la femme est au foyer, mais aucune date n’a été fixée.

        Lire l’analyse :
         

          Le référendum irlandais, une leçon pour les Britanniques et l’Europe






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Ni les Vingt-Sept ni le Royaume-Uni ne veulent réinstaurer une frontière entre les deux Irlandes, mais ils sont en désaccord sur la solution.
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Brexit : qu’est-ce que le « backstop » proposé par l’UE pour résoudre la question irlandaise ?

Ni les Vingt-Sept ni le Royaume-Uni ne veulent réinstaurer une frontière entre les deux Irlandes, mais ils sont en désaccord sur la solution.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 18h05
   





                        



   


C’est l’un des points les plus délicats des négociations sur le Brexit entre l’Union européenne et le Royaume-Uni : quid de la frontière entre la République d’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord ? Aucune solution n’a jusqu’ici été trouvée entre les deux camps.
Et pourtant le temps presse : les Vingt-Sept, réunis jeudi 20 septembre à Salzbourg, en Autriche, souhaitent boucler les discussions avec Londres d’ici à la mi-novembre, alors que le Brexit aura lieu le 29 mars 2019.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Brexit : l’art du « deal »



Pour sortir de cette impasse sur la question irlandaise, le négociateur en chef pour l’UE, Michel Barnier, a proposé la mise en place d’une clause de sauvegarde, intitulée « backstop », pour empêcher le retour d’une frontière physique entre les deux Irlandes. Mais cette hypothèse est jusqu’ici rejetée par le gouvernement britannique.
Quel est le problème avec la frontière irlandaise ? 
Avec la sortie du Royaume-Uni de l’UE, les 500 kilomètres qui séparent la province britannique d’Irlande du Nord de la République d’Irlande vont redevenir une frontière physique. Londres ayant décidé de sortir du marché unique et de l’union douanière, synonymes de liberté de circulation et de normes et droits de douane communs, des contrôles aux frontières seront nécessaires.

        Lire aussi :
         

                Le Brexit ébranle vingt années de paix en Irlande



Or, ce retour à une frontière entre les deux pays fragiliserait les accords de paix du Vendredi saint, qui mirent fin, en 1998, à trente ans de conflit armé entre nationalistes et unionistes en Irlande du Nord. Les habitants et les entreprises des deux côtés souhaitent garder une frontière aussi invisible que possible, au moment où 31 % des exportations nord-irlandaises allaient en Irlande en 2016 et que près de 30 000 personnes passent quotidiennement de l’autre côté.
Qu’est-ce que le « backstop », proposé par l’Union européenne ?
Dans l’accord conclu en décembre 2017, le Royaume-Uni et l’UE promettent de tout faire pour éviter le rétablissement de contrôles le long de la frontière entre les deux pays. Les négociateurs de l’Union européenne souhaitent ainsi mettre en place un statut spécial pour l’Irlande du Nord, avec un alignement réglementaire sur le continent.

        Lire aussi :
         

                Brexit : pour les Européens, « l’heure de vérité » a sonné



Michel Barnier a donc proposé le « backstop », ou « filet de sécurité », qui est une clause temporaire de sauvegarde pour conserver cette frontière ouverte aux biens et aux personnes. Le temps de se mettre d’accord sur la « relation future » entre l’UE et Londres, dont la date butoir est fixée au 31 décembre 2020, l’Irlande du Nord resterait alignée sur les normes européennes (sanitaires, réglementaires, fiscales, etc.), pour éviter de remettre en place les contrôles des biens avec la République d’Irlande. Et les contrôles des marchandises, rendus nécessaires à la suite du départ du Royaume-Uni de l’UE, seraient effectués entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.
Pourquoi le gouvernement britannique rejette-t-il cette proposition ?
La proposition de Michel Barnier a été jugée inacceptable par le gouvernement britannique. Et pour cause, elle reviendrait à unifier l’île d’Irlande en l’amarrant à l’Union européenne. De plus, la première ministre britannique, Theresa May, a besoin des voix des dix députés nord-irlandais du Parti unioniste démocrate (Democratic Unionist Party, DUP) pour conserver sa majorité absolue à la Chambre des communes. Or, ceux-ci excluent la mise en place de contrôles entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne.
Londres a alors proposé que le « backstop » s’applique à tout le Royaume-Uni et soit limité dans le temps. Deux éventualités que Bruxelles a rejetées. Face aux réticences du gouvernement britannique, Michel Barnier a d’ailleurs prévenu à la fin d’août : « Sans backstop, il n’y a pas d’accord. »
Mais en début de semaine, avant le sommet de Salzbourg, le négociateur de l’UE a fait savoir qu’il était prêt à « améliorer » ses propositions. « La plupart des contrôles peuvent avoir lieu loin de la frontière, dans les locaux des entreprises », a-t-il notamment proposé.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Philippe Bernard, correspondant du « Monde » à Londres, a répondu à vos questions après le rejet par les Vingt-Sept des propositions de la première ministre britannique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 21/09/2018
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Brexit : « Theresa May s’attendait à des paroles encourageantes. Elle est tombée des nues »

Philippe Bernard, correspondant du « Monde » à Londres, a répondu à vos questions après le rejet par les Vingt-Sept des propositions de la première ministre britannique.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 06h12
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Réunis pour un sommet, jeudi 20 septembre à Salzbourg (Autriche), les vingt-sept chefs d’Etat ou de gouvernement de l’Union européenne (UE) ont unanimement rejeté le « plan Chequers », proposé par Londres dans le cadre du Brexit.
Theresa May espérait, avec ce compromis, ménager un accès au marché unique européen pour les produits britanniques. Avec ce revers, la première ministre apparaît fragilisée au sein de son propre gouvernement mais aussi au sein du Parti conservateur (tories).
Philippe Bernard, correspondant du Monde à Londres, a répondu à vos questions après le rejet par les Vingt-Sept des propositions de Mme May.

        Lire aussi :
         

                Brexit : pour Theresa May, « nous sommes dans une impasse »



Manu : Quelles seraient les conséquences d’un « no deal » ?
En cas de « no deal », les relations douanières entre le Royaume-Uni et l’UE seront régies par les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Autrement dit : retour des droits de douane, files d’attente à Calais (Pas-de-Calais) et à Rotterdam (Pays-Bas), incertitude sur les liaisons transmanche et les liaisons aériennes, rupture des chaînes d’approvisionnement des constructeurs automobiles britanniques (entre autres).
C’est un scénario décrit comme catastrophique pour le Royaume-Uni mais aux graves conséquences également pour l’UE, à commencer par la région des Hauts-de-France.
Les Britanniques mettent en place des plans d’urgence pour assurer le maintien minimal de l’approvisionnement en vivres (largement importées du continent) et en médicaments.
« Je ne comprends pas » : Pourquoi parle-t-on de tournant par rapport au Brexit ?
En refusant le « plan Chequers » de Theresa May, les Vingt-Sept ont percé l’abcès et mis un terme au temps des faux-semblants. Ce « plan », qui consistait à demeurer dans le marché unique pour les marchandises et à le quitter pour pouvoir « diverger » de l’UE sur les services – le point fort de l’économie britannique – est incompatible avec l’intégrité du marché unique et la souveraineté des Vingt-Sept.
Theresa May ne l’a pas compris. Hier, elle s’attendait à des paroles encourageantes. Elle est tombée des nues.
MrGeg : Quelle est la probabilité que le gouvernement de Theresa May tombe et que Jeremy Corbyn gagne les élections qui en découleraient ?
Le rejet du « plan Chequers » de Mme May affaiblit énormément sa position au gouvernement mais aussi au sein du Parti conservateur, dont le congrès aura lieu dans dix jours. Il renforce le camp des « hard brexiters », comme Boris Johnson, qui a démissionné du gouvernement précisément pour dénoncer le « plan Chequers », qu’il voit comme une reddition à l’UE.
Mais il n’y aura de nouvelles élections que si l’accord final avec l’UE (attendu pour octobre ou novembre) est rejeté par le Parlement de Westminster. Cela est possible car le Labour votera très certainement contre, de même que certains députés conservateurs ultralibéraux. Tout dépend du contenu de l’accord final.

        Notre décryptage sur ce mécanisme :
         

          qu’est ce que le « backstop » ?



Gusgonka : Theresa May a-t-elle encore de la marge pour sortir du Brexit ?
Mme May répète que son pays sortira de l’UE le 29 mars 2019 quoi qu’il arrive et qu’il n’est pas question d’organiser un second référendum. Seule une crise politique – possible – pourrait changer ce cours des choses. Etant donné que 70 % des électeurs conservateurs sont favorables au Brexit, en sortir est pour elle suicidaire.
Louise : Il semble que depuis deux ans, les questions d’ordre intérieur l’emportent sur les enjeux européens. Or c’est avec Bruxelles que les Britanniques doivent d’abord négocier. Comment expliquer cette analyse à courte vue ?
Le cœur de la négociation se passe au sein du Parti conservateur et n’est toujours pas soldé. Le conflit sur l’UE au sein des tories est ancien (Margaret Thatcher en a été victime). David Cameron pensait qu’il allait le solder définitivement en organisant un référendum qu’il gagnerait facilement. On connaît la suite.
Cette obsession européenne en politique intérieure se double d’une incapacité très insulaire à écouter, et a fortiori à comprendre le point de vue des continentaux. C’est paradoxal car le marché unique, qui scelle aujourd’hui l’unité des Vingt-Sept, est une invention britannique.
Live : Comment imaginer une frontière « passoire » en Irlande du Nord alors que les Britanniques ont quitté l’UE en grande partie à cause de l’immigration ?
Ce que vous appelez frontière « passoire » est une réalité depuis vingt ans, liée aux accords du Vendredi Saint de 1998. C’est une composante essentielle du retour de la paix civile. Les postes frontières recréés entre les deux Irlandes seraient immédiatement des cibles d’attentat. La « frontière » qui pose désormais le plus grand problème est celle de la mer d’Irlande, autrement dit celle entre la Grande-Bretagne et l’île d’Irlande. Pour Londres, des contrôles sur cette frontière seraient inacceptables, car l’Irlande du Nord fait partie du Royaume-Uni. Pour les Vingt-Sept, l’Irlande est désormais une porte d’entrée dans le marché unique européen et il n’est pas question de la laisser ouverte. D’où l’idée de contrôles douaniers non pas entre les deux Irlandes mais au départ des ports britanniques.
Beleg : Peut-on imaginer que le DUP (Democratic Unionist Party, Parti unioniste démocrate) d’Irlande du Nord lâche finalement Theresa May même si cela entraîne de nouvelles élections ?
Theresa May a besoin des dix députés du DUP, pour conserver sa majorité au Parlement. Si elle fait des concessions sur les contrôles douaniers entre le Royaume-Uni et l’Irlande – ce qui semble inévitable si elle veut éviter le crash –, alors il est possible que le DUP la lâche et que son gouvernement tombe.

        Notre décryptage sur ce mécanisme :
         

          qu’est ce que le « backstop » ?



En pause : Peut-on imaginer un référendum nord-irlandais et écossais pour sortir du Royaume-Uni en cas de « no deal » ?
Non, pas à ce stade. Ce qui est envisageable – et souhaité par une majorité de Britanniques, selon les sondages –, c’est un référendum au Royaume-Uni sur l’accord final sur le Brexit. Une hypothèse qui résulterait d’un rejet de cet accord par le Parlement.
Un référendum en Ecosse devrait être autorisé par Londres, et les indépendantistes écossais ne le réclament pas, car ils ne seraient pas certains de le gagner. Quant à un référendum sur la réunification de l’Irlande, il est possible en vertu des accords de paix de 1998. Mais les sondages indiquent que les partisans du statu quo l’emporteraient. Une accélération de la crise du Brexit pourrait cependant faire basculer l’opinion. En Irlande du Nord (qui a voté en majorité contre le Brexit), la réunification est le seul moyen de rester dans l’UE.
Lucien : Exiger le maintien de l’Irlande du Nord dans le giron réglementaire de l’UE, n’est-ce pas mettre en cause l’intégrité territoriale du Royaume-Uni d’un point de vue juridique ?
C’est une véritable question. C’est un peu comme si, en France, l’on voulait imposer des contrôles douaniers entre la Corse et le continent. Mais d’une part l’histoire de l’Irlande est très particulière et d’autre part, la préservation des frontières du marché unique européen est un impératif vital pour l’UE.
On peut aussi rappeler que l’Irlande du Nord, bien que rattachée au Royaume-Uni, a une législation différente de ce dernier dans de nombreux domaines. A commencer par le droit à l’avortement, qui n’y est pas reconnu. Les dernières propositions de la Commission européenne tendent à faire effectuer les contrôles dans les ports de Grande-Bretagne par des agents britanniques. Si un compromis est trouvé, ce devrait être autour de cette idée.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ La foire Contemporary Istanbul renouvelle son offre en proposant des stands à des commissaires indépendants.
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A Istanbul, l’art en effervescence malgré la crise

La foire Contemporary Istanbul renouvelle son offre en proposant des stands à des commissaires indépendants.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h14
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

Et si une solution à la crise du marché de l’art venait d’Istanbul ? Car crise il y a, malgré les records de quelques artistes en vente aux enchères. Les galeries, partout dans le monde, sont désertes, les collectionneurs ont perdu l’habitude de s’y promener comme jadis, ils préfèrent désormais faire leurs emplettes dans les foires. Il faut donc, pour les marchands, y participer, mais voilà : il y en a environ 300 par an dans le monde, les plus importantes sont sévèrement sélectives, et y être admis entraîne des frais souvent considérables, qui peuvent plomber les comptes d’une entreprise en cas de mévente.

Olav Velthuis, professeur de ­sociologie à l’université d’Amsterdam, s’en est récemment alarmé dans les colonnes du New York Times : selon lui, une solution consisterait en une modulation du prix des stands, les grosses galeries payant plus que les petites, ce que semble décidée à faire Art Basel, la plus importante foire du monde. Une autre serait de se montrer plus souple sur les critères d’admission, qui interdisent par exemple à un marchand ne possédant pas de local commercial de participer : or ceux-ci, et surtout les plus jeunes, sont de plus en plus nombreux à préférer des expositions ponctuelles, dans des lieux variés, à la location à l’année d’espaces souvent trop coûteux. Olav Velthuis suggère aussi d’ouvrir plus largement les foires à des expositions proposées par des commissaires indépendants.
Sans faire injure à nos amis stanbouliotes, il faut admettre que le goût turc est, comment dire, un peu chargé…
C’est exactement ce que fait ­Contemporary Istanbul, dont la treizième édition se tient jusqu’au dimanche 23 septembre. Son président, Ali Güreli, a trouvé suffisamment de mécénat pour ­baisser le prix des stands, voire les offrir complètement aux ­exposants quand leur projet lui semblait pouvoir apporter un « plus » à sa foire. C’est le cas du stand « Excuse my french », proposé par l’ancien directeur du ­Palais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Le discours antimigrants  de Viktor Orban cache sa volonté de détruire la démocratie hongroise. Si l’UE allait au bout de la logique de ses valeurs, cela signifierait l’exclusion du pays, estime le philosophe.
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Luuk van Middelaar : « La Hongrie est devenue une autocratie électorale »

Le discours antimigrants  de Viktor Orban cache sa volonté de détruire la démocratie hongroise. Si l’UE allait au bout de la logique de ses valeurs, cela signifierait l’exclusion du pays, estime le philosophe.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h09
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 12h18
    |

            Philippe Ricard








                        



                                


                            
Luuk van Middelaar est philo­sophe politique et professeur de droit européen à l’université de Leyde, aux Pays-Bas. Ancien conseiller du président du Conseil européen Herman Van Rompuy (2010-2014), il est l’auteur de Quand l’Europe improvise (Gallimard), à paraître le 18 octobre. Il tire les enseignements du vote des eurodéputés, le 12 septembre à Strasbourg, en vue d’activer contre la Hongrie la procédure pouvant aller jusqu’à la suspension de ses droits de vote (article 7).

Que signifie le vote du Parlement ­européen en faveur de la procédure de sanctions prévue à l’article 7, à l’encontre de la Hongrie de Viktor Orban ?
C’est un moment de clarification et de reconfiguration pour la droite au sein du Parti populaire européen (PPE). Le centre droit cherche à se démarquer des extrêmes, qu’ils soient nationalistes ou antidémocrates, dans un contexte où les deux familles politiques au cœur de la construction européenne sont ébranlées comme jamais.
La social-démocratie est touchée par la grande crise financière de 2008. Bien en dessous de 10 % en France ou aux Pays-Bas, les scores des socialistes atteignent des chiffres qui auraient été considérés comme absurdes voici dix ans. L’autre grande famille – le ­centre droit, les chrétiens-démocrates et les conservateurs – est de son côté secouée par la crise migratoire, qui s’est accentuée depuis 2015 et l’arrivée de centaines de milliers de réfugiés, en particulier en Allemagne.
Orban se présente pourtant comme un chrétien-démocrate pour rassurer ses alliés de droite…
Oui, mais on distingue deux lignes a priori irréconciliables dans la famille chrétienne-démocrate. Celle de la chancelière allemande, Angela Merkel, dans le rôle du bon samaritain, ouverte à l’immigration, plaidait pour une forme de solidarité européenne. Celle d’Orban, qui se veut le croisé de l’Occident, est quant à elle antimigrants et très identitaire, avec un discours...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le plan britannique dit « de Chequers » a été refusé par l’UE. Mais pour Donald Tusk, un compromis « bon pour tous » est encore possible.
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Brexit : pour Theresa May, « nous sommes dans une impasse »

Le plan britannique dit « de Chequers » a été refusé par l’UE. Mais pour Donald Tusk, un compromis « bon pour tous » est encore possible.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
22.09.2018 à 07h00
   





                        



   


La première ministre britannique a estimé, vendredi 21 septembre, que les négociations du Brexit entre Londres et Bruxelles étaient « dans une impasse », après le rejet par les Européens de la proposition britannique lors du sommet informel de Salzbourg.
« Il est inacceptable de rejeter la proposition d’une des parties sans explication détaillée et sans contre-proposition », a-t-elle déploré dans une déclaration depuis son bureau de Downing Street.
A Salzbourg, le rejet sans équivoque par les Vingt-Sept de la proposition britannique, jugée incompatible avec l’intégrité du marché unique et le maintien des quatre libertés de circulation (biens, services, personnes et capitaux), a cueilli Theresa May à froid tant elle espérait un geste pour la conforter face à son parti ultra-divisé sur le Brexit.
Mme May a maintenu que le « plan de Chequers », qui avait été présenté par son gouvernement en juillet et qui prévoit le maintien d’une relation économique étroite avec la création d’une zone de libre-échange pour les biens industriels et les produits agricoles, restait « la meilleure manière de protéger les emplois [au Royaume-Uni] et en Europe ».

        L’analyse :
         

          « Theresa May s’attendait à des paroles encourageantes. Elle est tombée des nues »



L’option du « backstop » exclue
Cette proposition doit aussi, selon le gouvernement britannique, permettre de maintenir les échanges économiques sans créer de « frontière physique » entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Mais le rejet de ce plan par l’Union européenne revient, de fait, à s’en tenir à la solution dite du « filet de sécurité », convenue en décembre dernier.
Cette alternative, dite de backstop en anglais, consiste à garantir un alignement réglementaire de l’Irlande du Nord sur l’UE faute d’autre accord. Elle a été exclue par Mme May.

        Notre décryptage sur ce mécanisme :
         

          Qu’est-ce que le « backstop » ?



« Comme je l’ai dit aux dirigeants européens, aucune des deux parties ne devrait demander l’inacceptable à l’autre, a-t-elle soutenu. Nous ne pouvons accepter quoi que ce soit qui menacerait l’intégrité de notre royaume. » « Nous avons désormais besoin d’entendre de la part de l’UE ce que sont les vrais problèmes et les alternatives qu’ils proposent, a-t-elle conclu. D’ici là, nous ne pourrons faire aucun progrès. »
De son côté, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a répondu vendredi soir qu’il était convaicu qu’un compromis « bon pour tous » est encore possible. « Pour le bien des négociations, et par respect pour les efforts de la première ministre Theresa May, nous avions décidé de considérer le plan de Chequers comme un pas dans la bonne direction », a-t-il ajouté. M. Tusk a expliqué que c’est « la position britannique, avant et pendant le sommet de Salzbourg, étonnement dure et intransigeante », qui a amené les dirigeants européens à « réitérer leur position sur l’intégrité du marché unique ».
Fragilisée depuis la perte de sa majorité parlementaire absolue après les élections législatives anticipées qu’elle avait convoquées en juin 2017, Mme May sait qu’elle est attendue au tournant par les tenants d’une rupture nette avec Bruxelles, qui voudraient la déboulonner.



                            


                        

                        


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Reportage

La Chinafrique truste les petits commerces à Palerme

Chronique de la Méditerranée. Pour certains commerçants chinois de la capitale sicilienne, les migrants constituent une main-d’œuvre corvéable.

Par                Antoine Harari



LE MONDE
              datetime="2018-09-21T15:35:42+02:00"

        Le 21.09.2018 à 15h35






    
Dans les rues de Palerme, en Italie.
Crédits : Francesco Bellina / Cesura


Chronique de la Méditerranée. Le Monde Afrique se propose de raconter le parcours de migrants africains qui ont pris la route de l’Europe et tentent de construire une vie nouvelle, avec ou sans papiers.
Un jeune Nigérian s’enfonce dans une cave de la rue Lincoln, à Palerme. De grosses gouttes de sueur coulent sur ses épaules. Les marchandises empilées sur un diable bleu le dépassent d’une tête. A quelques mètres de lui, Mamadou le montre du doigt : « Tu vois, c’est là que je travaillais il y a quelques mois. Tu ne t’arrêtes jamais, de 8 heures du matin à 8 heures du soir. Et même en hiver, je te promets que tu n’as pas froid ! »
Mamadou travaille toujours pour un patron chinois. Mais, raconte-t-il fièrement, celui-ci lui verse désormais 150 euros par semaine, au lieu des 120 qui constituent la norme. Soucieux d’éviter les contrôles de la Guardia di Finanza, le robuste Gambien, arrivé à Catane à l’été 2016, scrute nerveusement l’artère commerçante qui relie la gare de Palerme au front de mer, où ont fleuri les enseignes chinoises.

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Ces commerçants vendent de tout mais surtout de la marchandise à bas prix. Dans l’un de ces entrepôts, s’amoncellent des jeans et des chemises sous cellophane, dans l’autre, c’est du matériel de jardinage et des meubles en plastique. Plus loin, on aperçoit un magasin d’électroménager. Depuis quelque temps, les ressortissants de l’empire du Milieu ont compris que les jeunes migrants sans papiers représentaient une opportunité économique pour eux.
« Impossible de travailler légalement »
Cette année, selon le gouvernement, près de 10 000 Africains ont débarqué sur les côtes italiennes. Pour le plus grand bonheur de certains commerçants. « Les règles sont toujours les mêmes. Ils ne prennent que des gens au noir. Ils nous promettent de nous aider à obtenir des papiers, mais ce sont des mensonges », fulmine Mamadou. « J’ai aidé mon précédent patron à installer tous les meubles de son magasin. Un ouvrier italien lui avait demandé 1 500 euros. Moi, il m’en a donné 50. »

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Alors que nous remontons sur la rue Lincoln, Aboubacar, jeune Malien fraîchement débarqué de l’enfer libyen, profite de l’absence de son patron non pas pour dénoncer ses conditions de travail mais pour blâmer le gouvernement italien. « Nous n’avons pas de statut, il nous est impossible de travailler légalement. Du coup, les Chinois sont notre seule option. Ils nous engagent pour faire la sécurité et vérifier que personne ne vole de la marchandise. Nous nous occupons aussi de décharger les produits. »
Aboubacar gagne 120 euros par semaine. Il s’est résigné. « J’ai tenté ma chance dans le nord, explique-t-il. Ils m’ont mis dans le camp de la Croix-Rouge à Milan. Impossible de travailler là-bas ! J’ai dû revenir en Sicile. » En effet, la Lombardie est la région qui accueille le plus de migrants : plus de 25 000 sur les 180 000 comptabilisés en 2017 par les autorités. La Sicile a, pour sa part, accueilli sur cette même année près de 15 000 arrivants, pour la plupart en provenance du continent africain. Si Aboubacar espère encore pouvoir atteindre un autre pays, il est limité par ses horaires éreintants : de 7 heures du matin à 8 heures du soir.
Billets de 500 euros
Forte de près de 3 000 âmes à Palerme et 6 000 dans les alentours, la communauté chinoise est fidèle à sa réputation de discrétion. Aucun commerçant n’a accepté de nous parler. Mais un comptable palermitain nous a confirmé, sous le couvert de l’anonymat, que les salaires des employés africains n’apparaissaient nulle part. « Aucun d’eux n’est déclaré. Ils gagnent environ 15 euros par jour. Mais administrativement ils n’existent pas », nous raconte-t-il depuis son bureau.
Une situation de quasi-exploitation qui n’étonne pas Salvatore. Ce commerçant installé rue Lincoln depuis plus de trente ans voit d’un mauvais œil le développement des commerces asiatiques. « Aujourd’hui, il n’y a plus que cinq magasins tenus par des Palermitains sur les soixante de la rue ! Avec les migrants, les Chinois font comme nous quand on les force à récolter des tomates : ils profitent de leur faiblesse », souffle-t-il, désabusé.

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Front dégarni et cigarette au bec, il ajoute depuis l’entrée de son échoppe de tissus : « Le problème, c’est que les Chinois ne déclarent rien. Ce n’est pas un hasard si toutes les coupures de 500 euros à Palerme sont entre leurs mains. Ils achètent ces billets plus cher [que leur valeur faciale] parce que ça prend moins de place à transporter. »
Si la création de la Chinatown palermitaine a donné lieu à toutes sortes de fantasmes, la collaboration entre patrons chinois et employés africains est devenue courante. Mais, de manière générale, ces derniers ne restent pas longtemps. « J’étais l’un des premiers à travailler ici, j’ai même fait engager sept de mes amis gambiens. Mais le jour où je reçois mes papiers, je démissionne immédiatement », confirme Mamadou.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Dans le débat sur un éventuel changement de frontières entre les deux pays s’entrechoquent éthique et pragmatisme.
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Kosovo-Serbie : un échange de territoires fondé sur des critères purement ethniques inquiète

Dans le débat sur un éventuel changement de frontières entre les deux pays s’entrechoquent éthique et pragmatisme.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 14h49
    |

            Marc Semo et 
Benoît Vitkine








                        



                                


                            
« Il ne faut pas confondre inviolabilité et intangibilité des frontières, explique le géographe Michel Foucher. Les frontières sont inviolables en droit international, c’est-à-dire qu’elles ne peuvent être remises en cause par la force, mais elles ne sont pas intangibles : elles peuvent bouger s’il y a un accord entre les parties. »
Reconnu en 1975 lors de la conférence d’Helsinki entre l’URSS et les Occidentaux, rappelé solennellement en 1990 par la Charte de Paris, ce principe a permis la réunification allemande après la chute du Mur. « Entre 1989 et 1992, furent créées en Europe – Ukraine et Biélorussie comprises – vingt-deux nouvelles frontières, longues de 11 149 kilomètres », a ainsi calculé Michel Foucher. Dans le cas d’un échange territorial entre le Kosovo et la Serbie cependant, il s’agirait pour la première fois de nouvelles frontières tracées sur une base purement ethnique, et non plus sur les délimitations administratives antérieures des républiques constitutives ou des régions autonomes de la défunte Yougoslavie.

Cette nouveauté, dans une région où la question ethnique reste très vive, a incité la plupart des observateurs à la prudence. « Nous connaissons assez bien les Balkans occidentaux pour savoir qu’une telle démarche serait exploitée par des politiciens nationalistes pour continuer à mettre en cause les frontières et déstabiliser d’autres pays de la région », écrivaient fin août, dans une lettre ouverte à la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, trois anciens hauts représentants internationaux en Bosnie-Herzégovine. Pour Michael Roth, ministre allemand des affaires européennes, cela « ouvrirait la boîte de Pandore des récriminations ethniques. L’avenir des Balkans occidentaux est multiethnique, multireligieux et multiculturel. »
« Derrière cette proposition [d’échange territorial], il y a l’idée sous-jacente que l’on peut résoudre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ A partir du 15 octobre, les SDF n’auront plus le droit de vivre dans les rues. C’est l’une des mesures qui ont conduit les eurodéputés à voter pour le déclenchement l’article 7 des traités de l’Union à l’encontre de la Hongrie.
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Après les migrants, Orban s’en prend aux sans-abri hongrois


                      A partir du 15 octobre, les SDF n’auront plus le droit de vivre dans les rues. C’est l’une des mesures qui ont conduit les eurodéputés à voter pour le déclenchement l’article 7 des traités de l’Union à l’encontre de la Hongrie.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 13h52
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 19h28
    |

            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                              

                        

Le couloir du foyer pour sans-domicile-fixe est sombre. Laszlo Pokornyi déambule en fauteuil roulant. Il vient d’être opéré d’une sale tumeur, très mal placée, près de la colonne vertébrale. Âgé de 50 ans, ce Hongrois a été jeté à la rue par la crise financière de 2008. Comme nombre de ses compatriotes, il avait contracté un emprunt immobilier en francs suisses. Avec l’inflation, les mensualités sont vite devenues impossibles à honorer. Son appartement a été vendu aux enchères. Et, après vingt-sept ans à réparer du matériel de boulangerie, il a « fini là », comme il dit tristement. « Heureusement, j’ai pu trouver une place au chaud, ici, à Budapest. C’est une ancienne usine à gaz, transformée en infirmerie. Elle est tenue par l’Ordre de Malte. Sinon, j’aurais passé ma convalescence en prison », peste-t-il.
Interdiction d’habiter dans « l’espace public »
À la suite de sa réélection, le 8 avril, le souverainiste Viktor Orban a décidé de bannir, purement et simplement, les sans-domicile-fixe des rues de son pays d’Europe centrale. Fin juin, alors que la Hongrie verbalisait déjà la mendicité et la consommation d’alcool sur la voie publique, ce chantre de la « démocratie illibérale » a fait passer un amendement à la Constitution, qui va devenir effectif le 15 octobre. La loi fondamentale stipule désormais qu’il est « interdit d’utiliser l’espace public comme une habitation », ce qui a été relevé comme une atteinte aux droits sociaux par le désormais fameux rapport Sargentini, ayant servi de base aux députés européens pour déclencher l’article 7 du traité de l’Union à l’encontre de la Hongrie, le 12 septembre.

Lorsqu’elle croisera un sans-abri, endormi dans son sac de couchage, la police devra donc le verbaliser. Ceux qui ne pourront pas payer passeront par la case prison, s’ils refusent d’effectuer un travail d’utilité publique. Et cela inquiète beaucoup Betty. Ancienne vendeuse, elle vit dans une tente...




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Corollaire de la bonne santé de l’économie et de la faiblesse des taux d’intérêt, le pays a connu une augmentation inédite des prix de l’immobilier dans ses grandes villes.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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En Allemagne, la bombe sociale du logement cher

Corollaire de la bonne santé de l’économie et de la faiblesse des taux d’intérêt, le pays a connu une augmentation inédite des prix de l’immobilier dans ses grandes villes.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 17h03
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                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Michail Nelken nous a donné rendez-vous au café Rhino, au cœur du quartier de Prenzlauer Berg, à Berlin. En cet après-midi de septembre, il est difficile de résister au charme des lieux : les grands trottoirs accueillent ceux qui ont le temps de prendre un café à l’ombre des arbres. Les élégantes façades du début du XXe siècle, rénovées il y a quelques années, renvoient une douce chaleur. Il y a si peu de circulation qu’on entend les cris des enfants qui jouent au parc, à quelques dizaines de mètres de là. Longtemps, à Prenzlauer Berg, une population très mélangée a profité avec nonchalance de cette exceptionnelle qualité de vie, avec des loyers bien plus faibles que dans d’autres grandes villes allemandes et européennes. Mais cet âge d’or est révolu.
« La procédure est toujours la même », explique M. Nelken, qui vit dans le quartier depuis 1979. « Des investisseurs rachètent les appartements, puis font des rénovations. On refait la façade, change les fenêtres, renforce l’isolation, rénove le système de chauffage. A la fin, le nouveau propriétaire réclame le double du loyer. Ceux qui ne peuvent pas se le permettre doivent quitter les lieux. Et c’est tout un quartier qui perd son âme. 85 % de la population de Prenzlauer Berg a changé depuis la réunification. »
Dans ce quartier, depuis quelques années, on ne voit presque plus de personnes âgées et on n’entend plus le dialecte berlinois. Les rénovations des années 2000 ont attiré des familles plus jeunes, venues d’Allemagne du Sud et de l’Ouest pour travailler dans le secteur artistique, les ministères ou les lobbys. Puis, avec l’émergence de l’économie numérique, le quartier s’est internationalisé. Aux rénovations des immeubles anciens ont succédé les nouvelles constructions, la plupart luxueuses. Depuis quelques années, ce sont de véritables « condominiums » à l’américaine qui sont sortis de terre : des immeubles aux cours fermées, protégés par des portes à codes,...




                        

                        

