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La Bajon, l’humour et la colère

La comédienne, dont les vidéos font le buzz sur YouTube, fait ses débuts sur scène au Grand Point Virgule avec « Vous couperez ».



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 17h16
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 17h22
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

La Bajon peut dire merci à Penelope Fillon. En ­incarnant une avocate sans scrupule défendant la femme du candidat à la présidentielle dans une vidéo qui a cumulé 14 millions de vues sur ­Facebook, l’humoriste a vu sa ­carrière décoller. C’était en février 2017. Ecrit en un après-midi, tourné « à l’arrache », ce sketch de cinq minutes a fait ­découvrir aux internautes la gouaille de cette jolie femme à la chevelure noire et au rire tonitruant, qui n’hésite pas à s’attaquer aux puissants de ce monde avec un gimmick malin : « Vous couperez. »

Rien de tel qu’un buzz sur Internet pour convaincre les directeurs de salle et attirer le public. Finie la galère pour Anne-Sophie Bajon, alias La Bajon sur scène et dans ses pastilles humoristiques. Terminées les représentations pour la gloire, quand le nombre d’entrées ne couvrait même pas le prix de la location du théâtre. La jeune femme a désormais un producteur, tourne partout en France, souvent à guichets ­fermés, et retrouve, à partir du 23 septembre, la scène du Grand Point Virgule à Paris.

L’avocate de Penelope Fillon n’était pas juste un coup d’essai. La Bajon, avec la complicité de son coauteur, Vincent Leroy, dans le rôle du journaliste intervieweur, s’est fait tour à tour banquière d’Emmanuel Macron, femme de ménage à l’Elysée, productrice de cinéma harceleuse, responsable marketing sans limite d’une grande enseigne alimentaire, bonne sœur ­révoltée. En donnant corps, de manière instinctive, à ses indignations, elle a fait mouche auprès de son public.
L’humour comme un « exutoire »
Quelques jours avant l’été, son personnage de députée sarcastique qui finit par faire son examen de conscience a fait un carton (8,5 millions de vues). C’est sans filtre, ça ne se veut pas toujours drôle, mais c’est terriblement efficace. « Je suis une citoyenne lambda qui ne peut pas rester passive face aux absurdités de notre société. J’essaie de mettre une loupe sur ce qui me choque dans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ L’incendie du Musée national de Rio a fait l’objet d’une récupération politique. La droite est accusée de négligence et la gauche d’inconséquence budgétaire. Depuis 2008, huit monuments brésiliens ont été dévorés par les flammes.
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Au Brésil, une campagne électorale sur les cendres du Musée de Rio


                      L’incendie du Musée national de Rio a fait l’objet d’une récupération politique. La droite est accusée de négligence et la gauche d’inconséquence budgétaire. Depuis 2008, huit monuments brésiliens ont été dévorés par les flammes.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 17h14
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








   


Les cendres du Musée national de Rio de Janeiro étaient encore fumantes quand la bataille des petites phrases a démarré. De fait, la campagne électorale battait son plein dans la nuit du 2 au 3 septembre, favorisant la récupération politique de la tragédie. En quelques heures, le musée bicentenaire de Rio, ancienne résidence de la famille impériale, a brûlé comme un feu de paille. Selon les premières estimations, 90 % des 20 millions de pièces de collections ont été réduites en cendres.
Attaques contre le président Michel Temer
Quand les employés du musée, de même que les anthropologues, les scientifiques et les historiens du monde entier, pleuraient la disparition de Luzia, le plus vieux squelette Homo sapiens d’Amérique latine, et se désespéraient de la perte de momies égyptiennes, d’enregistrements de dialectes indigènes ou de carcasses de dinosaures, certains politiciens juraient qu’avec eux une telle tragédie ne serait jamais arrivée. Une joute sans pitié s’est engagée entre la droite brésilienne, accusée de négligence coupable, et la gauche, vilipendée pour son inconséquence budgétaire.

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                Incendie dans le Musée national de Rio : « Une partie de la tragédie aurait pu être évitée »



Prêts à tout pour arracher, en octobre, un poste de sénateur, de député, de gouverneur, voire de président de la République, les candidats ont d’abord attaqué le gouvernement de Michel Temer. Une proie facile : haï, le président bat des records d’impopularité, et son désintérêt pour la chose culturelle est notoire. Par souci d’économies, le chef de l’Etat, lors de sa prise de fonctions, en mai 2016, avait pensé fusionner le ministère de la culture avec celui de l’éducation. Devant une bronca sans précédent, le président a finalement reculé. Mais l’épisode reste dans les mémoires. Michel Temer a eu beau évoquer une « perte incalculable pour le Brésil », un « jour tragique » qui a vu s’effacer « deux cents ans de travail, de recherche et de connaissance », personne n’a oublié que la culture est, à ses yeux, une dépense frivole.

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                A Rio, les artistes délogés du Palacio Capanema



Guilherme Boulos, candidat pour le Parti socialisme et liberté (PSOL), a été le plus incisif, attaquant frontalement les « coupes criminelles de Temer », tandis que Ciro Gomes, du Parti démocratique travailliste (PDT, centre gauche), s’engageait à atténuer « cette tragédie que le non-gouvernement avait laissé faire ». Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT, gauche), fustigeait plus largement le « mépris » des gouvernements pour la culture.
« Les gouvernements changent mais rien ne bouge. La culture est toujours le parent pauvre de l’Etat, et nous assistons à ce naufrage sans réagir. » Emilio Kalil, ex-directeur de théâtres nationaux
Un seul homme n’a pas semblé participer au deuil national de ce joyau du patrimoine lusophone : Jair Bolsonaro. Le représentant de l’extrême droite, dont le nom complet est Jair Messias (« messie ») Bolsonaro, affirmait le lendemain du drame : « C’est déjà fait, il a déjà pris feu, qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? Mon nom est Messie, mais je ne peux pas faire de miracle. » L’attaque au couteau dont il a, le 6 septembre, fait l’objet, a ensuite occulté l’incendie : Jair Bolsonaro a alors occupé le devant de la scène médiatique et politique. La préoccupation des candidats pour un monument représentant la mémoire du pays n’aura ainsi duré que quelques heures. Une illustration de l’hypocrisie des politiciens en campagne et de leur désintérêt profond pour la culture et le patrimoine ?
Au cours des dix dernières années, le feu a dévoré pas moins de huit monuments brésiliens : musées, théâtres ou instituts, notamment à São Paulo. Ainsi de l’Institut Butantan, en 2010, du Mémorial de l’Amérique latine, en 2013, ou du Musée de la langue portugaise, en 2015. « Les gouvernements changent mais rien ne bouge. La culture est toujours le parent pauvre de l’Etat, et nous assistons à ce naufrage sans réagir. Comme si la mémoire n’avait pas d’importance ici », déplore Emilio Kalil, organisateur de la Semaine des arts à São Paulo et ex-directeur de théâtres nationaux.
A en croire Carlos Marun, le secrétaire du gouvernement, surnommé le « pitbull » de Michel Temer, le gouvernement n’est pas le seul à se moquer de la culture. « Maintenant que c’est arrivé [l’incendie], il y a beaucoup de veuves en larmes, mais, en réalité, ces veuves ne l’aimaient pas tant que ça, ce musée. » Une allusion peu subtile au désintérêt supposé des Brésiliens pour leur patrimoine. En 2017, le musée avait enregistré 192 000 visiteurs, selon le site de la BBC Brésil, soit moins que le nombre de Brésiliens venus visiter le Louvre cette année-là.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Au Monfort Théâtre, à Paris, Lorraine de Sagazan transpose au XXIe siècle la pièce du dramaturge norvégien.
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Froide violence dans la « Maison de poupée » d’Henrik Ibsen

Au Monfort Théâtre, à Paris, Lorraine de Sagazan transpose au XXIe siècle la pièce du dramaturge norvégien.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 17h43
   





                        



                                


                            
Par Joëlle Gayot

En 1879, Henrik Ibsen publie Une maison de poupée, drame domestique à l’issue duquel Nora, mère au foyer et épouse de Torvald, un directeur de banque, quitte le domicile ­conjugal. Quelques années auparavant, Nora a imité une signature pour emprunter, en douce, de l’argent à Krogstad, un ­employé de son mari. Elle avait ses raisons : Torvald, malade, ne pouvait être sauvé de la mort que par un voyage onéreux qu’il ­fallait financer quels que fussent les moyens employés. Lorsque Torvald apprend les faits (révélés par Krogstad qu’il vient de licencier), il voit rouge et reproche vertement à Nora ce faux en écriture. Elle encaisse, baisse la tête. Puis la redresse et s’en va. Son claquement de porte a, dit-on, résonné dans l’Europe tout entière, contraignant l’écrivain à modifier la fin de sa pièce. Dans un XIXe siècle à la morale rigide, une épouse, même brimée, humiliée, incomprise, n’avait pas à partir.
Cette pièce, érigée au XXe siècle en manifeste féministe, a connu au théâtre de multiples lectures, qui, toutes, ont scruté de près l’itinéraire intérieur de Nora et son pas à pas vers l’émancipation. A la force du poignet, Lorraine de Sagazan, 31 ans, transpose l’histoire au cœur du XXIe siècle. Dans sa très libre adaptation, les rôles sont inversés. Nora est une juriste en vue. Torvald a perdu son travail. Il cuisine, compose de vagues chansons, s’occupe des enfants. Il semble fier de sa femme, se gargarise de son succès. Au Monfort Théâtre, ce n’est plus sur l’épouse que sont braqués les projecteurs d’une représentation épidermique, mais sur l’homme d’aujourd’hui.
Froide colère
Eclairage cru sur le plateau qu’encadrent trois gradins où prend place le public. Des cadeaux empaquetés s’entassent à côté de ballons verts et rouges. Le couple fête Noël. Le champagne coule à flots. Rank, l’ami médecin, est présent. Surgit alors Kristine, une vieille amie de la famille....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Plusieurs spectacles de danse, en cette rentrée, témoignent d’une propension à la lenteur et à l’introspection.
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Corps au ralenti et gestes suspendus

Plusieurs spectacles de danse, en cette rentrée, témoignent d’une propension à la lenteur et à l’introspection.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 17h03
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 17h25
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

La manœuvre de la rentrée consiste à… ralentir ! Autrement dit, lever le pied d’un côté, appuyer sur le frein de l’autre. Un changement de ­vitesse que de plus en plus de chorégraphes enclenchent. Dans le sillage millimétré de Myriam Gourfink, championne du ­mouvement microscopique depuis 1996, la lenteur et la suspension du geste dilatent des spectacles aux infra-intensités, à l’opposé des trépidations actuelles.
Cette décélération, Anne Teresa De Keersmaeker invite le public à la vivre dans Slow Walk, dimanche 23 septembre, à Paris. Ouverte à tous, cette manifestation prend appui sur cinq groupes de personnes qui vont converger place de la République. « En ralentissant la marche, le temps et l’espace prennent d’autres contours, commente-t-elle. L’époque nous invite à la consommation instantanée, mais marcher ainsi nous jette dans une direction opposée. Dans l’environnement urbain, le projet a une puissance de révélation : il souligne l’impatience perpétuelle et ­vaguement irritée qui est devenue l’air que nous respirons. »


Au carrefour du phénomène ­sociétal et esthétique, cette réduction de la voilure dégage un ­nouveau terrain de recherche. Souvent nourris par la pratique du yoga, du qi gong et de la méditation, ces artistes délaissent la question de l’écriture de la danse pour s’arrimer aux couches les plus profondes de l’être. Souffle, respiration, poids deviennent les piliers du mouvement. « Le travail sur la lenteur permet d’accéder à un corps essentiel et d’être entièrement présent à soi-même, explique la chorégraphe Maxence Rey, dont la plupart des spectacles se déroulent au ralenti depuis 2003. Il agit comme une baisse de tension mais convoque une intense disponibilité de l’interprète. Le lent n’est pas la mollesse. » En tournée, Anatomie du silence dépose un corps dont la peau mouvante ­devient la surface de projection de l’imaginaire du spectateur.
Expérience...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La sortie dans son pays du long-métrage, qui raconte une histoire d’amour entre deux femmes, lui permettra de briguer une nomination aux Oscars.
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Compte rendu

La justice lève pour sept jours l’interdiction au Kenya du film « Rafiki »

La sortie dans son pays du long-métrage, qui raconte une histoire d’amour entre deux femmes, lui permettra de briguer une nomination aux Oscars.


LE MONDE
              datetime="2018-09-21T16:45:54+02:00"

        Le 21.09.2018 à 16h45






    
La réalisatrice de « Rafiki », Wanuri Kahiu, entourée de ses deux actrices principales, Sheila Munyiva et Samantha Mugatsia, sur le tapis rouge du Festival de Cannes en mai 2018.
Crédits : Eric Gaillard / REUTERS


La justice kényane a levé pour sept jours, vendredi 21 septembre, la censure du film Rafiki, afin de lui permettre de briguer une nomination aux Oscars. Le long-métrage kényan, dont le titre signifie « ami » en swahili, était interdit de diffusion dans son pays au motif qu’il traite d’une histoire d’amour entre deux femmes.
Saisie par la réalisatrice, Wanuri Kahiu, et l’ONG Creative Economy Working Group, la Haute Cour de Nairobi a toutefois précisé que le film ne pourra être vu que par des « adultes consentants ».

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                Cannes 2018 : « Rafiki », la douce naissance d’un tendre amour



Du fait de lois héritées de l’Empire colonial britannique, l’homosexualité reste illégale dans ce pays d’Afrique de l’Est. La commission de la censure avait interdit le film en raison de « son thème homosexuel et de son but évident de promouvoir le lesbianisme au Kenya, ce qui est illégal et heurte la culture et les valeurs morales du peuple kényan ».
Le 30 septembre, date limite
Or, les critères de sélection pour les Oscars dans la catégorie Meilleur film en langue étrangère imposent une « sortie du film dans le pays qui le soumet entre le 1er octobre 2017 et le 30 septembre 2018 », et ce « pour une période de sept jours consécutifs dans une salle de cinéma à but commercial ».
A l’approche de la date limite du 30 septembre, une injonction autorisant la diffusion du long-métrage a été émise car, a argumenté la juge Wilfrida Okwany, si Wanuri Kahiu « devait manquer l’inscription pour les nominations, aucun tribunal n’aurait la capacité de traiter une plainte en vue de compenser la célébrité, la gloire et l’exposition que peuvent apporter une nomination pour les Oscars ».



De plus, a ajouté la juge, le tribunal « ne doit pas déterminer si l’homosexualité est bonne ou mauvaise, si elle est morale ou immorale, mais bien si un artiste ou un réalisateur a le droit, en exerçant son droit à la liberté d’expression et à la créativité artistique, de réaliser un film au thème homosexuel ».
« Outil publicitaire »
La réalisatrice Wanuri Kahiu a réagi sur Twitter : « Je pleure. Je suis dans un aéroport français. Quelle joie ! Notre Constitution est forte ! Remerciez la liberté d’expression !!!! Nous l’avons fait ! Nous donnerons très bientôt des informations sur la diffusion à Nairobi. » Le compte Twitter du film Rafiki a, lui, assuré que le long-métrage serait diffusé dans un cinéma de la capitale du 23 au 29 septembre.
La commission kényane de la censure, tout en exprimant sa « tristesse » qu’un « film glorifiant l’homosexualité soit l’outil publicitaire du pays à l’étranger », a indiqué dans un communiqué qu’elle respecterait la décision de justice une fois que celle-ci lui sera officiellement notifiée.
Rafiki a été en mai le premier film kényan jamais sélectionné au Festival de Cannes, où il a été présenté dans la sélection Un certain regard. Adapté de la nouvelle Jambula Tree de l’Ougandaise Monica Arac de Nyeko, il raconte l’histoire d’un coup de foudre entre deux jeunes femmes appartenant à des camps politiques opposés.





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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le rappeur était au cœur d’une polémique venue de la droite et de l’extrême droite, l’accusant de complaisance envers l’islamisme.
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Médine annule ses concerts au Bataclan et les tiendra au Zénith de Paris en 2019

Le rappeur était au cœur d’une polémique venue de la droite et de l’extrême droite, l’accusant de complaisance envers l’islamisme.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h45
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 17h46
   





                        



   


Après plusieurs mois d’une polémique venue de la droite et de l’extrême droite, le rappeur Médine a décidé qu’il ne jouerait pas au Bataclan en octobre. Les deux concerts prévus les 19 et 20 octobre sont annulés, et remplacés par une date au Zénith de Paris le 9 février, a annoncé Médine sur Twitter vendredi 21 septembre.
Le rappeur et le Bataclan assurent avoir pris cette décision ensemble « dans une volonté d’apaisement », alors que certains groupes d’extrême droite avaient appelé à manifester devant la salle de concert. « Nous espérons ainsi que Médine pourra accueillir son public dans les meilleures conditions qui soient », peut-on lire dans le communiqué de la salle du 11e arrondissement, attaquée par un commando de quatre djihadistes le 13 novembre 2015.
Médine a évoqué sur les réseaux sociaux une « décision douloureuse » prise « par respect pour les familles [de victimes] et pour garantir la sécurité de [son] public ». « Tout ce que je voulais faire c’était le Bataclan », a-t-il écrit à ses fans, qui pourront se faire rembourser les billets pour les deux dates prévues.

        Tout comprendre :
         

          Le rappeur Médine au Bataclan : la polémique en quatre questions



Des mouvements qui « ravivent la douleur des familles »
La programmation de Médine au Bataclan avait été dénoncée par des responsables politiques de droite et d’extrême droite, qui mettaient en cause les paroles de certaines de ses anciennes chansons comme Don’t Laïk ou Jihad, qu’ils considèrent comme allant dans le sens des thèses djihadistes islamistes.
En janvier 2015, le parolier s’était déjà expliqué sur son titre Don’t Laïk : « Je me revendique de cet esprit outrancier, satirique au nom de la liberté d’expression pour pouvoir blasphémer une valeur lorsqu’elle est dévoyée. C’est ce que j’ai fait avec le morceau Don’t Laïk. » En mars 2017, il avait cependant confié avoir « eu la sensation d’être allé trop loin ». « La provocation n’a d’utilité que quand elle suscite un débat, pas quand elle déclenche un rideau de fer. Avec Don’t Laïk, c’était inaudible, et le clip a accentué la polémique », avait déclaré le chanteur.
Des mouvements d’extrême droite appelaient récemment sur les réseaux sociaux à organiser des manifestations devant le Bataclan. Le rappeur a dénoncé dans son communiqué « des manifestations dont le but est de diviser, n’hésitant pas à manipuler et à raviver la douleur des familles des victimes ».
Une association de victimes des attentats du 13 novembre 2015, 13onze15 Fraternité Vérité, avait jugé que le Bataclan commettait « une faute » en programmant Médine. En revanche, Life for Paris, l’une des principales associations de victimes, avait jugé que le Bataclan était « complètement libre de sa programmation », refusant d’instrumentaliser « la mémoire des victimes des attentats à des fins politiciennes, comme c’est le cas dans cette affaire ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Retour en images sur la première Techno Parade oganisée en France, en septembre 1998.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ La foire Contemporary Istanbul renouvelle son offre en proposant des stands à des commissaires indépendants.
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A Istanbul, l’art en effervescence malgré la crise

La foire Contemporary Istanbul renouvelle son offre en proposant des stands à des commissaires indépendants.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h14
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

Et si une solution à la crise du marché de l’art venait d’Istanbul ? Car crise il y a, malgré les records de quelques artistes en vente aux enchères. Les galeries, partout dans le monde, sont désertes, les collectionneurs ont perdu l’habitude de s’y promener comme jadis, ils préfèrent désormais faire leurs emplettes dans les foires. Il faut donc, pour les marchands, y participer, mais voilà : il y en a environ 300 par an dans le monde, les plus importantes sont sévèrement sélectives, et y être admis entraîne des frais souvent considérables, qui peuvent plomber les comptes d’une entreprise en cas de mévente.

Olav Velthuis, professeur de ­sociologie à l’université d’Amsterdam, s’en est récemment alarmé dans les colonnes du New York Times : selon lui, une solution consisterait en une modulation du prix des stands, les grosses galeries payant plus que les petites, ce que semble décidée à faire Art Basel, la plus importante foire du monde. Une autre serait de se montrer plus souple sur les critères d’admission, qui interdisent par exemple à un marchand ne possédant pas de local commercial de participer : or ceux-ci, et surtout les plus jeunes, sont de plus en plus nombreux à préférer des expositions ponctuelles, dans des lieux variés, à la location à l’année d’espaces souvent trop coûteux. Olav Velthuis suggère aussi d’ouvrir plus largement les foires à des expositions proposées par des commissaires indépendants.
Sans faire injure à nos amis stanbouliotes, il faut admettre que le goût turc est, comment dire, un peu chargé…
C’est exactement ce que fait ­Contemporary Istanbul, dont la treizième édition se tient jusqu’au dimanche 23 septembre. Son président, Ali Güreli, a trouvé suffisamment de mécénat pour ­baisser le prix des stands, voire les offrir complètement aux ­exposants quand leur projet lui semblait pouvoir apporter un « plus » à sa foire. C’est le cas du stand « Excuse my french », proposé par l’ancien directeur du ­Palais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La promotion offerte à Amazon par le jury du prix Renaudot, en sélectionnant un roman autoédité sur sa plate-forme, indigne le Syndicat national de la librairie et les librairies indépendantes.
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Les libraires furieux contre Amazon et le jury Renaudot

La promotion offerte à Amazon par le jury du prix Renaudot, en sélectionnant un roman autoédité sur sa plate-forme, indigne le Syndicat national de la librairie et les librairies indépendantes.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 16h41
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            
Cela s’appelle une levée de boucliers. Depuis la divulgation, le 5 septembre, de la première sélection du prix Renaudot, qui sera décerné le 7 novembre, les libraires ne décolèrent pas. Car Bande de Français, de Marco Koskas, qui figure parmi les 17 titres retenus, est un livre autopublié. L’Homme qui arrêta d’écrire, de Marc-Edouard Nabe, sélectionné par le même jury en 2010, l’était déjà. Le hic, cette année, c’est que Koskas a utilisé la plate-forme d’autoédition Createspace d’Amazon, le colosse de Seattle qui vend et distribue aussi bien des aspirateurs que du papier peint. Les livres, l’activité d’origine du milliardaire Jeff Bezos, représentent aujourd’hui un segment marginal dans le chiffre d’affaires de cette multinationale valorisée en Bourse, depuis le 4 septembre, à hauteur de 1 000 milliards de dollars.
Un problème très concret
Optimisation fiscale, frais de port à 0,01 centime… Les libraires fustigent de longue date la concurrence déloyale que leur oppose le leader de la vente en ligne. « Dans cette histoire, avant même d’entrer dans des questions éthiques ou morales (et celles-ci ne sont pas négligeables), le problème majeur est très concret, explique au “Monde des livres” Camille Defourny, à la tête de la librairie des Signes, à Compiègne (Oise). Si une librairie indépendante comme la mienne veut se procurer le livre de Koskas, à la demande d’un client, elle ne le peut pas. Afin de s’accaparer le marché, Amazon ne livre que les particuliers. Or la chaîne du livre n’existe qu’à partir du moment où les maillons sont liés les uns aux autres. »
Sept associations régionales, représentant au total 544 librairies indépendantes, ont donc estimé, dans un communiqué publié le 14 septembre, que « le [jury du] prix Renaudot légitime et participe à la mise en danger de la création et de la chaîne du livre. Outre la menace de tout un écosystème déjà fragile, la diffusion...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Les journalistes Antoine Glaser et Thomas Hofnung livrent une photographie contemporaine de l’action clandestine de Paris sur le continent.
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Critique

Un coup d’œil par-dessus l’épaule des espions français en Afrique

Les journalistes Antoine Glaser et Thomas Hofnung livrent une photographie contemporaine de l’action clandestine de Paris sur le continent.

Jacques Follorou
    



LE MONDE
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        Le 21.09.2018 à 14h46

     •
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        Mis à jour le 21.09.2018 à 14h55





« Nos chers espions en Afrique », d’Antoine Glaser et Thomas Hofnung, Fayard, 240 pages, 19 euros.

    
Le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, reçoit Bernard Emié, directeur du service de renseignement extérieur français, la DGSE, au Caire le 22 janvier 2018.
Crédits : HANDOUT / AFP


Les ex-puissances coloniales adorent se convaincre qu’elles pèsent encore sur leur ancien empire. La France n’y échappe pas. C’est la principale leçon de Nos chers espions en Afrique, un petit livre, vif et éclairant, sur l’activité des renseignements français sur le continent. Coécrit par un journaliste expérimenté, Antoine Glaser, qui observe depuis longtemps la Françafrique, et son confrère Thomas Hofnung (chroniqueur du Monde Afrique) dont l’intérêt pour le continent africain a croisé celui pour les questions de défense, cet ouvrage brosse avec prudence le portrait d’un monde qui n’aime guère la lumière.
S’il ne manque pas d’évoquer le rôle fondateur de Jacques Foccart, l’homme de l’ombre du général de Gaulle, dans la création de cette fameuse Françafrique qui a structuré les relations entre ce continent et la France, le livre n’a pas l’ambition de brosser l’histoire des relations secrètes entre Paris et ses anciennes colonies, ce qui pourra décevoir certains lecteurs. Le travail des deux auteurs tend plutôt à livrer la photographie la plus contemporaine de l’action clandestine de la France en Afrique.

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                La France n’a-t-elle vraiment plus de politique africaine ?



Journalistiquement, ce défi rend la tâche plus ardue mais pas moins intéressante. Appuyé essentiellement sur des sources humaines, le résultat ne recèle pas de scoop majeur ; il a cependant le mérite de démystifier le rôle de la France, qui aime encore être considérée sur la scène internationale comme le gendarme incontesté de l’Afrique francophone.
Rivalités franco-françaises
L’ouvrage montre comment les chefs d’Etat africains se sont peu à peu autonomisés de la tutelle de Paris. D’une part, nombre d’entre eux, transformés en potentats locaux, au Congo, en Centrafrique ou au Gabon, se jouent de l’inexpérience des chefs de gouvernement français qui défilent dans leurs capitales. D’autre part, ils savent comme personne tirer profit des rivalités franco-françaises pour conforter leur propre position, grâce à leur fine connaissance de ces jeux de pouvoir.

        Lire aussi :
         

                EXCLUSIF « Arrogant comme un Français en Afrique » : extraits de l’essai polémique d’Antoine Glaser



Il faut dire, et le livre l’expose clairement, que les Français leur facilitent bien les choses. La Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE, le service de renseignement extérieur) n’est pas seule à porter les intérêts de Paris sur le continent. Le renseignement intérieur ou la direction du renseignement militaire (DRM) tentent d’y étendre leurs propres réseaux. Les Corses, qui peuvent s’appuyer sur des liens souvent personnels avec les chefs d’Etat africains, y ont également établi de solides bastions, notamment dans les affaires pétrolières, les secteurs du jeu et du BTP. Enfin, les diplomates veulent aussi faire entendre une voix concurrente à celle de la DGSE.

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                Renseignement : une nouvelle ère s’ouvre à la DGSE



On pourra reprocher aux auteurs d’avoir voulu embrasser trop d’affaires dont chacune aurait valu un livre entier, mais sans doute faut-il lire cet ouvrage comme une invitation à aller plus loin pour lever le voile sur une complexité africaine relativement absente. En définitive, enquêter sur les espions français en Afrique donne plus à apprendre sur la France que sur l’Afrique.





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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Cet album posthume propose neuf titres enregistrés par le Kid de Minneapolis au début de l’année 1983 pendant une répétition.
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« Piano & A Microphone 1983 », dans l’intimité de Prince

Cet album posthume propose neuf titres enregistrés par le Kid de Minneapolis au début de l’année 1983 pendant une répétition.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 14h43
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 15h56
    |

            Sylvain Siclier








                        



   


De l’important fonds d’archives de Prince, mort le 21 avril 2016, ses ayants droit ont décidé de commercialiser un enregistrement qui circulait depuis des années sur des disques pirates. On est en 1983, sans plus de précision. Prince, dans sa maison en partie aménagée en studio d’enregistrement, s’installe au piano durant 35 minutes. Au répertoire, des compositions sur lesquelles il travaille alors, 17 Days, Purple Rain, esquissée ici en moins de 2 minutes – et qui sera présentée lors d’un concert pour la première fois avec son groupe The Revolution le 3 août de la même année –, Strange Relationship, développée dans l’album Sign O’The Times quatre ans plus tard, Wednesday…

        Lire aussi la nécrologie :
         

          Le baiser d’adieu de Prince



Un document sur le processus de création
Prince glisse dans cet enchaînement, qui tient surtout de l’improvisation et de la recherche, A Case of You, de Joni Mitchell, et un air traditionnel, Mary Don’t You Weep. La séance se termine avec Cold Coffee & Cocaine et Why The Butterflies, dont il n’existe apparemment pas d’autres versions. Ces deux dernières semblent surgir dans l’instant. A la main gauche, des accords de base, quelques paroles répétées. Ce Piano & A Microphone 1983 est donc avant tout un document sur le processus de création. Le chant se transforme ici et là en murmures, onomatopées. Prince se promène de temps à autre sur le clavier pour de courtes phrases solistes.
Le son de la cassette d’origine a été amélioré et cette archive officialisée devrait donc satisfaire les fans les plus connaisseurs de l’univers de Prince. Il restera à voir si le grand public se montrera intéressé par le dépouillement de ce qui est avant tout une répétition. Certes de Prince, mais une répétition quand même.


        Lire aussi le récit :
         

          Le Prince violet de Paisley Park



1 CD NPG Records-Warner Bros. Records/Warner Music.
www.officialprincemusic.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le grand ténor allemand s’est fait « Liedersänger » le temps d’un récital au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris.
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Jonas Kaufmann ouvre la saison des Grandes Voix

Le grand ténor allemand s’est fait « Liedersänger » le temps d’un récital au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 14h20
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 15h58
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

Foule des grands jours, jeudi 20 septembre au Théâtre des Champs-Elysées, dont l’ouverture de saison de la série Les Grandes Voix accueillait la star Jonas Kaufmann pour une soirée dédiée au Lied allemand. Il y a dans l’exercice quelque chose d’aride et il faut souvent tout le charisme d’un chanteur pour parvenir à capter durant une heure et demi l’attention d’un public visiblement peu coutumier de cette expression intime de la musique allemande, dont la soi-disant parenté avec la mélodie française ne recouvre que la brièveté de la forme, le texte poétique et l’accompagnement pianistique – pas le fond, inexpugnablement attaché à l’expression de l’âme d’une culture et d’un peuple.

Franz Liszt (en allemand), Hugo Wolf, Gustav Mahler et Richard Strauss constituent le magnifique ordinaire de ce récital qui convoque des cycles aussi connus que les Rückert-Lieder (de Mahler) ou les Vier letzte Lieder (de Strauss), tous deux originellement conçus pour voix et orchestre. C’est peu de dire que le piano d’Helmut Deutsch, malgré son art des plans sonores, ne parviendra pas à porter le moindre écho mémoriel à nos oreilles de la luxuriance instrumentale déployée par les deux compositeurs symphonistes, lui qui refuse tout effet, à commencer par la tentation orchestrale du piano.

Un écueil qui n’affecte évidemment pas les six lieder lisztiens qui ouvrent le récital (musique vivante, contrastée, éminemment inspirée) et nous révèle un Jonas Kaufmann visiblement tendu, le corps raidi dans son habit, mains posées sur l’estomac, le regard itérativement attaché au piquet du pupitre sur lequel il a déposé sa tablette à partition. Sont-ce les micros que France Musique a disposés au proscenium pour la captation du concert ? Il lui faudra toute la première partie pour évacuer un stress perceptible dans de minuscules éraflures du timbre (dans le medium grave), une perceptible retenue du souffle, et surtout un moindre abandon au lyrisme.
Timbre...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Imprégné de jeu vidéo, d’art conceptuel et d’électro, Flavien Berger est une des figures de la jeune pop francophone. Après « Léviathan », l’artiste explore les méandres du temps dans son deuxième album, « Contre-Temps », qui sort le 28 septembre.
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Flavien Berger, chanteur à fleur d’émotions


                      Imprégné de jeu vidéo, d’art conceptuel et d’électro, Flavien Berger est une des figures de la jeune pop francophone. Après « Léviathan », l’artiste explore les méandres du temps dans son deuxième album, « Contre-Temps », qui sort le 28 septembre.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 13h52
    |

                            Stéphane Davet








                              

                        

Les machines et les bricolages autarciques du home studio ont remplacé les guitares du rock’n’roll dans le cœur des étudiants en art tentés par la pop. Au croisement du design contemporain et des jeux vidéo, de l’installation conceptuelle et de l’électro, de la poésie numérique et de la chanson, Flavien Berger incarne ce glissement progressif du plaisir musical. Diplômé de l’Ecole nationale supérieure de création industrielle (Ensci), ce jeune trentenaire, qui enseigna la vidéo et le son à l’Atelier de Sèvres (établissement préparatoire aux écoles supérieures d’art et d’animation), se consacre désormais à plein-temps à une pop francophone d’une envoûtante singularité.
Après un premier album, Léviathan (2015), qui se définissait comme une odyssée sous-marine, le Parisien, émigré à Bruxelles, a gardé le réflexe d’une esthétique guidée par un concept dans Contre-Temps. Ce second opus, qui paraîtra le 28 septembre, tournoie au rythme mystérieux de la chronotique. « Je me suis inspiré d’un mémoire que j’avais écrit à l’Ensci sur le voyage dans le temps, explique le jeune homme. A l’époque, je partais de l’analyse du tableau Geochronmechane : The Time Machine From the Earth, de Paul Laffoley [1935-2015], un artiste américain atteint du syndrome d’Asperger, qui avait peint les plans d’une machine à remonter le temps. »
« C’était une façon d’agripper le moment présent, en comprenant tout ce qu’il y a en creux de vécu pour en arriver là. Souvenirs et projets ne sont alors qu’une seule et même chose, comme dans un instant figé. »
Appliquant une méthodologie proche de celle de Léviathan, Flavien Berger a aussi consigné dans un gros carnet, désigné comme son « herbier à mots », les expressions, idées et vocabulaire qu’il a petit à petit « fait fleurir » autour du thème du temps qui passe. Dans ce corpus et ce codex, le chanteur dit avoir trouvé une matière romanesque...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Charlotte Rondelez met en scène avec justesse le drame autobiographique de Tennessee Williams, avec Cristiana Reali.
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Théâtre : une « Ménagerie de verre » si humaine

Charlotte Rondelez met en scène avec justesse le drame autobiographique de Tennessee Williams, avec Cristiana Reali.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 09h03
   





                        



                                


                            
Par Joëlle Gayot

Dans la minuscule salle du Poche Montparnasse, juste au bout d’une impasse pavée où règne un silence appréciable, un spectacle frôle la grâce. Il la frôle seulement. On ne s’en plaindra pas. S’il était trop parfait, il passerait à côté de cette humanité friable et fissurée qui hante l’œuvre de Tennessee Williams. La Ménagerie de verre, pièce largement autobiographique écrite en 1944, ouvre au dramaturge américain les portes de la notoriété. L’auteur, pourtant, ne situe pas du côté des vainqueurs arrogants à qui la vie sourit avec béatitude. Il se poste tout près des perdants et des déclassés. Il sait de quoi il parle. Il vient de là.
La scène du théâtre éclaire un décor terne. Une table de cuisine, quelques chaises, un guéridon et un fauteuil. Nous sommes chez Amanda et ses deux grands enfants, Laura et Tom. Ils vivent à Saint-Louis, Missouri, au cœur d’une Amérique ravagée par la crise financière de 1929. Le père s’est volatilisé. Le trio se débat avec sa misérable réalité : la pauvreté, la peur du lendemain, l’obsession de la mère pour sa jeunesse enfuie, les désirs de fuite de Tom, et, pour couronner le tout, la maladie de Laura, jeune femme à la limite de l’autisme qu’Amanda tentera (mais en vain) de marier à Jim, le collègue de son fils.
Mesure du ton et précision des gestes
Tout dans cette pièce pourrait précipiter les acteurs vers le pathos et le lacrymal. C’est l’inverse qui a lieu. Mesure du ton et précision des gestes : l’envie d’apparaître qui pousse parfois les comédiens à en faire trop est ici mise de côté. Les interprètes semblent s’oublier eux-mêmes pour rendre avec loyauté justice à leurs personnages. Les héros de Tennessee Williams ont beau se heurter à des portes fermées, ils n’en sont pas moins dignes et droits dans leurs bottes. Ils avancent pas à pas dans la glue du réel. Ils ne cèdent pas à l’apitoiement, ne se complaisent pas dans la plainte. Donc les acteurs non plus qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ De sa jeunesse agitée à ses aspirations actuelles en passant par ses plus grands films et ses rencontres décisives, Delon se raconte, sans fard et sans filtre.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le musée parisien présente un précieux et coloré ensemble de peintures sur soie du maître japonais du XVIIIe siècle.
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Jakuchu déroule son bestiaire au Petit Palais

Le musée parisien présente un précieux et coloré ensemble de peintures sur soie du maître japonais du XVIIIe siècle.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 08h05
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 09h08
    |

            Sylvie Kerviel








                        



                                


                            

Son plumage blanc parsemé d’or semble si doux et vaporeux qu’on y plongerait volontiers la main si son bec et ses ergots ne nous en dissuadaient. Le phénix, sorte de grand coq né des pinceaux d’Ito Jakuchu (1716-1800), est l’une des vedettes de l’exposition que le Petit Palais, à Paris, consacre à l’artiste japonais. Finesse et précision du trait, harmonie des couleurs, élégance de la composition : cette œuvre de grand format, verticale, rouleau de soie présenté à plat et protégé par une plaque de verre, témoigne à elle seule du talent du peintre.
Considéré comme l’un des plus grands artistes de la période Edo (1603-1867), Jakuchu – un portrait sur soie de 1885 le montre assis en tailleur, crâne chauve et barbichette – fut un peu oublié au XXe siècle. Il bénéficie actuellement d’un vif regain d’intérêt au Japon où les trente rouleaux composant Images du royaume coloré des êtres vivants, dont la restauration a demandé six années de travail, ont été vus par 450 000 personnes lors de leur exposition à Tokyo, en 2016. Cet ensemble, considéré comme son chef-d’œuvre, est présenté à Paris dans le cadre de la manifestation Japonismes 2018, organisée pour célébrer les 160 ans des relations diplomatiques entre la France et le Japon.
Une neige presque palpable
Lorsque l’on pénètre, au sous-sol du Petit Palais, dans la salle d’exposition – plongée dans une semi-obscurité afin de préserver les œuvres –, c’est tout un bestiaire que l’on découvre. Outre le légendaire phénix, coqs, poissons, poulpes, insectes, paons, grenouilles, moineaux s’égaillent sur les majestueux rectangles de soie, eux-mêmes bordés de fins tissus satinés dont les teintes s’harmonisent avec les compositions animales, marines et florales. Les paysages où s’inscrivent les volatiles traduisent le passage des saisons, les branchages chargés de fleurs des pruniers se capitonnent d’une neige qu’on croirait palpable, les érables se teintent d’un rouge flamboyant.

Jakuchu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ La série de la BBC proposée par Netflix fait le tour de demeures hors du commun, mais qui n’échappent pas toujours aux clichés de l’architecture et de la décoration.
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« Maisons extraordinaires » : de l’art pauvre pour les riches

La série de la BBC proposée par Netflix fait le tour de demeures hors du commun, mais qui n’échappent pas toujours aux clichés de l’architecture et de la décoration.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 07h00
    |

            Renaud Machart








                        



   


Netflix, à la demande, série documentaire
La première saison de The World’s Most Extraordinary Homes (« les plus extraordinaires maisons du monde ») se composait de quatre parties thématiques : « Montagne », « Forêt », « Bord de mer » et « Troglodyte », au cours desquelles deux Britanniques, l’architecte Piers Taylor et la comédienne Caroline Quentin, se déplaçaient en Espagne, en Amé­rique du Nord, en Suisse, en Nouvelle-Zélande, etc.
Cette deuxième saison est constituée de deux parties de quatre épisodes chacune, dont Netflix vient de rendre disponible la première (2A). Cette fois-ci, la thématique n’est plus le type d’habitat, mais le pays. Les quatre premiers visités sont le Portugal, la Suisse, le Japon et les Etats-Unis (Etat de Floride). La deuxième partie (2B) concernera l’Espagne, l’Inde, la Norvège et Israël.
L’architecte fait office de savant, complétant ce qui pourrait n’être qu’une visite guidée chez des millionnaires par d’instructifs rappels historiques et des croquis explicatifs. La comédienne tient le rôle de la novice, qu’elle surjoue d’ailleurs avec force hurlements de surprise extasiée qui, si elle n’était pas aussi drôle et sympathique, pourraient être horripilants.
On est naturellement époustouflé, voire légèrement scandalisé, par le privilège que représentent aux yeux du commun des ­mortels certaines de ces maisons d’exception, aux budgets en général faramineux, construites sur des sites à la vue soufflante.
Suite de splendeurs
Comme celle dont jouit, en Suisse, la demeure d’un collectionneur d’automobiles Porsche « vintage », garées dans un sous-sol aménagé dans la roche excavée, qui par ailleurs soutient une construction d’avant-garde surplombant un lac. Cette vue impressionne tant miss Quentin qu’elle cesse même de hurler son bonheur visuel pendant quelques instants.
D’autres sites sont moins spectaculaires, comme celui de cette maison de verre coincée entre une voie de chemin de fer et une route. Certes, le bruit est inaudible grâce à la triple épaisseur des parois vitrées, mais on déconseillera cet aquarium aux claustrophobes – à moins qu’ils soient exhibitionnistes.
Tout ébaubi qu’on est par cette suite de splendeurs, on note que beaucoup de ces maisons ont l’air de revisiter sous forme de cliché l’esthétique de celles qu’on trouvait déjà il y a un siècle, conçues par des architectes modernistes (toits plats, porte-à-faux, éléments cubiques et rectangulaires, surfaces blanches).
Des pièces sublimes, mais tellement vues
Quant à l’intérieur, rares sont les demeures à ne pas être garnies de mobilier de Charles Eames, Mies van der Rohe, Le Corbusier, Sigurd Resell et Hans Wegner… Des pièces sublimes, épurées, mais tellement vues dans ce genre d’espaces vides, transparents, nus qu’elles deviennent la caricature d’un arte povera de l’aménagement intérieur pour gros comptes en banque.
De sorte qu’on respire enfin lorsqu’on découvre la décoration pas du tout « chic » d’une agrégation de maisons en forme de tipis construite par un jeune architecte japonais pour sa mère, qui y anime un restaurant pour personnes âgées du coin : chaises dépareillées, paravent faussement ancien, bibelots « de mauvais goût », etc.
On avouera cependant que la jalousie nous rend moqueur – ce qu’est à l’occasion Caroline Quentin en qualifiant de « butch » (« macho ») le design d’une maison, ajoutant : « Je pourrais exfolier les peaux mortes de mes bras en les frottant sur ces murs de ­béton… » Car il y a de quoi baver d’envie à la vue de ces demeures d’exception.
The World’s Most Extraordinary Homes, saison 2 (GB, 2018, 4 × 46 min.).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Dans son dernier film, diffusé sur Canal+ Cinéma, le réalisateur autrichien, chirurgien de la souffrance, continue à raconter l’enténèbrement des âmes.
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« Happy End » : les bourgeois de Calais au supplice d’Haneke

Dans son dernier film, diffusé sur Canal+ Cinéma, le réalisateur autrichien, chirurgien de la souffrance, continue à raconter l’enténèbrement des âmes.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 07h00
    |

            Jacques Mandelbaum








                        


Canal+ Cinéma, vendredi 21 septembre à 23 h 20, film
Le cinéaste Michael Haneke a pris ses habitudes en France depuis Code inconnu (2000). Eu égard à ses thèmes de prédilection, on conçoit toutefois que la notion d’« habitude » puisse se révéler à l’occasion glissante, nonobstant le savoir-faire esthétique des agonies contemporaines de ce maître venu d’Autriche. C’est que l’enténèbrement de l’âme, le stoïcisme farcesque, la chirurgie de la souffrance ne se mobilisent ni ne se renouvellent à tout coup, de manière on n’ose dire « heureuse ».
Il se pourrait ainsi que, devant le spectacle de Happy End, équarrissage méthodique et glacé d’une famille de notables calaisiens, le sentiment d’une conduite en pilotage automatique effleure la conscience meurtrie du spectateur.
Ruiner la dynastie
L’histoire du film se déroule donc à Calais, capitale de la misère et de l’abandon de malheureux migrants, et nous introduit au cœur d’une famille bourgeoise qui a fait fortune dans le bâtiment, les Laurent. Jean-Louis Trintignant y campe un ancêtre fondateur repoussant à souhait, suicidaire par dégoût du monde et phobique du contact jusque dans sa lignée. Isabelle Huppert y interprète sa fille, créature froide décidée à sortir coûte que coûte l’entreprise familiale du rouge. Mathieu Kassovitz joue son frère psychorigide, qui trompe sa femme pour satisfaire des pulsions inavouables. Fantine Harduin, fille du précédent, est un être répulsif et méchant qui n’attire guère la compassion, sinon celle de son grand-père, auquel elle ressemble. Quant à Franz Rogowski, l’héritier légitime de la lignée, rejeton écrabouillé par l’égoïsme d’airain des siens et le couvage vampirique de sa mère, il guette la première occasion de se détruire en vol et de ruiner la dynastie du même coup.
Pendant ce temps, comme de juste, les migrants exposent leur misère dans le décor, et les ouvriers se tuent volontiers sur les chantiers Laurent. Bref, tout va pour le mieux dans le pire des mondes hanékiens, dont on a peu de peine à se persuader qu’il ne saurait être le nôtre (mais peut-être avons-nous tort ?), en quoi le film manque son but. C’est que cette dernière barque, qui ne fait rire pas davantage qu’elle ne fait pleurer, se révèle un peu trop pleine pour nous embarquer.
Happy End, de Michael Haneke. Avec Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant (France/Autriche, 2017, 110 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ La rénovation du site culturel parisien devrait coûter 470 millions d’euros. Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », décrypte les dessous d’un « dilemme » bien français.
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Article sélectionné dans La Matinale du 20/09/2018
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« Est-ce bien raisonnable de rénover le Grand Palais pour plusieurs centaines de millions d’euros ? »

La rénovation du site culturel parisien devrait coûter 470 millions d’euros. Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », décrypte les dessous d’un « dilemme » bien français.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 06h28
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 10h09
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. Est-ce bien raisonnable de rénover le Grand Palais pour plusieurs centaines de millions d’euros ? C’est la question abordée par la Cour des comptes dans un rapport confidentiel de mars, repris par le site La Tribune de l’art fin août, et relancé, mercredi 19 septembre, par Le Canard enchaîné.
Au regard du bâtiment, oui. Au regard de l’époque, non. Le site est prestigieux, utile, planté au cœur de Paris. C’est un emblème de la nation et de notre culture. Mais fait de bric et de broc, abritant trois choses : des expositions dans un bâtiment de pierre, des manifestations de prestige sous une nef de verre et d’acier de 200 mètres de long qui culmine à 45 mètres de haut, et le Palais de la découverte.
Mais tout cela est fatigué et l’entretien si coûteux… Dilemme passionnant. Celui d’un pays fier de ses bijoux mais qui n’a plus les moyens de les entretenir.
L’addition est pharaonique, à la hauteur d’un bâtiment gigantesque de 70 000 mètres carrés. Près de 470 millions d’euros, dont plus de la moitié financée par l’Etat. Le site fermera de 2020 à 2023 avant que la nef rénovée n’abrite deux épreuves des Jeux olympiques en 2024 (taekwondo et escrime).

La France schizophrène
La facture est trop lourde, répètent les opposants, Stéphane Bern en tête. Plusieurs figures de la culture, en sous-main, savonnent aussi ce projet. En 2014, déjà, l’ancien ministre de la culture, Jean-Jacques Aillagon, dénonçait une folie financière pour l’Etat, plaidant pour un partenariat public-privé. Ce qui n’a pas empêché le projet d’être validé.
La France schizophrène poursuit donc les travaux culturels tout en cherchant à réduire sa dette. Elle restaure des monuments parisiens alors que nombre de lieux en régions souffrent et que les crédits du patrimoine manquent.
Et puis les grands travaux font peur, tant les dépassements de coûts sont légion. Avant même le premier coup de pioche, le projet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Le directeur artistique de la Schaubühne de Berlin met en scène « La Nuit des rois » à la Comédie-Française.
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Thomas Ostermeier : « Shakespeare pose la question du genre »

Le directeur artistique de la Schaubühne de Berlin met en scène « La Nuit des rois » à la Comédie-Française.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 07h46
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

A la Comédie-Française, où la troupe rêvait de travailler avec lui, le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier, directeur artistique de la Schaubühne de Berlin, met en scène La Nuit des rois ou Tout ce que vous voulez, de Shakespeare à partir du samedi 22 septembre. Il poursuit ainsi un parcours brillant avec l’auteur élisabéthain, commencé en 2006, et qui a été jalonné de spectacles mémorables comme Hamlet, Mesure pour mesure ou Richard III.

Comment vient s’inscrire « La Nuit des rois » dans votre chemin avec Shakespeare ?
Je travaille sur cette pièce depuis plusieurs années, dans le cadre de stages internationaux. Ce qui m’intéresse en elle, c’est notamment la manière dont elle pose la question du genre, quatre siècles avant nos interrogations actuelles. Et la façon dont elle aborde l’amour : en quoi consiste-t-il au juste ? Comment se construit-il sur la projection d’un être sur un autre ? Est-ce qu’on aime ce qu’on voit, l’extérieur, la projection, ce qu’on croit retrouver chez l’autre, ou l’être lui-même ? Si on ne sait pas qui est l’autre, si on ne considère pas son identité, est-ce qu’on est capable d’aimer ?
C’est aussi la première comédie de Shakespeare que vous montez, « Mesure pour mesure » étant plus ce que les Anglais appellent une « problem play »…
C’est ce que je trouve formidable : que Shakespeare arrive à poser des questions aussi profondes dans la forme d’une comédie. Il ne prêche pas, il dévoile toutes ces questions autour de l’amour, du narcissisme, de l’orgueil, à l’intérieur d’une forme séduisante. La comédie a toujours été présente dans mon travail, contrairement à ce qu’on pourrait croire, y compris quand j’ai monté Brecht, Ibsen ou Schnitzler. Ce que je n’aime pas, c’est la grosse comédie qui veut faire rire comme si on appuyait sur un bouton. Mais l’humour, oui, c’est essentiel.
Le choix de cette pièce...




                        

                        

