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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Ni les Vingt-Sept ni le Royaume-Uni ne veulent réinstaurer une frontière entre les deux Irlandes, mais ils sont en désaccord sur la solution.
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Brexit : qu’est-ce que le « backstop » proposé par l’UE pour résoudre la question irlandaise ?

Ni les Vingt-Sept ni le Royaume-Uni ne veulent réinstaurer une frontière entre les deux Irlandes, mais ils sont en désaccord sur la solution.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 18h05
   





                        



   


C’est l’un des points les plus délicats des négociations sur le Brexit entre l’Union européenne et le Royaume-Uni : quid de la frontière entre la République d’Irlande et la province britannique d’Irlande du Nord ? Aucune solution n’a jusqu’ici été trouvée entre les deux camps.
Et pourtant le temps presse : les Vingt-Sept, réunis jeudi 20 septembre à Salzbourg, en Autriche, souhaitent boucler les discussions avec Londres d’ici à la mi-novembre, alors que le Brexit aura lieu le 29 mars 2019.

        Lire l’éditorial du « Monde » :
         

          Brexit : l’art du « deal »



Pour sortir de cette impasse sur la question irlandaise, le négociateur en chef pour l’UE, Michel Barnier, a proposé la mise en place d’une clause de sauvegarde, intitulée « backstop », pour empêcher le retour d’une frontière physique entre les deux Irlandes. Mais cette hypothèse est jusqu’ici rejetée par le gouvernement britannique.
Quel est le problème avec la frontière irlandaise ? 
Avec la sortie du Royaume-Uni de l’UE, les 500 kilomètres qui séparent la province britannique d’Irlande du Nord de la République d’Irlande vont redevenir une frontière physique. Londres ayant décidé de sortir du marché unique et de l’union douanière, synonymes de liberté de circulation et de normes et droits de douane communs, des contrôles aux frontières seront nécessaires.

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                Le Brexit ébranle vingt années de paix en Irlande



Or, ce retour à une frontière entre les deux pays fragiliserait les accords de paix du Vendredi saint, qui mirent fin, en 1998, à trente ans de conflit armé entre nationalistes et unionistes en Irlande du Nord. Les habitants et les entreprises des deux côtés souhaitent garder une frontière aussi invisible que possible, au moment où 31 % des exportations nord-irlandaises allaient en Irlande en 2016 et que près de 30 000 personnes passent quotidiennement de l’autre côté.
Qu’est-ce que le « backstop », proposé par l’Union européenne ?
Dans l’accord conclu en décembre 2017, le Royaume-Uni et l’UE promettent de tout faire pour éviter le rétablissement de contrôles le long de la frontière entre les deux pays. Les négociateurs de l’Union européenne souhaitent ainsi mettre en place un statut spécial pour l’Irlande du Nord, avec un alignement réglementaire sur le continent.

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                Brexit : pour les Européens, « l’heure de vérité » a sonné



Michel Barnier a donc proposé le « backstop », ou « filet de sécurité », qui est une clause temporaire de sauvegarde pour conserver cette frontière ouverte aux biens et aux personnes. Le temps de se mettre d’accord sur la « relation future » entre l’UE et Londres, dont la date butoir est fixée au 31 décembre 2020, l’Irlande du Nord resterait alignée sur les normes européennes (sanitaires, réglementaires, fiscales, etc.), pour éviter de remettre en place les contrôles des biens avec la République d’Irlande. Et les contrôles des marchandises, rendus nécessaires à la suite du départ du Royaume-Uni de l’UE, seraient effectués entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni.
Pourquoi le gouvernement britannique rejette-t-il cette proposition ?
La proposition de Michel Barnier a été jugée inacceptable par le gouvernement britannique. Et pour cause, elle reviendrait à unifier l’île d’Irlande en l’amarrant à l’Union européenne. De plus, la première ministre britannique, Theresa May, a besoin des voix des dix députés nord-irlandais du Parti unioniste démocrate (Democratic Unionist Party, DUP) pour conserver sa majorité absolue à la Chambre des communes. Or, ceux-ci excluent la mise en place de contrôles entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne.
Londres a alors proposé que le « backstop » s’applique à tout le Royaume-Uni et soit limité dans le temps. Deux éventualités que Bruxelles a rejetées. Face aux réticences du gouvernement britannique, Michel Barnier a d’ailleurs prévenu à la fin d’août : « Sans backstop, il n’y a pas d’accord. »
Mais en début de semaine, avant le sommet de Salzbourg, le négociateur de l’UE a fait savoir qu’il était prêt à « améliorer » ses propositions. « La plupart des contrôles peuvent avoir lieu loin de la frontière, dans les locaux des entreprises », a-t-il notamment proposé.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Philippe Bernard, correspondant du « Monde » à Londres, a répondu à vos questions après le rejet des propositions de la première ministre britannique sur le Brexit.
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Brexit : « Theresa May s’attendait à des paroles encourageantes. Elle est tombée des nues »

Philippe Bernard, correspondant du « Monde » à Londres, a répondu à vos questions après le rejet des propositions de la première ministre britannique sur le Brexit.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 18h39
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



   


Réunis jeudi lors d’un sommet en Autriche, les vingt-sept chefs d’Etat ou de gouvernement de l’UE ont unanimement rejeté le « plan Chequers », proposé par Londres pour sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne. Theresa May espérait, avec ce compromis, ménager un accès au marché unique pour les produits britanniques. Avec ce revers, la première ministre apparaît fragilisée au sein du gouvernement mais aussi du Parti conservateur.

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Manu : Quelles seraient les conséquences d’un « no deal » ?
Philippe Bernard : En cas de « no deal », les relations douanières entre le Royaume-Uni et le continent seront régies par les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Autrement dit : retour des droits de douane ; files d’attente à Calais et à Rotterdam ; incertitude sur les liaisons transmanche et les liaisons aériennes ; rupture des chaînes d’approvisionnement des constructeurs automobiles britanniques (entre autres). Un scénario décrit comme catastrophique pour le Royaume-Uni mais aux graves conséquences également pour le continent, à commencer par la région des Hauts-de-France. Les Britanniques mettent en place des plans d’urgence pour assurer le maintien minimal de l’approvisionnement en vivres (largement importées du continent) et en médicaments.
« Je ne comprends pas » : Pourquoi parle-t-on de tournant par rapport au Brexit ?
Philippe Bernard : En refusant le « plan Chequers » de Theresa May, les Vingt-Sept ont percé l’abcès et mis un terme au temps des faux-semblants. Ce « plan » qui consistait à demeurer dans le marché unique pour les marchandises et à le quitter pour pouvoir « diverger » de l’Europe sur les services (le point fort de l’économie britannique) est incompatible avec l’intégrité du marché unique et la souveraineté des Vingt-Sept. Mme May ne l’a pas compris. Hier, elle s’attendait à des paroles encourageantes. Elle est tombée des nues.
MrGeg : Quelle est la probabilité que le gouvernement de Theresa May tombe et que Jeremy Corbyn gagne les élections qui en découleraient ?
Philippe Bernard : Le rejet du « plan Chequers » de Mme May affaiblit énormément sa position au gouvernement mais aussi au sein du Parti conservateur, dont le congrès aura lieu dans dix jours. Il renforce le camp des « hard brexiters », comme Boris Johnson, qui a démissionné du gouvernement précisément pour dénoncer le « plan Chequers », qu’il voit comme une reddition à l’UE. Mais il n’y aura de nouvelles élections que si l’accord final avec l’UE (attendu pour octobre ou novembre) est rejeté par le Parlement de Westminster. Cela est possible car le Labour votera très certainement contre, de même que certains députés conservateurs ultralibéraux. Tout dépend du contenu de l’accord final.

        Notre décryptage sur ce mécanisme :
         

          qu’est ce que le « backstop » ?



Gusgonka : Theresa May a-t-elle encore de la marge pour sortir du Brexit ?
Philippe Bernard : Mme May répète que son pays sortira de l’UE le 29 mars 2019 quoi qu’il arrive et qu’il n’est pas question d’organiser un second référendum. Seule une crise politique — possible — pourrait changer ce cours des choses. Etant donné que 70 % des électeurs conservateurs sont favorables au Brexit, en sortir est pour elle suicidaire.
Louise : Il semble que depuis deux ans, les questions d’ordre intérieur l’emportent sur les enjeux européens. Or c’est avec Bruxelles que les Britanniques doivent d’abord négocier. Comment expliquer cette analyse à courte vue ?
Philippe Bernard : Le cœur de la négociation se passe au sein du parti conservateur et n’est toujours pas soldé. Le conflit sur l’Europe au sein des Tories est ancien (Thatcher en a été victime). David Cameron pensait qu’il allait le solder définitivement en organisant un référendum qu’il gagnerait facilement. On connaît la suite. Cette obsession européenne en politique intérieure se double d’une incapacité très insulaire à écouter, et a fortiori à comprendre le point de vue des continentaux. C’est paradoxal car le marché unique, qui scelle aujourd’hui l’unité des Vingt-Sept, est une invention britannique.
Live : Comment imaginer une frontière « passoire » en Irlande du Nord alors que les Anglais ont quitté l’UE en grande partie à cause de l’immigration ?
Philippe Bernard : Ce que vous appelez frontière « passoire » est une réalité depuis vingt ans, liée aux accords du Vendredi saint de 1998. C’est une composante essentielle du retour de la paix civile. Les postes frontières recréés entre les deux Irlandes seraient immédiatement des cibles d’attentat. La « frontière » qui pose désormais le plus grand problème est celle de la mer d’Irlande, autrement dit celle entre la Grande-Bretagne et l’île d’Irlande. Pour Londres, des contrôles sur cette frontière seraient inacceptables, car l’Irlande du Nord fait partie du Royaume-Uni. Pour les Vingt-Sept, l’Irlande est désormais une porte d’entrée dans le marché unique européen et il n’est pas question de la laisser ouverte. D’où l’idée de contrôles douaniers non pas entre les deux Irlandes mais au départ des ports britanniques.
Beleg : Peut-on imaginer que le DUP d’Irlande du Nord lâche finalement Theresa May même si cela entraîne de nouvelles élections ?
Philippe Bernard : Theresa May a besoin des dix députés du DUP [Democratic Unionist Party, Parti unioniste démocrate], pour conserver sa majorité. Si elle fait des concessions sur les contrôles douaniers entre la Grande-Bretagne et l’Irlande (ce qui semble inévitable si elle veut éviter le crash), alors il est possible que le DUP la lâche et que son gouvernement tombe.

        Notre décryptage sur ce mécanisme :
         

          qu’est ce que le « backstop » ?



En pause : Peut-on imaginer un référendum nord-irlandais et écossais pour sortir du R.-U. en cas de « no deal » ?
Philippe Bernard : Non, pas à ce stade. Ce qui est envisageable — et souhaité par une majorité de Britanniques, selon les sondages —, c’est un référendum au Royaume-Uni sur l’accord final sur le Brexit. Une hypothèse qui résulterait d’un rejet de l’accord final par le Parlement. Un référendum en Ecosse devrait être autorisé par Londres, et les indépendantistes écossais ne le réclament pas, car ils ne seraient pas certains de le gagner. Quant à un référendum sur la réunification de l’Irlande, il est possible en vertu des accords de paix de 1998. Mais les sondages indiquent que les partisans du statu quo l’emporteraient. Une accélération de la crise du Brexit pourrait cependant faire basculer l’opinion. En Irlande du Nord (qui a voté en majorité contre le Brexit), la réunification est le seul moyen de rester dans l’UE.
Lucien : Mettre en cause l’intégrité territoriale de la Grande-Bretagne en exigeant le maintien de l’Irlande du Nord dans le giron réglementaire de l’UE, n’est-ce pas mettre en cause l’intégrité territoriale de la Grande-Bretagne d’un point de vue juridique ?
Philippe Bernard : C’est une véritable question. C’est un peu comme si l’on voulait imposer des contrôles douaniers entre la Corse et le continent. Mais d’une part l’histoire de l’Irlande est très particulière et d’autre part, la préservation des frontières du marché unique européen est un impératif vital pour l’UE. On peut aussi rappeler que l’Irlande du Nord, bien que rattachée à la Grande-Bretagne, a une législation différente de cette dernière dans de nombreux domaines. A commencer par le droit à l’avortement, qui n’y est pas reconnu. Les dernières propositions de la Commission européenne tendent à faire effectuer les contrôles dans les ports de Grande-Bretagne par des agents britanniques. Si un compromis est trouvé, ce devrait être autour de cette idée.

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                Crise migratoire : « les divergences persistent » entre Européens au sommet de Salzbourg






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ La foire Contemporary Istanbul renouvelle son offre en proposant des stands à des commissaires indépendants.
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A Istanbul, l’art en effervescence malgré la crise

La foire Contemporary Istanbul renouvelle son offre en proposant des stands à des commissaires indépendants.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h14
    |

            Harry Bellet








                        



                                


                            

Et si une solution à la crise du marché de l’art venait d’Istanbul ? Car crise il y a, malgré les records de quelques artistes en vente aux enchères. Les galeries, partout dans le monde, sont désertes, les collectionneurs ont perdu l’habitude de s’y promener comme jadis, ils préfèrent désormais faire leurs emplettes dans les foires. Il faut donc, pour les marchands, y participer, mais voilà : il y en a environ 300 par an dans le monde, les plus importantes sont sévèrement sélectives, et y être admis entraîne des frais souvent considérables, qui peuvent plomber les comptes d’une entreprise en cas de mévente.

Olav Velthuis, professeur de ­sociologie à l’université d’Amsterdam, s’en est récemment alarmé dans les colonnes du New York Times : selon lui, une solution consisterait en une modulation du prix des stands, les grosses galeries payant plus que les petites, ce que semble décidée à faire Art Basel, la plus importante foire du monde. Une autre serait de se montrer plus souple sur les critères d’admission, qui interdisent par exemple à un marchand ne possédant pas de local commercial de participer : or ceux-ci, et surtout les plus jeunes, sont de plus en plus nombreux à préférer des expositions ponctuelles, dans des lieux variés, à la location à l’année d’espaces souvent trop coûteux. Olav Velthuis suggère aussi d’ouvrir plus largement les foires à des expositions proposées par des commissaires indépendants.
Sans faire injure à nos amis stanbouliotes, il faut admettre que le goût turc est, comment dire, un peu chargé…
C’est exactement ce que fait ­Contemporary Istanbul, dont la treizième édition se tient jusqu’au dimanche 23 septembre. Son président, Ali Güreli, a trouvé suffisamment de mécénat pour ­baisser le prix des stands, voire les offrir complètement aux ­exposants quand leur projet lui semblait pouvoir apporter un « plus » à sa foire. C’est le cas du stand « Excuse my french », proposé par l’ancien directeur du ­Palais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Le discours antimigrants  de Viktor Orban cache sa volonté de détruire la démocratie hongroise. Si l’UE allait au bout de la logique de ses valeurs, cela signifierait l’exclusion du pays, estime le philosophe.
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édition abonné


Luuk van Middelaar : « La Hongrie est devenue une autocratie électorale »

Le discours antimigrants  de Viktor Orban cache sa volonté de détruire la démocratie hongroise. Si l’UE allait au bout de la logique de ses valeurs, cela signifierait l’exclusion du pays, estime le philosophe.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h09
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 16h10
    |

            Philippe Ricard








                        



                                


                            
Luuk van Middelaar est philo­sophe politique et professeur de droit européen à l’université de Leyde, aux Pays-Bas. Ancien conseiller du président du Conseil européen Herman Van Rompuy (2010-2014), il est l’auteur de Quand l’Europe improvise (Gallimard), à paraître le 18 octobre. Il tire les enseignements du vote des eurodéputés, le 12 septembre à Strasbourg, en vue d’activer contre la Hongrie la procédure pouvant aller jusqu’à la suspension de ses droits de vote (article 7).

Que signifie le vote du Parlement ­européen en faveur de la procédure de sanctions prévue à l’article 7, à l’encontre de la Hongrie de Viktor Orban ?
C’est un moment de clarification et de reconfiguration pour la droite au sein du Parti populaire européen (PPE). Le centre droit cherche à se démarquer des extrêmes, qu’ils soient nationalistes ou antidémocrates, dans un contexte où les deux familles politiques au cœur de la construction européenne sont ébranlées comme jamais.
La social-démocratie est touchée par la grande crise financière de 2008. Bien en dessous de 10 % en France ou aux Pays-Bas, les scores des socialistes atteignent des chiffres qui auraient été considérés comme absurdes voici dix ans. L’autre grande famille – le ­centre droit, les chrétiens-démocrates et les conservateurs – est de son côté secouée par la crise migratoire, qui s’est accentuée depuis 2015 et l’arrivée de centaines de milliers de réfugiés, en particulier en Allemagne.
Orban se présente pourtant comme un chrétien-démocrate pour rassurer ses alliés de droite…
Oui, mais on distingue deux lignes a priori irréconciliables dans la famille chrétienne-démocrate. Celle de la chancelière allemande, Angela Merkel, dans le rôle du bon samaritain, ouverte à l’immigration, plaidait pour une forme de solidarité européenne. Celle d’Orban, qui se veut le croisé de l’Occident, est quant à elle antimigrants et très identitaire, avec un discours...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La première ministre britannique estime « inacceptable » que les Vingt-Sept aient rejeté son plan dit « de Chequers » sans faire de « contre-proposition ».
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Brexit : pour Theresa May, « nous sommes dans une impasse »

La première ministre britannique estime « inacceptable » que les Vingt-Sept aient rejeté son plan dit « de Chequers » sans faire de « contre-proposition ».



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 17h12
   





                        



   


La première ministre britannique a estimé, vendredi 21 septembre, que les négociations du Brexit entre Londres et Bruxelles étaient « dans une impasse », après le rejet par les Européens de la proposition britannique lors du sommet informel de Salzbourg.
« Il est inacceptable de rejeter la proposition d’une des parties sans explication détaillée et sans contre-proposition », a-t-elle déploré dans une déclaration depuis son bureau de Downing Street.
Elle a maintenu que le « plan de Chequers », qui avait été présenté par son gouvernement en juillet et qui prévoit le maintien d’une relation économique étroite avec la création d’une zone de libre-échange pour les biens industriels et les produits agricoles, restait « la meilleure manière de protéger les emplois [au Royaume-Uni] et en Europe ».

        L’analyse :
         

          « Theresa May s’attendait à des paroles encourageantes. Elle est tombée des nues »



L’option du « backstop » exclue
Cette proposition doit aussi, selon le gouvernement britannique, permettre de maintenir les échanges économiques sans créer de « frontière physique » entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Mais le rejet de ce plan par l’Union européenne revient, de fait, à s’en tenir à la solution dite du « filet de sécurité », convenue en décembre dernier.
Cette alternative, dite de backstop en anglais, consiste à garantir un alignement réglementaire de l’Irlande du Nord sur l’UE faute d’autre accord. Elle a été exclue par Mme May.
« Comme je l’ai dit aux dirigeants européens, aucune des deux parties ne devrait demander l’inacceptable à l’autre, a-t-elle soutenu. Nous ne pouvons accepter quoi que ce soit qui menacerait l’intégrité de notre royaume. » « Nous avons désormais besoin d’entendre de la part de l’UE ce que sont les vrais problèmes et les alternatives qu’ils proposent, a-t-elle conclu. D’ici là, nous ne pourrons faire aucun progrès. »

        Notre décryptage sur ce mécanisme :
         

          qu’est ce que le « backstop » ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Chronique de la Méditerranée. Pour certains commerçants chinois de la capitale sicilienne, les migrants constituent une main-d’œuvre corvéable.
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Reportage

La Chinafrique truste les petits commerces à Palerme

Chronique de la Méditerranée. Pour certains commerçants chinois de la capitale sicilienne, les migrants constituent une main-d’œuvre corvéable.

Par                Antoine Harari



LE MONDE
              datetime="2018-09-21T15:35:42+02:00"

        Le 21.09.2018 à 15h35






    
Dans les rues de Palerme, en Italie.
Crédits : Francesco Bellina / Cesura


Chronique de la Méditerranée. Le Monde Afrique se propose de raconter le parcours de migrants africains qui ont pris la route de l’Europe et tentent de construire une vie nouvelle, avec ou sans papiers.
Un jeune Nigérian s’enfonce dans une cave de la rue Lincoln, à Palerme. De grosses gouttes de sueur coulent sur ses épaules. Les marchandises empilées sur un diable bleu le dépassent d’une tête. A quelques mètres de lui, Mamadou le montre du doigt : « Tu vois, c’est là que je travaillais il y a quelques mois. Tu ne t’arrêtes jamais, de 8 heures du matin à 8 heures du soir. Et même en hiver, je te promets que tu n’as pas froid ! »
Mamadou travaille toujours pour un patron chinois. Mais, raconte-t-il fièrement, celui-ci lui verse désormais 150 euros par semaine, au lieu des 120 qui constituent la norme. Soucieux d’éviter les contrôles de la Guardia di Finanza, le robuste Gambien, arrivé à Catane à l’été 2016, scrute nerveusement l’artère commerçante qui relie la gare de Palerme au front de mer, où ont fleuri les enseignes chinoises.

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Ces commerçants vendent de tout mais surtout de la marchandise à bas prix. Dans l’un de ces entrepôts, s’amoncellent des jeans et des chemises sous cellophane, dans l’autre, c’est du matériel de jardinage et des meubles en plastique. Plus loin, on aperçoit un magasin d’électroménager. Depuis quelque temps, les ressortissants de l’empire du Milieu ont compris que les jeunes migrants sans papiers représentaient une opportunité économique pour eux.
« Impossible de travailler légalement »
Cette année, selon le gouvernement, près de 10 000 Africains ont débarqué sur les côtes italiennes. Pour le plus grand bonheur de certains commerçants. « Les règles sont toujours les mêmes. Ils ne prennent que des gens au noir. Ils nous promettent de nous aider à obtenir des papiers, mais ce sont des mensonges », fulmine Mamadou. « J’ai aidé mon précédent patron à installer tous les meubles de son magasin. Un ouvrier italien lui avait demandé 1 500 euros. Moi, il m’en a donné 50. »

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Alors que nous remontons sur la rue Lincoln, Aboubacar, jeune Malien fraîchement débarqué de l’enfer libyen, profite de l’absence de son patron non pas pour dénoncer ses conditions de travail mais pour blâmer le gouvernement italien. « Nous n’avons pas de statut, il nous est impossible de travailler légalement. Du coup, les Chinois sont notre seule option. Ils nous engagent pour faire la sécurité et vérifier que personne ne vole de la marchandise. Nous nous occupons aussi de décharger les produits. »
Aboubacar gagne 120 euros par semaine. Il s’est résigné. « J’ai tenté ma chance dans le nord, explique-t-il. Ils m’ont mis dans le camp de la Croix-Rouge à Milan. Impossible de travailler là-bas ! J’ai dû revenir en Sicile. » En effet, la Lombardie est la région qui accueille le plus de migrants : plus de 25 000 sur les 180 000 comptabilisés en 2017 par les autorités. La Sicile a, pour sa part, accueilli sur cette même année près de 15 000 arrivants, pour la plupart en provenance du continent africain. Si Aboubacar espère encore pouvoir atteindre un autre pays, il est limité par ses horaires éreintants : de 7 heures du matin à 8 heures du soir.
Billets de 500 euros
Forte de près de 3 000 âmes à Palerme et 6 000 dans les alentours, la communauté chinoise est fidèle à sa réputation de discrétion. Aucun commerçant n’a accepté de nous parler. Mais un comptable palermitain nous a confirmé, sous le couvert de l’anonymat, que les salaires des employés africains n’apparaissaient nulle part. « Aucun d’eux n’est déclaré. Ils gagnent environ 15 euros par jour. Mais administrativement ils n’existent pas », nous raconte-t-il depuis son bureau.
Une situation de quasi-exploitation qui n’étonne pas Salvatore. Ce commerçant installé rue Lincoln depuis plus de trente ans voit d’un mauvais œil le développement des commerces asiatiques. « Aujourd’hui, il n’y a plus que cinq magasins tenus par des Palermitains sur les soixante de la rue ! Avec les migrants, les Chinois font comme nous quand on les force à récolter des tomates : ils profitent de leur faiblesse », souffle-t-il, désabusé.

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Front dégarni et cigarette au bec, il ajoute depuis l’entrée de son échoppe de tissus : « Le problème, c’est que les Chinois ne déclarent rien. Ce n’est pas un hasard si toutes les coupures de 500 euros à Palerme sont entre leurs mains. Ils achètent ces billets plus cher [que leur valeur faciale] parce que ça prend moins de place à transporter. »
Si la création de la Chinatown palermitaine a donné lieu à toutes sortes de fantasmes, la collaboration entre patrons chinois et employés africains est devenue courante. Mais, de manière générale, ces derniers ne restent pas longtemps. « J’étais l’un des premiers à travailler ici, j’ai même fait engager sept de mes amis gambiens. Mais le jour où je reçois mes papiers, je démissionne immédiatement », confirme Mamadou.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Dans le débat sur un éventuel changement de frontières entre les deux pays s’entrechoquent éthique et pragmatisme.
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Kosovo-Serbie : un échange de territoires fondé sur des critères purement ethniques inquiète

Dans le débat sur un éventuel changement de frontières entre les deux pays s’entrechoquent éthique et pragmatisme.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 14h49
    |

            Marc Semo et 
Benoît Vitkine








                        



                                


                            
« Il ne faut pas confondre inviolabilité et intangibilité des frontières, explique le géographe Michel Foucher. Les frontières sont inviolables en droit international, c’est-à-dire qu’elles ne peuvent être remises en cause par la force, mais elles ne sont pas intangibles : elles peuvent bouger s’il y a un accord entre les parties. »
Reconnu en 1975 lors de la conférence d’Helsinki entre l’URSS et les Occidentaux, rappelé solennellement en 1990 par la Charte de Paris, ce principe a permis la réunification allemande après la chute du Mur. « Entre 1989 et 1992, furent créées en Europe – Ukraine et Biélorussie comprises – vingt-deux nouvelles frontières, longues de 11 149 kilomètres », a ainsi calculé Michel Foucher. Dans le cas d’un échange territorial entre le Kosovo et la Serbie cependant, il s’agirait pour la première fois de nouvelles frontières tracées sur une base purement ethnique, et non plus sur les délimitations administratives antérieures des républiques constitutives ou des régions autonomes de la défunte Yougoslavie.

Cette nouveauté, dans une région où la question ethnique reste très vive, a incité la plupart des observateurs à la prudence. « Nous connaissons assez bien les Balkans occidentaux pour savoir qu’une telle démarche serait exploitée par des politiciens nationalistes pour continuer à mettre en cause les frontières et déstabiliser d’autres pays de la région », écrivaient fin août, dans une lettre ouverte à la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini, trois anciens hauts représentants internationaux en Bosnie-Herzégovine. Pour Michael Roth, ministre allemand des affaires européennes, cela « ouvrirait la boîte de Pandore des récriminations ethniques. L’avenir des Balkans occidentaux est multiethnique, multireligieux et multiculturel. »
« Derrière cette proposition [d’échange territorial], il y a l’idée sous-jacente que l’on peut résoudre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ A partir du 15 octobre, les SDF n’auront plus le droit de vivre dans les rues. C’est l’une des mesures qui ont conduit les eurodéputés à voter pour le déclenchement l’article 7 des traités de l’Union à l’encontre de la Hongrie.
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Après les migrants, Orban s’en prend aux sans-abri hongrois


                      A partir du 15 octobre, les SDF n’auront plus le droit de vivre dans les rues. C’est l’une des mesures qui ont conduit les eurodéputés à voter pour le déclenchement l’article 7 des traités de l’Union à l’encontre de la Hongrie.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 13h52
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                              

                        

Le couloir du foyer pour sans-domicile-fixe est sombre. Laszlo Pokornyi déambule en fauteuil roulant. Il vient d’être opéré d’une sale tumeur, très mal placée, près de la colonne vertébrale. Âgé de 50 ans, ce Hongrois a été jeté à la rue par la crise financière de 2008. Comme nombre de ses compatriotes, il avait contracté un emprunt immobilier en francs suisses. Avec l’inflation, les mensualités sont vite devenues impossibles à honorer. Son appartement a été vendu aux enchères. Et, après vingt-sept ans à réparer du matériel de boulangerie, il a « fini là », comme il dit tristement. « Heureusement, j’ai pu trouver une place au chaud, ici, à Budapest. C’est une ancienne usine à gaz, transformée en infirmerie. Elle est tenue par l’Ordre de Malte. Sinon, j’aurais passé ma convalescence en prison », peste-t-il.
Interdiction d’habiter dans « l’espace public »
À la suite de sa réélection, le 8 avril, le souverainiste Viktor Orban a décidé de bannir, purement et simplement, les sans-domicile-fixe des rues de son pays d’Europe centrale. Fin juin, alors que la Hongrie verbalisait déjà la mendicité et la consommation d’alcool sur la voie publique, ce chantre de la « démocratie illibérale » a fait passer un amendement à la Constitution, qui va devenir effectif le 15 octobre. La loi fondamentale stipule désormais qu’il est « interdit d’utiliser l’espace public comme une habitation », ce qui a été relevé comme une atteinte aux droits sociaux par le désormais fameux rapport Sargentini, ayant servi de base aux députés européens pour déclencher l’article 7 du traité de l’Union à l’encontre de la Hongrie, le 12 septembre.

Lorsqu’elle croisera un sans-abri, endormi dans son sac de couchage, la police devra donc le verbaliser. Ceux qui ne pourront pas payer passeront par la case prison, s’ils refusent d’effectuer un travail d’utilité publique. Et cela inquiète beaucoup Betty. Ancienne vendeuse, elle vit dans une tente...




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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Corollaire de la bonne santé de l’économie et de la faiblesse des taux d’intérêt, le pays a connu une augmentation inédite des prix de l’immobilier dans ses grandes villes.
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En Allemagne, la bombe sociale du logement cher

Corollaire de la bonne santé de l’économie et de la faiblesse des taux d’intérêt, le pays a connu une augmentation inédite des prix de l’immobilier dans ses grandes villes.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 17h03
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Michail Nelken nous a donné rendez-vous au café Rhino, au cœur du quartier de Prenzlauer Berg, à Berlin. En cet après-midi de septembre, il est difficile de résister au charme des lieux : les grands trottoirs accueillent ceux qui ont le temps de prendre un café à l’ombre des arbres. Les élégantes façades du début du XXe siècle, rénovées il y a quelques années, renvoient une douce chaleur. Il y a si peu de circulation qu’on entend les cris des enfants qui jouent au parc, à quelques dizaines de mètres de là. Longtemps, à Prenzlauer Berg, une population très mélangée a profité avec nonchalance de cette exceptionnelle qualité de vie, avec des loyers bien plus faibles que dans d’autres grandes villes allemandes et européennes. Mais cet âge d’or est révolu.
« La procédure est toujours la même », explique M. Nelken, qui vit dans le quartier depuis 1979. « Des investisseurs rachètent les appartements, puis font des rénovations. On refait la façade, change les fenêtres, renforce l’isolation, rénove le système de chauffage. A la fin, le nouveau propriétaire réclame le double du loyer. Ceux qui ne peuvent pas se le permettre doivent quitter les lieux. Et c’est tout un quartier qui perd son âme. 85 % de la population de Prenzlauer Berg a changé depuis la réunification. »
Dans ce quartier, depuis quelques années, on ne voit presque plus de personnes âgées et on n’entend plus le dialecte berlinois. Les rénovations des années 2000 ont attiré des familles plus jeunes, venues d’Allemagne du Sud et de l’Ouest pour travailler dans le secteur artistique, les ministères ou les lobbys. Puis, avec l’émergence de l’économie numérique, le quartier s’est internationalisé. Aux rénovations des immeubles anciens ont succédé les nouvelles constructions, la plupart luxueuses. Depuis quelques années, ce sont de véritables « condominiums » à l’américaine qui sont sortis de terre : des immeubles aux cours fermées, protégés par des portes à codes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Une étude publiée par la Commission européenne, vendredi, pointe les difficultés des Etats membres à encaisser la totalité des recettes de TVA, en 2016.
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TVA : encore 147 milliards d’euros de manque à gagner pour l’UE

Une étude publiée par la Commission européenne, vendredi, pointe les difficultés des Etats membres à encaisser la totalité des recettes de TVA, en 2016.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 12h01
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Selon une étude réalisée par la Commission européenne, et publiée vendredi 21 septembre, l’Union européenne a perdu encore 147 milliards d’euros de recettes de TVA (taxe sur la valeur ajoutée) en 2016. L’occasion pour le commissaire à l’économie et à la fiscalité, Pierre Moscovici, d’envoyer un message d’urgence aux capitales.
« La solution est sur la table des ministres des finances depuis bientôt un an : notre proposition de régime définitif de TVA. Je les appelle à s’en saisir et à avancer. En améliorant la coopération et en développant la confiance entre administrations fiscales, il est possible de rendre rapidement aux trésors publics des recettes dont ils ont besoin. »
Car comme le souligne l’ex-ministre français des finances, « la TVA est la première ressource budgétaire des Etats membres. Ce manque à gagner, ce sont donc des écoles, des hôpitaux et des infrastructures qu’on ne construit pas en Europe ! »
Problèmes de collectes
La perte ou « écart de TVA » correspond à la différence entre les recettes de TVA attendues et le montant effectivement perçu. Un écart dû aux problèmes de collectes rencontrés dans les Etats membres (des déficiences administratives). Mais aussi à la fraude, encore massive – autour de 50 milliards d’euros de manque à gagner pour les fiscs nationaux en 2016 –, notamment celle liée à la collecte de la TVA transfrontalière.

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                La Commission européenne veut moderniser le système de fixation des taux de TVA en Europe



Selon l’étude, l’écart de TVA a quand même un peu diminué en 2016 par rapport à 2015, de 10,5 milliards d’euros. Il s’est réduit dans 22 Etats membres, notamment en Bulgarie, Lettonie, à Chypre ou aux Pays-Bas. Mais il a augmenté dans six autres : la Roumanie, la Finlande, le Royaume-Uni, l’Irlande, l’Estonie et la France.
La Commission Juncker a proposé une ambitieuse réforme de la TVA, dont une proposition sur la table en octobre 2017, visant à corriger les faiblesses de la TVA transfrontalière, en modernisant un régime prévalant depuis le début des années 1990.
Règle de l’unanimité
L’idée de la Commission est d’exiger que la TVA soit prélevée systématiquement lors des transactions transfrontalières, selon un système de guichet unique : un portail en ligne où les entreprises qui achètent ou vendent les produits depuis ou vers un autre pays de l’Union effectueraient leurs déclarations. En vertu d’un principe de « destination », le montant de la TVA serait versé au pays du consommateur final, selon le taux qu’il applique. Chaque Etat reverserait ensuite la TVA due aux autres Etats membres.
L’examen de ce projet a certes commencé au Conseil (les Etats membres), mais n’a toujours pas abouti. Or la Commission Juncker touche à sa fin : alors que les élections européennes de mai 2019 se profilent, il ne reste guère plus que six mois utiles pour faire adopter des textes européens.
Un accord a été obtenu au conseil fin juin pour améliorer la coopération et l’échange d’informations entre administrations des Etats membres, mais les capitales buttent encore sur la TVA transfrontalière. Elle pâtit comme toutes les réformes portant sur la fiscalité, de la règle de l’unanimité, très compliquée à atteindre dans l’Union – encore – à vingt-huit.
A cet égard, M. Moscovici a assuré vendredi « réfléchir » à une proposition pour passer à la majorité qualifiée au Conseil, qui « permettrait d’avancer plus vite et d’éviter que l’inertie ou la volonté de quelques-uns n’entrave celle du plus grand nombre ». Un slogan de campagne pour les Européennes ? Jusqu’à présent en tout cas, les capitales ont très jalousement campé sur cette règle de l’unanimité, estimant que la fiscalité est une des clés de leur souveraineté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ L’ancien premier ministre va annoncer sa décision mardi 25 septembre. Il a déjà préparé son équipe de campagne.
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Manuel Valls quasi-candidat à la mairie de Barcelone

L’ancien premier ministre va annoncer sa décision mardi 25 septembre. Il a déjà préparé son équipe de campagne.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 12h00
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        


La candidature de Manuel Valls à la mairie de Barcelone ne fait plus guère de doutes. A 9 h 30, l’ancien premier ministre français a publié une photo de ses pieds foulant le sol de la ville, avec pour seule légende, un mot : « Barcelone... ». Une manière de donner officiellement le coup d’envoi de sa candidature après des semaines de visites régulières et prolongées dans la cité catalane, de réunions dans les milieux d’affaires et intellectuels à la recherche de soutien et de financement, et d’analyses de la situation politique catalane comme des problèmes de la ville. Le député de l’Essonne, né à Barcelone, devrait confirmer sa décision mardi.

Barcelona... pic.twitter.com/6IAsPznecP— Manuel Valls (@manuelvalls) 21 septembre 2018


« L’ancien premier ministre de la République française, Manuel Valls, annoncera le 25 septembre quelle sera sa position en ce qui concerne les élections municipales de Barcelone du 26 mai 2019 », détaille en effet le communiqué envoyé par sa fraîche équipe de communication barcelonaise.
L’ancien élu socialiste, aujourd’hui apparenté La République en marche, de plus en plus absent des bancs de l’Assemblée nationale, dévoilera sa position lors d’un grand « événement civique qui se tiendra à 19 heures, mardi 25 septembre au Centre de culture contemporaine de Barcelone (CCCB) ». Il sera entouré des personnes « qui ont accompagné M. Valls durant le processus de réflexion qu’il a maintenu depuis le mois de juin dernier et ont partagé avec lui des idées sur l’avenir de Barcelone ».
Large plate-forme
Aucun nom n’a fuité de la liste des invités, mais la salle devrait compter des représentants de différents partis ainsi que des personnalités indépendantes du monde de la culture et des affaires. Manuel Valls entend en effet se présenter aux municipales à la tête d’une large plate-forme, qui dépasse les sigles partisans. Assuré des voix des électeurs de Ciudadanos, il devrait partir à la chasse à ceux du Parti socialiste catalan (PSC), bien que ce dernier ne le soutienne pas.
Pour préparer sa campagne – et dans l’attente qu’il ne confirme sa candidature –, M. Valls s’est entouré du consultant politique Xavier Roig, ancien chef de cabinet de Pascual Maragall. Maire socialiste de Barcelone de 1982 à 1997, M. Maragall reste associé dans l’esprit des Barcelonais aux grandes réussites de la ville : sa projection internationale, son développement urbain, et l’organisation des Jeux olympiques de 1992. Alors que beaucoup de politiques lui ont reproché sa méconnaissance de Barcelone, Manuel Valls compte aussi sur les conseils de Guillermo Basso, ancien technicien supérieur au cabinet du maire de Barcelone.
Dernier grand bastion qui échappe aux indépendantistes, la ville est gouvernée par l’ancienne activiste du droit au logement Ada Colau, proche du parti de la gauche radicale Podemos. Mais sa cote de popularité est en baisse. Au tourisme de masse et à la hausse brutale des loyers s’ajoutent le problème de la hausse de l’insécurité et des polémiques récurrentes sur la tolérance municipale envers les vendeurs à la sauvette ou l’existence de nombreux « narco-appartements ». Des sujets de campagne tout trouvés pour l’ancien ministre français de l’intérieur…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Philippe Bernard, correspondant du « Monde » à Londres, a répondu à vos questions, au lendemain d’un sommet européen au cours duquel les propositions de compromis de Theresa May ont été retoquées.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Face au gouvernement britannique, les Vingt-Sept font preuve d’une remarquable unité à vouloir préserver l’acquis commun et le projet politique que représente l’Europe.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Brexit : l’art du « deal »

Editorial. Face au gouvernement britannique, les Vingt-Sept font preuve d’une remarquable unité à vouloir préserver l’acquis commun et le projet politique que représente l’Europe.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 15h07
   





                        


Editorial du « Monde ». Unité, fermeté et pression maximale. C’est la stratégie que s’étaient fixée les dirigeants européens face au gouvernement britannique, en abordant la dernière longueur des négociations qui doivent en principe aboutir à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne dans six mois. A Salzbourg, où ils se sont réunis les 19 et 20 septembre, d’abord à vingt-huit, en présence de Theresa May, la première ministre britannique, puis sans elle, à vingt-sept, ils s’y sont tenus, faisant corps derrière le négociateur européen, Michel Barnier.

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                Brexit : pour les Européens, « l’heure de vérité » a sonné



Même si Malte et quelques pays comme la Pologne se montrent plus sensibles aux positions britanniques, les Etats membres de l’UE continuent de faire preuve sur ce dossier d’une remarquable unité, eux si prompts à se déchirer sur tant d’autres questions. S’ils y parviennent, c’est parce qu’ils ont conscience de ce qui est en jeu dans le défi du Brexit : préserver l’acquis commun et le projet politique que représente l’Europe. Lorsque Donald Tusk, le président du Conseil européen, et Emmanuel Macron, le président français, évoquent « l’heure de vérité » à laquelle Londres et ses partenaires sont maintenant arrivés dans la négociation, ce n’est pas seulement de l’horloge qu’ils parlent ; c’est de la sauvegarde d’un authentique projet européen.
Theresa May furieuse
Theresa May l’aura-t-elle enfin compris jeudi, dans l’avion qui la ramenait à Londres ? Elle retrouve un pays en proie à de profondes divisions sur les modalités du Brexit, exacerbées par les enjeux de politique intérieure. Visiblement furieuse de ne pas avoir été traitée avec plus de souplesse à Salzbourg, Mme May doit faire face, dans une semaine, au congrès annuel de son parti, le Parti conservateur, où les « durs » ne lui feront pas de cadeaux. Elle n’aura donc pas été étonnée de lire dans la presse britannique vendredi les commentaires cinglants sur « l’humiliation » qu’elle a subie à Salzbourg et « l’embuscade » des Vingt-Sept dans laquelle elle est tombée.
Au-delà des infinies complexités techniques, économiques et juridiques que doit résoudre la négociation menée par M. Barnier au nom de la Commission européenne, c’est bien au niveau politique que se trouve la solution. Theresa May ne peut, au fond, demander aux Européens de régler un différend qui est d’abord intrabritannique : celui de la profonde crise ouverte dans son pays par le référendum du 23 juin 2016.
Réalité du rapport de force
Depuis la campagne pour ce référendum, à l’exception de quelques oiseaux de mauvais augure, une grande partie des Britanniques et leurs élus se sont bercés d’illusions sur la faisabilité et le coût du Brexit. Deux ans plus tard, ils ne semblent toujours pas prêts à affronter la réalité du rapport de force avec l’UE, ni les conséquences concrètes du divorce d’avec l’Union pour leur pays, leur économie et leur vie quotidienne.
Il reste encore quelques précieuses semaines pour avancer, en particulier sur le principal point de blocage, celui de la frontière irlandaise, qui met en jeu à la fois l’intégrité du Royaume-Uni et celle du marché unique européen. La balle est dans le camp de Londres. Pour autant, les Vingt-Sept devront, à un moment donné, savoir faire preuve aussi d’ouverture. S’ils sont légitimes à vouloir préserver ce qui constitue les fondements de l’Union, ils ne doivent pas oublier que la Grande-Bretagne restera un pays européen, notre voisin le plus proche à l’ouest, et un partenaire indispensable en matière de sécurité et de défense. Tout doit être mis en œuvre pour trouver ensemble l’art du « deal » à l’européenne : un accord qui protège l’Europe sans humilier les Britanniques.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Florence Parly, la ministre française de la défense, s’inquiète de l’impact budgétaire du Brexit sur les accords de coopération.
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Le Brexit pèse sur la coopération de défense franco-britannique

Florence Parly, la ministre française de la défense, s’inquiète de l’impact budgétaire du Brexit sur les accords de coopération.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 10h36
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 10h46
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Pas facile de s’afficher comme les meilleurs amis du monde quand on est sur le point de divorcer. Les ministres français et britannique de la défense ont fait assaut d’amabilités mutuelles, jeudi 20 septembre, à Londres, lors d’une conférence du Conseil franco-britannique de défense, une instance dévolue au dialogue. Mais l’ombre du Brexit planait sur la réunion dont l’objet était de relancer une coopération stratégique scellée en 2010 pour cinquante ans par le traité de Lancaster House et décisive pour les deux pays à l’heure des coupes budgétaires.
« Notre partenariat est aussi crucial que jamais, indépendamment du Brexit », a assuré Florence Parly, la ministre française. Mais c’était pour estimer ensuite que le Brexit pourrait être, dans l’univers de Harry Potter, « l’étrange nom d’un gros animal assis au milieu de la Manche qui éclabousse les deux pays de façon déplaisante avec ses multiples queues ». Cette audacieuse image a-t-elle été droit au cœur des Britanniques ?
Homologue de Mme Parly, Gavin Williamson, converti récemment au Brexit après l’avoir combattu, s’est voulu rassurant pour l’avenir de la coopération : « Le Royaume-Uni sera toujours votre plus proche allié », a-t-il lancé en magnifiant les « valeurs partagées », en citant les théâtres d’opération communs (Mali, Syrie, Estonie) et la prochaine mise à disposition de la Force expéditionnaire franco-britannique capable de déployer 10 000 militaires. Accord bilatéral, le traité de coopération militaire de 2010 n’est pas impacté juridiquement par le Brexit.
« Bons amis mais rivaux »
Seules puissances nucléaires du continent, consacrant autour de 2 % de leur PIB à la défense, le Royaume-Uni et la France sont en réalité condamnés à coopérer. « La coopération est la seule façon de conserver à nos deux pays leur niveau d’excellence », a insisté Antoine Bouvier, PDG de MBDA, le fabricant franco-britannique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Malte a refusé d’accueillir le navire humanitaire et Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, a répété que ses ports étaient fermés.
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L’« Aquarius » en quête d’un port sûr pour débarquer onze personnes secourues en mer

Malte a refusé d’accueillir le navire humanitaire et Matteo Salvini, le ministre de l’intérieur italien, a répété que ses ports étaient fermés.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 16h23
    |

            Julia Pascual (Envoyée spéciale sur l'"Aquarius")








                        



   


Ils lui ont montré les étoiles et, au large, la lumière des torchères des plates-formes pétrolières. Ils lui ont dit de les suivre, pour se guider. « Si je ratais, je mourrai. Sinon, j’irai en Italie. » Youssouf a pris la barre du moteur. L’Ivoirien de 20 ans n’avait jamais navigué, il ne sait même pas nager.
Dix Pakistanais, neuf hommes et un adolescent de 14 ans, se sont installés avec lui dans la petite barque de fibre de verre. Il les avait rencontrés l’avant-veille dans une maison de Zouara, ville côtière à l’ouest de la Libye. Ils ont tous pris la mer, vers 23 heures, mercredi 19 septembre. « J’ai pris mon courage en main pour sauver ma vie. Et Dieu nous a aidés aussi », dit Youssouf.
Peu après le lever du jour, jeudi, un sauveteur de l’Aquarius, le navire des ONG SOS Méditerranée et de Médecins sans frontières (MSF), les a repérés à la jumelle. Il a d’abord cru à un mouton de vague, à 28 milles au large de la Libye et plus de 120 milles du rivage européen le plus proche, l’île italienne de Lampedusa.

   


Cette année, 1 728 personnes sont mortes en tentant de traverser la mer Méditerranée, d’après l’Organisation internationale pour les migrations
« J’ai vu des gens en train d’écoper de l’eau, raconte Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherches et de secours de SOS Méditerranée. Ils avaient des gilets de sauvetage mais ce sont des modèles de mauvaise confection, qui se remplissent d’eau donc c’est dangereux. Ils n’ont pas de radio, pas de balise de détresse et il y a de la houle. S’il se passe quelque chose, ils meurent, c’est tout. » Les équipes de l’Aquarius ont procédé au sauvetage des onze personnes.
Cette année, 1 728 personnes sont mortes en tentant de traverser la mer Méditerranée, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). La route de la Méditerranée centrale, qui relie la Libye à l’Italie, est la plus dangereuse. Près de 15 000 personnes y ont péri depuis 2014. Même si le nombre de départs n’a jamais été aussi bas depuis quatre ans, le taux de mortalité est en forte hausse en 2018, conséquence directe du retrait des ONG de la zone.
Depuis que l’Italie a refusé, en juin, d’accueillir l’Aquarius et les 630 migrants à son bord – le contraignant à se rendre à Valence en Espagne –, les ports italiens et maltais sont fermés aux navires humanitaires. Tout l’été, plusieurs sauvetages ont donc généré une mini-crise diplomatique avant que des solutions de débarquement soient trouvées, au cas par cas. Plusieurs bateaux d’ONG sont en outre bloqués à Malte.

   


L’Aquarius est donc aujourd’hui le seul à patrouiller en Méditerranée centrale. Mais il a dû renoncer à son traditionnel port d’attache sicilien et a perdu son pavillon gibraltais. Il navigue désormais sous drapeau panaméen et doit aller jusqu’à Marseille pour ses escales techniques. « Avant, nous savions que nous pouvions débarquer des personnes secourues au bout de deux ou trois jours mais, maintenant, on se prépare à des attentes longues en mer », ajoute Edouard Courcelle, chargé pour MSF de la logistique à bord.
« Graves maltraitances »
L’Aquarius doit aussi composer avec la montée en puissance des gardes-côtes libyens. D’ordinaire, les opérations de secours aux embarcations en détresse étaient coordonnées par les autorités maritimes italiennes. « Depuis fin juin, l’Organisation maritime internationale a reconnu officiellement la compétence de la Libye en matière de coordination des opérations de recherche et de sauvetage [dans les eaux internationales] au large du pays », souligne Laura Garel, de SOS Méditerranée.
Jeudi, l’Aquarius a donc pris attache avec les autorités maritimes libyennes, qui ont voulu transférer les onze personnes à bord d’une vedette de gardes-côtes. Le navire humanitaire a refusé, estimant que le pays n’offre pas un lieu sûr de débarquement, selon les conventions maritimes internationales. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a lui aussi rappelé début septembre que la Libye n’est pas une option en raison des « graves maltraitances » qu’y risquent les migrants. L’Aquarius s’est donc tourné vers les autorités maltaises et italiennes.

   


Les premières ont répondu qu’elles n’étaient pas « l’autorité compétente ni appropriée » tandis que les secondes ont dit qu’elles n’offriraient pas de port sûr parce qu’elles n’avaient pas coordonné le sauvetage. Le ministre de l’intérieur d’extrême droite, Matteo Salvini, avait déjà expliqué sur Twitter que l’Aquarius « a refusé de collaborer avec les gardes-côtes libyens » et que « maintenant il erre en Méditerranée. Je le dis et je le répète : qu’il aille où il veut mais pas en Italie, les ports sont fermés ». L’équipage compte désormais demander à la France, l’Espagne et la Grèce un port de débarquement.
A minuit, alors qu’il continuait de patrouiller au large de la Libye, dans l’attente, le grain s’est formé au-dessus du navire. Des éclairs ont déchiré le ciel et des vagues de deux mètres se sont formées. « Aucune barque ne survit dans cette tempête », commentait un sauveteur sur le pont, tandis que dix Pakistanais et un Ivoirien courraient s’abriter à l’intérieur du bateau. Vendredi matin, l’Aquarius a demandé à la France, l’Espagne et la Grèce un lieu de débarquement.
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="L’embarcation repérée par l’« Aquarius«  le 20 septembre. Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherches et de secours pour SOS Méditerranée, raconte : « Nous avons vu qu’ils étaient en train d’écoper le bateau. Ils avaient des gilets de sauvetage, mais ce sont des modèles de mauvaise confection, qui se remplissent d’eau, donc c’est dangereux. »"
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            data-slide-description="Jérémie Demange est le sauveteur de SOS Mediterranée qui a ciblé la petite barque en détresse le 20 septembre vers 7h « Au début, tu vois une tâche blanche qui bouge sur la vague et, très vite, tu vois que ça ressemble à une embarcation »."
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            data-slide-description="Les chaussures trempées des onze rescapès sèchent sur le pont principal de l'Aquarius, le 20 septembre."
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            data-slide-description="Un membre de Médecins sans frontières leur donne quelques explications sommaires, tandis qu’ils essayent de rallumer leur téléphone emballé dans plusieurs couches de plastique. Un sac est distribué à chacun d’entre eux, avec du linge propre, de l’eau, une serviette…"
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            data-slide-description="Sur le pont, le reste de l’équipage se tient prêt à accueillir les personnes secourues. La manœuvre est bien huilée. Un à un, les hommes sont montés à bord et installés sur le pont arrière du bateau."
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            data-slide-description="A bord de l’« Aquarius », après le sauvetage des onze personnes, dont un mineur, qui se trouvaient à bord de la petite embarcation."
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            data-slide-description=""Mon futur est entre vos mains" avoue Ch. Amraiz. Après avoir passé huit heures sur la mer pour parcourir 28 milles nautiques, cet homme de 38 ans d'origine pakistanaise s'est fait secourir par l'équipage de l'Aquarius. Le 20 septembre."
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            data-slide-description="Rocco Aiello, sauveteur pour SOS Méditerranée, après l’opération."
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            data-slide-description="Le sauvetage a eu lieu à envrion 28 milles nautiques, face à la ville libyenne d’Abou Kammach."
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="La barque dont ils ont été évacués flotte à présent à vide. L’équipe de SOS Méditerranée démonte le moteur et disperse ses pièces à l’eau. La coque est marquée à la peinture noire : « SAR AQU 20/09/2018 », afin que chacun sache que les personnes à bord ont été secourues par l’« Aquarius », à plus de 120 milles marins (environ 222 km) du rivage européen le plus proche, l’île italienne de Lampedusa."
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L’embarcation repérée par l’« Aquarius«  le 20 septembre. Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherches et de secours pour SOS Méditerranée, raconte : « Nous avons vu qu’ils étaient en train d’écoper le bateau. Ils avaient des gilets de sauvetage, mais ce sont des modèles de mauvaise confection, qui se remplissent d’eau, donc c’est dangereux. »

Samuel Gratacap pour Le Monde
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le gouvernement socialiste, qui défend des positions abolitionnistes, est embarrassé par cette tentative d’organisation, dans un pays où la prostitution n’est ni réglementée ni punie.
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En Espagne, la création d’un syndicat de prostituées ouvre un débat

Le gouvernement socialiste, qui défend des positions abolitionnistes, est embarrassé par cette tentative d’organisation, dans un pays où la prostitution n’est ni réglementée ni punie.



LE MONDE
 |    21.09.2018 à 03h03
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 06h29
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



                                


                            LETTRE DE MADRID
« On m’a mis un goal dans la lucarne », a avoué la ministre espagnole du travail, Magdalena Valerio, le 30 août. Elle venait d’apprendre que le Bulletin officiel de l’Etat (BOE) avait publié, à son insu, les statuts d’un nouveau syndicat : Otras (Les autres), destiné à défendre les droits des travailleuses du sexe.
La métaphore footballistique n’a pas atténué la polémique. La procédure avait été validée par son propre ministère. Le 3 septembre, la directrice générale du travail a donc démissionné, assumant seule la responsabilité de ce couac. Et le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez, aux positions abolitionnistes, a aussitôt annoncé son intention d’annuler cette inscription au BOE.
Depuis, le débat est lancé en Espagne. Est-il possible de créer un syndicat autour d’une activité située en marge des lois et associée majoritairement à la traite d’êtres humains ? Les avis divergent. Les partis doutent. Les syndicats se divisent.
« L’idée que les putes s’organisent emmerde »
Très critique, l’Union générale du travail (UGT) estime que ce syndicat risque « de normaliser une forme de commerce dans lequel la marchandise est le corps des êtres humains ». Plus ambiguës, les Commissions ouvrières (CCOO) ont demandé « une réflexion collective sur la situation légale et personnelle des milliers de femmes et d’hommes concernés ». Véhémente, la section catalane de la Confédération générale du travail (CGT) a défendu « la régulation du travail sexuel » pour mettre fin à « l’économie souterraine, aux prix abusifs pour avoir un poste de travail et aux agressions institutionnelles ». 
Enthousiaste, la section féministe du syndicat anarcho-syndicaliste CNT s’est elle franchement demandé si « l’idée que les putes s’organisent emmerde parce que, de cette manière, [la société patriarcale] ne peut plus décider pour elles ».
Même éventail de réactions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Condamné « pour actes de terrorisme » alors qu’il avait jeté des objets sur les forces de l’ordre lors d’une émeute à la frontière en 2015, Ahmed H. est en détention depuis trois ans.
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La justice hongroise réduit la peine de prison d’un Syrien condamné pour des heurts aux frontières

Condamné « pour actes de terrorisme » alors qu’il avait jeté des objets sur les forces de l’ordre lors d’une émeute à la frontière en 2015, Ahmed H. est en détention depuis trois ans.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 22h23
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 00h07
   





                        



   


Il est devenu le symbole d’une dérive sécuritaire en Hongrie. Ahmed H., un Syrien accusé par la justice hongroise d’avoir participé à des violences entre migrants et forces de l’ordre en 2015, a vu, jeudi 20 septembre, sa peine réduite en appel de sept à cinq ans de prison ferme.
La justice hongroise a cependant maintenu que cet homme de 41 ans s’est rendu coupable d’« acte de terrorisme » pour avoir pris part à des heurts entre migrants et police lors de la vague migratoire de l’été 2015. Ce chef d’accusation suscite depuis le début de l’affaire les protestations de nombreuses organisations humanitaires qui y voient le symbole d’une politique abusive du gouvernement de Viktor Orban envers les migrants.

        Lire notre reportage :
         

          Hongrie : le cas d’Ahmed H., emprisonné pour dix ans, symbole de la politique sécuritaire d’Orban



Ahmed H., domicilié à Chypre depuis une dizaine d’années, était accusé d’avoir jeté des projectiles sur la police hongroise qui venait de fermer la frontière avec la Serbie en septembre 2015, bloquant des centaines de migrants sur la route vers le nord de l’Europe.
Selon son récit, il avait quitté sa femme et ses deux fillettes en août 2015 pour partir aider ses parents âgés et six autres membres de sa famille à fuir de la Syrie vers l’Europe. Un mois plus tard, tous s’étaient retrouvés pris au piège de la fermeture des frontières décidée par Budapest. Un premier verdict fin 2016 l’avait condamné à dix ans de prison mais avait été annulé. En mars dernier, la justice l’avait condamné à sept ans de prison.
« Répression impitoyable contre les réfugiés et les migrants »
Ahmed H. est également jugé coupable d’avoir orchestré les violences à l’aide d’un mégaphone, le 16 septembre 2015, lorsqu’une quinzaine de policiers avait été blessés ainsi que plus de cent migrants qui avaient tenté de forcer la clôture barrant la frontière à Röszke, dans le sud de la Hongrie. L’accusé a toujours affirmé aux juges avoir utilisé sa connaissance de l’anglais pour servir de médiateur entre les migrants et la police, ce dont atteste une vidéo tournée ce jour-là.
Depuis son placement en détention, il y a trois ans, le cas d’Ahmed H. mobilise de nombreuses ONG qui voient en lui « un bouc émissaire ». Washington avait critiqué « une interprétation large de ce qui constitue le “terrorisme” ». Le Parlement européen avait également dénoncé le traitement de ce Syrien.
Ce verdict est « la convergence dangereuse des lois antiterroristes draconiennes de la Hongrie et de sa répression impitoyable contre les réfugiés et les migrants », avait estimé l’ONG Amnesty International après le précédent procès.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Les Vingt-Sept espèrent boucler les négociations avec Londres d’ici à la mi-novembre, mais posent leurs conditions avant de transiger, ou pas, avec Theresa May.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 20/09/2018
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Brexit : pour les Européens, « l’heure de vérité » a sonné

Les Vingt-Sept espèrent boucler les négociations avec Londres d’ici à la mi-novembre, mais posent leurs conditions avant de transiger, ou pas, avec Theresa May.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 21h29
 • Mis à jour le
21.09.2018 à 10h43
    |

            Cécile Ducourtieux (Salzbourg, Autriche, envoyée spéciale) et 
Jean-Pierre Stroobants (Salzbourg, Autriche, envoyé spécial)








                        



                                


                            

En l’absence de la dirigeante britannique, Theresa May, les vingt-sept chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE) ont manifestement accordé leurs violons, jeudi 20 septembre, à Salzbourg (Autriche). Leur sommet informel a été l’occasion de sonner collectivement l’alarme : la dernière ligne droite des négociations du Brexit a vraiment commencé. Et ils n’ont – pour l’instant – pas du tout l’intention d’assouplir leurs positions.
Evidemment, ce rendez-vous était aussi et surtout destiné à exercer une pression maximale sur la première ministre britannique, à quelques jours du congrès annuel des tories, sa famille politique, toujours profondément divisée sur sa vision du Brexit.

Dix-huit mois après le début des négociations de divorce avec Londres, les Européens ont pour la première fois précisé leur calendrier terminal. « Le Conseil européen [du 18 octobre] sera un moment de vérité, a affirmé Donald Tusk, le président du Conseil. Nous y espérons des progrès substantiels. A ce moment-là, nous aviserons [s’il est utile de convoquer] un éventuel sommet en novembre. »
« Le Brexit aura bien lieu le 29 mars 2019 »
A en croire les Vingt-Sept, il ne reste donc que deux mois « utiles » afin de pouvoir boucler dans les temps la rédaction, forcément complexe et extrêmement juridique, d’un traité entérinant le divorce, puis sa validation par le Parlement européen, et, plus périlleux à obtenir sans doute, le feu vert des parlementaires britanniques.
Sachant que – Theresa May l’a rappelé la veille à Salzbourg, où elle avait eu dix minutes pour exposer son point de vue face à ses homologues – « le Brexit aura bien lieu le 29 mars 2019 ». Une façon de répondre à tous ceux qui fantasment encore sur une prolongation des négociations.
La rumeur d’un sommet exceptionnel, le week-end des 17 et 18 novembre, avait couru dans la matinée, mais M. Tusk n’a pas confirmé ces dates : pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le navire humanitaire, qui patrouille au large de la Libye, a repéré jeudi une embarcation avec onze personnes à son bord.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La Commission européenne avait exigé en début d’année que les grands réseaux sociaux soient plus clairs dans leur manière d’expliquer l’usage possible des données personnelles des utilisateurs. Les résultats se font attendre.
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L’Europe hausse le ton contre Facebook et Twitter, sommés de mettre à jour leurs conditions d’utilisation

La Commission européenne avait exigé en début d’année que les grands réseaux sociaux soient plus clairs dans leur manière d’expliquer l’usage possible des données personnelles des utilisateurs. Les résultats se font attendre.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 17h27
   





                        



   


« Ma patience a atteint ses limites. » Lors d’une conférence de presse tenue jeudi 20 septembre à Bruxelles, la commissaire européenne aux consommateurs, Vera Jourova, n’a pas tenu sa langue. Elle a reproché à Facebook et Twitter de prendre trop de temps pour se conformer aux demandes de la Commission européenne, qui a exigé des deux plateformes, en février, qu’elles modifient leurs conditions générales d’utilisation pour les rendre plus claires pour les consommateurs européens.
Dans un communiqué diffusé jeudi, la Commission européenne précise que « les progrès » de Facebook n’ont depuis été que « très limités », alors même que l’entreprise a modifié ses conditions d’utilisation en mai, dans le cadre de la RGPD. Ces nouvelles conditions « contiennent une présentation trompeuse des principales caractéristiques des services de Facebook, détaille la Commission. En particulier, Facebook indique maintenant aux consommateurs que leurs données et leur contenu sont utilisés uniquement pour améliorer leur “expérience” globale et ne mentionne pas que l’entreprise utilise ces données à des fins commerciales. »

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Ce coup de semonce intervient plusieurs mois après le scandale Cambridge Analytica, la société britannique accusée d’avoir collecté et exploité sans leur consentement les données personnelles de millions d’utilisateurs à des fins politiques. Ce scandale « a rappelé que peu de gens savent clairement comment Facebook utilise les données personnelles de ses utilisateurs », a insisté Mme Jourova, lors de sa conférence de presse du 20 septembre.
Elle a déclaré s’attendre à recevoir un projet de modification des conditions d’utilisation de Facebook d’ici la mi-octobre, afin qu’elles puissent être appliquées en décembre. Vera Jourova a rappelé pour l’occasion que le souhait de la Commission européenne était de voir mieux préciser aux 380 millions d’utilisateurs de Facebook en Europe quelles utilisations pouvaient être faites de leurs données personnelles, et comment les applications tierces (jeux, quiz…) pouvaient y avoir accès.
Menaces de sanctions
La commissaire a rappelé que Facebook et Twitter risquaient des sanctions s’ils ne modifiaient pas leurs conditions d’utilisation en ce sens d’ici la fin de l’année. « Bien que Facebook m’ait assuré qu’il adapterait enfin toutes les conditions de service trompeuses restantes d’ici décembre, cela dure depuis trop longtemps. (…) Si les changements ne sont pas pleinement mis en œuvre d’ici la fin de l’année, j’inviterai les autorités chargées de la protection des consommateurs à agir rapidement et à sanctionner l’entreprise, a-t-elle menacé. Si nous ne voyons pas d’amélioration, les sanctions viendront. C’est très clair. Nous ne pouvons négocier éternellement, nous avons besoin d’en voir les résultats. » 
Ces sanctions, si elles sont prononcées, seraient ensuite prises au niveau des autorités nationales de protection des consommateurs. En France, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a fait suite à ces propos de la Commission européenne, dans un communiqué diffusé le 20 septembre : « Il a été précisé à Facebook que cette mise en conformité devrait être mise en œuvre avant la fin de l’année. A défaut, les actions coercitives appropriées seront engagées pour contraindre l’entreprise au respect des règles nationales et européennes de protection des consommateurs. »
La DGCCRF souligne que les modifications apportées au mois de mai par Facebook à ses conditions générales d’utilisation « ne sont pas satisfaisantes et ne respectent pas ses précédents engagements ». « Elles comportent plusieurs clauses que la DGCCRF juge insuffisamment claires, et abusives, en particulier celles relatives à la suppression unilatérale des contenus, l’utilisation des données des utilisateurs et la limitation de responsabilités de Facebook en cas d’utilisation de ces données par des tiers », détaille-t-elle.
En réponse, Facebook a fait valoir qu’il avait déjà procédé à un certain nombre de changements et qu’il continuerait à coopérer avec les autorités. « Nos conditions sont beaucoup plus claires concernant ce qui est permis et ce qui ne l’est pas sur Facebook et sur les options qu’ont les utilisateurs. Nous poursuivrons notre étroite collaboration afin de répondre à toute autre préoccupation et de faire les mises à jour qui s’imposent », a réagi Facebook auprès de l’AFP.

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Airbnb se met en conformité
Lors de sa conférence de presse, Vera Jourova, a en revanche annoncé qu’Airbnb avait apporté les modifications nécessaires de ses conditions d’utilisation, après avoir fait l’objet d’une demande en ce sens de la Commission, mi-juillet.
La plateforme communautaire de location de logements de particuliers s’est notamment engagée à préciser clairement si l’offre de location présente sur son site émanait d’un hôte privé ou d’un professionnel. Airbnb s’est aussi engagé à une meilleure transparence sur le prix des réservations, et à mieux détailler la totalité des frais à régler pour réserver une location, tels que les frais de ménage à payer lorsqu’on doit quitter le logement.
Airbnb a également modifié ses conditions d’utilisation pour préciser les conditions dans lesquelles un voyageur peut se retourner ou non contre son hôte, en cas de problèmes (blessures, objets cassés…) survenus pendant la location. Airbnb a promis d’appliquer ces modifications des termes de service dans toutes les langues officielles de l’espace économique européen d’ici la fin décembre.



                            


                        

                        

