<FILE-date="2018/09/20/17">

<article-nb="2018/09/20/17-1">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ La polémique autour de la « petite phrase » d’Emmanuel Macron témoigne surtout de la tendance des politiques à n’entendre que ce qui sert leurs propres convictions, estime Stéphan Bourcieu, directeur d’une école de commerce, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Le Président et l’horticulteur : « Il faut écouter ceux qui parlent, si on veut en être écouté »

La polémique autour de la « petite phrase » d’Emmanuel Macron témoigne surtout de la tendance des politiques à n’entendre que ce qui sert leurs propres convictions, estime Stéphan Bourcieu, directeur d’une école de commerce, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 16h00
    |

Stéphan Bourcieu (Directeur général de Burgundy School of Business (ex-ESC Dijon))







                        



                                


                            
Tribune. « Je traverse la rue, je vous en trouve (un emploi) ». Depuis dimanche 16 septembre, voici une nouvelle polémique au sujet d’une petite phrase d’Emmanuel Macron, prononcée à l’occasion d’un échange avec un jeune chômeur qui visitait l’Élysée lors des Journées du Patrimoine.
De nombreux représentants de l’opposition, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, se sont immédiatement emparés de cette petite phrase pour dénoncer, qui le mépris du Président envers les pauvres, qui la brutalité de ses propos. Les médias ont également commenté en boucle ces propos, expliquant, à l’image d’Alba Ventura (RTL) que « sur la forme, c’est brutal et inacceptable (…) même si sur le fond, il n’a pas tout à fait tort ».
Les critiques et les commentaires vont sans doute se poursuivre encore un peu avant que cette polémique ne laisse place à une autre et qu’elle soit rangée au rayon des souvenirs du quinquennat Macron, entre le « pognon de dingue » et la « meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler ».
Cette situation est d’autant plus regrettable que les propos du Président, comme les commentaires des hommes politiques et des médias, sont passés totalement à côté du problème soulevé par le jeune horticulteur.
Pour bien comprendre ce problème, il faut écouter avec attention l’échange entre le Président et le jeune qui l’interpelle :
Le jeune : J’ai beau envoyer des CV et des lettres de motivation, ça ne fait rien.
Le Président : Et vous voulez travailler dans quel secteur ?
Le jeune : Je suis horticole (sic). J’ai envoyé (des CV) partout dans les mairies et ils ne prennent pas.
Le Président : Si vous êtes prêt et motivé, dans l’hôtellerie et les cafés, la restauration, dans le bâtiment, il n’y a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu’ils cherchent des gens…
Si tous les observateurs,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-2">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ L’historienne Claire Judde de Larivière, spécialiste du Moyen Age et de la Renaissance, constate que la majorité de la population a, paradoxalement, laissé le moins de traces dans les archives, sauf à sortir du lot lors d’épisodes de violence.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Alexandre Benalla sort de la masse des invisibles

L’historienne Claire Judde de Larivière, spécialiste du Moyen Age et de la Renaissance, constate que la majorité de la population a, paradoxalement, laissé le moins de traces dans les archives, sauf à sortir du lot lors d’épisodes de violence.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 12h00
    |

                            Claire Judde de Larivière (Historienne et collaboratrice du Monde des livres)








                        



                                


                            

Résonances : chaque semaine, une chercheuse ou un chercheur réagit à un fait d’actualité ou simplement à l’air du temps.
C’est un des paradoxes de l’histoire : les gens les plus nombreux – habitants ordinaires des villes et des campagnes – sont ceux qui ont proportionnellement laissé le moins de traces. Au Moyen Age, travailleurs et paysans représentaient environ 90 % de la population mais n’ont produit qu’une part mineure des sources à notre disposition. Dans notre imaginaire, ils constituent encore une masse informe et passive, ne revenant sur le devant de la scène qu’en de rares occasions, épisodes de violence et de révolte en particulier.
Des figures périphériques
Cette représentation est évidemment biaisée et oblitère le rôle déterminant de tous ces acteurs ordinaires dans le cours de l’histoire. Prenons le cas spécifique des serviteurs, dont il est difficile d’évaluer la proportion exacte, mais dont on sait qu’ils étaient fort nombreux, tant l’activité domestique était commune. Dans les maisons d’artisan et de boutiquier comme dans les nobles demeures, au château du prince comme à la cour, servantes, laquais, esclaves, nourrices, cochers et valets assuraient d’innombrables fonctions. Acteurs invisibles mais essentiels de la vie quotidienne, ils savaient tout de leurs maîtres et de leurs agissements. La littérature et le théâtre ne s’y sont pas trompés, de l’Arlequin de la commedia dell’arte à ­Jacques le Fataliste de Diderot, en passant par les Toinette, Dorine et ­Sganarelle de Molière : toutes et tous représentent des personnages déterminants pour l’action.
L’histoire du service domestique trouve un écho original dans la grande affaire de l’été et le scandale autour des violences commises par Alexandre Benalla. Le garde du corps compte parmi les plus de 800 personnes recrutées par les services de la présidence de la République, figures discrètes et anonymes de chauffeurs, chargés de protocole, huissiers, personnel...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-3">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Philippe Askenazy explique comment le projet de loi actuellement discuté au Parlement aura, à terme, des conséquences concrètes pour des millions de salariés du privé et pourrait exposer les entreprises à des déconvenues.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Seuils sociaux : Les « cocasseries » de la loi Pacte

Dans cette chronique, l’économiste Philippe Askenazy explique comment le projet de loi actuellement discuté au Parlement aura, à terme, des conséquences concrètes pour des millions de salariés du privé et pourrait exposer les entreprises à des déconvenues.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 11h00
    |

Philippe Askenazy (Chercheur au CNRS/ENS/Centre Maurice-Halbwachs)







                        



                                


                            
Tendances France. Le Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises, ou loi Pacte, dont l’examen a commencé au Parlement, comporte une multitude de mesures, de l’habilitation de la presse en ligne à publier des annonces légales à l’extension des autorisations de test des véhicules autonomes. L’article 6 est le plus emblématique.
L’idée que les seuils sont un frein à l’emploi est venue d’anomalies dans la distribution par taille des entreprises selon les données fiscales
Il modifie substantiellement les seuils sociaux : les obligations des entreprises et les droits des salariés vont en effet croissant avec la taille des entreprises par de multiples paliers, aujourd’hui essentiellement onze, vingt et cinquante salariés. La loi supprimerait le seuil de vingt salariés et considérerait qu’un seuil n’est franchi que si l’effectif le dépasse pendant cinq années consécutives.
Cohérent avec l’exposé des motifs du projet, le dossier de presse fourni par le ministère de l’économie précise qu’il s’agit de répondre à « un problème : les seuils sont un frein à l’emploi ». Pourtant, la lettre Trésor-éco n° 226, publiée le 5 septembre par la direction du Trésor au sujet de la loi Pacte, observe prudemment que « le relèvement des seuils d’effectifs pourrait [faciliter] la croissance des entreprises, effet sur lequel la littérature n’est cependant pas conclusive ». Alors, qui croire au sein du ministère ?

L’idée que les seuils sont un frein à l’emploi est venue d’anomalies dans la distribution par taille des entreprises selon les données fiscales. Le phénomène est très net autour du seuil de cinquante : on observe une surreprésentation d’entreprises de quarante-huit ou quarante-neuf salariés et, en revanche, un déficit d’entreprises de cinquante ou cinquante et un salariés. L’explication naturelle est que le franchissement du seuil entraîne de tels surcoûts que de nombreuses...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-4">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Editorial. En annonçant sa candidature à Lyon et son futur départ du gouvernement, le ministre de l’intérieur condamne le gouvernement à l’inaction sur des dossiers très importants.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Gérard Collomb, Monsieur sans-gêne

Editorial. En annonçant sa candidature à Lyon et son futur départ du gouvernement, le ministre de l’intérieur condamne le gouvernement à l’inaction sur des dossiers très importants.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 10h46
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le ministre de l’intérieur – ou plutôt le futur ex-ministre de l’intérieur –, Gérard Collomb, a eu le temps, lors de son long parcours politique, de bâtir son personnage : celui d’un élu de terrain qui ne s’encombre ni de circonlocutions ni de formules aseptisées, pour appeler un chat un chat et récuser le « politiquement correct ». Il vient d’en faire une éclatante démonstration dans l’entretien qu’il a accordé à L’Express, le 18 septembre.
Qu’il annonce son intention d’être candidat à la prochaine élection municipale à Lyon n’est en rien une surprise : déjà maire entre 2001 et 2017, chacun sait qu’il est resté très attaché et attentif à « sa » ville. En revanche, qu’il l’annonce dix-huit mois avant le scrutin est singulier. Et, plus encore, qu’il fixe lui-même la date à laquelle il entend quitter ses fonctions ministérielles – au lendemain des élections européennes de mai 2019. Difficile d’imaginer décision politiquement plus incorrecte, dans tous les sens du terme.
Désinvolture
D’abord dans la forme, pour le moins désinvolte. Qu’un ministre, qui plus est ministre d’Etat et ministre de l’intérieur, proclame publiquement sa volonté de quitter le gouvernement et précise lui-même le calendrier de ce départ n’est pas seulement sans précédent. C’est aussi tenir pour négligeable l’article 8 de la Constitution, selon lequel « le président de la République, sur proposition du premier ministre, nomme les membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions ».

        Lire aussi :
         

                Gérard Collomb, un ministre de l’intérieur déjà à l’extérieur



En procédant comme il le fait, de sa propre initiative, selon son agenda personnel, voire son bon plaisir, Gérard Collomb met donc le chef de l’Etat et celui du gouvernement devant le fait accompli. Laurent Wauquiez, le président des Républicains, a qualifié la situation de « surréaliste ». Il dit juste.
Le moment choisi pour cette annonce est tout aussi stupéfiant. C’est peu de dire que la rentrée politique d’Emmanuel Macron était laborieuse. Le trouble créé par l’affaire Benalla depuis le mois de juillet, la démission tout aussi iconoclaste, il y a trois semaines, du ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, le pataquès sur le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, la situation économique assombrie : tout a contribué à mettre un terme à une première année de quinquennat conquérante.
Autorité fragilisée
La sortie annoncée du locataire de la Place Beauvau ne peut qu’accentuer le dérèglement de la machine gouvernementale et ajouter au « tourbillon », plus exactement aux turbulences, sur lequel philosophait récemment le premier ministre.
Quoi qu’il en dise, en effet, on voit mal comment le désormais ministre de l’intérieur sursitaire pourrait gérer avec la force requise les très lourds dossiers qui sont les siens : lancinantes questions de la sécurité, persistante menace terroriste, organisation de l’islam de France, rapports (tendus) avec les collectivités locales, préparation annoncée d’un changement de scrutin législatif impliquant un redécoupage électoral de très grande ampleur... Gérard Collomb ne s’est pas seulement condamné à l’impuissance, ou à l’inaction, il a fragilisé l’autorité du président de la République.
Quel qu’ait été l’attachement d’Emmanuel Macron à celui qui fut l’un des premiers à croire en son destin, le chef de l’Etat n’a, en réalité, guère d’autre choix que de le renvoyer, aussi rapidement que possible, dans ses foyers lyonnais. Et de nommer Place Beauvau un ministre de l’intérieur de plein exercice.

        Lire aussi :
         

                Avec le départ de Gérard Collomb, un ministère de l’intérieur en déshérence






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-5">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Voyant dans Washington un adversaire commun, Moscou et Pékin renforcent leurs liens, économiques, militaires et politiques, analyse dans sa chronique Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’environnement international rapproche chaque jour la Chine et la Russie »

Voyant dans Washington un adversaire commun, Moscou et Pékin renforcent leurs liens, économiques, militaires et politiques, analyse dans sa chronique Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 10h10
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Chronique. Faut-il prendre au sérieux la nouvelle « alliance » entre la Chine et la Russie ? Et, comme cette relation, apparemment de plus en plus étroite, se forme face aux Etats-Unis, sinon contre eux, doit-on déjà parler d’une nouvelle forme de « guerre froide » ?
On ne les voyait pas, mais dans l’extraordinaire déploiement de forces auquel l’armée russe s’est livrée la semaine dernière de la Sibérie à l’Extrême-Orient russe, il y avait des Chinois – 3 200 soldats de l’Armée populaire se mêlant, dans la région de la Transbaïkalie, aux troupes russes. Quatre jours durant, 297 000 hommes, 40 000 blindés, survolés par des drones, des hélicoptères et des chasseurs bombardiers, ont soulevé la poussière aux marches orientales de la Russie. Ce n’était pas la première fois que des Chinois participaient à un exercice militaire avec des Russes. Mais ces manœuvres, dites Vostok 2018, furent les plus importantes jamais organisées depuis la fin de l’URSS.

A la tribune d’honneur, esquissant un sourire satisfait, Vladimir Poutine était entouré de généraux chinois en tenue de combat. Il fallait afficher l’entente sino-russe à l’occasion de cet exercice militaire, lequel n’était, bien sûr, « tourné contre aucun autre pays ». La steppe retentissait encore de l’immense pétarade lancée lorsque le président russe retrouvait, mardi 11 septembre, son homologue chinois, Xi Jinping, en marge d’un sommet économique à Vladivostok. Les deux hommes sont des intimes. Depuis en 2013, ils se sont rencontrés une trentaine de fois. Ancien chef du bureau de Pékin du Financial Times, Jamil Anderlini rappelle que le président chinois parle de Poutine comme d’un de ses « meilleurs amis ».
Tradition de scepticisme
Chez les experts des affaires chinoises, la tradition est d’apprécier avec scepticisme tout rapprochement conjoncturel entre Moscou et Pékin. L’histoire et la géographie imposeraient la prudence. L’entente entre...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-6">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Dans son dernier ouvrage, le philosophe réaffirme la parenté des libéralisme économique et culturel en historien des idées – quitte à faire ployer la réalité sous la logique d’une idée.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Jean-Claude Michéa contre « l’idéologie » des droits de l’homme

Dans son dernier ouvrage, le philosophe réaffirme la parenté des libéralisme économique et culturel en historien des idées – quitte à faire ployer la réalité sous la logique d’une idée.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 09h00
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            
Le livre. C’est une phrase qui dit tout. Une formule qui résume l’idée selon laquelle l’idéologie des droits de l’homme, notamment portée par les « nouveaux philosophes » des années 1970, est solidaire du néolibéralisme des enfants du nouveau monde : « Qui commence par Kouchner finit toujours par Macron. » Fidèle à sa théorie de la « double pensée », qui affirme que le libéralisme économique est solidaire du libéralisme culturel – la Silicon Valley et la PMA, même combat – Jean-Claude Michéa l’applique à la question juridique, et tourne sa critique radicale contre la philosophie du droit. La genèse juridique de la pensée libérale est d’ailleurs la partie la plus convaincante de l’ouvrage.
En historien des idées, Michéa montre que ce sont les guerres de religions qui, du XVIe au XVIIe siècle, façonnent « l’imaginaire individualiste » de la philosophie occidentale. La « guerre de tous contre tous » à laquelle se livrent les contemporains du massacre de la Saint-Barthélemy ou du siège de La Rochelle les conduit à envisager l’homme, non pas seulement comme un « animal politique », selon la définition d’Aristote, mais comme « un loup pour l’homme », dans une célèbre formule reprise par Hobbes. Au commencement, il n’y a pas la concorde mais la discorde ; il n’y a pas l’ange mais la bête. La société doit donc être fondée sur l’individu, sa sécurité et son intérêt. Ce pessimisme anthropologique conduit la philosophie libérale à réguler les relations humaines par l’entremise de deux entités sacralisées, le Droit et le Marché. Un montage normatif qui sera critiqué par Marx, auquel Michéa emboîte le pas.
L’alliance des « boat people » et des banquiers
Abandonnant le projet socialiste, la gauche se serait donc engouffrée et perdue dans ce libéralisme juridique, principe actif du nouvel esprit du capitalisme. Puisque dans son acception libérale, la liberté « consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-7">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Etonnante enquête historique d’Anton Serdeczny sur une pratique de réanimation du XVIIIe siècle : l’insufflation anale de fumée de tabac.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Histoire. De quoi réveiller un mort

Etonnante enquête historique d’Anton Serdeczny sur une pratique de réanimation du XVIIIe siècle : l’insufflation anale de fumée de tabac.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 07h30
   





                        



                                


                            
Du tabac pour le mort. Une histoire de la réanimation, d’Anton Serdeczny, préface de Jean-Claude Schmitt, Champ Vallon, « Epoques », 388 p., 25 €.
Au début de l’année 1774, un apothicaire, Philippe-Nicolas Pia, qui est aussi échevin de Paris, fait installer des « boîtes fumigatoires » sur les bords de la Seine. Dans ce nécessaire de premiers secours aux noyés, outre un mode d’emploi, on trouve une cuiller en fer pour écarter les mâchoires, des sels ammoniaqués à agiter sous le nez de la victime, une camisole de laine pour la réchauffer, mais surtout un clystère à bouche destiné à insuffler de la fumée de tabac dans son fondement. Quelques mois plus tard, le chirurgien Faissole fait de même à Lyon, commandant vingt boîtes fumigatoires, qu’il installe près des cours du Rhône et de la Saône. On trouve bientôt de telles boîtes dans les postes de secours de la plupart des grandes villes d’Europe.
La méthode la plus autorisée pour ramener les victimes à la vie
Cette pratique de fumigation peut nous paraître étrange, aberrante, voire dangereuse, nous qui sommes habitués aux techniques de la réanimation cardio-pulmonaire. Elle n’en témoigne pas moins d’un discours scientifique de haute volée, porté par des savants comme René-Antoine Ferchault de Réaumur (1683-1757), introduite par des traités de renommée internationale, telle la Dissertation sur l’incertitude des signes de la mort, de Jacques-Jean Bruhier d’Ablaincourt (1742). Cette énigme domine la réanimation à partir des années 1730 et pendant un siècle : l’insufflation anale de fumée de tabac est prônée, le plus sérieusement du monde, comme la méthode la plus autorisée pour ramener les victimes à la vie.
C’est ce que démontre brillamment un historien des sciences, Anton Serdeczny qui, dans Du tabac pour le mort, a mené l’enquête à travers l’Europe et une multitude de textes et d’images : traités savants, dissertations...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-8">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos des « Mille et Une Vies du Bouddha », de Bernard Faure.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Figures libres. Le Bouddha est une histoire sans fin

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos des « Mille et Une Vies du Bouddha », de Bernard Faure.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 09h52
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Les Mille et Une Vies du Bouddha, de Bernard Faure, Seuil, « Essais religieux », 408 p., 25 €.

Voilà un livre que devraient lire tous ceux qui s’intéressent, de près ou de loin, au bouddhisme, à son histoire et à ses interprétations. Sans doute certains seront-ils choqués, ou décontenancés, par ce qu’avance Bernard Faure. Mais personne ne devrait ignorer ses analyses. Car il s’agit, mine de rien, d’une sorte de révolution. Le Bouddha n’aurait probablement jamais existé. En tout cas, nous n’en pouvons rien savoir.
Les preu­ves historiquement incontestables de sa vie réelle demeurent ­introuvables. Réduites à leur plus simple expression, les étapes de sa biographie dessinent seulement le canevas standard d’une quête spirituelle : quitter son ­confort illusoire, écarter de mauvais maîtres, déjouer des tentations, trouver une issue, l’enseigner aux autres…
Ce qui est passionnant, c’est que Bernard Faure, professeur à l’université Columbia (New York), l’un des meilleurs connaisseurs contemporains des bouddhismes et de leur diversité, ne se contente pas d’une attitude sceptique. En reprenant une à une les démarches des principaux experts occidentaux des XIXe et XXe siècles, il montre d’abord combien leurs investigations restent ambiguës. Car elles demeurent prises en tenaille entre deux pôles.
D’un côté, la conviction qu’un « noyau » réel existe. Convaincu que le Bouddha fut un homme, né et mort quelque part, on soutient que cet homme a fondé, ou enclenché, une doctrine singulière. De l’autre côté, chacun constate l’existence de légendes innombrables relatant ses vies antérieures, sa naissance immaculée, ses miracles, son éveil, son extinction. Régulièrement, les savants s’employèrent donc à faire le tri. Ils passèrent au crible les légendes pour en extraire quelque fait. Ou bien, à l’inverse, ils s’efforcèrent d’expliquer comment tel fait réel avait été enjolivé et transfiguré.
Variations...



                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-9">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Johann Chapoutot et Christian Ingrao signent un petit livre qui manque de sérieux.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Une biographie d’« Hitler » malavisée

Johann Chapoutot et Christian Ingrao signent un petit livre qui manque de sérieux.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 09h57
    |

                            André Loez (Historien et collaborateur du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Hitler, de Johann Chapoutot et Christian Ingrao, PUF, 220 p., 13 €.

Pour évoquer le dictateur nazi, voilà un livre au format inhabituel. Alors que les biographies de référence d’Hitler (1889-1945) dépassent toutes le millier de pages, les historiens Johann Chapoutot et Christian Ingrao, auteurs de livres reconnus sur le national-socialisme, font le pari d’un bref « pas de côté » : guère plus de 200 pages, mais l’ambition de montrer que les mutations brutales du XXe siècle se « précipitent – au sens chimique du verbe – dans sa vie ». Nombre d’erreurs et de lacunes fragilisent toutefois ce projet.
Chronologie malmenée
Des premières, on peut donner une liste décourageante, à commencer par la période des ­ velléités artistiques d’Hitler : les auteurs affirment de façon péremptoire mais erronée qu’« on ne voit jamais d’êtres humains sur ses aquarelles. Jamais ». Hitler ne fut pas « sous-officier » durant la Grande Guerre, et encore moins un « soldat comme un autre », comme l’a établi le travail de référence de Thomas Weber (La Première Guerre d’Hitler, Perrin, 2012), non cité dans une bibliographie limitée à onze titres. Son statut d’estafette d’état-major l’éloignant généralement des tranchées, sa guerre n’est aucunement « représentative » de l’expérience du feu en 1914-1918. Les auteurs confondent Stahlhelm (une organisation paramilitaire d’extrême droite) et Reichswehr (armée de la République de Weimar).
La chronologie est pareillement malmenée : l’attentat du résistant Pierre Georges en août 1941 au métro Barbès est situé en janvier 1942 ; le vote des pleins pouvoirs à Hitler par le Zentrum, parti catholique, en mars 1933, est réduit à une conséquence du concordat avec le Vatican, dont la signature n’intervient pourtant qu’en juillet de la même année.
Sur le plan statistique, le livre évoque le chiffre ahurissant...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-10">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le politologue Emmanuel Rivière rappelle que tout le monde ne peut pas s’épanouir dans tout métier.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 19/09/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Reconnaître la « valeur travail » ce n’est pas accepter n’importe quel emploi

Dans une tribune au « Monde », le politologue Emmanuel Rivière rappelle que tout le monde ne peut pas s’épanouir dans tout métier.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 09h47
    |

Emmanuel Rivière (Directeur général France de Kantar Public)







                        



                                


                            
Tribune. La suggestion faite par Emmanuel Macron à un jeune chômeur, samedi 15 septembre, de « traverser la rue » pour trouver un emploi a bien évidemment fait polémique, mais celle-ci a surtout consisté à vérifier la disponibilité de ces emplois : confirmation, par les tests de certains médias, que le secteur de la restauration-hôtellerie recrute, contestation, par les adversaires du président de la République, de la réalité des emplois non pourvus et de leur accessibilité.

Pourtant, réduire cette polémique à la seule vérification des opportunités d’embauche résulte d’un malentendu sur la réalité de notre rapport complexe au travail. Ce qui se cache derrière ce débat, c’est une tension, au sein de la société française, entre deux logiques : une injonction collective selon laquelle un chômeur doit saisir toute opportunité de travailler, et une aspiration individuelle à vouloir choisir son travail.
La première est très présente. Elle explique que près des trois quarts des Français adhèrent à l’idée de sanctionner d’une manière ou d’une autre les chômeurs qui refusent plusieurs propositions d’emploi. Il s’agit d’une norme collective très fortement installée. Constatant que le fait d’avoir ou de ne pas avoir un travail est un facteur discriminant au sein de notre collectif, nous estimons que le non-emploi est une situation à laquelle il faut s’efforcer d’échapper le plus rapidement possible.
Lorsque nous entendons qu’il y a des emplois non pourvus dans l’hôtellerie et la restauration, nous nous disons « Mais que font les chômeurs ? », et rarement « Mais pourquoi n’augmentent-ils pas les salaires dans ces métiers ? » La prégnance de cette conception est telle que les affirmations selon lesquelles la valeur travail serait en crise apparaissent douteuses.
Tout le monde ne peut pas s’épanouir dans tout métier
Cependant, cette injonction collective à travailler coûte que coûte cohabite avec une réalité non moins...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-11">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivain algérien critique la traque de la sexualité par les religieux du monde musulman.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤     


                Kamel Daoud : « L’orgasme n’est pas un complot occidental »


Dans une tribune au « Monde », l’écrivain algérien critique la traque de la sexualité par les religieux du monde musulman.

LE MONDE
                 |                 20.09.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 10h11
                 |

Kamel Daoud (Ecrivain)
















Derniers articles publiés


            L’amour dans le rétro : « Mon copain et moi avons appris notre séropositivité en même temps »


            Monde Festival : Vaccination, homéopathie, etc. : existe-t-il une vérité scientifique ?


            A la découverte du futur siège du groupe Le Monde



Tous les articles






les articles les plus partagés


            « Tomber amoureux, cela n’arrive pas par hasard »


            « De plus en plus d’histoires d’amour démarrent à l’âge de la retraite »


            La chanson d’amour de Vincent Dedienne : « L’Amitié », de Françoise Hardy






les plus partagés












                            



                        
Tribune. Le sexe est-il l’ennemi d’Allah ou de Jéhovah ou de Dieu ? Dans le monde musulman, aujourd’hui, l’opposition entre les deux est violente quoiqu’on cherche à le nier sous prétexte de « culture différente », par refus de « l’essentialisme », comme il est à la mode de le formuler aujourd’hui, ou par narcissisme, toujours exacerbé chez le post-colonisé.
Il est pourtant au cœur des discours du prêcheur dans les mosquées, du cheikh qui occupe les télés religieuses, ou des thématiques qui ont les faveurs des médias islamistes ou conservateurs, de la harangue des foules ou des excès des réseaux sociaux.
Société idéalisée et asexuée
La chasse au sexe – formule lapidaire pour désigner la criminalisation de la sexualité –, au prétexte de la vertu, revêt même les attributs d’une guerre pour « sauver » l’identité, se faire gardien d’une « culture nationale authentique », ou même d’une société idéalisée et asexuée dans des pays musulmans.
« Le sexe, la sexualité, l’orgasme, le corps sont d’ailleurs confondus, sciemment dans la rhétorique des prosélytes, avec l’Occident comme corps fantasmé. »
Le sexe, la sexualité, l’orgasme, le corps sont d’ailleurs confondus, sciemment dans la rhétorique des prosélytes, avec l’Occident comme corps fantasmé. Un Occident licencieux, libertin, sans « valeurs », qui s’effondre, selon les prêcheurs. Opposé à une nation, une oumma – collectivité transnationale, théologique –, vertueuse, vraie et différente.
La sexualité, autant que la ligne de l’histoire coloniale devenue aussi une rente idéologique, sert à la démarcation violente et sans appel avec l’Autre. Nous ne sommes pas « eux », les Occidentaux, les étrangers. Chez nous, le sexe doit être sous le coup de la loi ou de la loi religieuse, pas transcendant comme érotisme, art, passion, épopée intime de l’individu. Il est du domaine de l’interdit, du rite, pas de celui de la vie, de l’amour ou du droit au corps.
La...

L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Kamel Daoud : « L’orgasme n’est pas un complot occidental »
Il vous reste 82% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5357582&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
    var link = document.getElementById('purchase_link');
    link.href += '#xtor=EREC-266-['
                + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
                + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
                + ']--[AA]';
}






document.getElementById('teaser_article').style.display = 'block';

require(["lmd/module/achat_acte/verif_achat_item"], function (verif_achat_item) {
    if (typeof lmd.context.item != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.id != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.link != 'undefined'
    ) {
        verif_achat_item.verifAchatItem(lmd.context.item);
    }
});




L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Kamel Daoud : « L’orgasme n’est pas un complot occidental »
Il vous reste 82% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5357582&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
    var link = document.getElementById('purchase_link');
    link.href += '#xtor=EREC-266-['
                + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
                + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
                + ']--[AA]';
}






                    

                                                Par                        Kamel Daoud (Ecrivain)













<article-nb="2018/09/20/17-12">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Claudio Galderisi et André Guyaux, professeurs d’université, appellent, dans une tribune au « Monde », à réglementer de manière plus stricte, plus transparente le recrutement des enseignants afin de mettre un terme à toute forme de favoritisme.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Recrutements à l’université : « Le “localisme”est contraire à l’intérêt pédagogique et scientifique »

Claudio Galderisi et André Guyaux, professeurs d’université, appellent, dans une tribune au « Monde », à réglementer de manière plus stricte, plus transparente le recrutement des enseignants afin de mettre un terme à toute forme de favoritisme.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 05h15
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 09h19
    |

Claudio Galderisi (Professeur de langues et littérature de la France médiévale, à l'université de Poitiers) et André Guyaux (Professeur de littérat...







                        



                                


                            

Tribune. La loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants a levé partiellement le tabou de l’orientation sélective. La brèche est ouverte et devrait permettre aux universités de saisir les possibilités qui leur sont offertes pour mieux organiser l’accès aux études supérieures.
Au moment où l’université requiert une motivation pédagogique responsable de la part des bacheliers qui choisissent de s’inscrire dans les facultés françaises, elle doit aussi leur proposer des formations leur permettant d’acquérir et de capitaliser les connaissances que l’enseignement secondaire ne leur a pas permis d’obtenir. Cette question, en général, est abordée dans la perspective des moyens nouveaux, nécessaires pour proposer des « parcours d’accompagnement pédagogique ».
Une variante du népotisme
Mais il faut également penser à la qualité des autres enseignements : des étudiants dont on exige davantage ont le droit d’attendre un encadrement de qualité. Ils ont le droit d’avoir un corps enseignant recruté de manière transparente, pour ses qualités scientifiques et didactiques, et non pour d’autres raisons.
Or ce n’est pas le cas en France, où l’université, plus particulièrement dans le domaine des sciences humaines et sociales, souffre depuis longtemps d’un mal qui mine sa crédibilité, son efficacité et sa compétitivité didactique. Ce mal est désigné habituellement sous le nom de « localisme ».
Le localisme est une variante du népotisme, qui consiste, lors du recrutement d’un maître de conférences ou d’un professeur, à préférer – souvent au prix de flagrantes injustices – le candidat « local », déjà présent dans l’université qui recrute. Est choisi l’« insider » plutôt que l’« outsider ». Le localisme est d’autant plus insidieux qu’il est très répandu.
Le candidat local peut très bien venir d’ailleurs, et même d’un autre pays, et n’avoir aucun lien de parenté avec les membres du comité qui va l’élire....




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-13">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’avortement est un acte courant, qui concerne une femme sur trois. Le maintien d’une clause de conscience spécifique facilite le refus de soins, s’indignent quatre professionnelles de santé dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Il est temps de tout mettre en œuvre pour que l’IVG devienne un droit effectif »

L’avortement est un acte courant, qui concerne une femme sur trois. Le maintien d’une clause de conscience spécifique facilite le refus de soins, s’indignent quatre professionnelles de santé dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 20h54
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 08h58
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Chacune et chacun peut penser ce qu’elle ou ce qu’il veut de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Tous les points de vue moraux, philosophiques, religieux sont respectables tant qu’ils ne remettent pas en cause l’application de la loi. Et la loi prend ces divergences en considération, puisque tout médecin a le droit de refuser des soins pour des raisons professionnelles ou personnelles, hors le cas d’urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d’humanité (article R. 4127-47 du Code de la santé publique).
La récente déclaration du docteur Bertrand de Rochambeau, qui considère que l’IVG est un homicide, est donc, en ce sens, entendable. Mais ce qui n’est pas acceptable, c’est de tenir de tels propos quand on est président du Syndicat national des gynécologues-obstétriciens de France, pouvant laisser penser que cette position serait celle de l’ensemble des membres dudit syndicat. C’est aussi inacceptable de ne pas préciser, concomitamment, que tout médecin invoquant la clause de conscience a l’obligation d’informer, sans délai, l’intéressée de son refus et de lui communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention.

Les nombreuses réactions politiques, professionnelles et associatives à cette déclaration ont heureusement donné à voir une tout autre réalité quant à la légalité de recourir à cet acte en France. Pour autant, comme le soulignait déjà le rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) de 2009 sur les conditions de prise en charge de l’IVG en France, des femmes qui se rendent dans un établissement public rencontrent des difficultés majeures quand la ou le responsable du service de gynécologie-obstétrique invoque la clause de conscience. La loi précise pourtant que ces responsables sont tenus d’organiser la prise en charge des IVG dans leur service.
Un acte courant de la vie des femmes
L’avortement est, c’est un fait, un acte courant...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-14">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Même si ses décisions ne sont pas contraignantes, le Comité des droits de l’homme de l’ONU n’a pas tenu compte de la laïcité en France dans ses conclusions sur l’affaire du licenciement, en 2008, de la directrice adjointe de la crèche qui avait refusé de retirer son voile, estime dans une tribune au « Monde », l’essayiste Louis-Albert Serrut.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Affaire de la crèche Baby-Loup : « La laïcité a été ignorée »

Même si ses décisions ne sont pas contraignantes, le Comité des droits de l’homme de l’ONU n’a pas tenu compte de la laïcité en France dans ses conclusions sur l’affaire du licenciement, en 2008, de la directrice adjointe de la crèche qui avait refusé de retirer son voile, estime dans une tribune au « Monde », l’essayiste Louis-Albert Serrut.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 17h00
    |

Louis-Albert Serrut (Auteur, essayiste)







                        



                                


                            
Tribune. Il se confirme qu’une décision de justice ne saurait clore un débat de société. L’affaire de la crèche Baby-Loup, le licenciement en 2008 de la directrice adjointe qui avait refusé d’enlever son voile islamique, est l’objet d’une nouvelle prise de position : le Comité des droits de l’homme de l’ONU vient de rendre des « constatations » à l’opposé des décisions de justice déjà rendues.
Le Comité n’est pas une instance juridictionnelle et ses décisions ne s’imposent pas en droit mais la Cour de cassation estime, par la voix de son premier président dans un discours le 3 septembre, qu’elle devra en tenir compte à l’égal de la jurisprudence des cours françaises et européennes.
La constatation du Comité semble négliger, outre les décisions des juridictions qui se sont prononcées, plusieurs éléments d’appréciation
Le Comité estime que « la restriction établie par le règlement intérieur de la crèche porte atteinte à la liberté de religion en violation de l’article 18 du pacte », pacte international pour les droits civils et politiques (PIDCP) en vigueur depuis 1976 et dont la France est signataire. Selon le Comité, composé de dix-huit experts indépendants, « le port d’un foulard ne saurait en soi être considéré comme constitutif d’un acte de prosélytisme », la restriction imposée par Baby-Loup n’est pas « proportionnée à l’objectif recherché » et la justice française n’a pas démontré en quoi « le port d’un foulard par une éducatrice porterait une atteinte aux libertés et droits fondamentaux des enfants la fréquentant ».

Cet avis résulte de l’habileté des avocats de la plaignante qui ont esquivé les juridictions françaises – la Cour de cassation a validé définitivement en 2014 le licenciement qui résultait de l’application du règlement intérieur sans discrimination religieuse – ainsi que les juridictions européennes. La constatation du Comité semble négliger, outre les décisions des...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-15">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Ce critique éclairé des évolutions de la société, qui était aussi un auteur prolifique, est décédé le 10 septembre à Paris à l’âge de 86 ans. Sa famille a annoncé sa mort le 18 septembre, au lendemain de ses obsèques.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La mort de Paul Virilio, philosophe et urbaniste

Ce critique éclairé des évolutions de la société, qui était aussi un auteur prolifique, est décédé le 10 septembre à Paris à l’âge de 86 ans. Sa famille a annoncé sa mort le 18 septembre, au lendemain de ses obsèques.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 15h53
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            

Paul Virilio, 86 ans, a succombé à un arrêt cardiaque le 10 septembre et a été inhumé dans l’intimité le 17 septembre. Sa famille a rendu publique l’annonce de sa disparition mardi 18 septembre. Cette relative lenteur était dans sa manière. Il n’aimait guère le spectaculaire, détestait l’esbroufe et se méfiait plus que tout du culte de l’accélération qui a envahi nos sociétés.
Critique radical de la société des images, comme son très proche ami Jean Baudrillard, il avait en effet la conviction que, pour être durablement efficace, il est devenu préférable d’être discret. Parler trop fort lui semblait le moyen de n’être pas entendu. Il portait donc sur notre époque des diagnostics effroyables, mais d’une voix feutrée, presque timide, en ayant presque l’air de s’excuser. Dans les années 1970-1990, ses analyses – distillées dans de nombreux essais et interventions, inspirant aussi des expositions – passaient pour de noires prophéties. Avec le temps, beaucoup se sont révélées justes.
Né le 4 janvier 1932 à Paris, Paul Virilio avait été marqué par l’expérience de la guerre. Il avait vécu en particulier le bombardement de la ville de Nantes en 1943, où il disait avoir fait pour la première fois l’expérience intense de la disparition et de la destruction, traits dominants, à ses yeux, du monde qui a émergé au XXe siècle. Ce bombardement fut pour lui un traumatisme fondateur. On y trouve les thèmes qui seront au centre de sa réflexion : la guerre comme état général du monde contemporain, la vitesse de destruction comme facteur déterminant, l’espace de la ville en voie d’anéantissement, la face mortifère de la puissance technique.
Catastrophisme d’éveil
Le fil directeur qui les relie – au long d’une œuvre en constante évolution, élaborée par facettes, dans un parcours singulier entre architecture et urbanisme, sociologie et engagement personnel – est avant tout l’idée d’une « dimension tragique du progrès ». On a parfois confondu cette...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-16">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ L’urbaniste et philosophe est mort le 10 septembre à Paris à l’âge de 86 ans. Extraits de deux entretiens accordés au « Monde », en 1981 et en 2009.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Paul Virilio : « Face à la peur absolue, j’oppose l’espérance absolue »

L’urbaniste et philosophe est mort le 10 septembre à Paris à l’âge de 86 ans. Extraits de deux entretiens accordés au « Monde », en 1981 et en 2009.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 15h51
   





                        



                                


                            

« La révolution de la vitesse disqualifie la matière en transformant le monde en spectacle, en représentation. La matière perd sa valeur au profit de la lumière. Depuis le XVIIIe siècle, on voit réapparaître le culte de l’énergie, de la lumière. La substance disparaît au profit de l’accident. Il faudrait aujourd’hui inverser la phrase d’Aristote ; on pourrait dire que, dans la modernité, il n’y a de science que de l’accident. L’accident a le primat sur toute substance. Les corps sont devenus désuets au regard de l’énergie. Nous vivons maintenant un culte solaire tardif qui a lui aussi ses sacrifices humains. (….)
Avec l’armement nucléaire, on a atteint un point limite dans la décision de l’emploi du feu. Avec les systèmes de décision nucléaire disparaissent les phases de négociation, de la représentation politique…
Le chef de guerre avait un pouvoir, les états-majors géraient les Etats en marche. Ensuite, les ministres de la guerre, puis les chefs d’Etat, ont contrôlé les états-majors. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où un seul homme devrait décider de l’emploi instantané de vecteurs rapides, cela en attendant les lasers. La décision d’ouvrir le feu renvoie, en ce moment, à quelques minutes. Mais le mouvement s’accélérant, il n’y aura bientôt plus de décideur du tout. Au-dessous de la minute, le chef de l’Etat ne décidera plus de rien. Il est étrange de voir que l’on n’ose pas parler de cela.
Entretien avec Christian Descamps, « Le Monde » du 7 septembre 1981.
Vous avez dit qu’« Airbus, en inventant un avion de 800 places, crée 800 morts potentiels ». Mais le krach boursier n’a pas fait de morts…
Ce n’est pas la peste, il n’y a pas des millions de victimes, ce n’est pas non plus le 11-Septembre. Ce n’est pas la mortalité qui compte ici, hors quelques suicides. Les victimes sont ailleurs. D’où est partie la crise actuelle ? Des subprimes, des maisons...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-17">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Deux chercheuses en marketing, Sihem Dekhili et Aline Pereira Pündrich, analysent dans une tribune au « Monde » les comportements des consommateurs de textile, peu compatibles avec la mode « responsable » qu’essaient de mettre en avant certains pionniers du secteur.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Vouloir protéger la planète, bien sûr, mais de là à s’habiller autrement » !

Deux chercheuses en marketing, Sihem Dekhili et Aline Pereira Pündrich, analysent dans une tribune au « Monde » les comportements des consommateurs de textile, peu compatibles avec la mode « responsable » qu’essaient de mettre en avant certains pionniers du secteur.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 15h15
    |

Sihem Dekhili et Aline Pereira Pündrich (Chercheuses en marketing à EM Strasbourg Business School, laboratoire Humanis)







                        



                                


                            

Tribune. Pourquoi achète-t-on si volontiers du chocolat équitable ou des cahiers en papier recyclé, mais remise-t-on si vite notre conscience écologique et sociale dès lors qu’il s’agit de renouveler nos garde-robes ?
La mode « responsable » peine à s’imposer en France. Faute de rencontrer son public, l’Ethical Fashion Show, fondé à Paris en 2004, a migré en Allemagne en 2012. Les marques qui affichent leur engagement se développent difficilement. Plusieurs ont même été contraintes de fermer.
30 kilos de vêtements et accessoires par an
Les dégâts produits par le « business » mondial de la mode sont pourtant considérables. Le 24 avril 2013, plus d’un millier d’ouvrières mouraient sous les décombres d’une usine du Bangladesh. Plusieurs reportages suivirent, montrant les conditions de travail indignes régnant le plus souvent dans ce secteur de la « fast fashion », qui fabrique à vitesse accélérée des habits aussi vite achetés que mis au rebut.

D’après Greenpeace, à l’échelle mondiale, plus de 100 milliards de pièces sont désormais produites chaque année. On sait que les Françaises achètent en moyenne 30 kilos de vêtements et accessoires par an. Le nombre de fois où chacune de ces pièces est utilisée a diminué d’un tiers en quinze ans.
L’usage de fibres recyclées est considéré comme synonyme de qualité inférieure. Le client attiré par le luxe rejette a priori une démarche altruiste, lorsqu’il fait du shopping
Les conséquences environnementales de cette consommation frénétique commencent à être connues. L’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde. Chaque kilo de linge produit pollue 200 litres d’eau. Un quart des pesticides utilisés sur la planète est épandu sur les champs de coton ; on connaît leur impact sur la santé humaine et la biodiversité. A l’échelle mondiale, seulement 1 % des matières premières utilisées sont recyclées.
Vendre moins, mais mieux des produits plus qualitatifs...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-18">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’IA nous fait entrer dans l’ère de la « personnalisation de masse », mais les systèmes de ciblage restent très subjectifs, met en garde l’expert financier Matthieu Sénéchal dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pour une « éthique » pluraliste « de l’intelligence artificielle »

L’IA nous fait entrer dans l’ère de la « personnalisation de masse », mais les systèmes de ciblage restent très subjectifs, met en garde l’expert financier Matthieu Sénéchal dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 14h45
    |

Matthieu Sénéchal (Cofondateur de mieuxplacer.com, site de placement financier)







                        



                                


                            

Tribune. Orientation universitaire, prêts bancaires : l’intelligence artificielle (IA) est au cœur de plus en plus de décisions individuelles. En témoignent les bacheliers qui ont passé l’été suspendus aux caprices de Parcoursup, sans y comprendre grand-chose. En effet, le système technique qui sous-tend l’IA a tout d’une boîte noire, dont émergeraient des oracles débarrassés de tous les aléas humains. Or, il n’en est rien.
En 2015, des chercheurs de Carnegie Mellon ont découvert que dans les offres d’emplois sponsorisées par Google Ad, la grille de salaire proposée pouvait différer selon que vous êtes un homme ou une femme. En fonction de la couleur de votre peau, les logiciels de reconnaissance faciale auront plus ou moins de facilité à vous identifier.

Les algorithmes sont empreints des stéréotypes de ceux qui les conçoivent. Les développeurs définissent pour un système donné les réactions attendues dans différentes configurations, en fonction de leurs valeurs et de ce qu’eux-mêmes s’attendent à observer.
Le technicien aux commandes
Le processus est biaisé depuis ses prémices. Dans le cas où la conception ne se fait pas ex nihilo, l’arbitraire n’est jamais loin non plus. On recourt alors à l’apprentissage de comportements fondés sur des données historiques… mais pas forcément représentatives ! Dans le cas de la reconnaissance faciale, si la base de données qui fait référence contient plus de visages d’hommes blancs que d’autres types de visage, l’algorithme sera tout aussi empreint de ce biais.

En 2000, le juriste américain Lawrence Lessig écrivait dans son article « Code is law » que c’est le code qui façonne le cyberespace, définit son architecture, et au-delà, nos fondamentaux de liberté. Deux choses ont changé depuis. D’une part, depuis l’essor d’Internet et l’avènement des smartphones, le cyberespace n’est plus une entité séparée du monde réel.
Le danger d’un nouveau positivisme...



                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-19">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ « Non, Madame Belloubet, le Sénat n’a pas convoqué M. Benalla pour qu’il s’explique sur les faits reprochés mais sur son rôle au sein du dispositif de la sécurité du chef de l’Etat », insiste, dans une tribune au « Monde », le juriste Pierre Brunet.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Affaire Benalla : « Empiéter, dites-vous, Madame la Garde des sceaux ? »

« Non, Madame Belloubet, le Sénat n’a pas convoqué M. Benalla pour qu’il s’explique sur les faits reprochés mais sur son rôle au sein du dispositif de la sécurité du chef de l’Etat », insiste, dans une tribune au « Monde », le juriste Pierre Brunet.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 16h13
    |

Pierre Brunet (Ecole de droit de la Sorbonne, université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)







                        



                                


                            
Tribune. Tout en s’interdisant de s’immiscer dans une enquête judiciaire en cours, Madame Nicole Belloubet, en sa qualité de garde des sceaux, a récemment tenu à rappeler le fonctionnement de notre Etat de droit et le sens d’un principe – celui de la séparation des pouvoirs et la garantie des droits – au nom duquel « il revient aux instances parlementaires d’apprécier si leurs travaux risquent d’empiéter ou non sur le champ de l’enquête judiciaire ».
L’explication, qui s’appuie sur plusieurs textes issus de la Constitution et de l’ordonnance du 17 novembre 1958, se veut claire et rigoureuse ; il en ressort qu’en convoquant M. Benalla pour une audition, le Sénat court un double risque : ou bien celui d’empiéter sur le pouvoir judiciaire car les faits qui justifient cette convocation donnent lieu à des poursuites judiciaires toujours en cours (et que tels faits ne peuvent donner lieu à une commission d’enquête), ou bien celui d’empiéter sur le domaine présidentiel en cherchant à contrôler l’action de ce dernier quand la Constitution prévoit que le Parlement contrôle seulement l’action du gouvernement.

A l’examen, le propos semble toutefois pour le moins paradoxal qui prétend rappeler l’Etat de droit quand en réalité il revient à prescrire purement et simplement un certain état du droit.
Obtenir une information complète
En effet, si, comme le dit Madame la garde des sceaux, « les mots ont un sens » – et donc un seul – il est pour le moins étonnant de supposer que les sénateurs ne puissent y accéder. Ainsi, une interprétation charitable de l’action du Sénat pourrait être que ce dernier ne convoque précisément pas M. Benalla pour lui demander de s’expliquer sur des faits faisant l’objet de poursuites mais bien plutôt sur son rôle au sein du dispositif de la sécurité du président de la République. Cela revient-il à contrôler l’action du président ?

L’affirmer serait supposé...




                        

                        


<article-nb="2018/09/20/17-20">
<filnamedate="20180920"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180920"><AAMMJJHH="2018092017">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Les chercheurs Jonathan Wareham et Laia Pujol appellent dans une tribune au « Monde » à une meilleure utilisation du potentiel des grands équipements scientifiques européens pour développer des technologies innovantes contribuant au bien-être économique et social.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les « perles cachées » de l’innovation technologique européenne

Les chercheurs Jonathan Wareham et Laia Pujol appellent dans une tribune au « Monde » à une meilleure utilisation du potentiel des grands équipements scientifiques européens pour développer des technologies innovantes contribuant au bien-être économique et social.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 14h15
    |

Jonathan Wareham (Professeur en systèmes d’information à l’Esade Business School, à Barcelone) et Laia Pujol (Doctorante à l’Esade Business School)







                        



                                


                            

Tribune. Le 26 septembre 2017, lors de son discours à la Sorbonne, le président Emmanuel Macron avait suggéré la création d’une agence d’innovation paneuropéenne, semblable à la Defense Advanced Research Projects Agency (Darpa) américaine, entrée dans la légende du développement de nouvelles technologies dès sa création en 1958 au sein du département de la défense des Etats-Unis.
Le commissaire européen à la recherche et à l’innovation, Carlos Moedas, a, quant à lui, proposé, en octobre 2017, la création d’un « conseil européen de l’innovation » pour piloter le programme Horizon 2020. Pour l’un comme pour l’autre, il est urgent d’aider l’Europe à rattraper son retard sur ses concurrents internationaux en matière d’innovation.
M. Moedas suggère, peut-être à juste titre, qu’une agence européenne intergouvernementale sur le modèle de la Darpa constituerait une approche trop « descendante » pour les Etats membres. Son argumentation ignore toutefois un élément essentiel : les technologies de la Darpa, qui ont marqué de leur empreinte presque tous les produits numériques disponibles sur le marché aujourd’hui – GPS, réalité virtuelle, voitures autonomes –, ont été développées dans un environnement commercial.
En effet, la quasi-totalité des entreprises qui ont marqué les débuts de la Silicon Valley, dont IBM, Hewlett-Packard ou Oracle, doivent leur succès aux grands contrats passés avec l’armée américaine. La question n’est pas de glorifier le rôle des dépenses militaires, mais de souligner l’importance d’une forte traction par la demande dans le processus d’innovation. Comment l’Europe peut-elle stimuler la demande d’innovation ?
Une longue et fière tradition de progrès
L’Europe a une longue et fière tradition de progrès scientifique. Elle peut se vanter de disposer des infrastructures de recherche parmi les plus sophistiquées au monde, avec notamment l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN),...




                        

                        

