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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Après trois ans d’enquête, Scotland Yard a enfin débusqué le responsable de la mort de plus de 400 félins dans le sud de la capitale britannique.
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Le tueur en série des chats de Londres a été identifié

Après trois ans d’enquête, Scotland Yard a enfin débusqué le responsable de la mort de plus de 400 félins dans le sud de la capitale britannique.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 16h10
   





                        


Cela faisait trois ans que la police londonienne traquait un tueur de chats qui a fait plus de 400 victimes dans le sud de la capitale britannique, faisant planer l’ombre d’un dangereux psychopathe. Elle a fini par le débusquer, mais le tueur en série n’était pas celui qu’elle pensait : il s’agissait en réalité de renards.
« Après un examen approfondi des preuves disponibles, les policiers (…) ont conclu que les centaines de mutilations de chats signalées à Croydon et ailleurs n’avaient pas été commises par un être humain, mais résultaient probablement de prédateurs ou de charognards », a expliqué la police jeudi 20 septembre dans un communiqué. « Il n’y avait pas de témoin, pas de modèle de comportement identifiable et pas de piste médico-légale pointant une implication humaine », a-t-elle ajouté.
L’enquête de Scotland Yard avait commencé en septembre 2015 après de premiers signalements par des administrés de chats mutilés, la tête et la queue souvent sectionnées, dans le district de Croydon, dans le sud de Londres.
« Il n’y avait aucune preuve que ces chats avaient été tués par un être humain, mais en évoquant un “Tueur de chats de Croydon” (…) les médias ont suscité une inquiétude générale au sein du public », a souligné la police. La crainte était notamment de voir le mystérieux criminel passer à une autre étape, en s’en prenant ensuite aux humains.
Cas suspects
En 2016, des autopsies réalisées sur 25 chats à la demande d’une petite association de protection des animaux, Snarl, avait conclu à une mort par traumatisme à la suite d’un choc brutal, par exemple une collision avec un véhicule. Seuls six cas étaient considérés comme suspects.
En 2017, des images de vidéosurveillance fournies par des particuliers montraient un renard transportant la tête d’un chat, déposée dans le jardin d’une maison ou une cour de récréation.
D’autres autopsies, menées en juin 2018 sur trois chats et deux lapins, ont conclu par la suite à des mutilations causées par des animaux prédateurs ou des charognards. De l’ADN de renard a été décelé autour des blessures.
Au vu de ces informations, les cas suspects ont été réexaminés pour finalement aboutir à la même conclusion, selon la police.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Cette décision, attendue depuis une recommandation en ce sens, valide le retour en grâce de la Russie, en même temps qu’elle provoque la colère d’une partie de la communauté antidopage.
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La Russie réintègre l’Agence mondiale antidopage

Cette décision, attendue depuis une recommandation en ce sens, valide le retour en grâce de la Russie, en même temps qu’elle provoque la colère d’une partie de la communauté antidopage.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 16h22
   





                        



   


La Russie est de retour. L’Agence mondiale antidopage (AMA) a annoncé sur Twitter, jeudi 20 septembre, la réintégration de l’Agence antidopage russe (Rusada), conformément à la recommandation faite la semaine dernière par un comité indépendant. La Rusada était suspendue depuis novembre 2015, ce qui empêchait notamment la Russie de se voir attribuer des compétitions sportives internationales.
Réuni aux Seychelles, le comité exécutif de l’AMA « a décidé de rétablir la Rusada comme conforme au code [mondial antidopage], et ce seulement sous strictes conditions », a déclaré le président de l’AMA, Craig Reedie. Cette décision a été adoptée à une large majorité, ajoute l’AMA. Selon le site spécialisé Inside the Games, neuf élus ont voté pour, deux contre et une abstention.
Toujours sur Twitter, le comité exécutif a précisé avoir décidé d’une date butoir – non précisée – d’ici laquelle la Rusada devra donner accès à l’AMA à ses échantillons et ses données provenant de son laboratoire de Moscou. Si cette date n’était pas respectée, le comité exécutif a pris l’« engagement clair » de suspendre de nouveau l’agence russe. L’accès à ces données et échantillons était au départ une des conditions préalables à la levée des sanctions contre la Rusada.
Afin de voir son agence antidopage réintégrée, Moscou a en effet accepté les recommandations du rapport d’enquête indépendant du Comité international olympique sur le dopage organisé en Russie et a promis d’ouvrir à un expert indépendant les portes du laboratoire de Moscou, où seraient mis sous scellés plusieurs milliers d’échantillons qui pourraient permettre de confondre des sportifs russes dopés.
Des conditions qui diffèrent de la feuille de route fixée il y a trois ans par l’AMA : que les autorités russes acceptent publiquement les conclusions du rapport McLaren sur l’existence d’un système institutionnel de dopage, et que le gouvernement russe donne accès sans délai à l’AMA au laboratoire antidopage de Moscou.
« Grande trahison »
Cette annonce a valu à l’AMA un déluge de critiques sur son indulgence supposée. Comités de sportifs, agences antidopage et de nombreuses voix, surtout aux Etats-Unis et en Europe occidentale, ont exhorté l’AMA à ne pas lever les sanctions contre la Russie. « Tout compromis serait dévastateur pour le sport propre », ont par exemple mis en garde dans une déclaration conjointe sept des dix-sept membres du comité des sportifs de l’AMA.
Cette décision représente la « plus grande trahison de l’histoire olympique contre les athlètes honnêtes », a affirmé de son côté Jim Walden, l’avocat de l’ancien directeur du laboratoire de Moscou, Grigory Rodchenkov, principal témoin du système de dopage qui a sévi en Russie de 2011 à 2015. Et d’appeler le Vongrès américain à voter la loi antidopage qu’il soutient :
« Les Etats-Unis gaspillent de l’argent en continuant de financer l’AMA, qui est évidemment incapable de s’attaquer au dopage d’Etat russe. »
L’enjeu de la levée des sanctions est crucial pour Moscou. Au-delà de son image dans le sport, elle aura sans nul doute des effets en cascade, par exemple sur la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), qui a banni la Russie depuis 2016. En théorie, les fédérations internationales doivent aussi en tenir compte dans l’attribution des compétitions à la Russie.
La vice-première ministre russe chargée des sports, Olga Golodets, a « salué » jeudi la levée de la suspension de la Rusada, assurant qu’elle était le fruit d’un « énorme travail » réalisé ces dernières années dans la lutte contre le dopage.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le navire humanitaire a secouru dix Pakistanais et un Ivoirien à bord d’une petite barque. Les autorités libyennes ont demandé à récupérer les migrants, ce que refusent les sauveteurs.
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Sur l’« Aquarius » : onze personnes secourues au large de la Libye

Le navire humanitaire a secouru dix Pakistanais et un Ivoirien à bord d’une petite barque. Les autorités libyennes ont demandé à récupérer les migrants, ce que refusent les sauveteurs.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 14h41
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 15h12
    |

            Julia Pascual








                        



   


« Ça ressemblait à un mouton de vague… » Jeudi 20 septembre, un peu après 7 heures du matin, le navire humanitaire Aquarius, qui patrouille au large de la Libye, a repéré une embarcation avec onze personnes à son bord. « Au début, tu vois une tâche blanche qui bouge sur la vague et, très vite, tu vois que ça ressemble à une embarcation », explique Jérémie Demange, qui a aperçu le bateau pendant son tour de veille à la jumelle, sur la passerelle du navire humanitaire de SOS-Méditerranée et de Médecins sans frontières (MSF).
L’Aquarius a mis le cap sur l’embarcation et s’est rapidement retrouvé à sa hauteur, à environ 28 milles marins (52 kilomètres) de la Libye, face à la ville d’Abou Kammash. « Nous avons essayé de contacter par téléphone et par radio le centre de coordination des sauvetages à Tripoli mais nous n’avons eu aucune réponse », explique Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherches et de secours pour SOS-Méditerranée.

   


En s’approchant de l’embarcation, l’équipage a pu formellement identifier une petite barque en fibre de verre, équipée d’un moteur, avec onze hommes à son bord. Nick Romaniuk précise : 
« Nous avons vu qu’ils étaient en train d’écoper le bateau. Ils avaient des gilets de sauvetage, mais ce sont des modèles de mauvaise confection, qui se remplissent d’eau donc c’est dangereux. »
C’est un garçon aux traits juvéniles qui est évacué en premier
Sur le pont de l’Aquarius, les sauveteurs de SOS-Méditerranée équipent rapidement deux canots pneumatiques semi-rigides et les mettent à l’eau. Une fois à hauteur de l’embarcation en détresse s’engage un échange à grand renfort de gesticulations. La paume des mains vers le bas : « Restez assis ! » Les pouces levés : « OK très bien ! » Les mains se tendent et attrapent des poignées. C’est un garçon aux traits juvéniles qui est évacué en premier. En moins d’un quart d’heure, tout le monde est transféré sur le canot pneumatique de SOS-Méditerranée.

   


Sur le pont, le reste de l’équipage se tient prêt à accueillir les personnes secourues. La manœuvre est bien huilée. Un à un, les hommes sont montés à bord et installés sur le pont arrière du bateau. Petit à petit, on comprend qu’ils sont pakistanais à l’exception d’un homme originaire de Côte d’Ivoire. Ils auraient quitté les côtes libyennes la veille à 23 heures, depuis le port de Zouara.
Résidus d’essence
Un membre de MSF leur donne quelques explications sommaires, tandis qu’ils essayent de rallumer leur téléphone emballé dans plusieurs couches de plastique. Un sac est distribué à chacun d’entre eux, avec du linge propre, de l’eau, une serviette… Tous vont pouvoir prendre une douche pour se débarrasser des résidus d’essence qui leur collent à la peau.
Secourus par l’« Aquarius », à plus de 120 milles marins du rivage européen le plus proche
La barque dont ils ont été évacués flotte à présent à vide. L’équipe de SOS-Méditerranée démonte le moteur et disperse ses pièces à l’eau. La coque est marquée au feutre noir : « SAR AQU 20/09/2018 », afin que chacun sache que les personnes à bord ont été secourues par l’Aquarius, à plus de 120 milles marins (environ 222 kilomètres) du rivage européen le plus proche, l’île italienne de Lampedusa.

   


Quelques instants plus tard, l’Aquarius reçoit un e-mail des autorités maritimes libyennes :
« Nous assurons la coordination de cette opération. Nous allons intervenir avec un navire de patrouille pour prendre les migrants. »
L’Aquarius a fait savoir qu’il n’entendait pas remettre des personnes rescapées aux autorités libyennes, dans la mesure où celles-ci n’offrent pas un port sûr de débarquement. « Je vous suggère de contacter un autre centre de coordination », leur ont répondu les Libyens. Une étape délicate s’annonce au beau milieu de la Méditerranée.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Sept ans après les faits allégués, la femme qui accuse le Français de viols compte sur une série de témoignages pour appuyer ses dires.
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Le procès de Jean-Claude Arnault, mission épineuse pour la justice suédoise

Sept ans après les faits allégués, la femme qui accuse le Français de viols compte sur une série de témoignages pour appuyer ses dires.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 11h20
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante)








                        



                                


                            

Le premier gros procès de l’ère #metoo s’est ouvert mercredi 19 septembre à Stockholm. Il se tient à huis clos et va durer trois jours. Sur le banc des accusés : un Français de 72 ans, inconnu dans son pays d’origine, mais une célébrité en Suède depuis les révélations du journal Dagens Nyheter (DN), à l’automne 2017, à l’origine du scandale qui a anéanti l’Aca­démie suédoise et entraîné le report du prix Nobel de littérature 2018 qu’elle décerne.
Dix-huit femmes y accusent alors Jean-Claude Arnault, figure de la scène culturelle suédoise et mari de la poète et acadé­micienne Katarina Frostenson, de viols et d’agressions sexuelles. Dans la foulée, huit portent plainte. Depuis, sept ont été déboutées, les faits dénoncés étant prescrits ou les preuves jugées insuffisantes. Il ne reste donc qu’une femme, dont la plainte est à l’origine du procès. Son identité n’a pas été révélée, mais elle affirme avoir été violée à deux reprises par le Français, à l’automne 2011.
Selon le dossier judiciaire que Le Monde a pu consulter, le premier viol aurait eu lieu dans la nuit du 5 au 6 octobre 2011. Tous deux se retrouvent à un vernissage, vont dîner, puis rejoignent sa garçonnière, dans un quartier est de Stockholm. Elle est d’abord consentante, avant qu’il ne se montre violent et la force à poursuivre un « rapport oral » contre sa volonté, puis à une pénétration vaginale alors qu’elle se trouve dans un état de « choc » et de « peur panique ». Des faits qui se répètent dans la nuit du 2 au 3 décembre 2011, dans le même appartement, tandis qu’elle dort.
Rapports « tendres » et « aimants »
Entre les deux nuits, et pendant les semaines qui suivent, il ­l’appelle régulièrement. Elle affirme avoir eu peur « qu’il devienne son ennemi » et « détruise sa carrière ». Il ne la menace jamais directement, mais lui parle de « ses plans pour détruire d’au­tres qui l’ont accusé ». Alors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ La Danske Bank est embourbée dans un gigantesque scandale de blanchiment d’argent en Estonie entre 2007 et 2015.
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Le patron de la première banque danoise démissionne

La Danske Bank est embourbée dans un gigantesque scandale de blanchiment d’argent en Estonie entre 2007 et 2015.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 06h55
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 07h54
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Sa position était devenue intenable après les révélations récentes indiquant qu’il avait été alerté dès octobre 2013, soit un mois après sa nomination à la tête de la première banque danoise, au sujet du niveau « anormalement élevé » des flux d’argent transitant par la filiale estonienne de Danske Bank. Mercredi 19 septembre, le Norvégien Thomas Borgen a annoncé sa démission, quelques instants avant la présentation des premiers résultats de l’enquête interne visant à faire la lumière sur ce scandale de blanchiment d’argent, dont le montant pourrait se chiffrer en dizaines de milliards d’euros entre 2007 et 2015.
« Il n’y a aucun doute que les problèmes liés à la division estonienne étaient bien plus importants qu’anticipé quand nous avons lancé une investigation », a reconnu le président de la première banque danoise, Ole Andersen, offrant ses excuses aux « actionnaires, clients, investisseurs, employés et à la société en général ». Selon la banque, l’enquête a révélé une « série de lacunes majeures » dans son système de gouvernance et de contrôle, ayant permis d’utiliser sa filiale estonienne « pour des transactions suspectes ».
Au total, les experts ont étudié les comptes de 15 000 clients non résidents en Estonie, par lesquels ont transité environ 1 500 milliards de couronnes danoises (200 milliards d’euros). Si la banque n’est « pas capable de fournir une estimation précise du montant des transactions suspectes », l’analyse approfondie de 6 200 comptes jugés « particulièrement à risque » a montré que la « grosse majorité » d’entre eux étaient suspects.
La position de Thomas Borgen était devenue d’autant plus compliquée à la tête de Danske Bank qu’il était chargé des opérations internationales, incluant l’Estonie, entre 2009 et 2012, avant d’être nommé directeur en 2013. « Il est clair que Danske Bank n’a pas été à la hauteur de ses responsabilités dans le cas du possible blanchiment d’argent en Estonie », a-t-il constaté, mercredi matin, affirmant qu’il avait honoré ses « obligations légales », mais que son départ était « mieux pour tout le monde ».
Selon le rapport d’enquête, Danske Bank avait été alertée dès 2007 par le régulateur estonien et les autorités danoises, sur la base d’informations fournies par la Banque centrale de Russie, qui mettait en garde contre des « activités criminelles, incluant du blanchiment d’argent », estimées à « des milliards de roubles par mois ».
Lanceur d’alerte ignoré
A partir du 27 décembre 2013 et jusqu’en avril 2014, un employé estonien lanceur d’alerte a signalé à son tour des irrégularités au sein de la filiale estonienne, mais sans que cela débouche sur une enquête. Et ce n’est qu’en 2015 que la Danske Bank a décidé de fermer sa division à Tallinn aux clients non résidents.
Le scandale a finalement éclaté le 20 mars 2017, avec la publication de plusieurs articles dans le quotidien danois Berlingske Tidende, au terme d’une longue enquête menée en collaboration avec le consortium de journalistes internationaux OCCRP et la Novaïa Gazeta russe. En analysant les comptes d’une vingtaine de sociétés, Berlingske découvre que la filiale estonienne de Danske Bank a été utilisée pour blanchir de l’argent par les services de renseignement russes (FSB), des proches de Vladimir Poutine et le régime azéri.
Mercredi 19 septembre, la banque danoise a annoncé qu’elle allait reverser la marge brute réalisée sur ses opérations estoniennes entre 2007 et 2015, estimée à 1,5 milliard de couronnes danoises, à une fondation indépendante créée « pour soutenir les initiatives visant à combattre la criminalité financière internationale, y compris le blanchiment d’argent, également au Danemark et en Estonie ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ La réunion destinée à aplanir les différences sur la question des migrants n’a pas permis d’avancer.
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Article sélectionné dans La Matinale du 19/09/2018
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Crise migratoire : « les divergences persistent » entre Européens au sommet de Salzbourg

La réunion destinée à aplanir les différences sur la question des migrants n’a pas permis d’avancer.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 12h01
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Une vraie mise en scène wagnérienne : crépusculaire et monumentale. La tablée des dirigeants européens, dressée mercredi 19 septembre au soir dans la pénombre du Manège des rochers, une salle de concert de Salzbourg (Autriche), n’a sans doute pas aidé à rapprocher des points de vue toujours divergents sur la migration.
Le but de cette réunion était pourtant de tenter – enfin – de sortir de la crise politique provoquée par le manque criant de solidarité entre les Etats membres. Ceux de l’Est (à commencer par la Hongrie) refusent toute « redistribution » des réfugiés, et l’Italie bloque en bonne partie ses ports pour le débarquement des migrants.
En finir avec le « chantage sur la migration » ainsi qu’avec « ceux qui veulent tirer un avantage politique de la situation », et avancer dans la recherche des solutions : c’est ce qu’avait souhaité le président du Conseil européen, Donald Tusk, avant ce rendez-vous. Il visait clairement le ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini, chef de file de la Ligue (extrême droite).
L’atmosphère semblait toutefois électrique quand, à son arrivée, Xavier Bettel, le premier ministre luxembourgeois, s’en est pris lui aussi à M. Salvini, ainsi qu’à la présidence autrichienne : l’Italien avait fait filmer une récente algarade sur la migration entre lui et son homologue luxembourgeois, Jean Asselborn, ponctuée d’un déjà célèbre « Merde, alors ! » de ce dernier. Et Vienne n’avait pas protesté contre cette méthode inédite. « Je vais demander au premier ministre [italien] Giuseppe Conte s’il compte, lui aussi, filmer », lançait, irrité, M. Bettel.
« Les discussions ont confirmé que des divergences persistent »
Le chancelier autrichien, Sebastian Kurz a, lui, commencé la réunion en évoquant les réserves de la Hongrie, de la Grèce, de l’Italie ou de l’Espagne à l’égard du projet de la Commission visant à renforcer l’agence de garde-frontières européens Frontex, pour porter ses effectifs à 10 000 agents en 2020.
Lors du dîner, les dirigeants européens ont aussi reparlé des plates-formes de débarquement, ces centres de tri des migrants qu’ils aimeraient installer dans des pays tiers, mais que le Maroc et la Tunisie ont déjà refusé d’accueillir. M. Tusk a parlé d’un possible accord avec l’Egypte, où se trouveraient des milliers de migrants désireux de rejoindre l’Europe. Il a aussi avancé l’idée d’un sommet UE-Ligue arabe, en février 2019, au Caire.
Pour ce qui est des projets de « centres contrôlés » (fermés) de migrants dans l’UE, péniblement négociés en juin, « les discussions ont confirmé que des divergences persistent », précise un diplomate. Paris et Rome s’opposent sur ce sujet. Décrite comme « calme », « moins crispée qu’auparavant », avec un silence remarqué de Viktor Orban et d’autres de l’Est, la réunion de mercredi aura toutefois surtout acté ces désaccords.
« La presse ne peut pas me forcer à rejeter M. Orban »
Le seul sujet dont les Européens parlent encore – étonnamment – d’une seule voix est donc le Brexit, au menu des débats de jeudi. La Britannique Theresa May a appelé les Vingt-Sept à un compromis sur la question de la frontière irlandaise. Ses collègues se sont contentés de l’écouter. « C’était intéressant, poli, pas agressif », expliquait, jeudi matin, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker.
Les dirigeants du Parti populaire européen (PPE, droite), qui se réunissaient aussi à Salzbourg mercredi, n’avaient, eux, pas l’intention de rajouter à la tension ambiante. Le vote au Parlement de Strasbourg, une semaine plus tôt, qui avait dénoncé les risques de violations de l’Etat de droit en Hongrie et recommandé l’activation de l’article 7 des traités de l’UE, n’a même pas été évoqué.
Pas question, pour l’heure, d’évincer Viktor Orban du parti, même s’il est devenu le héros de l’extrême droite. « La presse ne peut pas me forcer à rejeter M. Orban, nous avons des règles », a lancé Joseph Daul, le président du PPE. Le parti attendra de voir comment évolue la procédure « article 7 » pour prendre une décision.
« Ce n’est pas dans ce type de sommets entre chefs qu’on lave son linge sale », disait une source au PPE. D’autant qu’Angela Merkel, la vraie « patronne » du parti, n’est arrivée que pour le dîner des dirigeants européens. Son absence rendait impossible une quelconque décision.
La Commission a, elle aussi, temporisé mercredi, en évitant de pointer trop nettement un autre Etat membre qui est dans le collimateur de l’UE : la Pologne. Depuis décembre 2017, Varsovie fait l’objet de cette fameuse procédure « article 7 » pour « risque clair de violation grave de l’Etat de droit ». Bruxelles avait prévu d’annoncer, mercredi midi, la saisine de la Cour de justice de l’UE à propos de la réforme très contestée de la Cour suprême polonaise. Elle a préféré reporter sa décision.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Lundi, la défense antiaérienne syrienne a abattu par erreur un appareil de son allié russe, tuant les quinze membres de l’équipage.
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Une délégation israélienne à Moscou pour contribuer à l’enquête sur l’avion russe abattu

Lundi, la défense antiaérienne syrienne a abattu par erreur un appareil de son allié russe, tuant les quinze membres de l’équipage.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 23h26
   





                        



   


Une délégation israélienne se rendra à Moscou jeudi 20 septembre afin de présenter les conclusions de son enquête sur l’avion russe accidentellement abattu par la Syrie lors d’un raid israélien. Emmenée par le général Amikam Norkin, chef de l’armée de l’air, cette délégation présentera « le rapport de situation de cette soirée [du lundi 17 au mardi 18 septembre] concernant tous ses aspects », a fait savoir mercredi l’armée israélienne dans un communiqué. 
Lundi, la défense antiaérienne syrienne a abattu par erreur un appareil de son allié russe, tuant les quinze membres de l’équipage, au moment où des missiles israéliens ciblaient des dépôts de munitions dans la province de Lattaquié (nord-ouest de la Syrie).

        Lire aussi :
         

                Confusion, démentis et accusations après la destruction d’un avion russe en Syrie



M. Norkin et des officiers du renseignement israélien présenteront également « les tentatives continues de l’Iran de transférer des armes stratégiques à l’organisation terroriste Hezbollah et d’établir une présence militaire iranienne en Syrie ».
« Un enchaînement de circonstances accidentelles tragiques »
L’armée russe a d’abord accusé les pilotes israéliens de s’être servis de l’appareil russe comme couverture pour échapper aux tirs syriens, ce qu’a nié l’Etat hébreu. Selon Israël, l’avion russe ne se trouvait pas sur les lieux de l’opération quand les avions israéliens ont frappé un site de l’armée syrienne, et il a été atteint quand ces appareils avaient déjà regagné l’espace aérien israélien.
Lors d’une conversation téléphonique, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a exprimé mardi sa « tristesse » au président russe, Vladimir Poutine, lui proposant en outre son aide dans l’enquête. M. Poutine a parlé d’« un enchaînement de circonstances accidentelles tragiques » puis « a exhorté le camp israélien à ne pas permettre que ce genre de situations se reproduise », selon un communiqué du Kremlin.
Le président syrien, Bachar Al-Assad, a pour sa part fustigé Israël mercredi, qu’il tient pour responsable de ces faits. « Cet incident malheureux est le résultat de l’arrogance et de la débauche israéliennes », a déclaré le président syrien dans une lettre de condoléances envoyée à son homologue russe, pour la mort des quinze militaires tués dans le drame qui s’est déroulé lundi soir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Face aux « nationalistes et aux libéraux », la formation tourne la tête à gauche. Mais elle n’est pas sûre de réussir à retenir son aile gauche.
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Pour les Européennes, le PS prône une « rupture nette »

Face aux « nationalistes et aux libéraux », la formation tourne la tête à gauche. Mais elle n’est pas sûre de réussir à retenir son aile gauche.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 21h32
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 07h16
    |

            Enora Ollivier








                        



                                


                            

A petits pas, le Parti socialiste (PS) entre dans la campagne des élections européennes, qui se profilent à l’horizon, en mai 2019. La formation a présenté mercredi 19 septembre ses premières propositions pour l’Europe, au lendemain d’un bureau national agité, qui a adopté un texte d’étape sur la question.
L’enjeu de ces élections, a expliqué lors d’une conférence de presse Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, est « de ne pas laisser s’installer l’idée d’un duel, qui est en fait un duo, entre les nationalistes et les euro-libéraux ». Gageant que « la gauche est l’avenir de l’Europe » et qu’elle seule peut « corriger les effets de la mondialisation », le PS suggère un chemin autre, en l’occurrence celui de la social-démocratie. Une voie que beaucoup semblent pour l’heure hésiter à emprunter : les enquêtes d’opinion créditent le PS d’un score entre 4,5 % et 6 %.
Menacé de réduire son score pourtant déjà historiquement bas de la présidentielle, le parti prône désormais une « rupture nette ». « Le temps est venu pour les socialistes de clarifier leur message », prévient le document de neuf pages. Aussi, il n’y aura pas de « grande coalition avec les conservateurs et les libéraux » au Parlement européen, assure M. Faure. Le PS veut au contraire tourner la tête du côté opposé et proposer « à tous les groupes de gauche » de constituer un « intergroupe », afin de « construire des combats communs ».

Les socialistes s’engagent à « combattre tous les traités » de libre-échange qui ne répondraient pas à des objectifs environnementaux, sanitaires ou sociaux. Ils « refuseront » ainsi de voter le CETA, le traité commercial avec le Canada, et demandent « la suspension des négociations en cours ».
Donnant des signaux clairs à son aile gauche, le PS appelle par ailleurs à une « révision des traités »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le magazine people a été condamné à 45 000 euros d’amende et 100 000 euros de dommages et intérêts pour des clichés publiés en septembre 2012.
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« Closer » condamné en appel pour avoir publié des photos de Kate Middleton dénudée

Le magazine people a été condamné à 45 000 euros d’amende et 100 000 euros de dommages et intérêts pour des clichés publiés en septembre 2012.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 15h48
   





                        


L’affaire avait fait grand bruit, en France et surtout outre-Manche, quand Closer avait publié, en septembre 2012, des photos volées du prince William et de sa femme, Kate Middleton, la poitrine dénudée. La cour d’appel de Versailles a confirmé, mercredi 19 septembre, la condamnation des deux dirigeants du magazine people à une même amende de 45 000 euros, la sanction maximale.
Dans son arrêt, la cour a confirmé en tout point le jugement rendu en première instance en septembre 2017, qui avait condamné la directrice de rédaction, Laurence Pieau, et le directeur de publication, Ernesto Mauri, pour « complicité ou divulgation d’un document obtenu par une atteinte à l’intimité de la vie privée ». La cour a aussi suivi le tribunal correctionnel de Nanterre, en validant les 100 000 euros de dommages et intérêts alloués à Kate Middleton et à son mari.
Le no 379 de l’hebdomadaire people, daté du 14 septembre 2012, contenait des clichés estivaux de la duchesse et du duc de Cambridge au bord de la piscine d’un luxueux domaine du sud de la France. Cette publication avait fait scandale au Royaume-Uni et provoqué le courroux de la famille royale britannique, qui avait saisi la justice française et obtenu l’interdiction de toute nouvelle diffusion des images, que même les tabloïds anglais s’étaient refusés à publier.
Deux photographes, soupçonnés d’être les auteurs des clichés, ont aussi vu leur condamnation confirmée mercredi à 10 000 euros dont 5 000 avec sursis. Ces deux paparazzis de l’agence parisienne Bestimage, Cyril Moreau et Dominique Jacovides, ont toujours nié avoir pris les photos incriminées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Les chercheurs Jonathan Wareham et Laia Pujol appellent dans une tribune au « Monde » à une meilleure utilisation du potentiel des grands équipements scientifiques européens pour développer des technologies innovantes contribuant au bien-être économique et social.
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Les « perles cachées » de l’innovation technologique européenne

Les chercheurs Jonathan Wareham et Laia Pujol appellent dans une tribune au « Monde » à une meilleure utilisation du potentiel des grands équipements scientifiques européens pour développer des technologies innovantes contribuant au bien-être économique et social.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 14h15
    |

Jonathan Wareham (Professeur en systèmes d’information à l’Esade Business School, à Barcelone) et Laia Pujol (Doctorante à l’Esade Business School)







                        



                                


                            

Tribune. Le 26 septembre 2017, lors de son discours à la Sorbonne, le président Emmanuel Macron avait suggéré la création d’une agence d’innovation paneuropéenne, semblable à la Defense Advanced Research Projects Agency (Darpa) américaine, entrée dans la légende du développement de nouvelles technologies dès sa création en 1958 au sein du département de la défense des Etats-Unis.
Le commissaire européen à la recherche et à l’innovation, Carlos Moedas, a, quant à lui, proposé, en octobre 2017, la création d’un « conseil européen de l’innovation » pour piloter le programme Horizon 2020. Pour l’un comme pour l’autre, il est urgent d’aider l’Europe à rattraper son retard sur ses concurrents internationaux en matière d’innovation.
M. Moedas suggère, peut-être à juste titre, qu’une agence européenne intergouvernementale sur le modèle de la Darpa constituerait une approche trop « descendante » pour les Etats membres. Son argumentation ignore toutefois un élément essentiel : les technologies de la Darpa, qui ont marqué de leur empreinte presque tous les produits numériques disponibles sur le marché aujourd’hui – GPS, réalité virtuelle, voitures autonomes –, ont été développées dans un environnement commercial.
En effet, la quasi-totalité des entreprises qui ont marqué les débuts de la Silicon Valley, dont IBM, Hewlett-Packard ou Oracle, doivent leur succès aux grands contrats passés avec l’armée américaine. La question n’est pas de glorifier le rôle des dépenses militaires, mais de souligner l’importance d’une forte traction par la demande dans le processus d’innovation. Comment l’Europe peut-elle stimuler la demande d’innovation ?
Une longue et fière tradition de progrès
L’Europe a une longue et fière tradition de progrès scientifique. Elle peut se vanter de disposer des infrastructures de recherche parmi les plus sophistiquées au monde, avec notamment l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Dans la nuit de mardi à mercredi, une voiture a percuté trois personnes, dans un incident qui pourrait être à caractère islamophobe selon Scotland Yard.
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Londres : trois piétons blessés par une voiture devant une mosquée

Dans la nuit de mardi à mercredi, une voiture a percuté trois personnes, dans un incident qui pourrait être à caractère islamophobe selon Scotland Yard.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h47
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 13h01
   





                        


Une voiture a percuté et blessé trois personnes à proximité d’une mosquée londonienne dans la nuit de mardi 18 à mercredi 19 septembre, dans un incident qui pourrait être à caractère islamophobe, a annoncé Scotland Yard, la police de Londres. Deux hommes âgés d’une vingtaine d’années souffrent de blessures « mineures », tandis qu’un quinquagénaire a été hospitalisé à cause d’« une blessure sérieuse à la jambe ».
« Nous prenons cet incident très au sérieux, a déclaré l’officier de police Kelly Schonhage dans un communiqué. Il n’est pas traité comme étant de nature terroriste, mais l’aspect haineux de cette collision est examiné comme une circonstance aggravante. »
La police londonienne a établi que, vers minuit, les occupants d’une voiture « se comportaient de manière antisociale » sur un parking privé à proximité de la mosquée Al-Majlis Al-Hussaini, dans le quartier de Cricklewood, dans la banlieue nord-ouest de la capitale britannique. « Ils buvaient et auraient consommé des drogues », selon Scotland Yard.
« Commentaires islamophobes »
Sur place, des agents de sécurité privés ont demandé aux quatre occupants du véhicule, trois hommes et une femme âgés d’une vingtaine d’années, de quitter les lieux. La voiture se serait alors rapprochée de la mosquée, déclenchant une confrontation avec « un large groupe de personnes », selon le récit de la police. Les occupants du véhicule auraient prononcé « des commentaires islamophobes », avant que la voiture prenne la fuite, percutant trois individus dans sa course.
L’association Hussaini, qui gère la mosquée, et y avait organisé un événement mardi soir, a dénoncé l’incident et suspecte une « attaque islamophobe préméditée ».
Le 19 juin 2017, un Britannique de 48 ans, Darren Osborne, avait foncé à bord d’une camionnette sur des fidèles musulmans près de la mosquée de Finsbury Park. Cette attaque islamophobe avait fait un mort et douze blessés, et avait été traitée par la police comme un attentat. Elle avait été perpétrée dans un climat d’extrême fébrilité au Royaume-Uni, après trois attentats en trois mois, à Londres et Manchester, ayant fait 35 morts et revendiqués par le groupe djihadiste Etat islamique (EI).
Le nombre de délits et crimes à caractère « haineux » a augmenté de 29 % en Angleterre et au pays de Galles en 2016-2017, selon les derniers chiffres du ministère de l’intérieur. Ils atteignent leur plus haut niveau en six ans. « Le terrorisme d’extrême droite constitue une menace grandissante », avait reconnu au début de juin le ministre de l’intérieur, Sajid Javid.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Après trois jours de navigation, le navire humanitaire de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières se rapproche des côtes libyennes.
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Sur l’« Aquarius » : « Il faut distinguer des épaules qui bougent et des petites têtes au loin »

Après trois jours de navigation, le navire humanitaire de SOS Méditerranée et Médecins sans frontières se rapproche des côtes libyennes.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 15h51
    |

            Julia Pascual (envoyée spéciale)








                        



   


Il est 6 h 20 et le ciel commence à s’éclairer, dévoilant progressivement une mer que fend silencieusement l’Aquarius. Mercredi 19 septembre à l’aube, le navire humanitaire des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) se rapprochait lentement des côtes libyennes, après trois jours de navigation. La veille, alors que l’Aquarius longeait la Tunisie, l’équipe de SOS Méditerranée a commencé les tours de veille sur la passerelle du navire.
Antoine Clément est le premier à procéder chaque matin. Le sauveteur français de 29 ans attrape une paire de jumelles et scrute l’horizon. Ses boucles blondes s’agitent, soulevées par le vent, tandis que le ciel se pare à l’est de bleu et de rose pâles à mesure que le soleil se lève.

   


On peut voir jusqu’à sept ou huit milles marins au loin par temps clair. Il n’y avait mercredi matin que des vaguelettes à détailler et quelques bateaux lointains. Pas de rubber boat en détresse, ces embarcations de fortune dans lesquelles les migrants dérivent au péril de leur vie. La mer n’est pas propice aux départs, la faute à un vent venu de l’intérieur des terres, qui produit une mauvaise houle.
« Radeaux » et « bananes »
« Il faut que ton œil arrive à distinguer des épaules qui bougent et des petites têtes au loin, explique Jérémie Demange, sauveteur pour SOS Méditerranée depuis cinq mois, qui s’apprête à relayer Antoine Clément sur le pont. Parfois, on a repéré des carcasses de vaches ou des bouées dans les zones de pêche. » La mer est aussi truffée de plastiques flottants, que les marins surnomment les « perchoirs à mouettes », car les oiseaux aiment s’y agripper.

   


Depuis que l’Aquarius a quitté le port de Marseille, l’équipe de SOS s’est plusieurs fois exercée à des opérations de sauvetage en mer. Antoine Clément sait qu’il devra rester sur le pont, et notamment préparer les gilets de sauvetage, les « radeaux » et les « bananes », tous les flotteurs qui permettront à des gens tombés à l’eau de se maintenir à la surface. Il aidera aussi les rescapés à monter à bord de l’Aquarius.
Ce jeune Breton, qui n’a jamais fait aucun sauvetage en mer, est « partagé entre détermination et appréhension ». Officier de marine marchande, il a surtout travaillé sur des câbliers, « des gros bateaux qui installent et réparent les câbles sous-marins de télécommunication ». Touché par l’agitation médiatique autour des questions migratoires ces dernières années, Antoine Clément a été marqué par l’homélie du pape sur l’île italienne de Lampedusa en 2013 et les récits de sa sœur juriste qui travaille auprès de mineurs isolés.

   


Les vieux loups de mer, rompus à la solitude des quarts et au confinement des cabines, se retrouvent à cohabiter avec des humanitaires
Début 2018, il se met en congés de son employeur et monte une association avec un ami universitaire, The Humanisea Challenge. A bord d’un voilier, ils se lancent dans un tour de la Méditerranée au cours duquel ils rencontrent des chercheurs qui travaillent sur les migrations. Une avarie suspend momentanément leur périple et Antoine Clément se retrouve alors disponible pour rejoindre l’Aquarius, dont il suivait les aventures. Un bateau « pas du tout habituel », à bord duquel les vieux loups de mer, rompus à la solitude des quarts et au confinement des cabines, se retrouvent à cohabiter avec des humanitaires.

        Lire :
         

          A bord de l’« Aquarius », des sauvetages bouleversés par la crise migratoire européenne



« Besoin d’aller voir ce qu’il se passait »
Kiri Santer n’a rien d’un marin. Mais elle a pris place aux côtés du capitaine, un grand Russe moustachu et taiseux, sur la passerelle du bateau, dont la patine de la console rappelle que l’Aquarius a été construit en 1977. « C’est un espace sensible, de concentration et de prise de décision », explique cette jeune Suisse de 27 ans. Kiri Santer est chargée de recherche et de documentation au sein de l’équipe de SOS Méditerranée.

   


Entourée d’un logiciel cartographique, de radios et autres équipements satellitaires, elle renseigne « tout ce qu’il se passe dans et autour du bateau » et alimente un registre de bord accessible en ligne, le logbook (« livre de bord »). Son poste a été créé cet été, dans un effort de transparence, au moment où le bien-fondé des opérations humanitaires en Méditerranée était remis en cause.
Comme Antoine Clément, l’engagement de Kiri Santer s’est construit en pleine crise migratoire. Doctorante en anthropologie politique, elle a notamment participé à l’association Alarm Phone, une permanence téléphonique pour les personnes en situation de détresse en Méditerranée. A cette occasion, elle a observé la façon dont la coordination des secours en mer a été transférée des autorités maritimes italiennes à la Libye.
Avant d’embarquer sur l’Aquarius, elle s’est interrogée sur sa démarche :
« Je me suis demandé pourquoi je pouvais ressentir un tel enthousiasme à participer à cette mission, pourquoi j’avais besoin d’aller voir ce qu’il se passait. Je trouve important d’être ici pour témoigner du fait que l’Europe est en train d’externaliser la gestion de ses frontières alors qu’elle a la responsabilité d’accueillir les gens qui fuient l’horreur en Libye. »

        Lire :
         

          L’« Aquarius » a quitté Marseille, les soutes pleines « pour pouvoir faire face à l’imprévu »




        Lire les témoignages :
         

          « Plus tard, cette crise sera dans les livres d’histoire et on en aura honte »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le premier ministre veut cesser tout financement public pour ces enseignements universitaires.
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Dans la Hongrie de Viktor Orban, la fin académique des études de genre

Le premier ministre veut cesser tout financement public pour ces enseignements universitaires.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 12h20
    |

            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est le nouveau combat de Viktor Orban. Alors que le Parlement européen a voté, le 12 septembre, en faveur du lancement de l’article 7 du traité de l’Union européenne (UE), pouvant à terme permettre de sanctionner le pays pour ses atteintes à l’Etat de droit, la Hongrie part en croisade contre les études de genre.
Le 14 août, l’exécutif a annoncé sa décision de retirer les « gender studies » de la liste des diplômes jouissant d’une accréditation officielle, posant ainsi la première pierre du projet de « nouvelle ère » culturelle et intellectuelle, annoncé par le premier ministre, après sa réélection, le 8 avril.
La réforme, formulée à l’occasion d’une transformation des allocations étudiantes, doit être adoptée dans le courant du mois de septembre. Elle mettrait un terme à tout financement public pour ces enseignements. « Les gens naissent hommes ou femmes et, selon nous, il n’est pas acceptable de parler d’une construction sociale des genres remplaçant les sexes biologiques », affirme le gouvernement, en réponse aux questions du Monde. Les études concernant le genre, qui forment un champ de recherche interdisciplinaire sur les rapports sociaux entre les sexes, ont d’abord été institutionnalisées dans les campus américains.

En Hongrie, elles sont enseignées depuis plus de vingt ans à l’Université d’Europe centrale (CEU), un établissement fondé par le milliardaire américain d’origine hongroise George Soros, personnalité dont le soutien financier aux thèses progressistes déplaît fortement au chantre de la « démocratie illibérale ». Des étudiants sont également formés à l’université publique Loránd Eötvös (ELTE).
Selon Eva Fodor, rectrice à la CEU, en posant la question de la légitimité académique de ces études, controversées dans les milieux conservateurs et religieux, ce pays d’Europe centrale serait à la pointe des attaques portées sur l’ensemble du continent contre le féminisme et les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Lancée fin 2017, la procédure contre la Pologne se trouve dans l’impasse.
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Etat de droit : l’UE incapable de sanctionner Varsovie et Budapest

Lancée fin 2017, la procédure contre la Pologne se trouve dans l’impasse.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 16h19
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Le sujet n’est pas inscrit à l’ordre du jour du sommet européen informel de Salzbourg, mercredi 19 et jeudi 20 septembre, mais il devrait être dans toutes les têtes des vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE). Est-il possible de sanctionner la Hongrie pour ses dérives en matière d’Etat de droit, comme l’a demandé le Parlement européen lors d’un vote historique, le 12 septembre ? La question se pose, tant la procédure similaire lancée pour la Pologne est actuellement en panne.
Exceptionnelle, cette procédure, dite « article 7 », en vertu des traités de l’UE peut théoriquement mener jusqu’à une suspension des droits de vote du pays concerné au conseil – l’organe qui regroupe les Etats –, soit une mise au ban du jeu européen. Mais s’il a eu une valeur symbolique et politique forte, mener l’article 7 à son terme relève quasiment de l’impossible. En ce qui concerne la Pologne, la procédure a été lancée par la Commission, pour la première fois de l’histoire de l’UE, en décembre 2017. L’exécutif européen estimait que les réformes de la justice voulues par le gouvernement ultraconservateur du Parti droit et justice (PiS) faisaient courir « un risque clair de violation grave de l’Etat de droit » dans le pays. A l’époque, l’institution communautaire espérait encore que le PiS amenderait ses réformes controversées.
Neuf mois après le déclenchement de cette procédure, Varsovie n’a quasiment pas modifié sa copie. Et une de ses mesures les plus controversées, la mise en retraite d’office d’un tiers des juges de la Cour suprême, entre progressivement en application depuis début juillet.
« Le dialogue n’a pas permis de progrès substantiels quant à nos préoccupations sur les réformes de la justice en Pologne », Nathalie Loiseau et Michael Roth, ministres des affaires européennes
Le conseil des ministres des affaires européennes, qui se tenait mardi 18 septembre à Bruxelles, n’a pu que constater « des positions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Deux demandeurs d’asile avaient été arrêtés après la mort d’un Allemand de 35 ans, affaire qui a provoqué des manifestations d’extrême droite.
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En Allemagne, un étranger suspecté du meurtre de Chemnitz disculpé

Deux demandeurs d’asile avaient été arrêtés après la mort d’un Allemand de 35 ans, affaire qui a provoqué des manifestations d’extrême droite.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 13h56
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


L’un des deux demandeurs d’asile arrêtés à Chemnitz (Saxe) au lendemain du meurtre de Daniel Hillig, un Allemand de 35 ans poignardé en pleine rue dans la nuit du 25 au 26 août et dont la mort a provoqué d’importantes manifestations d’extrême droite, a été remis en liberté.
« Le mandat d’arrêt pour homicide volontaire en réunion contre le suspect irakien a été levé aujourd’hui par le tribunal d’instance de Chemnitz sur ordre du parquet », a annoncé la porte-parole du parquet de cette ville de 240 000 habitants, mardi 18 septembre, lors d’une conférence de presse, ajoutant que le second suspect arrêté fin août, un Syrien de 23 ans, restait sous mandat d’arrêt, et qu’un troisième homme, de nationalité irakienne, était toujours recherché par la police.

        Le reportage :
         

          Allemagne : à Chemnitz, PME cherchent réfugiés désespérément



Aucune trace ADN
Confirmant des déclarations faites un peu plus tôt dans la journée par l’avocat du jeune homme de 22 ans libéré mardi, qui a regretté que son client ait « passé plus de trois semaines en détention sans motif concret », la porte-parole du parquet a confirmé qu’aucune trace de l’ADN de celui-ci n’avait été trouvée sur le couteau récupéré sur les lieux du crime avec le sang de la victime. « Aucun témoin ne l’a vu donner des coups de couteau », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’un deuxième couteau avait été utilisé mais qu’il « n’avait pas été retrouvé jusqu’ici malgré des recherches intensives ».
L’annonce de cette libération a provoqué de vives réactions à l’extrême droite. « Quoi ? Pardon ? Une protection plutôt qu’une expulsion pour un demandeur d’asile débouté, DÉJÀ PLUSIEURS FOIS CONDAMNÉ. L’Allemagne est vraiment devenue folle », a immédiatement commenté Jörg Meuthen, le coprésident du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), sur Twitter.
A l’origine des premières manifestations, organisées quelques heures après le meurtre de Daniel Hillig, l’association Pro Chemnitz, un « mouvement citoyen » d’extrême droite fondé en 2009 et qui avait recueilli 5,66 % des voix aux élections municipales de 2014, a, quant à elle, appelé à un nouveau rassemblement, le sixième depuis le début de l’affaire, vendredi 21 septembre, en fin d’après-midi.

        Les réponses à vos questions :
         

          Allemagne : « Indiscutablement, des tabous sur l’extrême droite sont brisés »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le patriarcat de Constantinople devrait reconnaître l’indépendance de l’Eglise orthodoxe ukrainienne sous tutelle jusqu’ici du patriarcat de Moscou.
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Les orthodoxes russes et ukrainiens au bord du schisme

Le patriarcat de Constantinople devrait reconnaître l’indépendance de l’Eglise orthodoxe ukrainienne sous tutelle jusqu’ici du patriarcat de Moscou.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 12h32
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Territorial et politique, le conflit entre la Russie et l’Ukraine se déplace désormais sur le terrain religieux. Dans la foulée d’une assemblée extraordinaire, le Saint-Synode, l’institution collégiale au sommet de sa hiérarchie, qui s’est réunie à Moscou le 14 septembre, l’Eglise orthodoxe russe a pris la décision sans précédent de rompre pour partie ses relations avec le patriarcat de Constantinople. Car ce dernier s’apprête à reconnaître l’autocéphalie, l’indépendance de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, aujourd’hui encore divisée en deux principales branches concurrentes, dont la plus importante dépend de Moscou depuis la fin du XVIe siècle.
« Constantinople est pressé d’achever [ce] processus tant que l’actuel président ukrainien, Petro Porochenko, est au pouvoir, car il le soutient activement », le métropolite Hilarion
La décision finale de Bartholomée Ier, le patriarche de Constantinople, considéré comme le chef symbolique des 300 millions de chrétiens orthodoxes dans le monde, devrait intervenir lors de la réunion de son propre synode, prévue du 9 au 11 octobre. Mais l’envoi préalable de deux de ses représentants à Kiev « dans le cadre des préparatifs de l’octroi de l’autocéphalie à l’Eglise orthodoxe d’Ukraine », selon les termes de son communiqué, ne laisse guère de doutes sur ses intentions. « Nous sommes arrivés avec une mission extraordinaire (…) afin de continuer le travail sur une chose déjà décidée », a confirmé, lundi 17 septembre, l’un des deux émissaires, l’archevêque américain Daniel, en marge d’une rencontre avec le président ukrainien, Petro Porochenko.
« Constantinople est pressé d’achever [ce] processus tant que l’actuel président ukrainien, Petro Porochenko, est au pouvoir, car il le soutient activement », avait déjà fustigé depuis Moscou le métropolite Hilarion, responsable des relations extérieures de la patriarchie de Moscou. Ce n’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Même si elle est informelle, aucune décision ne sera prise, cette réunion devrait aborder le calendrier du Brexit et les quotas de migrants.
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Migration et Brexit, les deux enjeux du sommet européen de Salzbourg

Même si elle est informelle, aucune décision ne sera prise, cette réunion devrait aborder le calendrier du Brexit et les quotas de migrants.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 07h35
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 11h10
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les dirigeants européens se réunissent à Salzbourg, mercredi 19 septembre et jeudi 20 septembre, à l’invitation du chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui assure la présidence tournante de l’Union jusqu’à la fin de l’année. Au menu principal des discussions, les deux priorités du moment : le Brexit et la migration.
Brexit : le calendrier d’un « deal » se précise ; le risque d’un « no deal » pas écarté
« Informelle » – sans décision –, la réunion devrait permettre d’affiner le calendrier du Brexit, alors qu’il ne reste plus que trois mois « utiles » aux Européens à Vingt-Sept, pour parvenir à un accord avec Londres. Un sommet extraordinaire sur le sujet devrait être convoqué en novembre, a confirmé mardi 18 septembre Donald Tusk, le président du Conseil (les Etats membres). Les discussions ont beau être entrées dans leur phase finale, un accord lors du prochain Conseil européen (le 18 octobre, à Bruxelles), parait en effet hautement improbable.
En Autriche, les Vingt-Sept devraient constater que la question irlandaise reste la seule difficulté à surmonter pour un accord. Le gouvernement de Theresa May s’est engagé à éviter la réapparition d’une « frontière physique » entre Irlande du Nord et la République d’Irlande restée dans l’UE après le Brexit.
Pour y parvenir, début 2018, Michel Barnier, le négociateur en chef pour l’Union, a proposé une solution temporaire en guise de « filet de sécurité » (« backstop »). Le temps d’avoir bouclé la « relation future » entre l’UE et Londres, l’Irlande du Nord resterait alignée sur les normes européennes, de manière à éviter les contrôles des biens avec la République d’Irlande. Inacceptable, ont répondu les Britanniques, car cela reviendrait à unifier de fait toute l’île d’Irlande en l’arrimant à l’UE.
Etant donné que les contre-propositions de Mme May ont jusqu’à présent été jugées irréalistes, M. Barnier tente une nouvelle stratégie de « dédramatisation ». La Commission insiste sur le caractère temporaire de son « filet de sécurité » et se dit prête à des compromis (contrôle des marchandises en partance pour l’Irlande cogéré avec les douaniers britanniques et européens…).
Si cette « dédramatisation » fonctionne, et si les Britanniques acceptent le « backstop » ou une solution approchante, les négociations, gelées depuis quelques semaines en attente du congrès des Tories, début octobre, pourraient reprendre dans la foulée. Et un accord pourrait être trouvé avant mi-novembre. Si tout se passe bien, car les Européens n’ont pas écarté le risque d’un « no deal ». Les réunions préparatoires pour limiter les conséquences d’une telle « catastrophe » – le mot est de M. Tusk – se poursuivent à Bruxelles.
Salzbourg sera aussi l’occasion de vérifier que les Vingt-Sept continuent à parler d’une seule voix et estiment tous que le Royaume-Uni, devenu pays tiers le 30 mars 2019, ne peut prétendre aux mêmes avantages qu’un pays membre. L’équipe de M. Barnier est fébrile, redoutant que certains gouvernements se désolidarisent dans la dernière ligne droite. Car Londres se livre toujours à un lobbying intense pour tenter de diviser le front continental.

        Le point sur le calendrier :
         

          plus que quatre mois pour trouver un accord



Migration : blocages et désaccords persistent
« Tirer les leçons de ce qui s’est déroulé cet été et voir comment lever les blocages » : voilà, résumé par un diplomate, le programme assez peu ambitieux du chapitre « migration ». En Italie, le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, entend maintenir son refus de laisser accoster les navires qui ont recueilli des migrants ; en Hongrie, Viktor Orban confirme son refus d’accueillir le moindre réfugié.
La réforme du système de Dublin reste, elle, enlisée. Jugé injuste par les pays de première entrée de l’Union, il les oblige à assumer la charge de l’enregistrement des migrants et d’un examen de leur dossier, ainsi que le retour de ceux qui, arrivés dans un autre pays membre, en sont renvoyés. Paris, Berlin et la plupart des capitales veulent maintenir le principe, tout en l’assortissant d’un mécanisme dit de « solidarité », à savoir de répartition des « vrais » demandeurs d’asile et réfugiés.
Compte tenu des divisions actuelles, une uniformisation des règles de l’asile apparaît, elle aussi, très hypothétique. Les quotas de répartition, fixés de manière très précise par la Commission – avec d’éventuelles amendes à la clé – sont, eux aussi, gelés. « La ligne rouge, c’est la soldarité qui doit s’imposer à tous », dit-on à Paris. Où l’on envisage cependant de possibles compromis : la solidarité ne devrait pas consister obligatoirement en l’accueil de réfugiés, mais pourrait prendre la forme d’une participation accrue à l’agence des gardes-frontières et gardes-côtes, au soutien financier à des programmes en Afrique, etc.
Les débats progressent un peu plus rapidement sur le volet sécuritaire et l’objectif de tarir au maximum le flux des arrivées. Si la situation est globalement stabilisée, avec une forte diminution des arrivées en l’espace d’un an, des dirigeants s’inquiètent d’une possible reprise de la migration à travers les routes de la Grèce et de la Turquie, et en provenance du Maroc vers l’Espagne. En Italie, les arrivées ont chuté de 85 %.
En juin, les chefs d’Etat et de gouvernement avaient évoqué la création de « plateformes de débarquement » des migrants, dans des pays riverains de la Méditerranée, voire dans des pays européens hors Union – les Balkans. Ce dernier projet, irréaliste, est abandonné. L’autre, pas entièrement. Des structures ont déjà été créées au Niger et au Tchad et doivent, selon certains, servir de modèles pour ces centres d’accueil et de tri. La Tunisie et le Maroc sont plus que réticents, même si Rabat organise déjà, sous la pression de l’Espagne, des déplacements de migrants pour les décourager d’embarquer.
M. Kurz creuse, lui, la piste de l’Egypte, et aurait même songé à inviter le président Abdel Fattah Al-Sissi à Salzbourg. Son but : tenter de conclure avec Le Caire un contrat semblable à celui signé avec le Turc Recep Tayyip Erdogan pour le maintien des migrants hors de l’Union. Le chancelier autrichien envisage aussi un nouveau sommet Europe-Afrique. « Nous serions intéressés de savoir de quoi on y parlerait. Le pire serait une autre réunion qui ne servirait à rien », tranche un diplomate, plus que défiant.
Du côté français, on ne rejette pas le principe des « plateformes » en dehors de l’UE, tout en précisant que les migrants ne pourraient y être enfermés que « quelques jours », le temps que leur dossier soit examiné. Paris insiste sur la nécessité de muscler la politique de retours. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, suggère à cet égard une implication plus grande de l’Agence des gardes-côtes et gardes-frontières. L’ex-Frontex devrait, selon lui, voir ses effectifs portés à 10 000 personnes. Si un accord semble se dégager sur ce point, certaines capitales entendent toutefois discuter des modalités. « Ne partons pas du nombre d’agents, mais des missions à assumer. Et voyons s’il faut moins, ou plus, de 10 000 hommes », commente un sherpa.
L’été a été propice à tellement de conflits qu’une question agite aujourd’hui les chancelleries : Matteo Salvini et Viktor Orban, qui se sont rencontrés récemment pour sceller une union antieuropéenne de fait, veulent-ils réellement un accord sur la migration ? Ou ont-ils décidé de faire une fois pour toutes de ce thème l’outil premier de leur œuvre de démolition et leur meilleur argument de campagne en vue des élections européennes ?

        Sur Les Décodeurs :
         

          Un pays a-t-il le droit de fermer ses ports aux bateaux secourant les migrants ?



L’Etat de droit, pas au programme, mais dans toutes les têtes
Le récent vote du Parlement européen sur l’Etat de droit et la condamnation de M. Orban grâce au ralliement d’une partie de sa famille politique – le PPE – ne sont officiellement pas à l’ordre du jour de la réunion. Pour autant, la réunion du rassemblement des droites européennes, qui se tient à deux pas du sommet, deux heures avant, retiendra presque autant l’attention.
Les médias et les dirigeants de l’UE attendent en effet de voir si le PPE tire les conclusions du vote historique du Parlement européen, le 12 septembre, portant sur les risques de violation de l’Etat de droit en Hongrie, en signifiant à M. Orban qu’il n’est plus le bienvenu dans le parti.
Selon plusieurs sources proches du PPE contactées ces dernières heures, il était cependant peu probable que les dirigeants du parti pan européen en arrivent à cette extrémité dès mercredi. « Les dirigeants du PPE espèrent toujours de M. Orban qu’il s’engage à transiger avec la Commission, notamment à revoir sa loi sur les universités étrangères » entravées dans leur fonctionnement, explique une source officielle au PPE. Jusqu’à présent, M. Orban est resté intransigeant. Mais « certains ont peut-être envie d’aller à la bagarre. Difficile à dire. Une fois qu’on a mis les lions en cage, soit ils font l’amour, soit ils s’entretuent », ajoute cette source.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivain presse Emmanuel Macron d’appeler Français et Européens à tendre la main aux réfugiés, alors que la crise migratoire plonge l’Europe « en plein délitement ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
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Lionel Duroy : « Soyez Churchill, soyez de Gaulle, monsieur le Président, plutôt que Chamberlain »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain presse Emmanuel Macron d’appeler Français et Européens à tendre la main aux réfugiés, alors que la crise migratoire plonge l’Europe « en plein délitement ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 09h53
    |

Lionel Duroy (Ecrivain)







                        



                                


                            

Tribune. Vous nous sembliez grand et prometteur en mai 2017, à nous qui nous sentons plus européens que français mais, depuis, vous ne faites que rétrécir et nous décevoir. Parmi mes amis, je suis le seul à vous défendre encore, à penser que la grandeur qui vous animait va finalement l’emporter sur de médiocres calculs politiques.
Vous avez accédé à l’Elysée en plein délitement de l’Europe et alors qu’à Varsovie comme à Budapest on tenait sur les réfugiés des propos haineux – en tous points identiques à ceux qu’on entendait dans les rues de Berlin, à l’égard des juifs et des homosexuels, au début des années 1930. Depuis, l’Italie a rejoint le groupe des pays d’Europe qui affichent une inhumanité dont nous porterons tous la culpabilité, et la honte, quand les historiens feront le compte des enfants, des femmes et des hommes noyés en Méditerranée ou morts derrière des barbelés.
Je me fiche de savoir si parmi tous ces morts certains auraient eu le droit d’entrer chez nous tandis que d’autres auraient été reconduits à la frontière : s’ils ont risqué leurs vies pour venir en Europe c’est bien que chez eux ils mouraient ou étaient menacés, n’est-ce pas ? Cela nous place dans l’obligation morale de les accueillir. C’est aussi simple que cela, arrêtons de chicaner avec des arguties juridiques de boutiquiers.
J’entends bien que les populations hongroises, polonaises, et maintenant italiennes, soutiennent la fermeté de leurs gouvernements et reprennent dans la rue les discours xénophobes de leurs différents ministres, mais cela n’est pas nouveau, dans les années 1930, déjà, l’homme de la rue approuvait globalement l’antisémitisme et l’homophobie d’Hitler. Les peuples apprécient que l’on écoute leurs peurs, que l’on flatte leurs plus mauvais penchants, et ils votent des deux mains pour celui ou celle qui promet de les protéger d’un « étranger » éternellement soupçonné de mettre en danger leur sécurité.
Ne pas choisir le déshonneur
J’entends...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Face au parti Droit et justice (PiS), Robert Biedron, maire de Slupsk, une ville moyenne du Nord, homosexuel assumé et athée déclaré, tente de faire émerger une alternative politique, raconte Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde »
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Article sélectionné dans La Matinale du 18/09/2018
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Pologne : « Ulcérée par le tournant ultra-conservateur, une partie de la société civile refuse de baisser les bras »

Face au parti Droit et justice (PiS), Robert Biedron, maire de Slupsk, une ville moyenne du Nord, homosexuel assumé et athée déclaré, tente de faire émerger une alternative politique, raconte Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde »



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 09h22
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Chronique. Les Polonais sont des gens remuants. Ils en ont donné maints exemples, y compris lorsque leur Histoire paraissait figée. Bon sang ne saurait mentir : au moment où l’emprise des partis populistes dans plusieurs démocraties occidentales paraît renforcée par le vide sidéral de la boîte à idées des oppositions progressistes, en Pologne, des démocrates cogitent, s’agitent et agissent.
On pourrait croire le parti Droit et justice (PiS), mené d’une main autoritaire par Jaroslaw Kaczynski, totalement maître du terrain, tant sa popularité résiste, après trois ans d’exercice du pouvoir, à toutes les controverses. Comme Donald Trump aux Etats-Unis, malgré quelques trous d’air, il conserve un socle solide d’opinions favorables ; en Pologne, ce soutien se situe actuellement autour de 37 %. En face, le principal parti d’opposition, Plate-forme civique (PO), la formation de centre droit que dirigeait Donald Tusk avant de rejoindre Bruxelles, ne s’est jamais vraiment remis de sa défaite de 2015. Incapable de renouveler ses dirigeants et son discours, la PO a aujourd’hui la triste allure d’une association d’anciens combattants de la politique.
Ulcérée par le tournant nationaliste, ultra-conservateur et anti-européen que lui impose le PiS, une bonne partie de la société civile, pourtant, refuse de baisser les bras. Une petite femme blonde de 66 ans, Malgorzata Gersdorf, incarne à elle seule cette résistance : présidente de la Cour suprême, elle aurait dû quitter son poste à la suite de la réforme des institutions judiciaires, réforme que l’Union européenne considère comme contraire à l’Etat de droit. Limogée en juillet, Mme Gersdorf, soutenue par d’imposantes manifestations, a juré de défendre la Constitution et continue de se rendre à la Cour.
Les juges font de la résistance
Chaque matin, elle arrive, s’assoit à son bureau et travaille. Soucieux de ne pas réveiller la contestation, le pouvoir se garde...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 18/09/2018
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Les mystères de Jean-Claude Arnault, accusé du premier grand procès de l’ère #metoo

Jugé pour viol en Suède, ce Français était devenu une célébrité en Suède, où il vit depuis une cinquantaine d’années.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 06h16
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 10h48
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            Anne-Françoise Hivert (Stockholm, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
C’est le premier gros procès de l’ère #metoo. Sur le banc des accusés à Stockholm, mercredi 19 septembre : un Français. Inconnu dans son pays d’origine, Jean-Claude Arnault, 72 ans, est une célébrité en Suède, où il vit depuis une cinquantaine d’années. L’homme n’est pas seulement le mari de la poétesse et académicienne Katarina Frostenson ou l’ancien directeur artistique du Forum, une scène prisée de l’élite stockholmoise. Il est aussi à l’origine du retentissant scandale qui a anéanti l’Académie suédoise, institution fondée en 1786 par le roi Gustav III sur le modèle de l’Académie française et chargée depuis 1901 de décerner le prix Nobel de littérature, dont l’édition 2018 a dû être reportée pour cause de crise historique.

L’affaire a éclaté le 21 novembre 2017. Dans un article du grand quotidien Dagens Nyheter (DN), dix-huit femmes accusent le Français de viols et d’agressions sexuelles. Les faits se seraient déroulés entre 1996 et 2017. Certains ont eu lieu à Stockholm. D’autres dans le pied-à-terre parisien de l’Académie, un appartement de la rue du Cherche-Midi, dont Jean-Claude Arnault assure la gestion et qu’il a privatisé, en y collant une étiquette avec son nom sur la porte.
Une affaire vite étouffée
Sur les dix-huit femmes, quatre témoignent à visage découvert. Parmi elles, l’essayiste Gabriella Hakansson, 50 ans, qui vit à Malmö, dans le sud du pays. A l’automne 2007, ils sont invités à la même soirée à Stockholm. « Il m’a vue, s’est dirigé vers moi. On a à peine échangé quelques mots et il m’a attrapée par l’entrejambe. » Sous le choc, elle le gifle. Les gens autour se retournent. « Certains ont secoué la tête, d’autres ont ricané. On le connaissait. » Seul son compagnon, juriste, ignore l’identité de son agresseur : « Il a proposé de lui casser la figure. Je lui ai dit de laisser tomber, qu’il était connu, que je ne voulais pas causer de problèmes », souffle-t-elle.
Dix...




                        

                        

