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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ La Commission européenne avait exigé en début d’année que les grands réseaux sociaux soient plus clairs dans leur manière d’expliquer l’usage possible des données personnelles des utilisateurs. Les résultats se font attendre.
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L’Europe hausse le ton contre Facebook et Twitter, sommés de mettre à jour leurs conditions d’utilisation

La Commission européenne avait exigé en début d’année que les grands réseaux sociaux soient plus clairs dans leur manière d’expliquer l’usage possible des données personnelles des utilisateurs. Les résultats se font attendre.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 17h27
   





                        



   


« Ma patience a atteint ses limites. » Lors d’une conférence de presse tenue jeudi 20 septembre à Bruxelles, la commissaire européenne aux consommateurs, Vera Jourova, n’a pas tenu sa langue. Elle a reproché à Facebook et Twitter de prendre trop de temps pour se conformer aux demandes de la Commission européenne, qui a exigé des deux plateformes, en février, qu’elles modifient leurs conditions générales d’utilisation pour les rendre plus claires pour les consommateurs européens.
Dans un communiqué diffusé jeudi, la Commission européenne précise que « les progrès » de Facebook n’ont depuis été que « très limités », alors même que l’entreprise a modifié ses conditions d’utilisation en mai, dans le cadre de la RGPD. Ces nouvelles conditions « contiennent une présentation trompeuse des principales caractéristiques des services de Facebook, détaille la Commission. En particulier, Facebook indique maintenant aux consommateurs que leurs données et leur contenu sont utilisés uniquement pour améliorer leur “expérience” globale et ne mentionne pas que l’entreprise utilise ces données à des fins commerciales. »

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Ce coup de semonce intervient plusieurs mois après le scandale Cambridge Analytica, la société britannique accusée d’avoir collecté et exploité sans leur consentement les données personnelles de millions d’utilisateurs à des fins politiques. Ce scandale « a rappelé que peu de gens savent clairement comment Facebook utilise les données personnelles de ses utilisateurs », a insisté Mme Jourova, lors de sa conférence de presse du 20 septembre.
Elle a déclaré s’attendre à recevoir un projet de modification des conditions d’utilisation de Facebook d’ici la mi-octobre, afin qu’elles puissent être appliquées en décembre. Vera Jourova a rappelé pour l’occasion que le souhait de la Commission européenne était de voir mieux préciser aux 380 millions d’utilisateurs de Facebook en Europe quelles utilisations pouvaient être faites de leurs données personnelles, et comment les applications tierces (jeux, quiz…) pouvaient y avoir accès.
Menaces de sanctions
La commissaire a rappelé que Facebook et Twitter risquaient des sanctions s’ils ne modifiaient pas leurs conditions d’utilisation en ce sens d’ici la fin de l’année. « Bien que Facebook m’ait assuré qu’il adapterait enfin toutes les conditions de service trompeuses restantes d’ici décembre, cela dure depuis trop longtemps. (…) Si les changements ne sont pas pleinement mis en œuvre d’ici la fin de l’année, j’inviterai les autorités chargées de la protection des consommateurs à agir rapidement et à sanctionner l’entreprise, a-t-elle menacé. Si nous ne voyons pas d’amélioration, les sanctions viendront. C’est très clair. Nous ne pouvons négocier éternellement, nous avons besoin d’en voir les résultats. » 
Ces sanctions, si elles sont prononcées, seraient ensuite prises au niveau des autorités nationales de protection des consommateurs. En France, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a fait suite à ces propos de la Commission européenne, dans un communiqué diffusé le 20 septembre : « Il a été précisé à Facebook que cette mise en conformité devrait être mise en œuvre avant la fin de l’année. A défaut, les actions coercitives appropriées seront engagées pour contraindre l’entreprise au respect des règles nationales et européennes de protection des consommateurs. »
La DGCCRF souligne que les modifications apportées au mois de mai par Facebook à ses conditions générales d’utilisation « ne sont pas satisfaisantes et ne respectent pas ses précédents engagements ». « Elles comportent plusieurs clauses que la DGCCRF juge insuffisamment claires, et abusives, en particulier celles relatives à la suppression unilatérale des contenus, l’utilisation des données des utilisateurs et la limitation de responsabilités de Facebook en cas d’utilisation de ces données par des tiers », détaille-t-elle.
En réponse, Facebook a fait valoir qu’il avait déjà procédé à un certain nombre de changements et qu’il continuerait à coopérer avec les autorités. « Nos conditions sont beaucoup plus claires concernant ce qui est permis et ce qui ne l’est pas sur Facebook et sur les options qu’ont les utilisateurs. Nous poursuivrons notre étroite collaboration afin de répondre à toute autre préoccupation et de faire les mises à jour qui s’imposent », a réagi Facebook auprès de l’AFP.

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Airbnb se met en conformité
Lors de sa conférence de presse, Vera Jourova, a en revanche annoncé qu’Airbnb avait apporté les modifications nécessaires de ses conditions d’utilisation, après avoir fait l’objet d’une demande en ce sens de la Commission, mi-juillet.
La plateforme communautaire de location de logements de particuliers s’est notamment engagée à préciser clairement si l’offre de location présente sur son site émanait d’un hôte privé ou d’un professionnel. Airbnb s’est aussi engagé à une meilleure transparence sur le prix des réservations, et à mieux détailler la totalité des frais à régler pour réserver une location, tels que les frais de ménage à payer lorsqu’on doit quitter le logement.
Airbnb a également modifié ses conditions d’utilisation pour préciser les conditions dans lesquelles un voyageur peut se retourner ou non contre son hôte, en cas de problèmes (blessures, objets cassés…) survenus pendant la location. Airbnb a promis d’appliquer ces modifications des termes de service dans toutes les langues officielles de l’espace économique européen d’ici la fin décembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ L’équivalent en monnaie locale de 83 millions d’euros, destiné à la Banque centrale, a été perdu après son arrivée au Liberia.
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Compte rendu

Monrovia enquête sur la disparition de « conteneurs » de billets de banque

L’équivalent en monnaie locale de 83 millions d’euros, destiné à la Banque centrale, a été perdu après son arrivée au Liberia.


LE MONDE
              datetime="2018-09-20T17:03:12+02:00"

        Le 20.09.2018 à 17h03






    
Un quai du port de Monrovia, au Liberia, qui aurait été l’un des deux points d’entrée dans le pays des conteneurs et des sacs de billets de banque ayant par la suite disparu.
Crédits : STRINGER / AFP


Une enquête a été ouverte au Liberia sur la disparition de « conteneurs et de sacs » remplis de billets de banque, d’une valeur de 83 millions d’euros, qui étaient destinés à la Banque centrale et dont la trace a été perdue, a révélé le gouvernement du président George Weah, mardi 18 septembre.
« L’enquête a confirmé que le montant total de l’argent [disparu] est de 15 milliards de dollars libériens », l’équivalent d’environ 5 % du produit intérieur brut, a déclaré à l’AFP le ministre de l’information, Lenn Eugene Nagbe. « Le gouvernement mettra tout en œuvre pour retrouver les responsables de ces actes », a-t-il ajouté, alors que le scandale des conteneurs de billets disparus fait la une des journaux dans ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest.
Lutte contre l’inflation
L’enquête, ouverte début août, porte sur des « informations concernant l’arrivée dans le pays de conteneurs et de sacs contenant des billets [libellés en dollars libériens] par le port de Monrovia et par le Roberts International Airport », selon un communiqué du ministère de la justice. Celui-ci précise que les enquêteurs disposent de « preuves » que la nouvelle administration « n’avait pas été informée de l’arrivée de ces billets ».

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En juillet, George Weah, ancienne star du football investie président en janvier, a annoncé un ensemble de mesures monétaires et fiscales pour enrayer la chute du dollar libérien et lutter contre l’inflation. Il avait cité notamment « une injection immédiate dans l’économie, par la Banque centrale libérienne, de 25 millions de dollars américains [plus de 21 millions d’euros] afin d’éponger la liquidité excessive de dollars libériens ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Près de 200 coopératives sont désormais certifiées et les volumes de récolte ont été multiplié par six, atteignant plus de 150 000 tonnes en 2017.
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Décryptage

Le commerce équitable du cacao gagne du terrain en Côte d’Ivoire

Près de 200 coopératives sont désormais certifiées et les volumes de récolte ont été multiplié par six, atteignant plus de 150 000 tonnes en 2017.


LE MONDE
              datetime="2018-09-20T15:41:43+02:00"

        Le 20.09.2018 à 15h41






    
Dans un centre de tri de cacao, le 6 mars 2017, à Sobre, en Côte d’Ivoire.
Crédits : SIA KAMBOU/AFP


« Ça a changé ma vie », lance un paysan. Labellisée commerce équitable, la production de cacao certifié connaît un développement rapide en Côte d’Ivoire, premier producteur avec 40 % du marché mondial, souvent mis à l’index en raison du travail des enfants.
Dans la région d’Adzopé, à 100 km à l’est d’Abidjan, en plus du prix conventionnel, les primes accordées aux producteurs de cacao équitable ont permis la construction d’écoles et de centres de santé et l’achat de pompes à eau et de panneaux solaires.

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Pour obtenir le label, la production doit respecter des normes environnementales (pesticides réglementés), assurer un revenu décent aux agriculteurs et interdire tout travail des enfants. Le commerce équitable, qui insiste sur la traçabilité et la qualité du produit, est très apprécié des consommateurs européens et américains, qui sont prêts à payer plus chère la tablette de chocolat certifié.
En 2004, une seule organisation ivoirienne bénéficiait du précieux label. Aujourd’hui, près de 200 coopératives, rassemblant plus de 120 000 producteurs, sont certifiées. Et les volumes de cacao vendus aux conditions du commerce équitable sont passés de 25 tonnes en 2004 à plus de 150 000 tonnes en 2017.
« Or brun »
Mais la part du cacao équitable dans la production nationale ivoirienne n’atteint pas 10 %, selon le Réseau ivoirien du commerce équitable (RICE). Au total, la campagne cacaoyère 2017-2018 devrait se solder par une production nationale de 2 millions de tonnes, gérée par plus de 3 000 coopératives.
Le cacao est stratégique pour la Côte d’Ivoire. L’« or brun » représente 10 % du PIB ivoirien, 40 % des recettes d’exportation, ainsi que des revenus directs et indirects pour près de 5 millions de personnes, sur les 23 millions d’Ivoiriens. Néanmoins, de nombreuses familles rurales font toujours face à une pauvreté persistante, l’un des facteurs qui contribuent au travail des enfants dans les plantations de cacao.

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Les familles font souvent travailler leurs propres enfants au détriment de leur scolarité alors que la Côte d’Ivoire est aussi considérée comme une importante destination régionale du trafic d’enfants en provenance des pays frontaliers. Les enfants y viennent pour travailler dans l’agriculture.
Quelque 1,2 million d’enfants ont été engagés dans la cacaoculture en Côte d’Ivoire en 2013-2014, selon l’Initiative internationale pour le cacao (ICI), une organisation créée par l’industrie du chocolat pour lutter contre le travail des enfants dans la filière.
Parade à la mévente du cacao
La coopérative Cayat, partenaire ivoirien de l’organisation britannique Fairtrade, qui promeut le commerce équitable, encadre plus de 2 000 membres dans la région d’Adzopé, formés aux « bonnes pratiques agricoles », allant de la fertilisation du sol à partir des produits chimiques autorisés à la récolte, en passant par la fermentation, une phase très importante qui donne son goût au chocolat.
La coopérative bénéficie chaque année d’une prime de 200 millions de francs CFA (environ 305 000 euros) des chocolatiers, dont 25 % sont directement versés aux agriculteurs. « Le commerce équitable a changé ma vie », s’exclame Robert Yao N’Guettia, au milieu de sa plantation qui produit actuellement une tonne de cacao à l’hectare contre 300 kg auparavant.

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« On peut aller au champ pendant que nos enfants vont à l’école », souligne M. N’Guettia, au volant de sa voiture, un luxe dans le secteur. Le village de Yakassé-Attobrou a pu construire une maternelle, éclairée à l’énergie solaire, grâce aux primes du commerce équitable. Pour de nombreux paysans, la certification pourrait ainsi être une parade à la mévente du cacao, une situation qui frappe essentiellement les petits producteurs.
Après une forte baisse des cours mondiaux en 2017, qui avait entraîné des tensions sociales, ils ont remonté en 2018. « Notre souhait le plus ardent est que le prix augmente pour être à 1 100 francs CFA/kg [1,7 euro] contre 700 actuellement », explique Vincent Kra Kouamé, producteur de cacao, avant l’ouverture de la campagne 2018-2019 prévue en octobre. « Le cacao équitable constitue notre seul réconfort (…) et nous donne le sourire, assure-t-il. Notre souhait est que les chocolatiers continuent d’acheter notre production pour nous permettre d’exister. »


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ L’ex-chanteur, inculpé de « trahison » et qui dit avoir été torturé par les forces de l’ordre, arrivait des Etats-Unis où il était parti se faire soigner.
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Compte rendu

Le député d’opposition Bobi Wine emmené par la police dès son retour en Ouganda

L’ex-chanteur, inculpé de « trahison » et qui dit avoir été torturé par les forces de l’ordre, arrivait des Etats-Unis où il était parti se faire soigner.


LE MONDE
              datetime="2018-09-20T15:16:34+02:00"

        Le 20.09.2018 à 15h16






    
Un graffiti en soutien au député ougandais d’opposition et ancien chanteur Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, à Kampala, le 20 septembre 2018.
Crédits : Ronald Kabuubi / AP


L’ex-chanteur et député ougandais d’opposition Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, a été emmené par des policiers dès son arrivée à l’aéroport international d’Entebbe, jeudi 20 septembre, a indiqué son épouse à l’AFP. Il rentrait des Etats-Unis où il était parti se faire soigner. « Peu après l’atterrissage à Entebbe, la sécurité l’a entouré et l’a emmené », a déclaré Barbie Kyagulanyi. « Nous ne sommes pas certains de l’endroit où ils l’ont conduit. »
Bobi Wine avait quitté l’Ouganda le 31 août pour les Etats-Unis afin de s’y faire soigner, après avoir, selon lui, été battu et torturé par la police en détention provisoire, ce que les autorités démentent.

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Depuis son élection à l’Assemblée nationale, en 2017, Robert Kyagulanyi, 36 ans, s’est imposé comme un porte-parole de la jeunesse ougandaise et un virulent détracteur du président Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986.
Des béquilles pour se déplacer
Surnommé « le président du ghetto » par ses admirateurs, il avait été inculpé de « trahison » à la suite du caillassage du convoi de M. Museveni en marge d’une élection législative partielle à Arua (dans le nord du pays) le 14 août – le candidat du parti au pouvoir avait été battu par celui qu’appuyait l’ex-pop star. Lors de ses comparutions fin août, M. Kyagulanyi avait semblé affaibli, utilisant parfois des béquilles pour se déplacer.

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L’arrestation et l’inculpation de l’opposant, dont le chauffeur avait été tué par les forces de l’ordre durant les échauffourées du 14 août, avaient entraîné des manifestations de protestation violemment réprimées par la police et l’armée.
Jeudi, la capitale ougandaise et l’aéroport d’Entebbe étaient placés sous haute sécurité dans l’attente de son retour. La nouvelle voie rapide d’environ 40 km qui les relie était complètement fermée à la circulation, tandis que des barrages de police avaient été érigés sur l’ancienne route de l’aéroport, les forces de l’ordre fouillant les véhicules.





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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Cette décision, attendue depuis une recommandation en ce sens, valide le retour en grâce de la Russie, en même temps qu’elle provoque la colère d’une partie de la communauté antidopage.
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La Russie réintègre l’Agence mondiale antidopage

Cette décision, attendue depuis une recommandation en ce sens, valide le retour en grâce de la Russie, en même temps qu’elle provoque la colère d’une partie de la communauté antidopage.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 15h09
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 16h22
   





                        



   


La Russie est de retour. L’Agence mondiale antidopage (AMA) a annoncé sur Twitter, jeudi 20 septembre, la réintégration de l’Agence antidopage russe (Rusada), conformément à la recommandation faite la semaine dernière par un comité indépendant. La Rusada était suspendue depuis novembre 2015, ce qui empêchait notamment la Russie de se voir attribuer des compétitions sportives internationales.
Réuni aux Seychelles, le comité exécutif de l’AMA « a décidé de rétablir la Rusada comme conforme au code [mondial antidopage], et ce seulement sous strictes conditions », a déclaré le président de l’AMA, Craig Reedie. Cette décision a été adoptée à une large majorité, ajoute l’AMA. Selon le site spécialisé Inside the Games, neuf élus ont voté pour, deux contre et une abstention.
Toujours sur Twitter, le comité exécutif a précisé avoir décidé d’une date butoir – non précisée – d’ici laquelle la Rusada devra donner accès à l’AMA à ses échantillons et ses données provenant de son laboratoire de Moscou. Si cette date n’était pas respectée, le comité exécutif a pris l’« engagement clair » de suspendre de nouveau l’agence russe. L’accès à ces données et échantillons était au départ une des conditions préalables à la levée des sanctions contre la Rusada.
Afin de voir son agence antidopage réintégrée, Moscou a en effet accepté les recommandations du rapport d’enquête indépendant du Comité international olympique sur le dopage organisé en Russie et a promis d’ouvrir à un expert indépendant les portes du laboratoire de Moscou, où seraient mis sous scellés plusieurs milliers d’échantillons qui pourraient permettre de confondre des sportifs russes dopés.
Des conditions qui diffèrent de la feuille de route fixée il y a trois ans par l’AMA : que les autorités russes acceptent publiquement les conclusions du rapport McLaren sur l’existence d’un système institutionnel de dopage, et que le gouvernement russe donne accès sans délai à l’AMA au laboratoire antidopage de Moscou.
« Grande trahison »
Cette annonce a valu à l’AMA un déluge de critiques sur son indulgence supposée. Comités de sportifs, agences antidopage et de nombreuses voix, surtout aux Etats-Unis et en Europe occidentale, ont exhorté l’AMA à ne pas lever les sanctions contre la Russie. « Tout compromis serait dévastateur pour le sport propre », ont par exemple mis en garde dans une déclaration conjointe sept des dix-sept membres du comité des sportifs de l’AMA.
Cette décision représente la « plus grande trahison de l’histoire olympique contre les athlètes honnêtes », a affirmé de son côté Jim Walden, l’avocat de l’ancien directeur du laboratoire de Moscou, Grigory Rodchenkov, principal témoin du système de dopage qui a sévi en Russie de 2011 à 2015. Et d’appeler le Vongrès américain à voter la loi antidopage qu’il soutient :
« Les Etats-Unis gaspillent de l’argent en continuant de financer l’AMA, qui est évidemment incapable de s’attaquer au dopage d’Etat russe. »
L’enjeu de la levée des sanctions est crucial pour Moscou. Au-delà de son image dans le sport, elle aura sans nul doute des effets en cascade, par exemple sur la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), qui a banni la Russie depuis 2016. En théorie, les fédérations internationales doivent aussi en tenir compte dans l’attribution des compétitions à la Russie.
La vice-première ministre russe chargée des sports, Olga Golodets, a « salué » jeudi la levée de la suspension de la Rusada, assurant qu’elle était le fruit d’un « énorme travail » réalisé ces dernières années dans la lutte contre le dopage.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Le navire humanitaire a secouru dix Pakistanais et un Ivoirien à bord d’une petite barque. Les autorités libyennes ont demandé à récupérer les migrants, ce que refusent les sauveteurs.
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Sur l’« Aquarius » : onze personnes secourues au large de la Libye

Le navire humanitaire a secouru dix Pakistanais et un Ivoirien à bord d’une petite barque. Les autorités libyennes ont demandé à récupérer les migrants, ce que refusent les sauveteurs.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 14h41
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 15h12
    |

            Julia Pascual








                        



   


« Ça ressemblait à un mouton de vague… » Jeudi 20 septembre, un peu après 7 heures du matin, le navire humanitaire Aquarius, qui patrouille au large de la Libye, a repéré une embarcation avec onze personnes à son bord. « Au début, tu vois une tâche blanche qui bouge sur la vague et, très vite, tu vois que ça ressemble à une embarcation », explique Jérémie Demange, qui a aperçu le bateau pendant son tour de veille à la jumelle, sur la passerelle du navire humanitaire de SOS-Méditerranée et de Médecins sans frontières (MSF).
L’Aquarius a mis le cap sur l’embarcation et s’est rapidement retrouvé à sa hauteur, à environ 28 milles marins (52 kilomètres) de la Libye, face à la ville d’Abou Kammash. « Nous avons essayé de contacter par téléphone et par radio le centre de coordination des sauvetages à Tripoli mais nous n’avons eu aucune réponse », explique Nick Romaniuk, responsable des opérations de recherches et de secours pour SOS-Méditerranée.

   


En s’approchant de l’embarcation, l’équipage a pu formellement identifier une petite barque en fibre de verre, équipée d’un moteur, avec onze hommes à son bord. Nick Romaniuk précise : 
« Nous avons vu qu’ils étaient en train d’écoper le bateau. Ils avaient des gilets de sauvetage, mais ce sont des modèles de mauvaise confection, qui se remplissent d’eau donc c’est dangereux. »
C’est un garçon aux traits juvéniles qui est évacué en premier
Sur le pont de l’Aquarius, les sauveteurs de SOS-Méditerranée équipent rapidement deux canots pneumatiques semi-rigides et les mettent à l’eau. Une fois à hauteur de l’embarcation en détresse s’engage un échange à grand renfort de gesticulations. La paume des mains vers le bas : « Restez assis ! » Les pouces levés : « OK très bien ! » Les mains se tendent et attrapent des poignées. C’est un garçon aux traits juvéniles qui est évacué en premier. En moins d’un quart d’heure, tout le monde est transféré sur le canot pneumatique de SOS-Méditerranée.

   


Sur le pont, le reste de l’équipage se tient prêt à accueillir les personnes secourues. La manœuvre est bien huilée. Un à un, les hommes sont montés à bord et installés sur le pont arrière du bateau. Petit à petit, on comprend qu’ils sont pakistanais à l’exception d’un homme originaire de Côte d’Ivoire. Ils auraient quitté les côtes libyennes la veille à 23 heures, depuis le port de Zouara.
Résidus d’essence
Un membre de MSF leur donne quelques explications sommaires, tandis qu’ils essayent de rallumer leur téléphone emballé dans plusieurs couches de plastique. Un sac est distribué à chacun d’entre eux, avec du linge propre, de l’eau, une serviette… Tous vont pouvoir prendre une douche pour se débarrasser des résidus d’essence qui leur collent à la peau.
Secourus par l’« Aquarius », à plus de 120 milles marins du rivage européen le plus proche
La barque dont ils ont été évacués flotte à présent à vide. L’équipe de SOS-Méditerranée démonte le moteur et disperse ses pièces à l’eau. La coque est marquée au feutre noir : « SAR AQU 20/09/2018 », afin que chacun sache que les personnes à bord ont été secourues par l’Aquarius, à plus de 120 milles marins (environ 222 kilomètres) du rivage européen le plus proche, l’île italienne de Lampedusa.

   


Quelques instants plus tard, l’Aquarius reçoit un e-mail des autorités maritimes libyennes :
« Nous assurons la coordination de cette opération. Nous allons intervenir avec un navire de patrouille pour prendre les migrants. »
L’Aquarius a fait savoir qu’il n’entendait pas remettre des personnes rescapées aux autorités libyennes, dans la mesure où celles-ci n’offrent pas un port sûr de débarquement. « Je vous suggère de contacter un autre centre de coordination », leur ont répondu les Libyens. Une étape délicate s’annonce au beau milieu de la Méditerranée.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La montagne, située à la frontière entre la Chine et la Corée du Nord, est réputée être le lieu de naissance de Dangun, fondateur légendaire du royaume coréen.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Vingt-cinq nouveaux chefs d’accusation ont été retenus contre l’ancien homme fort de la fédération. La défaite de son parti aux élections de mai a précipité sa chute.
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L’ex-premier ministre malaisien Najib Razak arrêté pour blanchiment

Vingt-cinq nouveaux chefs d’accusation ont été retenus contre l’ancien homme fort de la fédération. La défaite de son parti aux élections de mai a précipité sa chute.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 12h34
    |

            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



                                


                            

Depuis près de cinq mois, celui qui fut premier ministre de Malaisie durant neuf ans, et mena à la baguette un gouvernement à l’autoritarisme croissant, descend une à une les marches de l’enfer. Arrêté la veille, Najib Razak a été inculpé jeudi 20 septembre pour 21 accusations de blanchiment et quatre de corruption liées au « siphonnage » du fonds souverain 1 Malaysia Development Berhad (1MDB) auquel il s’était livré du temps de sa splendeur. Ces détournements représentent l’équivalent de 582 millions d’euros.
En juillet, Najib Razak, âgé de 65 ans, avait déjà été brièvement arrêté pour répondre à sept chefs d’accusation pour détournement : il était accusé d’avoir détourné 10 millions d’euros provenant d’une société rattachée à ce même fonds 1MDB, qu’il avait créé en 2009 à des fins de « développement économique à long terme ». Il avait cependant été rapidement libéré sous caution.

Quelques jours après la défaite de son parti, l’United Malaysian National Organization, aux élections législatives du 9 mai, la police avait mené un raid dans sa résidence, découvrant un impressionnant butin. Qui était pour l’essentiel caché dans les placards de son épouse, la très impopulaire Rosmah Mansor, 66 ans : les enquêteurs avaient établi une liste de biens comprenant notamment 12 000 bijoux et 567 sacs à main de grandes marques, le tout estimé à plus de 200 millions d’euros.
Une photo circulant sur les réseaux sociaux avait illustré la pathétique situation de l’ex-couple à la tête d’un régime profondément illibéral qui n’hésita pas à se débarrasser de gêneurs ou à embastiller ceux qui le dérangeaient : sur une photo, on voyait Najib Razak et Rosmah Mansor, écroulés de fatigue et endormis sur leurs sofas après la descente de police. Cinq jours plus tôt, M. Razak avait tenté de fuir mais, rattrapé dans un aéroport de Kuala Lumpur, il avait déclaré vouloir partir en « week-end » pour se remettre de ses émotions. Son passeport...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ L’affaire jugée en Italie concernait le versement présumé de 197 millions d’euros de pots-de-vin à des responsables algériens entre 2007 et 2010.
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Compte rendu

Corruption en Algérie : le groupe pétrolier italien ENI acquitté, sa filiale Saipem condamnée

L’affaire jugée en Italie concernait le versement présumé de 197 millions d’euros de pots-de-vin à des responsables algériens entre 2007 et 2010.


LE MONDE
              datetime="2018-09-20T12:04:30+02:00"

        Le 20.09.2018 à 12h04






    
Le siège du groupe pétrolier italien ENI, prés de Milan.
Crédits : MARCO BERTORELLO / AFP


Le groupe pétrolier italien ENI et son ex-patron Paolo Scaroni, accusés de corruption internationale dans le cadre de leurs opérations en Algérie, ont été acquittés, mercredi 19 septembre, mais sa filiale Saipem et l’ex-président de cette dernière ont été condamnés. Le procès, qui s’était ouvert en Italie il y a trois ans, portait sur le versement présumé de 197 millions d’euros de pots-de-vin à des responsables publics algériens, entre 2007 et 2010.
Selon l’accusation, ce versement a permis à Saipem d’obtenir des contrats pour 8 milliards d’euros et à ENI d’avoir l’aval de l’ancien ministre algérien de l’énergie Chakib Khelil pour acquérir les droits d’exploitation du gisement de gaz de Menzel, via l’achat de la société First Calgary Petroleums. Mais le tribunal de Milan a jugé que le second fait n’était pas avéré et que M. Scaroni n’était pas responsable concernant les contrats de Saipem.
Blanchiment d’argent
Cette filiale a quant à elle été condamnée, à l’issue de ce procès en première instance, à une amende de 400 000 euros et à la confiscation – en lien avec les autres condamnés – de 197 millions d’euros, considérés comme la valeur du pot-de-vin versé. Son président à l’époque des faits, Pietro Tali, s’est vu infliger quatre ans et neuf mois de prison. Il reste néanmoins libre, comme les autres condamnés, en attendant le procès en appel.
Le 26 février, le procureur Isidoro Palma avait requis des amendes de 900 000 euros contre ENI et Saipem et deux peines de six ans et quatre mois d’emprisonnement contre M. Scaroni et M. Tali. L’affaire avait coûté leur poste aux deux hommes. L’ancien directeur de Saipem en Algérie Pietro Varone s’est pour sa part vu infliger quatre ans et neuf mois de prison, et l’ex-directeur financier de Saipem puis d’ENI Alessandro Bernini, quatre ans et un mois.

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                Soupçons de corruption de Saipem en Algérie : ENI et son ex-patron seront jugés



Du côté des prévenus algériens, dont aucun ne s’est présenté au procès, Farid Nourredine Bedjaoui, un homme de confiance de l’ancien ministre Khelil qui aurait servi d’intermédiaire, a été condamné à cinq ans et cinq mois de prison, tandis que Samyr Ouraied, un proche de M. Bedjaoui, et Omar Habour, soupçonné d’avoir participé au blanchiment de l’argent, se sont vu infliger des peines de quatre ans et un mois d’emprisonnement.
Dans un communiqué, ENI a exprimé « sa satisfaction, soulignant que la décision confirmait le non-lieu prononcé en 2015 par le juge de l’audience préliminaire du tribunal de Milan et actait le fait que la société et le management étaient étrangers à toute conduite illicite ».
Mandat d’arrêt international
« Dans cette affaire, il y a un groupe criminel organisé avec une composante franco-algérienne et […] une structure organisationnelle à l’intérieur d’ENI et de Saipem », avait estimé le procureur. Il avait évoqué des « éléments de preuve », en particulier des versements pour des activités fictives à la société de M. Bedjaoui, Pearl Partners, dont le siège est à Hongkong. Selon lui, ces pots-de-vin étaient un « carton d’invitation payé par Saipem pour évincer ses adversaires et s’assurer les faveurs du ministre […] Khelil et sa protection au moment des appels d’offres ». 
Tous les prévenus avaient rejeté les accusations. L’avocat de M. Bedjaoui, Marco De Luca, a affirmé que son client avait été rémunéré pour son travail d’intermédiaire auprès du gouvernement algérien, qui n’incluait en aucun cas le versement de dessous-de-table. « Il n’y a aucune preuve dans le dossier qu’un sou soit allé à un responsable public algérien », a-t-il déclaré, estimant que, sans identification d’un flux financier vers un dirigeant, le délit de corruption n’était pas caractérisé.

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                Le géant pétrolier ENI mis en cause dans une affaire de pots-de-vin



L’ex-ministre Chakib Khelil n’est ainsi pas prévenu dans ce dossier, très suivi en Algérie. Ce proche du président Abdelaziz Bouteflika avait été limogé lorsque le scandale avait éclaté, en 2010. Il a été un temps inquiété par la justice algérienne, qui avait émis un mandat d’arrêt international contre lui quand il se trouvait aux Etats-Unis, mais les poursuites ont été abandonnées en 2015 et il est depuis rentré en Algérie.
Dans ce dossier, la justice algérienne a quant à elle prononcé, en février 2016, huit peines de prison allant de dix-huit mois avec sursis à six ans ferme, pour la plupart assorties d’une amende. Parmi les personnes condamnées figuraient Mohamed Meziane, ancien PDG du groupe pétrolier public algérien Sonatrach, deux de ses fils et un ex-vice-président de cette société.
Parallèlement à ce dossier, ENI est jugé dans un autre procès à Milan pour corruption au Nigeria, aux côtés de Shell, et visé par une enquête similaire au Congo.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le nombre de carcasses de pachydermes retrouvées dans les jungles birmanes est en augmentation. Leur épiderme sert à fabriquer des remèdes traditionnels ou des objets.
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Après leurs défenses, les Chinois veulent la peau des éléphants d’Asie

Le nombre de carcasses de pachydermes retrouvées dans les jungles birmanes est en augmentation. Leur épiderme sert à fabriquer des remèdes traditionnels ou des objets.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 11h44
    |

            Bruno Philip (Bangkok, correspondant en Asie du Sud-Est)








                        



                                


                            

La formule doit être entendue au propre comme au figuré : les Chinois veulent la peau des éléphants d’Asie, et ce sont les pachydermes birmans qui en subissent le plus les conséquences. A l’approche d’une conférence sur le commerce illégal des espèces sauvages qui se tiendra à Londres les 11 et 12 octobre, l’ONG britannique Elephant Family attire l’attention sur un trafic en pleine expansion en Asie du Sud-Est, et tout particulièrement en Birmanie : le nombre de carcasses d’éléphants retrouvées dans les jungles de ce pays voisin de la Chine montre que les mastodontes, dont environ 2 000 y vivent encore à l’état sauvage, sont de plus en plus victimes de l’appétit des Chinois pour leur peau.
« Nous constatons une augmentation de la demande sur Internet de la peau d’éléphant en poudre, apparemment à l’attention exclusive d’acheteurs en Chine continentale », affirme cette organisation de protection des éléphants dans un rapport intitulé « Ecorchés », publié en avril.

La peau de l’éléphant est recherchée pour deux raisons : après avoir été pilée, elle entre dans la composition de médecines traditionnelles pour ses propriétés supposées contre des troubles gastriques ou l’eczéma. Mais elle est désormais prisée par les Chinois pour la fabrication de bracelets ou de perles à chapelets bouddhistes, un commerce accru par le retour de la mode des artisanats culturels.
Le site de commerce en ligne Baidu et les dialogues sur la messagerie instantanée WeChat jouent un rôle non négligeable dans la prolifération d’offres de produits à base de peau d’éléphants. Certains acheteurs chinois, plus exigeants sur l’authenticité de la peau, préfèrent même se déplacer pour acheter celle-ci quand elle est encore « fraîche », plis et poils compris…
Trafic très lucratif
On trouve ainsi de la peau d’éléphants sur les marchés birmans situés sur la frontière chinoise, comme à Mong La, une zone sous contrôle de seigneurs de guerre locaux, d’où...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Le prêtre italien enlevé au Niger aurait été emmené au Burkina voisin, où les attaques se multiplient faute de réponse sécuritaire adéquate.
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Décryptage

Le Burkina Faso face au nouveau « front djihadiste » de l’est

Le prêtre italien enlevé au Niger aurait été emmené au Burkina voisin, où les attaques se multiplient faute de réponse sécuritaire adéquate.

Christophe Châtelot
    



LE MONDE
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        Le 20.09.2018 à 11h37

     •
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        Mis à jour le 20.09.2018 à 11h40






    
Pendant les funérailles, le 31 août 2018, de sept membres des forces de défense et de sécurité burkinabées tués par l’explosion d’un engin artisanal au passage de leur véhicule, dans l’est du pays.
Crédits : STR / AFP


L’enlèvement d’un prêtre missionnaire italien, dans la soirée de lundi 17 septembre, dans un village situé à 125 km au sud-ouest de Niamey est évidemment une mauvaise nouvelle pour les autorités nigériennes, déjà confrontées, plus au nord, aux débordements des groupes djihadistes opérant de part et d’autre de la frontière avec le Mali. C’est surtout une très mauvaise nouvelle pour le Burkina Faso voisin qui voit apparaître, depuis quelques mois, dans sa partie orientale, un nouveau « front djihadiste », selon les mots employés par les services de sécurité burkinabés, aux contours encore flous.
Les premiers témoignages décrivent les ravisseurs de Pier Luigi Maccalli arrivant en moto du Burkina Faso, tout proche du village de Bamoanga où résidait le prêtre, avant d’y retourner avec leur otage. Le Niger et le Burkina Faso ont l’un et l’autre dû faire face à des enlèvements de ressortissants étrangers sur leur territoire, mais jamais dans cette zone.

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                Burkina Faso : confessions d’un ancien djihadiste



L’est du Burkina semble échapper au contrôle de Ouagadougou. Le 15 septembre, neuf personnes y ont été tuées dans une double attaque. Un mois plus tôt, sept membres des forces de défense et de sécurité (FDS) avaient perdu la vie dans l’explosion d’un engin improvisé au passage de leur véhicule. Ils faisaient route vers le chef-lieu de la région Est, Fada N’Gourma, dont la gendarmerie était alors attaquée. Fin juillet, cinq militaires et un civil avaient péri dans des circonstances analogues.
Région des trois frontières
A ce jour, ces attaques n’ont pas été revendiquées. A la différence de celles, hautement symboliques, du 3 mars à Ouagadougou contre l’ambassade de France et l’état-major de l’armée burkinabée, dont le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaida) avait clamé être responsable. « L’identité des groupes agissant dans l’est du Burkina Faso demeure mystérieuse, confie une source diplomatique française. Le processus d’identification est en cours. »
La question se pose de savoir si ces combattants étaient préalablement dans le nord, d’où ils seraient partis sous la pression des opérations militaires conduites dans la région des trois frontières (Mali, Niger, Burkina Faso) par les Français de « Barkhane » et la force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S), ou s’il s’agit d’un nouveau groupe.

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                « Nous assistons à la naissance d’une nouvelle cellule terroriste au Burkina Faso »



Dans un entretien publié le 5 septembre par Le Monde Afrique Mahamoudou Savadogo, chercheur à l’université de Ouagadougou et au Centre de recherches pour le développement international, avançait une hypothèse mêlant les deux éléments.
Selon lui, « certains militants de l’Etat islamique au Grand Sahara [EIGS], traqués par les forces maliennes et françaises au Mali, se seraient repliés dans l’est du Burkina, le maillon faible de la sous-région ». « On voit que la cellule utilise la même stratégie que les djihadistes des pays voisins : elle s’est formée en s’appuyant sur des chefs influents des communautés locales. Ses leaders seraient des fils de dignitaires de la région, radicalisés après un séjour au Mali pour étudier le Coran », ajoutait cet ancien gendarme.
« Faiblesse de l’appareil sécuritaire »
D’où qu’ils viennent, ces groupes prospèrent dans une région forestière et peu peuplée, abandonnée par les services de l’Etat, notamment sur le plan sécuritaire. Cette zone frontalière du Togo, du Niger et du Bénin se trouve également dans un angle mort de « Barkhane » et de la FC-G5S, dont les yeux et les armes sont tournés plus au nord. L’insuffisance de la riposte militaire burkinabée ne concerne pas que la région orientale. A tel point que la France et les Etats-Unis – qui disposent de bases dans le pays et sont engagés dans des programmes de formation de militaires locaux – tirent la sonnette d’alarme.

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                Dans le nord du Burkina Faso, les exactions de l’armée contrarient la lutte antiterroriste



« Il y a de nouvelles alertes terroristes dans l’est et nous nous inquiétons de la faiblesse de la réponse des autorités », nous confie une source diplomatique française. L’armée et les services de sécurité ne se sont pas encore relevés de la chute du président Blaise Compaoré, en octobre 2014. Après le départ de cet ancien militaire du pouvoir, qu’il tenait fermement entre ses mains depuis vingt-sept ans, le Régiment de sécurité présidentielle a été démantelé. Et cette élite des forces spéciales burkinabées n’a jamais été remplacée.
« La faiblesse de l’appareil sécuritaire burkinabé est peut-être l’une des raisons pour lesquelles le pays est devenu une cible plus facile », notait au mois de mars Rinaldo Depagne, directeur du projet Afrique de l’Ouest au sein du groupe de réflexion International Crisis Group. Longtemps, pourtant, le Burkina Faso a été épargné par les violences qui déstabilisaient le Mali et le Niger voisins. Mais en deux ans, trois attaques contre la capitale ont provoqué la mort d’une soixantaine de personnes et la situation dans le nord ne cesse se détériorer.

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                Dans l’est du Burkina, les attaques menacent la rentrée des classes



Le 8 septembre, le chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré, a promis de nouvelles « dispositions sécuritaires pour éradiquer le fléau du terrorisme ». Une déclaration qui n’a pas convaincu tout le monde. « On sent les autorités dépassées par les événements. Elles n’étaient pas préparées à ça », commente une source française. L’interdiction de la circulation nocturne des motos dans l’est du pays, instaurée mercredi, semble ainsi dérisoire.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Mohamed Bin Humam a tenu à bout de bras la monnaie yéménite pendant deux années de guerre. Evincé, il assiste à son effondrement.
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Au Yémen, le constat de faillite de l’ancien patron de la banque centrale

Mohamed Bin Humam a tenu à bout de bras la monnaie yéménite pendant deux années de guerre. Evincé, il assiste à son effondrement.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 11h29
    |

            Louis Imbert (Moukalla, Yémen, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Voilà un homme d’Etat honorable et uniformément loué. Ils se font rares, au Yémen… Mohamed Bin Humam, ancien directeur de la banque centrale, a su tenir en équilibre la monnaie de son pays, le plus pauvre du monde arabe, à travers deux années de guerre. Le président en exil, Abd Rabbo Mansour Hadi, avait fini par le renvoyer, en septembre 2016.
Ce petit homme frêle, aux allures de maître d’école, coule désormais une retraite paisible à Moukalla. Il se dit détaché des affaires. Pourtant, certains voient en lui un vieillard providentiel. Et s’il reprenait du service, à 74 ans, à la faveur de la crise actuelle ?
Depuis le mois d’août, le rial a perdu un quart de sa valeur, au taux réel des bureaux de change. Sans l’aide internationale, difficile à acheminer, 8 millions de Yéménites risquaient avant l’été de subir la famine, selon le Programme alimentaire mondial. 3,5 millions de personnes pourraient s’ajouter à ce nombre, en raison de la chute de la monnaie.

« Le gouvernement dépense beaucoup et sans revenus, à l’exception de ceux du pétrole [qui se sont écroulés aux deux tiers durant le conflit], résume M. Bin Humam. Il devrait avoir un budget, publier ses dépenses, et notamment les salaires, ce qu’il ne fait pas. C’est assez dangereux. »
Au nord, « certaines personnes n’ont reçu que quatre mois de salaire depuis 2016 », déplore l’ancien directeur de la banque centrale
Cette crise était attendue depuis le déménagement forcé, en septembre 2016, de la banque centrale hors de la capitale, Sanaa, occupée par les rebelles houthistes. Le gouvernement et la coalition saoudienne qui l’appuie entendaient priver les rebelles d’un coffre-fort. « Il y avait deux gouvernements au Yémen, mais une seule banque centrale. C’est elle qui unifiait le pays », plaide encore l’ancien fonctionnaire. Les alliés occidentaux de la coalition s’étaient contentés de mettre en garde contre un excès de précipitation, sans chercher à l’empêcher....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Sept ans après les faits allégués, la femme qui accuse le Français de viols compte sur une série de témoignages pour appuyer ses dires.
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Le procès de Jean-Claude Arnault, mission épineuse pour la justice suédoise

Sept ans après les faits allégués, la femme qui accuse le Français de viols compte sur une série de témoignages pour appuyer ses dires.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 11h20
    |

            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante)








                        



                                


                            

Le premier gros procès de l’ère #metoo s’est ouvert mercredi 19 septembre à Stockholm. Il se tient à huis clos et va durer trois jours. Sur le banc des accusés : un Français de 72 ans, inconnu dans son pays d’origine, mais une célébrité en Suède depuis les révélations du journal Dagens Nyheter (DN), à l’automne 2017, à l’origine du scandale qui a anéanti l’Aca­démie suédoise et entraîné le report du prix Nobel de littérature 2018 qu’elle décerne.
Dix-huit femmes y accusent alors Jean-Claude Arnault, figure de la scène culturelle suédoise et mari de la poète et acadé­micienne Katarina Frostenson, de viols et d’agressions sexuelles. Dans la foulée, huit portent plainte. Depuis, sept ont été déboutées, les faits dénoncés étant prescrits ou les preuves jugées insuffisantes. Il ne reste donc qu’une femme, dont la plainte est à l’origine du procès. Son identité n’a pas été révélée, mais elle affirme avoir été violée à deux reprises par le Français, à l’automne 2011.
Selon le dossier judiciaire que Le Monde a pu consulter, le premier viol aurait eu lieu dans la nuit du 5 au 6 octobre 2011. Tous deux se retrouvent à un vernissage, vont dîner, puis rejoignent sa garçonnière, dans un quartier est de Stockholm. Elle est d’abord consentante, avant qu’il ne se montre violent et la force à poursuivre un « rapport oral » contre sa volonté, puis à une pénétration vaginale alors qu’elle se trouve dans un état de « choc » et de « peur panique ». Des faits qui se répètent dans la nuit du 2 au 3 décembre 2011, dans le même appartement, tandis qu’elle dort.
Rapports « tendres » et « aimants »
Entre les deux nuits, et pendant les semaines qui suivent, il ­l’appelle régulièrement. Elle affirme avoir eu peur « qu’il devienne son ennemi » et « détruise sa carrière ». Il ne la menace jamais directement, mais lui parle de « ses plans pour détruire d’au­tres qui l’ont accusé ». Alors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Les Emirats arabes unis mènent une guerre sans fin aux rebelles houthistes, au nord. Ils échouent à gérer un pays qu’ils contribuent à dévaster. Reportage à Moukalla, dans le sud en crise.
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Au Yémen, la misère fait plus de morts que les combats

Les Emirats arabes unis mènent une guerre sans fin aux rebelles houthistes, au nord. Ils échouent à gérer un pays qu’ils contribuent à dévaster. Reportage à Moukalla, dans le sud en crise.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 12h47
    |

            Louis Imbert (Moukalla (Yémen), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Cette ville lente et blanche tient en équilibre entre une corniche rocheuse et la mer. Moukalla est un port isolé à l’extrême sud-est du Yémen : le dernier débarcadère avant un vaste plateau désertique, qui forme son arrière-pays, et un pan de côte lunaire en cette saison, luxuriant en temps de mousson, qui s’étend à l’est jusqu’à la frontière omanaise. Toute sa vie se rassemble le long de son boulevard côtier, à la manière des villages de pêcheurs des environs.
Avant de s’enfoncer dans la vieille ville, ce boulevard forme un coude étroit : c’est là qu’une petite foule de manifestants s’est rassemblée, mercredi 5 septembre au matin. Ils protestent depuis deux jours contre la dégringolade, durant l’été, de la monnaie yéménite. Le rial a perdu un tiers de sa valeur depuis janvier. Cela plonge Moukalla, comme tout le pays, le plus pauvre du monde arabe, dans une nouvelle crise. Cela met aussi à mal les rêves d’autonomie de cette région en paix, qui s’écarte du Yémen en guerre depuis la fin 2014, ainsi que l’autorité des Emirats arabes unis, les parrains de la ville, qui y ont établi à la faveur du conflit un protectorat de fait.

Exilé à Riyad, en Arabie saoudite, depuis mars 2015, le gouvernement yéménite d’Abd Rabbo Mansour Hadi paraît incapable de faire face. Il n’a plus dressé un budget depuis trois ans. Ses maigres recettes, issues de l’exploitation du pétrole et des douanes, ne suffisent pas à payer les salaires des fonctionnaires. Pour maintenir une illusion de stabilité, il fait imprimer depuis la fin 2016 des rials en Russie. Le dernier chargement de billets a accosté dans le port d’Aden en avril, mais plus personne n’en veut. A Moukalla, les loueurs exigent désormais que l’on paie les loyers en rials saoudiens.
Cette crise est capitale, dans un pays où les combats ont fait moins de morts que l’écroulement de l’Etat et de l’économie, qui amplifie les risques de famine et d’épidémies. D’ailleurs, combien de morts ? Personne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Pour la chef économiste de l’Organisation de coopération et de développement économiques, la croissance mondiale arrive « à un plateau » et elle est devenue moins homogène. Entretien.
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Laurence Boone, chef économiste de l’OCDE : « Les risques de crise sont en train de se matérialiser »

Pour la chef économiste de l’Organisation de coopération et de développement économiques, la croissance mondiale arrive « à un plateau » et elle est devenue moins homogène. Entretien.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 17h28
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

La croissance mondiale atteint un palier. Dans ses prévisions, publiées jeudi 20 septembre, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que la progression du produit intérieur brut (PIB) planétaire devrait « plafonner » à 3,7 % cette année et la suivante, après 3,6 % en 2017. Sa nouvelle chef économiste, la Française Laurence Boone, met en garde contre l’impact de risques « en train de se matérialiser », notamment l’escalade de restrictions commerciales.
Dix ans après la chute de Lehman Brothers, l’économie mondiale semble avoir enfin tourné la page de l’après-crise. Pourtant, l’heure est plutôt aux inquiétudes. Pourquoi ?
D’abord parce qu’après l’embellie de 2017 on voit la croissance se stabiliser et arriver à un plateau. Surtout, les risques dont on ne faisait que parler jusque-là sont en train de se matérialiser. C’est particulièrement vrai à propos des échanges commerciaux. D’autres risques concernent aussi la politique, le niveau de la dette mondiale ou la vulnérabilité de certains pays émergents.
Il faut donc être vigilant, même si la croissance reste forte. C’est un signal d’alarme vis-à-vis des autorités : il ne faut pas arrêter les réformes, car il est plus facile de les mener à bien en phase de croissance qu’en période de ralentissement.

Les ressorts de l’embellie de l’an dernier sont-ils en train de disparaître ?
Tous les facteurs qui supportent la demande intérieure sont encore là. On a un cadre de politique monétaire et budgétaire toujours accommodant, en Europe notamment. Le chômage baisse au sein des pays de l’OCDE. La consommation est soutenue, les investissements aussi. Les fondamentaux sont bons. Mais la pression des risques est en train de monter.
Vous dites dans votre rapport que la croissance est moins bien synchronisée…
Excepté pour l’Inde, la Chine et les Etats-Unis,...




                        

                        


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Yémen : Moukalla, de la tutelle d’Al-Qaida à celle des Emirats

L’organisation terroriste a basculé dans la clandestinité, après avoir administré le port yéménite.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
20.09.2018 à 11h30
    |

            Louis Imbert (Moukalla, Yémen, envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Les filles de Moukalla » ont déserté ces plages, que le chanteur syrien, Fahd Ballan, célébrait dans un tube sautillant, à la fin des années 1960. La grande roue d’une fête foraine abandonnée tremble au vent, en contrebas de l’hôtel Ramada. Un mauvais souvenir s’accroche à ce quartier riche, qui s’étend sur une levée de terre à l’ouest de Moukalla : les djihadistes d’Al-Qaida y ont occupé de nombreuses résidences, au temps où ils tenaient la ville.
Durant un an, jusqu’en avril 2016, Moukalla a été la capitale de la branche yéménite de l’organisation terroriste Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA). Mais depuis, le groupe est pris dans une spirale descendante. Sous la pression des Emirats arabes unis, qui les ont chassés de la ville avec leurs alliés locaux, le nombre d’opérations revendiquées par AQPA à travers le Yémen n’a cessé de diminuer l’an dernier, et plus encore depuis février 2018, selon une étude publiée en juillet par Elisabeth Kendall, chercheuse à l’université d’Oxford, qui se rend régulièrement dans l’Est du Yémen.
La haute hiérarchie d’AQPA subit des frappes aériennes décuplées de l’armée américaine (au moins 161 frappes depuis janvier 2017, selon les données rassemblées par le Bureau of investigative journalism). Elle se terre depuis un an. Signe d’une baisse du moral des militants, des chaînes d’information diffusent, sur l’application Telegram, des sermons sur la quiétude des « martyrs » : elles incitent à ne pas pleurer les compagnons morts.

En janvier, AQPA a interdit tout échange en son sein par téléphone portable et par Internet, sous peine de sanctions. Dans une vidéo, son chef, Qasim Al-Raymi, imitait une femme de djihadiste cancanant au téléphone. Il invectivait ces militants qui se confient à leurs épouses indiscrètes, au risque de renseigner l’ennemi.
« Ils sont en fuite »
Dans ce combat, Abou Dhabi se veut pragmatique, ce qui lui vaut des critiques embarrassantes du gouvernement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Selon le porte-parole du ministère burundais de la sécurité publique, l’attaque serait le fait « d’un groupe armé venu du Rwanda ».
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Compte rendu

Au Burundi, un chef local des Imbonerakure décapité, sa femme tuée

Selon le porte-parole du ministère burundais de la sécurité publique, l’attaque serait le fait « d’un groupe armé venu du Rwanda ».


LE MONDE
              datetime="2018-09-20T10:11:28+02:00"

        Le 20.09.2018 à 10h11






    

Crédits : Google Maps


Un chef local des Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir au Burundi, qualifiée de milice par l’ONU, a été décapité et son épouse tuée par un groupe armé non identifié dans le nord du pays, a-t-on appris mercredi 19 septembre de sources administrative et sécuritaire. Daniel Ngendakuma, chef des Imbonerakure pour la zone de la colline de Buyumpu, et son épouse, ont été tués mardi soir, a indiqué à l’AFP un responsable administratif local.

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« Hier vers 21 heures, un groupe armé non identifié s’est introduit dans le ménage de Daniel Ngendakuma, le président des Imbonerakure sur notre colline. (…) Ces malfaiteurs l’ont tué et lui ont tranché la tête qu’ils ont emportée avec eux », a assuré cette source. « Son épouse a également été tuée par balle avant que cette bande ne se retire. »
A proximité de la frontière rwandaise
Le porte-parole du ministère de la sécurité publique, Pierre Nkurikiye, a confirmé cette attaque à la presse en mettant en cause « un groupe armé venu du Rwanda et qui est retourné dans ce pays ». La colline de Buyumpu est située dans la province de Kayanza, à quelque 110 km au nord de Bujumbura, à proximité de la frontière rwandaise.
Le responsable administratif a affirmé que « personne ne sait d’où venait ni où est allé ce groupe armé, car il n’y a eu aucune intervention des forces de l’ordre qui sont positionnées à la frontière avec le Rwanda voisin ».

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Le Burundi est en crise depuis que le président Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Sa réélection en juillet de la même année a déclenché une crise qui a fait au moins 1 200 morts et déplacé plus de 400 000 personnes. Ces violences ont poussé la Cour pénale internationale (CPI) à ouvrir une enquête.
Selon un rapport d’une commission d’enquête de l’ONU publié le 5 septembre, les Imbonerakure « ont pris une importance croissante dans la répression » exercée par le régime burundais, « hors de tout cadre légal et dans une impunité quasi totale ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Voyant dans Washington un adversaire commun, Moscou et Pékin renforcent leurs liens, économiques, militaires et politiques, analyse dans sa chronique Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
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« L’environnement international rapproche chaque jour la Chine et la Russie »

Voyant dans Washington un adversaire commun, Moscou et Pékin renforcent leurs liens, économiques, militaires et politiques, analyse dans sa chronique Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 10h10
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Chronique. Faut-il prendre au sérieux la nouvelle « alliance » entre la Chine et la Russie ? Et, comme cette relation, apparemment de plus en plus étroite, se forme face aux Etats-Unis, sinon contre eux, doit-on déjà parler d’une nouvelle forme de « guerre froide » ?
On ne les voyait pas, mais dans l’extraordinaire déploiement de forces auquel l’armée russe s’est livrée la semaine dernière de la Sibérie à l’Extrême-Orient russe, il y avait des Chinois – 3 200 soldats de l’Armée populaire se mêlant, dans la région de la Transbaïkalie, aux troupes russes. Quatre jours durant, 297 000 hommes, 40 000 blindés, survolés par des drones, des hélicoptères et des chasseurs bombardiers, ont soulevé la poussière aux marches orientales de la Russie. Ce n’était pas la première fois que des Chinois participaient à un exercice militaire avec des Russes. Mais ces manœuvres, dites Vostok 2018, furent les plus importantes jamais organisées depuis la fin de l’URSS.

A la tribune d’honneur, esquissant un sourire satisfait, Vladimir Poutine était entouré de généraux chinois en tenue de combat. Il fallait afficher l’entente sino-russe à l’occasion de cet exercice militaire, lequel n’était, bien sûr, « tourné contre aucun autre pays ». La steppe retentissait encore de l’immense pétarade lancée lorsque le président russe retrouvait, mardi 11 septembre, son homologue chinois, Xi Jinping, en marge d’un sommet économique à Vladivostok. Les deux hommes sont des intimes. Depuis en 2013, ils se sont rencontrés une trentaine de fois. Ancien chef du bureau de Pékin du Financial Times, Jamil Anderlini rappelle que le président chinois parle de Poutine comme d’un de ses « meilleurs amis ».
Tradition de scepticisme
Chez les experts des affaires chinoises, la tradition est d’apprécier avec scepticisme tout rapprochement conjoncturel entre Moscou et Pékin. L’histoire et la géographie imposeraient la prudence. L’entente entre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Donald Trump a appelé Christine Basey Ford, qui accuse d’agression sexuelle le juge conservateur Brett Kavanaugh, à s’exprimer devant le Sénat lundi. Les avocats de Mme Ford ont demandé une enquête préalable du FBI.
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Midterms J - 47 : les républicains décidés à confirmer leur candidat à la Cour suprême

Donald Trump a appelé Christine Basey Ford, qui accuse d’agression sexuelle le juge conservateur Brett Kavanaugh, à s’exprimer devant le Sénat lundi. Les avocats de Mme Ford ont demandé une enquête préalable du FBI.



LE MONDE
 |    20.09.2018 à 09h35
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre un plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. A partir du 3 septembre, le correspondant du « Monde » à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
Le président républicain de la Commission du Sénat chargée de la confirmation des candidats à la Cour suprême a lancé un ultimatum à la personne qui accuse Brett Kavanaugh d’agression sexuelle alors qu tous deux étaient adolescents. Chuck Grassley a donné jusqu’à vendredi 21 septembre au matin à Christine Blasey Ford pour qu’elle accepte ou non son invitation à venir témoigner au Sénat lundi 24 septembre. Cette dernière a raconté son agression dans les colonnes du Washington Post, le 16 septembre.
Les avocats de Christine Blasey Ford regrettent cet empressement et souhaitent une enquête préalable du FBI. Brett Kavanaugh a été choisi en juillet par Donald Trump pour remplacer le juge Anthony Kennedy. Il nie avec force toute agression sexuelle et a été lui aussi invité à s’exprimer devant les sénateurs, lundi.
La confirmation de ce conservateur, ancien de l’administration de George W. Bush, actuellement juge à la prestigieuse cour d’appel du District de Columbia, devait être mise en avant dans la perspective des élections de mi-mandat, le 6 novembre. Les accusations de Christine Blasey Ford ont changé la donne.
Les républicains sont pourtant d’autant plus décidés à passer en force qu’ils n’excluent pas de manière catégorique à cette occasion un basculement de leur majorité au Sénat, limitée pour l’instant à un seul siège, en cas de forte mobilisation démocrate. La confirmation rapide de Brett Kavanaugh est d’ailleurs réclamée avec force par des candidats républicains en Arizona et dans le Missouri.
Un sondage publié...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ La mobilisation sur les réseaux sociaux pousse les médias à prendre leurs distances vis-à-vis de la star, inculpée pour viol.
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Compte rendu

Ecroué en France, le chanteur Saad Lamjarred banni des ondes marocaines

La mobilisation sur les réseaux sociaux pousse les médias à prendre leurs distances vis-à-vis de la star, inculpée pour viol.


LE MONDE
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        Le 20.09.2018 à 09h23

     •
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          datetime="2018-09-20T09:32:14+02:00"

        Mis à jour le 20.09.2018 à 09h32






    
Le chanteur marocain Saad Lamjarred lors d’un concert en Tunisie en juillet 2016.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


Une campagne visant à bannir des ondes Saad Lamjarred a été lancée sur les réseaux sociaux au Maroc après le placement en détention provisoire en France, mardi 18 septembre au soir, du chanteur, inculpé dans une nouvelle affaire de viol.
L’écho des deux mots-clés #masaktach (« on ne se tait pas ») et #LamjarredOut a poussé certains médias à prendre publiquement leurs distances vis-à-vis du chanteur de 33 ans qui a fait l’objet de trois inculpations pour viol, en octobre 2016, en avril 2017 et fin août 2018. « Radio 2M, d’un commun accord avec toute l’équipe, ne fait plus la promotion de Saad Lamjarred depuis que l’affaire est aux mains de la justice », a ainsi écrit cette station musicale publique sur Twitter.

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Quant au patron de Hit Radio, Younes Boumehdi, il a dans un premier temps annoncé que les titres de Saad Lamjarred ne seraient plus diffusés sur la station musicale, qui compte parmi les plus écoutées au Maroc, avant de préciser dans la matinée de mercredi qu’une décision finale serait prise après un sondage des auditeurs. « Ils auront le dernier mot », a-t-il dit, cité par un média local.
Clip d’anniversaire
Mercredi, le site arabophone Hesspress a publié une caricature du chanteur avec pour légende « Salina salina » (« C’est fini, c’est fini »), en référence à son plus grand succès commercial, qui évoque une rupture amoureuse.
La pop star, dont les clips engrangent des millions de vues sur YouTube, avait été invitée à chanter dans le dernier clip d’anniversaire du roi Mohammed VI, avec toute une palette d’artistes locaux. Fin août, le compte officiel du producteur RedOne se félicitait du succès de ce titre intitulé « Happy Birthday Sidna ».

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                Saad Lamjarred, star de la pop marocaine, accusé d’agression sexuelle pour la quatrième fois



Déjà mis en examen dans deux affaires de viol, Saad Lamjarred a été interpellé fin août à Saint-Tropez, sur la Côte d’Azur, après la plainte d’une jeune femme rencontrée dans une soirée. Inculpé deux jours plus tard, il avait été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire français et dépôt d’une caution de 150 000 euros. Après appel du parquet, il a finalement été placé mardi soir en détention provisoire.

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