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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Dans une interview sur le site LGBT Queerty, Mark Saltzman, l’un des scénaristes de la série, a voulu trancher le débat sur l’orientation sexuelle des marionnettes.
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Du rififi sur « Sesame Street » : Ernest et Bert sont-ils des icônes gays ?

Dans une interview sur le site LGBT Queerty, Mark Saltzman, l’un des scénaristes de la série, a voulu trancher le débat sur l’orientation sexuelle des marionnettes.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 16h19
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 17h09
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            Pierre Bouvier








                        



La question de l’orientation sexuelle des héros de fiction est un sujet inépuisable. Au début du XXIe siècle, les personnages de dessin animé Bob l’Eponge ou Tinky Winky, des Télétubbies, avaient défrayé la chronique. Avant eux, il y a eu Ernest – celui qui a des idées farfelues – et Bert – qui essaie de lui faire entendre raison –, les deux marionnettes issues du « Muppet Show » qui se retrouvaient dans l’émission « 1, rue Sésame », diffusée depuis la fin des années 1960. Un débat récemment ravivé par la sortie médiatique d’un de leurs auteurs.
Dans une interview publiée dimanche 16 septembre sur le site LGBT Queerty, Mark Saltzman, l’un des scénaristes de la série « 1, rue Sésame » a voulu trancher le débat, contribuant à le rouvrir. A la question de savoir si les deux marionnettes formaient un couple gay, il a répondu :
« J’ai toujours senti que (…), quand j’écrivais Bert et Ernest, ils l’étaient. »
Le scénariste précise que les deux personnages avaient des traits de personnalité du couple qu’il formait avec Arnold Glassman, « l’amour de [sa] vie », mort en 2003. « Je ne pense pas que j’aurais pu les écrire autrement que comme un couple aimant », a-t-il expliqué : « la dynamique » entre Ernest et Bert reflétait celle qu’il entretenait avec son partenaire, l’un étant « chaotique » et l’autre « obsessionnel compulsif ».
Les marionnettes n’ont pas d’orientation sexuelle
Cette prise de parole n’a pas manqué de faire réagir le marionnettiste de Bert, Frank Oz, qui a balayé cette hypothèse, mardi, sur Twitter :
« Il semble qu’on ait demandé à M. Mark Saltzman si Bert et Ernie sont gays. C’est bien qu’il pense qu’ils le soient. Ils ne le sont évidemment pas. Mais pourquoi cette question ? Est-ce vraiment important ? Pourquoi faut-il définir les gens comme étant uniquement gays ? On ne peut pas réduire quelqu’un à son orientation sexuelle. »

It seems Mr. Mark Saltzman was asked if Bert & Ernie are gay. It's fine that he feels they are. They're not, of cou… https://t.co/DsslCMi5Bv— TheFrankOzJam (@Frank Oz)


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Sesame Workshop, la maison de production de la série, a elle aussi pris la peine de démentir mardi sur Twitter les propos de Mark Saltzman :
« Comme nous l’avons toujours dit, Bert et Ernie sont meilleurs amis. Ils ont été créés pour apprendre aux enfants de maternelle qu’on peut être ami avec des gens très différents de soi. Même s’ils sont identifiés comme des personnages masculins et possèdent plusieurs caractéristiques humaines [comme la plupart des marionnettes de 1, Rue Sésame], ils restent des marionnettes et n’ont pas d’orientation sexuelle. »

Please see our statement below regarding Bert and Ernie. https://t.co/6r2j0XrKYu— SesameWorkshop (@Sesame Workshop)


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« Créés pour être meilleurs amis »
Au regard de la sensibilité du sujet, la boîte de production a diffusé quelques heures plus tard un second communiqué sur Twitter, en prenant soin de préciser que « Sesame Street a toujours soutenu l’inclusion et la tolérance ». Légère inflexion de tonalité : Sesame Workshop n’écrit plus que Bert et Ernie « sont » meilleurs amis, mais qu’ils « ont été créés pour être meilleurs amis ».

Please see our most recent statement regarding Bert and Ernie below. https://t.co/gWTF2k1y83— SesameWorkshop (@Sesame Workshop)


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Question en suspens depuis des décennies
La question de l’orientation sexuelle de ces deux marionnettes, qui partagent la même chambre dans un appartement en sous-sol, a traversé les décennies. Le 6 février 1994, déjà, le New York Times s’en faisait l’écho : « Vous pourriez penser que les gens ont des questionnements plus importants que ceux concernant la vie sexuelle des marionnettes. Et bien, vous auriez tort », écrivait alors le quotidien. Plus récemment, en 2011, une pétition sur Change.org demandait même à Sesame Street de laisser Ernest et Bert se marier.
Mais au fond, qu’importe leur orientation sexuelle : les deux marionnettes sont devenues le symbole de la lutte pour la reconnaissance des droits LGBT. En 2013, pour illustrer des décisions historiques de la Cour suprême américaine sur le mariage homosexuel, le magazine New Yorker avait justement choisi une image d’Ernest et Bert de l’artiste Jack Hunter, intitulée Moment of Joy, comme couverture de sa publication du 8 juillet 2013, l’un posant la tête sur l’épaule de l’autre.

Bert and Ernie celebrate DOMA on the cover of the New Yorker. http://t.co/QdFG22fVcF— awlilnatty (@Nathalie Gordon)


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Mardi, dans un article intitulé « Bert and Ernie are totally gay, and that’s a good thing for the LGBT community » (« Bert et Ernie sont totalement gay, et c’est une bonne chose pour la communauté LGBT »), le San Francisco Chronicle estime qu’« en l’absence de représentation dans les médias, les téléspectateurs LGBT ont cherché des reflets d’eux-mêmes dans des personnages qui ne relèvent pas des catégories sexuelles habituelles ».
Le journal va plus loin et s’interroge : « En 2018, a-t-on besoin de marionnettes homosexuelles ? » Et apporte sa réponse : « Pour les téléspectateurs gays, la réponse va de soi : nous en avons autant besoin que d’une représentation LGBT en chair et en os. » On aurait tort de s’offusquer de la présence de ce couple gay, poursuit l’article, surtout dans une rue où « un oiseau mesurant 9 pieds de haut [2,74 mètres] et un monstre vivant dans une poubelle sont considérés comme des habitants à part entière ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Avec « Les Livres de Jakob », l’écrivaine polonaise anime d’un prodigieux souffle romanesque l’itinéraire du « messie » Jakob Frank et de son étrange secte dans l’Europe des Lumières.
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L’épopée messiannique d’Olga Tokarczuk

Avec « Les Livres de Jakob », l’écrivaine polonaise anime d’un prodigieux souffle romanesque l’itinéraire du « messie » Jakob Frank et de son étrange secte dans l’Europe des Lumières.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 16h00
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            Nicolas Weill








                        



                                


                            
Les Livres de Jakob (Ksiegi Jakubowe), d’Olga Tokarczuk, traduit du polonais par Maryla Laurent, Noir sur blanc, 1 038 p., 29 €.

Mystiques, alchimistes et mages au siècle des Lumières composent de fabuleux personnages de fiction. L’un d’eux, l’aventurier Joseph Balsamo, dit Cagliostro (1743-1795), n’a-t-il pas su inspirer aussi bien Alexandre Dumas que Goethe, Tolstoï ou Carlyle ? L’écrivaine polonaise Olga Tokarczuk reprend ce flambeau avec un impressionnant roman qui a été un best-seller dans son pays, et qui dresse un monument littéraire à une secte d’hérétiques juifs multipliant les péchés et les conversions (à l’islam puis au christianisme) afin de hâter la fin des temps. Mariant une immense érudition à une écriture aussi fluide que poétique, elle reconstitue, en plus d’un millier de pages, l’épopée de ce groupe messianique dans une Pologne bigarrée, dont les confins touchaient à l’Orient turc. Elle a suivi à la trace, entre Podolie, Moravie, empires ottoman et habsbourgeois, les « Vrais Croyants », comme se nommaient eux-mêmes ces juifs séduits d’abord par le faux messie Sabbataï Tsevi (1626-1676) puis par son successeur autoproclamé Jakob Frank (1726-1791), le héros du roman. L’aventure s’achève en partie à Paris, où l’un des derniers membres de la « fraternité » frankiste et neveu de Frank, Mosès Dobruska, alias Thomas von Schönfeld alias Junius Frey, sera guillotiné en 1794.
Noyer le monde dans la faute
Ces dissidents de la foi, par leurs pratiques systématiques des « actes contraires » (inceste, sodomie, communauté des femmes) entendent noyer le monde dans la faute et abolir l’ancienne Loi de Moïse. En fonction de la nécessité de l’heure, ils deviennent musulmans, chrétiens et, pour certains, s’initient à la franc-maçonnerie. Leur mobilité, en un temps où résidence et appartenance demeurent encore plutôt figées, résulte aussi de la persécution que les autres juifs...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Elle est l’un des grands noms de la littérature polonaise contemporaine. Elle évoque ici la genèse des « Livres de Jakob » et les raisons de son succès en Pologne.
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Olga Tokarczuk : « Le roman a le pouvoir d’amener le lecteur à une sorte de transe »

Elle est l’un des grands noms de la littérature polonaise contemporaine. Elle évoque ici la genèse des « Livres de Jakob » et les raisons de son succès en Pologne.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 16h58
    |

            Nicolas Weill








                        



                                


                            

Olga Tokarczuk est née à Sulechow (Pologne) en 1962. Après avoir étudié la psychologie à l’université de Varsovie, elle a acquis comme écrivaine une réputation mondiale et vit à Wroclaw tout en voyageant beaucoup. Lauréate, en mai 2018, du prix international Man Booker, elle a également reçu la plus prestigieuse récompense littéraire de son pays, le prix Nike, en 2008, pour Les Pérégrins (Noir sur blanc, 2010). Son roman de 2014, Les Livres de Jakob, retraçant le parcours de dissidents juifs au XVIIIe siècle, aujourd’hui traduit en français, s’est vendu à près de 80 000 exemplaires dans son pays et lui a valu d’obtenir, pour la deuxième fois, le prix Nike, en 2015.

Comment vous est venue l’idée d’écrire sur le faux messie Jakob Frank ?
C’est le contexte historique dans lequel Jakob Frank a vécu qui m’a d’abord fascinée. Une époque où les Lumières prennent leur élan et engendrent de nouvelles visions de la société. Le système de croyances frankiste constitue un condensé assez chaotique, extrêmement fluide, voire explosif, de divers types d’hérésies. Il pousse ses racines dans un passé plus ou moins lointain, au-delà des marges du christianisme ou du judaïsme. Son origine première se situe dans le gnosticisme [mouvement religieux des premiers siècles du christianisme, persuadé de l’imminence de la fin du monde]. Or, il y a longtemps que je m’intéresse à ce thème. Un autre aspect, qui n’a rien de secondaire, tient au fait que Frank représente une figure complexe d’un immense intérêt psychologique
Souhaitiez-vous réhabiliter Frank et les frankistes, contre une certaine mauvaise réputation que ce groupe a chez les historiens du judaïsme ?
Mon ambivalence à l’égard de Jakob Frank saute aux yeux dans le roman. Mais, par bien des aspects, je le vois comme une sorte de subversif, de rebelle qui a cherché à s’émanciper, lui et ses adeptes, d’un univers féodal...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Ce critique éclairé des évolutions de la société, qui était aussi un auteur prolifique, est décédé le 10 septembre à Paris à l’âge de 86 ans. Sa famille a annoncé sa mort le 18 septembre, au lendemain de ses obsèques.
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La mort de Paul Virilio, philosophe et urbaniste

Ce critique éclairé des évolutions de la société, qui était aussi un auteur prolifique, est décédé le 10 septembre à Paris à l’âge de 86 ans. Sa famille a annoncé sa mort le 18 septembre, au lendemain de ses obsèques.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 15h53
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            

Paul Virilio, 86 ans, a succombé à un arrêt cardiaque le 10 septembre et a été inhumé dans l’intimité le 17 septembre. Sa famille a rendu publique l’annonce de sa disparition mardi 18 septembre. Cette relative lenteur était dans sa manière. Il n’aimait guère le spectaculaire, détestait l’esbroufe et se méfiait plus que tout du culte de l’accélération qui a envahi nos sociétés.
Critique radical de la société des images, comme son très proche ami Jean Baudrillard, il avait en effet la conviction que, pour être durablement efficace, il est devenu préférable d’être discret. Parler trop fort lui semblait le moyen de n’être pas entendu. Il portait donc sur notre époque des diagnostics effroyables, mais d’une voix feutrée, presque timide, en ayant presque l’air de s’excuser. Dans les années 1970-1990, ses analyses – distillées dans de nombreux essais et interventions, inspirant aussi des expositions – passaient pour de noires prophéties. Avec le temps, beaucoup se sont révélées justes.
Né le 4 janvier 1932 à Paris, Paul Virilio avait été marqué par l’expérience de la guerre. Il avait vécu en particulier le bombardement de la ville de Nantes en 1943, où il disait avoir fait pour la première fois l’expérience intense de la disparition et de la destruction, traits dominants, à ses yeux, du monde qui a émergé au XXe siècle. Ce bombardement fut pour lui un traumatisme fondateur. On y trouve les thèmes qui seront au centre de sa réflexion : la guerre comme état général du monde contemporain, la vitesse de destruction comme facteur déterminant, l’espace de la ville en voie d’anéantissement, la face mortifère de la puissance technique.
Catastrophisme d’éveil
Le fil directeur qui les relie – au long d’une œuvre en constante évolution, élaborée par facettes, dans un parcours singulier entre architecture et urbanisme, sociologie et engagement personnel – est avant tout l’idée d’une « dimension tragique du progrès ». On a parfois confondu cette...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ L’urbaniste et philosophe est mort le 10 septembre à Paris à l’âge de 86 ans. Extraits de deux entretiens accordés au « Monde », en 1981 et en 2009.
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Paul Virilio : « Face à la peur absolue, j’oppose l’espérance absolue »

L’urbaniste et philosophe est mort le 10 septembre à Paris à l’âge de 86 ans. Extraits de deux entretiens accordés au « Monde », en 1981 et en 2009.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 15h51
   





                        



                                


                            

« La révolution de la vitesse disqualifie la matière en transformant le monde en spectacle, en représentation. La matière perd sa valeur au profit de la lumière. Depuis le XVIIIe siècle, on voit réapparaître le culte de l’énergie, de la lumière. La substance disparaît au profit de l’accident. Il faudrait aujourd’hui inverser la phrase d’Aristote ; on pourrait dire que, dans la modernité, il n’y a de science que de l’accident. L’accident a le primat sur toute substance. Les corps sont devenus désuets au regard de l’énergie. Nous vivons maintenant un culte solaire tardif qui a lui aussi ses sacrifices humains. (….)
Avec l’armement nucléaire, on a atteint un point limite dans la décision de l’emploi du feu. Avec les systèmes de décision nucléaire disparaissent les phases de négociation, de la représentation politique…
Le chef de guerre avait un pouvoir, les états-majors géraient les Etats en marche. Ensuite, les ministres de la guerre, puis les chefs d’Etat, ont contrôlé les états-majors. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où un seul homme devrait décider de l’emploi instantané de vecteurs rapides, cela en attendant les lasers. La décision d’ouvrir le feu renvoie, en ce moment, à quelques minutes. Mais le mouvement s’accélérant, il n’y aura bientôt plus de décideur du tout. Au-dessous de la minute, le chef de l’Etat ne décidera plus de rien. Il est étrange de voir que l’on n’ose pas parler de cela.
Entretien avec Christian Descamps, « Le Monde » du 7 septembre 1981.
Vous avez dit qu’« Airbus, en inventant un avion de 800 places, crée 800 morts potentiels ». Mais le krach boursier n’a pas fait de morts…
Ce n’est pas la peste, il n’y a pas des millions de victimes, ce n’est pas non plus le 11-Septembre. Ce n’est pas la mortalité qui compte ici, hors quelques suicides. Les victimes sont ailleurs. D’où est partie la crise actuelle ? Des subprimes, des maisons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le comédien, connu notamment pour son interprétation de Robert d’Artois dans « Les Rois maudits », s’est éteint à 93 ans.
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Mort de Jean Piat, ancien de la Comédie-Française

Le comédien, connu notamment pour son interprétation de Robert d’Artois dans « Les Rois maudits », s’est éteint à 93 ans.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h43
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 18h10
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Il incarnait un type de jeu à l’ancienne, et à la française, où l’acteur se coule avant tout dans les mots, dans un phrasé classique voire précieux : le comédien Jean Piat est mort, mardi 18 septembre à Paris, à l’âge de 93 ans, huit mois après sa compagne, l’écrivaine et comédienne Françoise Dorin, disparue en janvier. Le 423e sociétaire de la Comédie-Française était surtout connu du grand public pour son rôle de Robert d’Artois dans le feuilleton télévisé Les Rois maudits, créé en 1972.
Jean Piat était né le 23 septembre 1924 à Lannoy, dans le Nord, dans une famille modeste et catholique. Il semble bien que le théâtre l’ait attiré très tôt, puisqu’il se travestissait avec ses camarades de classe – parmi eux Piem et Alain Decaux – pour s’exercer au métier d’acteur. Il entre dans l’histoire du théâtre par un acte rebelle : en 1946, il se fait expulser du Conservatoire, après être parti sans prévenir jouer un petit rôle au cinéma dans Rouletabille, de Christian Chamborant.
Plus de cinquante rappels
Il entre néanmoins à la Comédie-Française, en 1947, sur audition, pour jouer les porteurs de hallebarde et les valets de comédie, Sganarelle ou La Flèche, Scapin ou Figaro. C’est son incarnation de Cyrano de Bergerac, à partir de 1964, qui fait de lui un premier rôle sur les planches. Il jouera plus de quatre cents fois le personnage flamboyant inventé par Edmond Rostand, et la légende dit que la première du spectacle fut saluée, le rideau tombé, par plus de cinquante rappels.
. »
Une photo de ces années-là le montre en beau gosse de pièce de Feydeau, fine moustache, air un peu frimeur, mais en 1972 Jean Piat quitte néanmoins la Comédie-Française, quand la télévision lui propose de jouer Robert d’Artois dans les six épisodes des Rois maudits, un feuilleton télévisé, proche du théâtre filmé,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-7">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ La réalisatrice, survivante de la Shoah, avait signé son premier film de fiction – sur Auschwitz – à l’âge de 75 ans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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Au cinéma, la longue quête de vérité de Marceline Loridan-Ivens

La réalisatrice, survivante de la Shoah, avait signé son premier film de fiction – sur Auschwitz – à l’âge de 75 ans.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h21
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

La vie ou, pour mieux dire, la survie de Marceline Loridan à l’enfer d’Auschwitz croise le cinéma à partir de l’après-guerre. En trois temps. Le premier est celui de la rencontre, alors qu’elle fréquente le terreau fertile de la Cinémathèque française d’Henri Langlois, avec Edgar Morin. Le sociologue l’entraîne dans l’aventure de Chronique d’un été, qu’il coréalise en 1961 avec l’ethnologue et cinéaste Jean Rouch, parrain de la Nouvelle Vague. Ce film historique, qui capture un état des lieux de la France d’alors, est une sorte de prélèvement sur le vif de quelques « échantillons » représentatifs de la société de l’époque, expérience menée à partir d’une question délibérément minimaliste : « Comment te débrouilles-tu avec la vie ? »
C’est une des premières traces cinématographiques d’un témoignage portant sur la Shoah, concept à cette époque inexistant
C’est une quête, pour reprendre le mot des auteurs, de « cinéma vérité », rendue possible par l’allégement technique du matériel cinématographique (caméra 16 millimètres, son synchrone) et qui, de fait, passe à la postérité comme les débuts en France du cinéma direct, qui émerge à la même époque aux Etats-Unis et au Canada. L’autre intensité du film, qui passera plus inaperçue et qui n’en constitue pas moins sa brûlure, c’est justement le témoignage bouleversant, le monologue entêtant, la douleur irradiante, vibrante dans ce corps menu et dans la sombre litanie qui s’en échappe, de Marceline Loridan, filmée à la volée dans la beauté pacifiée de la place de la Concorde. C’est une des premières traces cinématographiques d’un témoignage portant sur la Shoah, concept à cette époque inexistant, alors que la mémoire concentrationnaire est dominée par les déportés résistants.
Rage de vivre
Le deuxième chapitre s’ouvre par son mariage avec le réalisateur néerlandais Joris Ivens, coup de foudre réciproque entre la survivante échaudée, provocatrice tous azimuts, et l’une des très...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Rescapée d’Auschwitz, la cinéaste et écrivaine est décédée à Paris mardi 18 septembre à l’âge de 90 ans.
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Marceline Loridan-Ivens, « sœur de camp » de Simone Veil, est morte

Rescapée d’Auschwitz, la cinéaste et écrivaine est décédée à Paris mardi 18 septembre à l’âge de 90 ans.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 12h39
    |

                            Judith Perrignon








                        



                                


                            

Marceline Loridan Ivens, née Rozenberg, s’est éteinte mardi 18 septembre au soir, à Paris. Elle avait 90 ans. Au moment d’écrire sa nécrologie, aucun mot usuel ne semble lui correspondre, aucune case. Dire qu’elle était une réalisatrice, une auteure, une documentariste est à la fois juste et trop pâle. C’était une fille de Birkenau. Matricule 78750 sur son bras. Son corps menu et sec. C’était un rire toisant la mort depuis longtemps. Des flèches acérées aussi. Les films, les livres qu’elle nous laisse sont l’œuvre et la revanche d’une petite juive arrachée à l’enfance, à sa famille, à l’école, un jour de février 1944.
Il y a dans sa chambre, rue des Saints-Pères, à Paris, le portrait et le fantôme de son père, Shloïme Rozenberg, dont elle regrettait si souvent d’avoir relégué le patronyme pour celui de ses maris. C’est la photo d’un homme des années 1930 en costume sombre, la photo d’un juif polonais ayant fui les pogroms avec sa femme et croyant fermement être en sécurité en France, dans une République qui avait réhabilité le capitaine Dreyfus.
Il monta une petite usine de tricot à Nancy, tandis que son épouse ouvrait un magasin à Epinal. Ils avaient cinq enfants. Marceline était la troisième. Un jour, il l’emmena dans une carriole à cheval, en lui promettant une surprise et en lui demandant ! « Qu’est-ce que tu souhaites le plus au monde, Marceline ? » Il lui montra alors le petit château qu’il venait d’acheter pour la famille dans le Sud, à Bollène (Vaucluse). La plus jolie demeure. Sur une colline. A l’aube de la guerre. C’est là que père et fille seront arrêtés. Là, à Bollène, qu’elle se battra des années plus tard contre le maire de la ville, qui voulait inscrire le nom de son père au monument des morts pour la France. Non, lui interdit-elle, il est mort à Auschwitz.
« Il faut continuer… »
Ce n’est d’ailleurs qu’il y a quelques mois qu’elle découvrit, grâce aux recherches d’une documentariste, la lettre qui les avait dénoncés....




                        

                        


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A La Nouvelle-Orléans, la fondation de Brad Pitt assignée en justice

Après l’ouragan Katrina, l’acteur avait lancé en 2008 un projet de construction de maisons neuves.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h56
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


En 2008, trois ans après le passage de l’ouragan Katrina, Brad Pitt créait Make It Right, une fondation destinée à construire cent cinquante maisons neuves, jolies, durables et abordables à La Nouvelle-Orléans, dans le quartier de la ville qui avait été le plus meurtri par la catastrophe. Des photos de la star hollywoodienne posant au milieu des paysages dévastés venaient alors illustrer dans les médias ce programme auquel des architectes, tout aussi célèbres que lui dans leur domaine, les lauréats du prix Pritzker Shigeru Ban, Frank Gehry, Alejandro Aravena, Thom Mayne, pour ne citer qu’eux, avaient associé leur nom. Chacun avait envoyé une esquisse, la construction ayant ensuite été prise en charge par la fondation qui n’a pas hésité à prendre ses libertés, aussi bien sur le choix des matériaux que sur le design lui-même.
Dix ans après les premières mises en chantier, le résultat a, pour ceux qui ont acheté, le goût amer de la double peine. Problèmes de structure, toitures et planchers moisis, fuites aux plafonds, défaillances d’électricité, de plomberie, mauvaise qualité de l’air : les cent neuf maisons construites jusqu’à présent se dégradent à grande vitesse, imposant à leurs résidents un cadre de vie sinistre et une dévalorisation de leurs biens. En juin, l’une d’entre elles a même été détruite.

   


Une série de défaillances structurelles
Une procédure de « class action » a été déposée vendredi 14 septembre contre Make It Right, accusé d’avoir vendu « des maisons défectueuses et mal construites ». L’acte d’accusation fait état de « pratiques commerciales déloyales », de « ruptures de contrat », de « fraude ». Depuis qu’elle avait elle-même fait conduire un audit sur les maisons, la fondation de Brad Pitt aurait eu connaissance de toute une série de défaillances structurelles, de problèmes liés aux matériaux, mais les aurait dissimulés aux propriétaires pendant la période où ils pouvaient encore obtenir réparation en vertu du Louisiana New Home Warranty Act.
« Nous menons cette action en justice pour obtenir réparation (“to make it right”) », a déclaré Ron Austin, l’avocat des propriétaires, à la chaîne d’information américaine NBC News. L’histoire de cette communauté déshéritée qui s’insurge contre le système qui l’a flouée ferait, c’est la triste ironie de l’affaire, un scénario parfait pour Plan B, la société de production de Brad Pitt. Ses représentants n’ont, pour l’heure, pas souhaité faire de commentaire. La fondation Make It Right non plus.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Une série d’expositions tente de faire venir la population dans les musées par le biais de la thématique sportive.
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Photographie : Lille célèbre le sport en images

Une série d’expositions tente de faire venir la population dans les musées par le biais de la thématique sportive.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h55
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 17h27
    |

            Claire Guillot (Lille)








                        



   


Faire venir les habitants à la culture grâce au sport : l’intention est louable ; la réalisation, plus compliquée. A Lille, une nouvelle manifestation nommée « Sportfoto », organisée jusqu’au 4 novembre par Lille 3000, vise à élargir l’horizon de tous les sportifs – en herbe ou à la retraite, les pratiquants et ceux du canapé. « Notre politique culturelle parvient à toucher beaucoup de monde, résume la maire de Lille, Martine Aubry. Mais il reste un échec, les jeunes des quartiers qui ne viennent pas. On s’est dit qu’avec ce projet, on pouvait à la fois amener ces gamins à la culture et valoriser le sport. » 
Début septembre, un week-end rempli d’animations sportives a permis aux Lillois (maire comprise !) de traverser les hauts lieux de la culture, de l’Opéra à l’Hospice Comtesse, baskets aux pieds, lors d’un trail nocturne. Mais l’essentiel de la manifestation consiste en des expositions gratuites de photos, jusqu’au 4 novembre, dans trois lieux phares de la ville – Tripostal, Hospice Comtesse et gare Saint-Sauveur –, conçues par Jean-Denis Walter, ex-rédacteur en chef à L’Equipe magazine et désormais directeur d’une galerie de photos de sport à Paris.
Ambitions trop nombreuses
Sans doute les ambitions de départ étaient-elles trop nombreuses pour cette première édition, qui vise à la fois à célébrer les trois sports rois de la région – cyclisme, football et boxe –, à mettre en valeur les clubs et les bénévoles locaux, à prôner « les valeurs du sport » et à faire découvrir des auteurs à l’approche originale. Sans doute aussi la passion et la communion propres à l’amour du sport ne se marient-elles pas toujours bien avec l’esprit critique propre à la démarche artistique.
Toujours est-il que les expositions, tiraillées entre toutes ces exigences, au lieu de se limiter à quelques projets bien choisis, tournent souvent au pot-pourri foutraque. On aurait aimé ainsi en apprendre plus sur Georges Charpentier (1894-1975) : ce premier champion du monde français de boxe, originaire de Liévin, a fini sa carrière comme… danseur de claquettes. Il est représenté ici à travers une seule reproduction à l’Hospice Comtesse qui réunit autour d’un ring nombre de travaux divers sur le thème de la boxe.
L’aventure de l’équipe de France 1998 valait bien d’être rappelée grâce au fameux documentaire Les Yeux dans les Bleus et les images prises par son auteur Stéphane Meunier dans l’intimité des joueurs. L’évocation de la victoire de 2018 laisse, elle, sur sa faim. Alors qu’il y aurait tant à faire sur le contrôle des images par les joueurs actuels, il faudra se contenter des meilleurs moments et des portraits des joueurs par l’AFP. L’exposition consacrée à l’un des maîtres de la photo sportive, le Britannique Bob Martin, champion du geste saisi en plein vol, aurait mérité une présentation plus ample et non pas répartie sur deux lieux.
Célébration des héros
Bien souvent, la célébration sans recul des héros, petits ou grands, l’emporte sur tout le reste. Même Pauce, embauché pour photographier les mini-champions des clubs locaux, réussit à leur faire perdre toute leur part d’enfance et de spontanéité. Pour obtenir une photo « parfaite », il a photographié chaque enfant un par un, avant de coller le tout dans de fausses images collectives où les petits posent comme des guerriers, auréolés d’une lumière de star et prêts à en découdre.
Il y a pourtant, au Tripostal, des travaux pas toujours bien mis en valeur, mais qui méritent le détour. Ken Grant, en noir et blanc, photographie le foot à Liverpool sans jamais aller sur un stade, en témoignant de la vie des « Scouseurs », les habitants de sa ville, supporteurs des deux grands clubs. A Berlin, Harald Hauswald suit dans des images très vivantes, depuis les années 1980, la destinée du club du FC Union. Club rebelle avant la chute du Mur, un temps repaire de hooligans, il réunit aujourd’hui les « Ostalgiques ». Chaque Noël, les supporteurs viennent entonner des chants de Noël dans le stade vide. Ils ont récemment passé des week-ends à rénover le stade pour sauver le club de la disparition. Des images qui racontent, au-delà du sport, un pays et une histoire.
Sur le Web : lille3000.eu/sportfoto



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Dans son dernier clip, « Bandit School », le poète trinidadien Anthony Joseph dénonce les brigands qui, selon lui, évoluent dans toutes les sphères de la société. En avant-première dans « Le jazz et la salsa ».
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Anthony Joseph et l’« école des brigands »

Dans son dernier clip, « Bandit School », le poète trinidadien Anthony Joseph dénonce les brigands qui, selon lui, évoluent dans toutes les sphères de la société. En avant-première dans « Le jazz et la salsa ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 15h04
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


Anthony Joseph vient de signer People of The Sun, son nouvel album qui sort le 21 septembre sur le label Heavenly Sweetness. Il y a quelques mois, le pianiste Florian Pellissier nous avait raconté les conditions de l’enregistrement.
« A Port-d’Espagne, il n’y avait pas de studio digne de ce nom. Le concept, c’était faire venir Jordan Kouby de Question de Son afin de créer un studio mobile. On est allé à Sans-Souci. On s’est installé dans une maison un peu classe qui donnait sur une plage privée de 1 km de long. Jordan a monté le studio en une journée avec du matériel de location en raccordant chacun des musiciens dans sa chambre. On a tracké toute la journée pendant une semaine. C’était une expérience incroyable. »
Le résultat ? Onze pièces ciselées. Dans un environnement musical riche et inédit, Anthony Joseph met sa verve et son lyrisme au service de propos toujours plus engagés.




        Lire aussi :
         

                Entretien avec Florian Pellissier, 4e partie : l’accélération des particules



Après Carribean Roots réalisé en collaboration avec le percussionniste guadeloupéen Roger Raspail, Anthony Joseph est de retour chez lui à Trinidad dans une œuvre plus personnelle. Au programme : steelpan, soca et rapso, mélange de rap et de soca.
Le Londonien s’est assuré de la complicité du saxophoniste et producteurJason Yarde. Il s’est entouré de nombreux artistes locaux parmi lesquels Len « Boogsie » Sharpe, 3Canal, Brother Resistance, une de ses sources d’inspiration mais aussi Ella Andall qui chante en ouverture la déesse yoruba Yemanja.
Chez le poète, spécialisé dans le spoken word, enseignant à l’Université de Londres, qui vient de publier son deuxième roman (Kitch: A Fictional Biography of a Calypso Icon), l’engagement n’est jamais très loin, comme l’atteste Bandit School, le nouvel extrait de son album.
Pour cela, il puise dans la tradition.



Dans le clip de Bandit School que vous présente « Le jazz et la salsa », Anthony Joseph campe un High Class Robber, un voleur à col blanc, suppôt du Midnight Robber, le voleur de minuit, un personnage important du carnaval de Trinidad, interprété par Damien Whiskey. « C’est un orateur surréaliste et macabre qui, dans les carnavals d’autrefois, récitait de longs versets complexes qui célébraient les peurs et les prouesses. » Aux côtés d’Anthony Joseph, les chanteurs de rapso 3Canal.
L’artiste précise le fond de sa pensée : « Bandit School, l’école des brigands. Les rues défoncées, les quartiers pauvres, les ghettos, des écoles pour truands, le terreau ordinaire de la criminalité. Mais les bandits sont n’importe où, à Whitehall ou à la Maison Blanche, ou encore cette université de brigands qu’on appelle les Chambres du Parlement… »
Et de conclure… « Un nouveau bijou de Jason Yarde, avec une touche de grime*, une pincée de Zappa et du funk qui vire au punk. »
Anthony Joseph : People of the Sun (2018, Heavenly Sweetness)
Anthony Joseph en concert le 4 octobre au Café de la Danse (Paris)
* UK grime : genre musical né au Royaume Uni qui mélange UK garage, drum and bass, hip-hop et dancehall (source : wikipedia)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Selon « Le Canard enchaîné », le haut-fonctionnaire Jean-Paul Cluzel a dépensé cette somme en l’espace de cinq ans.
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Plus de 400 000 euros de frais de transports pour Jean-Paul Cluzel, l’ex-patron des musées nationaux

Selon « Le Canard enchaîné », le haut-fonctionnaire Jean-Paul Cluzel a dépensé cette somme en l’espace de cinq ans.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 13h56
    |

            Guillaume Fraissard (avec AFP)








                        



   


Dans son édition du mercredi 19 septembre, Le Canard enchaîné, citant un rapport confidentiel de la Cour des comptes en date du 15 mars, épingle la gestion de Jean-Paul Cluzel, l’ancien président de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais entre 2011 et 2016.
L’hebdomadaire chiffre à 410 000 euros sur cinq ans – soit plus de 6 800 euros par mois – les notes de transport de l’ancien président durant son mandat à la tête de l’établissement public. Pour l’année 2014, cette somme a atteint 95 090 euros, soit plus de 7 900 euros mensuels. En 2015, Agnès Saal, la présidente de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), avait été contrainte à la démission après la révélation dans la presse de 40 000 euros de frais de taxis en dix mois, dont une partie à des fins personnelles.
Contacté par l’AFP, mardi 18 septembre, Jean-Paul Cluzel se défend de tout excès. Selon lui, la limousine – « une Peugeot 508 » – et le chauffeur « servaient également pour les membres de la direction, les artistes, collectionneurs et invités, et pour le transport des plis. A cela s’ajoutait un recours ponctuel aux taxis, notamment pour les heures très tardives et pour les invités quand mon chauffeur ne pouvait suffire à lui seul ».
Envolée des coûts de rénovation
Désormais à la tête du conseil d’administration de l’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC), M. Cluzel, qui récuse tout usage « à des fins personnelles » de ce véhicule, avance ses propres chiffres : « 68 000 euros par an pour la Peugeot 508 et le chauffeur, y compris heures supplémentaires, carburant, assurances, entretien, cotisations sociales et taxes. Les taxis, pour le transport d’invités, artistes, grands collectionneurs, mécènes, c’est 3 366 euros par an. »

        Lire aussi le focus :
         

          Frais de taxi au Centre Pompidou : prison avec sursis et 3 000 euros d’amende pour Agnès Saal



Le rapport de la Cour des comptes pointe également l’envolée des coûts de rénovation du Grand Palais : de 236 millions d’euros en 2010 à 466 millions en février 2018, et même à 541 millions aujourd’hui. Un chiffrage fermement contesté par la direction de la RMN-Grand Palais qui, dans un communiqué diffusé mardi, rappelle que « le montant du ­budget de 466 millions d’euros n’a pas évolué depuis que le gou­vernement a validé le projet en ­janvier 2016 » et que « cet ­arbitrage a été confirmé par l’actuel gouvernement en décembre 2017 ». L’établissement précise que le périmètre des travaux ­concerne également le Palais de la découverte et que le chiffre de 541 millions d’euros avancé par Le Canard enchaîné – incluant les intérêts liés à un prêt bancaire de 150 millions d’euros – est « infondé ». « Jamais les intérêts d’emprunt ne sont inclus dans le coût d’un projet », précise ­l’institution.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Ce lieu au charme désuet, près de Paris, évoque les grandes heures de la recherche coloniale. Longtemps à l’abandon, le Jardin d’agronomie tropicale attend son renouveau.
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Un jardin tropical dans les limbes

Ce lieu au charme désuet, près de Paris, évoque les grandes heures de la recherche coloniale. Longtemps à l’abandon, le Jardin d’agronomie tropicale attend son renouveau.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h00
    |

                            Catherine Mary








                        



                                


                            
C’est un jardin insolite auquel on accède par une étrange porte chinoise à la peinture délavée, l’un des nombreux vestiges des expositions coloniales qui le hantent. Pourtant le Jardin d’agronomie tropicale, 7 hectares logés dans la pointe orientale du parc de Vincennes, à la limite de Nogent-sur-Marne, n’en est pas moins habité.
Chaque jour s’y rendent les employés de 18 institutions et organisations non gouvernementales hébergées sur le campus géré par le Cirad, l’organisme français de ­recherche agronomique et de ­coopération dans les régions tropicales et méditerranéennes. Et leurs déplacements le long des ­allées de terre tracées dans le bois en friche où se nichent les pavillons délabrés ressemblent à un dialogue de signes avec le passé.
Rapport au passé colonial
Car si les activités du Cirad sont ­désormais consacrées au développement durable dans les anciens pays colonisés, il n’en est pas moins l’héritier de la recherche en agronomie tropicale pour laquelle le jardin a été créé. « En France, nous avons un rapport un peu honteux à notre passé colonial, et c’est sans doute pour cette raison que le jardin n’est pas mis en valeur, ­confie Serge Volper, ex-responsable de la bibliothèque historique du Cirad, située au centre du jardin. La France, parmi les puissances coloniales, est la seule nation à avoir fait de la recherche agronomique tropicale une discipline bien individualisée de l’agronomie. » A force d’en choyer les archives, il est devenu la mémoire du jardin. Cette vitrine où sont exposées graines, fruits, écorces et produits du cacaoyer était destinée aux « leçons de choses », qui inculquaient aux élèves de l’empire les bienfaits de l’agronomie tropicale. Et ce buste en bois qui trône au centre de la bibliothèque, c’est celui de Jean Thadée Dybowski qui, avant de devenir le premier directeur du jardin, avait été directeur du commerce et de la colonisation en Tunisie.
A l’origine du jardin, il y...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Pour ses bâtiments, le Japonais s’inspire de techniques ancestrales.
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Kengo Kuma : « L’architecture est une séquence qui ne s’arrête pas »

Pour ses bâtiments, le Japonais s’inspire de techniques ancestrales.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 18h01
    |

            Isabelle Regnier (Dundee (Ecosse)








                        



                                


                            

Célèbre pour ses constructions inspirées des formes de la nature, le Japonais Kengo Kuma est un de ces architectes prolifiques qui modèle, un peu partout dans le monde, la ville de demain. Alors qu’il œuvre entre autres, à la construction du nouveau grand stade de Tokyo, qui doit être livré pour les Jeux olympiques de 2020, et à celle de la station Saint-Denis-Pleyel du Grand Paris Express, à Saint-Denis, il vient d’inaugurer le nouveau Victoria & Albert Museum, à Dundee, en Ecosse.

Au Japon, vous revendiquez de vous approprier des techniques architecturales ancestrales. Votre approche change-t-elle quand vous travaillez à l’étranger ?
Pas tellement. On ne peut pas dire que nous copions l’architecture traditionnelle. Elle nous fournit des pistes qui sont surtout des principes de design durable : ces grands toits qui protègent du soleil, des systèmes de ventilation naturelle… Mais ces principes, qui vont de pair avec un recours aux matériaux locaux, peuvent être adaptés n’importe où. Y compris ici, à Dundee.
Que doit le Victoria & Albert Museum de Dundee à l’architecture traditionnelle japonaise ?
Cette « grotte », par exemple, nichée entre les deux parties du bâtiment, qui opère comme un aimant pour attirer les gens vers les quais. La construction en porte-à-faux, aussi, qui projette ses ombres sous le bâtiment. Et plus généralement, une manière de s’inspirer de la nature environnante…
Est-ce la nature, aussi, qui inspire cet agencement irrégulier des lames de bois sur les murs intérieurs ?
La nature s’épanouit dans un hasard magnifique. Rien ne s’y répète à l’identique, jamais. Elle est toujours en mouvement. C’est en effet pour retrouver quelque chose de sa beauté, de son rythme, que nous avons utilisé des lames de bois de tailles différentes, que nous les avons agencées selon des angles différents.
D’où vient cette pierre noire, ornée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Construit par le Japonais Kengo Kuma, c’est le navire amiral d’un projet urbain destiné à revitaliser l’ancien port industriel de la ville.
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Le vaisseau rétro-futuriste du Victoria & Albert Museum de Dundee

Construit par le Japonais Kengo Kuma, c’est le navire amiral d’un projet urbain destiné à revitaliser l’ancien port industriel de la ville.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 09h39
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 09h52
    |

            Isabelle Regnier (Dundee (Ecosse)








                        



                                


                            

Un nouveau Victoria & Albert Museum a ouvert, le 12 septembre, à Dundee, en Ecosse, sur les rives de l’estuaire du Tay. Construit par le Japonais Kengo Kuma (supervisé par l’Italien Maurizio Mucciola), c’est le navire amiral d’un projet urbain destiné à revitaliser l’ancien port industriel de la ville et, de là, son économie tout entière. Sur le modèle du Guggenheim de Bilbao, en somme. A la sortie de la nouvelle gare de Dundee, on tombe ainsi nez à nez avec un attelage de deux pyramides inversées ­nappées de lames de béton dont la brutale modernité tranche avec le bois ciselé du Discovery, beau trois-mâts revenu d’expéditions en Antarctique au début du siècle dernier qui mouille désormais à ses pieds.

Creusé entre ces masses irrégulières, un passage relie, comme une promesse, la ville à la mer. Dans cet édifice troué, feuilleté, sombre et lumineux à la fois, on peut voir, comme le suggère l’architecte, une évocation des falaises écossaises de la mer du Nord. Ou, pourquoi pas, la silhouette d’un vaisseau fantôme rétro-futuriste.
A l’intérieur, les murs en pente douce, tapissés de volets de bois, percés d’ouver­tures aux formes et aux dimensions irrégulières, créent au contraire l’atmosphère d’un cocon : un petit espace au rez-de-chaussée où s’enchâssent la caisse, la cafétéria, la boutique, qui s’ouvre sur la grande mezzanine du premier étage, ses galeries d’exposition (l’une temporaire, l’autre dédiée au design écossais), son restaurant donnant sur la mer, ses salles de formation… L’architecte fait le vœu que son musée devienne un nouvel espace public.
Pour les amateurs de design
Faute de véritables installations consacrées à la sociabilité, à la rêverie, à la lecture, il semble surtout calibré pour les amateurs de design, qui peuvent actuellement y voir deux belles expositions, scénographiées avec le savoir-faire de la prestigieuse institution britannique : la première est consacrée aux paquebots transatlantiques (« Ocean...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ L’Irlandais Conor O’Brien se renouvelle avec un quatrième album teinté de soul et intitulé « The Art of Pretending to Swim », qui sort le 21 septembre.
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Villagers, la pop à contre-courant

L’Irlandais Conor O’Brien se renouvelle avec un quatrième album teinté de soul et intitulé « The Art of Pretending to Swim », qui sort le 21 septembre.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 09h18
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 17h45
    |

            Franck Colombani








                        



                                


                            

A 34 ans, derrière ses grands yeux tristes et son naturel timide, l’Irlandais Conor O’Brien a acquis en l’espace de quatre albums une place à part dans la pop d’outre-Manche. Depuis le remarqué premier opus Becoming a Jackal (2010) au charme folk et lettré, le leader de Villagers – projet solo déguisé de ce multi-instrumentiste, auteur-compositeur et interprète – collectionne les récompenses : des Ivor Novello Awards (dont celui du meilleur album pour son Darling Arithmetic en 2015) en passant par le Ireland’s Choice Music Prize (pour Awayland en 2013), sous oublier plusieurs nominations aux Mercury Music Prize, Q Awards, Mojo Honours List…
Après Darling Arithmetic, intimiste troisième album conçu comme un coming out par son auteur, puis Where Have You Been All My Life ? (2016), splendide concert enregistré en conditions studio, Conor O’Brien déclarait vouloir laisser de côté Villagers pour s’orienter vers un projet purement électronique. Le destin en aura manifestement décidé autrement avec The Art of Pretending to Swim, qui sort le 21 septembre. A l’origine de ce revirement, un déménagement : O’Brien a quitté sa ferme située à Malahide, petite ville côtière tranquille au nord de Dublin, où tous ses précédents disques avaient été conçus, pour le centre de la ville.

Là, l’ex-« villageois » a entrepris des travaux dans son nouvel appartement, notamment la construction d’un studio d’enregistrement. Il a dû potasser pendant un an les manuels d’utilisation de tout son matériel flambant neuf : samplers, boîtes à rythme et autres logiciels de musique comme Pro Tools. « J’ai alors commencé à travailler sur un projet électro personnel pour m’habituer à ces nouveaux outils, raconte O’Brien. Et puis finalement, j’ai recommencé à écrire des mots dessus, et le résultat est redevenu un album de Villagers. »
Des couleurs plus urbaines
De l’apprentissage de ces nouvelles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ La friche présente une rétrospective des œuvres de ce duo d’artistes passionné de design radical.
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A Marseille, les fantômes de Berdaguer & Péjus hantent La Belle-de-Mai

La friche présente une rétrospective des œuvres de ce duo d’artistes passionné de design radical.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 09h04
    |

                            Emmanuelle Lequeux (Marseille)








                        



                                


                            

« Nos chers disparus » : ainsi pourrait être sous-titrée les « Communautés invisibles » de Christophe Berdaguer et Marie Péjus à la friche La Belle-de-Mai de Marseille. Disparues, en effet, toutes les communautés qu’évoquent ici le duo de plasticiens. Elles prennent mille formes : sculptures, maquettes, installations ou dessins. Mais elles ont un point commun : elles ne sont que fantômes, venus hanter cette exposition monographique conçue comme un paysage subjectif, habité. Ainsi de la série de dessins qui composent sur le mur un nuancier de mille gris. Chacun de ces monochromes en flottement est différent. Chacun porte, en fait, le souvenir d’un incendie.
Dans le cadre d’une résidence en entreprise, les deux artistes phocéens ont collaboré avec A2C Services, société spécialisée dans le nettoyage de bâtiments ayant subi un sinistre, le plus souvent un incendie. Après chacune de ses interventions sur un site, les artistes ont recueilli les éponges couvertes de suie, ont récupéré la poussière noire et s’en sont servi pour créer un dessin abstrait, à l’aérographe. Bien sûr, aucun accident mortel n’a été exploité pour cette œuvre. En bas de la page, les coordonnées GPS du lieu ; pas d’autre explication. Ces Mémoires de feu apparaissant ainsi comme « la conjuration d’un drame », résument les artistes qui, depuis vingt ans, ­s’attachent à dévoiler combien « l’homme et les espaces construits s’affectent les uns les autres, se traversent les uns les autres ».
Les deux artistes ont collaboré avec A2C Services, société spécialisée dans le nettoyage de bâtiments ayant subi un sinistre
Le plus anodin des bâtiments est donc porteur à leurs yeux d’une charge particulière, hanté des humeurs de ceux qui l’habitent, riche de données psychiques : tel est l’un des leitmotivs de ce duo passionné d’architecture utopique et de design radical. Il faut dès lors imaginer leur bonheur quand ils sont tombés sur l’histoire de Sarah Winchester....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Plusieurs chanteurs comme Maître Gims ou Orelsan figurent dans le top 20 des meilleures ventes d’albums au premier semestre 2018.
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Les « musiques urbaines » made in France dominent le marché du disque

Plusieurs chanteurs comme Maître Gims ou Orelsan figurent dans le top 20 des meilleures ventes d’albums au premier semestre 2018.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 08h42
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            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Ils s’appellent Maître Gims, Dadju, Orelsan, Vald, Booba, Niska, Sofiane, Jul, Damso ou Soprano et, avec la chanteuse Marwa Loud, figurent, entre autres, dans le top 20 des meilleures ventes d’albums au premier semestre 2018. Un classement révélé, avec le bilan chiffré de ce premier semestre, le 10 septembre, par le Syndicat national de l’édition phonographique (SNEP), dont les membres, producteurs, éditeurs et distributeurs de musique, représentent environ 80 % du marché du disque en France.

Tous relèvent du répertoire regroupé sous le terme générique de « musiques urbaines », soit le rap et le R’n’B contemporain. Tous permettent à la production française du genre de pousser un fier cocorico. Seul le Britannique Ed Sheeran vient défendre, à la 7e place de ce top 20, les couleurs de la pop internationale. Quant à la variété française, elle est représentée par l’album annuel du collectif Les Enfoirés (3e place) et par celui de la chanteuse Louane (12e).
Dans le top 200, le répertoire urbain devance le répertoire dit « de variété », traditionnellement dominant dans l’Hexagone
Le répertoire urbain français affiche par ailleurs une bonne santé : cette fois dans le top 200, il devance le répertoire dit « de variété », traditionnellement dominant dans l’Hexagone, avec 89 productions contre 86. D’une certaine manière, les musiques urbaines, où le rap flirte à l’occasion avec la chanson, pourraient apparaître en ce premier semestre comme la variété contemporaine auprès d’un public jeune, qui écoute majoritairement de la musique à partir des plates-formes de diffusion en ligne et de téléchargement, où ce répertoire est particulièrement mis en avant.
Dans le top 20 streaming des titres ­individuels, on retrouve ainsi peu ou prou les mêmes noms que dans le top 20 albums. Vald y est en tête avec Désaccordé (52 millions de streams), talonné par Lartiste, Dadju, Maître Gims, Marwa Loud ou Sofiane. Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Le tournage de « Leave No Trace » a opéré chez la star américaine un bouleversement « intime et cosmique ».
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Ben Foster, poussière d’étoile

Le tournage de « Leave No Trace » a opéré chez la star américaine un bouleversement « intime et cosmique ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 07h40
    |

            Aureliano Tonet








                        



                                


                            

Si le Festival de Cannes disposait d’une « Palme d’os », si les Oscars remettaient des squelettes en guise de statuettes, Debra Granik en serait l’indiscutable lauréate. Down to the Bone (2004), Winter’s Bone (2010), Leave No Trace (2018) : les titres des trois fictions réalisées à ce jour par la cinéaste disent bien son approche minimale et minérale. L’Américaine progresse en géologue, filmant les hommes et les choses comme des fossiles dont il conviendrait d’étudier les apparitions et les disparitions.

Une épure qui ne se vérifie jamais mieux qu’au contact de ce curieux spécimen qu’est la star de cinéma. Dès lors qu’ils ont été observés jusqu’à la moelle par le professeur Granik, actrices et acteurs se révèlent au monde comme à eux-mêmes. Ainsi de Vera Farmiga et Jennifer Lawrence, devenues des pièces maîtresses du puzzle hollywoodien depuis que la réalisatrice a dévoilé toute la richesse de leurs sédimentations.
Ainsi, pareillement, de Ben ­Foster. En mai, sur la Croisette, où le film était présenté à la Quinzaine des réalisateurs, le comédien nous disait combien Leave No Trace avait opéré en lui « un bouleversement intime et cosmique ». Jusque-là, le bonhomme s’était dépensé sans compter : sagas plus ou moins pataudes (X-Men. L’affrontement final, 2006), productions plus ou moins lourdaudes (Warcraft. Le commencement, 2016), machineries plus ou moins costaudes (Le Flingueur, 2011 ; The Program, 2015, où il incarnait Lance Armstrong)… Que du muscle, en somme. Avec ce rôle d’homme des bois, élevant seul sa fille à l’ombre des branches et à l’abri du monde, effrayé par la société des hommes depuis qu’il a servi sous les drapeaux, Debra Granik fait affleurer chez Ben Foster une douceur et une sensibilité qu’on ne lui soupçonnait pas.
Ben Foster, acteur : « Depuis “Leave No Trace”, c’est simple, je n’ai pas tourné un seul film, tous les...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ La réalisatrice américaine Debra Granik filme avec délicatesse et patience le passage d’une enfant à l’âge de femme.
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« Leave No Trace » : le père, la fille et l’esprit des bois

La réalisatrice américaine Debra Granik filme avec délicatesse et patience le passage d’une enfant à l’âge de femme.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 07h38
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 08h34
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Comme les frères Grimm, Debra Granik aime raconter des histoires de jeunes filles perdues au fond des bois. Ce n’est pas toujours la même histoire. Tom, l’héroïne de Leave No Trace, deuxième long-métrage de fiction de la réalisatrice, est aussi différente de Ree, la jeune chasseuse de Winter’s Bone, que le Petit Chaperon rouge l’est de la Belle au bois dormant. La tension, la terreur, le grotesque de Winter’s Bone, conte sudiste gothique, cèdent la place à un rythme apaisé, élégiaque. Leave No Trace est une balade qui célèbre et déplore la fin de l’enfance, un duo pour fille adolescente et père meurtri qui fait son œuvre si patiemment, si délicatement, qu’on n’en découvrira les effets durables que longtemps après la projection.

        Lire la rencontre :
         

          Ben Foster, poussière d’étoile



Will (Ben Foster) et Tom (Thomasin Harcourt McKenzie) vivent au fond des bois d’un parc national voisin de Portland (Oregon), pas très loin de la forêt où habitait la tribu de Captain Fantastic que dirigeait Viggo Mortensen. Will, lui, n’a rien d’un patriarche ; il n’a pas fui le monde par goût de l’utopie. Ancien combattant d’une de ces guerres sans fin que livre son pays contre le reste du monde, Will est tout simplement incapable de supporter le commerce de ses semblables – à une exception, sa fille. De leur épouse et mère, il ne reste que des souvenirs, évoqués laconiquement. Rien d’autre n’existe que leur côte-à-côte.
La première partie du film est brève : Debra Granik y met en scène l’existence de cette famille des bois. Tom a profité des talents acquis par son père sous les drapeaux. Il sait s’abriter, se nourrir, se cacher. Elle s’applique à mettre en pratique ces leçons, tente de tordre le règlement en faveur de ses envies d’enfant, un peu de sucré, un peu de chaleur. Elle le fait avec une sagesse que connaissent peu d’adultes. On voit bien qu’elle ne poussera jamais un de ces gentils caprices au point de menacer le fragile équilibre auquel est parvenu son père.
Souci documentaire et empathie
De temps à autre, ils vont à la ville, toucher la pension d’ancien combattant de Will, retirer les médicaments psychotropes qu’on lui a prescrits, qu’il revend. Mais cette idylle verte est brutalement interrompue par les rangers du parc, auxquels succèdent bientôt les services sociaux. L’interpellation de Will et Tom finit d’installer le film sur sa trajectoire très particulière. Le père et la fille ont beau avoir traversé d’épouvantables malheurs – la guerre, la mort de la mère –, leur histoire ne sera pas une tragédie. Les rangers procèdent avec courtoisie, les travailleurs sociaux sont pleins de considération pour l’enfant et le vétéran. Debra Granik les observe avec un souci presque documentaire, plein d’empathie, qui réapparaîtra au chapitre suivant : les robinsons de la forêt sont placés dans une plantation de sapins de Noël près de laquelle vit un sympathique adolescent dont le hobby est de présenter son lapin familier dans des concours de beauté.
Passé le plaisir de découvrir ces recoins du paysage américain, Debra Granik assène délicatement le coup : Will a beau travailler au bonheur des enfants, presque comme un lutin du Père Noël, Tom a beau s’être attachée au plus rassurant des teenagers, il reste entre ce monde et leur famille un fossé que le patriarche se refuse une nouvelle fois à combler alors que sa fille voudrait le franchir une fois pour toutes. Leave No Trace sera moins l’histoire d’une cavale que celle du passage d’une enfant à l’âge de femme.
Dans l’errance que le père a imposée, Tom et Will ne font jamais l’expérience du mal ou de la méchanceté
La jeune actrice néo-zélandaise (ça ne s’entend pas) Thomasin Harcourt McKenzie et Ben Foster trouvent une justesse harmonique jusque dans la tranquille discorde qui s’installe entre leurs personnages. La première délimite très nettement la singularité de son personnage, infiniment plus innocente que les autres adolescentes, mais aussi tellement plus sage. Quant à l’acteur qui avait déjà impressionné dans Comancheria, il porte avec une gravité un peu solennelle le poids de la maladie de l’ancien combattant.
Dans l’errance que le père a imposée, Tom et Will ne font jamais l’expérience du mal ou de la méchanceté. Leur malheur procède de ce qui est survenu il y a longtemps, de la douleur que fait naître la séparation à venir. Dans cet entre-deux, Debra Granik filme avec autant de délicatesse les moments qui s’égrènent, jusqu’à ce que la perspective de l’adieu devienne aussi douloureuse au spectateur qu’aux personnages.

Film américain de Debra Granik. Avec Thomasin Harcourt McKenzie, Ben Foster (1 h 49). Sur le Web : www.condor-films.fr/film/leave-no-trace

Les sorties cinéma de la semaine (mercredi 19 septembre)
Leave No Trace, film américain de Debra Granik (à ne pas manquer)L’amour est une fête, film français de Cédric Anger (à voir)Les Frères Sisters, film américain et français de Jacques Audiard (à voir)Avant l’aurore, film français de Nathan Nicholovitch (pourquoi pas)Climax, film français de Gaspar Noé (pourquoi pas)Fortuna, film belge et suisse de Germinal Roaux (pourquoi pas)Le Poulain, film français de Mathieu Sapin (pourquoi pas)Vaurien, film français de Mehdi Senoussi (pourquoi pas)Volubilis, film marocain de Faouzi Bensaïdi (pourquoi pas)La Nonne, film américain de Corin Hardy (on peut éviter)
A l’affiche également  :
Carnage chez les Puppets, film américain de Brian HensonJour de paye ! Vers un revenu universel, documentaire autrichien et allemand de Christian TodPlongeons !, programme de six courts-métrages de Clément Cogitore, Loïc Barché, Tomer, Gabriel Harel, Andrew Ellmaker, Maximilien Van Aertryck et Axel DanielsonVictimes, film français de Robin Entreinger





                            


                        

                        

