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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ La sous-location, même partielle, est interdite par les bailleurs des organismes d’habitations à loyer modéré. La RIVP, qui prouve que Mme X, mère célibataire avec un enfant, a manqué à ses obligations, obtient de la justice la résiliation de son bail et son expulsion.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Après trois ans d’enquête, la Commission européenne a jugé légal le traitement fiscal avantageux accordé par le Luxembourg au géant du fast-food américain.
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Big Mac, zéro taxe… ou comment l’Europe épargne McDonald’s

Après trois ans d’enquête, la Commission européenne a jugé légal le traitement fiscal avantageux accordé par le Luxembourg au géant du fast-food américain.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 17h33
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


C’est « Happy meal » pour McDonald’s, comme le dit ironiquement l’eurodéputé Vert allemand Sven Giegold. La commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, a estimé, mercredi 19 septembre, que le Luxembourg n’avait pas accordé d’aide illégale à McDonald’s Europe Franchising en ne taxant pas ses bénéfices.
Le géant du fast-food qui, comme d’autres compagnies, a bénéficié des « rescrits » fiscaux (ou rulings) accordés par le Grand-Duché – et d’autres pays de l’Union – ne subira donc pas le sort infligé, entre autres, à Amazon, qui vient d’acquitter 280 millions d’euros au Luxembourg sur injonction de Bruxelles, ou d’Apple, qui a versé 14,3 milliards à l’Irlande, en espérant toutefois que la Cour de justice européenne infléchira la décision de la Commission.

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                Amazon, ou comment ne pas payer ses impôts



McDonald’s Europe – ce qui inclut la Russie et l’Ukraine – est donc blanchie, alors que le groupe n’a payé aucun impôt sur ses bénéfices – en fait, les redevances intragroupe de ses franchisés –, en Europe et aux Etats-Unis.
C’est un trou béant dans la législation qui a permis ce miracle de l’ingénierie fiscale, ce défaut d’« équité », comme le dit prudemment Mme Vestager. Voulant éviter la double imposition des bénéfices de McDonald’s, le Luxembourg a, en réalité, favorisé un phénomène inédit de double… non-imposition.
Trois ans d’enquête
Aux Etats-Unis, la compagnie n’a, en effet, pas dû prouver qu’elle était imposable en Europe. Et, au Grand-Duché, on l’a dispensée de fournir les preuves qu’elle payait des impôts outre-Atlantique, jugeant, de plus, qu’elle répondait aux critères de « l’établissement stable » exigés par la loi. Tandis que l’administration américaine estimait, au contraire, que son implantation à Luxembourg n’était pas « stable ».

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                « McDonald’s doit verser sa juste part d’impôts et payer correctement ses salariés »



Au total, cela ne permet pas d’affirmer, a estimé Bruxelles, au bout de trois ans d’enquête, qu’il y aurait eu une aide illégale ou un « traitement spécial ». Tout au plus une « mauvaise application » du droit pour une société qui employait une dizaine de personnes et a fait transiter 3,7 milliards de gains par Luxembourg.
La décision de Bruxelles a, évidemment réjoui les dirigeants grand-ducaux. Qui promettent de faire voter prochainement par leur parlement un texte censé éviter la réédition de cet épisode. Cette stratégie d’optimisation fiscale aurait permis au roi du Big Mac d’éviter de payer environ 1 milliard d’euros d’impôts pour la période 2009-2013, selon des syndicats et des militants anti-pauvreté. Le groupe a répliqué qu’il a payé, en Europe, 3 milliards au titre de l’impôt sur les sociétés pour la période 2013-2017, en vertu d’un taux d’imposition moyen de 29 %.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ L’Etat annonce un plan de 110 millions d’euros pour renforcer et déployer ces espaces de travail où se mêlent fabrication et réseau d’échanges. Il suit les préconisations d’un rapport qui révèle un phénomène touchant l’ensemble des territoires mais encore fragile.
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Le phénomène des « tiers lieux » s’impose à l’Etat

L’Etat annonce un plan de 110 millions d’euros pour renforcer et déployer ces espaces de travail où se mêlent fabrication et réseau d’échanges. Il suit les préconisations d’un rapport qui révèle un phénomène touchant l’ensemble des territoires mais encore fragile.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 17h28
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



   


Pour dynamiser les territoires, le gouvernement entend donner un « coup d’accélérateur » au développement des « tiers lieux ». Dans la foulée de la remise d’un rapport sur ces espaces de « coworking », « fab lab », « living lab » et autre « makerspace », le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, Julien Denormandie, a annoncé, mercredi 19 septembre, un plan de 110 millions d’euros sur trois ans pour renforcer et déployer ces espaces de travail partagé où se mêlent fabrication et réseau d’échanges.
« Avant-gardiste, le mouvement des tiers lieux n’est plus un simple phénomène alternatif marginal », martèle Patrick Levy-Waitz, qui a piloté la mission « Tiers lieux et coworking ». Au terme d’un tour de France de huit mois, le président de la Fondation Travailler autrement en est convaincu : « C’est un phénomène économique émergeant mais réel qui touche l’ensemble des territoires, et bien plus puissant qu’on ne l’imaginait. »
Jusqu’alors estimés à quelque 600, la mission en a dénombré plus de deux fois plus (1 463)… dont près de la moitié hors des métropoles. Et encore, si l’on tient compte des projets en gestation, leur nombre atteint 1 800. « Pour la première fois, avec ce mouvement qui part des citoyens et témoigne d’une transformation majeure de notre rapport au travail et des modes d’apprentissage, nous avons une vraie réponse au désenclavement des territoires », insiste Patrick Levy-Waitz.
Collaborations croisées
Hybrides et multiformes, les tiers lieux se caractérisent par une grande diversité. Ils revendiquent chacun leur manière de faire mais tous favorisent les rencontres entre des acteurs aux parcours et projets variés. Au sein du Mutualab, vaste espace autogéré de 1 000 m2 en plein cœur de Lille (Nord), se côtoient une cinquantaine de profils différents. « Autant de rencontres possibles susceptibles de favoriser des collaborations croisées », relève Emmanuel Duvette, son président.
« Lorsque l’on boit un café, déjeune ensemble, on partage nos réussites, nos échecs, on se remonte le moral, s’échange des opportunités d’affaires, et même parfois nous montons des projets communs », témoigne Séverine Jacob, céramiste potière, qui, avec neuf autres artisans d’arts, a créé en 2016 la CoFabrik. Installé au rez-de-chaussée d’un immeuble à Moulins, quartier prioritaire de Lille, ce tiers lieux associatif, géré bénévolement par l’ensemble de ses membres, compte, outre une douzaine d’ateliers privatifs, trois espaces fab lab dédiés au travail du bois, de la terre et aux arts graphiques, ouverts aux non-résidents, artisans comme passionnés des arts. « Il est important d’ouvrir le lieu sur le quartier pour faire connaître nos métiers et échanger nos savoirs », souligne Séverine Jacob.

   


Loin de rester sur eux-mêmes, tous cherchent à s’ouvrir sur leur environnement, aux riverains mais aussi aux entreprises, en proposant à celles-ci la location de salles pour des séminaires, en ouvrant à leurs salariés les ateliers thématiques qu’ils organisent pour leurs coworkers. Cela constitue une source de revenus complétant utilement la location d’espaces de travail. L’objectif est aussi et surtout « de faire connaître au tissu économique local les compétences présentes au sein de notre espace », relève Bénédicte Poncet, fondatrice du Mix, à Tassin-la- Demi-Lune (Rhône), premier espace périurbain du Grand Lyon à avoir ouvert en 2015.
Dynamique de développement du numérique sur le territoire
Truffé de machines de fabrication numérique (imprimante laser, scanner 3D, fraiseuse numérique, découpe laser…) le fab lab de La Machinerie, à Amiens, est ouvert seize heures par semaine, au grand public, aux novices comme aux utilisateurs chevronnés. « S’y côtoient des cadres de Procter & Gamble et des jeunes de centres sociaux, des quartiers prioritaires de la ville », observe Benjamin Lemay, cofondateur du lieu.
La grande faiblesse de ces structures est de peiner souvent à trouver leur modèle économique et à atteindre leur taille critique
L’équipe qui cherche à démocratiser l’usage des outils numériques développe aussi un « Make it Fab », labellisé Grande Ecole du numérique, dédié aux jeunes éloignées de l’emploi. Et avec les outils de l’atelier, La Machinerie propose des prestations de prototypages et de R&D externalisées pour des TPE et des PME.
Avec La Station, la communauté d’agglomération du pays de Saint-Omer (Capso), dans le Pas-de-Calais, veut aussi impulser une réelle dynamique de développement du numérique sur son territoire. Devant sa gare bientôt réhabilitée, elle a installé en juin 2016 un pôle éco-numérique de 140 m2. Celui-ci comprend un espace de coworking, un fab lab (découpe laser, imprimante 3D, broderie numérique…), un espace de prototypage et d’initiation aux outils numériques.
Gouvernance partagée
En deux ans, cet espace éphémère – La Station sera installée au sein même de la gare en 2019, une fois celle-ci rénovée – a enregistré plus de 15 000 visites de particuliers, d’étudiants et d’entreprises locales. « On est en train de montrer que la transformation numérique et digitale n’est pas réservée aux grandes métropoles, se félicite François Decoster, président de la Capso. Tout espoir n’est pas perdu pour les villes moyennes. »
En vue de préparer le passage à la taille réelle du pôle, une association réunissant, aux côtés de la collectivité locale, entreprises, industriels, acteurs de la formation et de l’emploi et usagers, a été créée au printemps 2018. Car pour l’édile, « un lieu hybride appelle une gouvernance partagée ». Sans compter qu’à plus long terme, La Station s’est fixée pour objectif d’essaimer et d’installer des antennes dans les campagnes environnantes.
« Ouvrir un espace nécessite une masse critique. Et plutôt que de jouer la concurrence, les territoires doivent jouer la mutualisation et développer les synergies », insiste Patrick Levy-Waitz, convaincu de la nécessité d’encourager le développement de tels tiers lieux structurants, à même de jouer le rôle de tête de réseau et d’espace-ressources pour soutenir les tiers lieux existants ou la création de nouveaux dans les territoires.
« Accompagner les porteurs de projets en partant de leurs besoins »
Le plan gouvernemental de 110 millions d’euros d’ici à 2021 doit ainsi servir à créer ou consolider 300 « Fabriques des territoires », en priorité dans les zones rurales et les quartiers populaires, pour résorber les « fractures territoriales ». Il s’appuiera sur un fond d’amorçage de 60 millions – 20 millions par an – financé par l’Etat, qui dopera les projets en création. Un fonds d’investissement socialement responsable (IRS) de 40 millions, mixant crédits publics et privés, permettra aux tiers lieux d’accéder à un coût soutenable aux outils et compétences nécessaires pour consolider leur activité. Enfin, un fonds de dotation de 10 millions minimum alimenté par des entreprises viendra abonder les deux autres leviers.
Autant de moyens qui doivent prévenir la fragilité des tiers lieux. Car la grande faiblesse de ces structures est de peiner souvent à trouver leur modèle économique et à atteindre leur taille critique. « Il ne s’agit pas de lancer un plan massif pour uniformiser le déploiement des tiers lieux sur un modèle unique, mais d’accompagner, par des moyens mobilisables de manière souple et efficace, les porteurs de projets en partant de leurs besoins et en leur laissant l’initiative et le temps », prévient toutefois Patrick Levy-Waitz, qui insiste aussi sur l’accompagnement et la professionnalisation des animateurs de tiers lieux. Une structure nationale les mettra en réseau pour favoriser les échanges d’expériences entre eux et mutualiser formations et outils. « Dans une logique de filière, cette structure, appuie l’expert, doit être portée par et pour les tiers lieux. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Deux chercheuses en marketing, Sihem Dekhili et Aline Pereira Pündrich, analysent dans une tribune au « Monde » les comportements des consommateurs de textile, peu compatibles avec la mode « responsable » qu’essaient de mettre en avant certains pionniers du secteur.
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« Vouloir protéger la planète, bien sûr, mais de là à s’habiller autrement » !

Deux chercheuses en marketing, Sihem Dekhili et Aline Pereira Pündrich, analysent dans une tribune au « Monde » les comportements des consommateurs de textile, peu compatibles avec la mode « responsable » qu’essaient de mettre en avant certains pionniers du secteur.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 15h15
    |

Sihem Dekhili et Aline Pereira Pündrich (Chercheuses en marketing à EM Strasbourg Business School, laboratoire Humanis)







                        



                                


                            

Tribune. Pourquoi achète-t-on si volontiers du chocolat équitable ou des cahiers en papier recyclé, mais remise-t-on si vite notre conscience écologique et sociale dès lors qu’il s’agit de renouveler nos garde-robes ?
La mode « responsable » peine à s’imposer en France. Faute de rencontrer son public, l’Ethical Fashion Show, fondé à Paris en 2004, a migré en Allemagne en 2012. Les marques qui affichent leur engagement se développent difficilement. Plusieurs ont même été contraintes de fermer.
30 kilos de vêtements et accessoires par an
Les dégâts produits par le « business » mondial de la mode sont pourtant considérables. Le 24 avril 2013, plus d’un millier d’ouvrières mouraient sous les décombres d’une usine du Bangladesh. Plusieurs reportages suivirent, montrant les conditions de travail indignes régnant le plus souvent dans ce secteur de la « fast fashion », qui fabrique à vitesse accélérée des habits aussi vite achetés que mis au rebut.

D’après Greenpeace, à l’échelle mondiale, plus de 100 milliards de pièces sont désormais produites chaque année. On sait que les Françaises achètent en moyenne 30 kilos de vêtements et accessoires par an. Le nombre de fois où chacune de ces pièces est utilisée a diminué d’un tiers en quinze ans.
L’usage de fibres recyclées est considéré comme synonyme de qualité inférieure. Le client attiré par le luxe rejette a priori une démarche altruiste, lorsqu’il fait du shopping
Les conséquences environnementales de cette consommation frénétique commencent à être connues. L’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde. Chaque kilo de linge produit pollue 200 litres d’eau. Un quart des pesticides utilisés sur la planète est épandu sur les champs de coton ; on connaît leur impact sur la santé humaine et la biodiversité. A l’échelle mondiale, seulement 1 % des matières premières utilisées sont recyclées.
Vendre moins, mais mieux des produits plus qualitatifs...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-5">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Actuellement, il faut être abonné à RMC Sport pour suivre les compétitions européennes et à Canal+ et BeIN Sports pour suivre la Ligue 1 et les championnats européens.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Football à la télévision : SFR va lancer une offre à 40 euros avec Canal+, BeIN Sports et RMC Sport

Actuellement, il faut être abonné à RMC Sport pour suivre les compétitions européennes et à Canal+ et BeIN Sports pour suivre la Ligue 1 et les championnats européens.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 14h59
   





                        


Nouveau détenteur des droits de la Ligue des champions – et après une première soirée marquée par de nombreuses difficultés techniques –, l’opérateur SFR va proposer la semaine prochaine un bouquet comportant Canal+, BeINSports et RMC Sport pour moins de 40 euros, a annoncé son PDG, Alain Weill, mercredi 19 septembre sur RTL.
A l’heure actuelle, il faut être abonné à RMC Sport (de 9 à 19 euros par mois) pour suivre les compétitions européennes, à Canal+ ainsi qu’à BeIN Sports (34,90 euros mensuels pendant deux ans, puis 49,90 euros par mois) pour regarder le championnat de France et les principaux championnats européens. Au total, il faut donc souvent débourser plus de 50 euros pour pouvoir tout suivre.
L’opérateur (filiale du groupe Altice), qui a racheté pour 370 millions d’euros par saison les droits des compétitions européennes de football jusqu’en 2021, propose cette offre après une soirée difficile mardi pour les premiers matchs de la phase de poules de la Ligue des champions. Face à l’afflux de connexions, les serveurs de l’opérateur n’ont pas tenu et de nombreux abonnés à l’offre numérique n’ont pas pu voir de match.
« On fait le maximum, on a des équipes qui sont depuis hier soir sur le sujet pour améliorer la capacité. On a été dépassés par notre succès, on est bien au-delà de nos objectifs », a déclaré M. Weill, estimant que 10 % des abonnés numériques ont eu des difficultés.

        Lire aussi :
         

                Pépins techniques sur RMC Sport : « Nous avons été dépassés par le succès »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ L’IA nous fait entrer dans l’ère de la « personnalisation de masse », mais les systèmes de ciblage restent très subjectifs, met en garde l’expert financier Matthieu Sénéchal dans une tribune au « Monde ».
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Pour une « éthique » pluraliste « de l’intelligence artificielle »

L’IA nous fait entrer dans l’ère de la « personnalisation de masse », mais les systèmes de ciblage restent très subjectifs, met en garde l’expert financier Matthieu Sénéchal dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 14h45
    |

Matthieu Sénéchal (Cofondateur de mieuxplacer.com, site de placement financier)







                        



                                


                            

Tribune. Orientation universitaire, prêts bancaires : l’intelligence artificielle (IA) est au cœur de plus en plus de décisions individuelles. En témoignent les bacheliers qui ont passé l’été suspendus aux caprices de Parcoursup, sans y comprendre grand-chose. En effet, le système technique qui sous-tend l’IA a tout d’une boîte noire, dont émergeraient des oracles débarrassés de tous les aléas humains. Or, il n’en est rien.
En 2015, des chercheurs de Carnegie Mellon ont découvert que dans les offres d’emplois sponsorisées par Google Ad, la grille de salaire proposée pouvait différer selon que vous êtes un homme ou une femme. En fonction de la couleur de votre peau, les logiciels de reconnaissance faciale auront plus ou moins de facilité à vous identifier.

Les algorithmes sont empreints des stéréotypes de ceux qui les conçoivent. Les développeurs définissent pour un système donné les réactions attendues dans différentes configurations, en fonction de leurs valeurs et de ce qu’eux-mêmes s’attendent à observer.
Le technicien aux commandes
Le processus est biaisé depuis ses prémices. Dans le cas où la conception ne se fait pas ex nihilo, l’arbitraire n’est jamais loin non plus. On recourt alors à l’apprentissage de comportements fondés sur des données historiques… mais pas forcément représentatives ! Dans le cas de la reconnaissance faciale, si la base de données qui fait référence contient plus de visages d’hommes blancs que d’autres types de visage, l’algorithme sera tout aussi empreint de ce biais.

En 2000, le juriste américain Lawrence Lessig écrivait dans son article « Code is law » que c’est le code qui façonne le cyberespace, définit son architecture, et au-delà, nos fondamentaux de liberté. Deux choses ont changé depuis. D’une part, depuis l’essor d’Internet et l’avènement des smartphones, le cyberespace n’est plus une entité séparée du monde réel.
Le danger d’un nouveau positivisme...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Les chercheurs Jonathan Wareham et Laia Pujol appellent dans une tribune au « Monde » à une meilleure utilisation du potentiel des grands équipements scientifiques européens pour développer des technologies innovantes contribuant au bien-être économique et social.
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Les « perles cachées » de l’innovation technologique européenne

Les chercheurs Jonathan Wareham et Laia Pujol appellent dans une tribune au « Monde » à une meilleure utilisation du potentiel des grands équipements scientifiques européens pour développer des technologies innovantes contribuant au bien-être économique et social.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 14h15
    |

Jonathan Wareham (Professeur en systèmes d’information à l’Esade Business School, à Barcelone) et Laia Pujol (Doctorante à l’Esade Business School)







                        



                                


                            

Tribune. Le 26 septembre 2017, lors de son discours à la Sorbonne, le président Emmanuel Macron avait suggéré la création d’une agence d’innovation paneuropéenne, semblable à la Defense Advanced Research Projects Agency (Darpa) américaine, entrée dans la légende du développement de nouvelles technologies dès sa création en 1958 au sein du département de la défense des Etats-Unis.
Le commissaire européen à la recherche et à l’innovation, Carlos Moedas, a, quant à lui, proposé, en octobre 2017, la création d’un « conseil européen de l’innovation » pour piloter le programme Horizon 2020. Pour l’un comme pour l’autre, il est urgent d’aider l’Europe à rattraper son retard sur ses concurrents internationaux en matière d’innovation.
M. Moedas suggère, peut-être à juste titre, qu’une agence européenne intergouvernementale sur le modèle de la Darpa constituerait une approche trop « descendante » pour les Etats membres. Son argumentation ignore toutefois un élément essentiel : les technologies de la Darpa, qui ont marqué de leur empreinte presque tous les produits numériques disponibles sur le marché aujourd’hui – GPS, réalité virtuelle, voitures autonomes –, ont été développées dans un environnement commercial.
En effet, la quasi-totalité des entreprises qui ont marqué les débuts de la Silicon Valley, dont IBM, Hewlett-Packard ou Oracle, doivent leur succès aux grands contrats passés avec l’armée américaine. La question n’est pas de glorifier le rôle des dépenses militaires, mais de souligner l’importance d’une forte traction par la demande dans le processus d’innovation. Comment l’Europe peut-elle stimuler la demande d’innovation ?
Une longue et fière tradition de progrès
L’Europe a une longue et fière tradition de progrès scientifique. Elle peut se vanter de disposer des infrastructures de recherche parmi les plus sophistiquées au monde, avec notamment l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN),...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Dans son essai, le docteur en économie Jean-Marc Rogier appelle à œuvrer au principe d’une société durable en stimulant notre capacité d’association.
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Face au règne de la concurrence, les vertus de la coopération

Dans son essai, le docteur en économie Jean-Marc Rogier appelle à œuvrer au principe d’une société durable en stimulant notre capacité d’association.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 13h00
    |

                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Des entreprises plus grandes, des fonds d’investissement plus puissants, un Etat plus fort… Aujourd’hui, nos solutions empruntent trop souvent à la logique de conflit. Nous vivons en crise permanente autour de l’unique pilier concurrentiel.
« Une mauvaise architecture qui fait écho à l’idée que la vie devrait être une lutte, un conflit permanent, qui serait à la fois cause et finalité de notre vivre-ensemble », estime Jean-Marc Rogier. Son ouvrage, La Société coopérative 3.0, appelle à œuvrer au principe d’une société durable. Pour ce faire, nul besoin d’être porteur du bien, ferment de morales concurrentes. Stimuler notre capacité d’association est bien plus pragmatique et efficace, et le docteur en économie nous invite à installer la coopération au même niveau que la concurrence au sein de nos sociétés.
L’économie dite « collaborative » concerne de nombreux domaines : logement, transport, tourisme, mais aussi finance ou divertissements
Méfions-nous cependant du slogan qui porte l’intention de nous faire collaborer. L’économie dite « collaborative » concerne de nombreux domaines : logement, transport, tourisme, mais aussi finance ou divertissements. « L’ensemble se drape dans une sémantique positive qui contribue à nous faire imaginer une future économie sympathique, une économie qui donne envie de consommer », écrit-il. Rien, pourtant, ne témoigne d’un système dont la finalité viendrait contredire la recherche habituelle de profit. « Il n’y a donc aucune révolution collaborative, et les start-up restent désespérément des organisations traditionnelles saupoudrées d’open spaces. »
Pragmatisme
Pour Jean-Marc Rogier, la coopération doit davantage s’apprécier comme une technique que comme une éthique. Nos sociétés sont légalement concurrentielles : « Notre dispositif juridique s’articule autour de la compétition, certes pour en diminuer les effets, mais aussi pour la considérer...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Jeff Dean, chargé de l’intelligence artificielle chez Google, détaille la stratégie du grand groupe américain, en particulier dans la santé, et les principes qui guident ses recherches.
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Pour Google, « l’intelligence artificielle doit être responsable devant l’humain »

Jeff Dean, chargé de l’intelligence artificielle chez Google, détaille la stratégie du grand groupe américain, en particulier dans la santé, et les principes qui guident ses recherches.





LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h43
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 16h50
    |

            Morgane Tual et 
Alexandre Piquard





                        
Alors que Google fête, ce mois-ci, ses 20 ans, l’entreprise américaine a inauguré mardi 18 septembre un centre de recherche en intelligence artificielle (IA) à Paris. En quelques années, ces technologies se sont invitées dans tous les produits de Google, devenue au passage l’une des entreprises les plus avancées dans ce secteur. Arrivé dans la firme de Mountain View dès 1999, Jeff Dean dirige aujourd’hui, à l’échelle mondiale, la recherche en intelligence artificielle chez Google. Et doit faire face aux débats de société grandissants autour de cette problématique.
Où en est l’intelligence artificielle ? Quelle est la stratégie de Google ?
Jeff Dean. La discipline progresse vite. Nous sommes capables de faire des choses qui étaient impossibles il y a cinq, six ou sept ans. Les ordinateurs sont ainsi désormais capables de voir. Nous avons aussi progressé dans la compréhension du langage, la reconnaissance vocale, la traduction…

Notre stratégie est de faire de la recherche fondamentale, puis de travailler avec l’équipe produits de Google pour améliorer nos propres services. Nous publions quasi toute la recherche que nous faisons pour faire progresser la science. Nous étudions aussi les applications de l’intelligence artificielle à d’autres domaines, comme la santé ou la robotique. Et nous cherchons à travailler sur des problèmes importants, dont la résolution tendrait à rendre le monde meilleur.
Quelles sont les pistes les plus prometteuses, selon vous ?
Je suis particulièrement enthousiaste avec la santé, parce que le potentiel de l’intelligence artificielle pourrait y être très important. Pensez à la façon dont se forment les médecins : ils voient 20 000 à 30 000 patients dans leur carrière. Un système d’apprentissage automatique (machine learning) pourrait apprendre de ces innombrables interactions. Imaginez un système de santé qui comprendrait des dizaines de millions...





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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Gilles Cadet serveur en restaurant et actuellement à la recherche d’un emploi, explique, dans une tribune au « Monde » décalée, que « le vrai travail se trouve dans les interstices du travail, dans les paroles humaines. Il se trouve en dehors de l’effectif, du productif », et qu’il « échappe aux politiques ».
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« Quand je traverse la rue », Monsieur le Président…

Gilles Cadet serveur en restaurant et actuellement à la recherche d’un emploi, explique, dans une tribune au « Monde » décalée, que « le vrai travail se trouve dans les interstices du travail, dans les paroles humaines. Il se trouve en dehors de l’effectif, du productif », et qu’il « échappe aux politiques ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h27
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 15h41
    |

Gilles Cadet (Serveur en restaurant)







                        



                                


                            

Tribune. Je suis au chômage. Je regarde le ciel, le plus souvent possible. Je traverse des rues. Pas pour trouver du travail, non. Mais juste pour les traverser. Pour passer de l’autre coté. Qui est un peu le même et pourtant un autre. Je traverse pour traverser. Pour aller voir ailleurs. Pour changer de côté. Je n’ai pas d’horizon. Je suis l’horizon. Mon propre horizon en mouvement, en marche. Je regarde le ciel. Je regarde les autres. Tout ce qui passe et me dépasse. Je marche pour marcher. Je n’ai pas de but. Je n’ai pas de projet si ce n’est celui de marcher en regardant le ciel, en créant mon horizon. Je croise des gens. Certains chômeurs et d’autres non.
Je coûte un peu c’est vrai mais je rends tout, je ne garde rien. Tout ce qui m’est donné, je le rends. Doucement, prudemment. Il faut tenir tout le mois. Il faut rendre doucement. Je consomme peu puisque j’ai peu mais quand bien même j’aurais beaucoup, je consommerais peu. Car c’est le but, le projet, de ma marche. Etre peu, être moins. Ne pas chercher plus, ne pas vouloir plus. Brûler doucement, à petit feu. Ma dépense est en paroles, en rencontres, en croisements.

Ma dépense est une marche et le ciel coûte peu. Je suis un chômeur mais je suis un citoyen. Un citoyen-chômeur. Ce que l’on me donne, je le rends. En gestes, en amitié, en temps, en pensées. J’ai le temps de pensée, j’ai le temps de voir. J’ai le temps d’écrire. J’ai le temps de chercher. Chercher des choses qui indiffèrent les politiques. Chercher des notes de musiques, des accents dans les chansons. Chercher des plantes dans la rue. Des pousses que je replante chez moi, sur mon balcon. Ça ne coûte rien ou si peu. Je m’en occupe bien comme j’ai le temps de les regarder pousser. Je ne produis presque rien. Tout ce qui se produit se produit autour de moi, pour ainsi dire sans moi. Ainsi, je pollue peu mais c’est déjà trop. Je coûte peu mais je produis peu. Peu de déchets et c’est déjà trop. Je ne m’affaire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Auchan a installé des cuisines ouvertes au milieu de magasins et recruté des professionnels de la restauration. Cette tendance, qui intéresse toutes les enseignes, veut séduire les clients grâce à des repas de meilleure qualité.
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L’hypermarché passe derrière les fourneaux

Auchan a installé des cuisines ouvertes au milieu de magasins et recruté des professionnels de la restauration. Cette tendance, qui intéresse toutes les enseignes, veut séduire les clients grâce à des repas de meilleure qualité.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h00
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 18h42
    |

            Cécile Prudhomme








                        



                                


                            

Titulaire d’un CAP cuisine et traiteur, Christian Marchi s’affaire aux fourneaux. A la carte ce midi, colombo de poulet, lasagnes aux épinards et chèvre ou encore risotto de poulet et champignons. Il doit préparer, avec ses deux collègues, trente recettes pour 250 à 300 portions pour la journée. Christian ne travaille pas dans une cantine, ni dans les cuisines d’un restaurant. Il est en CDI depuis l’été 2017 dans l’hypermarché Auchan de Noyon, une commune de 13 800 habitants, à vingt minutes de Compiègne, dans l’Oise. Et plus exactement dans la cuisine implantée au cœur du magasin, de 6 200 m², que fréquentent chaque jour entre 3 000 et 5 000 clients. « Je n’aurais jamais imaginé travailler un jour dans une grande surface. Le travail est identique à celui d’un restaurant, mais les conditions sont plus agréables pour la vie privée », explique celui qui officiait auparavant dans le restaurant Garret Meals de Roye, dans la Somme.
Depuis 2016, Auchan a commencé à installer des cuisines ouvertes au beau milieu de certains hypermarchés afin d’y préparer des plats cuisinés. Une façon de réallouer les mètres carrés dont l’activité économique (textile, musique…) a été dévorée par Internet. Et un objectif : faire revenir les clients grâce à une offre de repas de meilleure qualité et entièrement transformée sur place.
C’est une tendance naissante, qui prend de plus en plus d’ampleur. Victimes des évolutions des modes de consommation et d’une désaffection pour les très grandes surfaces, les distributeurs alimentaires cherchent à élargir leur activité au concept du repas préparé. Les consultants appellent ce phénomène la « distriration », contraction des termes « distribution » et « restauration ». Il séduit principalement les consommateurs des milieux urbains.

« Volonté de théâtralisation »
Un repas sur cinq est consommé hors domicile, estimait le cabinet IRI dans une étude parue en mars. Il chiffrait le marché du...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Le cabinet de conseil créé par l’Etat en 1958 rejoint BDO, l’un des cinq premiers réseaux mondiaux.
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A 60 ans, le BIPE renonce à son indépendance

Le cabinet de conseil créé par l’Etat en 1958 rejoint BDO, l’un des cinq premiers réseaux mondiaux.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h00
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

C’est un cabinet de conseil très à part. Un drôle d’animal, né fin 1958 de l’alliance entre une poignée de hauts fonctionnaires mendésistes et quelques grands patrons éclairés. Soixante ans plus tard, devenu une référence française en matière d’études économiques, le BIPE est toujours là. Mais il renonce à son indépendance. BDO, le cinquième réseau mondial d’audit et de conseil, derrière Deloitte, PwC, EY et KPMG, vient d’acquérir 51 % de son capital, ont annoncé les deux entreprises, mercredi 19 septembre.
Un rapprochement symptomatique des bouleversements en cours dans le conseil aux entreprises, un domaine où les activités classiques d’audit subissent un coup de frein, tandis que le traitement des données chiffrées – la spécialité du BIPE – explose. « Pour nous, il s’agit d’une opération stratégique, commente Philippe Arraou, le président de BDO en France. En intégrant le BIPE, nous accélérons dans l’analyse de la donnée afin de créer le cabinet du futur. »

Retour en 1958. Sortie d’années de reconstruction, la France change de Constitution, de président, passe au nouveau franc et commence à moderniser son économie. L’Etat est à la manœuvre, avec ses équipes d’économistes et de statisticiens chargés d’éclairer l’avenir, voire de le planifier. Pour mieux y parvenir, deux hauts fonctionnaires, François Bloch-Lainé et Claude Gruson, décident de bâtir une passerelle entre l’administration et les grandes entreprises. C’est ainsi que le Bureau d’informations et de prévisions économiques (BIPE) voit le jour, sous forme d’association à but non lucratif. Une centaine d’entreprises en sont membres, mais aussi des organisations patronales et les principales administrations économiques.
« La grande idée du BIPE, c’est qu’il y avait un vide entre la comptabilité des entreprises et la comptabilité nationale, et qu’il fallait rapprocher les chefs d’entreprise et les fonctionnaires pour qu’ils parlent le même langage »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Dans cette chronique hebdomadaire, le juriste Jean-Emmanuel Ray revient sur les débuts de la mise en œuvre de cette mesure, la plus importante des cinq ordonnances du 22 septembre 2017.
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Comité social et économique : refondation ou continuité ?

Dans cette chronique hebdomadaire, le juriste Jean-Emmanuel Ray revient sur les débuts de la mise en œuvre de cette mesure, la plus importante des cinq ordonnances du 22 septembre 2017.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h00
    |

                            Jean-Emmanuel Ray (Professeur à l'école de droit de Paris-I-Panthéon-Sorbonne)








                        



                                


                            
Question de droit social. Devant remplacer avant le 31 décembre 2019 les délégués du personnel (DP), le comité d’entreprise (CE) ainsi que le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), l’unique comité social et économique (CSE) est, pour les grandes entreprises comme pour les syndicats, la mesure la plus importante des cinq ordonnances du 22 septembre 2017.
Côté employeurs, « la fin du mille-feuille des institutions représentatives du personnel » était une vieille revendication. Outre la redondance des consultations, elle pouvait se fonder sur le droit comparé : nulle part, une entreprise moyenne n’est tenue de procéder à l’élection de trois institutions élues du personnel distinctes. Même si, depuis août 2015, l’employeur de moins de trois cents salariés pouvait déjà fusionner les trois institutions représentatives en une « délégation unique du personnel ».
Avant la réforme, un militant sur quatre était ainsi protégé ; or, depuis la mise en place d’environ neuf mille CSE, le nombre des mandats a diminué d’un tiers
Pour les syndicats représentatifs, qui ont le monopole de présentation des listes au premier tour des élections, cette multiplication des mandats permettait d’assurer une présence et une visibilité aux différents niveaux (établissements, entreprise), tout en donnant à chacun de leurs élus (titulaires et suppléants) une protection contre le licenciement. Avant la réforme, un militant sur quatre était ainsi protégé ; or, depuis la mise en place d’environ neuf mille CSE, le nombre des mandats a diminué d’un tiers.
La grande majorité de nos entreprises n’en ayant pas encore créé, les mois à venir vont donc être chauds. Car cette profonde métamorphose doit automatiquement intervenir lors des prochaines élections professionnelles ; avec leurs éventuelles surenchères,  les élections déterminant pour quatre ans la représentativité de chaque syndicat depuis 2008. Malheur à celui qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Le président de la Fondation Travailler autrement, Patrick Levy-Waitz a remis son rapport au gouvernement mercredi 19 septembre.
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Le gouvernement débloque 110 millions d’euros pour le coworking

Le président de la Fondation Travailler autrement, Patrick Levy-Waitz a remis son rapport au gouvernement mercredi 19 septembre.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h56
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



                                


                            

Fablab, Livinglab, makerspace, hackerspace, coworking… Les « tiers-lieux » jouent un rôle déterminant dans la redynamisation des territoires. A l’issue d’un tour de France de huit mois, le président de la Fondation Travailler autrement, Patrick Levy-Waitz, en est convaincu : « C’est un phénomène économique émergent mais réel, bien plus puissant qu’on ne l’imaginait », analyse cet expert qui a remis, mercredi 19 septembre, son rapport au gouvernement. 
La mission « Tiers-lieux et coworking » en a dénombré 1 463, au lieu des 600 espaces comptabilisés jusque-là. Près de la moitié d’entre eux sont implantés hors des métropoles. « Pour la première fois, avec ce mouvement qui part des citoyens et témoigne d’une transformation majeure de notre rapport au travail, nous avons une vraie réponse à l’enclavement des territoires », insiste M. Levy-Waitz.
Souple et efficace
Des conclusions qui ont convaincu, si besoin en était, le gouvernement de la nécessité de lancer un « programme national d’accélérations des tiers-lieux ». Dans la foulée, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la cohésion des territoires, Julien Denormandie, a annoncé qu’une enveloppe de 110 millions d’euros sur trois ans serait consacrée à ce plan : un fonds d’amorçage de 60 millions financé par l’Etat, un fonds d’investissement de 40 millions mixant crédits publics et privés et un fonds de dotation d’un minimum de 10 millions d’euros alimenté par des entreprises.
« L’objectif n’est plus de subventionner et d’uniformiser le déploiement des tiers-lieux sur un modèle unique, souligne M. Denormandie. Mais de disposer de moyens mobilisables de manière souple et efficace, pour prévenir la fragilité économique des tiers-lieux, et les accompagner – en partant de leurs besoins – sur la voie d’une consolidation de leur activité et d’un équilibre économique. » Face à ce mouvement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ La mesure, qui entrera en vigueur à la rentrée 2020, proposera aux mineurs décrocheurs scolaires un « parcours d’insertion ».
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Plan de lutte contre la pauvreté : espoirs et zones de flou autour de la formation obligatoire jusqu’à 18 ans

La mesure, qui entrera en vigueur à la rentrée 2020, proposera aux mineurs décrocheurs scolaires un « parcours d’insertion ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h35
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
Les partisans les plus résolus de cette mesure la présentent comme une « petite révolution ». Annoncée, le 13 septembre, par Emmanuel Macron dans le cadre du plan de lutte contre la pauvreté, elle instaure une obligation nouvelle : se former jusqu’à l’âge de 18 ans. L’objectif est de réduire le nombre de jeunes sortant de l’école sans diplôme ni qualification, qui figurent parmi les premières victimes de l’exclusion sociale.
Dans l’esprit du président de la République, chaque mineur recevra une « solution », soit en étant scolarisé, soit en suivant une formation, soit en occupant un emploi. L’éducation nationale sera tenue d’assurer « en continu » un « repérage massif (…) de ceux qu’on appelle les décrocheurs scolaires ». Ces derniers se verront ensuite proposer un « parcours d’insertion » par les missions locales, dont la vocation première est d’épauler les 18-25 ans.
L’obligation, « qui entrera en vigueur à la rentrée 2020 », pèsera avant tout sur les acteurs institutionnels. Mais les publics visés auront également des comptes à rendre : si le jeune refuse d’être accompagné, une « mesure d’assistance éducative » pourra être prononcée, avec désignation d’un éducateur qui dialoguera avec lui « pour tenter de le convaincre », selon Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté. Ce type de situation ne fera pas l’objet d’une réponse pénale, a-t-il ajouté, lors d’une rencontre avec des journalistes, le 12 septembre.
« Urgence à agir »
Avec cette annonce, M. Macron s’inspire de préconisations formulées, à la mi-mars, par un des groupes de travail mis en place pour préparer le plan de lutte contre la pauvreté. Animée par Antoine Dulin, vice-président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), et par Fiona Lazaar, députée La République en marche (LRM) du Val-d’Oise, cette cellule de réflexion avait insisté sur l’« urgence à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Avec dix bâtiments en construction, la municipalité tire un bilan positif du premier appel à projets innovants.
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« Réinventer Paris » : le verdict de la mise en chantier

Avec dix bâtiments en construction, la municipalité tire un bilan positif du premier appel à projets innovants.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 11h19
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Boulevard Morland, dans le 4e arrondissement, l’énorme cité administrative de l’ancienne préfecture de Paris a entamé sa mue en quartier mixte. De l’autre côté de la Seine, l’hôtel particulier de La Bûcherie est en cours de transformation en centre de philanthropie. Plus au sud, dans le 15e arrondissement, un immeuble en bois est en construction derrière les anciens bains-douches, rue Castagnary. Ce sont les premiers rejetons de Réinventer Paris : quatre ans après le lancement de l’appel à projets innovants, petit séisme dans le monde de l’urbanisme hexagonal et formidable opération de communication, l’heure du chantier a sonné pour ces bâtiments.
La municipalité devait tirer, jeudi 20 septembre, un bilan satisfait de l’opération, lors d’une soirée de débats au Pavillon de l’Arsenal. Après les déboires de Vélib’et d’Autolib’ ou la piétonnisation difficile des voies sur berges, la génération Réinventer donne enfin à l’équipe d’Anne Hidalgo matière à pavoiser, même si les projets les plus ambitieux ont peu de chances d’être inaugurés pendant cette mandature.

Sur les vingt-deux lauréats annoncés en février 2016, dix chantiers sont déjà en cours, deux autres projets se sont vus délivrer un permis de construire. Pour les dix autres, l’instruction du permis par les services de la Ville est en cours. Deux ou trois font l’objet de discussions plus compliquées. Mais aucun projet n’est abandonné ni bloqué par des recours. « Pour Paris, c’est miraculeux ! », sourit Jean-Louis Missika, l’adjoint au maire chargé de l’urbanisme. Le seul contentieux intenté par des riverains contre le projet de cinéma Voltaire dans une sous-station électrique de l’avenue Parmentier a été finalement gagné par la Ville.
La procédure a bousculé les grands groupes de l’immobilier
Qu’ont réinventé les « Réinventer » ? Pour faire simple, jusque-là la Ville définissait un programme – une crèche, des logements, des bureaux… – et les terrains...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Eric Carreel relance le spécialiste des balances et montres connectées, qu’il avait dû céder à Nokia en 2016, avant de le lui racheter cette année.
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La troisième vie de la start-up Withings, rachetée par son fondateur

Eric Carreel relance le spécialiste des balances et montres connectées, qu’il avait dû céder à Nokia en 2016, avant de le lui racheter cette année.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h09
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Dans ces bureaux d’Issy-les-Moulineaux, à la lisière de Paris, presque rien n’a changé, ces deux dernières années. Même décoration d’inspiration scandinave, canapé gris identique à la réception, tandis que le nom de Withings, connu pour ses balances connectées, orne toujours l’entrée. Sur quelques murs perdure le logo de Nokia, éphémère propriétaire de l’ex-étoile du Web français.

Près de quatre mois après son retour dans les murs, Eric Carreel, son fondateur, est fier de relancer cette marque qui a failli disparaître. Withings a annoncé mardi 18 septembre le lancement d’une nouvelle montre connectée « multisport » à 199,95 euros. Dotée d’un cadran à aiguilles et d’un petit écran numérique, elle embarque un GPS, mesure la fréquence cardiaque de son propriétaire et évalue sa condition physique en estimant sa consommation d’oxygène.
Le projet était déjà dans les cartons de la start-up, qui a vécu deux ans sous drapeau finlandais. « On ne fait pas un produit en trois mois et demi », admet M. Carreel, heureux de redémarrer une aventure qui s’était arrêtée malgré lui.
« Serial entrepreneur »
En 2016, quand Nokia rachète Withings, c’est contre son accord. « Je n’avais pas envie de vendre », dit-il. Mais les fonds d’investissements présents à son capital considèrent que fabriquer des produits électroniques grand public est un métier où l’on gagne mal sa vie, et où sévit une intense guerre des prix menée par les fabricants asiatiques. Ils sautent sur la proposition du groupe finlandais.
Lors des six premiers mois, tout va bien. Nokia investit. Le service marketing dispose de budgets considérables pour faire de la publicité à la télé et mener le changement de marque, qui doit aboutir à la disparition de Withings et à l’émergence de Nokia dans les produits de santé.
Mais très vite, les errements stratégiques se font jour. Les têtes valsent dans l’entreprise. En février 2016, des fuites...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ L’escalade dans la bataille commerciale qui oppose Washington à Pékin inquiète les entreprises implantées dans l’ex-empire du Milieu.
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Taxes douanières : les firmes américaines en Chine accusent le coup

L’escalade dans la bataille commerciale qui oppose Washington à Pékin inquiète les entreprises implantées dans l’ex-empire du Milieu.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h01
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

La Chine avait prévenu ; la riposte ne s’est pas fait attendre. En écho à la décision du président américain Donald Trump d’imposer une taxe de 10 % sur 200 milliards de dollars (171 milliards d’euros) d’importations chinoises, Pékin a annoncé qu’il taxerait 60 milliards de dollars de produits américains.
Pour Jack Ma, patron du géant chinois du commerce en ligne Alibaba, ces frictions pourraient durer encore vingt ans
Ces nouveaux droits de douane de 5 % à 10 % entreront en application lundi 24 septembre, en même temps que les taxes américaines, a précisé le ministère chinois des finances, mardi 18 septembre. La Chine a aussi déposé une nouvelle plainte devant l’Organisation mondiale du commerce. Ces montants s’ajoutent aux 50 milliards de produits taxés à 25 % de part et d’autre début juillet.
Cette guerre commerciale risque de peser rapidement sur les entreprises. Jack Ma, le président du géant chinois du commerce en ligne Alibaba, s’est inquiété de ces frictions commerciales qui pourraient, selon lui, durer encore vingt ans et compliquer sérieusement la situation des sociétés.

Les trois quarts des entreprises américaines (74,3 %) estiment qu’elles souffriront de cette deuxième salve de taxes, contre 60 % pour la première, d’après une étude de la Chambre de commerce américaine en Chine (AmCham), publiée le 13 septembre. Près de la moitié des firmes (47,2 %) prévoient un « fort impact négatif », contre 21,5 % pour les premières taxes américaines.
« Suffisance de la part du gouvernement américain »
Kenneth Jarrett, le président de l’AmCham, met en garde contre les suites du conflit. « Le montant concerné par la première phase (…) était assez modeste, en particulier pour les grands groupes qui ont des activités diversifiées. Cela a pu donner lieu à une certaine suffisance de la part du gouvernement américain. On le voit dans les déclarations de l’administration assurant que les taxes n’ont pas eu d’effets sur...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste indienne Jayati Ghosh estime que c’est en luttant contre le comportement prédateur de multinationales en situation de monopole que les bienfaits du libre-échange pourront être développés et équitablement partagés.
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Contre les méfaits de la mondialisation, « une guerre économique n’est pas la solution »

Dans cette chronique, l’économiste indienne Jayati Ghosh estime que c’est en luttant contre le comportement prédateur de multinationales en situation de monopole que les bienfaits du libre-échange pourront être développés et équitablement partagés.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h00
    |

Jayati Ghosh (Professeur d’économie à l’université Jawaharlal-Nehru de New Delhi)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Pour la plupart des détracteurs de la mondia­lisation, le libre-échange est responsable du creusement des inégalités et de l’aggravation de l’insécurité économique des travailleurs. Cette logique explique le soutien aux décisions de Donald Trump d’augmenter les droits de douane. Jusque dans les rangs des travailleurs de pays en voie de développement, pourtant habituellement décrits comme les principaux bénéficiaires de la mondialisation. Il est vrai que, à mesure de la libéralisation des échanges commerciaux, les inégalités se sont accentuées. Les règles mondiales actuelles permettent à un petit nombre de grandes sociétés de capter une part toujours plus importante de la valeur créée par les échanges.
la concurrence de plus en plus intense dans la phase de production pousse les prix à la baisse
Ces sociétés bénéficient souvent de monopoles de propriété intellectuelle, renforcés par des accords de libre-échange conçus pour développer leur pouvoir de marché. Ceci leur permet de percevoir des rentes économiques, en particulier aux stades antérieurs (la conception) et postérieurs (marketing et stratégie de marque) à la production, là où sont générés le plus de profits et de valeur ajoutée.
Dans le même temps, la concurrence de plus en plus intense dans la phase de ­production pousse les prix à la baisse, si bien que les employeurs comme les travailleurs perçoivent une part décroissante de la valeur. Nombre de pays en voie de développement qui auraient dû bénéficier de la mondialisation des chaînes de valeur sont ainsi restés confinés à des activités à faibles productivité et valeur ajoutée.
De graves déséquilibres
Le rapport 2018 de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced, à paraître) constate que quelques grandes entreprises ont régulièrement accru leur part dans les exportations totales, jusqu’à dominer le monde. Cette tendance s’est même intensifiée depuis la crise financière mondiale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ La signature d’un vaste accord technologique entre Renault-Nissan-Mitsubishi et Google, marque la victoire des Gafa sur les constructeurs d’automobiles, explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Comment les géants du Net ont gagné la bataille de l’auto »

La signature d’un vaste accord technologique entre Renault-Nissan-Mitsubishi et Google, marque la victoire des Gafa sur les constructeurs d’automobiles, explique dans sa chronique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 10h52
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Pertes & Profits. La bataille fut rude, l’issue incertaine. Longtemps les constructeurs automobiles se sont moqués des efforts de ces olibrius de la Silicon Valley pour s’inviter à bord de leurs voitures. Ils ont contemplé d’un air goguenard ce pot de yaourt disgracieux et maladroit appelé Google Car. Puis, ils ont contre-attaqué, se lançant dans la voiture autonome, achetant des logiciels de cartographie et de navigation, acquiesçant du bout des lèvres à quelques accords ponctuels.
Jusqu’à ce mardi 18 septembre, où l’on a compris, enfin, que la messe était dite. En signant un vaste accord technologique avec Google, le premier constructeur mondial d’automobiles, l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, confie les clés de ses véhicules au plus célèbre acteur de l’Internet.

Bien sûr, il ne s’agit pas de toucher au moteur, au volant et à l’habitacle, mais « juste » de donner accès à une large partie de son cerveau. A partir de 2021, les 10 millions de véhicules des trois marques intégreront par défaut le système d’exploitation Android permettant d’accéder directement à la cartographie, aux vidéos de YouTube, à la commande vocale et au magasin d’applications qui devrait rapidement se remplir de logiciels destinés à rendre le trajet toujours plus facile et agréable.
Bref, de tout ce qui risque de représenter une bonne partie de la valeur d’une automobile dans le futur. Et notamment les infinies quantités de données produites par les conducteurs eux-mêmes et toutes les caméras embarquées. Comme si notre vie entière était filmée en permanence et archivée quelque part dans les nuages du cybermonde.
L’arme imparable de la gratuité
Il ne pouvait, finalement, en être autrement. Les fameux Gafa (Google, Apple, Facebook, Amazon) disposent de trois armes de destruction massive pour anéantir les modèles économiques les plus solides. Le premier est le smartphone. Toujours plus intelligent, plus grand et plus rapide, il se...




                        

                        

