<FILE-date="2018/09/19/19">

<article-nb="2018/09/19/19-1">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Même si ses décisions ne sont pas contraignantes, le Comité des droits de l’homme de l’ONU n’a pas tenu compte de la laïcité en France dans ses conclusions sur l’affaire du licenciement, en 2008, de la directrice adjointe de la crèche qui avait refusé de retirer son voile, estime dans une tribune au « Monde », l’essayiste Louis-Albert Serrut.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Affaire de la crèche Baby-Loup : « La laïcité a été ignorée »

Même si ses décisions ne sont pas contraignantes, le Comité des droits de l’homme de l’ONU n’a pas tenu compte de la laïcité en France dans ses conclusions sur l’affaire du licenciement, en 2008, de la directrice adjointe de la crèche qui avait refusé de retirer son voile, estime dans une tribune au « Monde », l’essayiste Louis-Albert Serrut.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 17h00
    |

Louis-Albert Serrut (Auteur, essayiste)







                        



                                


                            
Tribune. Il se confirme qu’une décision de justice ne saurait clore un débat de société. L’affaire de la crèche Baby-Loup, le licenciement en 2008 de la directrice adjointe qui avait refusé d’enlever son voile islamique, est l’objet d’une nouvelle prise de position : le Comité des droits de l’homme de l’ONU vient de rendre des « constatations » à l’opposé des décisions de justice déjà rendues.
Le Comité n’est pas une instance juridictionnelle et ses décisions ne s’imposent pas en droit mais la Cour de cassation estime, par la voix de son premier président dans un discours le 3 septembre, qu’elle devra en tenir compte à l’égal de la jurisprudence des cours françaises et européennes.
La constatation du Comité semble négliger, outre les décisions des juridictions qui se sont prononcées, plusieurs éléments d’appréciation
Le Comité estime que « la restriction établie par le règlement intérieur de la crèche porte atteinte à la liberté de religion en violation de l’article 18 du pacte », pacte international pour les droits civils et politiques (PIDCP) en vigueur depuis 1976 et dont la France est signataire. Selon le Comité, composé de dix-huit experts indépendants, « le port d’un foulard ne saurait en soi être considéré comme constitutif d’un acte de prosélytisme », la restriction imposée par Baby-Loup n’est pas « proportionnée à l’objectif recherché » et la justice française n’a pas démontré en quoi « le port d’un foulard par une éducatrice porterait une atteinte aux libertés et droits fondamentaux des enfants la fréquentant ».

Cet avis résulte de l’habileté des avocats de la plaignante qui ont esquivé les juridictions françaises – la Cour de cassation a validé définitivement en 2014 le licenciement qui résultait de l’application du règlement intérieur sans discrimination religieuse – ainsi que les juridictions européennes. La constatation du Comité semble négliger, outre les décisions des...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-2">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Ce critique éclairé des évolutions de la société, qui était aussi un auteur prolifique, est décédé le 10 septembre à Paris à l’âge de 86 ans. Sa famille a annoncé sa mort le 18 septembre, au lendemain de ses obsèques.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La mort de Paul Virilio, philosophe et urbaniste

Ce critique éclairé des évolutions de la société, qui était aussi un auteur prolifique, est décédé le 10 septembre à Paris à l’âge de 86 ans. Sa famille a annoncé sa mort le 18 septembre, au lendemain de ses obsèques.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 15h53
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            

Paul Virilio, 86 ans, a succombé à un arrêt cardiaque le 10 septembre et a été inhumé dans l’intimité le 17 septembre. Sa famille a rendu publique l’annonce de sa disparition mardi 18 septembre. Cette relative lenteur était dans sa manière. Il n’aimait guère le spectaculaire, détestait l’esbroufe et se méfiait plus que tout du culte de l’accélération qui a envahi nos sociétés.
Critique radical de la société des images, comme son très proche ami Jean Baudrillard, il avait en effet la conviction que, pour être durablement efficace, il est devenu préférable d’être discret. Parler trop fort lui semblait le moyen de n’être pas entendu. Il portait donc sur notre époque des diagnostics effroyables, mais d’une voix feutrée, presque timide, en ayant presque l’air de s’excuser. Dans les années 1970-1990, ses analyses – distillées dans de nombreux essais et interventions, inspirant aussi des expositions – passaient pour de noires prophéties. Avec le temps, beaucoup se sont révélées justes.
Né le 4 janvier 1932 à Paris, Paul Virilio avait été marqué par l’expérience de la guerre. Il avait vécu en particulier le bombardement de la ville de Nantes en 1943, où il disait avoir fait pour la première fois l’expérience intense de la disparition et de la destruction, traits dominants, à ses yeux, du monde qui a émergé au XXe siècle. Ce bombardement fut pour lui un traumatisme fondateur. On y trouve les thèmes qui seront au centre de sa réflexion : la guerre comme état général du monde contemporain, la vitesse de destruction comme facteur déterminant, l’espace de la ville en voie d’anéantissement, la face mortifère de la puissance technique.
Catastrophisme d’éveil
Le fil directeur qui les relie – au long d’une œuvre en constante évolution, élaborée par facettes, dans un parcours singulier entre architecture et urbanisme, sociologie et engagement personnel – est avant tout l’idée d’une « dimension tragique du progrès ». On a parfois confondu cette...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-3">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ L’urbaniste et philosophe est mort le 10 septembre à Paris à l’âge de 86 ans. Extraits de deux entretiens accordés au « Monde », en 1981 et en 2009.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Paul Virilio : « Face à la peur absolue, j’oppose l’espérance absolue »

L’urbaniste et philosophe est mort le 10 septembre à Paris à l’âge de 86 ans. Extraits de deux entretiens accordés au « Monde », en 1981 et en 2009.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 15h51
   





                        



                                


                            

« La révolution de la vitesse disqualifie la matière en transformant le monde en spectacle, en représentation. La matière perd sa valeur au profit de la lumière. Depuis le XVIIIe siècle, on voit réapparaître le culte de l’énergie, de la lumière. La substance disparaît au profit de l’accident. Il faudrait aujourd’hui inverser la phrase d’Aristote ; on pourrait dire que, dans la modernité, il n’y a de science que de l’accident. L’accident a le primat sur toute substance. Les corps sont devenus désuets au regard de l’énergie. Nous vivons maintenant un culte solaire tardif qui a lui aussi ses sacrifices humains. (….)
Avec l’armement nucléaire, on a atteint un point limite dans la décision de l’emploi du feu. Avec les systèmes de décision nucléaire disparaissent les phases de négociation, de la représentation politique…
Le chef de guerre avait un pouvoir, les états-majors géraient les Etats en marche. Ensuite, les ministres de la guerre, puis les chefs d’Etat, ont contrôlé les états-majors. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation où un seul homme devrait décider de l’emploi instantané de vecteurs rapides, cela en attendant les lasers. La décision d’ouvrir le feu renvoie, en ce moment, à quelques minutes. Mais le mouvement s’accélérant, il n’y aura bientôt plus de décideur du tout. Au-dessous de la minute, le chef de l’Etat ne décidera plus de rien. Il est étrange de voir que l’on n’ose pas parler de cela.
Entretien avec Christian Descamps, « Le Monde » du 7 septembre 1981.
Vous avez dit qu’« Airbus, en inventant un avion de 800 places, crée 800 morts potentiels ». Mais le krach boursier n’a pas fait de morts…
Ce n’est pas la peste, il n’y a pas des millions de victimes, ce n’est pas non plus le 11-Septembre. Ce n’est pas la mortalité qui compte ici, hors quelques suicides. Les victimes sont ailleurs. D’où est partie la crise actuelle ? Des subprimes, des maisons...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-4">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Deux chercheuses en marketing, Sihem Dekhili et Aline Pereira Pündrich, analysent dans une tribune au « Monde » les comportements des consommateurs de textile, peu compatibles avec la mode « responsable » qu’essaient de mettre en avant certains pionniers du secteur.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Vouloir protéger la planète, bien sûr, mais de là à s’habiller autrement » !

Deux chercheuses en marketing, Sihem Dekhili et Aline Pereira Pündrich, analysent dans une tribune au « Monde » les comportements des consommateurs de textile, peu compatibles avec la mode « responsable » qu’essaient de mettre en avant certains pionniers du secteur.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 15h15
    |

Sihem Dekhili et Aline Pereira Pündrich (Chercheuses en marketing à EM Strasbourg Business School, laboratoire Humanis)







                        



                                


                            

Tribune. Pourquoi achète-t-on si volontiers du chocolat équitable ou des cahiers en papier recyclé, mais remise-t-on si vite notre conscience écologique et sociale dès lors qu’il s’agit de renouveler nos garde-robes ?
La mode « responsable » peine à s’imposer en France. Faute de rencontrer son public, l’Ethical Fashion Show, fondé à Paris en 2004, a migré en Allemagne en 2012. Les marques qui affichent leur engagement se développent difficilement. Plusieurs ont même été contraintes de fermer.
30 kilos de vêtements et accessoires par an
Les dégâts produits par le « business » mondial de la mode sont pourtant considérables. Le 24 avril 2013, plus d’un millier d’ouvrières mouraient sous les décombres d’une usine du Bangladesh. Plusieurs reportages suivirent, montrant les conditions de travail indignes régnant le plus souvent dans ce secteur de la « fast fashion », qui fabrique à vitesse accélérée des habits aussi vite achetés que mis au rebut.

D’après Greenpeace, à l’échelle mondiale, plus de 100 milliards de pièces sont désormais produites chaque année. On sait que les Françaises achètent en moyenne 30 kilos de vêtements et accessoires par an. Le nombre de fois où chacune de ces pièces est utilisée a diminué d’un tiers en quinze ans.
L’usage de fibres recyclées est considéré comme synonyme de qualité inférieure. Le client attiré par le luxe rejette a priori une démarche altruiste, lorsqu’il fait du shopping
Les conséquences environnementales de cette consommation frénétique commencent à être connues. L’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde. Chaque kilo de linge produit pollue 200 litres d’eau. Un quart des pesticides utilisés sur la planète est épandu sur les champs de coton ; on connaît leur impact sur la santé humaine et la biodiversité. A l’échelle mondiale, seulement 1 % des matières premières utilisées sont recyclées.
Vendre moins, mais mieux des produits plus qualitatifs...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-5">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’IA nous fait entrer dans l’ère de la « personnalisation de masse », mais les systèmes de ciblage restent très subjectifs, met en garde l’expert financier Matthieu Sénéchal dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pour une « éthique » pluraliste « de l’intelligence artificielle »

L’IA nous fait entrer dans l’ère de la « personnalisation de masse », mais les systèmes de ciblage restent très subjectifs, met en garde l’expert financier Matthieu Sénéchal dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 14h45
    |

Matthieu Sénéchal (Cofondateur de mieuxplacer.com, site de placement financier)







                        



                                


                            

Tribune. Orientation universitaire, prêts bancaires : l’intelligence artificielle (IA) est au cœur de plus en plus de décisions individuelles. En témoignent les bacheliers qui ont passé l’été suspendus aux caprices de Parcoursup, sans y comprendre grand-chose. En effet, le système technique qui sous-tend l’IA a tout d’une boîte noire, dont émergeraient des oracles débarrassés de tous les aléas humains. Or, il n’en est rien.
En 2015, des chercheurs de Carnegie Mellon ont découvert que dans les offres d’emplois sponsorisées par Google Ad, la grille de salaire proposée pouvait différer selon que vous êtes un homme ou une femme. En fonction de la couleur de votre peau, les logiciels de reconnaissance faciale auront plus ou moins de facilité à vous identifier.

Les algorithmes sont empreints des stéréotypes de ceux qui les conçoivent. Les développeurs définissent pour un système donné les réactions attendues dans différentes configurations, en fonction de leurs valeurs et de ce qu’eux-mêmes s’attendent à observer.
Le technicien aux commandes
Le processus est biaisé depuis ses prémices. Dans le cas où la conception ne se fait pas ex nihilo, l’arbitraire n’est jamais loin non plus. On recourt alors à l’apprentissage de comportements fondés sur des données historiques… mais pas forcément représentatives ! Dans le cas de la reconnaissance faciale, si la base de données qui fait référence contient plus de visages d’hommes blancs que d’autres types de visage, l’algorithme sera tout aussi empreint de ce biais.

En 2000, le juriste américain Lawrence Lessig écrivait dans son article « Code is law » que c’est le code qui façonne le cyberespace, définit son architecture, et au-delà, nos fondamentaux de liberté. Deux choses ont changé depuis. D’une part, depuis l’essor d’Internet et l’avènement des smartphones, le cyberespace n’est plus une entité séparée du monde réel.
Le danger d’un nouveau positivisme...



                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-6">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ « Non, Madame Belloubet, le Sénat n’a pas convoqué M. Benalla pour qu’il s’explique sur les faits reprochés mais sur son rôle au sein du dispositif de la sécurité du chef de l’Etat », insiste, dans une tribune au « Monde », le juriste Pierre Brunet.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Affaire Benalla : « Empiéter, dites-vous, Madame la Garde des sceaux ? »

« Non, Madame Belloubet, le Sénat n’a pas convoqué M. Benalla pour qu’il s’explique sur les faits reprochés mais sur son rôle au sein du dispositif de la sécurité du chef de l’Etat », insiste, dans une tribune au « Monde », le juriste Pierre Brunet.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 16h13
    |

Pierre Brunet (Ecole de droit de la Sorbonne, université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)







                        



                                


                            
Tribune. Tout en s’interdisant de s’immiscer dans une enquête judiciaire en cours, Madame Nicole Belloubet, en sa qualité de garde des sceaux, a récemment tenu à rappeler le fonctionnement de notre Etat de droit et le sens d’un principe – celui de la séparation des pouvoirs et la garantie des droits – au nom duquel « il revient aux instances parlementaires d’apprécier si leurs travaux risquent d’empiéter ou non sur le champ de l’enquête judiciaire ».
L’explication, qui s’appuie sur plusieurs textes issus de la Constitution et de l’ordonnance du 17 novembre 1958, se veut claire et rigoureuse ; il en ressort qu’en convoquant M. Benalla pour une audition, le Sénat court un double risque : ou bien celui d’empiéter sur le pouvoir judiciaire car les faits qui justifient cette convocation donnent lieu à des poursuites judiciaires toujours en cours (et que tels faits ne peuvent donner lieu à une commission d’enquête), ou bien celui d’empiéter sur le domaine présidentiel en cherchant à contrôler l’action de ce dernier quand la Constitution prévoit que le Parlement contrôle seulement l’action du gouvernement.

A l’examen, le propos semble toutefois pour le moins paradoxal qui prétend rappeler l’Etat de droit quand en réalité il revient à prescrire purement et simplement un certain état du droit.
Obtenir une information complète
En effet, si, comme le dit Madame la garde des sceaux, « les mots ont un sens » – et donc un seul – il est pour le moins étonnant de supposer que les sénateurs ne puissent y accéder. Ainsi, une interprétation charitable de l’action du Sénat pourrait être que ce dernier ne convoque précisément pas M. Benalla pour lui demander de s’expliquer sur des faits faisant l’objet de poursuites mais bien plutôt sur son rôle au sein du dispositif de la sécurité du président de la République. Cela revient-il à contrôler l’action du président ?

L’affirmer serait supposé...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-7">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Les chercheurs Jonathan Wareham et Laia Pujol appellent dans une tribune au « Monde » à une meilleure utilisation du potentiel des grands équipements scientifiques européens pour développer des technologies innovantes contribuant au bien-être économique et social.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les « perles cachées » de l’innovation technologique européenne

Les chercheurs Jonathan Wareham et Laia Pujol appellent dans une tribune au « Monde » à une meilleure utilisation du potentiel des grands équipements scientifiques européens pour développer des technologies innovantes contribuant au bien-être économique et social.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 14h15
    |

Jonathan Wareham (Professeur en systèmes d’information à l’Esade Business School, à Barcelone) et Laia Pujol (Doctorante à l’Esade Business School)







                        



                                


                            

Tribune. Le 26 septembre 2017, lors de son discours à la Sorbonne, le président Emmanuel Macron avait suggéré la création d’une agence d’innovation paneuropéenne, semblable à la Defense Advanced Research Projects Agency (Darpa) américaine, entrée dans la légende du développement de nouvelles technologies dès sa création en 1958 au sein du département de la défense des Etats-Unis.
Le commissaire européen à la recherche et à l’innovation, Carlos Moedas, a, quant à lui, proposé, en octobre 2017, la création d’un « conseil européen de l’innovation » pour piloter le programme Horizon 2020. Pour l’un comme pour l’autre, il est urgent d’aider l’Europe à rattraper son retard sur ses concurrents internationaux en matière d’innovation.
M. Moedas suggère, peut-être à juste titre, qu’une agence européenne intergouvernementale sur le modèle de la Darpa constituerait une approche trop « descendante » pour les Etats membres. Son argumentation ignore toutefois un élément essentiel : les technologies de la Darpa, qui ont marqué de leur empreinte presque tous les produits numériques disponibles sur le marché aujourd’hui – GPS, réalité virtuelle, voitures autonomes –, ont été développées dans un environnement commercial.
En effet, la quasi-totalité des entreprises qui ont marqué les débuts de la Silicon Valley, dont IBM, Hewlett-Packard ou Oracle, doivent leur succès aux grands contrats passés avec l’armée américaine. La question n’est pas de glorifier le rôle des dépenses militaires, mais de souligner l’importance d’une forte traction par la demande dans le processus d’innovation. Comment l’Europe peut-elle stimuler la demande d’innovation ?
Une longue et fière tradition de progrès
L’Europe a une longue et fière tradition de progrès scientifique. Elle peut se vanter de disposer des infrastructures de recherche parmi les plus sophistiquées au monde, avec notamment l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN),...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-8">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Jeff Dean, chargé de l’intelligence artificielle chez Google, détaille la stratégie du grand groupe américain, en particulier dans la santé, et les principes qui guident ses recherches.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                

                     
édition abonné
Pour Google, « l’intelligence artificielle doit être responsable devant l’humain »

Jeff Dean, chargé de l’intelligence artificielle chez Google, détaille la stratégie du grand groupe américain, en particulier dans la santé, et les principes qui guident ses recherches.





LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h43
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 16h50
    |

            Morgane Tual et 
Alexandre Piquard





                        
Alors que Google fête, ce mois-ci, ses 20 ans, l’entreprise américaine a inauguré mardi 18 septembre un centre de recherche en intelligence artificielle (IA) à Paris. En quelques années, ces technologies se sont invitées dans tous les produits de Google, devenue au passage l’une des entreprises les plus avancées dans ce secteur. Arrivé dans la firme de Mountain View dès 1999, Jeff Dean dirige aujourd’hui, à l’échelle mondiale, la recherche en intelligence artificielle chez Google. Et doit faire face aux débats de société grandissants autour de cette problématique.
Où en est l’intelligence artificielle ? Quelle est la stratégie de Google ?
Jeff Dean. La discipline progresse vite. Nous sommes capables de faire des choses qui étaient impossibles il y a cinq, six ou sept ans. Les ordinateurs sont ainsi désormais capables de voir. Nous avons aussi progressé dans la compréhension du langage, la reconnaissance vocale, la traduction…

Notre stratégie est de faire de la recherche fondamentale, puis de travailler avec l’équipe produits de Google pour améliorer nos propres services. Nous publions quasi toute la recherche que nous faisons pour faire progresser la science. Nous étudions aussi les applications de l’intelligence artificielle à d’autres domaines, comme la santé ou la robotique. Et nous cherchons à travailler sur des problèmes importants, dont la résolution tendrait à rendre le monde meilleur.
Quelles sont les pistes les plus prometteuses, selon vous ?
Je suis particulièrement enthousiaste avec la santé, parce que le potentiel de l’intelligence artificielle pourrait y être très important. Pensez à la façon dont se forment les médecins : ils voient 20 000 à 30 000 patients dans leur carrière. Un système d’apprentissage automatique (machine learning) pourrait apprendre de ces innombrables interactions. Imaginez un système de santé qui comprendrait des dizaines de millions...





                     require(["lmd/core/ux/longform"], function (advertLongform) {
                        advertLongform.moveAdvert('.js-parallaxe_slot', '#articleBody');
                     });




L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Pour Google, « l’intelligence artificielle doit être responsable devant l’humain »
Il vous reste 78% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5357356&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
    var link = document.getElementById('purchase_link');
    link.href += '#xtor=EREC-266-['
                + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
                + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
                + ']--[AA]';
}






document.getElementById('teaser_article').style.display = 'block';

require(["lmd/module/achat_acte/verif_achat_item"], function (verif_achat_item) {
    if (typeof lmd.context.item != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.id != 'undefined'
        && typeof lmd.context.item.link != 'undefined'
    ) {
        verif_achat_item.verifAchatItem(lmd.context.item);
    }
});




L’accès à la totalité de l’article est protégé Déjà abonné ? Identifiez-vous



         
Pour Google, « l’intelligence artificielle doit être responsable devant l’humain »
Il vous reste 78% de l'article à lire





         Achetez cet article 2 €


              Abonnez-vous à partir de 1 €
      
              Découvrez l’édition abonnés
   


require(["jquery","lmd/core/auth"], function($, auth){
   if (auth.isUserEducation()) {

      $(".js_educ").attr("href","/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_RESTREINT_ARCHIVE&objet_id=5357356&clef=ARTRESTR_HA2E");
      $(".js_educ").html("Débitez votre pack d'archives");
      $(".js_educ_abo").hide();

      }
});



// Premium article view count pixel
if (lmd.context.element.restreint) {
    var img = document.createElement('img');
    img.src = lmd.conf.subscription.buttonViewCountUrl
        + 'EREC-266-['
        + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
        + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
        + ']';
    img.width = 1;
    img.height = 1;
    document.body.appendChild(img);
    var link = document.getElementById('purchase_link');
    link.href += '#xtor=EREC-266-['
                + lmd.context.element.url_friendly.replace(/-/g, '_')
                + (lmd.context.element.cms_id !== null ? '_' + lmd.context.element.cms_id : '')
                + ']--[AA]';
}








<article-nb="2018/09/19/19-9">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Gilles Cadet serveur en restaurant et actuellement à la recherche d’un emploi, explique, dans une tribune au « Monde » décalée, que « le vrai travail se trouve dans les interstices du travail, dans les paroles humaines. Il se trouve en dehors de l’effectif, du productif », et qu’il « échappe aux politiques ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Quand je traverse la rue », Monsieur le Président…

Gilles Cadet serveur en restaurant et actuellement à la recherche d’un emploi, explique, dans une tribune au « Monde » décalée, que « le vrai travail se trouve dans les interstices du travail, dans les paroles humaines. Il se trouve en dehors de l’effectif, du productif », et qu’il « échappe aux politiques ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h27
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 15h41
    |

Gilles Cadet (Serveur en restaurant)







                        



                                


                            

Tribune. Je suis au chômage. Je regarde le ciel, le plus souvent possible. Je traverse des rues. Pas pour trouver du travail, non. Mais juste pour les traverser. Pour passer de l’autre coté. Qui est un peu le même et pourtant un autre. Je traverse pour traverser. Pour aller voir ailleurs. Pour changer de côté. Je n’ai pas d’horizon. Je suis l’horizon. Mon propre horizon en mouvement, en marche. Je regarde le ciel. Je regarde les autres. Tout ce qui passe et me dépasse. Je marche pour marcher. Je n’ai pas de but. Je n’ai pas de projet si ce n’est celui de marcher en regardant le ciel, en créant mon horizon. Je croise des gens. Certains chômeurs et d’autres non.
Je coûte un peu c’est vrai mais je rends tout, je ne garde rien. Tout ce qui m’est donné, je le rends. Doucement, prudemment. Il faut tenir tout le mois. Il faut rendre doucement. Je consomme peu puisque j’ai peu mais quand bien même j’aurais beaucoup, je consommerais peu. Car c’est le but, le projet, de ma marche. Etre peu, être moins. Ne pas chercher plus, ne pas vouloir plus. Brûler doucement, à petit feu. Ma dépense est en paroles, en rencontres, en croisements.

Ma dépense est une marche et le ciel coûte peu. Je suis un chômeur mais je suis un citoyen. Un citoyen-chômeur. Ce que l’on me donne, je le rends. En gestes, en amitié, en temps, en pensées. J’ai le temps de pensée, j’ai le temps de voir. J’ai le temps d’écrire. J’ai le temps de chercher. Chercher des choses qui indiffèrent les politiques. Chercher des notes de musiques, des accents dans les chansons. Chercher des plantes dans la rue. Des pousses que je replante chez moi, sur mon balcon. Ça ne coûte rien ou si peu. Je m’en occupe bien comme j’ai le temps de les regarder pousser. Je ne produis presque rien. Tout ce qui se produit se produit autour de moi, pour ainsi dire sans moi. Ainsi, je pollue peu mais c’est déjà trop. Je coûte peu mais je produis peu. Peu de déchets et c’est déjà trop. Je ne m’affaire...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-10">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », estime qu’Emmanuel Macron vit, un peu plus d’un an après le début de son mandat, la même situation que ses prédecesseurs.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Quelque chose s’est enrayé dans la promesse macronienne de tout changer »

Dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde », estime qu’Emmanuel Macron vit, un peu plus d’un an après le début de son mandat, la même situation que ses prédecesseurs.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h25
    |

            Françoise Fressoz








                        



                                


                            
Chronique. Quand Emmanuel Macron, un brin énervé, répond à un demandeur d’emploi en lui assurant qu’il trouverait un emploi s’il voulait bien traverser la rue pour faire la tournée des cafés-restaurants, il fait au fond le même constat que la députée des Hauts-de-Seine Frédérique Dumas, qui vient de claquer la porte de La République en marche pour rejoindre le groupe UDI-Agir. « Travailler dans l’espoir d’être écouté, voire entendu, faire bouger les lignes… est tout simplement impossible », déplore cette élue dans Le Parisien.
Lui au sommet de l’Elysée, elle au milieu des députés de la majorité font le même constat : quelque chose s’est enrayé dans la promesse macronienne de tout faire bouger en même temps, la politique et la société, l’une entraînant l’autre, et vice et versa, dans un cercle vertueux construit sur les ruines du vieux système. Depuis plus d’un an, le chef de l’Etat déroule son projet de transformation du modèle français avec une implacable détermination : code du travail, assurance chômage, santé, pauvreté, rail, toutes les politiques publiques y passent les unes après les autres sans rencontrer d’énorme résistance.
Les Français semblent prêts au changement, c’est d’ailleurs pour honorer cette promesse que le président a été élu et qu’il travaille d’arrache-pied, et pourtant rien ne bouge réellement dans la société française. Les entreprises ne s’emparent que timidement de la réforme du code du travail, la SNCF n’a pas encore trouvé le modèle qui fera d’elle une entreprise rentable, le chômage reste scotché aux alentours de 9 % et, lorsque les Journées du patrimoine permettent une confrontation entre le chef de l’Etat et un jeune demandeur d’emploi, on assiste à une scène désarmante : le premier ne comprend pas que le second soit encore au chômage avec tous ces emplois non pourvus, et le second sort « vexé » de cet échange, parce que son rêve était de devenir horticulteur et non plongeur. Et...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-11">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Editorial. En annonçant un panel de 54 mesures de réforme du système de soins mardi, Emmanuel Macron semble avoir pris conscience du « mal-être » existant à l’hôpital.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Plan santé : des intentions salutaires

Editorial. En annonçant un panel de 54 mesures de réforme du système de soins mardi, Emmanuel Macron semble avoir pris conscience du « mal-être » existant à l’hôpital.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 11h24
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Après le plan pauvreté, Emmanuel Macron a posé une nouvelle pierre à la construction de « l’Etat-providence du XXIe siècle », en présentant, mardi 18 septembre, sa stratégie de transformation du système de santé. De l’organisation de la médecine de ville à celle de l’hôpital, cette réforme, la plus ambitieuse depuis 1958, déclinée en 54 mesures, n’est pas, selon la formule du président, un « énième petit pas ». Elle entend restructurer le système de santé « pour les cinquante années à venir ». M. Macron a pris conscience du « mal-être » qui s’est manifesté ces derniers mois par l’accumulation des crises dans les services d’urgence et des grèves dans les hôpitaux psychiatriques. « L’hôpital, a reconnu le chef de l’Etat, est au bout de ce qu’il peut faire pour pallier notre désorganisation collective » et il « risque l’implosion ». 

        Lire aussi :
         

                Fin du numerus clausus, médecins salariés… les mesures du plan santé



En faisant de l’accès aux soins « la priorité des priorités », en luttant contre les déserts médicaux, en plaçant le patient au centre du système, en supprimant le numerus clausus pour former plus de médecins, en privilégiant la prévention et la qualité des soins de proximité, le plan affiche des intentions salutaires. Dès 2019, 400 postes supplémentaires de médecin généraliste seront salariés par des centres hospitaliers de proximité ou des centres de santé situés dans des déserts médicaux. M. Macron a choisi une méthode incitative, récusant la contrainte qualifiée de « réponse fallacieuse ». D’ici au 1er juillet 2021, des communautés territoriales de santé, c’est-à-dire des réseaux de professionnels libéraux, devront couvrir tous les territoires pour répondre aux urgences non vitales afin de désengorger l’hôpital. Entre 20 000 et 100 000 patients devraient être concernés d’ici à 2022.
Une autre innovation majeure est la création d’assistants médicaux, des « aides-soignants de ville » qui épauleront les médecins généralistes ou spécialistes en les déchargeant d’actes simples concourant à la prise en charge du patient. Cela devrait permettre, en mettant en place ce dispositif dès 2019, de gagner entre 15 % et 20 % de temps médical. « L’objectif du quinquennat, a indiqué M. Macron, doit être d’en déployer 4 000. Ce qui représenterait un gain de temps médical équivalant à près de 2 000 médecins supplémentaires. » Quant aux activités hospitalières, elles seront réorganisées avec une répartition des établissements en trois catégories : soins de proximité, soins spécialisés, soins ultra-spécialisés. Le chef de l’Etat a aussi affiché sa volonté de « réinvestir le dialogue social sur les organisations du travail et le développement des compétences ».
Le « changement de paradigme » se veut plutôt consensuel. Il sera suivi d’une loi santé que la ministre, Agnès Buzyn, doit présenter dans quelques mois. Pour montrer sa volonté de passer des intentions aux actes, M. Macron l’a accompagné d’un geste positif. Il a décidé de relever l’objectif national des dépenses d’assurance-maladie (Ondam) de 0,2 point, à 2,5 % en 2019, soit 400 millions d’euros supplémentaires. D’ici à la fin du quinquennat, plus de 3,4 milliards seront consacrés au financement du plan. Pour la Fédération hospitalière de France, ce bonus représentera « à peine la moitié de l’effort d’économies demandé en 2018 aux hôpitaux ». Si la perspective d’une Sécurité sociale excédentaire se confirme, il sera sans doute opportun de desserrer davantage l’étau budgétaire.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-12">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste indienne Jayati Ghosh estime que c’est en luttant contre le comportement prédateur de multinationales en situation de monopole que les bienfaits du libre-échange pourront être développés et équitablement partagés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Contre les méfaits de la mondialisation, « une guerre économique n’est pas la solution »

Dans cette chronique, l’économiste indienne Jayati Ghosh estime que c’est en luttant contre le comportement prédateur de multinationales en situation de monopole que les bienfaits du libre-échange pourront être développés et équitablement partagés.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h00
    |

Jayati Ghosh (Professeur d’économie à l’université Jawaharlal-Nehru de New Delhi)







                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Pour la plupart des détracteurs de la mondia­lisation, le libre-échange est responsable du creusement des inégalités et de l’aggravation de l’insécurité économique des travailleurs. Cette logique explique le soutien aux décisions de Donald Trump d’augmenter les droits de douane. Jusque dans les rangs des travailleurs de pays en voie de développement, pourtant habituellement décrits comme les principaux bénéficiaires de la mondialisation. Il est vrai que, à mesure de la libéralisation des échanges commerciaux, les inégalités se sont accentuées. Les règles mondiales actuelles permettent à un petit nombre de grandes sociétés de capter une part toujours plus importante de la valeur créée par les échanges.
la concurrence de plus en plus intense dans la phase de production pousse les prix à la baisse
Ces sociétés bénéficient souvent de monopoles de propriété intellectuelle, renforcés par des accords de libre-échange conçus pour développer leur pouvoir de marché. Ceci leur permet de percevoir des rentes économiques, en particulier aux stades antérieurs (la conception) et postérieurs (marketing et stratégie de marque) à la production, là où sont générés le plus de profits et de valeur ajoutée.
Dans le même temps, la concurrence de plus en plus intense dans la phase de ­production pousse les prix à la baisse, si bien que les employeurs comme les travailleurs perçoivent une part décroissante de la valeur. Nombre de pays en voie de développement qui auraient dû bénéficier de la mondialisation des chaînes de valeur sont ainsi restés confinés à des activités à faibles productivité et valeur ajoutée.
De graves déséquilibres
Le rapport 2018 de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced, à paraître) constate que quelques grandes entreprises ont régulièrement accru leur part dans les exportations totales, jusqu’à dominer le monde. Cette tendance s’est même intensifiée depuis la crise financière mondiale...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-13">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans son dernier clip, « Bandit School », le poète trinidadien Anthony Joseph dénonce les brigands qui, selon lui, évoluent dans toutes les sphères de la société. En avant-première dans « Le jazz et la salsa ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Anthony Joseph et l’« école des brigands »

Dans son dernier clip, « Bandit School », le poète trinidadien Anthony Joseph dénonce les brigands qui, selon lui, évoluent dans toutes les sphères de la société. En avant-première dans « Le jazz et la salsa ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h40
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 15h04
    |

                            Yannick Le Maintec








                        



   


Anthony Joseph vient de signer People of The Sun, son nouvel album qui sort le 21 septembre sur le label Heavenly Sweetness. Il y a quelques mois, le pianiste Florian Pellissier nous avait raconté les conditions de l’enregistrement.
« A Port-d’Espagne, il n’y avait pas de studio digne de ce nom. Le concept, c’était faire venir Jordan Kouby de Question de Son afin de créer un studio mobile. On est allé à Sans-Souci. On s’est installé dans une maison un peu classe qui donnait sur une plage privée de 1 km de long. Jordan a monté le studio en une journée avec du matériel de location en raccordant chacun des musiciens dans sa chambre. On a tracké toute la journée pendant une semaine. C’était une expérience incroyable. »
Le résultat ? Onze pièces ciselées. Dans un environnement musical riche et inédit, Anthony Joseph met sa verve et son lyrisme au service de propos toujours plus engagés.




        Lire aussi :
         

                Entretien avec Florian Pellissier, 4e partie : l’accélération des particules



Après Carribean Roots réalisé en collaboration avec le percussionniste guadeloupéen Roger Raspail, Anthony Joseph est de retour chez lui à Trinidad dans une œuvre plus personnelle. Au programme : steelpan, soca et rapso, mélange de rap et de soca.
Le Londonien s’est assuré de la complicité du saxophoniste et producteurJason Yarde. Il s’est entouré de nombreux artistes locaux parmi lesquels Len « Boogsie » Sharpe, 3Canal, Brother Resistance, une de ses sources d’inspiration mais aussi Ella Andall qui chante en ouverture la déesse yoruba Yemanja.
Chez le poète, spécialisé dans le spoken word, enseignant à l’Université de Londres, qui vient de publier son deuxième roman (Kitch: A Fictional Biography of a Calypso Icon), l’engagement n’est jamais très loin, comme l’atteste Bandit School, le nouvel extrait de son album.
Pour cela, il puise dans la tradition.



Dans le clip de Bandit School que vous présente « Le jazz et la salsa », Anthony Joseph campe un High Class Robber, un voleur à col blanc, suppôt du Midnight Robber, le voleur de minuit, un personnage important du carnaval de Trinidad, interprété par Damien Whiskey. « C’est un orateur surréaliste et macabre qui, dans les carnavals d’autrefois, récitait de longs versets complexes qui célébraient les peurs et les prouesses. » Aux côtés d’Anthony Joseph, les chanteurs de rapso 3Canal.
L’artiste précise le fond de sa pensée : « Bandit School, l’école des brigands. Les rues défoncées, les quartiers pauvres, les ghettos, des écoles pour truands, le terreau ordinaire de la criminalité. Mais les bandits sont n’importe où, à Whitehall ou à la Maison Blanche, ou encore cette université de brigands qu’on appelle les Chambres du Parlement… »
Et de conclure… « Un nouveau bijou de Jason Yarde, avec une touche de grime*, une pincée de Zappa et du funk qui vire au punk. »
Anthony Joseph : People of the Sun (2018, Heavenly Sweetness)
Anthony Joseph en concert le 4 octobre au Café de la Danse (Paris)
* UK grime : genre musical né au Royaume Uni qui mélange UK garage, drum and bass, hip-hop et dancehall (source : wikipedia)



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-14">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le PDG de BlackRock, premier gestionnaire d’actifs au monde, fustige le court-termisme des marchés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Larry Fink : « Je crois fermement en la mondialisation »

Dans un entretien au « Monde », le PDG de BlackRock, premier gestionnaire d’actifs au monde, fustige le court-termisme des marchés.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 17h56
    |

            Isabelle Chaperon et 
Marie Charrel








                        



                                


                            

Il fut l’un des premiers appelés à l’aide par les autorités américaines après la chute de Lehman Brothers. Dix ans après, Larry Fink est considéré comme l’une des personnalités les plus influentes du monde des affaires. BlackRock, la société qu’il a créée en 1988, est devenue la première investisseuse mondial, avec plus de 6 000 milliards de dollars d’actifs (environ 5 200 milliards d’euros) sous gestion. En croisade contre le court-termisme des marchés, il affirme observer des progrès du côté des entreprises.
Il y a dix ans, Lehman Brothers s’effondrait et vous étiez en première ligne pour tenter de limiter les dégâts. Croyez-vous que le système financier soit plus sûr aujourd’hui ?
En 42 ans passés sur les marchés financiers, j’ai vu beaucoup de crises. Ce sont rarement les mêmes. Or, le système n’a pas une grande capacité à regarder vers l’avant, mais plutôt dans le rétroviseur. D’après mon expérience, les gouvernements et les régulateurs résolvent les problèmes qui sont à l’origine d’une crise et, bien souvent, les solutions trouvées portent en elles les germes de la prochaine crise.

« L’exposition massive des marchés à la dette souveraine est préoccupante »
La plupart des risques qui ont provoqué les turbulences de 2008 ont été considérablement atténués. Les banques ont fortement augmenté leur capital, la transparence sur les bilans s’est améliorée, la méthodologie des agences de notation en matière de crédit est mieux comprise : pour moi, les problèmes d’hier ne devraient pas être ceux de demain.
Quels pourraient être les risques de demain, alors ?
J’observe deux grands changements sur les dix dernières années. D’abord, si la dette privée s’est beaucoup réduite, la dette publique s’est au contraire envolée. Je ne suggère pas que la prochaine crise viendra de là, mais l’exposition massive des marchés à la dette souveraine est préoccupante, alors que les banques centrales ont...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-15">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Une théorie largement répandue considère que l’apprentissage consiste à inhiber ses émotions. Mais ne serait-ce pas plutôt au contraire les émotions qui régulent l’apprentissage ?
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les émotions au coeur de l’apprentissage

Une théorie largement répandue considère que l’apprentissage consiste à inhiber ses émotions. Mais ne serait-ce pas plutôt au contraire les émotions qui régulent l’apprentissage ?



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 09h22
    |

                            Marie-Laure Théodule








                        



                                


                            
Les défis de la science. Comment les émotions influencent-elles l’acquisition de nos compétences ? Un débat agite la communauté des sciences cognitives à ce propos. Une première théorie dite du cerveau « tri-unique » a été proposée dans les années 1970 par le neurobiologiste américain Paul MacLean.
Elle suppose que le cerveau est organisé en trois couches héritées de l’évolution : au-dessous, le cerveau reptilien (le thalamus et une partie des ganglions de la base), qui gère des comportements instinctifs ; au milieu, le système limbique (l’autre ­partie des ganglions de la base et les amygdales), qui traite la motivation et les émotions conduisant à des comportements alimentaires, reproductifs et ­parentaux ; et enfin, au-dessus, le néocortex qui produit des opérations cognitives abstraites (planification, langage).
Processus d’inhibition
Elle postule que chaque système inhibe celui du dessous. Ainsi le système limbique entraînerait des réactions primaires fondées sur les émotions (plaisir, souffrance, peur), lesquelles seraient inhibées par le néocortex qui produirait des comportements plus élaborés. Selon cette théorie, l’acquisition d’une compétence se ferait en deux temps (apprentissage, puis expertise) contrôlés chacun par deux structures séparées : le système limbique, puis le néocortex, qui inhiberait le limbique. Et les troubles psychiatriques seraient dus à des défauts de ces processus d’inhibition.
Par exemple, ce serait parce qu’un ­patient n’arrive pas à contrôler ses émotions avec son système cognitif qu’il ­développerait des pathologies comme les troubles anxieux, les tocs (troubles ­obsessionnels compulsifs) ou les addictions. La théorie tri-unique a été largement diffusée en raison de son adéquation élégante entre structures cérébrales et fonctions ainsi que de quelques similitudes avec la théorie psychanalytique de Freud. Elle influence toujours fortement la psychologie et les sciences cognitives, avec l’idée...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-16">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivain presse Emmanuel Macron d’appeler Français et Européens à tendre la main aux réfugiés, alors que la crise migratoire plonge l’Europe « en plein délitement ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Lionel Duroy : « Soyez Churchill, soyez de Gaulle, monsieur le Président, plutôt que Chamberlain »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain presse Emmanuel Macron d’appeler Français et Européens à tendre la main aux réfugiés, alors que la crise migratoire plonge l’Europe « en plein délitement ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 09h53
    |

Lionel Duroy (Ecrivain)







                        



                                


                            

Tribune. Vous nous sembliez grand et prometteur en mai 2017, à nous qui nous sentons plus européens que français mais, depuis, vous ne faites que rétrécir et nous décevoir. Parmi mes amis, je suis le seul à vous défendre encore, à penser que la grandeur qui vous animait va finalement l’emporter sur de médiocres calculs politiques.
Vous avez accédé à l’Elysée en plein délitement de l’Europe et alors qu’à Varsovie comme à Budapest on tenait sur les réfugiés des propos haineux – en tous points identiques à ceux qu’on entendait dans les rues de Berlin, à l’égard des juifs et des homosexuels, au début des années 1930. Depuis, l’Italie a rejoint le groupe des pays d’Europe qui affichent une inhumanité dont nous porterons tous la culpabilité, et la honte, quand les historiens feront le compte des enfants, des femmes et des hommes noyés en Méditerranée ou morts derrière des barbelés.
Je me fiche de savoir si parmi tous ces morts certains auraient eu le droit d’entrer chez nous tandis que d’autres auraient été reconduits à la frontière : s’ils ont risqué leurs vies pour venir en Europe c’est bien que chez eux ils mouraient ou étaient menacés, n’est-ce pas ? Cela nous place dans l’obligation morale de les accueillir. C’est aussi simple que cela, arrêtons de chicaner avec des arguties juridiques de boutiquiers.
J’entends bien que les populations hongroises, polonaises, et maintenant italiennes, soutiennent la fermeté de leurs gouvernements et reprennent dans la rue les discours xénophobes de leurs différents ministres, mais cela n’est pas nouveau, dans les années 1930, déjà, l’homme de la rue approuvait globalement l’antisémitisme et l’homophobie d’Hitler. Les peuples apprécient que l’on écoute leurs peurs, que l’on flatte leurs plus mauvais penchants, et ils votent des deux mains pour celui ou celle qui promet de les protéger d’un « étranger » éternellement soupçonné de mettre en danger leur sécurité.
Ne pas choisir le déshonneur
J’entends...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-17">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer a annoncé vouloir renforcer l’apprentissage de la langue arabe à l’école. Une position saluée par Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe et ancien ministre de l’éducation nationale, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Jack Lang : « Développons l’enseignement de l’arabe dans les écoles »

Le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer a annoncé vouloir renforcer l’apprentissage de la langue arabe à l’école. Une position saluée par Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe et ancien ministre de l’éducation nationale, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 09h40
    |

Jack Lang (Président de l'Institut du monde arabe et ancien ministre de l'Education nationale d'avril 1992 à mars 1993 et de mars 2000 à mai 2002)







                        



                                


                            
Tribune. L’enseignement de la langue arabe est une lointaine, persistante et brillante tradition française. Dès la fondation, en 1530, du Collège des lecteurs royaux, ancêtre du Collège de France, François Ier y introduit les langues orientales. Henri III y crée la première chaire d’arabe en 1587. Rabelais enjoint, sous les traits de Gargantua, en 1532, à son fils d’apprendre le grec, le latin, l’hébreu, le chaldéen… et l’arabe, pour « progresser en savoir et en vertu ».

La langue arabe est aujourd’hui la cinquième langue la plus pratiquée dans le monde : plus de 430 millions de locuteurs. Est-il normal qu’elle occupe une place aussi marginale dans l’enseignement scolaire en France, prisonnière de préjugés qui ont la peau dure et dont les populistes de tout poil font leur fonds de commerce ?
La situation est pitoyable : seul un enfant sur mille étudie l’arabe à l’école primaire, deux sur mille au collège
La situation est pitoyable : seul un enfant sur mille étudie l’arabe à l’école primaire, deux sur mille au collège. La langue arabe est d’abord une grande langue vivante et universelle, fort éloignée des clichés que l’on veut lui accoler. Elle est la langue des Arabes chrétiens, juifs, musulmans ou athées, la langue des blogueurs, des réseaux sociaux et de la jeunesse, la langue des écrivains, des poètes, des artistes, des chanteurs et hip-hopeurs, la langue des scientifiques, des chercheurs, des journalistes, des entreprises et des créateurs. Elle est une langue en mouvement perpétuel, tonique et pleinement connectée au monde contemporain.
Le combat du plurilinguisme
Elle est aussi la langue de savoirs qui, pendant de nombreux siècles, ont infusé l’Europe et notre pays en particulier. Celle d’une civilisation qui, dans tous les domaines de la connaissance, a été le principal passeur entre les civilisations grecque, babylonienne ou égyptienne, et l’Europe médiévale, tout en nourrissant une pensée scientifique...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-18">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’universitaire israélien publie, le 2 octobre, « 21 leçons pour le XXIe siècle », ouvrage dans lequel il décortique les enjeux de notre époque : crise écologique, « fake news », big data et intelligence artificielle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ 
<article-nb="2018/09/19/19-19">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Face au parti Droit et justice (PiS), Robert Biedron, maire de Slupsk, une ville moyenne du Nord, homosexuel assumé et athée déclaré, tente de faire émerger une alternative politique, raconte Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde »
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 18/09/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Pologne : « Ulcérée par le tournant ultra-conservateur, une partie de la société civile refuse de baisser les bras »

Face au parti Droit et justice (PiS), Robert Biedron, maire de Slupsk, une ville moyenne du Nord, homosexuel assumé et athée déclaré, tente de faire émerger une alternative politique, raconte Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde »



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 09h22
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Chronique. Les Polonais sont des gens remuants. Ils en ont donné maints exemples, y compris lorsque leur Histoire paraissait figée. Bon sang ne saurait mentir : au moment où l’emprise des partis populistes dans plusieurs démocraties occidentales paraît renforcée par le vide sidéral de la boîte à idées des oppositions progressistes, en Pologne, des démocrates cogitent, s’agitent et agissent.
On pourrait croire le parti Droit et justice (PiS), mené d’une main autoritaire par Jaroslaw Kaczynski, totalement maître du terrain, tant sa popularité résiste, après trois ans d’exercice du pouvoir, à toutes les controverses. Comme Donald Trump aux Etats-Unis, malgré quelques trous d’air, il conserve un socle solide d’opinions favorables ; en Pologne, ce soutien se situe actuellement autour de 37 %. En face, le principal parti d’opposition, Plate-forme civique (PO), la formation de centre droit que dirigeait Donald Tusk avant de rejoindre Bruxelles, ne s’est jamais vraiment remis de sa défaite de 2015. Incapable de renouveler ses dirigeants et son discours, la PO a aujourd’hui la triste allure d’une association d’anciens combattants de la politique.
Ulcérée par le tournant nationaliste, ultra-conservateur et anti-européen que lui impose le PiS, une bonne partie de la société civile, pourtant, refuse de baisser les bras. Une petite femme blonde de 66 ans, Malgorzata Gersdorf, incarne à elle seule cette résistance : présidente de la Cour suprême, elle aurait dû quitter son poste à la suite de la réforme des institutions judiciaires, réforme que l’Union européenne considère comme contraire à l’Etat de droit. Limogée en juillet, Mme Gersdorf, soutenue par d’imposantes manifestations, a juré de défendre la Constitution et continue de se rendre à la Cour.
Les juges font de la résistance
Chaque matin, elle arrive, s’assoit à son bureau et travaille. Soucieux de ne pas réveiller la contestation, le pouvoir se garde...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-20">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Les conséquences fiscales d’un acte de partage entre membre d’une indivision doivent être soupesées indique dans sa chronique Jean-François Desbuquois, avocat associé chez FIdal et membre du Cercle des fiscalistes.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

« Le régime fiscal dérogatoire des indivisions peut constituer un véritable piège pour l’attributaire »

Les conséquences fiscales d’un acte de partage entre membre d’une indivision doivent être soupesées indique dans sa chronique Jean-François Desbuquois, avocat associé chez FIdal et membre du Cercle des fiscalistes.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 06h30
    |

Jean-François Desbuquois (Avocat associé Fidal, membre du Cercle des fiscalistes)







                        



   


Fiscalité. Par une décision du 13 juillet 2018, le Conseil constitutionnel vient de rejeter une question prioritaire de constitutionnalité contestant l’inégalité du traitement fiscal qui s’applique aux partages, lorsque ces derniers portent sur des indivisions d’origine familiale.
Leur régime spécifique, ainsi définitivement conforté, produit des conséquences fiscales souvent méconnues, qui peuvent se révéler particulièrement redoutables, à terme, pour les intéressés.

        Lire aussi :
         

                « La date à laquelle des fonds ont été souscrits modifie leur taxation »



Rappelons que l’indivision est la situation juridique dans laquelle plusieurs personnes détiennent des droits de même nature sur un bien, ou un ensemble de biens, sans que leurs parts respectives soient encore individualisées. Les indivisions sont très fréquentes en pratique et peuvent naître de différentes circonstances, ayant une origine soit familiale telle que le décès d’une personne dont la succession est dévolue à plusieurs héritiers ou bien le divorce de deux époux communs en biens, soit non familiale tel que l’achat d’un bien réalisé en commun par plusieurs acquéreurs non parents.
Acte de partage
La période d’indivision est souvent délicate, car elle nécessite une parfaite entente entre tous les indivisaires pour que puissent être prises de nombreuses décisions concernant la gestion des biens. Aussi, les indivisaires finissent-ils, en général, par y mettre fin par un acte de partage que chacun d’entre eux a d’ailleurs le pouvoir de provoquer seul.
Assez fréquemment, l’un des indivisaires se voit alors attribuer le bien indivis en totalité à charge pour lui d’indemniser les autres indivisaires de la valeur de leurs parts, sous la forme d’un dédommagement financier désigné sous le terme de « soulte ».
Se pose alors la question des conséquences fiscales d’un tel acte, notamment si le bien indivis a enregistré une forte plus-value entre le début de l’indivision et le moment du partage.

        Lire aussi :
         

                Assurance-vie : « Il peut être judicieux de nommer les bénéficiaires avec un pourcentage des capitaux décès »



En la matière, la loi distingue deux régimes. En principe, les indivisaires qui cèdent leurs droits indivis dans le bien sont considérés comme des vendeurs et imposés sur la plus-value existant entre la valeur pour laquelle ils avaient acquis leurs droits indivis et le montant de la soulte.
La non-imposition de la soulte
Mais pour certains partages portant sur des indivisions ayant une origine familiale – essentiellement celles résultant d’une succession ou nées à l’occasion d’un divorce –, un régime dérogatoire s’applique. Dans ces dernières hypothèses, l’indivisaire qui cède ses droits et reçoit en contrepartie une soulte de son copartageant, n’est pas imposé sur la plus-value qu’il réalise, le cas échéant, à cette occasion.
Ce régime de faveur s’explique par le fait que le législateur cherche ainsi à inciter les indivisaires à sortir le plus rapidement possible de l’indivision, considérée comme peu favorable à une gestion économiquement active des patrimoines, en supprimant le frein au partage que pourrait représenter la fiscalité.
Il se justifie aussi par le fait qu’en application d’un principe de droit civil, l’indivisaire qui se voit attribuer le bien est réputé, par une fiction juridique, en être rétroactivement seul propriétaire pour la totalité depuis l’origine de l’indivision.

        Lire aussi :
         

                Défiscalisation : la vie continue après le dispositif Censi-Bouvard



Mais ce régime dérogatoire, s’il facilite dans un premier temps le partage en permettant aux indivisaires sortants de ne pas avoir à acquitter d’imposition sur la plus-value dont ils ont bénéficié depuis le début de l’indivision, peut se révéler ultérieurement constituer un véritable piège pour l’attributaire.
La question de la plus-value
Lorsque ce dernier revendra plus tard, à son tour, le bien à une tierce personne, se posera la question de la plus-value sur cette nouvelle cession. Or, le régime fiscal dérogatoire conduira alors à ce que le cédant ne puisse plus retenir dans son propre prix de revient les soultes qu’il aura versées à ses copartageants, mais uniquement la valeur du bien à la naissance de l’indivision.
Autrement dit, l‘impôt sur la plus-value qui aura été évité par les copartageants ayant reçu des soultes lors du partage, devra être acquitté par l’attributaire lorsqu’il revendra le bien, bien qu’il ait payé le prix correspondant à la part de ses frères et sœurs au jour du partage et n’ait donc pas réalisé de plus-value. Cette règle s’applique aussi bien pour les plus-values sur cession de valeurs mobilières que sur les plus-values immobilières.
C’est précisément la difficulté à laquelle se trouvait confrontée la requérante qui avait soulevé la question prioritaire de constitutionnalité. Au décès de leur père, quatre sœurs avaient hérité indivisément de parts sociales, évaluées à 356 euros par part dans la succession.

        Lire aussi :
         

                Location en meublé : l’administration fiscale se montre un peu plus souple



Plus tard, l’une d’entre elles, dans le cadre d’un partage, avait acquis les droits indivis des trois autres, sur la base d’un prix de 790 euros par part. Puis ultérieurement, la sœur attributaire les avait revendues à un tiers sur la base du même prix de 790 euros par part et pensait logiquement n’avoir à acquitter aucun impôt de plus-value à ce titre, puisqu’elle cédait les parts pour le même prix que celui pour lequel elle les avait acquises auprès de ses sœurs.
C’était méconnaître l’effet retardé du partage qui ne lui permettait de retenir comme prix de revient que celui déclaré dans la succession, soit 356 euros par part, et non celui du rachat à ses sœurs soit 790 euros.
Régime fiscal incontestable
Le Conseil constitutionnel ayant rejeté les griefs d’inconstitutionnalité, le régime fiscal dérogatoire des partages familiaux semble donc désormais définitivement incontestable.
Il conviendra d’en tenir compte au moment des partages, particulièrement si des plus-values latentes importantes existent à cette date.
Dans une telle hypothèse, il n’est pas toujours aisé de trouver une solution permettant de préserver les intérêts des uns et des autres, dans la mesure où, par principe, la jurisprudence considère que la fiscalité latente n’a pas lieu d’être prise en compte lors de l’évaluation des lots.
Et même dans l’hypothèse d’un partage purement amiable dans lequel les indivisaires accepteraient le principe de minorer la valeur du bien pour tenir compte du transfert à l’attributaire de la charge d’impôt latente, le coût fiscal que pourrait avoir à supporter l’attributaire dans le futur est difficile à évaluer à l’avance et même incertain. Il dépend, d’une part, de la nature de la transmission que celui-ci réalisera ultérieurement.

        Lire aussi :
         

                « Année blanche » : est-il possible d’optimiser la fiscalité des bonus ?



Une mutation à titre gratuit (donation ou succession) lui permettra, par exemple, d’échapper à cette imposition. D’autre part, même si l’attributaire procède plus tard à une cession à titre onéreux, la taxation effective dépendra du taux de l’impôt qui pourra avoir évolué, à la hausse ou à la baisse, entre la date du partage et celle de la revente, ce qui rend sa quantification précise impossible par avance.



                            


                        

                        

