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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le magazine people a été condamné à 45 000 euros d’amende et 100 000 euros de dommages et intérêts pour des clichés publiés en septembre 2012.
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« Closer » condamné en appel pour avoir publié des photos de Kate Middleton dénudée

Le magazine people a été condamné à 45 000 euros d’amende et 100 000 euros de dommages et intérêts pour des clichés publiés en septembre 2012.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 15h48
   





                        


L’affaire avait fait grand bruit, en France et surtout outre-Manche, quand Closer avait publié, en septembre 2012, des photos volées du prince William et de sa femme, Kate Middleton, la poitrine dénudée. La cour d’appel de Versailles a confirmé, mercredi 19 septembre, la condamnation des deux dirigeants du magazine people à une même amende de 45 000 euros, la sanction maximale.
Dans son arrêt, la cour a confirmé en tout point le jugement rendu en première instance en septembre 2017, qui avait condamné la directrice de rédaction, Laurence Pieau, et le directeur de publication, Ernesto Mauri, pour « complicité ou divulgation d’un document obtenu par une atteinte à l’intimité de la vie privée ». La cour a aussi suivi le tribunal correctionnel de Nanterre, en validant les 100 000 euros de dommages et intérêts alloués à Kate Middleton et à son mari.
Le no 379 de l’hebdomadaire people, daté du 14 septembre 2012, contenait des clichés estivaux de la duchesse et du duc de Cambridge au bord de la piscine d’un luxueux domaine du sud de la France. Cette publication avait fait scandale au Royaume-Uni et provoqué le courroux de la famille royale britannique, qui avait saisi la justice française et obtenu l’interdiction de toute nouvelle diffusion des images, que même les tabloïds anglais s’étaient refusés à publier.
Deux photographes, soupçonnés d’être les auteurs des clichés, ont aussi vu leur condamnation confirmée mercredi à 10 000 euros dont 5 000 avec sursis. Ces deux paparazzis de l’agence parisienne Bestimage, Cyril Moreau et Dominique Jacovides, ont toujours nié avoir pris les photos incriminées.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Les chercheurs Jonathan Wareham et Laia Pujol appellent dans une tribune au « Monde » à une meilleure utilisation du potentiel des grands équipements scientifiques européens pour développer des technologies innovantes contribuant au bien-être économique et social.
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Les « perles cachées » de l’innovation technologique européenne

Les chercheurs Jonathan Wareham et Laia Pujol appellent dans une tribune au « Monde » à une meilleure utilisation du potentiel des grands équipements scientifiques européens pour développer des technologies innovantes contribuant au bien-être économique et social.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 14h15
    |

Jonathan Wareham (Professeur en systèmes d’information à l’Esade Business School, à Barcelone) et Laia Pujol (Doctorante à l’Esade Business School)







                        



                                


                            

Tribune. Le 26 septembre 2017, lors de son discours à la Sorbonne, le président Emmanuel Macron avait suggéré la création d’une agence d’innovation paneuropéenne, semblable à la Defense Advanced Research Projects Agency (Darpa) américaine, entrée dans la légende du développement de nouvelles technologies dès sa création en 1958 au sein du département de la défense des Etats-Unis.
Le commissaire européen à la recherche et à l’innovation, Carlos Moedas, a, quant à lui, proposé, en octobre 2017, la création d’un « conseil européen de l’innovation » pour piloter le programme Horizon 2020. Pour l’un comme pour l’autre, il est urgent d’aider l’Europe à rattraper son retard sur ses concurrents internationaux en matière d’innovation.
M. Moedas suggère, peut-être à juste titre, qu’une agence européenne intergouvernementale sur le modèle de la Darpa constituerait une approche trop « descendante » pour les Etats membres. Son argumentation ignore toutefois un élément essentiel : les technologies de la Darpa, qui ont marqué de leur empreinte presque tous les produits numériques disponibles sur le marché aujourd’hui – GPS, réalité virtuelle, voitures autonomes –, ont été développées dans un environnement commercial.
En effet, la quasi-totalité des entreprises qui ont marqué les débuts de la Silicon Valley, dont IBM, Hewlett-Packard ou Oracle, doivent leur succès aux grands contrats passés avec l’armée américaine. La question n’est pas de glorifier le rôle des dépenses militaires, mais de souligner l’importance d’une forte traction par la demande dans le processus d’innovation. Comment l’Europe peut-elle stimuler la demande d’innovation ?
Une longue et fière tradition de progrès
L’Europe a une longue et fière tradition de progrès scientifique. Elle peut se vanter de disposer des infrastructures de recherche parmi les plus sophistiquées au monde, avec notamment l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN),...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Dans la nuit de mardi à mercredi, une voiture a percuté trois personnes, dans un incident qui pourrait être à caractère islamophobe selon Scotland Yard.
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Londres : trois piétons blessés par une voiture devant une mosquée

Dans la nuit de mardi à mercredi, une voiture a percuté trois personnes, dans un incident qui pourrait être à caractère islamophobe selon Scotland Yard.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h47
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 13h01
   





                        


Une voiture a percuté et blessé trois personnes à proximité d’une mosquée londonienne dans la nuit de mardi 18 à mercredi 19 septembre, dans un incident qui pourrait être à caractère islamophobe, a annoncé Scotland Yard, la police de Londres. Deux hommes âgés d’une vingtaine d’années souffrent de blessures « mineures », tandis qu’un quinquagénaire a été hospitalisé à cause d’« une blessure sérieuse à la jambe ».
« Nous prenons cet incident très au sérieux, a déclaré l’officier de police Kelly Schonhage dans un communiqué. Il n’est pas traité comme étant de nature terroriste, mais l’aspect haineux de cette collision est examiné comme une circonstance aggravante. »
La police londonienne a établi que, vers minuit, les occupants d’une voiture « se comportaient de manière antisociale » sur un parking privé à proximité de la mosquée Al-Majlis Al-Hussaini, dans le quartier de Cricklewood, dans la banlieue nord-ouest de la capitale britannique. « Ils buvaient et auraient consommé des drogues », selon Scotland Yard.
« Commentaires islamophobes »
Sur place, des agents de sécurité privés ont demandé aux quatre occupants du véhicule, trois hommes et une femme âgés d’une vingtaine d’années, de quitter les lieux. La voiture se serait alors rapprochée de la mosquée, déclenchant une confrontation avec « un large groupe de personnes », selon le récit de la police. Les occupants du véhicule auraient prononcé « des commentaires islamophobes », avant que la voiture prenne la fuite, percutant trois individus dans sa course.
L’association Hussaini, qui gère la mosquée, et y avait organisé un événement mardi soir, a dénoncé l’incident et suspecte une « attaque islamophobe préméditée ».
Le 19 juin 2017, un Britannique de 48 ans, Darren Osborne, avait foncé à bord d’une camionnette sur des fidèles musulmans près de la mosquée de Finsbury Park. Cette attaque islamophobe avait fait un mort et douze blessés, et avait été traitée par la police comme un attentat. Elle avait été perpétrée dans un climat d’extrême fébrilité au Royaume-Uni, après trois attentats en trois mois, à Londres et Manchester, ayant fait 35 morts et revendiqués par le groupe djihadiste Etat islamique (EI).
Le nombre de délits et crimes à caractère « haineux » a augmenté de 29 % en Angleterre et au pays de Galles en 2016-2017, selon les derniers chiffres du ministère de l’intérieur. Ils atteignent leur plus haut niveau en six ans. « Le terrorisme d’extrême droite constitue une menace grandissante », avait reconnu au début de juin le ministre de l’intérieur, Sajid Javid.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Après trois jours de navigation, le navire humanitaire de Méditerranée et Médecins sans frontières se rapproche des côtes libyennes.
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Sur l’« Aquarius » : « Il faut distinguer des épaules qui bougent et des petites têtes au loin »

Après trois jours de navigation, le navire humanitaire de Méditerranée et Médecins sans frontières se rapproche des côtes libyennes.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 15h35
    |

            Julia Pascual (envoyée spéciale)








                        



   


Il est 6 h 20 et le ciel commence à s’éclairer, dévoilant progressivement une mer que fend silencieusement l’Aquarius. Mercredi 19 septembre à l’aube, le navire humanitaire des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) se rapprochait lentement des côtes libyennes, après trois jours de navigation. La veille, alors que l’Aquarius longeait la Tunisie, l’équipe de SOS Méditerranée a commencé les tours de veille sur la passerelle du navire.
Antoine Clément est le premier à procéder chaque matin. Le sauveteur français de 29 ans attrape une paire de jumelles et scrute l’horizon. Ses boucles blondes s’agitent, soulevées par le vent, tandis que le ciel se pare à l’ouest de bleu et de rose pâles à mesure que le soleil se lève.

   


On peut voir jusqu’à sept ou huit milles nautiques au loin par temps clair. Il n’y avait mercredi matin que des vaguelettes à détailler et quelques bateaux lointains. Pas de rubber boat en détresse, ces embarcations de fortune dans lesquelles les migrants dérivent au péril de leur vie. La mer n’est pas propice aux départs, la faute à un vent venu de l’intérieur des terres, qui produit une mauvaise houle.
« Radeaux » et « bananes »
« Il faut que ton œil arrive à distinguer des épaules qui bougent et des petites têtes au loin, explique Jérémie Demange, sauveteur pour SOS Méditerranée depuis cinq mois, qui s’apprête à relayer Antoine Clément sur le pont. Parfois, on a repéré des carcasses de vaches ou des bouées dans les zones de pêche. » La mer est aussi truffée de plastiques flottants, que les marins surnomment les « perchoirs à mouettes », car les oiseaux aiment s’y agripper.

   


Depuis que l’Aquarius a quitté le port de Marseille, l’équipe de SOS s’est plusieurs fois exercée à des opérations de sauvetage en mer. Antoine Clément sait qu’il devra rester sur le pont, et notamment préparer les gilets de sauvetage, les « radeaux » et les « bananes », tous les flotteurs qui permettront à des gens tombés à l’eau de se maintenir à la surface. Il aidera aussi les rescapés à monter à bord de l’Aquarius.
Ce jeune Breton, qui n’a jamais fait aucun sauvetage en mer, est « partagé entre détermination et appréhension ». Officier de marine marchande, il a surtout travaillé sur des câbliers, « des gros bateaux de 270 mètres qui installent et réparent les câbles sous-marins de télécommunication ». Touché par l’agitation médiatique autour des questions migratoires ces dernières années, Antoine Clément a été marqué par l’homélie du pape sur l’île italienne de Lampedusa en 2013 et les récits de sa sœur juriste qui travaille auprès de mineurs isolés.

   


Les vieux loups de mer, rompus à la solitude des quarts et au confinement des cabines, se retrouvent à cohabiter avec des humanitaires
Début 2018, il se met en congés de son employeur et monte une association avec un ami universitaire, The Humanisea Challenge. A bord d’un voilier, ils se lancent dans un tour de la Méditerranée au cours duquel ils rencontrent des chercheurs qui travaillent sur les migrations. Une avarie suspend momentanément leur périple et Antoine Clément se retrouve alors disponible pour rejoindre l’Aquarius, dont il suivait les aventures. Un bateau « pas du tout habituel », à bord duquel les vieux loups de mer, rompus à la solitude des quarts et au confinement des cabines, se retrouvent à cohabiter avec des humanitaires.

        Lire :
         

          A bord de l’« Aquarius », des sauvetages bouleversés par la crise migratoire européenne



« Besoin d’aller voir ce qu’il se passait »
Kiri Santer n’a rien d’un marin. Mais elle a pris place aux côtés du capitaine, un grand Russe moustachu et taiseux, sur la passerelle du bateau, dont la patine de la console rappelle que l’Aquarius a été construit en 1977. « C’est un espace sensible, de concentration et de prise de décision », explique cette jeune Suisse de 27 ans. Kiri Santer est chargée de recherche et de documentation au sein de l’équipe de SOS Méditerranée.

   


Entourée d’un logiciel cartographique, de radios et autres équipements satellitaires, elle renseigne « tout ce qu’il se passe dans et autour du bateau » et alimente un registre de bord accessible en ligne, le logbook (« livre de bord »). Son poste a été créé cet été, dans un effort de transparence, au moment où le bien-fondé des opérations humanitaires en Méditerranée était remis en cause.
Comme Antoine Clément, l’engagement de Kiri Santer s’est construit en pleine crise migratoire. Doctorante en anthropologie politique, elle a notamment participé à l’association Alarm Phone, une permanence téléphonique pour les personnes en situation de détresse en Méditerranée. A cette occasion, elle a observé la façon dont la coordination des secours en mer a été transférée des autorités maritimes italiennes à la Libye.
Avant d’embarquer sur l’Aquarius, elle s’est interrogée sur sa démarche :
« Je me suis demandé pourquoi je pouvais ressentir un tel enthousiasme à participer à cette mission, pourquoi j’avais besoin d’aller voir ce qu’il se passait. Je trouve important d’être ici pour témoigner du fait que l’Europe est en train d’externaliser la gestion de ses frontières alors qu’elle a la responsabilité d’accueillir les gens qui fuient l’horreur en Libye. »

        Lire :
         

          L’« Aquarius » a quitté Marseille, les soutes pleines « pour pouvoir faire face à l’imprévu »




        Lire les témoignages :
         

          « Plus tard, cette crise sera dans les livres d’histoire et on en aura honte »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Le premier ministre veut cesser tout financement public pour ces enseignements universitaires.
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Dans la Hongrie de Viktor Orban, la fin académique des études de genre

Le premier ministre veut cesser tout financement public pour ces enseignements universitaires.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 12h20
    |

            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est le nouveau combat de Viktor Orban. Alors que le Parlement européen a voté, le 12 septembre, en faveur du lancement de l’article 7 du traité de l’Union européenne (UE), pouvant à terme permettre de sanctionner le pays pour ses atteintes à l’Etat de droit, la Hongrie part en croisade contre les études de genre.
Le 14 août, l’exécutif a annoncé sa décision de retirer les « gender studies » de la liste des diplômes jouissant d’une accréditation officielle, posant ainsi la première pierre du projet de « nouvelle ère » culturelle et intellectuelle, annoncé par le premier ministre, après sa réélection, le 8 avril.
La réforme, formulée à l’occasion d’une transformation des allocations étudiantes, doit être adoptée dans le courant du mois de septembre. Elle mettrait un terme à tout financement public pour ces enseignements. « Les gens naissent hommes ou femmes et, selon nous, il n’est pas acceptable de parler d’une construction sociale des genres remplaçant les sexes biologiques », affirme le gouvernement, en réponse aux questions du Monde. Les études concernant le genre, qui forment un champ de recherche interdisciplinaire sur les rapports sociaux entre les sexes, ont d’abord été institutionnalisées dans les campus américains.

En Hongrie, elles sont enseignées depuis plus de vingt ans à l’Université d’Europe centrale (CEU), un établissement fondé par le milliardaire américain d’origine hongroise George Soros, personnalité dont le soutien financier aux thèses progressistes déplaît fortement au chantre de la « démocratie illibérale ». Des étudiants sont également formés à l’université publique Loránd Eötvös (ELTE).
Selon Eva Fodor, rectrice à la CEU, en posant la question de la légitimité académique de ces études, controversées dans les milieux conservateurs et religieux, ce pays d’Europe centrale serait à la pointe des attaques portées sur l’ensemble du continent contre le féminisme et les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Lancée fin 2017, la procédure contre la Pologne se trouve dans l’impasse.
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Etat de droit : l’UE incapable de sanctionner Varsovie et Budapest

Lancée fin 2017, la procédure contre la Pologne se trouve dans l’impasse.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 16h19
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            

Le sujet n’est pas inscrit à l’ordre du jour du sommet européen informel de Salzbourg, mercredi 19 et jeudi 20 septembre, mais il devrait être dans toutes les têtes des vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE). Est-il possible de sanctionner la Hongrie pour ses dérives en matière d’Etat de droit, comme l’a demandé le Parlement européen lors d’un vote historique, le 12 septembre ? La question se pose, tant la procédure similaire lancée pour la Pologne est actuellement en panne.
Exceptionnelle, cette procédure, dite « article 7 », en vertu des traités de l’UE peut théoriquement mener jusqu’à une suspension des droits de vote du pays concerné au conseil – l’organe qui regroupe les Etats –, soit une mise au ban du jeu européen. Mais s’il a eu une valeur symbolique et politique forte, mener l’article 7 à son terme relève quasiment de l’impossible. En ce qui concerne la Pologne, la procédure a été lancée par la Commission, pour la première fois de l’histoire de l’UE, en décembre 2017. L’exécutif européen estimait que les réformes de la justice voulues par le gouvernement ultraconservateur du Parti droit et justice (PiS) faisaient courir « un risque clair de violation grave de l’Etat de droit » dans le pays. A l’époque, l’institution communautaire espérait encore que le PiS amenderait ses réformes controversées.
Neuf mois après le déclenchement de cette procédure, Varsovie n’a quasiment pas modifié sa copie. Et une de ses mesures les plus controversées, la mise en retraite d’office d’un tiers des juges de la Cour suprême, entre progressivement en application depuis début juillet.
« Le dialogue n’a pas permis de progrès substantiels quant à nos préoccupations sur les réformes de la justice en Pologne », Nathalie Loiseau et Michael Roth, ministres des affaires européennes
Le conseil des ministres des affaires européennes, qui se tenait mardi 18 septembre à Bruxelles, n’a pu que constater « des positions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Deux demandeurs d’asile avaient été arrêtés après la mort d’un Allemand de 35 ans, affaire qui a provoqué des manifestations d’extrême droite.
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En Allemagne, un étranger suspecté du meurtre de Chemnitz disculpé

Deux demandeurs d’asile avaient été arrêtés après la mort d’un Allemand de 35 ans, affaire qui a provoqué des manifestations d’extrême droite.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 13h56
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



   


L’un des deux demandeurs d’asile arrêtés à Chemnitz (Saxe) au lendemain du meurtre de Daniel Hillig, un Allemand de 35 ans poignardé en pleine rue dans la nuit du 25 au 26 août et dont la mort a provoqué d’importantes manifestations d’extrême droite, a été remis en liberté.
« Le mandat d’arrêt pour homicide volontaire en réunion contre le suspect irakien a été levé aujourd’hui par le tribunal d’instance de Chemnitz sur ordre du parquet », a annoncé la porte-parole du parquet de cette ville de 240 000 habitants, mardi 18 septembre, lors d’une conférence de presse, ajoutant que le second suspect arrêté fin août, un Syrien de 23 ans, restait sous mandat d’arrêt, et qu’un troisième homme, de nationalité irakienne, était toujours recherché par la police.

        Le reportage :
         

          Allemagne : à Chemnitz, PME cherchent réfugiés désespérément



Aucune trace ADN
Confirmant des déclarations faites un peu plus tôt dans la journée par l’avocat du jeune homme de 22 ans libéré mardi, qui a regretté que son client ait « passé plus de trois semaines en détention sans motif concret », la porte-parole du parquet a confirmé qu’aucune trace de l’ADN de celui-ci n’avait été trouvée sur le couteau récupéré sur les lieux du crime avec le sang de la victime. « Aucun témoin ne l’a vu donner des coups de couteau », a-t-elle déclaré, ajoutant qu’un deuxième couteau avait été utilisé mais qu’il « n’avait pas été retrouvé jusqu’ici malgré des recherches intensives ».
L’annonce de cette libération a provoqué de vives réactions à l’extrême droite. « Quoi ? Pardon ? Une protection plutôt qu’une expulsion pour un demandeur d’asile débouté, DÉJÀ PLUSIEURS FOIS CONDAMNÉ. L’Allemagne est vraiment devenue folle », a immédiatement commenté Jörg Meuthen, le coprésident du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), sur Twitter.
A l’origine des premières manifestations, organisées quelques heures après le meurtre de Daniel Hillig, l’association Pro Chemnitz, un « mouvement citoyen » d’extrême droite fondé en 2009 et qui avait recueilli 5,66 % des voix aux élections municipales de 2014, a, quant à elle, appelé à un nouveau rassemblement, le sixième depuis le début de l’affaire, vendredi 21 septembre, en fin d’après-midi.

        Les réponses à vos questions :
         

          Allemagne : « Indiscutablement, des tabous sur l’extrême droite sont brisés »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Le patriarcat de Constantinople devrait reconnaître l’indépendance de l’Eglise orthodoxe ukrainienne sous tutelle jusqu’ici du patriarcat de Moscou.
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Les orthodoxes russes et ukrainiens au bord du schisme

Le patriarcat de Constantinople devrait reconnaître l’indépendance de l’Eglise orthodoxe ukrainienne sous tutelle jusqu’ici du patriarcat de Moscou.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 12h32
    |

            Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)








                        



                                


                            

Territorial et politique, le conflit entre la Russie et l’Ukraine se déplace désormais sur le terrain religieux. Dans la foulée d’une assemblée extraordinaire, le Saint-Synode, l’institution collégiale au sommet de sa hiérarchie, qui s’est réunie à Moscou le 14 septembre, l’Eglise orthodoxe russe a pris la décision sans précédent de rompre pour partie ses relations avec le patriarcat de Constantinople. Car ce dernier s’apprête à reconnaître l’autocéphalie, l’indépendance de l’Eglise orthodoxe ukrainienne, aujourd’hui encore divisée en deux principales branches concurrentes, dont la plus importante dépend de Moscou depuis la fin du XVIe siècle.
« Constantinople est pressé d’achever [ce] processus tant que l’actuel président ukrainien, Petro Porochenko, est au pouvoir, car il le soutient activement », le métropolite Hilarion
La décision finale de Bartholomée Ier, le patriarche de Constantinople, considéré comme le chef symbolique des 300 millions de chrétiens orthodoxes dans le monde, devrait intervenir lors de la réunion de son propre synode, prévue du 9 au 11 octobre. Mais l’envoi préalable de deux de ses représentants à Kiev « dans le cadre des préparatifs de l’octroi de l’autocéphalie à l’Eglise orthodoxe d’Ukraine », selon les termes de son communiqué, ne laisse guère de doutes sur ses intentions. « Nous sommes arrivés avec une mission extraordinaire (…) afin de continuer le travail sur une chose déjà décidée », a confirmé, lundi 17 septembre, l’un des deux émissaires, l’archevêque américain Daniel, en marge d’une rencontre avec le président ukrainien, Petro Porochenko.
« Constantinople est pressé d’achever [ce] processus tant que l’actuel président ukrainien, Petro Porochenko, est au pouvoir, car il le soutient activement », avait déjà fustigé depuis Moscou le métropolite Hilarion, responsable des relations extérieures de la patriarchie de Moscou. Ce n’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Même si elle est informelle, aucune décision ne sera prise, cette réunion devrait aborder le calendrier du Brexit et les quotas de migrants.
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Migration et Brexit, les deux enjeux du sommet européen de Salzbourg

Même si elle est informelle, aucune décision ne sera prise, cette réunion devrait aborder le calendrier du Brexit et les quotas de migrants.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 07h35
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 11h10
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les dirigeants européens se réunissent à Salzbourg, mercredi 19 septembre et jeudi 20 septembre, à l’invitation du chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui assure la présidence tournante de l’Union jusqu’à la fin de l’année. Au menu principal des discussions, les deux priorités du moment : le Brexit et la migration.
Brexit : le calendrier d’un « deal » se précise ; le risque d’un « no deal » pas écarté
« Informelle » – sans décision –, la réunion devrait permettre d’affiner le calendrier du Brexit, alors qu’il ne reste plus que trois mois « utiles » aux Européens à Vingt-Sept, pour parvenir à un accord avec Londres. Un sommet extraordinaire sur le sujet devrait être convoqué en novembre, a confirmé mardi 18 septembre Donald Tusk, le président du Conseil (les Etats membres). Les discussions ont beau être entrées dans leur phase finale, un accord lors du prochain Conseil européen (le 18 octobre, à Bruxelles), parait en effet hautement improbable.
En Autriche, les Vingt-Sept devraient constater que la question irlandaise reste la seule difficulté à surmonter pour un accord. Le gouvernement de Theresa May s’est engagé à éviter la réapparition d’une « frontière physique » entre Irlande du Nord et la République d’Irlande restée dans l’UE après le Brexit.
Pour y parvenir, début 2018, Michel Barnier, le négociateur en chef pour l’Union, a proposé une solution temporaire en guise de « filet de sécurité » (« backstop »). Le temps d’avoir bouclé la « relation future » entre l’UE et Londres, l’Irlande du Nord resterait alignée sur les normes européennes, de manière à éviter les contrôles des biens avec la République d’Irlande. Inacceptable, ont répondu les Britanniques, car cela reviendrait à unifier de fait toute l’île d’Irlande en l’arrimant à l’UE.
Etant donné que les contre-propositions de Mme May ont jusqu’à présent été jugées irréalistes, M. Barnier tente une nouvelle stratégie de « dédramatisation ». La Commission insiste sur le caractère temporaire de son « filet de sécurité » et se dit prête à des compromis (contrôle des marchandises en partance pour l’Irlande cogéré avec les douaniers britanniques et européens…).
Si cette « dédramatisation » fonctionne, et si les Britanniques acceptent le « backstop » ou une solution approchante, les négociations, gelées depuis quelques semaines en attente du congrès des Tories, début octobre, pourraient reprendre dans la foulée. Et un accord pourrait être trouvé avant mi-novembre. Si tout se passe bien, car les Européens n’ont pas écarté le risque d’un « no deal ». Les réunions préparatoires pour limiter les conséquences d’une telle « catastrophe » – le mot est de M. Tusk – se poursuivent à Bruxelles.
Salzbourg sera aussi l’occasion de vérifier que les Vingt-Sept continuent à parler d’une seule voix et estiment tous que le Royaume-Uni, devenu pays tiers le 30 mars 2019, ne peut prétendre aux mêmes avantages qu’un pays membre. L’équipe de M. Barnier est fébrile, redoutant que certains gouvernements se désolidarisent dans la dernière ligne droite. Car Londres se livre toujours à un lobbying intense pour tenter de diviser le front continental.

        Le point sur le calendrier :
         

          plus que quatre mois pour trouver un accord



Migration : blocages et désaccords persistent
« Tirer les leçons de ce qui s’est déroulé cet été et voir comment lever les blocages » : voilà, résumé par un diplomate, le programme assez peu ambitieux du chapitre « migration ». En Italie, le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, entend maintenir son refus de laisser accoster les navires qui ont recueilli des migrants ; en Hongrie, Viktor Orban confirme son refus d’accueillir le moindre réfugié.
La réforme du système de Dublin reste, elle, enlisée. Jugé injuste par les pays de première entrée de l’Union, il les oblige à assumer la charge de l’enregistrement des migrants et d’un examen de leur dossier, ainsi que le retour de ceux qui, arrivés dans un autre pays membre, en sont renvoyés. Paris, Berlin et la plupart des capitales veulent maintenir le principe, tout en l’assortissant d’un mécanisme dit de « solidarité », à savoir de répartition des « vrais » demandeurs d’asile et réfugiés.
Compte tenu des divisions actuelles, une uniformisation des règles de l’asile apparaît, elle aussi, très hypothétique. Les quotas de répartition, fixés de manière très précise par la Commission – avec d’éventuelles amendes à la clé – sont, eux aussi, gelés. « La ligne rouge, c’est la soldarité qui doit s’imposer à tous », dit-on à Paris. Où l’on envisage cependant de possibles compromis : la solidarité ne devrait pas consister obligatoirement en l’accueil de réfugiés, mais pourrait prendre la forme d’une participation accrue à l’agence des gardes-frontières et gardes-côtes, au soutien financier à des programmes en Afrique, etc.
Les débats progressent un peu plus rapidement sur le volet sécuritaire et l’objectif de tarir au maximum le flux des arrivées. Si la situation est globalement stabilisée, avec une forte diminution des arrivées en l’espace d’un an, des dirigeants s’inquiètent d’une possible reprise de la migration à travers les routes de la Grèce et de la Turquie, et en provenance du Maroc vers l’Espagne. En Italie, les arrivées ont chuté de 85 %.
En juin, les chefs d’Etat et de gouvernement avaient évoqué la création de « plateformes de débarquement » des migrants, dans des pays riverains de la Méditerranée, voire dans des pays européens hors Union – les Balkans. Ce dernier projet, irréaliste, est abandonné. L’autre, pas entièrement. Des structures ont déjà été créées au Niger et au Tchad et doivent, selon certains, servir de modèles pour ces centres d’accueil et de tri. La Tunisie et le Maroc sont plus que réticents, même si Rabat organise déjà, sous la pression de l’Espagne, des déplacements de migrants pour les décourager d’embarquer.
M. Kurz creuse, lui, la piste de l’Egypte, et aurait même songé à inviter le président Abdel Fattah Al-Sissi à Salzbourg. Son but : tenter de conclure avec Le Caire un contrat semblable à celui signé avec le Turc Recep Tayyip Erdogan pour le maintien des migrants hors de l’Union. Le chancelier autrichien envisage aussi un nouveau sommet Europe-Afrique. « Nous serions intéressés de savoir de quoi on y parlerait. Le pire serait une autre réunion qui ne servirait à rien », tranche un diplomate, plus que défiant.
Du côté français, on ne rejette pas le principe des « plateformes » en dehors de l’UE, tout en précisant que les migrants ne pourraient y être enfermés que « quelques jours », le temps que leur dossier soit examiné. Paris insiste sur la nécessité de muscler la politique de retours. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, suggère à cet égard une implication plus grande de l’Agence des gardes-côtes et gardes-frontières. L’ex-Frontex devrait, selon lui, voir ses effectifs portés à 10 000 personnes. Si un accord semble se dégager sur ce point, certaines capitales entendent toutefois discuter des modalités. « Ne partons pas du nombre d’agents, mais des missions à assumer. Et voyons s’il faut moins, ou plus, de 10 000 hommes », commente un sherpa.
L’été a été propice à tellement de conflits qu’une question agite aujourd’hui les chancelleries : Matteo Salvini et Viktor Orban, qui se sont rencontrés récemment pour sceller une union antieuropéenne de fait, veulent-ils réellement un accord sur la migration ? Ou ont-ils décidé de faire une fois pour toutes de ce thème l’outil premier de leur œuvre de démolition et leur meilleur argument de campagne en vue des élections européennes ?

        Sur Les Décodeurs :
         

          Un pays a-t-il le droit de fermer ses ports aux bateaux secourant les migrants ?



L’Etat de droit, pas au programme, mais dans toutes les têtes
Le récent vote du Parlement européen sur l’Etat de droit et la condamnation de M. Orban grâce au ralliement d’une partie de sa famille politique – le PPE – ne sont officiellement pas à l’ordre du jour de la réunion. Pour autant, la réunion du rassemblement des droites européennes, qui se tient à deux pas du sommet, deux heures avant, retiendra presque autant l’attention.
Les médias et les dirigeants de l’UE attendent en effet de voir si le PPE tire les conclusions du vote historique du Parlement européen, le 12 septembre, portant sur les risques de violation de l’Etat de droit en Hongrie, en signifiant à M. Orban qu’il n’est plus le bienvenu dans le parti.
Selon plusieurs sources proches du PPE contactées ces dernières heures, il était cependant peu probable que les dirigeants du parti pan européen en arrivent à cette extrémité dès mercredi. « Les dirigeants du PPE espèrent toujours de M. Orban qu’il s’engage à transiger avec la Commission, notamment à revoir sa loi sur les universités étrangères » entravées dans leur fonctionnement, explique une source officielle au PPE. Jusqu’à présent, M. Orban est resté intransigeant. Mais « certains ont peut-être envie d’aller à la bagarre. Difficile à dire. Une fois qu’on a mis les lions en cage, soit ils font l’amour, soit ils s’entretuent », ajoute cette source.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivain presse Emmanuel Macron d’appeler Français et Européens à tendre la main aux réfugiés, alors que la crise migratoire plonge l’Europe « en plein délitement ».
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Lionel Duroy : « Soyez Churchill, soyez de Gaulle, monsieur le Président, plutôt que Chamberlain »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain presse Emmanuel Macron d’appeler Français et Européens à tendre la main aux réfugiés, alors que la crise migratoire plonge l’Europe « en plein délitement ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 09h53
    |

Lionel Duroy (Ecrivain)







                        



                                


                            

Tribune. Vous nous sembliez grand et prometteur en mai 2017, à nous qui nous sentons plus européens que français mais, depuis, vous ne faites que rétrécir et nous décevoir. Parmi mes amis, je suis le seul à vous défendre encore, à penser que la grandeur qui vous animait va finalement l’emporter sur de médiocres calculs politiques.
Vous avez accédé à l’Elysée en plein délitement de l’Europe et alors qu’à Varsovie comme à Budapest on tenait sur les réfugiés des propos haineux – en tous points identiques à ceux qu’on entendait dans les rues de Berlin, à l’égard des juifs et des homosexuels, au début des années 1930. Depuis, l’Italie a rejoint le groupe des pays d’Europe qui affichent une inhumanité dont nous porterons tous la culpabilité, et la honte, quand les historiens feront le compte des enfants, des femmes et des hommes noyés en Méditerranée ou morts derrière des barbelés.
Je me fiche de savoir si parmi tous ces morts certains auraient eu le droit d’entrer chez nous tandis que d’autres auraient été reconduits à la frontière : s’ils ont risqué leurs vies pour venir en Europe c’est bien que chez eux ils mouraient ou étaient menacés, n’est-ce pas ? Cela nous place dans l’obligation morale de les accueillir. C’est aussi simple que cela, arrêtons de chicaner avec des arguties juridiques de boutiquiers.
J’entends bien que les populations hongroises, polonaises, et maintenant italiennes, soutiennent la fermeté de leurs gouvernements et reprennent dans la rue les discours xénophobes de leurs différents ministres, mais cela n’est pas nouveau, dans les années 1930, déjà, l’homme de la rue approuvait globalement l’antisémitisme et l’homophobie d’Hitler. Les peuples apprécient que l’on écoute leurs peurs, que l’on flatte leurs plus mauvais penchants, et ils votent des deux mains pour celui ou celle qui promet de les protéger d’un « étranger » éternellement soupçonné de mettre en danger leur sécurité.
Ne pas choisir le déshonneur
J’entends...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Face au parti Droit et justice (PiS), Robert Biedron, maire de Slupsk, une ville moyenne du Nord, homosexuel assumé et athée déclaré, tente de faire émerger une alternative politique, raconte Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde »
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Pologne : « Ulcérée par le tournant ultra-conservateur, une partie de la société civile refuse de baisser les bras »

Face au parti Droit et justice (PiS), Robert Biedron, maire de Slupsk, une ville moyenne du Nord, homosexuel assumé et athée déclaré, tente de faire émerger une alternative politique, raconte Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde »



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 09h22
    |

            Sylvie Kauffmann








                        



                                


                            

Chronique. Les Polonais sont des gens remuants. Ils en ont donné maints exemples, y compris lorsque leur Histoire paraissait figée. Bon sang ne saurait mentir : au moment où l’emprise des partis populistes dans plusieurs démocraties occidentales paraît renforcée par le vide sidéral de la boîte à idées des oppositions progressistes, en Pologne, des démocrates cogitent, s’agitent et agissent.
On pourrait croire le parti Droit et justice (PiS), mené d’une main autoritaire par Jaroslaw Kaczynski, totalement maître du terrain, tant sa popularité résiste, après trois ans d’exercice du pouvoir, à toutes les controverses. Comme Donald Trump aux Etats-Unis, malgré quelques trous d’air, il conserve un socle solide d’opinions favorables ; en Pologne, ce soutien se situe actuellement autour de 37 %. En face, le principal parti d’opposition, Plate-forme civique (PO), la formation de centre droit que dirigeait Donald Tusk avant de rejoindre Bruxelles, ne s’est jamais vraiment remis de sa défaite de 2015. Incapable de renouveler ses dirigeants et son discours, la PO a aujourd’hui la triste allure d’une association d’anciens combattants de la politique.
Ulcérée par le tournant nationaliste, ultra-conservateur et anti-européen que lui impose le PiS, une bonne partie de la société civile, pourtant, refuse de baisser les bras. Une petite femme blonde de 66 ans, Malgorzata Gersdorf, incarne à elle seule cette résistance : présidente de la Cour suprême, elle aurait dû quitter son poste à la suite de la réforme des institutions judiciaires, réforme que l’Union européenne considère comme contraire à l’Etat de droit. Limogée en juillet, Mme Gersdorf, soutenue par d’imposantes manifestations, a juré de défendre la Constitution et continue de se rendre à la Cour.
Les juges font de la résistance
Chaque matin, elle arrive, s’assoit à son bureau et travaille. Soucieux de ne pas réveiller la contestation, le pouvoir se garde...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Jugé pour viol en Suède, ce Français était devenu une célébrité en Suède, où il vit depuis une cinquantaine d’années.
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Les mystères de Jean-Claude Arnault, accusé du premier grand procès de l’ère #metoo

Jugé pour viol en Suède, ce Français était devenu une célébrité en Suède, où il vit depuis une cinquantaine d’années.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 06h16
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 10h48
    |

            Anne-Françoise Hivert (Stockholm, envoyée spéciale)








                        



                                


                            
C’est le premier gros procès de l’ère #metoo. Sur le banc des accusés à Stockholm, mercredi 19 septembre : un Français. Inconnu dans son pays d’origine, Jean-Claude Arnault, 72 ans, est une célébrité en Suède, où il vit depuis une cinquantaine d’années. L’homme n’est pas seulement le mari de la poétesse et académicienne Katarina Frostenson ou l’ancien directeur artistique du Forum, une scène prisée de l’élite stockholmoise. Il est aussi à l’origine du retentissant scandale qui a anéanti l’Académie suédoise, institution fondée en 1786 par le roi Gustav III sur le modèle de l’Académie française et chargée depuis 1901 de décerner le prix Nobel de littérature, dont l’édition 2018 a dû être reportée pour cause de crise historique.

L’affaire a éclaté le 21 novembre 2017. Dans un article du grand quotidien Dagens Nyheter (DN), dix-huit femmes accusent le Français de viols et d’agressions sexuelles. Les faits se seraient déroulés entre 1996 et 2017. Certains ont eu lieu à Stockholm. D’autres dans le pied-à-terre parisien de l’Académie, un appartement de la rue du Cherche-Midi, dont Jean-Claude Arnault assure la gestion et qu’il a privatisé, en y collant une étiquette avec son nom sur la porte.
Une affaire vite étouffée
Sur les dix-huit femmes, quatre témoignent à visage découvert. Parmi elles, l’essayiste Gabriella Hakansson, 50 ans, qui vit à Malmö, dans le sud du pays. A l’automne 2007, ils sont invités à la même soirée à Stockholm. « Il m’a vue, s’est dirigé vers moi. On a à peine échangé quelques mots et il m’a attrapée par l’entrejambe. » Sous le choc, elle le gifle. Les gens autour se retournent. « Certains ont secoué la tête, d’autres ont ricané. On le connaissait. » Seul son compagnon, juriste, ignore l’identité de son agresseur : « Il a proposé de lui casser la figure. Je lui ai dit de laisser tomber, qu’il était connu, que je ne voulais pas causer de problèmes », souffle-t-elle.
Dix...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le géant du café mondialisé s’attaque au marché italien, provoquant un choc culturel et économique.
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Starbucks débarque au pays de l’expresso…

Le géant du café mondialisé s’attaque au marché italien, provoquant un choc culturel et économique.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 05h39
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 08h03
    |

            Jérôme Gautheret (Milan, envoyé spécial)








                        



                                


                            LETTRE DE ROME
En plein milieu d’après-midi d’un jour de semaine, la scène a quelque chose d’irréel. Sous un soleil de plomb, une cohorte de curieux patiente sagement, sur environ 50 mètres, le long de la façade du Palazzo Broggi, piazza Cordusio, à deux pas de la cathédrale de Milan. Attendent-ils une séance de cinéma, l’entrée dans une exposition ou un quelconque sésame pour pénétrer dans un magasin de luxe ? Rien de tel. Sous l’œil amusé d’un petit bataillon de vigiles et d’hôtesses, ils patientent, dans une atmosphère plutôt joyeuse et détendue, pour pénétrer dans la première boutique ouverte par Starbucks en Italie.
Le 6 septembre, le géant du café mondialisé a débarqué à Milan. Depuis, le magasin ne désemplit pas, de 7 heures à 22 heures, et ce phénomène, dont l’ampleur semble déconcerter les nouveaux arrivants eux-mêmes, a déclenché dans tout le pays une avalanche de commentaires, sur une gamme allant de l’amusement à la consternation.
Se fondre dans le décor
Comme souvent, c’est le ministre de l’intérieur Matteo Salvini, Milanais et fier de l’être, qui s’est fait entendre le plus fort, sur les réseaux sociaux. « Deux heures de queue pour un café Starbucks ? Jamais, même si on me paie ! Je n’ai pas de mots », a-t-il lancé, avant de publier, sur un deuxième post, une photo illustrant son casse-croûte idéal : jambon, salami, mozzarella. Il avait été précédé par la cheffe politique de Fratelli d’Italia (post-fasciste), Giorgia Meloni, qui dans un tweet publié la veille de l’ouverture, avait déclaré : « Demain ouvrira en Italie le premier Starbucks, chaîne de “café” [remarquons les guillemets] américaine. Je me demande comment on peut préférer leur boisson à notre café expresso envié dans le monde entier. » 
Au pays où le caffè serré, servi au comptoir et bu en un clin d’œil, fait figure de rituel social du matin, le café « américain » à emporter, servi dans des gobelets en carton, ne peut être vu...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Valérie Pécresse a réclamé, mardi, une « clarification » de son parti une semaine après l’opposition de certains de ses eurodéputés à la procédure de sanctions visant le dirigeant hongrois.
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Les Républicains s’écharpent sur le cas du premier ministre hongrois populiste Viktor Orban

Valérie Pécresse a réclamé, mardi, une « clarification » de son parti une semaine après l’opposition de certains de ses eurodéputés à la procédure de sanctions visant le dirigeant hongrois.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 22h42
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 09h53
    |

            Olivier Faye








                        



   


« C’était chaud », souffle un participant. D’ordinaire plutôt apaisée depuis l’élection de Laurent Wauquiez comme président des Républicains (LR), en décembre 2017, la réunion du bureau politique du parti a été le théâtre, mardi 18 septembre, d’une passe d’armes autour du cas du premier ministre hongrois, Viktor Orban.
Ce dernier fait l’objet d’une procédure de sanctions de la part de l’Union européenne à la suite du vote par le Parlement européen, le 12 septembre, d’une résolution dénonçant les « risques de violation grave de l’Etat de droit » dans son pays. Texte que les eurodéputés LR n’ont, dans leur majorité, pas approuvé, choisissant de voter contre ou de se réfugier dans l’abstention.

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« Ce vote a jeté un doute sur la position de LR vis-à-vis d’Orban et de son attitude concernant les libertés publiques », s’est émue Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France. En conséquence, la rivale de M. Wauquiez au sein de la droite a demandé une « clarification » de son parti pour rappeler qu’une « politique contre l’Etat de droit ne sera jamais la [sienne] ».
« Il ne faut pas agiter de faux épouvantails », lui a rétorqué M. Wauquiez, mettant en doute l’impartialité de la résolution votée au Parlement européen, rédigée par une eurodéputée écologiste. « Le sujet, ce n’est pas Orban, le sujet c’est l’Europe. A Menton [en juin, lors du conseil national de LR], nous avons pris des engagements proeuropéens », a poursuivi le président du parti de droite. Qui a toutefois précisé : « S’il y avait des atteintes à l’Etat de droit en Hongrie, ce serait inacceptable. »
« Il n’y a pas de délit d’opinion »
Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes soutient le premier ministre hongrois — dont le parti est membre du PPE (Parti populaire européen), comme LR — dans sa volonté d’imposer une politique anti-immigration au sein de l’Union européenne. « Orban a été largement élu démocratiquement », a souligné de son côté Brice Hortefeux, soutien de M. Wauquiez. « Comme Erdogan ! », le président turc, lui a répondu Mme Pécresse.
Cette dernière a également réclamé que le jeune (et médiatique) militant Erik Tegnér, qui souhaite se présenter à la présidence des jeunes Républicains, soit déclaré démissionnaire d’office en raison de son soutien à une alliance avec le Rassemblement national (RN, ex-Front national). M. Wauquiez s’est contenté de répéter son opposition à tout accord de ce type. Le matin même, lors de la réunion de direction de son parti, le président des Républicains s’était refusé à jeter l’opprobre sur ce partisan de l’union des droites. « Il n’y a pas de délit d’opinion », avait-il lâché.
Le président Wauquiez a en revanche mis en cause Valérie Pécresse et son bras droit, Maël de Calan, pour leur présence à une réunion de juppéistes à Bordeaux, le 8 septembre, au côté de Gilles Boyer, conseiller du premier ministre, Edouard Philippe.
« Nous avons voulu poser des petits cailloux. On se bat pour des valeurs, notre parti est républicain », soutient M. de Calan pour expliquer la démarche de Mme Pécresse lors de ce « BP ». Sébastien Pilard, un proche de Laurent Wauquiez, fustige au contraire l’expression de « deux trois personnes qui passent beaucoup de temps sur les matinales pour créer de la discorde ». « La plupart des gens qui s’expriment sur Orban n’ont jamais mis les pieds en Hongrie », critique-t-il. Une chose est certaine : ils appuient sur la ligne de fracture d’un parti écartelé à quelques mois des élections européennes de mai 2019.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Critiqué depuis plusieurs jours pour avoir douté de l’existence de « chasses à l’homme » racistes à Chemnitz, Hans-Georg Maassen a toutefois été nommé secrétaire d’Etat au ministère de l’intérieur.
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Démission du patron du renseignement allemand : un vrai-faux limogeage pour sauver Merkel

Critiqué depuis plusieurs jours pour avoir douté de l’existence de « chasses à l’homme » racistes à Chemnitz, Hans-Georg Maassen a toutefois été nommé secrétaire d’Etat au ministère de l’intérieur.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 18h47
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 09h57
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Limogé… mais promu. Hans-Georg Maassen va devoir quitter la présidence de l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), le service chargé du renseignement intérieur en Allemagne. Mais sa destitution a fort peu l’apparence d’une sanction. En guise de point de chute, M. Maassen hérite en effet d’un poste de secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’intérieur, a annoncé le gouvernement allemand, mardi 18 septembre, dans un communiqué.
La décision sur le sort de M. Maassen a été rendue publique, mardi après-midi, à l’issue d’une réunion à la chancellerie réunissant les chefs des trois partis membres de la « grande coalition » au pouvoir à Berlin : Angela Merkel, pour l’Union chrétienne-démocrate (CDU), Horst Seehofer, pour l’Union chrétienne-sociale (CSU), alliée de la CDU en Bavière, et Andrea Nahles, pour le Parti social-démocrate (SPD).
A la tête du BfV depuis 2012, M. Maassen était sur la sellette depuis un entretien qu’il avait accordé au quotidien Bild, le 7 septembre. Il y expliquait que ses services « ne dispos[aient] pas d’éléments suffisamment solides pour affirmer que des chasses à l’homme [avaient] bien eu lieu » à Chemnitz (Saxe), après la mort d’un Allemand poignardé en pleine rue, dans la nuit du 25 au 26 août, à la suite d’une altercation avec des demandeurs d’asile.

Dans cet entretien, le chef du renseignement intérieur affirmait qu’il n’y avait « aucune preuve » de l’authenticité d’une vidéo amateur diffusée sur les réseaux sociaux quelques heures après ce meurtre et montrant des hommes visiblement d’origine étrangère se faire agresser à Chemnitz. « Il y a même de bonnes raisons de penser qu’il s’agit d’une fausse information à des fins délibérées, afin de détourner l’attention du public du meurtre commis à Chemnitz », ajoutait-il.
Ces propos ont provoqué une très vive polémique en Allemagne. En quelques phrases, M. Maassen ne s’était pas contenté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le député LR a pris la défense du premier ministre hongrois, dont le pays est menacé de sanctions européennes. Ces sanctions sont pourtant très documentées.
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Non, Eric Ciotti, l’Europe ne sanctionne pas Orban parce qu’il a « exprimé une position »

Le député LR a pris la défense du premier ministre hongrois, dont le pays est menacé de sanctions européennes. Ces sanctions sont pourtant très documentées.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 16h03
    |

            Samuel Laurent et 
Pierre Breteau








                        


Invité de France Inter, mardi 18 septembre, le député Les Républicains Eric Ciotti a défendu le choix de Nadine Morano de soutenir le premier ministre hongrois, Viktor Orban, dont le pays risque des sanctions de l’Union européenne.
Ce qu’il a dit :
« J’aurais voté contre [la résolution qui dénonce les agissements de la Hongrie], c’est un véritable procès politique, émanant d’une députée verte des Pays-Bas, qui confine à une forme de déni d’opinion. On conteste à Viktor Orban le droit de critiquer la politique migratoire de l’Europe. Il y a des pays, je pense à Malte notamment, sur la liberté de la presse, il y a eu un journaliste qui a été assassiné, il n’y a aucune volonté de sanction sur ces pays. On cible Viktor Orban parce qu’il a exprimé une position : “Mon pays veut moins d’immigration”. » 
Pourquoi c’est faux
Rappel des faits : la Hongrie, dirigée par l’extrême droite de Viktor Orban, a fait l’objet d’une demande, de la part du Parlement européen, du lancement d’une procédure de sanction en vertu de l’article 7. Cet article dispose qu’un pays membre de l’Union européenne peut être sanctionné s’il « existe un risque clair de violation grave par un Etat membre des valeurs visées à l’article 2 » , à savoir « respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’Etat de droit », ou encore « respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités ».
La Hongrie ne respecte pas les traités européens
Il ya bien des mesures anti-migrants, visant les ONG pro-migrants ou même un simple citoyen qui aide des migrants, mais ce qui alarme le plus les députés européens, ce sont les mesures prises par Budapest depuis plusieurs années  :
réforme de la Constitution avec comme valeurs fondamentales le « christianisme » et la « famille traditionnelle », ce qui est contraire à la laïcité et au respect des minorités sexuelles notamment ;réforme de la Cour constitutionnelle, l’équivalent de notre Conseil constitutionnel, qui perdrait une partie de son pouvoir de contrôle des lois ;la limitation de la liberté de la presse avec la création d’un organe pouvant sanctionner les médias pour diffusion d’informations « non nuancées » selon lui ;diverses entraves au travail des ONG qui défendent notamment les droits de l’homme ou la liberté de la presse.
Cette demande de sanction ne provient pas, comme le dit Eric Ciotti, des positions anti-migrants de Viktor Orban, mais plutôt de mesures concrètes prises par son gouvernement, notamment les mesures dites « stop Soros », du nom du milliardaire américain d’origine hongroise accusé de financer des ONG pro-migrants.
Loin de s’en tenir à la question des droits des demandeurs d’asile, dont certains ont été privés de nourriture alors qu’ils étaient détenus dans des zones de transit, l’Union souligne également les manquements graves aux « valeurs » européennes décrites dans la charte des droits fondamentaux.
Plusieurs médias d’opposition fermés
Dans le viseur des députés européens au titre des manquements à l’Etat de droit, la liberté d’expression et d’information, après la fermeture de plusieurs médias d’opposition suite aux élections législatives en avril 2018 : presse écrite, radio, télévision… Rares sont les voix discordantes désormais à Budapest.
Plusieurs milliardaires proches de Viktor Orban ont ainsi racheté et repris en main des titres d’opposition pour les museler ou les fermer, à l’instar de la chaîne Hir TV, du magazine Heti Valasza ou du quotidien Magayar Nemzet, déplore Reporters sans frontières dans son rapport annuel.
Les députés européens, y compris une partie de ceux du Parti populaire européen (PPE) dont le parti de M. Orban est adhérent, dénoncent sa politique antidémocratique. Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et membre des Républicains (LR, également membre du PPE), déplorait sur France 2 lundi 17 septembre « que Viktor Orban, aujourd’hui, réduit les libertés du peuple hongrois : la liberté de la presse, l’indépendance de la justice, la liberté de l’université ».
De la même manière, les députés européens dénoncent corruption et clientélisme autour du premier ministre hongrois. Des accusations étayées par l’ONG Transparency International qui classe la Hongrie en avant-dernière place des pays de l’Union européenne, juste devant la Bulgarie.
Une comparaison hors de propos avec Malte
La comparaison opérée par Eric Ciotti avec l’île de Malte, contre laquelle il n’y aurait eu « aucune volonté de sanction », semble également bancale : en 2017, la journaliste et blogueuse anti-corruption Daphne Caruana Galizia y était tuée dans l’explosion criminelle de son véhicule. Cet assassinat, alors que la journaliste était spécialisée dans les questions de fraude et d’évasion fiscale, avait poussé le Parlement européen à réclamer une enquête internationale.

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Les eurodéputés avaient critiqué le gouvernement de Joseph Muscat, l’Allemand Manfred Weber, par exemple, se demandant : « Au-delà de la liberté de la presse, la question est de savoir si l’Etat maltais fonctionne encore. » Le Parlement européen avait voté une résolution demandant à la Commission de « nouer le dialogue » avec le gouvernement maltais pour faire respecter l’Etat de droit. Les députés avaient également accusé l’immobilisme de la police maltaise en matière d’enquête sur la corruption et le blanchiment dans l’île.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Les trois constructeurs automobiles sont soupçonnés de s’être entendus pour éviter de se concurrencer sur les technologies réduisant les émissions polluantes.
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Pratiques anticoncurrentielles : l’Union européenne ouvre une enquête contre BMW, Daimler et Volkswagen

Les trois constructeurs automobiles sont soupçonnés de s’être entendus pour éviter de se concurrencer sur les technologies réduisant les émissions polluantes.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 17h01
   





                        


L’Union européenne (UE) a ouvert mardi 18 septembre une enquête contre BMW, Daimler et Volkswagen qui se seraient entendus pour éviter de se faire concurrence sur les technologies réduisant les émissions polluantes, trois ans après l’éclatement du scandale du Dieselgate. Déjà mise à mal par le vaste trucage de onze millions de véhicules diesel par Volkswagen, révélé en septembre 2015, l’industrie allemande doit répondre à de nouvelles accusations, qui pourraient de nouveau être extrêmement coûteuses pour ses finances et son image.
Cette affaire avait déjà fait les gros titres à l’été 2017, révélée par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, et la Commission européenne avait annoncé en octobre de la même année avoir effectué des inspections concernant ce cartel impliquant cinq constructeurs (BMW, Daimler, Volkswagen, ainsi que Audi et Porsche, filiales de Volkswagen).
Concrètement, la Commission cherche à savoir si le « cercle des cinq » aurait participé à des réunions où les groupes se seraient entendus en secret pour éviter toute concurrence sur le développement et le déploiement de technologies permettant de limiter les émissions nocives des gaz d’échappement des voitures.

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Daimler, témoin principal
« Si elle est avérée, cette collusion a peut-être privé les consommateurs de la possibilité d’acheter des voitures moins polluantes, alors que la technologie était à la disposition des constructeurs », a déclaré la commissaire européenne chargée de la concurrence, Margrethe Vestager. Les trois constructeurs, Volkswagen, BMW et Daimler, ont assuré auprès de l’Agence France-Presse coopérer avec les autorités.
Daimler, fabricant des voitures Mercedes Benz, qui a le premier avoué l’existence de cette vaste entente entre les constructeurs allemands afin de bénéficier de la clémence des autorités de la concurrence, a demandé à être entendu en tant que « témoin principal », a déclaré un porte-parole du groupe.
BMW a de son côté « affirmé son entier attachement aux principes du libre marché et de la concurrence loyale », ajoutant que « le groupe étudiait les accusations ». Volkswagen a estimé de son côté que l’ouverture de l’enquête ne représentait qu’une « étape procédurale » entièrement « attendue » par le groupe, ajoutant, à l’unisson avec BMW et Daimler, qu’il ne s’agissait pas d’un avis final.

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BMW a noté aussi que l’enquête n’était pas liée à l’utilisation de logiciels capables de fausser le niveau d’émissions. Daimler a relevé qu’il n’y avait pas d’accusation d’entente sur les prix, tandis que Volkswagen a pointé le fait que l’enquête concernait « uniquement le domaine des émissions ».
Dans son communiqué, la Commission européenne, gardienne de la concurrence dans l’UE, note que lors de ces réunions du « cercle des cinq », de nombreux autres sujets techniques ont été évoqués, comme les exigences de qualité communes pour les pièces détachées, ou la vitesse maximale à laquelle le toit des voitures décapotables peut s’ouvrir ou se fermer. A ce stade toutefois, l’exécutif européen dit « ne pas disposer d’éléments suffisants indiquant que ces discussions [sur ces autres sujets] constituaient un comportement anticoncurrentiel ».
Lourdes amendes
La Commission peut infliger de lourdes amendes aux entreprises qui s’entendent entre elles au détriment de la concurrence et des consommateurs, le record ayant été atteint le 19 juillet 2016. L’UE avait alors infligé une amende de 2,93 milliards d’euros à quatre fabricants européens de camions, accusés de s’être entendus pendant quatorze ans sur les prix de vente de leurs poids lourds.
Aucune disposition légale ne prévoit de date limite à une enquête pour cartel. La durée de l’investigation dépend de divers éléments, dont la complexité de l’affaire, le degré de coopération des entreprises en cause avec la Commission et l’exercice des droits de défense.
« A l’occasion du troisième anniversaire du “dieselgate”, cette nouvelle enquête sur la collusion entre constructeurs automobiles allemands pour retarder l’installation de systèmes de contrôle des émissions nous rappelle à point nommé que l’industrie automobile allemande fait passer les profits avant les gens et la loi », a asséné Greg Archer, de l’ONG T & E.
L’ouverture de cette enquête laissait de marbre la Bourse de Francfort à 11 heures, Volkswagen s’appréciant de 3,38 % à 150,05 euros, Daimler de 1,10 % à 56,02 euros et BMW de 0,80 % 83,20 euros dans un DAX en progression de 0,34 %.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ L’Audience nationale explique que l’« espionnage économique aggravé » ne figure pas dans le droit espagnol.
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L’Espagne refuse de nouveau d’extrader le lanceur d’alerte Hervé Falciani

L’Audience nationale explique que l’« espionnage économique aggravé » ne figure pas dans le droit espagnol.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 14h57
   





                        



   


Pour la deuxième fois, la justice espagnole a refusé d’extrader vers la Suisse le lanceur d’alerte franco-italien Hervé Falciani, à l’origine des « SwissLeaks ». L’Audience nationale espagnole a rejeté mardi 18 septembre, comme elle l’avait déjà fait en 2013, une demande d’extradition déposée par la Suisse, arguant que l’« espionnage économique aggravé » ne figure pas dans le droit espagnol.
Hervé Falciani avait été interpellé le 4 avril à Madrid où il devait donner une conférence dans une université. Le ministère espagnol de l’intérieur agissait en application d’un mandat international lancé le 19 mars précédent par la Suisse. Le lendemain, l’informaticien était remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Ancien informaticien de HSBC, Hervé Falciani, aujourd’hui âgé de 46 ans, a quitté la banque en 2008 en emportant avec lui des fichiers confidentiels qu’il a divulgués. Il a été condamné par contumace en 2015 en Suisse à cinq ans de prison pour soustraction de données, espionnage économique aggravé, violation du secret commercial et violation du secret bancaire.

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                « SwissLeaks » : révélations sur un système international de fraude fiscale



79 000 personnes de 180 nationalités
La « liste Falciani » avait ainsi permis d’identifier dès 2009 au moins 127 000 comptes appartenant à 79 000 personnes de 180 nationalités dont le puissant banquier espagnol Emilio Botin.
En France, HSBC Private Bank Suisse SA a accepté de verser 300 millions d’euros à l’Etat français pour clore des poursuites engagées par Paris, qui lui reprochait d’avoir aidé des contribuables français à soustraire au fisc plus de 1,6 milliard d’euros d’avoirs.
HSBC Private Bank Suisse SA avait été mise en examen en France le 18 novembre 2014 pour démarchage bancaire et financier illicite et blanchiment aggravé de fraude fiscale en 2006 et 2007. Il lui était reproché d’avoir approché des contribuables français en France et de les avoir aidés en toute connaissance de cause à dissimuler leurs avoirs à l’administration fiscale.
Des enquêtes ont également été ouvertes sur la base de ces fichiers en Espagne, en Autriche, en Belgique et en Argentine.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ La Saxe, dans l’est de l’Allemagne, est proche du plein-emploi, et ses entreprises peinent à recruter. A Chemnitz, certaines se tournent vers les demandeurs d’asile. Même si leur obtenir des papiers est parfois une gageure.
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Allemagne : à Chemnitz, PME cherchent réfugiés désespérément

La Saxe, dans l’est de l’Allemagne, est proche du plein-emploi, et ses entreprises peinent à recruter. A Chemnitz, certaines se tournent vers les demandeurs d’asile. Même si leur obtenir des papiers est parfois une gageure.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 17h47
    |

                            Cécile Boutelet (Chemnitz, Allemagne, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Dans la grande salle de la chambre de commerce et d’industrie de Chemnitz (Saxe), Hans-Ullrich Werner a levé la main avec énergie. Ce patron d’une entreprise de machines-outils invective le chef de la chancellerie de Saxe, Oliver Schenk, présent ce soir-là. « Vous découragez les entreprises de recruter des réfugiés ! lance-t-il. On prend un jeune demandeur d’asile, il parle allemand, il est intégré, on le forme, et au bout de six mois, sa demande d’asile est rejetée, il perd son autorisation de travail ! Tout ce que vous récoltez, c’est de la frustration de tous les côtés ! » Applaudissements. La situation est apparemment bien connue. L’homme politique, gêné, explique qu’il va s’attaquer au problème, sans convaincre. Dans la salle, le malaise est palpable.
Une cinquantaine de personnes sont là. L’événement, intitulé « Trouver de nouveaux collaborateurs et les garder », est une soirée d’informations organisée par le réseau « les entreprises intègrent les réfugiés » et l’association « L’économie pour une Saxe ouverte », émanations du monde économique. Il y a là de nombreux dirigeants ou cadres de PME, venus s’informer sur les possibilités d’entrer en contact avec des demandeurs d’asile prêts à travailler en Saxe.

Mais la réunion a pris un tour politique. Les violentes manifestations de groupements d’extrême droite, fin août à Chemnitz, à la suite de la mort d’un jeune Allemand poignardé en pleine rue lors d’une rixe avec deux demandeurs d’asile, sont dans toutes les têtes. Les dégâts sur l’image du site industriel à l’international sont considérables. Cette fièvre anti-migrants tombe particulièrement mal, alors que l’ancienne cité industrielle, sinistrée après la réunification, relève la tête depuis quelques années.
Son taux de chômage n’est que de 7 %, et les entreprises font face à un manque criant de travailleurs qualifiés, en particulier dans l’industrie. Les PME les moins connues n’ont d’autre choix que de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Les deux pays, liés par un accord de réadmission, ont réaffirmé leur « entente » sur le dossier migratoire lors de la visite d’Angela Merkel à Alger.
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Compte rendu

L’Algérie se dit prête à accueillir tous ses ressortissants présents illégalement en Allemagne

Les deux pays, liés par un accord de réadmission, ont réaffirmé leur « entente » sur le dossier migratoire lors de la visite d’Angela Merkel à Alger.


LE MONDE
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        Le 18.09.2018 à 10h12






    
Le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, au côté de la chancelière allemande, Angela Merkel, en visite officielle à Alger le 17 septembre 2018.
Crédits : RYAD KRAMDI/AFP


L’Algérie accueillera tous ses ressortissants en situation irrégulière en Allemagne, quel que soit leur nombre, a assuré le premier ministre Ahmed Ouyahia, lundi 17 septembre, à l’occasion de la visite officielle de la chancelière Angela Merkel.
« Je vous confirme que l’Algérie récupérera ses enfants, qu’il s’agisse de 3 000 ou de 5 000 » Algériens, sous réserve de pouvoir procéder à une « identification » de leur nationalité, a affirmé M. Ouyahia lors d’une conférence de presse conjointe à Alger avec Mme Merkel.

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Cette dernière a rappelé la « volonté en Allemagne d’accueillir ceux qui ont de bonnes raisons de fuir leur pays », comme les Irakiens ou les Syriens, de leur fournir « un droit au séjour » et « la possibilité de travailler ». D’un autre côté, a souligné la chancelière, pour les migrants qui ne sont pas éligibles à un titre de séjour, « on s’attend à ce que […] l’Etat puisse agir ». « A cette fin, on a besoin de partenaires qui sont d’accord avec nous et l’Algérie en est un », s’est-elle félicitée.
Demandes d’extradition
D’après le premier ministre algérien, son pays « mène lui-même une action contre les migrants illégaux [et] ne pouvait que s’entendre avec le gouvernement allemand sur ce sujet ». Ahmed Ouyahia a par ailleurs rappelé qu’Alger et Berlin sont liés par un accord de réadmission depuis 1997.
« L’Algérie livre bataille pour le reste de la communauté internationale » en empêchant « annuellement 20 000 à 30 000 personnes d’entrer illégalement [sur son territoire] et souvent d’Algérie de continuer leur chemin » vers l’Europe, a-t-il affirmé. Il a cependant fermement nié que son pays abandonnait « des Africains dans le désert », comme l’en accusent certaines ONG.

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L’Algérie, classée « pays sûr » dans un projet de loi élaboré en juillet par le gouvernement allemand, a par ailleurs demandé à Berlin de « mettre en œuvre » les demandes d’extradition présentées par son système judiciaire.
Interrogé sur les délais de retour des Algériens séjournant illégalement en Allemagne, M. Ouyahia a rappelé que son pays s’opposait à l’utilisation de charters. Il a appelé Berlin à convaincre la compagnie allemande Lufthansa de participer à leur rapatriement, jusqu’ici essentiellement assuré par Air Algérie, pour « accélérer » le rythme de ces retours.

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Outre les questions migratoires, le « terrorisme transfrontalier » et les situations en Libye, au Mali et au Sahel figuraient au programme de la visite de Mme Merkel.

