<FILE-date="2018/09/19/19">

<article-nb="2018/09/19/19-1">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Devant la commission d’enquête du Sénat, l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron s’est défini comme un « coordinateur » et non comme un garde du corps.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Affaire Benalla : face aux sénateurs, un homme finalement prolixe et « précis »

Devant la commission d’enquête du Sénat, l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron s’est défini comme un « coordinateur » et non comme un garde du corps.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 17h05
    |

            Nicolas Chapuis








                        



Décidément, Alexandre Benalla est souvent là où on ne l’attend pas. Alors que la commission d’enquête du Sénat se préparait à une audition musclée avec celui qui avait traité son président, Philippe Bas, de « petit marquis », elle a fait face à un jeune homme de 27 ans au visage contrit.
Exprimant son « profond respect pour le Sénat et les sénateurs » ainsi que « pour les institutions », l’ancien chargé de mission de l’Elysée a présenté ses excuses pour les insultes proférées. « J’ai été bien élevé, j’ai un profond regret pour les propos que j’ai pu avoir à votre intention, quelle que soit la pression, on ne s’en prend pas aux hommes », a-t-il déclaré, la voix grêle, presque fluette.

        En direct :
         

          revivez les auditions d’Alexandre Benalla et Vincent Crase



On était plus proche, mercredi 19 septembre, de l’Alexandre Benalla version plateau de TF1 en juillet – lunettes fines, costume impeccable, barbe rasée de près – que de celui de France Inter en septembre, qui exprimait tout son mépris pour les sénateurs. « J’ai ressenti un acharnement, j’ai eu l’impression que des personnes se sont servies des institutions à des fins politiques », s’est-il justifié. Pour faire face aux questions de la commission d’enquête, celui par qui le scandale est arrivé avait manifestement préparé avec soin ses réponses, commençant toutes ses phrases par l’anaphore « pour être très précis… », provoquant à la longue les rires de la Haute Assemblée.
Alors que les parlementaires cherchent à définir le rôle exact de ce chargé de mission aux attributions à géométrie variable, selon les auditions, Alexandre Benalla était venu avec la ferme intention d’expliquer qu’il n’avait pas occupé de fonction de sécurité auprès d’Emmanuel Macron. « Je n’ai jamais été le garde du corps d’Emmanuel Macron », a-t-il répété à plusieurs reprises, sous serment, englobant à la fois la campagne présidentielle et sa période à l’Elysée. Il a justifié sa « proximité physique » avec le chef de l’Etat sur le terrain par son rôle de coordinateur des déplacements – alors qu’on le voit souvent sur les images épaule contre épaule avec le président, dans une position caractéristique de sécurité rapprochée.
« Le port d’arme n’était pas lié à la sécurité du président »

   


A la demande de la commission, le jeune homme a listé ses cinq fonctions au palais : l’organisation des déplacements en France, des événements à l’Elysée, des déplacements privés du chef de l’Etat, la coordination des services de sécurité et la gestion des cadeaux, offerts ou reçus, par la présidence. En garde à vue, il s’était attribué devant les policiers une autre mission : « La mise en place de la réforme du GSPR, décidée par M. Macron, sur ma proposition. »
C’est cette dernière tâche, aux contours flous, qui faisait craindre aux forces de l’ordre une forme de « privatisation » de la sécurité du président, par ce chargé de mission envahissant. Interrogé sur ses frictions avec la hiérarchie policière, relatées par plusieurs témoins, M. Benalla a minimisé les inquiétudes que pouvait susciter son projet. « En réalité, je n’ai eu un problème de communication qu’avec deux hauts fonctionnaires du ministère de l’intérieur, opposé pour des raisons corporatistes », a-t-il balayé. Quant aux témoignages sur son attitude autoritaire vis-à-vis des policiers sur le terrain, le jeune homme a fait remarquer, sarcastique : « Si des policiers d’élite du GSPR et du GIGN me craignent moi, alors je suis inquiet pour la sécurité du président de la République. » « Nous aussi, c’est pour ça qu’on est là », a rétorqué un sénateur dans l’assistance.
Les sénateurs se sont particulièrement attachés à comprendre les raisons exactes de la délivrance d’un permis de port d’arme par la préfecture de police de Paris – pour des « missions de police », comme le précise le document. Une série de questions en rafale, qui a poussé M. Benalla dans ses retranchements. « Le port d’arme n’était pas lié à la sécurité du président de la République, mais à ma sécurité personnelle », a-t-il fini par assurer, provoquant un murmure d’incrédulité dans l’assistance. Interrogé avec obstination sur le fait de savoir s’il avait porté son arme – un Glock – lors des déplacements publics du chef de l’Etat, le chargé de mission a d’abord botté en touche avant de finir par concéder : « Il a pu arriver que j’aie une arme sur moi, si je venais directement de mon domicile. » Idem pour les déplacements privés d’Emmanuel Macron, lors desquels M. Benalla pouvait être armé. « Je n’avais pas une fonction opérationnelle de sécurité », a-t-il répondu retour à plusieurs reprises.

        Sur Les Décodeurs :
         

          Les personnages-clés à connaître pour comprendre l’affaire Benalla





    var etape_navigation = 1;



.clearfix:after {
    clear: both;
    content: ' ';
    display: block;
    font-size: 0;
    line-height: 0;
    visibility: hidden;
    width: 0;
    height: 0;
}
[class*="_capital"] {
    font-family: Fette,"Arial Narrow",sans-serif;
    text-transform: uppercase;
    font-weight: normal;
}
.tt5, .tt5_capital {
    font-size: 2rem;
    line-height: 120%;
    padding: 0 0 .3rem;
}
#container_portraits_affaire_benalla{
 
}
.module_decodeur{
   width: 100%;
    color: #16212c;
    font-family: Helvetica,arial,sans-serif;
    border-width:9px 1px 1px 1px;
    border-style: solid;
    border-color: #CACED0;
    padding:30px;
    box-sizing: border-box;
}
.module_decodeur.module_decodeur_orange{
    border-color: #FB5100 #CACED0 #CACED0 #CACED0;
}

.module_decodeur_header{
  border-bottom: 1px solid #E9EDF0;
  padding:0 0 23.5px 0;
  margin:0 0 15.5px 0;
      display: flex;
    align-items: center;
    justify-content: space-between;
}
.module_decodeur_header h2{
    font-size: 1.1em;
    margin:0;
    font-weight: bold;
    height:26px;
}
.module_decodeur_header h2 span{
  display: inline;
  font-weight: normal;
  background:#FB5100;
  padding:6px 11px;
  font-family: Fette,"Arial Narrow",sans-serif;
    text-transform: uppercase;
    font-weight: normal;
    color:white;
    margin:0 6px 0 0;
    font-size: 1.1em;
}
.module_decodeur_logo{
  float:right;
  margin:3px 0;
}
.module_decodeur_logo a, .module_decodeur_logo img{
  border:none!important;
  text-decoration: :none!important;
}


.module_decodeur_track{
  float:left;
  width:100%;
  padding:16px 0;
  display: flex;
  align-items: center;
  justify-content: center;
}
.module_decodeur_track_elem{
  padding:10px 6px;
  margin:0 3px;
  cursor: pointer;
}
.module_decodeur_track_dot{
  width:7px;
  height:7px;
  border-radius: 100%;
  background:#D2D6DB;  
}
.module_decodeur_track_elem:first-child .module_decodeur_track_dot{
    border: 2px solid #D2D6DB;
    width: 10px;
    height: 10px;
    background: white;
}
.module_decodeur_track_elem:first-child .module_decodeur_track_dot.active, .module_decodeur_track_elem:first-child:hover .module_decodeur_track_dot{
    border: 2px solid #FB5100;
}
.module_decodeur_track_dot.active,.module_decodeur_track_elem:hover .module_decodeur_track_dot{
  background:#FB5100;
}


.entourages img{
    border:0;
}




/* COMPACT */

.entourage_resume{
    margin-bottom: 40px;
}
.entourage_legende {
    border-top: 2px solid #E9EDF0;
    border-bottom: 2px solid #E9EDF0;
    padding:8px 6px;
    font-family: Helvetica;
    font-size: 13px;
    margin:10px 0 20px;
}

.entourage_legende .icones{
    padding-top :5px;
    display: flex;
    -webkit-display: flex;
   -moz-display: flex;
   -ms-display: flex;
   align-items:center;
   -webkit-align-items:center;
   -moz-align-items:center;
   -ms-align-items:center;
   flex-flow: row wrap;
}

.entourage_legende p{
    margin:0;
    line-height:14px;
}

.entourage_legende .icones div{
    width:50%;
}


.entourage_legende img{
    width:14px;
    height:14px;
    margin-left:5px;
    margin-right:10px;
    vertical-align: inherit!important;
}

.entourage_legende img.pastille_gd_ecole{
   position: relative;
    top: 3px;
}

.entourage_legende .elu{
    margin-left:7px;
    margin-right:8px!important;
}

.entourage_legende .bercy{
    margin-left:5px;
    display: inline;
    position: relative;
    top:2px;
}

.entourage_legende .dsk{
    margin-left:5px;
    display: inline;
    position: relative;
    top:3px;
}

@media (max-device-width: 480px) {
    .entourage_legende .icones div{
        width:100%;
    }
}


/* FICHES */

.entourage_top {
    border-bottom: 1px solid #E3E3E3;
    padding:0 0px 24px 0px;
}

.entourage_item {
    width: 100%;
    background: #FFFFFF;
    border-radius: 3px;
    padding:0px 0px 0;
    margin: 20px auto 0px auto;
    display: none;
}


.entourage_item .portrait{
    width:100px;
    float:left;
}
.entourage_item .portrait img{
    border-radius:6px;
    width:100%;
    margin-top:6px;
}



.entourage_item .detail{
    width:calc(100% - 115px);
    float:left;
    margin-left:15px;
}


.entourage_item .nom {
    font-family: Helvetica;
    font-weight: bold;
    font-size: 18px;
    color: #16212C;
    letter-spacing: 0;
    line-height: 24px;
    margin: 5px 0 5px 0;
}

.entourage_item .descriptif{
    opacity: 0.5;
    font-family: Helvetica;
    font-size: 15px;
    color: #16212C;
    letter-spacing: 0;
    line-height: 20px;
    margin:0;
}
.entourage_item .slugs{
    margin: 6px 0 0 0;
}
.entourage_item .slugs span{
    border-radius: 2px;
    margin-right: 3px;
    font-family: Helvetica;
    font-weight: bold;
    font-size: 13px;
    color: #FFFFFF;
    letter-spacing: 0;
    line-height: 24px;
    padding:4px 8px;
    text-align: center;
    margin-top: 3px;
    display: inline-block;
}
.slug_misenexamen{
    background: #FB5100;
}

.slug_contrescarpe{
    background: #333;
}



.entourage_middle{
    padding:24px 0px 4px;
    font-size: 15px;
    line-height: 21px;
    border-bottom: 1px solid #E3E3E3;
}

.entourage_middle h2{
    font-family: Helvetica;
    font-weight: bold;
    font-size: 16px;
    color: #16212C;
    letter-spacing: 0;
    line-height: 19px;
}

.entourage_middle p, .entourage_middle h2{
    margin:0 0 20px 0;
}


/* EXERGUE */

.exergue_misenexamen{
    border-bottom: 4px solid #FB5100;
}

.calltoclick{
    text-align: center;
    font-weight: bold;
    margin-top:30px!important;
}

/*  NAVIGATION  */

.module_decodeur_navigation{
  float:left;
  width:100%;
  padding:22px 0 0px;
}
.module_decodeur_navigation_precedent, .module_decodeur_navigation_suivant{
    color: #131E2B;
    text-transform:uppercase;
    font-size:1.1em;
    font-weight:bold;
    letter-spacing: 1px;
    cursor: pointer;
    opacity:1;
}
.module_decodeur_navigation_precedent:not(.inactive):hover span, .module_decodeur_navigation_suivant:not(.inactive):hover span{
    border-bottom:2px solid #FB5100;
    color: #131E2B;
}
.module_decodeur_navigation_precedent:not(.inactive):hover, .module_decodeur_navigation_suivant:not(.inactive):hover {
    color: #FB5100;
}
.module_decodeur_navigation_precedent{
    float:left;
}
.module_decodeur_navigation_suivant{
    float:right;
}
.module_decodeur_navigation_precedent span, .module_decodeur_navigation_suivant span{
    border-bottom:2px solid #131E2B;
    margin:0 6px;
    font-size:.7em;
    padding-bottom: 3px;
}
.module_decodeur_navigation_precedent.inactive, .module_decodeur_navigation_suivant.inactive{
    opacity:.3;
    cursor:default;
}


/* Tooltip */

.ui-tooltip p:before {
    color: #a2a9ae;
    content: '› ';
    font-family: arial;
    display: inline-block;
    font-size: inherit;
    left: 0;
    position: relative;
    width: 9px;
    font-weight: 400;
}


.tooltipdecodeurs .titre_tt {
    font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial;
    font-weight: bold;
    font-size: 1.5rem;
    letter-spacing: .07rem;
    margin: .5rem 0;
}


.tooltipdecodeurs div {
    display: block!important;
}

.tooltipdecodeurs {
    border-radius: 0;
    padding: 10px;
    position: absolute;
    z-index: 9999;
    max-width: 200px;
    -webkit-box-shadow: none!important;
    box-shadow: none!important;
    border: 1px solid #ccd0d3!important;
    border-top: 4px solid #2E3942!important;
    background: #fff!important;
    color: #222;
    text-align: center;
}



/* SVG */
   .cls-1 {
        isolation: isolate;
      }

      .cls-2, .cls-5 {
        fill: #2e3942;
      }

      .cls-10, .cls-3, .cls-4, .cls-7, .cls-8, .cls-9 {
        fill: none;
      }

      .cls-3, .cls-5, .cls-7, .cls-8 {
        stroke: #2e3942;
      }

      .cls-3, .cls-4, .cls-7, .cls-9 {
        stroke-linecap: square;
      }

      .cls-3, .cls-4 {
        stroke-dasharray: 1 3;
      }

      .cls-4 {
        stroke: #333d46;
      }

      .cls-5 {
        stroke-width: 2px;
      }

      .cls-6 {
        fill: #fff;
      }

      .cls-9 {
        stroke: #fb5100;
        stroke-width: 3px;
      }

      .cls-10 {
        stroke: #5d6060;
        stroke-miterlimit: 10;
        stroke-width: 0.25px;
      }
  


#gallerie_portraits_affaire_benalla #personnes g[id]{
    cursor: pointer;
}
#gallerie_portraits_affaire_benalla #personnes g[id]{
    transition:opacity .3s;
}
.opak{
    opacity: .5;
}


/* mobile */

@media screen and (max-width: 520px) {
   
   .entourage_middle{
        padding: 44px 10px;
   }
   
   .module_decodeur_track_elem{
          padding: 10px 5px;
    margin: 0 1px;
   }

}









      
Affaire Benalla Les personnages-clés






    




            
Voici une galerie des principales personnalités citées dans « l'affaire Benalla ». Parmi elles, cinq personnes, dont Alexandre Benalla, ont été mises en examen dimanche 22 juillet.
Cliquez sur un nom pour accéder à la fiche :
            






































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































































Explorez  la version complète de l'infographie

    













Alexandre Benalla
Adjoint au chef de cabinet du président de la République, chargé de la sécurité
Présent sur la place de la Contrescarpe Mis en examen



Ce collaborateur d'Emmanuel Macron était responsable de la sécurité du président au moment des faits. Invité à observer à l'intervention des forces de l'ordre lors des manifestations du 1er-Mai à Paris, il a été filmé place de la Contrescarpe, en train de violenter une jeune femme et de molester un homme, déjà à terre, entouré par des CRS. Il est soupçonné d'avoir largement outrepassé son rôle d'observateur en portant un casque et un brassard de police, ainsi qu'une radio.
Ces actions ont d'abord valu à Alexandre Benalla une mise à pied de quinze jours et une rétrogradation. Mais à la suite de la révélation de son identité par Le Monde, le 18 juillet, il a été placé en garde à vue et mis en examen pour « violences en réunion » et « immixtion dans l'exercice d'une fonction publique ». L'Elysée a également annoncé son licenciement.
M. Benalla a fait savoir par ses avocats qu'il avait voulu « prêter main-forte » aux policiers pour maîtriser « deux individus particulièrement virulents » et pallier « l'apparent dépassement des capacités opérationnelles des policiers sur place ». Il assure que son « action vigoureuse mais menée sans violence n'a causé aucune blessure ».          




      







Vincent Crase
Salarié de la République en marche
Présent sur la place de la Contrescarpe Mis en examen



Ce gendarme réserviste s'occupe de la sécurité au sein du parti présidentiel La République en marche (LRM). Son patron Christophe Castaner le décrit comme un "agent d'accueil". Il a également été mobilisé « très ponctuellement » par le commandement militaire de l'Elysée pour des missions de sécurité.
Il est un proche d'Alexandre Benalla : il a d'abord été son supérieur lors d'une formation, avant de devenir son collaborateur durant la campagne présidentielle. Ils ont même créé ensemble une éphémère Fédération française de la sécurité privée.
Le 1er-Mai, sur la place de la Contrescarpe, il était au côté de M. Benalla, en tant qu'observateur. Il a toutefois participé lui aussi à l'intervention musclée contre les manifestants, et portait une arme à sa ceinture, alors que la préfecture de police ne lui en avait pas donné l'autorisation.
L'Elysée a annoncé avoir mis fin à toute collaboration avec lui, mais il reste salarié de LRM. Il a été mis en examen pour « violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public », « immixtion dans l'exercice d'une fonction publique » et « port prohibé » d'une arme à feu. Il ne s'est pas exprimé publiquement sur l'affaire. 
















Michel Delpuech
Préfet de police de Paris




C'est sous son autorité que la préfecture de police de Paris assure le maintien de l'ordre lors des manifestations comme celles du 1er-Mai.
Auditionné à l'Assemblée nationale le 23 juillet, le haut fonctionnaire a assuré ne pas avoir été mis au courant de la venue d'Alexandre Benalla et de Vincent Crase sur le terrain le 1er-Mai. Selon lui, c'est son subordonné Laurent Simonin qui a accordé l'autorisation, sans le prévenir — bien qu'il concède par ailleurs qu'il n'y aurait eu aucune raison de la refuser à ses yeux.
Par ailleurs, M. Delpuech n'a pas pu expliquer comment M. Benalla avait pu être équipé d'un brassard de police et d'une radio le 1er-Mai. Il a en revanche assumé « personnellement » la décision de délivrer un port d'armes à l'intéressé le 13 octobre 2017.           










Alain Gibelin
Directeur de l’ordre public et de la circulation (DOPC) à la préfecture de police de Paris




Ce haut fonctionnaire est notamment chargé des opérations de maintien de l'ordre lors de grandes manifestations.
Auditionné par les députés lundi 23 juillet, il a affirmé que M. Benalla « ne bénéficiait d'aucune autorisation de la préfecture de police » pour se rendre à la manifestation place de la Contrescarpe. Selon lui, c'est Laurent Simonin, contrôleur général à la direction de l'ordre public et de la circulation, qui a accepté qu'Alexandre Benalla soit présent en tant qu'observateur, en dehors de la procédure habituelle.         











Laurent Simonin
Contrôleur général à la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) à la préfecture de police de Paris
Mis en examen



Ce chef d'Etat major adjoint est l'un des trois membres de la préfecture de police de Paris suspendus puis mis en examen dans l'affaire pour « détournement d'images issues d'une vidéoprotection » et « violation du secret professionnel ». Il a été mis en cause par sa hiérarchie à la préfecture de police lors des auditions à l'Assemblée nationale.
Il lui est d'abord reproché d'avoir autorisé la présence de M. Benalla comme observateur le 1er-Mai, sans en référer à sa hiérarchie et hors du cadre réglementaire. Soupçonné de lui avoir fourni son propre casque pour la manifestation, il est également poursuivi pour « complicité de port illégal d'insigne ». Enfin, c'est lui qui aurait contacté M. Benalla pour lui proposer de lui communiquer les images de vidéosurveillance extraites par le commissaire Maxence Creusat, le soir du 18 juillet, après la publication des premières révélations du Monde. Laurent Simonin ne s'est pas exprimé publiquement sur le sujet pour l'heure.         










Maxence Creusat
Commissaire à la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC)
Présent sur la place de la Contrescarpe Mis en examen



Ce jeune commissaire était chargé du maintien de l'ordre place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris, où Alexandre Benalla a violenté les deux manifestants le 1er-Mai. Au moment des violences commises, Maxence Creusat se tenait à quelques mètres du collaborateur de l'Elysée, mais il n'aurait rien vu, occupé avec les CRS qu'il commandait.
Selon l'audition d'Alain Gibelin, c'est lui qui s'est rendu auprès des services de vidéosurveillance de la préfecture, le soir du 18 juillet, pour vérifier la présence d'une vidéo des événements du 1er-Mai, qui a par la suite été transmise illégalement à Alexandre Benalla.
Il est venu se dénoncer le lendemain auprès d'Alain Gibelin, « le visage défait », en lui expliquant qu'il avait fait « une grosse connerie ».
Il a été suspendu dans la foulée, et mis en examen avec deux autres policiers pour « détournement d'images issues d'une vidéoprotection » et « violation du secret professionnel ».
Selon un message publié par son avocat, Thibault de Montbrial, sur Twitter, M. Creusat « n'entend esquiver aucune question, et notamment celle, essentielle pour comprendre ce dossier, de la proximité manifeste aux yeux du jeune commissaire qu'il est, entre la plus haute hiérarchie policière et M. Benalla ». 











Jean-Yves Hunault
Commandant chargé de la liaison entre la préfecture de police et l’Elysée
Mis en examen



Il fait partie des trois fonctionnaires de la préfecture de police de Paris suspendus dès le jeudi 19 juillet, suspectés d'avoir transmis des extraits de vidéosurveillance à M. Benalla après la publication de l'enquête du Monde le 18 juillet. Tous trois ont été mis en examen dimanche 22 juillet pour « détournement d'images issues d'une vidéoprotection » et « violation du secret professionnel ».
M. Hunault ne s'est pas exprimé publiquement sur l'affaire pour l'heure.          











Philippe Mizerski
Major à la direction de l’ordre public et de la circulation (DPOC)
Présent sur la place de la Contrescarpe



C'est lui qui devait encadrer Alexandre Benalla tout au long de son « observation » le 1er-Mai. Les vidéos montrent qu'il ne s'est jamais interposé quand MM. Benalla et Crase s'en sont pris physiquement à deux manifestants, place de la Contrescarpe.
Interpellé à plusieurs reprises sur ce point lors de son audition par les députés lundi 23 juillet, le ministre de l'intérieur, Gérard Collomb, a refusé de commenter le rôle de ce fonctionnaire le 1er-Mai : « Je n'avais jamais entendu parler de M. Mizerski », a assuré le ministre.
M. Mizerski ne s'est pas exprimé publiquement sur le sujet pour l'heure.           
















Emmanuel Macron
Président de la République




Le président était en déplacement en Australie au moment des faits. Son directeur de cabinet Patrick Strzoda a néanmoins expliqué au Monde l'en avoir informé, le 2 mai. Le chef de l'Etat lui aurait alors répondu : « Si les faits sont avérés, il faut prendre des sanctions » contre Alexandre Benalla, qui figure alors parmi son premier cercle de fidèles.
Mais il est aujourd'hui mis en cause par tous ceux qui estiment que les sanctions à l'encontre du conseiller n'ont pas été à la mesure des faits.
Emmanuel Macron ne s'est pour l'heure pas exprimé depuis le début de l'affaire. Il a néanmoins fait savoir par l'intermédiaire de son entourage dimanche 22 juillet qu'il condamnait le « comportement choquant et inacceptable » de M. Benalla. L'opposition réclame son audition devant la commission d'enquête de l'Assemblée nationale.        










Alexis Kohler
Secrétaire général de l'Elysée




Il s'agit du collaborateur le plus proche d'Emmanuel Macron à l'Elysée. C'est lui qui aurait informé le premier le président, alors en déplacement en Australie, de l'existence de la vidéo d'Alexandre Benalla. Lui aussi qui a validé sa mise à pied pour quinze jours. Lui encore qui a été chargé par Emmanuel Macron, le 22 juillet, de proposer une réorganisation du cabinet « pour éviter qu'un tel dysfonctionnement se reproduise ».
Il doit s'exprimer publiquement pour la première fois le jeudi 26 juillet, lors de son audition devant le Sénat.            










Patrick Strzoda
Directeur de cabinet d'Emmanuel Macron




Ses fonctions lui donnent autorité sur Alexandre Benalla. C'est ainsi lui qui lui accorde, le 29 avril, l'autorisation de participer « en tant qu'observateur » à une intervention le 1er mai auprès de la préfecture de police.
Interrogé par Le Monde au début de l'affaire, il a déclaré avoir été informé dès le 2 mai de l'existence des images des violences impliquant son subordonné place de la Contrescarpe à Paris. Il affirme avoir rapidement prévenu Emmanuel Macron et convoqué M. Benalla.
Il est également l'auteur du courrier daté du 3 mai annonçant au conseiller sa sanction : une mise à pied du 4 au 19 mai, avec suspension de salaire et un changement d'affectation.
M. Strzoda a été auditionné par les députés mardi 24 juillet pour détailler sa version des faits. Il a expliqué ne pas avoir saisi la justice parce qu’il n’avait « pas assez d’éléments » pour le faire. Il a ajouté avoir pris la décision de mettre à pied M. Benalla pendant deux semaines « seul, en [s]on âme et conscience ».           











François-Xavier Lauch
Chef de cabinet d'Emmanuel Macron




Il était le supérieur hiérarchique direct d'Alexandre Benalla à l'Elysée.
Il ne s'est pas exprimé sur l'affaire pour l'heure.     










Laurent Hottiaux
Conseiller « intérieur et justice » d'Emmanuel Macron




Il est le conseiller intérieur et sécurité du président de la République à l'Elysée. Son nom n'avait pas été évoqué dans cette affaire avant l'audition de Michel Delpuech, le préfet de Paris, à l'Assemblée nationale, lundi 23 juillet. Devant les députés, le préfet a affirmé que c'est par un appel de M. Hottiaux le 2 mai, vers 10 h 15, qu'il a pris connaissance de « l'existence de l'affaire Benalla ».
Laurent Hottiaux ne s'est pas exprimé publiquement sur la question pour l'heure.            










Vincent Caure
Conseiller « réseaux sociaux » d'Emmanuel Macron




Ce collaborateur d'Emmanuel Macron aurait été le premier à repérer la vidéo d'Alexandre Benalla sur les réseaux sociaux, le 2 mai. C'est lui qui en a informé Gérard Collomb, par le biais de son directeur de cabinet, Jean-Marie Girier.
Il ne s'est pas exprimé publiquement sur l'affaire.           




    











Christophe Castaner
Délégué général de la République en marche




En tant que patron du parti présidentiel, il est le supérieur hiérarchique de Vincent Crase. Après la révélation de l'affaire, il a déclaré : « Je me suis entretenu avec lui, il ne comprend pas son geste. Il a présenté ses excuses mais ça ne suffit pas. » M. Castaner a expliqué ne pas avoir les éléments pour le licencier : « Ma condamnation morale ne suffit pas », a-t-il admis, ajoutant qu'en cas de condamnation judiciaire, la donne pourrait changer.     















Gérard Collomb
Ministre de l'intérieur




Numéro deux du gouvernement d'Edouard Philippe, il est responsable de la sécurité du territoire, et donc de la police.
Il a expliqué, au cours de son audition à l'Assemblée nationale, avoir été informé des violences d'Alexandre Benalla par l'Elysée, le 2 mai. Il a également affirmé qu'il ne connaissait pas personnellement M. Benalla et qu'il pensait que ce dernier « faisait partie des services de police ».
Il a saisi l'IGPN, la « police des polices », le 19 juillet, au lendemain des révélations du Monde. Selon lui, « de nouveaux éléments et de nouvelles images où M. Benalla est doté d'une radio et porte un brassard siglé police justifia[ie]nt la saisine de l'IGPN ».            











Stéphane Fratacci
Directeur de cabinet de Gérard Collomb




Il est le bras droit de Gérard Collomb au ministère de l'intérieur. Selon l'audition de M. Collomb, il a été mis au courant de l'existence de la vidéo d'Alexandre Benalla le 2 mai par le chef du cabinet, Jean-Marie Girier, avant d'en informer le ministre de l'intérieur. Ce dernier a également affirmé que c'est M. Fratacci qui lui avait indiqué que l'Elysée allait sanctionner le chargé de mission. « J'ai considéré que les faits signalés étaient pris en compte au niveau adapté », a expliqué M. Collomb, renvoyant les critiques vers son directeur de cabinet et, surtout, l'Elysée.
C'est également à son directeur de cabinet que Gérard Collomb a demandé de saisir l'inspection générale de la police nationale (IGPN) le 19 juillet.
Stéphane Fratacci, qui ne s'est pas exprimé publiquement sur ce dossier pour l'heure, doit être auditionné jeudi 24 juillet à 21 heures par la commission d'enquête de l'Assemblée nationale.      












Jean-Marie Girier
Chef de cabinet de Gérard Collomb




Ce proche collaborateur de Gérard Collomb au ministère de l'intérieur connaissait bien Alexandre Benalla. Il a même validé son embauche dans l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, en 2017.
Selon l'audition de M. Collomb, il est le premier membre du cabinet à être mis au courant de l'existence de la vidéo d'Alexandre Benalla, le 2 mai. Prévenu par Vincent Caure, chargé des réseaux sociaux à l'Elysée, il aurait ensuite transmis l'information au directeur de cabinet, Stéphane Fratacci.         











‹ Précédent
Suivant ›





  




require(["jquery","jquery-ui/tooltip","d3/3.5.6"], function($,tooltip,d3) {
 
    
    var nombre_etapes = $(".entourage_item").length;


    for(var i=0; i ')
    }

    $(".module_decodeur_track_elem").on("click",function(){
        etape_navigation = $(this).index();
        afficherCarte(etape_navigation);
    })

    var dec_device = "aec";
    try {
 -1) {
            dec_device = "noaec";
        }
    } catch (err) {
        dec_device = "aec";
    }

    $(".module_decodeur_track").tooltip({
        show: { effect: "slideDown", duration: 100 },
        hide: { effect: "slideUp", duration: 100 },
        items: ".module_decodeur_track_elem",
        track: true,
        tooltipClass: "multimedia-embed tooltipdecodeurs " + dec_device,
        position: {
            my: 'left-30 top+20',
            at: 'right+10 center'
        },
        content: function() {
          id = $(this).data("id");
Sommaire";
"+$(".entourage_item:eq("+id+") .nom").html()+""+$(".entourage_item:eq("+id+") .descriptif").html();
        },
        open: function(event, ui) {
            /* permet de fermer le tooltip en tapant sur lui-même en mobile*/
            var elem = $(event.target);
            ui.tooltip.click(function() {
                elem.tooltip('close');
            });
        }

    });

    function afficherCarte(n){
        $(".entourage_item").hide()
        $(".entourage_item:eq("+n+")").show();
        $('html, body').scrollTop($(".entourage_item:eq("+n+")").offset().top);

        $(".module_decodeur_track_dot").removeClass("active");
        $(".module_decodeur_track_dot:eq("+n+")").addClass("active");

        if(etape_navigation==0){
          $(".module_decodeur_navigation_precedent").addClass("inactive")
        }
        else{
          $(".module_decodeur_navigation_precedent").removeClass("inactive")
        }
        if(etape_navigation==nombre_etapes-1){
          $(".module_decodeur_navigation_suivant").addClass("inactive")
        }
        else{
          $(".module_decodeur_navigation_suivant").removeClass("inactive")
        }
    }

    afficherCarte(etape_navigation);

    $(".module_decodeur_navigation_suivant").on("click",function(){
        etape_navigation++;
        afficherCarte(etape_navigation);
    })
    $(".module_decodeur_navigation_precedent").on("click",function(){
        etape_navigation--;
        afficherCarte(etape_navigation);
    })


    $(".entourages a, #entourages_footer a").click(function(event) {
        event.stopImmediatePropagation();
    });




    gallerie = d3.select("#gallerie_portraits_affaire_benalla");

 g[id]");
   
    personnes.on("mouseover",function(){
        personnes.classed("opak",true)
        d3.select(this).classed("opak",false)
    })
    .on("mouseleave",function(){
        personnes.classed("opak",false)
    })
    .on("click",function(){
        idelem = d3.select(this).attr("id");
        etape_navigation = $("#fiche_"+idelem).index();
        afficherCarte(etape_navigation);
    })
    

})


Finalement prolixe
Quant à ses autres avantages, l’ex-chargé de mission s’est attaché à les justifier un à un. L’attribution d’un appartement de travail quai Branly ? Une conséquence de « la charge de travail ». L’obtention d’un badge d’entrée de l’Assemblée nationale ? Un « caprice » pour accéder à la salle de sport du Palais-Bourbon – dont les connaisseurs soulignent pourtant la vétusté. Les deux passeports diplomatiques ? Une procédure habituelle pour ceux qui accompagnent le président, et qui ne « confère aucune immunité ».
Mais c’est peut-être sur les conditions de son recrutement, que le chargé de mission s’est fait le plus flou. La semaine passée, François-Xavier Lauch, le chef de cabinet de l’Elysée et donc son supérieur direct, avait expliqué devant la commission être à l’origine de cette embauche, à la suite d’une sollicitation de M. Benalla.
Le principal intéressé a donné une autre version, mercredi 19 septembre, des conditions dans lesquelles il est entré au palais, confirmant à demi-mot l’intervention directe du chef de l’Etat. Selon lui, il s’agissait de « l’issue normale » de son rôle de « directeur de la sûreté et de la sécurité » d’En marche ! pendant la campagne. « On m’a fléché sur la chefferie de cabinet, sûrement le président ou Alexis Kohler [le secrétaire général]… », a-t-il avancé, expliquant n’avoir rencontré M. Lauch qu’après son embauche. Il a affirmé en outre qu’il avait, jusqu’à cette affaire, un profil irréprochable : « J’ai fait l’objet de plusieurs enquêtes avant d’entrer à l’Elysée. Je ne suis pas un voyou, ni une petite frappe. »
Au fur et à mesure de l’audition, M. Benalla qui avait menacé de garder le silence s’est finalement montré assez prolixe, n’invoquant jamais le secret-défense pour se défiler, comme son avocat l’avait suggéré. Les quelque deux heures de questions-réponses ont permis de dresser le portrait d’un simple chargé de mission, qui s’est défini lui-même comme « le niveau le plus bas » à l’Elysée, mais qui était omniprésent dans l’organisation de la vie publique et privée du président de la République. Un pouvoir important, aux contours toujours peu clairs, et qui contraste fortement avec sa vie d’aujourd’hui.
Quand une sénatrice l’a interrogé sur son métier actuel, l’ex-proche d’Emmanuel Macron a répondu, lapidaire : « Pôle emploi. »

Notre sélection d’articles sur l’affaire Benalla
Retrouvez nos principaux contenus liés à l’affaire Benalla, du nom de l’ex-collaborateur d’Emmanuel Macron que Le Monde a identifié en train de molester un manifestant en marge des manifestations du 1er Mai.
Mercredi 18 juillet, Le Monde publie ses premières révélations et écrit avoir identifié Alexandre Benalla sur une vidéo mise en ligne dès le 1er mai sur YouTube.D’une ZUP d’Evreux jusqu’au premier cercle du président : récit de l’ascension mystérieuse de cet homme.Benalla, Mizerski, Crase..., qui sont les personnages-clés de l’affaire ?Que s’est-il passé précisément place de la Contrescarpe ? Retour sur le déroulement des événements.A l’Assemblée, une commission d’enquête présidée par la députée LRM Yaël Braun-Pivet a mené des auditions. Une semaine plus tard, l’opposition claque la porte accusant l’Elysée de vouloir « torpiller » les travaux.Le point sur les auditions de : Gérard Collomb, ministre de l’intérieur ; Michel Delpuech, préfet de police de Paris ; Patrick Strzoda, directeur de cabinet de l’Elysée.Dommage collatéral, l’examen de la révision constitutionnelle a été suspendu et ne reprendra pas avant la rentrée et le gouvernement a dû faire face à deux motions de censure de l’opposition, toutes deux rejetées.Après une semaine de silence, Emmanuel Macron s’est finalement exprimé devant des députés, dans un discours que nous avons décrypté point par point.Affaire d’Etat ou non ? Oui, car il y a eu dissimulation estiment certains ; non, car l’Etat n’as pas commis d’acte délictueux, avancent d’autres.Les auditions des gardes à vue de M. Benalla et des quatre autres personnes mises en examen ont permis d’éclairer les faits qui leur sont reprochés.Plus d’une semaine après les révélations du Monde, l’ex-chargé de mission de l’Elysée Alexandre Benalla a accepté de répondre longuement à nos questions dans un entretien exclusif.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-2">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Ces mesures font partie d’un plan annoncé par le premier ministre lors d’un conseil interministériel de sécurité routière en janvier.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Protection des piétons, éthylotest antidémarrage… la sécurité routière renforce son arsenal

Ces mesures font partie d’un plan annoncé par le premier ministre lors d’un conseil interministériel de sécurité routière en janvier.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 15h34
   





                        



   


Un décret instaurant notamment un durcissement des sanctions pour les « refus de priorité » aux piétons et élargissant le recours aux éthylotests antidémarrage (EAD) a été publié, a annoncé mercredi 19 septembre la Sécurité routière.
Ces mesures font partie d’un plan annoncé par le premier ministre lors d’un conseil interministériel de sécurité routière en janvier, comportant également le très controversé abaissement de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes secondaires à double sens sans séparateur central, effectif depuis le 1er juillet.

        Lire aussi :
         

                Limitation à 80 km/h : quelles routes concernées sont les plus meurtrières dans votre département ?



Protéger les piétons
6 points pour ne pas céder le passage à un piéton
Un automobiliste se verra désormais retirer six points, au lieu de quatre actuellement, s’il ne cède pas le passage à un piéton « s’engageant régulièrement dans la traversée d’une chaussée ou manifestant clairement l’intention de le faire ». La constatation de cette infraction peut par ailleurs se faire par simple vidéo-verbalisation, via des caméras de surveillance.
Cette mesure vise à réduire la mortalité des piétons. En 2017, 519 ont été tués dans un accident et plus 11 070 ont été blessés.
Des éthylotests contre l’alcoolémie
Une autre mesure vise à étendre le recours aux éthylotests antidémarrage, pour lutter contre l’alcoolémie au volant. Au 1er janvier 2019, toute personne interceptée avec une alcoolémie supérieure à 0,8 g/l et inférieure à 1,8 g/l sera « éligible » à ce dispositif, branché sur le circuit d’alimentation du véhicule et dans lequel il doit souffler pour pouvoir démarrer.
Au lieu de voir son permis suspendu, le contrevenant pourra être autorisé, par décision préfectorale dans les trois jours, à continuer à conduire des véhicules équipés d’EAD, que ce soit le sien ou un autre véhicule (d’entreprise par exemple). L’installation du dispositif (1 300 euros environ ou location de 100 euros par mois) sera à sa charge.
100 euros/mois à la charge de l’automobiliste
Aujourd’hui, les EAD ne sont proposés qu’au tribunal ou, dans quatre départements expérimentaux (Nord, Marne, Drôme, Finistère), par les commissions médicales administratives des préfectures, « mais cela intervient bien trop tard et les contrevenants y renoncent », explique le délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel Barbe.
« L’objectif est d’éviter, par la rapidité de la décision, le déclassement causé par la perte du permis, notamment pour aller travailler. L’EAD est un outil reconnu contre la récidive d’alcool au volant. On espère qu’en développant l’usage, son prix baisse et amorce ainsi un cercle vertueux. »
D’ici sa généralisation l’an prochain, cette mesure sera expérimentée dans six départements (dont le Finistère et la Réunion) « afin d’affiner le dispositif et les procédures », a précisé M. Barbe.

        Lire aussi :
         

                Sécurité routière : le nombre de morts en fort recul au mois d’août






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-3">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Après trois ans d’enquête, la Commission européenne a jugé légal le traitement fiscal avantageux accordé par le Luxembourg au géant du fast-food américain.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Big Mac, zéro taxe… ou comment l’Europe épargne McDonald’s

Après trois ans d’enquête, la Commission européenne a jugé légal le traitement fiscal avantageux accordé par le Luxembourg au géant du fast-food américain.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 16h56
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 17h33
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


C’est « Happy meal » pour McDonald’s, comme le dit ironiquement l’eurodéputé Vert allemand Sven Giegold. La commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, a estimé, mercredi 19 septembre, que le Luxembourg n’avait pas accordé d’aide illégale à McDonald’s Europe Franchising en ne taxant pas ses bénéfices.
Le géant du fast-food qui, comme d’autres compagnies, a bénéficié des « rescrits » fiscaux (ou rulings) accordés par le Grand-Duché – et d’autres pays de l’Union – ne subira donc pas le sort infligé, entre autres, à Amazon, qui vient d’acquitter 280 millions d’euros au Luxembourg sur injonction de Bruxelles, ou d’Apple, qui a versé 14,3 milliards à l’Irlande, en espérant toutefois que la Cour de justice européenne infléchira la décision de la Commission.

        Lire aussi :
         

                Amazon, ou comment ne pas payer ses impôts



McDonald’s Europe – ce qui inclut la Russie et l’Ukraine – est donc blanchie, alors que le groupe n’a payé aucun impôt sur ses bénéfices – en fait, les redevances intragroupe de ses franchisés –, en Europe et aux Etats-Unis.
C’est un trou béant dans la législation qui a permis ce miracle de l’ingénierie fiscale, ce défaut d’« équité », comme le dit prudemment Mme Vestager. Voulant éviter la double imposition des bénéfices de McDonald’s, le Luxembourg a, en réalité, favorisé un phénomène inédit de double… non-imposition.
Trois ans d’enquête
Aux Etats-Unis, la compagnie n’a, en effet, pas dû prouver qu’elle était imposable en Europe. Et, au Grand-Duché, on l’a dispensée de fournir les preuves qu’elle payait des impôts outre-Atlantique, jugeant, de plus, qu’elle répondait aux critères de « l’établissement stable » exigés par la loi. Tandis que l’administration américaine estimait, au contraire, que son implantation à Luxembourg n’était pas « stable ».

        Lire aussi :
         

                « McDonald’s doit verser sa juste part d’impôts et payer correctement ses salariés »



Au total, cela ne permet pas d’affirmer, a estimé Bruxelles, au bout de trois ans d’enquête, qu’il y aurait eu une aide illégale ou un « traitement spécial ». Tout au plus une « mauvaise application » du droit pour une société qui employait une dizaine de personnes et a fait transiter 3,7 milliards de gains par Luxembourg.
La décision de Bruxelles a, évidemment réjoui les dirigeants grand-ducaux. Qui promettent de faire voter prochainement par leur parlement un texte censé éviter la réédition de cet épisode. Cette stratégie d’optimisation fiscale aurait permis au roi du Big Mac d’éviter de payer environ 1 milliard d’euros d’impôts pour la période 2009-2013, selon des syndicats et des militants anti-pauvreté. Le groupe a répliqué qu’il a payé, en Europe, 3 milliards au titre de l’impôt sur les sociétés pour la période 2013-2017, en vertu d’un taux d’imposition moyen de 29 %.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-4">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ A 24 ans, le rappeur du 19e arrondissement de Paris sort un deuxième album, « 19 ». Après le succès fulgurant de son premier disque et avoir fait le tour du monde avec ses concerts, il s’interroge sur son avenir.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 18/09/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Afro-trap : MHD, des tubes et des doutes

A 24 ans, le rappeur du 19e arrondissement de Paris sort un deuxième album, « 19 ». Après le succès fulgurant de son premier disque et avoir fait le tour du monde avec ses concerts, il s’interroge sur son avenir.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 05h37
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 18h06
    |

                            Stéphanie Binet








                        



                                


                            

S’il y a un artiste emblématique de l’explosion de la musique urbaine dans le paysage musical français, c’est bien MHD, de son vrai nom Mohamed Sylla, 24 ans. Il y a trois ans, le Franco-Guinéen, qui publie mercredi 19 septembre son deuxième album, 19, était encore inconnu. Son ascension fulgurante, le jeune homme la doit à sa série de vidéos Afro Trap, diffusées sur YouTube dès l’automne 2015, au streaming, mode d’écoute en ligne favorisée par les 15-25 ans, et à son ingénieux mélange de musique urbaine africaine et de trap américaine. Son premier disque, MHD, sorti en avril 2016, était certifié double platine (soit plus de 200 000 exemplaires écoulés) moins de six mois plus tard.

Le gamin du 19e arrondissement de Paris a, depuis, fait le tour du monde avec ses concerts. Il a été reçu « comme un président » en Guinée, a été programmé au prestigieux festival californien Coachella en avril 2018, est devenu une vedette en Scandinavie… Courtisé par les marques de sport, MHD a également lancé en décembre 2017 sa propre collection de vêtements chez Puma.

Ce mois-là, il est revenu dans son quartier, sur un terrain de foot bitumé au pied de chez ses parents, au centre sportif Pailleron, pour réaliser des photos destinées à promouvoir les vêtements. Alors que Mohamed joue au foot avec ses copains, les mêmes avec lesquels il s’entraînait dans son adolescence, une classe d’un lycée privé juif vient pour son heure de sport, avant que leur professeur d’EPS réalise : « Ah, c’est MH, tout va bien. On va attendre. » La vedette du quartier les salue et s’excuse, avant de se prêter au jeu des traditionnels selfies. « MHD, on le respecte, résume un lycéen. Il représente bien le quartier, il dit rarement des grossièretés dans ses morceaux, et n’essaie jamais de se faire passer pour quelqu’un d’autre. »
Deux ans de tournée non-stop
Plus tard en studio, le rappeur explique :...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-5">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ A l’occasion de la cérémonie annuelle d’hommage aux victimes du terrorisme, le chef de l’Etat a également présenté quelques améliorations de la prise en charge des victimes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Emmanuel Macron annonce la création d’un musée mémoriel pour les victimes du terrorisme

A l’occasion de la cérémonie annuelle d’hommage aux victimes du terrorisme, le chef de l’Etat a également présenté quelques améliorations de la prise en charge des victimes.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 17h22
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 17h34
   





                        



   


L’annonce était attendue à l’occasion de la cérémonie annuelle d’hommage aux victimes du terrorisme, mercredi 19 septembre. Emmanuel Macron a officialisé la mise en chantier d’un musée mémoriel en hommage à ces victimes.
Lors de l’événement organisé aux Invalides par l’Association française des victimes du terrorisme et la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs, le chef de l’Etat a également annoncé la création d’ici la fin de l’année d’un « Centre national de ressources et de résilience (CNRR) », chargé d’améliorer la prise en charge des victimes, quelle que soit l’origine du traumatisme.

LIVE | Discours à la cérémonie d’hommage national aux victimes du terrorisme.
— EmmanuelMacron (@Emmanuel Macron)


require(["twitter/widgets"]);

Ce CNRR sera localisé dans un centre hospitalo-universitaire, au sein de l’une des dix unités spécialisées dans la prise en charge des psychotraumatismes et dont la création a été décidée dans le cadre du plan de lutte contre les violences sexuelles et sexistes.

        Lire aussi :
         

                Aide aux victimes : création d’un centre de résilience à l’automne 2018



Création d’une journée d’hommage aux victimes
Le président de la République a aussi annoncé le renforcement de la prise en charge des victimes françaises à l’étranger, notamment pour leurs frais de déplacement lorsqu’elles souhaitent assister au procès à l’étranger. Enfin, M. Macron a officialisé la création d’une « commémoration, hommage de la nation aux victimes du terrorisme », dont la date fera l’objet d’une concertation avec les associations.
Plusieurs de ces propositions avaient été préconisées par le comité chargé par le gouvernement de réfléchir à la commémoration des attentats, qui a remis son rapport le 7 septembre à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet. Ce comité a aussi suggéré de retenir pour cette journée d’hommage la date du 11 mars, choisie par l’Union européenne pour commémorer les attaques terroristes sur le sol européen.
La France vit depuis début 2015 sous une constante menace terroriste depuis la vague d’attentats djihadistes sans précédent qui a fait 246 morts.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-6">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Dans un entretien au « Monde », le PDG de BlackRock, premier gestionnaire d’actifs au monde, fustige le court-termisme des marchés.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Larry Fink : « Je crois fermement en la mondialisation »

Dans un entretien au « Monde », le PDG de BlackRock, premier gestionnaire d’actifs au monde, fustige le court-termisme des marchés.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h33
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 17h56
    |

            Isabelle Chaperon et 
Marie Charrel








                        



                                


                            

Il fut l’un des premiers appelés à l’aide par les autorités américaines après la chute de Lehman Brothers. Dix ans après, Larry Fink est considéré comme l’une des personnalités les plus influentes du monde des affaires. BlackRock, la société qu’il a créée en 1988, est devenue la première investisseuse mondial, avec plus de 6 000 milliards de dollars d’actifs (environ 5 200 milliards d’euros) sous gestion. En croisade contre le court-termisme des marchés, il affirme observer des progrès du côté des entreprises.
Il y a dix ans, Lehman Brothers s’effondrait et vous étiez en première ligne pour tenter de limiter les dégâts. Croyez-vous que le système financier soit plus sûr aujourd’hui ?
En 42 ans passés sur les marchés financiers, j’ai vu beaucoup de crises. Ce sont rarement les mêmes. Or, le système n’a pas une grande capacité à regarder vers l’avant, mais plutôt dans le rétroviseur. D’après mon expérience, les gouvernements et les régulateurs résolvent les problèmes qui sont à l’origine d’une crise et, bien souvent, les solutions trouvées portent en elles les germes de la prochaine crise.

« L’exposition massive des marchés à la dette souveraine est préoccupante »
La plupart des risques qui ont provoqué les turbulences de 2008 ont été considérablement atténués. Les banques ont fortement augmenté leur capital, la transparence sur les bilans s’est améliorée, la méthodologie des agences de notation en matière de crédit est mieux comprise : pour moi, les problèmes d’hier ne devraient pas être ceux de demain.
Quels pourraient être les risques de demain, alors ?
J’observe deux grands changements sur les dix dernières années. D’abord, si la dette privée s’est beaucoup réduite, la dette publique s’est au contraire envolée. Je ne suggère pas que la prochaine crise viendra de là, mais l’exposition massive des marchés à la dette souveraine est préoccupante, alors que les banques centrales ont...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-7">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ L’ADN d’une étudiante de 20 ans, disparue depuis le 7 septembre, a été retrouvé dans l’appartement d’un homme condamné pour viols en 2001.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Strasbourg : un homme mis en examen pour assassinat après la disparition d’une étudiante

L’ADN d’une étudiante de 20 ans, disparue depuis le 7 septembre, a été retrouvé dans l’appartement d’un homme condamné pour viols en 2001.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 18h27
   





                        



   


Les enquêteurs de la police judiciaire de Strasbourg sont toujours à la recherche de Sophie Le Tan. L’étudiante, inscrite en licence à l’université de Strasbourg, n’a pas donné signe de vie depuis le jeudi 7 septembre, alors qu’elle se rendait dans la commune de Schiltigheim, en banlieue de Strasbourg, pour visiter un appartement.
La jeune femme devait ensuite rejoindre ses parents pour déjeuner dans un restaurant de Cernay (Haut-Rhin), où elle avait prévu de fêter ses 20 ans. Mais elle n’a plus donné signe de vie. « Tout sera mis en œuvre pour retrouver la jeune fille », a déclaré lors d’un point presse la procureure de la République à Strasbourg, Yolande Renzi, mardi 18 septembre.
Un homme mis en examen pour « assassinat »
Une information judiciaire a été ouverte six jours après la disparition de la jeune fille, jeudi 13 septembre, pour « enlèvement et séquestration ». Après un appel à témoins, des enquêtes de voisinage, l’aide des brigades cynophiles et l’analyse de communications téléphoniques, les enquêteurs se sont intéressés à un homme de 58 ans, habitant de la commune où la jeune femme venait visiter l’appartement.
Le suspect a été interpellé, samedi 15 septembre, dans son appartement de Schiltigheim. Les enquêteurs l’ont identifié grâce à des données téléphoniques, précisent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. Le numéro de l’annonce correspondait à une ligne prépayée. Son nom : Jean-Marc Reiser.
Lors de sa conférence de presse, la procureure de la République a dit qu’une perquisition de l’appartement du suspect avait révélé « l’existence de traces de sang, malgré manifestement un nettoyage en profondeur et très récent des lieux ». L’ADN détecté dans les traces de sang « a été attribué à Sophie Le Tan », a-t-elle précisé. Sur la base de ces éléments, Jean-Marc Reiser a été mis en examen lundi pour « assassinat, enlèvement et séquestration », puis écroué.
Petites annonces pour un « piège fatal »
Le suspect, âgé de 58 ans, « a fait le choix de ne répondre à aucune question » sur cette disparition lors de sa garde à vue, a précisé Yolande Renzi. Selon le directeur interrégional de la police judiciaire de Strasbourg, Christophe Allain, l’homme avait déjà tenté d’attirer deux autres jeunes filles « dans un piège fatal » à Schiltigheim à l’aide d’annonces immobilières publiées sur Internet.
« Pour ne pas se faire remarquer, il restait très flou sur la localisation de l’appartement. Le seul but était de les attirer sur son territoire de chasse », en utilisant « des moyens de téléphonie permettant de garantir l’anonymat », a-t-il détaillé.
Ces deux autres jeunes femmes, dont l’une était accompagnée, avaient répondu à la même annonce de visite les jours précédents, mais elles avaient trouvé l’endroit louche et désert. « Elles ont eu un pressentiment utile. Le fait qu’elles renoncent les a sauvées », a avancé la procureure. Sophie Le Tan, elle, était venue seule au rendez-vous.
Un suspect déjà condamné pour viols en 2001
Connu de la justice, Jean-Marc Reiser, qui vit seul mais a une amie, a déjà été condamné en 2001 par la cour d’assises du Doubs à quinze ans de réclusion pour le viol d’une auto-stoppeuse allemande en 1995 dans les Landes, et pour des viols de sa maîtresse commis en 1996. Cette condamnation a été confirmée par la cour d’assises d’appel du Bas-Rhin en février 2002.
L’Est républicain a rapporté les propos tenus dans son réquisitoire par le procureur général Philippe Theurey, lors du procès de 2001 : « C’est un iceberg dont on ne voit qu’un petit morceau », avait-il déclaré, soulignant le secret entourant la personnalité de Jean-Marc Reiser. « Je me souviens d’un homme agréable mais extrêmement déterminé dans sa défense et très autoritaire », s’est remémoré dans les mêmes colonnes Me Jean-Pierre Degeneve, l’avocat commis d’office de Jean-Marc Reiser pour ce procès.
Avant cette condamnation, il avait tenté de s’enfuir du palais de justice de Besançon lors d’une audience de la cour d’appel qui examinait sa demande de mise en liberté, à l’été 2000, et avait été condamné pour cela à huit mois de prison ferme.
Principal suspect dans la disparition de Sophie Le Tan, Jean-Marc Reiser a par ailleurs été acquitté en 2001 par la cour d’assises du Bas-Rhin dans une autre affaire, la disparition d’une jeune femme de 23 ans, en 1987, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Françoise Hohmann était représentante de commerce : le dernier client à qui elle avait rendu visite avant sa disparition, dans le quartier de Hautepierre, était Jean-Marc Reiser.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-8">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Selon une note rendue publique mercredi, près d’un tiers des seniors n’ayant ni emploi ni retraite vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2015.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Le sort difficile des seniors sans emploi ni pension de retraite

Selon une note rendue publique mercredi, près d’un tiers des seniors n’ayant ni emploi ni retraite vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2015.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h54
    |

            Raphaëlle Besse Desmoulières et 
Bertrand Bissuel








                        


C’est une photographie qui en dit long sur les difficultés rencontrées en fin de carrière par des centaines de milliers de personnes. En 2015, près d’un tiers des seniors n’ayant ni emploi ni retraite (« NER ») vivaient en dessous du seuil de pauvreté, selon une note rendue publique, mercredi 19 septembre, par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), un service rattaché à trois ministères (solidarités, travail, comptes publics). Ainsi, quelque 1,4 million d’individus, âgés de 53 à 69 ans, soit 11 % de cette tranche d’âge, ne percevaient ni revenus d’activité ni pensions. Leurs ressources étaient, dès lors, issues, en très grande partie, « des minima sociaux, des allocations-chômage ou des pensions d’invalidité », rapporte la Drees.
Le recul progressif de l’âge de départ en retraite à 62 ans a eu « pour effet de modifier le nombre de ces personnes », indique l’étude, mais celle-ci ne précise pas dans quel sens, aucune donnée n’étant fournie pour les années antérieures. Une chose est sûre : « Les femmes sont surreprésentées » parmi les seniors sans activité professionnelle ni pension de retraite, puisqu’elles constituent les deux tiers des effectifs (alors qu’elles ne « pèsent » qu’un peu plus de la moitié de la catégorie des 53-69 ans).
Ouvriers ou employés
Près de trois seniors NER sur dix se déclarent « en mauvais ou très mauvais état de santé », alors qu’ils sont 11 % à faire état de ce type de problèmes, parmi l’ensemble des 53-69 ans. Les seniors sans emploi ni retraite sont aussi moins diplômés que les autres et ce sont souvent des ouvriers ou des employés. « Je ne suis pas surprise par les chiffres contenus dans cette étude, commente Annie Jolivet, économiste au Centre d’études de l’emploi et du travail. Ils vont dans le même sens que d’autres recherches montrant qu’un nombre croissant de personnes, à l’approche de la soixantaine, voire plus tôt, basculent dans les minima sociaux. » Pour elle, les réformes des retraites y ont contribué, ainsi que « la diminution de la durée de versement des allocations-chômage et la précarité des emplois ». « Beaucoup de chômeurs ne peuvent plus espérer bénéficier d’une indemnisation jusqu’à la liquidation de leur retraite », complète Annie Jolivet.
Autre facteur qui a joué : la suppression, il y a quelques années, de la dispense de recherche d’emploi, pour les personnes d’au moins 57 ans inscrites à Pôle emploi. Celles-ci sont, du coup, « conduites à se remettre en quête d’un poste, souvent sans succès, ce qui a nourri la montée du nombre de chômeurs âgés, notamment ceux de plus 60 ans ».

        Lire aussi :
         

                Emmanuel Macron face à la fronde des retraités






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-9">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le comédien, connu notamment pour son interprétation de Robert d’Artois dans « Les Rois maudits », s’est éteint à 93 ans.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mort de Jean Piat, ancien de la Comédie-Française

Le comédien, connu notamment pour son interprétation de Robert d’Artois dans « Les Rois maudits », s’est éteint à 93 ans.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h43
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 18h10
    |

                            Fabienne Darge








                        



                                


                            

Il incarnait un type de jeu à l’ancienne, et à la française, où l’acteur se coule avant tout dans les mots, dans un phrasé classique voire précieux : le comédien Jean Piat est mort, mardi 18 septembre à Paris, à l’âge de 93 ans, huit mois après sa compagne, l’écrivaine et comédienne Françoise Dorin, disparue en janvier. Le 423e sociétaire de la Comédie-Française était surtout connu du grand public pour son rôle de Robert d’Artois dans le feuilleton télévisé Les Rois maudits, créé en 1972.
Jean Piat était né le 23 septembre 1924 à Lannoy, dans le Nord, dans une famille modeste et catholique. Il semble bien que le théâtre l’ait attiré très tôt, puisqu’il se travestissait avec ses camarades de classe – parmi eux Piem et Alain Decaux – pour s’exercer au métier d’acteur. Il entre dans l’histoire du théâtre par un acte rebelle : en 1946, il se fait expulser du Conservatoire, après être parti sans prévenir jouer un petit rôle au cinéma dans Rouletabille, de Christian Chamborant.
Plus de cinquante rappels
Il entre néanmoins à la Comédie-Française, en 1947, sur audition, pour jouer les porteurs de hallebarde et les valets de comédie, Sganarelle ou La Flèche, Scapin ou Figaro. C’est son incarnation de Cyrano de Bergerac, à partir de 1964, qui fait de lui un premier rôle sur les planches. Il jouera plus de quatre cents fois le personnage flamboyant inventé par Edmond Rostand, et la légende dit que la première du spectacle fut saluée, le rideau tombé, par plus de cinquante rappels.
. »
Une photo de ces années-là le montre en beau gosse de pièce de Feydeau, fine moustache, air un peu frimeur, mais en 1972 Jean Piat quitte néanmoins la Comédie-Française, quand la télévision lui propose de jouer Robert d’Artois dans les six épisodes des Rois maudits, un feuilleton télévisé, proche du théâtre filmé,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-10">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Même si elle est informelle, aucune décision ne sera prise, cette réunion devrait aborder le calendrier du Brexit et les quotas de migrants.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Migration et Brexit, les deux enjeux du sommet européen de Salzbourg

Même si elle est informelle, aucune décision ne sera prise, cette réunion devrait aborder le calendrier du Brexit et les quotas de migrants.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 07h35
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 11h10
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen) et 
Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les dirigeants européens se réunissent à Salzbourg, mercredi 19 septembre et jeudi 20 septembre, à l’invitation du chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui assure la présidence tournante de l’Union jusqu’à la fin de l’année. Au menu principal des discussions, les deux priorités du moment : le Brexit et la migration.
Brexit : le calendrier d’un « deal » se précise ; le risque d’un « no deal » pas écarté
« Informelle » – sans décision –, la réunion devrait permettre d’affiner le calendrier du Brexit, alors qu’il ne reste plus que trois mois « utiles » aux Européens à Vingt-Sept, pour parvenir à un accord avec Londres. Un sommet extraordinaire sur le sujet devrait être convoqué en novembre, a confirmé mardi 18 septembre Donald Tusk, le président du Conseil (les Etats membres). Les discussions ont beau être entrées dans leur phase finale, un accord lors du prochain Conseil européen (le 18 octobre, à Bruxelles), parait en effet hautement improbable.
En Autriche, les Vingt-Sept devraient constater que la question irlandaise reste la seule difficulté à surmonter pour un accord. Le gouvernement de Theresa May s’est engagé à éviter la réapparition d’une « frontière physique » entre Irlande du Nord et la République d’Irlande restée dans l’UE après le Brexit.
Pour y parvenir, début 2018, Michel Barnier, le négociateur en chef pour l’Union, a proposé une solution temporaire en guise de « filet de sécurité » (« backstop »). Le temps d’avoir bouclé la « relation future » entre l’UE et Londres, l’Irlande du Nord resterait alignée sur les normes européennes, de manière à éviter les contrôles des biens avec la République d’Irlande. Inacceptable, ont répondu les Britanniques, car cela reviendrait à unifier de fait toute l’île d’Irlande en l’arrimant à l’UE.
Etant donné que les contre-propositions de Mme May ont jusqu’à présent été jugées irréalistes, M. Barnier tente une nouvelle stratégie de « dédramatisation ». La Commission insiste sur le caractère temporaire de son « filet de sécurité » et se dit prête à des compromis (contrôle des marchandises en partance pour l’Irlande cogéré avec les douaniers britanniques et européens…).
Si cette « dédramatisation » fonctionne, et si les Britanniques acceptent le « backstop » ou une solution approchante, les négociations, gelées depuis quelques semaines en attente du congrès des Tories, début octobre, pourraient reprendre dans la foulée. Et un accord pourrait être trouvé avant mi-novembre. Si tout se passe bien, car les Européens n’ont pas écarté le risque d’un « no deal ». Les réunions préparatoires pour limiter les conséquences d’une telle « catastrophe » – le mot est de M. Tusk – se poursuivent à Bruxelles.
Salzbourg sera aussi l’occasion de vérifier que les Vingt-Sept continuent à parler d’une seule voix et estiment tous que le Royaume-Uni, devenu pays tiers le 30 mars 2019, ne peut prétendre aux mêmes avantages qu’un pays membre. L’équipe de M. Barnier est fébrile, redoutant que certains gouvernements se désolidarisent dans la dernière ligne droite. Car Londres se livre toujours à un lobbying intense pour tenter de diviser le front continental.

        Le point sur le calendrier :
         

          plus que quatre mois pour trouver un accord



Migration : blocages et désaccords persistent
« Tirer les leçons de ce qui s’est déroulé cet été et voir comment lever les blocages » : voilà, résumé par un diplomate, le programme assez peu ambitieux du chapitre « migration ». En Italie, le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, entend maintenir son refus de laisser accoster les navires qui ont recueilli des migrants ; en Hongrie, Viktor Orban confirme son refus d’accueillir le moindre réfugié.
La réforme du système de Dublin reste, elle, enlisée. Jugé injuste par les pays de première entrée de l’Union, il les oblige à assumer la charge de l’enregistrement des migrants et d’un examen de leur dossier, ainsi que le retour de ceux qui, arrivés dans un autre pays membre, en sont renvoyés. Paris, Berlin et la plupart des capitales veulent maintenir le principe, tout en l’assortissant d’un mécanisme dit de « solidarité », à savoir de répartition des « vrais » demandeurs d’asile et réfugiés.
Compte tenu des divisions actuelles, une uniformisation des règles de l’asile apparaît, elle aussi, très hypothétique. Les quotas de répartition, fixés de manière très précise par la Commission – avec d’éventuelles amendes à la clé – sont, eux aussi, gelés. « La ligne rouge, c’est la soldarité qui doit s’imposer à tous », dit-on à Paris. Où l’on envisage cependant de possibles compromis : la solidarité ne devrait pas consister obligatoirement en l’accueil de réfugiés, mais pourrait prendre la forme d’une participation accrue à l’agence des gardes-frontières et gardes-côtes, au soutien financier à des programmes en Afrique, etc.
Les débats progressent un peu plus rapidement sur le volet sécuritaire et l’objectif de tarir au maximum le flux des arrivées. Si la situation est globalement stabilisée, avec une forte diminution des arrivées en l’espace d’un an, des dirigeants s’inquiètent d’une possible reprise de la migration à travers les routes de la Grèce et de la Turquie, et en provenance du Maroc vers l’Espagne. En Italie, les arrivées ont chuté de 85 %.
En juin, les chefs d’Etat et de gouvernement avaient évoqué la création de « plateformes de débarquement » des migrants, dans des pays riverains de la Méditerranée, voire dans des pays européens hors Union – les Balkans. Ce dernier projet, irréaliste, est abandonné. L’autre, pas entièrement. Des structures ont déjà été créées au Niger et au Tchad et doivent, selon certains, servir de modèles pour ces centres d’accueil et de tri. La Tunisie et le Maroc sont plus que réticents, même si Rabat organise déjà, sous la pression de l’Espagne, des déplacements de migrants pour les décourager d’embarquer.
M. Kurz creuse, lui, la piste de l’Egypte, et aurait même songé à inviter le président Abdel Fattah Al-Sissi à Salzbourg. Son but : tenter de conclure avec Le Caire un contrat semblable à celui signé avec le Turc Recep Tayyip Erdogan pour le maintien des migrants hors de l’Union. Le chancelier autrichien envisage aussi un nouveau sommet Europe-Afrique. « Nous serions intéressés de savoir de quoi on y parlerait. Le pire serait une autre réunion qui ne servirait à rien », tranche un diplomate, plus que défiant.
Du côté français, on ne rejette pas le principe des « plateformes » en dehors de l’UE, tout en précisant que les migrants ne pourraient y être enfermés que « quelques jours », le temps que leur dossier soit examiné. Paris insiste sur la nécessité de muscler la politique de retours. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, suggère à cet égard une implication plus grande de l’Agence des gardes-côtes et gardes-frontières. L’ex-Frontex devrait, selon lui, voir ses effectifs portés à 10 000 personnes. Si un accord semble se dégager sur ce point, certaines capitales entendent toutefois discuter des modalités. « Ne partons pas du nombre d’agents, mais des missions à assumer. Et voyons s’il faut moins, ou plus, de 10 000 hommes », commente un sherpa.
L’été a été propice à tellement de conflits qu’une question agite aujourd’hui les chancelleries : Matteo Salvini et Viktor Orban, qui se sont rencontrés récemment pour sceller une union antieuropéenne de fait, veulent-ils réellement un accord sur la migration ? Ou ont-ils décidé de faire une fois pour toutes de ce thème l’outil premier de leur œuvre de démolition et leur meilleur argument de campagne en vue des élections européennes ?

        Sur Les Décodeurs :
         

          Un pays a-t-il le droit de fermer ses ports aux bateaux secourant les migrants ?



L’Etat de droit, pas au programme, mais dans toutes les têtes
Le récent vote du Parlement européen sur l’Etat de droit et la condamnation de M. Orban grâce au ralliement d’une partie de sa famille politique – le PPE – ne sont officiellement pas à l’ordre du jour de la réunion. Pour autant, la réunion du rassemblement des droites européennes, qui se tient à deux pas du sommet, deux heures avant, retiendra presque autant l’attention.
Les médias et les dirigeants de l’UE attendent en effet de voir si le PPE tire les conclusions du vote historique du Parlement européen, le 12 septembre, portant sur les risques de violation de l’Etat de droit en Hongrie, en signifiant à M. Orban qu’il n’est plus le bienvenu dans le parti.
Selon plusieurs sources proches du PPE contactées ces dernières heures, il était cependant peu probable que les dirigeants du parti pan européen en arrivent à cette extrémité dès mercredi. « Les dirigeants du PPE espèrent toujours de M. Orban qu’il s’engage à transiger avec la Commission, notamment à revoir sa loi sur les universités étrangères » entravées dans leur fonctionnement, explique une source officielle au PPE. Jusqu’à présent, M. Orban est resté intransigeant. Mais « certains ont peut-être envie d’aller à la bagarre. Difficile à dire. Une fois qu’on a mis les lions en cage, soit ils font l’amour, soit ils s’entretuent », ajoute cette source.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-11">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ L’ex-république soviétique du Caucase avait attaqué en 2015 l’équipe de l’émission de France 2 pour la diffusion d’un reportage la présentant comme une « dictature, l’une des plus féroces au monde ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

L’Azerbaïdjan qualifié de « dictature » par « Cash investigation » : un Etat ne peut pas poursuivre en diffamation, dit la justice française

L’ex-république soviétique du Caucase avait attaqué en 2015 l’équipe de l’émission de France 2 pour la diffusion d’un reportage la présentant comme une « dictature, l’une des plus féroces au monde ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 17h31
   





                        



   


La justice française a confirmé, mercredi 19 septembre, que l’Azerbaïdjan, qualifié de « dictature » par la journaliste Elise Lucet dans l’émission « Cash Investigation », ne pouvait engager de poursuites en diffamation, à l’instar de tout autre Etat.
Comme en première instance, les poursuites de l’ex-république soviétique du Caucase ont été déclarées irrecevables par la cour d’appel de Versailles.

L’Azerbaïdjan perd en appel  contre #CashInvestigation la liberté d’informer a gagné #laurentrichard— EliseLucet (@Elise Lucet)


require(["twitter/widgets"]);

Impossible de diffamer un Etat
« Un Etat étranger ne (peut) pas être assimilé à un particulier » et la loi relative à la liberté de la presse de 1881 « ne permet pas à un Etat étranger, pas plus qu’à l’Etat français, d’engager une poursuite en diffamation », a rappelé la cour dans un arrêt dont l’AFP a obtenu copie. Seuls les responsables et représentants d’un Etat peuvent demander réparation s’ils estiment que leur réputation ou leur honneur ont été entachés.
La cour a donc estimé que c’était « à bon droit que les premiers juges » du tribunal correctionnel de Nanterre avaient « rejeté les demandes formées par l’Etat d’Azerbaïdjan ».
Selon l’organisation Reporters sans frontières (RSF), c’était la première fois qu’un Etat étranger poursuivait un journaliste sur le sol français.
L’Azerbaïdjan avait porté plainte peu après la diffusion le 7 septembre 2015 d’un reportage sur les coulisses des voyages présidentiels de François Hollande. La présentatrice Elise Lucet avait introduit le sujet en présentant le régime de Bakou comme une « dictature, l’une des plus féroces au monde ».

        Lire aussi :
         

                Monsieur Macron, « Ilham Aliev a les mains souillées du sang de victimes innocentes »



Le ministère public avait requis à l’audience, le 13 juin, un abandon de la procédure ou, à défaut, une relaxe de France Télévisions et de Mme Lucet, ainsi que de l’auteur du reportage, le journaliste Laurent Richard, qui avait qualifié le chef de l’Etat caucasien de « dictateur » et de « despote » dans une émission de radio.
Liberté d’expression
« Pour nous, cette décision aboutit à ce que toute personne puisse tenir des propos diffamatoires voire racistes ou antisémites sans qu’un Etat puisse se défendre », a réagi mercredi Laurence Dauxin, l’une des avocates de l’Etat caucasien. « C’est un déni de justice », a-t-elle estimé, précisant que son client réfléchissait à un pourvoi en cassation ou à lancer une nouvelle procédure, au civil.
A contrario, pour Juliette Félix, avocate de France Télévisions et d’Elise Lucet, l’arrêt de la cour d’appel est « une très bonne décision » qui « garantit la liberté d’expression des journalistes dénonçant les exactions commises par les dictatures et autres Etats autoritaires ». « C’est une très bonne nouvelle pour la démocratie. Les dictatures ne peuvent pas exporter leur censure en France », a renchéri Virginie Marquet, avocate de M. Richard.
L’Azerbaïdjan occupe la 163e place sur 180 dans le classement de la liberté de la presse établi en 2018 par l’ONG Reporters sans frontières.

        Lire aussi :
         

                Leyla Yunus : « Depuis 1993, l’Azerbaïdjan n’a plus connu d’élections libres et démocratiques »




Comment « Le Monde » a enquêté sur la stratégie d’influence de l’Azerbaïdjan
En partenariat avec dix autres rédactions européennes, dont l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), le Berlingske danois, la Süddeutsche Zeitung et le Guardian, Le Monde a disséqué le fonctionnement de la « Lessiveuse » (« Laundromat ») azerbaïdjanaise : 16 000 transactions effectuées par quatre sociétés offshore proches du régime, entre 2012 et 2014.
Parmi les bénéficiaires des 2,5 milliards d’euros distribués, on trouve l’Allemand Eduard Lintner et l’Italien Luca Volontè, deux anciennes figures de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, une institution dont l’objet est la défense des droits humains.
L’Azerbaïdjan, où toute opposition est muselée, a ainsi érigé en priorité de sa diplomatie la lutte contre les critiques de sa politique en matière de droits humains. Le pays cherche aussi des soutiens dans le conflit du Haut-Karabakh, qui l’oppose à son voisin arménien. Autre personnalité ayant reçu des virements de la « Lessiveuse » : Kalin Mitrev, mari de l’actuelle directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova.
Retrouvez tous les articles de notre dossier :
« Diplomatie du caviar » au Conseil de l’Europe : comment l’Azerbaïdjan s’offre l’amitié de responsables politiques européens« Diplomatie du caviar » en France : les échanges de bons procédés entre l’Azerbaïdjan et les élus françaisDroits de l’homme : où en est l’Azerbaïdjan ?Tribune de Khadija Ismaïlova, journaliste d’investigation azerbaidjanaise : « L’Azerbaïdjan rappelle les dernières années du régime du chah iranien »





                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-12">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ L’intensification du conflit et l’envolée des prix risquent d’entraîner une augmentation considérable du nombre d’enfants souffrant de famine, selon l’ONG Save the Children.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Yémen : plus de 5 millions d’enfants menacés de famine

L’intensification du conflit et l’envolée des prix risquent d’entraîner une augmentation considérable du nombre d’enfants souffrant de famine, selon l’ONG Save the Children.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 14h57
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 15h25
   





                        



   


Plus de 5 millions d’enfants sont menacés de famine au Yémen. Dans un rapport rendu public mercredi 19 septembre, l’ONG Save the Children met en garde contre « une famine d’ampleur sans précédent » dans ce pays, alors que le conflit s’aggrave et que les prix de la nourriture et du carburant s’envolent.
Le gouvernement yéménite, soutenu par l’Arabie saoudite, combat les rebelles houthistes, appuyés par l’Iran, dans une guerre qui a déjà entraîné la mort de 2 200 enfants, selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef). Save the Children a estimé qu’un million d’enfants supplémentaires risquaient de souffrir de la famine, portant à 5,2 millions le nombre total d’enfants sous-alimentés dans ce pays pauvre de la péninsule arabique.
La reprise lundi d’une offensive des forces progouvernementales visant le port stratégique de Hodeïda – principal point d’entrée des importations et de l’aide internationale – met en péril l’accès à l’aide humanitaire et a déjà un impact économique sur les civils, notent des experts.
Une « arme de guerre »
« Le temps commence à manquer » pour empêcher « une famine dévastatrice » au Yémen et « nous ne pouvons permettre la moindre perturbation » dans la distribution de l’aide aux « victimes innocentes du conflit », a déclaré mercredi le Programme alimentaire mondial (PAM) dans un communiqué. Dès octobre 2017, le PAM avait averti qu’au-delà des combats et des raids aériens, la nourriture était désormais « une arme de guerre » au Yémen.
Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), le prix des denrées alimentaires a augmenté de 68 % depuis 2015, date à laquelle une coalition sous commandement saoudien est entrée en guerre aux côtés du gouvernement pour combattre les milices houthistes, qui contrôlent de vastes territoires, dont la capitale Sanaa et le port de Hodeïda. Le coût d’un panier alimentaire de produits de base a augmenté de 35 %, tandis que les prix de l’essence, du diesel et du combustible pour la cuisine ont augmenté de plus de 25 % depuis novembre 2017.

        Lire aussi :
         

                Yémen  : nouveaux combats et raids aériens à Hodeïda



L’interruption de l’approvisionnement de la population en denrées alimentaires par le biais du port de Hodeïda, sur la mer Rouge, « mettrait la vie de centaines de milliers d’enfants en danger immédiat, tout en poussant des millions d’autres vers la famine », a déclaré Save the Children. Cette ville, qui subit un blocus quasi total, est sous la menace d’une attaque car l’Arabie saoudite et ses alliés accusent les rebelles d’y faire transiter clandestinement des armes venues d’Iran. Les houthistes et Téhéran nient ces accusations.
Menace de choléra
Les Nations unies ont également averti que tout combat majeur dans cette ville pourrait mettre un terme aux distributions de nourriture à 8 millions de Yéménites qui en dépendent pour leur survie.
Sur vingt enfants de moins de 5 ans, au moins un souffre de malnutrition aiguë sévère à Hodeïda selon l’Unicef, qui estime aussi à plus de 11 millions, soit 80 % des enfants du pays, les petits Yéménites ayant « un besoin désespéré d’assistance humanitaire ».
Depuis mars 2015, quelque 10 000 personnes ont été tuées, en majorité des civils, et plus de 56 000 blessés dans le conflit. Selon l’ONU, trois Yéménites sur quatre ont aujourd’hui besoin d’aide, notamment alimentaire, et le pays est menacé par une troisième vague de choléra.

        Lire aussi :
         

                En Syrie et au Yémen, « le principe sacré de protection de l’enfance n’est plus respecté »







                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-13">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Selon « Le Canard enchaîné », le haut-fonctionnaire Jean-Paul Cluzel a dépensé cette somme en l’espace de cinq ans.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Plus de 400 000 euros de frais de transports pour Jean-Paul Cluzel, l’ex-patron des musées nationaux

Selon « Le Canard enchaîné », le haut-fonctionnaire Jean-Paul Cluzel a dépensé cette somme en l’espace de cinq ans.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 10h17
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 13h56
    |

            Guillaume Fraissard (avec AFP)








                        



   


Dans son édition du mercredi 19 septembre, Le Canard enchaîné, citant un rapport confidentiel de la Cour des comptes en date du 15 mars, épingle la gestion de Jean-Paul Cluzel, l’ancien président de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais entre 2011 et 2016.
L’hebdomadaire chiffre à 410 000 euros sur cinq ans – soit plus de 6 800 euros par mois – les notes de transport de l’ancien président durant son mandat à la tête de l’établissement public. Pour l’année 2014, cette somme a atteint 95 090 euros, soit plus de 7 900 euros mensuels. En 2015, Agnès Saal, la présidente de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), avait été contrainte à la démission après la révélation dans la presse de 40 000 euros de frais de taxis en dix mois, dont une partie à des fins personnelles.
Contacté par l’AFP, mardi 18 septembre, Jean-Paul Cluzel se défend de tout excès. Selon lui, la limousine – « une Peugeot 508 » – et le chauffeur « servaient également pour les membres de la direction, les artistes, collectionneurs et invités, et pour le transport des plis. A cela s’ajoutait un recours ponctuel aux taxis, notamment pour les heures très tardives et pour les invités quand mon chauffeur ne pouvait suffire à lui seul ».
Envolée des coûts de rénovation
Désormais à la tête du conseil d’administration de l’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles (IFCIC), M. Cluzel, qui récuse tout usage « à des fins personnelles » de ce véhicule, avance ses propres chiffres : « 68 000 euros par an pour la Peugeot 508 et le chauffeur, y compris heures supplémentaires, carburant, assurances, entretien, cotisations sociales et taxes. Les taxis, pour le transport d’invités, artistes, grands collectionneurs, mécènes, c’est 3 366 euros par an. »

        Lire aussi le focus :
         

          Frais de taxi au Centre Pompidou : prison avec sursis et 3 000 euros d’amende pour Agnès Saal



Le rapport de la Cour des comptes pointe également l’envolée des coûts de rénovation du Grand Palais : de 236 millions d’euros en 2010 à 466 millions en février 2018, et même à 541 millions aujourd’hui. Un chiffrage fermement contesté par la direction de la RMN-Grand Palais qui, dans un communiqué diffusé mardi, rappelle que « le montant du ­budget de 466 millions d’euros n’a pas évolué depuis que le gou­vernement a validé le projet en ­janvier 2016 » et que « cet ­arbitrage a été confirmé par l’actuel gouvernement en décembre 2017 ». L’établissement précise que le périmètre des travaux ­concerne également le Palais de la découverte et que le chiffre de 541 millions d’euros avancé par Le Canard enchaîné – incluant les intérêts liés à un prêt bancaire de 150 millions d’euros – est « infondé ». « Jamais les intérêts d’emprunt ne sont inclus dans le coût d’un projet », précise ­l’institution.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-14">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Les parcours à la carte voulus par « l’école inclusive » promise par Emmanuel Macron restent difficiles à mettre en œuvre.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’école peine à s’adapter aux enfants handicapés

Les parcours à la carte voulus par « l’école inclusive » promise par Emmanuel Macron restent difficiles à mettre en œuvre.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h52
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 12h17
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            

Depuis la rentrée, Sabrina est inquiète. Son fils de 13 ans, Enzo, se rend seul au collège, faute d’une personne nommée pour l’aider au cours de la journée. « Multidys », il souffre de troubles variés dont la dyspraxie, la dyslexie et la dysorthographie. Normalement, Enzo devrait être accompagné douze heures par semaine au collège par un accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH). Mais, pour pouvoir suivre une filière professionnelle, Enzo a fait sa rentrée en 3e dans un nouvel établissement où son ancienne AESH n’a pas pu le suivre, faute de contrat disponible pour elle.
Le fils de Sabrina fait partie des 340 000 enfants handicapés scolarisés cette année dans « l’école inclusive » portée par le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, et la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel. Au total, 80 000 enfants sont pris en charge dans des instituts spécialisés, où les heures d’enseignement sont variables selon les cas. Le nombre d’enfants handicapés pris en charge par l’école elle-même a augmenté de 6 % par rapport à la rentrée précédente. Ils n’étaient que 100 000 en 2006.
« Il n’y a plus de solutions à l’extérieur de l’école et les familles doivent savoir que, même si c’est difficile, dans l’intérêt de leur enfant et pour son bien-être futur elles doivent s’accrocher », insiste Sophie Cluzel, pour qui le système scolaire a trop longtemps proposé des filières fléchées, par opposition au « parcours personnalisé avec des périodes en classe ordinaire » qui devait devenir la norme à partir de la loi sur le handicap de 2005. En pratique, ces parcours « à la carte » ressemblent souvent à un parcours du combattant pour les parents.

Un métier peu attractif
La clé de voûte du parcours « personnalisé », c’est bien souvent la présence d’un accompagnant, qui permet à l’enfant de rester en classe dite « ordinaire », comme c’est le cas pour Enzo. Ils sont 110 000 en...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-15">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le professeur de philosophie Thomas Schauder, s’appuyant sur des écrits de sa consœur Angélique del Rey, revient sur les annonces du ministre de l’éducation et sur leur compatibilité avec son projet d’« école de la bienveillance ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

« Mettre en place toujours plus d’évaluation à l’école n’est pas une solution »

Le professeur de philosophie Thomas Schauder, s’appuyant sur des écrits de sa consœur Angélique del Rey, revient sur les annonces du ministre de l’éducation et sur leur compatibilité avec son projet d’« école de la bienveillance ».



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 17h03
   





                        



   


Chronique Phil’ d’actu. Avant d’annoncer la suppression de 1 800 postes dans l’éducation nationale, le ministre Jean-Michel Blanquer avait fait sa rentrée sur le thème de l’évaluation : deux nouvelles évaluations en CP, une en CE1, une en sixième, une en seconde, sans compter une nouvelle forme d’évaluation des établissements pour l’année prochaine.
L’objectif affiché par M. Blanquer est d’établir un meilleur diagnostic afin de cibler les besoins réels et d’agir plus efficacement. Les résultats de ces évaluations seront ensuite centralisés par un logiciel, regroupés par l’agence de statistiques du ministère (la DEPP, direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) et portés à la connaissance des parents d’élèves.
Le paradoxe de cette « évaluationnite » est qu’elle apparaît dans le contexte de « l’école de la bienveillance » chère à M. Blanquer. C’est pourquoi il insiste tant dans son discours sur le caractère non sanctionnant de l’évaluation, qu’il faudrait « dépassionner » (BFM TV, 10 septembre) puisque sa seule finalité serait « de mieux connaître pour mieux aider » (RTL, 30 août).

        Lire aussi :
         

                Réforme du bac : un cadeau empoisonné à la philo ?



« L’heure n’est pas à la rupture »
A l’école de la bienveillance, l’évaluation ne sera plus stigmatisante ni angoissante : « Cela deviendra une habitude de recevoir le bilan de son enfant, comme c’en est une de faire la photo de classe » (Le Parisien, 2 septembre). Mais derrière cette nouvelle culture se cachent des intentions moins pédagogiques qu’économiques selon la professeure de philosophie Angélique del Rey, sollicitée pour cette chronique :
« Le ministère manque de données standardisées permettant de comparer la performance (au sens économique) de son système scolaire avec d’autres, la performance de tel ou tel établissement scolaire avec d’autres, voire la performance de tel enseignant par rapport aux autres… L’heure n’est pas à la rupture mais à la continuité dans l’effort pour faire plier un système d’un autre âge à la logique de la performance économique. »
Pour l’auteure de La Tyrannie de l’évaluation (La Découverte, 2013), le ministère de l’éducation nationale ne fait rien d’autre que s’aligner sur le néomanagement public, dont la grande obsession est celle de l’efficacité : faire mieux avec moins. Pour le « moins », les déclarations récentes sont claires : suppression de postes dans le secondaire et incitation à faire des heures supplémentaires. Pour le reste, tout dépend de ce qu’on entend par le terme « mieux » : 
« Interrogez les enseignants sur le terrain : ils vous diront que ce qui marche, ce sont des évaluations adaptées au profil de la classe, à l’évolution pédagogique de l’enseignant, bref, pensées et construites par l’enseignant ou par l’équipe pédagogique. Si c’est vraiment dans l’intérêt de l’élève, pourquoi vouloir imposer des évaluations standardisées ? Et pourquoi, aussi, ne pas faire confiance dans la capacité des enseignants à diagnostiquer les problèmes des élèves ? »
Tout au contraire, le projet du ministre, détaillé dans L’Express (4 septembre), met l’accent sur le « profilage » des élèves, entièrement informatisé. L’objectif est d’obtenir des « indications objectives » sur ce que chaque élève est capable de faire (ses compétences) et ce qu’il doit améliorer.
Faire disparaître la décision politique
Cette véritable obsession de l’objectivité s’est traduite de plusieurs manières ces dernières années dans le système scolaire français : création d’un « conseil scientifique de l’éducation nationale », mise en place d’ENT (environnements numériques de travail) de plus en plus perfectionnés, recours aux classements internationaux (PISA, Pirls)… Que recouvre cette technicisation de l’éducation ? Selon Angélique del Rey :
« L’usage du logiciel est censé permettre une objectivité maximale, car, ainsi, personne n’interprète les réponses des élèves (l’interprétation étant réputée subjective). Le maître peut ainsi classer objectivement ses élèves, le chef d’établissement peut prendre des décisions adaptées au profil de son établissement : chacun est enfin à sa vraie place grâce au pouvoir de la machine et de l’objectivité. »

        Lire la chronique :
         

          Les neurosciences vont-elles faire de l’homme une machine ?



Cette vision de l’éducation rejoint une vision plus globale de la société, dans laquelle il n’y aurait aucune place pour la décision politique, mais seulement pour une application mécanique des mesures qu’impose la nécessité. C’est le fameux « TINA » de Margaret Tatcher : There is no alternative (« il n’y a pas d’autre solution »). Au-delà de l’évaluation, donc, l’enjeu n’est rien de moins que l’avancée du néolibéralisme dans l’école française…
Un rapport ambigu à l’évaluation
Enfin, si l’on observe de près en quoi consistent ces exercices standardisés, conçus par des spécialistes et des experts, voici ce qu’on trouve par exemple (Le Parisien, 30 août 2017) : on demande à des élèves de CP d’entourer la première lettre de chaque mot dans la phrase « Le chat attrape la souris » alors que ces élèves n’ont même pas encore appris à lire… Ce type d’évaluation a été dénoncé par Angélique del Rey dans son livre A l’école des compétences (La Découverte, 2010) :
« Peu importe que l’élève comprenne ou non la phrase, peu importe la situation d’apprentissage, ce qui importe, c’est uniquement la “compétence” dont fait montre l’élève, en dehors de tout contexte, comme on demanderait au fond à une machine de réaliser une de ses fonctions. On s’intéresse ici au “fonctionnement” de l’élève, pas à son existence… »
Tous les enseignants savent que les élèves ont un rapport ambigu à l’évaluation, qu’ils craignent et réclament en même temps. Depuis leur plus jeune âge, on les habitue par là à être en compétition permanente. Mais les parents d’élèves ne sont pas en reste, que ce soit pour avoir des raisons « objectives » d’en vouloir au professeur ou pour comparer leur enfant aux autres (ou leurs enfants entre eux). Enfin, les enseignants eux-mêmes ont du mal à ne pas évaluer, car l’évaluation leur sert à la fois de carotte et de bâton pour « tenir » leurs classes.
Il me semble qu’ajouter toujours plus d’évaluation, comme le souhaite Jean-Michel Blanquer, n’est pas la solution aux problèmes qui se posent aujourd’hui à l’école. S’il veut un diagnostic, il suffit de se pencher vers « le terrain » pour l’obtenir. Le problème, une fois de plus, n’est pas où nous en sommes, mais vers où nous voulons aller : veut-on une école automatisée et productiviste qui vise à classer et à segmenter les élèves et les établissements, même sous couvert de « bienveillance » ? Ou plutôt une école émancipatrice et humaine qui encourage la curiosité et l’intelligence ? Soyez-en sûrs : nous ne pourrons pas avoir les deux « en même temps ».
Thomas Schauder

A propos de l’auteur
Thomas Schauder est professeur de philosophie en classe de terminale à Troyes (Aube). Vous pouvez retrouver l’intégralité de ses chroniques Phil’ d’actu, publiées un mercredi sur deux sur Le Monde.fr/campus, ainsi que ses autres travaux, sur son site Internet.
En voici quelques-unes :





Les ouvrages d’Angélique del Rey :
- La Tyrannie de l’évaluation, La Découverte, 2013
- A l’école des compétences, La Découverte, 2010
- La Chasse aux enfants (avec M. Benasayag et des membres de RESF), La Découverte, 2008



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-16">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 17/09/2018
Découvrir l’application


                        

« Dix pour cent », « Insatiable » et une apocalypse : trois envies de séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 16h09
   





                        


Au menu cette semaine, la vengeance d’une ronde et les récits gore et effrayants d’American Horror Story. Sans oublier le Festival de la fiction TV de La Rochelle, qui a accordé son prix de la meilleure série à Dix pour cent, dont la troisième saison accueillera Monica Bellucci et Jean Dujardin.
« Dix pour cent », prix de la meilleure série à La Rochelle
Le Festival de la fiction TV de La Rochelle, qui fêtait cette année sa vingtième édition, a mis en compétition quarante-deux films, dont vingt-cinq œuvres françaises inédites, dix séries et films européens, et sept séries francophones étrangères.
Le prix de la meilleure mini-série a été décerné à une fiction qu’Arte doit diffuser début 2019, Jeux d’influence, créée par Jean-Xavier de Lestrade et Antoine Lacomblez.
Jeux d’influence met en scène un agriculteur intoxiqué après avoir désherbé un champ, son ami qui, député de la région, entend faire interdire le pesticide qu’il a utilisé, et enfin un lobbyiste prêt à tout pour défendre la puissante multinationale de l’industrie agrochimique qui fabrique le produit incriminé. A la pression liée aux enjeux financiers, écologiques et industriels, s’ajoutent des manipulations politiques que doublent les ambitions tant professionnelles que personnelles de nombre de personnages.

Pour sa part, le prix de la meilleure série est revenu à Dix pour cent saison 3, que France 2 devrait proposer prochainement. A découvrir ou à revoir, les deux premières saisons sont disponibles sur Netflix sous le titre Call My Agent. 
Les deux premiers épisodes de cette nouvelle saison écrite par Fanny Herrero et Benjamin Dupas voient Jean Dujardin quasi incapable de sortir de son dernier rôle, dans lequel il interprétait un survivant, ainsi que Monica Bellucci en grande peine face un célibat qui n’en finit pas… puisqu’il dure depuis au moins deux semaines. Les agents de stars auxquels ils s’adressent, personnages récurrents de Dix pour cent, vont voir leurs liens d’amitié soumis à si rude épreuve qu’ils s’apercevront, mieux qu’auparavant, à quel point ils ont besoin des uns des autres. Martine Delahaye
« American Horror Story : Apocalypse », délectables horreurs

L’époque anticipée par la huitième saison d’American Horror Story n’est pas lointaine, puisqu’un certain Donald est évoqué. Mais quand elle advient, tout a changé : les bombes atomiques rasent les pays développés. Seuls vont survivre ceux dont le profil génétique a été sélectionné ou qui peuvent payer leur séjour en abri antiatomique facturé 100 millions de dollars. Parmi eux, une starlette d’Instagram (Billie Lourd), son coiffeur décoloré (Evan Peters), la grand-mère de ce dernier (Joan Collins, qui fait une arrivée remarquée dans la série) et quelques autres privilégiés réfugiés dans un bunker décoré dans un style gothique art déco. Ce sont les « mauves » ; les autres sont les « gris », asservis aux basses tâches.
Deux femmes font la loi : Wilhemina Venable (Sarah Paulson) et Miriam Mead (Kathy Bates). Elles ont des mines à ne pas s’en laisser conter et à sévir par une gifle ou un coup de revolver (ce que font respectivement la première et la seconde). Une instance supérieure les commande, dont le représentant, un jeune Dracula séduisant (Cody Fern), se présente à la fin du premier épisode – le seul que nous ayons visionné. Mais c’est assez pour reconnaître les codes habituels de la série anthologique de Ryan Murphy et Brad Falchuk, faits d’érotisme, de sophistication et d’horreur des plus délectables… Renaud Machart
« American Horror Story : Apocalypse », saison 8 de la série créée par Ryan Murphy et Brad Falchuk (13 × 52 minutes). Sur Canal+ Séries.
« Insatiable », une insolence salutaire

A force d’avoir hurlé urbi et orbi à la grossophobie, à la biphobie – entre autres outrages supposés –, des groupes de pression agissant sur les réseaux sociaux pour faire interdire Insatiable ont fini par attirer tellement de spectateurs, alléchés par l’odeur de scandale, que la série vient d’être renouvelée pour une deuxième saison par Netflix. Insatiable raconte comment une jeune fille en surpoids, amaigrie par une alimentation liquide que lui a imposée sa mâchoire cassée pendant de longues semaines, se venge de la cruauté de ses camarades et comment elle tente par tous les moyens de parvenir à gagner un concours de beauté.
C’est surjoué, les situations sont caricaturales, et les ficelles assez… grosses : Insatiable n’a rien d’une série à laquelle on se serait normalement intéressé. Mais l’époque en est venue à un telle raideur morale qu’on finirait par se réjouir de ces insolences et vannes, pas toujours très fines, mais qui créent comme une sensation de salutaire air frais. Pourvu que la saison 2 ne rentre pas dans le rang en redevenant « correcte »… R. Ma.
« Insatiable », saison 1, série créée par Lauren Gussis. Avec Debby Ryan, Alyssa Milano, Sarah Colonna, Irene Choi, Dallas Roberts, Christopher Gorham (Etats-Unis, 2018, 12 × 40-53 min). Netflix à la demande.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-17">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ La réalisatrice, survivante de la Shoah, avait signé son premier film de fiction – sur Auschwitz – à l’âge de 75 ans.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Au cinéma, la longue quête de vérité de Marceline Loridan-Ivens

La réalisatrice, survivante de la Shoah, avait signé son premier film de fiction – sur Auschwitz – à l’âge de 75 ans.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 11h21
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

La vie ou, pour mieux dire, la survie de Marceline Loridan à l’enfer d’Auschwitz croise le cinéma à partir de l’après-guerre. En trois temps. Le premier est celui de la rencontre, alors qu’elle fréquente le terreau fertile de la Cinémathèque française d’Henri Langlois, avec Edgar Morin. Le sociologue l’entraîne dans l’aventure de Chronique d’un été, qu’il coréalise en 1961 avec l’ethnologue et cinéaste Jean Rouch, parrain de la Nouvelle Vague. Ce film historique, qui capture un état des lieux de la France d’alors, est une sorte de prélèvement sur le vif de quelques « échantillons » représentatifs de la société de l’époque, expérience menée à partir d’une question délibérément minimaliste : « Comment te débrouilles-tu avec la vie ? »
C’est une des premières traces cinématographiques d’un témoignage portant sur la Shoah, concept à cette époque inexistant
C’est une quête, pour reprendre le mot des auteurs, de « cinéma vérité », rendue possible par l’allégement technique du matériel cinématographique (caméra 16 millimètres, son synchrone) et qui, de fait, passe à la postérité comme les débuts en France du cinéma direct, qui émerge à la même époque aux Etats-Unis et au Canada. L’autre intensité du film, qui passera plus inaperçue et qui n’en constitue pas moins sa brûlure, c’est justement le témoignage bouleversant, le monologue entêtant, la douleur irradiante, vibrante dans ce corps menu et dans la sombre litanie qui s’en échappe, de Marceline Loridan, filmée à la volée dans la beauté pacifiée de la place de la Concorde. C’est une des premières traces cinématographiques d’un témoignage portant sur la Shoah, concept à cette époque inexistant, alors que la mémoire concentrationnaire est dominée par les déportés résistants.
Rage de vivre
Le deuxième chapitre s’ouvre par son mariage avec le réalisateur néerlandais Joris Ivens, coup de foudre réciproque entre la survivante échaudée, provocatrice tous azimuts, et l’une des très...




                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-18">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Actuellement, il faut être abonné à RMC Sport pour suivre les compétitions européennes et à Canal+ et BeIN Sports pour suivre la Ligue 1 et les championnats européens.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Football à la télévision : SFR va lancer une offre à 40 euros avec Canal+, BeIN Sports et RMC Sport

Actuellement, il faut être abonné à RMC Sport pour suivre les compétitions européennes et à Canal+ et BeIN Sports pour suivre la Ligue 1 et les championnats européens.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 14h59
   





                        


Nouveau détenteur des droits de la Ligue des champions – et après une première soirée marquée par de nombreuses difficultés techniques –, l’opérateur SFR va proposer la semaine prochaine un bouquet comportant Canal+, BeINSports et RMC Sport pour moins de 40 euros, a annoncé son PDG, Alain Weill, mercredi 19 septembre sur RTL.
A l’heure actuelle, il faut être abonné à RMC Sport (de 9 à 19 euros par mois) pour suivre les compétitions européennes, à Canal+ ainsi qu’à BeIN Sports (34,90 euros mensuels pendant deux ans, puis 49,90 euros par mois) pour regarder le championnat de France et les principaux championnats européens. Au total, il faut donc souvent débourser plus de 50 euros pour pouvoir tout suivre.
L’opérateur (filiale du groupe Altice), qui a racheté pour 370 millions d’euros par saison les droits des compétitions européennes de football jusqu’en 2021, propose cette offre après une soirée difficile mardi pour les premiers matchs de la phase de poules de la Ligue des champions. Face à l’afflux de connexions, les serveurs de l’opérateur n’ont pas tenu et de nombreux abonnés à l’offre numérique n’ont pas pu voir de match.
« On fait le maximum, on a des équipes qui sont depuis hier soir sur le sujet pour améliorer la capacité. On a été dépassés par notre succès, on est bien au-delà de nos objectifs », a déclaré M. Weill, estimant que 10 % des abonnés numériques ont eu des difficultés.

        Lire aussi :
         

                Pépins techniques sur RMC Sport : « Nous avons été dépassés par le succès »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-19">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Le magazine people a été condamné à 45 000 euros d’amende et 100 000 euros de dommages et intérêts pour des clichés publiés en septembre 2012.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

« Closer » condamné en appel pour avoir publié des photos de Kate Middleton dénudée

Le magazine people a été condamné à 45 000 euros d’amende et 100 000 euros de dommages et intérêts pour des clichés publiés en septembre 2012.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 15h48
   





                        


L’affaire avait fait grand bruit, en France et surtout outre-Manche, quand Closer avait publié, en septembre 2012, des photos volées du prince William et de sa femme, Kate Middleton, la poitrine dénudée. La cour d’appel de Versailles a confirmé, mercredi 19 septembre, la condamnation des deux dirigeants du magazine people à une même amende de 45 000 euros, la sanction maximale.
Dans son arrêt, la cour a confirmé en tout point le jugement rendu en première instance en septembre 2017, qui avait condamné la directrice de rédaction, Laurence Pieau, et le directeur de publication, Ernesto Mauri, pour « complicité ou divulgation d’un document obtenu par une atteinte à l’intimité de la vie privée ». La cour a aussi suivi le tribunal correctionnel de Nanterre, en validant les 100 000 euros de dommages et intérêts alloués à Kate Middleton et à son mari.
Le no 379 de l’hebdomadaire people, daté du 14 septembre 2012, contenait des clichés estivaux de la duchesse et du duc de Cambridge au bord de la piscine d’un luxueux domaine du sud de la France. Cette publication avait fait scandale au Royaume-Uni et provoqué le courroux de la famille royale britannique, qui avait saisi la justice française et obtenu l’interdiction de toute nouvelle diffusion des images, que même les tabloïds anglais s’étaient refusés à publier.
Deux photographes, soupçonnés d’être les auteurs des clichés, ont aussi vu leur condamnation confirmée mercredi à 10 000 euros dont 5 000 avec sursis. Ces deux paparazzis de l’agence parisienne Bestimage, Cyril Moreau et Dominique Jacovides, ont toujours nié avoir pris les photos incriminées.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/09/19/19-20">
<filnamedate="20180919"><AAMM="201809"><AAMMJJ="20180919"><AAMMJJHH="2018091919">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Après trois jours de navigation, le navire humanitaire de Méditerranée et Médecins sans frontières se rapproche des côtes libyennes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

Sur l’« Aquarius » : « Il faut distinguer des épaules qui bougent et des petites têtes au loin »

Après trois jours de navigation, le navire humanitaire de Méditerranée et Médecins sans frontières se rapproche des côtes libyennes.



LE MONDE
 |    19.09.2018 à 12h11
 • Mis à jour le
19.09.2018 à 15h35
    |

            Julia Pascual (envoyée spéciale)








                        



   


Il est 6 h 20 et le ciel commence à s’éclairer, dévoilant progressivement une mer que fend silencieusement l’Aquarius. Mercredi 19 septembre à l’aube, le navire humanitaire des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) se rapprochait lentement des côtes libyennes, après trois jours de navigation. La veille, alors que l’Aquarius longeait la Tunisie, l’équipe de SOS Méditerranée a commencé les tours de veille sur la passerelle du navire.
Antoine Clément est le premier à procéder chaque matin. Le sauveteur français de 29 ans attrape une paire de jumelles et scrute l’horizon. Ses boucles blondes s’agitent, soulevées par le vent, tandis que le ciel se pare à l’ouest de bleu et de rose pâles à mesure que le soleil se lève.

   


On peut voir jusqu’à sept ou huit milles nautiques au loin par temps clair. Il n’y avait mercredi matin que des vaguelettes à détailler et quelques bateaux lointains. Pas de rubber boat en détresse, ces embarcations de fortune dans lesquelles les migrants dérivent au péril de leur vie. La mer n’est pas propice aux départs, la faute à un vent venu de l’intérieur des terres, qui produit une mauvaise houle.
« Radeaux » et « bananes »
« Il faut que ton œil arrive à distinguer des épaules qui bougent et des petites têtes au loin, explique Jérémie Demange, sauveteur pour SOS Méditerranée depuis cinq mois, qui s’apprête à relayer Antoine Clément sur le pont. Parfois, on a repéré des carcasses de vaches ou des bouées dans les zones de pêche. » La mer est aussi truffée de plastiques flottants, que les marins surnomment les « perchoirs à mouettes », car les oiseaux aiment s’y agripper.

   


Depuis que l’Aquarius a quitté le port de Marseille, l’équipe de SOS s’est plusieurs fois exercée à des opérations de sauvetage en mer. Antoine Clément sait qu’il devra rester sur le pont, et notamment préparer les gilets de sauvetage, les « radeaux » et les « bananes », tous les flotteurs qui permettront à des gens tombés à l’eau de se maintenir à la surface. Il aidera aussi les rescapés à monter à bord de l’Aquarius.
Ce jeune Breton, qui n’a jamais fait aucun sauvetage en mer, est « partagé entre détermination et appréhension ». Officier de marine marchande, il a surtout travaillé sur des câbliers, « des gros bateaux de 270 mètres qui installent et réparent les câbles sous-marins de télécommunication ». Touché par l’agitation médiatique autour des questions migratoires ces dernières années, Antoine Clément a été marqué par l’homélie du pape sur l’île italienne de Lampedusa en 2013 et les récits de sa sœur juriste qui travaille auprès de mineurs isolés.

   


Les vieux loups de mer, rompus à la solitude des quarts et au confinement des cabines, se retrouvent à cohabiter avec des humanitaires
Début 2018, il se met en congés de son employeur et monte une association avec un ami universitaire, The Humanisea Challenge. A bord d’un voilier, ils se lancent dans un tour de la Méditerranée au cours duquel ils rencontrent des chercheurs qui travaillent sur les migrations. Une avarie suspend momentanément leur périple et Antoine Clément se retrouve alors disponible pour rejoindre l’Aquarius, dont il suivait les aventures. Un bateau « pas du tout habituel », à bord duquel les vieux loups de mer, rompus à la solitude des quarts et au confinement des cabines, se retrouvent à cohabiter avec des humanitaires.

        Lire :
         

          A bord de l’« Aquarius », des sauvetages bouleversés par la crise migratoire européenne



« Besoin d’aller voir ce qu’il se passait »
Kiri Santer n’a rien d’un marin. Mais elle a pris place aux côtés du capitaine, un grand Russe moustachu et taiseux, sur la passerelle du bateau, dont la patine de la console rappelle que l’Aquarius a été construit en 1977. « C’est un espace sensible, de concentration et de prise de décision », explique cette jeune Suisse de 27 ans. Kiri Santer est chargée de recherche et de documentation au sein de l’équipe de SOS Méditerranée.

   


Entourée d’un logiciel cartographique, de radios et autres équipements satellitaires, elle renseigne « tout ce qu’il se passe dans et autour du bateau » et alimente un registre de bord accessible en ligne, le logbook (« livre de bord »). Son poste a été créé cet été, dans un effort de transparence, au moment où le bien-fondé des opérations humanitaires en Méditerranée était remis en cause.
Comme Antoine Clément, l’engagement de Kiri Santer s’est construit en pleine crise migratoire. Doctorante en anthropologie politique, elle a notamment participé à l’association Alarm Phone, une permanence téléphonique pour les personnes en situation de détresse en Méditerranée. A cette occasion, elle a observé la façon dont la coordination des secours en mer a été transférée des autorités maritimes italiennes à la Libye.
Avant d’embarquer sur l’Aquarius, elle s’est interrogée sur sa démarche :
« Je me suis demandé pourquoi je pouvais ressentir un tel enthousiasme à participer à cette mission, pourquoi j’avais besoin d’aller voir ce qu’il se passait. Je trouve important d’être ici pour témoigner du fait que l’Europe est en train d’externaliser la gestion de ses frontières alors qu’elle a la responsabilité d’accueillir les gens qui fuient l’horreur en Libye. »

        Lire :
         

          L’« Aquarius » a quitté Marseille, les soutes pleines « pour pouvoir faire face à l’imprévu »




        Lire les témoignages :
         

          « Plus tard, cette crise sera dans les livres d’histoire et on en aura honte »






                            


                        

                        

