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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Ces séries japonaises très populaires seront notamment diffusées sur TFX, sur le canal 11 de la TNT.
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« Captain Tsubasa », « One Piece », « My Hero Academia » : TF1 parie à nouveau sur les animes japonais

Ces séries japonaises très populaires seront notamment diffusées sur TFX, sur le canal 11 de la TNT.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 18h11
   





                        


Le groupe de télévision TF1 et le distributeur d’animation Viz Media Europe ont annoncé lundi 17 septembre avoir passé un accord de diffusion pour deux franchises japonaises à succès sur les chaînes du groupe. D’abord l’adaptation de My Hero Academia, un manga qui raconte les aventures d’apprentis super-héros et qui fait partie des meilleures ventes de BD de l’Hexagone, devrait être proposée aux téléspectateur de TFX, sur le canal 11 de la TNT aux alentours de novembre. Et dans le sillage de la victoire des Bleus au Mondial de football, le nouveau dessin animé de ballon rond Captain Tsubasa, plus connu en VF comme Olive et Tom, sera diffusé vers mars à la fois sur TFX et dans la case jeunesse de TF1, Tfou.

Avec un distributeur concurrent, Toei Animation, le groupe détenu par Bouygues est aussi convenu de retransmettre One Piece, une saga mastodonte dont la BD s’est écoulée à plus de 300 000 millions d’exemplaires dans le monde. C’est ce qu’a annoncé le groupe d’audiovisuel dans sa conférence de rentrée, au début de septembre.
S’ouvrir à un plus large public
Ces séries sont déjà disponibles pour le public français sur la plate-forme de streaming d’animes japonais ADN depuis plusieurs mois et en diffusion quasi simultanée avec le Japon. Elles ont aussi occupé les grilles de chaînes câblées comme Toonami, Mangas, J-One ou Game One.
Mais en accédant à la télévision généraliste française, elles se donnent la possibilité de toucher un public plus large que celui des amateurs d’animation, mais aussi des télespectateurs plus jeunes qui ne regardent pas de programmes en VO sous-titrée. Et accroître d’autant plus leur notoriété, déjà fameuse.
« On constate aujourd’hui un véritable essor de l’anime japonais. Il ne s’agit plus d’une niche, il concerne aussi tous les âges. Avec Captain Tsubasa, on sort des frontières du lectorat traditionnel de manga », explique Aâdil Tayouga, responsable licence à Viz Media Europe. Une occasion, là aussi, pour renforcer la clientèle des mangas et produits dérivés, véritable enjeu pour les licences au Japon.

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Entretenir l’appétit pour la culture manga
Bien loin de l’ère du « Club Dorothée », un âge d’or de l’animation japonaise en France dans les années 1990 avec des dizaines de séries programmées pour suppléer un manque de production européenne à destination des plus jeunes, TF1 semble quelque peu renouer avec la création nippone. Depuis la rentrée 2017, elle diffuse par exemple chaque week-end, le blockbuster Dragon Ball Super. De même le groupe tente de redonner à TFX (anciennement NT1) une place centrale pour ce type de programmes. A partir de 2006 et pendant trois saison, cette même chaîne proposait une émission dédiée aux animes  : « Le Grand Kiff ».

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Bien que diffuseur historique de séries culte des années 1990, comme Dragon Ball, Les Chevaliers du Zodiaque ou Olive et Tom, puis dix ans plus tard de Pokémon, TF1 n’est pas la seule chaîne à avoir entretenu l’appétit des Français pour la culture manga, plutôt parfois mal perçue dans l’opinion publique à cette époque mais lucrative.
A l’aune des années 2000, Canal + s’est placée sur les animes à destination des adultes comme le western de l’espace Cowboy bebop ou Evangelion. Du côté des chaînes gratuites, Virgin 17, désormais CStar, a longtemps comblé le vide sur la TNT en proposant dans la même décennie les séries One Piece, Fairy Tail ou encore Full Metal Alchemist. Plus récemment, France 4 a proposé plusieurs séries, dont L’Attaque des titans, et la chaîne pour enfant Gulli s’est offert en 2016 Yokai Watch, une franchise très populaire dans les cours de récréation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ La holding de la famille Pinault, Artemis, premier actionnaire du groupe de luxe Kering, a acquis la totalité du capital de la marque française de mode née en 1961.
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La famille Pinault monte à 100 % du capital de Courrèges

La holding de la famille Pinault, Artemis, premier actionnaire du groupe de luxe Kering, a acquis la totalité du capital de la marque française de mode née en 1961.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 17h03
    |

                            Juliette Garnier








                        


Courrèges change à nouveau de mains. Jacques Bungert et Frédéric Torloting, les deux entrepreneurs qui, depuis 2011, contrôlaient la marque de mode créée par André Courrèges en 1961 ont cédé leur participation à Artémis, holding de la famille Pinault. Cette dernière en était actionnaire minoritaire, à hauteur de 30 % depuis 2015.
Début 2018, Jacques Bungert et Frédéric Torloting, ancien de l’agence Young & Rubicam, avaient désigné Christina Ahlers, une ancienne cadre de la marque suédoise Acné, au poste de directrice générale pour relancer la marque. Et une nouvelle directrice artistique, Yolanda Zobel, ancienne de chez Jil Sander, avait été nommée dans la foulée. Cette dernière doit présenter son premier défilé le 28 septembre, à Paris, lors de la Fashion Week.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ D’une sculpture de fantôme japonais à un emballement médiatique, comment une farce en ligne sur l’application de messagerie instantanée est devenue un phénomène mondial.
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« Momo Challenge » sur WhatsApp : itinéraire d’une psychose collective

D’une sculpture de fantôme japonais à un emballement médiatique, comment une farce en ligne sur l’application de messagerie instantanée est devenue un phénomène mondial.





LE MONDE
 |    18.09.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 18h50
    |

            William Audureau





« Sordide », « macabre », « dangereux »… Depuis son apparition au cœur de l’été et la mort d’une jeune Argentine de 12 ans, le « Momo Challenge », supposément en vogue parmi les adolescents inquiète, les parents en premier lieu. En France, le député LRM Gabriel Attal a demandé au ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, des mesures pour endiguer le phénomène.
Le principe du « Momo Challenge » ? Contacter, via la messagerie instantanée privée WhatsApp, le numéro d’un individu surnommé « Momo » affichant un visage effrayant de femme-poule, qui propose de relever des défis jusqu’au plus extrême, le suicide.
Des messages – et des articles de presse – alarmistes se sont multipliés ces dernières semaines pour alerter sur les dangers du « Momo Challenge ». Au Canada, le ministère de la santé et des services sociaux a mis en garde les écoles. En Inde, où la psychose est forte, les médias évoquent même des internautes menacés de mort s’ils n’acceptaient pas de jouer au « Momo Challenge ». Le Pakistan est allé jusqu’à annoncer l’interdiction de ce dernier, sans préciser comment il comptait s’y prendre.

   


Problème : aucun témoignage fiable ne prouve qu’un tel challenge a été réellement « joué » par des adolescents. Qu’en est-il réellement ?
Aux origines de la légende urbaine

   


Tout part, deux mois plus tôt, d’une photo postée sur le forum r/creepy de Reddit, le 10 juillet, par l’internaute AlmightySosa00. Montrant une femme nue à la grimace inhumaine, elle récolte 5 000 « like », 1 000 réponses, et fascine.
Un utilisateur de Reddit identifie l’image : il s’agit d’une photographie de sculpture prise en 2016 dans une galerie d’art de Tokyo. Les yokai, les spectres du folklore japonais, sont le thème de l’exposition, et l’œuvre est signée Link Factory, une entreprise d’effets spéciaux pour films d’horreur.
La sculpture est baptisée Ubume, du nom d’une figure traditionnelle nippone correspondant au fantôme d’une mère morte en couches. Elle doit son allure à un jeu sur les trois idéogrammes de son nom, 姑獲鳥 – littéralement « mère », « capture » et « oiseau ».
Le « numéro maudit » de WhatsApp
Les premières mentions publiques d’un numéro WhatsApp datent aussi du 10 juillet. Sur YouTube, un utilisateur argentin appelé El Deadpool met en ligne une tentative de conversation, datée de la veille, dans une vidéo intitulée en espagnol « J’envoie des messages à Momo “le numéro maudit de WhatsApp” ».

Le numéro de téléphone utilisé est alors mexicain. Il ne répond pas, mais il s’agit de la toute première association entre la figure de la femme-poule et l’application de messagerie. Joint par Le Monde, El Deadpool raconte avoir été mis au parfum via un clan WhatsApp. « J’ai trouvé ce numéro mexicain par un groupe de “SDLG”, où il apparaissait déjà, personne ne lui avait prêté attention ». Il refusera d’en dire plus.

   


La SDLG ? Cette abréviation de siguedores de la grasa (littéralement « fans de la graisse ») désigne une communauté sud-américaine réunissant plusieurs dizaines de milliers d’internautes sur des groupes Facebook et WhatsApp privés. Son créateur est un Paraguayen connu sous les pseudonymes d’El Gordi, ou MrGraso.
Les membres de la Grasa, comme se surnomme cette communauté, sont reconnaissables à leur usage d’un smiley spécifique (:v) et d’un lexique propre. Pour définir les contenus et blagues virales, ils ne parlent pas de « mème », mais de « momo ». Edgar Rodriguez, auteur du blog hispanophone Vision linguistica, définit un momo comme « un type de mème » fait « d’humour noir, en général faits d’extraits de scènes de film, de caricatures, de youtubeurs ou de tout succès controversé ».

   


Proche dans l’esprit de forums comme 4chan ou le 18-25 de Jeuxvideo.com, la « Grasa » voue un culte au vandalisme de pages Facebook et aux montages absurdes. Le quotidien mexicain Milenio évoque des « sectes » spécialisées dans le « terrorisme social ». Facebook leur fait quotidiennement la chasse.
En juillet, commence à circuler dans cette sphère grasiosa, une image mettant au défi le lecteur d’appeler un numéro mexicain – celui utilisé par El Deadpool dans sa vidéo. « Quand tu écris à ce numéro, ta vie n’est plus jamais la même. Prends garde à toi, Spartacus », y lit-on. 
La nouvelle Momo de Dross, youtubeur horreur
Le 11 juillet, le youtubeur vénézuélien DrossRotzank, de son vrai nom Ángel David Revilla, consacre à ce « Momo » encore confidentiel une vidéo de huit minutes, qui le transforme en star du Web. Cet ancien journaliste, reconverti en auteur de science-fiction et vidéaste du surnaturel, jouit d’une communauté de 14 millions d’abonnés en Amérique du Sud.

Les initiés le savent : DrossRotzank vient de la Grasa, à qui il adresse plusieurs clins d’œil dans cette interprétation du « Momo », comme le smiley « :v ». Mais DrossRotzank attribue alors à « Momo » un nouveau numéro, japonais cette fois, qu’il prétend avoir trouvé sur Facebook.
Dans sa vidéo, la sculpture devient une interlocutrice effrayante et dangereuse. Captures d’écran floutées à l’appui, il évoque un personnage omniscient, qui envoie par WhatsApp des photos de meurtre introuvables sur Google, et dont il pourrait être l’auteur.
Certains internautes s’interrogent. Rien n’est plus simple que de filmer une fausse conversation, avec l’aide d’un complice. On sait par ailleurs DrossRoztank capable d’écrire en japonais. Et passé cette vidéo, le numéro japonais affiché n’a plus jamais été actif. Ce « Momo » nippon et sanguinaire est-il une invention de son cru ?
Le phénomène YouTube de l’été
Plus de 11 millions de vues plus tard, l’Ubume tueuse est toutefois devenue célèbre. Sa notoriété atteint un nouveau seuil quand Brian Sobrevilla, superstar mexicaine de YouTube, publie sa propre vidéo, humoristique cette fois, sur « le numéro maudit de WhatsApp ». Elle atteint les 16 millions de vues.
La figure de Momo commence alors à s’inscrire dans un registre classique d’Internet, celui du creepypasta : une légende urbaine teintée de mystère et d’effroi. YouTube est déjà rempli de soi-disant chasseurs de fantômes, qui, à l’aide de trucages, jouent sur l’appétence pour le surnaturel.
Les vidéos sur la femme-poule deviennent alors une nouvelle figure du genre. La recette est quasi immuable : le vidéaste annonce qu’il va contacter l’inquiétant personnage. Après des échanges quelconques, des phénomènes étranges se produisent : l’Ubume se montre agressive, profère des insultes, révèle des données personnelles. Parfois, la lumière s’éteint, les fenêtres claquent, des bruits se font entendre…
A la manière d’un Projet Blair Witch de 2018, ces mini-films d’effroi ne coûtent rien à produire, surfent sur un phénomène viral, et génèrent des millions de vues. La mode touche les Etats-Unis dans la foulée, puis la France en août.

Epidémie de Momos
C’est ainsi qu’apparaissent des numéros d’autres prétendues Ubume, américaine, biélorusse, ou encore française. « Je pense qu’il y avait bien un trentaine de numéros au moment du pic de buzz », explique Mysterator, fondateur du site Hellystar.com, qui suit les phénomènes creepypasta en France. « Cependant, c’étaient souvent des fakes, les numéros étaient vite surchargés par les appels et les messages WhatsApp. » Lui-même est entré en contact avec une dizaine de numéros. Sur les dix, moins de cinq lui ont répondu en jouant le jeu de la « Momo menaçante », celle popularisée par Dross.
Une figure fictive que chacun se réapproprie
Contrairement à ce que laisse aujourd’hui penser son surnom de « Momo Challenge », il ne s’agissait pourtant pas d’un jeu codifié. Juste une figure fictive que chacun se réapproprie pour tenter d’effrayer son audience. Pourtant, c’est bien un « défi » qu’évoque l’unité d’enquête sur les délits informatiques (UIDI) de l’Etat de Tabasco au Mexique dans son appel à la vigilance à l’égard des jeunes, le 13 juillet. Le service de cybersécurité évoque des risques d’extorsion de fonds, de vol de données personnelles, de harcèlement, mais aussi d’incitation à la violence, à l’automutilation, voire au suicide. En toile de fond, le spectre du Blue Whale Challenge, une série de défis lancée en Russie et associée en 2017 à une vague d’une centaine de suicides.

#UIDI #FGETabasco #Cibernetica #Tabasco #Villahermosa #PolicíaCibernéticaTabasco #SegurosAlNavegar… https://t.co/rYhVxaLGR4— UIDIFGETabasco (@UIDI FGE Tabasco)


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L’UIDI n’a pourtant connaissance d’aucun cas lié à « Momo » et communique par pure précaution, reconnaît-elle sur Twitter. Mais son intervention produit l’effet inverse : pour les médias, le « Momo Challenge » – et ses risques – sont nés. Le malentendu s’enracine à la suite d’un fait divers tragique. Le 25 juillet, El Diario Popular, un journal argentin, relate qu’une préadolescente de 12 ans s’est suicidée après s’être filmée en direct, alors qu’elle jouait au « jeu Momo ». L’autopsie révélera quelques jours plus tard que la jeune fille avait été victime d’une agression sexuelle, amenant les enquêteurs à changer de piste.
Numéros inactifs et passés de mode
La psychose autour du « Momo challenge » est d’autant plus ironique que… « Momo » est passé de mode. L’évolution des mentions du « Momo Challenge » sur Jeuxvideo.com, Reddit, Twitter ou Google, dessine un phénomène qui a connu son pic au début du mois d’août et n’a fait que décroître depuis.

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Et si quelques badauds manifestent toujours de la curiosité, celle-ci est vaine : les Momos ne répondent plus. A la mi-septembre, Le Monde a contacté une dizaine de numéros de prétendus « Momo » : la moitié sont invalides, l’autre n’est plus active depuis mi-août. Le site 20 Minutes, qui s’y était essayé quelques semaines plus tôt, n’a pas eu plus de chance.
Depuis, plusieurs médias tentent de démythifier le « Momo challenge ». En Inde, le site anglophone de hoaxbusting Boomlive rapporte que des cinq décès attribués au pseudo-défi, aucun n’était lié à un jeu WhatsApp. De son côté, le Washington Post souligne que de manière générale, aucun lien avec des suicides n’est avéré, et en Suisse, la RTS conclut que l’existence même du « Momo Challenge » ne repose sur aucun témoignage fiable. Pourtant, celui-ci continue de faire peur. Sur ce point au moins, la Grasa a réussi son effet.




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Un documentaire détaille le quotidien de la ville libyenne sous l’emprise d’un émir de guerre appartenant à l’organisation Etat islamique (EI).
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« Daech, dans le cerveau du monstre » : chronique glaçante à Syrte

Un documentaire détaille le quotidien de la ville libyenne sous l’emprise d’un émir de guerre appartenant à l’organisation Etat islamique (EI).



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 16h00
    |

            Mustapha Kessous








                        


France 5, mardi 18 septembre à 20 h 55, documentaire

   


Il bafouille. Ce jeune homme n’arrive pas à réciter son texte d’une traite sans se tromper et ses hésitations le font bien rire. Pourtant, le message qu’il enregistre face caméra, dans un français approximatif, n’a rien de drôle. Pistolet à la main, il menace d’envoyer des « voitures d’explosifs » si la France ne se tourne pas vers « Allah ». Cette vidéo n’était pas destinée à la propagande de l’organisation Etat islamique (EI) mais plutôt à sa communication interne. Des séquences inédites comme celle-ci, le journaliste Kamal Redouani en possède des heures et des heures, qui lui ont été remises par une de ses nombreuses sources (on n’en saura pas plus).
Fin 2016, lorsque la ville libyenne de Syrte a été libérée de l’emprise de l’EI, un combattant des brigades de Misrata a découvert, dans les décombres, un ordinateur. Il a choisi de le confier au journaliste. Cet ordinateur n’appartenait pas à n’importe qui : il était la propriété d’Abou Abdallah Al-Masri, l’un des émirs de l’EI qui régentait Syrte et commandait quelque 3 500 personnes. Mais que contient le disque dur ? Des informations inestimables sur le fonctionnement même de Daech, que Kamal Redouani a étudiées et triées pendant un an.
Quotidien mortifère
Il en ressort un documentaire glaçant racontant le quotidien mortifère de cette ville qui a été, pendant deux ans, la « capitale » du groupe terroriste en Afrique du Nord. Abou Abdallah Al-Masri avait notamment mis en place un tribunal islamique censé appliquer la charia, que tous les habitants devaient respecter sous peine d’être châtiés (coups de fouet, exécution). Le disque dur abritait aussi des dossiers sur les attentats passés (comme Madrid, en mars 2004), détaillant les points forts et les erreurs à ne plus commettre, ou la marche à suivre pour fabriquer une bombe avec de simples produits ménagers…
Ce documentaire nous plonge au cœur du fonctionnement extrêmement bureaucratique de l’EI, où tout était consigné (montant des impôts, recensement, etc.). Ce film donne la parole aux habitants de Syrte qui ont connu « l’enfer » sous Daech, ainsi qu’à des combattants et des responsables du contre-espionnage libyens. Mais aussi à un émir de la guerre de 34 ans, caché à Istanbul (arrêté depuis l’interview), qui explique pourquoi son organisation prônait la terreur et comment il a jeté un homme du haut d’un immeuble parce qu’il était homosexuel.
Daech, dans le cerveau du monstre, de Kamal Redouani (Fr., 2018, 65 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le film de Robin Campillo, distingué à Cannes, retrace le combat contre le sida des militants d’Act Up dans les années 1990.
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« 120 battements par minute » : une contagion de la colère, de l’amour et du partage

Le film de Robin Campillo, distingué à Cannes, retrace le combat contre le sida des militants d’Act Up dans les années 1990.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 15h45
    |

                            Thomas Sotinel








                        


Canal+, mardi 18 septembre à 21 h 05, film

   


A première vue, c’est une ponctuation terrifiante qui scande le voyage infernal et magnifique des héros de 120 battements par minute : la caméra attrape des grains de poussière qui flottent dans les faisceaux de lumière, au-dessus d’une piste de danse ; insensiblement, ces particules prennent des formes organiques jusqu’à se faire cellules et virus, qui s’assemblent, se divisent pour mieux se multiplier.
Il en va de cette image inventée par Robin Campillo comme du reste de son film : ce qui semble au premier abord une métaphore funèbre (la mort est dans l’air, puisque nous sommes au pic de l’épidémie de sida, au moment où la médecine n’apporte aux malades d’autre secours que palliatif) est aussi une représentation de la vie. La contagion, c’est la diffusion de la maladie, c’est aussi le partage de la colère, de l’énergie ; le virus se transmet, comme les informations et le savoir qui permettront d’en limiter la propagation, d’élaborer des thérapies efficaces. Bref, Campillo renverse cul par-dessus tête la vieille scie attribuée à Cocteau : « Le cinéma, c’est filmer la mort au travail. » Devant sa caméra, c’est la vie – celle de ceux qui ne sont plus, celle de ceux qui ont été sauvés grâce à ce combat – qui s’épanouit.
Pour jeter ce pont du néant à l’existence, Robin Campillo a puisé dans sa mémoire de militant d’Act Up. Scénariste et monteur de son film, il lui donne une pulsation rapide (celle des titres électro sur lesquels on dansait alors, celle d’un cœur au bord de l’affolement) qui impose l’urgence dans laquelle vivent ses personnages, militants que la ­maladie ou l’infection a réunis. Dès la première séquence, qui montre le débat qui suit une intervention spectaculaire du groupe lors d’une réunion de l’Agence française contre le sida, il donne une réalité physique à la dialectique entre les actes et le discours. Et alors qu’on n’a pas encore eu le temps de faire connaissance avec les personnages, on discerne très bien cette autre dialectique, plus mystérieuse, entre les affects individuels et l’engagement collectif.
Les étincelles jaillissent
Prenez le personnage d’Hélène (Catherine Vinatier), mère d’un jeune garçon hémophile contaminé par transfusion. Elle détonne dans un groupe majoritairement gay, dont elle est l’aînée d’une quinzaine d’années. Et son statut de mère bienveillante vole en éclats lorsqu’elle demande, au grand scandale des jeunes plus libertaires, l’emprisonnement des responsables de la contamination. Entre l’utopie et la rétribution, entre la fermeté doctrinale (voire la raideur) et l’amour maternel, les étincelles jaillissent.
Peu à peu, deux figures se détachent. Nathan (Arnaud Valois), nouveau venu dans l’association, et Sean (Nahuel Pérez Biscayart), vétéran d’un combat que la maladie rend de plus en plus difficile à livrer. Ils sont portés par le même courant, mais il apparaît qu’ils n’ont pas la même route à parcourir, ce qui ne les empêche pas de s’aimer. Cet amour éphémère à l’ombre d’une fin à laquelle Sean ne peut échapper est d’autant plus bouleversant que nous savons aujourd’hui qu’il ne s’en fallait que de quelques mois pour qu’il en aille autrement.
Campillo laisse de côté les effets faciles, demandant à ses acteurs d’emmener leurs personnages jusqu’au bout du chemin, sans ­effets spéciaux, sans paroxysmes pour parvenir à la vérité d’un moment qui resterait autrement enfoui. Ici, la fin de la vie, c’est encore la vie.
120 battements par minute, de Robin Campillo. Avec Nahuel Pérez Biscayart, Arnaud Valois, Adèle Haenel, Antoine Reinartz (Fr., 2017, 140 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Paul Virilio, mort à l’âge de 86 ans, s’est distingué tout au long de sa vie et de ses œuvres par une pensée libre et visionnaire.
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Mort de l’urbaniste, philosophe et essayiste Paul Virilio

Paul Virilio, mort à l’âge de 86 ans, s’est distingué tout au long de sa vie et de ses œuvres par une pensée libre et visionnaire.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 15h12
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 15h39
   





                        



   


L’urbaniste et philosophe Paul Virilio, ancien directeur de l’Ecole spéciale d’architecture, est mort à l’âge de 86 ans, a-t-on appris mardi 18 septembre auprès de sa famille et de la Fondation Cartier. « Paul Virilio a été victime d’un arrêt cardiaque le 10 septembre 2018. Selon ses vœux, les obsèques ont eu lieu dans la plus stricte intimité le 17 septembre 2018 », a fait savoir sa fille dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse par la Fondation Cartier.
Urbaniste, philosophe, essayiste et homme d’action, Paul Virilio s’est distingué tout au long de sa vie et de ses œuvres par une pensée libre et visionnaire. « Quelques jours avant son décès, il travaillait encore avec Jacques Arnould en vue de la parution d’un ouvrage et songeait, avec son ancienne élève, l’architecte Hala Wardé, à une nouvelle exposition » à la Fondation Cartier, a précisé sa fille Sophie Virilio.
Le philosophe, qui avait entrepris dans les années 1970 une réflexion centrée sur la vitesse, qu’il considérait comme un facteur essentiel d’organisation sociale et de contrôle politique, avait fondé au début des années 1960 le groupe Architecture Principe avec Claude Parent, mort en 2016, et publié le manifeste sur la Fonction oblique, qui marquera un tournant dans l’histoire de l’architecture française contemporaine.
Un philosophe de la désintégration des territoires
Marqué par l’expérience de la guerre – il est né en 1932 à Paris – et notamment le bombardement de Nantes, en 1943, où il dit avoir pour la première fois éprouvé ce qu’un jour il appellera l’« esthétique de la disparition », il fut aussi un philosophe de la désintégration des territoires.
Dans un entretien accordé à Libération en 2010, le philosophe estimait que « nous vivons une synchronisation de l’émotion, une mondialisation des affects ». « Au même moment, n’importe où sur la planète, chacun peut ressentir la même terreur, la même inquiétude pour l’avenir ou éprouver la même panique. C’est quand même incroyable ! Nous sommes passés de la standardisation des opinions – rendue possible grâce à la liberté de la presse – à la synchronisation des émotions (…) Nos sociétés vivaient sur une communauté d’intérêts, elles vivent désormais un communisme des affects », analysait-il.
Il a publié plus d’une trentaine d’essais et collaboré aux revues Esprit, Cause commune, Critique, Traverses, Architecture d’aujourd’hui, Urbanisme…
Dans les années 1980, aux côtés du père Patrick Giros (mort en 2002), il s’était engagé en faveur des sans-logis et des exclus. En 1992, il fait ainsi partie du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le journaliste Eric Zemmour a été coupé au montage des « Terriens du dimanche », une émission de Thierry Ardisson sur C8.
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« Votre prénom est une insulte à la France » : la chroniqueuse Hapsatou Sy diffuse les propos d’Eric Zemmour

Le journaliste Eric Zemmour a été coupé au montage des « Terriens du dimanche », une émission de Thierry Ardisson sur C8.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 13h39
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 16h55
    |

                            Le Monde.fr








                        


« C’est votre prénom qui est une insulte à la France. » La chroniqueuse Hapsatou Sy a diffusé, mardi 18 septembre sur son compte Instagram, des extraits de « Salut les Terriens » coupés au montage par C8 dimanche. La chaîne avait expliqué avoir pris cette décision en raison des propos insultants tenus par l’essayiste Eric Zemmour à l’encontre de Mme Sy.
« Ce n’était pas possible de laisser un échange aussi violent devant des centaines de milliers de personnes, a ainsi argué Stéphane Simon, le producteur de l’émission au Parisien. Eric Zemmour flirtait avec la ligne jaune (sic), il y avait un fort risque de condamnation juridique, c’est pour cela que nous avons fait notre travail en responsabilité, en coupant la séquence au montage. » Toujours selon le quotidien, Mme Sy aurait souhaité que la séquence soit diffusée dans son intégralité.

        Voir cette publication sur Instagram            Une publication partagée par Hapsatousy (@hapsatousy) le 18 Sept. 2018 à 2 :17 PDT 

Sur le réseau social, dans des premiers posts face caméra, Hapsatou Sy dit ne pas avoir « d’autre choix » que de diffuser ces extraits aujourd’hui, précisant qu’elle n’est « pas en train d’affronter C8 ». « En faisant que je fais, je prends le risque de perdre mon boulot. (…) [Mais] je ne peux pas accepter qu’Eric Zemmour continue à diffuser sa haine sur les réseaux sociaux et à la télévision. »
Les propos d’Eric Zemmour coupés au montage font suite à de premiers échanges sur le choix des prénoms en France :
« Normalement, chez moi, en tout cas depuis une loi de Bonaparte qui a malheureusement été abolie en 1993 par les socialistes, on doit donner des prénoms dans ce qu’on appelle le calendrier, c’est-à-dire les saints chrétiens. »

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« Je suis dans l’histoire de la France »
La chroniqueuse Hapsatou Sy l’interpelle : « Je m’appelle Hapsatou, hein… » « Eh ben, elle a eu tort », lui rétorque Eric Zemmour (faisant référence à la mère de Mme Sy), estimant qu’elle aurait par exemple pu s’appeler « Corinne ».
Dans les extraits diffusés sur son compte Instagram, Hapsatou Sy lui répond alors que ce qu’il dit est « une insulte à la France » autant qu’une insulte personnelle. « C’est votre prénom qui est une insulte à la France, rétorque-t-il alors. La France n’est pas une terre vierge, c’est une terre avec une histoire, avec un passé. Et les prénoms incarnent l’histoire de la France. » 
En réponse, Mme Sy rappelle au journaliste son parcours d’entrepreneuse  :
« Je vais vous expliquer pourquoi je suis dans l’histoire de la France. […] Chaque matin, je me lève, je créé des emplois en France, je travaille en France, je suis une enfant de la République qui a été à l’école avec des professeurs qui aimaient la France probablement plus que vous. »
Et de poursuivre  :
« Parce qu’aimer la France, ça n’est pas tenir le discours que vous tenez. En m’insultant comme vous le faites, vous insultez l’intégralité des enfants de la République qui s’identifient [à moi]. »
Mme Sy conclut qu’elle ira « jusqu’au bout ». Elle avait fait part, lundi, de son souhait de porter plainte contre M. Zemmour.

Je vs informe réfléchir à déposer plainte contre Mr Zemmour. Sur le plateau, j’ai subi des insultes graves ainsi qu… https://t.co/YUxKn5lwbm— HapsatouSy (@Hapsatou SY)


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Chronique. Sans appuis ni sens politiques, la directrice de la Villa Médicis à Rome ne sera pas reconduite dans ses fonctions. Elle plie bagage, « amère et blessée ».
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Elle est comme ça… Muriel Mayette


                      Chronique. Sans appuis ni sens politiques, la directrice de la Villa Médicis à Rome ne sera pas reconduite dans ses fonctions. Elle plie bagage, « amère et blessée ».



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 12h56
    |

            Philippe Ridet








   


Gérard, fais les valises, on rentre à Paris ! » Ces derniers jours, il règne une atmosphère à la fois désolée et survoltée dans les beaux appartements de la Villa Médicis que la directrice de l’Académie de France à Rome, Muriel Mayette, 54 ans, partage avec son époux, Gérard Holtz. Ayant appris de la bouche de la ministre de la culture, Françoise Nyssen, que son contrat ne serait pas prolongé pour un nouveau bail de trois ans – comme cela a toujours été l’usage –, il lui faut dégager, et fissa. Muriel a remis dans des cartons ses classiques du répertoire qui l’accompagnent depuis le premier jour où elle a poussé la porte d’une école de théâtre, à Versailles, à 14 ans ; Gérard, retraité du service des sports de France 2, a rangé ses clubs de golf et son vélo avec lequel il parcourait les routes pentues des Castelli Romani.
Elle pensait faire souffler un air de fête sur la colline du Pincio, les pensionnaires lui ont reproché d’organiser des kermesses pour des « rombières romaines ».
Saltimbanque et gouailleuse, Muriel Mayette aurait voulu faire régner dans cette institution de trois cent cinquante-deux ans d’âge aux vieux murs redécorés par Balthus un « esprit de troupe », comme à la Comédie-Française, qu’elle dirigea, non sans heurts, de 2006 à 2014. Au lieu de quoi, elle a dû affronter les ego des artistes et des créateurs solitaires par nature et convaincus de leur génie. Elle pensait faire souffler un air de fête et de Factory sur la colline du Pincio, les pensionnaires lui ont reproché d’organiser des kermesses pour des « rombières romaines ». Ah, les petits ingrats !

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Son idée de mettre en scène, sur le parvis de la Villa, dix représentations des Jeux de l’amour et du hasard, de Marivaux, avec son époux dans le rôle de Monsieur Orgon, à l’heure où le gouvernement dépêchait sur place un expert pour « diagnostiquer » le fonctionnement de l’institution, manquait peut-être d’à-propos. Et de sens politique. Tout comme sa décision, en 2016, de se séparer de sa directrice générale, Claudia Ferrazzi, devenue depuis la conseillère culture à l’Elysée. Aïe, aïe, aïe… Grosse boulette ! Dans Le Figaro Magazine du 25 mai, à la question « Un conseil à Emmanuel Macron ? », la directrice avait répondu : « Voir loin. » Une manière, sans doute, d’inciter le président à passer outre son impair.
« Faisons fi des querelleurs qui voudraient bien la place, elle est libre ! »
Protégée par Renaud Donnedieu de Vabres, lointain ministre de la culture des gouvernements Raffarin et Villepin, lorsqu’elle fut nommée à la tête de la Comédie-Française, puis par Manuel Valls, quand elle fut envoyée dans la Ville éternelle au milieu de vives polémiques, Muriel Mayette-Holtz manque d’appuis dans le nouveau monde. Quand bien même aurait-elle fait revenir un peu de public et des financements, sa personnalité sans manières ne correspond plus au profil de la fonction…
N’appartenant ni à la coterie des énarques ni à celles des historiens et des critiques d’art, tous masculins, qui se sont succédé à la direction de la Villa, elle plie bagage, « amère et blessée ». Mais, femme de théâtre jusqu’au bout des ongles, elle a tenu à soigner sa sortie, drapée dans sa toge de tragédienne et son orgueil. Alors qu’on lui demandait de rester deux mois de plus afin d’organiser son remplacement, elle a répondu : « Faisons fi des querelleurs qui voudraient bien la place, elle est libre ! » Belle réplique, vive et balancée, qu’on dirait empruntée à Molière, mais qui masque à peine la tristesse qui l’inspire. On ne quitte pas Rome et la plus belle vue du monde sans éprouver beaucoup de chagrin.



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Equipement moderne, diversité des films... le dernier rapport du Centre national du cinéma (CNC) rappelle que le 7e art est dynamique en France.
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« Les Français sont les plus grands cinéphiles d’Europe »

Equipement moderne, diversité des films... le dernier rapport du Centre national du cinéma (CNC) rappelle que le 7e art est dynamique en France.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 12h01
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 12h08
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Hommage appuyé aux frères Lumière, les pionniers du septième art. Cent vingt-trois ans après la projection publique de La Sortie de l’usine Lumière à Lyon, Frédérique Bredin, la présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), s’est réjouie, lundi 17 septembre, que « les Français soient les plus grands cinéphiles d’Europe ». Ils devancent les Anglais, les Allemands, les Espagnols et les Italiens. Il faut dire que l’Hexagone bénéficie encore aujourd’hui du plus important parc cinématographique du Vieux Continent, avec 2 046 salles obscures et plus de 5 909 écrans.
Dans le rapport annuel du CNC sur la géographie du septième art en France, rendu public mardi, les auteurs soulignent la création nette de « 67 nouveaux écrans l’an dernier ». Avec l’arrivée des multiplexes, la capacité d’accueil des cinémas français s’est accrue de 8 % en dix ans et le nombre de séances a lui aussi augmenté (de 24 %) au cours de cette période.

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Près de 1 700 communes sont dotées d’au moins une salle de cinéma, qui reste souvent « le dernier lieu culturel de proximité et joue un lieu de rencontre nécessaire pour animer le centre-ville », explique la présidente du CNC. Grâce à cet ancrage territorial, « plus d’un Français sur deux ­dispose d’une salle de cinéma près de chez lui », poursuit-elle.
De surcroît, les banlieues sont particulièrement bien équipées en salles obscures avec un fauteuil pour 32 habitants, contre un fauteuil pour 58 en moyenne en France. A l’inverse des producteurs et des distributeurs indépendants, Mme Bredin affiche son optimisme et assure que l’exploitation cinématographique se porte bien : la fréquentation se maintient à un niveau élevé (209 millions d’entrées en salles en 2017), soit un bond de plus de 22 % en vingt ans.
Plus des deux tiers de la population (environ 42 millions de spectateurs) se sont « fait une toile » l’an dernier. Autre record européen : les Français culminent en tête des spectateurs les plus assidus, avec une moyenne annuelle de 3,3 entrées par salle par habitant, contre 2,6 au Royaume-Uni ou 2,2 en Espagne.
Maillage territorial d’une densité exceptionnelle
L’étendue du parc ainsi que la ­diversité des films proposés ­expliquent cette performance. Les 1 204 salles d’art et essai jouent un rôle prépondérant et représentent un tiers de la fréquentation totale. Le maillage territorial de ces salles reste d’une densité exceptionnelle, y compris dans les petites villes de moins de 10 000 habitants.
Au sein de cet écosystème, tous les acteurs ne sont pas logés à la même enseigne, les multiplexes tirant largement leur épingle du jeu. La recette moyenne par entrée y atteint 7,23 euros, contre 5,05 euros pour les petites salles. Sans compter que le taux d’occupation y est plus élevé (15,5 %) que la moyenne des salles (13,9 %).

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La France reste aussi le premier marché européen en termes de recettes en salle, avec 1,38 milliard d’euros en 2017, là encore devant le Royaume-Uni (1,27 milliard) et l’Allemagne (1 milliard). Le prix moyen de la place (6,59 euros en 2017) varie aussi selon les villes, Paris restant la plus onéreuse en la matière.
Si l’âge moyen du spectateur s’élève à 38 ans, les 15-49 ans sont surreprésentés dans les multiplexes, tandis que les salles d’art et essai drainent un public plus âgé. Les habitudes ont la vie dure, puisque 80 % des spectateurs fréquentent toujours le même cinéma.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Révélé par un éditeur français de mangas, le dessinateur Tetsuya Tsutsui revient avec son genre de prédilection, le thriller, cette fois bien loin des ambiances métropolitaines.
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Manga : « Noise », un thriller rural à l’ombre des figuiers japonais

Révélé par un éditeur français de mangas, le dessinateur Tetsuya Tsutsui revient avec son genre de prédilection, le thriller, cette fois bien loin des ambiances métropolitaines.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 11h40
    |

            Pauline Croquet








                        



   


A l’origine, une figue. C’est ce fruit qu’a choisi le mangaka Tetsuya Tsutsui comme point de départ de sa nouvelle série, Noise, parue au début de septembre chez Ki-oon, la maison d’édition qui l’a révélé. Plus qu’un point de départ, une métaphore inspirée par un documentaire vu à la télévision japonaise. « Il montrait comment les figuiers attirent et piègent les guêpes dans leurs fruits. Sans cette intervention, les figues ne peuvent éclore », explique le dessinateur, « c’est une relation, un échange complexe, où chacun a besoin de l’autre. C’est l’image d’un élément extérieur qui s’engouffre dans un microcosme ».

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Dans ce thriller, le genre de prédilection de Tsutsui qu’il aime entrelacer avec un récit de mœurs et de société, le fruit violacé permet à une petite ville rurale qui se vidait de ses habitants de redevenir prospère après qu’un célèbre youtubeur (qui prend les traits de la superstar du Net japonais Hikakin) en fasse la promotion. Les commandes affluent comme les caméras des journaux télévisés, les curieux et de nouveaux ruraux qui aimeraient profiter de cette nouvelle abondance. Parmi elles, le vulgaire et obséquieux Mutsuo Suzuki venu tenter sa chance comme ouvrier agricole. Il suscite immédiatement la méfiance de Keita Izumi, l’exploitant du florissant verger, en instance de divorce avec sa femme. Son instinct ne l’a pas trompé, le visiteur se révèle être un repris de justice doublé d’un prédateur sexuel. Izumi et quelques concitoyens vont se demander comment protéger la communauté de cet individu, quitte à faire justice eux-mêmes.

   


Le mangaka quitte ses habituels univers urbains pour nicher son huis clos au cœur de sa région natale, la préfecture d’Aichi, non loin de Nagoya. « Au-delà du problème de la concentration de la population, qui est réél au Japon, notamment à Tokyo, ce qui m’a intéressé ce sont les bulles fermées mais soudées que sont les villages et les populations rurales. Ce type de scène est idéal pour construire un thriller », explique-t-il au Monde lors d’un bref passage à Paris.
S’ajoute également l’inspiration de deux faits divers, matière dont Tetsuya Tsutsui nourrit énormément ses mangas. « Le premier est celui d’une jeune popstar qui a été poignardée par un fan frustré. Je me suis demandé comment cela se passerait s’il sortait de prison. Il y a ensuite l’histoire d’une personne qui a été mise au ban d’un petit village de campagne et qui a pété les plombs et s’en est pris à la population », rapporte le dessinateur.

   


A l’image de ce que le mangaka a développé avec Prophecy, sa trilogie probablement la plus connue, Tetsuya Tsutsui aime observer la nature humaine et les réactions des gens face à l’adversité : « Ce que je veux faire passer, ce sont les ondes que des événements brutaux peuvent provoquer chez des personnages ordinaires », défend l’auteur. Un questionnement moral qui passe par les tiraillements intérieurs des personnages et une expressivité que le dessinateur sait habilement restituer sur ses planches. Le questionnement moral, la notion de justice, pourtant omniprésents dans une œuvre étalée sur plus de quinze ans, ne sont pour l’auteur qu’annexes, bien que subtilement travaillées : « Etant donné que je me base sur des faits divers au départ, j’imagine que j’y mets mon ressenti personnel face à ce type de situation, de façon assez terre à terre », concède-t-il.
Comme pour ses précédentes séries, l’intrigue de Noise trouvera un épilogue en trois tomes au maximum. Une façon pour le mangaka de rester tonique dans son récit, dont les conclusions sont parfois, hélas, moins haletantes que leurs démarrages. Pourvu cette fois que la figue ne flétrisse pas.
Noise, de Tetsuya Tsutsui, traduction de David Le Quéré, tome I le 6 septembre, éditions Ki-oon, 198 pages, 7,90 euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ L’incontestable force de séduction du djihadisme oblige l’Occident à s’interroger sur ses valeurs, qu’il pensait jusqu’alors universelles. C’est l’objet de « La Religion des faibles » de Jean Birnbaum, responsable du « Monde des livres ». Extrait.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Que se passe-t-il quand ceux qui frappent l’Occident se moquent de la justice sur terre ? »

L’incontestable force de séduction du djihadisme oblige l’Occident à s’interroger sur ses valeurs, qu’il pensait jusqu’alors universelles. C’est l’objet de « La Religion des faibles » de Jean Birnbaum, responsable du « Monde des livres ». Extrait.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 16h14
    |

            Jean Birnbaum








                        



                                


                            

Bonnes feuilles. Le monde d’après la chute du mur de Berlin était moins angoissant que celui d’après la chute des tours. Ceux qui ont fait trembler l’Amérique et l’Occident tout entier, le 11 septembre 2001, utilisaient un langage radicalement étranger, porteur d’une double rupture : d’une part, la guerre contre l’Ouest n’était plus une guerre civile, menée au nom des valeurs de l’Ouest ; d’autre part, l’assaut était donné par des hommes qui prétendaient non seulement lutter contre la domination de l’Occident, mais aussi rivaliser avec lui en bâtissant leur propre hégémonie.
Dans ses textes, Ben Laden opposait sans cesse le fier courage des « lions » musulmans, conscients qu’il n’y a de force qu’en Allah, aux « mulets » efféminés de l’Occident, châtrés par cette « religion païenne » qu’est la démocratie. « Ne perdez pas courage ; ne vous affligez pas, alors que vous êtes des hommes supérieurs, si vous êtes croyants », pouvait-on lire dans la « Déclaration du Front islamique mondial pour le djihad contre les Juifs et les Croisés », dès 1998.
(…) Les hommes qui ont rédigé ces lignes sont ceux qui ont donné naissance à une internationale militante aujourd’hui sans rivale, ceux aussi qui ont infligé à la plus grande puissance capitaliste du monde une humiliation spectaculaire. Aux yeux des progressistes occidentaux, le tournant était sévère par rapport à la période des luttes anticoloniales ou même à la séquence altermondialiste. On comprend aussi que ce tournant ait valu traumatisme : « autre chose » avait surgi, enfin, et c’était le cauchemar.
Au moment même où la galaxie altermondialiste s’essoufflait, on voyait s’imposer une nébuleuse visant non pas un autre monde, plus libre, plus juste, mais une « alter-hégémonie ». Et l’islamisme lui-même ne pouvait plus passer pour une flambée obscurantiste qui nourrirait, en dernière instance, le feu de l’émancipation universelle : cet incendie fanatique menaçait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Il fut, dans les années 1960, l’un des pionniers de l’art conceptuel. Pourtant, le microcosme français ne lui a jamais reconnu la paternité de ce mouvement. Deux expositions à Lyon et à Nice entendent réparer cette injustice.
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Bernar Venet, plasticien mal aimé, enfin exposé en France


                      Il fut, dans les années 1960, l’un des pionniers de l’art conceptuel. Pourtant, le microcosme français ne lui a jamais reconnu la paternité de ce mouvement. Deux expositions à Lyon et à Nice entendent réparer cette injustice.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 10h18
    |

                            Roxana Azimi








                              

                        
Bernar Venet est de ces créateurs que l’on croit trop bien connaître. Son nom évoque illico les Lignes indéterminées et les Arcs, ces rubans d’acier gigantesques, tournés en volutes, aperçus à Nice, New York, Stuttgart ou Auckland. C’est oublier que le plasticien français exilé à New York fut, dans les années 1960 et 1970, l’un des précurseurs de l’art conceptuel. Deux expositions, présentées au MAC de Lyon, à partir du 21 septembre, et au MAMAC, à Nice, mi-octobre, restituent enfin l’artiste aux formes simples dans sa complexité.

Peintures de goudron noir
Connu du grand public, apprécié des collectionneurs internationaux, Bernar Venet reste mal aimé dans son pays. « J’ai peu de complexes », assure-t-il, bonne pâte. L’artiste n’oublie jamais d’où il vient et le destin tout tracé d’ouvrier qui lui était promis, dans l’usine du groupe industriel Pechiney, comme son père avant lui, ainsi que tous les hommes vaillants de son petit village des Alpes-de-Haute-Provence. Le jeune Bernard a grandi dans une famille où « le mot art n’existait pas ».
Asthmatique et bronchiteux, ni fort en thèmes ni grand sportif, il trouve refuge dans le dessin. Il tente sans succès le concours d’entrée des Arts décoratifs de Nice, se rabat sur les ateliers de décoration de l’Opéra de Nice et se révèle lorsque, troufion en uniforme dans la caserne de Tarascon, il obtient un grand atelier dans lequel il réalise ses toutes premières peintures de goudron noir. Nous sommes en 1961, bien avant les monochromes noirs de Soulages. En attestent les photos prises par un ami en 1963, à la demande de l’artiste, comme si déjà Venet sentait qu’il lui serait exigé de produire la preuve de son inscription dans la chronologie d’un art qui ne s’appelait pas encore conceptuel.
« Bernar n’était ni totalement français ni totalement américain. Son art était abstrait mais incarné, jugé trop formel, il n’entrait pas dans les cases de l’époque. » Thierry Raspail,...



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Les ministères de la culture et de l’éducation veulent offrir « un parcours culturel cohérent » aux jeunes de 3 à 18 ans.
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Eloquence, chorale... un nouveau plan pour encourager l’éducation artistique à l’école

Les ministères de la culture et de l’éducation veulent offrir « un parcours culturel cohérent » aux jeunes de 3 à 18 ans.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 09h31
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 09h38
    |

            Sandrine Blanchard








                        


Depuis vingt ans, la promesse de développer l’éducation artistique et culturelle a fait l’objet d’un nombre incalculable de discours et de rapports ministériels. De Catherine Tasca à Aurélie Filippetti, de Jack Lang à Najat Vallaud-Belkacem, tous les ministres de la culture et tous ceux de l’éducation nationale ont loué les bienfaits et l’impérieuse nécessité de permettre à tous les élèves d’accéder à la connaissance et à la pratique des arts.

        Lire le récit  :
         

          « Aucun des parents n’aurait eu l’idée d’inscrire son enfant au conservatoire »



Françoise Nyssen et Jean-Michel Blanquer ne dérogent pas à la règle. Lundi 17 septembre, dans le jardin du Musée Rodin à Paris, la ministre de la culture et son homologue de l’éducation nationale se sont engagés à offrir « à tous les enfants et les jeunes de 3 à 18 ans, c’est-à-dire de l’entrée à l’école maternelle à l’octroi du Pass culture, un parcours culturel cohérent d’ici à la fin du quinquennat ». Lors d’un long discours à deux voix, ils ont comparé cette volonté de « faire de l’école française une école des arts et de la culture » à « un grand enjeu du siècle » (Jean-Michel Blanquer), à « un grand combat de société » (Françoise Nyssen) et promis « de rattraper la marche que la France a manquée ces dernières années ».
« Une exigence de justice sociale »
De quelle manière ? « Cette fois, la donne va changer, s’est emballé la ministre. Nous ne laisserons plus un seul enfant sur le bord du chemin. Cette révolution des actes sera visible par toutes les familles ». Et le ministre de l’éducation nationale de compléter : « C’est une exigence de justice sociale et un enjeu de justice territoriale. Une chorale ou un orchestre, une troupe de théâtre, des clubs culturels doivent devenir des standards dans tous les établissements ».
Dans les faits, qu’est-ce qui changera à la rentrée 2019 ? A l’école primaire, deux heures hebdomadaires, sur le temps scolaire, seront consacrées aux enseignements et pratiques artistiques. Dans un premier temps, les deux ministères accompagneront dix villes (Château-Arnoux-Saint-Auban, Carros, Château-Thierry, Bessancourt, La Courneuve, Guingamp, Quimper, Saint-Brieuc, Metz) dans cette expérimentation. Les écoliers se verront aussi proposés « au moins deux temps forts culturels » (visite d’un musée ou d’un monument, spectacle, cinéma, rencontre d’un créateur), seront appelés à chanter dans la chorale de leur école, et à emprunter chaque semaine un livre dans une bibliothèque.

        Lire le reportage :
         

          L’art oratoire « émancipe et donne un esprit critique »



Au collège, les élèves de troisième suivront « un nouvel enseignement hebdomadaire d’une demi-heure » consacré à l’éloquence, a annoncé Jean-Michel Blanquer. Ce temps dédié à l’art oratoire, qui s’ajoutera aux quatre heures de français et s’étendra, par la suite, dès la classe de sixième, « est un signal adressé à tous les collèges pour développer une troupe de théâtre », a-t-il souligné. Les collégiens participeront également à un atelier d’éducation aux médias et à l’information et auront, eux aussi, « au moins deux temps forts culturels » au cours de leur année scolaire. Quant aux lycéens, outre la projection hebdomadaire d’un film, ils pourront « participer à un atelier artistique de création (musique, danse, théâtre…) en partenariat avec les réseaux culturels ».
26 millions d’euros de financement
Comment réaliser ce plan et le pérenniser ? Rien ne se fera sans « une concertation avec les collectivités locales » et sans « l’engagement des artistes et des professionnels de la culture », précisent les ministres. Quelques heures après son discours, François Nyssen a convié à dîner rue de Valois à Paris une trentaine de personnalités, parmi lesquelles Laure Adler, Laurent Gaudé, Robin Renucci, Philippe Torreton, Didier van Cauwelaert, Edgar Morin, Daniel Pennac, pour les inviter « à devenir les ambassadeurs de cette école des arts et de la culture et à rallier leurs pairs pour aller dans les écoles ». Lyrique, la ministre a lancé « un appel à tous les artistes et créateurs : allez rencontrer les élèves, partager et transmettre votre art, vous avez le pouvoir de changer des millions de vies ! » Ces interventions de professionnels de la culture seront « bien évidemment rémunérées », a-t-elle insisté.
Quel sera le financement attribué à cette politique de développement de la pratique artistique ? « Il ne faut pas faire de la question des moyens une fin en soi », répond laconiquement Jean-Michel Blanquer. En additionnant les chiffres fournis dans le dossier de présentation, on aboutit à 26 millions d’euros. De son côté, Françoise Nyssen indique que le budget de son ministère consacré à l’éducation artistique – 114 millions d’euros – sera « conforté en 2019 ». Et elle ajoute : « Nous avons lancé une évaluation commune, avec l’éducation nationale, pour avoir un état des lieux précis du nombre d’enfants actuellement touchés par des actions d’éducation artistique et culturelle ». Peut-être est-ce par ce constat chiffré qu’il aurait fallu commencer…
Sur le Web : www.culture.gouv.fr/Presse/Dossiers-de-presse/A-l-ecole-des-arts-et-de-la-culture-de-3-a-18-ans



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Une rétrospective d’envergure est consacrée à la Grande Ile, située au large des côtes africaines orientales.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ L’acteur américain, qui incarne l’un des deux frères Sisters, est à l’origine du film de Jacques Audiard, avec la productrice Alison Dickey.
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John C. Reilly, cow-boy malgré lui

L’acteur américain, qui incarne l’un des deux frères Sisters, est à l’origine du film de Jacques Audiard, avec la productrice Alison Dickey.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 07h43
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 09h36
    |

            Clarisse Fabre








                        



                                


                            

Peut-on tenir le premier rôle dans un western sans être le tombeur attitré du cinéma ? Incarner Eli, cow-boy malgré lui qui se dégoûte d’être une brute, c’était le rêve de John C. Reilly, 53 ans, le rouquin à la bouille ronde. « Lis ça ! », lui avait dit, il y a quelques années, sa femme, la productrice Alison ­Dickey, en lui tendant le roman de Patrick deWitt, Les Frères Sisters (Actes Sud, 2012) : « J’ai lu le livre en une journée. La complexité du personnage m’a séduit. A l’intérieur, Eli n’est pas ce tueur avide d’argent. J’aime cette dualité. Avec Alison Dickey, on a acheté les droits du livre et on s’est quasiment donné pour mission de le faire adapter au cinéma », raconte John C. (pour Christopher) Reilly, complet veston assorti au bleu du ciel. « Jacques Audiard est l’un des réalisateurs les plus brillants. Surtout, nous voulions un regard d’artiste, quelqu’un qui puisse travailler en toute liberté et avoir le “final cut” [le regard final]. Ce qui est rare dans le cinéma américain. »

L’acteur, plutôt joyeux, qui se met à chanter pendant l’interview, assure « ne pas avoir d’ego ». Il est juste « heureux » d’exercer le métier qu’il a choisi depuis son enfance à Chicago. « Je suis un ­comédien adaptable, c’est sans doute le fil conducteur de tous ces rôles différents que j’ai pu jouer », explique celui qui a commencé, en 1989, dans Carnage, de Brian De Palma. Sous la direction de Paul Thomas Anderson, il a été un parieur dans Double mise (1996), une star du porno dans Boogie ­Nights (1997), un flic dans Magnolia (1999). Il a tourné avec Woody Allen (Ombres et brouillard, 1991), Terrence Malick (La Ligne rouge, 1998), Rob Marshall (Chicago, 2002), puis Martin Scorsese, ­Robert Altman, Roman Polanski, Will Farrell,etc. « Sur le plateau, je veux être le meilleur ami de mon partenaire devant la caméra. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le cinéaste s’essaie avec succès à un nouveau genre avec son film porté par John C. Reilly et Joaquin Phoenix.
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« Les Frères Sisters » : Jacques Audiard sur les terres du western

Le cinéaste s’essaie avec succès à un nouveau genre avec son film porté par John C. Reilly et Joaquin Phoenix.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 09h35
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



                                


                            

L’avis du « Monde » – à voir
La confrontation à l’Amérique est une expérience sporadiquement tentée par des auteurs français. C’est une manière de se mesurer au mythe, au genre, à la source même du grand rêve cinéphilique. Il s’agit généralement d’un « one shot », plus ou moins couronné de succès tant les conditions de tournage s’avèrent difficiles pour les étrangers au sérail hollywoodien. On se souvient, notamment, d’un road-movie délavé par Bruno Dumont (Twentynine Palms, 2003), d’un faux mélo muet ourdi par Michel Hazanavicius (The Artist, 2011), d’un film de psychanalyse sondé par Arnaud Desplechin (Jimmy P., 2013).

Jacques Audiard marche aujourd’hui dans leurs pas en choisissant rien de moins que le western, genre canonique reposant peu ou prou six pieds sous terre, donc risqué à exhumer. L’affaire se présente comme suit, telle que retravaillée du roman éponyme à succès de l’écrivain canadien Patrick deWitt (Actes Sud, 2012). Deux redoutables tueurs à gages, Eli Sisters (John C. Reilly) et Charlie Sisters (Joaquin Phoenix) chevauchent, aux alentours de 1850, l’Ouest américain de l’Oregon à la Californie. Leur but est de régler son compte à Hermann Kermit Warm (Riz Ahmed), chimiste malin qui a inventé une ­formule secrète transformant la ruée vers l’or en promenade de santé. L’adjonction d’une substance particulière dans les rivières aurifères permet en effet la ­coloration instantanée, et donc la récolte d’autant plus fructueuse, du précieux métal.
Conte de fées onirique
Souci : Warm conserve par-devers lui la mirifique formule. Double souci : il la tient secrète moins pour son enrichissement personnel que pour l’édification d’une cité socialiste et égalitaire, implantée à Dallas, qu’il espère voir prospérer en ces terres sauvages du Nouveau Monde. Autant dire que Warm est une sorte d’hérésie vivante au pays de la conquête de l’Ouest, de la libre entreprise et de la loi du plus fort. C’est ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.
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« Dix pour cent », « Insatiable » et une apocalypse : trois envies de séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » vous propose un choix de séries à (re)découvrir sur petit écran.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 06h26
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 07h23
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Au menu cette semaine, la vengeance d’une ronde et les récits gore et effrayants d’American Horror Story. Sans oublier le Festival de la fiction TV de La Rochelle, qui a accordé son prix de la meilleure série à Dix pour cent, dont la troisième saison accueillera Monica Bellucci et Jean Dujardin.
« Dix pour cent », prix de la meilleure série à La Rochelle
Le Festival de la fiction TV de La Rochelle, qui fêtait cette année sa vingtième édition, a mis en compétition quarante-deux films, dont vingt-cinq œuvres françaises inédites, dix séries et films européens, et sept séries francophones étrangères.
Le prix de la meilleure mini-série a été décerné à une fiction qu’Arte doit diffuser début 2019, Jeux d’influence, créée par Jean-Xavier de Lestrade et Antoine Lacomblez.
Jeux d’influence met en scène un agriculteur intoxiqué après avoir désherbé un champ, son ami qui, député de la région, entend faire interdire le pesticide qu’il a utilisé, et enfin un lobbyiste prêt à tout pour défendre la puissante multinationale de l’industrie agrochimique qui fabrique le produit incriminé. A la pression liée aux enjeux financiers, écologiques et industriels, s’ajoutent des manipulations politiques que doublent les ambitions tant professionnelles que personnelles de nombre de personnages.

Pour sa part, le prix de la meilleure série est revenu à Dix pour cent saison 3, que France 2 devrait proposer prochainement. A découvrir ou à revoir, les deux premières saisons sont disponibles sur Netflix sous le titre Call My Agent. 
Les deux premiers épisodes de cette nouvelle saison écrite par Fanny Herrero et Benjamin Dupas voient Jean Dujardin quasi incapable de sortir de son dernier rôle, dans lequel il interprétait un survivant, ainsi que Monica Bellucci en grande peine face un célibat qui n’en finit pas… puisqu’il dure depuis au moins deux semaines. Les agents de stars auxquels ils s’adressent, personnages récurrents de Dix pour cent, vont voir leurs liens d’amitié soumis à si rude épreuve qu’ils s’apercevront, mieux qu’auparavant, à quel point ils ont besoin des uns des autres. Martine Delahaye
« American Horror Story : Apocalypse », délectables horreurs

L’époque anticipée par la huitième saison d’American Horror Story n’est pas lointaine, puisqu’un certain Donald est évoqué. Mais quand elle advient, tout a changé : les bombes atomiques rasent les pays développés. Seuls vont survivre ceux dont le profil génétique a été sélectionné ou qui peuvent payer leur séjour en abri antiatomique facturé 100 millions de dollars. Parmi eux, une starlette d’Instagram (Billie Lourd), son coiffeur décoloré (Evan Peters), la grand-mère de ce dernier (Joan Collins, qui fait une arrivée remarquée dans la série) et quelques autres privilégiés réfugiés dans un bunker décoré dans un style gothique art déco. Ce sont les « mauves » ; les autres sont les « gris », asservis aux basses tâches.
Deux femmes font la loi : Wilhemina Venable (Sarah Paulson) et Miriam Mead (Kathy Bates). Elles ont des mines à ne pas s’en laisser conter et à sévir par une gifle ou un coup de revolver (ce que font respectivement la première et la seconde). Une instance supérieure les commande, dont le représentant, un jeune Dracula séduisant (Cody Fern), se présente à la fin du premier épisode – le seul que nous ayons visionné. Mais c’est assez pour reconnaître les codes habituels de la série anthologique de Ryan Murphy et Brad Falchuk, faits d’érotisme, de sophistication et d’horreur des plus délectables… Renaud Machart
« American Horror Story : Apocalypse », saison 8 de la série créée par Ryan Murphy et Brad Falchuk (13 × 52 minutes). Sur Canal+ Séries.
« Insatiable », une insolence salutaire

A force d’avoir hurlé urbi et orbi à la grossophobie, à la biphobie – entre autres outrages supposés –, des groupes de pression agissant sur les réseaux sociaux pour faire interdire Insatiable ont fini par attirer tellement de spectateurs, alléchés par l’odeur de scandale, que la série vient d’être renouvelée pour une deuxième saison par Netflix. Insatiable raconte comment une jeune fille en surpoids, amaigrie par une alimentation liquide que lui a imposée sa mâchoire cassée pendant de longues semaines, se venge de la cruauté de ses camarades et comment elle tente par tous les moyens de parvenir à gagner un concours de beauté.
C’est surjoué, les situations sont caricaturales, et les ficelles assez… grosses : Insatiable n’a rien d’une série à laquelle on se serait normalement intéressé. Mais l’époque en est venue à un telle raideur morale qu’on finirait par se réjouir de ces insolences et vannes, pas toujours très fines, mais qui créent comme une sensation de salutaire air frais. Pourvu que la saison 2 ne rentre pas dans le rang en redevenant « correcte »… R. Ma.
« Insatiable », saison 1, série créée par Lauren Gussis. Avec Debby Ryan, Alyssa Milano, Sarah Colonna, Irene Choi, Dallas Roberts, Christopher Gorham (Etats-Unis, 2018, 12 × 40-53 min). Netflix à la demande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ « Mme Maisel, femme fabuleuse » a dominé la catégorie des comédies, tandis que « Game of Thrones » a été élue meilleure série dramatique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/09/2018
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Emmy Awards 2018 : le triomphe des femmes… et des dragons

« Mme Maisel, femme fabuleuse » a dominé la catégorie des comédies, tandis que « Game of Thrones » a été élue meilleure série dramatique.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 06h17
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 07h38
   





                        



   


Les femmes peuvent-elles faire rire ? La question avait été (ironiquement) posée lors de l’annonce des présentateurs des 70e Emmy Awards, deux hommes, pour la septième fois consécutive – une curiosité à l’heure du mouvement #metoo. Mais les votants aux « Oscars » de la télévision américaine ont tranché par la positive, lundi 17 septembre à Los Angeles, en attribuant cinq statuettes à la comédie Mme Maisel, femme fabuleuse (The Marvelous Mrs. Maisel).
La série, diffusée sur le service de streaming d’Amazon raconte, précisément, les aventures d’une femme au foyer trompée qui se lance dans la « stand up comedy », dans le New York des années 1950. Comme aux Golden Globes, en janvier, elle a été sacrée meilleure comédie et obtenu la statuette de la meilleure actrice (Rachel Brosnahan). Sont venus s’ajouter dimanche la meilleure actrice dans un second rôle (Alex Borstein), le meilleur scénario et la meilleure réalisation pour une comédie (Amy Sherman-Palladino, qui est également sa créatrice).
Elle prend le relais de La Servante écarlate (The Handmaid’s Tale) qui, l’année dernière, mais dans la catégorie série dramatique, avait symbolisé cette parité de plus en plus forte à la télévision américaine. Cette année, la sombre fable dystopique repart bredouille, balayée par le retour de Game of Thrones (meilleure série, meilleur second rôle masculin pour Peter Dinklage). Tout comme, dans la catégorie comédie, Atlanta, du talentueux Donald Glover, qui avait été remarquée l’année précédente avec deux Emmys.

   


Cérémonie sage
Et face à Elisabeth Moss, qui interprète l’héroïne de La Servante écarlate, gagnante en 2017, l’académie a préféré saisir la dernière chance qui lui était donnée de récompenser Claire Foy (pour son ultime saison dans le rôle de la reine Elisabeth II dans The Crown, qui a également été récompensée de la meilleure réalisation). Une dernière chance également saisie pour The Americans, la série sur des agents dormants du KGB aux Etats-Unis, qui s’est terminée cette année : meilleur scénario et meilleur acteur pour Matthew Rhys.
Enfin, ce n’était pas sa dernière chance, mais une récompense longtemps attendue : Henry Winkler, le « Fonzie » de Happy Days, a reçu un Emmy (second rôle dans la comédie Barry, une série sur un tueur à gages/acteur inédite en France), à la sixième tentative et quarante-deux ans après sa première nomination.

   


Pour le reste, la cérémonie a été bien sage et « inclusive », expression revenue plusieurs fois, avec plusieurs plaisanteries sur le mouvement #metoo, qui a marqué la télévision autant que le cinéma américain. « Nous l’avons résolu ! » (le problème de diversité et de parité) a proclamé, sur un ton humoristique, la chanson d’ouverture. La demande en mariage surprise, en direct par le réalisateur des Oscars, à sa compagne, a assuré la séquence émotion (elle a dit oui, heureusement, comme l’a souligné le comique et présentateur John Oliver).
Les évocations de la politique et du président Donald Trump sont restées voilées : une allusion à la polémique de Charlottesville dans le discours d’introduction (lors des premiers Emmys, en 1949, « les choses étaient bien différentes : nous étions tous d’accord sur le fait que les nazis étaient mauvais »), un appel à voter par Rachel Brosnahan, ou encore le trait d’humour de la comique et présentatrice Samantha Bee : « Je regarde ce drame dystopique qui s’appelle Les Infos. J’en suis à la saison 9 000. Ils devraient changer l’acteur principal [Donald Trump], je préfère Robin Wright [actrice principale de House of Cards]. »
Match nul entre HBO et Netflix
En incluant les Emmys techniques (Creative Arts Emmys), décernés la semaine précédente, Game of Thrones mène la danse avec 9 statuettes, suivi de Mme Maisel, femme fabuleuse (8).
Sur le terrain du rapport de force entre télévisions gratuites, payantes et plates-formes de streaming, c’est un match nul entre la chaîne payante HBO (Game of Thrones, Westworld, Barry) et l’omniprésent Netflix (The Crown, Black Mirror, Godless, Stranger Things) : 23 statuettes chacun. Netflix avait obtenu 112 nominations, contre 108 pour HBO.
Le palmarès complet
Meilleur acteur dans un second rôle (comédie) Henry Winkler (Barry)Meilleure actrice dans un second rôle (comédie) Alex Borstein (The Marvelous Mrs. Maisel - Mme Maisel, femme fabuleuse)Meilleur scénario (comédie) Amy Sherman-Palladino, (The Marvelous Mrs. Maisel - Mme Maisel, femme fabuleuse)Meilleure réalisation (comédie) Amy Sherman-Palladino, (The Marvelous Mrs. Maisel - Mme Maisel, femme fabuleuse)Meilleure actrice dans une série, comédie Rachel Brosnahan (The Marvelous Mrs. Maisel - Mme Maisel, femme fabuleuse)Meilleur acteur dans une série, comédie Bill Hader (Barry)Meilleur actrice dans un second rôle (mini-série ou téléfilm) Merritt Wever (Godless)Meilleur acteur dans un second rôle (mini-série ou téléfilm) Jeff Daniels (Godless)Meilleur scénario (mini-série, téléfilm) William Bridges, Charlie Brooker (USS Callister - Black Mirror)Meilleure réalisation (mini-série ou téléfilm) Ryan Murphy (The Assassination Of Gianni Versace : American Crime Story)Meilleure actrice dans une mini-série, téléfilm Regina King (Seven Seconds)Meilleur acteur dans une mini-série, téléfilm Darren Criss (The Assassination of Gianni Versace : American Crime Story)Meilleure scénario pour une émission de divertissement John Mulaney (John Mulaney : Kid Gorgeous At Radio City)Meilleure réalisation pour une émission de divertissement Glenn Weiss (Oscars)Meilleur acteur dans un second rôle (série dramatique) Peter Dinklage (Game of Thrones)Meilleure actrice dans un second rôle (série dramatique) Thandie Newton (Westworld)Meilleur scénario (série dramatique) Joel Fields et Joe Weisberg (The Americans)Meilleure réalisation (série dramatique) Stephen Daldry (The Crown)Meilleur acteur dans une série dramatique Matthew Rhys (The Americans)Meilleure actrice dans une série dramatique Claire Foy (The Crown)Meilleure compétition de téléréalité « Ru Paul’s Drag Race »Meilleure émission de divertissement à sketchs « Saturday Night Live »Meilleur émission de divertissement (talk-show) « Last Week Tonight with John Oliver »Meilleure mini-série The Assassination of Gianni Versace : American Crime StoryMeilleure comédie The Marvelous Mrs. Maisel - Mme Maisel, femme fabuleuseMeilleure série dramatique Game of Thrones



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ « Mme Maisel, femme fabuleuse » a dominé la catégorie des comédies, Claire Foy (« The Crown ») et Matthew Rhys (« The Americans ») ont été récompensés dans une série dramatique.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Né en Algérie en 1947, il avait mené une importante partie de sa carrière en France. Il est mort à Paris, à l’âge de 71 ans.
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Mort de Djamel Allam, l’un des rénovateurs de la chanson kabyle

Né en Algérie en 1947, il avait mené une importante partie de sa carrière en France. Il est mort à Paris, à l’âge de 71 ans.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 18h22
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                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Considéré comme l’un des rénovateurs de la chanson kabyle, Djamel Allam est mort, le 15 septembre, dans un hôpital parisien. L’annonce a été faite par le ministre de la culture algérien, Azzedine Mihoubi, sur son compte Twitter. Le chanteur avait 71 ans.

Né le 26 juillet 1947 dans le village d’Ilmaten, proche de Béjaïa (Vgayet, en berbère), à 220 km à l’est d’Alger, en petite Kabylie, il quitte sa région natale, en 1967, pour Marseille après des études de musique au Conservatoire municipal de Béjaïa. Dans la cité phocéenne, où il se fait embaucher comme machiniste au Théâtre du Gymnase, il croise Brassens, Moustaki, Patrice Chéreau, Léo Ferré, dont il deviendra un ami proche, et Bernard Lavilliers, avec qui il tournera dans les cabarets du port. Celui-ci lui suggère de « monter» à Paris.
Djamel Allam suit ce conseil fraternel et rejoint la capitale où il commence bientôt à se faire un nom dans les cabarets de la rive gauche. En 1971, il retourne en Algérie. Il y devient animateur et producteur à la radio nationale francophone Chaîne 3. Il prend par ailleurs la direction artistique du cabaret La Voûte, à Moretti, dans la banlieue d’Alger. Il y invite Marc Ogeret, Léo Ferré, Areski Belkacem et Brigitte Fontaine, dont il adaptera en kabyle le titre L’Accident. Il fait sa première apparition sur scène en 1972, en première partie du duo Areski et Fontaine, à la salle El Mouggar, à Alger.
Affinités avec le cinéma
De retour à Paris, deux années plus tard, il participe à l’émission « Pas de Panique », de Claude Villers sur France Inter et sort son premier album Arjouth (« Laissez-moi raconter »), sur le label discographique français L’Escargot (François Béranger, Angel Parra, Pascal Auberson, Beausoleil Broussard…), créé par Gilles Bleiveis. Suivront ensuite Argu (« Les rêves du vent », 1978), Si Slimane (1981), puis Salimo et Mara d-yughal (« Quand il reviendra »), en 1985. L’année...




                        

                        

