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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ Catalogue éclaté, prix élevés, accessibilité limitée… à l’heure où s’ouvre la Ligue des champions, des internautes confient leur tentation de basculer vers des offres illégales.
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Ligue des champions : vers une année d’abstinence, de bars et de streaming ?

Catalogue éclaté, prix élevés, accessibilité limitée… à l’heure où s’ouvre la Ligue des champions, des internautes confient leur tentation de basculer vers des offres illégales.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 15h51
    |

            William Audureau








                        



   


Cette année, l’équipe de leur cœur s’appellera Streaming FC. Pour nombre de Français, la saison de Ligue des champions qui débute mardi 18 septembre par un alléchant Liverpool - Paris-Saint-Germain rimera avec streams illégaux, sites interlopes et commentaires en langues étrangère.

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A l’origine de ce choix, l’arrivée de RMC Sport, chaîne qui possède l’exclusivité des droits des compétitions européennes en France pour la saison 2018-2019 au détriment de Canal+ et BeIN. Or suivre légalement la plus prestigieuse des compétitions de football n’a jamais été aussi coûteux et incommode.
60 € par mois… pour ceux qui peuvent s’abonner
Les amoureux de football légalistes doivent désormais s’acquitter de trois abonnements différents pour profiter de l’intégralité des matchs des équipes françaises : Canal+ (24,90 euros par mois) et BeIN Sport (15 euros par mois) pour le championnat, RMC Sport (19 euros par mois) pour les coupes d’Europe. Soit une bagatelle d’une soixantaine d’euros mensuels.
Dans ce contexte, les prix demandés par SFR pour regarder RMC Sport font bondir. Si les abonnés à la marque au carré rouge peuvent s’en tirer pour 9 euros par mois, les autres doivent s’acquitter d’une mensualité de 19 euros. Près du double de BeIN Sport à son lancement (11 euros). Et si la nouvelle chaîne de SFR peut se vanter d’être toujours moins chère que Canal+, elle ne propose pas le même éventail de programmes.

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Par ailleurs, la mauvaise distribution de la chaîne ne contribue guère à la rendre plus populaire : faute d’accord avec SFR, par défaut, les abonnés Free et Orange ne peuvent recevoir RMC Sport. Et si un abonnement numérique est possible pour en profiter sur écrans connectés (smartphones, ordinateurs), et d’utiliser ensuite un boîtier TV connecté de type Apple TV ou Chromecast pour diffuser le flux sur sa télévision, l’application n’est pas disponible sur les consoles multimédia les plus populaires, la PlayStation 4 et la Xbox One.
« Arrêtons de nous prendre pour des vaches à lait »
Pour l’instant, selon les témoignages récoltés par Le Monde, rares sont ceux qui ont franchi le pas et se sont abonnés. Julien, 24 ans, s’y est bien aventuré, non sans une certaine méfiance. « Je me suis abonné à RMC pour pouvoir profiter de la Ligue des champions sans prise de tête… en espérant que leur plate-forme fonctionne et assure un débit correct. » 
Pour le reste, les premiers abonnés sont en fait surtout des clients de la marque au carré rouge, qui la payent 9 euros au lieu de 19. C’est le cas de Florent, juriste de 27 ans, qui a résilié BeIN pour SFR. « Je n’aurais pas souscrit à cette offre pour un montant de plus de 10 euros et encore », précise-t-il néanmoins.
D’autres refusent de rallonger leur facture, comme Sébastien, 48 ans. « Je suis abonné à SFR depuis un an, et après avoir été ravi que la Ligue des champions soit négociée par ce groupe, j’ai déchanté en découvrant qu’il la faisait payer. Du coup je boycotte. » Plusieurs ont ainsi tiré un trait sur la coupe aux grandes oreilles, comme Xavier, kinésithérapeute : 
« C’est très clair, cette année, je ne vais pas suivre la LDC, il ne faut pas abuser, après la Coupe du monde chez BeIN, le championnat chez Canal, il faudrait un nouvel interlocuteur… Arrêtons de nous prendre pour des vaches à lait ! »
Idem pour Guy, de Bourg-la-Reine. « Je renonce. Ce système d’exclusivité est la négation de l’esprit populaire et universel du football. » Si un club français atteint les quarts ou les demi-finales, il ira voir le match chez un ami.
« Les tarifs entraînent les consommateurs dans l’illégalité »
La majorité prévoient de se rabattre sur des plans bis. Adrien, Toulousain de 28 ans, refuse de suivre la politique de SFR par principe. « J’accepte de payer le prix juste mais pas celui du consommateur idiot et suiveur. » Il suivra les rencontres en streaming alternatif, non sans regretter cette évolution. « Le sport suit les traces de la musique sur Internet à ses débuts : des tarifs gonflés qui entraînent les consommateurs dans l’illégalité. » 
C’est que les solutions illégales ne manquent pas, et que ce soit sur Twitter, Facebook ou Reddit, de nombreux liens pour chaque match vers des flux pirates circulent au su de tous. Romain, un Tourangeau de 24 ans déjà abonné à Orange et BeIN, assume ainsi pleinement d’être « passé du côté obscur », celui du visionnage illégal.
D’autant que si le streaming souffre d’une image délétère, il s’est énormément amélioré, selon les utilisateurs interrogés. Kevin, éducateur de 30 ans, confirme qu’il est loin, le temps du streaming « de mauvaise qualité, avec les commentaires moldaves et plein de publicités. Avec les bons liens et les bons logiciels, il y a de la HD et même de la 4K. Les langues sont rarement en français mais on trouve pour chaque match BeIN Espagne, Skysports, BT Sports… ». « Heureusement qu’Internet nous sauve ! », lance Sam à ce propos.
Pour d’autres, cette envolée des prix et cette distribution chaotique seront l’occasion de redécouvrir les plaisirs simples d’un match de football dans un lieu collectif. « J’ai décidé de ne garder qu’un seul de mes abonnements et de revenir à premiers amours et suivre La ligue des champions dans les bars », se réjouit d’avance Aurélien. D’autres mixeront. Pour Christophe, 28 ans, la solution ainsi est vite vue : « Bar pour le PSG, streaming illégal pour les autres. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Offre éclatée, prix en hausse, distribution limitée… Dites-nous comment vous prévoyez de profiter de la prestigieuse compétition européenne.
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APPEL À TÉMOIGNAGES
Ligue des champions désormais sur RMC Sport : comment allez-vous regarder la compétition ?

Discussion lancée le 18 septembre 2018
18 septembre 2018

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La saison 2018-2019 de la Ligue des champions débute mardi 18 septembre, et seule la chaîne RMC Sport diffuse la compétition – ainsi que sa « petite sœur », la Ligue Europa. Alors que trois équipes françaises sont engagées en C1 (Lyon, Monaco, Paris) mais que la diffusion est plus restreinte (RMC Sport, avec SFR, ayant récupéré l’exclusivité au détriment de Canal+ et BeIN Sport), comment avez-vous prévu de regarder la compétition ?
Témoignez ici, et si vous souhaitez être contacté·e par un ou une journaliste du Monde pour en parler, n’hésitez pas à laisser vos coordonnées.                            





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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ La diffusion en exclusivité de la compétition de football, qui débute mardi et pour laquelle le groupe a déboursé 350 millions d’euros par an, doit lui permettre de conquérir de nouveaux abonnés.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/09/2018
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Avec RMC Sport, SFR mise gros sur la Ligue des champions

La diffusion en exclusivité de la compétition de football, qui débute mardi et pour laquelle le groupe a déboursé 350 millions d’euros par an, doit lui permettre de conquérir de nouveaux abonnés.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 17h50
    |

            François Bougon et 
Sandrine Cassini








                        



                                


                            

La Ligue des champions 2018-2019, qui débute mardi 18 septembre, a une saveur particulière : les trois représentants français – le Paris-Saint-Germain, l’AS Monaco et l’Olympique lyonnais – seront bien présents dans la plus prestigieuse des compétitions européennes de football, mais un acteur historique de la retransmission de la compétition, le groupe Canal+, disparaît de la scène.
La chaîne payante – qui depuis 2015 devait partager la diffusion des matchs avec son concurrent BeIN Sports – a été supplantée par l’ancien bouquet SFR Sport, rebaptisé RMC Sport, qui versera 350 millions d’euros par an entre 2018 et 2021.
« Tous les Français pourront regarder la Ligue des champions », assure, sans broncher, Alain Weill, directeur général d’Altice Europe – le groupe qui coiffe aussi RMC Sport – dans son bureau flambant neuf d’Altice Campus, dans l’ouest parisien.

Un accès qui coûtera cependant 9 euros supplémentaires par mois aux abonnés de l’opérateur SFR, qui appartient à Altice, et 19 euros aux autres par le biais d’une plate-forme numérique en accès direct (OTT, « Over the Top »). Une somme conséquente pour les amateurs de ballon rond, car la Ligue 1 est, elle, disponible sur Canal+ et sur BeIN Sports. « SFR sera le seul opérateur à proposer 100 % du foot », rétorque Alain Weill, qui prépare une offre couplée alliant Canal+, BeIN Sports et RMC Sport.
Déjà, des téléspectateurs s’inquiètent de la disparition de la Ligue des champions de leurs écrans : adieu aux exploits de Lionel Messi et de Kylian Mbappé… D’autant plus que les abonnés de Bouygues Telecom, de Free ou d’Orange ne pourront pas s’abonner directement grâce à leur box à RMC Sport.
Altice a certes débuté voici plusieurs mois des négociations avec les autres opérateurs afin qu’ils incluent dans leurs offres les chaînes du bouquet sportif. Las, ces discussions n’ont toujours pas abouti. Il faut dire que SFR réclame à ses concurrents entre 120 millions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ « Mme Maisel, femme fabuleuse » a dominé la catégorie des comédies, Claire Foy (« The Crown ») et Matthew Rhys (« The Americans ») ont été récompensés dans une série dramatique.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/09/18/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ L’animateur vedette de C8 avait vivement critiqué les dirigeants de la chaîne lors de son émission, la semaine dernière.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

« Vous êtes cons comme la lune » : TF1 saisit le CSA après les propos de Cyril Hanouna

L’animateur vedette de C8 avait vivement critiqué les dirigeants de la chaîne lors de son émission, la semaine dernière.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 00h25
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 10h07
   





                        



   


TF1 a saisi le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) lundi 17 septembre, après des propos contre les dirigeants de la « Une » proférés par Cyril Hanouna dans son émission « Touche pas à mon poste » (« TPMP ») sur C8, a fait savoir le régulateur.
Mercredi, l’animateur vedette de la chaîne avait insulté les patrons de TF1 pour protester contre leur refus de laisser son ancien chroniqueur Camille Combal, aujourd’hui présentateur de « Danse avec les stars », revenir sur le plateau de TPMP en tant qu’invité.
« Arrêtez de faire les connards », « vous êtes cons comme la lune », « les patrons de TF1, ils commencent à me péter les couilles »… Les insultes de Cyril Hanouna avaient provoqué l’ire du groupe, qui avait estimé que « les bornes ont été dépassées, surtout sur une chaîne qui occupe le domaine public des fréquences ».

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                Cyril Hanouna, puéril en la demeure



La Une avaitannoncé qu’elle étudiait « toutes les voies juridiques possibles ».
Déjà sanctionné
L’animateur avait reconnu dans l’émission du lendemain avoir « pété un câble », mais sans s’excuser. Sa chaîne, C8, avait de son côté tenté de tempérer avec un tweet : « Sur C8, les dirigeants de TF1 ont tout notre respect. » Le CSA, qui a reçu environ 70 plaintes de téléspectateurs à la suite de cette séquence, va maintenant instruire un dossier qui pourrait déboucher sur d’éventuelles sanctions.
Ce n’est pas la première fois que Cyril Hanouna a maille à partir avec le régulateur, qui a notamment sanctionné C8 après deux séquences jugées sexistes et homophobes dans ses émissions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ La direction de France Médias Monde cessera, dès janvier, de cotiser pour la couverture santé et retraite de ses pigistes à l’étranger.
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A RFI, les correspondants en grève pour leur protection sociale

La direction de France Médias Monde cessera, dès janvier, de cotiser pour la couverture santé et retraite de ses pigistes à l’étranger.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 21h06
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 11h07
    |

                            Alexandre Berteau








                        



   


Radio France Internationale (RFI) a pris des airs de station musicale, lundi 17 septembre. Pour dénoncer la précarité de leurs conditions de travail, les correspondants non titulaires et les pigistes en France de la radio ont lancé un mouvement de grève à l’appel de quatre syndicats (CFDT, CFTC, FO et SNJ). Grâce au soutien des salariés permanents de la radio, le taux de grévistes a atteint 32 %, ce qui s’est traduit par une programmation largement perturbée à l’antenne.
A l’origine de cette grève, la décision prise le 6 août par la direction de France Médias Monde (RFI, France 24 et Monte Carlo Doualiya) de cesser, dès janvier, de cotiser pour la couverture santé et retraite de ses correspondants français à l’étranger. Une mesure qui s’appliquait déjà depuis deux ans aux nouveaux journalistes. « Les travailleurs français installés à l’étranger ne doivent pas cotiser en France mais ont obligation de cotiser aux systèmes de sécurité sociale et retraite du pays dans lequel ils sont installés », a déclaré la direction du groupe dans un mail adressé à la rédaction.
Cette mise en conformité avec la loi soulève toutefois l’inquiétude des pigistes expatriés dans des pays où le système de santé est bien souvent défaillant. « J’ai fait un reportage dans des hôpitaux et des cliniques sur place, et je peux dire que jamais je ne me risquerais à m’y faire soigner », assure une correspondante de RFIdans un pays en développement, qui souhaite rester anonyme. Un autre journaliste, qui travaille pour la radio depuis plus de dix ans, s’interroge sur sa retraite : « En tant que correspondants, on est amenés à changer régulièrement de pays. Si on cotise à chaque fois pour notre retraite, comment fera-t-on pour récupérer nos pensions à la fin ? »
Perdre de l’argent pour faire son métier ?
Pour ces correspondants, la seule solution est donc de s’affilier à la Caisse des Français à l’étranger (CFE). Mais devant le coût élevé de ces cotisations, ce choix n’est pas sans conséquence sur leur quotidien. « Je paye 450 euros par mois pour la CFE alors que j’arrive à peine à dégager un smic. Même si je suis dans un pays où le coût de la vie n’est pas trop cher, je me demande chaque mois si je vais perdre de l’argent en faisant mon métier », déplore une jeune journaliste. Nombre d’entre eux s’alarment d’ailleurs de l’impact de cette pression financière sur leur façon de travailler. « Pour rester rentable, on se sent obligés de produire beaucoup, alors que certains sujets demandent parfois davantage de temps », souligne un correspondant en Afrique.
Avec cette grève, les pigistes expatriés entendent obtenir de la direction de France Médias Monde une participation significative aux cotisations à la CFE. Celle-ci a déjà fait un premier pas en août, en concédant une aide annuelle de 500 euros à 2 000 euros selon les revenus du journaliste.
Des négociations entre les syndicats et le groupe ont par ailleurs été entamées dans le sillage du préavis de grève déposé le 10 septembre. La direction a proposé de consacrer 15 % de la hausse salariale prévue chaque année aux pigistes, correspondants et intermittents du spectacle sur les trois prochaines années. Cette somme pourrait être allouée aux cotisations versées par les correspondants à la CFE. Bien que saluant cette main tendue, les syndicats ont souhaité maintenir la grève de lundi. « Nous attendons des engagements concrets et chiffrés sur la manière dont ces sommes doivent être réparties », ont-ils expliqué dans un communiqué.

        Lire aussi :
         

                France Médias Monde : Saragosse n’est plus présidente à cause d’un oubli administratif



La couverture sociale des correspondants n’est pas la seule source de tension à France Médias Monde. Les « précaires », comme se désignent les correspondants et pigistes au siège d’Issy-les-Moulineaux, réclament depuis des mois une revalorisation du montant des piges et des primes d’ancienneté.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ L’enregistrement des données lors d’un voyage de New York à La Nouvelle-Orléans a permis d’écrire en temps réel « 1 the Road ». Bien loin du chef-d’œuvre de Jack Kerouac.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Une intelligence artificielle « écrit » un livre sur les traces de Kerouac

L’enregistrement des données lors d’un voyage de New York à La Nouvelle-Orléans a permis d’écrire en temps réel « 1 the Road ». Bien loin du chef-d’œuvre de Jack Kerouac.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 11h14
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Encore une bénédiction ou juste un bref sursis pour les amoureux de la littérature ? Le premier ouvrage né d’une expérimentation de création littéraire réalisée par un réseau de neurones artificiels, 1 the Road, signé par Ross Goodwin et publié cette semaine par Jean Boîte Editions (144 p., 24 €, non traduit en français), n’arrive pas à la cheville des bons romans de la rentrée.
Sur les traces de Jack Kerouac, en empruntant un des trois itinéraires de On the Road (« Sur la route »), entre Brooklyn (New York) et La Nouvelle-Orléans (Louisiane), « l’auteur » a placé une caméra de surveillance sur le coffre d’une Cadillac de location, un système de GPS sur le toit, une horloge et un micro pour capter les conversations dans la voiture.
« Chacune des données a fourni aux réseaux de neurones artificiels des points de départ narratifs : une image à transcrire en texte, un lieu à décrire, une ligne de dialogue à développer ou simplement l’heure de la journée », explique Ross Goodwin.
Au cours de ce voyage de quatre jours, l’enchaînement des données a produit un texte écrit en temps réel. Soit un manuscrit de 200 000 mots, qui n’a comme seul point commun avec le poète de la Beat generation que le fait d’être livré en un gigantesque rouleau de papier débordant sur les sièges arrière de la voiture. On the Road – qui fut publié dans l’Amérique puritaine en 1957 expurgé des passages les plus crus sur la drogue et le sexe – avait en effet été écrit sur un rouleau long de 36 mètres, sans aucun paragraphe ni retour à la ligne.
Apprentissage profond
Ross Goodwin, qui fut la plume de Barack Obama et de l’ex-secrétaire d’Etat des Etats-Unis John Kerry, a changé de métier pour devenir entraîneur de réseaux d’intelligence artificielle. Utilisant une méthode d’apprentissage profond, il assure avoir injecté uniquement les meilleurs classiques de l’édition américaine à sa machine. Il était accompagné dans cette aventure...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ Le milliardaire de la high-tech Marc Benioff va acquérir le mythique « Time Magazine ». Une nouvelle illustration de la situation dramatique que traverse la presse d’information générale outre-Atlantique.
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« Aux Etats-Unis, la presse d’information entre dans les eaux profondes du mécénat »

Le milliardaire de la high-tech Marc Benioff va acquérir le mythique « Time Magazine ». Une nouvelle illustration de la situation dramatique que traverse la presse d’information générale outre-Atlantique.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 10h47
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique « Pertes & profits ». Les milliardaires du high-tech américain rêvent de connecter le monde entier, d’attacher leurs clients aux écrans de toutes sortes, mais, une fois fortune faite, ils se passionnent pour le papier – celui, ordinaire, des journaux ou le glacé des magazines. Le plus riche de ces nababs, Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, s’est offert en 2013 le célèbre Washington Post. En 2017, Laurene Powell Jobs, la veuve de Steve Jobs, le fondateur d’Apple, a mis la main sur le magazine The Atlantic, puis en 2018, c’est au tour du Los Angeles Times de tomber dans le giron de Patrick ­Soon-Shiong, un chirurgien fondateur de sociétés d’informatique et de biotechnologie, déjà propriétaire du San Diego Union-Tribune.
Et l’on a appris, dimanche 16 septembre, que Marc Benioff, le fondateur de la ­société d’informatique Salesforce, venait d’acheter le plus mythique des grands « mags » américains, le Time Magazine. Fondé en 1923, il est devenu une telle puissance dans les années 1960 qu’il disposait de l’un des plus beaux buildings de New York. Il a donné naissance au plus grand groupe de médias de l’après-guerre, Time Warner. Après une vie agitée et vingt ans de déclin de la presse papier, le groupe, qui s’était déployé dans la télévision, la musique et le cinéma, a été progressivement démantelé, puis absorbé en juin 2018 par l’opérateur téléphonique AT&T.
Six mois auparavant, la division presse avait été vendue au groupe Meredith, qui s’est empressé de revendre Time dans la foulée pour la modique somme de 190 millions de dollars (163 millions d’euros). Un montant qui reflète la situation dramatique de la presse d’information générale aux Etats-Unis. La diffusion des journaux quotidiens a été réduite de moitié par rapport à son plus haut niveau du début des années 1990 et a perdu 40 % sur les dix dernières années, ravagée par le développement fulgurant de l’information gratuite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ La ministre de la culture souhaite que le paiement de la contribution à l’audiovisuel public ne soit plus conditionné par la possession d’un téléviseur.
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Françoise Nyssen veut réformer la redevance télévisuelle

La ministre de la culture souhaite que le paiement de la contribution à l’audiovisuel public ne soit plus conditionné par la possession d’un téléviseur.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 06h40
   





                        



   


La ministre de la culture, Françoise Nyssen, a annoncé vendredi 14 septembre vouloir réformer la contribution à l’audiovisuel public, la redevance qui finance France Télévisions et Radio France, pour qu’elle soit « déconnectée de la détention d’un téléviseur ».
« Je souhaite qu’un débat soit ouvert sur la contribution à l’audiovisuel public », pour la moderniser et l’adapter aux nouveaux usages numériques, a déclaré la ministre, lors du Festival de la fiction audiovisuelle de La Rochelle. C’est une question « de rendement et d’équité », et elle doit être abordée « sans tabou », a-t-elle souligné.
Selon la ministre, l’objectif est d’adopter cette réforme dans « le projet de loi de finances pour 2020 », qui sera présenté dans un an.
Les acteurs de l’audiovisuel public demandeurs
Elle vise à s’adapter aux changements d’usages des téléspectateurs, dont beaucoup se passent désormais de téléviseur mais consomment des programmes audiovisuels sur d’autres types d’écrans, ordinateurs, tablettes ou téléphones. Une nouvelle forme de consommation des programmes à laquelle s’adapte déjà le service public en développant des programmes à diffusion 100 % numérique.

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                « Radio France ne peut pas être absente de la vidéo »



La réforme de la redevance avait été lancée pendant le mandat de François Hollande puis abandonnée. « Les usages ont changé, donc c’est un sujet qui va être rouvert et que nous allons étudier attentivement », avait déjà déclaré la ministre en octobre 2017.
Les acteurs de l’audiovisuel public sont eux-mêmes demandeurs d’une modernisation. L’ex-patron de Radio France, Mathieu Gallet, avait ainsi proposé qu’elle soit élargie à tous les foyers fiscaux, mais en réduisant légèrement son montant (139 euros actuellement).
Baisse des budgets
Les médias publics ont dû faire face à une baisse de leur budget. En 2018, les entreprises concernées (France Télévisions, Radio France, Arte, France Médias Monde, l’Institut national de l’audiovisuel – INA – et TV5 Monde) ont perçu 3,9 milliards d’euros, soit 36 millions de moins qu’en 2017 (– 0,9 %).
Si la baisse a été mesurée pour l’INA (– 0,5 million) et TV5 Monde (– 1 million), Radio France a vu sa dotation réduite de 16,3 millions d’euros, un montant conjuguant en fait une hausse des crédits de fonctionnement et une baisse de 25 millions d’euros de la subvention d’investissement.

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                Audiovisuel : le CSA veut obtenir davantage de pouvoir de régulation sur Internet



Quant à France Télévisions, son budget a été réduit de 29,8 millions d’euros, soit environ 1 %. C’est, aux yeux du gouvernement, l’entreprise qui, compte tenu de sa taille, dispose de la plus grande marge de manœuvre en matière de synergies et d’amélioration de la gestion.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ Sibyle Veil, PDG du groupe, œuvre à un projet commun à toutes les radios françaises sur le numérique.
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« Radio France ne peut pas être absente de la vidéo »

Sibyle Veil, PDG du groupe, œuvre à un projet commun à toutes les radios françaises sur le numérique.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 12h27
    |

            Alexandre Piquard et 
François Bougon








                        



                                


                            

Sibyle Veil a succédé à Mathieu Gallet à la présidence de Radio France, en avril. Elle prône la continuité mais aussi certains changements, dont une nouvelle organisation annoncée jeudi 13 septembre. Pour adapter Radio France au numérique, elle défend à la fois le son et l’acquisition d’un savoir-faire dans la vidéo. Pour la distribution, elle justifie la présence sur les réseaux sociaux mais recherche également une « indépendance » vis-à-vis des grandes plates-formes américaines : elle annonce un projet d’application bâti en collaboration avec toutes les radios françaises.
Votre première rentrée n’est-elle placée que sous le signe de la continuité ?
Notre groupe est leader grâce à nos audiences excellentes et au dynamisme de nos formations musicales. Cela nous permet d’envisager favorablement le nouveau cap de modernisation de l’entreprise. J’ai été nommée sur un programme de transformation de la radio et de ses métiers. J’ai ainsi annoncé jeudi aux représentants des salariés une nouvelle organisation qui, notamment, regroupe tous les services de production de Radio France au sein d’une seule direction du numérique et de la production du média global. Je lance ce chantier parce que j’ai la conviction que la radio est un média d’avenir : agile, en interaction avec le public et accessible en mobilité. Dans un monde où la commande vocale se généralise sur les appareils numériques, nous sommes les mieux placés.
Commentcette direction va-t-elle travailler ?
La modernisation engagée vise à permettre à toutes les chaînes de produire en tant que média global, à la fois du son, de la vidéo et du texte. L’objectif est de pouvoir décliner un seul programme sous différents formats, en l’adaptant à toutes les plates-formes et à tous les publics. C’est notre mission de service public. Les usages se transforment. Les podcasts, qui permettent de choisir le moment où l’on écoute son programme, ont constitué...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Un plan, présenté jeudi, vise à développer le numérique et l’international, tout en mutualisant les rédactions locales. Il se traduira à terme par 56 suppressions d’emploi « sans licenciement sec », selon la direction.
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Appel à la grève à « Ouest-France » à l’annonce d’un projet de réorganisation

Un plan, présenté jeudi, vise à développer le numérique et l’international, tout en mutualisant les rédactions locales. Il se traduira à terme par 56 suppressions d’emploi « sans licenciement sec », selon la direction.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 21h42
   





                        


L’intersyndicale du groupe SIPa Ouest-France a appelé à la grève, jeudi 13 septembre, après la présentation aux salariés d’un projet de réorganisation qui se traduira à terme par 56 suppressions d’emploi, selon la direction. Ce projet vise à développer le numérique et l’international, tout en mutualisant les rédactions locales.
Présenté en comité d’entreprise et en comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), ce projet se traduira par une « mutualisation » de l’information produite localement par Les Journaux de Loire (Courrier de l’Ouest, Maine libre, Presse-Océan) et par les salariés du quotidien Ouest-France, leur actuel concurrent, dans les départements de Maine-et-Loire, de la Sarthe et de la Loire-Atlantique.
« Une partie des articles élaborés par Le Courrier de l’Ouest en Maine-et-Loire ou Le Maine libre en Sarthe serait reprise par Ouest-France », tandis que dans la Loire-Atlantique, « les contenus locaux et départementaux élaborés par Ouest-France deviendraient disponibles pour Presse Océan », précise le groupe dans un communiqué. Dans le Finistère, où Le Télégramme est historiquement implanté, le groupe prévoit de réduire « ses moyens rédactionnels en adaptant la pagination de ses éditions, tout en dynamisant son projet numérique ».
Priorité à l’international, à l’enquête et au numérique
Misant sur l’international, l’enquête et le numérique, le groupe prévoit notamment de créer un bureau à Bruxelles et de renforcer son bureau parisien. Il envisage aussi de « développer l’investigation » et de « généraliser à tous les titres la politique d’information en temps réel », dite « Web first » (« Internet en premier »). Le rédacteur en chef de Ouest-France, François-Xavier Lefranc, a précisé que ces réorganisations se traduiraient à terme par « 56 suppressions d’emploi, sans licenciement sec ».
L’intersyndicale du groupe (CGT, CFDT, SNJ, CFE-CGC) a aussitôt appelé les salariés à se mettre en grève, dénonçant un projet d’entreprise « dangereux » et appelant la direction à le « revoir ». « Ce plan, qui piétine les engagements historiques d’Ouest-France de maintenir le pluralisme et la qualité de l’information, ne s’accompagne d’aucun projet éditorial et commercial sérieux, susceptible de redresser la diffusion qui s’effondre », dénonce-t-elle dans un communiqué, s’inquiétant d’une accélération de la « fuite des lecteurs ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ Le site américain a été racheté en décembre par le groupe de presse Ziff Davis, qui veut davantage l’orienter vers le divertissement.
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La version française de Mashable s’arrête à la suite d’un changement d’actionnaire

Le site américain a été racheté en décembre par le groupe de presse Ziff Davis, qui veut davantage l’orienter vers le divertissement.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 19h58
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 06h25
   





                        


La version française de Mashable, site Internet consacré à l’actualité des technologies et des réseaux sociaux, s’est arrêtée mercredi 12 septembre à la suite de la fin du partenariat entre France 24 et le nouvel actionnaire américain du média en ligne, Ziff Davis.
« La chaîne française d’information internationale France 24 et le site américain Mashable, qui avaient lancé conjointement en mars 2016 Mashable avec France 24, une déclinaison originale du site en langue française, annoncent mettre fin à leur partenariat d’un commun accord », ont annoncé les deux groupes dans un communiqué.
Reclassements en interne
Cela fait suite au rachat en décembre du site américain Mashable par le groupe de presse Ziff Davis, qui veut davantage l’orienter vers le divertissement. « A compter de ce mercredi 12 septembre, la page d’accueil du site réorientera les internautes vers les sites de France 24 FR et de Mashable US », disent les deux entreprises.
Un porte-parole de France 24 a précisé que la chaîne proposerait des reclassements en interne aux quatre employés en CDI du site. Cette fermeture fait suite à celle de Buzzfeed France, arrêté cet été après quatre ans d’activité.

        Lire aussi :
         

                Avec la fermeture de BuzzFeed France, quel avenir pour les médias en ligne ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ Ce texte, censé encadrer le copyright dans l’Union européenne, a été approuvé par les eurodéputés, qui en ont modifié certains contours.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/09/2018
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La directive de l’UE sur le droit d’auteur à l’heure du numérique est adoptée

Ce texte, censé encadrer le copyright dans l’Union européenne, a été approuvé par les eurodéputés, qui en ont modifié certains contours.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 13h15
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 06h31
    |

            Damien Leloup et 
Martin Untersinger








                        



   


Après avoir initialement rejeté le texte, le Parlement européen a finalement adopté, mercredi 12 septembre, la directive qui doit adapter le droit d’auteur à l’heure du numérique.
Le texte — approuvé par 438 voix contre 226 — constitue une revanche pour les industries culturelles et des médias après le camouflet infligé au début de l’été. En adoptant l’essentiel des amendements présentés par le rapporteur du texte, l’eurodéputé allemand Axel Voss du Parti populaire européen (PPE), la copie rendue par le Parlement reste, en effet, très proche du texte qui avait été retoqué en juillet.

        Tout comprendre à cette directive :
         

          Que peut changer la directive européenne sur le droit d’auteur pour les internautes ?



L’article 13 modifié
Les parlementaires ont cependant légèrement atténué un des articles les plus discutés de la directive : l’article 13, consacré aux contenus culturels hébergés sur Internet. Il prévoyait notamment que faute d’un accord entre ayants droit et grandes plates-formes (Facebook, YouTube, Twitter…), ces dernières devraient mettre en place des mécanismes de filtrage automatique des contenus postés par les internautes, afin qu’ils ne contreviennent pas au droit d’auteur (ce que certaines des plus grandes plates-formes, dont YouTube, font déjà).
Le texte précise désormais que le « blocage automatique [de contenus] doit être évité » au maximum et introduit davantage de garanties pour éviter les risques de suppressions injustifiées de contenus. Les blocages automatiques figuraient parmi les principales objections des adversaires de la directive, qui soulignaient les risques de censure inhérents à ce type de mécanismes.
L’adoption de la directive a tout de même été fraîchement accueillie par l’EDiMA, le principal lobby des entreprises de la Silicon Valley. « Les députés ont décidé de soutenir le filtrage de l’Internet au profit des éditeurs de presse et du secteur de la musique malgré les protestations des citoyens. Nous espérons que les gouvernements de l’UE entendront les préoccupations de leurs citoyens lors de la prochaine étape des négociations », a déclaré, après le vote, Siada El Ramly, sa directrice générale.
Les amendements qui prévoyaient de renforcer largement la responsabilité des hébergeurs par rapport au droit actuel, notamment ceux déposés par l’eurodéputé français Jean-Marie Cavada, ont, quant à eux, tous été rejetés. Finalement, le texte de compromis adopté par le Parlement préconise davantage les « négociations de bonne foi » entre industries culturelles et plates-formes, plutôt que les contraintes.
Un article 11 pratiquement inchangé
L’article 11 de la directive, consacré au « droit voisin » des éditeurs de presse et l’un des points les plus contestés, n’a, lui, quasiment pas été modifié par les parlementaires. Il prévoit la création d’une forme spécifique de droit d’auteur, qui donnera le droit aux médias de réclamer le paiement de royalties, lorsque des plates-formes numériques diffusent ou agrègent des extraits d’articles accompagnés d’un lien.
Les adversaires de cet article soulignaient notamment que cette mesure, qui vise spécifiquement des services comme Google Actualités, avait déjà fait l’objet de tests très proches en Espagne et en Allemagne, sans résultats — en Espagne, Google s’est contenté de fermer son service actualité et n’a jamais versé d’argent aux éditeurs. Les députés ont, cependant, prévu une exception — floue — à ce nouveau droit voisin, lorsque les hyperliens sont accompagnés de « mots individuels ».
Des campagnes de lobbying intenses
Cette adoption est une victoire politique pour le rapporteur du texte, Axel Voss, après le rejet de la première mouture cet été. M. Voss, qui avait appelé avant l’examen du texte ses collègues à adopter cette version « acceptable pour tous », a salué dans ce nouveau vote un « excellent message envoyé aux industries créatives européennes », sous les applaudissements du Parlement. Avant d’être interpellé par un député qui a dénoncé, sous les sifflets, « un coup porté à la liberté d’expression sur Internet ».

   


La directive avait fait l’objet, ces derniers mois, d’une intense campagne de lobbying, de la part des industries culturelles et de presse (majoritairement pour le texte) comme des grandes entreprises du Web et des défenseurs des libertés numériques (en grande partie défavorables à la directive).

        Lire aussi :
         

                A Bruxelles, l’intense guerre des lobbys autour de la directive « copyright »



Dans les heures qui ont précédé le vote, les deux camps ont jeté leurs dernières forces dans la bataille. Le matin même, le président français Emmanuel Macron a enjoint l’Europe à être « à la hauteur de sa culture ». « Aujourd’hui se joue un combat fondamental pour le droit d’auteur : protéger la création et l’information, c’est assurer notre liberté et défendre notre modèle », avait-il tweeté. Le collectif Europe For Creators, favorable à la directive, est allé jusqu’à organiser un concert devant le Parlement européen, où ils ont joué l’hymne européen. Wyclef Jean — ex-Fugees — s’est, de son côté, rendu tout spécialement à Strasbourg pour faire valoir son opposition au texte.
Désormais, le Parlement européen devra négocier avec le Conseil (les Etats membres) et la Commission pour aboutir à une version finale. Des deux articles les plus polémiques, l’article 11 ne devrait pas poser de difficulté. En revanche, les Etats membres et le Parlement pourraient se trouver en désaccord sur l’éventuel filtrage imposé par l’article 13 sur les plates-formes numériques.

Notre sélection d’articles et points de vue sur la directive sur les droits d’auteurs
Retrouvez nos principaux contenus sur le sujet :
Qu’est-ce que la directive sur le droit d’auteur ?Que peut changer la directive européenne sur le droit d’auteur pour les internautes ?Il s’agissait d’un vote important pour l’avenir de la presse et celui de la création artistique, estimait l’éditorial du « Monde » : Google, Facebook : menaces sur l’informationDes personnalités ont appellé les députés européens à voter en faveur de la directive : plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), le PDG de l’agence de presse AFP Fabrice Fries, le directeur général de la Sacem, Jean-Noël Tronc, une quarantaine de députés LRM, LR, Modem et Constructifs...D’autres s’y sont opposés comme le producteur de musique Pascal Nègre, et le chercheur Félix Tréguer, qui dénonce une « censure ». 





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Pour les plates-formes numériques, le régulateur de l’audiovisuel propose de nouvelles règles plus souples que pour les acteurs traditionnels.
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Audiovisuel : le CSA veut obtenir davantage de pouvoir de régulation sur Internet

Pour les plates-formes numériques, le régulateur de l’audiovisuel propose de nouvelles règles plus souples que pour les acteurs traditionnels.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 11h55
    |

            Alexandre Piquard








                        



                                


                            
« Refonder la régulation audiovisuelle est une nécessité », selon le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), qui a présenté mardi 11 septembre 20 propositions pour changer le cadre général fixé par la loi de 1986. Leur philosophie ? Le combat contre « l’asymétrie de régulation » qui « se creuse entre, d’une part, les acteurs traditionnels de l’audiovisuel, quels que soient leurs efforts d’adaptation à l’environnement d’Internet, et d’autre part, les nouveaux acteurs, qui demeurent affranchis d’obligations pourtant incontestablement justifiées », a expliqué le président Olivier Schrameck.

C’est une « démarche particulière » pour une autorité administrative indépendante de suggérer des pistes de réformes aussi précises, a admis M. Schrameck. Mais le CSA cherche à saisir une « opportunité » politique. En effet, Emmanuel Macron, par la voix de sa ministre de la culture, Françoise Nyssen, a annoncé une grande loi audiovisuelle pour 2019. Ce texte devra notamment transposer en droit français la nouvelle directive européenne sur les services de médias audiovisuels (SMA), en cours de finalisation.
La première ambition du CSA est d’intégrer les grandes plates-formes numériques : non seulement les plates-formes de vidéo à la demande par abonnement comme Netflix ou Amazon Prime, déjà visées par la directive SMA, mais aussi les grands réseaux de partage comme YouTube ou Facebook. Et également « les plates-formes de streaming audio », comme Spotify ou Deezer.
Une extension de pouvoirs très sensible politiquement
Conscient du caractère politiquement très sensible de toute volonté d’extension des pouvoirs du CSA sur le Web, M. Schrameck a précisé qu’il fallait bien sûr « se garder de la tentation déraisonnable et liberticide d’une régulation globale d’Internet ».
Plutôt qu’une autorégulation, le CSA souhaite la « corégulation », dans laquelle il surveille l’application par un service...



                        

                        


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Eli Pariser : « Il est vital de résoudre les problèmes de l’information en ligne »

Le militant et entrepreneur américain, théoricien du concept de « bulles de filtres », travaille pour Reporters sans frontières sur l’information et la démocratie. Il explique au « Monde » les enjeux qu’il souhaite y aborder.





LE MONDE
 |    12.09.2018 à 09h53
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 10h07
    |

            Damien Leloup (Propos recueillis par)





Eli Pariser est le directeur général du média en ligne Upworthy, et président du conseil de l’association progressiste MoveOn. Ce militant et entrepreneur américain est aussi le théoricien du concept de « bulles de filtres », détaillé dans un livre publié en 2011, selon lequel les réseaux sociaux nous enferment dans des « bulles » de pensée en nous présentant en permanence des idées avec lesquelles nous sommes déjà d’accord.
A l’occasion de son passage à Paris, dans le cadre du lancement par Reporters sans frontières (RSF) d’une commission – dont il est membre – pour définir un pacte international pour l’information et la démocratie, Eli Pariser explique au Monde les enjeux qu’il souhaite y aborder : le rôle des réseaux sociaux dans la diffusion de l’information.
Pourquoi avez-vous rejoint ce projet lancé par RSF ?
Eli Pariser : Parce que c’est important. Cela fait un moment que je réfléchis à la question fondamentale : comment pouvons-nous réparer les grands principes qui sous-tendent l’information ? Ce pacte est une excellente opportunité de le faire. Il y a beaucoup de concepts et de mots que l’on utilise couramment, et qui ont des sens très différents en fonction de qui les utilise.
Vous faites allusion à l’expression « fake news », souvent galvaudée ?
Oui, il y a cette expression. Mais aussi des questions beaucoup plus fondamentales, comme ce que veut dire « être bien informé ». Il y a des formats, des manières de s’exprimer, qui aident ou, au contraire, gênent la construction d’une sphère de débat public. Par exemple, je pense qu’il faut porter une grande attention à ce que fait Facebook. Que ça soit bien ou mal, ils sont confrontés à beaucoup de questions importantes : comment définit-on le fait d’être informé ? Comment définit-on la confiance ? La pertinence ? Les réponses de Facebook définissent la manière dont s’informent des milliards de personnes.
Aux Etats-Unis, Facebook cherche à savoir ce que vous savez déjà, et quels types de contenus amélioreront vos connaissances. Cela part d’une bonne intention. Mais je ne pense pas que la connaissance des faits suffise pour être bien informé. La recherche l’a démontré. Cela ne veut pas dire que les faits ne sont pas importants, mais qu’il y a d’autres facteurs tout aussi importants pour la bonne information de citoyens actifs et réfléchis.
Vous écriviez en 2011 que nous étions « sur le point de développer l’équivalent psychologique de l’obésité » dans notre rapport à l’information en ligne. Sommes-nous devenus « infobèses » ?
Ce qui est fascinant, pour filer la métaphore, c’est que, pendant très longtemps, les restaurants de fast-food se sont développés à une vitesse incroyable. Mais à un moment, les consommateurs ont compris que manger des hamburgers tous les jours créait des problèmes de santé, et ils ont cherché d’autres options. Nous voyons aujourd’hui toute une gamme de fast-foods qui proposent de la nourriture plus saine, ou issue de l’agriculture raisonnée.
En termes d’information, nous avons atteint ce point de bascule. Il y a aujourd’hui suffisamment de personnes qui s’interrogent sur leur propre utilisation des réseaux sociaux pour inciter à l’invention d’alternatives.
L’élection présidentielle américaine de 2016 a-t-elle eu un rôle dans ce processus ?
Ce n’est pas l’unique raison. Un exemple personnel : j’ai deux enfants, nés en 2014 et 2017. Entre les deux naissances, ma relation avec mon smartphone a changé. Cette technologie trouve des manières très subtiles de nous attirer, et je pense que je ne suis pas le seul à m’être demandé récemment pourquoi je regardais Twitter alors que j’avais un bébé avec moi ! Ces deux phénomènes se sont combinés : l’élection de Trump a été un électrochoc pour beaucoup, mais il y a aussi eu le sentiment grandissant que nous n’utilisions pas notre temps de la meilleure manière.
C’est aussi une tendance dans les rédactions, avec une part grandissante de journalistes qui abandonnent ou limitent leur usage des réseaux sociaux, principalement Twitter. Est-ce un indicateur d’une tendance générale ?
Je ne pense pas que cela soit vrai. Le comportement des journalistes et des personnes qui sont plongées dans le bain de l’actualité est extrêmement différent de celui des personnes qui en sont les plus éloignées. Twitter est par bien des aspects un phénomène des élites surdiplômées.
Mais les réseaux sociaux restent encore un outil important pour s’informer. Si Facebook cessait subitement de diffuser des informations, cela ne serait pas une bonne chose. Cela couperait complètement une partie de la population de l’information, des personnes qui ne sont pas habituellement en recherche d’actualités.
Les patrons de presse eux aussi sont de plus en plus méfiants vis-à-vis des réseaux sociaux…
Il y a eu une forme de surcorrection. Au début, les patrons de presse n’y prêtaient aucune attention, puis soudainement ils s’y sont beaucoup intéressés. Mais je suis aussi très méfiant vis-à-vis des idées « à la mode » dans les rédactions. Par exemple, en ce moment, il y a tout cet enthousiasme pour les modèles sur abonnement. Il est parfaitement compréhensible : par bien des aspects, il vaut mieux dépendre de vos lecteurs que d’annonceurs ou de réseaux sociaux. Mais ce n’est pas une solution parfaite, du point de vue du rôle démocratique des médias. Les lecteurs qui sont prêts à payer ne sont qu’une toute petite partie de la population. Tous les modèles économiques ont leurs biais.
Facebook, qui a longtemps affirmé que les « bulles de filtres » n’étaient pas une réalité tangible, réfléchit désormais à la manière de présenter plusieurs points de vue sur un même sujet.
Aujourd’hui, depuis Mark Zuckerberg jusqu’aux employés du bas de l’échelle, tout Facebook se pose sérieusement la question de savoir quelles sont les dynamiques sociales à l’œuvre sur sa plate-forme, et quelle y est la sociologie de l’information.

   


Dans le détail, le simple fait de présenter une variété de points de vue peut avoir des conséquences négatives. Nous en avons tous fait l’expérience : si vous lisez un média qui est à l’opposé complet de vos convictions, tout ce que vous en retirez est une déduction que le camp d’en face est composé d’abrutis. Les médias très partisans, comme Fox News aux Etats-Unis, prennent depuis longtemps une apparence d’équité tout en présentant des opinions qui renforcent vos idées préconçues : ils présentent une version caricaturale de la position adverse, avant de la démonter. C’est très divertissant, mais cela n’incite aucunement à la réflexion.
Nous n’en sommes qu’au début de notre compréhension de ces phénomènes. Je pense qu’on peut mettre les gens dans un environnement qui favorise une réelle conversation. Savoir comment on crée ces espaces est l’une des grandes questions pour l’avenir. Restera à savoir si un modèle économique qui repose sur la publicité, et donc une forme de manipulation, est compatible avec ces aspirations.
Que pensez-vous de la solution évoquée par Jack Dorsey, le PDG de Twitter, qui a parlé d’un projet pour afficher des messages de personnes que vous ne suivez pas, et avec qui vous n’êtes pas d’accord ?
Cela peut être bon ou mauvais, tout dépend de la manière dont c’est mis en place. Si vous m’affichez une liste d’articles provenant de sources que vous ne lisez jamais, mais partagées par des personnes à qui vous faites confiance, c’est un service extrêmement utile. Si vous vous contentez de m’agresser avec des messages que je trouve révoltants, j’ai plus de doutes sur la démarche.
L’autre discours que l’on entend beaucoup dans la bouche des créateurs de réseaux sociaux, c’est « faites-nous confiance »…
Peut-on leur faire confiance ? La réponse courte est non. Pas parce qu’ils ne sont pas sincères ou volontaristes, mais parce que c’est presque impossible de construire une structure sociale qui marche pour des milliards d’utilisateurs dans tous les pays du monde. Ce n’est pas une tâche qu’une poignée de personnes est capable d’accomplir. Il n’y a pas « un algorithme pour les diriger tous » qui fonctionne pour 192 pays, sans écraser tout ce qui fait la richesse et l’individualité des pays.
La polarisation de la société n’est, cependant, pas uniquement causée par les réseaux sociaux.
Non. Il y a un réseau d’interactions très complexes entre les citoyens, les médias et les plates-formes, qui n’est pas le même aux Etats-Unis qu’en Europe, où il y a beaucoup de bons médias publics et des dynamiques politiques différentes. Aux Etats-Unis, la polarisation est aussi géographique, et c’est le cas depuis cinquante ans.
Par ailleurs, les médias sont tout à fait capables de polariser le débat sans l’aide des réseaux sociaux. Lorsque vous passez beaucoup de temps sur Internet, il est facile de croire que tout l’écosystème politique et médiatique est dominé par ce qui se passe en ligne. Mais nous n’en sommes pas là. La plupart des gens s’informent à la télévision. C’est un média en déclin, mais qui est toujours extrêmement puissant. Il faudra encore dix ans environ avant que ce qui se passe en ligne soit vraiment le moteur de la politique et des médias.
Il y a beaucoup de gens qui pensent que Trump a utilisé les réseaux sociaux pour influencer le vote des citoyens, et que c’est comme ça qu’il a gagné. Je n’y crois pas du tout. Trump et l’extrême droite se sont servis des réseaux sociaux pour peser, de manière très forte, sur les sujets abordés par les grands médias, ce qui a eu une influence sur le vote. Ce qui devrait concentrer notre attention, c’est ce double jeu qui permet à des théories conspirationnistes de passer dans l’espace public médiatique.
Vous semblez, malgré tout, optimiste sur l’avenir de l’information en ligne ?
Comme le disait Gramsci, j’ai le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté. Je ne sais pas comment nous allons résoudre tous ces problèmes, mais je sais qu’il est vital d’essayer. Nous parlons de phénomènes qui sont encore très jeunes – tant de choses ont changé en dix ans. Je ne pense pas que les plates-formes peuvent tout résoudre seules. Mais on voit de plus en plus de chercheurs, d’ingénieurs et de journalistes qui y travaillent ensemble.




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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ Editorial. Mercredi, les députés européens doivent se prononcer sur une directive visant à moderniser le copyright. Véritable enjeu pour les éditeurs de presse, l’industrie musicale et la production audiovisuelle.
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Google, Facebook : menaces sur l’information

Editorial. Mercredi, les députés européens doivent se prononcer sur une directive visant à moderniser le copyright. Véritable enjeu pour les éditeurs de presse, l’industrie musicale et la production audiovisuelle.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h31
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 13h16
   





                        


Editorial du « Monde ». Le Parlement européen va procéder, mercredi 12 septembre, à un vote important pour l’avenir de la presse et celui de la création artistique. Les élus sont invités à se prononcer sur une directive visant à moderniser le copyright, les règles européennes existantes ayant été établies avant que l’Internet ne devienne un vecteur majeur de diffusion des contenus protégés par des droits d’auteur.
La Commission européenne, à l’origine de ce texte, part d’une intention louable : rendre plus aisé l’accès en ligne des contenus, notamment aux chercheurs, en dépoussiérant un système du copyright excessivement complexe. En parallèle, il s’agit de redonner du pouvoir de négociation aux ayants droit (éditeurs de presse ou de musique, production audiovisuelle) vis-à-vis de la domination des géants du Web, qui utilisent ces contenus à vil prix.
Deux articles concentrent les débats autour de ce nécessaire rééquilibrage. L’article 11 propose de conférer aux éditeurs de presse un « droit voisin », c’est-à-dire proche de celui des droits d’auteur, qui leur permettrait de réclamer une rétribution aux plates-formes diffusant des liens hypertextes vers leurs contenus.
L’article 13 recommande que les plates-formes diffusant des contenus téléchargés par les internautes « prennent des mesures (…) appropriées et proportionnées » pour faire respecter leurs accords avec les titulaires de droits, dès lors que les contenus téléchargés reproduisent des œuvres protégées par le copyright.
Un défi démocratique majeur
Depuis, le débat s’intensifie entre les géants du Web et les tenants d’un Internet « libre » d’un côté, les éditeurs et les ayants droit de l’autre. Les premiers, criant à la censure et dénonçant une future « taxe » sur les liens hypertextes, ont fait basculer le vote des eurodéputés contre le texte début juillet. Faux, protestent les seconds : les éditeurs n’ont pas l’intention de faire payer systématiquement les liens vers leurs contenus. Quant au filtrage des contenus, il existe déjà, et personne ne crie à la censure.
Certes, le texte est loin d’être parfait. Dans la version une première fois amendée par le Parlement européen, l’article 13, trop vague, risquait d’imposer une charge administrative trop lourde sur les petits sites de téléchargement, voire de faire porter la responsabilité du non-respect du copyright sur les internautes. La version renégociée ces derniers jours à Strasbourg devrait tenir compte de ces inquiétudes.

        Lire aussi :
         

                Ce que propose concrètement la directive européenne « copyright »



L’article 11 ne résoudra pas non plus à lui seul toutes les difficultés de la presse. Des mesures assez semblables, mises en place en Espagne et en Allemagne, se sont soldées par des échecs. Le changement d’échelle du dispositif, à la taille de l’UE, garantirait-il son succès ? C’est loin d’être gagné, face à des mastodontes peu concernés par la défense de la qualité de l’information.
L’adoption de cette directive, après le long débat qu’elle a suscité, n’en constituerait pas moins un signal supplémentaire dans une prise de conscience qui ne cesse de grandir. Ce qui menace l’information, ce n’est pas tant l’exploitation des liens par les moteurs de recherche et les réseaux sociaux, c’est le fait que Google et Facebook absorbent chaque année plus de 100 % de la croissance de la publicité. Leur duopole a asséché ces ressources en cassant les prix et en collectant des données personnelles à une échelle jamais imaginée. Ce déséquilibre flagrant soulève un défi démocratique majeur. C’est cette situation de domination sans partage qu’il faut désormais remettre en cause.

        Lire aussi :
         

                A Bruxelles, l’intense guerre des lobbys autour de la directive « copyright »




Notre sélection d’articles et points de vue sur la directive sur les droits d’auteurs
Retrouvez nos principaux contenus sur le sujet :
Qu’est-ce que la directive sur le droit d’auteur ?Que peut changer la directive européenne sur le droit d’auteur pour les internautes ?Il s’agissait d’un vote important pour l’avenir de la presse et celui de la création artistique, estimait l’éditorial du « Monde » : Google, Facebook : menaces sur l’informationDes personnalités ont appellé les députés européens à voter en faveur de la directive : plusieurs ministres européens, dont Monika Grütters (Allemagne) et Françoise Nyssen (France), le PDG de l’agence de presse AFP Fabrice Fries, le directeur général de la Sacem, Jean-Noël Tronc, une quarantaine de députés LRM, LR, Modem et Constructifs...D’autres s’y sont opposés comme le producteur de musique Pascal Nègre, et le chercheur Félix Tréguer, qui dénonce une « censure ». 





                            


                        

                        


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Directive sur le droit d’auteur : « Les GAFA doivent accepter un partage de la valeur », selon le patron de l’AFP

Fabrice Fries assume son lobbying en faveur du texte européen sur le droit d’auteur.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 11h24
 • Mis à jour le
12.09.2018 à 18h29
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

L’Agence-France-Presse s’est fortement engagée pour l’adoption de la directive européenne sur le droit d’auteur, qui instaure un filtrage des contenus en ligne et un « droit voisin » susceptible de permettre aux éditeurs de presse de négocier des revenus avec les plateformes numériques des « GAFA » (Google, Amazon, Facebook ou Apple). Fabrice Fries, nouveau PDG depuis avril et ancien président de Publicis Consultants, peut se féliciter de l’adoption du texte par le Parlement européen, mercredi 12 septembre.

Les députés européens qui ont rejeté en juillet la directive sur le droit d’auteur sont-ils dans l’erreur ?
Oui. Je ne comprends pas qu’on doive lutter pour ce qui devrait tomber sous le sens : la fin de la reprise de nos contenus sans compensation par des plateformes numériques qui récupèrent au passage la quasi-intégralité des revenus publicitaires associés à une production dont elles ne sont en rien à l’origine. Que cette question suscite de telles crispations me laisse pantois. Refuser de nouveau le texte serait un mauvais coup pour l’image du Parlement européen.
Quels revenus espérez-vous tirer d’un tel droit voisin ?
Je n’en ai aucune idée. Nous n’en sommes pas à nous partager un éventuel gâteau. D’ailleurs, il ne représentera peut-être que des miettes, si certains amendements soumis au vote en restreignent le champ d’application. C’est d’abord une question de principe. L’enjeu est de redonner de la valeur à l’information dans l’environnement numérique. L’information honnête et vérifiée devient un produit de luxe. Comme l’industrie du luxe, nous devons lutter contre la contrefaçon, en l’espèce incarnée par les GAFA.
De quels contenus parlez-vous : de dépêches AFP copiées-collées intégralement sur Facebook ? De simples reprises de lien vers un article, avec titre et chapeau ?
Il s’agit des contenus d’éditeurs et d’agences indexés sur les moteurs de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ L’ONG souhaite convaincre les démocraties de s’engager fermement dans ce projet, à l’heure où la liberté d’informer est confrontée à de multiples menaces.
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Reporters sans frontières lance le projet d’un « pacte international pour l’information et la démocratie »

L’ONG souhaite convaincre les démocraties de s’engager fermement dans ce projet, à l’heure où la liberté d’informer est confrontée à de multiples menaces.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 09h00
    |

            Damien Leloup








                        


Des Prix Nobel (Joseph Stiglitz, Mario Vargas Llosa) ; des journalistes de renom (la Prix Pulitzer Ann Marie Lipinski) : l’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) réunit mardi 11 septembre à Paris une commission de vingt-cinq personnalités de renom qu’elle a chargées de travailler à la rédaction d’une future « déclaration sur l’information et la démocratie ».
Soixante-dix ans après la Déclaration universelle des droits de l’homme, RSF a confié à ce comité hors norme la mission d’élaborer un texte « qui aura pour objet d’énoncer des principes, de définir des objectifs et de proposer des modalités de gouvernance » afin de « mobiliser tous ceux qui sont attachés à préserver un espace public libre et pluraliste, condition de la démocratie ».
La future déclaration vise à fédérer l’engagement non seulement d’Etats mais aussi d’entreprises privées. « Il y a urgence » pour Christophe Deloire, secrétaire général de RSF et coprésident, avec la Prix Nobel de la paix Shirin Ebadi, de la commission qui rédigera le texte.
« Les garanties démocratiques sur l’information sont en péril ; les frontières ont été balayées, qu’il s’agisse des garanties posées par les lois nationales, des séparations entre les contenus publicitaires et éditoriaux ou par la concurrence déloyale, comme celle des régimes despotiques qui exportent des informations fausses tout en contrôlant l’information qui parvient à leurs citoyens. La crise est systémique. »
Les plates-formes numériques sont concernées
RSF espère pouvoir reposer les principes fondamentaux du droit à l’information, et obtenir des engagements fermes de gouvernements d’Etats démocratiques pour faire également pression sur des régimes moins libéraux. Si l’initiative est lancée par RSF, la commission sera indépendante de l’organisation.
Le texte final devrait être prêt d’ici à novembre, avant la réunion à Paris de près d’une centaine de chefs d’Etat pour les cérémonies du centième anniversaire de l’armistice qui mit fin à la première guerre mondiale. RSF a déjà noué des contacts avec sept chefs d’Etat, « sur tous les continents », pour leur demander de soutenir la démarche et de signer le futur « pacte international pour l’information et la démocratie ».
Le document final cherchera aussi à obtenir l’adhésion au « pacte » de grandes entreprises du numérique, qui comptent aujourd’hui parmi les plus importants diffuseurs d’informations. Les Etats ont un rôle à jouer, mais les géants de l’Internet aussi, estime Christophe Deloire.
« Les plates-formes numériques sont des éléments structurants de l’espace public ; ce sont elles qui créent les espaces de discussion et de choix. Ce qui ne veut pas dire qu’elles sont néfastes ; simplement, en tant que consommateurs, nous avons accepté beaucoup de choses auxquelles nous n’avons pas suffisamment réfléchi en tant que citoyens. »
La commission, qui commence ses travaux mardi 11 septembre, comptera plusieurs spécialistes du numérique, dont le président du CNRS, Antoine Petit, la militante des droits des internautes Nighat Dad ou encore le théoricien du concept de « bulle de filtre » sur les réseaux sociaux, Eli Pariser.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ Une centaine de personnalités – scientifiques, artistes, militants, même l’Eglise catholique – réclament l’interdiction immédiate de tous les pesticides de synthèse.
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« Nous voulons des coquelicots » : l’appel contre les pesticides lancé dans « Charlie Hebdo »

Une centaine de personnalités – scientifiques, artistes, militants, même l’Eglise catholique – réclament l’interdiction immédiate de tous les pesticides de synthèse.



LE MONDE
 |    11.09.2018 à 03h16
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 14h28
    |

            Stéphane Foucart








                        



   


C’est peut-être la première fois qu’un prélat de l’Eglise catholique s’associe à un texte publié par Charlie Hebdo. L’hebdomadaire satirique devait rendre public, mercredi 12 septembre, un appel demandant l’interdiction immédiate de tous les pesticides de synthèse, soutenu par diverses personnalités, dont Marc Stenger… l’évêque de Troyes. Intitulé « Nous voulons des coquelicots » et lancé par le chroniqueur Fabrice Nicolino, rescapé de l’attentat du 7 janvier 2015, l’appel se veut non partisan et entend initier « un grand mouvement en faveur de la vie », selon M. Nicolino. « Ce n’est ni l’appel de Charlie ni le mien, dit-il. C’est un appel lancé par des humains à d’autres humains. »
A l’heure actuelle, poursuit le chroniqueur, « le texte est signé par cent personnes qui ne sont pas particulièrement connues ou médiatiques, mais qui sont le reflet de la société française ». Le texte est néanmoins, d’ores et déjà, endossé par des associations, des personnalités scientifiques ou du monde médical, ou encore issues de l’univers du spectacle. M. Nicolino cite notamment Greenpeace, la Fondation GoodPlanet de Yann Arthus-Bertrand, la fédération d’associations France Nature Environnement, l’animateur Laurent Baffie, la chanteuse Emily Loizeau, le docteur Pierre-Michel Périnaud, président de l’association Alerte des médecins sur les pesticides (ALMP), forte de 1 200 membres, Didier Robiliard, le président de l’association France-Parkinson, ou encore le sénateur Joël Labbé (EELV).
« Nous ne reconnaissons plus notre pays »
« Il y a des gens de gauche, mais aussi des personnalités proches de la droite catholique, résume M. Nicolino. Ce n’est pas un nouvel appel à destination de la galaxie écolo. Il doit pouvoir être signé par toute personne qui ne veut pas vivre dans un monde où les gens sont de plus en plus malades, dans un monde sans oiseaux, sans insectes, sans coquelicots… » Le texte en lui-même est très bref. « Nous ne reconnaissons plus notre pays ; la nature y est défigurée, y lit-on. Le tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans, la moitié des papillons en vingt ans ; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards. Les grenouilles et les sauterelles sont comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde ! »

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Le caractère radical de l’exigence portée par l’appel – l’interdiction des centaines de produits phytosanitaires issus de la chimie de synthèse – n’a pas dissuadé le docteur Pierre-Michel Périnaud d’y apposer sa signature. « Il y a quelques années, je n’aurais pas adhéré à une telle demande, et j’aurais opposé une méthode plus pragmatique consistant à examiner les produits un par un, confie-t-il. Mais ce que l’on constate à mesure que les connaissances avancent, c’est que ce système d’évaluation, promu et imposé par l’industrie, et qui raisonne substance active par substance active, ne permet pas d’évaluer les risques réels. Il faudrait un demi-siècle pour réformer ce système, qui ne contrôle plus rien. Poser d’emblée la sortie des pesticides de synthèse permet de se placer dans un autre cadre d’action. »
Une action au long cours
Les premiers signataires entendent faire vivre l’appel pendant plusieurs mois et se fixent comme objectif de rassembler cinq millions de signatures en deux ans, par le truchement d’un site Internet en préparation. Une petite cocarde en tissu, en forme de coquelicot, est aussi en cours de fabrication. Fabrice Nicolino espère qu’elle deviendra rapidement à la défense de l’environnement ce que la petite main jaune arborant le « Touche pas à mon pote » de SOS-Racisme a été à l’antiracisme. D’autres initiatives sont en cours. Emily Loizeau confie travailler à l’écriture d’une chanson qui, « si le résultat est à la hauteur de la cause », dit-elle, accompagnera le mouvement. Un bref ouvrage en forme de plaidoyer, coécrit par Fabrice Nicolino et le militant anti-pesticides François Veillerette, paraît également ces jours-ci (Nous voulons des coquelicots, LLL, 126 p., 8 €).
Outre la publication de l’appel, Charlie Hebdo consacrera l’ensemble de son édition du 12 septembre aux pesticides et publiera les résultats de l’analyse de mèches de cheveux prélevées dans la rédaction, dans lesquelles des traces de « phytos » ont été recherchées. « Tout le monde en est farci », prévient Fabrice Nicolino.

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Telecom Italia : les deux actionnaires Vivendi et Elliott s’écharpent

Le fonds activiste américain a répondu, lundi 10 septembre, aux critiques du groupe de Vincent Bolloré qui dénonçait une « gestion désastreuse » de l’opérateur italien



LE MONDE
 |    10.09.2018 à 18h11
 • Mis à jour le
11.09.2018 à 11h43
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            
Quatre mois après leur union forcée, les noms d’oiseau continuent de fuser entre le fonds américain Elliott et Vivendi, qui siègent au conseil d’administration de Telecom Italia. Le groupe de Vincent Bolloré a publié, le 5 septembre, un communiqué au vitriol dénonçant la « gestion désastreuse de Telecom Italia » par le fonds américain.
Lundi 10 septembre, Elliott est sorti du bois. « Comment Vivendi peut-il se dédouaner de ses responsabilités alors qu’il a été aussi longtemps aux affaires ? », s’interroge l’américain, qui rappelle à Vivendi que c’est le groupe français lui-même qui a nommé l’actuel directeur général, l’Israëlo-Brésilien, Amos Genish.
Enfin, le fonds rappelle qu’il n’a jamais promis un doublement du cours de Bourse, comme l’affirme Vivendi, mais une augmentation du titre, à condition que ses recommandations soient adoptées. Ce qui n’a pour le moment pas été fait par le conseil. « Nous sommes en train d’exécuter un plan conçu et approuvé par Vivendi », a affirmé, vendredi 7 septembre, le président de Telecom Italia, choisi par Elliott, Fulvio Conti.
Perte de 38 % en Bourse
Le 4 mai, Vivendi, premier actionnaire de Telecom Italia avec 24 % du capital, a perdu la majorité au conseil d’administration au profit d’Elliott. Le groupe français n’exclurait pas de convoquer une nouvelle assemblée générale afin de bouter hors du groupe cet encombrant actionnaire. A ce stade, aucune décision ne semble prise.
Depuis l’arrivée d’Elliott, le titre Telecom Italia a perdu 38 % en Bourse. Plus qu’une mauvaise gestion, cette dégringolade est d’abord à mettre sur le compte de l’arrivée d’Iliad (dont Xavier Niel, le fondateur, est actionnaire du Monde) sur le marché italien, le 29 mai. En quelques mois, la marque française a conquis 2 millions de clients grâce à des prix cassés sur le mobile. « Jusque-là, Telecom Italia s’est montré assez résilient par rapport à Vodafone et Wind Tre. Mais Iliad a détérioré...




                        

                        

