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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ L’Etat californien pourrait rétablir le principe de neutralité du Net abrogé en juin par l’administration Trump.
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Neutralité du Net : la fronde de la Californie contre le régulateur américain des télécoms

L’Etat californien pourrait rétablir le principe de neutralité du Net abrogé en juin par l’administration Trump.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 17h59
    |

                            Alexandre Berteau








                        



   


La Californie n’entend pas se plier à la fin de la neutralité du Net, et tient à le faire savoir. Le 31 août, l’Assemblée californienne a approuvé un projet de loi visant à rétablir, et même renforcer, ce principe aboli en juin à l’initiative de la Maison Blanche. Instaurée en 2015 par l’administration Obama, la neutralité du Net interdisait jusque-là aux opérateurs de télécommunications de brider le trafic de certaines plateformes très consommatrices de bande passante – comme YouTube et Netflix – ou de faire payer davantage leurs utilisateurs.
Vendredi 14 septembre, la tension est montée d’un cran entre l’Etat californien et la Commission fédérale des communications (FCC), le régulateur des télécoms ayant voté l’abrogation de la neutralité du Net. Dans un discours prononcé devant les membres d’un think tank, le président de la FCC, Ajit Pai, a qualifié « d’illégale » la loi californienne prévoyant de restaurer ce principe. « Internet est un service qui dépasse les frontières d’un Etat américain. Il s’en suit que le gouvernement fédéral est le seul à pouvoir légiférer dans ce domaine », a martelé ce républicain nommé par Donald Trump.
Menace de poursuites judiciaires
Avant d’entrer en vigueur, « SB 822 », comme on désigne ce projet de loi, doit encore être signé par le gouverneur de Californie, Jerry Brown. Une étape qu’Ajit Pai n’a pas attendue pour laisser planer la menace de poursuites judiciaires.
Cette passe d’armes s’est ensuite poursuivie sur Twitter, où le sénateur démocrate à l’origine du projet de loi, Scott Wiener, n’a pas tardé à réagir aux propos du président de la FCC. « Le SB 822 est nécessaire et légal car Ajit Pai a renoncé à sa responsabilité de garantir un Internet ouvert. Contrairement à la FCC de Pai, la Californie n’est pas gérée par les grandes firmes des télécommunications », a-t-il fustigé.

Today Trump’s FCC Chairman, Ajit Pai, attacked our #NetNeutrality bill, #SB822. He’s upset that after he repealed net neutrality, someone noticed & did something about it. Sorry, Mr. Chairman, but if you won’t do your job & protect the internet, we‘ll do it for you. My statement: pic.twitter.com/mS2EpqR29b— Scott Wiener (@Scott_Wiener) 14 septembre 2018


Scott Wiener n’a pas manqué de rappeler un épisode douloureux pour les pourfendeurs de la neutralité du Net. Fin août, les sapeurs-pompiers du nord de la Californie ont vu leur connexion ralentie par l’opérateur Verizon, alors même qu’ils tentaient de vaincre le plus vaste incendie jamais connu dans leur Etat. « Ajit Pai n’a rien dit et n’a rien fait. Ce silence en dit bien plus que ses paroles aujourd’hui », a déploré le sénateur, bien que le lien entre cet incident et la fin de la neutralité du Net soit difficile à établir.
Une vingtaine d’Etats mobilisés contre la FCC
Les fournisseurs d’accès américains (AT&T, Verizon, T-Mobile, Sprint) réclament de longue date l’abrogation de la neutralité du Net. En les autorisant à faire payer davantage les consommateurs gourmands en données, cette mesure leur permettrait selon eux d’investir dans leurs infrastructures et d’améliorer la qualité du réseau. De leur côté, les défenseurs de ce principe fondateur d’Internet plaident qu’il garantit un accès égalitaire au trafic, tant pour les internautes que les entreprises.
La Californie n’est pas isolée dans cette fronde contre la FCC. Avant elle, l’Etat de Washington, le Vermont et l’Oregon ont eux aussi légiféré pour protéger la neutralité du Net. Le 20 août, les procureurs généraux de 23 Etats américains ont déposé plainte contre le régulateur devant les cours d’appel du pays. Mais la Californie dispose d’un soutien de taille : elle abrite la Silicon Valley, où nombre de géants du Web comme Facebook, Google, Twitter, Netflix ou Amazon sont montés au créneau contre la mise à mal de l’Internet ouvert dont ils ont profité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Vins aromatisés, peu caloriques et… sans alcool ! Les 18-21 ans n’ont pas les tabous de leurs aînés pour consommer sans subir les effets négatifs, explique la chercheuse en marketing Charlotte Massa dans une tribune au « Monde ».
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Les jeunes et le vin : « Le début d’un mouvement de grande ampleur »

Vins aromatisés, peu caloriques et… sans alcool ! Les 18-21 ans n’ont pas les tabous de leurs aînés pour consommer sans subir les effets négatifs, explique la chercheuse en marketing Charlotte Massa dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 16h03
    |

Charlotte Massa (Chercheuse en marketing à l’EM Strasbourg Business School, laboratoire Humanis)







                        



                                


                            

Tribune. Acheter de jeunes crus prometteurs ou des millésimes prestigieux à prix cassés, découvrir de nouvelles cuvées… Chaque année, de septembre à la mi-octobre, les amateurs sillonnent les foires aux vins pour alimenter leurs caves. Ce rendez-vous traditionnel est aussi le moment où apparaît au grand jour la profonde mutation à l’œuvre sur un marché aux codes ancestraux.
On achetait la réputation d’un château, on s’intéressait au terroir, à la qualité du sol, à l’ensoleillement des parcelles. Désormais, à côté des bouteilles classiques, fleurissent des flacons design, indiquant souvent juste le cépage. Le règne de l’image, comme dans d’autres secteurs, un marché qui s’internationalise, une offre simplifiée. Mais ne nous y trompons pas, ces changements ne sont que le début d’un mouvement de grande ampleur.
La recherche que nous avons menée avec Didier Bédé et Nathalie Maumon (Laboratoire gouvernance et contrôle organisationnel (LGCO) de l’université de Toulouse) auprès des jeunes Français de 18 à 21 ans (« Wine intergenerational transmission : an exploratory study of generation Z wine consumer behavior », présenté, en juin 2018, au congrès de l’Organisation internationale de la vigne et du vin) montre à quel point leur perception du vin est différente de celle de leurs aînés.
Technologie inventée par la NASA
L’authenticité du vin est beaucoup moins une valeur pour cette génération, baptisée génération Z, que pour les précédentes. Ils se disent largement ouverts aux nouveautés – vins aromatisés, vins étrangers, packaging différent. Leur faible attachement aux habituels bouchons en liège est symbolique : l’usage de bouchons à vis ne leur pose pas de problème. Ils apprécient aussi beaucoup les Bag-in-Box, ces fontaines à vin dont la technologie a été inventée par la NASA !
Certes, leur vision des choses est très influencée par les modèles parentaux. Alors qu’aujourd’hui, ils consomment surtout de la bière...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ L’économiste Jean-Marie Cardebat, dans une tribune au « Monde », invite à analyser tout autant les externalités positives que négatives de la filière viticole, afin que le politique puisse trancher en connaissance de cause
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Entre « risques liés à l’alcool » et « dynamisme économique », le dilemme du vin

L’économiste Jean-Marie Cardebat, dans une tribune au « Monde », invite à analyser tout autant les externalités positives que négatives de la filière viticole, afin que le politique puisse trancher en connaissance de cause



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 16h03
    |

Jean-Marie Cardebat (Professeur à l’université de Bordeaux)







                        



                                


                            

Tribune. La France connaît un déficit commercial qui se situe autour des 60 milliards d’euros par an depuis une quinzaine d’années. Très peu de secteurs affichent des excédents significatifs. Nos deux champions sont l’aéronautique et le vin (avec les spiritueux si l’on intègre le cognac), la pharmacie et le cosmétique arrivant en troisième position.
Le vin représente un excédent commercial net d’environ 10 milliards d’euros par an. En valeur, malgré une érosion de ses parts de marché, notre pays reste de loin le premier exportateur de vin au monde. Sa spécialisation dans le haut de gamme génère une forte valeur ajoutée, à l’instar de l’industrie automobile allemande. Il n’y a pas beaucoup d’autres secteurs d’excellence où la France puisse se targuer d’avoir le leadership mondial.
Bière, vin et spiritueux sur un même plan ?
En cette période de foires aux vins un peu partout en France, le pragmatisme économique voudrait que le secteur du vin soit soutenu et que son essor international soit favorisé.
Or l’actualité du vin se focalise plutôt sur la possibilité d’une nouvelle réglementation pour lutter contre les risques liés à l’alcool – violence, accidents, maladies, etc. –, après la publication de dix propositions de « mesures efficaces » proposées par l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie, et d’un article de l’hebdomadaire britannique The Lancet sur le lien entre consommation d’alcool et maladies (« Alcohol use and burden for 195 countries and territories, 1990-2016 : a systematic analysis for the Global Burden of Disease Study 2016 », 23 août).
Le débat n’est pas de nier ces externalités, bien au contraire – il faudrait d’ailleurs y ajouter les problèmes sanitaires liés à l’utilisation des pesticides – mais sans doute faudrait-il les évaluer plus finement.

Deux problèmes peuvent en effet conduire à des erreurs d’appréciation.
D’abord, peut-on...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Paul Virilio, mort à l’âge de 86 ans, s’est distingué tout au long de sa vie et de ses œuvres par une pensée libre et visionnaire.
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Mort de l’urbaniste, philosophe et essayiste Paul Virilio

Paul Virilio, mort à l’âge de 86 ans, s’est distingué tout au long de sa vie et de ses œuvres par une pensée libre et visionnaire.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 15h12
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 15h39
   





                        



   


L’urbaniste et philosophe Paul Virilio, ancien directeur de l’Ecole spéciale d’architecture, est mort à l’âge de 86 ans, a-t-on appris mardi 18 septembre auprès de sa famille et de la Fondation Cartier. « Paul Virilio a été victime d’un arrêt cardiaque le 10 septembre 2018. Selon ses vœux, les obsèques ont eu lieu dans la plus stricte intimité le 17 septembre 2018 », a fait savoir sa fille dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse par la Fondation Cartier.
Urbaniste, philosophe, essayiste et homme d’action, Paul Virilio s’est distingué tout au long de sa vie et de ses œuvres par une pensée libre et visionnaire. « Quelques jours avant son décès, il travaillait encore avec Jacques Arnould en vue de la parution d’un ouvrage et songeait, avec son ancienne élève, l’architecte Hala Wardé, à une nouvelle exposition » à la Fondation Cartier, a précisé sa fille Sophie Virilio.
Le philosophe, qui avait entrepris dans les années 1970 une réflexion centrée sur la vitesse, qu’il considérait comme un facteur essentiel d’organisation sociale et de contrôle politique, avait fondé au début des années 1960 le groupe Architecture Principe avec Claude Parent, mort en 2016, et publié le manifeste sur la Fonction oblique, qui marquera un tournant dans l’histoire de l’architecture française contemporaine.
Un philosophe de la désintégration des territoires
Marqué par l’expérience de la guerre – il est né en 1932 à Paris – et notamment le bombardement de Nantes, en 1943, où il dit avoir pour la première fois éprouvé ce qu’un jour il appellera l’« esthétique de la disparition », il fut aussi un philosophe de la désintégration des territoires.
Dans un entretien accordé à Libération en 2010, le philosophe estimait que « nous vivons une synchronisation de l’émotion, une mondialisation des affects ». « Au même moment, n’importe où sur la planète, chacun peut ressentir la même terreur, la même inquiétude pour l’avenir ou éprouver la même panique. C’est quand même incroyable ! Nous sommes passés de la standardisation des opinions – rendue possible grâce à la liberté de la presse – à la synchronisation des émotions (…) Nos sociétés vivaient sur une communauté d’intérêts, elles vivent désormais un communisme des affects », analysait-il.
Il a publié plus d’une trentaine d’essais et collaboré aux revues Esprit, Cause commune, Critique, Traverses, Architecture d’aujourd’hui, Urbanisme…
Dans les années 1980, aux côtés du père Patrick Giros (mort en 2002), il s’était engagé en faveur des sans-logis et des exclus. En 1992, il fait ainsi partie du Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées.

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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’économiste Jean-Marie Cardebat, dans une tribune au « Monde », invite à analyser tout autant les externalités positives que négatives de la filière viticole, afin que le politique puisse trancher en connaissance de cause
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L’économiste Jean-Marie Cardebat, dans une tribune au « Monde », invite à analyser tout autant les externalités positives que négatives de la filière viticole, afin que le politique puisse trancher en connaissance de cause



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 15h11
   





                        


                                                                                                                



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Si le président Macron veut vraiment lutter contre le « déterminisme social » pour « éradiquer la pauvreté », il faut augmenter les minima sociaux, estime l’économiste Didier Gelot, dans une tribune au « Monde ».
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« Un plan pauvreté qui interroge »

Si le président Macron veut vraiment lutter contre le « déterminisme social » pour « éradiquer la pauvreté », il faut augmenter les minima sociaux, estime l’économiste Didier Gelot, dans une tribune au « Monde ».



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 14h46
    |

                            Didier Gelot (Economiste)








                        



                                


                            

Tribune. Dans le discours qu’Emmanuel Macron a prononcé le 13 septembre au Musée de l’homme pour présenter son plan pauvreté, le président a indiqué vouloir combattre le « déterminisme social », en finir avec les actions palliatives et privilégier la prévention de l’exclusion en s’attaquant en priorité à la pauvreté infantile.
Si l’on ne peut que partager le constat selon lequel la pauvreté des enfants constitue un point particulièrement préoccupant (elle touchait un jeune de moins de 18 ans sur cinq en 2015, rappelle l’article « Enfants pauvres, enfants démunis : quels indicateurs ? » dans le n°1 des Cahiers de l’Onpes, octobre 2017), centrer le plan sur cette question interroge. En effet, un enfant n’est pas « pauvre » lui-même. Ce sont ses parents qui sont pauvres.

Adapter les places d’hébergement d’urgence aux familles (monoparentales) avec enfant(s), augmenter le nombre de places en crèche ou instaurer des petits-déjeuners dans les écoles des quartiers prioritaires va dans le bon sens. Mais cela ne ferait que répondre aux demandes anciennes des associations. De même, la poursuite de l’accompagnement des bénéficiaires de l’aide sociale à l’enfance après leurs 18 ans, l’importance donnée au suivi des jeunes ni en emploi ni en formation, ou le développement de la garantie jeunes sont des mesures déjà mises en œuvre (quoique insuffisamment) par les précédents plans de lutte contre la pauvreté.
Inefficacité
Ces mesures ne constituent donc pas une « révolution copernicienne dans l’approche des questions de pauvreté », comme l’a déclaré le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. Mais surtout, on peut pronostiquer qu’elles risquent d’autant moins d’être suivies d’effets positifs qu’elles ont déjà été menées au Royaume-Uni par le gouvernement de Tony Blair, puis abandonnées, au vu de l’inefficacité pointée par les travaux d’évaluation menés par la suite (« La Pauvreté infantile...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans un tribune adressée au « Monde », un collectif s’inquiète que le diabète ou les maladies cardiovasculaires frappent désormais tous les pays, qu’ils soient à revenus élevés ou faibles. Ces pathologies sont aujourd’hui la principale cause de décès sur la planète.
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La « lutte contre les maladies non transmissibles », une urgence sanitaire mondiale

Dans un tribune adressée au « Monde », un collectif s’inquiète que le diabète ou les maladies cardiovasculaires frappent désormais tous les pays, qu’ils soient à revenus élevés ou faibles. Ces pathologies sont aujourd’hui la principale cause de décès sur la planète.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 13h13
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 16h27
    |

                            Collectif








                        



                                


                            
Tribune. L’évolution de la consommation alimentaire et les modes de vie de plus en plus sédentaires ont un fort impact sur la santé ­humaine et sur l’environnement et renforcent les risques de développer des maladies non transmissibles (MNT), dont le diabète ou les maladies cardiovasculaires font partie.
Depuis plus de dix ans, elles sont devenues les principales causes de décès dans le monde, entraînant 15 millions de morts prématurées chaque année. Ces changements de modes de vie frappent aujourd’hui de plein fouet les pays à revenus faibles et intermédiaires. Contrairement aux idées reçues, surpoids et obésité sont le lot d’un grand nombre d’habitants en Afrique de l’Ouest. Qui pourrait imaginer que 38 % des femmes en âge de procréer y sont déjà en surpoids et que 15 % sont obèses.
L’augmentation de la consommation de matières grasses d’origine animale et d’aliments industriels, conjuguée à une urbanisation massive, source de changements de modes de vie plus propices aux MNT, sont les causes de ces transitions au niveau épidémiologique.

L’industrie agroalimentaire, moteur de ces changements, impacte la santé humaine mais aussi l’environnement. L’intensification des modes de production, la surconsommation de viande, l’utilisation massive de produits chimiques dans l’agriculture (glyphosate), l’utilisation de substances chimiques et d’emballages (phtalates) pour conserver les aliments ont un impact majeur sur l’environnement et participent aux fortes émissions de CO2.
En parallèle, trop de gras, de sucré, d’aliments trop ­riches en calories ainsi qu’une consommation importante de boissons sucrées et d’alcools ou d’aliments contaminés par des pesticides, associés à une baisse de l’activité physique, sont des facteurs de risques importants de MNT. Le diabète illustre parfaitement ce lien fort entre santé des populations et santé de notre planète et les défis liés.
90 % des cas de diabète seraient évitables avec...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ L’économiste Nicolas Colin constate dans sa chronique la divergence radicale entre l’enrichissement constant des Etats-Unis et le déclassement spectaculaire d’une proportion croissante d’Américains.
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Trump ou « les illusions de la prospérité »

L’économiste Nicolas Colin constate dans sa chronique la divergence radicale entre l’enrichissement constant des Etats-Unis et le déclassement spectaculaire d’une proportion croissante d’Américains.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 11h31
    |

Nicolas Colin (Enseignant à la chaire Technology, Governance and Institutional Innovation à l’Ecole d’affaires publiques de Sciences Po)







                        



                                


                            

Transformations. L’élection de Donald Trump à la Maison Blanche a fait émerger une voix forte et inédite dans le débat public aux Etats-Unis : celle de Sarah Kendzior, auteure de The View From Flyover Country. Dispatches From The Forgotten America (Flatiron Books, 2018, non traduit).
Deux particularités ont préparé cette habitante de Saint-Louis (Missouri) à devenir l’une des expertes de la nouvelle Amérique. La première, c’est que, docteure en science politique, elle a pour spécialité l’étude des régimes autoritaires d’Asie centrale. Or la présidence de Trump, avec sa corruption, son népotisme et ses dérives antidémocratiques, rappelle ces régimes à bien des égards.
La seconde particularité, c’est que Mme Kendzior vit donc dans le « flyover country », ces contrées méconnues et défavorisées que beaucoup d’Américains survolent sans jamais s’y arrêter. Avant de devenir célèbre en 2016, elle gagnait d’ailleurs sa vie comme pigiste en consacrant des articles, dans Quartz ou Al Jazeera, à la situation des Américains de l’intérieur : chômage endémique, salaires de misère, problèmes de santé publique comme l’obésité et l’addiction aux opiacés, et ce profond sentiment de décrochage et d’abandon qui, d’une certaine manière, explique la victoire de Trump.
De plus en plus renoncent à chercher du travail
Un thème, en particulier, revient en permanence dans son livre : la divergence radicale entre l’enrichissement constant des Etats-Unis et le déclassement spectaculaire d’une proportion croissante d’Américains.

Le faible taux de chômage, par exemple, est, pour Mme Kendzior, une illusion. La qualité des emplois se dégrade, avec la montée de la sous-traitance et la multiplication des contrats à temps partiel ou de courte durée. La majorité des emplois sont aujourd’hui créés dans des secteurs, à l’instar de celui de la restauration, dans lesquels les salaires sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ L’incontestable force de séduction du djihadisme oblige l’Occident à s’interroger sur ses valeurs, qu’il pensait jusqu’alors universelles. C’est l’objet de « La Religion des faibles » de Jean Birnbaum, responsable du « Monde des livres ». Extrait.
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« Que se passe-t-il quand ceux qui frappent l’Occident se moquent de la justice sur terre ? »

L’incontestable force de séduction du djihadisme oblige l’Occident à s’interroger sur ses valeurs, qu’il pensait jusqu’alors universelles. C’est l’objet de « La Religion des faibles » de Jean Birnbaum, responsable du « Monde des livres ». Extrait.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 16h14
    |

            Jean Birnbaum








                        



                                


                            

Bonnes feuilles. Le monde d’après la chute du mur de Berlin était moins angoissant que celui d’après la chute des tours. Ceux qui ont fait trembler l’Amérique et l’Occident tout entier, le 11 septembre 2001, utilisaient un langage radicalement étranger, porteur d’une double rupture : d’une part, la guerre contre l’Ouest n’était plus une guerre civile, menée au nom des valeurs de l’Ouest ; d’autre part, l’assaut était donné par des hommes qui prétendaient non seulement lutter contre la domination de l’Occident, mais aussi rivaliser avec lui en bâtissant leur propre hégémonie.
Dans ses textes, Ben Laden opposait sans cesse le fier courage des « lions » musulmans, conscients qu’il n’y a de force qu’en Allah, aux « mulets » efféminés de l’Occident, châtrés par cette « religion païenne » qu’est la démocratie. « Ne perdez pas courage ; ne vous affligez pas, alors que vous êtes des hommes supérieurs, si vous êtes croyants », pouvait-on lire dans la « Déclaration du Front islamique mondial pour le djihad contre les Juifs et les Croisés », dès 1998.
(…) Les hommes qui ont rédigé ces lignes sont ceux qui ont donné naissance à une internationale militante aujourd’hui sans rivale, ceux aussi qui ont infligé à la plus grande puissance capitaliste du monde une humiliation spectaculaire. Aux yeux des progressistes occidentaux, le tournant était sévère par rapport à la période des luttes anticoloniales ou même à la séquence altermondialiste. On comprend aussi que ce tournant ait valu traumatisme : « autre chose » avait surgi, enfin, et c’était le cauchemar.
Au moment même où la galaxie altermondialiste s’essoufflait, on voyait s’imposer une nébuleuse visant non pas un autre monde, plus libre, plus juste, mais une « alter-hégémonie ». Et l’islamisme lui-même ne pouvait plus passer pour une flambée obscurantiste qui nourrirait, en dernière instance, le feu de l’émancipation universelle : cet incendie fanatique menaçait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Editorial. Le 13 septembre 1993, Rabin et Arafat signaient les accords d’Oslo, qui dessinaient l’émergence d’un Etat palestinien. Un quart de siècle plus tard, la crise dans la région est toujours vive.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Proche-Orient : vingt-cinq ans de rendez-vous manqués

Editorial. Le 13 septembre 1993, Rabin et Arafat signaient les accords d’Oslo, qui dessinaient l’émergence d’un Etat palestinien. Un quart de siècle plus tard, la crise dans la région est toujours vive.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 16h56
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il y a vingt-cinq ans, un vent d’optimisme soufflait sur la Maison Blanche. En ce 13 septembre 1993, Bill Clinton, bras écartés, saluait la poignée de main entre le premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, et le chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat. ­Négociés en secret auparavant dans la capitale norvégienne, les accords d’Oslo reposaient sur une reconnaissance mutuelle entre l’OLP et l’Etat hébreu. Ils commençaient à tracer un chemin par étape vers l’émergence d’un Etat palestinien.
Deux ans plus tard, en novembre 1995, le premier ministre israélien était assassiné par un extrémiste juif. Les questions non résolues, brûlantes, demeuraient sur la table, comme le statut final de Jérusalem ou la question des réfugiés palestiniens et de leurs descendants. Malgré de nouveaux cycles de négociation, la paix n’a cessé de se dérober. Tandis que le vocabulaire d’Oslo, autour du concept de « solution à deux Etats », se vidait peu à peu de sa substance, un profond pessimisme s’est installé au sein des deux sociétés.
Division et pessimisme
Côté palestinien, la division entre factions a provoqué la séparation de destin entre la Cisjordanie et la bande de Gaza. Côté israélien, ce pessimisme s’explique par l’expérience des attentats sanglants de la seconde Intifada, au début des années 2000, et la prise de contrôle de Gaza par le Hamas après le retrait unilatéral des colons qui y vivaient. L’idée qu’il n’y avait pas de partenaire crédible pour faire la paix a fini par s’imposer. La colonisation s’est accélérée, au mépris du droit international. De 113 000 environ au moment des accords d’Oslo, selon l’organisation La Paix maintenant, le nombre de colons est passé à 413 000 fin 2017.

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La Cisjordanie est mangée, colline après colline, par les colonies. Dans le débat public israélien, des idées, encore marginales ces dernières années, comme l’annexion pure et simple de la zone C (60 % de la Cisjordanie) ou la légalisation de tous les avant-postes, se sont banalisées à droite. La bande de Gaza est devenue, après un blocus de onze ans imposé par Israël et l’Egypte, l’un des territoires les plus denses et les plus insalubres du monde.
Le « deal du siècle » de Trump
A cette atmosphère déjà lourde s’est ajoutée la présidence Trump. Dès son arrivée à la Maison Blanche, celui-ci a prétendu parvenir au « deal du siècle » au Proche-Orient, en brisant, un par un, les fragiles consensus du passé. Sa stratégie consiste à favoriser un rapprochement sans précédent entre Israël et les pays arabes, à commencer par l’Arabie saoudite, en forçant la direction palestinienne à accepter une paix aux conditions les plus favorables possibles pour l’Etat hébreu.

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                Les Etats-Unis vont fermer la mission palestinienne à Washington



Le médiateur américain n’a jamais été impartial. Mais, cette fois, il est plus pro-israélien qu’Israël, au risque de mettre en péril la sécurité à long terme de l’Etat hébreu. La reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël, puis les punitions financières contre les Palestiniens et l’arrêt du financement de l’UNRWA, la mission de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, portent en eux les germes de violences futures.
Israël s’est habitué à vivre avec l’idée qu’il payait un prix relativement faible pour l’occupation, notamment sur le plan international – grâce à la protection américaine. Mais croire que les Palestiniens nés après Oslo, soumis au régime discriminatoire de l’occupation, renonceront un jour à être des citoyens relève de la cécité politique.

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                Le Palestinien qui voulait être maire de Jérusalem






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ En revenant aux fondamentaux de l’extrême droite, la présidente du Rassemblement national prépare la revanche de la présidentielle, analyse Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique.
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« Négliger Marine Le Pen serait une lourde erreur de jugement »

En revenant aux fondamentaux de l’extrême droite, la présidente du Rassemblement national prépare la revanche de la présidentielle, analyse Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 08h13
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 12h39
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Depuis seize mois, Marine Le Pen a paru incapable de surmonter son échec au second tour de l’élection présidentielle, traînant comme un boulet le souvenir humiliant de son débat télévisé face à Emmanuel Macron. En dépit de son score présidentiel et de son élection à l’Assemblée nationale, elle n’est pas parvenue à s’imposer dans le rôle qu’elle revendiquait de première opposante au président de la République. Son image dans l’opinion s’est brutalement dégradée : entre 2013 et juin 2017, plus de 25 % des Français et jusqu’à 30 % par moments souhaitaient lui voir jouer un rôle important à l’avenir, selon le baromètre de la Sofres ; depuis quinze mois, elle stagne autour de 18 %. Quant au nombre d’adhérents « frontistes », il aurait chuté de plus de 80 000 au printemps 2017, à peine plus de 30 000 aujourd’hui.
Enfin, le changement de nom du parti, décidé lors du congrès de mars, n’y a rien changé : troquer le trop belliqueux Front national pour un Rassemblement national supposé plus œcuménique n’a pas, comme par magie, transformé le mouvement d’extrême droite en parti de gouvernement, ni attiré à lui d’hypothétiques alliés.
Préjudice estimé à 7 millions d’euros
Pour ne rien arranger, ledit Rassemblement est sévèrement handicapé par les poursuites judiciaires dont sa présidente et plusieurs de ses responsables sont l’objet. Sans même parler de l’enquête en cours sur le financement par le FN de ses campagnes électorales entre 2012 et 2015, Marine Le Pen et son parti sont soupçonnés d’avoir mis en place, entre 2009 et 2017, à Strasbourg et à Bruxelles, un système généralisé d’emplois fictifs permettant de faire rémunérer par le Parlement européen une quarantaine d’assistants d’eurodéputés frontistes dont l’essentiel de l’activité était en réalité consacrée au parti. Le préjudice est estimé par le Parlement européen à 7 millions d’euros. Quinze personnes, dont Mme Le Pen, sont déjà mises en examen dans cette affaire.

En prime...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Bobigny, considère que ce système de sélection est défaillant et qu’il faut l’adapter aux nouveaux enjeux de notre système de santé.
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Jean-Luc Dumas : « La sélection des futurs médecins doit être revue en profondeur »

Dans une tribune au « Monde », Jean-Luc Dumas, ancien doyen de la faculté de médecine de Bobigny, considère que ce système de sélection est défaillant et qu’il faut l’adapter aux nouveaux enjeux de notre système de santé.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 07h47
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 09h34
    |

Jean-Luc Dumas (Ancien doyen de la faculté de médecine de Bobigny (2008-2018))







                        



                                


                            

Tribune. Sujet récurrent et régulièrement mis sous le tapis, la suppression du numerus clausus dans les études de médecine va devoir s’imposer à tous. Il n’est plus temps de tergiverser tant le système de formation, et donc ses résultats en réponse aux besoins de la population, est défaillant dans ses valeurs fondamentales : inégalité d’accès aux soins par défaut de répartition des moyens, gabegie financière par manque d’accompagnement des patients dans des parcours adaptés, sacrifice de vocations de générations d’étudiants sélectionnés en aveugle par rapport aux qualités attendues pour l’exercice médical…
La formation médicale reste le levier fondamental à moyen et à long terme pour mettre en place un système de soins durable et moderne, car ses acteurs en seront les premiers responsables. Le mode de recrutement de ces futurs professionnels de santé est donc le ressort de la réussite dans la transformation du système de santé. Actuellement basée sur la pratique d’un numerus clausus brutal, trop précoce dans les études et inadapté à la qualité du recrutement, la sélection des futurs médecins doit être revue fondamentalement.
Conserver le numerus clausus, c’est avoir l’assurance que rien ne bougera ; les efforts consentis, et allant dans le bon sens, par les réformes annoncées ou entreprises dans le second et le troisième cycle des études médicales seront réduits à néant si le socle de recrutement des étudiants reste inchangé dans le premier cycle. La conservation du numerus clausus, c’est la préservation assurée du confort de capacités de formation hospitalo-centrées et dont la limite actuelle sclérose toute évolution pédagogique et toute ouverture des cursus à une diversité de recrutement des étudiants.
Double approche
Il est indispensable d’adapter la formation aux enjeux d’une meilleure connaissance du système de santé, à la diversité des modes d’exercice médical, à la mobilisation possible et responsable des structures...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Analyse. En sanctionnant le pays de Viktor Orban pour « violation grave de l’Etat de droit », le Parlement clarifie sa position vis-à-vis de l’extrême droite, explique la correspondante du « Monde » à Bruxelles, Cécile Ducourtieux.
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Hongrie : le vote historique du Parlement européen

Analyse. En sanctionnant le pays de Viktor Orban pour « violation grave de l’Etat de droit », le Parlement clarifie sa position vis-à-vis de l’extrême droite, explique la correspondante du « Monde » à Bruxelles, Cécile Ducourtieux.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 11h09
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            
Analyse. Le vote « contre la Hongrie » au Parlement européen, le 12 septembre à Strasbourg, est historique, à au moins trois ou quatre titres. A une large majorité – plus de deux tiers des suffrages exprimés –, les eurodéputés ont recommandé au Conseil (les Etats membres) l’activation d’une procédure communautaire exceptionnelle (l’article 7 du traité sur l’Union européenne) pour « risque clair de violation grave de l’Etat de droit ».

C’est la première fois que l’hémicycle bruxellois, représentant les 510 millions de citoyens de l’Union européenne (UE) signifie aussi clairement à un gouvernement d’un Etat membre qu’il a franchi la ligne rouge, qu’il s’éloigne trop des valeurs fondatrices rappelées par l’article 2 du traité sur l’UE : « L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’Etat de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. »
Le Parlement européen s’est emparé d’une procédure particulièrement stigmatisante : l’article 7 n’avait jusque-là été déclenché qu’une fois depuis qu’il existe : par la Commission, contre la Pologne, en décembre 2017. Mené à son terme, il peut aller jusqu’à priver un Etat de son droit de vote au conseil, ce qui équivaut à une quasi-exclusion du jeu européen.
Lent glissement vers « l’illibéralisme »
Il était temps : depuis son retour au pouvoir, en 2010, Viktor Orban a sapé progressivement les ressorts démocratiques de son pays sans rencontrer jusqu’à présent de réelle résistance de l’Union. Et à la suite de sa deuxième réélection haut la main au printemps, il n’a pas modéré son discours de haine à l’égard des migrants.

Le rapport de l’élue écologiste néerlandaise Judith Sargentini, sur la base duquel les eurodéputés se sont prononcés, dresse un tableau sombre de ce lent glissement vers « l’illibéralisme »,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/18/19-14">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions, souligne, dans une tribune au « Monde », l’incidence du fossé qui s’est creusé, sous le coup de la libération des mœurs, entre la société et l’Eglise.
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« Le "simple prêtre" diocésain vit dans le même monde que ses paroissiens »

Jean-Louis Schlegel, sociologue des religions, souligne, dans une tribune au « Monde », l’incidence du fossé qui s’est creusé, sous le coup de la libération des mœurs, entre la société et l’Eglise.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 07h15
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 09h45
    |

Jean-Louis Schlegel (Sociologue des religions, codirecteur de la rédaction de la revue "Esprit")







                        



                                


                            
Tribune. De nombreuses voix, catholiques ou non, mettent en cause le rôle du célibat pour expliquer l’importance de la pédophilie chez les prêtres. Elles ont raison, nonobstant la position défendue par l’Eglise et nombre de catholiques. Avec les révélations récentes, nier une relation au moins indirecte, au sens où le célibat mal vécu, avec les frustrations qu’il engendre, peut favoriser toutes les perversions et susciter la violence voire le crime sexuels, deviendra de plus en plus difficile à tenir.
Une question demeure : pourquoi la pédophilie de prêtres a-t-elle pris de l’ampleur durant la seconde moitié du XXe siècle ? Une des raisons ne serait-elle pas le contexte nouveau dans lequel le célibat doit être vécu depuis plusieurs décennies ?
C’est étrange de devoir le rappeler mais une révolution sexuelle a eu lieu, qui fait que le régime des pratiques et des expressions sexuelles, même dans des sociétés non occidentales, a changé du tout au tout depuis cinquante voire soixante-dix ans. Or, rien, ou presque, n’a bougé du côté de l’Eglise catholique.

Il faudrait même dire que, sur ce point, entre elle et les sociétés modernes, le fossé n’a cessé de s’élargir, et la tension de s’aggraver : aux multiples libertés et droits nouveaux accordés à tous par les démocraties libérales, en particulier dans le domaine de la sexualité, la conjugalité, la procréation (ou son refus), comme à la liberté des expressions sexuelles, l’Eglise catholique, avec Jean Paul II et Benoît XVI, n’a cessé de répondre en aggravant les refus et les anathèmes, en se présentant comme un bouclier contre ce qu’elle dénonce comme des destructions de la famille, une « culture de mort » ou de la dépravation collective et individuelle.
On ne discutera pas ici des bonnes et des mauvaises raisons, ou de la pertinence, de certains arguments de l’Eglise, ni encore des limites et des impasses des libérations sexuelles. Néanmoins, quand, à la liberté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Cécile Delarue raconte les assassinats de prostituées noires , dans le quartier le plus déshérité de Los Angeles, et livre une réflexion sur la dimension sociopolitique de ces atroces faits divers.
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Les disparues de South Central, une justice à deux vitesses

Cécile Delarue raconte les assassinats de prostituées noires , dans le quartier le plus déshérité de Los Angeles, et livre une réflexion sur la dimension sociopolitique de ces atroces faits divers.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 09h51
    |

                            Macha Séry








                        



                                


                            

Le livre. Le tueur américain Lonnie Franklin Jr est surnommé le « Grim Sleeper » (« le dormeur lugubre »), parce qu’il a mis en sommeil son activité criminelle pendant plusieurs années. Il a été arrêté en 2010, l’année où la journaliste française Cécile Delarue emménagea en Californie et lui consacra un documentaire. Alors qu’il sévissait depuis 1985, l’existence d’un tueur en série abandonnant des cadavres dans des ruelles malfamées ou des bennes à ordures n’avait été révélée que deux ans auparavant par le Los Angeles Times grâce à l’indiscrétion d’un médecin légiste.
Lonnie Franklin Jr a plaidé non-coupable et refusé de s’exprimer. Il a versé des larmes uniquement quand son épouse jalouse a menacé de le quitter quand il a reçu en prison la visite d’une blonde journaliste. A l’issue de son procès, le mécanicien, père de deux enfants, a été reconnu coupable de dix assassinats. Chez lui ont été retrouvés des photos et documents officiels appartenant à cinq autres femmes, toujours portées disparues.
Cécile Delarue reprend l’affaire là où elle l’avait laissée et poursuit ses investigations auprès de magistrats, de spécialistes du LAPD (Los Angeles Police Department) et des familles des victimes. Etrangement, celles-ci n’ont eu, après l’annonce des décès, quasiment aucun contact avec les enquêteurs. Etant donné le profil des victimes – des jeunes femmes noires âgées de 15 à 35 ans, pour la plupart prostituées –, ils ne se sont guère démenés pour mettre fin à cette série de meurtres, avant que la presse n’alerte l’opinion publique.
Confondu grâce à une part de pizza
Tous les assassinats ont été perpétrés à South Central, le quartier le plus déshérité et criminogène de Los Angeles, où ont éclaté les émeutes de 1992 à la suite du lynchage de Rodney King. Au point que l’activiste Margaret Prescod y a créé l’association Black Coalition Fighting Back Serial Murders, préfigurant le mouvement Black Lives Matter.
« Ces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans le cadre de l’affaire Benalla, la garde des sceaux Nicole Belloubet expliquait dans « Le Monde » qu’une commission d’enquête parlementaire ne pouvait pas viser ce qui touchait le président. Un argument contesté dans une tribune par Olivier Beaud, professeur de droit public.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/09/2018
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Affaire Benalla : « Le Sénat apparaît comme le principal contre-pouvoir de notre système présidentialiste »

Dans le cadre de l’affaire Benalla, la garde des sceaux Nicole Belloubet expliquait dans « Le Monde » qu’une commission d’enquête parlementaire ne pouvait pas viser ce qui touchait le président. Un argument contesté dans une tribune par Olivier Beaud, professeur de droit public.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 11h08
    |

Olivier Beaud (Professeur de droit public à l'Université Panthéon-Assas)







                        



                                


                            
Tribune. Dans une récente tribune [Le Monde daté dimanche 16-lundi 17 septembre], la garde des sceaux met en doute la compétence de la commission d’enquête parlementaire du Sénat pour traiter de l’affaire Benalla. Mme Belloubet propose une interprétation restrictive du champ d’intervention des commissions d’enquête en se fondant sur la Constitution, sur l’ordonnance du 7 novembre 1958 et sur le principe de la séparation des pouvoirs. Interprétation qu’on peut contester.

La première objection concerne l’argumentation portant sur le cas du chef de l’Etat. La ministre de la justice s’attache à restreindre au maximum la portée des articles 24 et 51-2 de la Constitution en estimant que le président de la République, à la différence du gouvernement, ne pourrait faire l’objet d’un contrôle du Parlement. Elle se fonde donc sur le caractère « bicéphale » (président et gouvernement) du pouvoir exécutif pour affirmer que, à l’évidence, le président n’est pas le gouvernement.
e République
Mais une telle interprétation littérale de la Constitution est en décalage complet avec la pratique de la Ve République dans laquelle le président gouverne au mépris de l’article 20, qui attribue au gouvernement la direction de la politique de la nation. Cette interprétation est semblable à celle de François Mitterrand qui, en 1984, dispensa son prédécesseur, Valéry Giscard d’Estaing, d’aller s’expliquer devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale dans l’affaire dite des « avions renifleurs ». Succombant à un bel anachronisme, il invoqua la « tradition parlementaire » des IIIe et IVe Républiques, en vertu de laquelle le chef de l’Etat, irresponsable politiquement, devait être soustrait à tout contrôle du Parlement.

La garde des sceaux invoque également les articles 67 et 68 de la Constitution, dont on peut cependant faire...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ L’historien Christian Delporte analyse les propos polémiques tenus dimanche par le chef de l’Etat à un jeune homme sans emploi.
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« Je traverse la rue, je vous en trouve » : en une petite phrase, Macron expose sa vision du travail

L’historien Christian Delporte analyse les propos polémiques tenus dimanche par le chef de l’Etat à un jeune homme sans emploi.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 19h33
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 20h40
    |

                            Simon Auffret








                        



   


« Pognon de dingue », « Tu m’appelles “Monsieur le président” », « La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler »… Le quinquennat d’Emmanuel Macron est ponctué de ces « petites phrases » prononcées par le président de la République lors de discussions informelles. Et dans une nouvelle approche de la communication politique, elles sont parfois même diffusées par son équipe ou relayées dans les médias.
Dernier exemple en date, dimanche 16 septembre, lors d’un échange avec un jeune horticulteur en recherche d’emploi venu visiter l’Elysée à l’occasion des Journées européennes du patrimoine : « Je traverse la rue, je vous en trouve [du travail] », lui a lancé Emmanuel Macron, évoquant les multiples restaurants et cafés disposés à embaucher « des gens qui sont prêts à travailler ».

VIDÉO - Macron à un jeune chômeur qui peine à obtenir un travail : "Je traverse la rue je vous en trouve" #JEP2018 https://t.co/clfFlBuL52— arthurberdah (@Arthur Berdah)


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Vue près de deux millions de fois sur Twitter, la séquence a été commentée et détournée de nombreuses fois par des internautes, qui soulignent la difficulté à trouver du travail après une période de chômage.
Le lancement d’une boutique de l’Elysée proposant des t-shirts flanqués des expressions les plus emblématiques du président (« croquignolesque », « poudre de perlimpinpin », etc.) et autres produits dérivés témoigne par ailleurs d’un marketing politique inédit pour un président de la République qui fait la part belle au « storytelling » de son quinquennat. Là aussi, de nombreux internautes en ont profité pour railler la démarche.
Des critiques pourtant peu pénalisantes pour l’image de M. Macron, selon Christian Delporte, professeur des universités en histoire contemporaine et notamment auteur de La Communication politique (Le Lombard, 2017), pour qui les propos du chef de l’Etat font partie d’une stratégie assumée pour faire comprendre sa vision du marché du travail.

        Lire aussi, suite aux propos d’Emmanuel Macron :
         

          Derrière les chiffres des emplois non pourvus



La phrase prononcée par Emmanuel Macron résulte-t-elle, selon vous, d’une stratégie politique ?
Christian Delporte : Lorsque Emmanuel Macron s’exprime et qu’il y a une caméra, il contrôle tout ce qu’il dit. C’est une stratégie d’occupation du terrain médiatique pour que le débat tourne autour de lui. Et les petites phrases précédentes relèvent de la même stratégie : celle de se montrer en président qui n’a pas peur d’aller au contact, qui dit ce qu’il pense, qui ne pratique pas de langue de bois.
Dans les sondages, son image s’est beaucoup dégradée sur les aspects jugés très positifs par l’électorat d’Emmanuel Macron, mais aussi par l’électorat de droite : son côté dynamique, volontariste, prêt à changer des choses, direct… Des voix s’élèvent aujourd’hui pour retrouver le « Macron des origines ».
La petite phrase d’hier, à la veille d’une grande réforme sociale, au contact de la jeunesse, allait sans doute dans ce sens. Mais ce qui aurait pu être jugé positif il y a quelques mois, lorsque l’image n’était pas abîmée, ne l’est pas nécessairement aujourd’hui, à l’heure où l’opinion n’attend plus des intentions mais des résultats.
Dans ce cadre, le président jupitérien, c’est du passé. Cette posture était là pour casser le passé hollandiste et retrouver le prestige de sa fonction, mais elle n’a donné qu’une image de distance et d’arrogance. « L’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans l’éloignement », disait le général de Gaulle. Cette stratégie n’a pas eu le même effet avec Emmanuel Macron, et sa cote de popularité en souffre.
Les critiques soulevées par son intervention remettent-elles en question l’efficacité de cette stratégie de retour au terrain ?
Ceux qui s’indignent de cette petite phrase ne sont pas forcément les électeurs de M. Macron. Elle peut même porter dans une partie de la population, dont de nombreux retraités, qui pensent que si on est au chômage, c’est que l’on ne fait pas suffisamment d’efforts pour trouver du travail.
Quand vous regardez les réseaux sociaux, il y a effectivement toutes les réactions indignées, mais certains témoignent aussi avoir débuté par un travail complètement différent de celui qu’ils ont maintenant. Cela montre que ces propos rencontrent quand même un certain écho.
Pour le chef de l’Etat, ces petites phrases seraient donc un moyen comme un autre d’exposer sa ligne politique, ici sur le marché du travail.
Emmanuel Macron met en avant l’idée que le chômage n’est pas seulement un problème national, un problème collectif ou le problème de l’Etat mais aussi un problème personnel, ce qu’il pense sincèrement. Il porte l’idée que les choses peuvent être simples, qu’on peut commencer avec un premier boulot, puis un second, avant peut-être de faire ce que l’on veut.
Par ailleurs, il a quand même un modèle en tête. C’est sa vision du marché du travail, proche de celle des Anglais : au Royaume-Uni, quand vous avez refusé deux propositions d’emploi par exemple, vous ne touchez plus d’allocations. Ces petites phrases sont à la fois stratégiques et sincères, elles accompagnent et préparent l’opinion sur le contenu des grandes réformes à venir.
Le président de la République a ignoré les critiques soulevées par le lancement d’une « Boutique de l’Elysée ». Comment ce projet s’inscrit-il dans sa communication ?
On ne peut évoquer l’Elysée sans le personnaliser, et donc lier son image à Emmanuel Macron. Les gens qui ont acheté des souvenirs ont acheté un petit bout de M. Macron. Mais cette personnalisation de la fonction présidentielle n’est pas une tradition en France, et l’initiative passe moins bien qu’aux Etats-unis, par exemple. Donald Trump avait commercialisé une boîte, envoyée tous les mois et remplie de goodies à son effigie pour financer sa campagne. C’est une vieille tradition américaine et là-bas cela ne choque pas.
Cependant, ceux qui ont acheté des objets dérivés de l’Elysée ne sont pas des partisans de La France insoumise, du Rassemblement national ou des Républicains, ils sont macronistes ou n’ont peut-être même pas d’avis tranché sur la politique, ce qui rend la polémique peu dommageable pour Emmanuel Macron. Sincèrement, dans une semaine, plus personne ne parlera de la boutique de l’Elysée. En revanche, on continuera de parler de l’attitude de M. Macron, on parlera de la réforme du chômage avec en tête ce qu’il a dit, dimanche, à cet horticulteur.

        Lire aussi :
         

                Emmanuel Macron, président de plus en plus « normal »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ A l’heure des menus « sans » gluten, « sans » lactose, « sans » viande, le chimiste Raphaël Haumont fait appel à la science pour réhabiliter l’émotion en cuisine.
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                « Manger végan n’est pas une punition, on peut inventer de nouvelles émotions »


A l’heure des menus « sans » gluten, « sans » lactose, « sans » viande, le chimiste Raphaël Haumont fait appel à la science pour réhabiliter l’émotion en cuisine.

LE MONDE
                 |                 17.09.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 10h18
                 |

            Léa Iribarnegaray

















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Enseignant-chercheur en physique-chimie des matériaux, Raphaël Haumont a créé avec le chef Thierry Marx en 2013 le CFIC (Centre français d’innovation culinaire). Au sein de la faculté des sciences d’Orsay (université Paris-Saclay), le CFIC se nourrit des liens entre artisanat et recherche. A la tête de la chaire universitaire Cuisine du futur, Raphaël Haumont insiste sur la notion essentielle de plaisir dans nos assiettes, tout en imaginant une cuisine plus durable et responsable.
Peut-on parler « d’émotions » en cuisine ?
Raphaël Haumont  : Je le pense, oui ! On y vient pour manger des émotions avant tout, plus que pour avaler des nutriments. Il n’y a pas que les papilles qui sont en éveil : la vue, le toucher, l’ouïe, l’odorat, nous procurent également des sensations. Avec un substitut de repas — une barre de céréales par exemple — la promesse énergétique est tenue, certes, mais on néglige complètement l’émotion.
Alors comment éveiller nos cinq sens ?
Par des stimuli, des excitations sensorielles, tactiles, olfactives, etc. Une forme d’acidité, de sel, ou d’amertume en bouche agite des récepteurs par des voies chimiques que le cerveau traduit ensuite en émotions. Mais la cuisine touche aussi à la culture et à l’histoire de chacun : si cette tarte tatin me rappelle celle de ma grand-mère, je vais l’apprécier davantage.
Un meilleur ouvrier de France peut être capable d’exécuter une technique de manière remarquable, cela n’empêche pas de risquer de s’ennuyer à sa table. Un aliment parfaitement cuit ne suffit pas à émouvoir. Un chef, tel un artiste, se doit de partager, de faire voyager, de raconter une histoire. A Londres, par exemple, un chef joue sur l’ambiance sonore de son restaurant : un bruit de verre cassé accompagne la dégustation de son millefeuille, on a alors une impression d’ultracroustillant ! Il s’agit de jouer avec des associations d’images pour mettre la technique au service d’une émotion.
On parle de plus en plus « d’expérience » ?
Oui, encore plus que des émotions, nous cherchons à « vivre un truc ». Aujourd’hui, avec les nouvelles technologies, on peut aller plus loin et imaginer des univers très décalés. Pourquoi ne pas porter un casque de réalité virtuelle en mangeant des huîtres pour avoir l’impression d’être au bord de la mer ? Mais attention, ce n’est pas non plus Disney ou le parc Astérix, on doit rester cohérent.
Le chef Thierry Marx, avec qui je travaille, dit souvent qu’il veut proposer « un voyage différent vers une destination familière ». On peut travailler sur une nouvelle texture tout en gardant le traceur de la recette. On fait une tarte au citron, d’accord, mais pourquoi ne pas la respirer tel un nuage, plutôt que de l’avaler ?
En quoi la science peut-elle nourrir la cuisine ?
Elle lui apporte une boîte à outils merveilleuse ! Le chef peut se l’approprier autant qu’il le souhaite pour innover et jouer sur l’effet de surprise. On peut mettre par exemple sous vide une pomme tranchée et imbibée de jus de pomme, le fruit devient transparent et dur. Et lorsqu’on croque  : surprise, le liquide s’y est introduit en cachette. La science peut offrir des astuces très simples, des illusions gustatives, sans ajout de produit chimique. Ici, imprégnée sous vide, la pomme a 110 % un goût de pomme, elle est belle, translucide, végétale.
Comment prendre du plaisir quand la tendance est au « sans » gluten, « sans » lactose, « sans » calorie, « sans » sel, « sans » protéines animales… ?
La science peut permettre de transformer ces contraintes en occasions d’innovation. Si l’on regarde les confitures, elles sont toujours faites avec 50 % de sucre. Pourtant, on est capable de fabriquer une confiture d’orange sans sucre, en utilisant la pectine naturellement présente dans la peau. On obtient ainsi une confiture zéro déchet et sans calorie. Via la recherche, il est de plus en plus facile de trouver des substituts complètement sains.
« Avec une imprimante 3D, on peut imaginer des spaghettis de légumes ou une ratatouille en Rubik’s cube »
Autre exemple : si je suis végan, pourquoi me propose-t-on un steak de soja ? Pourquoi copier un aliment qui ne me plaît pas ? C’est triste de compacter des légumes pour faire un steak alors que des champs entièrement nouveaux restent à inventer ! Pour l’instant, on a souvent l’impression de suivre des régimes de frustration. Le menu ne doit être ni une ordonnance ni une punition. Il s’agit de retrouver la notion de plaisir en inventant de nouvelles textures ou associations de fruits et de légumes, en créant de nouvelles formes. Avec une imprimante 3D, on peut imaginer des spaghettis de légumes ou une ratatouille en Rubik’s cube.
Vous proposez un retour au végétal ?
Oui, il s’agit d’inverser la tendance et de passer à une consommation de 80 % de végétal pour 20 % d’animal. On sait qu’il n’est plus possible de manger autant de viande. 15 000 litres d’eau sont nécessaires pour faire un kilo de rumsteck, c’est délirant.
Le végétal est une source encore méconnue. J’aime l’idée de biomimétisme : si la nature a donné à l’orange une peau, ce n’est pas pour la beauté du geste. C’est parce qu’elle contient de la pectine, des huiles essentielles, de la vitamine C…, alors, pourquoi la jeter ? On peut consommer moins et mieux en recyclant tout ce qui est élémentaire. Je travaille aussi sur la question du suremballage : des algues alimentaires peuvent facilement remplacer le plastique du film étirable.
A quoi ressemblera la « cuisine du futur » ?
On travaille beaucoup sur cette idée de concilier plaisir, bien être et santé — tout en répondant aux enjeux futurs d’une population vieillissante, du problème de transport de l’eau… Ce n’est pas normal que dans les maisons de retraite, les personnes âgées ne mangent plus parce qu’elles en ont perdu l’envie. Là aussi, il faut repenser pour cette population de nouvelles formes et couleurs et lui apporter les nutriments dont elle a besoin.
A l’avenir, on se doit de revenir à du bon sens, on n’a plus le choix ! On met du sucre partout parce que ça masque les saveurs des mauvais produits, mais c’est un horrible poison qui rend les gens accros. On est forcé de tirer le signal d’alarme : rééduquons maintenant les palais pour retrouver le goût du produit original.
Mais comment appliquer toutes ces bonnes pratiques chez soi, sans être dans un laboratoire de chimiste ?
Enlever le trop plein de sel ou de sucre, c’est très simple, tout le monde peut le faire ! Il y a urgence à transmettre les informations, il faut simplement que les gens sachent. En associant de la pomme avec du radis, je remplace le piquant d’une moutarde trop salée. C’est génial d’inventer, d’innover en cuisine.
Si l’avenir de nos repas prend la forme d’une injection ou d’un patch, cela ne marchera jamais. La cuisine du futur se doit d’être gourmande, avec le plaisir magique du repas à la française. Il existe une jouissance presque physique à passer des heures à table. Un chef cherche toujours à procurer le plaisir ultime, l’extase, le frisson.
Comment invente-t-on de nouveaux goûts ? « Le Monde » organise, dans le cadre du Monde Festival, un débat intitulé « Goût du chef, goût du public » avec la cheffe Adeline Grattard, le chef pâtissier-chocolatier Pierre Hermé et le vigneron et consultant en vin Stéphane Derenoncourt. Il se tiendra dimanche 7 octobre, de 10 heures à 11 h 30, au Théâtre des Bouffes du Nord, à Paris.

Rendez-vous du 5 au 7 octobre au Monde Festival 2018 !
Aimer ! C’est le thème de la 5e édition du Monde Festival qui s’ouvre le 5 octobre à Paris avec le cinéaste japonais Hirokazu Kore-eda et son dernier film, Une affaire de famille, Palme d’or 2018 à Cannes. Deux autres films seront projetés en avant-première : Un amour impossible, de Catherine Corsini et, pour clôturer le festival, En liberté !, le nouvel opus de Pierre Salvadori.
Les 6 et 7 octobre, place aux débats : sur les nouvelles relations amoureuses (Le big data va-t-il tuer le hasard des rencontres ? Aux origines de #metoo ), les technologies (Intelligence artificielle et émotions : un amour de robot ? ) l’école (Donner l’envie d’apprendre, un jeu d’enfant ?) l’environnement (Pour l’amour de ma Terre, S’aimer comme des bêtes ), l’économie, les médias (Comment informer sous la présidence d’Emmanuel Macron ?), la politique (Y a-t-il une vie après la politique ? )...
Des rencontres exceptionnelles avec Barbara Hannigan, Juliette Armanet, la tribu Guédiguian, Chimamanda Ngozi Adichie, Mario Vargas Llosa, Charline Vanhoenacker, Pierre de Villiers, Océan, Pierre Hermé, Roberto Saviano, Kamel Daoud et bien d’autres...
Et samedi soir, rendez-vous à La Nuit de l’amour  aux théâtre des Bouffes du Nord, avec André Comte-Sponville, Barbara Cassin, Carolin Emcke...
Retrouvez la programmation du festival et achetez vos billets.
Retrouvez les moments forts et les vidéos des éditions précédentes.




Léa Iribarnegaray
    













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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Editorial. Si le plan de lutte contre la pauvreté présenté par Macron peut être salué, les associations jugent insuffisant le budget alloué sur quatre ans.
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Face à la pauvreté, passer de la parole aux actes

Editorial. Si le plan de lutte contre la pauvreté présenté par Macron peut être salué, les associations jugent insuffisant le budget alloué sur quatre ans.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 12h17
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Le président de la République a le chic pour effacer d’un mot ou d’une réplique à l’emporte-pièce les discours les mieux préparés et les plus charpentés. Etrange dédoublement verbal dont c’est peu de dire qu’il est contre-productif. Le dernier exemple en date n’est pas passé inaperçu. Samedi 15 septembre, un jeune homme venu visiter l’Elysée dans le cadre des Journées du patrimoine croise le chef de l’Etat et lui expose sa situation : il a fait une formation d’horticulteur, mais ne trouve pas d’emploi et est au chômage. La réponse présidentielle est instantanée : il y a des dizaines de milliers d’emplois non pourvus dans l’hôtellerie, la restauration, le bâtiment…, « il suffit de traverser la rue » pour le constater et pour sortir du chômage, si l’on est « motivé ».

        Lire aussi :
         

                Les quatre axes du « plan pauvreté » de Macron : petite enfance, emploi, aides sociales et logement



La formule se veut frappée au coin du bon sens. Elle vient malheureusement parasiter la présentation par Emmanuel Macron, deux jours plus tôt, d’un ambitieux plan de lutte contre la pauvreté, dont le chômage, on le sait, est bien souvent l’antichambre. Le défi n’est pas mince, dans un pays où quelque 9 millions de personnes, adultes ou enfants, vivent sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 1 015 euros mensuels pour une personne seule (60 % du revenu médian).
La philosophie d’action et les propositions énoncées par le président de la République sont à la hauteur de l’enjeu. Elles entendent s’attaquer à la pauvreté à la racine, c’est-à-dire à ces « inégalités de destin qui se perpétuent de génération en génération », et permettre à ceux qui sont « assignés » à la pauvreté de « s’émanciper » des déterminants sociaux qui les cantonnent dans la précarité.
Un plan encourageant
Quant aux mesures annoncées, elles apparaissent indéniablement bénéfiques. C’est le cas, notamment, de celles qui concernent la petite enfance : développement des crèches, des modes de garde et de leur prise en charge pour les familles défavorisées qui y ont très peu accès ; plan de formation des professionnels de la petite enfance pour favoriser l’apprentissage de la langue française avant l’entrée à l’école maternelle ; distribution gratuite de petits déjeuners dans les écoles des zones défavorisées.

        Lire aussi :
         

                Plan pauvreté : des associations saluent des avancées, mais s’inquiètent des crédits et de la mise en œuvre



De même, les mesures en faveur de l’emploi des jeunes (obligation de se former jusqu’à 18 ans, développement de la Garantie jeunes) ou d’aide au retour à l’emploi pour les allocataires de minima sociaux sont salutaires. Enfin, la simplification du maquis des aides sociales que le gouvernement envisage de fusionner dans le cadre d’un « revenu universel d’activité » devrait favoriser le recours à ces dispositifs de protection, trop souvent ignorés par les intéressés.
Le chef de l’Etat n’a pas caché que la construction de « l’Etat-providence du XXIe siècle » serait un effort de longue haleine
Reste à passer de la parole aux actes, et d’un plan encourageant – même s’il reste très lacunaire sur les questions du logement et des grands exclus qui sont à la rue – à sa mise en œuvre effective. Le chef de l’Etat n’a pas caché que la construction de « l’Etat-providence du XXIe siècle » serait un effort de longue haleine, « à hauteur d’une génération ». Dans l’immédiat, les 8 milliards d’euros mobilisés sur quatre ans (dont la moitié de mesures nouvelles) apparaissent encore bien timides aux associations et acteurs de la lutte contre la grande pauvreté. De même, la loi instituant le revenu universel d’activité nécessitera de longues concertations et ne pourra guère être mise en œuvre avant 2020. C’est donc une mobilisation et une vigilance constantes qui s’imposent pour que le discours présidentiel produise ses effets.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Antoine Pelissolo, psychiatre et professeur de médecine à l’université Paris-Est-Créteil, estime, dans une tribune au « Monde », qu’il faut distinguer les objectifs qualitatifs de la question quantitative de la formation des médecins.
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édition abonné


Numerus clausus : « La transformation du système n’est pas si simple »

Antoine Pelissolo, psychiatre et professeur de médecine à l’université Paris-Est-Créteil, estime, dans une tribune au « Monde », qu’il faut distinguer les objectifs qualitatifs de la question quantitative de la formation des médecins.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 11h49
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Antoine Pelissolo (Psychiatre et professeur de médecine à l'université Paris-Est Créteil)







                        



                                


                            

Tribune. Qu’il faille revoir les conditions d’entrée dans les études de médecine est une évidence, pour en finir avec un concours couperet poussant à un bachotage extrême et terriblement stressant pour de jeunes étudiants souvent brillants. Sans parler de l’aberration des officines privées de préparation, qui ne font qu’augmenter le coût et la durée des études. Les critères de sélection doivent être revisités, pour faire plus de place aux qualités humaines, aux projets individuels et à la diversité au sens large du terme, en privilégiant des apprentissages qui seront utiles pour la suite du cursus.
Mais il me semble que ces objectifs qualitatifs sont vraiment à différencier de la question quantitative du numerus clausus, c’est-à-dire de la régulation nationale du nombre de médecins formés. Certaines discussions actuelles associent pourtant, dans la même problématique, la sélection en première année commune aux études de santé (Paces) et la démographie médicale, avec en arrière-plan la question des déserts médicaux.
Certes le numerus clausus très bas que nous avons connu pendant plus de quinze ans a conduit à une réduction délétère du nombre de praticiens, qu’il faut maintenant augmenter, mais ce facteur est loin d’être la seule explication au manque de médecins dans les territoires en souffrance.
La faible attractivité de certains modes d’exercice et les obstacles à la mobilité et à l’installation continueront à exister, quel que soit le nombre d’étudiants, si rien n’est amélioré dans la formation et surtout dans les conditions de travail des médecins. Bien au contraire, une augmentation trop forte et rapide du nombre d’étudiants risquerait de dégrader nettement leur formation car, dans la réalité actuelle, on peut douter que les universités voient leurs moyens s’accroître à la mesure de ces nouveaux besoins.
Revoir la question des rémunérations
La plupart des facultés de médecine ont déjà atteint leur niveau de...




                        

                        

