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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Le député LR a pris la défense du premier ministre hongrois, dont le pays est menacé de sanctions européennes. Ces sanctions sont pourtant très documentées.
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Non, Eric Ciotti, l’Europe ne sanctionne pas Orban parce qu’il a « exprimé une position »

Le député LR a pris la défense du premier ministre hongrois, dont le pays est menacé de sanctions européennes. Ces sanctions sont pourtant très documentées.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 16h03
    |

            Samuel Laurent et 
Pierre Breteau








                        


Invité de France Inter, mardi 18 septembre, le député Les Républicains Eric Ciotti a défendu le choix de Nadine Morano de soutenir le premier ministre hongrois, Viktor Orban, dont le pays risque des sanctions de l’Union européenne.
Ce qu’il a dit :
« J’aurais voté contre [la résolution qui dénonce les agissements de la Hongrie], c’est un véritable procès politique, émanant d’une députée verte des Pays-Bas, qui confine à une forme de déni d’opinion. On conteste à Viktor Orban le droit de critiquer la politique migratoire de l’Europe. Il y a des pays, je pense à Malte notamment, sur la liberté de la presse, il y a eu un journaliste qui a été assassiné, il n’y a aucune volonté de sanction sur ces pays. On cible Viktor Orban parce qu’il a exprimé une position : “Mon pays veut moins d’immigration”. » 
Pourquoi c’est faux
Rappel des faits : la Hongrie, dirigée par l’extrême droite de Viktor Orban, a fait l’objet d’une demande, de la part du Parlement européen, du lancement d’une procédure de sanction en vertu de l’article 7. Cet article dispose qu’un pays membre de l’Union européenne peut être sanctionné s’il « existe un risque clair de violation grave par un Etat membre des valeurs visées à l’article 2 » , à savoir « respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’Etat de droit », ou encore « respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités ».
La Hongrie ne respecte pas les traités européens
Il ya bien des mesures anti-migrants, visant les ONG pro-migrants ou même un simple citoyen qui aide des migrants, mais ce qui alarme le plus les députés européens, ce sont les mesures prises par Budapest depuis plusieurs années  :
réforme de la Constitution avec comme valeurs fondamentales le « christianisme » et la « famille traditionnelle », ce qui est contraire à la laïcité et au respect des minorités sexuelles notamment ;réforme de la Cour constitutionnelle, l’équivalent de notre Conseil constitutionnel, qui perdrait une partie de son pouvoir de contrôle des lois ;la limitation de la liberté de la presse avec la création d’un organe pouvant sanctionner les médias pour diffusion d’informations « non nuancées » selon lui ;diverses entraves au travail des ONG qui défendent notamment les droits de l’homme ou la liberté de la presse.
Cette demande de sanction ne provient pas, comme le dit Eric Ciotti, des positions anti-migrants de Viktor Orban, mais plutôt de mesures concrètes prises par son gouvernement, notamment les mesures dites « stop Soros », du nom du milliardaire américain d’origine hongroise accusé de financer des ONG pro-migrants.
Loin de s’en tenir à la question des droits des demandeurs d’asile, dont certains ont été privés de nourriture alors qu’ils étaient détenus dans des zones de transit, l’Union souligne également les manquements graves aux « valeurs » européennes décrites dans la charte des droits fondamentaux.
Plusieurs médias d’opposition fermés
Dans le viseur des députés européens au titre des manquements à l’Etat de droit, la liberté d’expression et d’information, après la fermeture de plusieurs médias d’opposition suite aux élections législatives en avril 2018 : presse écrite, radio, télévision… Rares sont les voix discordantes désormais à Budapest.
Plusieurs milliardaires proches de Viktor Orban ont ainsi racheté et repris en main des titres d’opposition pour les museler ou les fermer, à l’instar de la chaîne Hir TV, du magazine Heti Valasza ou du quotidien Magayar Nemzet, déplore Reporters sans frontières dans son rapport annuel.
Les députés européens, y compris une partie de ceux du Parti populaire européen (PPE) dont le parti de M. Orban est adhérent, dénoncent sa politique antidémocratique. Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et membre des Républicains (LR, également membre du PPE), déplorait sur France 2 lundi 17 septembre « que Viktor Orban, aujourd’hui, réduit les libertés du peuple hongrois : la liberté de la presse, l’indépendance de la justice, la liberté de l’université ».
De la même manière, les députés européens dénoncent corruption et clientélisme autour du premier ministre hongrois. Des accusations étayées par l’ONG Transparency International qui classe la Hongrie en avant-dernière place des pays de l’Union européenne, juste devant la Bulgarie.
Une comparaison hors de propos avec Malte
La comparaison opérée par Eric Ciotti avec l’île de Malte, contre laquelle il n’y aurait eu « aucune volonté de sanction », semble également bancale : en 2017, la journaliste et blogueuse anti-corruption Daphne Caruana Galizia y était tuée dans l’explosion criminelle de son véhicule. Cet assassinat, alors que la journaliste était spécialisée dans les questions de fraude et d’évasion fiscale, avait poussé le Parlement européen à réclamer une enquête internationale.

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                Malte : des milliers de manifestants réclament « vérité et justice » sur la mort de Daphne Caruana Galizia



Les eurodéputés avaient critiqué le gouvernement de Joseph Muscat, l’Allemand Manfred Weber, par exemple, se demandant : « Au-delà de la liberté de la presse, la question est de savoir si l’Etat maltais fonctionne encore. » Le Parlement européen avait voté une résolution demandant à la Commission de « nouer le dialogue » avec le gouvernement maltais pour faire respecter l’Etat de droit. Les députés avaient également accusé l’immobilisme de la police maltaise en matière d’enquête sur la corruption et le blanchiment dans l’île.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Les trois constructeurs automobiles sont soupçonnés de s’être entendus pour éviter de se concurrencer sur les technologies réduisant les émissions polluantes.
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Pratiques anticoncurrentielles : l’Union européenne ouvre une enquête contre BMW, Daimler et Volkswagen

Les trois constructeurs automobiles sont soupçonnés de s’être entendus pour éviter de se concurrencer sur les technologies réduisant les émissions polluantes.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 17h01
   





                        


L’Union européenne (UE) a ouvert mardi 18 septembre une enquête contre BMW, Daimler et Volkswagen qui se seraient entendus pour éviter de se faire concurrence sur les technologies réduisant les émissions polluantes, trois ans après l’éclatement du scandale du Dieselgate. Déjà mise à mal par le vaste trucage de onze millions de véhicules diesel par Volkswagen, révélé en septembre 2015, l’industrie allemande doit répondre à de nouvelles accusations, qui pourraient de nouveau être extrêmement coûteuses pour ses finances et son image.
Cette affaire avait déjà fait les gros titres à l’été 2017, révélée par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, et la Commission européenne avait annoncé en octobre de la même année avoir effectué des inspections concernant ce cartel impliquant cinq constructeurs (BMW, Daimler, Volkswagen, ainsi que Audi et Porsche, filiales de Volkswagen).
Concrètement, la Commission cherche à savoir si le « cercle des cinq » aurait participé à des réunions où les groupes se seraient entendus en secret pour éviter toute concurrence sur le développement et le déploiement de technologies permettant de limiter les émissions nocives des gaz d’échappement des voitures.

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Daimler, témoin principal
« Si elle est avérée, cette collusion a peut-être privé les consommateurs de la possibilité d’acheter des voitures moins polluantes, alors que la technologie était à la disposition des constructeurs », a déclaré la commissaire européenne chargée de la concurrence, Margrethe Vestager. Les trois constructeurs, Volkswagen, BMW et Daimler, ont assuré auprès de l’Agence France-Presse coopérer avec les autorités.
Daimler, fabricant des voitures Mercedes Benz, qui a le premier avoué l’existence de cette vaste entente entre les constructeurs allemands afin de bénéficier de la clémence des autorités de la concurrence, a demandé à être entendu en tant que « témoin principal », a déclaré un porte-parole du groupe.
BMW a de son côté « affirmé son entier attachement aux principes du libre marché et de la concurrence loyale », ajoutant que « le groupe étudiait les accusations ». Volkswagen a estimé de son côté que l’ouverture de l’enquête ne représentait qu’une « étape procédurale » entièrement « attendue » par le groupe, ajoutant, à l’unisson avec BMW et Daimler, qu’il ne s’agissait pas d’un avis final.

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BMW a noté aussi que l’enquête n’était pas liée à l’utilisation de logiciels capables de fausser le niveau d’émissions. Daimler a relevé qu’il n’y avait pas d’accusation d’entente sur les prix, tandis que Volkswagen a pointé le fait que l’enquête concernait « uniquement le domaine des émissions ».
Dans son communiqué, la Commission européenne, gardienne de la concurrence dans l’UE, note que lors de ces réunions du « cercle des cinq », de nombreux autres sujets techniques ont été évoqués, comme les exigences de qualité communes pour les pièces détachées, ou la vitesse maximale à laquelle le toit des voitures décapotables peut s’ouvrir ou se fermer. A ce stade toutefois, l’exécutif européen dit « ne pas disposer d’éléments suffisants indiquant que ces discussions [sur ces autres sujets] constituaient un comportement anticoncurrentiel ».
Lourdes amendes
La Commission peut infliger de lourdes amendes aux entreprises qui s’entendent entre elles au détriment de la concurrence et des consommateurs, le record ayant été atteint le 19 juillet 2016. L’UE avait alors infligé une amende de 2,93 milliards d’euros à quatre fabricants européens de camions, accusés de s’être entendus pendant quatorze ans sur les prix de vente de leurs poids lourds.
Aucune disposition légale ne prévoit de date limite à une enquête pour cartel. La durée de l’investigation dépend de divers éléments, dont la complexité de l’affaire, le degré de coopération des entreprises en cause avec la Commission et l’exercice des droits de défense.
« A l’occasion du troisième anniversaire du “dieselgate”, cette nouvelle enquête sur la collusion entre constructeurs automobiles allemands pour retarder l’installation de systèmes de contrôle des émissions nous rappelle à point nommé que l’industrie automobile allemande fait passer les profits avant les gens et la loi », a asséné Greg Archer, de l’ONG T & E.
L’ouverture de cette enquête laissait de marbre la Bourse de Francfort à 11 heures, Volkswagen s’appréciant de 3,38 % à 150,05 euros, Daimler de 1,10 % à 56,02 euros et BMW de 0,80 % 83,20 euros dans un DAX en progression de 0,34 %.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ L’Audience nationale explique que l’« espionnage économique aggravé » ne figure pas dans le droit espagnol.
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L’Espagne refuse de nouveau d’extrader le lanceur d’alerte Hervé Falciani

L’Audience nationale explique que l’« espionnage économique aggravé » ne figure pas dans le droit espagnol.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 14h57
   





                        



   


Pour la deuxième fois, la justice espagnole a refusé d’extrader vers la Suisse le lanceur d’alerte franco-italien Hervé Falciani, à l’origine des « SwissLeaks ». L’Audience nationale espagnole a rejeté mardi 18 septembre, comme elle l’avait déjà fait en 2013, une demande d’extradition déposée par la Suisse, arguant que l’« espionnage économique aggravé » ne figure pas dans le droit espagnol.
Hervé Falciani avait été interpellé le 4 avril à Madrid où il devait donner une conférence dans une université. Le ministère espagnol de l’intérieur agissait en application d’un mandat international lancé le 19 mars précédent par la Suisse. Le lendemain, l’informaticien était remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Ancien informaticien de HSBC, Hervé Falciani, aujourd’hui âgé de 46 ans, a quitté la banque en 2008 en emportant avec lui des fichiers confidentiels qu’il a divulgués. Il a été condamné par contumace en 2015 en Suisse à cinq ans de prison pour soustraction de données, espionnage économique aggravé, violation du secret commercial et violation du secret bancaire.

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79 000 personnes de 180 nationalités
La « liste Falciani » avait ainsi permis d’identifier dès 2009 au moins 127 000 comptes appartenant à 79 000 personnes de 180 nationalités dont le puissant banquier espagnol Emilio Botin.
En France, HSBC Private Bank Suisse SA a accepté de verser 300 millions d’euros à l’Etat français pour clore des poursuites engagées par Paris, qui lui reprochait d’avoir aidé des contribuables français à soustraire au fisc plus de 1,6 milliard d’euros d’avoirs.
HSBC Private Bank Suisse SA avait été mise en examen en France le 18 novembre 2014 pour démarchage bancaire et financier illicite et blanchiment aggravé de fraude fiscale en 2006 et 2007. Il lui était reproché d’avoir approché des contribuables français en France et de les avoir aidés en toute connaissance de cause à dissimuler leurs avoirs à l’administration fiscale.
Des enquêtes ont également été ouvertes sur la base de ces fichiers en Espagne, en Autriche, en Belgique et en Argentine.

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                Paradis fiscaux : ce qu’ont changé dix ans de révélations






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ La Saxe, dans l’est de l’Allemagne, est proche du plein-emploi, et ses entreprises peinent à recruter. A Chemnitz, certaines se tournent vers les demandeurs d’asile. Même si leur obtenir des papiers est parfois une gageure.
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Allemagne : à Chemnitz, PME cherchent réfugiés désespérément

La Saxe, dans l’est de l’Allemagne, est proche du plein-emploi, et ses entreprises peinent à recruter. A Chemnitz, certaines se tournent vers les demandeurs d’asile. Même si leur obtenir des papiers est parfois une gageure.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 11h23
    |

                            Cécile Boutelet (Chemnitz, Allemagne, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Dans la grande salle de la chambre de commerce et d’industrie de Chemnitz (Saxe), Hans-Ullrich Werner a levé la main avec énergie. Ce patron d’une entreprise de machines-outils invective le chef de la chancellerie de Saxe, Oliver Schenk, présent ce soir-là. « Vous découragez les entreprises de recruter des réfugiés ! lance-t-il. On prend un jeune demandeur d’asile, il parle allemand, il est intégré, on le forme, et au bout de six mois, sa demande d’asile est rejetée, il perd son autorisation de travail ! Tout ce que vous récoltez, c’est de la frustration de tous les côtés ! » Applaudissements. La situation est apparemment bien connue. L’homme politique, gêné, explique qu’il va s’attaquer au problème, sans convaincre. Dans la salle, le malaise est palpable.
Une cinquantaine de personnes sont là. L’événement, intitulé « Trouver de nouveaux collaborateurs et les garder », est une soirée d’informations organisée par le réseau « les entreprises intègrent les réfugiés » et l’association « L’économie pour une Saxe ouverte », émanations du monde économique. Il y a là de nombreux dirigeants ou cadres de PME, venus s’informer sur les possibilités d’entrer en contact avec des demandeurs d’asile prêts à travailler en Saxe.

Mais la réunion a pris un tour politique. Les violentes manifestations de groupements d’extrême droite, fin août à Chemnitz, à la suite de la mort d’un jeune Allemand poignardé en pleine rue lors d’une rixe avec deux demandeurs d’asile, sont dans toutes les têtes. Les dégâts sur l’image du site industriel à l’international sont considérables. Cette fièvre anti-migrants tombe particulièrement mal, alors que l’ancienne cité industrielle, sinistrée après la réunification, relève la tête depuis quelques années.
Son taux de chômage n’est que de 7 %, et les entreprises font face à un manque criant de travailleurs qualifiés, en particulier dans l’industrie. Les PME les moins connues n’ont d’autre choix que de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Les deux pays, liés par un accord de réadmission, ont réaffirmé leur « entente » sur le dossier migratoire lors de la visite d’Angela Merkel à Alger.
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Compte rendu

L’Algérie se dit prête à accueillir tous ses ressortissants présents illégalement en Allemagne

Les deux pays, liés par un accord de réadmission, ont réaffirmé leur « entente » sur le dossier migratoire lors de la visite d’Angela Merkel à Alger.


LE MONDE
              datetime="2018-09-18T10:12:25+02:00"

        Le 18.09.2018 à 10h12






    
Le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, au côté de la chancelière allemande, Angela Merkel, en visite officielle à Alger le 17 septembre 2018.
Crédits : RYAD KRAMDI/AFP


L’Algérie accueillera tous ses ressortissants en situation irrégulière en Allemagne, quel que soit leur nombre, a assuré le premier ministre Ahmed Ouyahia, lundi 17 septembre, à l’occasion de la visite officielle de la chancelière Angela Merkel.
« Je vous confirme que l’Algérie récupérera ses enfants, qu’il s’agisse de 3 000 ou de 5 000 » Algériens, sous réserve de pouvoir procéder à une « identification » de leur nationalité, a affirmé M. Ouyahia lors d’une conférence de presse conjointe à Alger avec Mme Merkel.

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Cette dernière a rappelé la « volonté en Allemagne d’accueillir ceux qui ont de bonnes raisons de fuir leur pays », comme les Irakiens ou les Syriens, de leur fournir « un droit au séjour » et « la possibilité de travailler ». D’un autre côté, a souligné la chancelière, pour les migrants qui ne sont pas éligibles à un titre de séjour, « on s’attend à ce que […] l’Etat puisse agir ». « A cette fin, on a besoin de partenaires qui sont d’accord avec nous et l’Algérie en est un », s’est-elle félicitée.
Demandes d’extradition
D’après le premier ministre algérien, son pays « mène lui-même une action contre les migrants illégaux [et] ne pouvait que s’entendre avec le gouvernement allemand sur ce sujet ». Ahmed Ouyahia a par ailleurs rappelé qu’Alger et Berlin sont liés par un accord de réadmission depuis 1997.
« L’Algérie livre bataille pour le reste de la communauté internationale » en empêchant « annuellement 20 000 à 30 000 personnes d’entrer illégalement [sur son territoire] et souvent d’Algérie de continuer leur chemin » vers l’Europe, a-t-il affirmé. Il a cependant fermement nié que son pays abandonnait « des Africains dans le désert », comme l’en accusent certaines ONG.

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L’Algérie, classée « pays sûr » dans un projet de loi élaboré en juillet par le gouvernement allemand, a par ailleurs demandé à Berlin de « mettre en œuvre » les demandes d’extradition présentées par son système judiciaire.
Interrogé sur les délais de retour des Algériens séjournant illégalement en Allemagne, M. Ouyahia a rappelé que son pays s’opposait à l’utilisation de charters. Il a appelé Berlin à convaincre la compagnie allemande Lufthansa de participer à leur rapatriement, jusqu’ici essentiellement assuré par Air Algérie, pour « accélérer » le rythme de ces retours.

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Outre les questions migratoires, le « terrorisme transfrontalier » et les situations en Libye, au Mali et au Sahel figuraient au programme de la visite de Mme Merkel.


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Analyse. En sanctionnant le pays de Viktor Orban pour « violation grave de l’Etat de droit », le Parlement clarifie sa position vis-à-vis de l’extrême droite, explique la correspondante du « Monde » à Bruxelles, Cécile Ducourtieux.
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Hongrie : le vote historique du Parlement européen

Analyse. En sanctionnant le pays de Viktor Orban pour « violation grave de l’Etat de droit », le Parlement clarifie sa position vis-à-vis de l’extrême droite, explique la correspondante du « Monde » à Bruxelles, Cécile Ducourtieux.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 11h09
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            
Analyse. Le vote « contre la Hongrie » au Parlement européen, le 12 septembre à Strasbourg, est historique, à au moins trois ou quatre titres. A une large majorité – plus de deux tiers des suffrages exprimés –, les eurodéputés ont recommandé au Conseil (les Etats membres) l’activation d’une procédure communautaire exceptionnelle (l’article 7 du traité sur l’Union européenne) pour « risque clair de violation grave de l’Etat de droit ».

C’est la première fois que l’hémicycle bruxellois, représentant les 510 millions de citoyens de l’Union européenne (UE) signifie aussi clairement à un gouvernement d’un Etat membre qu’il a franchi la ligne rouge, qu’il s’éloigne trop des valeurs fondatrices rappelées par l’article 2 du traité sur l’UE : « L’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’Etat de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités. »
Le Parlement européen s’est emparé d’une procédure particulièrement stigmatisante : l’article 7 n’avait jusque-là été déclenché qu’une fois depuis qu’il existe : par la Commission, contre la Pologne, en décembre 2017. Mené à son terme, il peut aller jusqu’à priver un Etat de son droit de vote au conseil, ce qui équivaut à une quasi-exclusion du jeu européen.
Lent glissement vers « l’illibéralisme »
Il était temps : depuis son retour au pouvoir, en 2010, Viktor Orban a sapé progressivement les ressorts démocratiques de son pays sans rencontrer jusqu’à présent de réelle résistance de l’Union. Et à la suite de sa deuxième réélection haut la main au printemps, il n’a pas modéré son discours de haine à l’égard des migrants.

Le rapport de l’élue écologiste néerlandaise Judith Sargentini, sur la base duquel les eurodéputés se sont prononcés, dresse un tableau sombre de ce lent glissement vers « l’illibéralisme »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le ministre britannique Dominic Raab met en garde les Européens contre l’échec des négociations de sortie de l’UE.
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Article sélectionné dans La Matinale du 17/09/2018
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Le ministre britannique du Brexit : « Chacun doit faire une partie du chemin »

Le ministre britannique Dominic Raab met en garde les Européens contre l’échec des négociations de sortie de l’UE.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 01h00
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 17h44
    |

            Philippe Bernard (Londres, correspondant)








                        



                                


                            

Nous sommes près du but. La balle est dans votre camp, Européens du continent. A vous de faire le dernier pas, si vous voulez éviter l’impasse. » A quelques semaines de la période butoir des négociations sur le Brexit – novembre –, à l’avant-veille du sommet européen informel de Salzbourg (Autriche), le nouveau ministre britannique du Brexit, Dominic Raab, a adressé en substance ce message lors d’un entretien accordé, lundi 17 septembre à Londres, à plusieurs correspondants de la presse écrite étrangère.
M. Raab, 44 ans, a été nommé en juillet après la démission de David Davis, opposé au « plan de Chequers » de Theresa May. Cette proposition, adoptée par le gouvernement le 6 juillet depuis la résidence de campagne de la première ministre britannique de Chequers, prévoit le maintien dans le marché unique européen pour les marchandises.

Après avoir longtemps milité pour un « Brexit dur » – une rupture nette avec l’Union européenne (UE) –, voilà ce juriste brillant chargé de négocier la version modérée pour laquelle a finalement opté Theresa May, après s’être heurtée au refus unanime des Vingt-Sept du « picorage »(« cherry picking ») par Londres des avantages de l’UE.
« Nous avons fait des compromis et montré de l’ambition », assure le ministre, tirant argument de la fronde des europhobes du Parti conservateur. Autour de l’ancien ministre Boris Johnson, ces derniers ont déclaré qu’ils refuseraient le « plan de Chequers » au Parlement. « L’UE doit en faire autant. Nous avons besoin de la même ambition et du même pragmatisme des deux côtés. Chacun doit faire une partie du chemin. »
Alors que l’UE critique vivement les propositions de la première ministre britannique, qui opèrent une distinction entre les marchandises – maintenues dans le marché intérieur européen – et les services – sur lesquelles Londres serait libre de « diverger » –, M. Raab les présente comme une ultime possibilité avant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Membres de l’équipe de Médecins sans frontières, Liza Courtois et Carlos Jaramillo vivent leur première mission à bord de l’« Aquarius ».
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Migrants : « Plus tard, cette crise sera dans les livres d’histoire et on en aura honte »

Membres de l’équipe de Médecins sans frontières, Liza Courtois et Carlos Jaramillo vivent leur première mission à bord de l’« Aquarius ».



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 21h19
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 07h58
    |

            Julia Pascual








                        



   


Il a cette analogie en tête. A bord de l’Aquarius, qui fait route vers la Méditerranée centrale, quand Carlos Jaramillo pense aux migrants qu’il se prépare à secourir en mer, il se repasse les images du 11 septembre 2001. Celles de ces femmes et de ces hommes sautant par les fenêtres du World Trade Center, leur corps lancé dans une chute vertigineuse et sans issue. « Il devait y avoir l’enfer derrière ces fenêtres pour qu’ils se jettent dans le vide », dit-il. Comme ces gens qui choisissent de tenter la traversée de la Méditerranée dans des embarcations de fortune. « Ils sont vraiment désespérés pour risquer leur vie en mer », résume Carlos Jaramillo.
C’est la première fois que ce médecin de 43 ans, américano-colombien, monte à bord de l’Aquarius. Il fait partie des trois nouveaux venus au sein de l’équipe de dix humanitaires de Médecins sans frontières (MSF) embarqués sur le navire, aux côtés de l’ONG SOS Méditerranée. « J’étais déjà monté sur un bateau, mais pour des croisières touristiques, dans les Caraïbes ou entre l’Italie et l’Espagne », poursuit Carlos Jaramillo. Nouvelle à bord également, Liza Courtois, infirmière française de 29 ans, ne disposait pas davantage d’une fibre marine, après deux missions pour MSF au Tchad et en République centrafricaine.

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                A bord de l’« Aquarius », des sauvetages bouleversés par la crise migratoire européenne



L’« Aquarius » plutôt que l’Irak ou la Libye
L’un comme l’autre tenaient pourtant à monter sur l’Aquarius. C’est une opération « unique » aux yeux de Carlos Jaramillo. « Cette année, on m’a proposé de postuler à des missions en Irak et en Libye, mais j’ai choisi celle de l’Aquarius car je pense que c’est un impératif moral de répondre à cette crise humanitaire, justifie-t-il. Et d’un point de vue plus personnel, la question des réfugiés me touche car la Colombie, d’où je viens, a toujours été marquée par une crise autour des déplacés internes. »
Liza Courtois se prépare aussi à une expérience singulière, « pas en termes de vies sauvées mais d’humanisme », tente-t-elle d’expliquer. « Plus tard, cette crise sera dans les livres d’histoire et on en aura honte », croit l’infirmière. Alors qu’elle était encore en République centrafricaine, lors d’une précédente mission, elle se souvient d’avoir beaucoup parlé de l’Aquarius avec ses collègues. « Ce qu’il se passe est terrible, explique-t-elle. D’ordinaire, les gens portent un regard bienveillant sur les travailleurs humanitaires mais, dans le cas des sauvetages en Méditerranée, on a criminalisé les ONG, on y a mélangé des considérations politiques alors que, pour moi, ce sont simplement des vies à sauver. »

   


Liza Courtois est, à bord du navire, la personne référente pour repérer les personnes particulièrement vulnérables parmi celles secourues en mer : victimes de torture ou de violences sexuelles, mineurs isolés, femmes enceintes… Elle a, tout au long de son parcours professionnel, majoritairement travaillé dans des services d’urgences hospitaliers, en France, au Québec – où elle réside – puis en République centrafricaine. « Depuis que j’ai 15 ans, j’ai MSF en tête, plaisante la jeune femme. J’aime la façon dont cette ONG s’est construite, le principe de neutralité, celui de restaurer la dignité des gens, d’alléger leur souffrance… »

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                L’« Aquarius » a quitté Marseille, les soutes pleines « pour pouvoir faire face à l’imprévu »



« Je voudrais que personne ne soit en train de se noyer »
Carlos Jaramillo avait aussi depuis longtemps, « dans un coin de [sa] tête », l’envie de travailler pour MSF. En Pennsylvanie, où il vit, le médecin travaille dans un hôpital comme spécialiste des maladies infectieuses. Il a réalisé une première mission de neuf mois pour MSF en Ouzbékistan en 2016. « Quand j’ai eu 40 ans, j’ai commencé à me dire que si je ne réalisais pas certaines choses maintenant, je ne le ferais probablement jamais, se souvient-il. J’en ai parlé à ma femme et je me suis lancé. »
Sur le pont du bateau, lundi 17 septembre, les équipes de MSF et de SOS Méditerranée s’exercent à un scénario de crise. Le bateau se transforme en hôpital de campagne et les pathologies les plus probables en cas de sauvetage sont passées en revue : hypothermie, arrêt cardiaque, brûlures, déshydratation… « J’ai cassé beaucoup de côtes, ne vous inquiétez pas, ce n’est pas un problème », lance Liza Courtois pour rassurer ceux qui ne sont pas encore familiarisés avec la pratique du massage cardiaque et ses indésirables conséquences. Ils pourraient, en cas d’urgence, devoir prêter main-forte.
Alors que l’Aquarius devrait atteindre mardi soir sa zone de patrouille, au large de la Libye, Carlos Jaramillo médite : « Je suis dans l’attente et dans une forme d’ambiguïté, confie-t-il. Une partie de moi a envie de trouver des gens à sauver mais, en même temps, je ne veux pas souhaiter qu’ils se mettent en danger en prenant la mer. Je voudrais que personne ne soit en train de se noyer. ».

   



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                « L’“Aquarius” est le symbole du naufrage de l’Europe politique »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ En conflit depuis plusieurs semaines en raison de réglementations différentes, les pêcheurs des deux côtés de la Manche sont parvenus à s’entendre.
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Coquilles Saint-Jacques : accord entre les pêcheurs français et britanniques

En conflit depuis plusieurs semaines en raison de réglementations différentes, les pêcheurs des deux côtés de la Manche sont parvenus à s’entendre.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 21h10
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 21h17
   





                        



   


Les pêcheurs français ont annoncé lundi 17 septembre avoir trouvé un accord avec leurs homologues britanniques au sujet du calendrier de pêche de la coquille Saint-Jacques en baie de Seine, à l’origine d’affrontements en mer. « On a réussi à avoir un accord. Ce soir à minuit, [les pêcheurs britanniques] quitteront la [zone de la] Manche est et ne reviendront que le 1er novembre », a indiqué à l’AFP Pascal Coquet, président de la commission nationale coquille Saint-Jacques du Comité national des pêches.
Contrairement à ce que réclamaient les Français, seuls les bateaux de plus de quinze mètres devront quitter les eaux de pêche. « On a été obligés de laisser tomber les moins de 15 mètres », car en ce moment les bateaux britanniques « sont en train de faire un ravage », a ajouté M. Coquet.

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                Aux origines de la guerre de la coquille Saint-Jacques



Un accord à entériner
Ce différend entre pêcheurs français et britanniques autour des coquilles Saint-Jacques est lié à la différence de réglementation entre les deux pays. En France, elle ne peut être pêchée que du 1er octobre au 15 mai. Mais les Britanniques et les Irlandais, eux, n’ont pas de dates imposées.
Des altercations avaient éclaté en mer fin août, quand une trentaine de navires français avaient essayé d’empêcher cinq navires britanniques de pêcher le précieux mollusque, nouvel épisode d’une guerre au long cours. En compensation du départ de leurs homologues britanniques, les pêcheurs français ont accepté de leur donner un quota de pêche supplémentaire qu’eux-mêmes n’utilisent pas, a précisé M. Coquet.
« C’est un compromis. Ce n’est pas le meilleur accord (…) mais c’est mieux que l’absence d’accord », a indiqué à l’AFP Jim Portus, représentant de l’industrie britannique de la coquille Saint-Jacques. Cet accord, qui intervient après des semaines de discussions et une rupture des négociations la semaine dernière, devra désormais être entériné par les deux gouvernements, a précisé le ministère de l’agriculture.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan se sont mis d’accord, lundi à Sotchi, en Russie, pour contrôler conjointement cette zone.
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Syrie : vers une « zone démilitarisée » à Idlib, sous l’égide de la Russie et la Turquie

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan se sont mis d’accord, lundi à Sotchi, en Russie, pour contrôler conjointement cette zone.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 19h33
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 08h00
   





                        



   


Le président russe, Vladimir Poutine, a annoncé lundi 17 septembre un accord avec Recep Tayyip Erdogan pour la création, d’ici au 15 octobre, d’une « zone démilitarisée » sous leur contrôle dans la région d’Idlib, le dernier bastion rebelle de Syrie.
« Nous avons décidé de créer le long de la ligne de contact, à partir du 15 octobre de cette année, une zone démilitarisée de 15-20 km de large », a déclaré le président russe à l’issue d’une rencontre avec son homologue turc dans la station balnéaire russe de Sotchi.
« Des unités de l’armée turque et de la police militaire russe contrôleront » cette région, a poursuivi le président russe, ajoutant que les armes lourdes « de tous les groupes de l’opposition » devraient avoir évacué cette zone, située dans le nord-ouest de la Syrie, pour le 10 octobre.
Selon le président russe, cet accord présente « une solution sérieuse » permettant « d’avancer dans la résolution de ce problème ». « Je suis convaincu qu’avec cet accord, nous avons évité qu’une grande crise humanitaire ne se produise à Idlib », a pour sa part déclaré M. Erdogan lors de la conférence de presse ayant suivi la rencontre entre les deux chefs d’Etat.

        Les enjeux  :
         

          une bataille décisive autour de l’enclave d’Idlib



La Turquie fermement opposée à une offensive
Selon le ministre russe de la défense, Sergueï Choïgou, interrogé par les agences de presse russes Interfax et TASS, cette décision permettra d’éviter un assaut sur le dernier bastion rebelle de Syrie. Contrôlée à 60 % par le groupe djihadiste Hayat Tahrir Al-Cham, composé notamment de l’ex-branche d’Al-Qaida en Syrie, la région d’Idlib est sous la menace d’une vaste offensive des troupes de Bachar Al-Assad.
Si la Russie, plus fidèle allié du régime syrien, a semblé pressée d’en finir avec la rébellion, la Turquie, soutien des groupes rebelles dits modérés, est en revanche fermement opposée à une offensive. Les divergences entre la Turquie et la Russie sur le sort de la province d’Idlib ont éclaté au grand jour lors du sommet de Téhéran, organisé le 7 septembre dans la capitale iranienne, et à l’issue duquel les deux pays n’avaient pu s’accorder.

        L’analyse militaire  :
         

          A Idlib, l’épilogue de l’insurrection syrienne






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Markus Söder, tête de liste de l’Union chrétienne-sociale (CSU) aux élections régionales du 14 octobre, a tenu un meeting jeudi à Mooseburg, en Allemagne.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le slovaque Maros Sefcovic est le premier à présenter sa candidature à l’investiture du Parti socialiste européen pour briguer le poste de président de la Commission.
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Présidence de la Commission : les sociaux-démocrates ont peu d’illusion pour succéder à Juncker

Le slovaque Maros Sefcovic est le premier à présenter sa candidature à l’investiture du Parti socialiste européen pour briguer le poste de président de la Commission.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 15h14
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 18h23
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen) et 
Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Les candidats à l’investiture du parti socialiste européen pour briguer le poste de président de la Commission ont jusqu’au 18 octobre pour déposer leur candidature. La désignation du « spitzencandidate » (tête de liste) devrait avoir lieu lors d’un congrès du Parti socialiste européen (PSE), à Lisbonne les 7 et 8 décembre prochains, un mois après la nomination de la tête de liste du Parti populaire européen (PPE), le rassemblement des droites de l’Union. L’Allemand Manfred Weber, pour l’instant seul candidat, semble bien placé pour gagner cette investiture.

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                Manfred Weber veut succéder à Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission



Le PSE est en petite forme, à l’image des partis socialistes nationaux, tous en recul, voire en voie de disparition dans la plupart des pays d’Europe (à l’exception de l’Espagne, du Portugal ou de la Suède, où les socialistes ont résisté lors des dernières législatives). En outre, le parti paneuropéen va perdre ses 20 élus du Labour britannique au Parlement de Strasbourg à la suite du Brexit qui doit être effectif dès le 29 mars 2019. C’est un autre coup dur en prévision des élections européennes, alors que le PSE n’est plus tout à fait assuré de rester la deuxième force politique à Bruxelles.
Est-ce la raison pour laquelle les candidats pour en assurer sa « tête de liste » ne se bousculent pas ? Durant l’été, une conversation entre quelques dirigeants européens – entre autres, Sergueï Stanichev, le président du Parti socialiste européen, Udo Bullmann, président du groupe socialiste au Parlement de Strasbourg ou encore le Français Olivier Faure – n’a pu qu’acter la difficulté à identifier une tête de liste.
Parmi les candidats évoqués  :
Le slovaque Maros Sefcovic a confirmé officiellement, lundi 17 septembre, qu’il briguait la présidence de la Commission européenne en remplacement de Jean-Claude Juncker, dont le mandat s’achève en novembre 2019, quelques mois après les élections européennes. Actuellement vice-président de la commission en charge de l’Union de l’énergie, ce diplomate de 52 ans est le premier de la famille sociale-démocrate, toujours deuxième force politique du Parlement européen, à se lancer dans la course à l’investiture pour être « tête de liste » de sa famille politique. Il a déclaré lundi matin vouloir « combattre la mentalité des fils barbelés », faisant référence à sa jeunesse derrière le rideau de fer.
D’autres candidats potentiels, mais pour l’instant écartés :
Le Belge Paul Magnette aurait pu obtenir un consensus. Ancien ministre-président de la Wallonie et figure de la résistance d’une certaine gauche à l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, le CETA, il est aussi le maire de Charleroi et entend bien se faire réélire à ce poste le 14 octobre. Il n’entend toutefois pas réorienter sa carrière vers l’Europe en ce moment. Il ne peut cumuler les mandats et vise plutôt la succession d’Elio Di Rupo à la tête du PS francophone belge. Il a d’ailleurs décliné l’offre surprenante du PS français, qui proposait de lui confier la tête de sa liste.

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                Paul Magnette : « Pourquoi je ne serai pas le candidat du PS français aux européennes »



Federica Mogherini, l’actuelle haute représentante pour la diplomatie européenne, a annoncé qu’elle ne briguerait pas un deuxième mandat. La nouvelle configuration politique dans son pays, l’Italie, est, en effet, plus que défavorable à cette sociale-démocrate, par ailleurs en délicatesse, aujourd’hui, avec Matteo Renzi, le leader du Parti démocrate. Elle viserait une carrière dans une institution internationale.  Le premier vice-président de la Commission Juncker, Frans Timmermans, hésite à se profiler. Le Néerlandais aurait obtenu l’accord de Mark Rutte, le premier ministre libéral néerlandais, pour rester à Bruxelles. C’était, toutefois, avant que M. Rutte songe lui-même à une carrière européenne : beaucoup le décrivent désormais comme un candidat sérieux à la succession du polonais Donald Tusk, à la tête du Conseil européen. Et, dans cette hypothèse, il n’y aurait pas de place pour deux Néerlandais à une très haute fonction. Autre handicap pour M. Timmermans : sa formation, le Parti du travail (PVDA) subit le même sort que son homologue français et est, désormais, quasiment rayée de la carte. Enfin, son profil de gestionnaire, issu d’un pays partagé entre l’euroscepticisme et le rejet de tout projet fédéral, ne le favorise pas aux yeux des socialistes du Sud.
L’actuel commissaire à l’économie, le Français Pierre Moscovici, qui n’aurait pas écarté l’idée de se présenter lui aussi pour remplacer M. Juncker, peut revendiquer un bilan plutôt bon à son poste, où il s’est distingué dans la gestion de la crise grecque et a beaucoup travaillé pour limiter l’évasion fiscale dans l’Union (proposition d’une liste noire européenne des paradis fiscaux et d’une standardisation de l’impôt sur le revenu). Mais le manque de soutien, jusqu’à présent, des socialistes français, constitue son principal handicap.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ La parti conservateur bavarois, en perte de vitesse, cible désormais l’AfD, à trois semaines des élections régionales.
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En Bavière, la CSU prend ses distances avec l’extrême droite

La parti conservateur bavarois, en perte de vitesse, cible désormais l’AfD, à trois semaines des élections régionales.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 11h05
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 15h19
    |

            Thomas Wieder (Garmisch-Partenkirchen, Gröbenzell, Landsberg, Moosburg, Munich, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Depuis qu’il s’est fracturé l’épaule en skiant dans le Tyrol autrichien, l’hiver dernier, Gerhard Huber ne sort sa voiture que pour faire les courses, deux fois par semaine. Jeudi 13 septembre, il a pourtant pris la route jusqu’à Moosburg, une petite ville située au nord-est de Munich, à cent kilomètres de chez lui. La raison de cet écart ? Le meeting qu’y tenait Markus Söder, le ministre-président de Bavière, tête de liste de l’Union chrétienne-sociale (CSU) aux élections régionales du 14 octobre.
Ingénieur à la retraite, Gerhard Huber s’est toujours intéressé « d’assez loin » à la politique. Pendant quarante ans, il ne s’est d’ailleurs jamais posé la question : à chaque élection, il votait pour la CSU, le parti conservateur bavarois, « comme pratiquement tout le monde ». Cette année, pour la première fois, il hésite. D’où sa présence au meeting de Markus Söder. « Parce que j’ai besoin d’avoir les idées claires, dit-il. Et que je n’ai jamais été aussi préoccupé par la situation politique de ce pays. »
« Les masques sont tombés »
A la sortie, il se dira « plutôt satisfait ». Face aux quelque 800 personnes venues l’écouter dans la « tente à bière » dressée le long de la petite tête foraine de Moosburg, Markus Söder a plutôt fait dans la sobriété – ce qui est plutôt inhabituel chez ce colosse de 1,94 mètre, que ses adversaires ont depuis longtemps rangé dans la catégorie des « populistes ». Puis le ton s’est fait plus solennel, le débit plus lent, quand il a évoqué le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) en rapport avec les événements de Chemnitz. Dans cette ville de Saxe, l’extrême droite a organisé plusieurs manifestations depuis la mort d’un homme de 35 ans poignardé en pleine rue, le 26 août, lors d’une altercation avec des demandeurs d’asile. « Avec Chemnitz, les masques sont tombés et l’AfD a montré son vrai visage. Il est maintenant clair que l’AfD est main dans la main avec le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le correspondant du « Monde » à Londres Eric Albert explique dans cette chronique que le scénario dominant chez les acteurs économiques pour le Brexit est celui d’un long délitement et pas un effondrement.
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« L’économie britannique ne dit pas que le Brexit est formidable, bien au contraire »

Le correspondant du « Monde » à Londres Eric Albert explique dans cette chronique que le scénario dominant chez les acteurs économiques pour le Brexit est celui d’un long délitement et pas un effondrement.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 11h55
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Marchés. Et si on regardait la réalité économique en face ? Derrière les cris d’alerte sur les risques catastrophiques du Brexit, ni les marchés financiers ni les entreprises ne paniquent. La livre sterling, meilleur indicateur des risques de la sortie de l’Union européenne, reste relativement stable depuis deux ans : autour de 1,30 pour un dollar et de 1,12 pour un euro, avec des hauts et des bas en fonction des dernières petites phrases des négociateurs britanniques et européens.
Du côté de l’économie, après un sérieux creux au début de l’année, la croissance a rebondi ces derniers mois. Entre mai et juillet, elle a été de 0,6 %, à son plus haut niveau depuis fin 2016. En juin, les salaires, longtemps à la traîne, ont commencé à progresser, en hausse de 2,9 % sur un an. Le chômage est à 4 % et a reculé d’un point depuis le référendum de juin 2016.
La croissance britannique, qui était la plus forte des pays du G7, est aujourd’hui l’une des plus faibles
En clair, les acteurs économiques et financiers ne croient pas au scénario catastrophe. Ils parient sur un accord entre Londres et Bruxelles dans les mois qui viennent. Un avocat d’affaires français basé à Londres de longue date le résume bien : les entreprises qui viennent le voir le questionnent en permanence sur le Brexit, sont ennuyées par cette incertitude majeure, mais continuent pour l’essentiel comme si de rien n’était.
Qu’on ne s’y trompe pas. L’économie ne dit pas que le Brexit est formidable, bien au contraire. La livre sterling a chuté de 15 % après le référendum et n’a jamais rebondi. Une telle dévaluation permanente dans un grand pays occidental est le signe d’un sérieux coup sur la tête. La croissance britannique, qui était la plus forte des pays du G7, est aujourd’hui l’une des plus faibles. Selon les calculs d’UBS, le Royaume-Uni a perdu 2,1 points de PIB par rapport à ce qui se serait passé si le référendum avait rejeté le Brexit.
Une dynamique économique...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Pachi Santiago et Olivier Blanckart, exposés au Festival Images – Biennale des arts visuels, se travestissent en icônes.
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Photographie : à Vevey, les autoportraits d’une époque

Pachi Santiago et Olivier Blanckart, exposés au Festival Images – Biennale des arts visuels, se travestissent en icônes.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 10h15
    |

            Michel Guerrin (Vevey (Suisse), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Exposé dans un parc au centre de Vevey, en Suisse, l’Espagnol Pachi Santiago se prend pour Claudia Schiffer. Un peu plus loin, au bord du lac Léman, le Français Olivier Blanckart se transforme, photo après photo, en Sartre, ­Laurel, Hardy, Balzac, Cohn­-Bendit, Depardieu, David Lynch, Renaud, Mélenchon, Courbet – liste non exhaustive. Autant dire qu’on a envie de rencontrer ces deux artistes pour voir à quoi ils ressemblent en vrai. L’Espagnol a le trait fin, le cheveu blond mais un regard noir qui n’appartient qu’à lui. Olivier Blanckart ne ressemble qu’à Olivier Blanckart – petit, rondelet, blond dégarni. Son visage est de la pâte à modeler. Un visiteur le croise et lui lance, stupéfait : « C’est vous, l’artiste ? » C’est lui.

Blanckart épate par sa façon de se transformer, sans assistant, sans recourir à des images de ­synthèse, juste avec des postiches à 3 euros, un maquillage grossier, du scotch, un coup de crayon. L’appareil est souvent un Instamatic ou un téléphone. Ce qui compte, c’est qu’il a beaucoup regardé les images d’illustres avec les attributs de leurs apparences : une coiffure, un vêtement, un regard, un sourire, une mimique, un objet.
Peu importe de savoir si Cohn-Bendit est crédible. La chemise bleue ouverte sur un tee-shirt blanc avec veste grise, le sourire désarmant, c’est lui. Les cheveux sculptés d’un rockeur, le regard de chien battu, la chemise blanche fermée sans cravate, c’est le ­cinéaste David Lynch. Le regard ­vitreux, les joues qui tombent, les lèvres pincées, la coiffe blonde, la robe bleu Klein, c’est Angela ­Merkel. Le cou dans le col roulé et les lunettes trop grandes, c’est Marguerite Duras.
Parfois, Blanckart fait évoluer son corps pour s’approcher du modèle – il est monté à 83 kg pour Balzac
Blanckart fait de la pantomime. Il accentue les stéréotypes, il les caricature. Parfois, il fait évoluer son corps pour s’approcher du modèle – il est monté à 83 kg pour Balzac. Quand les personnages...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le directeur du Festival Images, qui ne croit pas à l’exception culturelle, détaille la manière dont il a implanté l’art dans la ville de Vevey.
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Stefano Stoll : « La culture ne doit pas être dans un monde parallèle »

Le directeur du Festival Images, qui ne croit pas à l’exception culturelle, détaille la manière dont il a implanté l’art dans la ville de Vevey.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 10h14
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 11h41
    |

            Michel Guerrin (Vevey (Suisse), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Stefano Stoll est le directeur du Festival Images, la biennale d’arts visuels de Vevey (Suisse), qui a la particularité d’installer une grande partie des œuvres et projets dans la rue, les parcs, sur des façades d’immeubles, dans la gare, les vitrines des magasins et même sur l’eau du lac Léman. Il explique sa démarche.

Etre dans la rue, est-ce pour aller à la rencontre du public ?
Au début, il y a douze ans, j’ai cherché à planter profondément les racines du festival dans la ville. Je voulais le public local. Je déteste l’entre-soi, j’aurais pu faire le malin et faire venir d’emblée une star de l’art conceptuel pour viser les convaincus. C’était l’échec assuré. Ici, le public vient pour vivre une expérience sensible, pas pour qu’on lui donne un cours d’art contemporain. Nous devons lui ­raconter des histoires. Je n’expose pas dans un cube blanc, mais dans la ville, et c’est plus compliqué.
Par exemple ?
Ce festival est tellement lié aux aléas de la ville… La moitié des projets sont abandonnés. Une décision politique, un accident de la route, un trou dans un mur, un changement de législation, une boutique qui ferme pour travaux, un ravalement de façade inopiné, un propriétaire de maison où j’ai prévu une exposition et dont l’épouse meurt dix jours avant le festival, une canalisation qui pète, une tempête sur le lac, tout cela bouleverse le festival. Ce n’est pas chaque semaine, c’est chaque heure qu’un imprévu surgit. Par exemple, on a eu un problème avec Nestlé, la première entreprise de la ville…
Quel problème ?
Nestlé nous avait promis un ­bâtiment en friche de 800 m2, ­situé derrière la gare, qui serait devenu le siège de l’équipe du festival et un lieu d’exposition pour jeunes artistes. Et puis Nestlé s’est retrouvé en conflit avec la ville de Vevey autour d’une parcelle qui lui appartient. Mécontent, Nestlé a décidé de ne plus nous donner ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Analyse. L’extrême droite, qui gouverne en coalition avec les conservateurs, rend inaudible le  discours proeuropéen du chancelier Sebastian Kurz, explique Blaise Gauquelin, correspondant du « Monde » à Vienne.
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L’aigle à deux têtes de la coalition autrichienne

Analyse. L’extrême droite, qui gouverne en coalition avec les conservateurs, rend inaudible le  discours proeuropéen du chancelier Sebastian Kurz, explique Blaise Gauquelin, correspondant du « Monde » à Vienne.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 08h15
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 11h44
    |

            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Analyse. C’est au Forum européen d’Alpbach, fin août dans le Tyrol, que les Autrichiens ont finalement saisi la gravité de la situation. L’ancien secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a fait rire l’assemblée en affirmant que la photo de la ministre des affaires étrangères autrichienne, Karin Kneissl, gratifiant Vladimir Poutine d’une révérence au cours de sa fête de mariage était dans tous les journaux sud-coréens.

Sans doute ignore-t-on à Séoul la tradition viennoise voulant qu’après une valse les femmes s’inclinent devant leur partenaire. Sûrement était-ce aussi une occasion en or, pour les commentateurs, d’ironiser sur la présence du président russe aux noces de la ministre, célébrées le 18 août dans un folklore digne de La Mélodie du bonheur. L’Autriche, dont le tropisme prorusse n’est plus à démontrer, reste officiellement un pays neutre, membre de l’Union européenne (UE) depuis 1995 – elle en assure accessoirement la présidence tournante pour un semestre depuis le 1er juillet.
La plaisanterie n’est pas du goût du jeune conservateur Sebastian Kurz, qui, à 32 ans seulement, dirige le gouvernement grâce au soutien du sulfureux Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ). Cette coalition si controversée, c’est son bébé. Il ne plaide en rien la naïveté. Il sait que Karin Kneissl, nommée par l’extrême droite, a commis une grave faute en conviant un chef d’Etat à cet événement intime sans l’en informer au préalable. Il n’ignore pas que le symbole, exploité jusqu’à plus soif par les organes de la propagande russe, qui avaient dépêché sur place une discrète caméra, risque d’avoir des effets catastrophiques sur ses six mois à la direction de l’UE, cruciaux pour son avenir politique. Depuis, il déploie des efforts désespérés pour inverser la tendance.
Sebastian Kurz multiplie les gestes de bonne volonté
S’il a finalement « lâché » le premier ministre hongrois Viktor Orban, dans un retournement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Le navire humanitaire fait route vers la Méditerranée centrale, sans aucune visibilité sur les ports dans lesquels il pourra débarquer les personnes secourues.
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A bord de l’« Aquarius », des sauvetages bouleversés par la crise migratoire européenne

Le navire humanitaire fait route vers la Méditerranée centrale, sans aucune visibilité sur les ports dans lesquels il pourra débarquer les personnes secourues.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 21h52
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 09h50
    |

            Julia Pascual (envoyée spéciale)








                        



   


L’Aquarius a progressé dimanche 16 septembre dans une mer de velours, après avoir quitté Marseille la veille et mis le cap sur la Méditerranée centrale. En début de soirée, le navire humanitaire des ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF) a allumé un troisième moteur pour faire route à 10,8 nœuds. Plus tôt dans la journée, signe que les tentatives de traversée se poursuivent, une embarcation en détresse a été repérée au large des côtes libyennes, avec à son bord une centaine de personnes, d’après l’ONG Pilotes Volontaires, qui réalise une mission de surveillance aérienne.

        Lire aussi :
         

                L’« Aquarius » a quitté Marseille, les soutes pleines « pour pouvoir faire face à l’imprévu »



Deux jours supplémentaires de navigation devraient être nécessaires pour atteindre la zone de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale. Un long périple rendu obligatoire depuis que l’Italie a fermé ses ports aux ONG cet été, sous l’impulsion de son ministre de l’intérieur Matteo Salvini, et que l’Aquarius a renoncé à son traditionnel port d’attache en Sicile. Le bateau s’était également vu refuser pendant l’été une escale technique par Malte et s’est donc rapproché de Marseille.
Dans un contexte de crispation européenne, les opérations humanitaires ont été largement remises en question ces derniers mois. Plusieurs navires sont toujours bloqués à quai à Malte, tandis que l’ONG espagnole Proactiva a renoncé à patrouiller au large de la Libye. Actuellement, aucun navire d’ONG n’est donc présent dans cette zone. Pendant ce temps, même si les départs n’ont jamais été aussi bas depuis quatre ans, le taux de mortalité sur la route de la Méditerranée centrale est en forte hausse en 2018, d’après le Haut commissariat pour les réfugiés des Nations Unies.

   


« Un avant et un après Valence »
« Il y a définitivement un avant et un après Valence », souligne Laura Garel, porte-parole de SOS Méditerranée. Après les premiers refus italien et maltais, la ville espagnole avait accueilli en juin le navire humanitaire et 630 migrants à son bord. « Tout l’été, nous avons avancé au cas par cas, poursuit Laura Garel. Sans avoir aucune visibilité sur les ports dans lesquels nous pourrions débarquer les personnes secourues, comme si le cadre légal avait été mis de côté ».
L’Aquarius doit aussi composer avec la montée en puissance des gardes-côtes libyens. D’ordinaire, les opérations de secours aux embarcations en détresse étaient coordonnées par les autorités maritimes italiennes. « Depuis fin juin, l’organisation maritime internationale a reconnu officiellement la compétence de la Libye en matière de coordination des opérations de recherche et de sauvetage [dans les eaux internationales] au large du pays », souligne Laura Garel. Le 10 août, au cours de sa précédente mission, l’Aquarius a donc pris attache avec les autorités de Tripoli après avoir repéré deux embarcations en détresse. « Nous n’avons pas eu de retour dans un premier temps, narre Laura Garel. Finalement, les Libyens ont assumé la coordination des secours mais nous ont dit qu’ils ne pouvaient pas nous procurer un port sûr pour débarquer les personnes. Après cela, l’Italie et Malte ont refusé de nous accueillir. Au terme de quatre jours d’attente, nous avons finalement pu nous rendre à Malte ».
Dans cet environnement incertain, SOS Méditerranée et MSF tentent de réaffirmer leur cadre d’intervention : « Si nous avons des raisons de penser qu’une embarcation fait face à un danger imminent, nous porterons secours aux personnes sans délai, expliquaient les deux ONG dans un communiqué cet été. S’il nous est demandé de débarquer des gens en Libye ou de les transférer sur un bateau des gardes-côtes libyens, nous nous y opposerons fermement dans la mesure où la Libye, actuellement, ne peut pas être considérée comme un lieu sûr, selon les conventions maritimes internationales ».

   


L’organisation matérielle a été revue
Alors que les navires humanitaires ont été pris à partie par les gouvernements européens, accusés notamment de faire le jeu des réseaux de passeurs, SOS Méditerranée a également souhaité faire un effort de transparence. Un poste de chargé de la recherche et de la documentation a été créé à bord, dont le rôle est notamment d’alimenter un registre public et accessible en ligne, le « logbook » : « J’y recense à la fois nos opérations et ce dont on est témoin, explique Kiri Santer, qui occupe ce poste sur la passerelle du bateau. Si, par exemple, il y a eu des cas de non-assistance d’embarcations en détresse, je peux les documenter et les archiver ».
L’Aquarius a enfin revu son organisation matérielle : « Avant, nous savions que nous pouvions débarquer des personnes secourues au bout de deux ou trois jours mais, maintenant, on se prépare à des attentes longues en mer », explique Edouard Courcelle, chargé pour MSF de la logistique à bord.
Les stocks de nourriture ont notamment été revus à la hausse. Et les kits de survie adaptés. « Dix jours en mer avec des personnes rescapées, ça implique d’améliorer les conditions d’hygiène mais aussi de confort, poursuit Edouard Courcelle. On a par exemple ajouté des brosses à dent et du dentifrice à nos kits ». De la même façon, alors qu’une seule douche avait été prévue sur le pont du navire, pour les personnes brûlées par le mélange d’eau salée et d’essence, désormais des douches de confort ont été pensées pour tout le monde.
Un container réfrigéré a enfin été installé sur le pont avant du bateau, dans lequel pourront être conservés les corps sans vie. Jusque là, ceux-ci étaient installées dans des sacs mortuaires. « Pour refroidir les corps, on enroulait les sacs mortuaires dans des couvertures que l’on arrosait et l’évaporation évacuait suffisamment de calories pour préserver une température acceptable », détaille Edouard Courcelle. Depuis sa première opération en février 2016, l’Aquarius a régulièrement pris en charge des corps.

   



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                « Le Monde » remonte à bord du navire humanitaire « Aquarius »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ L’islamologue suisse controversé est placé depuis février en détention en France pour d’autres accusations de viol.
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Une enquête pour viol visant Tariq Ramadan ouverte en Suisse

L’islamologue suisse controversé est placé depuis février en détention en France pour d’autres accusations de viol.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 19h50
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 21h33
   





                        



   


La Tribune de Genève révèle dimanche 16 septembre que le théologien musulman suisse Tariq Ramadan est visé par une enquête criminelle pour viol ouverte par le parquet de Genève. M. Ramadan est détenu en France depuis février pour d’autres accusations de viol.
Le parquet a décidé d’ouvrir une enquête criminelle formelle à la suite de la plainte d’une femme accusant Tariq Ramadan de l’avoir violée dans un hôtel de Genève en 2008, selon le porte-parole du parquet Henri Della Casa, cité par le quotidien suisse.
L’accusatrice a déposé sa plainte en avril. Tariq Ramadan n’a pas encore été interrogé par les procureurs suisses dans le cadre de cette affaire.
Inculpé en France
Selon l’avocat de l’accusatrice, Me Romain Jordan, les enquêteurs suisses vont se rendre en France pour entendre la version de M. Ramadan.
Ce théologien de 56 ans, figure populaire et controversée de l’islam francophone, a été inculpé en France le 2 février pour des accusations de viol qu’il conteste.

        Lire aussi :
         

                Ce que Tariq Ramadan a dit devant les juges



Le théologien n’a pas été en revanche inculpé ni interrogé à la suite d’accusations de viol formulées par une troisième plaignante, une Française musulmane. Cette femme l’a accusé de l’avoir violée neuf fois, en France, à Londres et à Bruxelles, de 2013 à 2014.
Mardi, M. Ramadan doit être de nouveau confronté à la deuxième plaignante, « Christelle », tandis que sa défense compte déposer une nouvelle demande de mise en liberté sous contrôle judiciaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ A un mois des élections régionales, les responsables de l’Union chrétienne-sociale ont choisi de lisser leur discours lors de leur congrès.
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Article sélectionné dans La Matinale du 15/09/2018
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A Munich, les conservateurs de la CSU veulent se démarquer de l’extrême droite

A un mois des élections régionales, les responsables de l’Union chrétienne-sociale ont choisi de lisser leur discours lors de leur congrès.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 20h48
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 11h30
    |

            Thomas Wieder (Munich, envoyé spécial)








                        



   


Franz Josef Strauss est mort il y a trente ans. Mais celui que l’on surnommait le « taureau de Bavière », charismatique président de la très conservatrice l’Union chrétienne-sociale (CSU), sur laquelle il régna sans partage de 1961 à 1988, reste une référence indépassable dans ce Land du sud de l’Allemagne. Samedi 15 septembre, il était donc naturel que son lointain héritier, Markus Söder, ministre-président de Bavière, lui rende un hommage appuyé lors du congrès de la CSU organisé à Munich un mois avant les élections régionales du 14 octobre.
Dans son discours, M. Söder ne s’est pourtant pas contenté de saluer l’homme qui a fait entrer « l’Etat libre de Bavière » dans la « modernité », en la faisant passer de « l’âge rural » à « l’âge industriel », avant que ses successeurs n’en fassent « le Land le plus fort et le meilleur d’Allemagne », celui qui « produit les meilleures voitures du monde », celui qui a réussi l’alliance de « l’ordinateur portable et de la culotte de peau », bref, une région si « pleine de succès » que « tout le monde veut y venir ».
A la tribune, M. Söder est en effet allé plus loin. Comme il l’a rappelé, Franz Josef Strauss est aussi celui qui, dans les années 1980, avait déclaré qu’« il n’y a pas de place pour un parti démocratique à la droite de la CSU ». A l’époque, la phrase était dirigée contre les Republikaner, une petite formation qui tentait de tailler des croupières à la CSU sur sa droite, en s’adressant à ses électeurs déçus.

   


Or, trente ans plus tard, l’histoire se répète : avec le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD), la CSU a un nouveau concurrent sur son flanc droit. Mais un concurrent autrement plus sérieux que les Republikaner, qui n’ont jamais dépassé les 2 % des voix, alors que l’AfD, elle, est créditée de 11 % à 15 % aux prochaines élections bavaroises, un an après avoir recueilli 12,4 % des suffrages aux législatives de septembre 2017.

        Lire le compte-rendu du tchat :
         

          Allemagne : « Indiscutablement, des tabous sur l’extrême droite sont brisés »



Changement de stratégie
Que faire pour endiguer la montée de l’AfD ? A un mois du scrutin, Markus Söder s’est donc souvenu du « dogme » de Franz Josef Strauss. Si « aucun parti démocratique » ne peut exister « à la droite de la CSU », c’est donc que l’AfD est, par nature, un parti antidémocratique.
C’est ce qu’il a martelé à Munich, en se référant pour cela aux récents événements de Chemnitz (Saxe), théâtre de violentes manifestations d’extrême droite depuis la mort d’un Allemand de 35 ans, poignardé en pleine rue, dans la nuit du 25 au 26 août, après une altercation avec des demandeurs d’asile.
Or à Chemnitz, a expliqué M. Söder, l’AfD « a manifesté côte à côte avec le [parti néonazi] NPD, [le mouvement islamophobe] Pegida et les hooligans ». Ce faisant, ce parti a montré sa « vraie nature », qui n’est pas de lutter pour la sécurité du pays mais d’œuvrer pour sa « déstabilisation ». Pour M. Söder, cela ne fait aucun doute : « Aujourd’hui, Franz Josef Strauss combattrait l’AfD. » Un message aux électeurs conservateurs qui pourraient être troublés par certaines affiches de l’AfD où apparaît le visage du « taureau de Bavière », accompagné de ce slogan : « Franz Josef Strauss voterait AfD. »

   


Quelle sera l’efficacité d’un tel discours ? Trop tôt pour le dire. En revanche, il est clair que cette offensive anti-AfD lancée par la CSU à un mois du scrutin résulte d’une prise de conscience : celle de l’échec de la stratégie suivie jusque-là par le parti conservateur bavarois et qui consistait, au contraire, à parler le moins possible de l’AfD tout en collant le plus possible à son discours, dans l’espoir que cela permettrait d’en limiter la montée.
Cette stratégie, décidée au lendemain des législatives de septembre 2017, a été sanctionnée dans les sondages : depuis le début de l’année, l’AfD a légèrement progressé, alors que la CSU, elle, a chuté de plus de cinq points. Une baisse qui s’explique en partie par le rejet suscité par sa course « à droite toute » auprès d’un électorat modéré qui, aujourd’hui, se dit prêt à voter pour d’autres, et notamment pour les Verts, crédités de 15 % à 17 % des voix dans les dernières enquêtes d’opinion, et qui pourraient s’imposer comme la deuxième force politique au Parlement régional.

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« Ordre » et « humanité »
C’est donc avec ce discours débarrassé des accents populistes de ces derniers mois que la CSU aborde cette fin de campagne. A Munich, M. Söder a ainsi soigneusement évité de dénoncer le « tourisme de l’asile », expression qu’il avait empruntée à l’AfD il y a quelque temps, préférant rendre hommage à « celles et ceux qui aident les réfugiés ». A la même tribune, deux heures avant lui, Horst Seehofer, le président du parti, nommé en mars ministre fédéral de l’intérieur, avait lui aussi choisi le même registre.

   


Vantant sa politique de fermeté, notamment sur les reconduites à la frontière de demandeurs d’asile sans autorisation de séjour, M. Seehofer s’en est tenu à un discours consensuel, expliquant que la politique migratoire devait être fondée sur « l’ordre » et « l’humanité », et que seule une « immigration contrôlée » pouvait permettre une « intégration réussie ».
On en aurait presque oublié que, dix jours plus tôt, le même M. Seehofer avait déclaré, dans une interview à la Rheinische Post, que « la question migratoire est la mère de tous les problèmes politiques du pays ».

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Accusé de complaisance à l’égard de l’extrême droite, notamment pour avoir déclaré que « s’il n’avait pas été ministre, il serait descendu dans la rue à Chemnitz », le ministre de l’intérieur a donc lui aussi tenu à lisser son discours : « Nous sommes libéraux et conservateurs. Nous avons toujours clairement mis une barrière entre nous et l’extrême droite. Nous n’avons aucune tolérance pour l’antisémitisme, la radicalité d’extrême droite, la haine des étrangers et la haine tout court », a-t-il insisté.
Un recentrage plutôt apprécié
Parmi les militants et les sympathisants du parti présents à Munich, samedi, ce recentrage semble avoir été plutôt apprécié. « Si la CSU veut rester un “parti populaire”, elle doit parler à tout le monde, et ne peut pas se contenter de parler à longueur de journée de l’immigration et de l’islam », commentait Ulrike, venue avec son mari de la région d’Ingolstadt, à une grosse heure de route de Munich. Un sentiment largement partagé par des militants lassés des passes d’armes incessantes entre M. Seehofer et la chancelière, Angela Merkel, qui ont marqué l’actualité des derniers mois.

   


C’est le cas d’Erich Winkler, adhérent de la CSU depuis 1982 et maire adjoint de Nersingen, une ville de 10 000 habitants située au bord du Danube, non loin du Bade-Wurtemberg. « Il y a eu des expressions malheureuses. Les gens se sont parfois demandé où était la CSU. Avec les discours d’aujourd’hui, on a une ligne claire. J’espère que cela va nous aider », expliquait cet élu local, convaincu qu’une campagne fondée sur la « réconciliation » et non sur la « provocation » est le meilleur moyen de « parler aux électeurs encore indécis », près d’un sur deux selon les enquêtes d’opinion.
Son pronostic ? « Dans les 40 % des voix. » Moins que la majorité absolue espérée il y a encore quelques mois et que la CSU n’a perdu qu’une fois en soixante ans au Parlement régional (entre 2008 et 2013). Mais mieux que les 35 % à 36 % des voix dont la créditent les derniers sondages.



                            


                        

                        

