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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ L’Etat californien pourrait rétablir le principe de neutralité du Net abrogé en juin par l’administration Trump.
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Neutralité du Net : la fronde de la Californie contre le régulateur américain des télécoms

L’Etat californien pourrait rétablir le principe de neutralité du Net abrogé en juin par l’administration Trump.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 17h59
    |

                            Alexandre Berteau








                        



   


La Californie n’entend pas se plier à la fin de la neutralité du Net, et tient à le faire savoir. Le 31 août, l’Assemblée californienne a approuvé un projet de loi visant à rétablir, et même renforcer, ce principe aboli en juin à l’initiative de la Maison Blanche. Instaurée en 2015 par l’administration Obama, la neutralité du Net interdisait jusque-là aux opérateurs de télécommunications de brider le trafic de certaines plateformes très consommatrices de bande passante – comme YouTube et Netflix – ou de faire payer davantage leurs utilisateurs.
Vendredi 14 septembre, la tension est montée d’un cran entre l’Etat californien et la Commission fédérale des communications (FCC), le régulateur des télécoms ayant voté l’abrogation de la neutralité du Net. Dans un discours prononcé devant les membres d’un think tank, le président de la FCC, Ajit Pai, a qualifié « d’illégale » la loi californienne prévoyant de restaurer ce principe. « Internet est un service qui dépasse les frontières d’un Etat américain. Il s’en suit que le gouvernement fédéral est le seul à pouvoir légiférer dans ce domaine », a martelé ce républicain nommé par Donald Trump.
Menace de poursuites judiciaires
Avant d’entrer en vigueur, « SB 822 », comme on désigne ce projet de loi, doit encore être signé par le gouverneur de Californie, Jerry Brown. Une étape qu’Ajit Pai n’a pas attendue pour laisser planer la menace de poursuites judiciaires.
Cette passe d’armes s’est ensuite poursuivie sur Twitter, où le sénateur démocrate à l’origine du projet de loi, Scott Wiener, n’a pas tardé à réagir aux propos du président de la FCC. « Le SB 822 est nécessaire et légal car Ajit Pai a renoncé à sa responsabilité de garantir un Internet ouvert. Contrairement à la FCC de Pai, la Californie n’est pas gérée par les grandes firmes des télécommunications », a-t-il fustigé.

Today Trump’s FCC Chairman, Ajit Pai, attacked our #NetNeutrality bill, #SB822. He’s upset that after he repealed net neutrality, someone noticed & did something about it. Sorry, Mr. Chairman, but if you won’t do your job & protect the internet, we‘ll do it for you. My statement: pic.twitter.com/mS2EpqR29b— Scott Wiener (@Scott_Wiener) 14 septembre 2018


Scott Wiener n’a pas manqué de rappeler un épisode douloureux pour les pourfendeurs de la neutralité du Net. Fin août, les sapeurs-pompiers du nord de la Californie ont vu leur connexion ralentie par l’opérateur Verizon, alors même qu’ils tentaient de vaincre le plus vaste incendie jamais connu dans leur Etat. « Ajit Pai n’a rien dit et n’a rien fait. Ce silence en dit bien plus que ses paroles aujourd’hui », a déploré le sénateur, bien que le lien entre cet incident et la fin de la neutralité du Net soit difficile à établir.
Une vingtaine d’Etats mobilisés contre la FCC
Les fournisseurs d’accès américains (AT&T, Verizon, T-Mobile, Sprint) réclament de longue date l’abrogation de la neutralité du Net. En les autorisant à faire payer davantage les consommateurs gourmands en données, cette mesure leur permettrait selon eux d’investir dans leurs infrastructures et d’améliorer la qualité du réseau. De leur côté, les défenseurs de ce principe fondateur d’Internet plaident qu’il garantit un accès égalitaire au trafic, tant pour les internautes que les entreprises.
La Californie n’est pas isolée dans cette fronde contre la FCC. Avant elle, l’Etat de Washington, le Vermont et l’Oregon ont eux aussi légiféré pour protéger la neutralité du Net. Le 20 août, les procureurs généraux de 23 Etats américains ont déposé plainte contre le régulateur devant les cours d’appel du pays. Mais la Californie dispose d’un soutien de taille : elle abrite la Silicon Valley, où nombre de géants du Web comme Facebook, Google, Twitter, Netflix ou Amazon sont montés au créneau contre la mise à mal de l’Internet ouvert dont ils ont profité.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ La mission d’enquête internationale sur la Birmanie demande le limogeage d’officiers de l’armée, dont la brutalité fut « difficilement concevable ».
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Rohingyas : l’ONU condamne le « mépris total pour la vie humaine » de l’armée birmane

La mission d’enquête internationale sur la Birmanie demande le limogeage d’officiers de l’armée, dont la brutalité fut « difficilement concevable ».



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 17h15
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 18h20
   





                        



   


Des enquêteurs de l’ONU ont demandé que l’armée birmane soit exclue de la vie politique, exhortant au limogeage des officiers de haut rang impliqués dans le « génocide » des Rohingyas, envers lesquels ils ont fait preuve d’une brutalité « difficilement concevable ».
La mission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur la Birmanie, qui n’a pas été autorisée à se rendre dans le pays, a interrogé plus de 850 victimes et témoins et s’est appuyée sur des images satellites pour rédiger un rapport de 444 pages, présenté mardi 18 septembre devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. « C’est un mépris total pour la vie humaine », a déclaré au Conseil le président de la mission d’enquête, Marzuki Darusman, qualifiant le « niveau de brutalité » de l’armée de « difficilement concevable ».
Le recours au viol, une tactique de guerre
L’ambassadeur birman auprès de l’ONU à Genève, Kyaw Moe Tun, a accusé la mission onusienne, soumise à « une pression énorme », d’être arrivée à une « conclusion dangereuse qui pourrait faire dérailler le processus de démocratisation ».
M. Darusman a décrit devant les diplomates des massacres dans des villages rohingyas et le recours au viol en tant que « tactique de guerre » : « Les hommes étaient systématiquement tués », « les enfants se faisaient tirer dessus, étaient jetés dans la rivière ou dans un feu », les femmes et les filles étaient couramment violées et pour beaucoup en outre « physiquement et mentalement torturées ».
Plus de 700 000 Rohingyas, des membres d’une minorité ethnique musulmane, ont fui en 2017 les violences de l’armée et de milices bouddhistes pour se réfugier au Bangladesh voisin, où ils vivent depuis dans d’immenses campements de fortune. L’armée birmane rejette ces accusations et assure que sa campagne visait des rebelles rohingyas après des attaques meurtrières contre des postes de police en août 2017.

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L’armée toujours au cœur du régime
Malgré l’arrivée au pouvoir en 2016 du gouvernement civil d’Aung San Suu Kyi, l’armée conserve une place centrale dans le régime politique birman. Elle détient trois ministères régaliens — défense, intérieur, frontières – et supervise l’attribution d’un quart des sièges au Parlement, ce qui lui permet de bloquer tout amendement constitutionnel qui limiterait ses pouvoirs.
Le gouvernement civil doit « poursuivre le processus visant au retrait des militaires de la vie politique » et procéder à une révision de la Constitution en ce sens, selon le rapport final de la mission établie par le Conseil des droits de l’homme en mars 2017. Celle-ci réclame également le limogeage des chefs militaires, réitérant la demande déjà faite à la fin d’août dans un rapport d’étape de poursuites contre le chef de l’armée, Min Aung Hlaing, et contre cinq autres officiers de haut rang pour « génocide », « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre ».
Les enquêteurs recommandent que le Conseil de sécurité de l’ONU fasse appel à la Cour pénale internationale ou que soit établi un tribunal international ad hoc. Ils appellent aussi à des sanctions ciblées contre les auteurs de crimes et à un embargo sur les armes. Ils souhaitent, comme la haute-commissaire de l’ONU aux droits humains, Michelle Bachelet, la création d’un organe chargé de préparer des poursuites. « Assassinats », « disparitions », « tortures », « violences sexuelles », « travail forcé » : le rapport dresse une longue liste d’exactions à l’encontre des Rohingyas constituant « les crimes les plus graves au regard du droit international ».

   



        Lire aussi notre enquête :
         

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Au moins 10 000 morts
La mission onusienne demande aussi au gouvernement birman, en coordination avec la Croix-Rouge et le Bangladesh, de recenser le nombre des personnes tuées ou portées disparues. Les informations recueillies par ses enquêteurs laissent entrevoir que l’estimation de 10 000 morts faite par l’ONG Médecins sans frontières (MSF) est « prudente ».
La mission réclame en outre la libération des deux reporters de Reuters, Wa Lone et Kyaw Soe Oo, condamnés à sept ans de prison pour « atteinte au secret d’Etat » alors qu’ils enquêtaient sur des exactions de l’armée, et met en exergue l’éventuelle responsabilité de Facebook et d’autres réseaux sociaux qui ont pu relayer la propagande des militaires birmans.
Elle avait déploré à la fin d’août qu’Aung San Suu Kyi n’ait « pas utilisé sa position de facto de chef du gouvernement, ni son autorité morale, pour contrer ou empêcher » les violences. Très critiquée pour son silence dans cette affaire, la lauréate du prix Nobel de la paix s’est contentée de dire que l’armée aurait pu « mieux gérer » la crise.
Enfin, la mission veut une « enquête complète et indépendante » sur le rôle de l’ONU en Birmanie depuis 2011 (année de l’autodissolution de la junte militaire), jugeant que la « diplomatie discrète » semblait avoir mis à l’écart ceux qui poussaient à dénoncer haut et fort les violations des droits dans ce pays.

        Document :
         

          Birmanie : l’article qui a conduit deux journalistes de Reuters en prison







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ L’ex-chef de l’Etat entretient le mystère sur ses intentions en vue de la présidentielle de 2020. De quoi miner ses relations avec le pouvoir, analyse notre chroniqueur.
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Chronique

« La soif de revanche de Bédié, symbole d’une horloge politique ivoirienne bloquée »

L’ex-chef de l’Etat entretient le mystère sur ses intentions en vue de la présidentielle de 2020. De quoi miner ses relations avec le pouvoir, analyse notre chroniqueur.

Par                Thomas Hofnung (chroniqueur Le Monde Afrique)



LE MONDE
              datetime="2018-09-18T16:55:57+02:00"

        Le 18.09.2018 à 16h55






    
L’ancien président de la Côte d’Ivoire Henri Konan Bédié, à Abidjan, le 17 juin 2018.
Crédits : SIA KAMBOU / AFP


Chronique. La vie (re) commence à 84 ans. A cet âge avancé, il est certes trop tard pour débuter une carrière de dictateur, comme aurait dit le général de Gaulle, mais pas pour prendre sa revanche sur l’Histoire. C’est apparemment le credo d’Henri Konan Bédié, l’ancien président de Côte d’Ivoire, né en… 1934.

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Si Laurent Gbagbo est parvenu à arracher ce que les Ivoiriens appellent un « mandat cadeau » (un second, sans élection, entre 2005 et 2010), Henri Konan Bédié (alias « HKB ») a eu le triste privilège d’être le premier président à ne pas achever son quinquennat au « pays des éléphants ». En 1999, juste avant Noël, le successeur de Félix Houphouët-Boigny était victime d’une mutinerie qui allait dégénérer en coup d’Etat. Le président Bédié n’avait pas pris au sérieux l’affaire, croyant à un simple mouvement d’humeur de soldats avinés, excités par quelques primes qui se faisaient trop attendre. Cette erreur lui coûta cher : il dut quitter son palais en catastrophe à bord d’un hélicoptère de l’armée française, avant de prendre la direction de l’exil, sur les bords de Seine, durant deux ans.
Le « sphinx de Daoukro »
Depuis, Henri Konan Bédié, le chef d’une des principales communautés ivoiriennes, les Baoulés, adoubé par le « Vieux » (Félix Houphouët-Boigny) avant sa disparition en 1993, attend son heure. Celle de la revanche. Il ne dit rien, ou pas grand-chose. Cela fait longtemps qu’il a adopté une posture toute « jupitérienne » : moins on en dit, plus on est censé fasciner et ainsi renforcer son autorité. Bien peu sont capables, il est vrai, à Abidjan, de déchiffrer ce que pense vraiment ce petit homme rond, aux yeux perçants, affichant en permanence un demi-sourire teinté d’ironie. De là lui vient sans doute son surnom de « sphinx de Daoukro », la ville du centre du pays dont il est originaire.
Mais cette soif de revanche a été contrariée par le cours des événements en Côte d’Ivoire. En 2010, « HKB » a été devancé au premier tour de la présidentielle par Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Au lendemain du premier tour, ses fidèles ont crié à la fraude, avant de rentrer dans le rang, sous une forte pression internationale, et de se ranger sous la bannière de Ouattara. Ce dernier a habilement joué le coup : sur les affiches du second tour de ce scrutin, on le voit assis, Bédié est debout à ses côtés, une main posée amicalement sur l’épaule du finaliste. Le message est clair : le « doyen » adoube son « petit frère ». A charge de revanche.

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Fort du soutien des Baoulés, Ouattara l’a emporté au second tour face à Laurent Gbagbo. Depuis, il n’a eu de cesse de remercier « HKB ». Le troisième pont construit au-dessus de la lagune Ebrié à Abidjan porte son nom. Et Ouattara ne manque jamais une occasion de consulter son « grand frère », hissé sur un piédestal, en position de sage du pays. Un temps, cela a payé. En 2015, contre l’avis d’une bonne partie de ses partisans, Bédié avait décidé que son parti, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), ne présenterait pas de candidat et soutiendrait Alassane Ouattara pour un second mandat. A charge de revanche.
La « bande des trois »
Le 6 août, à la veille de la Fête de l’indépendance, le chef de l’Etat déclarait dans son discours à la nation qu’il était grand temps de se préparer à transmettre le pouvoir à la « génération future ». On pensait que cette injonction s’adressait à lui-même. Il se pourrait, en réalité, que le message ait été surtout transmis au « sphinx de Daoukro ». Après deux mandats de Ouattara, Bédié affirme en privé que la fonction suprême doit revenir à son parti. Et plus précisément à son patron. A lui-même, donc. Histoire de refermer définitivement la parenthèse inique ouverte en 1999. A moins que l’ambition de ce monarque soit d’adouber le plus tard possible un dauphin qu’il estime « digne » de lui succéder.
Dans tous les cas, cette soif de revanche a un coût politique non négligeable. D’abord pour son parti, le PDCI, naguère tout-puissant en Côte d’Ivoire, et qui est aujourd’hui miné par les querelles de personnes attisées par l’absence de renouveau à son sommet.

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Mais il y a plus grave : la soif de revanche de Bédié est un symbole du blocage des aiguilles de l’horloge de la Côte d’Ivoire sur le milieu des années 1990. Trois hommes, toujours les mêmes, dictent l’agenda politique du pays. Trois présidents : l’actuel, Alassane Ouattara, et deux anciens, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo. Pour parvenir à ses fins, Bédié a entamé un flirt avec le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo. Depuis sa prison de La Haye, ce dernier garde une influence prépondérante sur son mouvement, et ses partisans sont persuadés que sa libération n’est qu’une question de mois. Quant à Alassane Ouattara, il laisse planer le doute sur ses intentions pour la présidentielle de 2020, n’excluant pas une nouvelle candidature.
En 2020, cela fera plus d’un quart de siècle que Félix Houphouët-Boigny est mort, sans avoir réglé sa succession. Ses héritiers – la bande des trois – se disputent encore et toujours le pouvoir. Et la Côte d’Ivoire continue de porter ce fardeau.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Un documentaire détaille le quotidien de la ville libyenne sous l’emprise d’un émir de guerre appartenant à l’organisation Etat islamique (EI).
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« Daech, dans le cerveau du monstre » : chronique glaçante à Syrte

Un documentaire détaille le quotidien de la ville libyenne sous l’emprise d’un émir de guerre appartenant à l’organisation Etat islamique (EI).



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 16h00
    |

            Mustapha Kessous








                        


France 5, mardi 18 septembre à 20 h 55, documentaire

   


Il bafouille. Ce jeune homme n’arrive pas à réciter son texte d’une traite sans se tromper et ses hésitations le font bien rire. Pourtant, le message qu’il enregistre face caméra, dans un français approximatif, n’a rien de drôle. Pistolet à la main, il menace d’envoyer des « voitures d’explosifs » si la France ne se tourne pas vers « Allah ». Cette vidéo n’était pas destinée à la propagande de l’organisation Etat islamique (EI) mais plutôt à sa communication interne. Des séquences inédites comme celle-ci, le journaliste Kamal Redouani en possède des heures et des heures, qui lui ont été remises par une de ses nombreuses sources (on n’en saura pas plus).
Fin 2016, lorsque la ville libyenne de Syrte a été libérée de l’emprise de l’EI, un combattant des brigades de Misrata a découvert, dans les décombres, un ordinateur. Il a choisi de le confier au journaliste. Cet ordinateur n’appartenait pas à n’importe qui : il était la propriété d’Abou Abdallah Al-Masri, l’un des émirs de l’EI qui régentait Syrte et commandait quelque 3 500 personnes. Mais que contient le disque dur ? Des informations inestimables sur le fonctionnement même de Daech, que Kamal Redouani a étudiées et triées pendant un an.
Quotidien mortifère
Il en ressort un documentaire glaçant racontant le quotidien mortifère de cette ville qui a été, pendant deux ans, la « capitale » du groupe terroriste en Afrique du Nord. Abou Abdallah Al-Masri avait notamment mis en place un tribunal islamique censé appliquer la charia, que tous les habitants devaient respecter sous peine d’être châtiés (coups de fouet, exécution). Le disque dur abritait aussi des dossiers sur les attentats passés (comme Madrid, en mars 2004), détaillant les points forts et les erreurs à ne plus commettre, ou la marche à suivre pour fabriquer une bombe avec de simples produits ménagers…
Ce documentaire nous plonge au cœur du fonctionnement extrêmement bureaucratique de l’EI, où tout était consigné (montant des impôts, recensement, etc.). Ce film donne la parole aux habitants de Syrte qui ont connu « l’enfer » sous Daech, ainsi qu’à des combattants et des responsables du contre-espionnage libyens. Mais aussi à un émir de la guerre de 34 ans, caché à Istanbul (arrêté depuis l’interview), qui explique pourquoi son organisation prônait la terreur et comment il a jeté un homme du haut d’un immeuble parce qu’il était homosexuel.
Daech, dans le cerveau du monstre, de Kamal Redouani (Fr., 2018, 65 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Le député LR a pris la défense du premier ministre hongrois, dont le pays est menacé de sanctions européennes. Ces sanctions sont pourtant très documentées.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Non, Eric Ciotti, l’Europe ne sanctionne pas Orban parce qu’il a « exprimé une position »

Le député LR a pris la défense du premier ministre hongrois, dont le pays est menacé de sanctions européennes. Ces sanctions sont pourtant très documentées.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 15h45
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 16h03
    |

            Samuel Laurent et 
Pierre Breteau








                        


Invité de France Inter, mardi 18 septembre, le député Les Républicains Eric Ciotti a défendu le choix de Nadine Morano de soutenir le premier ministre hongrois, Viktor Orban, dont le pays risque des sanctions de l’Union européenne.
Ce qu’il a dit :
« J’aurais voté contre [la résolution qui dénonce les agissements de la Hongrie], c’est un véritable procès politique, émanant d’une députée verte des Pays-Bas, qui confine à une forme de déni d’opinion. On conteste à Viktor Orban le droit de critiquer la politique migratoire de l’Europe. Il y a des pays, je pense à Malte notamment, sur la liberté de la presse, il y a eu un journaliste qui a été assassiné, il n’y a aucune volonté de sanction sur ces pays. On cible Viktor Orban parce qu’il a exprimé une position : “Mon pays veut moins d’immigration”. » 
Pourquoi c’est faux
Rappel des faits : la Hongrie, dirigée par l’extrême droite de Viktor Orban, a fait l’objet d’une demande, de la part du Parlement européen, du lancement d’une procédure de sanction en vertu de l’article 7. Cet article dispose qu’un pays membre de l’Union européenne peut être sanctionné s’il « existe un risque clair de violation grave par un Etat membre des valeurs visées à l’article 2 » , à savoir « respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’Etat de droit », ou encore « respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités ».
La Hongrie ne respecte pas les traités européens
Il ya bien des mesures anti-migrants, visant les ONG pro-migrants ou même un simple citoyen qui aide des migrants, mais ce qui alarme le plus les députés européens, ce sont les mesures prises par Budapest depuis plusieurs années  :
réforme de la Constitution avec comme valeurs fondamentales le « christianisme » et la « famille traditionnelle », ce qui est contraire à la laïcité et au respect des minorités sexuelles notamment ;réforme de la Cour constitutionnelle, l’équivalent de notre Conseil constitutionnel, qui perdrait une partie de son pouvoir de contrôle des lois ;la limitation de la liberté de la presse avec la création d’un organe pouvant sanctionner les médias pour diffusion d’informations « non nuancées » selon lui ;diverses entraves au travail des ONG qui défendent notamment les droits de l’homme ou la liberté de la presse.
Cette demande de sanction ne provient pas, comme le dit Eric Ciotti, des positions anti-migrants de Viktor Orban, mais plutôt de mesures concrètes prises par son gouvernement, notamment les mesures dites « stop Soros », du nom du milliardaire américain d’origine hongroise accusé de financer des ONG pro-migrants.
Loin de s’en tenir à la question des droits des demandeurs d’asile, dont certains ont été privés de nourriture alors qu’ils étaient détenus dans des zones de transit, l’Union souligne également les manquements graves aux « valeurs » européennes décrites dans la charte des droits fondamentaux.
Plusieurs médias d’opposition fermés
Dans le viseur des députés européens au titre des manquements à l’Etat de droit, la liberté d’expression et d’information, après la fermeture de plusieurs médias d’opposition suite aux élections législatives en avril 2018 : presse écrite, radio, télévision… Rares sont les voix discordantes désormais à Budapest.
Plusieurs milliardaires proches de Viktor Orban ont ainsi racheté et repris en main des titres d’opposition pour les museler ou les fermer, à l’instar de la chaîne Hir TV, du magazine Heti Valasza ou du quotidien Magayar Nemzet, déplore Reporters sans frontières dans son rapport annuel.
Les députés européens, y compris une partie de ceux du Parti populaire européen (PPE) dont le parti de M. Orban est adhérent, dénoncent sa politique antidémocratique. Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et membre des Républicains (LR, également membre du PPE), déplorait sur France 2 lundi 17 septembre « que Viktor Orban, aujourd’hui, réduit les libertés du peuple hongrois : la liberté de la presse, l’indépendance de la justice, la liberté de l’université ».
De la même manière, les députés européens dénoncent corruption et clientélisme autour du premier ministre hongrois. Des accusations étayées par l’ONG Transparency International qui classe la Hongrie en avant-dernière place des pays de l’Union européenne, juste devant la Bulgarie.
Une comparaison hors de propos avec Malte
La comparaison opérée par Eric Ciotti avec l’île de Malte, contre laquelle il n’y aurait eu « aucune volonté de sanction », semble également bancale : en 2017, la journaliste et blogueuse anti-corruption Daphne Caruana Galizia y était tuée dans l’explosion criminelle de son véhicule. Cet assassinat, alors que la journaliste était spécialisée dans les questions de fraude et d’évasion fiscale, avait poussé le Parlement européen à réclamer une enquête internationale.

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Les eurodéputés avaient critiqué le gouvernement de Joseph Muscat, l’Allemand Manfred Weber, par exemple, se demandant : « Au-delà de la liberté de la presse, la question est de savoir si l’Etat maltais fonctionne encore. » Le Parlement européen avait voté une résolution demandant à la Commission de « nouer le dialogue » avec le gouvernement maltais pour faire respecter l’Etat de droit. Les députés avaient également accusé l’immobilisme de la police maltaise en matière d’enquête sur la corruption et le blanchiment dans l’île.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ L’Audience nationale explique que l’« espionnage économique aggravé » ne figure pas dans le droit espagnol.
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L’Espagne refuse de nouveau d’extrader le lanceur d’alerte Hervé Falciani

L’Audience nationale explique que l’« espionnage économique aggravé » ne figure pas dans le droit espagnol.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 13h51
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 14h57
   





                        



   


Pour la deuxième fois, la justice espagnole a refusé d’extrader vers la Suisse le lanceur d’alerte franco-italien Hervé Falciani, à l’origine des « SwissLeaks ». L’Audience nationale espagnole a rejeté mardi 18 septembre, comme elle l’avait déjà fait en 2013, une demande d’extradition déposée par la Suisse, arguant que l’« espionnage économique aggravé » ne figure pas dans le droit espagnol.
Hervé Falciani avait été interpellé le 4 avril à Madrid où il devait donner une conférence dans une université. Le ministère espagnol de l’intérieur agissait en application d’un mandat international lancé le 19 mars précédent par la Suisse. Le lendemain, l’informaticien était remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Ancien informaticien de HSBC, Hervé Falciani, aujourd’hui âgé de 46 ans, a quitté la banque en 2008 en emportant avec lui des fichiers confidentiels qu’il a divulgués. Il a été condamné par contumace en 2015 en Suisse à cinq ans de prison pour soustraction de données, espionnage économique aggravé, violation du secret commercial et violation du secret bancaire.

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                « SwissLeaks » : révélations sur un système international de fraude fiscale



79 000 personnes de 180 nationalités
La « liste Falciani » avait ainsi permis d’identifier dès 2009 au moins 127 000 comptes appartenant à 79 000 personnes de 180 nationalités dont le puissant banquier espagnol Emilio Botin.
En France, HSBC Private Bank Suisse SA a accepté de verser 300 millions d’euros à l’Etat français pour clore des poursuites engagées par Paris, qui lui reprochait d’avoir aidé des contribuables français à soustraire au fisc plus de 1,6 milliard d’euros d’avoirs.
HSBC Private Bank Suisse SA avait été mise en examen en France le 18 novembre 2014 pour démarchage bancaire et financier illicite et blanchiment aggravé de fraude fiscale en 2006 et 2007. Il lui était reproché d’avoir approché des contribuables français en France et de les avoir aidés en toute connaissance de cause à dissimuler leurs avoirs à l’administration fiscale.
Des enquêtes ont également été ouvertes sur la base de ces fichiers en Espagne, en Autriche, en Belgique et en Argentine.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Le militant du groupe contestataire russe Piotr Verzilov, hospitalisé à Berlin dimanche, est désormais hors de danger.
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Le Pussy Riot Piotr Verzilov probablement victime d’un empoisonnement

Le militant du groupe contestataire russe Piotr Verzilov, hospitalisé à Berlin dimanche, est désormais hors de danger.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 15h33
   





                        


Piotr Verzilov, militant du groupe de punk rock féministe contestataire russe Pussy Riot, a « très vraisemblablement » été victime d’un empoisonnement dont l’origine sera difficile à déterminer, ont communiqué mardi 18 septembre ses médecins. L’homme, hospitalisé depuis dimanche à Berlin, est désormais hors de danger.
Les expertises médicales réalisées à Berlin et à Moscou, suggèrent « très vraisemblablement un cas d’empoisonnement », a expliqué Kai-Uwe Eckardt, médecin au grand hôpital de la Charité à Berlin lors d’une conférence de presse. La substance incriminée reste inconnue et l’hôpital a refusé de spéculer sur les circonstances de l’intoxication. « Nous ne pouvons bien évidemment rien dire sur la façon dont la substance est entrée dans son corps, ce n’est pas notre travail », a déclaré le président de l’hôpital, Karl Max Einhäupl.
Selon M. Eckardt, M. Verzilov souffrait de cette intoxication depuis environ une semaine quand il a été admis à l’hôpital berlinois. Ses symptômes « peuvent avoir été provoqués par une incroyable diversité de substances », a expliqué le médecin, évoquant des plantes ou différentes sortes de drogues. Les chances de l’identifier « ne sont pas très élevées », a-t-il admis, car les analyses ont été réalisées six jours après l’empoisonnement. Le chef de l’hôpital a par ailleurs exclu la possibilité d’une overdose provoquée par le patient lui-même.
Tentative d’assassinat
Piotr Verzilov était tombé malade à Moscou juste après avoir assisté à une audience judiciaire concernant l’arrestation récente de deux sympathisantes de Pussy Riot. Il a été un temps dans le coma et a perdu provisoirement la vue et l’usage de la parole. A Moscou, il a été pris en charge dans un département toxicologique de l’hôpital. Il était arrivé dans un état qualifié de « grave » à Berlin à bord d’un avion médicalisé dans la nuit de samedi à dimanche, accompagné de membres de sa famille. Le jeune homme reste traité en soins intensifs mais il est conscient et peut s’exprimer. Son état « s’améliore de jour en jour », a précisé son médecin.
Ses proches avaient dénoncé une tentative d’assassinat par empoisonnement pour le punir d’avoir foulé la pelouse le 15 juillet pendant la finale de la Coupe du monde de football en Russie. « Je pars du principe qu’il a été victime soit d’un acte d’intimidation, soit même d’une tentative d’assassinat » par empoisonnement, avait déclaré à Bild son épouse, Nadeja Tolokonnikova, dont il est séparé. La jeune femme est l’une des membres les plus connues du groupe de punk rock féministe devenu un groupe contestataire en Russie, dont plusieurs membres ont été condamnés dans le passé par la justice de ce pays.

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                Des membres de Pussy Riot condamnés à quinze jours de prison pour leur intrusion en finale du Mondial



L’hospitalisation de Piotr Verzilov survient alors que l’affaire Skripal envenime à nouveau les relations entre les Occidentaux et Moscou. Le gouvernement britannique accuse deux personnes qu’il présente comme des agents du renseignement militaire russe (GRU) d’avoir empoisonné en mars Sergueï Skripal et sa fille à Salisbury, en Angleterre. Ces accusations sont rejetées par Moscou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Les dirigeants des deux Corées ont défilé mardi en voiture dans les rues de Pyongyang avant un troisième sommet qui verra le Sud-Coréen tenter de débloquer les discussions sur la dénucléarisation de la péninsule.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Poutine et Erdogan sont d’accord pour créer une zone démilitarisée entre le régime et l’opposition armée dans l’enclave du nord du pays.
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Syrie : l’accord russo-turc de Sotchi offre un répit aux rebelles d’Idlib

Poutine et Erdogan sont d’accord pour créer une zone démilitarisée entre le régime et l’opposition armée dans l’enclave du nord du pays.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 11h53
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 12h25
    |

            Louis Imbert, 
Marie Jégo (Istanbul, correspondante) et 
Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

La bataille d’Idlib n’aura pas lieu, du moins pas dans l’immédiat. Les pourparlers entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, organisés lundi 17 septembre à Sotchi, sur la mer Noire, ont abouti à la mise en suspens de l’offensive contre la province rebelle syrienne, dont le déclenchement semblait imminent au début du mois. Située dans le nord-ouest du pays et peuplée d’environ 3 millions d’habitants, cette région, qui est le fief du mouvement djihadiste Hayat Tahrir Al-Cham (HTC), représente le dernier territoire contrôlé par l’insurrection anti-Assad.
« La Russie va prendre les mesures nécessaires pour s’assurer qu’aucune attaque n’ait lieu contre la zone de désescalade d’Idlib », Recep Tayyip Erdogan
MM. Poutine et Erdogan se sont mis d’accord sur la création, d’ici au 15 octobre, d’une zone démilitarisée de 15 à 20 kilomètres de large, le long de la ligne de front entre forces rebelles et troupes progouvernementales. L’endroit, dont « tous les combattants radicaux » devront se retirer au préalable, fera l’objet de patrouilles conjointes, entre la police militaire russe et l’armée turque, qui dispose de douze postes d’observation sur le terrain.
« La Russie va prendre les mesures nécessaires pour s’assurer qu’aucune attaque n’ait lieu contre la zone de désescalade d’Idlib », a déclaré le chef d’Etat turc, visiblement satisfait. Le ministre russe de la défense, Sergueï Choïgou, à qui les agences de presse ont demandé si l’accord conclu entre les deux dirigeants signifiait qu’il n’y aurait pas d’offensive, a répondu par l’affirmative.
« Soulagement temporaire »
« Pour la population d’Idlib, après l’escalade des dernières semaines, c’est un développement inespéré, estime Sinan Hatahet, un analyste proche de l’opposition syrienne. La Turquie peut désormais s’attaquer à la question de HTC sans craindre d’être poignardée dans le dos par le régime. Ce n’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Livraison de repas, réservation de voyage ou de vélo, cette application à tout faire, qui compte 320 millions d’utilisateurs, s’introduit en Bourse.
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Meituan, la « super-app » chinoise qui vaut 45 milliards d’euros

Livraison de repas, réservation de voyage ou de vélo, cette application à tout faire, qui compte 320 millions d’utilisateurs, s’introduit en Bourse.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 11h50
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Elle compte parmi les start-up les plus chères du monde : Meituan-Dianping est peu connue hors de ses frontières, mais l’application a les caractéristiques d’un nouveau géant du Web. Le leader chinois des services en ligne, spécialisé dans la livraison de repas et les achats groupés, s’apprête à faire ses premiers pas à la Bourse de Hongkong, jeudi 20 septembre.
L’entreprise a levé 4,2 milliards de dollars (3,6 milliards d’euros) dans le cadre de cette opération, selon Reuters, ce qui la valorise à environ 52,8 milliards de dollars (soit 45,4 milliards d’euros). Il s’agit de la plus importante introduction en Bourse au monde pour un groupe Internet depuis quatre ans.

En Chine, Meituan entre dans la catégorie des« super-apps » : des applications à tout faire sur lesquelles les Chinois passent beaucoup de temps et dépensent beaucoup d’argent. Les modèles du genre s’appellent WeChat, le réseau social ultra-dominant dans l’empire du Milieu, qui comprend aussi un portefeuille électronique, et Alipay, une application de paiement et d’investissement d’Alibaba.
Tencent, le propriétaire de WeChat, détient environ un cinquième des parts de Meituan, d’après Bloomberg. Alibaba, grand rival de Tencent, possède le principal compétiteur de Meituan sur le marché de la livraison : Ele.me.
Diversification dans le paiement en ligne et la finance
Meituan-Dianping est né du rapprochement, en 2015, de deux plates-formes rivales dans la restauration : Meituan, spécialiste des achats groupés (mei tuan signifie littéralement : « beau groupe ») et de la livraison, et Dianping, également présent dans les achats groupés, et les commentaires à propos de restaurants. Le groupe est devenu le leader chinois des services en ligne, avec 320 millions d’usagers en 2017.
Le prospectus d’entrée en Bourse décrit une entreprise en pleine expansion, mais loin de la rentabilité
Sur Meituan, on peut se faire livrer des repas, on peut trouver des coupons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Un sondage montre l’érosion de l’image du parti minoritaire, avec lequel beaucoup d’Américains ne se sentent pas en phase, et le peu de sympathie à l’encontre de Nancy Pelosi, la chef de file démocrate.
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J – 49  : le Parti démocrate pénalisé par son image

Un sondage montre l’érosion de l’image du parti minoritaire, avec lequel beaucoup d’Américains ne se sentent pas en phase, et le peu de sympathie à l’encontre de Nancy Pelosi, la chef de file démocrate.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 11h43
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

La Maison Blanche et les républicains veulent faire des élections de mi-mandat du 6 novembre une sorte de plébiscite pour Donald Trump, tandis que les démocrates espèrent obtenir la majorité à la Chambre des représentants. A partir du 3 septembre, le correspondant du « Monde » à Washington, Gilles Paris, recense quotidiennement les principaux éléments de la campagne.
Le fait du jour
Les électeurs des midterms exprimeront majoritairement un vote négatif. Le Parti démocrate espère ainsi pouvoir profiter de la faible popularité du président Donald Trump pour remporter les élections. Une étude de l’institut SurveyMonkey citée lundi 17 septembre par le Washington Post, réalisée conjointement avec The University of Michigan and Georgetown University, montre en effet que pour 21 % des sympathisants démocrates, qui lui sont hostiles à une écrasante majorité, le nom du président constitue le premier facteur de mobilisation.
A l’inverse, seuls 9 % des sympathisants républicains évoquent, selon la même étude, le président des Etats-Unis comme raison principale de leur vote, en l’occurrence d’adhésion. Ces mêmes sympathisants républicains mentionnent au contraire le Parti démocrate comme raison, négative, de voter, plutôt que les idées ou les candidats portées par leur propre formation (33 %, contre 13 %). Le Parti démocrate produit donc le même effet repoussoir que Donald Trump.
Il y a dix ans, les démocrates disposaient d’une meilleure image que le Grand Old Party. Selon le baromètre du Wall Street Journal et de NBC, leur formation recueillait en effet 49 % d’avis favorables auprès des personnes interrogées, tandis que seulement 26 % avaient une opinion positive du Parti républicain.
En août, ils n’étaient plus que 32 % à avoir une bonne opinion du Parti démocrate, contre 43 % qui le voyaient négativement. Des niveaux désormais similaires à ceux obtenus par le Parti républicain....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ L’économiste Nicolas Colin constate dans sa chronique la divergence radicale entre l’enrichissement constant des Etats-Unis et le déclassement spectaculaire d’une proportion croissante d’Américains.
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Trump ou « les illusions de la prospérité »

L’économiste Nicolas Colin constate dans sa chronique la divergence radicale entre l’enrichissement constant des Etats-Unis et le déclassement spectaculaire d’une proportion croissante d’Américains.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 11h31
    |

Nicolas Colin (Enseignant à la chaire Technology, Governance and Institutional Innovation à l’Ecole d’affaires publiques de Sciences Po)







                        



                                


                            

Transformations. L’élection de Donald Trump à la Maison Blanche a fait émerger une voix forte et inédite dans le débat public aux Etats-Unis : celle de Sarah Kendzior, auteure de The View From Flyover Country. Dispatches From The Forgotten America (Flatiron Books, 2018, non traduit).
Deux particularités ont préparé cette habitante de Saint-Louis (Missouri) à devenir l’une des expertes de la nouvelle Amérique. La première, c’est que, docteure en science politique, elle a pour spécialité l’étude des régimes autoritaires d’Asie centrale. Or la présidence de Trump, avec sa corruption, son népotisme et ses dérives antidémocratiques, rappelle ces régimes à bien des égards.
La seconde particularité, c’est que Mme Kendzior vit donc dans le « flyover country », ces contrées méconnues et défavorisées que beaucoup d’Américains survolent sans jamais s’y arrêter. Avant de devenir célèbre en 2016, elle gagnait d’ailleurs sa vie comme pigiste en consacrant des articles, dans Quartz ou Al Jazeera, à la situation des Américains de l’intérieur : chômage endémique, salaires de misère, problèmes de santé publique comme l’obésité et l’addiction aux opiacés, et ce profond sentiment de décrochage et d’abandon qui, d’une certaine manière, explique la victoire de Trump.
De plus en plus renoncent à chercher du travail
Un thème, en particulier, revient en permanence dans son livre : la divergence radicale entre l’enrichissement constant des Etats-Unis et le déclassement spectaculaire d’une proportion croissante d’Américains.

Le faible taux de chômage, par exemple, est, pour Mme Kendzior, une illusion. La qualité des emplois se dégrade, avec la montée de la sous-traitance et la multiplication des contrats à temps partiel ou de courte durée. La majorité des emplois sont aujourd’hui créés dans des secteurs, à l’instar de celui de la restauration, dans lesquels les salaires sont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La Saxe, dans l’est de l’Allemagne, est proche du plein-emploi, et ses entreprises peinent à recruter. A Chemnitz, certaines se tournent vers les demandeurs d’asile. Même si leur obtenir des papiers est parfois une gageure.
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Allemagne : à Chemnitz, PME cherchent réfugiés désespérément

La Saxe, dans l’est de l’Allemagne, est proche du plein-emploi, et ses entreprises peinent à recruter. A Chemnitz, certaines se tournent vers les demandeurs d’asile. Même si leur obtenir des papiers est parfois une gageure.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 11h23
    |

                            Cécile Boutelet (Chemnitz, Allemagne, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Dans la grande salle de la chambre de commerce et d’industrie de Chemnitz (Saxe), Hans-Ullrich Werner a levé la main avec énergie. Ce patron d’une entreprise de machines-outils invective le chef de la chancellerie de Saxe, Oliver Schenk, présent ce soir-là. « Vous découragez les entreprises de recruter des réfugiés ! lance-t-il. On prend un jeune demandeur d’asile, il parle allemand, il est intégré, on le forme, et au bout de six mois, sa demande d’asile est rejetée, il perd son autorisation de travail ! Tout ce que vous récoltez, c’est de la frustration de tous les côtés ! » Applaudissements. La situation est apparemment bien connue. L’homme politique, gêné, explique qu’il va s’attaquer au problème, sans convaincre. Dans la salle, le malaise est palpable.
Une cinquantaine de personnes sont là. L’événement, intitulé « Trouver de nouveaux collaborateurs et les garder », est une soirée d’informations organisée par le réseau « les entreprises intègrent les réfugiés » et l’association « L’économie pour une Saxe ouverte », émanations du monde économique. Il y a là de nombreux dirigeants ou cadres de PME, venus s’informer sur les possibilités d’entrer en contact avec des demandeurs d’asile prêts à travailler en Saxe.

Mais la réunion a pris un tour politique. Les violentes manifestations de groupements d’extrême droite, fin août à Chemnitz, à la suite de la mort d’un jeune Allemand poignardé en pleine rue lors d’une rixe avec deux demandeurs d’asile, sont dans toutes les têtes. Les dégâts sur l’image du site industriel à l’international sont considérables. Cette fièvre anti-migrants tombe particulièrement mal, alors que l’ancienne cité industrielle, sinistrée après la réunification, relève la tête depuis quelques années.
Son taux de chômage n’est que de 7 %, et les entreprises font face à un manque criant de travailleurs qualifiés, en particulier dans l’industrie. Les PME les moins connues n’ont d’autre choix que de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Dans un rapport détaillé, la Chambre de commerce européenne en Chine attribue à ce pays l’origine de la crise avec les Etats-Unis.
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Les entreprises européennes déplorent le manque de réformes en Chine

Dans un rapport détaillé, la Chambre de commerce européenne en Chine attribue à ce pays l’origine de la crise avec les Etats-Unis.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 11h12
    |

            Frédéric Lemaître (Hongkong, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Quelques heures à peine après l’annonce de nouvelles sanctions commerciales américaines contre les exportations chinoises, la Chambre de commerce européenne en Chine publiait à son tour, mardi 18 septembre, un rapport très critique sur l’état des réformes économiques en Chine. Si, à la différence du locataire de la Maison Blanche, ce lobby, qui regroupe 1 600 entreprises européennes, ne rédige pas de Tweet assassins, son rapport de 394 pages contient le même message : Pékin ne joue pas le jeu. Certes, depuis l’ouverture économique du pays, il y a tout juste quarante ans, des progrès énormes ont été accomplis, mais « il y a des lacunes qu’on ne peut ignorer ».
Alors que la Chine tente de faire de l’Union européenne un allié contre les Etats-Unis, la Chambre de commerce penche au contraire clairement du côté américain. « Bien qu’indésirable, la forte réaction américaine avec la hausse des tarifs douaniers est une réponse directe à ces déficiences. » Pour les grandes entreprises européennes, l’origine de la crise actuelle réside donc à Pékin, et non à Washington.

Le rapport enfonce le clou et note que, récemment, au sein de l’Organisation mondiale du commerce, « plus de 1 900 questions ont été posées [à la Chine] par les autres membres », ce qui « reflète les sentiments mitigés de la communauté internationale face à la situation et indique que les inquiétudes concernant le rôle de la Chine dans l’économie globale sont répandues ». Sous-entendu : les Occidentaux sont loin d’être les seuls à critiquer Pékin. Même les pays du Sud, dont la Chine aimerait être la porte-parole, nourrissent des griefs à son égard.
Insistant à plusieurs reprises sur les espoirs qu’ils avaient placés dans la Chine, notamment après le discours plein de promesses du président XI Jinping au Forum économique de Davos (Suisse) en 2017, les auteurs du rapport déplorent le décalage entre cette vision et la réalité. Trois sujets...




                        

                        


<article-nb="2018/09/18/19-15">
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Un avion de surveillance russe avec 14 militaires à bord a disparu pendant des raids israéliens. L’Etat hébreu met en cause la défense antiaérienne syrienne.
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Confusion, démentis et accusations après la destruction d’un avion russe en Syrie

Un avion de surveillance russe avec 14 militaires à bord a disparu pendant des raids israéliens. L’Etat hébreu met en cause la défense antiaérienne syrienne.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 17h35
    |

            Madjid Zerrouky et 
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


Israël est entré en gestion de crise. Soucieux de limiter les conséquences diplomatiques et militaires après la destruction d’un avion de reconnaissance russe au large des côtes syriennes, attribuée à l’armée régulière de Damas, l’Etat hébreu a publié mardi 18 septembre un communiqué inhabituel, dans le ton et la précision. L’état-major israélien y exprime sa « tristesse », provoquée par la disparition de l’appareil et des 14 personnes à son bord. « Israël tient le régime d’Assad, dont les forces armées ont descendu l’avion russe, pour pleinement responsable de l’incident », souligne toutefois le communiqué, qui met également en cause l’Iran et « l’organisation terroriste du Hezbollah », la milice chiite libanaise.
De son côté, le président russe, Vladimir Poutine, a adopté un ton moins accusateur que celui employé dans les premières réactions officielles à Moscou. Il a évoqué « un enchaînement de hasards tragiques ». Cette communication de guerre complexe, où chacun cherche à sauver la face, montre que les intérêts engagés dépassent largement le sort de l’avion abattu. Tandis que la vice-ambassadrice d’Israël à Moscou était convoquée au ministère des affaires étrangères, en attendant un entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et Benjamin Nétanyahou, les deux pays exprimaient, chacun à leur façon, une forme d’embarras.
Jusqu’alors, le mécanisme de désescalade mis en place entre les deux états-majors, pour éviter justement un dérapage de cette nature lors des raids israéliens en Syrie, avait bien fonctionné. Selon des propos rapportés par l’agence Ria Novosti, le ministre de la défense, Sergueï Choïgou, a expliqué que Moscou n’avait été alerté qu’une minute avant l’opération de lundi. Les avions de chasse israéliens se seraient délibérément placés, selon lui, sous couvert de l’appareil russe, en misant sur le fait que l’armée syrienne ne tirerait pas dans cette direction. Une hypothèse curieuse, en connaissant les moyens de détection modernes. « Se cacher derrière un avion, ça n’existe pas », a raillé sur Twitter Amos Yadlin ancien chef du renseignement militaire, directeur de l’Institut pour les études de sécurité nationale (INSS).
La région de Lattaquié, un lieu sensible
Les forces israéliennes, se disant prêtes à transmettre les détails de leur opération à leurs homologues russes, expliquent qu’elles ont visé dans la nuit une infrastructure de l’armée syrienne, d’où « des armes létales de précision étaient sur le point d’être transférées au nom de l’Iran au Hezbollah au Liban ». La télévision syrienne a précisé que la cible était l’Etablissement des industries techniques, situé dans la zone industrielle de la ville de Lattaquié. Le transfert d’armements est l’une des lignes rouges que s’est fixée Israël en Syrie ces dernières années, qui l’a conduit à multiplier les raids aériens. Les autres lignes rouges sont tout tir intentionné ou non sur le plateau frontalier du Golan et enfin l’implantation iranienne en Syrie, avec des moyens de frappe contre l’Etat hébreu.
Depuis le début de l’année, Israël ne cache plus son implication militaire en Syrie. Début septembre, la presse rapportait, sur la foi de sources militaires, que l’armée avait visé 202 cibles depuis janvier 2017. Selon l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, l’aviation israélienne aurait tué 113 Iraniens déployés au côté du régime Assad au cours de raids effectués en un mois.
La région de Lattaquié est un lieu particulièrement sensible, car elle accueille la base des forces aériennes russes de Hmeimim à 15 km de la ville portuaire. Moscou y a notamment déployé ses batteries de défense aérienne S-400. Selon les médias syriens, l’armée régulière a utilisé ses propres batteries pour répondre aux frappes, interceptant plusieurs missiles. Des images prises par les habitants de la région le confirment, en montrant des départs de missiles sol-air et des tirs de DCA. Un feu « nourri et imprécis », selon l’armée israélienne, dans lequel l’appareil russe a été touché alors qu’il ne se serait pas trouvé dans la zone d’opération, à un moment où les avions de chasse auraient déjà regagné l’espace aérien israélien.
Paris dément toute implication
Vers 23 heures, l’avion de surveillance électronique de type Il-20 a disparu à 35 kilomètres des côtes syriennes, alors qu’il revenait à la base aérienne de Hmeimim, a précisé le ministère de la défense à Moscou.
Dans un premier temps, la direction de l’armée russe a sous-entendu une implication française dans l’enchaînement des événements qui ont conduit à la disparition de son appareil. Alors que quatre F-16 israéliens effectuaient leur raid sur Lattaquié, les radars russes auraient ainsi enregistré des frappes déclenchées par la frégate française Auvergne contre des installations militaires syriennes, a prétendu Moscou. Paris a démenti catégoriquement sa participation à une telle opération.
La France s’est dite prête récemment à utiliser de nouveau la force militaire en Syrie, mais uniquement en cas d’usage d’armes chimiques dans une offensive de l’armée syrienne et de ses alliés contre Idlib. Paris avait participé à des frappes aériennes en avril, aux côtés du Royaume-Uni et des Etats-Unis, pour un tel motif. Dans un communiqué commun publié le 21 août, à l’occasion du cinquième anniversaire de l’attaque sanglante à l’arme chimique à la Ghouta, les trois pays s’étaient dits « résolus à agir si le régime de Bachar Al-Assad a de nouveau recours aux armes chimiques ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Avec seulement 6,1 % des intentions de vote, Geraldo Alckmin est largement devancé par Jair Bolsonaro, selon un sondage pour l’élection présidentielle du 7 octobre.
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Au Brésil, le « candidat de l’establishment » dépassé par l’extrême droite

Avec seulement 6,1 % des intentions de vote, Geraldo Alckmin est largement devancé par Jair Bolsonaro, selon un sondage pour l’élection présidentielle du 7 octobre.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 10h38
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

Ses amis l’appellent « Gegê », mais le surnom le plus courant de Geraldo Alckmin, 65 ans, est aujourd’hui « picolé de chuchu » (sorbet de chayotte) du nom de cette cucurbitacée insipide des pays chauds. Une manière peu amène de résumer le peu de charisme du candidat à la présidence de la République pour le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB, droite) dont la campagne patine.
Selon un sondage CNT MEDA, publié lundi 17 septembre – à trois semaines du premier tour – le conservateur ultra-catholique, dit « candidat de l’establishment », n’est crédité que de 6,1 % des intentions de vote. Il est derrière Fernando Haddad (17,6 %) du Parti des travailleurs (PT, gauche) dont la cote progresse depuis qu’il a officiellement remplacé l’ancien président, Luiz Inacio Lula da Silva, emprisonné pour corruption et empêché de se présenter. Mais surtout, loin, très loin de Jair Bolsonaro le candidat d’extrême droite, membre du Parti social libéral (PSL), favori avec désormais 28,2 %.

Depuis Brasilia, devant les journalistes de la presse étrangère, l’ex-gouverneur de Sao Paulo est tenté par le déni. « L’absence du PSDB au second tour n’est pas une hypothèse, assure-t-il. Les sondages sont une photographie du moment. Nous sommes dans une dynamique. » Et de rappeler cette campagne de 2014 où le candidat du PSDB, Aecio Neves, s’était hissé au second tour quand les sondages le donnaient perdant avec 14 à 15 % des voix trois semaines avant le scrutin.
Quand Jair Bolsonaro rivalise de propositions démagogiques, Geraldo Alckmin appelle à la « responsabilité » et promet réformes et cure d’austérité
« Les chances d’Alckmin sont maigres. Il est le candidat de la raison, or cette élection est passionnelle », souffle une source à Brasilia. « Les électeurs votent avec colère. Le discours d’Alckmin n’a pas cette agressivité qu’ont les autres candidats », abonde Ricardo Ismael, professeur de sciences...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Editorial. Le 13 septembre 1993, Rabin et Arafat signaient les accords d’Oslo, qui dessinaient l’émergence d’un Etat palestinien. Un quart de siècle plus tard, la crise dans la région est toujours vive.
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Proche-Orient : vingt-cinq ans de rendez-vous manqués

Editorial. Le 13 septembre 1993, Rabin et Arafat signaient les accords d’Oslo, qui dessinaient l’émergence d’un Etat palestinien. Un quart de siècle plus tard, la crise dans la région est toujours vive.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 16h56
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Il y a vingt-cinq ans, un vent d’optimisme soufflait sur la Maison Blanche. En ce 13 septembre 1993, Bill Clinton, bras écartés, saluait la poignée de main entre le premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, et le chef de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat. ­Négociés en secret auparavant dans la capitale norvégienne, les accords d’Oslo reposaient sur une reconnaissance mutuelle entre l’OLP et l’Etat hébreu. Ils commençaient à tracer un chemin par étape vers l’émergence d’un Etat palestinien.
Deux ans plus tard, en novembre 1995, le premier ministre israélien était assassiné par un extrémiste juif. Les questions non résolues, brûlantes, demeuraient sur la table, comme le statut final de Jérusalem ou la question des réfugiés palestiniens et de leurs descendants. Malgré de nouveaux cycles de négociation, la paix n’a cessé de se dérober. Tandis que le vocabulaire d’Oslo, autour du concept de « solution à deux Etats », se vidait peu à peu de sa substance, un profond pessimisme s’est installé au sein des deux sociétés.
Division et pessimisme
Côté palestinien, la division entre factions a provoqué la séparation de destin entre la Cisjordanie et la bande de Gaza. Côté israélien, ce pessimisme s’explique par l’expérience des attentats sanglants de la seconde Intifada, au début des années 2000, et la prise de contrôle de Gaza par le Hamas après le retrait unilatéral des colons qui y vivaient. L’idée qu’il n’y avait pas de partenaire crédible pour faire la paix a fini par s’imposer. La colonisation s’est accélérée, au mépris du droit international. De 113 000 environ au moment des accords d’Oslo, selon l’organisation La Paix maintenant, le nombre de colons est passé à 413 000 fin 2017.

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La Cisjordanie est mangée, colline après colline, par les colonies. Dans le débat public israélien, des idées, encore marginales ces dernières années, comme l’annexion pure et simple de la zone C (60 % de la Cisjordanie) ou la légalisation de tous les avant-postes, se sont banalisées à droite. La bande de Gaza est devenue, après un blocus de onze ans imposé par Israël et l’Egypte, l’un des territoires les plus denses et les plus insalubres du monde.
Le « deal du siècle » de Trump
A cette atmosphère déjà lourde s’est ajoutée la présidence Trump. Dès son arrivée à la Maison Blanche, celui-ci a prétendu parvenir au « deal du siècle » au Proche-Orient, en brisant, un par un, les fragiles consensus du passé. Sa stratégie consiste à favoriser un rapprochement sans précédent entre Israël et les pays arabes, à commencer par l’Arabie saoudite, en forçant la direction palestinienne à accepter une paix aux conditions les plus favorables possibles pour l’Etat hébreu.

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Le médiateur américain n’a jamais été impartial. Mais, cette fois, il est plus pro-israélien qu’Israël, au risque de mettre en péril la sécurité à long terme de l’Etat hébreu. La reconnaissance unilatérale de Jérusalem comme capitale d’Israël, puis les punitions financières contre les Palestiniens et l’arrêt du financement de l’UNRWA, la mission de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, portent en eux les germes de violences futures.
Israël s’est habitué à vivre avec l’idée qu’il payait un prix relativement faible pour l’occupation, notamment sur le plan international – grâce à la protection américaine. Mais croire que les Palestiniens nés après Oslo, soumis au régime discriminatoire de l’occupation, renonceront un jour à être des citoyens relève de la cécité politique.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Kim Jong-un donne la priorité au développement d’un pays à l’économie arriérée et isolée, encore sous sanctions internationales.
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Sommet de Pyongyang : après le nucléaire, le pari économique de Kim Jong-un

Kim Jong-un donne la priorité au développement d’un pays à l’économie arriérée et isolée, encore sous sanctions internationales.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 10h35
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 11h29
    |

            Harold Thibault (Pyongyang, envoyé spécial)








                        



                                


                            

L’usine de produits de beauté Galaxie, dans l’ouest de Pyongyang, est une ode au développement fantasmé de la Corée du Nord sous la dynastie des Kim. La gigantesque mosaïque à l’entrée et le musée à l’intérieur font le récit de ces fameuses inspections de terrain lors desquelles le dirigeant Kim Jong-un prodigue ses instructions et ce, quel que soit le domaine. Le fauteuil sur lequel il a daigné s’asseoir a été placé sous verre, les immenses photos dans des cadres dorés, et il ne faut pas demander si tant de ressources n’auraient pas été plus utiles ailleurs.
Sur les murs, les bannières de propagande disent des ambitions qui contrastent avec l’isolement de la République populaire démocratique de Corée : « Portons notre industrie cosmétique au plus haut niveau international ! », « Allons jusqu’au bout du monde en suivant le maréchal ! »… Une nouvelle banderole rouge a fait son apparition tout récemment : « Mettons tous en œuvre la décision d’avril 2018 du comité central du Parti du travail ! »
C’est lors de ce plénum au printemps que Kim Jong-un, 35 ans, a introduit dans le dogme du parti ce qui est présenté comme un tournant majeur. Le Parti des travailleurs a expliqué à la population que doté de la dissuasion nucléaire, le pays peut désormais se consacrer pleinement à l’économie.
Vétuste industrie du Nord
Le dirigeant semble conscient qu’une économie à ce point arriérée et isolée n’est pas une option durable pour son pays et donc aussi pour son propre pouvoir, à long terme. On dit que Kim Jong-un a multiplié ces visites d’inspection. En 2017, dans cette usine de lotions, il aurait passé en revue toute la ligne de production, « le dirigeant suprême a dit qu’il serait si heureux si l’atelier pouvait poursuivre sa modernisation », récite Ryu Gyong-sun, la chef du contrôle de la qualité.
Les ouvriers de l’usine modèle se rendent-ils compte qu’une réelle ouverture au commerce international l’exposerait,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ L’ex-présidente argentine est soupçonnée d’avoir été à la tête d’un vaste système de pots-de-vin en échange de marchés publics.
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Cristina Kirchner mise en examen dans l’affaire des « cahiers de corruption »

L’ex-présidente argentine est soupçonnée d’avoir été à la tête d’un vaste système de pots-de-vin en échange de marchés publics.



LE MONDE
 |    18.09.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
18.09.2018 à 15h41
    |

            Christine Legrand (Buenos Aires, correspondante)








                        



   


L’ancienne présidente péroniste Cristina Kirchner (2007-2015) a été mise en examen, lundi 17 septembre, dans un vaste scandale de corruption, qui secoue l’Argentine depuis début août et dans lequel sont impliqués de hauts fonctionnaires de son administration, mais aussi de grands patrons argentins.
Le juge Claudio Bonadio, chargé de cette affaire dite des « cahiers de la corruption », a demandé le placement en détention préventive de Mme Kirchner en tant que chef d’une association illicite, elle et feu son mari, Nestor Kirchner, président de 2003 à 2007 et mort en 2010. Mais, en tant que sénatrice, elle bénéficie de l’immunité parlementaire, qui lui garantit de rester en liberté. Ce qui n’empêche pas qu’elle puisse être jugée, voire condamnée. Il est peu probable que l’ex-présidente soit placée en détention préventive, car les péronistes, qui détiennent la majorité au Congrès, sont opposés à la levée de son immunité. Miguel Angel Pichetto, chef du plus important bloc péroniste au Parlement, a rappelé qu’une telle mesure ne pouvait être prise « qu’en cas de condamnation, mais pas en cas de détention préventive ». D’autant plus qu’un autre sénateur, Carlos Menem, ex-président péroniste (de 1989 à 1999 (, continue de siéger au Sénat, où il a été réélu en 2017, bien qu’il ait été condamné à sept ans de prison dans une affaire de contrebande d’armes vers l’Equateur et la Croatie.

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Le juge Bonadio considère que, « entre 2003 et 2015, une collusion entre fonctionnaires et chefs d’entreprise a fait fonctionner un système de distribution de pots-de-vin à des fonctionnaires », dans lequel des chefs d’entreprise « prétendent avoir cédé aux pressions » en échange de l’octroi de travaux publics. D’après le magistrat, l’argent collecté était parfois utilisé pour financer des campagnes électorales, acheter des juges ou des fonctionnaires, « mais le gros de ces fonds était destiné à enrichir le patrimoine personnel de ceux qui, entre 2003 et 2015, ont occupé les plus hautes fonctions », en référence aux Kirchner.
Cahiers d’écolier
Plus de quarante personnes – anciens fonctionnaires et chefs d’entreprise – ont également été mises en examen, lundi. Parmi les hommes d’affaires figurent notamment Angelo Calcaterra, cousin de l’actuel président du pays, Mauricio Macri, qui a admis avoir versé « sous pression » de l’argent pour des campagnes électorales des Kirchner.
Le juge Bonadio a ordonné la mise sous séquestre des biens de tous les inculpés à hauteur de 4 milliards de pesos, soit environ 90 millions d’euros. Une dizaine d’anciens fonctionnaires du ministère de la planification sont déjà en prison, dont l’ex-ministre Julio de Vido, arrêté en octobre 2017 après s’être vu retirer son immunité de député.
Une vingtaine d’anciens fonctionnaires ou des proches des Kirchner ont décidé de collaborer avec la justice à la faveur d’une loi récente du « repenti », ce qui leur permet d’échapper à la prison. Ils ne sont toutefois pas à l’abri d’une condamnation ultérieure, si les informations fournies sont jugées insuffisantes ou fausses par le magistrat. Les déclarations les plus compromettantes pour Mme Kirchner proviennent ainsi de José Lopez, vice-ministre de la planification de 2003 à 2015, pris en flagrant délit, en juin 2016, alors qu’il tentait de façon rocambolesque de dissimuler 9 millions de dollars (7,7 millions d’euros) en liquide dans un couvent près de Buenos Aires. M. Lopez a affirmé que ce mystérieux butin appartenait à Cristina Kirchner. Un autre repenti a aussi impliqué directement l’ex-présidente : Carlos Wagner, ancien président de la chambre argentine de la construction, et allié, par le passé, des Kirchner, qui a dénoncé un système d’entente pour se répartir les travaux publics.

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Le scandale des « cahiers de la corruption » a éclaté le 1er août, à la suite de la révélation de simples cahiers d’écolier dans lesquels Oscar Centeno, un chauffeur qui travaillait pour le ministère de la planification, a noté minutieusement, pendant dix ans, les lieux et dates de remises de sacs d’argent dans des ministères ou à des domiciles des Kirchner.
Le 22 août, le Sénat avait levé, à l’unanimité, une partie de l’immunité parlementaire de Mme Kirchner, permettant au juge Bonadio de procéder à des perquisitions aux différentes adresses de l’ex-présidente, à Buenos Aires, mais aussi dans son fief de Patagonie.
L’annonce de cette nouvelle inculpation survient à la veille d’une troisième convocation de l’ex-présidente devant la justice, qui devait avoir lieu mardi. Mise en cause dans sept procédures judiciaires, Mme Kirchner a été mise en examen dans six d’entre elles. Cinq sont instruites par le juge Bonadio, qu’elle accuse de mener une « persécution politique ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Les deux pays, liés par un accord de réadmission, ont réaffirmé leur « entente » sur le dossier migratoire lors de la visite d’Angela Merkel à Alger.
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Compte rendu

L’Algérie se dit prête à accueillir tous ses ressortissants présents illégalement en Allemagne

Les deux pays, liés par un accord de réadmission, ont réaffirmé leur « entente » sur le dossier migratoire lors de la visite d’Angela Merkel à Alger.


LE MONDE
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        Le 18.09.2018 à 10h12






    
Le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, au côté de la chancelière allemande, Angela Merkel, en visite officielle à Alger le 17 septembre 2018.
Crédits : RYAD KRAMDI/AFP


L’Algérie accueillera tous ses ressortissants en situation irrégulière en Allemagne, quel que soit leur nombre, a assuré le premier ministre Ahmed Ouyahia, lundi 17 septembre, à l’occasion de la visite officielle de la chancelière Angela Merkel.
« Je vous confirme que l’Algérie récupérera ses enfants, qu’il s’agisse de 3 000 ou de 5 000 » Algériens, sous réserve de pouvoir procéder à une « identification » de leur nationalité, a affirmé M. Ouyahia lors d’une conférence de presse conjointe à Alger avec Mme Merkel.

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Cette dernière a rappelé la « volonté en Allemagne d’accueillir ceux qui ont de bonnes raisons de fuir leur pays », comme les Irakiens ou les Syriens, de leur fournir « un droit au séjour » et « la possibilité de travailler ». D’un autre côté, a souligné la chancelière, pour les migrants qui ne sont pas éligibles à un titre de séjour, « on s’attend à ce que […] l’Etat puisse agir ». « A cette fin, on a besoin de partenaires qui sont d’accord avec nous et l’Algérie en est un », s’est-elle félicitée.
Demandes d’extradition
D’après le premier ministre algérien, son pays « mène lui-même une action contre les migrants illégaux [et] ne pouvait que s’entendre avec le gouvernement allemand sur ce sujet ». Ahmed Ouyahia a par ailleurs rappelé qu’Alger et Berlin sont liés par un accord de réadmission depuis 1997.
« L’Algérie livre bataille pour le reste de la communauté internationale » en empêchant « annuellement 20 000 à 30 000 personnes d’entrer illégalement [sur son territoire] et souvent d’Algérie de continuer leur chemin » vers l’Europe, a-t-il affirmé. Il a cependant fermement nié que son pays abandonnait « des Africains dans le désert », comme l’en accusent certaines ONG.

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L’Algérie, classée « pays sûr » dans un projet de loi élaboré en juillet par le gouvernement allemand, a par ailleurs demandé à Berlin de « mettre en œuvre » les demandes d’extradition présentées par son système judiciaire.
Interrogé sur les délais de retour des Algériens séjournant illégalement en Allemagne, M. Ouyahia a rappelé que son pays s’opposait à l’utilisation de charters. Il a appelé Berlin à convaincre la compagnie allemande Lufthansa de participer à leur rapatriement, jusqu’ici essentiellement assuré par Air Algérie, pour « accélérer » le rythme de ces retours.

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Outre les questions migratoires, le « terrorisme transfrontalier » et les situations en Libye, au Mali et au Sahel figuraient au programme de la visite de Mme Merkel.

