<FILE-date="2018/09/17/19">

<article-nb="2018/09/17/19-1">
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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Les attaques fongiques réduisent les rendements agricoles de plus de 20 %. Les pesticides épandus en masse pour protéger les récoltes ont engendré des résistances, y compris chez des souches qui infectent l’homme et font 1,6 million de morts par an.
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<article-nb="2018/09/17/19-2">
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Pour lutter contre un champignon qui infecte les graines, libérant ainsi une substance cancérigène, un nouveau fongicide a été créé pour détoxifier les tourteaux d’arachides.
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Au Sénégal, la stratégie pour sauver l’arachide

Pour lutter contre un champignon qui infecte les graines, libérant ainsi une substance cancérigène, un nouveau fongicide a été créé pour détoxifier les tourteaux d’arachides.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 18h06
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 18h12
    |

                            Matteo Maillard (Dakar, correspondance)








                        



                                


                            
C’est une petite graine bleu cobalt qui pourrait bien révolutionner la consommation d’arachide en Afrique. Nommé Aflasafe, ce fongicide créé par l’International Institute of Tropical Agriculture (IITA), une organisation internationale à but non lucratif, membre du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale, est un biopesticide de nouvelle génération particulièrement efficace. « Il suffit d’épandre 10 kg par hectare de champ pour que son action fongicide réduise les toxines cancérigènes », explique Amadou Lamine Senghor, docteur en phytopathologie sénégalais chargé du transfert de la technologie.
Depuis une vingtaine d’années, les Etats d’Afrique de l’Ouest et plus particulièrement le Sénégal font face à un dilemme économique et sanitaire dont le coupable désigné est l’aflatoxine. Cette mycotoxine, produite par un champignon qui se développe dans de nombreux aliments tels les noix, le maïs, le riz, les fèves de cacao, les huiles végétales et les figues, possède des propriétés génotoxiques et carcinogènes inquiétantes. « Aspergillus flavus infecte la graine dès sa formation dans le sol, puis la contamination s’aggrave et se propage pendant le stockage lorsque les graines ne sont pas bien séchées et que la chaleur et l’humidité favorisent son développement », affirme M. Senghor.
Après des études confirmant sa dangerosité sanitaire, l’Union européenne a mis en place, le 16 juillet 1998, une législation limitant l’importation d’oléagineux et de fruits secs comportant des taux d’aflatoxine B1 supérieurs à 4 microgrammes par kilo (µg/kg). En comparaison, les Etats-Unis et la Chine les limitent à 20 µg/kg. Au Sénégal, où il n’existe aucune norme concernant les aflatoxines, la production arachidière contient en moyenne entre 60 et 80 µg/kg. Ce qui condamne les exportations des oléagineux infectés.
Augmentation des cancers du foie
A la consommation, aucune différence de goût. Mais l’aflatoxine peut diminuer le...




                        

                        


<article-nb="2018/09/17/19-3">
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ Le champignon « Aspergillus » est responsable, chez les personnes immunodéprimées, d’une pathologie difficile à diagnostiquer. L’étude d’un traitement innovant va débuter fin 2018 en France.
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L’aspergillose, une maladie respiratoire méconnue

Le champignon « Aspergillus » est responsable, chez les personnes immunodéprimées, d’une pathologie difficile à diagnostiquer. L’étude d’un traitement innovant va débuter fin 2018 en France.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 18h06
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 18h15
    |

            Paul Benkimoun








                        



                                


                            
Nous en respirons tous quotidiennement car ses spores sont très répandues dans notre environnement domestique : greniers, plafonds, climatiseurs… Généralement sans que nous en souffrions. Mais pour les personnes immunodéprimées – par une maladie ou un traitement aux corticoïdes, par exemple – ou tout simplement celles dont les poumons ont été altérés par une maladie respiratoire, comme la tuberculose, inhaler un champignon du genre Aspergillus entraîne le développement d’une pathologie aux lourdes conséquences : l’aspergillose, qui toucherait 240 000 personnes en ­Europe et contre laquelle une ­stratégie thérapeutique innovante va être évaluée.
« Cette moisissure aime les cavités où il fait chaud et humide. Une caverne creusée dans le poumon par la tuberculose est un environnement parfait pour l’Aspergillus », explique le professeur ­Jacques Cadranel, chef de service de pneumologie à l’hôpital Tenon (AP-HP, Paris). « Outre un terrain immunodéprimé, l’aspergillose prospère sur du tissu pulmonaire remanié », confirme le docteur Cendrine Godet, pneumologue au CHU de Poitiers.
Un délicat diagnostic
Le genre Aspergillus regroupe près de 300 espèces, dont Aspergillus fumigatus, la plus fréquemment impliquée dans les infections ­humaines sous nos climats. La ­petite taille des spores lui permet d’aller en profondeur jusqu’aux alvéoles pulmonaires. La température du corps humain n’est pas un problème pour A. fumigatus, qui supporte jusqu’à 55 °C.
L’infection par l’Aspergillus va ainsi se développer de manière insidieuse, sans signe clinique pendant des mois, voire des ­années. Quand elle commence à se manifester, c’est de manière banale. « La personne éprouve de la fatigue, un essoufflement, mais, souvent, elle s’adapte à ces signes en pensant que cela est dû au vieillissement ou à la pathologie respiratoire déjà connue », ­décrit Jacques Cadranel. La toux s’accompagne de...




                        

                        


<article-nb="2018/09/17/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Les agences de financement européennes ont annoncé un plan S qui vise à contraindre les chercheurs de publier dans des journaux en « open access ».
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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Le plan qui fait trembler les revues scientifiques

Les agences de financement européennes ont annoncé un plan S qui vise à contraindre les chercheurs de publier dans des journaux en « open access ».



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 19h00
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Vie des labos. Onze agences de financement européennes, baptisées cOAlition S, ont annoncé le 4 septembre un « Plan S », dont l’objectif est de changer radicalement les règles de publication des travaux scientifiques qu’elles financent. Après le 1er janvier 2020, les résultats d’équipes soutenues notamment par l’Agence nationale de la recherche en France (ANR) et le Conseil européen de la recherche (ERC) devront ainsi être publiés dans des journaux en open access, c’est-à-dire en lecture gratuite.
Les journaux qui publient en open access sont financés soit par des frais de publication payés par les organismes de rattachement des chercheurs, soit par des sociétés savantes ou des institutions, soit par des services connexes payants (accès aux statistiques de l’article…).
Ce modèle s’oppose à celui des revues par abonnement, pour lesquelles la lecture est payante (et la publication gratuite). Il existe aussi un système « hybride », dans lequel le journal est payant mais certains articles sont gratuits (si l’institution d’origine des auteurs a payé pour cela).
Exclusion de 85% des journaux
La cOAlition S, qui pourrait s’élargir, refuse clairement ces deux derniers modèles. Elle s’oppose aussi à ce que la « gratuité » ne soit accordée qu’après un délai de six à douze mois après la publication, comme certains journaux l’autorisent. Au total, selon l’Association internationale des éditeurs scientifiques, techniques et médicaux (STM), 85 % des journaux se trouveraient en fait exclus.
Marc Schiltz, président de Science Europe, l’association qui fédère la plupart des agences de financement européennes, à l’origine du Plan S, explique : « L’accès libre à la connaissance pour tous est fondamental. Nous voulons que la transition vers l’open access, dont on parle depuis quinze ans, devienne une réalité. »
Sans surprise, les grands éditeurs des revues scientifiques ont déjà protesté....




                        

                        


<article-nb="2018/09/17/19-5">
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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Cette pédopsychiatre montre comment les sciences sociales éclairent l’étude de l’autisme ou de la psychose. Elle lance une enquête participative sans précédent sur la phobie scolaire.
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Laelia Benoit, aux côtés des enfants face à la peur de l’école

Cette pédopsychiatre montre comment les sciences sociales éclairent l’étude de l’autisme ou de la psychose. Elle lance une enquête participative sans précédent sur la phobie scolaire.



LE MONDE
 |    16.09.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 17h10
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            

« Nous sommes la seule société qui ne donne pas de rites à nos adolescents. (…) Une civilisation qui ne se rend pas compte de ce besoin de croire de ses adolescents est en crise », déclarait la femme de lettres Julia Kristeva dans la série télévisée canadienne « Contact, l’encyclopédie de la création ».
Ce mot de philosophe, Laelia Benoit pourrait le reprendre à son compte… de pédopsychiatre et de sociologue. Une double casquette précieuse, dans un univers qui tend à favoriser les parcours ultraspécialisés. Une journée par ­semaine, la docteur Benoit consulte à la Maison des adolescents-Maison de Solenn (hôpital Cochin, AP-HP, Paris). Les quatre autres jours, elle les consacre à ses recherches dans une unité Inserm, au Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations.
« Tout en étant clinicienne, Laelia Benoit a une vraie pensée de sociologue ; c’est assez ­unique, salue le professeur Bruno Falissard, ­pédopsychiatre et directeur de ce centre de ­recherche. En même temps, elle est typique de cette nouvelle génération de pédopsychiatres français qui n’hésitent pas à croiser les regards sur un même sujet. Ils se demandent d’ailleurs comment leurs aînés ont pu en arriver là : à cette guerre permanente entre différents courants de pensée : psychanalyse, neurosciences, thérapies cognitives… »
Souriante et déterminée, Laelia Benoit, 30 ans tout juste, n’a pas perdu de temps. En parallèle de sa formation médicale, elle suit un master 1 de biologie moléculaire, puis un master 2 de psychologie… et un autre de sociologie en santé des populations et politiques sociales, à l’EHESS. Ces chemins de traverse – un exploit en soi –, la jeune pédopsychiatre les fait ­converger, ouvrant des perspectives inédites sur l’autisme, la psychose, la déscolarisation…
Laelia Benoit a ainsi lancé une enquête sur la phobie scolaire. Car, à l’heure où la plupart de nos jeunes ont retrouvé le chemin de l’école,...




                        

                        


<article-nb="2018/09/17/19-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Un article, publié dans la revue « Translational Research in Anatomy », décrit les circonstances exceptionnelles au cours desquelles des chirurgiens ont été leur propre patient.
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<article-nb="2018/09/17/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Les données recueillies par l’ICESat-2 permettront de comprendre l’ampleur de la contribution de la fonte des glaces à la montée des océans.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤                     
                                                

La NASA lance un laser en orbite pour mesurer la fonte des glaces

Les données recueillies par l’ICESat-2 permettront de comprendre l’ampleur de la contribution de la fonte des glaces à la montée des océans.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 21h56
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 22h14
   





                        



   


La NASA a lancé samedi 15 septembre son laser le plus avancé jamais placé en orbite, l’ICESat-2, une mission « extraordinairement importante pour la science », d’un milliard de dollars, destinée à révéler l’ampleur de la fonte des glaces sur une Terre qui se réchauffe.
Le satellite d’une demie-tonne a été propulsé par une fusée Delta II depuis la base Vandenberg de l’US Air Force en Californie.
« La mission va récolter suffisamment de données pour quantifier les changements annuels d’épaisseur de la couche de glace au Groenland et dans l’Antarctique, même si ce n’est que de quatre millimètres à peine », a fait savoir l’agence spatiale américaine.
Depuis près de dix ans, l’agence ne disposait plus d’un instrument en orbite pour mesurer l’épaisseur des superficies recouvertes de glace à travers la planète.
L’ICESat-2 est équipé de deux lasers— dont un de rechange — beaucoup plus perfectionnés que le modèle à bord de la mission précédente. Malgré sa puissance, le rayon ne sera pas chaud au point de faire fondre la glace depuis le poste d’observation orbital déployé à quelque 500 kilomètres au-dessus de la Terre, a précisé la NASA.
Il tirera 10 000 fois par seconde, contre quarante fois pour son prédécesseur, ce qui fournira des données beaucoup plus détaillées. Des mesures seront prises tous les 70 centimètres sur la trajectoire du satellite.

Etudier la contribution de la fonte des glaces à la montée des océans
La mission précédente, ICESat, a été lancée en 2003 et s’est achevée en 2009. Grâce à elle, les scientifiques ont appris que la banquise s’affinait et que les surfaces recouvertes de glace disparaissaient des régions côtières du Groenland et de l’Antarctique.
Depuis, des relevés ont été effectués grâce à un avion dans le cadre d’une mission baptisée Operation IceBridge qui a survolé l’Arctique et l’Antarctique. Des « mesures de hauteur et des données sur l’évolution de la glace » ont été récoltées, a expliqué la NASA.
Mais une mise à jour était nécessaire de toute urgence.
L’utilisation croissante des sources d’énergie fossile par l’humanité entraîne une hausse constante des émissions de gaz à effet de serre, considérées comme les principaux responsables du changement climatique.
La température mondiale moyenne augmente année après année, les quatre années les plus chaudes des temps modernes ayant été enregistrées entre 2014 et 2017.
La couche de glace s’amenuise dans l’Arctique et le Groenland, accentuant le phénomène de hausse du niveau des océans qui menace des centaines de millions d’habitants des régions côtières du monde entier.

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Le tout nouveau ICESat-2 devrait aider les scientifiques à comprendre l’ampleur de la contribution de la fonte des glaces à la montée des océans.
« Nous allons être capables de regarder spécifiquement la façon dont la glace évolue sur une seule année », a relevé Tom Wagner, un chercheur du programme cryosphère (glace terrestre) de la NASA. Combiner ces relevés précis avec ceux rassemblés au fil des ans devrait donner un coup de fouet à la compréhension du changement climatique et améliorer les prévisions sur la hausse du niveau des mers, a-t-il ajouté.

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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ L’Agence fédérale des médicaments s’inquiète d’une « épidémie » de vapotage chez les jeunes Américains.
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Aux Etats-Unis, les fabricants de cigarettes électroniques dans le collimateur des autorités

L’Agence fédérale des médicaments s’inquiète d’une « épidémie » de vapotage chez les jeunes Américains.



LE MONDE
 |    15.09.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
16.09.2018 à 06h33
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



                                


                            

Les autorités sanitaires américaines parlent désormais d’une « épidémie ». Mercredi 12 septembre, la Food and Drug Administration (FDA) a tiré la sonnette d’alarme sur l’utilisation de la cigarette électronique par les adolescents. L’Agence fédérale américaine des médicaments a fixé un ultimatum aux principaux fabricants, leur donnant soixante jours pour détailler des mesures convaincantes visant à endiguer l’utilisation par les mineurs. Faute de quoi, leurs produits pourraient être interdits à la vente.

« Les cigarettes électroniques peuvent aider les fumeurs adultes, mais cela ne doit pas se faire au détriment des enfants. Nous ne pouvons pas accepter qu’une génération entière devienne dépendante à la nicotine », souligne Scott Gottlieb, le directeur de la FDA. En 2017, 2,1 millions de lycéens et collégiens étaient des consommateurs réguliers, selon les statistiques officielles. Depuis, le phénomène s’est « accéléré », explique M. Gottlieb. D’après le Washington Post, le nombre d’adolescents accros a grimpé de 75 % cette année.
La situation actuelle s’explique en grande partie par le succès de Juul Labs. En trois ans, cette jeune société établie à San Francisco (Californie) est même entrée dans le langage courant. Dans les collèges et lycées américains, on n’utilise pas une cigarette électronique, on « juule ». Et on l’affiche fièrement sur Instagram et sur Snapchat. Tout l’inverse des cigarettes, dont la consommation ne cesse de reculer – moins de 8 % des lycéens fument.
Un marketing décrié
Selon les estimations de l’institut Nielsen, la start-up capte 72 % du marché aux Etats-Unis, devançant nettement les marques lancées par les géants du tabac. Son chiffre d’affaires, évalué à 1,3 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) au cours des douze derniers mois, a bondi de 730 % sur un an. En juillet, la société a levé 650 millions de dollars, sur la base d’une valorisation de 15 milliards. Après...




                        

                        


<article-nb="2018/09/17/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Le festival Novaq, organisé par la région Nouvelle-Aquitaine du 13 au 15 septembre à Bordeaux, questionnait les notions de progrès et d’innovation autour de trois thèmes : cerveau, espace, océans.
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                

A Bordeaux, plongée dans les paradoxes de l’innovation

Le festival Novaq, organisé par la région Nouvelle-Aquitaine du 13 au 15 septembre à Bordeaux, questionnait les notions de progrès et d’innovation autour de trois thèmes : cerveau, espace, océans.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 20h19
    |

            Adrien Naselli








                        



   


Depuis la splendide terrasse du Hangar 14, à Bordeaux, les festivaliers les plus matinaux ont droit, ce jeudi 13 septembre, à un lever de soleil sur la Garonne. Les portes de Novaq, le festival de l’innovation voulu par Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, viennent de s’ouvrir. A l’intérieur, un salon d’exposants saturé de curiosités et une salle noire aux allures futuristes dédiée aux conférences programmées par Le Monde, avec une cinquantaine d’invités  : fondateurs de start-up, chercheuses, philosophes, inventeurs en tout genre ou encore le directeur du laboratoire d’intelligence artificielle de Facebook France.
Ce matin-là, 1 200 personnes étaient venues écouter des débats autour des questions éthiques que posent l’intelligence artificielle et la recherche sur le cerveau. Mais c’est le thème de la mémoire qui attire le plus de spectateurs. Dans le hall, dix élèves de terminale au lycée technique de Ribérac, une commune située à cent kilomètres de Bordeaux, s’indignent en choeur : « Il y a Fabien Olicard à Novaq ? Et il est déjà passé ? Mais non ! » La star de la matinée, c’était lui. Le mentaliste de 36 ans, qui diffuse ses astuces sur YouTube à quelque 800 000 abonnés, est adulé par les adolescents qui apprécient son côté grand frère je-sais-tout et cool à la fois. Son métier ? Rétablir des vérités. Non, nous n’utilisons pas seulement dix pour cent des capacités de notre cerveau ; oui, nous retenons mieux en nous amusant, et « nous sommes les seuls mammifères à avoir estimé qu’il convenait pour apprendre de s’asseoir à un bureau sans bruit ».

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La génération née au tournant du millénaire ne s’émeut pas des casques de réalité virtuelle qui peuplent les stands du rez-de-chaussée. Ils font partie de leur univers. Mais ce groupe d’étudiantes en BTS s’est en revanche passionné pour les mises en garde du philosophe Jean-Michel Besnier sur le transhumanisme : « Notre thème en culture générale est “Corps naturel, corps artificiel”. Du coup, la prof nous a envoyées ici. Et on ne regrette pas ! »
Intelligence artificielle
Clément Romac, 22 ans, vient d’être embauché par la start-up bordelaise Weenove qui utilise l’intelligence artificielle pour trier nos données. Au sortir d’une table-ronde, il est surpris que les questions du public se soient focalisées sur les potentiels mésusages de l’intelligence artificielle  : « Les robots sont loin de pouvoir prendre le contrôle sur nous ! » Même vision des choses pour Nicolas Sekkaki, le PDG d’IBM France, qui introduit la matinée : « L’intelligence augmentée va nous permettre de faire ce qu’on ne sait pas faire aujourd’hui. L’homme a des biais et les transmet à la machine. Mais la machine pourra bientôt nous aider à corriger nos biais. » Doit-on commencer à s’inquiéter quand il ajoute qu’« aujourd’hui, une machine peut détecter les affinités d’une personne et la mettre en face du bon interlocuteur dans un cadre commercial » ? Un frisson parcourt la salle.

   



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Au rez-de-chaussée, tandis que l’on serpente dans le décor pop de Novaq, une certaine Leenby nous tend la main en s’exclamant : « Je suis ravie de vous rencontrer. » Leenby est un robot de service conçu par l’entreprise Cybedroid, qui pourra, à terme, aider des opticiens ou remplacer le personnel d’accueil. Son fondateur, Fabien Raimbault, lui a donné les formes du « standard féminin » car il a constaté « d’après une expérience » que les humains font plus confiance à un semi-humanoïde qui a l’apparence d’une femme. Un exemple parmi d’autres pour montrer que « innovation » ne rime pas forcément avec « révolution ».
Faut-il encadrer, contrôler l’innovation ? Se met-elle réellement « au service de l’humain » ? Le débat court dans tout Novaq. Le philosophe et physicien Etienne Klein pose cette question  : « Que se passe-t-il dans la tête d’un caissier de supermarché qui cohabite avec les objets qui vont le mettre au chômage ? » Pour lui, « toute innovation est politique. »
« Toute innovation est politique »
La militante écologiste Claire Nouvian, fondatrice de l’ONG Bloom et lauréate du prestigieux prix Goldman 2018, le prouve devant un public ému et conquis vendredi, à l’ouverture de la matinée consacrée aux océans. Elle retrace l’histoire de l’industrialisation de la pêche et de « l’hécatombe » en cours (75 % des requins ont disparu depuis le XIXe siècle) : « On a tellement réduit la population de poissons qu’on ne peut plus se passer de notre technologie pour pêcher. Alors on va aujourd’hui jusqu’à les électrocuter. On a déclaré la guerre aux poissons, et on l’a gagnée. Les lobbys sont dans la place et obtiennent des décisions publiques iniques. L’innovation au service de la destruction de l’océan, ce n’est pas qu’une figure de style. » La salle retient son souffle et lui demande comment agir. « Pour régler le problème, c’est simple, s’élance la fondatrice de l’ONG Bloom. Le gouvernement doit arrêter de subventionner les pêches destructrices ! » Applaudissements à tout rompre. « N’y a-t-il aucun espoir ? », se risque quelqu’un. « Aucun, répond-elle. Mais je crois évidemment à l’activisme et à certaines innovations qui peuvent améliorer le sort des océans. » Elle cite le satellite Eyes on the Seas, qui permet aujourd’hui de repérer les bateaux de pêche illégale.

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L’espoir pour le futur de notre planète surgit dans les moments d’émotion  : les images apaisantes de la Terre de Jean-Pierre Goux, la musique hypnotique du fond des mers de Pascal Joguet, qui a créé un instrument de musique électronique écolo. Très en verve, l’économiste Nicolas Bouzou, qui milite pour une Europe compétitive dans l’exploration spatiale, s’écrie : « Regardez comme les gens adorent l’aventure de Thomas Pesquet ! On peut faire rêver tout le monde avec l’espace. C’est notre destin d’aller l’explorer, d’aller bientôt sur Mars. » L’espace et ses satellites essentiels au fonctionnement des applications qui irriguent nos quotidiens et qui devraient aider à limiter l’impact du réchauffement climatique.
La sentence du scientifique américain Edwin Herbert Land, écrite sur les murs du hangar H14, semble mettre tout le monde d’accord  : « Innover, ce n’est pas avoir une nouvelle idée, mais arrêter d’avoir une vieille idée. »

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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Lionel Naccache, neurologue, chercheur en neurosciences cognitives à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) et parrain de la collection « Les Défis de la science » nous dévoile les secrets de la conscience.
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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Au menu : quels liens affectifs nous aurons avec les robots ; le cas troublant des chercheurs hyperprolifiques ; la peste porcine aux portes de la France ; etc.
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ La 28e cérémonie des Ig Nobels a récompensé son lot annuel de recherches qui font sourire d’abord, et éventuellement réfléchir ensuite. Petit aperçu d’un cru savoureux.
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     
                                                

Les Nobels de la science improbable, des montagnes russes aux timbres-poste

La 28e cérémonie des Ig Nobels a récompensé son lot annuel de recherches qui font sourire d’abord, et éventuellement réfléchir ensuite. Petit aperçu d’un cru savoureux.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 16h33
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 13h11
    |

            Pierre Barthélémy








                        


Tous les ans, avant que le rideau ne se lève sur la solennelle séquence des prix Nobel, le monde scientifique s’offre, dans le Théâtre Sanders de l’université Harvard, un prélude nettement moins sérieux avec la cérémonie des Ig Nobels – lire « ignoble » – qui récompensent des études à la loufoquerie plus ou moins assumée. Jeudi 13 septembre, la science improbable, celle qui fait sourire d’abord et réfléchir ensuite – ou pas –, était ainsi célébrée pour la 28e fois dans une ambiance bon enfant, les organisateurs ayant par exemple demandé au public de faire tomber sur scène un déluge d’avions en papier.
Pour la première fois, de l’argent accompagnait chaque prix, sous la forme d’un billet de 10 000 milliards de dollars zimbabwéens, coupure qui n’a, malheureusement pour les récipiendaires, plus aucune valeur en raison de l’hyperinflation qu’a connue cette monnaie…
Les récompenses sont décernées dans dix catégories, lesquelles peuvent changer d’une année sur l’autre pour que l’on soit sûr de ne pas oublier un travail particulièrement savoureux. Le cru 2018 a ainsi vu apparaître un Ig Nobel d’anthropologie qui a honoré une équipe internationale ayant découvert que, dans les zoos, les chimpanzés imitaient les humains à peu près autant que les humains les singeaient.
Le prix sur la nutrition est, quant à lui, allé à un article très anthropologique montrant que l’apport calorique d’un régime cannibale était significativement moins important que n’importe quel autre type d’alimentation. Les végans s’en réjouiront.
Cracher sur les bibelots
Dans les catégories plus classiques, l’Ig Nobel de la paix a couronné des Espagnols ayant étudié les conséquences des cris et des jurons au volant, celui d’économie a récompensé un article tentant de déterminer s’il était intéressant de se venger de son supérieur hiérarchique sur une poupée vaudoue le représentant. En littérature, on a appris que, pour nombre d’utilisateurs d’objets technologiques, la vie était trop courte pour prendre la peine de lire les notices.
En chimie, on a eu confirmation que vous pouviez cracher sur vos bibelots pour les nettoyer, la salive étant parfaitement appropriée à cet usage. En biologie, une équipe internationale comportant le Français Sébastien Lebreton a été distinguée pour avoir montré qu’une seule drosophile femelle tombée dans un verre de vin pouvait en gâcher le goût à cause d’une de ses phéromones.

   


La cérémonie 2018 était placée sous le signe du cœur, mais force est de constater que les organisateurs ont plutôt visé des organes situés un peu plus bas dans l’anatomie humaine. En effet, l’Ig Nobel de médecine est allé à des chercheurs qui se sont demandé s’il était utile d’aller sur des montagnes russes pour faire transiter un calcul rénal. Le prix d’éducation médicale a récompensé un Japonais ayant testé l’autocoloscopie (on ne fera pas de dessin).
Enfin, dans la catégorie « médecine de la reproduction », a triomphé une méthode destinée à déterminer à bas coût si un homme est vraiment impuissant : avant de se coucher, le patient colle autour de son pénis une guirlande de timbres-poste. Si, au réveil, ceux-ci sont déchirés, c’est que le monsieur a connu des phases d’érection pendant son sommeil – et que tout espoir n’est pas perdu pour lui. De quoi réactualiser un vieux slogan des PTT : bandez avec la Poste.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Ces poissons ont un corps si gélatineux qu’ils fondent lorsqu’ils remontent à la surface.
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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Dans « Science », le chercheur Timothy Lenton et le philosophe Bruno Latour estiment que l’humanité doit assumer son rôle de gestionnaire de l’habitabilité de la planète.
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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Aucune mission habitée n’est retournée dans l’orbite lunaire depuis Apollo 17, de la NASA, en 1972.
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Article sélectionné dans La Matinale du 13/09/2018
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SpaceX annonce un premier « client privé » pour un voyage autour de la Lune

Aucune mission habitée n’est retournée dans l’orbite lunaire depuis Apollo 17, de la NASA, en 1972.



LE MONDE
 |    14.09.2018 à 03h51
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 09h02
   





                        



   


La compagnie spatiale américaine SpaceX a annoncé, jeudi 13 septembre, avoir signé avec un premier client pour un voyage autour de la Lune à bord de sa prochaine grande fusée baptisée BFR – pour Big Falcon Rocket –, qui ne devrait toutefois pas voler, avant plusieurs années, le lanceur étant encore en cours de développement.
Aucune mission habitée n’est retournée dans l’orbite lunaire depuis Apollo 17, de la NASA, en décembre 1972. « SpaceX a signé avec le premier client privé du monde pour se rendre autour de la Lune à bord de notre véhicule de lancement BFR – une étape importante pour ceux qui rêvent d’aller dans l’espace », a tweeté la compagnie, en précisant que l’identité du passager serait dévoilée lundi.

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Acompte sans voyage
Début 2017, SpaceX avait annoncé que deux passagers seraient envoyés vers la Lune dès 2018 à bord de sa fusée Falcon Heavy, un voyage qui n’a, finalement, jamais eu lieu.
La firme du fantasque milliardaire Elon Musk avait pourtant souligné à l’époque que les deux touristes lunaires avaient « versé un acompte important » pour cette mission. Les premiers entraînements des apprentis astronautes étaient censés commencer courant 2017, après une évaluation de leur condition physique.
La fusée BFR devrait, elle, mesurer 106 mètres de haut et elle sera conçue pour avoir une poussée de 10,8 millions de livres (5 000 tonnes), bien davantage que la plus puissante fusée jamais construite, la Saturn-V (7,9 millions de livres), qui avait permis d’envoyer des astronautes vers la Lune au tournant des années 1970.
Bientôt, ravitailler l’ISS
L’objectif de SpaceX est de se doter à terme d’un unique lanceur et vaisseau se substituant à trois projets emblématiques de la firme californienne : la Falcon-9 qui propulse la capsule Dragon pour ravitailler la Station spatiale internationale (ISS), la capsule elle-même et Falcon Heavy.
SpaceX doit théoriquement envoyer des astronautes de la NASA vers l’ISS à partir de 2019. Depuis l’arrêt des missions de la navette spatiale américaine, les occupants de l’ISS sont exclusivement transportés depuis la terre par des vaisseaux Soyouz de fabrication russe.
D’autres que SpaceX misent aussi sur le tourisme spatial, comme Virgin Galactic, qui multiplie les essais de son vaisseau piloté SpaceShipTwo VSS Unity, lancé depuis un avion, le ticket coûte 250 000 dollars (214 000 euros). Blue Origin, société fondée par le patron d’Amazon Jeff Bezos, a annoncé cet été que les billets seraient vendus en 2019 pour une place à bord de sa fusée New Shepard, qui emmènera six personnes dans l’espace, à plus de 100 kilomètres d’altitude. Ces deux véhicules n’iront toutefois pas en orbite ; les passagers flotteront en apesanteur pendant plusieurs minutes.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Mary Roach a fait le tour des laboratoires militaires. Une enquête pleine d’humour.
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La guerre et sa science improbable

Mary Roach a fait le tour des laboratoires militaires. Une enquête pleine d’humour.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
14.09.2018 à 14h33
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Le livre. Quand on évoque les scientifiques ­réquisitionnés pour faire la guerre, l’attention se porte en général sur la manière dont ils renouvellent l’armement – gaz de combat, missiles V2, bombes atomiques et autres joyeusetés.
Dans son dernier livre, la journaliste américaine Mary Roach, qui a déjà publié plusieurs ouvrages de vulgarisation consacrés au corps humain, prend le contre-pied de cette approche et ­s’intéresse « à l’art de maintenir en vie » plutôt qu’à celui de tuer. Le tout dans un style humoristique, voire gouailleur et fourmillant d’anecdotes.
Pour écrire La Drôle de science des humains en guerre, Mary Roach a écumé les laboratoires et les hôpitaux militaires américains… et aussi les salles d’autopsie ; elle s’est promenée dans les lieux où l’on reconstitue les sites ­critiques de la guerre, comme ce « simulateur qui mouille », qui reproduit un sous-marin prenant l’eau ; elle a payé de sa personne, se soumettant ainsi, dans un endroit nommé « Le Cuiseur », à un test de résistance à l’effort et à la chaleur, un sac rempli de sable sur le dos et une sonde dans le rectum destinée à surveiller sa température ; elle est allée sur une base de Djibouti pour rencontrer le ­responsable d’une unité de recherche sur les maladies intestinales, qui recrute ses ­cobayes-troufions à l’aide d’écriteaux « Z’AVEZ LA DIARRHÉE ? » collés dans les toilettes.
Une nunuche chez les biscoteaux
Et elle a joué avec délices le rôle de la nunuche dans un monde gavé de biscoteaux et de ­testostérone. On la retrouve ainsi à dire, lorsqu’elle s’équipe pour se rendre sur un stand de tir, « Oh, je peux mettre mon baume pour les lèvres et mon magnétophone dans ces ­jolies petites poches de veste .» Pour s’entendre répondre : « Ça, c’est pour les munitions. »
En la suivant, on rencontre « la déesse du feu », qui teste les vêtements ignifugés en les soumettant au « feu » d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ La chronique de Catherine Malabou, à propos de « Pourquoi la torture ne marche pas », de Shane O’Mara.
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Mutations. Raison d’être de la torture

La chronique de Catherine Malabou, à propos de « Pourquoi la torture ne marche pas », de Shane O’Mara.



LE MONDE
 |    13.09.2018 à 07h45
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 10h17
    |

                            Catherine Malabou (Philosophe)








                        



                                


                            
Pourquoi la torture ne marche pas. L’interrogatoire à la lumière des neurosciences (Why Torture Doesn’t Work. The Neuroscience of Interrogation), de Shane O’Mara, traduit de l’anglais (Irlande) par Margaret Rigaud, Editions Markus Haller, 362 p., 26 €.

En 2009, à la demande de Barack Obama, ont été publiés des « mémos de la torture » (« Torture Memos »). Ces documents secrets de la CIA, rédigés sous George W. Bush, relataient les diverses techniques d’interrogatoire pratiquées par l’armée américaine au nom de la « guerre contre le terrorisme ». Leur existence même prouvait, si cela était encore nécessaire, que les démocraties libérales n’avaient pas renoncé à la torture malgré la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, adoptée en 1984 par les Nations unies.
Le but principal et officiel de la torture est l’obtention d’informations que l’on croit stockées dans la mémoire du prisonnier afin, dans le cas de l’offensive américaine en Irak, de « déjouer des complots, capturer des terroristes, sauver des vies ». Mais le neuroscientifique irlandais Shane O’Mara, dans Pourquoi la torture ne marche pas, montre que la torture est impuissante à sonder la mémoire puisqu’elle la détruit au lieu de la produire. Traumatisé, sidéré, le cerveau ne peut accomplir ce qu’on lui demande.
« Pour qu’une souffrance physique relève de la torture, il faut qu’elle soit d’une intensité équivalente à la douleur qui accompagne un dysfonctionnement sérieux du corps, comme une défaillance organique ou physiologique, voire la mort », dit un des « Torture Memos », signés par le procureur Jay Bybee en 2002. Or les troubles neuropsy­chiatriques qui résultent de la torture constituent bien, de fait, une défaillance organique, mais celle-ci est contre-productive dans la mesure où le cerveau n’est plus capable d’assurer ses fonctions régulatrices...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Des croisillons tracés à l’ocre et conservés sur une roche polie suggèrent une activité symbolique diversifiée d’« Homo sapiens », bien avant son arrivée en Europe.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/09/2018
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Dans une grotte d’Afrique du Sud, un dessin vieux de 73 000 ans

Des croisillons tracés à l’ocre et conservés sur une roche polie suggèrent une activité symbolique diversifiée d’« Homo sapiens », bien avant son arrivée en Europe.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 09h26
    |

            Hervé Morin








                        



   


La grotte de Blombos, à 300 km à l’est de la ville du Cap, en Afrique du Sud, est décidément un trésor pour les archéologues. Ils y ont déjà découvert des coquillages percés contenant de l’ocre qui pouvaient servir de parures, des outils et des armes en pierre taillée, parfois d’apparat, dans des niveaux allant de 75 000 à 100 000 ans.
Début 2002, quand Christopher Henshilwood et ses collègues avaient décrit des fragments d’ocre gravés vieux de 77 000 ans, la nouvelle avait fait l’effet d’une bombe : Homo sapiens était un « artiste » déjà dans son berceau africain, et n’avait pas attendu d’atteindre l’Europe pour exprimer une activité symbolique – certes bien moins élaborée que les peintures de la grotte Chauvet (datée de plus de 30 000 ans).
Plus de quinze ans plus tard, l’équipe de Christopher Henshilwood confirme que les occupants de Blombos étaient de grands amateurs d’une forme particulière : les croisillons observés sur des fragments d’ocre ont été retrouvés sur un petit morceau de silcrète, une roche siliceuse dure, qui a conservé depuis 73 000 ans la trace de marques probablement faites à l’aide d’un morceau d’ocre pointu. L’objet ne paie pas de mine, mais c’est bien le plus ancien dessin au crayon jamais découvert.

   


« Ce n’est pas la première représentation abstraite attribuable à la lignée humaine, puisqu’on a aussi observé des zigzags tracés sur un coquillage à Java, vieux de plus de 500 000 ans », note Francesco d’Errico (CNRS, université de Bordeaux), qui avait contribué à cette découverte annoncée en 2014.
Il participe aussi aux fouilles de Blombos et cosigne l’article décrivant le nouveau dessin sud-africain dans Nature daté du 13 septembre. « Retrouver à Blombos de nouveaux croisillons, sur un autre support et résultant d’une autre technique, suggère que, dans l’esprit des habitants de cette grotte, ces symboles signifiaient quelque chose », ajoute-t-il. Il fait le parallèle avec la croix chrétienne, qui elle aussi est un « signe incorporé dans divers supports matériels ».

   


Une énigme et un « miracle »
Signifiant culturel ou gribouillis impensé ? L’interprétation risque de faire débat. Mais si le sens de ces neuf lignes entrecroisées reste une énigme, leur conservation sur un petit fragment tient en soi du « miracle », insiste Francesco d’Errico.
Trouvé par hasard parmi des fragments de pierre taillée, il a intrigué les fouilleurs de Blombos, qui l’ont soumis à de nombreux examens, et effectué de multiples reconstitutions. « Il a d’abord fallu montrer que ce n’était pas le résultat d’un processus naturel », raconte le chercheur. La conclusion des investigations, et notamment de l’observation au microscope confocal, qui permet d’obtenir des images de la surface en trois dimensions ? Le fragment de silcrète provient probablement d’une meule utilisée pour broyer l’ocre, polie par l’usage, et réutilisée pour accueillir une figure finement dessinée.

   


Pour Jean-Jacques Hublin (Institut Max Planck d’anthropologie évolutionnaire de Leipzig), qui n’est pas associé à ces fouilles sud-africaines, la découverte est « très intéressante et très convaincante ». Pour les périodes très anciennes, note-t-il, « les “gravures géométriques” sur blocs de roche ou fragments osseux ont souvent prêté à discussion, car elles pouvaient, selon certains, résulter d’activités pratiques qui n’avaient rien de “symbolique”. »
Le zigzag de Trinil (Java) de 500 000 ans, attribué non pas à Homo sapiens mais à Homo erectus, a cependant été « très largement accepté comme non utilitaire, même s’il pouvait être le résultat d’un simple jeu », note Jean-Jacques Hublin.

        Lire aussi :
         

                Une si blanche préhistoire



« Représentations figuratives peintes »
Si l’ancêtre erectus le pouvait, il n’est donc guère surprenant que sapiens en ait aussi été capable. S’il n’en reste que peu de témoignages, c’est que la conservation de peintures d’ocre est très exceptionnelle.
Peut-on imaginer que nos ancêtres africains aient été plus figuratifs dans leur production picturale ? « Personnellement je pense que dès avant 50 000 ans et la phase principale de dispersion des Homo sapiens sur l’Eurasie et l’Australie, des représentations figuratives animales peintes sur roche étaient déjà produites en Afrique, avance Jean-Jacques Hublin. Sinon comment expliquer qu’on les retrouve ensuite depuis l’Europe occidentale jusqu’à Sulawesi [une île d’Indonésie située à l’est de Bornéo] ? Il a sans doute existé tout un art rupestre “pré-Chauvet”, mais il a malheureusement complètement disparu. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Un homme sur cinq et une femme sur six dans le monde auront, un jour, un cancer, selon l’OMS.
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/09/2018
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Les cancers vont tuer près de dix millions de personnes dans le monde en 2018

Un homme sur cinq et une femme sur six dans le monde auront, un jour, un cancer, selon l’OMS.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 18h43
 • Mis à jour le
15.09.2018 à 09h57
    |

            Paul Benkimoun








                        



   


Un homme sur cinq et une femme sur six dans le monde développeront un cancer au cours de leur vie. Un homme sur huit et une femme sur onze en mourront, selon les estimations publiées par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence travaillant pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui font l’objet d’un article paru mercredi 12 septembre dans CA : A Cancer Journal for Clinicians, édité par l’American Cancer Society.
Partant de Globocan, la base de données accessible au public, les chercheurs du CIRC et de l’American Cancer Society ont analysé les chiffres pour 35 types de cancers provenant de 185 pays. Les estimations avancées pour 2018 – ce que les spécialistes appellent la « charge mondiale du cancer » – sont de 18,1 millions de nouveaux cas découverts et 9,6 millions de décès dus à cette maladie.
Le CIRC évoque une « augmentation rapide » de cette charge, mais les comparaisons avec la précédente étude alimentée par les données de Globocan, réalisée en 2012, sont rendues très difficiles par un changement de méthodologie. Certains cancers voient leur incidence diminuer, tels le cancer du poumon chez les hommes en Europe du Nord et en Amérique du Nord ou le cancer du col utérin partout, sauf en Afrique subsaharienne. Toutefois, la plupart des pays connaissent une hausse en valeur absolue du nombre de cas diagnostiqués et à traiter.

   


Parmi les raisons avancées par le CIRC : l’accroissement et le vieillissement de la population à un rythme soutenu et des évolutions de la prévalence de certains cancers. Freddie Bray, responsable de la surveillance des cancers au CIRC, et les coauteurs de l’article, soulignent que « les différences de profils de cancer entre pays et entre régions signifient qu’une diversité géographique demeure, avec la persistance de facteurs de risque locaux dans des populations qui en sont à des phases très différentes de la transition sociale et économique. Cela est illustré par les différences saillantes dans les taux de cancers associés à une infection, entre autres ceux du col utérin, de l’estomac et du foie, observés dans des pays situés aux deux extrémités du spectre du développement humain ». 

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Les auteurs ont en effet cherché à établir des schémas de fréquence des cancers selon le niveau de développement humain par pays, évalué au moyen d’un indice combinant le PIB par habitant, l’espérance de vie à la naissance et le niveau d’éducation des enfants de 15 ans et plus. Les écarts entre les pays à indice de développement humain (IDH) élevé ou très élevé et ceux à IDH faible ou intermédiaire sont très marqués pour l’incidence de la plupart des cancers, les premiers ayant des fréquences deux à trois fois plus élevées que les seconds.
L’Asie compte pour la moitié des cancers
En revanche, les différences sont beaucoup moins nettes s’agissant de la mortalité. Une proximité qui s’expliquerait à la fois par la fréquence de cancers de mauvais pronostic dans les pays à IDH faible ou intermédiaire, et par des diagnostics plus tardifs et des traitements efficaces moins disponibles.
Le cancer apparaît comme la première cause de mortalité chez les moins de 70 ans en Amérique du Nord et dans une partie de l’Amérique du Sud, l’Europe de l’Ouest, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ainsi que le Japon, le Vietnam et la Thaïlande. Il n’arrive qu’en troisième ou quatrième position en Afrique subsaharienne, dans la majeure partie du Moyen-Orient et de l’Asie.

   


A l’échelle mondiale, le cancer le plus fréquent est celui du poumon, avec plus de 2 millions de cas estimés pour 2018, qui est également et de loin le plus meurtrier : plus d’1,7 million de morts (18 % du total des décès par cancer). Il est suivi par celui du sein, quasiment aussi fréquent, mais trois fois moins meurtrier. Le mauvais pronostic en général des cancers du poumon explique cette différence.
Si l’on considère l’ensemble des cancers pour les deux sexes, l’Asie devrait être en 2018 la région du monde comptant près de la moitié des cancers et plus de la moitié des décès par cancers – du fait que 60 % de la population mondiale y vit –, devant l’Europe (23,4 % des cas et 20,3 % des décès, pour 9,8 % de la population mondiale) et les Amériques (21 % des cas et 14,4 % de la mortalité pour 13,3 % de la population mondiale).
Variations moins marquées pour les femmes
En Asie comme en Afrique, la part des décès par cancer est plus importante que la part des nouveaux cas, ce que le CIRC explique par une différence dans la fréquence de certains types de cancers, ceux ayant un mauvais pronostic et un taux de mortalité plus élevés y étant souvent plus présents.
Chez les hommes, le cancer du poumon occupe le premier rang de fréquence en Europe orientale et en Asie centrale, en Chine et en Afrique du Nord. Il cède cette place au cancer de la prostate dans les Amériques, l’Europe de l’Ouest, l’Australie et la plus grande partie de l’Afrique subsaharienne, alors qu’il n’est que le deuxième cancer le plus fréquent à l’échelle de la planète (plus de 1,2 million de cas). Le cancer des lèvres et de la bouche prédomine dans le sous-continent indien, tandis que celui du foie est en tête en Egypte et quelques pays d’Afrique de l’Ouest, ainsi qu’en Mongolie.

   


Chez les femmes, les variations sont moins marquées. Le cancer du sein domine à peu près partout, hormis en Afrique de l’Ouest et australe, en Bolivie et au Paraguay, où il est devancé par les cancers du col de l’utérus ; en Mongolie où les tumeurs malignes du foie arrivent en tête et dans les deux Corées, où le cancer du poumon paraît en tête au Nord et celui de la thyroïde au Sud.
« Les maladies non transmissibles sont à présent responsables de la majorité des décès dans le monde et l’on s’attend à ce que le cancer se hisse au rang de première cause de mortalité et de principal obstacle à l’accroissement de l’espérance de vie dans chaque pays du monde au cours du XXIe siècle », prédisent Freddie Bray et ses collègues.

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édition abonné


Le doute du cueilleur de champignons

La classification des champignons microscopiques est une science complexe... qui peut avoir des conséquences directes sur la santé humaine.



LE MONDE
 |    12.09.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
13.09.2018 à 08h52
    |

                            Alice Lebreton (Chargée de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), Institut de biologie de l’Ecole normale supérieure)








                        



                                


                            
Carte blanche. Une belle pluie de fin d’été, un souffle d’air frais, et bientôt une flopée de champignons de toutes formes et couleurs parsèmeront nos sous-bois. Pour le cueilleur du dimanche, différencier un bolet comestible d’un vénéneux n’est pas toujours une mince affaire. Rien d’humiliant à cela. Même pour les spécialistes en mycologie, l’attribution des espèces est parfois un casse-tête : une étude récente vient ainsi de confirmer que des champignons microscopiques, jusqu’ici désignés par quatre noms distincts, ne forment en réalité qu’une seule espèce.
Dans un article publié mi-juillet dans la ­revue PLOS Pathogens, une équipe irlandaise a séquencé et comparé les génomes d’une trentaine de souches de levures – des champignons unicellulaires – soupçonnées d’être apparentées. Ces souches proviennent d’origines diverses : les unes, nommées Candida krusei, ont été prélevées sur des ­patients souffrant de candidoses, des infections ­fongiques opportunistes parfois graves ; les autres, appelées Pichia kudriavzevii (parfois aussi Issatchenkia orientalis ou Candida glycerinogenes), entrent sur tous les continents dans la composition de levains artisanaux destinés à la production d’aliments fermentés (cacao, kéfir, manioc, bière de maïs, vinaigre de blé, pains au levain, etc.).
Pour cette raison, la réglementation américaine considère P. kudriavzevii sans danger pour la santé humaine. Un usage probiotique de certaines de ces levures est envisagé ; plusieurs souches sont aussi exploitées ­industriellement, entre autres pour la production de bioéthanol.
Comparaison des génomes
Des études plus anciennes laissaient déjà penser que C. krusei pourrait être apparentée à P. kudriavzevii ; C. krusei n’appartiendrait alors pas au genre Candida, contrairement aux autres levures responsables de candidoses. Les nouveaux résultats obtenus vont ­au-delà de ces présomptions :...




                        

                        

