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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ L’Elysée espère mettre fin aux interrogations soulevées par Christophe Castaner, le chef de file de La République en marche, qui avait déclaré vouloir « une réflexion sans tabou » sur la fiscalité des successions.
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Emmanuel Macron « exclut formellement de modifier » les droits de succession

L’Elysée espère mettre fin aux interrogations soulevées par Christophe Castaner, le chef de file de La République en marche, qui avait déclaré vouloir « une réflexion sans tabou » sur la fiscalité des successions.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 17h58
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 18h51
   





                        


Mettre fin aux interrogations sur les droits de succession. Tel est l’objectif d’Emmanuel Macron, qui « a formellement exclu toute modification des droits de succession sous sa présidence », a fait savoir l’Elysée lundi 17 septembre. Cette déclaration intervient après que Christophe Castaner, délégué général de La République en marche (LRM), a déclaré vendredi vouloir « une réflexion sans tabou » sur la fiscalité des successions afin de lutter contre la « progression des inégalités de naissance ». Il avait alors précisé qu’il ne s’agissait pas « d’annonces » mais d’une piste de réflexion du parti majoritaire.

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L’impôt sur la succession « est complexe, il est mal accepté, il n’a pas vraiment suivi l’évolution de la société et les nouvelles formes familiales », avait souligné M. Castaner, par ailleurs secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement.
Début 2017, un rapport de l’organisme public France Stratégie, alors dirigé par l’économiste proche d’Emmanuel Macron, Jean Pisani-Ferry, avait appelé à « revoir en profondeur » cette fiscalité pour lutter contre « l’apparition d’une société à deux vitesses ». Cet impôt comprend des barèmes progressifs selon la somme héritée, avec des tranches allant jusqu’à 60 % en cas de lien de parenté éloigné. Mais de nombreux abattements ont été mis en place, permettant aux transmissions d’être plus faiblement taxées.

        Lire le portrait :
         

          Christophe Castaner, le joker de Jupiter






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Dans une déclaration commune, les régulateurs de quinze pays européens disent vouloir trouver « un équilibre entre la protection des joueurs et le développement du secteur ».
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Jeu vidéo : les régulateurs de jeux d’argent veulent « engager un dialogue » avec les éditeurs

Dans une déclaration commune, les régulateurs de quinze pays européens disent vouloir trouver « un équilibre entre la protection des joueurs et le développement du secteur ».



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 17h28
   





                        



   


Les régulateurs de jeux d’argent de quinze pays européens et celui de l’Etat de Washington, aux Etats-Unis, veulent « engager un dialogue constructif » avec les éditeurs de jeux vidéo, expliquent-ils dans une déclaration commune discutée lors du forum européen des régulateurs de jeux d’argent (GREF), publiée lundi 17 septembre.
Parmi eux, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Autriche ou encore l’Autorité de régulation des jeux en ligne (ARJEL) française, qui se disent, à l’image de nombreux joueurs, « préoccupés par les risques que fait naître la porosité des frontières entre le jeu d’argent et (…) les jeux vidéo ».
Ensemble, ils entendent « analyser minutieusement les caractéristiques des jeux vidéo » pour définir le statut des « loot boxes », des pochettes-surprises payantes présentes dans certains jeux, afin d’assurer « une mise en œuvre justifiée et efficiente [des] lois et régulations nationales ».
Une question que le régulateur belge (absent de la liste des signataires) a déjà tranchée : selon les autorités belges, ces « loot boxes » doivent être considérées comme des jeux d’argent, et donc réglementées comme telles (en interdisant l’accès de ces jeux aux mineurs).
La plupart des éditeurs proposent d’ailleurs depuis quelques mois des versions de leurs jeux phares modifiées spécialement pour le marché belge. D’autres, à l’image de l’éditeur du jeu de football FIFA 19, font toutefois de la résistance.

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Les régulateurs signataires de la déclaration commune publiée lundi, eux, n’émettent pas de jugement a priori défavorable, mais parlent de chercher « un équilibre entre la nécessaire protection des joueurs et le développement équilibré de ce secteur d’activité ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Le projet d’une version du moteur de recherche pour mobile adaptée à la Chine, surnommé « Dragonfly », continue de créer des remous, entre démissions d’employés et demandes de comptes par des élus.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Nouvelles fuites d’informations, démissions…, Google toujours embarrassé par son projet chinois

Le projet d’une version du moteur de recherche pour mobile adaptée à la Chine, surnommé « Dragonfly », continue de créer des remous, entre démissions d’employés et demandes de comptes par des élus.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 16h51
   





                        



   


Les dirigeants de Google pensaient peut-être qu’en se murant dans le silence la polémique se tarirait à la faveur d’une autre actualité. Las, un mois et demi après la révélation, par le site d’investigation The Intercept, d’un projet de lancer une version du moteur de recherche adaptée à la Chine, les ennuis s’accumulent pour le géant américain.
A commencer par plusieurs démissions de protestation. The Intercept en recense cinq, le site d’information BuzzFeed, sept. « En raison de ma conviction selon laquelle les différences d’opinion sont fondamentales pour le fonctionnement des démocraties, je me dois de démissionner afin d’éviter de contribuer à, ou de profiter de, l’érosion de notre protection des dissidents », a par exemple expliqué Jack Poulson, un chercheur en intelligence artificielle, dans des mots retranscrits par BuzzFeed.
Officiellement, Google avait retiré son moteur de recherche de Chine en 2010. Mais des documents internes obtenus par The Intercept, publiés en août, ont fait état de travaux sur une version modifiée du moteur de recherche qui serait conforme aux exigences de censure voulue par Pékin, avec sites et mots-clés interdits filtrés. Cette version de Google conforme à la censure d’Internet par la Chine, dont le nom de code est « Dragonfly », serait destinée aux smartphones et tablettes Android, le système d’exploitation mobile de Google.
Vendredi 14 septembre, The Intercept a publié davantage de détails sur le prototype qu’ont testé les employés de Google. Celui-ci bannirait des mots-clés comme « droits humains », « protestations étudiantes » ou encore « Prix Nobel » en mandarin. Mais surtout, selon The Intercept, il permettrait d’établir un lien entre les recherches d’un utilisateur et son numéro de téléphone — ce qui pourrait potentiellement mettre en danger les personnes faisant des recherches sur des sujets jugés problématiques par le régime chinois.
Pression d’élus américains
Google n’a pas souhaité réagir à ces dernières informations. D’une manière générale, l’entreprise se montre très discrète depuis la révélation du projet « Dragonfly » — dont elle n’a pas nié l’existence. « Cela fait plusieurs années que nous cherchons comment aider les utilisateurs chinois, en développant Android, avec des applications mobiles comme Google Traduction et Files Go, et nos outils de développement », avait déclaré Google peu après les premières révélations. « Mais notre travail sur la recherche est resté exploratoire, et nous ne sommes pas sur le point de lancer un produit de recherche en Chine. » Google n’a pas fait d’autres commentaires depuis.
Mais la presse n’est pas la seule à demander des comptes à Google. Un groupe de seize députés, démocrates et républicains, a adressé jeudi 13 septembre une lettre au PDG du groupe,Sundar Pichai, évoquant leur « sérieuse inquiétude ». « Nous avons pour responsabilité de nous assurer que les entreprises américaines ne perpétuent pas de violations des droits humains à l’étranger », ont-ils écrit, avant de demander plus de détails à l’entreprise sur le projet « Dragonfly ».

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                Questions sur le possible retour de Google en Chine



Au début d’août, six sénateurs avaient posé le même type de questions à Sundar Pichai dans une précédente missive. Sa réponse, très évasive, avait été jugée « décevante » par le sénateur de Virginie Mark Warner. Par ailleurs, la chaise laissée vide par Google lors d’une audition au Sénat, à laquelle le fondateur de Twitter, Jack Dorsey, et la numéro deux de Facebook, Sheryl Sandberg, ont répondu présent au début de septembre, n’a toujours pas été digérée par les élus, très remontés contre Google.
Fuites à répétition
L’entreprise doit aussi composer avec des fuites à répétition, ce à quoi elle n’avait pas été habituée, dans ces proportions, durant ses vingt années d’existence. La révélation du projet « Dragonfly » en est un exemple, tout comme celle de son partenariat — depuis abandonné — avec le Pentagone pour un projet d’analyse d’images de drone.
Autre événement sidérant pour la direction de Google : une de ses séances hebdomadaires de questions-réponses avec les employés, rendez-vous très suivi en interne, a été tweetée minute par minute le 17 août par une journaliste du New York Times… qui n’y avait normalement pas accès. La séance du jour devait être en partie consacrée à « Dragonfly » : les questions à ce sujet ont finalement été abrégées en raison de cette fuite, même si Sundar Pichai a pu y répéter que Google était encore « loin de lancer un moteur de recherche en Chine ».
Plus récemment, et sur un tout autre sujet, une vidéo interne montrant le choc des dirigeants de Google après l’élection de Donald Trump a aussi fait surface — alors que le président américain lui-même accuse l’entreprise de censurer les opinions conservatrices.
Cette série inédite de fuites, sur des sujets éminemment politiques, place Google dans une situation délicate. Alors que l’entreprise affiche, depuis son lancement, une volonté de « ne pas faire le mal », les critiques à ce sujet fusent en interne, qu’il s’agisse de défendre des valeurs plutôt libérales ou conservatrices. Et là où ces débats restaient jusqu’ici relativement circonscrits en interne, ils tendent à fuiter davantage depuis quelques mois, signe d’un malaise grandissant dans les rangs d’une entreprise où régnait, jusqu’ici, la culture du secret.

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                Google a-t-il accompli la mission qu’il s’était fixée ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ DERRIÈRE LE CHIFFRE - Christophe Castaner a justifié les propos du chef de l’Etat en évoquant 300 000 emplois ouverts et non pourvus. Un argument discutable.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Conseil de Macron à un chômeur : derrière les chiffres des emplois non pourvus

DERRIÈRE LE CHIFFRE - Christophe Castaner a justifié les propos du chef de l’Etat en évoquant 300 000 emplois ouverts et non pourvus. Un argument discutable.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 15h38
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 18h46
    |

            Adrien Sénécat








                        



   


La rubrique « Derrière le chiffre » des Décodeurs étudie des statistiques et des méthodologies apparaissant dans l’actualité.
Existe-t-il en France un gisement d’emplois non pourvus, trop délaissés par les chômeurs ? C’est ce qu’a laissé entendre Emmanuel Macron, samedi 15 septembre, lors d’un échange avec un jeune demandeur d’emploi. « Si vous êtes prêt et motivé, dans l’hôtellerie-restauration [ou] dans le bâtiment, il n’y a pas un endroit où je vais où ils ne me disent pas qu’ils cherchent des gens », a ainsi rétorqué le chef de l’Etat à cet horticulteur de formation qui ne trouve pas d’emploi.
Le délégué général de La République en marche (LRM), Christophe Castaner, a justifié ces propos dimanche 16 septembre sur RTL, évoquant le chiffre de « trois cent mille » emplois vacants en France. Une assertion qui appelle plusieurs précisions.
Ce qu’il a dit

   


Interrogé sur l’échange entre Emmanuel Macron et le jeune horticulteur sans emploi, Christophe Castaner a défendu le chef de l’Etat, en évoquant l’existence de postes vacants :
« Est-ce que ce que dit le président de la République est faux ? Est-ce que si vous allez dans le quartier de Montparnasse vous n’allez pas trouver des besoins d’emplois ? On parle de trois cent mille, ce chiffre est contesté, il est peut-être contestable, mais trois cent mille emplois aujourd’hui ouverts et non pourvus. »
POURQUOI C’EST PLUS COMPLIQUÉ
1. Un chiffre tiré d’un rapport de Pôle emploi
Le chiffre de « trois cent mille » emplois évoqué par Christophe Castaner existe bel et bien. Il est issu d’une enquête de Pôle emploi publiée en décembre 2017. Selon cette dernière, 2,9 millions des 3,2 millions d’offres d’emploi « déposées à Pôle emploi sur une année » ont été pourvues.
Restent donc environ 300 000 offres qui n’ont pas été pourvues. Il ne s’agit toutefois pas forcément de recrutements qui ont échoué faute de candidatures. Dans cet ensemble, on trouve 97 000 recrutements annulés parce que le besoin d’embauche avait disparu (par exemple lorsque l’employeur n’a plus le budget) et 53 000 pour lesquels le recrutement se poursuivait au moment de l’étude. Restent alors 150 000 offres, environ, qui ont réellement « conduit à un abandon de recrutement faute de candidats », soit 4,7 % du total.

   


2. Moins d’1 % de ces offres n’attirent réellement aucun candidat
Attention cependant : dans l’écrasante majorité (87 %) de ces 150 000 cas, l’employeur a bien reçu des candidatures avant de renoncer à recruter. Il les aura simplement écartées, ne les jugeant pas satisfaisantes. Les postulants existent donc bel et bien, mais ne sont pas très nombreux — dans « la moitié des cas, l’offre a recueilli entre une et cinq candidatures », précise Pôle emploi.
Suivant ces statistiques, les offres d’emploi qui n’ont fait l’objet d’aucune candidature sont donc rarissimes : 19 500 cas, soit 0,6 % du total.
Comme Christophe Castaner l’a lui-même reconnu, cette enquête de Pôle emploi ne suffit pas à plier le débat. Bien qu’il s’agisse, en France, de l’étude la plus large sur le sujet, il n’est pas acquis qu’elle donne une image exacte du marché du travail français : elle est loin de compiler la totalité des offres d’emploi en France (3, 2 millions d’offres Pôle emploi pour un total de 42,3 millions d’embauches au total en 2016).
D’ailleurs, l’organisme européen de statistiques publiques Eurostat n’intègre pas de chiffres français aux comparatifs européens sur la question, estimant qu’il n’existe pas de données suffisamment complètes sur la question.
3. Ces chiffres montrent aussi qu’il n’est pas si facile de trouver un emploi
Derrière le flou des chiffres, ces données montrent aussi que les recruteurs ont des attentes spécifiques, quand bien même les candidats se font rares — puisque les postulants existent dans 87 % des cas.
Pour expliquer l’absence de recrutement, ceux qui embauchent avancent le plus souvent un manque d’expérience (70 %), de motivation (69 %) ou de compétence (67 %) des candidats qui se sont manifestés, selon l’enquête de Pôle emploi. Il ne suffit donc pas forcément de « traverser la rue » et de postuler pour être embauché, comme l’a affirmé Emmanuel Macron.
Les secteurs sous tension ne sont pas toujours des plus attractifs. Une enquête du journal spécialisé L’Hôtellerie Restauration et du cabinet CHD Expert auprès de 4 998 professionnels montrait ainsi en 2016 que les faibles salaires (64 %) et les heures supplémentaires non rémunérées (51 %) étaient cités en tête des raisons expliquant les difficultés de recrutement du secteur.
Un exemple parmi d’autres que s’il existe dans certains secteurs un fossé entre demandeurs d’emploi et recruteurs, il n’est pas forcément exclusivement le fait des premiers.



                            


                        

                        


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Discussion lancée le 17 septembre 2018
17 septembre 2018

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Une étude menée par trois chercheurs de l’université Stanford montre que le succès de certaines publications mensongères sur Facebook s’étiole depuis la fin de 2016.
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Facebook remporte de premiers succès face aux fausses informations, note une étude de Stanford

Une étude menée par trois chercheurs de l’université Stanford montre que le succès de certaines publications mensongères sur Facebook s’étiole depuis la fin de 2016.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 14h32
   





                        


Les efforts entrepris par Facebook depuis deux ans pour tenter de limiter la propagation d’informations mensongères pourraient commencer à payer. C’est ce qui ressort d’une étude menée par trois scientifiques de l’université Stanford, publiée vendredi 14 septembre. Ces derniers ont identifié 570 sites « producteurs de fausses informations » et ont étudié le niveau d’activité engendré par leurs articles sur Twitter et sur Facebook entre janvier 2015 et juillet 2018.
L’étude montre que le nombre d’utilisateurs de Facebook « likant », commentant ou partageant des articles publiés sur des sites connus pour leurs publications mensongères ou fortement biaisées a nettement baissé à partir de la fin de l’année 2016. Cette tendance semble propre à Facebook, puisque le nombre d’utilisateurs de Twitter partageant ces articles a continué sa hausse pendant la même période. Au début des mesures des chercheurs, le rapport entre un partage sur Twitter et une interaction sur Facebook était de 1 pour 40 (1 partage Twitter pour 40 interactions sur Facebook). En juillet 2018, il n’était plus que de 1 pour 15.

   


Pour réaliser ces mesures, les chercheurs ont créé une liste de 570 sites, quasi exclusivement anglophones, en combinant plusieurs listes préexistantes établies par des médias spécialistes du « fact-checking » (« la vérification de faits ») ou par des universitaires pour de précédentes études. Ils n’ont conservé que des sites apparaissant dans plusieurs de ces listes. Certains sites appartiennent à des médias (comme celui du tabloïd britannique Daily Express ou un site appartenant au Times of India), d’autres ne contiennent que des articles purement mensongers sans but précis et beaucoup le font à des fins politiques, principalement pour la droite dure américaine. Les données de partage (sur Twitter) et d’engagement (sur Facebook) sont quant à elles issues d’une entreprise commerciale spécialisée dans la mesure d’audience sur les réseaux sociaux.
Les chercheurs ont aussi créé plusieurs listes de sites dits « de contrôle », notamment des grands et petits sites d’actualité. La tendance est totalement différente des sites mensongers : les interactions sur Facebook et les partages sur Twitter des articles issus de ces sites continuent d’augmenter même après la fin de 2016. Cela a permis aux chercheurs de prendre en compte le changement d’algorithme annoncé en début d’année par Facebook visant à réduire la part des contenus issus des médias par rapport à ceux postés par les proches dans le fil d’actualité des visiteurs.

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Les efforts de Facebook commenceraient à payer
La rupture claire détectée par les chercheurs, à la fin de 2016, survient peu après l’élection américaine de novembre et correspond au moment où Facebook, sous pression, a commencé à prendre des mesures pour combattre la désinformation en ligne. Le réseau social a, entre autres, commencé à travailler avec des médias spécialistes de la vérification des faits, a mis en place une signalétique pour certains médias problématiques, a diminué la diffusion des articles mensongers lorsqu’ils sont partagés par les utilisateurs et a asséché le financement par la publicité de certains sites propageant des informations mensongères.

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« L’ampleur du problème de la désinformation a semble-t-il décliné, du moins temporairement, et les efforts fournis par Facebook après l’élection de 2016 pour limiter la diffusion de la désinformation pourraient avoir eu un impact important », écrivent les chercheurs.
Des chercheurs très prudents
« Nos preuves comportent de nombreuses limites importantes, et doivent être interprétées avec précaution » préviennent toutefois d’emblée les chercheurs.
D’abord, expliquent-ils, la durée de vie des sites produisant de fausses informations est très courte, aussi n’excluent-ils pas ne pas avoir pris en compte certains sites, notamment de petite taille, apparus récemment. Le moindre succès des informations mensongères sur Facebook se vérifie cependant lorsque les chercheurs se concentrent sur des sites créés après l’élection de 2016.
Ensuite, les chercheurs estiment qu’il est possible que la présence des élections ait produit un biais dans leurs résultats : les contenus politiques clivants ont plus de succès pendant cette période. Mais, notent-ils, le fait que leur diffusion augmente sur Twitter après les élections tend à nuancer ce constat.
Enfin, certains sites mensongers sont issus de listes créées par des médias partenaires de Facebook dans la lutte contre la désinformation. Aussi, notent les chercheurs, s’agit-il de sites dont Facebook connaît le caractère mensonger ou trompeur, et donc plus susceptible d’en limiter la portée.
Les chercheurs ne veulent surtout pas que leurs travaux sonnent la fin de la lutte contre la désinformation. « Il est important de souligner que la quantité absolue de fausses informations sur les deux plates-formes demeure importante et que Facebook joue encore un rôle important dans leur diffusion », écrivent-ils.



                            


                        

                        


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Démarches administratives en ligne : une entreprise soupçonnée de pratique commerciale trompeuse

La société Iron SLS est visée par une information judiciaire pour un préjudice estimé à 100 millions d’euros.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 14h15
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 17h19
    |

            Laura Motet








                        


« En un an, cette demande de vignette nous a coûté 450 euros » : en juillet 2017, cette jeune femme, qui souhaite garder l’anonymat, a cliqué sur le premier lien que Google lui proposait, anti-pollution.assistances-formalites.com, pensant acquérir une vignette Crit’Air pour 1 euro sur un site officiel. Elle venait en fait d’autoriser un prélèvement de 49,90 euros, puis de 69,90 euros tous les deux mois au profit d’une entreprise privée, Iron SLS.
Comme elle, des centaines de milliers de Français ont été victimes de cette société londonienne créée par Julien Foussard en 2014. Le principe est toujours le même : ces sites demandent une somme modique pour un document administratif. Sauf qu’en validant la commande, les clients souscrivent aussi à un abonnement de plusieurs dizaines d’euros, indiqué en petits caractères.

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          Julien Foussard, le sulfureux golden boy de la French Tech



Le gouvernement a décidé de s’attaquer à ces sites, à l’origine d’au moins 150 millions d’euros de préjudice pour les Français par an, selon le ministère de l’économie et des finances. Lundi 17 septembre, en partenariat avec la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), une campagne de sensibilisation a été lancée. Le ministère publie une liste de conseils pour éviter de se faire piéger.
Après plus d’un an d’enquête de la répression des fraudes, une information judiciaire a été ouverte le 27 juillet pour pratique commerciale trompeuse et blanchiment
Dans le viseur de la DGCCRF : la société Iron Group. Après plus d’un an d’enquête de la répression des fraudes, une information judiciaire a été ouverte le 27 juillet par le parquet de Paris pour pratique commerciale trompeuse et blanchiment. Le préjudice total s’élève à plus de 100 millions d’euros, selon une source proche de l’enquête. Car cette société a créé des milliers de sites, sur un modèle de tarification analogue à celui des vignettes Crit’Air, ont raconté au Monde plusieurs de ses anciens employés.
Tous ces sites étaient affichés dans les premières positions des résultats de recherche, en raison des investissements publicitaires d’Iron. « On cramait entre 20 000 et 50 000 euros par semaine de pub par site », se souvient un ex-collaborateur. Résultat : les internautes affluent. Mais ne s’aperçoivent de l’abonnement qu’au bout de deux mois et demi en moyenne, soit après environ 125 euros de préjudice, explique une source proche du dossier. Certains se plaignent aux pouvoirs publics, pensant s’être rendus sur un site officiel.
Une situation intenable pour Bénédicte Roullier, responsable du département qualité des services en ligne à la direction interministérielle du numérique , qui gère les sites de l’administration. Entre janvier 2016 et septembre 2017, elle traque ces sites et les signale à Google. « Mais ils réapparaissaient aussi vite qu’ils disparaissaient », déplore-t-elle. C’est qu’en coulisses, les équipes d’Iron s’activent, racontent les anciens salariés : on commande aux développeurs un générateur de sites Web, et à d’autres la création de listes d’URL qui pourront remplacer celles bannies par Google.
Création de « sites vitrines »
« En l’espace de quatre, cinq mois, on a listé plus de 3 000 noms de domaines », se souvient un ex-salarié. Et quand Google décide de faire le ménage dans toutes les publicités d’Iron, les conséquences se font vite sentir. En mars 2017, un plan de départs est proposé « en raison d’un volume de ventes réduit les trois derniers mois », indique la société à ses salariés.
Pour tromper la vigilance du moteur de recherche, des « sites vitrines » sont créés. Ils proposent un service clairement privé, en lien avec les mots-clés achetés sur le moteur de recherche. « Notre site vitrine proposait de créer des arbres généalogiques, se souvient un ancien employé. Cela justifiait nos achats des mots-clés sur les actes de naissance. » Seules les personnes cliquant sur les publicités depuis la France accèdent au site vendant des actes de naissance pour 1 euro (plus l’abonnement). « Les autres, ceux qui tapent directement le nom du site ou ceux qui sont situés en Irlande [où Google a ses bureaux de vérification des publicités], ne voyaient que le site vitrine », poursuit-il.
Autre moyen d’éviter les sanctions : créer des sociétés dont le nom prendra la place de celui d’Iron dans les mentions légales. Officiellement, ces sociétés sont des partenaires à qui Iron fournit des services allant du développement des sites à la gestion du service après-vente. Mais en interne, aucun doute ne subsiste quant à leur nature réelle. « Tous les lundis, nous avions une réunion pour présenter les chiffres de la semaine. Il était clair, même pour nous les stagiaires, qu’on parlait des sites d’Iron et de personne d’autre », raconte un ancien salarié. Un autre souligne que les fondateurs d’Iron eux-mêmes ont géré la constitution de ces sociétés : « A l’automne 2015, ils ont créé au moins 20 sociétés, principalement en Hollande. »
Mais la principale force de ces sites, c’est leur design, revu par un avocat spécialiste du droit du numérique à l’été 2015. « Exit les cases précochées indiquant “j’ai lu les conditions générales d’utilisation” (CGV), exit aussi les CGV illégales ou inaccessibles et les symboles trop officiels », dit un ancien.
Reste que de nombreuses personnes continuent de se faire piéger. Selon une source proche de l’enquête, c’est parce que le design des sites a été conçu pour jouer sur des biais cognitifs, pour pousser les utilisateurs à choisir la réponse qu’on attend d’eux : « Ces dark patterns incitent l’internaute à ne se concentrer que sur les boutons de couleur vive pour procéder à l’achat. Ils ne voient pas les petits caractères en gris sur gris, qui parlent de l’abonnement. »
D’autant qu’Iron est allé plus loin, selon cette même source : « La page d’accueil est codée de telle manière à ce que l’internaute ne peut voir ni le bandeau en haut, qui indique que le site est payant et privé, ni la partie basse de la page, qui détaille l’abonnement. A moins de scroller [faire défiler la page], il ne verra que le bouton d’achat et la Marianne surdimensionnée sur le modèle de document administratif reproduit sur la page d’accueil. »
L’enquête de la répression des fraudes semble cependant avoir effrayé les cofondateurs d’Iron, qui ont annoncé sa fermeture, sur son site, le 16 août. Contactés par Le Monde, aucun d’entre eux n’a souhaité répondre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Les largesses de la Chine, qui promet 60 milliards de dollars au continent, sont mal acceptées par les citoyens chinois, analyse notre chroniqueur.
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Chronique

« L’opinion publique chinoise n’a que faire des visées géostratégiques de Pékin en Afrique »

Les largesses de la Chine, qui promet 60 milliards de dollars au continent, sont mal acceptées par les citoyens chinois, analyse notre chroniqueur.

Par                                            Sébastien Le Belzic (chroniqueur Le Monde Afrique, Pékin)




LE MONDE
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        Le 17.09.2018 à 12h31

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        Mis à jour le 17.09.2018 à 12h56






    
Préparatifs à Pékin en août 2018, avant le Forum Chine-Afrique des 3 et 4 septembre.
Crédits : China Stringer Network / REUTERS


Chronique. « Et nous ? » semble dire une grande partie de l’opinion publique chinoise qui critique de plus en plus ouvertement les largesses de Pékin. Lors du dernier sommet Chine-Afrique, 60 milliards de dollars (environ 52 milliards d’euros) ont été mis sur la table, soit autant qu’il y a trois ans. « Que ferions-nous avec 20 milliards de dollars de plus chaque année ? » réagissent de nombreux internautes qui ne comprennent pas pourquoi leur Etat est si généreux avec l’Afrique et si pingre avec ses propres citoyens.
Car l’empire du Milieu est loin d’être aussi riche que ses sommets peuvent le faire croire. La deuxième économie mondiale est l’une des plus inégalitaires au monde : le 1 % le plus fortuné de la population possède un peu moins de la moitié (43,8 %) de la richesse totale du pays.

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Un demi-milliard de Chinois résident dans les campagnes avec un accès encore difficile à l’eau courante, à l’électricité et aux services publics, et 30 millions d’habitants vivent sous le seuil de pauvreté selon les statistiques officielles de 2017. Chaque rentrée scolaire apporte ainsi son lot de misère sociale, avec des écoliers parcourant des dizaines de kilomètres pour se rendre dans des établissements bondés. Une rentrée bousculée par la pompe de ce sommet Chine-Afrique, début septembre.
Voix africaines à l’ONU
Soixante milliards de dollars, quelle qu’en soit la répartition, représentent une somme considérable, presque équivalente au montant cumulé des PIB du Tibet et du Qinghai, les deux provinces les plus pauvres du pays, ou à une fois et demie le budget de l’enseignement secondaire. Ce genre de critiques est largement véhiculé par certains économistes.
La Chine aime rappeler qu’elle est toujours un pays en développement alors à quoi bon consacrer autant d’argent au continent africain ? La réponse est évidente pour qui s’intéresse à la politique d’influence de Pékin sur la scène internationale ou suit les flux commerciaux entre l’usine du monde et le reste de la planète. La Chine a besoin de l’Afrique pour y puiser ses matières premières et écouler sa production. Elle a besoin des voix africaines à l’ONU et espère ainsi contrecarrer les Etats-Unis ou l’Europe sur certains dossiers politiquement sensibles.

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Mais cela, son opinion publique n’en a cure, et les critiques sont si virulentes sur les réseaux sociaux que les autorités ont fini par censurer la plupart de ces discussions, allant jusqu’à punir les universitaires et les chercheurs qui viendraient remettre en cause la doctrine officielle.
Ces critiques, pourtant, le gouvernement pourrait facilement y répondre. Car elles omettent souvent un certain nombre de chiffres et d’évidences : une partie des 60 milliards de dollars sont des prêts, lesquels devront donc être remboursés, et un quart du chèque seulement peut être assimilé à de l’aide au développement. Pékin est conscient de ses responsabilités, et prend sa place sur l’échiquier mondial… Mais qu’importe. L’opinion publique dans sa grande majorité n’a que faire des visées géostratégiques de la Chinafrique ou des « nouvelles routes de la soie ».

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La préoccupation de la plupart des Chinois, classe moyenne comprise, est le niveau de vie et l’accès à de bonnes écoles ou au logement, de plus en plus l’apanage de l’élite. Pékin devrait en tenir compte. Impossible de construire une Chinafrique solide sans le soutien de sa population ni, surtout, sans expliquer à ses citoyens, aux critiques occidentaux et aux Africains eux-mêmes les visées de cette politique.
« Brillants casques bleus chinois »
Les Chinois ne sont pas habitués à voir ainsi leur pays s’engager hors de ses frontières. Les premiers décès de casques bleus chinois au Soudan et au Mali avaient déjà en 2016 provoqué une vague d’indignation au sein d’une population plutôt tournée vers ses intérêts immédiats. Les autorités n’ont jamais véritablement expliqué à la population les raisons de leur implication.

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Les médias officiels ont beau vanter le travail des « brillants casques bleus chinois », l’opinion publique ne retiendra que les millions de dollars distribués aux opérations de maintien de la paix et à l’Union africaine et, surtout, les victimes chinoises dans ces lointains combats.
L’approfondissement de la Chinafrique pourrait être – devrait être, même – l’occasion d’une explication à livre ouvert. Au lieu de cela, les autorités semblent se refermer dans une volonté farouche d’étouffer la moindre critique.
Sébastien Le Belzic est installé en Chine depuis 2007. Il dirige le site Chinafrica. info, un magazine sur la « Chinafrique » et les économies émergentes.


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Julien Foussard, le sulfureux « golden boy » des démarches administratives en ligne

L’entrepreneur de 33 ans est le fondateur d’Iron Group, une société visée par une enquête pour pratique commerciale trompeuse et blanchiment.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 18h52
    |

            Laura Motet








                        



                                


                            
Julien Foussard a longtemps hésité entre deux carrières : le business et le poker. Sa décevante troisième place décrochée à 23 ans dans une émission de télé-réalité, « Poker : mission Caraïbes », achèvera de le convaincre : ce sera le monde de l’entreprise. De sa première passion pour le jeu, le jeune entrepreneur a gardé un talent certain pour le bluff. Un goût de la mystification qui lui a permis de faire fortune, mais qui n’a pas manqué d’éveiller l’intérêt de la justice.
Ce 25 mai 2018, en recevant des mains du milliardaire Bernard Arnault le prix LVMH de l’innovation pour sa dernière start-up, la solution de paiement Oyst, Julien Foussard, 33 ans, affiche un sourire triomphant. Ce jour-là, le jeune « loup » de la French Tech qui arpente les plateaux de BFM Business assouvit enfin sa soif de reconnaissance.
Depuis plus d’un an pourtant, le ciel de l’entrepreneur, dont le casier judiciaire est déjà bien rempli – cinq condamnations définitives depuis 2012, notamment pour escroquerie ou pratique commerciale trompeuse –, s’assombrit. La direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) s’intéresse de près à ses activités et a commencé à entendre certains de ses proches. Deux mois après la remise du prix, le service a transmis son enquête au parquet de Paris, qui a ouvert une information judiciaire le 27 juillet pour pratique commerciale trompeuse et blanchiment.

Dans le viseur de la répression des fraudes : son entreprise londonienne Iron SLS, connue sous le nom d’Iron Group. La justice soupçonne cette société d’être à l’origine d’une pratique commerciale trompeuse à grande échelle, dont le préjudice se monterait à plus de 100 millions d’euros, selon une source proche de l’enquête. Ses victimes ? Des centaines de milliers de Français désireux d’effectuer des démarches administratives en ligne.
Cette affaire est l’exemple le plus récent d’un mode opératoire déjà bien rodé dans la courte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Un projet de loi débattu à partir de lundi à l’Assemblée nationale renforcera le rôle de la justice dans l’examen des dossiers de fraude fiscale.
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Fraude fiscale : qu’est-ce que le « verrou de Bercy » ?

Un projet de loi débattu à partir de lundi à l’Assemblée nationale renforcera le rôle de la justice dans l’examen des dossiers de fraude fiscale.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 14h07
    |

                            Clément Le Foll








                        


Régulièrement critiqué, le « verrou de Bercy » pourrait connaître un premier crochetage. L’Assemblée nationale examine à partir de lundi un projet de loi relatif à la lutte contre la fraude fiscale qui fera évoluer le dispositif actuel. Explications.

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          Verrou de Bercy, publicité des noms : les mesures du projet de loi sur la fraude fiscale



Un monopole du ministère du budget
L’expression « verrou de Bercy » définit le monopole du ministère du budget en matière de poursuites pénales pour fraude fiscale. Seul le ministère de l’économie et des finances dispose du droit de déposer plainte contre un individu soupçonné de malversations fiscales, un procureur ou une partie civile ne le pouvant pas. Selon la décision du ministre des finances, les fraudeurs peuvent donc éviter des poursuites judiciaires. Ce dispositif a été mis en place dans les années 1920, à la suite de la création de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, en 1917.
La loi du 29 décembre 1977 a permis l’apparition d’un nouvel acteur au verrou de Bercy. Le ministre du budget doit dorénavant saisir la commission des infractions fiscales (CIF), s’il désire engager des poursuites pénales. Sans un avis favorable, il est impossible pour le ministre de le faire. La décision revient donc également à la CIF, même si elle abonde toujours dans le sens du gouvernement.
D’après les documents consultables sur le site du gouvernement, cette commission est « composée de douze membres titulaires et douze membres suppléants choisis parmi les conseillers d’Etat et les conseillers maîtres à la Cour des comptes en activité ou à la retraite, étant précisé qu’au moins six membres titulaires doivent être en activité ». Le rôle de la CIF est défini par l’article 228 du Livre des procédures fiscales.
Une modification substantielle
Selon le projet de loi, les dossiers de fraude seront automatiquement transmis au parquet dès qu’ils dépassent 100 000 euros ou remplissent certains critères : des pénalités élevées, un état de récidive ou une fraude relevant de la compétence de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.
Pour les autres dossiers, le fisc restera décisionnaire, mais comme l’explique la députée Emilie Cariou (La République en marche), rapporteuse du projet de loi, « le parquet pourra demander la levée du secret fiscal et discuter avec l’administration du sort d’un dossier ». Le nombre de dossiers traités par le parquet pourrait doubler, passant d’environ un millier à deux mille.
Le spectre de l’affaire Cahuzac
En 2013, l’affaire Cahuzac a mis en lumière certaines failles du verrou de Bercy. Après les révélations de Mediapart sur ses comptes à l’étranger, s’il n’avait pas démissionné, Jérôme Cahuzac, alors ministre du budget, aurait dû décider s’il était nécessaire d’engager des poursuites contre lui-même.
Auteur d’un rapport intitulé « Evasion des capitaux et finance : mieux connaître pour mieux combattre », le sénateur communiste Eric Bocquet précise que c’est « sur le fondement du blanchiment de fraude fiscale, et non du délit de fraude fiscale lui-même, que, faute d’une plainte préalable de l’administration, le parquet de Paris a ouvert une enquête puis une instruction à l’encontre du précédent ministre chargé du budget Jérôme Cahuzac ».
L’avis du Conseil constitutionnel
Dans son rapport, le sénateur évoque également la contestation qu’engendre ce monopole de Bercy. Ce verrou serait un obstacle à la transparence, qui « prive certaines affaires de fraude complexe d’une double lecture qui pourrait pourtant s’avérer utile à la détection et à la répression d’une grande délinquance économique et financière par nature occulte ou dissimulée ». Eric Bocquet invite également à s’interroger sur la compatibilité de ce système avec le principe de la séparation des pouvoirs.
C’est ce qu’a fait l’avocat Eric Planchat, en mai 2016, lorsqu’il a posé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) devant le Conseil constitutionnel, après la condamnation d’un de ses clients. Il estimait que le verrou de Bercy est « contraire au principe d’indépendance de l’autorité judiciaire et au principe de séparation des pouvoirs ». Deux mois plus tard, le Conseil constitutionnel avait déclaré ce verrou de Bercy conforme à la Constitution, estimant que la loi « ne porte pas une atteinte disproportionnée au principe selon lequel le procureur de la République exerce librement (…) l’action publique ».



                            


                        

                        


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Le marché indien du ferroviaire, théâtre d’une féroce bataille entre industriels

Pour 315 millions d’euros, le constructeur de trains français Alstom vient de remporter le marché du métro de Bombay, devançant le chinois CRRC.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 11h41
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                            Guillaume Delacroix (Bombay, correspondance)








                        



                                


                            

Nouveau succès pour Alstom en Inde. Après avoir remporté, en 2015, le contrat de fourniture de 800 locomotives aux Indian Railways pour l’équivalent de 3,5 milliards d’euros, le constructeur de trains français a signé, lundi 10 septembre, le marché des rames du premier métro souterrain de Bombay, la capitale financière du pays (21 millions d’habitants). Alstom va fabriquer 31 rames automatiques composées de 248 wagons, pour 315 millions d’euros.
« Ce marché concerne une agglomération gigantesque, et il aura la caractéristique inédite d’être au maximum de sa capacité dès sa mise en service en 2021, avec un million de passagers par an, ce qui est énorme », explique au Monde Alain Spohr, directeur d’Alstom pour l’Asie du Sud. La Mumbai Metro Rail Corporation (MMRC), maître d’ouvrage du projet, estime que l’infrastructure aura pour effet de réduire de 35 % la circulation automobile en surface.
En mars, Alstom avait déjà été adjudicataire du lot alimentation électrique de la ligne, et l’entreprise vient d’apprendre qu’elle était moins-disante sur le lot signalisation. « Au total, nous pourrions arriver à une opération à plus de 400 millions d’euros », indique Alain Spohr, « soit bien davantage que les trois métros sur lesquels nous intervenons actuellement », à Madras (265 millions d’euros), Cochin et Lucknow (150 millions d’euros chacun).
Le matériel roulant de Bombay sera assemblé sur la plate-forme Metropolis qu’Alstom a déjà mise en œuvre à Barcelone, Amsterdam, Riyad, Dubaï et Singapour. « A la demande de MMRC, les trois quarts des roues du métro seront motorisés alors qu’en général la moitié seulement l’est. Cela permettra des accélérations et des freinages plus rapides, c’est une première en Inde », souligne M. Spohr, qui se félicite de « la liberté » qui a été donnée aux différents concurrents en lice.

L’entreprise chinoise a été « très surprise » du prix proposé par...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Ils achètent une cave de 36 mètres carrés, et la louent, moyennant la somme de 550 euros par mois. Le syndicat des copropriétaires les attaque, en soutenant qu’ils n’en avaient pas le droit.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ L’enregistrement des données lors d’un voyage de New York à La Nouvelle-Orléans a permis d’écrire en temps réel « 1 the Road ». Bien loin du chef-d’œuvre de Jack Kerouac.
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Une intelligence artificielle « écrit » un livre sur les traces de Kerouac

L’enregistrement des données lors d’un voyage de New York à La Nouvelle-Orléans a permis d’écrire en temps réel « 1 the Road ». Bien loin du chef-d’œuvre de Jack Kerouac.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 11h14
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Encore une bénédiction ou juste un bref sursis pour les amoureux de la littérature ? Le premier ouvrage né d’une expérimentation de création littéraire réalisée par un réseau de neurones artificiels, 1 the Road, signé par Ross Goodwin et publié cette semaine par Jean Boîte Editions (144 p., 24 €, non traduit en français), n’arrive pas à la cheville des bons romans de la rentrée.
Sur les traces de Jack Kerouac, en empruntant un des trois itinéraires de On the Road (« Sur la route »), entre Brooklyn (New York) et La Nouvelle-Orléans (Louisiane), « l’auteur » a placé une caméra de surveillance sur le coffre d’une Cadillac de location, un système de GPS sur le toit, une horloge et un micro pour capter les conversations dans la voiture.
« Chacune des données a fourni aux réseaux de neurones artificiels des points de départ narratifs : une image à transcrire en texte, un lieu à décrire, une ligne de dialogue à développer ou simplement l’heure de la journée », explique Ross Goodwin.
Au cours de ce voyage de quatre jours, l’enchaînement des données a produit un texte écrit en temps réel. Soit un manuscrit de 200 000 mots, qui n’a comme seul point commun avec le poète de la Beat generation que le fait d’être livré en un gigantesque rouleau de papier débordant sur les sièges arrière de la voiture. On the Road – qui fut publié dans l’Amérique puritaine en 1957 expurgé des passages les plus crus sur la drogue et le sexe – avait en effet été écrit sur un rouleau long de 36 mètres, sans aucun paragraphe ni retour à la ligne.
Apprentissage profond
Ross Goodwin, qui fut la plume de Barack Obama et de l’ex-secrétaire d’Etat des Etats-Unis John Kerry, a changé de métier pour devenir entraîneur de réseaux d’intelligence artificielle. Utilisant une méthode d’apprentissage profond, il assure avoir injecté uniquement les meilleurs classiques de l’édition américaine à sa machine. Il était accompagné dans cette aventure...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Les Français achètent de plus en plus leurs vêtements sur Internet. Les sites étrangers Wish, SheIn ou Boohoo veulent profiter de cet engouement.
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En France, l’irrésistible essor des sites de vente de mode en ligne

Les Français achètent de plus en plus leurs vêtements sur Internet. Les sites étrangers Wish, SheIn ou Boohoo veulent profiter de cet engouement.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 11h07
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                            Juliette Garnier








                        



                                


                            

Ça brille beaucoup. Il y a des sequins, des bodys transparents, des chaussures imprimées panthère et des blousons en fausse fourrure. Dans son bureau du 2e arrondissement de Paris, Boohoo, le site britannique de mode vendue en ligne, a présenté le 13 septembre ses collections à 150 influenceurs et journalistes. Entre les portants de vêtements, les sucettes aux couleurs pastel et le bar à fleurs, tout est « instagrammable ». Comprenez photogénique pour des publications sur Instagram, média fétiche des « modeuses ». La blogueuse Chloebbbb (579 000 abonnés) est passée avant « un shooting à Londres ». Sur une balançoire, Baby Inesa (11 500 abonnés) prend la pause devant son smartphone. Un autre qualifie de « very sympa » les shorts, blousons et sweat-shirts de la collection hommes. Boohoo a tout parié sur cette volée de starlettes pour convertir les Français à son style et ses petits prix.
Son ambition ? « Devenir le numéro un mondial » de la mode, ironisent ses fondateurs, Carol Kane et Mahmud Kamani, en se moquant des Gargantua du secteur. Au Royaume-Uni, le groupe fondé en 2006 à Manchester s’est imposé derrière l’américain Amazon et Asos, autre coqueluche de la mode en ligne britannique. Son introduction en Bourse en 2014 lui a permis de financer et de « dérouler » un plan de développement, explique Mme Kane. Ce fut d’abord en Australie, puis en Nouvelle-Zélande et enfin aux Etats-Unis, lors de l’acquisition de la marque américaine Nasty Gal pour 20 millions de dollars (17 millions d’euros) en 2017.
Cette fois, Boohoo franchit la Manche, monte une équipe autour de Nicolas Perignon, un ancien de La Redoute et d’Asos, tout en préparant son arrivée en Allemagne. L’offensive de celui qui a doublé son chiffre d’affaires l’an dernier (650 millions d’euros) surprend, tant le marché hexagonal traverse une crise sans précédent depuis dix ans.
« Cibler des influenceurs »
Après un petit rebond...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Le correspondant du « Monde » à Londres Eric Albert explique dans cette chronique que le scénario dominant chez les acteurs économiques pour le Brexit est celui d’un long délitement et pas un effondrement.
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« L’économie britannique ne dit pas que le Brexit est formidable, bien au contraire »

Le correspondant du « Monde » à Londres Eric Albert explique dans cette chronique que le scénario dominant chez les acteurs économiques pour le Brexit est celui d’un long délitement et pas un effondrement.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 11h55
    |

            Eric Albert (Londres, correspondance)








                        



                                


                            
Marchés. Et si on regardait la réalité économique en face ? Derrière les cris d’alerte sur les risques catastrophiques du Brexit, ni les marchés financiers ni les entreprises ne paniquent. La livre sterling, meilleur indicateur des risques de la sortie de l’Union européenne, reste relativement stable depuis deux ans : autour de 1,30 pour un dollar et de 1,12 pour un euro, avec des hauts et des bas en fonction des dernières petites phrases des négociateurs britanniques et européens.
Du côté de l’économie, après un sérieux creux au début de l’année, la croissance a rebondi ces derniers mois. Entre mai et juillet, elle a été de 0,6 %, à son plus haut niveau depuis fin 2016. En juin, les salaires, longtemps à la traîne, ont commencé à progresser, en hausse de 2,9 % sur un an. Le chômage est à 4 % et a reculé d’un point depuis le référendum de juin 2016.
La croissance britannique, qui était la plus forte des pays du G7, est aujourd’hui l’une des plus faibles
En clair, les acteurs économiques et financiers ne croient pas au scénario catastrophe. Ils parient sur un accord entre Londres et Bruxelles dans les mois qui viennent. Un avocat d’affaires français basé à Londres de longue date le résume bien : les entreprises qui viennent le voir le questionnent en permanence sur le Brexit, sont ennuyées par cette incertitude majeure, mais continuent pour l’essentiel comme si de rien n’était.
Qu’on ne s’y trompe pas. L’économie ne dit pas que le Brexit est formidable, bien au contraire. La livre sterling a chuté de 15 % après le référendum et n’a jamais rebondi. Une telle dévaluation permanente dans un grand pays occidental est le signe d’un sérieux coup sur la tête. La croissance britannique, qui était la plus forte des pays du G7, est aujourd’hui l’une des plus faibles. Selon les calculs d’UBS, le Royaume-Uni a perdu 2,1 points de PIB par rapport à ce qui se serait passé si le référendum avait rejeté le Brexit.
Une dynamique économique...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ La fin des liaisons d’Air France vers Téhéran ajoute la compagnie aérienne française à la liste des groupes qui ont préféré éviter les foudres de Washington.
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En Iran, l’économie accuse le coup des sanctions américaines

La fin des liaisons d’Air France vers Téhéran ajoute la compagnie aérienne française à la liste des groupes qui ont préféré éviter les foudres de Washington.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 10h51
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 13h39
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance)








                        



   


« La situation est pire qu’entre 2011 et 2013, lorsque les sanctions internationales avaient fini par étrangler l’économie du pays », déplore Mahdi, propriétaire d’une usine de détergent pour voitures dans la banlieue de Téhéran, qui préfère rester anonyme. « Depuis que le rial chute, nous avons été obligés de diminuer notre production des deux tiers », explique-t-il. Cet Iranien de 40 ans a déjà dû remercier 28 de ses 40 employés.
Déjà en mars dernier, il avait vu ses employés afghans – nombreux en Iran – repartir vers leur pays natal ou vers la Turquie, car, pour eux, « cela n’avait plus de sens d’être payés en rials ». L’incertitude est telle que Mahdi se demande s’il ne devra pas mettre la clé sous la porte d’ici à la fin de l’année iranienne, en mars 2019.

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                Entre Donald Trump et l’Iran, l’arme du pétrole



Depuis l’annonce, le 8 mai dernier, du retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire, signé en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances internationales, et le rétablissement unilatéral de sévères sanctions contre Téhéran, les entreprises européennes quittent le pays et l’économie iranienne accuse le coup.
Le rial déprécié de 72 % par rapport au dollar
La fin des liaisons d’Air France vers Téhéran, ce 18 septembre, ajoute la compagnie aérienne française à la liste des groupes occidentaux (Total, Daimler, British Airways, Peugeot, Renault…) qui, trop exposés aux Etats-Unis, ont préféré éviter les foudres de Washington.

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                Pétrole : la production mondiale atteint des records, les prix en hausse



Le 4 novembre entrera en vigueur le second volet des sanctions américaines visant la vente du pétrole iranien. Le premier volet comprend, depuis le 6 août, des blocages sur les transactions financières et les importations de matières premières, ainsi que des mesures pénalisantes sur les achats dans le secteur automobile et l’aviation commerciale.
Les entreprises occidentales quittent le pays, à l’image d’Air France, qui interrompt ce 18 septembre ses liaisons vers Téhéran.
Malgré les déclarations du président iranien, Hassan Rohani, assurant que la crise sur le marché de devises est résolue, la monnaie iranienne, le rial, ne cesse de dégringoler face au dollar. Ce 16 septembre, le billet vert s’achetait à 143 000 rials contre 40 000 en février, soit une dépréciation de 72 %.
Bien que les bureaux de change aient reçu, début août et après quatre mois d’arrêt, la permission de reprendre leurs activités, ils refusent encore aujourd’hui de vendre dollars et euros, obligeant les Iraniens à aller se fournir auprès des marchands de rue illégaux qui demandent beaucoup plus que le taux pratiqué sur le marché officiel.
Pour enrayer la chute du rial, le président Rohani a d’abord imposé un taux fixe de 1 dollar pour 42 000 rials iraniens, alors que le billet vert s’achetait et se vendait beaucoup plus cher sur le marché noir. Ainsi, pendant quatre mois, seuls certains importateurs de produits de première nécessité pouvaient bénéficier de ces dollars « gouvernementaux ». Or cette mesure, annulée début août, a donné lieu à des cas d’abus et de corruption, attisant la colère de la population.
L’instabilité sur le marché des devises, conjuguée aux sanctions américaines, pénalise des pans entiers de l’économie. D’après les sources officielles, la production d’automobiles a diminué de 38 % entre le 23 juillet et le 22 août. Le secteur de la restauration connaît une baisse de 40 %. Et le pouvoir d’achat des ouvriers aurait baissé de 70 %, affirment certains économistes.
Une inflation de 18 %
Selon les chiffres de la Banque centrale iranienne, l’inflation a atteint 18 % en août en rythme annuel, contre 8 % il y a un an. Tous les prix ont augmenté, notamment ceux des produits alimentaires.
« A cause de l’envolée du prix des produits que nous utilisons, nous avons été obligés d’augmenter de 44 % nos tarifs depuis le mois de mars, explique Pedram qui produit des salades en barquette, à Téhéran. Dans ce contexte, les gens mangent beaucoup moins dehors. Disons que nous ne faisons plus de bénéfices. » Et si auparavant cet Iranien de 37 ans envisageait de chercher des financeurs européens afin de développer son business, il a désormais laissé tomber « cette illusion ». « Aujourd’hui, je sais que je mettrai les clés sous la porte si le dollar atteint les 200 000 rials », glisse-t-il.
Face à cette situation, Téhéran a, fin août, dénoncé « l’étranglement » de son économie par Washington devant la Cour internationale de justice (CIJ), où ce pays de 80 millions d’habitants a engagé une procédure visant à enjoindre aux Etats-Unis de suspendre leur embargo.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Le milliardaire de la high-tech Marc Benioff va acquérir le mythique « Time Magazine ». Une nouvelle illustration de la situation dramatique que traverse la presse d’information générale outre-Atlantique.
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« Aux Etats-Unis, la presse d’information entre dans les eaux profondes du mécénat »

Le milliardaire de la high-tech Marc Benioff va acquérir le mythique « Time Magazine ». Une nouvelle illustration de la situation dramatique que traverse la presse d’information générale outre-Atlantique.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 10h47
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique « Pertes & profits ». Les milliardaires du high-tech américain rêvent de connecter le monde entier, d’attacher leurs clients aux écrans de toutes sortes, mais, une fois fortune faite, ils se passionnent pour le papier – celui, ordinaire, des journaux ou le glacé des magazines. Le plus riche de ces nababs, Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, s’est offert en 2013 le célèbre Washington Post. En 2017, Laurene Powell Jobs, la veuve de Steve Jobs, le fondateur d’Apple, a mis la main sur le magazine The Atlantic, puis en 2018, c’est au tour du Los Angeles Times de tomber dans le giron de Patrick ­Soon-Shiong, un chirurgien fondateur de sociétés d’informatique et de biotechnologie, déjà propriétaire du San Diego Union-Tribune.
Et l’on a appris, dimanche 16 septembre, que Marc Benioff, le fondateur de la ­société d’informatique Salesforce, venait d’acheter le plus mythique des grands « mags » américains, le Time Magazine. Fondé en 1923, il est devenu une telle puissance dans les années 1960 qu’il disposait de l’un des plus beaux buildings de New York. Il a donné naissance au plus grand groupe de médias de l’après-guerre, Time Warner. Après une vie agitée et vingt ans de déclin de la presse papier, le groupe, qui s’était déployé dans la télévision, la musique et le cinéma, a été progressivement démantelé, puis absorbé en juin 2018 par l’opérateur téléphonique AT&T.
Six mois auparavant, la division presse avait été vendue au groupe Meredith, qui s’est empressé de revendre Time dans la foulée pour la modique somme de 190 millions de dollars (163 millions d’euros). Un montant qui reflète la situation dramatique de la presse d’information générale aux Etats-Unis. La diffusion des journaux quotidiens a été réduite de moitié par rapport à son plus haut niveau du début des années 1990 et a perdu 40 % sur les dix dernières années, ravagée par le développement fulgurant de l’information gratuite...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Un an après, les ordonnances refondant le droit du travail semblent avoir peu d’impact sur les créations d’emplois.
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Code du travail : une réforme aux effets limités

Un an après, les ordonnances refondant le droit du travail semblent avoir peu d’impact sur les créations d’emplois.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 10h26
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            

Emmanuel Macron voulait que ce soit l’un des premiers chantiers d’envergure de son quinquennat. Sitôt installées aux commandes, ses équipes ont dû mettre les bouchées doubles pour que les ordonnances refondant le droit du travail soient rédigées en cent jours. Pari – presque – tenu puisque les textes ont été paraphés le 22 septembre 2017 par le président de la République, sous l’œil des caméras : assis à son bureau, entouré de Christophe Castaner, à l’époque porte-parole du gouvernement, et de Muriel Pénicaud, la ministre du travail, M. Macron profita de cette mise en scène pour magnifier une réforme « inédite (…), indispensable » : combinée avec d’autres mesures en préparation (sur l’apprentissage, la formation, etc.), elle redonnera « de la capacité à créer de l’emploi », assura-t-il.
Douze mois plus tard, les premières données recueillies par les services de l’Etat montrent que les entreprises ont commencé à se saisir des outils fournis par les ordonnances. Quelque 364 accords ont été signés dans les entreprises de moins de vingt personnes par consultation directe du personnel, alors qu’« il ne se passait rien » auparavant dans les sociétés de cette taille, souligne l’entourage de Mme Pénicaud. Dans une cinquantaine d’entreprises, employeurs et syndicats ont conclu des ruptures conventionnelles collectives, une nouvelle procédure pour faire partir des salariés sur la base du volontariat. Le barème obligatoire en matière d’indemnités prud’homales inciterait de plus en plus les patrons et les salariés à régler leur différend sans passer par la justice, d’après le ministère du travail. « Les mentalités sont en train d’évoluer », martèle-t-on, rue de Grenelle. Autrement dit, le marché du travail serait moins « rigide », plus fluide.

« L’attentisme prévaut »
« Les ordonnances ont probablement entraîné une diminution des indicateurs de protection de l’emploi, mis au point...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Dans cette chronique évoquant le livre d’Arnaud Orain sur la banqueroute du banquier écossais et de son système, l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur rappelle que tout krach financier est aussi l’échec d’un projet politique.
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Les dix ans de Lehman Brothers : « Le rêve “merveilleux” de John Law »

Dans cette chronique évoquant le livre d’Arnaud Orain sur la banqueroute du banquier écossais et de son système, l’historien Pierre-Cyrille Hautcœur rappelle que tout krach financier est aussi l’échec d’un projet politique.



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 10h12
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 10h50
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Pierre-Cyrille Hautcœur (Directeur d’études à l’EHESS)







                        



                                


                            
Recherches. En célébrant l’anniversaire de la crise de 2008, on en fait un événement passé, ponctuel, désormais éloigné de nous. En la réduisant à sa manifestation la plus frappante et la plus visible – la chute de Lehman Brothers et le krach financier qui s’ensuivit –, on oublie que la crise s’inscrivait dans un contexte plus large d’endettement, que celui-ci reflétait l’idée que l’accession à la propriété par le crédit permettrait de supprimer la pauvreté, sans réduire les inégalités, et constituait ainsi une condition essentielle du soutien politique au libéralisme moderne. Un projet politique qui mériterait une vraie mise en perspective critique.
Le « système » de Law est habituellement présenté par les historiens comme une aventure financière
Le livre d’Arnaud Orain, La Politique du merveilleux. Une autre histoire du Système de Law (1695-1795) (Fayard, 24 euros) nous donne l’exemple d’une telle analyse sur un passé lointain mais toujours actuel.
Le « système » de Law est habituellement présenté par les historiens comme une aventure financière dans laquelle le régent Philippe d’Orléans, successeur de Louis XIV, confia en 1716 à l’Ecossais John Law la création d’une banque, dont les billets obtiendront vite cours légal.
La banque absorba la Compagnie du Mississippi, chargéee du commerce colonial d’Amérique, puis d’autres compagnies coloniales, avant de reprendre toutes les « fermes générales » (chargées de collecter l’impôt). La hausse continue des cours de ses actions permit de convertir la dette publique colossale héritée des guerres de Louis XIV en titres de la Compagnie. Mais les cours s’effondrèrent bientôt, et l’aventure finit en 1720 par une panique générale qui contraint Law à l’exil.
Le temps long d’un projet politique
Contrairement à l’essentiel de l’historiographie, Arnaud Orain refuse de cantonner le « système de Law » à ce récit d’une bulle financière de courte durée et de l’analyser comme un accident,...




                        

                        


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L’argent, clé du bonheur en politique

En France, comme partout ailleurs, ce sont les plus riches qui contribuent le plus au financement de la vie politique, relève l’économiste Julia Cagé dans un livre solidement argumenté



LE MONDE
 |    17.09.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
17.09.2018 à 10h56
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                            Julie Clarini








                        



                                


                            

C’est à qui paie gagne. La puissance de scandale du livre de Julia Cagé, Le Prix de la démocratie, tient tout entière dans ce constat : dans une élection, plus on donne de l’argent, plus on a de chances de voir son candidat remporter la victoire. La clé du bonheur en politique tient aux sommes qu’on veut bien y engager. Subventionner un parti politique, une campagne électorale, un think tank, et pourquoi pas aussi s’acheter un journal, autant de façons de connaître la félicité – d’ailleurs ceux qui l’ont compris les choisissent souvent toutes.

« L’argent se tient au centre du jeu politique », assure dès l’introduction l’économiste, professeure à Sciences Po, qui conseilla Benoît Hamon lors de l’élection présidentielle de 2017. Certains diront qu’on le savait depuis longtemps. Mais c’est une chose de se prévaloir d’une certaine lucidité et une autre de tenir entre les mains un ouvrage soigné, appuyé sur des études chiffrées et solidement argumenté.
Prenons la France : comme partout ailleurs, ce sont les plus riches qui contribuent le plus au financement de la vie politique. A titre d’exemple, 10 % des Français les plus riches donnent 53 % des dons et cotisations versés aux partis politiques (aux Etats-Unis, le phénomène est poussé à l’extrême, 0,01 % des Américains ayant contribué pour 40 % au financement de la campagne de 2016). Par ailleurs, et sans surprise, ce sont les partis les plus à droite de l’échiquier politique qui reçoivent le plus de dons. Et même si, à gauche, on tente de compenser par les adhésions et le reversement d’une partie des indemnités d’élus au parti, un camp est, en moyenne, plus riche que l’autre.
Une injustice criante
Plus surprenant encore, la France, comme bon nombre de ses voisins, a mis en place un système de réduction d’impôt à l’intention des donateurs – l’Etat vous rembourse une partie de vos contributions ou adhésions. Mais plus de la moitié des foyers étant non imposables, cette...




                        

                        

